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Le front syndical sur le pied de guerre

Les Syndicats préparent la riposte à la suite de la déclaration du Président Macky Sall du 1er mai. Les organisations syndicales affiliées à la Confédération Nationale des Travailleurs du Sénégal/ Forces du changement (Cnts-FC) étaient en concertation hier à la bourse du travail.

Cette rencontre d’évaluation s’inscrit dans le cadre de la recherche d’une unité d’action pour une meilleure prise en charge des préoccupations des travailleurs, suite notamment «à la malencontreuse sortie du chef de l’Etat qui sonne comme une tentative de négation des acquis et des engagements souscrits par l’Etat du Sénégal».

Ces organisations ont décidé de poursuivre ensemble la dynamique enclenchée en direction des autres centrales et organisations non affiliées en vue d’apporter la riposte syndicale qui sied. Ont pris part à la rencontre, le Syndicat autonome des enseignants du moyen secondaire du Sénégal (Saemss), le Syndicat des Inspectrices et Inspecteurs de l’Education Nationale du Sénégal (Siems), le Syndicat autonome pour le développement de l’éducation et de la formation (Sadef), le Syndicat des enseignants en langue arabe du Sénégal (Snelas Fc), le Syndicat des professionnels de l’Information et de la Communication du Sénégal(Synpics).

La ROUTE fait 120 morts et 260 blessés entre janvier et mai


Les chiffres font froid dans le dos. En effet, entre le mois de janvier dernier et le mois de mai courant, 120 personnes sont mortes dans des accidents de la route au Sénégal. L’annonce a été faite vendredi par le ministre des Infrastructures, des Transports terrestre et du Désenclavement qui était en visite à la Gare des Baux Maraîchers sis à Pikine. Oumar Youm révèle également dans la parution de LeQuotidien de ce samedi que ces accidents ont causé 260 blessés. “Sur l’année, nous perdons en moyenne, 565 vies”, ajoute-t-il.

« Un faussaire présumé ne doit pas diriger une concertation nationale. »

Les prémices visibles d’une tromperie et les échos audibles d’un appel spécieux.

Dialogue national, ce binôme présentement en vogue va s’imposer ces jours-ci et ceux à venir sur la place publique, alimenter les débats, les discussions et envahir nos foyers et lieux de travail. Pour l’heure, il est plus indiqué de parler de dialogue politique. A mon avis, il sera très difficile d’organiser un dialogue national ou seraient évoqués tous les problèmes, préoccupations et difficultés auxquels les Sénégalais sont confrontés quotidiennement.

Comment pourrait-on réunir dans une seule instance de concertation et dans la même plateforme d’échanges les politiques et les membres d’ordres socio-professionnels qui ont des préoccupations, des objectifs et des intérêts différents, souvent divergents et quelquefois opposés ? Les politiques se soucient plus d’obtenir l’établissement de règles de jeu démocratiques et transparentes ; les commerçants se contenteront volontiers d’une diminution significative des taxes et les industriels d’un allègement des couts des facteurs de production ; les marchands ambulants veulent se voir affecter des sites de recasement fixes et permanents ; les étudiants réclament de meilleures conditions d’études qui passent par le désengorgement des amphithéâtres et le paiement à temps de leurs maigres bourses ; les enseignants, ces si dévoués fonctionnaires, ne demandent rien d’autre que la mise en application des engagements signés par l’Etat ; quant aux populations considérées en masse, elles exigent une répartition équitable des ressources du pays et un accès facile aux services sociaux de base.

Le principe du dialogue ne peut être récusé par un esprit réfléchi, sensé et responsable. C’est une bonne pratique traditionnelle et séculaire qui a de tout temps régi et régulé les rapports sociaux. Elle a été respectée et cultivée par les prédécesseurs de Macky SALL. Le Président et illustre poète Léopold Sédar SENGHOR a donné au Sénégal sa réputation universelle de « pays de dialogue » ; cette étiquette était devenue un label identitaire et d’identification dont tous les Sénégalais se prévalaient avec fierte

Les Présidents Abdou DIOUF et Abdoulaye WADE n’ont pas dérogé à la règle ; le code consensuel de 1992 qui a permis la réalisation de deux alternances pacifiques dans notre pays, a été obtenu grâce à l’ouverture d’esprit du Président DIOUF. Adoptant la posture d’un véritable responsable moral, d’un vrai chef et, se voulant le Président de tous les Sénégalais ne se souciant que de la préservation d’un climat politique apaisé, Il avait fait montre de dépassement en respectant scrupuleusement son engagement solennel devant le peuple de ne rien toucher ni changer, pas même une virgule, dans le rapport qui sera soumis à son appréciation finale par la Commission cellulaire présidée par l’excellent juge Kéba MBAYE. Et, c’est ce code consensuel qui a permis au Président Macky SALL d’occuper sa station actuelle et de s’installer au palais de la République, siège de la souveraineté populaire qu’il semble prendre pour une propriété personnelle ; ce palais transformé en siège de l’APR et qui est devenu très « corruptogène ».

Arrivé au pouvoir, le Président Macky SALL s’est évertué méticuleusement à faire écrouler tout l’édifice institutionnel de notre pays, et plus grave, il a rompu, cassé et brisé tous les éléments d’équilibre qui faisaient du Sénégal un exemple de démocratie mature qui a vu s’opérer deux alternances pacifiques dans des conditions de liberté et de transparence à faire mourir d’envie et de jalousie bon nombre de peuples dans le monde. Nous étions cités en exemple et constituions une référence mondiale. Aujourd’hui, c’est triste de constater que la belle vitrine de notre démocratie acquise après tant de sacrifices est craquelée par la faute d’un homme rétif au dialogue et à la concertation.

L’appel au dialogue du Président Macky SALL n’a pas totalement révélé ses véritables desseins et ses réels objectifs. Les Sénégalais, pour ceux qui ne l’ont pas encore compris, doivent se convaincre que l’actuel locataire du palais n’est pas un homme de dialogue ; il est foncièrement porté à la brutalité, au forcing et à l’intolérance. Des exemples pour étayer nos propos, on peut en trouver à profusion et en citer à foison ; entre autres cas, on peut évoquer son vote violent et scandaleux à Fatick, son refus catégorique et vigoureux de démettre son ministre de l’Intérieur, sa déclaration ou il dit que l’opposition, nolens volens, est tenue de se ranger à sa volonté. Et tout récemment lors du secrétariat exécutif de l’APR il a délivré son message sans permettre qu’une voix s’élève. Le Président Macky SALL a une conception féodale et jacobine de l’exercice de l’autorité ; en réalité, son comportement relève moins d’une idéologie que d’un complexe d’infériorité et d’un réflexe d’auto-défense.

Le prétendu dialogue national organisé au palais de la République il y a deux ans explique et justifie à maints égards les craintes et les appréhensions des sceptiques quant à la réussite de ce présent appel. Ce dernier dialogue national n’a fait l’objet d’aucun suivi et n’a eu aucune suite. Il s’était agi d’une foire de la parole et de la parlotte, du bavardage et du verbiage, de l’hypocrisie et de l’escroquerie, de l’éloge et du panégyrique, et ce fut surtout une opportunité inespérée pour certains de faire ouvertement acte d’allégeance et pour d’autres, plus pudiques, de faire de manière discrète et subtile un appel du pied au maitre des lieux. En vérité le Président Macky SALL avait initié ce dialogue pour tout simplement légitimer une décision dont il ne voulait pas endosser seul la totale et entière responsabilité.

Pour l’heure, retenons qu’il s’agit d’un dialogue politique puisque le ministre de l’Intérieur a convoqué uniquement les partis politiques légalement constitués et les membres de la société civile pour assister à la séance d’ouverture des travaux consacrée à la remise des termes de référence. Et comme je l’ai dit dans une récente contribution, je ne crois pas trop à ce dialogue que j’ai qualifié d’apocryphe et de sans objet ; même son initiateur n’y croit pas.

La première fausse note de ce dialogue réside dans la centralité que va occuper le ministre de l’intérieur. A mon avis, il n’a aucune légitimité pour présider les travaux. Non seulement il fait l’objet de vives contestations de la part d’une frange très significative des acteurs politiques qui le récusent depuis fort longtemps, mais il fait aussi l’objet d’accusations gravissimes pour un membre du gouvernement.

Et je l’avais personnellement et publiquement interpellé sur ces accusations formulées par le sieur Abdoul MBAYE, ancien Premier ministre du Président Macky SALL. En effet, contre signataire des deux décrets attribuant des permis de recherches et d’exploitation d’hydrocarbures liquides et gazeux à Petro-Tim Ltd, l’ancien Premier ministre a déclaré à plusieurs reprises et ne cesse de le faire chaque fois que l’occasion lui en est donnée, que les dits décrets avaient été signés sur la base des rapports de présentation de Aly Ngouille NDIAYE qui comportaient de fausses informations dans le but manifeste et le dessein malsain et plus qu’évident de surprendre la vigilance du Chef de l’Etat, de le tromper et d’emporter son adhésion en abusant de sa confiance.

Si elle est avérée, une telle forfaiture est d’une exceptionnelle gravité ; et un faux d’une telle dimension à un niveau de responsabilité aussi élevé au cœur de l’Etat pose un véritable problème de crédibilité de nos gouvernants et de la fiabilité de nos institutions. Jusqu’à ce jour le ministre Aly Ngouille NDIAYE n’a guère daigné réagir encore moins se disculper. Il ne peut continuer à opposer à ce qui apparait comme une interpellation collective et citoyenne un silence qui frise le mépris ; il exerce ses fonctions et assume des responsabilités au nom et pour le compte du peuple souverain qui, à ce titre, a un droit de regard légitime sur les faits, gestes et paroles de toute personne investie de charges publiques.

La nouvelle Constitution qu’a fait voter le Président Macky SALL consacre les ressources naturelles comme un bien commun, une propriété collective indivise et inaliénable de l’ensemble des Sénégalais ; c’est ainsi que chaque membre de la communauté, quel que soit son niveau de responsabilité ou sa position sociale, a le droit et même le devoir impérieux d’interpeller le ministre sur cette affaire sulfureuse, rocambolesque et scandaleuse relative à Petre-Tim et à ces fameux rapports de présentation supposés comporter de fausses informations.

C’est une exigence républicaine et une obligation morale pour le ministre Aly Ngouille NDIAYE de prouver son innocence et sa probité. Il lui appartient de démontrer que ses mains ne sont pas salies par le cambouis de l’or noir et de montrer de la manière la plus convaincante et la plus claire possible qu’il n’est pas ce ministre vicieux, ce faussaire impavide qui, volontairement, consciemment, consciencieusement et à dessein, a osé soumettre à la signature du Président de la république des projets de décrets contenant des informations erronées et tronquées. Et aussi longtemps que le ministre Aly Ngouille NDIAYE s’obstinera à se taire, il instillera le doute dans les esprits et sera toujours suspecté d’être l’auteur d’une grave forfaiture au détriment des intérêts supérieurs de la nation et au grand préjudice du peuple. Il doit comprendre que son silence assourdissant, pour reprendre le célèbre oxymore du Président DIOUF, ne peut et ne fait que le desservir.

Comme tout le monde, nous avons appris le limogeage, si l’on peut le dire ainsi, du Commissaire divisionnaire de police de classe exceptionnelle à la retraite, Ibrahima DIALLO, ancien directeur de la DAF. A ce sujet, il faut dire que le ministre de l’Intérieur Aly Ngouille NDIAYE qui, sur tous les plans et tous les angles envisagés, n’est pas mieux loti que le commissaire Diallo, aurait dû quitter son poste. Le commissaire a été l’agneau du sacrifice pour permettre aux politiciens de se retrouver. Le sort du commissaire DIALLO n’a pas surpris les esprits avisés qui savaient que juste après l’élection présidentielle il serait remercié sans ménagement.

Par cet acte, le Président Macky SALL dont l’appel au dialogue ne semble pas convaincre, veut donner des gages de sincérité et de crédibilité aux opposants réticents et dubitatifs ainsi qu’à ses contempteurs les plus rétifs ; il cherche à les amadouer en leur offrant en pâture un flic de gros calibre. En pensant à l’ancien commissaire central de Dakar, brillant cadre, qui lui aussi a été sacrifié à l’autel des intérêts politiques, j’en arrive à penser que les commissaires de police seraient des victimes expiatoires très commodes. Et je tiens à faire comprendre à mes collègues commissaires de police qu’ils appartiennent à l’élite du pays et constituent la crème pensante d’une noble institution qu’est la police nationale et, qu’à ce titre, ils ont une fonction de représentation à la fois individuelle et collective.

Ils doivent se faire respecter et ne pas accepter d’être manipulés, instrumentalisés ou piétinés par de minables politiciens lascars qui n’ont aucun mérite et qui, socialement ne sont d’aucune utilité. Point besoin de zèle dans leurs nobles missions qu’ils doivent accomplir avec lucidité et discernement dans le strict respect des valeurs de la République et des droits humains intangibles. Il n’est nullement question d’une quelconque incitation à l’indiscipline ni d’un encouragement à la désobéissance ; il s’agit tout juste d’un appel et d’un rappel à la prudence, à la vigilance et à l’exécution réfléchie et intelligente des ordres. Le policier, tous grades confondus, doit veiller à l’application et à l’observation rigoureuses des principes et valeurs de la République, être d’une loyauté inoxydable et incorruptible vis-à-vis de L’Etat ; seulement il doit éviter, dans la mesure évidemment du possible, de servir un régime de manière aveugle. L’ingratitude mixée à la lâcheté constitue l’ADN des politiciens, les policiers radiés en savent quelque chose..

Pour supprimer le poste de Premier ministre le Président Macky SALL n’a pas eu besoin de concertation ni de consultation. Il n’a daigné s’en ouvrir à qui que ce soit ; il a totalement et superbement ignoré l’opposition. Pas un seul instant il n’a jugé nécessaire d’initier un dialogue, alors qu’il ne cessait au même moment de convier à un dialogue national ; un double jeu à la limite de la sournoiserie, de la duplicité et de la malhonnêteté intellectuelle. Il a caché aux Sénégalais sa nouvelle option politique alors qu’il avait, pendant la campagne électorale, toute la latitude de l’évoquer et de mettre les électeurs au fait de son projet.

La suppression de la primature est une décision murement réfléchie et longtemps en incubation dans l’esprit du Président Macky SALL ; il a choisi d’agir isolément, en toute discrétion, en catimini et dans une confidentialité irritante qui frise la cachotterie. Ne dit-on pas que le couard, le faible et le lâche ont en commun de toujours agir par surprise ; très loin de moi l’intention malveillante et irrespectueuse d’établir quelque comparaison avec notre Président qui, en tant qu’institution mérite égards et considération ; par contre, il y a lieu de reconnaitre que le comportement de l’individu et son attitude manquent d’élégance, de classe, de finesse, de prestance, d’honnêteté et surtout, et par-dessus tout, de courage.

De la manière qu’il a procédé avec la suppression de la primature, il lui est très facile et loisible, de la même manière de prendre des mesures concrètes et immédiates pour prouver la sincérité de son appel, sa réelle volonté de renforcer notre démocratie et sa détermination à entreprendre les ruptures nécessaires dans la gestion des affaires publiques, notamment une plus grande transparence et davantage d’équité dans la répartition et la distribution des ressources nationales. Il a été élu avec un taux de 58% et dispose au niveau de l’Assemblée nationale d’une majorité mécanique très confortable, corruptible, soumise et à son entière et totale dévotion. Aucun obstacle ne peut se dresser ni s’opposer à sa volonté. Aussi me permettrais-je de lui proposer de prendre les actes suivants :

-démissionner du Conseil supérieur de la magistrature,
-déclassifier le rapport de l’IGE sur l’affaire Petro-Tim,
-ouvrir une enquête sur les rapports de présentation d’Aly Ngouille NDIAYE relatifs à l’octroi de permis de recherches et d’exploitation d’hydrocarbures,
-saisir le Procureur pour l’ouverture d’une enquête sur Cheikh Oumar HANNE’
-saisir le Procureur pour donner suite à la plainte sur les 94milliards,
-saisir le Procureur pour enquête sur l’affaire des 34 milliards de la PRODAC.

Toutes ces actions peuvent être enclenchées dans les plus brefs délais. C’est une question de volonté politique.
Par rapport au dialogue national, il appartient au Président Macky SALL de donner des gages de sa bonne foi ; comme on le dit « chat échaudé craint l’eau froide ». Il a eu à organiser un dialogue national qui n’en était un que de nom et qui, sans grande surprise, s’est terminé en eau de boudin. Il y a manifestement une rupture de confiance entre le Président et son opposition. Il lui faut poser des actes pour rétablir cette confiance et permettre des retrouvailles autour d’une table pour des échanges francs et fructueux pour une véritable pacification de l’espace politique et une clarification du jeu démocratique de notre pays. Ainsi pourrait-il et devrait-il prendre les mesures suivantes :

-Accord pour qu’une commission cellulaire dirige le dialogue politique,
-Engagement solennel à entériner intégralement les conclusions de la Commission cellulaire,
-Procédure d’urgence pour le vote d’une loi d’amnistie pour les faits concernant Khalifa SALL et Karim WADE,
-Déclaration solennelle pour confirmer qu’il en est à son second et dernier mandat.
Le Président Macky SALL est un spécialiste des prises de décisions par procuration ; il est tout à fait clair qu’il entend judicieusement utiliser et mettre à profit la tenue du dialogue national pour, ultérieurement expliquer et justifier des mesures et des décisions dont il n’ose pas assumer seul la responsabilité.

Contrairement à ce que laisse transparaitre son « niangal », le Président Macky SALL n’a ni la carrure, ni l’autorité encore moins le caractère trempé nécessaires pour s’assumer de manière frontale.
Je ne saurais terminer sans faire allusion à la réponse désobligeante et brutale du Président Macky SALL adressée aux syndicats venus présenter leurs éternels et sempiternels cahiers de doléances à l’occasion de la fête du 1er Mai. Au cours de la cérémonie qui s ‘est déroulée au palais, le Président Macky SALL, a révélé une facette de son véritable trait de caractère, un autoritarisme exacerbé et impulsif ; et faire montre d’autoritarisme ne veut point signifier avoir de l’autorité, cette qualité morale, le plus souvent innée, qui manque terriblement et dramatiquement à notre Président.

Par rapport à l’amélioration des conditions de vie des travailleurs, il a sèchement déclaré qu’il n’est pas question d’augmenter les salaires. Cela voudrait tout simplement dire que les revendications des fonctionnaires, notamment les enseignants ne seront pas satisfaites ; une façon on ne plus claire de faire comprendre à ces derniers que l’Etat n’est ni dans la logique ni dans les dispositions de concrétiser les accords réalistes et réalisables signés auparavant. C’est une gifle retentissante qui a été infligée aux travailleurs qui se doivent de prendre acte de cet affront, de ce défi à relever sous peine d’être écrasés à jamais. Le ton péremptoire utilisé par le Président Macky SALL peut être interprété, d’une certaine manière, comme la volonté de donner un gage de fermeté aux bailleurs de fonds qui le tiennent fermement au collet. La riposte doit être à la mesure de l’affront.

Le Président Macky SALL, certainement grisé par sa récente victoire, surement encouragé par une opposition qui se cherche et réellement persuadé que le fatalisme des Sénégalais les maintiendra confinés pour toujours dans une résignation apathique, se comporte en despote et semble vouloir exercer un pouvoir solitaire avec une arrogance outrancière et provocante. Il appartient à nous Sénégalais de nous mobiliser massivement pour éviter que notre pays ne sombre dans des dérives regrettables. Le Président Macky SALL ne doit pas prendre le calme, la patience et la sagesse des populations pour de la couardise. Tous les patriotes doivent se lever et s’engager dans le cadre d’un mouvement populaire de résistance citoyenne qui pourrait être animé, à titre principal, par la diaspora, la jeunesse dans toutes ses composantes, la société civile non inféodée et les seniors imbus de dignité, d’un sens de l’honneur et soucieux d’un avenir radieux pour la postérité. La presse patriotique pourrait jouer son rôle d’éveil des consciences, de vigie et d’alerte.

A tout prendre, l’appel au dialogue du Président Macky SALL n’est qu’un stratagème, un leurre pour se donner les moyens politiques et des arguties juridiques de circonstances afin de solliciter un troisième mandat ; une éventualité qui ne sera acceptée par les Sénégalais qui en ont suffisamment assez d’être considérés comme des personnes immatures, irresponsables, incapables, taillables et corvéables à merci. C’est maintenant qu’il faut s’organiser dans le cadre d’une campagne nationale et internationale de mobilisation.

Les uns et les autres doivent travailler et lutter dans le sens d’une synergie d’actions collectives pour faire faire face à l’exercice dynastique et dictatorial du pouvoir. Il est bien évident que la lutte s’inscrira toujours dans un cadre légal. C’est l’occasion de rappeler aux Forces de défense et de sécurité qu’elles ont l’obligation d’assumer, quand les circonstances l’exigeront, leur devoir et responsabilités de garants de la stabilité et de la cohésion nationales. En toutes circonstances, ils doivent être du coté, celui du peuple. Qu’ils sachent que le peuple saura manifester et résister pacifiquement, dans le strict respect des lois et règlements, tout en se référant aux valeurs miliaires d’honneur, de dignité, d’abnégation, de courage, de détermination et d’esprit de sacrifice.

Le posuvoir au peuple, les servitudes aux gouvernants.

Dakar le 14 Mai 2019

Boubacar SADIO

Commissaire divisionnaire de police de classe Exceptionnelle à la retraite.

Récurrence des accidents meurtriers : Sonko se prononce

Devant le rythme effréné de la multiplication des victimes de la route, je m’associe à la douleur des familles et en appelle à la responsabilité de la part :
1.des autorités publiques :
– Plus de vigilance dans la conduite des visites techniques !
– Plus de rigueur dans les conditions de délivrance des permis de conduire !
– Plus de sensibilisation sur la sécurité routière !
– Plus de pragmatisme dans l’adaptation des infrastructures routières !
– Plus d’exigence dans l’application du Code de la route !
2. des usagers de la route:
– Plus de systématisme pour combattre l’hypovigilance du conducteur !
– Plus de rigueur dans la maintenance des véhicules !
– Plus d’humanisme dans le partage de la route !
– Plus de sérieux dans le respect du Code de la route !
– Plus de vigilance de la part des passagers face au comportement des conducteurs de véhicules!
– Plus d’aménagement des espaces réservés aux piétons
TOUS CONCERNÉS !

Fait à Dakar, le 16 Mai 2019

Vous avez dit laïcité ? (Le Témoin)

Le nouveau ministre de l’Education nationale, le par ailleurs très affable Mamadou Talla, se serait sans doute bien passé de ce faux pas qui marque son entrée dans ce département ministériel. Lequel est l’équivalent de ce que son lointain alter ego en France, M. Claude Allègre, avait qualifié de « mammouth » du fait de ses gros bataillons d’enseignants.

En tranchant précipitamment, c’est-à-dire sans avoir pris suffisamment de temps de réflexion, et en cédant sous l’émotion ainsi que la pression médiatique exercée par un groupuscule d’activistes musulmans, M. Mamadou Talla est assurément passé à côté de la plaque.

Dans la polémique — et l’émotion ! — suscitées par l’institution sainte Jeanne d’Arc de Dakar (une vraie institution, assurément, dans notre système éducatif puisque totalisant 200 ans de présence dans ce secteur avec d’excellents résultats et des générations entières de Sénégalais formés), le successeur de M. Serigne Mbaye Thiam, par une sortie maladroite et impertinente, a à l’évidence, versé de l’huile sainte sur le feu et risque de rallumer une guerre entre le Croissant et la Croix !

Et non pas, heureusement, entre le sabre et le goupillon… L’affaire est pourtant simple : un établissement scolaire catholique qui décide, pour harmoniser les comportements au niveau de ses élèves, d’interdire un signe religieux ostentatoire lui-même emblématique d’attitudes pour le moins communautaristes, à tout le moins de repli.

Ce conformément au règlement intérieur de l’établissement qui, rappelons-le, est confessionnel. Il se trouve que des parents d’élèves prosélytes ont sauté sur cette note de service informant d’une décision tout ce qu’il y a d’ordinaire pour crier à la discrimination et à l’atteinte de la foi de leurs enfants ! Rien de moins…

Naturellement, devant cette entreprise de désinformation, des secteurs de l’opinion se sont émus et ont presque sommé les autorités, en particulier le ministre de l’Education nationale, d’intervenir en remontant les bretelles aux responsables de l’école concernée.

Des responsables au premier rang desquels une directrice musulmane, mais ce détail, nos preux chevaliers de la foi ont oublié de le mentionner ! Mis en demeure de se prononcer, le ministre de l’Education nationale l’a donc fait en sortant les grands mots et en menaçant en filigrane l’institution sainte Jeanne d’Arc de subir les foudres de la loi.

Selon le brave ministre, « aucun établissement public ou privé ne peut déroger au principe de la laïcité de l’éducation au Sénégal ». Sans doute, sauf qu’il existe bel et bien dans ce pays des écoles privées confessionnelles musulmanes et catholiques — et même une « petite école protestante » — qui ont leurs spécificités, notamment cultuelles, que la loi protège.

Au nom de quoi, des établissements musulmans comme Al Ahzar, l’école Sayda Mariama Niasse et les innombrables autres écoles « arabes » imposent à leurs élèves des accoutrements religieux que la République laïque n’oserait pas leur demander de ne plus porter.

Le gamin catholique qui s’aviserait d’aller dans ces établissements avec sa petite croix — ou sa culotte courte —, ou il la laisse à l’école ou il reçoit un coup de pied dans le cul ! A ces écoles, pourtant, qui foulent au pied les principes de la laïcité — du moins, au sens où le ministre l’entend —, on n’a jamais entendu un ministre de l’Education faire un rappel à l’ordre.

Alors, pourquoi donc des écoles catholiques, et qui l’affichent sur leur fronton, n’auraient-elles pas le droit d’exiger des élèves qui les fréquentent des comportements en adéquation avec les valeurs du Christ ?

Avec la vie en société tout court, d’ailleurs. Surtout que, aux élèves musulmans qui fréquentent ces excellentes écoles catholiques, il n’est même pas demandé de faire la catéchèse !

Ce n’est pas comme dans certaines de nos écoles publiques où les cours d’arabe — synonymes d’enseignement religieux dans la tête des oustaz — sont obligatoires pour tous, catholiques comme musulmans, voire animistes.

En réalité les choses ne sont pas compliquées et le système éducatif national est à ce point organisé que les parents ont la liberté de choix pour scolariser leur progéniture selon leurs moyens ou leurs convictions.

Il y a l’école publique, laïque et en principe obligatoire même si, dans certaines parties du territoire national, ces écoles n’ont plus droit de cité du fait des féodalités locales. A côté de ce secteur public, il existe un enseignement privé lui-même subdivisé en privé laïc et en privé confessionnel.

Les parents d’élèves musulmans qui ne voudraient pas que leurs enfants subissent le « diktat » des écoles catholiques ont donc le loisir de les retirer pour les placer soit dans le public, soit dans le privé laïc ou encore dans le privé musulman !

On ne peut donc pas raisonnablement faire fi et dédaigner ces différents ordres d’enseignement, emmener ses rejetons à l’école « des sœurs » ou des « mon père » et exiger ensuite qu’on leur y crée des conditions pour exercer leur foi !

Que l’on sache, les écoles privées catholiques ne sont pas des « médersas », or c’est ce que nos parents musulmans activistes de l’institution sainte Jeanne d’Arc voudraient qu’elles soient… Ils se trompent d’écoles, assurément.

On peut se demander, en passant, ce qui pousse autant de parents d’élèves musulmans à se bousculer dans le privé catholique pour y placer leurs enfants plutôt que de les emmener dans le privé musulman.

La qualité de l’enseignement mais aussi la discipline stricte dans le privé catholique, pardi… Une discipline qui passe par le respect rigoureux des règlements intérieurs de ces établissements.

S’il y a des gamins qui ne peuvent pas se plier à ces règlements intérieurs, libre à eux d’aller voir ailleurs où les comportements prosélytes sont permis, voire encouragés ! Et où les filles pourraient même porter la burqa si tel est le souhait de leurs parents.

Laïcité, mais quelle laïcité ?

M. Mamadou Talla a parlé dans son communiqué du principe de la laïcité dans notre pays. La laïcité, parlons-en, justement. Peut-on soutenir en regardant nos compatriotes dans le blanc des yeux que le Sénégal est encore un pays laïc ?

Ce principe de laïcité consacre en effet la séparation de l’Eglise — donc de la religion au sens général — et de l’Etat. Il dispose notamment que (article 1er de la loi française du 03 juillet 1905) que « la République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes. » Article 2 : « La République ne reconnaît, ne garantit ni ne subventionne aucun culte ».

Dans un pays où depuis l’avènement du président Macky Sall, l’Etat est devenu le premier constructeur de mosquées — mais aussi d’églises puisque le président vient de débloquer 1,5 milliard pour réfectionner des paroisses ! — et où l’argent public est utilisé outrageusement pour moderniser des cités dites religieuses, où des « daaras » privés sont allègrement subventionnés, cette notion de laïcité a-t-elle encore un sens ?

Peut-on parler de laïcité, encore, depuis que le populiste Iba Der Thiam a introduit des mosquées dans nos universités et que des étudiants islamistes ont chassé les « couloirdeuses » de nos cités universitaires ?

Pour dire que c’est à tort que le ministre de l’Education nationale, Mamadou Talla, excipe du principe de la laïcité pour demander à l’institution sainte Jeanne d’Arc de renoncer à sa décision concernant le port du foulard. Parce que tout simplement la laïcité ne veut plus rien dire dans ce pays !

Alors, autant laisser les écoles confessionnelles administrer leurs écoles dans le respect de leurs principes moraux. Autrement dit, on aurait tort de reprocher aux catholiques de cultiver leur spécificité et d’appliquer les valeurs de Christ dans leurs écoles.

Surtout que, pendant ce temps, les écoles privées islamiques font à peu près tout ce qu’elles veulent. C’est-à-dire souvent n’importe quoi. Pour en revenir aux établissements catholiques, si d’aventure des élèves musulmans les fréquentent, leurs parents devraient avoir la décence de ne pas prétendre dicter aux responsables de l’enseignement privé catholique comment organiser les enseignements dans leurs écoles.

Et, surtout, comment y faire régner la discipline. Tout cela n’a rien à voir avec la laïcité qu’à tort le nouveau ministre de l’Education nationale — devrait-on dire de l’Education islamique ? — convoque dans ce débat.

Il s’agit tout simplement de laisser les communautés éducatives être, comme les charbonniers, maîtresses chez elles. Le tout dans le respect du caractère républicain et social de l’Etat, la laïcité n’étant plus de mise on l’a vu. Est-ce trop demander ?

Le Sénégal, Un pays sans Bibliothèque Nationale ! (Par Modou Mamoune FAYE)

Le pays de Léopold Sédar Senghor, de Birago Diop, d’Abdoulaye Sadji, de Cheikh Anta Diop, d’Ousmane Sembène, de Cheikh Hamidou Kane, d’Aminata Sow Fall, de Mariama Bâ et de tant d’autres illustres écrivains dont les livres sont devenus des classiques de la littérature africaine, n’a toujours pas un endroit où ses archives, ses livres, ses manuscrits historiques, ses journaux, ses revues, ses films et documents audiovisuels pourraient être conservés dans d’excellentes conditions.

Actuellement, les Archives nationales jouent ce rôle, mais cet espace logé au rez-de-chaussée du Building administratif est devenu trop exigu. En dépit de cela, tout un pan de notre histoire et celle d’une partie de l’Afrique coloniale y est conservé dans des conditions parfois précaires.

Dans un reportage de notre confrère Jean Pires (Soleil du 8 juin 2012), Fatoumata Cissé Diarra, directrice des Archives du Sénégal, tirait la sonnette d’alarme en décrivant cette « cave aérée où sont stockés des milliers de documents jaunis par le temps et le climat ».

Parmi ces archives, certaines ont traversé deux à trois siècles. « Le record de longévité est détenu par le récit d’un explorateur daté de 1672 », révélait-elle.

Les locaux, aménagés en 1954 pour une capacité initiale de 8 kilomètres linéaires, avoisinent actuellement les 18 kilomètres linéaires, avertissait Mme Diarra dans le même reportage.

Sept ans plus tard, la situation demeure presque la même. Et si rien n’est fait, ces archives qui représentent une bonne partie de notre patrimoine risquent d’être anéanties à jamais. L’urgence de la construction d’une bibliothèque nationale répondant aux standards modernes s’impose plus que jamais.

Pourtant, le projet existe bel et bien, mais dort dans les tiroirs du ministère de la Culture. Il y a quelques décennies, un terrain lui avait même été alloué à côté de l’Enam, pas très loin du centre culturel Blaise Senghor, en plein cœur de Dakar.

De Léopold Sédar Senghor à Macky Sall, en passant par Abdou Diouf et Abdoulaye Wade, aucun président n’est encore parvenu à matérialiser le projet.

Dès 1976, l’État avait décidé de construire une bibliothèque nationale, mais des « difficultés conjoncturelles » freinèrent ses ardeurs.

UQuelques décennies plus tard, la loi 2002-17 du 15 avril 2002 portant création de la Bibliothèque nationale du Sénégal a été publiée dans le Journal officiel.

Cette loi, promulguée par le président Wade et préalablement adoptée par l’Assemblée nationale le mercredi 3 avril 2002, stipulait clairement dans son exposé des motifs que la Bibliothèque nationale bénéficiera d’une personnalité juridique et d’une autonomie financière qui lui permettront d’exploiter ses collections et services pour accroître ses recettes propres.

C’était il y a 17 ans ! Depuis cette date, rien ou presque n’a été fait pour que le projet sorte enfin de terre. La bibliothèque nationale n’est-elle plus une priorité pour nos autorités ?

On est tenté de répondre par l’affirmative, même si des initiatives en sa faveur n’ont pas manqué, notamment ce grand projet des « 7 merveilles » que l’ex-président Abdoulaye Wade voulait concrétiser et dans lequel figurait en bonne place la maquette d’une Bibliothèque nationale parmi celles du Grand théâtre, du Musée des civilisations noires (déjà réalisés), de l’Ecole d’architecture, du Musée des arts contemporains, de la Maison de la musique et de l’Ecole des arts. Ce parc culturel de Dakar d’une superficie de 10 hectares était prévu entre la Gare de Dakar, le boulevard de l’Arsenal et l’avenue Lamine Guèye.

Avec le changement de régime intervenu en 2012 et l’arrivée de Macky Sall au pouvoir, les nouvelles autorités avaient promis de réactiver le projet de bibliothèque nationale.

Et le 14 décembre 2013, Ibrahima Lô, directeur du Livre et de la Lecture, annonça sa création prochaine, car, pour lui, « il n’est pas normal que le Sénégal, pays de tradition, de créativité et de production intellectuelle qui a vu naître de grands hommes de Lettres, n’en dispose pas ».

Les acteurs culturels s’étaient alors remis à rêver, croyant ferme que, cette fois-ci, le projet sortira enfin de terre. Ils allaient vite déchanter.

Quatre ans plus tard, le mardi 7 novembre 2017, lors de la Journée internationale de l’écrivain africain, le ministre de la Culture, Abdou Latif Coulibaly, apporta la bonne nouvelle : « Le président de la République a décidé de mettre en place une grande bibliothèque dont l’objectif est de ressusciter le goût à la lecture ».

Dans la foulée, il annonçait que les services culturels régionaux seront également dotés de bibliothèques, de salles de cinéma et de musées.

Face à toutes ces promesses non tenues, il y a de quoi se poser des questions sur le projet de bibliothèque nationale dont la réalisation est toujours repoussée aux calendes grecques.

Peut-être que, dans la mouvance du « fast-track », le processus sera accéléré pour que le Sénégal puisse disposer d’une telle infrastructure à l’instar des autres pays du monde.

Il suffit juste de s’inspirer de ce qui se fait ailleurs, comme en France où la Grande bibliothèque nationale, inaugurée le 30 mars 1995 par le président Mitterrand, est riche de 15 millions de livres et de 250 000 manuscrits.

Plus près de nous, le Mali a, depuis des décennies, une bibliothèque nationale dont le fonds documentaire est estimé à 60 000 pièces, tandis que celle de la Côte d’Ivoire, inaugurée en 1974 par le président Félix Houphouët Boigny, est tout aussi fournie.

Une telle infrastructure permettrait sans doute au Sénégal de combler un vide et, en même temps, de favoriser une meilleure politique du livre et de la lecture dans un pays où l’habitude de bouquiner est en train de se perdre, surtout du côté des jeunes plus fascinés par la froideur des écrans tactiles que par la chaleur du papier imprimé. Est-ce leur faute ?

Sûrement pas car rares sont les villes, quartiers ou communes qui disposent d’une bibliothèque ou d’un centre culturel où l’on peut consulter des livres et autres supports éducatifs. On dit que la lecture est à notre cerveau ce que le sport est à notre corps.

Elle muscle nos neurones et améliore nos capacités cognitives. A l’ère du texto et des mots abrégés, bon nombre de pédagogues notent d’ailleurs chez les jeunes un vocabulaire pauvre et un manque d’esprit critique qui sont certainement la conséquence de la baisse du temps consacré à la lecture.

Par Modou Mamoune FAYE

Pour un service civique obligatoire Mame Birame Wathie)

Les pays africains colonisés jadis par la France sont parmi les plus pauvres du continent. Burundi, Madagascar, République centrafricaine, Niger etc. rivalisent de pauvreté, leurs habitants manquent presque de tout.

Pourtant, ce n’est pas que les Belges ou encore les Anglais ont été plus tendres ou moins pillards que les Français durant la colonisation.

Mais, comme l’historien anglais George Martelli l’a suggéré dans l’ouvrage « De Léopold à Lumumba » et un conseiller du roi belge, Léopold II, avant lui, la France a réussi à mettre en place un système d’assimilation qui non seulement lui garantit une mainmise dans le temps mais qui également ne laisse aucune place à des leaders de la tempe de Patrice Lumumba dans « ses » territoires.

L’impérieuse DECONSTRUCTION qui devait suivre la décolonisation ou encore l’indépendance n’a jamais eu lieu dans ces pays que la France continue à vampiriser.

Pourquoi le Sénégalais est plus enclin à défendre son marabout que son pays ? Il connait mieux son marabout et son pays ne fait presque pas grand-chose pour lui, contrairement à celui qui pourrait lui ouvrir les portes du paradis.

Pour le Sénégalais de Fongholémy, qui n’a jamais fait l’école, le Sénégal n’existe que quand l’équipe nationale joue. Pour celui-là, patrie ne peut sonner fratrie.

Ce qui importe, qui mérite d’être préservé, ne peut être en dehors du cadre familial. Ainsi, la rue devient « mbedou Bour » et, par ailleurs, on peut tout casser car, « c’est l’Etat qui paie ».

Ce détachement avec l’Etat qui est compris comme une entité supra personnelle voire étrangère, explique le comportement du chauffeur qui engage son véhicule sur une passerelle. Tout comme il explique le manque de civisme et de discipline qui ne singularise même plus au Sénégal.

Mais, ce n’est pas que l’analphabétisme qu’il faut mettre à l’index.

C’est le collégien qui appelait à tout casser car, « c’est l’Etat qui paie », qui détourne et vole les deniers publics une fois devenu Président, ministre ou directeur. Ce n’est pas l’exercice d’une fonction ou l’âge qui change le rapport que le Sénégalais a avec l’Etat.

Comme le suggérait le professeur Cheikh Anta DIOP, la Culture du suivisme ne peut être obsolète sans une école qui substitue l’assimilation à l’appropriation.

Etudier l’Arabe, l’anglais ou le français mais pas le sénégalais (wolof ou autres) a participé à renforcer la distance entre l’Etat étranger et le citoyen autochtone.

Tout comme la Constitution, l’hymne national, l’administration et tous les autres symboles de l’Etat moulus dans les escarbilles de la colonisation constituent une barrière entre le Sénégalais et son pays.

Imprégné de cette situation, Macky SALL dont on dit qu’il est né après « les indépendances » était attendu sur cette question de souveraineté mentale.

A l’arrivée, Macky SALL s’est adressé à la Nation en français et a fait du sujet une question de civisme «La citoyenneté est mise à mal si l’espace public est occupé sans titre ni droit, au risque de poser de graves problèmes d’encombrement, d’insalubrité et de sécurité publique. Quand, enfin, le bien commun n’est pas respecté et que les symboles de l’Etat, de la Nation et de la République sont ignorés.

Nous ne pouvons, mes chers compatriotes, nous résigner face à cette situation», disait-il lors de son discours à la Nation, le 3 avril dernier. Comme le président Senghor, le leader de l’APR a choisi son camp.

Pourtant, à défaut de changer les programmes scolaires, qu’il faut « sénégaliser », l’instauration d’un service civique obligatoire est devenue plus qu’une nécessité. Eduquer les Sénégalais en dehors de leur cadre familial plus qu’opportun.

Comme cela se passe dans certains pays, aucun jeune ne devrait avoir plus de 20 ans sans avoir au préalable fait un service civique national d’au moins 15 mois.

En plus d’être plus discipliné à la fin, le Sénégalais serait plus outillé et donnerait un sens à la patrie.

Mame Birame WATHIE

Radioscopie d’une démocratie mise en joue ! (Amadou Lamine Sall)

Le plus grand ennemi de la démocratie serait-il la majorité parlementaire ? Sûrement pas ! Quand la légitimité populaire est le fondement de toute majorité, celle-ci est sauve ! L’expression de toute majorité passe par le vote et c’est le vote majoritaire qui s’impose et dicte sa loi. Cela peut faire mal. Cela peut choquer, mais c’est cela la marche de tout État moderne. C’est une redoutable  machine que le vote de la majorité. Elle est  forcément au service du prince. Elle le protège et le laisse conduire ses missions

Rien de plus normal ! Il est naturel que cela soit difficile pour ceux qui, dans l’enceinte de l’hémicycle, sont toujours déboutés et toujours battus par le vote de la majorité. C’est presque un anéantissement de tout effort de résistance. Les armes sont trop inégales ! Faut apprendre à s’y faire ! Cette mécanique de la victoire peut rendre des opposants fous. Elle peut renvoyer à l’image d’une démocratie déficitaire donnant tout à la majorité et ne cédant pas un pouce à l’opposition. Mais cette approche n’est pas juste. À la vérité, la notion de démocratie est complexe et cruelle. Elle n’est parfaite nulle part. Il faut bien qu’il y ait une majorité et une minorité.

Il faut certes des contre-pouvoirs pour rendre une démocratie crédible. Mais des contre-pouvoirs n’ont jamais empêché une majorité de s’imposer. Le suffrage universel donne à une majorité de gouverner. Trouver la juste mesure n’est pas aisée ! La démocratie ne saurait constituer un frein pour celui à qui le peuple, par son suffrage, a donné le pouvoir de gouverner ! Il reste que l’opposition doit jouir de tous ses droits pour s’opposer et le pouvoir de tous ses droits pour gouverner ! Parlons-en sans détour : l’opposition a contesté le résultat des élections présidentielles du 24 février 2019. C’est son droit. Elle a épuisé tous ses recours constitutionnels. Installée librement dans ses certitudes, elle a mené le combat de la résistance jusqu’au bout. Épuisée d’être déboutée, inconsolable, dégoûtée presque, elle a fini par abandonner.

Qui peut être juge autre que l’institution à qui la loi fondamentale a donné tous les pouvoirs de délibération ? Nous répondons qu’il existe bien un autre juge : la conscience de chaque Sénégalaise, chaque Sénégalais. Mais une conscience reste une conscience. Si celle-ci ne se transforme pas en action, et quelle action, que faire ? Nous n’avons pas la réponse. La rue, des émeutes massives, auraient pu être une réponse au pouvoir, mais pas forcément décisive. Et jusqu’où cette nature de la réponse aurait pu changer la donne ? Le peuple sénégalais a pris acte de la posture des uns et des autres. L’opposition s’est rebellée. La cour constitutionnelle a délibéré.

Le nouveau Président élu a prêté serment conformément à la loi. Il entame son quinquennat devant le peuple sénégalais qui a pris acte. Certains prient pour que Macky Sall réussisse. D’autres prient pour qu’il échoue. Voilà une autre forme de démocratie ! Avant Dieu, c’est au Président de se donner lui-même toutes les chances de remplir ses promesses faites au peuple sénégalais. Il suffit d’avoir assisté le samedi  4 mai 2019 à la séance plénière de l’Assemblée nationale sur le projet de loi soumis à l’Assemblée nationale pour la suppression du poste de PM, pour se faire une idée du niveau de notre démocratie. Nous avons tout vu, tout entendu en direct !

Débat difficile, échanges assassins, consensus impossible. Des murs et des murs partout. Le Président du Parlement malmené mais digne et puissamment protégé par sa culture d’État, mais mieux : c’est un homme de l’âge d’or des sciences humaines. Le connaissant, nous avons pensé qu’il devait psalmodier intérieurement, à mesure que le débat enflait, des formules de Socrate, Démosthène, Confucius,  pour contenir  son pouls.  La culture transforme le venin en jus ! Triste tout cela quand nous assistons à ces si pénibles diatribes entre ceux qui représentent le peuple. Mais nous refusons de croire que notre pays est à genoux face à ces séances désarmantes de notre vieux Parlement.

La démocratie non plus n’est pas à genoux, même si on lui fait porter des haillons. Ce qui est à genoux, c’est  notre culture de la mesure, du consensus. Ce qui nous manque et qui peut être plus important que la démocratie, c’est notre besoin de respect, de fraternité, d’élévation, de générosité, de hauteur. En un mot, il nous faut aller vers l’écoute entre le pouvoir et l’opposition. Quoique cela puisse coûter aux uns et aux autres, au président de la République, le premier. Il est notre premier interlocuteur. Son devoir et ses responsabilités ne sauraient être les mêmes que celles des autres.

Il doit taire en lui tout dépit, toute colère, toute adversité, même légitimes. Il ne s’appartient plus. Du moins telle est notre intime conviction ! À la vérité, si rien n’empêchait légalement le Président de saisir l’Assemblée nationale pour faire voter son projet de loi, il n’y a pas de quoi fouetter un rat.

Ceux qui, nombreux, pensent qu’il aurait pu en informer le peuple et solliciter l’avis de l’opposition, peuvent également admettre que rien ne l’y obligeait. Passer par un référendum ? Renseignement pris, rien ne l’y obligeait non plus ! Informer le peuple par un message à la nation ? L’option aurait été heureuse et élégante ! Elle participerait d’une bonne communication qui serait fort appréciée, d’autant qu’en informant son peuple il informe son opposition, en sachant qu’il ne peut rien attendre d’elle. Finalement. Macky Sall a choisi, finalement, de pleinement s’assumer ! Que chacun s’assume à son tour !  Bien sûr, les missions présidentielles ne doivent pas attendre. Les Sénégalais, non plus, ne peuvent plus attendre.

Chacun des actes du Président doit avoir désormais un impact mesurable sur la vie quotidienne de ses compatriotes. C’est ce qu’il souhaite, dit-on. Mais Il nous faut cependant rétablir une fraternité commune. Le Président doit s’y atteler sans rien sacrifier à l’urgence de ses missions. Nous savons tous qu’il est des villes dans le monde qui font plus de 16 millions d’habitants à elles seules. Nous sommes un pays avec un peu plus de 15 millions d’âmes.

Nous réussirons si nos nouvelles richesses énergétiques et leurs dividendes sont bien réparties pour un meilleur niveau de vie des Sénégalais. Aucun échec n’est envisageable. Il est impossible d’échouer. Le Sénégal est sur la bonne trajectoire. Il s’agit juste de bien distribuer. « servir et non se servir » dit Macky Sall lui-même ! Elles ne sont pas tombées du ciel nos nouvelles richesses! Elles étaient inscrites dans le temps de la marche de notre peuple. Le temps et non le hasard, a voulu que ce soit sous le président Macky SALL que le processus de découverte et d’exploitation a abouti !

Ces richesses lui survivront ! Il ne partira pas avec elles dans ses valises. Ces richesses sont exploitables au moment où il est programmé à ne plus danser qu’une seule valse, c’est à dire accomplir un seul et dernier mandat. Mais quelle valse Macky SALL va nous danser, quelle valse, mais alors quelle valse époustouflante d’ici 2024, pour dire qu’il n’aura que le travail comme compagnon durant cinq ans et cinq ans, c’est déjà demain ! voilà une autre ruse de l’histoire qui nous donne à faire face à ce spectacle de celui qui fait jaillir l’or et qui le laisse ensuite aux autres, son temps de pouvoir s’étant épuisé !

L’histoire aurait pu se présenter autrement. Les chemins du divin sont simplement impénétrables ! Aujourd’hui, est-il possible de recoudre les déchirures entre nos hommes politiques ? Le peuple sénégalais demande à ce qu’on le respecte. Il demande de sauvegarder l’image du Sénégal ! Nous devons retrouver nos bonnes brosses à dents, notre bonne trousse de toilette. Nos fêlures sont exposées au monde. La politique, telle qu’elle s’exprime en ce moment et se vit dans notre pays, nous fait beaucoup de mal ! Notre peine nous interpelle pour demander à nos hommes politiques de construire des ponts et non des murs entre Sénégalais. 

Les hommes de culture que nous tentons d’être avec humilité afin de poursuivre le rayonnement de notre grand petit pays, sont interpellés de par le monde sur l’état désastreux de notre scène politique. Celle-ci inquiète mais elle ne rompt pas encore la profonde sympathie que notre pays suscite au regard de sa vitalité démocratique qui a vu des alternances politiques se dérouler dans une Afrique plutôt sombre et violente. Il y a aussi ce têtu et admirable passé d’un Sénégal défendant et nourrissant un esprit puissant et somptueux, portant une pensée intellectuelle opératoire autour de grands concepts enfantés par Senghor et Cheikh Anta Diop.

Ne serait-ce pas enfin l’occasion pour que le Sénégal fasse le point sur le cheminement de la pensée de ses intellectuels et en même temps de son cheminement culturel et artistique depuis l’indépendance autour de la question de savoir où nous en sommes en 2019 sur le renouvellement de nos chocs et créativités esthétiques depuis 1960 ? Qu’avons nous créé de nouveau et de portée internationale dans la pensée, la littérature, la peinture, la sculpture, le cinéma, le théâtre, la danse, la musique , la photographie, le design ? Qui sont nos nouveaux critiques d’art dont nous avons tant besoin ? Nos nouveaux critiques littéraires ?

Le Sénégal a t-il reculé, fait-il du sur-place, innove t-il, influence t-il l’Afrique et le monde comme dans les fécondes années 70 où nous avons fait beaucoup d’enfants célébrés de par le monde ? La soucieuse politique du livre et de la lecture, la pénible et aride foire du livre, le désarroi des vaillants forçats de l’édition sénégalaise, les parts du diable dans la promotion des arts et des lettres, la soucieuse sauvegarde de notre prestigieuse Biennale de l’art africain contemporain de Dakar, insuffler une nouvelle dynamique à nos centres culturels régionaux si pauvres.

Autant d’interrogations citoyennes sur des plateformes majeures qui, réformées, porteront un Sénégal nouveau qui fera la différence sur les scènes africaines ? Notons aussi combien la création d’emplois dans le secteur de la culture est phénoménale ! Tiens, et si le ministère de l’Intérieur, innovait sous Macky Sall, en sponsorisant désormais les romans policiers des auteurs Sénégalais ? Saluons notre Musée des Civilisations Noires ! Il se révèle de jour en jour comme un formidable espace de rencontre et d’échange de la vie de la pensée et de la créativité !

Si nous décolonisons en nous le concept de musée, nous aurons fait de ce bijou une nouvelle découverte esthétique et de mise en relief époustouflante de nos arts ! Rendons ici hommage à tous ses magnifiques fonctionnaires, serviteurs et acteurs culturels de notre pays qui continuent de tant donner ! Par ailleurs, il importerait de revoir de près les cahiers des charges de nos médias publics et privés. Quelle place font-ils aux arts et à la culture au sens large, à l’école ? C’est  tout cela à la fois qui fait l’ensemble de la dynamique de notre démocratie créative qui ne se résume pas aux seules frasques des hommes politiques !

Le renouveau et les accélérateurs appelés par le Président Macky Sall interpellent tous les espaces de vie et de représentation de notre pays. Quand un président de la République crédité d’une belle jeunesse décide de se passer d’un Premier ministre, pour, dit-il, prendre directement les choses en main et aller directement au charbon, où peut se cacher le mal ? Cela ne peut en aucun cas ressembler à un suicide ! C’est même courageux et risqué pour un chef de marcher seul vers les barrières, pour le dire de cette manière. Il s’y ajoute que le Sénégal a déjà vécu ce schéma avec les prédécesseurs de Macky Sall !

Par contre, en proposant une réforme qui fait que le pouvoir exécutif et législatif se neutralise, pour
faire court, peut prêter à polémique et hérisser opposants politiques et citoyens libres. Mais dès lors que l’Assemblé nationale elle-même visée, approuve cette nouvelle donne et la valide par sa majorité, que faire, que dire, quoi penser de cette sauce qui semble lui plaire ? En quoi me demande l’Ambassadeur de Tombouctou cette réforme constitutionnelle impacterait-elle négativement sur la vie quotidienne des Sénégalais ? Je n’avais pas de réponse cohérente car la question me paraissait déjà incohérente par rapport au vrai débat suscité sur la menace de la démocratie !
Partout dans ce pays, nous avons besoin de renouveau, de prospection, d’audace, de créativité, de travail, de suivi, d’évaluation. Ces outils sont indispensables pour porter le vrai développement d’un pays. Toutes les politiques publiques doivent être repensées, revisitées, restructurées, réévaluées avec surtout des obligations de résultats liées à des chronogrammes.

En écoutant les médias internationaux au lendemain de l’adoption par le Parlement Sénégalais de la loi supprimant le poste de Premier ministre et des images laissées au monde par nos représentants du peuple, nous avons appris que la démocratie cessait d’être la priorité dans nombre de pays de l’Afrique de l’ouest, dont le Sénégal. Ce serait plutôt l’économie, désormais, et la sécurité, qui prendraient le pas sur l’édification d’une démocratie et l’instauration de ses contre-pouvoirs. La communauté internationale laisserait même faire, qu’importe si des régimes de plus en plus autoritaires pointaient le nez.

Il s’agit bien d ‘une nouvelle ère avec la bénédiction et le silence des pays du Nord : renforcer les pouvoirs économiques et sécuritaires et non des contre-pouvoirs qui installeraient le désordre et l’instabilité. Les médias dominants du Nord de conclure : Le Rwanda et son Président Paul Kagamé seraient les inspirateurs de ce nouveau modèle politique , économique et sécuritaire. A chacun d’en rire ou d’en pleurer ! Nous aimons le Rwanda. Nous saluons le long et courageux travail de réconciliation nationale réussi par Kagamé et cette mémoire souffrante recousue. Mais le Sénégal n’est pas le Rwanda et ne le sera pas !

Ce n’est pas la même histoire. Ni politique, ni culturelle, ni identitaire. Bien sûr, la tragédie d’une occupation coloniale infecte a installé le Rwandais dans ce terrifiant drame national. Quand à savoir comment garder notre capitale Dakar, propre, car la question est associée à la belle réussite rwandaise dans ce domaine, la réponse est simple : « en
restant tous à la maison, car nous ne salirons alors rien » ! Dit-on, vrai ou faux, méchant ou railleur, les Sénégalais ont une forte parenté avec les poubelles ! Le Président Sall a promis de ne pas remettre son épée dans son fourreau, tant que ce mal prospèrera !

Puisse le Sénégal rester lui-même, c’est à dire un grand petit pays qui, sur le chemin de son développement, sauvegarde l’image de sa démocratie qui a donné de belles alternances, de belles leçons au monde, l’image de son attachement aux droits de l’homme, aux droits de la presse, aux droits écologiques et environnementaux, à l’égalité des genres. Il nous faut éviter l’appauvrissement intellectuel de l’école.

Éviter l’appauvrissement du pouvoir politique par le manque de dialogue. Il nous faut redevenir ce que nous sommes. Les valeurs priment ! N’oublions pas non plus la parole des anciens : « La noblesse du cœur est supérieure à la noblesse du sang ». Hugo, un poète, écrit ceci de troublant : « la loi est devenue l’ennemi du progrès ». Citoyen du monde, ne lui répondons pas « qu’ il ne ment pas, mais que c’est la vérité qui se trompe » ! Ce pays est si beau ! Si bruyant, si habile, si inattendu, mais si beau ! Que personne ne nous fasse croire le contraire !
Amadou Lamine Sall
Poète
Lauréat des Grands Prix de l’Académie française

Jamra et l’A.is déplorent le discours intégriste et discourtois du «Conseil du Laïcat» !

Depuis quasiment dix ans, le problème récurrent du port de voile ne cesse d’être sporadiquement agité dans des établissements d’enseignement privé, au prétexte que leur règlement intérieur y serait défavorable. En 2011, des dizaines d’élèves avaient ainsi failli être injustement expulsées des collèges Cardinal Hyacinthe Thiandoum de Grand-Yoff, de Ann-Marie Javoueh de la Médina et Abbé David Boila de Thiès. N’eût été le prompt recadrage, par le biais d’une note-circulaire, du ministre de l’Education nationale Kalidou Diallo, leurs scolarités allaient être compromises. En 2016, l’école Didier Marie de Saint-Louis entrait à son tour dans la dance, avant de se ressaisir, suite aux bons offices de quelques bonnes volontés.

Et pourtant, les autorités de tutelle se sont toujours évertuées à leur faire ce pertinent rappel, à travers des circulaires : «Aucun établissement ne peut avoir un règlement intérieur supérieur aux lois et décrets qui régissent le fonctionnement des écoles privées». Lesquelles lois, s’inspirent toutes de la Constitution du Sénégal qui, en son article 24, garantie la liberté de culte.

Les écoles privées (tant laïques que confessionnelles) étaient ainsi officiellement invitées au respect de la loi, enleur rappelant que la Loi fondamentale, ainsi que les décrets régissant les écoles privées au Sénégal, leur faisaient «obligation de recevoir tous les enfants sénégalais, quelle que soit leur confession. Et de respecter les croyances et coutumes de leurs élèves, y compris leurs tenues vestimentaires confessionnelles. Le Sénégal, étant un pays laïc, démocratique respectant toutes les sensibilités». 

Dès lors, la sempiternelle et légitime question qui ne peut manquer de tarauder les esprits, est de savoir pourquoi l’Institution Jeanne d’Arc est-elle seule, sur les 4023 écoles privées du Sénégal (statistiques 2018 de la tutelle) à persister dans cette posture de défiance aux textes étatiques? Cet Etat auquel les syndicats de l’enseignement privé catholique, en coordination avec les directeurs diocésains, n’hésitent pas à réclamer bruyamment, au moindre retard, le versement de la subvention que leur alloue annuellement l’Etat (notre Etat à tous !). Comme ils l’ont récemment fait, à l’occasion de leur dernière Assemblée générale le 15 septembre dernier à Mbour.

Et voilà que, contre toutes attentes, alors que des bonnes volontés des deux «camps» s’activaient auprès des parents d’élèves et des responsables de l’établissement, se triturant les méninges pour qu’une solution durable soit trouvée – et pour surtout apaiser davantage le climat etsauvegarder cette «commune-volonté-de-vie-commune», qui a toujours animée l’écrasante majorité (pour dire les choses telles qu’elles sont) des 95% de musulmans à l’égard d’autres minorités confessionnelles – surgit, comme un cheveu dans la soupe, un discours épistolaire radical, discourtois, reprochant au ministre de tutelle d’avoir rappelé à l’ordre l’Institution Jeanne d’Arc. 

Ne s’arrêtant en si bon chemin, le «Laïcat» de se livrer à un réquisitoire sans appel, délivrant des satisfécits par-ci, à ceux qui avaient daigné «témoigner de leurs soutiens» à Jeanne d’Arc ; traitant allégrement «d’adeptes du charlatanisme médiatique», voire de «quidams en perte de repères dans leurs propres confessions», ceux qui ont eu le toupet d’avoir eu une position différente de celui du «Laïcat». Quelle éloquente preuve de tolérance et de respect de l’opinion d’autrui ! 

Certains organes de presse ne croyaient pas si bien dire en parlant de la «réponse sèche du Laïcat au ministre de l’Education». Ce dernier en aura d’ailleurs pris pour son grade, dès l’entame de cette diatribe, en se faisant reprocher d’avoir manqué de courage, en ne citant pas l’école Jeanne d’Arc dans son communiqué du 03 mai 2019 ! De plus, était-il nécessaire de faire preuve d’un manque de modestie notoire, en prétendant opposer à «la vanité de la parole», «l’action quotidienne de l’Eglise au profit des citoyens sans aucune distinction» ? Pour ensuite verser dans une impertinentefanfaronnade, faisant étalage du «bilan» de l’Eglise sénégalaise en terme d’infrastructures scolaires, sanitaires, etc.

Et si ceux qui avaient, dès le XVe  siècle, accueilli les premiers évangélistes européens, venus installer le christianisme au Sénégal, se mettaient, eux aussi, àbomber le torse pour démontrer comment certaines terres ont été cédées à ces missionnaires, qui devaient y implanter les premiers lieux de culte catholiques, devenus de célèbres églises aujourd’hui, au Sénégal ? Connaissent-ils, ces polémistes du «Laïcat», les modalités de cession de cet ancien cimetière lébou, qui a migré en 1923 vers le patrimoine immobilier de l’Eglise,  pour devenir cette grande Cathédrale Notre-Dame-des-Victoires (ex-Cathédrale du Souvenir africain) sise à l’avenue de la République, à Dakar ?

Réputée être la plus belle bâtisse du catholicisme au Sénégal, et siège de l’archevêché, le regretté Archevêque de Dakar, le Cardinal Hyacinthe Thiandoum, qui repose à proximité de l’Autel de cet église, et qui a toujours entretenu d’excellents rapports avec toutes les autorités musulmanes de ce pays, en savait beaucoup sur ce chapitre ! Et n’avait d’ailleurs de cesse de réitérer, sans complexe aucun, dans ses discours (comme en 1985, en marge de l’intronisation de son ami Grand Serigne de Dakar, El Hadji Bassirou Diagne) «la gratitude de l’Eglise» à l’égard de ceux qu’ils qualifiaient affectueusement de ses «cousins lébous». 

Combien de fois les populations musulmanes autochtones, les Lébous en particulier, ont eu à mettre gracieusement à la disposition de la «Congrégation des Pères du Saint-Esprit»,de Gorée à Saint-Louis en passant par Rufisque et Joal, des sites extraits de leurs patrimoines fonciers privés?

Le Cardinal Verdier, en étant reçu par le Khalife SeydiAbabacar Sy, en présence de hautes autorités musulmanes, à l’Hôtel de Ville de Dakar, le 05 février 1936– alors que ce Légat du Pape Pie XII était à Dakar pour les besoins de l’inauguration, le 02 du même mois, de la Cathédrale du Souvenir africain de Dakar – avait pertinemment résumé la situation en déclarant que : «La cohabitation entre chrétiens, musulmans et animistes est sans doute l’une des plus paisibles au monde»

Jamais, en effet, la communauté musulmane sénégalaise n’a été prise à défaut de manquer de respect aux autres communautés confessionnelles. Etn’a donc de leçons de personne. Par conséquent, l’Organisation islamique JAMRA, l’Association islamique pour Servir le Soufisme et l’Observatoire de veille et de défense des Valeurs culturelles et religieuses, MBAÑ GACCE, invitent le «Conseil national du Laïcat» (qui, Dieu merci, ne porte pas la voix officielle de l’Eglise catholique sénégalaise), plutôt que de jeter de l’huile sur le feu, à s’inscrire dans une logique d’apaisement. Voire de médiation. 

Les liens de sang qui unissent les différentes communautés confessionnelles du pays étant plus forts que toute autre mésentente superficielle, parce que passagère. Il nous incombe à tous, pas seulement à la majorité confessionnelle, de veiller, comme à la prunelle de nos yeux, à la sauvegarde de ce précieux héritage de bonne convivialité interconfessionnelle, péniblement bâtie, au cours des siècles, par nos vaillants ancêtres, et souventcité en exemple à travers le monde (touchons du bois),dans une Afrique épisodiquement ensanglantée par des conflits ethniques et l’intolérance religieuse.
 
Dakar, le 10 Mai 2019
L’Organisation islamique JAMRA​​L’Association Islamique pour Servir le Soufisme (AIS)
IMAM MASSAMBA DIOP​​​​SERIGNE MAME CHEIKH MBACKE KHADIM AWA BA

C’est à la jeunesse de gagner le combat pour la démocratie…


Ousmane Sonko, le leader de Pastef a assisté à la cérémonie de lancement de l’ouvrage qui lui est dédié par le journaliste Ababacar Sadikh Top. L’ouvrage est intitulé : «Ousmane Sonko : trajectoire, parcours et discours de l’espoir».

Prenant la parole, le leader de Pastef a soutenu qu’il a une carapace de titan. «Je suis habitué des menaces y compris celles qui viennent d’en haut», a déclaré Ousmane Sonko en s’adressant au journaliste et auteur du livre qui retrace son parcours et fait découvrir certains pans méconnus de sa vie. Sur le plan politique, Ousmane Sonko a indiqué qu’il ne croit pas au messie encore moins aux actions isolées ou individuelles.

«Je crois à l’action collective et qualitative. Je crois à la nécessité d’avoir une masse critique de Sénégalais qui a suffisamment conscience des enjeux de l’heure», a-t-il renseigné. Pour lui, c’est à la jeunesse sénégalaise de gagner le combat pour la démocratie, le progrès et la bonne gouvernance. «C’est à nous de gagner ce combat, c’est à nous de le parachever et de faire bénéficier à nos fils et petits-fils les fruits de cette lutte», soutient-il dans le journal l’As

Dialogue national : Le Pds disqualifie Aly Ngouille Ndiaye


Si le PDS prend acte de la volonté du Chef de l’État Macky SALL d’engager un dialogue politique, il n’est pas acceptable que cette réunion soit présidée par Aly Ngouille NDIAYE.

Aly Ngouille NDIAYE est d’abord disqualifié du fait de son implication dans les scandales économiques et financiers MITTAL et PETROTIM qui ont fait perdre plus de 5.000 milliards de F.CFA au Sénégal et qui auraient certainement pu éviter le chaos économique et social dans lequel le Sénégal va être plongé avec l’augmentation prochaine des prix.

Aly Ngouille NDIAYE est surtout totalement disqualifié pour présider une telle rencontre car il a été le maître d’œuvre de la fraude électorale massive qu’il a annoncée devant la presse et l’opinion en affirmant haut et fort qu’il avait été nommé ministre de l‘intérieur pour faire gagner son patron Macky SALL.

Il s’est révélé être le pire ministre de l’Intérieur que le Sénégal n’ait jamais eu, le ministre de l’intérieur le plus partisan de notre histoire, celui qui a toujours affiché ses positions dans le mépris le plus total de l’opposition, responsable de l’élimination arbitraire de notre candidat, de la répression violente de l’opposition sénégalaise et de l’arrestation de certains de ses responsables.

Il est responsable devant l’histoire du grave recul des libertés et de la régression démocratique de notre pays.

Le PDS rappelle qu’il n’est pas contre le dialogue politique, mais qu’une telle réunion devrait être présidée par une personnalité crédible, neutre, indépendante, consensuelle et respectée.

Le PDS rappelle également que sa participation au dialogue politique est conditionnée par la libération immédiate de Khalifa SALL et par la révision du procès de Karim WADE, en application des décisions de justice internationale condamnant l’État du Sénégal, notamment celle du Comité des Droits de l’Homme des Nations Unies qui prescrit cette révision.

Dakar, le 9 Mai 2019
Maître Abdoulaye WADE
Secrétaire Général National du PDS

Afin de stopper cet ouragan de menaces (Par Cheikhouna MBACKE Awa Kébé)


Il est regrettable qu’il faille très souvent se faire entendre pour que sesproblèmes soient pris au sérieux.

Les difficultés dans lesquelles sombrent lesétudiants sénégalais en Égypte ne datent pas d’aujourd’hui. Elles remontentà des années. Ils les revendiquent depuis 2015.

Devenu énervant, le discours consolateur et moralisateur de l’ambassadeur du Sénégal au Caire, restetoujours le même. Aucune promesse n’a été tenue. Pas la moindre lueur d’espoir à l’horizon. Aujourd’hui, la menace devient de plus en plussérieuse.

Si, sans gêne, l’ambassadeur ose proférer certaines paroles àl’endroit des étudiants et jette l’opprobre sur l’enseignement arabo-islamiqueen le taxant d’obscurantisme et même d’archaïsme, alors la mise àl’exécution de notre plan d’action ne doit plus tarder.

À l’entendre parler,nous avons l’impression que nous sommes en train de perdre notre temps etque sa négligence vis-à-vis de nos revendications vise à tarir notre existence.Loin d’être encourageante, sa position est démotivante.

En effet, nous n’avons jamais manqué du respect à qui que ce soit. Nousn’avons jamais menacé l’ambassadeur.

D’ailleurs, c’est lui-même qui avaitdemandé à nous rencontrer, le jour où son irritation avait été aiguisée par lesinterventions des étudiants. Donc nous ne sommes pas en train de l’affronterou d’affronter qui que ce soit.

Nous n’avons aucunement de compte à luirégler. Il faut que cela soit clair et compris par tous. Nous avons des droitsen tant qu’étudiants et avons le courage de les demander.

Et nous croyonssincèrement que toute l’ambassade du Sénégal au Caire devrait être heureused’aider ses concitoyens afin qu’ils puissent suivre normalement leurs études.

L’État égyptien ainsi que l’Université d’Al-Azhar font tout ce qui est en leurpouvoir pour nous mettre dans de bonnes conditions.

Mais l’ambassade duSénégal au Caire ? Hélas ! Face à son impuissance (pour ne pas dire sonrefus) de régler nos problèmes, il est de notre droit, le plus absolu,d’interpeller les autorités supérieures compétentes. Notre impatience étantépuisée, nous allons exploiter tous les moyens dont nous disposons.

Car, àbien regarder, il est clair que les différentes doléances nous poussant à saisirla Presse, et menaçant nos conditions de vie en tant qu’arabophones, neseront jamais résolues si nous demeurons dans le mutisme.

Par ailleurs, l’occasion ultime qui s’offre à nous, afin de sortir del’ornière, c’est de converger nos force. C’est pourquoi, j’appelle tous lesétudiants à la cohésion et à la solidarité.

Ce combat auquel nous nous livronsnécessite beaucoup d’intelligence et de et de fraternité. Cimenter nos rangset rester organisés, comme nous l’avons toujours fait, sont les vocabulairesque doit contenir notre dictionnaire.

L’enseignement arabo-islamique qui esten danger avait toujours subi les dénigrements de l’attaque. Seulement laforme change ! Il avait toujours fait l’objet de négligence et de mise auplacard.

Il n’a jamais plu et il ne plaira jamais à certaines personnes. Ce sontnous, alors, qui, conscients de tout cela, qui avons la suprême obligation denous battre pour sa protection et sa préservation. «

L’union fait la force » dit le proverbe. Ce proverbe si très intéressantdoit constituer notre point d’appui, notre principe de levier.

La « Ligue desétudiants sénégalais en Égypte » a dû faire face à des personnes et desmenaces visant à l’affaiblir, à la rabaisser ou encore à la dissoudre. Nous neserons jamais dans le havre du bonheur si nous reculons et/ou nous nouslaissons abattre par la situation.

Encore, est-il de notre responsabilité de nousmobiliser et soutenir, jusqu’au bout, la Ligue qui se bat jour et nuit, sansrelâche, pour l’évolution positive de nos situations. Nous n’avons pas lechoix. Nous n’avons absolument pas le choix.

Le problème de l’étudiant leplus petit doit être la préoccupation de chacune et chacun de nous. Le soucide l’étudiant le plus faible doit être le souci de chacune et chacun de nous

Cheikhouna Mbacké Awa Kébé étudiant à l’université d’Al Azhar du Caire

Le drame des talibés raconté par la presse américaine

Le sort des enfants talibés préoccupe la presse outre Atlantique. Los Angeles times, l’un des plus gros tirage des États Unis s’est intéressé au sort des talibés dans un article fouillé et documenté.
Près de 5 milliards Fcfa rapportés annuellement par la mendicité des talibés à Dakar, affirme d’emblée le canard qui cite un rapport de Human Rights Watch dont la publication est prévue au cours de ce mois.

Le rapport évalue aussi le nombre de talibés errant dans les rues entre 50.000 et 100.000. Ils seraient 30.000 dans les rues de la capitale sénégalaise, Saint Louis en compterait 14.000 et autant pour Thiès, Diourbel et Kaolack.

Human Rights Watch fait aussi cas dans son rapport de l’échec du gouvernement sénégalais dans ses initiatives de retirer les enfants de la rue.

Mais aussi du gros scandale que constitue l’exploitation et la maltraitance des talibés et le trafic d’enfants en cours dans la sous région

Journée de la presse : Une fête macabre… (Par Adama Gaye).

3 Mai, Demain, la presse fête sa journée, mais, autour d’elle, montent les sons funéraires…

Sans l’interpellation d’un jeune journaliste, me suppliant de ne pas insulter Macky Sall et son pouvoir, je me serai gardé de verser quelque contribution à cette journée de demain 3 Mai, que, inspirée par le renouveau de la liberté d’expression à la fin des années 1980, l’UNESCO a décidé de désigner, depuis 1991, celle de la presse.

Je me suis demandé: comment peut-on être debout sur un bateau qui coule et trouver à redire à ce qui a toujours été, et reste, le carburant pour le maintenir à flots, au milieu de son abandon massif par ses passagers, ses publics, et de sa disruption mortelle par des technologies nouvelles l’ayant deja rendu obsolète.

Le métier des médias classiques, bien plus vaste que celui d’une presse se rapportant à l’écrit et à l’imprimerie, est en instance de déphasage accélérée: les journaux ne s’achètent plus, les radios et télévisions perdent leurs audiences, les agences de presse sont dépassées par la production, instantanée, des netizens, les citoyens du net, témoins et acteurs de leur temps, vrais journalistes de ce mutant monde.

Or donc, ce qui a longtemps fait vivre les médias, c’était l’impertinence et la profondeur des investigations de leurs animateurs, en particulier du fait de leur courage à être les témoins, historiens, non-biaisés, de leur temps. De l’histoire immédiate, actuelle. En se faisant les porte-voix des sans voix. En allant fouiller dans les lieux les plus cachés les secrets et méfaits de ceux qui s’imaginent être les puissants.

Autant dire qu’une profession qui choisit d’être civilisée au point de devenir la brosse à reluire, l’amplificateur, le promoteur voire le défenseur de ces forces, notamment politiques et d’argent, qu‘elle était censée brocarder, ne peut être que sur une pente raide, fatale, de sa propre destruction. Surtout que les fake-news, la concurrence des réseaux sociaux et le rejet d’une information devenue pompeuse, parce que filtrée pour plaire, sont autant de raisons de préparer sa notice nécrologique.

Quand le jeune journaliste a plaidé la cause de Macky et co, au nom de je-ne-sais-quelle clémence, j’ai failli verser des larmes de dépit. En me disant: c’est donc de ça dont il parle avec ses confrères? Que ce fut difficile de ne pas lui dire son fait en constatant ce qui était son baromètre pour juger de la pertinence des postures de quelqu’un qui n’a pas choisi de passer par des détours pour excercer son droit constitutionnellement reconnu de s’exprimer librement, selon ses termes, sans diffamer, son opinion sur les affaires de la cite et du peuple. À la limite, je peux comprendre que pour les yeux et oreilles chastes, il fait sens de réduire l’intensité, la virulence, de certains propos et écrits.

Encore que je me suis demandé c’est quoi ce type de journaliste faisant la médiation pour les escrocs, criminels de haut vol, les Macky et consorts, mais n’avait pas trouvé un seul mot pour tirer les bretelles à ses confrères lorsque, violant toutes les normes déontologiques, rien que pour plaire à leur corrupteur, ils s’en etaient pris à mon honorabilité et à ma vie, faussement attaquées, en des termes d’une gravité justiciable de lourdes peines pénales.

J’ai failli lui dire: honte à cette presse. Indigne presse. Presse de collusion. Presse de canniveaux. Corrompue et servile. Rien à voir avec la vraie presse qui, depuis ses pionniers, Johannes Gutenberg, Reginald Fassenden, Samuel Morse, la transistorisation, le Watergate, Albert Londres, et j’en passe, avait pu se hisser au statut de quatrième pouvoir, le premier en réalité tant il fait trembler les autres demembrements du pouvoir d’état.

Triste, en cette veille de “fête”, que les journalistes se transforment en pompiers là où leurs publics, pris dans un étau d’angoisses multiformes, ne demandent qu’à les voir assumer leur mission. C’est-à-dire, pour reprendre Bertold Brecht, “déchirer les voiles de l’inconscience et dire les choses par leur nom”.
Au lieu de ça, je me vois invité à mettre la pedale douce, à dire les choses plus gentiment. Ce n’est pas ce que j’ai appris ni vécu.

Exemples pour l’illustrer? Mon professeur de presse écrite, le brillant Mohamed Diop, premier docteur en communication du Sénégal, m’a enseigné à y aller droit. “Faites couler le sang, montrez les têtes coupées, ne vous gargarisez pas d’adjectifs, décrivez les choses et dites les telles qu’elles sont”. Celui de radio-television, Bernard Schoeffer, lui m’a dit, deux leçons dans ce sens. Un: quand vous posez une question, vous prenez votre épée et vous la plantez, pas besoin de mettre un coton dessus, donc pas de circonlocutions. Deux: alors que je faisais la description de la mine à ciel ouvert de la Somair à Arlit, au Niger, il m’arreta, après m’avoir entendu frimer avec un gros français notamment pour décrire les excavations, de retour d’un voyage d’études dans le Nord de ce pays.

Monsieur Gaye, m’interrompit-il, quand vous êtes avec une f……, parlez-vous de trou ou d’excavation ? Dites donc les choses sans détours. Enfin, un vieil ami américain, Tom Masland, ancien Éditeur Afrique, du grand magazine Newsweek m’a expliqué comment son journal en couvrant les tremblements de terre privilégie les images de femmes dont les tenues sont déchirées, révélant à côté des gouttes de sang, leurs seins. “Sexe et sang”, voilà ce que veut le lecteur, aimait à me dire Masland.

Or voici que dans ce Sénégal pris en otage, capturé, par un régime mafieux qui le dépouille au grand jour, tout ce qu’un journaliste trouve à dire est: baisse la pression. Traduisez : “ne dévoile plus les scandales qui rythment la vie de ces criminels”.

En un mot: fais un compromis historique. Rejoins la soupe. Vas à canossa !
Grave. Minable presse ! Surtout que mon conseiller serait le premier à s’écrier, si je suivais ses toxiques conseils de soumission: voilà ! Ça ne pouvait que finir comme ça. Il s’est rendu, comme nous nous y attendions…

Pas question cependant de me voir valider ce genre de calculs cachés derrière les bons sentiments. Je préfère, en clair, rester droit dans mes bottes, suivre ma voix intérieure et me conformer aux règles immuables de la décence, de l’honneur, de la vérité. Loin du Petainisme Tropical si prévalent ici !
J’ai honte de cette presse. Je suis totalement en désaccord avec cette souplesse d’échine qu’elle révèle pour se mettre, nolens-voens, au service d’un pernicieux et nationicide régime.
Mon interlocuteur me dit: ce serait bien que tu écrives pour dire que tes positions ne sont pas virulentes parce que tu cherches quelque chose.

Pouah ! Voilà le Sénégal actuel ou tant de gens ont vendu leur âme que ne pas le faire paraît suspect. Je lui dis, et en informe tous, une dernière fois, que si je voulais être à la soupe, j’en ai le pedigree et pouvais m’asseoir au banquet depuis.

Par mes origines, mes diplômes, mon parcours, mon expertise, my name recognition, rien, absolument rien, ne s’oppose à ce que je puisse n’avoir comme limite que le ciel -voir au delà!
Je n’ai pas choisi la voie de la facilité.
Ceux qui se sentent bien dans la porcherie y sont en bonne compagnie.

Mais, Macky Sall et co, ce regime ayant échoué, frappé d’illégitimité et d’incompétence, bande de pilleurs, doivent se le tenir pour dit: je suis sur leur route. Je ne suis pas du genre que l’argent, les privilèges ou les lambris impressionnent: j’ai deja fait et vu tout ça, depuis mathusalem; ce qui me meut dépasse ces fugaces et passagers trucs, cette quincaillerie !

Je suis un militant d’une nouvelle Afrique passant par un nouveau Sénégal, et dans ce combat il n’y aura pas de compromis historique, dynamique ni de compromission.

Je prie que demain, en ce jour ou plus que jamais, placée à l’article de la mort, de la disruption, la presse ne fasse pas la fête mais écoute les sons graves de son oraison funebre. Mon brillant professeur de sociologie de l’information, Francis Balle, de l’université Paris 2,réfléchissant avec d’autres théoriciens, les meilleurs dans ce domaine, comme les américains Lasswell et Lazarsfeld, aurait dit que le temps est venu pour les médias de redéfinir leur rôle dans la société. Pour freiner, si possible inverser, leur déclin inéluctable!

Ps: que plus personne ne me parle de tenir un discours doux en direction de ces criminels. Ils seront traités comme tels. Avec Macky Sall dina niokh gueniiom, et apprendra à ne plus insulter d’honnêtes citoyens. Wassalam ! Adama Gaye

L’énorme trou que creuse Macky SALL

L’enchantement quasi mystique, qui a suivi la proclamation des résultats du scrutin présidentiel du 24 février dernier, a très vite cédé la place à un grand désenchantement.

Ceux qui étaient persuadés que le président SALL ne peut changer de fusil d’épaule sont aujourd’hui confortés.

La ruse et la tromperie en bandoulière, le leader de l’APR manœuvre au rythme endiablé de son tout nouveau slogan (Fast-Track) qui, plus tard, lui permettra d’ensevelir l’énorme trou qu’il s’emploie à creuser.

L’élection présidentielle du 24 février 2019 passée, comme prévue par l’essentielle de la classe politique sénégalaise, il ne faut guère attendre de Macky SALL une rédemption encore moins un changement de cap.

Dès la première prise de parole qui a suivi sa réélection, il a voulu montrer qu’il ne devait celle-ci à personne et que par conséquent, il peut mener la barque selon uniquement sa volonté.

Ainsi, s’arroge-t-il le droit de débuter le quinquennat par une révision constitutionnelle dont il n’a jamais parlée au cours de la campagne présidentielle.

Une dynamique qui l’incite à renforcer son pouvoir et ceux de ses proches, particulièrement de sa famille.

Son beau-frère, Mansour FAYE, contrôle le PUDC, le PUMA, PROMOVILLES, la Délégation générale à la Protection sociale et à la Solidarité nationale (DGPSSN), le Commissariat à la Sécurité alimentaire, la Direction de l’Administration générale et de l’Equipement etc.

Pendant ce temps, en super ministre, Aliou SALL lance les travaux d’une seule et unique tour à 38 milliards de nos francs à travers la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC), cette véritable pompe à fric.

Seulement, le leader de l’APR ne veut pas rayer le poste de Premier ministre de l’architecture étatique par hasard. Tout comme, il ne concentre pas l’essentiel des pouvoirs entre les mains d’un groupuscule (les Faye-Sall) par la seule volonté annoncée de réduire le « train de vie de l’Etat ».

Si c’était le cas, c’est par le Haut conseil des collectivités territoriales (HCCT) ou encore le Conseil économique social et environnemental (CESE), des institutions inutiles qui comptent, à elles deux, plus des trois cent membres grassement entretenus, qu’il commencerait à décider de la suppression.

Comme à l’accoutumée, Macky SALL est dans le saupoudrage, son « Fast-Track », c’est de l’enfumage. Sa véritable trajectoire, il ne l’a pas encore indiquée ou alors les analystes sont loin d’en être réellement imprégnés.

Beaucoup se sont suffis aux nouveaux engagements de Macky SALL qui, selon l’essentielle de la presse, a «totalement et définitivement écarté un troisième mandat». Ainsi, les directeurs sont promus ministres à la place de responsables qui s’en sont allés gérer des directions.

Aucune personnalité n’émerge, même Boun DIONNE dont la fidélité est domestique. Ce dernier ne gêne guère l’action de Macky SALL. C’est plutôt la Primature, l’antichambre des candidats à la présidentielle, que le leader de l’APR cherche à fermer.

La coordination du gouvernement, Marème FAYE SALL qui compte plusieurs « boys » dans l’équipe, pourrait bien s’en charger.

Car, en définitive, en cette période d’exacerbation des ambitions, Macky SALL qui a fait sien le slogan « émergent » n’entend laisser aucune tête émerger. Avec détermination, il s’emploie à ériger un gouffre à même de contenir toutes les ambitions.

Les opposants en avaient vu la couleur à son premier mandat, pour celui-ci, ses partisans vont le découvrir sous une autre facette.

Entre « accélérer la cadence » et « Fast-Track », il n’y a que la langue qui change. Ce qu’il n’a pas réussi depuis que Mimi TOURE a été Premier ministre, ce n’est pas maintenant que Macky SALL va l’accomplir. A n’en pas douter, son « Fast-Track » va finir par un « Fass bou Tag » (cheval embourbé). Et, solennellement, Macky SALL va annoncer son revirement…

Mame Birame WATHIE

PS : Un vieux bouc menace de « casser » ma plume. Que son abondante sève mortifère se limite à entacher les esprits aliénés pour ne pas avoir à susciter la foudroyante vérité qui va, à n’en pas douter, emporter le grain de crédibilité qui lui reste.

Trump s’acharne contre les médias et traite les journalistes d’ennemis du peuple

epa06403266 US President Donald J. Trump speaks to members of the news media while signing bills in the Oval Office of the White House in Washington, DC, USA, 22 December 2017. Trump signed the tax bill, a continuing resolution to fund the government, and a missile defense bill before leaving to spend Christmas in Mar-a-Lago, Florida. EPA/MICHAEL REYNOLDS

« Ils devront se mettre à genoux et implorer mon pardon, ce sont vraiment les ennemis du peuple ». Le tweet présidentiel, d’une agressivité inouïe, visait le New York Times. Les attaques au vitriol de Donald Trump contre les médias n’ont rien de nouveau. Mais elles ont encore gagné en fréquence et en férocité ces dernières semaines.

Son meeting de campagne samedi soir à Green Bay, dans le Wisconsin, devrait selon toute vraisemblance donner lieu à de nouveaux assauts contre les journalistes. D’autant qu’au même moment aura lieu, à Washington, le dîner de l’Association des correspondants de la Maison Blanche (WHCA). Comme en 2017 et 2018, le milliardaire républicain a décidé de bouder ce rendez-vous annuel – « ennuyeux » selon ses termes -qui met la liberté de la presse à l’honneur et donne l’occasion au président américain de prononcer un discours, en général teinté d’autodérision, sur l’année écoulée.

Les raisons de l’intensification des attaques du président de la première puissance mondiale contre les médias qu’il qualifie à la moindre occasion de « Fake News »? Difficile de se prononcer avec certitude. Mais, au-delà de la volonté de galvaniser sa base électorale en désignant un « ennemi », la diffusion des conclusions du rapport du procureur spécial Robert Mueller sur l’enquête russe a incontestablement déstabilisé le locataire de la Maison Blanche.

Le point presse disparaît

Autre hypothèse: le milliardaire américain raffole de l’attention des journalistes, or elle lui échappe un peu avec l’entrée en lice des candidats démocrates pour l’élection présidentielle de 2020. Kamala Harris, Beto O’Rourke, Pete Buttigieg, Joe Biden: un a un, depuis plusieurs semaines, ils captent un peu de la lumière, et déplacent l’attention des médias américains au-delà de la seule Maison Blanche. Les attaques sont d’autant plus remarquables qu’elles s’accompagnent de la quasi-disparition du point de presse quotidien de la porte-parole de la Maison Blanche, Sarah Sanders.

Cela fait plus de 40 jours que cette dernière ne s’est pas présentée au podium de la célèbre salle de presse pour faire face aux questions des journalistes. Et cette année, contrairement à l’année dernière, elle ne participera pas, elle non plus, au dîner de gala: tous les membres de l’équipe Trump ont reçu comme consigne de décliner l’invitation. « Soyons clairs: le fait que cette administration réduise les points de presse de la Maison Blanche, du Pentagone et du département d’Etat est infiniment plus grave que de la question de savoir si le président participe au dîner des correspondants », souligne, dans Politico, Olivier Knox, président de la WHCA.

Certes, le président lui-même répond plusieurs fois par jour aux questions des journalistes. Mais cela se fait toujours dans une certain désordre, suivant son tempo, dans les jardins de la Maison Blanche avant qu’il ne monte dans son hélicoptère, ou dans le Bureau ovale au milieu d’un véritable brouhaha. Et rien n’indique que les relations du 45e président des Etats-Unis avec la presse sont sur le point de s’apaiser. Jeudi, Sarah Sanders s’est bien présentée au pupitre. Mais c’était pour répondre aux questions des enfants du personnel de la Maison Blanche qui participaient à la journée « Emmenez vos enfants sur votre lieu de travail ».

Dangereux pour les journalistes

Vendredi, devant les membres de la NRA, puissant lobby des armes, Donald Trump n’a pas fait dans la dentelle: « Le niveau de malhonnêteté et de corruption dans les médias est incroyable », a-t-il lancé. Pour Jeffrey Morosoff, qui enseigne le journalisme à la Hofstra University près de New York, le président américain « joue un jeu dangereux ». « Un jour, l’un de ses supporteurs va s’en prendre physiquement à un journaliste ».

Californie : Il fonce sur des piétons pensant qu’ils étaient musulmans

Isaiah J. Peoples appears for his arraignment in Santa Clara County Superior Court as his lawyer, Chuck Smith, stands at his side on Friday, April 26, 2019, in San Jose, Calif. The former U.S. Army sharpshooter Peoples is charged with eight counts of attempted murder after authorities say he deliberately plowed his car into pedestrians Tuesday. (Jim Gensheimer/San Francisco Chronicle via AP, Pool)

Un chauffard qui a foncé délibérément sur des passants, faisant huit blessés, est accusé de l’avoir fait parce qu’il lui semblait s’agir de musulmans, a indiqué la police californienne.

Isaiah J. Peoples. © ap.
L’homme âgé de 34 ans, appelé Isaiah Peoples, est visé par une enquête pour tentative d’homicide avec pour circonstance aggravante un mobile raciste, a précisé la police de Sunnyvale, près de San Francisco.

« Il y a de nouvelles preuves selon lesquelles Peoples a visé de manière intentionnelle ses victimes en raison de leur race et de la conviction qu’elles étaient musulmanes », a déclaré lors d’une conférence de presse un policier, Phan Ngo.

D’après les médias locaux, trois membres de la même famille, un père, son fils et sa fille, font partie des huit piétons blessés mardi. Aucun détail n’a été publié sur la religion ou la nationalité des victimes.

L’avocat d’Isaiah Peoples a affirmé que l’accident était « clairement la conséquence de troubles mentaux » et qu’il demanderait à ce que son client, ancien militaire qui semble souffrir de stress post-traumatique, reçoive un traitement adapté.

Le débat sur la suppression du poste de Pm anime les quotidiens du week-end

Les quotidiens parvenus samedi à l’APS traitent l’actualité politique en priorité en mettant notamment en exergue le débat sur la suppression annoncée du poste de Premier ministre et les interrogations sur l’avenir du Parti socialiste.

Alors que l’Assemblée nationale doit se réunir en session plénière samedi prochain (4 mai) pour débattre du projet de révision constitutionnelle devant déboucher, entre autres, sur la suppression de la Primature, l’heure semble aux préparatifs dans les différents bords politiques.

‘’La majorité en ordre de bataille’’, affiche ainsi Le Soleil à sa Une. Le journal a notamment pris l’option de rendre compte des préparatifs dans le camp des députés acquis au pouvoir à travers leur convocation dès lundi afin de mieux articuler leurs positions.

‘’Le président du groupe parlementaire de la Coalition Benno Bokk Yakaar (BBY) a convoqué ses collègues membres de la majorité pour une consultation. Cette réunion sera une occasion pour les parlementaires d’harmoniser leurs positions avant la séance plénière du 4 mai sur le projet de loi portant suppression du poste de Premier ministre’’, précise le quotidien national dans ses colonnes.

Ce projet de révision constitutionnelle annoncé au moment de la formation du nouveau gouvernement a le mérite de ‘’réveiller l’esprit de révolte de l’opposition et de la société civile’’, croit savoir Vox Populi, lequel souligne qu’opposants et membres de la société civile ‘’brûlent le projet Macky Sall et appellent à la résistance’’.

Dans ses colonnes, la publication étale particulièrement les réactions engendrées par ce projet de loi dans certains cercles de la société civile sénégalaise.

Une posture des opposants assimilable à un baroud d’honneur par Sud Quotidien à la lumière de son analyse de la situation politique consécutive à la réélection de président Macky pour un second mandat à la tête du pays.

‘’L’opposition en mal de +fast track+ ! (termes anglais signifiant littéralement marche rapide) s’exclame le journal du groupe Sud Communication au sujet de l’attitude des opposants.

‘’Makcy Sall déroule, l’opposition cherche ses marques. Le jeu post-investiture du président de la République et chef de file du parti au pouvoir semble assez caricatural. Le chef de l’Etat pose sans discontinuer ses premiers actes de gouvernance alors que le camp d’en face semble en mal de repères’’, analyse le journal.

‘’Même pour la réforme constitutionnelle partie pour émietter la nature du régime politique, déplore Sud Quotidien, l’opposition est restée longtemps amorphe, ne réagissant qu’à quelques encablures de la validation dudit projet de loi et, paradoxalement pour appeler à un référendum et à une gestion concertée de cette affaire de suppression du poste de Premier ministre’’.

La situation prévalant au sein du Parti Socialiste (PS), une des formations politiques membres de la coalition au pouvoir (BBY) n’a pas non plus laissé insensibles les quotidiens.

Kritik fait état d’un malaise profond dans ce parti historique en usant à sa Une de la formule : ‘’Le ver (t) est dans Benno’’ pour évoquer la situation au PS.

‘’Après la séparation avec l’ancien maire de Dakar, Khalifa Sall et avec tous ceux qui lui étaient proches, le PS va droit ver une nouvelle crise née de l’absence de rotation sur le profil des membres désignés pour siéger au gouvernement et de l’opportunité objective de continuer à jouer un rôle de second couteau dans la mouvance présidentielle. A cela s’ajoutent d’autres faits menaçant la survie du parti’’, fait observer le journal.

‘’Le PS choisit le pire’’, renchérit Walf Quotidien en évoquant l’alliance de ce parti avec l’Alliance pour la République (APR, au pouvoir). Pour le quotidien du Groupe Walfadri, la formation politique des ‘’Verts’’ de Colobane a perdu sur toute la ligne dans son union contre-nature avec l’APR. ‘’Elle a perdu son âme, ses ambitions de reconquête du pouvoir et continue à se disloquer’’.

En échos à ce présage, L’AS quotidien annonce à sa Une le ralliement à l’APR de Moussa Bocar Thiam jusque-là membre du PS.

‘’Le PS est en zone de turbulence depuis la mise en place du nouveau gouvernement. Même si les secousses ne sont pas perceptibles, la formation politique fondée par Léopold Sedar Senghor est en train de vivre un épisode sombre’’, commente le journal.

Pour sa part, Le Quotidien se projette déjà sur les prochaines élections locales prévues en décembre 2019 en mettant en relief l’ambition de la communauté Léboue de reconquérir la mairie de la capitale. ‘’Si nous nous battons, Dakar nous reviendra’’, déclare le député et Grand Serigne de Dakar (leader de ladite communauté) dans des propos rapportés par le journal.

La police arrête un perroquet qui faisait le guet pour des dealers

South American Military macaw (Ara militaris) perching in a tree.
« Maman, la police! »: l’oiseau avait été dressé pour alerter ses maîtres de l’arrivée des forces de l’ordre.

Des policiers militaires faisaient une ronde dans la ville de Teresina, située dans le nord-est du Brésil, ce lundi après-midi, lorsqu’ils ont repéré un homme qui venait d’acheter de la drogue dans une maison, rapporte le site brésilien Itimo Segundo. Ils ont alors décidé d’intervenir et se sont retrouvés face à un perroquet qui s’est mis à hurler de façon répétée: « Maman, la police! »

Selon les agents, le perroquet a probablement été dressé pour avertir les résidents de la maison lorsque quelqu’un s’approchait. « Il doit avoir été entraîné pour cela », a déclaré le major Mello du 17e bataillon de la police militaire à l’ltimo Segundo. « Il a commencé à crier dès que la police s’est approchée ».

Malgré ses efforts, le perroquet n’est pas parvenu à sauver ses maîtres, qui ont été arrêtés en possession de drogue.

Les policiers ont également placé le perroquet en « garde à vue » et ont tenté de le faire parler davantage avec l’aide d’un dresseur et de plusieurs vétérinaires… sans succès. Selon le quotidien Globo, il a ensuite été transféré au zoo de Teresina, où des soigneurs vont déterminer s’il est capable de retourner à la vie sauvage ou non.

Appel à un sursaut national pour lutter contre la dictature de Macky Sall

Les organisations politiques, l’Alliance pour la Citoyenneté et le Travail (ACT), La Ligue Démocratique DeboutDebout), la République des Valeurs (RV), Taxaw Temm et le Mouvement Tekki se sont rencontrées au siège de Tekki pour échanger sur la situation politique nationale et ont décidé de publier le communiqué ci-après.

Appel à un sursaut national pour lutter contre la dictature de Macky Sall (Déclaration conjointe
1. Après toutes les dérives monumentales et les manquements graves décriés sur le processus électoral, et à peine sorti d’un coup de force électoral, le Président Macky Sall, s’engage dans ce qu’il sait faire : la politique politicienne.

Aveuglé par un désir excessif de pouvoir sans limites, il vient d’engager, à la surprise générale, et à titre personnel, pour tout un peuple, une révision constitutionnelle, sans avoir une seule fois évoqué la question pendant la campagne électorale, sans débat, ni concertations à aucun niveau, pour, à sa seule guise, modifier unilatéralement le régime politique en vigueur et ainsi imposer une nouvelle gouvernance solitaire et personnelle.

Après avoir cherché à casser et neutraliser toutes les forces progressistes, démocratiques et citoyennes du pays avec les moyens de l’Etat, il veut avec cette dernière initiative disposer désormais de tous les leviers du pouvoir de l’Etat. La réforme ainsi engagée viendra consolider et parachever l’installation d’une dictature au Sénégal.
2. Dans le projet soumis à son Assemblée nationale, il affirme sans ambages qu’il instaure un régime présidentiel caractérisé par un pouvoir exécutif rationalisé. En vérité, l’Assemblée nationale est démise de ses prérogatives les plus importantes, à savoir le contrôle de l’exécutif.

Le Président de la République renforce considérablement ses prérogatives. Il fait mine d’abandonner son pouvoir de dissolution de l’Assemblée Nationale, mais conserve cette possibilité par le biais de l’article 52 qui lui donne des pouvoirs exceptionnels.

Les Ministres peuvent être traduits pénalement devant la Haute Cour de Justice, alors que devenus responsables devant le Président de la République, en fait de simples collaborateurs, ils devraient l’être en toute logique devant les Tribunaux ordinaires

Enfin, le Président de la République devrait dans la construction d’un régime à ce point présidentiel renoncer à toutes ses prérogatives ayant un caractère législatif. Ce qu’il refuse de faire dans ce projet de loi.
3. Sous ce rapport, son appel au dialogue, ressassé depuis un certain temps à l’occasion de chaque sortie publique, n’est ni plus, ni moins qu’une duperie. D’ailleurs, tous les observateurs avertis et sérieux peuvent le constater : lorsqu’il s’agit de questions essentielles telles que la modification de la constitution, le gaz et le pétrole ou l’implication outrancière de sa famille dans la gestion de l’Etat, soit il décide en solitaire, soit il occulte le débat.

Voilà un appel au dialogue suivi d’un changement de la nature du régime politique pour pouvoir gouverner tout seul ; comme pour dire : « je change le régime et après, venez, on va dialoguer » ! Mais dialoguer sur quoi ? Du report déjà programmé des élections locales ? De l’indépendance de la justice ? De l’équilibre des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire qu’il vient de chambouler ?
4. Pire, dans la plupart du temps, lorsqu’il s’engage, c’est pour se dédire, dès que possible ou alors dès que ses intérêts sont en jeu ; au point qu’il est devenu légitime de douter de la valeur morale de ses engagements pris et de sa parole donnée.
Il en est de même de l’appel tonitruant à la responsabilité, au civisme et à la citoyenneté, à la salubrité publique et au désencombrement de la voie publique, adressé aux Sénégalais et plus particulièrement aux jeunes, que personne ne peut rejeter.

Toutefois, il convient de rappeler qu’à ce jour, Macky Sall est le seul tristement célèbre responsable politique à avoir obligé les membres d’un bureau de vote à accepter son vote par la force des muscles de ses gardes – corps alors qu’il n’avait pas les documents requis pour accomplir cet acte !

Voilà une forfaiture qui montre et démontre, avec force et éloquence, qu’en matière de bonne conduite conforme à la responsabilité du citoyen vertueux, aucun Sénégalais n’est jamais descendu aussi bas! Trop bas !!!
A cet égard, et en considération de tout ce qui précède, les organisations signataires appellent à la mobilisation des députés de l’Opposition pour s’opposer à ce projet de loi et à un sursaut national des progressistes et des patriotes de tout bord, pour construire un bloc politique fort et capable de porter, dans l’unité d’action, le combat pour faire face à une dictature qui ne se fixe plus aucune limite légale, morale, ou éthique.
Dakar le 26 avril 2019
ACT
République des Valeurs
LD Debout
Taxaw Temm
Tekki

Halte à la politisation des sociétés nationales !

Nous ne ménagerons aucun effort pour dénoncer les dérives du Président politicien. Macky Sall n’a jamais eu l’intention de mettre le Sénégal sur les bons rails. Pendant la campagne électorale, la dépolitisation des postes de Directeur de sociétés nationales avait suscité un vif intérêt chez les électeurs.

Le candidat Ousmane Sonko dans son programme sur le point 8 Administrer d’ordre et pour le compte du peuple, avait proposé:

• »Nous mettrons en place le mécanisme de l’appel à candidature permettant une présélection sur dossier par un comité ad hoc
spécialisé et sur des critères combinés
d’ancienneté, de compétence et de probité ;

• Nous consacrerons l’incompatibilité de l’exercice des responsabilités techniques de Directeurs, Directeurs généraux et secrétaires généraux de structures publiques et parapubliques avec toute implication dans la vie politique. »

Le candidat Idrissa Seck, sur la question des DG de sociétés nationales, avait proposé:

• « La nomination des Directeurs généraux de certaines agences et sociétés nationales par appel à Candidature.

• L’établissement d’un système d’incompatibilité pour empêcher l’implication partisane des hauts fonctionnaires dans la vie politique. »

Ces deux propositions des deux candidats pour la magistrature suprême avaient un consensus national. Pour lutter contre les mauvaises pratiques de gestion et avoir une administration d’ordre et efficace, il faudrait nécessairement choisir le meilleur profil pour occuper ces postes. Et pour cela, l’appel à candidature me paraît être la solution la plus adéquate. Concernant le président Macky Sall, il n’est pas nécessaire de faire un tour dans son programme de campagne «ligueyeul euleuk», nous allons commenter directement les premières mesures prises dans ce sens.

En parcourant le communiqué du conseil des ministres du 24 Avril 2019, on se rend compte que le Président de la République n’a pas encore rompu avec ses vieilles habitudes. Au Sénégal, on ne nomme jamais un Directeur Général sur la base de ses compétences, de sa probité mais de par son niveau d’implication dans la bataille politique au niveau local et/ou national.

Ainsi, pour le COUD, un poste important dans le quotidien des étudiants mais éternellement politique, le sieur Abdoulaye Sow est nommé. Une personne qui n’a montré aucune compétence ailleurs et qui prend ce poste juteux comme une récompense politique. Modou Diagne Fada qui fait parti de la vague des transhumants est bombardé à la Sonacos parce qu’il a simplement contribué à la victoire de la majorité présidentielle à Darou Mousty.

Ciré Dia Champion du recasement de la clientèle politique qui, selon plusieurs rapports d’audit, a totalement mis à terre la société nationale « LA POSTE » écope d’une sanction avec sa nomination PCA de LONASE. Pape Gorgui Ndong, l’ancien pire ministre de la Jeunesse et de la construction citoyenne est pressenti comme Directeur Général dans ladite société. Le duo Pape Gorgui Ndong et Ciré Dia à la LONASE sera sans doute scandaleux pour le futur de la société! Pape Demba Biteye, le néo DG de la SENELEC, a certes le profil, mais il a été récompensé pour son implication politique à Kaolack.

Il animait le mouvement Kaolack pour la réélection de Macky Sall. Mame Boye Diao remplace Mamour Diallo à la Direction des Domaines. Certes, Mame Boye Diao est inspecteur des impôts, ancien directeur des services fiscaux, mais ce poste est une forme de récompense politique pour lui qui défendait le sois disant bilan économique du président pendant 7 ans. Après l’annonce du premier gouvernement Macky II, il a montré sa frustration donc il fallait trouver rapidement un poste juteux pour le calmer.

Napoléon disait que l’on gouverne avec ses hommes mais le président de la république qui nous a promis un Fast Tract pour solutionner les problèmes des sénégalais pouvait réduire la politisation à la tête des sociétés nationales. L’administration est la cheville de l’Etat. Il est important de prendre les meilleurs sénégalais pour les mettre à la tête des sociétés nationales.

La priorité de ces nouveaux DG ne sera pas de redresser leurs boîtes respectives mais certainement d’entretenir une clientèle politique issue de leur base afin de gagner les prochaines élections locales pour pouvoir garder leurs postes. Le Président de la République est le dépositaire des suffrages des sénégalais, mais les urgences du Pays doivent l’obliger à travailler avec les meilleurs sénégalais dans chaque domaine en compétence et en vertu.

Ce pays regorge de ressources humaines de qualité, de hauts fonctionnaires intègres. Il est temps de rompre avec ce cercle des évidences établies. La politisation tendancielle de la haute fonction publique n’est donc qu’une manifestation parmi d’autres de la crise générale qui a atteint le service public sénégalais.
Avec ses premiers actes de Macky II, Fast Tract ou pas, on se rend compte que le président ne change pas de cap, il continue dans son mackyage, il accélère même !

Moustapha Dieng, juriste droit des énergies

Pour un fast-track de la réalité et de la vérité


En politique, c’est comme si tout était fait pour bercer les populations d’illusions. Tout est astucieusement énoncé, malicieusement annoncé et minutieusement réalisé pour entretenir l’espoir. Tantôt c’est l’accélération de la cadence, tantôt le fast-track.

Trop souvent, c’est la désillusion, la déception, le désespoir. On eut dit un espoir plus proche d’une illusion fuyarde. Un faux espoir. Hier, ce fut Wade prestidigitateur, aujourd’hui Macky hypnotiseur. Encore faudrait-il que le peuple qu’on endort de slogans, d’effets d’annonce et d’expressions magiques recouvrât ses esprits dans le bienêtre. Toujours est-il que les Sénégalais attendent, résilients, mais avec beaucoup d’impatience, les changements qualificatifs et quantitatifs promis, dus. Ils espèrent qu’ils impacteront durablement et positivement leur vécu quotidien. Ils se disent que leur résilience a une ligne rouge que leurs gouvernants ne sauraient franchir.

Certes, nous sommes pour le droit légitime des peuples à disposer des moyens de leur subsistance matérielle nécessaires pour vivre. Ils ont, comme le disait le regretté Kéba Mbaye, droit à la survie et au développement. Ce qui, pour la majorité des Sénégalais, est loin d’être le cas. Il n’y a donc plus de temps à perdre. L’heure n’est plus à la palabre stérile. Pour le président Macky Sall, il s’agit d’aller vite.

Certainement pour marquer son temps et les esprits, il choisit la voie la plus rapide pour atteindre ses objectifs. Nouvellement réélu, il fait du Fast-track le viatique pour la mise en œuvre de ses politiques publiques. D’autant plus que pour son quinquennat, le nouveau mot de passe pour ses ministres, directeurs de sociétés et agents de l’administration semble être emprunté aux anglo-saxons. Ainsi l’on ne parle que de Fast-track. Il est devenu le nouveau concept magique, l’expression fétiche en vogue. Mais le Fast-track ou le chemin court, voire le raccourci, est-il si sûr ? Pourquoi cette option, cette obstination ? La sagesse et la rigueur n’imposent-elles pas parfois de faire un périple ou de passer par un labyrinthe pour des résultats probants et durables? Le peuple ne sera-t-il pas une fois de plus victime de logorrhées ennuyeuses et pathétiques ? Autant d’interrogations pour, à travers des actes, actions et réalisations concrètes, visibles et palpables, donner à ce vocable tout le sens, la beauté, la splendeur et la magie qu’il requiert.

L’avènement du Programme d’Urgence pour le Développement Communautaire (PUDC) n’était-il pas facilité par les lourdeurs administratives, précipité par des procédures totalement en déphasage avec l’urgence du résultat ou l’efficacité et l’efficience dans la démarche? N’était-ce pas une astuce, une trouvaille, une vision prospective de Macky Sall pour mieux préparer sa réélection ? La cadence a-t-elle réellement été accélérée avec Mimi Touré, Première ministre ? N’a-t-elle pas plutôt été ralentie ? Avaiton apporté les correctifs nécessaires suite au Forum National de l’Administration organisé au Centre International de Conférence Abdou Diouf en avril 2016 ?

Quelle évaluation a-ton faite de ce forum ? L’administration en est-elle ressortie rénovée ? Le Président Sall n’at-il pas intelligemment appris de la promptitude, de l’efficacité, de la diligence et de la célérité de certaines ONG ? Les agents de l’administration ont-ils le culte du résultat, la culture de la ponctualité, de l’assiduité, de la probité, de la loyauté, de l’humilité, de la simplicité, bref du sacerdoce ? Le Sénégal a-t-il une administration de développement ? Une administration pleinement consciente de son impérieuse nécessité d’être, en tout lieu et en tout temps, performante et compétitive dans ce monde globalisé ? Une administration au service d’un environnement propice aux affaires et plus soucieuse de l’attractivité et de la compétitivité du Sénégal ?

N’a-t-il pas au contraire une administration procédurière, rivée, empestée dans des goulots d’étranglements, des cloisonnements rétrogrades avec trop de paperasse ? Une administration source à problèmes et non de solutions ? Une administration de sous-développement ? Une administration qui combat la décentralisation ? A-t-on un code de conduite, un code d’honneur, d’éthique et de déontologie auquel tous les agents de l’administration seraient soumis ? Un code de conduite qui serait le socle des valeurs d’éthique et de morale dans l’exercice des fonctions administratives et professionnelles?

La réflexion entamée en 2016 avec Mme Viviane Laure Elisabeth Bampassy, alors ministre de la Fonction publique a-t-elle rappelé les obligations qui pèsent sur le personnel administratif et sur tous les commis de l’Etat ? Ce code de conduite (s’il existe) est-il vu, perçu comme un contrat de confiance entre l’administration dans sa totalité et les administrés y compris les partenaires ? Les Anglais ne disent-ils pas que Time is money ? Mieux St-Augustin ne prévient-il pas que le temps ne chôme pas ? La compétitivité économique est-elle plus une question d’infrastructures que d’ordre, d’organisation, de méthode, de discipline comportementale ?

Nous attendons le président réélu dans la mise en œuvre de son programme éclaté dans divers projets. Nous sommes plus qu’impatients que la patrie avant le parti, la gouvernance sobre et vertueuse, l’équité territoriale, le Sénégal de tous et le Sénégal pour tous passent de slogans à des réalités ancrées dans le cœur et la mémoire des Sénégalais. Nous le guettons dans le déroulement des activités mais surtout dans le suivi et l’évaluation des programmes/ projets. Nous le soutiendrons sans réserve pour tout ce qui ira dans le sens du développement du Sénégal des profondeurs. Mais nous le combattrons sans le ménager pour toute mal gouvernance.

Plutôt que de manquer d’ambitions en ne visant que l’autosuffisance en riz, ne conviendrait-il pas mieux d’œuvrer pour une autosuffisance intégrale en céréales locales (mil, sorgho, riz, mais, niébé, …) ? N’est-il pas temps pour le Sénégal d’amorcer sa révolution agricole, non seulement pour son autosuffisance alimentaire mais surtout pour la création d’emploi et de richesse pour sa jeunesse, et pour l’exportation ? N’est-ce pas la voie royale pour rééquilibrer sa balance commerciale ? La voie indiquée pour rendre sa balance commerciale excédentaire ?

Pourquoi ne pas, avec ses multiples atouts, diversifier son économie de manière à rendre les fruits de la croissance profitables à tous? Son tourisme, sa pêche, son agriculture, son élevage, sa culture, ses énergies renouvelables combinées à la prochaine exploitation de ses importantes ressources pétrolières et gazières ne sont-elles pas autant de mamelles pour faire entrer triomphalement Macky Sall dans l’histoire ? Pourquoi pas pour le faire davantage aimer, désirer, une fois qu’il aura dignement et honorablement quitté ses fonctions présidentielles ?

Ne serait-il pas dommage qu’il accordât une oreille attentive à ceux qui l’invitent, l’incitent à briguer un troisième mandat ? Il raterait une chance unique d’entrer à jamais dans l’histoire en dépit des insuffisances de son magistère.
Comment permettre aux corps de contrôle de l’Etat de jouer pleinement leur rôle pour éviter que le pays ne soit soumis à une gestion sombre et vertigineuse mais plutôt sobre et vertueuse? Comment ne pas être scandalisé, horrifié par cette hémorragie de nos matières premières vers l’Occident ? Ne serait-il pas plus judicieux et avantageux pour le Sénégal d’engager la bataille pour son industrialisation ? L’industrialisation méthodique ne serait-elle pas pour le Sénégal un vivier d’emplois ?

Comment est-ce possible d’accepter ce prolongement de la détérioration de termes de l’échange et se complaire à vivre sous perfusion étrangère ? Y a-t-il un seul pays au monde qui s’est développé avec l’aide ? Au Sénégal d’abandonner le biberon-sangsue pour se nourrir au sein maternel. Seul le lait maternel contient les micronutriments nécessaires à sa croissance, à son développement durable.

Samuel SENE
Consultant-formateur

Suppression du poste de Premier ministre : Abdoul Mbaye écrit aux députés

« Le Sénégal s’achemine en procédure accélérée vers la QUATRIEME modification de sa Constitution (notre loi fondamentale), en moins de sept (7) ans, sous le magistère de Macky Sall. Cela est indigne d’un système politique se présentant comme une démocratie.

Mais soyons réalistes : aujourd’hui seuls les députés de la coalition Benno Bokk Yakaar pourraient gêner ce funeste projet. Ils ne représentent certes que 49,47% des électeurs, mais ils détiennent la majorité nécessaire pour voter la révision de la Constitution du Sénégal. Parmi eux sont des patriotes, qui ont la conscience de ce qui se fait pour ou contre leur pays, pour ou contre leur peuple en faveur de quelques intérêts particuliers qui pourraient nuire à court, moyen ou long terme à la Nation sénégalaise.

C’est pourquoi je fais le choix d’adresser ce message à ceux d’entre eux qui savent qu’un député est d’abord, avant toute chose, parfois en dernier ressort, DEPUTE DU PEUPLE tout entier et non représentant de celui qui l’a mis sur une liste électorale, d’un parti ou d’une coalition de partis.

Le projet de cette quatrième révision de notre Constitution est funeste pour plusieurs raisons.
Il est d’abord fruit de tromperie et de ruse. Comment un élément aussi important du programme d’un candidat à l’élection présidentielle peut-il avoir été caché le temps de la campagne, puis annoncé et mis en œuvre trois jours après l’élection du candidat concerné ? Parce que le candidat savait qu’il aurait pu mettre en péril son élection. Parce qu’il savait que le peuple n’en était pas demandeur.

Il appartient au Député du peuple de sanctionner cette tromperie, pour que cela serve de leçon aux prochains candidats à toute élection, pour imposer le respect du peuple à tout candidat cherchant son suffrage !
Ce projet supprime le poste de Premier ministre et fait semblant de maintenir le Gouvernement comme une institution car un (ou plusieurs Premiers ministres ?) se serait montré lent à réaliser les directives présidentielles.

Doit-on pour autant retenir que le vivier de grands cadres dont regorge le Sénégal ne permet pas le choix d’un Premier ministre compétent et efficace ? Nous n’avons pourtant jamais entendu le Président soutenir qu’il avait été lui-même un mauvais Premier ministre. C’est preuve que l’exception peut donc exister. Ce serait insulte à l’intelligence des Sénégalais que de soutenir le contraire. Par ailleurs lui a-t-il été impossible de donner directement des directives aux Ministres ?

Lui a-t-il été impossible de trouver et conserver pendant cinq (5) ans un Premier ministre soumis et transparent en conformité avec sa méthode d’exercice du pouvoir? Bien sûr que non ! Il appartient au Député du peuple de refuser cet argumentaire qui ne tient pas, qui ne peut valoir face à un être doué de raison !

Sept (7) années de réalisations sont passées. Elles ont été présentées comme des années fastes et auraient permis la réélection de votre leader dès le premier tour. Mais alors pourquoi pour cinq (5) nouvelles années remettre en cause l’équilibre institutionnel de notre pays et pour un avenir qui dépasse ce court terme de cinq (5) années ?
Député du peuple c’est là une autre faille dans l’argumentaire qui vous est présenté. A la station de responsabilité qui est vôtre, refusez par dignité le jeu de cache-cache sur des questions aussi importantes que notre Loi fondamentale et l’architecture institutionnelle de notre démocratie.

Ce projet prépare enfin une grave crise politique qui viendra inéluctablement un jour. Les bonnes constitutions doivent prendre en compte ce type de risques susceptibles de plonger un pays dans le chaos. Par un faux semblant de rééquilibrage des pouvoirs après « suppression effective » du Gouvernement, il est proposé d’enlever au Président de la République le droit de dissoudre l’Assemblée nationale en contrepartie de celui qui lui est enlevé consistant à pouvoir faire tomber un Gouvernement. Pourtant ce droit a été nécessaire au Président Macky Sall en 2012, non pas pour accélérer la mise en œuvre de son programme, mais bien pour le mettre en œuvre. Le droit de dissolution est donc bien davantage justifié que celui de le supprimer. Par sa suppression, le Président Macky Sall propose par contre de créer un terrible piège, non pas seulement à un de ses successeurs, mais à notre Nation.

Député du peuple, vous ne serez peut-être plus dans l’hémicycle ce jour-là car il peut être lointain, mais vous aurez porté la responsabilité de ce qui arrivera : un Président élu par le peuple mais empêché de gouverner par une Assemblée nationale contrôlée par l’opposition. Crise institutionnelle ne saurait être plus grave.
Cependant, ce droit de dissolution pourrait être simplement caché par une ruse contenue dans l’article 52 qu’il vous importe de relire.

Honorables députés du peuple, la semaine prochaine, en procédure accélérée et dans une précipitation indigne, il vous sera demandé de voter pour ou contre une révision majeure de la Constitution de notre pays. Vous devrez faire le choix de ce qu’il y a de mieux pour l’avenir de notre Nation : sa stabilité institutionnelle, la prise au sérieux de notre Constitution, l’exigence de vérité lorsque l’on se trouve aux plus hautes fonctions dans notre pays, le respect du au peuple et à ses représentants à l’Assemblée nationale, le refus de voir les pouvoirs de notre Assemblée réduits et déplacés vers l’Exécutif à l’heure où ils devraient plutôt être renforcés, la prise en compte du futur de la Nation au delà des préoccupations d’un mandat de cinq (5) ans.

Si de nouveau vous abdiquez par un vote sans débats face à la procédure de changement de notre Constitution encore une fois accélérée, alors il ne nous restera plus qu’à constater le pas de plus accompli vers les gros dangers qui guettent notre cher Sénégal ».

Vrais problèmes, fausses solutions…( Par Amadou Tidiane WONE)

« Fast track… » des voix, plus autorisées que la mienne, ont démontré la vanité d’un slogan de plus dans la panoplie des mots saisonniers qui ne correspondent, au final, à aucun changement qualitatif dans la vie de la majorité des citoyens sénégalais. Tout au plus quelques mesures cosmétiques, tape à l’œil, pour masquer une incapacité réelle à transformer structurellement le Sénégal. Car, c’est bien d’une transformation en profondeur dont notre pays et notre Continent ont besoin pour, enfin, entrer dans le concert des nations capables de concevoir et de conduire leurs destinées.

Au lieu de cela, notre élite gouvernante, mis à part quelques rares instants de lucidité, sombre dans le mimétisme dévalorisant du modèle occidental, ses atours, ses allures, ses discours. En fait, tout ce qui donne l’air et le paraitre sans l’être. Car, en termes de bonne gouvernance par exemple, nous vidons les meilleures règles et pratiques occidentales de leur substance lorsqu’il s’agit de les mettre en œuvre pour nos peuples. Résultat : une démocratie réduite à des mécanismes électoraux piégés de manière si grossière que le cœur de la majorité des électeurs n’y est plus.

Le peuple se détourne alors des simulacres et consacre ses énergies à élaborer des stratégies de survie au quotidien. Avec, pour conséquence un Président élu, certes, mais si mal que sa légalité souffre terriblement de légitimité. Pour faire oublier l’épisode peu glorieux des élections présidentielles de 2019 , le Président élu développe donc une hyperactivité réformatrice (sic) qui tourne essentiellement autour du renforcement de ses pouvoirs déjà exorbitants. Comme pour se rassurer.

Il commence par vouloir supprimer le poste de Premier Ministre dont l’inutilité n’est démontrée ni par une étude sérieuse, ni par un argumentaire, autre qu’il constituerait un goulot d’étranglement dans la transmission et l’exécution des directives présidentielles. Ce constat est en réalité celui de l’échec personnel du Premier Ministre sortant et, éventuellement, une pierre dans le jardin de ses prédécesseurs. Mais le Président Macky SALL oublie qu’ il fut Premier Ministre…

La tare serait-elle si lointaine ? En tout état de cause, on ne modifie pas une Constitution et l’architecture institutionnelle d’un pays, qui a mis des dizaines d’années pour les consolider, pour si peu. Le tout sans débats ! Au rouleau compresseur. Avec un horizon de cinq ans de mandat seulement… Que les députés qui doivent voter cette loi méditent la gravité des propos de Serigne Abdoul Aziz Sy Dabaakh, à cet égard, avant d’engager notre pays dans une aventure périlleuse pour la vanité d’un seul homme…

Pour cacher tous les non-dits dans un nuage de poussière, on en soulève ! En se lançant dans une opération dite de « désencombrement » des artères de la capitale. Une opération coup de poing comme on en a tellement vu… sans suite. Là on confond les causes et les conséquences. Car à la vérité, il faudrait résoudre les problèmes d’emplois, d’urbanisation et d’aménagement du territoire national avant de prétendre dégager la voie publique…pour les dakarois ! Ceux qui s’y installent sont la conséquence de l’échec des politiques publiques.

Ils n’en sont pas les causes. A contrario, plusieurs activités dites informelles occupent et font survivre plus de 4.000.000 de sénégalais et leurs familles ! A défaut de les organiser, et de les soutenir par des appuis institutionnels et financiers conséquents, les livrer en pâture pour le confort esthétique d’une minorité de nantis est, pour le moins, hors sujet. A côté de cela le secteur dit formel, public et privé confondus, compte moins de 500.000 emplois. La fonction publique sénégalaise qui nous coûte si cher en « goulots d’étranglement » et en dépenses somptuaires compte 130.000 emplois !
Cent trente mille emplois…(Source : HYPERLINK « http://www.fonctionpublique.gouv.sn » www.fonctionpublique.gouv.sn )
Les paramètres de la République et de la Nation doivent être, nécessairement, reconfigurés afin que le Peuple réel du Sénégal s’incarne et se reconnaisse dans les institutions qui le gouverne… Voilà une des nombreuses questions de fond que l’on esquive en se donnant des airs, important et inspiré, lorsque l’on s’adresse à la Nation en oubliant l’essentiel. Au fait où trouve t-on les 500.000 emplois par an sensés avoir été créés depuis 2012 ?
Au demeurant, et pour mieux enfumer le Peuple, le quotidien national Le Soleil nous « apprend » que 500 milliards de francs CFA ont servi pendant 20 ans à acheter des véhicules administratifs… Quels sont les ayants-droits à ce privilège ? Pour quels services rendus à la Nation ?

Pour quelles missions régaliennes ? S’il faut mettre de l’ordre on voit donc tous par quoi et où commencer. Combien d’hôpitaux, combien d’écoles, combien de fermes aurait-on pu financer avec 500 milliards ? Sans compter tous les milliards détournés ou distraits de leur assignation première… sans compter ? Oui on dépense sans compter pour satisfaire les lubies de quelques privilégiés. Nous savons tous comment faire pour mettre de l’ordre. Il ne manque que la volonté politique pour ce faire. Et c’est, semble t-il, encore une fois mal parti. Pour cinq ans.

Gouverner, pour un pays où tout relève de l’urgence, c’est faire la distinction entre l’essentiel et l’accessoire. Arbitrer entre le nécessaire et le futile. Mettre l’accent sur l’indispensable. Sous ce prisme, à quoi répond le TER, sitôt inauguré, sitôt garé ? A quoi répond Dakar-Aréna ? Et cette Arène Nationale inutilisable parce que mal adaptée à la réalité de la lutte sénégalaise avec frappe ?

Par ailleurs, quel sera le taux d’occupation des sphères ministérielles en sus du building administratif réhabilité ? Et voilà l’autoroute à péage qui semble déjà obsolète au vu des goulots d’étranglement au heures de pointe. Que faire ? Que deviendront les villes et villages, jadis traversés par le trafic des routes nationales, brusquement sevrés des retombées financières qui en découlaient ? Alors ôter le pain de la bouche de tous les jeunes qui viennent trimer en ville, chassés des campagnes par la pauvreté, est-ce la meilleure définition de l’ordre des priorités ?

Tout cela, et bien d’autres questions auraient pu être abordées au cours d’un dialogue social et politique, sincère et refondateur. Mais, hélas. Le choix semble être la gouvernance solitaire à coup de bâtons et de carottes…des centaines de « pupilles » de la République attendent ainsi, chaque mercredi, anxieusement, le communiqué du Conseil des Ministres pour être promus, réhabilités ou récompensés pour avoir pris une part dans la « victoire »… Et le chef, pour mieux tenir son monde, a commencé par se séparer de ses 300 plus proches collaborateurs. Juste pour faire monter la tension et titiller Damoclès.

Juste pour tempérer les ardeurs des uns et des autres. Puis il a tancé ses compagnons de Parti en laissant entendre qu’il y’en aura pour ceux qui sauront se taire et se tenir tranquilles. Il a, dans la foulée, reçu ses députés pour leur laisser entendre que si certains d’entre eux étaient appelés à d’autres fonctions, la nouvelle loi qu’il leur demande de voter ouvrirait la possibilité de retrouver leur siège de députés en cas de… Tout cela fait manœuvres et stratagèmes. Pilotage à courte vue. Combines d’épicerie de quartier.

Nous rêvions d’une VISION ambitieuse et mobilisatrice qui se projette au-delà de nos vies singulières. Nous voulions voir grand, faire mieux que le Rwanda et même les pays nordiques ! Si. Si.
Au fond, chacun fait ce qu’il peut. Mais si l’on peut si peu, cela finira par se savoir !
Amadou Tidiane WONE
HYPERLINK « mailto:woneamadoutidiane@gmail.com » woneamadoutidiane@gmail.com

L’opposition rejette le projet de suppression du poste de premier ministre

Les Présidents Idrissa Seck, Ousmane SONKO et Maître Madické NIANG se sont réunis le jeudi 25 avril 2019 au domicile de ce dernier.

Le Président Issa Sall, absent du territoire national, après avoir échangé avec le Président Madické NIANG, a marqué son accord sur la position des trois autres candidats.
Les candidats de l’opposition ont examiné la situation nationale particulièrement l’introduction, par voie parlementaire, d’une nouvelle réforme constitutionnelle par le pouvoir en place.

Ils réprouvent le fait que des modifications aussi substantielles de la Constitution aient été initiées en l’absence de toute forme de concertation.
Ils estiment aussi que des réformes d’une si grande ampleur ne seraient légitimes que si elles sont effectuées par voie référendaire.
En effet, pour une Constitution modifiée par référendum seulement en 2016, l’initiative de supprimer le poste de Premier Ministre exige une nouvelle consultation du Peuple souverain, d’autant plus que ce projet n’a été mentionné dans aucun des programmes proposés aux sénégalais lors de l’élection présidentielle du 24 février 2019.

En conséquence, ils condamnent la démarche entreprise pour modifier à nouveau la Constitution, sans concertation préalable et par voie parlementaire.
S’agissant des autres aspects de cette question et d’autres sujets d’actualité nationale, les candidats de l’opposition ont décidé de poursuivre ultérieurement leurs discussions.

Fait à Dakar, le 25 avril 2019

Comment Senghor a été manipulé pour exécuter Moustapha Lô et emprisonner Mamadou Dia ?(Par Mohamad DIA)

Une politique pour faire peur à Senghor a été utilisée pour faire adopter des mesures qui arrangeaient certains contre la vie et la liberté d’autres. Ami de longue date, le binôme Dia-Senghor pouvait sortir le Sénégal de la pauvreté, mais quand Jean Collin a commencé à instaurer cette peur, il n’était pas conscient des effets dévastateurs que cela allait causer.

Binôme Dia-Senghor

Ils forment leur parti, le Bloc Démocratique Sénégalais, Dia et Senghor trouvait le parti de Lamine Gueye très « français ». Entre la diplomatie de Senghor et le pragmatisme de Dia, le couple politique allait à la conquête du monde et si ce n’était pas à cause de l’entourage de Senghor, le Sénégal ferait partie des pays développés. Dia avait une vision économique qui nous aurait sortis de cette pauvreté pour nous mettre sur la voie de l’émergence. Dia n’a pas pu éviter le complot de toute une nation au profit d’intérêts personnels. Une motion de censure à l’encontre de Dia a été adoptée et tous les pouvoirs sont donnés à Senghor.

C’est la fin du bicéphalisme. La situation économique du pays était en agonie et le chômage est à son point le plus culminant pour un pays de deux millions d’habitants dont les deux tiers sont des ruraux. L’inflation accroît de manière fulgurante et le pouvoir d’achat est quasi inexistant, ce qui pousse l’UNTS, un syndicat qui était adhérent au parti de Senghor, a critiqué la politique socio-économique de Senghor. Les étudiants prennent part aux manifestations et le campus universitaire est fermé sur l’ordre du ministre de l’Intérieur.

Face aux attaques de maisons des membres de l’UPS et des incendies, Senghor annonce l‘état d’urgence. Un accord est trouvé, mais pas pour longtemps, car un second état d’urgence sera déclaré. Senghor se rend compte que la situation est grave et il craint un coup d’état comme on le voyait dans beaucoup de pays voisins. Dans la tête de Senghor, un coup d’état était inéluctable d’après les informations qu’il recevait des renseignements généraux et de ses proches.

Quand la peur prend les commandes

Nous assisterons à beaucoup de condamnations durant l’époque de Senghor. Charles Gueye sera condamné à 10 ans d’emprisonnement pour complot contre la sécurité de l’état. Malik Samb, aussi connu sous Max Mader, sera condamné à un de prison pour une manifestation interdite. Ils étaient des proches de Majemout Diop du PAI disent-ils. Le 22 mars 1967, pendant que Senghor assistait aux cérémonies à la grande mosquée de Dakar, une tentative d’assassinat a été déjouée. Celui qui est accusé n’est autre que Moustapha Lô, et il sera exécuté en 1967.

D’autres seront lourdement condamnés pour avoir pris part à la tentative d’assassinat ou pour ne pas avoir dénoncé les commanditaires du plan. Il s’agit de Mamadou Moustapha Dramé, Doudou Ndiaye et Abdoul Baila Wane.Ibrahima Paye, aussi connu sou le nom de Jack, Blondin Diop, Mohamed Diop, Mame Sidy Gueye et Thiemokho aussi connu sous l’alias Thié Camara ont été emprisonnés pour avoir incendié le centre culturel français durant la visite du président français Pompidou. La police va plus tard déclarer que Blondin Diop s’est suicidé par pendaison, il n’avait que 26 ans. En peu de temps, le Sénégal a vécu une tentative de coup d’état, une tentative d’assassinat, et de plusieurs troubles d’étudiants.

La manipulation à l’encontre de Senghor lui fait prendre des décisions irréfléchies.
Le Sénégal, qui avait des prisonniers politiques selon le rapport de certains organismes des droits de l’homme, ne voulait pas que son image se ternisse. Senghor se préparait à une amnistie pour libérer tous ceux qui étaient emprisonnés pour tentative de coup d’état et trouble à l’ordre public. Dia était un des accusés qui sera libéré puis amnistié, il avait 62 ans, éloigné de la scène politique pendant douze ans et qui a presque perdu la vue. Contre toute attente, le ministre des forces armées, Magatte Lo, était contre la libération de Dia.

Il présente sa démission, mais le président Diouf lui demandera d’attendre le retour de Senghor. Il n’était pas le seul contre la libération de Dia, il y avait le président de l’Assemblée nationale, Amadou Cissé Dia et le ministre des Finances, Babacar Ba. Pourquoi, Dia à 62 ans et presque aveugle, faisait-il encore peur à certains ou ne faisait-il pas pitié à d’autres? Pourquoi ce manque d’humanisme face à Dia ?

Tout ce que Dia voulait à sa sortie de prison est la création d’une commission nationale de réconciliation qui comprendra la société civile, les chefs de l’opposition et les khalifes généraux. Il s’avère que bien avant que cela ne soit officiellement annoncé, Dia et Valdiodio Ndiaye étaient déjà au pavillon spécial de l’hôpital Dantec.

Tous ceux qui voulaient préserver leurs intérêts personnels étaient contre Dia, les politiciens, les marabouts, et tous ceux qui bénéficiaient des faveurs et de l’argent du contribuable. Il dérangeait et il fallait l’éliminer et c’est ce que les faucons de la République ont fait. Les tensions sociales au Sénégal et les manipulations ont été à l’origine de cette accusation de coup d’état à l’encontre de Dia et des ministres accusés. Nous demandons aux autorités compétentes de déclassifier les dossiers de concernant le coup d’état, les tentatives d’assassinat et le suicide de Blondin Diop pour que la vérité soit rétablie. Les familles des victimes méritent cela.

Que le nombre de nos membres soit illimité ! ( Dr Babacar Diop)

Notre parti FDS est issu du mouvement scolaire et universitaire de notre pays. Il porte le flambeau d’une génération engagée dans les luttes pour un changement profond et radical. Notre pays a vécu deux alternances sans alternatives. C’est la raison pour laquelle nous devons nous mobiliser maintenant pour la grande conquête : celle de la transformation économique, sociale et environnementale afin de redonner confiance à tous ceux qui sont déçus et écrasés par le système de népotisme et de corruption en place. Il s’agit pour nous de transformer la politique traditionnelle afin de construire une alternative démocratique et populaire.

FDS est le parti des gens ordinaires. C’est l’occasion de dire que nous parlons au nom de toute la misère sociale de notre peuple. Nous sommes la voix de ce peuple muet dans la caverne des injustices et des iniquités sociales, économiques et environnementales. Nous sommes la voix des invisibles, « ceux et celles qui ne parlent jamais, qui se taisent toujours ». Notre peuple désire un vrai changement depuis plusieurs générations. En nous battant pour ses aspirations fondamentales, nous incarnons ses pulsions profondes.

FDS est porteur d’un projet de refondation nationale dans la justice, l’égalité et le respect de l’environnement. Notre projet englobe toutes les catégories sociales, tous les aspects de notre vie en société. C’est pourquoi, il est à la fois politique, économique, social, culturel et environnemental. Le projet se focalise sur l’émancipation économique et sociale des gens ordinaires.

Il devise à restaurer l’espoir, car on ne peut jamais regretter d’avoir foi en cette nation. C’est surtout et essentiellement un projet pour les classes déshéritées : « toute la nation doit pourvoir à la subsistance de ses pauvres ». La politique ne doit pas oublier les classes déshéritées au risque de perdre toute sa noblesse. C’est au nom de ces gens oubliés et exploités que nous luttons. Ainsi, notre combat est pour les pauvres et, notre préférence pour les gens ordinaires.

FDS est un projet pour une révolution démocratique, citoyenne, culturelle et environnementale qui s’inspire des grandes transformations du monde. Nous sommes les héritiers de toutes les luttes d’émancipation économique, sociale et environnementale de l’homme et de la femme.
Disons-le bien, notre révolution politique est en marche !

FDS est la volonté commune de citoyennes et de citoyens sénégalais révoltés par la situation de leur pays, qui veulent engager la marche vers la grande conquête : celle de la réforme de la société.
FDS inscrit son discours politique dans le cadre du développement durable. Nous pensons le développement à partir de l’efficacité économique, l’équité sociale et la préservation de l’environnement. Ainsi, nous devons continuer de défendre et d’approfondir notre projet démocratique. Chaque génération doit apprendre la démocratie.

Nous appelons le peuple à nous soutenir dans l’œuvre qui sous-tend notre ambition telle que exprimée par Jean Jaurès : « Il y’a place pour tous dans l’œuvre de justice ». Citoyennes et citoyens, aidez-nous dans cette mission et comptez tous sur notre dévouement et notre engagement sans faille pour soutenir la cause du peuple. Venez par centaines, par milliers et millions soutenir le projet FDS. Que le nombre de nos membres soit illimité ! Cela fait trop longtemps que les hommes et les femmes ordinaires ont été oubliés dans notre pays. NOUS SOMMES VOTRE VOIX. Que personne ne l’ignore, nous voulons allumer le foyer d’une révolution à la fois nationale et africaine

Failles et pièges du projet de suppression du poste de Premier ministre (Thierno Bocoum)

L’Assemblee nationale a été saisie pour statuer sur le projet de loi constitutionnelle N* 07/2019 portant révision de la constitution.
Ce projet de loi qui va supprimer le poste de Premier ministre comporte des failles et des pièges sur lesquels nous voulons attirer l’attention de l’opinion.

En effet, ledit projet qui a pour objectif de supprimer le poste de Premier ministre doit, par conséquent, abroger tous les articles qui font référence aux prérogatives du Premier ministre ou à sa fonction.
Le défaut d’abrogation d’un seul article le rend valable et le positionne à la valeur constitutionnelle dans la hiérarchie des normes juridiques.
Or il apparaît à l’article unique du projet de loi portant modification de la constitution que l’article 63 qui fait référence à la session extraordinaire de l’assemblée nationale et qui donne au Premier ministre une prérogative de proposition n’a pas été abrogé. Cet article dispose dans l’un de ses alinéas que « L’Assemblée nationale est, en outre, réunie en session extraordinaire sur un ordre du jour déterminé, soit :

sur décision de son bureau ;
sur demande écrite de plus de la moitié de ses membres, adressée à son Président ;
sur décision du Président de la République, seul ou sur proposition du Premier Ministre. »
Cet article qui prévoit la proposition du premier ministre pour réunir en session extraordinaire l’Assemblée nationale, ne fait pas partie de ceux qui ont été abrogés et remplacés.
Le projet de loi constitutionnelle N* 07/2019 portant révision de la constitution soumis aux députés prévoit, par conséquent, de maintenir dans la charte fondamentale de notre pays, des prérogatives à un premier ministre qui n’existe plus. Ce qui est une faille incompréhensible que la précipitation à saisir l’assemblée nationale peut amplement justifier.

Ayant déjà publié une note sur les conséquences du point de vue législatif et réglementaire de la suppression du poste de Premier ministre, je ne reviendrai pas sur le caractère exorbitant des pouvoirs du Président de la république qui s’étalent d’une manière indécente sur le pouvoir exécutif et sur le pouvoir législatif.
D’ailleurs, le renforcement des pouvoirs du Président de la république sur tous les articles abrogés et remplacés dans cette nouvelle loi, est une preuve que la suppression du poste de Premier ministre ampute à une autorité de l’exécutif des prérogatives distinctes de celles du Président de la république et les attribuent à ce dernier.

Seulement, nous comptons attirer l’attention, à travers cette contribution, sur les pièges contre l’Assemblée nationale et le peuple sénégalais que comporte cette loi de modification.
L’impossibilité pour le Président de la république de dissoudre l’Assemblée nationale, a été mise en exergue dans l’exposé des motifs pour ressortir un certain équilibre des pouvoirs et ainsi justifier la suppression de la possibilité, pour l’Assemblée nationale, de provoquer la démission du gouvernement.
Il faut préciser que la comparaison est assez comique car les deux sanctions ne concernent pas les mêmes institutions. C’est le gouvernement qui est touché, en cas de motion de censure ou de refus de confiance, et non le Président de la République.

Bref, le Président de la république a été toujours protégé et le demeure davantage avec cette nouvelle loi. Il se trouve, en sus et par ricochet que les pouvoirs des députés ont presque été réduits à néant.
Le pouvoir de contrôle de l’action gouvernementale à travers un dialogue fécond avec l’exécutif trouve son unique siège dans l’audition ou le dialogue avec les exécutants, sans aucune présentation de déclaration de politique générale.

Celui qui instruit les décisions du Président de la république et cordonne le gouvernement sous le sceau de la solidarité et de la collégialité n’existe plus. Les députés feront face à des exécutants qui ne peuvent maîtriser la transversalité du gouvernement et ne pourront par conséquent apporter les réponses adéquates quant aux questions qui touchent plusieurs secteurs d’activité comme c’est souvent le cas.
Il s’y ajoute que le Président de la République a une mainmise sur l’Assemblée nationale de diverses manières, sans que celle-ci ne puisse le contrôler, en retour, convenablement au nom du peuple.

Il est initiateur de la loi au même titre que les députés , ses demandes de procédure d’urgence s’appliquent de droit. Il a un droit d’amendement et peut imposer les tiens au détriment de ceux des députés. Il a la priorité sur l’ordre du jour de l’Assemblée nationale et peut convoquer une session extraordinaire à tout moment.
Par ailleurs, en instaurant une impossibilité de dissoudre l’Assemblée nationale, le projet de loi pose les germes d’une entorse au renouvellement de la légitimité populaire.

Il se trouve que le quinquennat législatif ne correspond pas au quinquennat présidentiel. Ce qui signifie que le Président de la république aura une nouvelle majorité ou une majorité en face de lui en 2022.
Si une nouvelle majorité du camp du pouvoir (BBY) s’installe en 2022, il sera impossible au remplaçant de Macky Sall, de dissoudre l’Assemblée nationale pour organiser des élections législatives afin de refléter les réalités d’une nouvelle configuration politique. Le futur Président sera obligé de faire avec une majorité conçue et managée par le Président sortant, durant une période de trois ans sur les cinq années de son mandat.

Thierno Bocoum
Président mouvement AGIR

L’annexe du Palais, l’Assemblée Nationale en branle pour renforcer la gouvernance prédatrice de Macky

L’Assemblée nationale de Macky Sall va entrer en action les prochains mois pour affaiblir le gouvernement comme institution dans la constitution et soi disant enquêter sur l’affaire des 94 milliards, une affaire de ressource naturelle foncière. Comme je l’ai toujours écrit, l’enjeu de la gouvernance prédatrice est l’accaparement des ressources naturelles dans les mains de la famille FayeSall à elle de distribuer selon les « wersek » de chacun. Les théoriciens de BYY expliquent que dans la vie chacun reçoit au final son du et Macky Sall a été choisi par Dieu pour faire ce travail de distribution.

L’annexe du Palais, l’Assemblée Nationale se met en branle pour renforcer la gouvernance prédatrice
Ceux qui contestent ce type de gouvernance doivent être condamnés par la justice avec l’aide de l’Assemblée nationale s’il s’agit des députés. Tous ceux qui dénoncent la gestion du gaz et du foncier dans ce pays sont dans le viseur du trio infernal Macky Niasse Tanor.

Pour l’affaire des 94 milliards, le sabre sera dans les mains du PS.
Dossier nouveau : La fin de la Primature annonce le renforcement de la gouvernance prédatrice
Le travail de coordination de l’activité gouvernementale doit se faire quelque soit Alpha pour parler comme mes compatriotes. Tous ceux qui ont une idée du fonctionnement de l’exécutif savent que la coordination est une nécessité surtout en face de ministres peu expérimentés.

Il y aura un Premier Ministre de fait.
De deux choses l’une ou Boun Dionne sera un petit premier ministre logé à la présidence ou ce sera Macky Sall le Premier Ministre. Alors qui est le Président de la République, qui définit la politique globale et prend les décisions in fine ? Les parrains européens ?

La fin de la Primature annonce le renforcement de la gouvernance prédatrice
J’avais tiré la sonnette d’alarme sur les choix opérés par le gouvernement de Macky, gré à gré pour l’étude Seaburry puis enterrement de première classe de cette étude, arrivée de Bohn à la tête, achats d’avions, etc.. J’avais dit que Bohn était là pour acheter les avions avec l’accord du gouvernement. Chose faite, il s’en va. D’une certaine façon, il fait penser à Franck Timis.

Le patriotisme nous impose de soutenir le nouvel arrivant Ibrahima Kane. Bon Vent Cher compatriote !

Mesures annoncées par le Président Sall face à l’anarchie générale, à tous les niveaux…Oui, mais ?

Monsieur le Président de la République, est-ce que vous aurez tout le courage nécessaire d’appliquer, dans la lettre et dans l’esprit, toutes ces mesures, sans faiblesse coupable ni cruauté inutile, pour mettre un terme à cette anarchie globale? En tout cas, votre prédécesseur avait tenté de supprimer l’occupation anarchique de la voie publique, mais il avait abdiqué en moins de 72 heures et n’en avait plus fait cas.

Osons espérer que l’élève que vous êtes ne suivra pas les traces du maître, comme il l’a fait dans les autres domaines. Mais, étant donné que ce mandat et votre dernier, vous avez là, une bonne opportunité d’appliquer des mesures fortes et salutaires que vos prédécesseurs craignaient, parce qu’ils pensaient à une réélection.

En vérité, pour combattre objectivement, les inégalités dans le domaine social, l’injustice sous toutes ses formes et la violation des droits des citoyens, notre pays doit avoir des dirigeants intègres compétents et capitaines d’équipe, des meneurs d’hommes, imprégnés de droiture, d’humilité et d’équité qui épousent les qualités humaines intrinsèques.

Oui, l’homme ou l’être humain en général, plus exactement, un dirigeant doit être juste, courageux et foncièrement opposé à toutes formes d’inégalités sociales. Ce sont de tels dirigeants que le Sénégal doit, réellement avoir, à l’heure actuelle pour bien conduire son destin et pour mieux gérer le pays. Il faut donc, à notre pays, de véritables dirigeants courageux et équitables qui n’ont pas peur de dire la vérité à tous quand il faut.Oui, des dirigeants qui veillent scrupuleusement à l’application stricte et juste de la Constitution, mettent au même pied tous les citoyens et exigent de tous également, son respect absolu sur l’ensemble du pays.

Donc, au Sénégal, le peuple ne devrait plus accepter l’existence de chefs d’écurie, de clans ou de partis autocrates à la tête du pays, c’est-à-dire ceux qui ne pensent qu’à eux-mêmes et aux siens, en ignorant l’écrasante majorité du peuple et l’intérêt général. Les dirigeants du pays doivent dorénavant, être des citoyens sobres, rationnels dans l’utilisation des ressources du pays qui leur sont confiées par la nation. Ils doivent être donc, des citoyens exemplaires et surtout désintéressés de la richesse personnelle.

Il doivent se départir totalement des fastes de la mondanité et s’interdire la moindre folie des grandeurs pour leur prestige personnel comme pour celui de l’État. Ils doivent être,surtout et principalement, des patriotes incontestables et préoccupés, au plus haut point, par les problèmes essentiels du peuple sénégalais ainsi que par la recherche de leurs solutions justes. Ces derniers devraient donc, à l’arrivée au pouvoir s’atteler effectivement et de toutes leurs forces à la réduction des inégalités et de la pauvreté accrue et persistante de la grande majorité des Sénégalais.

De tels dirigeants doivent être humbles et dévoués, comme le fut Nelson Mande, au service de leur pays pour la satisfaction des besoins vitaux de leur peuple. Ils doivent aussi avoir le courage et d’oser rompre, sans équivoque, avec toutes les pratiques corruptives et discriminatoires que les citoyens ont décriées dans le passé. Il faut au Sénégal, des dirigeants très courageux et républicains qui oseront mettre fin à tous les privilèges exorbitants et injustifiables en cours dans la République. Et, bien entendu, ils auront l’honnêteté de commencer par eux-mêmes pour donner l’exemple aux autres concitoyens, donc, par la réduction de leurs nombreux privilèges et avantages personnels excessifs.

Enfin, si le président de la République commençait par réduire lui-même ses privilèges actuels faramineux en raison du faible niveau de richesse de son pays, il donnerait là, un exemple de portée patriotique, sans précédent. Et, c’est sûr que si telles mesures étaient prises et appliquées effectivement par le Président, en commençant d’abord par lui-même, sans nul doute, tous les citoyens, pour ne pas dire tous les Sénégalais, applaudiraient et n’hésiteraient pas aussi, à suivre son exemple.

Ce serait, dans ce cas-là, une preuve matérielle qu’il tenait bien compte, du fait, que son pays est membre du club des P.P.T.E. Cela étant, il ne devrait pas, décemment, avoir une conduite d’opulence ou de pacha, totalement en porte-à-faux avec le niveau de développement et le statut réel, d’un pays pauvre. Il n’y a point de doute, que son geste, dans ce cas-là, serait qualifié de grandeur et d’humilité et même celui-ci pourrait être suivi par beaucoup d’autres citoyens sans hésitation.

Oui, si le président agissait de la sorte, il serait, logiquement, dans de très bonnes dispositions et voire dans son droit d’obliger alors, les membres de son gouvernement, les députés, les conseillers économiques et sociaux et tous les hauts fonctionnaires de l’État, à observer la même attitude que lui ou à être démis. Une telle initiative patriotique de solidarité nationale, serait un acte significatif de haute portée aux fins de corriger enfin les nombreuses injustices sociales ancrées, depuis fort longtemps dans le pays, à savoir les pratiques cupides et indécentes de nos gouvernants.

Il est indéniable que les retombées et les produits sécrétés par une telle opération de grande envergure, consistant à redresser voire à sanctionner les abus de pouvoir comme de biens sociaux, permettraient assurément à notre pays, de faire des économies substantielles considérables et non négligeables. Et, c’est, d’autant plus significatif encore, en raison de son caractère spécifique et patriotique, sans précédent. Et, en outre, par le fait de l’originalité de l’idée qui a émergé spontanément à partir de nos propres réflexions et initiatives personnelles, sans intervention ou injonction extérieure.

Et, la matérialisation d’une telle initiative serait, aussi et encore, pour notre pays, une opportunité et une manière singulière d’être, à nouveau, à travers cet exemple-là, une exception qui divorce bien avec ce qui se fait jusque-là en Afrique.
Un tel exemple de portée patriotique sous forme de solidarité avec son peuple, s’il était initié par le premier d’entre les Sénégalais, serait une première dans les annales et dans une large mesure un impact positif qui pourrait faire naître l’espoir sur d’autres Sénégalais.

Et, ces derniers pourraient même, sur la base d’un tel exemple concrétisé, devenir plus sensibles et plus motivés demain, en acceptant de faire plus d’efforts et de sacrifices en guise de solidarité nationale pour résoudre les épineux problèmes auxquels notre pays est, actuellement, confronté, après les gestions calamiteuses et de pillage des ressources de notre pays par les régimes précédents. Précisément, à partir de l’avènement de l’alternance 2000 sous la férule de Me Wade avec sa méthode de gestion informelle intégrale, au cours de laquelle,ce dernier a mis notre pays à l’envers, avant de partir.

Et, si cet état d’esprit, un signe évident de patriotisme et de solidarité, est concrétisé, il contribuerait, dans une large mesure à résoudre le dysfonctionnement actuel dans le système de rémunérations de la fonction publique, par son retour aux fondamentaux. En effet, dans système hétérogène actuel, l’on note de grandes disparités inacceptables et injustifiables au niveau des salaires.

Des disparités qui sont dues essentiellement, au non-respect des textes réglementaires du statut général de la fonction publique. Pour dire vrai, il faut souligner que l’apparition de ces anomalies que l’on note dans ce domaine, c’est-à-dire le ratio entre les salaires du personnel au sommet de l’État et celui de la base est un scandale sciemment créé par Me Wade. Et, il a été malheureusement maintenu injustement jusque-là, par le président Macky Sall. Cette situation injuste, socialement et professionnellement, doit être absolument réparée, car elle a pénalisé déjà beaucoup de travailleurs.

Le président Sall doit reconnaitre que cet état de fait injuste n’est plus simplement une question d’inégalité sociale, mais, c’est véritablement, de l’indécence et de la discrimination caractérisée. Car, elle a été voulue et fomentée par le pouvoir libéral qui a tout chamboulé lors de son passage, dans la fonction publique, sans pouvoir le remettre en place.
Donc, pendant que l’on y est, Monsieur le président, l’anarchie dans le pays est une situation générale donc, il faut aller en guerre sans réserve contre toutes les distorsions et tous les dysfonctionnements, notamment dans l’Administration générale et partout dans le Sénégal. Tout cela est de votre responsabilité.
Dakar, le 24/04/2019.
Mandiaye Gaye.
Mandiaye15@gmail.com

Pour cacher ses magouilles Bohn offre plus de 187 millions de frs offerts à la presse nationale et internationale.

Alors qu’Air Sénégal Sa dispose d’une cellule de communication, Philippe Bohn, dès sa prise de fonction en octobre 2017, confie toute la communication de la compagnie au cabinet ALBG dirigé par une certaine Bineta Erika Guèye sortie de nulle part. Cette dernière est la sœur de Eric Iba Guèye directeur Réseau et Expérience client de Sénégal Sa. Entre Philippe Bohn et Erika, un contrat aux allures d’une véritable arnaque est signé. ALBG, certainement pour cacher son forfait, signe d’intéressants contrats à plusieurs organes de la place dont le plus petit montant tourne autour de 8 millions de frs, mais aussi à des organes à l’étranger comme Jeune Afrique, le Figaro. Rien que pour la presse nationale, Ndeye Bineta Erika Guèye et Philippe Bohn ont offert plus de 187 millions de frs. Dans la liste des organes bénéficiaires et des montants qui leur sont octroyés — que le personnel a réussi à se procurer et dont nous détenons une copie — on ne trouvera évidemment pas « le Témoin » encore moins le site dakarmatin qui dans sa chronique du 27 juin 2018 avait tiré la sonnette d’alarme.

La première tranche d’un versement étalé sur 3 paiements sur le montant de plus de 187 millions de francs (40 % à la réception de la facture, 40 % le 1er septembre 2018, et 20 % le 1er décembre 2018) cette première tranche a été décaissée le 18 juillet 2018 pour certaines entreprises de presse. Il s’agissait d’un montant de près de 76 millions de frs sur un chèque de la BNDE. Jeune Afrique obtiendra un ordre de publicité en date du 31 janvier 2019 de 5100 Euros, puis le Figaro une pub de 10.000 Euros. Jusqu’ici rien de grave. Comment une entreprise ALBG Communication Afrique créée le 07 février 2017 à Dakar a-t-elle pu gagner aussi rapidement un tel marché de communication ? Mais à la lumière du contrat nébuleux signé entre Philippe Bohn et Ndèye

Bineta Guèye, l’on comprend que c’est une association de malfaiteurs qui s’était organisée pour pomper l’argent du contribuable sénégalais. Le contrat entré en vigueur le 02 novembre 2017 stipulait que ALBG devait gérer la communication, le marketing et la publicité d’Air Séné- gal Sa. Le cabinet devait obtenir des honoraires variables (commissions de 7 % sur la production HT et de 9% de commission pour le développement de la stratégie et les achats médias HT). Mais en outre, il est stipulé que les honoraires du Prestataire sont composés d’une partie forfaitaire mensuelle dénommée « retainer » de 6 millions de frs. C’est au niveau du système de paiement des honoraires que se situe l’arnaque. « Albg touche des paiements mensuels sur des conseils. Par exemple, elle dit à Air Sénégal de faire des sacs publicitaires, elle passe commande des sacs publicitaires pour Air Sénégal, Air Sénégal fait le paiement des 50 % d’avance et Albg gagne 9 % de commission du montant de la commande en plus de la marge sur la facture que lui verse le fournisseur » explique notre source. Cette dernière ajoute « une autre bizarrerie à l’heure de la création d’emplois, ALBG facture à Air Sénégal un community manager et un responsable relations publiques. Ce qui fait que le Sénégal se prive de ces emplois que pouvaient occuper de jeunes sénégalais. Et le plus cocasse c’est que ALBG non seulement fait travailler son agence au Canada en confiant le travail de community manager à un Canadien mais elle fait facturer des prestations à ALBG Sénégal par ALBG Canada. Ce qui fait que l’argent est rapatrié au Canada et, du coup, le Sénégal perd doublement ». La plainte annoncée par la compagnie sur de supposés sabotages sur son module de réservation de billetterie fait rire notre source. A l’en croire, si le système est perturbé, c’est parce qu’il n’est pas sécurisé. La faute, ce fut d’avoir confié un tel dispositif à ALBG qui n’a aucune qualification pour développer un tel système.

« Quand la seule fin de pouvoir absolu justifie tous les moyens !”

Après toutes les dérives monumentales et les manquements graves décriés sur le processus électoral, à peine sorti d’une réélection problématique sans gloire, le Président Macky Sall, plutôt que de s’attaquer aux véritables problèmes du pays (institutions inefficaces, inutiles et budgétivores, extrême pauvreté, chômage massif des jeunes, économie au service des étrangers, accès aux services sociaux de base, contentieux social avec pratiquement tous les syndicats de travailleurs), a repris du service, hélas mais dans ce qu’il sait faire : de la politique, rien que de la politique politicienne.

Une Nation ne vit pas que de politique ! Toujours fidèle à ses limites objectives qui lui empêchent de prendre la hauteur qu’exige la stature de chef d’Etat d’une République démocratique et pathologiquement aveuglé par un désir excessif de pouvoir sans limites, le voilà qui vient d’engager, à la surprise générale, et à titre personnel, pour tout un peuple, une révision constitutionnelle, sans débat, ni concertations à aucun niveau, pour, à sa seule guise, modifier unilatéralement le régime politique en vigueur et ainsi imposer une nouvelle gouvernance solitaire et personnalisée. Exactement, tel un despote dans une sombre dictature : la majorité partisane obéira, les alliés, même humiliés, le remercieront et applaudiront ; quant aux contempteurs, ils ont perdu toute capacité de réaction !

Suivant, en effet, un cheminement stratégique pleinement assumé, après avoir cassé et neutralisé toutes les forces progressistes, démocratiques et citoyennes du pays, cette dernière initiative lui permettra, sans nul doute, de disposer désormais de tous les leviers de pouvoir de l’Etat et de la Nation, entre ses mains, lui tout seul. La réforme ainsi engagée viendra consolider et parachever l’installation d’une dictature, certaine au Sénégal.

Sous ce rapport, son appel au dialogue, ressassé depuis un certain temps à l’occasion de chaque sortie publique, n’est ni plus, ni moins qu’une pure duperie. D’ailleurs, tous les observateurs avertis et sérieux peuvent le constater : lorsqu’il s’agit de questions essentielles telles que le gaz et le pétrole ou l’implication outrancière de la famille dans la gestion de l’Etat, soit il décide en solitaire, soit il occulte le débat.

La dernière réforme, en date, en est une parfaite illustration. Un appel au dialogue comme pour dire aux sénégalais : « attendez, je vais modifier la Constitution, changer la nature du régime politique pour pouvoir gouverner tout seul ; et après, « vous viendrez, on va dialoguer » ! Mais dialoguer sur quoi ? Du report déjà programmé des élections locales ? Quelle conception de la gouvernance démocratique ?

Pire, dans la plupart du temps, lorsqu’il s’engage, c’est pour se dédire, dès que possible ou alors dès que des intérêts stratégiques sont en jeu ; au point qu’il est devenu légitime de s’interroger sur la valeur morale de ses engagements pris et de sa parole donnée ?

Il en est de même de l’appel tonitruant à la responsabilité, au civisme et à la citoyenneté, à la salubrité publique et au désencombrement de la voie publique, adressé aux sénégalais et plus particulièrement aux jeunes. De nouvelles valeurs découvertes et vivement attendues des sénégalais ? Il s’agit là d’excellentes trouvailles qui méritent des félicitations. Toutefois, il convient de rappeler à ce nouveau pédagogue des temps modernes qu’à ce jour, il est le seul tristement célèbre responsable politique à avoir désobligé les membres d’un bureau de vote pour accomplir un devoir dit « citoyen » par la force des muscles de ses gardes – corps alors qu’il n’avait pas les documents requis pour accomplir cet acte !

Ironie du sort, au même moment, le camarade Amath Dansokho, qui était dans la même situation à Kédougou, a préféré sagement, en homme politique responsable, rebrousser chemin pour revenir à Dakar, sans voter. Si certains ont du oublier cette grave forfaiture, pourtant si fraiche encore dans les mémoires, les comptes – rendus de presse sont toujours disponibles pour le rappeler. Voilà une forfaiture qui montre et démontre, avec force et éloquence, qu’en matière de bonne conduite conforme à la responsabilité du citoyen vertueux, aucun sénégalais, ni aucun jeune de ce pays n’est jamais descendu aussi bas ! Trop bas !!!

Bien évidemment, un tel comportement n’est pas républicain ; et dans d’autres contextes, la suite de l’histoire aurait été autre. Mais surtout, le rappel de cette grave entorse à la bonne conduite simplement attendue du citoyen en République en dit long, si besoin en était, sur tout ce qui se passe au Sénégal, depuis 2012 et qui perdure encore malheureusement. Il n’est donc véritablement point de surprise ; seules nouveautés : un enterrement douloureux en première classe, certes progressif mais résolu, des souteneurs de la galaxie Benno Bok Yaakar, une suprême humiliation des transhumants et un sacrifice fratricide des fidèles compagnons de la première heure, tous à l’autel du pouvoir absolu !

Au demeurant, il faut rester debout ! La fonction de président de la République ne confère à quiconque un titre foncier sur le pays et le Sénégal n’appartient à personne en particulier. L’histoire nous enseigne en effet que chaque peuple a son propre agenda et quand il décide de le dérouler, rien ni personne ne peut l’arrêter ! Inéluctablement, il parvient à recouvrer sa légitimité et sa souveraineté, à l’instar aujourd’hui des Algériens et des Soudanais, avant eux les Burkinabé, pour ne citer que ces exemples. Mais cela requiert de l’engament dans le militantisme et du patriotisme dans l’action politique et citoyenne, notamment des élites, de la jeunesse et des forces progressistes.

A cet égard, et en considération de tout ce qui précède, LD – Debout appelle à la mobilisation générale et milite pour un sursaut national des progressistes et des patriotes, éparpillés dans plusieurs organisations, devenues sans envergure, ni épaisseur, atomisées qu’elles sont, par l’action de neutralisation des forces politiques et citoyennes, entreprises par le régime actuel, pour un seul et unique objectif : construire des blocs politiques forts capables de porter, dans l’unité d’action, le combat pour faire face à une dictature certaine qui ne se fixe plus aucune limite : ni légale, ni morale, ni éthique.

Cette œuvre de salut dont le Sénégal a urgemment besoin requiert de la part des acteurs politiques beaucoup d’humilité et de générosité, de la grandeur et de l’ouverture d’esprit, du don de soi et de l’oubli de soi : pour la nation et la patrie ; pour la démocratie et la justice sociale ; pour la République et l’Etat de droit.

Dans cette perspective, LD – Debout lance d’ores et déjà un appel solennel à tous les camarades qui partagent encore les idéaux, les valeurs et les principes qui ont toujours réunis les militants de la LD/MPT, qui se sont trompés de bonne foi, ou qui ont été abusés et égarés par certains éléments de la direction, qui n’ont pas su mesurer toute la responsabilité de leurs actes et des conséquences qu’ils pouvaient engendrer, en décidant, contre vents et marées, de saborder le parti pour des intérêts personnels.

Il s’agit en définitive, en héritiers légitimes d’une longue tradition de lutte, de poursuivre ensemble l’œuvre des pères fondateurs, courageusement entreprise et fièrement portée depuis des décennies, au prix de lourds sacrifices, dans la fidélité, l’honneur et la dignité.

Enfin, LD – Debout adresse le même appel pressant à tous les militants progressistes qui ont subi le même sort dans leurs organisations respectives pour les mêmes raisons, et plus généralement, aux patriotes, notamment aux acteurs des Assises nationales, pour bâtir ensemble, dans un élan nouveau et solidaire, une véritable force politique crédible, adossée aux masses populaires et aux travailleurs, au tour notamment des conclusions des Assises Nationales, qui restent à ce jour la plus grande commande citoyenne au Sénégal, comme alternative au libéralisme et aux nouvelles formes d’entreprenariat politique « émergentes » des prédateurs des ressources du pays.

Fait à Dakar, le 20 avril 2019

Le Secrétariat Exécutif National

Un corrupteur au cœur de la République


Un président de la République qui corrompt les députés, promeut un militant incapable d’aligner deux mots en français en ministre de la République, alors qu’il est épinglé par les Corps de contrôle de l’Etat pour surfacturation. Voilà le président de la République qu’a le Sénégal.

En recevant les députés de la majorité présidentielle pour les entretenir entre autre des tenants et aboutissants de la réforme constitutionnelle qu’il compte introduire au parlement, le président de la République a conclu la rencontre en remettant à chaque député une enveloppe financière d’un million de francs CFA.

Si cela fait rire certains, c’est qu’ils n’ont pas compris les dangers qui nous guettent avec cet acte inqualifiable que le président Sall vient de poser. Cela n’est ni plus, ni moins que de la corruption. Il faut oser employer les mots justes pour qualifier les faits.

Au nom de quoi le président de la République se permet-il de donner gracieusement cette somme d’argent aux députés ? Et surtout, qu’aux seuls députés de la majorité présidentielle ? Que cherche-t-il en les soudoyant ? Les députés sont-ils affamés au point qu’ils aient besoin de la générosité présidentielle ? D’où provient cet argent ?

Corrompus et corrupteur doivent rendre des comptes

Cet argent, il ne fait aucun doute. C’est l’argent du contribuable que le peuple a mis à la disposition de celui qu’il a élu pour en assurer une gestion saine, et non le dilapider.

Les députés sénégalais n’ont pas à se plaindre de leur traitement salarial. Ils sont très bien payés. Peut-être trop bien payé, eu égard de leur médiocre prestation.

Le président de la République, en faisant le choix de corrompre les députés en plein jour, avait un objectif. C’est réduire à néant le peu de crédibilité qui leur restait. C’est aussi un moyen pour lui d’accentuer son emprise sur les parlementaires qui ont tendu la main pour prendre l’enveloppe.

Les corrompus et le corrupteur doivent nous rendre des comptes. Le président de la République ne peut pas se transformer en corrupteur. Le peuple ne doit pas le laisser faire.

Il y va de l’avenir de notre système démocratique. Parce qu’à force de corruption, celui-ci perdra toute sa crédibilité et engendrera son rejet par le peuple. Et bonjour les dégâts !

Macky Sall s’est empiré

Comment le président de la République peut-il mener une lutte contre la corruption et la mauvaise gouvernance et se transformer en corrupteur ? Quel exemple va-t-il donner aux administrateurs de deniers publics ?

Avec cet épisode, on comprend mieux maintenant pourquoi Cheikh Oumar Hann a été promu ministre de l’Enseignement supérieur, alors qu’il a été épinglé pour surfacturation par l’Office National de lutte contre la Fraude et la Corruption (OFNAC) quand il dirigeait le Centre des œuvres universitaires de Dakar (COUD).

Ce rapport incestueux que les politiques ont avec l’argent du contribuable doit cesser. Beaucoup croyait qu’avec son second mandat, le président allait changer positivement.

Mais apparemment, Macky Sall s’est empiré. C’est pourquoi il ne faut rien attendre de lui pour une meilleure gestion de nos maigres ressources.

Mais après tout, le peuple le mérite. Puisque la majorité d’entre nous l’ont choisi.

ReseauNews

Dr Babacar Diop : « Macky Sall doit être jugé pour haute trahison »

Le geste du président de la République, Macky Sall, qui a offert 1 million de Fcfa et des billets pour la Mecque aux députés de la majorité, a littéralement sorti de ses gonds le Dr Babacar Diop, leader des Forces démocratiques sénégalais (Fds).

Dans une note intitulé « Haute trahison », ledit parti politique considère que le chef de l’Etat a corrompu les députés pour s’assurer de leur vote lors du projet de loi portant sur la suppression du poste de Premier ministre.

« En vérité, Macky Sall ne peut plus diriger ce pays. Il a été surpris en flagrant délit de corruption. La presse a annoncé que les députésde la majorité ont reçu chacun un million de Fcfa et des billets pour le pèlerinage à la Mecque afin de soutenir la cynique réforme constitutionnelle engagée en procédure d’urgence. C’est une violation gravissime du principe de la séparation des pouvoirs. Macky Sall doit être traduit devant la Haute Cour de Justice et jugé pour haute trahison », lance Babacar Diop.
« Les faits sont inédits : un président de la République qui corrompt une Assemblée nationale pour lui demander de voter une loi. Ce président et ces députés n’ont plus aucune crédibilité devant le peuple La procédure de destitution doit être engagée sans attendre. Tous ceux qui sont impliqués dans ce scandale de pot-de-vin au Palais doivent être démis de leur fonction.L’Algérie et le Soudan viennent de nous montrer que les peuples gagnent, à la fin, devant les dictateurs et les oppresseurs », termine le leader des forces démocratiques sénégalais.

Une tragi-comédie titrée « fast track »

Dans le futur émirat de Ndoumbélane, les éléments constitutifs d’une étude de cas à enseigner dans les écoles de commerce ou celles d’art dramatique (vous en jugerez) se mettent en place. Ils concernent une première mondiale en matière de management public.

Acte I : Après cinq années de non remise en cause, on y a découvert tout d’un coup une grosse inefficacité et une lourde incompétence du Premier ministre ou Premier vizir « Iznogood ».
Acte II : On décide de maintenir « Iznogood » dans ses fonctions et cumulativement avec celles déjà définies qui remplaceront celles de Premier vizir ( ???).

Acte III : On supprime le poste de Premier vizir avec l’objectif très sérieux de créer du « fast track », à comprendre comme un raccourcissement de circuits créant de l’efficacité managériale. Ainsi on n’entendra plus le Premier vizir répondre à l’Emir : « Altesse, tel dossier se trouve toujours entre les mains de tel Ministre ».

Cette pièce devra cependant être censurée par l’actuelle Assemblée nationale dont les « honorables » y siégeant ont cependant pris l’habitude de changer la Constitution de Ndoumbélane au rythme d’une fois tous les 2 ans.
Comme vous l’aurez bien compris, après constat de l’incompétence du tenant d’un poste, le « fast track » est un principe qui en République de Ndoumbélane consiste à supprimer ledit poste plutôt que de remplacer le « low track specialist » par un meilleur choix.

Les « honorables » devront toutefois se montrer prudents au moment de voter. Le vote des lois ralentit aussi le « track » et l’ordonnance permet de créer du « fast track ».
Alors après le Premier ministre, le tour d’une Assemblée nationale à supprimer ?
Sacrée République de Ndoumbélane : après le système de parrainage citoyen unique au monde, voici le « management fast track » tout aussi seul sur notre chère planète.

La Population Sénégalaise a dépassé 15,7 Millions de personnes en 2018 ( ANSD)

En 2018, la population du Sénégal a atteint 15 726 037 habitants, a révélé une enquête démographique de l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD). « En 2018, la population du Sénégal est estimée à 15 726 037 habitants dont 7 896 040 de femmes (50,2%) et 7 829 997 d’hommes (49,8%) », indique notamment un rapport de la structure consulté à l’APS.

Plus de la moitié des personnes vivant au Sénégal résident en milieu rural, soit 53, 3 %, tandis que les citadins représentent 46,7% de citadins, souligne le document qui relève dans le même temps une « forte disparité dans la répartition de la population entre entités administratives régionales ». « La région de Dakar qui couvre 0,3% de la superficie du pays, abrite 23,1 % de la population du Sénégal, soit une densité de 6 637 habitants au Km2. A l’opposé, Kédougou est la région la moins peuplée avec une proportion de 1, 1% de la population sénégalaise et une densité de 11 habitants au Km2 », fait savoir l’ANSD.

«L’échec d’une démocratie… », la pique de Alioune Tine à Macky Sall


Les acteurs de la société civile se sont penchés sur l’état de la démocratie sénégalaise et ce, aux lendemains de la Présidentielle du 24 février 2019. Le constat fait après ce diagnostic est que la démocratie sénégalaise est sur une mauvaise pente.

Macky Sall nous a zappés, les complaintes de Alioune Tine !Sélectionné pour vous :
Macky Sall nous a zappés, les complaintes de Alioune Tine !

« Le premier échec d’une démocratie, c’est quand vous avez gagné les élections et que les autres ne reconnaissent pas votre victoire », constate Alioune Tine, fondateur d’Africa Jom Center.

Ainsi, pour dynamiser la démocratie, des réformes institutionnelles fortes doivent être faites. C’est pourquoi, « on va travailler pour la mise en place d’un mécanisme de suivi, d’évaluation et de propositions pour des réformes institutionnelles au Sénégal », affirme Alioune Tine.

Celui-ci poursuit :« Le consensus sur les institutions est extrêmement important pour la stabilité institutionnelle, la paix civile et une démocratie apaisée », rapporte leral.

Les maux congénitaux de Macky II”, par Amadou Tidiane Wone

La première mesure phare du régime Macky 2 est étrange, surprenante, déconcertante et enfin décevante : alors que le premier message lancé par le Président élu Macky Sall, après la proclamation officielle des résultats, tendait à apaiser et à rassembler autour de l’essentiel par un « dialogue inclusif », l’annonce de sa décision unilatérale de supprimer le poste de Premier Ministre aura causé l’équivalent d’un séisme de magnitude 5 sur l’échelle de Richter, dans la conscience républicaine et les bonnes mœurs politiques de notre pays.

Une secousse telle que, les cinq années de son dernier mandat ne suffiront pas pour en amortir les ondes de choc. Entre temps, une nouvelle campagne électorale aura déjà démarré avec son lot de promesses oubliées…

Alors, la question qui se pose est la suivante : est-il raisonnable, alors qu’il ne lui reste que cinq années de mandat, d’engager le pays tout entier dans une remise en cause aussi profonde des Institutions sans un consensus fort avec les différents segments de la Nation?

Alors même que des urgences d’une acuité indescriptible tenaillent notre peuple ? Un peuple dont la résilience défie toutes les lois de la logique. Certes. Mais il ne faut pas tenter le diable non plus !

Qui prend la mesure des bouleversements et tiraillements qui vont intervenir pendant et après la prise des décrets de répartition des services de l’Etat ? Querelles de préséance et d’appétits grandissant à la vue du gâteau ?

Qui appréhende le temps qu’il faut pour mettre en place et huiler les automatismes entre les différentes structures en charge de tel ou tel projet?

Pendant ce temps-là, la mise en œuvre de programmes importants pourrait-être ralentie, sinon arrêtée, en raison d’un leadership flou, mal défini ou… indéfini.

Sans compter qu’à la faveur du désordre, les pêcheurs en eaux troubles pourraient s’en donner à cœur joie pour détourner, planquer et distraire des ressources de leur destination normale. Il faudra deux ans pour y voir clair si tant est que la volonté y soit…

En cas d’embrouilles, il faudra envoyer les inspections qui vont rédiger des rapports longs comme un jour sans pain, ensuite interpeller les coupables à la carte, et les attraire devant les Cours et Tribunaux si les
dossiers ne finissent pas sous le coude…

Pour dire que le « fast track » qui ne signifie, au fond, « qu’accélérer la cadence » et dont les droits d’auteurs appartiennent à Aminata Touré, Ancien Premier Ministre, risque de sombrer dans un grand fracas d’incompétences et de susceptibilités sur fond de guerres de positionnement pour l’après Macky.

Ce pays unique, où la réalité dépasse souvent la fiction, c’est le Sénégal, défiguré par des années de médiocratie et d’impunité …

Puisque le tableau à venir est si sombre, il y a lieu de se demander quel est l’objectif poursuivi par le Président Macky Sall à travers cette annonce et la mise en scène de la gestation douloureuse du gouvernement.

Deux remarques dans la forme : jusqu’ici personne n’a entendu sortir de la bouche du Président de la République, la décision de supprimer le poste de Premier Ministre.

Décision qui aurait dû, pour le moins, être annoncée dans le message a la Nation du 03 avril 2019. C’est à l’élu de s’adresser au pays dans les moments graves ou à l’occasion de prise de décisions aux conséquences lourdes.

Deuxième remarque dans la communication supposée devenir directe, le Premier Ministre, Secrétaire Général de la Présidence de la République et le Secrétaire Général du Gouvernement sont les porte-voix de Macky 2… la distance se creuse.

Dans ces conditions, il va falloir nous exercer à échafauder des hypothèses. Quelques invraisemblables qu’elles puissent paraître, il faut réfléchir et surtout agir vite !

Hypothèse une : faire oublier le dialogue promis, créer des conditions suffisamment traumatiques pour annihiler les effets du livre blanc promis par l’opposition qui tarde à reconnaître la légitimité du Président élu.

Bref détourner les attentions… « Faire naître une affaire dans l’affaire et au besoin une autre dans l’affaire et ainsi de suite pour faire oublier la vraie affaire » est une méthode usitée en politique. Plus c’est gros, et plus ça passe généralement.

Hypothèse deux : le Président Sall n’est pas satisfait de son Premier Ministre M. Dionne. Il pousse la torture au point de l’envoyer à l’échafaud se passer la corde au cou, lui-même et avec le sourire. Car, expliquer la suppression de son poste par la nécessité de rapprocher le Président de ses ministres pour une meilleure productivité et l’accélération de la mise en œuvre des programmes.

Cela veut dire que le Premier Ministre Dionne constitue un goulot d’étranglement, depuis des années. Il fallait juste le changer, pourtant ! Pour aller vite…fast tracking.

Hypothèse trois : le Président Sall veut tester, à l’entame de son dernier mandat, jusqu’où il peut pousser le bouchon, le plus loin possible… Dans l’hypothèse où sa réforme passe toutes les étapes sans aucune résistance et comme lettre à la poste, l’éventualité d’un troisième mandat commence à devenir envisageable, puis plausible. Puis possible. Puis faisable. Et puis…

Hypothèse quatre : le Président prend ses distances avec ses alliés et sa coalition du premier mandat. Il va les laisser aller aux locales et aux législatives sans son implication personnelle, la nouvelle nature du régime va lui faciliter la tâche.

Il aura le loisir de se reconstruire une nouvelle majorité de souteneurs présidentiels à la lecture des résultats qui sortiront des urnes.

Il anticipe donc sur une défaite possible de son camp comme le laisse prévoir la dynamique baissière des scrutins équivalents passés.

Ce qui se joue dans tous les cas de figure, c’est l’avenir de nos enfants. Le Sénégal n’est pas une principauté.

Depuis 59 ans, des générations d’hommes et de femmes ont posé, avec plus ou moins de bonheur, une brique après l’autre, pour mettre en place un système de conquête et de transmission du pouvoir respectueux des normes généralement admises comme étant démocratiques.

Allons-nous assister sans réagir à une remise en cause de l’esprit et de la lettre de nos institutions ? Juste pour les intérêts d’un homme ou de ceux de son clan ?

Nous sommes tous interpellés !

Enfin, avez-vous remarqué que le TER inauguré en grandes pompes durant la campagne électorale est au parking depuis ? Je suis presque en voie de gagner le pari qu’il ne sera pas ouvert au public avant 2020 et des poussières ! Je ne parle pas des dégâts collatéraux sur le cadre de vie des quartiers impactés. Au moins maintenant on saura que c’est le Président, et lui seul, qui en sera responsable ! De toutes les façons, si sept ans sont passés si vite, que reste t-il déjà de cinq ans ?

#Allonsrekk

« Jamais un Président n’a été aussi impitoyable envers des compatriotes »

Excellence, je profite opportunément du 32 ème anniversaire des événements des 13 et 14 avril 1987 qui ont abouti à la radiation des policiers pour vous adresser la présente correspondance, en espérant très vivement et c’est mon souhait le plus ardent, qu’elle vous trouve, votre épouse et vous, en très bonne santé.

Excellence, avec tout le respect que je vous dois en votre qualité d’ancien Chef d’Etat qui a eu le grand privilège de et l’insigne honneur de présider aux destinées de notre cher pays pendant 20 ans, je vous dirai tout de go et sans aucune précaution oratoire que de tous les Présidents de la République du Sénégal vous avez été celui qui aura pris la décision la plus inopportune, la plus mauvaise, la plus cynique, la plus inique, la plus injuste, et la plus inhumaine envers ses propres compatriotes.

Excellence, en effet, le 15 avril 1987 sur vos instructions fermes données sous le coup de l’émotion, de la peur et de l’affolement, les députés socialistes de l’époque ont procédé au vote de la loi 87.14 portant radiation des cadres des personnels des forces de police.

Cette mesure de radiation collective est intervenue à la suite des fameux événements des 13 et 14 avril 1987 que certains ont qualifiés de ‘’grève des policiers’’.

En effet, pendant ces deux jours, certains membres des forces de police basés à Dakar, une infime minorité et il est bon de le préciser,ont cru devoir occuper la voie publique pour manifester contre une décision de justice condamnant six de leurs collègues à des peines d’emprisonnement fermes.

En réalité cette manifestation inédite a été une véritable occasion pour protester contre les conditions de vie humiliantes et avilissantes qui étaient le lot quotidien des policiers.

Toutefois, le souci de la vérité qui me sert toujours de viatique ainsi que l’honnêteté intellectuelle m’obligent à reconnaitre et à dire que les policiers avaient enfreint les règles statutaires qui les régissaient. Bien que légitimes, leurs revendications n’auraient pas dû les amener à s’affranchir de leur statut.

Excellence, concernant la mesure de radiation proprement dite, comme cela a été de tout temps dénoncé, elle est foncièrement inconstitutionnelle en ce sens qu’elle a été prise par l’Assemblée nationale qui n’avait pas compétence en la matière si l’on part du principe que la radiation est une sanction disciplinaire et qu’il était dit dans la constitution en vigueur au moment des faits que le pouvoir de sanction appartenait à l’autorité investie du pouvoir de nomination.

Ainsi donc, il vous appartenait de prendre vos responsabilités pour sanctionner directement les présumés fautifs dont les droits de se défendre ont été allègrement bafoués.

Seulement par ponce-pilatisme , suivant en cela les conseils du puissant et incontournable Jean Collin, secrétaire général de la présidence d’alors, vous aviez transféré cette responsabilité aux députés socialistes.

Et nous nous rappelons tous, avec fierté, que les députés du parti démocratique sénégalais (PDS) avaient ostensiblement quitté l’hémicycle pour ne pas être témoins ni complices de ce qui apparait aujourd’hui, vu ses conséquences, comme un crime social.

Jusqu’au moment où j’écris ces lignes, les policiers radiés contestent votre décision enrobée d’une fausse légalité. Et contrairement à Blaise Pascal qui disait « il faut jamais dire au peuple que la loi n’est pas bonne ; il faut toujours lui dire qu’il faut y obéir parce que c’est la loi », nous policiers continueront à dénoncer votre loi scélérate jusqu’à ce que le dernier de vos victimes rejoigne les cieux.

Excellence, il a été ensuite demandé aux policiers de formuler individuellement une demande de réintégration, suprême humiliation. Des commissions ont été créées à l’effet d’examiner, semblait-il les dossiers cas par cas.

A l’issue des travaux de celles-ci, mille deux cent quarante sept (1247) policiers, tous grades confondus, ont été jugés ‘’indignes et inaptes’’ de servir l’Etat du Sénégal et ce après des dizaines d’années de bons et loyaux services pour son compte.

Par votre faute, des milliers de braves et valeureux agents ont été brutalement privés de toutes ressources, de tous moyens de subsistance. Des agents dont on ne pouvait apprécier à sa juste valeur la somme incommensurable de sacrifices de toute nature consentis durant leurs carrières.

Excellence, votre décision a eu des conséquences terribles et indicibles dans la vie de centaines de familles sénégalaises.

Jadis, ces pères de familles,leurs épouses et leurs enfants vivaient avec les soucis, les préoccupations, les joies et les peines quotidiens de n’importe quelle famille sénégalaise. Mais depuis votre décision injuste, cynique, inique et inhumaine que de péripéties, que de vicissitudes, que d’aléas !

Des familles jadis unies, joyeuses et harmonieuses se sont disloquées ; des enfants, ces êtres frêles, sans défense qui naguère fréquentaient l’école avec l’insouciance de leur âge fait de rêves les plus osés, ont été contraints d’abandonner le chemin du savoir, seul garant de l’avenir.

Des bébés prématurés ont grossi le taux de mortalité infantile. Des femmes parturientes ont rendu l’âme au moment où elles mettaient l’innocent sur qui le père radié espérait trouver une consolation.

La maladie pernicieuse, vicieuse et malicieuse, quelquefois dans toute sa virulence, conduira au cimetière des nourrissons, des enfants, des adolescents, des femmes et des hommes abandonnés à eux-mêmes parce que précipités brutalement et de la manière la plus lâche dans une situation de désarroi et de détresse jusque là inconnue, mais surtout insupportable.

Combien sont-ils à avoir été internés dans un centre psychiatrique pour avoir disjoncté parce s’étant retrouvés subitement en pleine déréliction dans un univers qui leur est devenu étranger.

Des femmes, jadis fières de leurs époux et attentionnées vis-à-vis de leurs progénitures ont subitement abandonné le domicile conjugal tout simplement parce qu’un ressort psychologique a été cassé.

Des cadavres ont séjourné dans des morgues davantage qu’il n’était nécessaire tout simplement parce que la misère et l’impécuniosité ne permettaient pas d’acheter le linceul et de procéder à la prière mortuaire dans les meilleures de décence.

Dois-je poursuivre cette évocation macabre avec le cas de M. Gningue, ce jeune officier ayant servi sous mes ordres et qui s’est suicidé en se jetant sous les roues d’un camion sur la route nationale non loin de Fatick à quelques encablures de Diouroup ?

De braves pères de famille, agents émérites qui ont combattu au prix de leur vie pour préserver l’intégrité du pays, pour faire face au banditisme se sont retrouvés à arpenter quotidiennement les rues, les boulevards, les venellestortueuses et autres recoins interlopes à la recherche de l’hypothétique pitance quotidienne.

Excellence, les faits précités sont graves et lourds de conséquences désastreuses et calamiteuses. Et celles-ci se font sentir jusqu’au moment où j’écris ces lignes.

Prenez le soin d’aller visiter les familles de policiers radiés, vous aurez l’occasion de mesurer l’amplitude de la détresse, du désarroi, du malheur et de la misère que vous y avez installés. Vous avez fait du mal, du tort à des hommes dignes, à des femmes valeureuses et surtout à des enfants innocents.

Votre conscience sera toujours perturbée par les échos des gémissements et les voix d’outre-tombe de milliers de Sénégalais ensevelis sout terre parce que morts de faim, de misère et d’angoisse par votre faute.

Excellence, les policiers radiés constitueront toujours votre mauvaise conscience. Nos progénitures qui avaient grossi le contingent de l’enfance déshéritée ont grandi pour relever le défi. Même ceux qui sont morts ont constitué le terreau fertile d’où a émergé un grand arbre dont les branches sont dénommées Honneur, Fierté, Dignité, Foi et Espoir.

Ce grand et majestueux arbre a produit des fruits qui, aujourd’hui, constituent autant d’hymnes de bravoure et de courage qui sont popularisés et chantés dans toutes les contrées du pays, du Walo au pays Bassari, du Ferlo à la verte Casamance.

Excellence, votre décision irréfléchie dictée par une panique injustifiée a porté un préjudicie énorme à la Police en tant qu’institution.

De par votre faute, votre irresponsabilité et votre manque de maîtrise et de sérénité, vous avez fait perdre à la Police des cadres parmi les meilleurs d’Afrique ; vous avez fait perdre à la police son âme et la Police ne s’est jusqu’à présent pas relevée de ce drame. Le déficit structurel des effectifs résulte de votre décision inhumaine et assassine.

Plus grave et plus dangereux, vous aviez instillé dans l’esprit de certains policiers mentalement fragiles un complexe d’infériorité par rapport à leurs collègues des autres corps qui, Dieu sait, ne sont ni plus compétents professionnellement ni plus utiles socialement.

Excellence, sachez que les policiers radiés que le gouverneur Malick BA avait traités de mauvaises graines, se sont montrés à la hauteur tant au niveau de la Police municipale, aujourd’hui disparue, que dans la Police nationale où leur compétence, leur professionnalisme et surtout leur moralité ont été bien appréciés.

Ils étaient très loin de l’ivraie. Ils avaient simplement eu le tort d’être des agents avertis, réfléchis, conscients de leur devoir mais surtout de leurs droits.

On leur reprochait, pour la plupart, d’être des intellectuels, des têtes pensantes. Pour votre information, sachez qu’ils ne sont plus que trois en activité sur les 1247 que vous aviez radiés sans le moindre état d’âme.

Excellence, vous avez les salutations fraternelles de deux policiers radiés. D’abord celles du vieux brigadier-chef Mandoumbé DIAW, polygame domicilié à Grand Dakar.

Il m’a chargé de vous dire qu’il est atteint de cécité depuis bientôt 28 ans. Sa seule activité est de s’asseoir devant sa maison et de voir défiler le film de sa vie à la fois tragique et dramatique.

Il m’a prié et chargé de vous mettre au fait que malgré l’abysse visuel dont il souffre du fond de son âme et de sa chair, votre image s’est incrustée par effraction dans sa rétine non fonctionnelle et qu’il en pâtit énormément.

Ensuite celles du brigadier Alioune CAMARA, qui vous fait savoir qu’il vous tiendra toujours comme le responsable du décès de son épouse qui, parce que n’ayant pu supporter la présence d’un huissier accompagné de la force publique pour procéder à leur expulsion, a fini par se suicider suite à un affaissement mental aggravé.

Excellence, je ne saurais terminer sans vous dire qu’à travers l’aménité du Président Macky SALL dont on dit que vous êtes le précepteur et le coach, vous êtes en train de bénéficier et de jouir indûment d’un traitement princier financé par l’argent du contribuable Sénégalais dont les impôts tirés des maigres pensions de retraite des policiers radiés.

En toute honnêteté et beaucoup de Sénégalais le pense, vous ne méritez pas les faveurs, les avantages ni les privilèges qui vous sont accordés chaque fois que vous séjournez dans notre cher pays où vous n’avez même pas daigné acquérir ne serait-ce qu’un appartement, faisant montre d’un mépris total, inexplicable, injustifiable, inqualifiable et inacceptable vis-à-vis de ce brave peuple de gorgorlous qui vous aura tout donné.

Avec tout le respect que je vous dois, vous avez été ingrat et ne méritez aucune sollicitude ni reconnaissance de notre part.

Excellence, l’histoire témoignera et la postérité retiendra que le deuxième Président de la république du Sénégal, monsieur Abdou DIOUF a marqué indélébilement au fer rouge la vie de milliers de Sénégalais.
Les policiers radiés n’oublieront jamais ; qu’Allah Le Tout-Puissant vous pardonne.
Dakar le 11 Avril 2019

Boubacar SADIO

Commissaire divisionnaire de police de

Classe exceptionnelle à la retraite.

Recyclage d’ordures… Par Le Témoin


C’est reparti pour un tour… d’embonpoint ! Le Premier ministre avait promis un gouvernement resserré ? La bonne blague !

Tout d’abord, comme nous l’écrivions dans ces mêmes colonnes lundi, la cure d’amaigrissement est ratée puisque, de 39 ministres et ministres délégués, le gouvernement était passé à 35 membres dont trois secrétaires d’Etat.

Avouez qu’on peut trouver mieux comme amincissement ! Vous avez dit un gouvernement resserré ? Et puis, sitôt le grand ménage fait, chassés par la porte, ils reviennent par la fenêtre.

Un par un d’abord, avant la grande ruée. Car, tous les ministres chassés par Macky à travers la porte, finiront par revenir sur la pointe des pieds en empruntant les fenêtres du Palais !

Chiche que, dans les prochaines semaines, on frôlera la centaine de ministres ! On vous l’a déjà dit, il n’y a que des nigauds qui pourront croire à la profession de foi du Chef. Et croyez-nous, ils reviendront tous aux affaires.

Ministres recalés, transhumants oubliés, les copains et les coquins comme l’ami à qui était dévolu le portefeuille des Affaires étrangères. Tous reviendront pour encore peupler les murs de la Présidence.

Malheur aux oubliés qui ne pourront pas dire adieu à une vie peinarde pour cinq ans. C’est une des incongruités du fonctionnement de la politique dans ce charmant pays où personne ne veut mourir idiot.

Ils tiennent tous à un certain standing et feront tout pour se refaire une santé financière.

Les miséreux pourront toujours attendre le temps que ces messieurs et dames rehaussent leur rang en vue de bien toiser la plèbe.

Sitôt nommé, le tailleur constitutionnel s’est fendu d’un message pour remercier son « sauveur ».

Ministre d’Etat sans portefeuille mais pas sans porte-monnaie ou patrimoine ! ça vous permet de vivre sans les misères de la vie d’un enseignant.

Celui qui confond pomme de terre et Angleterre a été également recyclé. Il devient le chef de cabinet… politique de son seigneur.

On va bien rigoler ! La méthode « Fast-Track » pour reconstituer un gouvernement pléthorique est à l’œuvre !

Le Témoin

Macky incapable du meilleur (Par Mody Niang).


De cet homme, ce politicien pur et dur, je n’ai jamais rien attendu,… de meilleur. Il en est incapable. Nous ne devons quand même pas oublier qu’il a été allaité par le vieux président-politicien pendant huit ans avant d’être sevré !

Il en a hérité les pires défauts, et pas une seule qualité. Il est vrai qu’on en trouve difficilement une seule chez son ex-mentor.

Votre excellent chroniqueur a insisté à juste titre sur le plus vilain de ses défauts : le mensonge. Il ment, il ment sans état d’âme, sans gêne.

Toute sa longue gouvernance de sept ans est jalonnée de « wax waxeet », au point que sa parole ne vaut plus un kopeck.

Une expression wolof consacre le manque total de confiance dans sa parole par les populations. C’est celle-ci : « waxi Maki, du ma ci dóor sama doom ».

Comment peut-on croire un seul instant que cet individu puisse changer, en bien naturellement puisqu’il est déjà le mal ?

Ces derniers jours, j’ai échangé avec des amis qui voulaient me convaincre que l’individu pouvait mettre à profit son second mandat pour rectifier ses erreurs du premier mandat. D’abord, de mon point de vue en tout cas, on ne peut pas parler d’erreurs le concernant.

Toutes ses initiatives considérées comme des erreurs procèdent de choix délibérés qu’il a toujours revendiqués. Et puis, des erreurs, on les regrette. Or lui, persiste dans ses choix.

Pendant que certains de nos compatriotes vraiment optimistes s’attendaient à un « gouvernement resserré », à un « gouvernement de mission », il a formé un gouvernement de 32 membres et trois secrétaires d’Etat.

Un gouvernement avec des ministères-bidons, parfois des coquilles carrément vides. Et ce ne sera sûrement pas tout : le pire est devant nous.

Il lui faudra recaser les ministres remerciés et de nombreux autres membres de la coalition gagnante, qui réclament haut et fort leurs parts du gâteau, ayant contribué à la victoire acquise dans leurs localités respectives.

Personne ne peut le leur reprocher car ils savent que le critère privilégié par le président-politicien n’est point la compétence ou autres qualités, mais la victoire dans sa localité.

Les nouveaux ministres et autres promus – et DIEU sait qu’il y en aura – travailleront davantage pour gagner demain dans leurs localités, que pour faire avancer le secteur qui leur a été confié.

Comment peut-on donc faire confiance à un tel homme et attendre de lui quelque rupture que ce soit ? Il est ce qu’il est et le restera.

La preuve la plus palpable, c’est la nomination de ce Cheikh Oumar Hanne en qualité de ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de l’innovation.

Oser bombarder cet individu à un tel niveau de responsabilité ou à quelque autre que ce soit, c’est manquer manifestement de respect au peuple sénégalais.

La presse fait état de casseroles qu’il traîne, casseroles qui sont quantité négligeable si on les compare aux nombreuses autres forfaitures révélées par l’OFNAC dans son dossier entre les mains du Procureur de la République.

Je suis bien placé pour être aussi affirmatif, car je n’avais pas encore démissionné de l’Office quand ses graves indélicatesses étaient en cours de traitement.

Il faut vraiment être un Macky Sall pour oser faire de ce Cheikh Oumar un ministre de la République. Il faut aussi être un Cheikh Oumar Hanne pour oser accepter ce poste, rencontrer ses compatriotes et les regarder les yeux dans les yeux. Sa place est à Reubeuss, et non dans un gouvernement.

Un jour ou l’autre, le président-politicien devra répondre, devant l’histoire, de nombreuses forfaitures dont, en particulier, cette nomination insoutenable

Le Président Macky Sall est mal (re)parti. (Par Cheikh Tidiane Dieye)


Je ne m’attendais pas à un miracle en ce qui concerne le premier mandat du Président Macky Sall. Il l’a démarré avec un projet politique peu ambitieux et des hypothèses approximatives sur les véritables urgences du Sénégal en matière de transformation.

Il a tout misé sur l’infrastructure matérielle pour réaliser son projet d’émergence, en recourant à un emprunt massif et en pensant que le développement se réduit à un squelette d’indicateurs macroéconomiques.

C’est pourquoi de Yoonu Yokkuté, il est passé au PSE sans parvenir à desserrer les contraintes structurelles qui plombent son action dans l’économie nationale.

Il a négligé l’infrastructure immatérielle, par choix raisonné ou par ignorance, et a, finalement, échoué à construire un citoyen responsable, imbu des valeurs de la République et conscient de son rôle en tant qu’acteur à la base de tout développement.

Il a fermé les yeux, pendant sept ans, sur toutes les entreprises de prédation économique, les actes de corruption, la forte politisation de l’administration et l’affaissement de l’autorité de l’Etat.

Il a promu la transhumance, toléré les contrevaleurs et garanti l’impunité à ses partisans cités dans les rapports des organes de contrôle tout en humiliant ses adversaires politiques.

Comme si le Sénégal n’avait ni Etat ni autorité capable de faire respecter les lois et les règlements, Il a laissé le désordre et l’indiscipline s’installer dans tous les segments de la société. La corruption a gangréné les structures administratives jusque dans les interstices, au point de devenir systémique et banalisée.

Mais autres temps, autres mœurs. Lors de sa prestation de serment et à l’occasion de son message à la Nation du 3 avril 2019, il a annoncé, en filigrane, vouloir tourner la page de son propre passé et ouvrir un nouveau chantier placé sous le signe de la restauration des valeurs civiques, du vivre-ensemble, de l’éthique, de l’ordre et de la discipline.

Il semble avoir découvert, après sa réélection, que ce pays avait fini de toucher le fond au plan de sa morale sociale et politique.

Il donne l’impression de découvrir qu’aucun développement n’est possible dans l’incivisme et le désordre.

Il ouvre les yeux, en fin, sur une vérité impossible à ignorer: en matière de gouvernance, aucune action n’est durable si son substrat n’est pas l’éthique.

Certains ont applaudi en l’entendant énoncer ses nouvelles résolutions. Je ne me suis pas forcément réjouis en ce qui me concerne.

Car, même si je nourris toujours le vœu de le voir devenir le Président que j’attends de lui, j’ai passé l’âge où je pouvais me laisser prendre, par naïveté, à des intentions sans épaisseur. Je ne prends plus personne au mot. Je ne juge plus que par les actes.

Or les actes qu’il vient de poser révèlent deux vérités. D’une part, que son appel au dialogue manque de sincérité, et d’autre part que sa volonté déclarée de promouvoir l’éthique dans la conduite des affaires publiques ne va pas au delà du discours qu’il a prononcé le 3 avril.

Ces actes suffisent à démontrer que le Macky Sall d’hier est encore celui d’aujourd’hui. Il sera probablement celui de demain s’il ne change pas de cap.

Le premier acte concerne sa décision de supprimer le poste de Premier Ministre. Il s’est donné le droit de décider tout seul d’une réforme constitutionnelle aussi importante que la suppression du poste du Premier Ministre, avec toutes les conséquences d’une telle décision sur l’ordonnancement institutionnel et la cohérence constitutionnelle qui doivent fonder la République.

Il n’a nullement senti le besoin ni n’a eu la sérénité d’attendre le dialogue auquel il a appelé pour mettre cette question en débat et donner aux acteurs politiques et aux forces vives la possibilité de donner leur avis.

Que Senghor ait fait la même chose il y a 50 ans ou Abdou Diouf il y a 30 ans ne justifie nullement un tel passage en force. Le monde de Senghor ne doit pas être celui de Macky Sall.

N’en faire qu’à sa tête; ne prendre en compte que ses propres intérêts politiques et ne compter que sur sa majorité parlementaire mécanique pour tripatouiller la Constitution à sa guise est contraire à tous les principes d’une gouvernance démocratique et vertueuse.

L’unilatéralité de cette décision et sa rapidité cachent forcément des desseins inavoués, peut-être inavouables.

Rajouter les pouvoirs du Premier Ministre à ceux déjà exorbitants du Président de la République conduit inéluctablement à un mastodonte présidentiel.

Or la « surprésidence » ou la « superprésidence » conduisent toujours à la « malprésidence ». C’est ce que nous vivons depuis l’indépendance du Sénégal, avec le résultat que l’on sait.

Peut-être a t-il besoin de régler des problèmes politiques internes à son parti en évitant de nommer à cette fonction un cadre qui pourrait se sentir pousser des ailes et déclencher prématurément la guerre de la succession en se positionner comme dauphin. Oublie t-il qu’un bon leader ne devrait pas avoir peur de préparer sa succession en laissant éclore, sous son ombre, les hommes et femmes qui possèdent l’éthique et la compétence nécessaires pour devenir les dirigeants du futur?

Il y a plus grave encore dans sa décision. Si dans quelques semaines, voire quelques mois, sa volonté devait s’exercer, débouchant sur la démission du Premier Ministre, c’est tout le Gouvernement qu’il vient d’installer qui démissionnerait également, car aux termes de la Constitution, la démission ou la cessation des fonctions du Premier Ministre entraine la démission de l’ensemble des membres du Gouvernement, eu égard à la nature collégiale et solidaire du Gouvernement.

La mise en œuvre de sa décision ôterait au peuple sénégalais un attribut constitutionnel important.

La suppression du Premier Ministre change la nature du régime et enlève au peuple la prérogative d’engager la responsabilité du gouvernement par un vote de confiance ou une motion censure contre le Gouvernement, prérogative qu’il exerce à travers ses représentants.

Même si le Premier Ministre est nommé par le Président de la République, et qu’il peut être révoqué par lui à tout moment, il n’en demeure pas moins qu’il dispose de nombreux pouvoirs que lui confère directement la Constitution.

S’il n’y a plus de Premier Ministre, le Président de la République accepterait-il de se mettre directement devant l’Assemblée nationale et engager sa responsabilité et celle de son Gouvernement?

Sera t-il responsable devant l’Assemblée nationale dans les mêmes termes que ceux prévus dans les Articles 85 et 86 de la Constitution?

Fera t-il lui-même la Déclaration de politique générale avant de se soumettre au vote de confiance des Députés? Dans quel scénario serait le Sénégal si la majorité parlementaire devait sortir de l’opposition en 2022?

Tant que le Président Sall n’aura pas donné de réponses claires à ces questionnements et les mettre en débat de manière ouverte et inclusive, toute action de sa part dans le sens qu’il indique relèverait d’un autoritarisme d’une autre époque et révèlerait, s’il en était encore besoin, son visage de bourreau constitutionnel et fossoyeur de la démocratie.

Le second acte déroutant qu’il a posé, en contradiction avec la parole énoncée, concerne la nomination du nouveau Ministre de l’enseignement supérieur. Ce dernier a été épinglé par l’OFNAC qui l’a nommément cité dans son Rapport 2016.

L’institution anti-corruption a recommandé, après des enquêtes, que l’ancien DG du COUD soit relevé de ses fonctions et que la gestion d’aucune entreprise publique ne lui soit plus jamais confiée. Cela, sans préjudice d’éventuelles poursuites judiciaires à son encontre.

C’est cet homme qui vient d’être porté à la tête du Ministère de l’enseignement supérieur dont le budget est de 195 287 174 705 FCFA.

Pour quelqu’un qui veut convaincre que l’exemplarité des dirigeants sera désormais le seul leitmotiv et que l’éthique et la gestion vertueuse seront les seules balises de l’action gouvernementale, c’est plutôt mal parti.

Que dis-je? Mal reparti.

Cheikh Tidiane Dieye

Macky Sall : Dans la logique d’un choix politique


Il vient d’être réélu pour un second mandat, devant s’expirer en 2024. Après une analyse de contenu sur notre Premier Magistrat, force est de reconnaître que l’homme est resté toujours le même.

Refusant et réfutant, dès les premières heures de son accession au pouvoir en 2012, le Président de tous les sénégalais qu’il est, semble allergique aux contradictions et autres visions qui caractérisent l’essence même de la démocratie.

Et en pleine fougue de son style, bousculant tout sur son passage, dans des procédés antinomiques et antipodes aux valeurs démocratiques, le  » Roi  » de la Cour de la Coalition Ben Bokk Yaakar; a conduit son navire à << bon port >>.

Du référendum aux urnes du 24 Février 2019, jusqu’à la proclamation des résultats par un Conseil Constitutionnel pas du tout exempt de couacs et déconvenues, sans oublier ce fameux parrainage de l’illégalité… tout un processus taillé sur mesure, au bénéfice de l’ex-candidat de La Majorité.

OPPOSANTS ET TRANSHUMANTS

Les hirondelles du landernau politique de notre opposition, en perpétuelle quête printanière que sont le pouvoir et ses avantages sociaux,, et leurs transhumants ont facilité la tâche aux gouvernants, afin que ces derniers puissent accomplir leurs forfaits.

Rien n’est plus lugubre que d’accepter un système de parrainage, sans détenir, par devers-soi-même le fichier électoral officiel.

Aller à l’aveuglette vers des soi-disant parrains, ignorant totalement s’ils figurent ou non dans ce fichier, ne peut dépasser l’aventure d’un aveugle, de surcroît sourd et muet. Evidemment, ce culte d’ego eut pris le dessus sur une réal-politique bien patente.

Quant aux transhumants, en fin homme politique, sachant, comme disait un ancien Chef d’Etat sénégalais :  » ….ce que vaut chaque citoyen de ce pays …! « , le Président Sall s’est bien joué d’eux.

Il lui a tout simplement suffi d’attirer vers son camp des ténors comme Abdoulaye Baldé du Sud, Aïssata tall Sall du Fouta, Fada de Darou Mousty et Souleymane Ndéné Ancien Premier Ministre, — pour ne citer que ceux-ci— , les presser comme du citron, avant de les laisser en rade, concernant ce premier gouvernement de son second mandat.

Mais, comme il a l’habitude d’agir en de telles circonstances, bientôt bonjour à des postes de << sèche-larmes>> ( Conseillers, DG, PCA, Chargés de Mission et autres ) viendront en consolation.

SEUL AUX COMMANDES

Aujourd’hui, le Président Macky Sall peut dormir tranquillement, après avoir réussi son coup historique.

A lui seul, il a su manœuvrer à sa guise.,qu’importent les réactions futures et les éclaircissements d’analystes ou observateurs avertis,et obtenir ce qu’il voulait.

Un second mandat. Présentement, les coudées franches, il va très prochainement vers la suppression de la Primature. Ce qui affaiblira de facto, ou même anéantir,le pouvoir législatif.

Donc, il est désormais tout seul devant son tableau de bord, sous la complicité d’une certaine magistrature refusant son indépendance, et, de certaines forces coutumières et religieuses dont on ne sait, quel qualificatif, en bien ou en mal, les affliger.

Quant à notre argentivore presse, dans sa grande majorité, elle a tristement joué sa partition, jetant aux orties éthique et déontologie. Bref ! Où va le Sénégal ?

Ce faisant, Cinq (05) ans encore d’interrogations, et l’avenir nous dira. Car, présentement, nous faisons partie de ceux qui croient mordicus, que le libellé de la Constitution sur les durées du mandat présidentiel, souffrent d’une certaine ambiguïté. Et les membres de notre Conseil Constitutionnel sont des adeptes de la subtilité.

Elhadj Yvon Mbaye
Journaliste-formateur
Tel : 77 179 19 38

Parlons sérieusement ! Par Amadou Tidiane Wone

Il va falloir que les différentes coalitions se donnent les moyens d’analyser en profondeur ce phénomène grandissant d’éloignement des citoyens de la chose politique – Ne prenons pas cette césure à la légère 

Depuis la proclamation officielle des résultats de l’élection présidentielle, nous avons respecté la trêve républicaine. Nous avons attendu, dans le recueillement, le déroulé des mécanismes institutionnels consécutifs à l’élection du Président de la République. Nous avons assisté, sagement, au défilé du 04 avril en hommage à nos Forces de Sécurité et de Défense.

La fête a été belle… Tout cela cependant, en restant des observateurs attentifs des variations dans le discours de certains néo zélateurs, voire des appels du pied insistants, voire indécents, des nombreux aspirants à des strapontins gouvernementaux ou autres… Tout cela en regardant, amusés, les coups de coude que commencent à se donner, déjà ( ?) les nombreux « alliés de circonstances… » Si ces signaux persistent, le quinquennat risque d’être long et tumultueux pour certains…

En attendant d’y voir un peu plus clair, à la faveur de la mise en place progressive des équipes du second et dernier mandat, un coup d’œil furtif dans le rétroviseur s’impose. Regarder dans le rétroviseur ce n’est pas regarder en arrière,  vers le passé. Ce serait plutôt une précaution pour engager l’avenir. Le rôle du rétroviseur c’est, en effet, de prévenir les erreurs à venir par une exacte photographie des fautes de conduite pouvant surgir de l’arrière (du passé ?) Pour mieux aller de l’avant.

Les résultats sortis des urnes le 24 février 2019 ont révélé, encore une fois, que le Peuple sénégalais n’est pas, majoritairement, à l’image des foules hagardes, transportées de meeting en meeting, moyennant espèces sonnantes et trébuchantes. Notre peuple n’est pas, non plus, à l’image de ce Sénégal médiatisé, artificiel et mal occidentalisé, qui s’épuise en imitations caricaturales d’un modèle décadent.

Notre Peuple, majoritairement silencieux est très mature. Croyant mais non servile. Profondément attaché à ses Guides religieux, il garde sa liberté de se choisir des dirigeants  dans l’ordre temporel. On le voit aux résultats, même biaisés par la corruption et autres méthodes déloyales, l’électeur sénégalais ne se laisse pas distraire lorsque vient l’heure de s’exprimer sur son choix d’avenir. Ayant dit leur fait et, comme d’habitude, les sénégalais ont continué à vaquer à leurs occupations.

Tout en sachant exactement le sens de leur vote. De mon point de vue, le défi lancé à toute la classe politique est celui-ci : comprendre le message du Peuple et aller dans le sens de ses aspirations  profondes. Politiquement, la majoritéabsolue qui s’est dégagée le 24 février au soir n’est pas celle que l’on croit. Pour preuve, ni le camp du Président élu, ni celui de l’opposition n’ont eu le cœur ou une raison de se réjouir, de fêter ou de déferler dans les rues. Car les résultats renvoient, dos à dos, les offres politiques présentées avec un certain avis de recevabilité à celle formulée, pour une première tentative, par le benjamin des candidats Ousmane SONKO. Prime à la jeunesse et à la nouveauté ? Ousmane SONKO devra faire la preuve de son ancrage, dans la durée, pour devenir la locomotive d’une relève générationnelle inéluctable.
Parlons un peu des résultats du 24 février 2019 :

Le Président Macky Sall a été réélu à 58,26% des suffrages valablement exprimés. Soit 2.555.426 voix. On peut considérer qu’il a fait le plein des voix qui lui sont favorables. Le nombre de suffrages valablement exprimés est de 4/386.139 voix. Le total des voix de l’opposition  est de 1 830 713 voix. Soit autour de 41,73%. Même si le taux de participation est qualifié « d’exceptionnel », 66,27%, le nombre de sénégalais qui se sont abstenus est trop important pour laisser indifférent : 2.254/363 citoyens sur les 6.683.043 n’ont pas voulu, ou n’ont pas pu, exercer leur devoir civique. Cette situation mérite d’être analysée en profondeur, ce qui n’est pas mon propos ici.

Cependant, et en attendant que des voix plus autorisées analysent les implications possibles, en termes de probabilités du vote du « Parti des abstentionnistes », quelques remarques de bon sens s’imposent :
Lorsque l’on additionne le total des voix de l’opposition aux voix de ceux qui se sont abstenus, on obtient : 4.085.076 voix qui ne se sont pas portées sur le Président Macky SALL, élu le 24 février 2019. Même si rien n’indique que les voix de l’abstention se seraient portées sur l’un des quelconques candidats de l’opposition, la certitude est qu’elles ne se sont pas portées sur le Président élu. Ainsi, plus de 4.000.000 de sénégalais, en âge et en droit de voter, n’ont pas accordé leurs suffrages au Président Macky SALL.

Autrement dit, la majorité des électeurs n’a pas voté pour le candidat élu ! Ceci est un fait qui expliquerait, entre autres, le silence assourdissant consécutif à la victoire du Président Macky SALL. Un silence de plomb qui dure et qui devrait nous interpeller et nous faire réfléchir sur notre « modèle démocratique » qui semble à bout de souffle et qui doit nécessairement se réinventer. Un sujet pour la concertation ou le dialogue national ?  
Inversement, les voix abstentionnistes (2.254.363 ) sont supérieures aux voix cumulées de l’opposition (1.830.713), cela peut signifier une défiance vis-à-vis des offres politiques alternatives présentées ou alors d’une lassitude générale qui gagne de plus en plus les citoyens de notre pays.

Ce signal est préoccupant. Il va falloir que les différentes coalitions se donnent les moyens d’analyser en profondeur ce phénomène grandissant d’éloignement des citoyens de la chose politique. Sinon, ils pourraient répondre à l’appel de sirènes malfaisantes…

Ne prenons donc pas cette césure à la légère. Car, et comme bien souvent dans notre pays et sur des sujets importants, les bavardages sans lendemains risquent de nous boucher l’horizon. Pour dire que, quant au fond les maux du Sénégal se résument en un seul mot : SÉRIEUX ! Parlons-nous sérieusement.  Abordons les questions, des  plus compliquées aux plus simples…sérieusement. Mettons en œuvre les solutions sérieusement. Prenons au sérieux les tâches qui nous sont confiées au service du pays.

Arrêtons les flagorneries, le culte de l’apparence et le goût du gain facile. Ne confondons pas ruse et intelligence créatrice. Redéfinissons les paramètres de la « réussite »… Tempérons les ardeurs  des flatteurs, des opportunistes, des menteurs, des tricheurs…. Soyons SÉRIEUX et tout ira mieux ! Ce message s’adresse aux élites dirigeantes, aux fonctionnaires, aux juges, aux chefs d’entreprises de presse, à certains guides religieux… Principalement. A nous tous. Collectivement.

Nous restons, quant à nous, dans le sens de l’Histoire des Résistances séculaires de notre Nation : une profonde aspiration à l’Indépendance, la vraie ! une quête constante de dirigeants vertueux, patriotes et ambitieux, au-delà de tous les possibles. Des dirigeants qui participeront à effacer les frontières entre pays africains pour ouvrir des espaces économiques et politiques forts, capables de défendre l’homme noir lorsque, humilié sur des terres où il a été transplanté, par la force ou par la nécessité, il cherche du regard la terre mère.

Nous croyons en une Afrique nouvelle, décomplexée et conquérante. Et nous avons foi. Car les bourgeons de nos espérances commencent à défier le temps et annoncent la saison imminente des cueillettes victorieuses. Un dialogue sérieux permettrait d’arroser abondamment les plants pour demain ! Est-il raisonnable de le refuser par avance ?
Enfin, nous félicitons le Président élu Macky Sall, suite à sa prestation de serment. Nous faisons partie des 4.000.000 de sénégalais qui n’ont pas voté pour lui. Nous ne lui souhaitons pas pour autant d’échouer. Dans la configuration actuelle du « système », il a, en effet,  gagné. Le reconnaitre ce n’est pas une capitulation. Juste du réalisme.

Lors de son premier mandat pour lequel nous n’avions pas voté pour lui non plus, nous avons régulièrement exprimé, à visage découvert, nos points de vues, différents et bien des fois divergents. Dans le strict respect des convenances républicaines. Et nous ne nous sentons pas seuls parmi 4.000.000 d’électeurs sénégalais ne l’ayant pas choisi. Mais, et le Président Macky SALL l’a dit, le Président de La République ayant prêté serment « devant Dieu et devant les hommes », est celui de tous les sénégalais.

Il devra, plus que par le passé, en administrer la preuve en passant de la parole aux actes au cours de son dernier mandat. Et d’abord en respectant sa parole de convier le pays à un dialogue inclusif, franc, transparent et sincère. A l’entame de son dernier mandat, il doit cependant donner des gages. Car nul ne peut effacer de notre mémoire les péripéties du septennat précédent. Même s’il n’est plus nécessaire de rabâcher des détails connus de tous. Mais le Président de la République et ses plus proches collaborateurs savent que, tant l’opposition que de larges franges de la société civile et de la classe politique ont exprimé, par toutes les modalités possibles, leurs avis à toutes les étapes du processus ayant mené au référendum, puis au parrainage, puis à l’élection présidentielle…

Mais l’obsession du second mandat avait été au dessus de toute autre considération. Un immense fossé s’est donc creusé entre le Président de la République, ses alliés et l’opposition fortement malmenée par des poursuites judiciaires, des interdictions de manifester et toutes sortes de vexations peu républicaines. Il va donc falloir rassurer et restaurer la confiance pour rendre crédible l’appel au dialogue. Si la volonté d’aller de l’avant est réelle, le Président de la République doit prendre des initiatives de rapprochement avec les leaders les plus représentatifs de l’opposition sénégalaise.

Ils sont identifiables par les résultats obtenus aux dernières élections présidentielles. En sus d’autres critères de pondération pour atteindre un quorum suffisamment représentatif. Des démarches préparatoires pourraient être engagées par des personnalités consensuelles ayant à cœur les intérêts supérieurs du Peuple sénégalais.  Il en existe encore. Des termes de références, sur la portée et le champ d’application des accords issus du dialogue, devraient être rendus publics après avoir été partagés avec les différentes forces vives de la nation dans des délais de consultations contraignants.

Alors, si la volonté du Président élu est de rentrer dans l’Histoire, il sait exactement ce qu’il lui reste à faire. Ce dernier mandat lui donne l’opportunité de corriger les nombreuses distorsions du septennat précédent. Il lui revient d’être le Président de tous les sénégalais et non essentiellement celui de l’APR, de la coalition BENNO ou des 2.500.000 sénégalais qui lui ont accordé leurs suffrages. Cela étant dit, et en politique, le sens de l’initiative ne doit pas être laissé qu’au Pouvoir. L’opposition doit jouer son rôle de proposition et d’anticipation suite aux âpres adversités  de la campagne électorale. 

La coalition Idy2019  et Sonko Président regroupent les principaux leaders de l’opposition. Ces regroupements doivent anticiper sur les termes de références d’un éventuel dialogue politique. Ils doivent prendre au mot le Président de la République et avancer des propositions concrètes en prenant l’opinion publique nationale et internationale à témoin. Car la nature a horreur du vide. A défaut, il sera toujours loisible au Président et à ses alliés de remplir une salle et de dérouler un « dialogue sur mesure » si les leaders confirmés par les urnes le 24 février 2019 répondent absents. N’oublions pas que 300 partis politiques légalement constitués hantent le Sénégal et que la légalité ne s’encombre pas souvent de légitimité.

Pour ce qui nous concerne, nous reconnaissons au Seigneur des Mondes la Puissance d’accorder à qui Il veut la responsabilité de la conduite des affaires de ce monde. Lui,  n’impose cependant à personne de taire ses points de vues ni de ne point les défendre. Que ce droit nous soit reconnu et que le dialogue tant attendu et tant de fois avorté se tienne enfin… Sérieusement ! Dans la Vérité et dans la Droiture.
Pour le Sénégal ! Pour nos enfants !

Suis-je assez candide pour encore croire à un serment d’ivrogne ? (Par Alassane K. Kitane)

Pourquoi les peuples aiment se faire arnaquer ? Comment peut-on accorder du crédit à la prestation de serment d’un homme qui n’a jamais tenu parole ? Comment peut-on banaliser une si grande imposture dans une démocratie ?

Comment peut-on organiser un si grand faste après avoir organisé une élection de façon si honteuse dans un pays qui a une tradition de transparence jadis saluée par tout le monde ?

Un des artifices le plus répandu du criminel, c’est de toujours mobiliser tout le potentiel qui sommeille en lui pour paraitre ingénu et innocent devant ses victimes et autres témoins.

Après avoir exilé et emprisonné des adversaires redoutables ;

après avoir exilé des électeurs (des amis résidant à Thiès ont été miraculeusement exilés à Touba pour qu’ils ne votent pas) ;

après avoir permis (méprisable ségrégation d’un ministre de l’intérieur) à tous ses militants d’avoir leur carte d’électeur ;

après avoir frauduleusement invalidé le parrainage de certains opposants et après avoir grossièrement triomphé d’une élection piégée, on cherche à se faire une légitimité en organisant une si grand-messe !

Peine perdue ! Rien ne sauve l’autocrate de la censure morale si ce n’est le repentir politique. Tout ce faste n’ était pas nécessaire, mais il est révélateur d’un état d’esprit : construire artificiellement la grandeur.

La grandeur a ceci de fâcheux qu’elle se venge des imposteurs : elle devient toujours plus grande, même quand celui en qui elle s’incarne fait des choses simples ; symétriquement, on devient toujours plus petit lorsque, sans gradeur, on tente de grandes choses.

La différence entre le spectacle clownesque et l’évènement héroïque réside dans la légitimité et l’authenticité des actes posés. Les grands hommes ne cherchent pas à entrer dans l’histoire, c’est cette dernière qui cherche à s’incarner dans leurs œuvres pour accomplir sa providence.

Pour un histrion par contre, la chose est bien différente : il s’accroche aux fragiles falaises de la falsification pour instaurer le règne du faux, mais l’histoire finit toujours par les démystifier.

On ne peut pas appeler à un consensus après avoir unilatéralement brisé le consensus qui avait cours depuis 1992 et ce, dans le seul but de se faire réélire.

On ne peut pas lâcher les forces de l’ordre pour étouffer toute forme de manifestation contestataire de l’opposition et la convier si malhonnêtement à une cérémonie d’essence républicaine.

On me reprochera de manquer d’esprit républicain et de banaliser la prestation de serment d’un Président nouvellement réélu.

Je répondrais volontiers que quand la république est inféodée à une oligarchie ou à un clan, ne pas être républicain devient une vertu cardinale pour sauver la république.

Macky Sall a pris la responsabilité de rompre un consensus presque sacré sur le processus électoral, il l’a tout bonnement apprivoisé pour assouvir sa soif de pouvoir, il n’a qu’à assumer seul son choix.

Les hommes de conviction continueront à se battre jusqu’à ce que le peuple comprenne suffisamment la gravité de la torpeur et de la décadence démocratique dans laquelle on l’a plongé et agisse en conséquence.

Notre démocratie doit grandir au lieu de retourner en arrière, nous devons dépasser les enfantillages politiques consistant à créer artificiellement des crises pour ensuite appeler au dialogue afin de débloquer la situation : c’est du cynisme primitif très franchement.

En décidant de retourner à l’ère et aux méthodes de Diouf pour gouverner en 2012, Macky Sall a trahi, et le peuple, et les luttes politiques que nous avons menées depuis des siècles.

Ce qu’on attend de lui, ce n’est pas ce dialogue folklorique et cette manie à entretenir une démagogie politique, c’est plutôt la gouvernance normale dans une démocratie normale.

Briser des carrières, instrumentaliser la justice, assujettir les intuitions de financement de la femme et de la jeunesse à es calculs politiciens, faire la promotion sulfureuse de la transhumance dans le seul but de gouverner, corrompre les contre-pouvoirs, c’est avouer qu’on n’est pas républicain.

Cette façon sauvage de gouverner ne peut avoir d’autres réponse que la façon sauvage de s’opposer : qu’on ne vienne donc pas, sous le couvert de la société civile, nous faire la morale.

Alassane K KITANE
Professeur au Lycée Serigne Ahmadou Ndack Seck de Thiès
Président du Mouvement citoyen LABEL-Sénégal

Le président illégitime entame son dernier mandat ( Front national de résistance)

Malgré la démonstration du peuple sénégalais de sa maturité et le bon déroulement global du cérémonial électoral le 24 février 2014 dans le calme, le caractère frauduleux du processus électoral n’échappe à personne.

Avant le jour du scrutin, tout a été fait par le régime pour démanteler le dispositif électoral trouvé sur place et ayant permis deux alternances politiques sans contestation en 2000 et 2012.

Rien n’a été laissé au hasard : fusion des cartes d’identité et d’électeur, transferts d’électeurs, création planifiée de bureaux de vote, retour d’un ministre de l’intérieur partisan avec sous ses ordres la Direction de l’Automatisation du Fichier (DAF) et la Direction générale des Élections (DGE), manipulation et rétention du fichier électoral, instauration d’un système de parrainage inique pour l’élimination de candidats.

Le jour du scrutin, plusieurs bureaux de vote ont été créés en violation des dispositions du Code électoral. Le lendemain du vote, le pouvoir n’a lésiné sur aucun moyen pour préparer l’opinion à se résigner devant l’incroyable « victoire » au premier tour avec un score de 58,26 % : accaparement des média publics, menaces contre la presse indépendante, répression contre les militants de l’opposition, campagne internationale, etc.

Les quatre candidats de l’opposition ont constaté les résultats, refusé de féliciter le vainqueur sans gloire qui, à cause de l’ensemble de son œuvre marquée par une ingénierie de la fraude électorale sans précédent, ne mérite pas l’onction de l’opposition.

Les candidats face à cette forfaiture, n’ont même pas jugé utile d’introduire un recours devant le Conseil constitutionnel.

L’opposition a observé une réserve républicaine qui a permis de préserver la paix sociale, aspiration légitime du peuple sénégalais.

Cette attitude de l’opposition sénégalaise, doublée d’un silence pesant, a installé un malaise que Macky Sall tente de désamorcer en appelant au « dialogue politique » dès la publication des résultats définitifs par le Conseil constitutionnel, cherchant ainsi à se donner bonne conscience après la forfaiture du 24 février 2019.

Dans le contexte actuel marqué par un Président illégitime qui entame son dernier mandat, le FRN qui s’est renforcé avec l’adhésion de REWMI et Madiké Niang réaffirme sa pleine conscience de son devoir de mener sans faille sa mission de se mobiliser pour la prise en charge des revendications politiques, sociales et économiques du peuple sénégalais frustré par des conditions de vie difficiles, dans l’insécurité et sans défense.

L’opposition politique est particulièrement attachée au retour à un dispositif électoral consensuel, stable et transparent en vigueur en 2012 et reste ouverte à des améliorations consensuelles après un audit complet.

L’opposition politique est très préoccupée par les violations des droits et libertés des citoyens.

L’opposition politique est très engagée pour des mesures urgentes pour améliorer le pouvoir d’achat des sénégalais et pour le renforcement du sort des entreprises nationales, des femmes et des jeunes.

L’opposition politique est soucieuse de la prise en charge de la santé et de l’éducation du peuple sénégalais. L’opposition politique est particulièrement attentive à la gouvernance économique et des conditions de gestion et d’aliénation des ressources naturelles.

L’opposition politique considère comme des exigences vitales l’indépendance de la justice et la neutralité de l’administration publique.

Dotée d’une riche expérience et d’une crédibilité jamais démentie, l’opposition saura prendre ses responsabilités pour l’avenir. »

Non Monsieur Pape Oumar Sakho, un Juge ne doit pas dire ça (Par. Dr Christian N. MINGOU)

Surpris est le sentiment qui m’a animé en écoutant le discours du Juge Pape Oumar Sakho, Président du Conseil Constitutionnel sénégalais, lors de l’investiture du Président Macky Sall de ce 02 avril 2019.

Monsieur le Juge, vous avez dit « avec ce fort taux de 58% », parlant du score de réélection du Président » ! Non, Monsieur le Juge, ce n’est pas à vous de commenter ce score que vous pouvez cependant bien rappeler dans votre discours.

Le qualifier ainsi (de « fort »), je dirai même l’apprécier, est pour moi une prise de position, qui doit appartenir aux analystes et pas à vous les Juges, censés vous limiter aux faits, sans les commenter vraiment ou apprécier, surtout publiquement.

Ensuite vous avez parlé d’une « participation rarement égalée » à propos des 66% de participation au scrutin. Non Monsieur le Juge, cette participation n’a rien d’exceptionnel au Sénégal.

Le Sénégal indépendant a même connu des taux de participation à plus de 90% (95% en 1968 et 97% en 1973). Et récemment, en 2007, il a été de 71%, lors de la réélection de Wade.

Il en est de même du score de 58% qui n’a rien de « fort », car par le passé, des présidents ont été élus ou réélus en un tour avec des scores nettement plus élevés (Senghor l’a toujours été entre 1963 et 1978 et Diouf a eu 84% en 1983, 73% en 1988 et 58% en 1993). Même les 56% de Wade en 2007 sont plus méritants, si l’on contextualise, que ces 58% ; puisque le scrutin l’ayant opposé à 14 autres candidats (contre 4 seulement pour Macky), dont les partis les plus représentatifs (Rewmi, PS, AFP…).

Cela dit, je ne suis pas en train de dénigrer la victoire du Président, mais veux juste que l’histoire soit dite sans exagération ou extrapolation.

Vous avez aussi parlé de « réélection incontestable » ! Non Monsieur le Juge, même si je ne partage pas certaines contestations de l’opposition, notamment sur le scrutin lui-même (le 24 février) et sur les résultats auxquels il a abouti ; on peut contester plusieurs choses sur la « phase amont » de cette présidentielle, surtout certaines décisions de justice, qui ont mis hors course deux candidats majeurs ayant pourtant franchi le fameux parrainage et rendant donc le scrutin « moins compétitif » pour le Président sortant.

Vous avez aussi parlé de « monologues parallèles, faits d’invectives et de calomnies », parlant d’une certaine critique dans les médias à propos de cette élection et surtout vis-à-vis du Conseil Constitutionnel.

Ici, nous voyons nettement que vous faites, sans la nommer, allusion à l’opposition à qui, à mon avis, vous ne devez pas répondre dans ses critiques (qui ne sont pas toutes infondées d’ailleurs !), notamment en ce jour si spécial pour notre pays.

Vous auriez pu prendre vraiment de la hauteur, surtout en cette cérémonie où nombreuses sont les délégations étrangères présentes. Le Linge sale se lave en famille !

Enfin le « vibrant hommage rendu, dans la dernière partie de votre discours, à la 1ère dame dans la réélection du Président ». Là, on est totalement dans le commentaire, l’appréciation, voire l’analyse.

Monsieur le Juge, encore une fois, l’analyse des résultats ne doit, d’aucune manière, être (surtout par principe de neutralité), du ressort de la Justice que vous incarnez. Laissez-la aux sociologues, aux politistes, voire aux « passionnés hors justice ».

Je n’ai rien contre la 1ère dame, dont effectivement le rôle dans cette campagne peut être salué par ceux qui peuvent le faire. Mais ce n’était vraiment pas lors de cette circonstance ; de surcroît je ne pense pas que cela siée à votre statut de Magistrat.

C’est la 1ère cérémonie d’investiture de mon pays que je suive et qui soit aussi teintée de prises de position, voire de piques aussi flagrantes venant de la justice.
Apaisons-le climat ! On ne peut parler de « monologues parallèles, faits d’invectives et de calomnies », ensuite répondre implicitement à ces mêmes « monologues… » et appeler au dialogue (contraire de « monologue »), comme l’a lancé le Président, au soir de la Proclamation des résultats par la Cour d’Appel de Dakar et encore rappelé aujourd’hui.
Vive le Sénégal, Vive la République !

Kazu Rajab, la naissance de Serigne Fallou : Focus sur le sens et l’historique d’une célébration

La communauté mouride célèbre ce mardi 2 avril l’anniversaire de la naissance Mouhamadou Fadilou Mbacké, fils et deuxième Khalife de Bamba, le fondateur du mouridisme.

Une journée du calendrier religieux des mourides qui voit affluer à Touba des milliers de disciples venus d’horizons divers pour commémorer la venue au monde de Serigne Fallou encore appelé Galas.

Senelux revient ici sur le sens et l’historique d’une célébration

Il y a des coïncidences si lourdes de significations et si riches en bienfaits de toutes sortes pour l’humanité, qu’il faut y voir un signe de la miséricorde divine. Il en est ainsi de la coïncidence qui existe entre la date anniversaire de » Al Isrâ » (Le voyage nocturne) et du » Mi ’raj » (L’Ascension) et celle de la naissance de Serigne Mouhamadou Falilou MBACKE (deuxième Khalife de Serigne Touba de 1945 à 1968).

Entreprise depuis une quarantaine d’années, la célébration de cet anniversaire, auquel on a donné le nom de Kazu Rajab, a fini par prendre une ampleur telle qu’aujourd’hui, elle déborde largement des frontières nationales. Pour notre compréhension à tous, précisons tout de suite la signification du vocable » Kazu Rajab « . Il est formé à partir de l’équivalence de la valeur numérique des caractères arabes qui servent à l’écrire : (kâf = 20 ; zâ = 7, soient 27) ce qui nous amène à la 27ème nuit du 7ème mois lunaire du calendrier musulman ( Rajab).

LA CELEBRATION PAR SERIGNE FALLOU

La tradition de la célébration du Kazu Rajab, remonte aux années 60, précisément à l’an 1963. Cette année-là, son anniversaire venu, Serigne Fallou quitta Touba quelques temps avant le coucher du soleil pour se rendre à Darou Salam son lieu de naissance, afin d’y passer la nuit en prières. Le lendemain, au sortir de sa retraite, il se rendit au domicile de Serigne Affia NIANG.

L’accueil fut chaleureux et empreint de piété. On peut considérer, pour l’histoire, que le premier repas qui a alors été servi, à l’occasion d’une célébration du Kazu Rajab, a été préparé par Sokhna Asta Wâlo NIANG, la mère de Serigne Abdourahmane BOUSSO. Pour donner à l’événement un caractère festif, à la dimension de l’immense honneur que Serigne Fallou venait de faire à Serigne Affia NIANG, on servit du thé, des biscuits et autres friandises.

Il faut préciser cependant que, pour cette première édition, tout se passa dans la plus stricte intimité familiale. Seuls participaient à la fête Serigne Affia NIANG, Serigne Abdou Rahmane BOUSSO, Serigne Abdou Chakor.

Serigne Affia Niang eut ce jour là, le grand bonheur de recevoir, en guise de » barkélou » (objet servant à attirer la bénédiction) les habits que Serigne Fallou avait portés pendant sa nuit de prières à Darou Salam. Voici, en quelques mots, le déroulement de la toute première édition de la célébration, faite par Serigne Fallou lui-même.

Trois années durant, on consacra la même formule de célébration. On l’appelait alors » ngan gui » c’est à dire réception d’un hôte de marque. Et chaque fois, c’était la même ambiance festive dans le même cadre strictement familial. A l’évidence, une telle » discrétion » de la célébration ne pouvait pas perdurer car l’événement commençait à avoir un certain retentissement parmi les disciples.

Lorsque Serigne Affia fut rappelé à Dieu après avoir vécu trois éditions du Kazu Rajab, Serigne Fallou maintint la tradition de se rendre dans sa famille chaque fois qu’il sortait de sa retraite à Darou Salam. Cette année là, on fut obligé de dresser une tente, richement pavoisée de drapeaux, devant le domicile de la famille de Serigne Affia. L’événement avait pris une ampleur et une solennité telles qu’on déroula sous les pas de Serigne Fallou un tapis d’honneur fait de pagnes traditionnels, depuis la Route » 28 » jusqu’à la résidence de la famille NIANG.

Cette année, marque réellement une rupture dans le cérémonial de la célébration. Les autorités du mouridisme commencent à participer aux festivités. A cette occasion, Serigne Fallou fut accompagné d’une délégation de dignitaires religieux avec au moins quelques 28 voitures. Il y avait, entre autres, Serigne Modou Khary NIANG, Serigne Modou Faty Khary et quelques membres de sa propre famille comme Serigne Modou Bousso Dieng et Serigne Mouhamadou Lamine Bara MBACKE. Il y avait également beaucoup de talibés. El Hadji Modou Mamoune NIANG, fils de Serigne Affia NIANG prononça une brillante allocution.

C’est ainsi que, de 1965 à 1968, se déroulèrent les choses qui prirent d’ailleurs tellement d’ampleur que Radio Sénégal prit l’habitude de leur consacrer des reportages très élaborés.
Serigne Fallou vécut sa dernière célébration en 1968. C’était un vendredi. Serigne Modou Mamoune NIANG, à son habitude prononça une allocution très fouillée. Il eut à dire à Serigne Fallou : » Nous savons que la visite que vous nous accordez, à notre domicile, est une faveur immérité. Voilà pourquoi, à l’occasion, nous mobilisons tout ce dont nous disposons en plus de nos familles, de nos condisciples, de nos parents, et nous serions allés bien au-delà de tout cela si c’était possible, pour essayer d’être à la hauteur de cette marque d’honneur . » En réponse à cette allocution, Serigne Fallou expliqua ce jour là, le sens et les motivations de la célébration du Kazu Rajab.

SENS DE LA CELEBRATION

En réalité, ce jour a vu l’accomplissement de deux événements majeurs dans l’histoire de la religion que Dieu a choisie pour les hommes. Ce sont des miracles auxquels il a plu à Dieu de recourir pour descendre Sa miséricorde sur l’humanité. Il y a eu d’abord » Al Isrâ » (Le voyage nocturne) par lequel Seydina Mouhamed (P.S.L.) a été transporté à Jérusalem. Ensuite « Al Micraj » (L’Ascension) ou la traversée des Sept Cieux pour arriver à la proximité du Trône du Maître des Mondes afin de recevoir des recommandations divines concernant les dogmes et bases de sa Religion. Tous ces événements ont eu lieu cette nuit la.

Dans le même tant, en s’adressant à Serigne Modou Mamoune NIANG, Serigne Fallou aborda son sujet par ces termes : » Je sais que ce jour vous tient beaucoup à cœur. Je vais donc vous expliquer ce qu’est sa signification profonde et, par conséquent, les motivations qui m’ont conduit à le prendre en considération, afin que vous puissiez maîtriser les modalités de sa célébration.
Dans Sa grande miséricorde, Dieu m’a accordé une grâce infinie ; Il a fait coïncider ma naissance avec la date anniversaire de ces événements miraculeux. En effet il a plu à notre Seigneur que je sois né un vendredi, 27ème jour du mois lunaire de Rajab, de l’an 1306 de l’Hégire (1886)
Ce jour est donc pour moi un prétexte de rendre grâces à Dieu et d’exprimer ma reconnaissance à l’endroit de Cheikhoul Khadim pour l’agrément que, des Deux, j’ai obtenu.
Depuis, j’ai pris l’habitude, chaque fois qu’arrive mon anniversaire, de me rendre à Darou Salam, où je suis né, afin de m’y consacrer, toute la nuit durant, à la lecture du Coran et des Panégyriques du Prophète (P.S.L.), en guise de témoignage de grâces au Cheikh. Pourquoi dès ma sortie de ma retraite je viens ici, chez Serigne Affia ? C’est pour réaffirmer et raffermir les liens de fraternité qui me lient à cette maison où vécut ma mère Sokhna Awa BOUSSO « .

Après cette mise au point, Serigne Modou Mamoune NIANG, au nom de toute la famille, prit l’engagement de perpétuer cette célébration, tant qu’il restera en vie. Serigne Fallou fut rappelé à DIEU cette même année mais pendant les deux ans qui suivirent, fidèle à sa parole, Serigne Modou Mamoune NIANG s’employa à donner à la célébration du Kazu Rajab l’éclat qui lui convient. Et à chaque fois, Serigne Modou Bousso DIENG qui assurait le Khalifat de Serigne Fallou lui a apporté soutien et assistance par sa présence effective en compagnie de nombreux talibés et d’autorités religieuses.

Depuis lors tous les Khalifes de Serigne Mouhamadou Fadel ont veillé à la célébration du KAZU RAJAB.

Sources : Hizbut tarqiyah

OTT vs Opérateurs : Au delà de la clameur ( Abdou Khadre Lo)

Aujourd’hui on ne téléphone plus comme il y a 10 ans. La technologie a évolué et permet l’utilisation de plusieurs supports (smartphone, tablette, ordinateur) pour communiquer avec ses contacts, y compris par la voix. Cette nouvelle donne a fait entrer les opérateurs de téléphonie dans une nouvelle réalité : celle des OTT « Over the Top » ou « service de contournement » en français. Les plus connus étant WhatsApp, Skype, Viber et Facebook Messenger, YouTube ou Netflix. Avec ces outils web, le smartphone peut assurer à la fois le transport des flux vidéo, audio ou de données sur Internet sans l’intervention directe de l’opérateur auquel l’utilisateur est souscrit. Bien évidemment des acteurs, plus précisément les opérateurs, voient en ces acteurs des perturbateurs, facteurs de manque à gagner. Le DG de la Sonatel/Orange Sénégal s’en est récemment publiquement ému et dénonce une perte de 20 milliards de FCFA due aux OTT.
Face à la montée en puissance exponentielle des OTT, les opérateurs tirent sur la sonnette d’alarme.
Le téléphone cellulaire a supplanté le téléphone fixe tout comme l’e-mail a fortement ringardisé le courrier postal. Néanmoins aussi bien le fixe que le bon vieux courrier continuent d’exister, avec des fonctions moins globales et plus spécifiques au bureau et à la maison.
Mais au-delà de l’alerte/complainte des opérateurs, il est essentiel de se poser un certain nombre de questions.
Interroge-t-on les effets de l’Internet ? Oublie-t-on la nature même de ce formidable outil qui abolit les barrières et les chasses-gardées. Oui, l’Internet est disruptif par essence. Il modifie nos modes de vie et toutes les nouvelles technologies l’intègrent dans leur processus de R&D. C’est devenu incontournable aussi bien pour les entreprises que l’utilisateur final. Même les opérateurs profitent de la magie du Web avec des offres nombreuses et variées telles que la VOD ou le Mobile Banking.
Interroge-t-on les OTT et leur impact sur le mode de fonctionnement et l’économie des opérateurs ?
Ils ont un effet indéniable sur l’écosystème. Cela d’autant plus qu’ils en font désormais partie intégrante. Au même titre que Orange ou Tigo, Apple ou Samsung, ou encore les fournisseurs de contenu. La crainte des opérateurs s’exprime en termes de gains et de pertes en ce sens que leur cœur de métier est aujourd’hui bousculé. Leur inquiétude réside, entre autres, dans le risque qu’à terme les OTT suppléent les SMS et les appels classiques sur le réseau RTC (celui des opérateurs).
En fin de compte, tout est question de revenus. Les OTT offrent toujours plus de possibilités et leur inventivité semble sans limite tout en restant très abordables. D’après une étude du cabinet Juniper Research, le marché des OTT, qui a réalisé 8 milliards d’euros de chiffre d’affaires dans le monde en 2018, dépassera les 30 milliards en 2019. Les opérateurs dénoncent la création d’une valeur « par-dessus » leurs réseaux, sans contrepartie financière.
Malgré tout, ils réalisent des bénéfices toujours plus hauts. Les Sénégalais se félicitent chaque année des chiffres impressionnants publiés par l’opérateur numéro 1 du pays. Donc a priori, tout le monde surfe sur « l’incontournabilité » des nouvelles technologies. Mieux, les opérateurs et les OTT semblent complémentaires. Un exemple basique : pour accéder aux OTT, il faut une connexion Internet, vendue par les opérateurs. La demande croissante de données entraine nécessairement une augmentation de revenus de données pour les opérateurs, même si ces derniers évoquent un cercle vicieux. Les OTT optimisant la consommation des données, entrainant moins d’internet chez l’opérateur.
Enfin, il est important de rappeler le principe de la « Neutralité du Net ».
Le principe de la gouvernance d’Internet est celui d’un réseau ouvert. Cela signifie que les fournisseurs d’accès à Internet (FAI), donc les opérateurs, doivent traiter de manière équitable tout le trafic Internet. Peu importe l’envoyeur et le destinateur, le contenu ou le moyen utilisé. Tant que ça reste légal, le fournisseur a l’obligation d’acheminer le trafic, sans agir sur la vitesse ou le prix.
Avec les OTT et l’appétit croissant des nouvelles générations d’utilisateurs, les opérateurs sont amenés à revoir leurs stratégies et à se réinventer. Ils investissent déjà énormément dans l’infrastructure et le réseau pour répondre à cette demande en capacité. Par ailleurs, comme souligné plus haut, de plus en plus d’opérateurs s’ouvrent vers des alliances/partenariats avec d’autres acteurs pour diversifier et densifier leurs offres. En plus des forfaits classiques, presque tous les opérateurs offrent, via des partenariats stratégiques, de la VOD, de la musique, des jeux en ligne, etc.
En France, Orange avait lancé Libon. Un service d’Open Chat afin de faire face aux OTT. Libon permet la voix sur IP (VoIP) et de communiquer avec le répertoire de l’utilisateur. Peu importe l’OTT qu’utilisent les contacts du « Libon user ».
Ces innovations technologiques sont à saluer. Mais il reste d’autres problématiques évoquées ici et là et dont on ne saurait objectivement faire l’économie.
L’évasion fiscale dans les pays non domiciliés ainsi que la difficulté pour les régulateurs de faire face à la protection des données personnelles sont probablement celles qui tiennent le haut du pavé actuellement. Sans oublier le défaut de contribution au Fonds de développement du service universel des télécommunications (FDSUT), le contrôle de la qualité, etc. Certains pays proposent que les OTT acquièrent une licence spéciale.
Le paratonnerre de la réglementation/régulation est agité. Dans le marché le plus réglementé, l’Europe, on évoque « le paquet télécom » en application des directives de l’UE. Il y a des obligations variables selon le pays mais aussi un socle commun d’obligations à tous. Notamment être en mesure de :
– Tracer une communication et d’en conserver toutes les caractéristiques (pour pouvoir collaborer avec la justice en cas de requête).
– Appeler les services d’urgence à tout moment. Comme c’est le cas pour les opérateurs.

En définitive, la percée des OTT ne va pas sans reformulation et interrogations auxquelles il faudra apporter des réponses. Mais jeter le bébé avec l’eau du bain n’est certainement pas la panacée. Brider ou bloquer les OTT, comme certains pays ou opérateurs ont tenté de le faire, ne serait pas non plus bénéfique à l’économie numérique ni à la créativité entrepreneuriale de la jeunesse. Il s’agit de technologies complémentaires dont l’articulation reste un vaste débat qui ne saurait être exclusif. Tous les acteurs de l’écosystème ont l’obligation d’approfondir la discussion, sans passion, à l’heure d’une économie de plus en plus digitalisée.

Abdou Khadre LÔ
Directeur Afrique du cabinet Access Partnership
Membre associé de l’Union Africaine des Télécommunications (UAT) et de L’Union Internationale des Télécommunications (UIT)

Maîtresse d’un homme marié : Jamra n’a pas jeté la pierre assez loin Par Le P’tit Railleur.

Ainsi donc, Jamra, et Mban Gacce, porte-étendard des vertueux et des mauvais coucheurs, peuvent triompher. La série « Maîtresse d’un homme marié » est immorale. Pas la peine d’entrer dans le détail : le titre y suffit. Explication de sexe…

Tout a commencé lorsque Mame Mactar Guèye, petit frère et héritier contesté du fondateur de Jamra, feu Latif Guèye, s’est invité sur les plateaux de télé. Je ne sais pas si vous pensez comme moi, mais je lui trouve une tête d’avis de décès. Manifestement, encore une fois, il s’est levé du mauvais …pied. Il est là pour s’indigner de l’impudente série qui déchaîne les passions.

Après sa, euh, saillie, il appelle les Sénégalais qui n’ont jamais trompé leurs multiples maîtresses, encore moins leurs épouses, à une marche nationale contre cette sorte d’éloge de la perversité que nos innocentes femmes et nos irréprochables enfants ne sauraient voir. Nos si vertueuses mères et grands-mères, qui sont encore de cet insupportable bas-monde, ne peuvent décemment pas assister devant un écran plat du dernier chic, au spectacle de leurs grands gaillards qui s’égarent au hasard de leurs érections incontrôlées. Et puis, légaliste du bout de la babouche jusqu’au sommet de la chéchia, il dépose une plainte devant le tribunal du pudibond Babacar Diagne et de ses ouailles du Conseil national de Régulation de l’Audiovisuel.

Quand le verdict tombe, c’est clair, il faut n’avoir jamais trompé sa femme pour sortir ce communiqué : « l’instruction du dossier par les services du monitoring du CNRA apporte la preuve que dans le téléfilm, sont régulièrement notés des propos, comportements et images jugés choquants, indécents, obscènes ou injurieux ; des scènes de grande violence ou susceptibles de nuire à la préservation des identités culturelles ». En un mot comme en cent, ôtez-nous ces scènes de cul que nous ne saurions voir.

Problème : si la série s’appelle « maîtresse d’un homme marié » et qu’il n’y a pas de scène de cul, puisque c’est connu, une maîtresse est un plan cul par essence, de quoi la série devra-t-elle parler sauf à changer de nom ? A moins que « maitresse » ne traduise institutrice… Bref, pour ne pas faire de mécontent, on devra se retrouver dans une série où un père de famille qui retombe brutalement en enfance, reprend le chemin de l’école parce que l’instit’ est canon. Et toute l’histoire tournera autour du regard embué du brave homme en surchauffe libidinale qui bave pendant que sa, euh, maîtresse écrit au tableau la leçon du jour tandis que son popotin tremblote. Bien entendu, à son corps défendant.

On pourrait y rajouter une jupe trop courte que la maîtresse est obligée de tirer par le bas quand elle écrit en haut du tableau. Mais ce serait risqué : le CNRA pourrait mal le prendre, Mame Mactar Guèye serait obligé de revenir sur les plateaux pour dénoncer la faillite de l’école. Il fait déjà assez peur aux enfants, avant même de l’ouvrir. Il traumatiserait nos chérubins à vie s’il leur apprenait que l’école nouvelle qu’a enfantée Iba Der Thiam est sur la voie de la perversion avec toutes ces maîtresses qui portent des jupes courtes, des pantalons serrés et ont des fesses trop rondes pour être honnêtes …

Ne nous égarons pas. Jamra, à mon avis, n’est pas allé au bout de sa logique, et les défenseurs des valeurs ont manqué d’audace. Pourquoi interdire le reflet dans le miroir, qui n’empêche pas la réalité d’exister ? Ce sont les hôtels de passe, les auberges, les préservatifs qu’il faut vraiment interdire. Pourquoi pas, pendant qu’on y est, mettre une restriction sur les appels entre personnes de sexe différents quand ils n’ont pas de lien consanguin lorsqu’ils ne sont pas mariés. Pourquoi s’arrêter en si bon chemin ? On devra fermer les réseaux sociaux qui provoquent les rencontres improbables des maris éjaculateurs précoces et des cougars en chaleur. Audace des audaces : interdire la mixité dans les institutions et bannir la parité. Alterner les pèlerinages : une année les hommes, l’année suivante, les femmes. Mais jamais ensemble.

Il faudra plus qu’une marche nationale pour l’obtenir, mais on peut toujours commencer par ça : après l’établissement du permis de conduire pour femmes (il peut garder sa couleur rose mais ceux des hommes seront alors verts) on réservera les avenues pour le sexe faible et les boulevards pour le sexe fort. Les rues pour les garçonnets et les ruelles pour les fillettes. Et pour préserver l’environnement sans pourrir l’ambiance, on exigera l’ouverture des rues piétonnières avec des passages exclusivement réservés aux femmes, et d’autres, aux hommes. Finie la mixité dans les écoles, les lycées et les universités : c’est définitivement haram ! Quant à enterrer les morts du sida, ça finira par relever de la haute trahison. Faut pas douter, c’est mauvais pour le cholestérol !

Bref, c’est plus qu’un « réaménagement » de scénario qui peut nous sauver de la Géhenne mais un vrai programme de gouvernement, sobre et vertueux. Daesh ne demande que ça pour investir au Sénégal…