All posts by admin

Second mandat du président Sall : vers un debt overhang inévitable (Par Mohamed Dia)

Dans la loi des Finances 2019, nous voyons clairement que le gouvernement de Macky Sall espère financer les projets de prestige durant les cinq prochaines années par le biais de l’endettement massif.

L’endettement de manière générale n’est pas mauvais, mais l’endettement du Sénégal est très mauvais vu la manière dont les ressources mobilisées sont allouées. Quand un gouvernement s’endette massivement pour des projets improductifs, ce gouvernement est en train de trahir son peuple et les générations futures.

Le septennat du président Sall peut être résumé en cinq mots : corruption, laxisme, amateurisme, impunité et irresponsabilité. Pensons-nous que le quinquennat sera différent ?

Historique

Les dettes se sont caractérisées dans les années 60 par des prêts concessionnels ou des dons. Les deux chocs pétroliers des années 70 ont aussi affecté la dette des pays pauvres.

Dans le début des années 80, le dollar américain a grimpé et cela a affecté la dette des pays pauvres qui étaient majoritairement endettés en dollar tout en aidant les pays qui exportent vers les Etats Unis d’Amérique. Les importations devenaient aussi très chères pour les pays pauvres et augmentaient leur dette.

Il faut comprendre que la dette du Sénégal a une forte composante étrangère, en devises et des taux d’intérêt souvent exorbitants. L’Etat nous dit que « tous les pays du monde ont recours à l’emprunt et que les pays les plus riches sont les plus endettés ».

Rappelons juste que nous faisons partie des pays les plus pauvres du monde. Vers la fin des années 90, il y avait une campagne pour l’annulation de la dette pour l’an 2000.

C’est ainsi que 24 millions de signatures ont été obtenues pour l’allègement de la dette. Par conséquent le FMI, la BM, et les créditeurs bilatéraux ont accepté d’alléger la dette, et même de la supprimer dans certains cas.

Tous les pays qui avaient bénéficié de cet allégement de la dette se sont encore massivement endettés en si peu de temps. La dette est nécessaire, car elle permet de financer des investissements dont le pays a besoin et aussi pour substituer le manque à gagner pour enfin atteindre le développement.

La manière dont le Sénégal s’endette est très dangereuse et nous mènera directement vers le surendettement qui ralentira la croissance et créera le doute dans la tête des investisseurs étrangers. Cela les poussera à investir dans les projets qui offrent un retour sur investissement rapide. C’est ainsi que nous verrons des investissements sans impact sur l’emploi ou la pauvreté.

Pour éviter cela, le gouvernement risque de ne pas procéder à des réformes fiscales comme indiquées dans la loi des Finances de 2019. Chaque année, le Sénégal alloue une importante part de son budget au remboursement des intérêts de la dette, hors principal.

Les dirigeants nous disent souvent que cet endettement est justifié pour le financement des infrastructures. Or, ces infrastructures ne sont pas productives et cela crée une tension de trésorerie due à des décisions financièrement inopportunes.

La politique de la dette

Depuis 2014, le Sénégal s’est lancé dans un plan économique dit Plan Sénégal Emergent en vue de faire décoller son économie. La croissance du Sénégal était toujours à moins de 5 % jusqu’à la mise en place du PSE. La dévaluation du F CFA ne doit pas être négligée, car elle a permis à notre croissance d’accroître à 5 % pour la première fois et à l’inflation de décroître jusqu’à 0,8 %.

Ce PSE a permis à notre croissance d’accroître cependant cette croissance est une croissance extravertie et exclusive. Ce que le PSE a oublié de faire, c’est de développer d’une manière sérieuse le secteur agricole, qui emploie la majeure partie de la population pour combattre le chômage et la pauvreté.

Le développement du secteur agricole aurait été une marche vers l’industrialisation du Sénégal. Il y a un déficit dans la santé, l’éducation, les infrastructures pour le développement du Sénégal.

Cependant, l’Etat a insisté sur le fait de vouloir combler le déficit en infrastructures avant de commencer la marche vers l’industrialisation. Or, le gouvernement nous dit qu’il faut sortir de la dette pour comprendre la dette, nous analyserons dans ce cas les paramètres extrinsèques à la dette.

Le système fiscal au Sénégal est un autre grand problème. Les exonérations fiscales dotées aux entreprises étrangères ont coûté au Sénégal des centaines de milliards sans créer assez d’emplois pour une population très jeune.

Nous ne disons pas d’arrêter les exonérations fiscales d’une manière brusque, mais plutôt d’une manière progressive en mettant en place des programmes pour la création d’emplois au Sénégal.

Une réforme fiscale dans le moyen terme s’avère très importante pour élargir l’assiette fiscale en essayant de formaliser le secteur informel pour recouvrer des centaines de milliards de F CFA par an.

Dans le cadre sociopolitique, il faut noter avec les élections de 2019, un problème majeur de consensus social avec les opposants décriant la victoire du président Sall.

Cette attitude peut être mal vue par les investisseurs ; cependant, il faut juger l’aspect général allant de l’emprisonnement et l’exil de potentiels adversaires politiques, du parrainage pour enfin mener vers la victoire du président Sall.

Comment sera-t-il possible de gouverner durant le quinquennat sans dialogue avec l’opposition ni une reconnaissance réelle d’une victoire du président Sall ?

Les mesures sociales du gouvernement qui ont été mises en place durant le septennat du président Sall ont été pour la plupart électoralistes. Des mesures ont été prises pour alléger la pauvreté dans le milieu rural, mais ces mesures sont pour la plupart des mesures d’urgence.

Sans vrai plan en place, nous verrons ainsi un phénomène de mort-né dans la mise en place de la CMU et des bourses sociales. Aucun plan dans le long terme n’a été mis en place pour que l’Etat dépense de manière efficiente de l’argent dont il dispose.

Avec la reconstitution du PIB, certains pays comme le nôtre ont vu leur taux d’endettement baisser pour ne pas dépasser le seuil traditionnel fixé dans la région. Certes, tout pays a besoin de s’endetter pour assurer son développement, mais tout pays a aussi besoin de financer avec cet argent emprunté, des projets productifs. Ces investissements productifs nous permettront de nous auto-financer dans le futur pour sortir du cercle vicieux de l’endettement.

Le debt overhang, aussi appelé surendettement, est un fardeau de dette si important qu’une entité ne peut pas s’endetter davantage pour financer des projets futurs. Les mauvais choix du septennat se feront davantage sentir durant le quinquennat du président Sall.

Mohamed Dia, Consultant bancaire

Abdoul Mbaye : « Respectez ceux qui ont perdu ! Le déshonneur n’est pas leur »

Vingt mandats ne procurent guère que cent ans de pouvoir au Sénégal. Celui de Pharaon dura des milliers d’années. Il a suffi d’un ordre de Dieu (SWT) aux eaux ; Pharaon périt et Moussa fut sauvé, avec lui ceux qui croyaient.

« Koun fa yakoun ». Tout ce qui est, est œuvre du Tout Puissant (SWT), en satisfactions comme en douleurs pour l’humanité. Lui seul sait pourquoi, quand et comment. Gardons-nous donc de prendre à notre compte les futurs qui se réalisent lorsque leurs issues pourraient nous surprendre. Car Dieu (SWT) est incertitude.

Par contre soignons nos relations avec nos contemporains. Laissons au moins leur honneur à ceux qui perdent, en particulier lorsque le combat a été inégal par l’usage de la force, par le non respect des règles, l’absence d’éthique et la corruption massive.

La paix n’est pas à mettre au crédit de ceux qui ont créé les conditions d’une explosion qu’ils auraient préférée à une non réélection. Elle est largement due à ceux qui ont préféré subir une « violence électorale » dans la durée plutôt que la remettre en cause. Fort heureusement de nombreux Sénégalais le reconnaissent ; certaines grandes figures ont magnifié cette attitude comme la plus illustre des victoires.

Évitons aussi de chanter trop tôt victoire, surtout lorsque sans gloire. Souvenons nous également que celle politique ne vient pas avec l’élection. Elle s’apprécie à la fin de mandat par son exécution conforme et l’amélioration des conditions de vie de ses concitoyens.

Prions plutôt pour le mieux être des Sénégalais à bâtir sur les cinq prochaines années. Amen.

Abdoul Mbaye
Président de l’Alliance pour la Citoyenneté et le Travail »

Sencafeactu du 19 mars 2019 Par Adama Sow

À la Une : Zidane veut Sadio Mane en juin; Buffalo le riz dangereux retiré de la vente, des commerçants arrêtés;
1-Zidane a confirmé son intérêt de recruter Sadio Mane au Real l’été prochain : l’information est de France football qui a annoncé hier la relance de la piste pour faire venir Sadio Mane au Real dès le mois de juillet
2-Un riz dangereux retiré de la vente à Dakar: L’association des consommateurs ASCOSEN à fait retirer du marché le riz Buffalo qui contenait des cristaux de gel et de silice. Les commerçants véreux ont été arrêtés
3-Meurtre du professeur Henri Diatta par son élève Henriette Sambou, le syndicat des enseignants du moyen secondaire dénonce la stigmatisation des professeurs : Selon Saourou Sene SG du syndicat, l’incident tragique s’est déroulé dans un bar et n’engage pas l’école
4-Idrissa Seck a rendu visite à Khalifa Sall hier à Rebeuss. L’ancien maire de Dakar qui a aussi reçu son cabinet a ignoré l’appel de Tanor Dieng
5-Vingt cinq membres du comité directeur du PDS démissionnent pour rejoindre Madicke Niang: Après avoir voté et soutenu Madicke Niang lors de la présidentielle, 25 cadres du PDS l’ont rejoint et lui demandent de créer son parti
6-Sur un besoin de 150mil poches de sang, le Sénégal n’a que 100mil poches: Malgré quelques campagnes de dons de sang, la banque de sang court derrière un manque de 50mil poches
7-Le Niger alerte sur un faux vaccin de la marque Mencevax ACWY contre la méningite : les autorités nigériennes ont démasqué la circulation d’un faux vaccin dans leur le pays. Les pays de sous région sont inondés par de faux vaccins injectés aux enfants africains

Plus fort que jamais… ( Par Adama Gaye )

Dans le climat de capitulation générale, sur fond de désespérance, et, pour certains, de ruée vers la transhumance ou la compromission, qui pollue l’atmosphère au Sénégal, on a le choix de tout laisser tomber pour se consacrer à autre chose.

Au loin. Définitivement. En se disant: “on ne peut être plus royaliste que le roi ni définir le bonheur pour un peuple”. Ou encore, empruntant à un sage proverbe peul, que vouloir être un sage dans une foule de fous relève d’une aberration.

La tentation du repli est d’autant plus légitime que face à l’illégitime déroulement de la dernière non-élection présidentielle on voit maintenant surgir du bois les planqués qui n’osaient plus montrer leurs tronches.
Leurs arguments d’une légèreté déroutante ajoute l’insulte à la blessure électorale.

L’un d’eux me dit: tu ne mets pas à exécution tes menaces ni ne vas pas au bout de ton engagement présidentiel.
Si la gravité de l’heure n’était pas si profonde, je me serai contente d’un no-comment.

Mais outre que la bataille conceptuelle a été largement remportée face à un Macky retranché dans un abri nucléaire et réduit à un silence qui a fini de le culpabiliser, chacun ici sait que mon projet de candidature n’a pas été acte parce qu’il n’était pas question que je valide la discrimination faite aux sénégalais, comme moi, porteurs d’une autre nationalité, mais en plus il était inacceptable de céder à la politique de la corruption avec des deniers volés.

Ces brèves précisions faites, le sens de ce post est d’inviter les Sénégalais qui refusent l’inadmissible fait accompli, le vol en plein jour de notre rêve démocratique, à retrouver leurs esprits pour combattre le crime électoral contre notre pays, notre peuple et notre histoire.

Beaucoup, je le sais, commencent à en avoir marre de la politique, des débats sans fin qui l’enrobent, s’ils ne sont guettés par l’envie de l’abandon du combat collectif pour quelque cause.

Je les comprends. Trop d’égoïsme et d’égocentrisme. Chacun s’imaginant apte à diriger. Tous rusent dans l’espoir de rouler l’autre. La fausseté dans les rapports humains.

La vénalité à perte de vue. La démission des élites désormais piégées par une mortelle course vers le bas. La saleté de la politique. Le discrédit de ceux qui devaient montrer la voie, en commençant par les chefs religieux devenus des gadgets face aux tintements des pièces de monnaies.

La raison la plus décourageante pour combattre le mal mortel qui s’abat sur notre société est ce sentiment que ça ne sert à rien, la cause étant perdue d’avance. La nôtre ne serait alors que la dernière des sociétés à avoir baissé pavillon face à l’irruption d’un défi majeur.

Comme naguère l’Allemande, restée prostrée face au nazisme, la Rwandaise, traversée par des courants ethniques, jusqu’à l’irréparable il y a 25 ans, ou la Yougoslave, retombée dans les ruptures ethno-religieux longtemps contenues d’une main de fer par Joseph Broz Tito. On pourrait multiplier les exemples d’abdication de sociétés devant des situations pourtant surmontables.

Ces moments difficiles, cette médiocre dictature, ces criminels au pouvoir, ces voleurs, mais surtout cette lassitude, cette passivité de notre peuple, cette démission, bref ces tares qui nous hypnotisent n’ont pas vocation à être notre définissable horizon.

C’est plus que jamais l’heure de sonner la mobilisation générale. Les Algériens, pour ne citer que ce cas, nous en montrent la voie.

Face à l’illégitimité émergente, se dressant devant nous, ce n’est pas être aérien que de rêver à lui opposer notre commune volonté de vie commune.

La nation doit être plus forte que jamais face à ses ennemis qui ne sont somme toute qu’une infime minorité de brigands compradores soutenus par des forces externes louches non-representatives.

Je nous souhaite une semaine de réveil courageux ! Il ne faut pas abandonner un combat que nous avons gagné et dont il ne reste qu’à préserver les acquis pour en ramasser les fruits, déjà mûr: l’impasse dans ce pays est le livret du décès d’un régime démocraticide…

Ps: même ceux qui ont vendu leurs votes souffrent maintenant et le voleur en chef se sait cerné !
La Diaspora qui lui a tourné le dos doit le combattre sans relâche par tous les moyens sous tous les cieux ! Adama Gaye

Dakar, « capitale de l’émergence »,ville salle et polluée.( Par Mody Niang )

Dès l’introduction de ce texte, ma pensée va vers l’Adjudant-Major, Commandant actuel de la Brigade de gendarmerie de Ouakam. Le 12 mars 2019, je m’y suis rendu pour régler un problème.

L’Adjudant-Major, qui était visiblement très occupé, m’a quand même reçu avec une courtoisie exquise, et m’a réglé avec diligence le problème objet de mon déplacement.

Cela n’arrive pas toujours dans notre pays. J’avais garé mon véhicule à l’intérieur, à un endroit que m’avait indiqué un gendarme, au milieu de nombreux autres véhicules, qu’on appelle communément ‘’clandos’’.

Je ne m’attarde pas sur les ‘’Jakarta’’ qui y étaient aussi en grand nombre. Quand je suis sorti des bureaux de la gendarmerie, je n’ai pas pu m’empêcher, au moment où j’allais prendre mon véhicule, de jeter un coup d’œil de près sur les ‘’clandos’’.

Ils sont si délabrés qu’ils ne devaient même pas transporter des animaux. Je me suis informé auprès d’une source sûre qui m’a assuré que chaque fois que les hommes du Major-Commandant rencontrent de tels ‘’véhicules’’ dans la circulation, ils les conduisent à la brigade où ils sont immobilisés.

Beaucoup de commandants de brigade et de commissaires de police devraient faire comme ce commandant de brigade. Je ne dirai pas imprudemment que tous ne le font pas mais, si j’en juge par le nombre impressionnant de ‘’clandos’’ qui circulent sans problème à Dakar comme dans la banlieue, je me pose légitiment des questions.

Comment de tels ‘’véhicules’’ peuvent-ils assurer tranquillement le transport de personnes sous ‘’le nez et la barbe’’ des gendarmes et des policiers qui savent parfaitement qu’ils ne détiennent aucune des pièces les autorisant à s’adonner à un tel transport ? Personne ne peut imaginer, en effet, que les conducteurs de ces guimbardes présentent une carte grise, une visite technique ou une assurance. S’ils les présentaient, ce serait gravissime et les services qui les leur auraient délivrées mériteraient les pires sanctions. Donc, dans les deux scénarios, le crime – oui, c’en est un – est établi de part et d’autre, et impunément.Pourquoi ?

Une fois, j’ai été arrêté par un jeune policier, juste au moment où je sortais d’une station où je venais d’acheter du carburant. Le policier me réclame mes pièces et je m’exécute immédiatement. Il me rend les autres, retient mon permis de conduire et se met à remplir un papier jaune. Je lui demande tout naturellement ce qui se passe. Il me répond sèchement :

« Vous n’avez pas mis votre ceinture de sécurité. » Il avait raison : je la portais jusqu’à la station. Comme elle me gênait pour accéder à ma poche, je l’ai décrochée et, après avoir payé le carburant, je démarre en oubliant de remettre la ceinture. C’est alors que j’ai la malchance de tomber sur le jeune policier. Je lui explique tout cela, mais il n’a rien voulu comprendre et me répond : « Monsieur, vous n’avez pas mis votre ceinture ! » Au même moment, j’aperçois un ‘’ clando’’ qui roule vers nous, suivi d’un autre d’ailleurs. Tous les deux étaient de véritables guimbardes, qui n’avaient sûrement aucune des pièces qu’il m’a demandées, à plus forte raison une ceinture de sécurité. J’ai le reflexe de lui dire : « M. le Policier, arrêtez ce ‘’clando’’ ! » Il continue d’écrire et je reviens à la charge : « M. le policier, en voilà un autre, arrêtez-le ! Comme le premier, il n’a même pas de ceinture de sécurité ! » Pour toute réponse, il me tend le papier jaune et me dit presque avec dédain : « Vous avez jusqu’à demain pour récupérer votre permis à la Police de …. »

Ce jour-là, j’étais vraiment indigné et désespéré de mon pays. Les cimetières de véhicules sont désormais vides, tous les cadavres étant pratiquement remis en circulation. Un jour, je me suis mis au bord de la route qui va du Rond Point de la Case de Cambérène vers le Lycée des Parcelles Assainies. Je comptais deux, trois, quatre ‘’clandos’’ avant qu’un ou deux véhicules supposés en régle passent. De l’autre côté, il y avait un policier qui arrêtait certains ‘’clandos’’ et laissait passer certains autres d’un signe de la main. Je n’ose pas exprimer ce que je pense ici. Xel aggale na ko. Parfois, je me demande si mes compatriotes remarquent la même chose que moi, relativement au nombre impressionnant de ces ‘’clandos’’ qui transportent des personnes partout à Dakar, jusqu’au centre ville. Je me demande s’il n’y a pas au moins autant de ‘’clandos’’ que de véhicules dits en règle. Je me demande pourquoi ils bénéficient de tant de compréhension vis-à-vis des policiers et des gendarmes. S’ajoutent maintenant à ces ‘’taxis clandos’’, des ‘’minibus’’ également mal en point qui viennent de toutes les régions du Sénégal. On en rencontre partout à Dakar, bourrés de clients, jusque sur les marches-pieds, sans que cela ne dérange le moins du monde personne : ni les simples passants, ni les gendarmes, ni les policiers. Pourquoi les deux derniers ferment-ils hermétiquement les yeux sur ces ‘’clandos’’ qui ajoutent terriblement à la confusion de la circulation à Dakar comme dans la banlieue ? L’une des réponses serait que nombre de ces ‘’clandos’’ appartiennent à des policiers ou à des gendarmes à la retraite, comme en activité. L’autre réponse possible, je ne l’évoque pas, laissant à chaque observateur averti, le soin de le faire à son niveau.

Quelle que soient les raisons qui expliquent la présence massive de ces guimbardes dans tout Dakar et dans sa banlieue, comme dans nombre d’autres villes d’ailleurs, il faut s’arrêter sur leurs conséquences désastreuses sur la circulation et sur l’air que nous respirons[1].Circuler à Dakar devient une véritable course du combattant. Il n’y a pratiquement plus de zones à Dakar comme dans sa banlieue qui ne connaissent des embouteillages monstres[2]. La circulation se serait sûrement aérée plus ou moins, si on débarrassait la ville de ces ‘’clandos’’ sans aucun ‘’kayitu suukër ‘’ et des autres véhicules de toutes catégories vieux de cinquante ans ou plus, et qui nous empoisonnent carrément l’existence[3]. Les embouteillages ne sont pas notre seul calvaire. S’y ajoute un autre qui est pratiquement la conséquence directe du premier : selon un rapport de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), Dakar est la deuxième ville la plus polluée au monde après New Dehli, la capitale de l’Inde. Avec une pollution atmosphérique supérieure 50 microgrammes/m3 et « un taux de concentration moyen en particules fines PM10 de 164 microgrammes par m3 », elle devance même Pékin, Johannesburg et Jakarta. Les asthmatiques et même les autres qui vivent dans la ‘’capitale de l’émergence’’ sont bien placés pour en attester. Selon le journal parlé de 20 heures de France 2 du 13 mars 2019, la pollution tue deux fois plus qu’on le pensait. Le même journal révèle qu’une étude publiée le mardi 12 /03/2019 rend la mauvaise qualité de l’air responsable de 8,8 millions de morts par an dans le monde, dont 2,8 millions en Chine, 8000.000 en Europe et 67000 en France.Combien la pollution tue-t-elle annuellement chez nous, où c’est loin d’être la préoccupation de qui de droit (je me garde de les citer) ?

Elle n’est pas seulement polluée, la ‘’capitale de l’émergence’’, elle est aussi sale, très sale, ce qui ne m’a jamais laissé indifférent. Même si ma voix ne porte pas loin, cette saleté insoutenable par endroit, m’a amené, le 6 septembre 2014, à publier une contribution pour m’en indigner. J’introduisais ainsi la contribution : « Le vendredi 30 mai 2014, Mr Lewis Lukens, ancien ambassadeur des USA à Dakar rencontrait la presse, au terme d’une mission de trois ans. Profitant de cette toute dernière opportunité, il exhortait le Gouvernement sénégalais à ‘’se focaliser’’ sur la question des ordures et des problèmes de l’Environnement en général, pour mieux tirer parti du potentiel touristique du pays. »Précisant qu’il avait été déjà frappé par cette situation dès son arrivée au Sénégal, il s’interrogea en ces termes : « Quand on voit les ordures, on se pose des questions. On se demande pourquoi c’est comme ça. »

Quand un ambassadeur sort à ce point de sa réserve, c’est parce que la question qu’il évoque le tient particulièrement à cœur. Oui, il avait parfaitement raison et la situation qu’il regrettait est pratiquement la même que celle que nous vivons aujourd’hui, si elle n’est pas pire d’ailleurs. Dans nombre de quartiers de Dakar comme de sa banlieue, on est incommodé par des ordures et des eaux usées nauséabondes. Il suffit, pour s’en convaincre, de se promener dans les quartiers comme Reubeuss, Niayes Thioker, Fass-Gueule Tapée, Colobane, etc. Des ordures sont déversées presque partout, jusque dans les rues les plus fréquentées. J’en remarque souvent entre le Pont de la Patte d’Oie et les abords (du côté droit) du Pont dit de l’émergence.

Dans sa conférence, Son Excellence l’Ambassadeur sortant des USA aurait dû d’ailleurs aller plus loin, en pointant du doigt les gravats et les branchages qui sont une autre plaie de la ‘’capitale de l’émergence’’. Une plaie qui, malheureusement, laisse totalement les autorités et les citoyens indifférents. Ils ne se soucient guère des conséquences que les gravats en particulier entraînent. Non seulement ils enlaidissent les quartiers dits les plus huppés, mais ils sont pour beaucoup dans l’aggravation des inondations.Ils surélèvent le niveau des rues et s’opposent à l’infiltration des eaux de ruissellement. Pour ne donner qu’un exemple, dans un quartier que je connais bien pour y avoir habité pendant vingt-cinq ans, les eaux de ruissellement s’infiltraient quelques minutes après, même s’il avait plu des cordes. Aujourd’hui, nombre de maisons y sont inondées, du fait des gravats qui s’opposent à toute infiltration. Il en est ainsi d’ailleurs dans de nombreux autres quartiers de Dakar et de sa banlieue. Dans l’indifférence générale des autorités et des populations.

C’est également dans leur indifférence générale que les gravats envahissent tous les espaces vides qui ne sont pas éclairés la nuit. C’est notamment le casde ce qu’on appelait les ‘’Jardins de Cambérène’’, jadis un îlot abondamment fleuri et qui faisaient partie des rares ‘’poumons verts’’ de Dakar ? D’autres ‘’poumons verts’’ subissent le même sort et étouffent aujourd’hui sous des tonnes de gravats, dans l’indifférence générale des autorités (dont on ne peut rien attendre) comme des citoyens. Nous devrions tout faire pour les sauver, afin qu’ils absorbent ne serait-ce qu’une partie infime des tonnes de CO2 qui se dégagent des échappements des ‘’clandos’’ et d’autres véhicules quinquagénaires. Dakar est devenue une ville en pierre. Les irresponsables qui ont distribué nos terres n’ont même pas pensé à laisser place à des jardins publics. Les bénéficiaires de ces terres, les mêmes, ne pensent même à planter des arbres : ils construisent tout, préoccupés seulement par les gains du moment.

Le lecteur se rend compte que l’expression ‘’ indifférence générale’’ revient souvent dans le texte. Elle exprime mon indignation. C’est cette indignation citoyenne qui m’avait poussé à publier la contribution du 6 septembre 2014. J’y interpellais une autorité en ces termes : « Ministère de l’Environnement, où êtes-vous ? Vous ne pouvez quand même pas laisser ce ‘’ poumon vert’’ de Dakar mourir petit à petit sous le poids des gravats que des délinquants irresponsables y déversent toutes les nuits, impunément !Pour ce qui me concerne en tout cas, je suis prêt à accompagner des agents de ce ministère sur les lieux, pour qu’ils constatent eux-mêmes sur place les immenses dégâts. Je suis prêts à les y accompagner avec mon propre véhicule et à mes frais, s’il y a lieu. Ils pourraient s’accompagner, s’ils acceptent ma proposition, d’un journaliste muni d’une caméra, pour fixer les images hideuses, qui devraient indigner tous les passants. Si, au contraire, ils trouvent ma proposition prétentieuse et saugrenue, je lance le même appel à toutes les télévisions de nos différents groupes de presse. » Et j’ajouterai, aujourd’hui : « A toutes les organisations de la société civile qui se préoccupent de la dégradation continue de notre environnement. »

Nous ne devrions pas rester les bras croisés face à la défiguration continue de la ‘’capitale de l’émergence’’, du fait des ordures ménagères, des eaux usées nauséabondes et des gravats partout déversés. Ce n’est pas tout d’ailleurs :cette ‘’capitale de l’émergence’’ traîne une autre plaie, celle-là aussi béante que les autres : l’indiscipline et l’incivisme notoires des populations, pratiquement encouragés par la frilosité des autorités publiques, et dont l’ampleur dépasse même nos frontières. Cette plaie béante fera d’ailleurs l’objet de notre prochaine contribution, si notre SEIGNEUR l’agrée.

Dakar, le 18 mars 2019

Mody Niang

[1]Les vieux camions comme les ‘’cars rapides’’ et les ‘’Ndiaga Ndiaye’’ qui sont des cinquantenaires pour nombre d’entre eux en rajoutent par les fumées épaisses que dégagent leurs échappements.

[2]Les nombreuses charrettes circulant désormais partout à Dakar rendent aussi la circulation plus difficile encore.

[3]On me rétorquera sûrement qu’ils travaillent, les chauffeurs de ces véhicules, da ñuy daan séen doole. Oui, ils travaillent, ils gagnent leur vie. Mais qu’ils le fassent en conformité avec les lois et règlements vigueur ! L’émergence dans le laisser-aller est une vue de l’esprit.

Sencafeactu du 18 mars 2019 (Par Adama Sow)

À la Une: les ministres et leurs cabinets préparent leurs rapports de fin de mission cette semaine; Alerte sur un conflit entre des villages sénégalais et guinéens à Djibanar; Match Sénégal- Madagascar: les lions sont arrivés à Thies

1-Tanor Dieng accusé de bradage de 150 hectares au profit d’un homme d’affaires: Cinq villages de la commune de Ngueniene ont manifesté contre l’affectation de leurs terres à un porteur de projet par leur maire Ousmane Tanor Dieng
2-Le casse tête des pièces d’état civil met en péril l’avenir des élèves: les enseignants de la Médina ont marché samedi dernier pour attirer l’attention sur l’injustice qui frappe les centaines d’élèves en classe d’examens dont 500 risquent de rater l’examen d’entrée en sixième cette année
3-Démission du gouvernement : les ministres et les hauts fonctionnaires des ministères ont juste quelques jours pour déposer leurs rapports de fin de mission chez le premier ministre Dionne qui déposera ensuite la démission du gouvernement pour permettre au Président Macky Sall de nommer le nouvel attelage le 2 avril
4-Air Sénégal file droit vers le mur: Selon le commandant Malick ancien pilote et directeur des opérations, le directeur général de la nouvelle compagnie nationale dirige mal Air Sénégal et ses décisions vont coûter cher à notre pays. Commandant Tall s’exprimait au micro d’Imedia.
5-Ziarra annuelle de Tivaouane : un accident fait 6 morts à Mont Roland et entache une journée de ferveur des talibés tidianes
6-Risques d’affrontements au Sud du pays: des villages sénégalais et guinéens sont en conflit à cause de vols de détails dans la zone de Djibanar. La situation risque de dégénérer et mettre le feu entre les deux pays
7-Match Sénégal -Madagascar du 23 mars : les lions entament leur préparation ce lundi à Thies au stade Lat Dior dont l’état de la pelouse fait débat

Scandale : Rwandair loue 2 A330 et débourse 1,5 milliards FCfa Air Senegal débourse 82 milliards pour louer 1 seul A330

Ancien pilote en chef à Air Afrique et ex Directeur des opérations d’Air Sénégal international (Asi), le Commandant Malick Tall n’est pas du tout séduit pas la manière dont Air Sénégal Sa est managé. Pour lui, la compagnie nationale va droit vers le mur.

« Moi j’ai travaillé sur l’étude de faisabilité d’Air Sénégal Sa avec un des plus grands cabinets mondiaux dans le domaine. Mais entre ce qu’on prévoyait et ce qui se réalise, il y a une marge », a-t-il déclaré sur les ondes de iradio.

Invité du « Jury du dimanche », M. Tall, regrette que cette étude ait été écartée. Il explique que ce document prévoyait l’achat de deux Atr72, deux A319 en leasing, un Airbus 330Co200. Ce, dans le capital de 40 milliards de francs Cfa de la jeune compagnie.

Pour lui, l’Airbus 330Co200, « économiquement, permettait de faire des profits », là où le A330 néo, acquis par Air Sénégal Sa, ferait difficilement du profit.

« On voulait faire de cette compagnie une compagnie prestigieuse, dotée d’outils de travail performants. Mais, ils ont été chercher des avions qui ont 15 ans d’âge, dans des conditions qui ne sont pas du tout transparentes. Ces avions là, à mon avis, travaillent aujourd’hui à perte », a déclaré le pilote.

Quant aux ressources débloquées pour acquérir ces avions, M. Tall souligne: « Aujourd’hui le Sénégal a déboursé 82 milliards pour la location de la A330 néo. 22 milliards sous forme d’avance et 60 milliards décaissés le 8 mars dernier.

Rwandair a pris deux A330 néo louées à une compagnie américaine. Elle a sorti 1,5 milliards de francs Cfa pour que l’avion soit à disposition. Nous on a déboursé 82 milliards », regrette-t-il.

Et aujourd’hui, alors que la nouvelle compagnie n’en est qu’à ses balbutiements, le pilote se montre très pessimiste: « Une compagnie pour qu’elle soit pérenne, il faut une gestion orthodoxe, des choix éclairés et une vision claire.

Mais là ce n’est pas le cas. (…) Est ce que les autorités savent exactement ce qui est en train de se passer? Est ce qu’elles ont les tenants et les aboutissants? On a essayé de les alerter, on a essayé de discuter avec eux. Mais pour l’instant, ce que nous constatons, c’est que là on va droit vers le mur. »

Nouvelle-Zélande: une fusillade dans une mosquée fait plusieurs morts

Police and ambulance staff help a wounded man from outside a mosque in central Christchurch, New Zealand, Friday, March 15, 2019. A witness says many people have been killed in a mass shooting at a mosque in the New Zealand city of Christchurch. (AP Photo/Mark Baker)

Les faits se sont produits à Christchurch, localité de l’île du Sud de la Nouvelle-Zélande.

La situation est « critique » selon les autorités. Des policiers armés ont été déployés dans le centre de Christchurch vendredi 15 mars alors que la presse locale faisait l’état d’une fusillade dans une mosquée de cette localité de l’île du Sud de la Nouvelle-Zélande.

« La police répond à des informations sur des tirs dans le centre de Christchurch », a-t-elle déclaré dans un communiqué. Les médias locaux ont fait état de nombreuses victimes dans une mosquée, ajoutant qu’une autre avait été évacuée. Le bilan reste incertain, même si des témoins ont affirmé à Associated Press que plusieurs personnes étaient mortes. Ce que les autorités ont confirmé dans un second temps, sans fournir de bilan précis, la situation étant « grave et mouvante et toujours en cours ».

La presse a également déclaré que des membres de l’équipe de cricket du Bangladesh était présents sur l’un des sites. Un joueur a cependant précisé que l’équipe « entière » était saine et sauve. Le commissaire Mike Bush a déclaré que toutes les écoles de la ville avaient été bouclées en réponse à un « grave incident impliquant des armes à feu toujours en cours ».

« La police appelle tous ceux qui sont présents dans le centre de Christchurch à ne pas sortir et de signaler tout comportement suspect ». Un témoin a raconté à Radio New Zealand qu’il avait entendu des coups de feu et vu quatre personnes gisant au sol, « avec du sang partout ».

Les autorités ont procédé à l’arrestation d’un individu, sans que l’on sache dans un premier temps s’il s’agit du tireur. Par ailleurs, la police a demandé aux fidèles musulmans d’éviter les mosquées « partout en Nouvelle-Zélande ».

Hommage à Serigne SAAM par Docteur Abd’Allah Cisse Saam sociologue


Un parcours des dates …

Hommage à Serigne Sam MBAYE : 19 ans après

Un parcours, des dates

Par : Abd’ALLAH CISSE SAAM

1922 : Naissance de Serigne Sam Mbaye à Louga

1929 : Initiation à l’apprentissage du Coran auprès de son grand frère Serigne Moussa Mbaye

1934 : Il a mémorisé pour la première fois le Coran à l’âge seulement de 12 ans.

1940 – 1941 : Mais c’est chez Serigne Mbaye Touré de Louga, grand maitre coranique et enseignant réputé pour son érudition, qu’il parfait son apprentissage coranique.

1941 – 1946 : 5 ans à Coki. Le Daara de Coki a été ouvert en 1939 par Serigne Cheikh Ahmed Sakhir Lô, sur instruction de Mame Cheikh Mbaye Kabir dont il fut son disciple et homonyme.

1946 – 1949 : C’est avec une tête bien pleine que Serigne Sam quitte ainsi Coki en 1946, peu avant le rappel à Dieu de Serigne Mame Cheikh Mbaye Kabir, pour rallier la ville de Saint-Louis qui était considérée comme l’un des bastions les plus denses en matière de pensée et de connaissance religieuse.

1949 – 1951 : Par coup de chance ou de destin, Serigne Sam réussit en 1949 un concours de recrutement d’enseignants de l’Université des Sciences Islamique de la Mauritanie pour y être recruté comme professeur. Seuls deux sénégalais, à l’époque, avaient eu la chance de réussir ce concours. Mais Serigne Sam déclina très tôt le poste qui lui était proposé pour se consacrer encore une fois à l’apprentissage auprès de grands Sheikh maures. Il séjourna ainsi pendant deux ans en Mauritanie pour se consacrer uniquement à la recherche et à l’apprentissage des différentes branches de la science islamique dont le Tazaouf (soufisme) en particulier.

1951 – 1952 : Serigne Sam revient au Sénégal à la fin de l’année 1951 après deux ans passés en Mauritanie. A son retour, il s’installe à Saint-Louis pour une deuxième fois même si les objectifs étaient différents. Il se consacre cette fois-ci à l’étude de la langue française ce qui le pousse à s’inscrire dans le système formel d’enseignement. Vu son niveau et des capacités intellectuelles, il obtient très rapidement son CEPE (Certificat d’Etudes Primaires Elémentaires) en 1952 avant d’obtenir une bourse d’études qui le mènera vers la Tunisie. Une étape aussi très importante dans le cursus scolaire de Baye Sam.

1952 – 1956 : Avec l’aide d’un de ses frères, en l’occurrence Serigne Babacar Mbaye, Serigne Sam obtient de la part de l’Etat du Sénégal une bourse d’études de l’université Constantine de Tunis après diverses tracasseries administratives.

1957 – 1962 : Rentré au pays en 1956, Serigne Sam est recruté en 1957 comme moniteur (maitre d’externat) par le gouvernement sénégalais pour enseigner le français au lycée Faidherbe de Saint-Louis (actuel lycée Elh. Oumar Tall)

1957 : Brevet d’Etudes du Premier Cycle (BEPC) au lycée Faidherbe de Saint-Louis.

1959 : Il y passe et réussit sa première partie de baccalauréat en 1959.

1963 et 1965 : Instituteur à Saint-Louis dans le système d’enseignement formel

1965 : Nommé surveillant général au collège franco-arabe de Dakar, Serigne Sam nourrit l’ambition de faire des études universitaires vu sa proximité avec l’université de Dakar et surtout sa grande volonté de faire aussi ses preuves dans le système de l’enseignement formel.

1969 : Il réussit l’examen spécial d’entrée à l’université ce qui lui ouvre les portes de la faculté des lettres et sciences humaine de l’Université de Dakar.

1972 : Obtention de sa Licence en Arabe à l’Université de Dakar après celle obtenue en 1956 en Tunisie.

1974 : Licence en français au département de lettres modernes de l’Université de Dakar.

1976 : Obtention d’une maitrise en français (option grammaire) à l’Université de Dakar et recrutement comme prof de français au lycée Blaise Diagne de Dakar.

1976 – 1982 : Serigne Sam ne va pas durer au lycée Blaise Diagne où il avait été recruté comme professeur de français puisqu’un an plus tard, il sera nommé directeur du collègue Franco-arabe de Dakar.

1982 : En 1982, Serigne Sam Mbaye soutient sa thèse de doctorat troisième cycle portant sur le soufisme de Cheikh Ahmadou Bamba avec la mention « Très honorable » en plus des félicitations unanimes du jury de soutenance. Il devient alors Docteur Ès-Lettres en arabe de la faculté des Lettres et Sciences Humaines de l’Université de Dakar.

1982 – 1985 : Serigne Sam est nommé proviseur au lycée Malick Sall de Louga qui venait d’être ouvert dans la capitale du Ndiambour. Il assura cette fonction jusqu’en 1985 date à laquelle il a été recruté comme professeur au département d’arabe de l’Université de Dakar.

1985 – 1992 : Serigne Sam a enseigné à l’université de Dakar de 1985 à 1992 et les nombreux témoignages recueillis auprès de ses anciens étudiants qui sont aujourd’hui un peu partout dans les différentes sphères de l’administration publique sénégalaise (notamment dans les domaines de l’enseignement et de la recherche) sont forts éloquents. Il est décrit comme un professeur méthodique, rigoureux, généreux au propre comme au figuré, pieux, disponible, gentil et surtout, comme une source intarissable de savoirs.

1992 – 1998 : Baye Sam a pris sa retraite professionnelle en 1992 pour se replier dans son Louga natal afin de se consacrer essentiellement à l’enseignement religieux, à diriger les prières dans sa mosquée et surtout à l’animation de beaucoup de conférences et autres causeries, aussi bien au niveau national qu’international.

Il est rappelé à Dieu, un certain samedi 14 mars 1998 à l’hôpital Principal de Dakar. Une journée commémorée chaque année par le Dahira Tarqiya Ila Lahi Tahla Raayaty Xadimu Rasul de Keur Massar sous l’égide de Serigne PapaSall MoomBaye SamMbaye.

————————————–

Abd’ALLAH CISSE Saam,

Sociologue, chercheur

psychologue-conseiller au CAOSP de Kolda

Tel : 77 443 0644

Dialogue ! Quel dialogue ? Pour quoi faire et pourquoi seulement maintenant ? (Par Mody NIang)

Après des décennies de participation au débat public, l’analyste Mody Niang a décidé de ranger sa plume et de ne plus faire de sortie médiatique. Ce retrait, il l’avait annoncé lui-même avant la présidentielle.

« Mais, suite à l’interpellation de nombreux parents et amis pour me dire qu’ils attendaient de me lire ou de m’entendre après le 24 février (comme si j’étais le seul à devoir écrire ou intervenir dans les médias audiovisuels), je leur explique ici mon choix, à eux comme à d’autres qui ont les mêmes attentes. »

Mais même s’il se retire, Mody Niang demande aux uns et aux autres de s’intéresser à la gouvernance du Sénégal, puisque c’est l’avenir des enfants de tout un chacun qui est en jeu.

Seneweb vous propose sa lecture de la présidentielle et de la situation actuelle du Sénégal de façon générale. La dernière ! Comme le dit le concerné.

L’élection présidentielle du 24 février 2019 a vécu. Le candidat sortant a été déclaré définitivement réélu par le Conseil constitutionnel.

Ses rêves sont donc devenus réalité : il n’a pas connu le second tour qu’il craignait comme la peste et s’était préparé très tôt, en mettant en place les différentes stratégies susceptibles de lui éviter coûte que coûte ce cauchemar.

C’était pour lui, pour sa famille comme pour sa coalition, une question de vie ou de mort. A l’arrivée, 58,26 % des électeurs lui ont renouvelé leur confiance, et s’ouvre devant lui un mandat de cinq ans, pour la continuité. Oui, pour la continuité, puisque ce sont ses sept ans de gouvernance meurtrie qui ont été positivement sanctionnés.

Pour arriver à ce résultat, son fameux décret et ses « fonds spéciaux » (couramment appelés « fonds politiques ») ont joué un rôle substantiel, comme les « fonds secrets » de la Primature et les caisses noires des différentes institutions.

Des membres de sa coalition, des plus en vue, ont aussi joué leur partition. Il s’agit, notamment, pour ne citer qu’eux : du Ministre de l’Economie, des Finances et du Plan et de son épouse, de la très « généreuse » « Première Dame », de son oncle et de son frère respectivement maire de Pikine et de Guédiawaye[1], de son beau-père Président du Conseil d’Administration (PCA) de PÉTROSEN, de son beau frère Ministre, etc.

Les autres ministres et ministres conseillers, directeurs généraux, directeurs, présidents de conseil d’administration ou surveillance, etc., n’ont pas non plus lésiné sur les moyens : ni financiers, ni matériels, ni logistiques.

Sont entrées également en jeu, en force, les retombées des gros marchés de gré à gré avec leurs fortes surfacturations et, sûrement, les appuis intéressés de lobbies proches de la Présidence de la République.

Les plus de cinq cents (500) comités électoraux ont aussi joué pleinement leur rôle, facilité par les trois (3) millions qu’ils auraient tous reçus du président-politicien qui doit être aussi riche que Crésus, s’il n’est pas bien plus riche que lui.

La presse a largement rendu compte des chaudes échauffourées auxquelles la gestion de ce soutien financier a donné lieu dans beaucoup de localités.

Enfin, un autre appui décisif qu’il convient de signaler, celui-là au moins aussi efficace que les pièces sonnantes et trébuchantes, c’est celui du Ministre de l’Intérieur, de ses services dévoués comme la Direction de l’Automatisation du Fichier (DAF) et la Direction générale des Élections (DGE), ainsi que de certaines autorités administratives (préfets, sous-préfets notamment).

Ces gens-là tenteront vainement de nous faire croire, avec leurs commanditaires, qu’au Sénégal, personne ne peut plus voler les élections. Peut-être, y réussiront-ils avec les observateurs étrangers qui ne connaissent pas certaines de nos réalités et ne s’imagineront jamais que certains hauts fonctionnaires puissent en arriver à commettre certaines forfaitures.

Le candidat sortant avait mille autres tours dans son sac, dont une stratégie qui échappait aux partenaires techniques et financiers ainsi qu’à nombre de Sénégalais non avertis, laquelle stratégie a terriblement grevé nos maigres finances publiques.

Dans toutes les localités qui comptent un nombre non négligeable d’électeurs potentiels, le président-politicien a nommé pêle-mêle, parmi leurs ressortissants, des directeurs généraux, des directeurs, des PCA, des Conseillers spéciaux, des ambassadeurs « itinérants », des « chargés » de missions, etc., avec des salaires substantiels pour leur permettre d’entretenir leurs bases.

Sans compter le nombre impressionnant de militants APR qui se bousculent dans les ambassades et les consulats, souvent payés à ne rien faire, à l’image de leurs nombreux autres camarades qui tournent les pouces dans les agences inutilement budgétivores, ainsi qu’au Centre des Œuvres universitaires de Dakar (COUD) et à la Société nationale de la Poste.

Tout ce beau monde bénéficiant de contrats spéciaux « juteux » a déversé d’énormes sommes d’argent dans les quatre coins du Sénégal. Certes, ce ne sont pas seulement ces milliards qui ont fait gagner le président-politicien.

Cependant, si on considère l’influence qu’ils peuvent avoir sur des populations à la fois pauvres et analphabètes, on comprend facilement le rôle prépondérant qu’ils ont pu jouer dans sa victoire. Si on devait soustraire de son score le pourcentage obtenu grâce à la corruption active et au grand jour, il n’est pas sûr qu’il serait réélu dès le premier tour, avec un score aussi confortable.

Ce serait moins sûr encore si on y ajoutait les conséquences des dysfonctionnements souvent organisés dans la distribution des cartes d’électeurs et les changements de bureaux de vote à l’insu des concernés, sans compter les gonflements sans retenue du nombre d’électeurs dans des localités bien connues.

Et son bilan, me rétorqueront sûrement, avec empressement, les nombreux compatriotes qui ne conçoivent pas leur vie hors des sinécures de sa gouvernance follement dépensière ? Oui, il a bien un bilan, et l’a utilisé à des fins fortement politiciennes.

Ses capacités de manipulation n’ont échappé à aucun observateur sérieux. Dans plusieurs contributions, j’ai exprimé mes réserves par rapport à ce tonitruant bilan aux apparences bavardes et trompeuses.

Ses réalisations sont bien plus soucieuses de prestige que de développement harmonieux du pays. Nombre d’entre elles avaient pour objectif de frapper l’imagination des Sénégalais analphabètes et des simples d’esprit qui se contentent de très peu.

Et DIEU sait que le pays en compte beaucoup. Toutes ces réalisations seront un jour évaluées, objectivement, en fonction de leur pertinence, de leur coût et de leur qualité.

Alors, éclatera la vérité, et au grand jour. Evidemment, ce sera trop tard, puisqu’il sera sûrement, en ce moment-là, en France ou aux USA.

Il convient surtout de signaler que, du 2 avril 2012 date de son installation officielle comme quatrième Président de la République au 24 février 2019, le président-politicien a disposé d’un budget cumulé de 16000 milliards de francs CFA, d’autres avançant même 20 000 milliards.

Avec un tel pactole, un Président de la République digne de la fonction, compétent, patriote, vertueux, respectueux des ses engagements, du bien public comme de ses mandants, ferait infiniment mieux que lui, sans tambour ni trompette.

L’occasion ne s’est malheureusement pas présentée le 24 février 2019, qui a vu une majorité confortable de Sénégalaises et de Sénégalais lui renouveler leur confiance. Il a donc réussi son coup, en évitant le second tour tant redouté et a son mandat de cinq ans devant lui.

S’y ajoute qu’il dispose d’une Assemblée nationale à sa dévotion et d’une justice dont les décisions vont souvent dans le sens qu’il indique. Alors, que ne se mette-t-il pas immédiatement au travail pour réaliser la phase II de son PSE ! Rappelons-lui aussi, s’il était tenté de l’oublier, qu’il a beaucoup promis pendant la campagne électorale !

On avait même parfois le sentiment qu’il n’avait pas réalisé grand-chose pendant son septennat, tellement les promesses étaient nombreuses.

Parmi ces promesses, on peut retenir celle faite à Guédiawaye de la création d’un million d’emplois et cette autre folle, de « zéro banlieue ».

Une autre qui devrait lui coûter beaucoup de temps et d’argent, c’est celle de construire, pendant son quinquennat, dix-huit (18) ponts dont treize (13) à Dakar. Nous n’oublierons pas, non plus, le dragage du Fleuve Saloum et sa décision de faire de Kaolack un « hub de transports fluviaux-maritimes ».

Au passage, je suggère à mes compatriotes de Kaolack de ne pas trop jubiler déjà. Qu’ils se rappellent que, le 13 avril 2015, le président-politicien avait réuni toute la République pour procéder à la pose de la première pierre de l’Université du Sine Saloum El Hadj Ibrahima Niasse, avec la présence remarquée du Khalife général de la famille du célèbre parrain.

Et notre président-politicien, ce jour-là, de conclure son discours par ces termes : « Je vous donne rendez-vous en fin 2016 pour l’inauguration et l’ouverture des amphithéâtres, des classes et des fermes laboratoires. »

Moins de deux ans pour construire toutes ces structures et les inaugurer ! Cette promesse n’était évidemment que purement politicienne et électoraliste et, dans son discours de fin d’année 2017, il n’était pas le moins du monde gêné de pendre encore cet engagement-ci :

« Quant à l’Université du Sine Saloum El Hadj Ibrahima Niass, ses travaux débuteront au cours du premier trimestre de l’année 2018. »

Ce n’était encore, ce n’était toujours que veine promesse et, à ma connaissance, une deuxième pierre ne s’est jusqu’ici pas posée sur la première.

En fin de compte, il décida, avec le Ministre de l’Enseignement supérieur et le Recteur, d’ouvrir l’Université en février dernier, en louant des locaux à Kaolack et à Fatick notamment.

Que mes compatriotes Kaolackois se rappellent aussi les promesses qu’il leur avait faites, lors du Conseil des Ministres délocalisé du jeudi 14 juin 2012, tenu à la Gouvernance de leur capitale régionale.

Concernant notamment les projets et programmes en perspective, le président-politicien avait insisté sur « la nécessité de diligenter (…) la mise en œuvre du programme d’assainissement (eaux usées et eaux pluviales) de la région de Kaolack, particulièrement pour ce qui concerne la ville de Kaolack et la commune de Nioro du Rip ».

Il avait également demandé qu’une attention particulière fût accordée aux programmes spéciaux d’investissements pour la commune de Kaolack, à la viabilisation des Parcelles assainies de la ville, à celles de Nimzat Extension et au relèvement du niveau du plateau technique de l’Hôpital régional El Hadji Ibrahima NIASSE.

Il avait enfin annoncé la construction d’un nouveau marché central moderne et sécurisé. Où en sont toutes ces promesses ? Voilà que, cinq ans après, en précampagne électorale, le lundi 21 janvier 2018, il annonce le dragage du Fleuve Saloum et sa décision de « redonner à Kaolack sa vocation portuaire ».

Qu’en sera-t-il de ce nouvel engagement ? Les cinq prochaines années nous édifieront.

Le président-politicien réélu a donc l’opportunité et le temps de continuer l’œuvre déjà accomplie et de réaliser les nouvelles promesses. Voilà que, au lieu de se mettre immédiatement au travail, il appelle encore au dialogue.

Quel dialogue ! Pour quoi faire ? Et pourquoi seulement maintenant ? Qu’il travaille et que l’opposition s’oppose ! Si, chemin faisant, il trouve nécessaire de dialoguer, de vraiment dialoguer avec l’opposition sur des questions d’intérêt national, il invite ses différentes composantes avec respect, en leur envoyant leurs cartes d’invitation accompagnées des termes de référence et en précisant le sort qui sera réservé aux éventuelles conclusions, sans calculs politiciens.

Les uns peuvent être d’accord sur tout, d’autres avoir des amendements ou des propositions nouvelles à faire. Si tout le monde n’est guidé que par l’intérêt supérieur de la Nation, le consensus ne devrait poser aucun problème.

C’est cela le dialogue, bien différent du cinéma qui a été organisé dans la Salle des Banquets de la présidence de la République, le 28 mai 2016.

Et puis, le président-politicien a raté plusieurs fois le coche pour dialoguer sérieusement avec l’opposition sur des questions majeures, notamment avant le Référendum du 20 mai 2016 et la signature des contrats qui ont donné notre pétrole et notre gaz à des entreprises étrangères dans des conditions nébuleuses.

Le président-politicien nous doit quand même respect et considération. Ce qui n’a pas été le cas jusqu’à présent. La preuve, c’est sa volonté exprimée d’associer les anciens présidents Diouf et Wade au dialogue auquel il appelle.

Que devrions-nous raisonnablement attendre de ces deux-là ? Après avoir gouverné l’un 19 et l’autre douze ans le pays, ils sont allés s’installer en France après la perte du pouvoir, nous laissant avec nos problèmes.

Leur retraite l’un à Paris l’autre à Versailles nous coûte déjà trop cher. Le temps est venu de tourner définitivement leur page.

Je profite de cette opportunité pour répondre à certaines interpellations d’amis, de parents et de simples compatriotes qui s’étonnent de ne m’avoir lu ni entendu après l’élection présidentielle du 24 février 2019.

Ce silence, qui est un choix mûrement réfléchi, peut encore durer quelques mois, voire quelques années, si je suis encore en vie. Cela fait plus de quarante (40) ans que je suis dans l’espace politique.

Depuis lors, je fais du mieux que je peux pour cultiver modestement ma part du Jardin national en donnant, chaque fois que de besoin, ma modeste opinion sur la manière dont mon pays est gouverné.

Celle-ci est favorable, chaque fois que la gouvernance va dans le bon sens, c’est-à-dire dans l’intérêt supérieur de la Nation. Elle est défavorable, très critique, si c’est le contraire. Cette opinion, il faut le reconnaître, a été bien plus défavorable que favorable.

Cette posture m’a valu de vives critiques, parfois des injures indécentes et « courageusement anonymes ». Cette expression est du Président Senghor.

Ce dernier, après avoir éliminé et arrêté le Président Mamadou Dia le 18 décembre 1962, soumit au peuple sénégalais un projet de Référendum le 3 mars 1963.

Le projet fut approuvé à une très large majorité et, le 7 mars suivant, il promulgua la nouvelle constitution qui consacra l’hypertrophie de la fonction présidentielle.

D’ailleurs, durant toute la campagne pour le Référendum du 2 mars 1963, son slogan préféré était : « Bopp du am ñaari mbaxana. » En d’autres termes, il n’y a pas de place pour deux coiffures sur la même tête.

Il était donc désormais le seul maître à bord et le système qu’il mit alors en place est pratiquement le même que nous avons vécu, à quelques variantes près, jusqu’au 24 février 2019.

Ce sont les tares de ce système que j’ai toujours dénoncées, avec plus de vigueur encore depuis le 1er avril 2000.

Avec le président-politicien réélu ce sera, jusqu’à preuve du contraire, la continuité du même système, avec la même gouvernance meurtrie.

En tout cas, tout indique qu’il en sera ainsi car le candidat sortant n’a fait état, nulle part pendant la campagne électorale, de refondation si nécessaire de nos institutions, de lutte contre la corruption et la fraude, des détournements de deniers publics, de dépolitisation de notre administration.

Il n’a fait nulle part cas des huit (8) milliards de « fonds secrets », peut-être plus, qui préoccupent tant le contribuable sénégalais.

Huit (8) milliards ou plus laissés chaque année à sa seule discrétion, et qu’il utilise de la manière qui n’échappe désormais à personne : à s’enrichir lui-même et à enrichir les siens, à acheter sans état d’âme des consciences.

Personne ne l’a entendu, non plus, dire un seul mot sur les organes de contrôle qu’il s’engageait à renforcer. A contraire de son engagement, il les a pratiquement tous muselés.

Ces questions qui nous préoccupent tant et sans le traitement desquelles la bonne gouvernance ne sera jamais au rendez-vous, il les a royalement ignorées pendant toute la campagne électorale.

Jusqu’à preuve du contraire donc, avec ce président-politicien, ce sera la continuité dans la mal gouvernance. Et je ne suis vraiment pas prêt à continuer de dénoncer les mêmes tares, les mêmes forfaitures que je dénonce depuis les années 1978-1980, avec nombre d’autres compatriotes, pour pratiquement rien.

Ce choix réfléchi ne signifie point que je vais mettre fin à mon militantisme. À ses parents et amis qui s’évertuaient à lui faire abandonner la politique, notre très regretté Président Mamadou Dia répondait que le militantisme n’avait pas d’âge.

Je ne renonce donc point à mon militantisme, mais je l’oriente ailleurs. Par exemple, je me suis toujours intéressé aux problèmes d’environnement qui ont occupé une place importante dans mes contributions.

Il y a aussi que la recherche effrénée de l’argent et des honneurs a relégué au second plan toutes nos valeurs de référence. La corruption au grand jour est en train de faire des ravages chez nous, notamment par l’achat indécent des consciences lors des différentes élections, avec l’argent du contribuable.

Un vote ne se vend pas. C’est un attribut citoyen qui ne devrait pas avoir de prix. Certains Sénégalais, certaines Sénégalaises valent désormais moins qu’un poulet.

Notre SEIGNEUR, QUI nous a créés à Son Image, ne devrait pas être FIER d’eux. Nous ne LUI sommes surtout pas reconnaissants, si nous nous comportons en baayima.

Il convient donc que d’importantes actions de formation, d’information, de sensibilisation soient menées en direction de nombre de nos compatriotes, dont des politiciens sans foi ni loi exploitent sans état d’âme l’ignorance et la pauvreté.

J’orienterai donc aussi, chaque fois que j’en aurai l’opportunité, mon militantisme vers ces actions qui s’inscrivent toutes, dans le cadre de l’élévation notable du niveau de leur instruction et de leur conscience citoyenne.

Pour conclure, je précise que cette posture, ce changement d’orientation de mon militantisme n’exclut point que, si d’ici en 2024, émerge un homme ou une femme qui incarne les valeurs que j’ai toujours prônées et pour la promotion desquelles je me suis toujours battu, je lui apporte sans réserve mon soutien actif.

Dakar, le 9 mars 2019
Mody Niang

[1] Deux gros bassins électoraux dont nous savons comment il leur a préparé le terrain pour qu’ils y fussent aisément élus, tous les prétendants sérieux ayant été auparavant neutralisés. Nous étions en 2014 et il était déjà dans la mise en œuvre de ses stratégies

Mairie des HLM : locataire depuis 10 ans, plus de 500 millions Fcfa dans le vent

Près d’un demi milliard de francs CFA de frais de location payé à des tiers…

Il est de ces bizarreries que personne ne peut expliquer. La mairie des HLM qui a son hôtel communal aux Hlm5 entre la corniche et le marché éponyme vit une situation inédite depuis près d’une dizaine d’années.

Bien que disposant d’un hôtel communal à l’image de ceux construits au début de l’ère Wade via un programme national dédié aux communes d’arrondissement de l’époque, la commune des HLM est locataire d’un immeuble sis aux HLM 2. Selon nos sources, le montant de la location s’élève à pas moins de 23 millions par an.

Cet immeuble a été pris en location par l’équipe du Maire El Hadj Babacar Seck dit Pape Seck. Mais le plus cocasse dans cette affaire est que, quand monsieur Seck arrivait en juillet 2014 après son élection, il avait trouvé la mairie qui était déjà en location dans un immeuble sis aux HLM 6.

Pourquoi cette errance qui dure près de 10 ans? Qu’est-ce qui empêche l’équipe de Seck de rejoindre les locaux de la mairie même s’il y a quelques travaux à terminer sur le site? Qu’est-ce qui se cache derrière cette nébuleuse ?

Les ressources allouées à cette location à longue durée ne peuvent-elles pas servir ailleurs? Si l’on sait que les routes défoncées, les rues obscures, les égouts qui pètent à tous les coins de rue sont le lot quotidien des Hlmois.

Les autorités sont interpellées sur cette scandaleuse situation que les populations des HLM ne parviennent pas comprendre.

Dialogué pourquoi, en quoi, avec qui, dans l’intérêt de qui et en vue de quoi ? ( Par Mandiaye Gaye )

Dialogué pourquoi, en quoi, avec qui, dans l’intérêt de qui et en vue de quoi ?

L’appel au dialogue du président de la République,après la proclamation des résultats définitifs, signifie-t-il qu’il veut un Sénégal où, il n’existe pas d’opposition ? Si c’est tel le cas, alors, c’est simplement, surréaliste de sa part de penser à un tel scénario qui n’existe nulle part au monde.

Il ne faut pas rêver ni être utopique M. le président, nous avons perdu trop de temps dans le passé avec des appels,au contenu imprécis, qui n’en étaient pas réellement, et ainsi avaient fini par n’accoucher rien du tout ce, depuis 19 ans.

En vérité, le problème du Sénégal, c’est son système institutionnel qui est grippé ou sclérosé donc, qui ne répond plus à notre époque et à une véritable démocratie plurielle et participative.

Si le président Macky Sall veut montrer sa bonne foi et prouver aux Sénégalais ses bonnes dispositions et sa ferme volonté de dialoguer en vue de changer les choses en mieux, il doit mettre, sur la table de dialoguela refondationdes institutions de la Républiquedonc, aller au-delà des réformettes.

Ainsi, au lieu de vouloir réinventer la roue, il a, avec les Conclusions des Assises nationales et les Recommandations de la Commission nationale de réformes des institutions, une bonne base et de document de travail de haute facture.

Dans cet ordre d’idée, il faut dire qu’il est temps d’avoir, à présent, une Assemblée nationale représentative avec des députés véritablement élus par le peuple et qui légiféreront au nom et pour lui et non du président de la République et pour lui.

Évidemment, cela qui impose tout naturellement le changement de la constitution actuelle pour la conformer un autre système cohérent et, le mode de l’élection des députés, devra aussi être remanié.

Ce n’est que par cette procédure démocratique et représentative que nous aurons la chance de déboucher sur ce beau et juste slogan : « La Patrie avant le Parti »

S’agissant du concours des anciens présidents, cela me semble superflu et d’aucune utilité, dans la mesure où les deux ont tous échoué et montré leurs limites réelles dans la gestion pays comme leur manque notoire de patriotisme envers la Patrie. Puisque,aussitôt après la fin de leurs mandats, ils ont émigré en France sans états d’âme.

Et tout le contraire de nos autres émigrés qui, de leur pays de résidence, envoient aux parents de quoi vivre et participent au développement du pays. Mais nos émigrés, en col blanc, continuent eux de se la couler douce au pays de Marianne et en outre, aux frais des contribuables sénégalais. Mais au fond quel sens, ces deux anciens présidents du Sénégal donnent-ils au mot, patriotisme ?

En effet, le premier, Abdou Diouf est un partisan du moindre effort, un bras cassé qui, pendant les 20 ans qu’il a dirigé notre pays, n’a fait que du surplace.

Et, c’est grâce à l’appui des Institutions de Breton Wood, de la Bm et du Fmi, qu’il a, bon an, mal an,réussi à gérer et surmonterles crises successives avant d’être remercié par les Sénégalais, en l’an 2000. Et depuis ce jour, il vit maintenant en France sans se soucier des difficultés de son pays.

Et le second, Abdoulaye Wade est un beau parleur, plus théoricien du développement que praticien et développeur de pays en difficulté.

Il a pillé notre pays par un gaspillage effroyable dans des projets d’éléphants blancs ou de folie des grandeurs ; Il se targue même d’avoir fabriqué artificiellement dans le pays des milliardaires, oui, parce que les concernés le sont devenus grâce à lui à partir de rien. Il a, également, introduit ou plutôt fortement accentué la perte des valeurs morales dans le pays.

Et, c’est avec lui, que nous avons connu la promotion des transhumants, de l’enrichissement illicite et une corruption qui a pris des proportions incroyables, comme un partage du gâteau. Et enfin, il a même tenté, sans oser le dire bien entendu, de procéder frauduleusement, à une dévolution monarchique du pouvoir à son fils.

Une tentative qui a, heureusement, lamentablement échoué le 23 juin 2011, et, a même précipité sa chute vertigineuse en février 2012. Cela dit, en quoi, ces deux hommes, qui ont géréà eux deux, pendant 32 ansnotre pays, de la façon que nous connaissons tous, peuvent-ils apporter aux Sénégalais quelque chose de positif et crédible ?

C’est une contradiction pour ne pas dire un non-sens, dans la mesure où notre pays qui, depuis longtemps, cherche à rompre avec ce passé décadent dont les deux font partie des principaux responsables de cette situation.Non, ces deux-là doivent s’estimer heureux de n’avoir pas été traduits en justice pour leur mauvaise gestion de notre pays.

Pour dire vrai, ces deux-là sont plus Français que Sénégalais, c’est nous Sénégalais qui les considérons comme des concitoyens, mais en réalité, ils ne le sont pas de fait. Alors, osons espérer que Macky Sall ne les rejoindra pas après son mandat, pour former les trois mousquetaires sénégalais en France.

Le président Macky Sall à traversson dernier mandat peut non seulement réparer ses erreurs du premier mandat, mais a aussi l’occasion et l’opportunité de marquer positivement son passage à la tête de son pays.

En changeant fusil d’épaule, il peut contre toute attente installer un climat apaisé favorable à l’exercice d’une véritable démocratie qui permettra une saine concurrence entre tous les Sénégalais qui désirent jouir pleinement de la démocratie dans les règles de l’art.

Puisque dorénavant, il n’a plus de concurrents qui lui disputent le pouvoir d’ici cinq ans, car, en 2024, les adversaires seront autres sans lui. Mais malgré tout, il y a ceux qui s’opposent à la politique qu’il mène présentement, ce qui est à juste raison normal.

Aujourd’hui, il a totalement les mains libres sans aucune contrainte pour jouer l’arbitre et préparer le terrain au plan démocratique et institutionnel, pour les autres, comme Jerry Rawlings et Nelson Mandela l’ont fait dans leurs pays respectifs.

En effet, Macky Sall avait été très applaudi, à l’entame de son mandat, lorsqu’en 2012, il avait clairementdéclaré que, c’est la Patrie qui passe avant le Parti.Mais, ce n’était qu’un simple slogan, puisque jusque-là ce vœu n’a pas été concrétisé dans les faits.

Cette nécessité n’est pas encore effective, malheureusement,dans notre pays.Et, cependant, c’est bien cela la règle immuable, dans toute République qui se respecte

Et, comme dit l’adage, il n’est jamais trop tard pour bien faire. Mais, si l’intention est bien louable, cependant cela ne suffit pas, si elle n’est pas suivie d’actes pour la concrétiser.

Oui, parce que les politiciens, au Sénégal, ont habitué les Sénégalais à des promesses démagogiques qu’ils oublient, dès qu’ils s’installent confortablement au pouvoir. C’est ce qui nous vaut d’ailleurs l’expression bien connue maintenant, « bu feke man ma ko waxoon kon nag waxeet » de Me Wade pour se dédire de ses nombreuses promesses.

Lui-même Macky Sall nous a joué le coup avec sa fameuse décision de réduire son mandat de 7 ans à 5 ans si toutefois, il était élu ou bien encore, son adhésion aux conclusions des Assises nationales. Tout cela pour dire que l’intention ne vaut pas toujours l’action. En tout cas, tous les appels au dialogue lancés jusque-là par les présidents Abdoulaye Wade comme Macky Sall sont restés lettre morte.

Par conséquent, que l’opposition se le tienne pour dit, en attendant d’avoirdes faits concrets. Cela dit,par principe,il n’est pas indiqué, pour l’opposition, de rejeter d’office l’appel au dialogue du président avant même d’avoir pris connaissance de son contenu, de son format et de ses termes de référence.

Certes, c’est vrai, que chat échaudé craint l’eau froide, mais malgré tout, il faut que les Sénégalais se parlentet se concertent autour des questions essentielles qui concernent le pays, comme par exemple sur son système archaïque actuel et, pour l’intérêt exclusif du peuple sénégalais.

Dakar, le 7mars 2019

Mandiaye Gaye

Mandiaye15@gmail.com

Marée humaine dans les rues d’Alger contre un cinquième mandat de Bouteflika

Marée humaine dans les rues d’Alger contre un cinquième mandat de Bouteflika Une manifestation à Alger, vendredi 8 mars 2019.

Les manifestations coïncident avec la célébration de la Journée internationale des droits des femmes.

Une marée humaine défile, ce vendredi 8 mars, dans le centre d’Alger pour un troisième vendredi consécutif contre un cinquième mandat d’Abdelaziz Bouteflika. Et ce, malgré les mises en garde sur les risques de « chaos » lancées par le chef de l’Etat qui semble déterminé à ne pas céder.

La mobilisation, immense et difficile à évaluer, est largement supérieure à celle des manifestations des deux derniers vendredi à Alger, pourtant déjà impressionnantes.

Dans le centre de la capitale, la Place de la Grande-Poste est noire de monde, de même que l’un des principaux axes d’Alger qui y mène, ainsi que les grandes artères environnantes.

Les manifestations coïncident avec la célébration du 8 mars, Journée internationale des Femmes, et nombre d’entre elles figurent parmi les manifestants de tous âges qui défilent dans le calme, aux cris de « Pouvoir, assassin », ou « Pas de 5e mandat, eh Bouteflika! ».

« Ils ont les millions, nous sommes des millions », indique une pancarte brandie par une femme dans le cortège.

Le flot de manifestants n’a cessé de grossir sur la place de la Grande-Poste déjà bondée,à l’issue de la fin de la grande prière musulmane hebdomadaire.

Aucun incident n’est signalé. Initialement présents en nombre, les policiers se sont contentés d’observer, avant que plusieurs camionnettes de police, submergées au milieu de la foule ne commencent à évacuer la place. A chaque passage au-dessus d’eux de l’hélicoptère qui bourdonne dans le ciel d’Alger, les manifestants huent et sifflent en agitant leur drapeaux.

« C’est maintenant ou jamais » : en Algérie, au cœur de la révolte

Spectre du « chaos »

D’autres manifestations, également pacifiques, se déroulent ailleurs dans le pays, notamment à Oran et Constantine, deuxième et troisième villes d’Algérie, selon le site d’information TSA (Tous sur l’Algérie) qui parle également d’une foule « impressionnante » à Béjaïa, dans la région de Kabylie.

Les Algériens n’ont semble-t-il pas été impressionnés par le message que leur a adressé jeudi Abdelaziz Bouteflika, 82 ans, hospitalisé en Suisse depuis plus de dix jours et dont le retour au pays n’a toujours pas été annoncé.

Dans ce message à l’occasion du 8 mars, le chef de l’Etat, présenté par ses partisans comme le garant de la paix dans le pays, a agité le spectre du « chaos » et dénoncé, sans les nommer, les ennemis « insidieux » et ceux « qui conspirent » contre l’Algérie.

En creux, le chef de l’Etat, très diminué par les séquelles d’un AVC dont il a été victime en 2013, réaffirme qu’il n’entend pas renoncer à briguer un 5e mandat lors de la présidentielle du 18 avril.

Mais la rue algérienne ne semble pas prête non plus à céder, malgré les rappels du chef de l’Etat, sur la « tragédie nationale » de la décennie de guerre civile (1992-2002) et la « déferlante du Printemps arabe ».

Des périls brandis par le camp présidentiel après le début de la contestation inédite depuis la première élection de M. Bouteflika à la tête de l’Etat en 1999.

Les dirigeants « ne vont pas lâcher facilement, mais nous ne lâcherons pas non plus », a expliqué jeudi soir à l’AFP un chauffeur de taxi, alors que les Algériens parlent désormais ouvertement et en public de la contestation et de leur ras-le-bol.

Sur les réseaux sociaux, le hashtag « #Mouvement_du_8_Mars » s’est répandu ces derniers jours, appelant à une mobilisation massive en Algérie.

« Pas une pierre je ne jetterai »

Circulent également les « 18 commandements des marcheurs du 8 mars » rappelant le caractère pacifique de la contestation.

Parmi ces commandements écrits par le poète et écrivain Lazhari Labter: « Pacifiquement et tranquillement je marcherai », « A aucune provocation je ne répondrai », « Les baltaguias (casseurs payés par le pouvoir) j’isolerai et à la police je les remettrai », « Pas une pierre je ne jetterai, « Pas une vitre je ne briserai », « Après la marche […] je nettoierai ».

A Alger, se sont aussi organisés sur les réseaux sociaux des groupes de « brassards verts », volontaires qui s’occuperont d’orienter et d’encadrer les marcheurs, prévenir les risques de bousculades, apporter quelques premiers soins, notamment en cas de projection de gaz lacrymogènes et nettoyer les rues à l’issue de la manifestation.

Dans certains quartiers périphériques de la capitale, des propriétaires de véhicules ont organisé des navettes pour transporter ceux qui veulent manifester vers le centre-ville, ont indiqué certains d’entre eux à l’AFP.

« Ce vendredi 8 mars 2019 doit être un jour de fête, mettez vos plus beaux habits, soyez beaux pour l’Algérie, qu’elle soit fière de ses enfants » demande une internaute, Samira Kada, sur son compte Facebook.

Politique du « watiatia » : Quand Macky terrasse la démocratie sénégalaise

La démocratie sénégalaise, « ou plutôt ce qu’il en reste », a été passée au crible, selon le quotidien Les Échos, par un groupe d’intellectuels africains. Contestations et soubresauts ayant jalonné l’élection présidentielle obligent, leur verdict est sans appel : il y a recul.

L’ancien Directeur exécutif d’Amnesty international en Afrique de l’ouest et du centre, notre compatriote Alioune Tine, parle de « la politique du Wathiathia » pour décrire l’absence notoire de dialogue et le manque de confiance entre les différents acteurs.

Dans un tribune publiée dans le journal français Le Point sous le titre « Sénégal : le syndrome Sonko », l’écrivain franco-guinéen Tierno Monénembo s’interroge en ces termes : « Mais où est donc passée cette société fluide et raffinée que nous a léguée le lettré Senghor ? ».

Une situation « loin d’être une surprise » pour l’Ong américaine Freedom House. Dans son dernier rapport 2019, intitulé « La démocratie en retraite » qui compile des données de 195 pays, elle se désole de « la dégringolade de la démocratie sénégalaise ».

Idem pour le journal spécialisé espagnol, « El Orden Mundial », dont un auteur, Dr Pablo Moral, reste persuadé que « le président sénégalais nouvellement réélu doit concilier deux réalités : une économie émergente prometteuse et de pressants défis sociaux ».

Invité à s’exprimer sur la dernière présidentielle, par France 24, le journaliste Louis-Magloire Keumayo, par ailleurs président du Club de l’information africaine, a déploré, pour sa part, « la régression de la démocratie sénégalaise qui était une vitrine en Afrique

🌸RECOMMANDATIONS DE CHEIKH AHMADOU BAMBA AU MOMENT DE PARTIR EN EXIL🌸

« 💎 Ne décevez jamais l’espoir d’un individu qui vous a sollicité et dont vous êtes certains de pouvoir résoudre le problème.

💰 Evertuez-vous à dépenser les biens que le Seigneur vous a procurés pour le mieux-être de vos proches et celui des indigents.

📿Tâchez de multiplier les actes de bienfaisance et les prières.

🎁 Employez-vous à satisfaire tout besoin licite exprimé par un être si tant est que vous en avez les moyens. Sachez que le meilleur d’entre vous est celui qui vient en aide à ses semblables et demeure utile à leur existence.

🌌 Cachez vos bonnes actions [par humilité] de la même manière que vous cachez vos mauvaises.

🕋 Ecartez-vous de tout ce qui vous éloigne de l’adoration du Seigneur. Rapprochez-vous de tout ce qui vous mène à cette adoration.

💖 Ne détestez personne si ce n’est pour la Face de Dieu. N’aimez personne si ce n’est pour la Face de Dieu. En vous armant de ces vertus, le Seigneur vous aimera et sera satisfait de vous.

👎Que les biens périssables de ce bas-monde ne vous poussent jamais à composer avec les dirigeants injustes ou à faire partie de leur entourage.

🕌 Evitez toute initiative qui vous conduit, de manière certaine, à la désobéissance au Seigneur. Dirigez-vous, au contraire, vers toute action de nature à vous octroyer la satisfaction divine.

🛌 Evitez la paresse, surtout dans l’accomplissement des bonnes actions. Sachez que les plaisirs de ce bas-monde ne sont rien comparés aux délices du Paradis et que les difficultés d’ici-bas sont dérisoires comparés aux supplices de l’Enfer.

🕋 Je vous recommande la Crainte Révérencielle de Dieu et l’observance stricte de ses injonctions. Ne transgressez jamais les limites qu’Il vous a fixées. Faites en sorte que le Seigneur ne vous surprenne jamais sur le terrain de ses interdits ; qu’Il vous trouve uniquement dans le cercle de ses recommandations.

🧕 Apprenez à vos proches, à vos enfants et à toute personne sous votre responsabilité leurs obligations religieuses, sauf à devoir en répondre devant le Seigneur le jour du jugement dernier.

🛐 Multipliez les actes de repentir afin de disposer de la quiétude nécessaire à l’adoration de Dieu. L’accumulation des péchés provoque la colère divine. Les transgressions demeurent, en outre, des entraves qui handicapent le cheminement vers Dieu et vers les bonnes actions. »

[Cheikh Ahmadou Bamba, extrait de  » al-Majmoû’at as-Shoughrâ ».Traduction : Seydina Omar Ba]

Idy 2019 dénonce des arrestations arbitraires

Les arrestations des partisans de Idrissa Seck se multiplient. La dernière en date est celle du colonel Abdourahim Kébé, chargé des questions de défense au parti Rewmi. Dans le camp de Idrissa Seck, arrivé deuxième lors de la présidentielle avec 20% des voix, l’on dénonce une campagne d’intimidation avec ces arrestations ‘’arbitraires’’.

‘’Nous avons remarqué que toutes les personnes arrêtées sont membres de Idy 2019. Même lorsque nous faisions la manifestation avec les femmes. Il y avait toutes les femmes de l’opposition réunies. Et aujourd’hui ce qui s’est passé est inadmissible.

C’est arbitraire. C’est de l’intimidation pure et dure. Nous demandons la libération sans condition et immédiate de tous ces détenus.

Parce qu’ils sont des détenus politiques’’, a dénoncé à l’émission RFM matin ce lundi, Nafissatou Wade, Leader de Deggu Jeff, Membre de Idy 2019.

‘’Nous allons nous battre démocratiquement et citoyennement de façon responsable. Nous allons exiger que démocratie soit rétablie’’, a-t-elle ajouté.

Naissance au forceps d’une victoire conçue in vitro (Amadou Tidiane Wone)


« En politique, rien n’arrive par hasard. Chaque fois qu’un événement survient, on peut être certain qu’il était prévu pour se dérouler ainsi. »

Franklin ROOSEVELT Ancien Président des États-Unis

L’enfant est né : il s’appelle Victoire 2019. Sa venue a été préparée durant un septennat qui était promis par le chirurgien en chef à un quinquennat. Les prémisses des difficultés prénatales de Victoire s’amoncelaient déjà. Mais n’en parlons plus. La page est tournée.

Revenons à la naissance de Victoire 2019. La délivrance est survenue le 24 février. Douloureusement. Et c’est pour cela que le cœur n’est pas à la fête. L’heure est plutôt à panser les plaies béantes laissées par les bistouris des spécialistes en chirurgie constitutionnelle et en transferts rapides d’argent et… d’électeurs… Dans ce contexte, il vaut mieux garder son self control et sa… bonne humeur, malgré l’ambiance traumatique post opératoire.

Car, et il faut le dire franchement, il y a eu des manipulations maladroites durant la gestation de Victoire. Mais aussi des manœuvres, parfois d’une navrante grossièreté. L’enfant Victoire 2019 est en conséquence, sujet à des tares congénitales et à certaines malformations…électorales. Le baptême a donc été « suspendu » et les festivités renvoyées à plus tard.

Et c’est pour cette raison que le fait de ne déposer aucun recours est, au final, la meilleure décision prise par l’opposition depuis fort longtemps. Elle perturbe le plan initial conçu par le pouvoir, axé dans la perspective de l’adversité et de la violence.

Ce cas de figure inattendu, de calme plat, force les chars de combats au repos. Il n’y a rien de plus inutile qu’un char de combat…au repos. Et les grenades lacrymogènes qui ne font couler aucune larme perdant du coup leur vocation …Bien joué !

Cela dit, ils doivent être bien ennuyés aussi les Juges du Conseil Constitutionnel ! Privés de recours ! En chômage technique ! Privés des lumières et des spots de l’actualité. Condamnés à rester coi et à confirmer les résultats lus, péniblement, par le Juge Kandji qui aura, tout de même eu son moment de gloire, ses minutes d’exclusivité cathodique.

Et vlan ! Les sept Sages paient, au prix fort, la perte de confiance consécutive à leur partialité manifeste dans la conduite des opérations du parrainage, suite à une loi votée dans les conditions que l’on sait, par une Assemblée Nationale dont la configuration n’est plus d’époque.

Retournons au bloc…pardon…au mode opératoire…

On aurait pu s’attendre à du raffinement dans la mise en œuvre des opérations du processus électoral. Même si le chirurgien en chef est un géologue … Car la gestation avait été minutieusement suivie par des experts en la matière depuis que la décision de poursuivre le mandat de 5 à 7 ans avait été actée. Toutes les dispositions, conventionnelles et surtout non conventionnelles, avaient été prises pour assurer une délivrance sans encombre au soir du 24 février. Les violences verbales et physiques auraient pu être évitées.

Les pertes en vies humaines aussi. Les forces de régulation sociale n’ont eu de cesse pourtant d’appeler à la raison. Inaudibles dans la furie électorale des acteurs politiques. Le peuple sénégalais a, quant à lui, fait la démonstration de sa maturité et de son avance sur la classe politique qui peine à le mériter.

Il a voté et, semble t- il, jeté une gêne inexprimable dans le landerneau politique. Ceux qui ont gagné comme ceux qui ont perdu sont perplexes, hagards, désorientés par le vote si subtil des sénégalais. Et ceux-ci vaquent à leurs occupations. Sans se retourner. Méfions-nous quand même de l’eau qui dort…

Retournons au bloc cette fois-ci, car il faut surveiller le nouveau-né, ses premiers jours, ses premiers pas… Il va falloir, en effet, tâter régulièrement le pouls de Victoire 2019 pour sonder ses chances de survie ou de handicap sérieux. Deviendra-t-il au bout de cinq ans un mandat vigoureux qui fera la fierté de ses géniteurs ou sera-t-il cet attardé définitif dont personne ne revendiquera jamais la paternité ? Time will tell…

Sortons de la parabole…

Le Président Macky Sall saura t-il lire correctement les résultats du 24 février 2019 ? Saura t-il les interpréter comme il se doit et en tirer toutes les conséquences ? Saura t- il et voudra t-il corriger les malformations congénitales de Victoire 2019 par des interventions chirurgicales urgentes ? Au besoin par des amputations si nécessaires ?

A lui de jauger, de juger, et de décider ! Nos félicitations resteront suspendues au succès des premières interventions qui annonceront une rémission certaine du corps de la mère, le Sénégal, fortement éprouvé depuis sept ans…Il faut que cela change !

Quant à l’opposition, elle aura joué le jeu démocratique jusqu’au bout. Plus que de raison, pensent certains. L’urgence est à l’évaluation des erreurs commises, ainsi qu’à la mise en route d’une nouvelle stratégie pour les échéances à venir. Analyser en profondeur les points « gagnants » du Président Macky Sall et les neutraliser pour les élections législatives et locales à venir. Pour cela une analyse fine des résultats, tenant en compte les impacts du PUDC, du PUMA, de la DER, des bourses familiales, de la CMU et des transferts d’électeurs, ainsi que de l’activisme souterrain d’un nouveau type de « chefs religieux », en plus du cas des deux K : khalifa Sall et Karim Wade très tôt neutralisés, devrait donner une certaine lecture des résultats du 24 février 2019. De plus, implanter des leaders locaux forts, dotés de moyens logistiques conséquents, est un impératif pour qui veut gagner au niveau national.

Enfin, la pauvreté est telle dans les zones périphériques que le mot WARI qui signifie en pulaar « a tué » a fait des ravages…si l’on y ajoute joni-joni, l’autre opérateur de transfert rapide d’argent, et qui veut dire « immédiatement », on voit le résultat : A WARI JONI JONI…imparable ! Sauf que, maintenir la cadence pendant cinq ans est impossible !

Amadou Tidiane Wone

« Le rôle du Ministère de l’Intérieur et des maires fraudeurs dans le hold-up électoral du siècle » (Par Seybani SOUGOU)

Dans une contribution intitulée « Cartes d’électeurs : La responsabilité pénale du Directeur de la DAF et des Maires fraudeurs » transmise aux médias le 11 novembre 2018, j’alertais (documents à l’appui) nos concitoyens sur le fait, qu’à la page 35 du rapport de la MAFE, les experts de l’Union européenne attiraient l’attention sur le risque de fraude massive aux élections de 2019 en ces termes « dans plusieurs localités, des certificats de complaisance ont été délivrés frauduleusement par des maires afin d’opérer des transferts d’électeurs fictifs dans leurs circonscriptions ».

La MAFE insistait notamment sur « la production massive de faux extraits de naissance, de nature à influencer les élections locales de 2019, et par ricochet les présidentielles ».

Résultats comparés de scrutins : baisse de l’électorat du PUR par rapport à 2017Sélectionné pour vous :
Résultats comparés de scrutins : baisse de l’électorat du PUR par rapport à 2017

Dans l’émission, le Jury du dimanche du 03 mars 2019, le porte-parole de la CENA, Issa SALL souligne son incapacité d’expliquer le gonflement inédit de l’électorat de certaines localités, avant de faire une révélation de taille :

A GOUDIRY (Tambacounda), 7000 faux extraits de naissance ont été produits (la justice saisie est restée muette). Pourquoi la CENA a-t-elle attendu la fin du scrutin pour informer la presse de telles pratiques frauduleuses, d’une extrême gravité ?

Il existe plus de 550 communes au Sénégal : il suffit juste de produire, 7000 faux extraits de naissance, dans 50 communes pour obtenir 350 000 électeurs (en avance), avec le concours de la DAF, chargée d’éditer les cartes d’électeurs.

Si le scrutin du 24 février n’a pas encore livré tous ses secrets en termes de fraude industrielle, une chose est certaine : le hold-up du siècle a été rendu possible grâce à la complicité active du Ministère de l’Intérieur (DGE et DAF), de plusieurs maires fraudeurs, et l’incroyable passivité de la CENA (exclue quasiment de tout).

NB: le jour du scrutin (24 février 2019), le ministre de l’Intérieur a diffusé 2 notes illégales, en violation totale des dispositions prévues par le code électoral.

Inutile de vous dire que des localités comme Matam, Fatick, et d’autres localités rurales en ont profité pour faire du grand n’importe quoi. Vous avez dit 58,27%? On a envie de rire sous cape!

Cordialement

Seybani SOUGOU

Macky Sall gagnant, le Sénégal perdant ( Par Fary Ndao )

La messe est dite. La Commission nationale de recensement des votes (CNRV) s’est prononcée et le président sortant, Macky Sall, a gagné l’élection présidentielle du 24 février dernier 2019, avec 58 % des votes.

Idrissa Seck, dans un dernier baroud d’honneur marqué par un programme de qualité et son talentueux lieutenant, le Dr Abdourahmane Diouf, arrive deuxième avec 20 % des suffrages exprimés.

Ousmane Sonko, véritable révélation de cette élection, porté par un vote jeune, obtient un score de 15 % qui le positionne désormais comme une figure incontournable de la scène politique sénégalaise. Issa Sall et Madické Niang terminent respectivement avec 4 % et 2 %.

Macky Sall a donc gagné mais j’estime que le Sénégal a perdu car jamais ses élites, politiques, médiatiques et intellectuelles, n’ont été aussi peu à la hauteur de l’enjeu.

Des élites toxiques et arrogantes

J’avertissais, il y a de cela quelques semaines sur la mauvaise foi des intellectuels et activistes sénégalais. Avalant tout ce qui est dit par leurs leaders ou alliés du moment, applaudissant ici la réception d’ouvrages inachevés, gobant là bas tout ce qui est raconté sur le pétrole et le gaz, ces intellectuels et activistes, d’un camp ou de l’autre, sont dangereux. Ils sont dangereux car ils ont les moyens sémantiques et dialectiques de justifier leur mauvaise foi face aux faits implacables.

Ils sont dangereux car dans un espace virtuel où des adultes de 50 ans côtoient des adolescents de 14 ans, ils radicalisent indirectement d’autres personnes, souvent plus jeunes et influençables, qui leur donnent du crédit, eux qui ont une dimension, surfaite ou réelle, de personnages publics.

Nous avons à nouveau observé, et avec effroi pour ma part, l’hystérie qui s’est emparée de ces hommes et de ces femmes qui se croient, qui se décrètent, qui se labellisent plus patriotes et plus sénégalais que les autres.

Sans jamais apporter la moindre preuve d’une fraude électorale de masse, relevant à juste titre des dysfonctionnements tout à fait inacceptables dans une Démocratie mais n’ayant aucune influence statistique décisive sur l’expression globale du vote, ces « réclameurs » de second tour ont insulté et dénigré toutes les personnes qui faisaient un travail de compilation objective ou demandaient tout simplement que le décompte se poursuive dans la sérénité.

Apparemment, dans notre pays où l’inversion de la charge de la preuve est devenue la norme, appeler à la retenue ou faire de simples opérations de compilation mathématique sur la base de documents officiels serait un acte de trahison à la nation dans l’esprit de ces individus.

Mais pourquoi faire des élections si on crie à la fraude dès que le résultat ne va pas dans le sens que l’on aurait souhaité ?

Soulignons également l’attitude de certains journalistes et représentants de la Société civile qui ne laisse désormais plus de doute sur leurs positions politiques.

Il vaut mieux pour tous qu’ils se délestent de leurs manteaux professionnels qui requièrent d’eux une neutralité théorique et qu’ils s’engagent ouvertement dans l’arène politique partisane. Espérons qu’ils s’efforceront, une fois qu’ils y seront, de développer un esprit rationnel qui respecte au moins les faits.

Les raisons d’une réélection programmée

Macky Sall a été réélu démocratiquement, avec une participation massive des Sénégalais (66% de participation) dans un scrutin dont l’expression globale a été respectée grâce à un système rodé de décompte de votes où tous les candidats sont représentés à tous les niveaux.

Que celui qui n’en est pas convaincu compile les procès verbaux des 15000 bureaux de vote du pays et qu’il vienne ensuite nous dire s’il trouve des résultats sensiblement différents de ceux la Commission nationale de recensement des votes (CNRV) et de ses démembrements départementaux qui ont déjà fait ce travail et qui nous ont permis, par le passé, de faire partir Abdou Diouf et Abdoulaye Wade.

Macky Sall a été réélu mais ma conviction, et je m’en étais ouvert à des amis il y a plusieurs semaines déjà, c’est que ce scrutin était joué d’avance. Macky Sall et son camp ont créé les conditions d’une réélection au premier tour grâce à cinq éléments :

Le premier est son bilan dans le monde rural porté par la construction/réfection de routes nationales et départementales qui améliorent sensiblement la mobilité de nos compatriotes de l’interland longtemps isolés du reste du pays, mais aussi par des programmes à réel impact socio-économique comme le PUDC, l’accès à l’eau potable et la modernisation du matériel agricole.

D’autres mesures plus clientélistes comme les bourses familiales, l’achat de voitures aux chefs de villages ou les projets de modernisation des villes religieuses ont également pesé dans la balance. Nos compatriotes du monde rural l’ont plébiscité pour cela aussi.

Il faut respecter cette amélioration de leur quotidien, même s’ils vivent encore dans un dénuement immense, ou le fait que leur « ville sainte » soit plus jolie ou mieux aménagée à leurs yeux. Tous les Sénégalais n’ont pas les mêmes problèmes ni les mêmes référentiels de valeurs. Il faut aussi respecter cela.

Le second élément est le parrainage populaire, modification unilatérale du processus électoral, voté sans débat à l’Assemblée nationale, mis en œuvre de manière chaotique et enfantine (« premier arrivé, premier servi »).

Ce parrainage a écarté des candidats qui, cumulés, auraient pu grignoter au Président sortant quelques centaines de milliers de voix. Je pense notamment à Malick Gackou, Hadjibou Soumaré, Abdoul Mbaye, Aida Mbodji, Pape Diop.

Le troisième élément est l’emprisonnement d’opposants politiques comme Khalifa Sall et Karim Meïssa Wade sur la base de faits certes implacables mais surtout d’une justice sélective qui ferme les yeux sur les rapports accablants épinglant la gestion sulfureuse de nos deniers publics par les partisans du parti au pouvoir.

En écartant ces deux candidats du Mankkoo Taxawu Sénégal et du Parti Démocratique Sénégalais, presque un million d’électeurs lors des législatives de 2017 sont devenus orphelins.

Sans ses chefs, cet électorat groggy et déboussolé s’est dispersé et une partie, celle « détenue » par des gens comme Moussa Sy (Dakar), Ahmed Fall Braya (Saint-Louis), a rejoint Macky Sall.

A cela, il faut rajouter les députés transfuges comme Modou Diagne Fada, Aissata Tall Sall, Abdoulaye Baldé et la dispersion/abstention des électeurs du PDS suite à l’appel au boycott de Me Wade.

Le quatrième élément est la distribution massive d’argent public dans les zones urbaines (Dakar, Guédiawaye, Pikine, Rufisque).

Captée sur des vidéos durant cette campagne, vécue au quotidien par ceux qui vivent ou se rendent dans ces quartiers populaires, la distribution d’argent est une technique récurrente du parti au pouvoir dans des zones urbaines où la vie chère et les besoins de représentation sociale connaissent une inflation sans cesse grandissante.

Appelés « financements » dans le jargon politique, ils servent à faire bouillir la marmite à la maison, à soigner les malades, à assurer les « ndawtal » et autres « teranga ».

Quand un jeune couple de trentenaires, parents d’une petite fille paie 20 000 FCFA de location mensuelle pour son petit studio à Thiaroye Gare et qu’un baron politique local bénéficiant de fonds politiques lui verse régulièrement 40 000 ou 50 000 FCFA, comment s’étonner qu’il vote pour son bienfaiteur ?

Ce sont des choses réelles, dures à accepter mais qui sont là et qui expliquent les scores solides de Macky Sall dans des zones urbaines insalubres et pauvres. Comment le combattre ? Je ne sais pas. Je suis impuissant devant cela.

Le cinquième et dernier élément est l’histoire individuelle de Macky Sall. Hal pulaar né et élevé chez les sereer, Macky Sall dispose d’un atout quasi unique sur la scène politique nationale : il est vu comme un membre à part entière des deuxième et troisième groupes démographiques les plus importants du pays.

Si à cet atout naturel, il ajoute 7 ans de ralliements sincères ou opportunistes de leaders politiques autochtones de ces zones, comment s’étonner qu’il fasse des scores de 75, 80 ou 90 % en pays sereer et en pays pulaar.

Quand on voit que le « nouveau venu » Ousmane Sonko fait 53 % dans le département Ziguinchor et bénéficie lui aussi d’un vote régionaliste qui a également sanctionné des propos stigmatisants envers les habitants de la région naturelle de Casamance, les scores de Macky Sall dans ses fiefs sont logiques.

Notre pays n’a pas encore achevé son processus de « sécularisation sociale » et reste largement traversé par des logiques claniques et régionalistes.

Avec son bilan rural, son parrainage sur mesure, ses prisonniers triés sur le volet, la distribution d’argent en zone urbaine pauvre et sa double culture qui fait de lui l’enfant de deux bassins électoraux, Macky Sall devait juste faire une campagne solide pour remporter démocratiquement une victoire qu’il avait bâtie de manière froide, brutale et méthodique, aidé par le capharnaüm autour des cartes d’électeurs qui a empêché des dizaines de milliers de personnes de voter (mauvaise saisie des données, changement de bureau de vote etc.).

Accepter d’aller à ces élections, c’était accepter de faire face à un mastodonte qui allait valider démocratiquement et au 1er tour un processus électoral géré de manière inélégante, cavalière et, j’insiste, brutale. « Nous avons joué, nous avons perdu » m’a dit une amie sonnée par la défaite. Je le pense aussi.

Nous avons des élites toxiques et intolérantes, j’en suis désormais convaincu. Des élites symbolisées par les intellectuels, activistes et hommes de médias que je citais plus haut. Des élites qui préfèrent l’invective à l’analyse. L’injonction à la compréhension.

La colère à l’empathie. L’arrogance au respect de l’autre. Des élites toxiques qui ont aidé le Président réélu à vicier le processus électoral en amont du vote. Des élites toxiques qui réclamaient urbi et orbi un second tour sans jamais nous dire pourquoi de manière rationnelle.

Des élites qui, lors de ce scrutin qui était parti pour être calme, ont trouvé du grain à moudre avec les sorties hasardeuses et prématurées d’Idrissa Seck, d’Ousmane Sonko et de Mahammed Boun Abdallah Dionne, avec pour ce dernier, la complicité de la télévision publique.

Ces acteurs de premier plan, alors que le dépouillement était en cours, devaient tous prendre de la hauteur en tant que parties prenantes à ce scrutin et en tant qu’hommes d’Etat.

Enfin, tous les militants et électeurs rationnels, républicains, sachant concéder une part de vérité aux autres et surtout respectant le choix de leurs compatriotes Sénégalais, quels qu’ils soient, devront tirer des leçons de ce qui s’est passé dans notre pays depuis 7 ans et à l’occasion de ce scrutin.

Ils devront bâtir une offre politique sérieuse, de fond, lucide, riches en propositions concrètes et respectant toutes les sensibilités du pays. Sinon dans 5 ans, nous n’aurons encore que nos yeux pour pleurer.

Fary Ndao

Pourquoi cette chasse à l’homme?


Communiqué

La coalition idy2019 informe l’opinion
nationale et internationale que des arrestations arbitraires sont en train d’être opérées dans ses rangs, sur tout le territoire sénégalais.

Moussa Thiombane et Bassirou Dieng, tous les deux responsables jeunesse dans le departement de Guediawaye, ont été placés sous mandat de dépôt aujourd’hui par le Doyen des juges d’instruction.

Mory Gueye, Secrétaire National chargé de la jeunesse de Rewmi membre de la coalition a, lui, fait l’objet d’une mesure de retour de parquet. Il sera à nouveau présenté au Procureur le Lundi 4 Mars.

Abdourahmane Diallo, Amélie Ngom, Malamine Fall, Bigué Simone Sarr, Amath Thiaw, Marieme Soumaré, Mamadou Diallo, Amadou Bathily et
Binta Mbaye, tous de la Coalition Idy 2019, ont été interpellés devant notre siège sis sur la Vdn et viennent d’être placés sous mandat de dépôt.

Ce vendredi 1er mars 2019, quatre autres personnes, membres de la coalition ont été arrêtées à Touba et sont acheminées vers Dakar.

À Thiès, Ousseynou Gueye, membre de la coalition avait été arrêté par la police de Thiès, puis relaché après audition.
À ziguinchor Yankhoba sagna, responsable jeunes de la Coalition, se trouve actuellement dans les locaux du commissariat de ladite ville.

Une opération policière est aujourd’hui menée, en toute illégalité, contre des membres de la coalition idy2019, en s’attaquant à leur liberté fondamentale d’aller et de venir.

La coalition idy2019 s’insurge contre de telle pratiques et désigne Macky Sall comme responsable des conséquences de ces actes ignobles contre la démocratie et l’Etat de droit.

La coalition idy2019 interpelle l’opinion nationale et internationale pour que cessent ces traques à l’homme dignes d’une dictature.

La coalition idy2019 fera face aux pratiques malsaines d’un régime tricheur, manipulateur de résultats d’élections et qui veut gouverner par l’intimidation, la violation permanente de la loi et des règles de démocratie.

Fait à Dakar le 1er Mars 2019

Message du candidat Sonko après la proclamation des résultats

Sénégalaises, Sénégalais, Mes chers compatriotes Je vous salue.

La Commission nationale de recensement des votes, vient de livrer les résultats provisoires de l’élection présidentielle du 24 février 2019.

Cette élection a été rendue possible grâce à la mobilisation du peuple sénégalais, dans le calme et la sérénité, preuve de sa maturité et de son attachement aux règles démocratiques et au suffrage universel.

Cette voix du peuple reste la seule vérité, c’est la raison pour laquelle son expression libre doit être protégée et défendue.

Malheureusement, plusieurs entraves dans le dispositif électoral et de nombreuses tentatives de détourner les citoyens de ce moment décisif dans la vie d’une nation, visant à porter préjudice à la libre expression du peuple, ont été enregistrées.

Ce scrutin a été piégé, en amont par un processus électoral conduit de façon cavalière, et au cours des opérations électorales (création illégale de bureaux de vote y compris le jour du scrutin, dépassement du nombre d’électeurs par bureau, gonflement artificiel de la population électorale et d’autres irrégularités sur lesquelles nous reviendrons plus amplement).

Même si nous saluons la forte mobilisation de l’opposition et des électeurs acquis à notre cause, force est de constater que des milliers de Sénégalais se sont vus privés de leur droit de voter. Des milliers d’autres ont vu leurs bureaux de vote être changés à la dernière minute.

De surcroît, certaines mobilisations observées durant cette campagne auraient justifié que le président sortant soit tenu en ballotage aux quatre coins du Sénégal par une opposition, certes limitées dans ses moyens financiers mais qui s’est vue propulsée au-devant, dans les régions les plus stratégiques d’une élection, par un peuple conscient et intégrée, dignement déterminé à rompre les chaînes d’un système terni par tant d’années de corruption au détriment des couches les plus vulnérables du Sénégal.
Malgré tout, nous constatons que le président sortant est déclaré élu dès le premier tour à 58,27%.

C’est donc tout naturellement que tous les candidats de l’opposition ont rejeté ces résultats. Le triomphe restera sans gloire pour le vainqueur. La démocratie en a pris un coup, il faut le regretter et se tenir prêt.

Il convient donc, dans l’urgence absolue, que l’opposition et toutes les forces démocratiques de notre pays s’attèlent à exiger et obtenir les réformes indispensables pour consolider la démocratie, dans l’intérêt exclusif du Sénégal.

Permettez-moi donc chers hommes et femmes des médias, vous à qui je rends un vibrant hommage pour votre dynamisme durant cette campagne, en particulier ceux qui m’ont accompagné, permettez-moi donc de rendre grâce à Dieu qui nous réunit ici aujourd’hui dans un climat pacifique et qui nous a donné la force, l’énergie et la santé d’aller à la rencontre de nos compatriotes aux quatre coins du Sénégal durant cette longue campagne électorale.

Pendant des semaines, nous avons parcouru l’étendue du territoire sénégalais pour nous rendre compte davantage du potentiel immense de nos terres, même arides, mais surtout nous avons constaté de visu la bravoure de nos chers compatriotes.

Jeunes, âgés, moins âgés, hommes, femmes, partout, le citoyen sénégalais s’est distingué par sa détermination à surmonter les épreuves du quotidien pour subvenir aux besoins de sa famille.

Que ce soit la femme qui marche sous le soleil des kilomètres pour puiser de l’eau pour le repas de midi ou pour arroser son champ, l’élève qui parcourt des kilomètres, le ventre vide, pour arriver épuisé en cours, les braves ouvriers qui, malgré la pénibilité de leurs métiers refusent d’abandonner…, partout…..nous avons vu la souffrance mais nous avons aussi vu l’espérance.

Jusqu’à des heures tardives, parfois même jusqu’à 2h du matin, notre convoi a été accueilli par des milliers de Sénégalais assoiffés de changement. De Dakar à Bignona, de Thiès à Matam, de Dagana à Kédougou, nous avons entendu battre le cœur du peuple sénégalais.

Partout notre constat a été le même. Les Sénégalais sont dignes, les Sénégalais sont braves, les Sénégalais sont tenaces, les Sénégalais sont courageux et ce, malgré la misère, malgré la difficulté, malgré l’inquiétude dans laquelle le système les a oubliés.

J’aimerais avant toute chose vous exprimer toute la fierté que j’ai d’appartenir à ce peuple-là. C’est mon envie de voir ce peuple sortir de la précarité qui explique tous mes combats, tous mes sacrifices.

A ce peuple Sénégalais d’ici et de la diaspora, j’aimerais transmettre mes remerciements les plus émus face à leur engagement sans faille, leur courage, leur abnégation mais surtout pour leur soutien. Je leur en serai éternellement reconnaissant et je prie le bon Dieu de les aider à surmonter tous les obstacles à leurs réussites par la voie du travail et de la foi.

Prenant en compte le bien-être des Sénégalaises et des Sénégalais, seule finalité de mon combat politique, je voudrais rappeler que nous avons toujours tenu à proposer au peuple sénégalais un projet de société fondé sur les exigences de démocratie, de paix et de développement durable, dans la transparence et le respect de l’éthique républicaine.

Nous l’avons largement développé durant la campagne électorale et des centaines de milliers de nos compatriotes, d’ici et de la diaspora, ont porté leur choix sur nous, exprimant ainsi à la fois un formidable satisfecit et une invite solennelle à poursuivre le combat dans la voie que nous avons empruntée. Nous ne les décevrons pas !

C’est donc le lieu pour moi, de réitérer mes remerciements et de féliciter, tout d’abord, l’ensemble de nos électeurs, notamment les militants et sympathisants, les jeunes en particulier.

En plus de porter leur choix sur nous, ils ont fait preuve d’une affection touchante, d’une confiance rassurante et d’une détermination sans limite pour faire triompher notre cause commune, n’hésitant pas à mettre leurs maigres moyens financiers et matériels pour prendre en charge la caution et financer la campagne électorale.

Et je profite de cette occasion pour leur réitérer mon engagement à leurs côtés pour l’émancipation économique du Sénégal et le progrès social de la jeunesse.

J’aimerais m’arrêter quelques minutes sur cette tranche de la population, dont la mobilisation historique aura permis de dépasser le seuil des 60% de participation.

Leur mobilisation citoyenne, je dirai même patriotique, au cours de ces élections a démontré à suffisance que la jeunesse de notre pays est plus que jamais déterminée à jouer sa partition dans la construction d’une nation forte, souveraine et intègre.

J’aimerais les féliciter. J’aurais aimé le faire individuellement, les saluer personnellement car j’ai été profondément touché par leur bravoure durant cette campagne.

Ils ont frappé à des portes inconnues, appelé des numéros inconnus, ils ont été les vrais acteurs de cette campagne et c’est eux qu’il faut féliciter. A cette jeunesse de mon pays, j’indique du doigt l’avenir radieux qui les attend…sous peu de temps. Je leur demande de continuer à croire en eux, en leurs pays.

Je les exhorte au travail, à la citoyenneté à l’excellence académique et je leur demande de mettre également cette énergie patriotique au service de leurs communautés afin qu’ils puissent aider à l’essor de leurs terroirs, de leurs localités.

J’aimerais remercier les femmes qui ont été des milliers à nous soutenir. Elles sont braves, elles sont courageuses. Elles sont nos mères, nos sœurs, nos épouses, nous continuerons à nous battre pour elles.

Je tiens à remercier la DIASPORA, ces Sénégalais vivant à l’étranger mais œuvrant à l’intérieur du pays à des niveaux insoupçonnés. Ils sont généreux, leurs cœurs battent pour le pays, ils vivent pour leurs familles. Nous devons davantage les accompagner et ils continueront à inspirer mon combat.

A tous, j’exprime mes sincères remerciements pour votre soutien infaillible durant cette campagne et j’entends, dans les jours à venir, me rendre personnellement auprès de chacun d’entre vous, dans la cadre d’une tournée nationale et internationale, pour renouveler et raffermir le pacte patriotique qui nous lie.

Permettez-moi également de remercier les grands acteurs de cette campagne.

Oui, il me plait de magnifier l’apport positif des membres de la coalition SONKO PRESIDENT et de tous nos alliés affichés ou non, pour leur conviction, leur loyauté et leur engagement sans faille pour un projet commun.

Quant à l’équipe de campagne, dans ses différentes composantes (de l’équipe administrative, à l’équipe technique, l’équipe sur le terrain, tout le monde) par son dévouement et son engagement, elle a fait preuve, malgré la modicité des moyens financiers et matériels, d’une intelligence et d’une dynamique unitaire pour faire admettre la pertinence de notre projet et les énormes potentialités de l’équipe qui la porte. Merci à eux de s’être engagé à mes côtés et d’avoir vécu pleinement cette campagne mémorable.

Au vu de l’immense espoir suscité par la démarche, qui épouse parfaitement le désir de changement et le besoin de rupture avec les politiques publiques désastreuses au plan économique, social, politique et des valeurs, je comprends aisément leur légitime déception.

Mais, je leur demande de relever la tête car nous devons être tous fiers de ce que nous avons accompli ensemble. Nous devons être fiers du bond exceptionnel et inédit, réalisé entre les élections législatives de 2017 et le scrutin de février 2019.
Si cela a été possible, c’est parce que vous avez preuve d’un don de soi inédit.
Je vous demande surtout, de garder foi en notre cause.

L’avenir, c’est maintenant. Cet avenir, si nous le voulons radieux, nous devons le préparer dès maintenant en faisant preuve d’une grande capacité d’organisation et d’ouverture. Ainsi, l’espoir suscité par notre ligne politique sera entretenu, consolidé et transformé en force décisive pour les prochaines échéances électorales.

Grace à vous, cette initiative est devenue une force politique incontestable. J’invite donc tous les Sénégalais patriotes à nous rejoindre pour parachever la marche vers la vraie rupture.

Sénégalaises, Sénégalais Mes chers compatriotes,

Le combat continue ! Nous devons garder le cap avec la même conviction, les mêmes valeurs, les mêmes principes et le même engagement.

L’avenir, c’est maintenant!

Vive le Sénégal !

Vive les Sénégalais!

Dernier mandat de Macky Sall : un quinquennat inédit de trois ans

Monsieur le Président de la République, dans sa majorité, le peuple sénégalais vous a réélu pour un second et dernier mandat de cinq ans.

In concreto, vous effectuerez un quinquennat de… trois ans. Indubitablement, à mi-mandat entre 2022 et 2023, dans votre camp, tout comme dans celui de l’opposition, la lutte pour votre succession sera à la fois débridée, prématurée et vive.

Amis, alliés, obligés, affidés et adversaires seront-ils dans le présent que vous vivrez déjà au passé ? Prépareront-ils le futur proche que où vous n’aurez plus d’avenir ? Échafauderont-ils des schémas tels que vous sortirez de leur plan ?

Naguère maître du jeu politique, vous n’en serez plus qu’un arbitre électoral
En résumé, votre apogée électorale pourra également s’avérer votre déclin politique.

Ce sera alors le début de la fin et la fin du début. En vérité, vous aurez l’illusion du pouvoir, la réalité du pouvoir leur reviendra.

Au demeurant, vous serez le premier chef d’État à organiser une présidentielle sans y être candidat, électeur vous ne serez plus éligible.

Naguère maître du jeu politique, vous n’en serez plus qu’un arbitre électoral.

De la posture enviée d’acteur de premier plan, vous passerez simple spectateur. Premier président dont la fin d’exercice sera officiellement connue de tous, théoriquement le 1er avril 2024, vous serez, en outre, le premier homme politique à quitter le pouvoir sans défaite électorale.

Léopold Sédar Senghor a transmis le pouvoir à Abdou Diouf par une fine broderie constitutionnelle. Abdou Diouf et Abdoulaye Wade ont été défaits par la voie des urnes.

Enfin, premier à organiser des élections législatives à quelques mois de la fin de votre dernier mandat ; paradoxalement, c’est à ce moment que commencera votre déclin progressif.

Seul en plein marché électoral

Monsieur le Président de la République, le schéma institutionnel et politique qui se présente au lendemain de votre réélection est inédit à tout point de vue.

Reconduit pour un second et dernier mandat de cinq ans, vous vivrez immanquablement ce qu’on appelle en droit constitutionnel et en science politique, le « syndrome du canard boiteux ». The lame duck period.

Les ambitions y seront fortes, tenaces et légitimes. Dans votre camp, il y aura forcément plusieurs camps

Cette expression anglo-saxonne signifie qu’avant le terme définitif de ce dernier mandat, vous serez un président désincarné et affaibli. Par la force des choses démocratiques, vous serez dramatiquement seul en plein marché électoral.

Dès potron-minet, c’est votre coalition qui préfacera votre départ avant l’heure. Les ambitions y seront fortes, tenaces et légitimes. Dans votre camp, il y aura forcément plusieurs camps. L’opposition actera le crépuscule de ce magistère en ne faisant plus de vous son centre d’intérêt. Plutôt que de chercher à vous abattre, elle convoitera votre place.

Les parlementaires quitteront la Chambre d’applaudissements pour entrer dans celle des positionnements. Les maires ne vous seront plus affidés, ils iront plutôt s’affilier aux candidats à la présidentielle.

Les médias d’ici et d’ailleurs ne s’intéresseront à vous que pour connaître votre choix intime sur les probables présidentiables. Parce que d’abord, une élection présidentielle se prépare deux ou trois ans à l’avance, les logiques politiques et médiatiques hâteront votre fin de règne.

Parce qu’ensuite n’ayant plus d’avenir, vous serez un homme du passé. Parce qu’enfin, l’ouverture de la pré-campagne présidentielle coïncide avec le temps des législatives prévues pour 2022, un choix cornélien se présentera à vous.

Tremblement de terre institutionnel

Sous ce rapport, il y aura deux cas : soit le peuple vous accorde une majorité parlementaire alors que vous êtes presqu’au bout de votre mandat, – une manière de vous rendre hommage – soit il donne sa confiance à l’opposition pour préparer l’avenir et, dans ce cas, nous serons en présence d’une cohabitation politique.

L’arrivée d’une nouvelle majorité parlementaire hostile à votre politique entraînera un désaccord inédit au sein de l’exécutif.

Il y aura une crise de légitimité : une coexistence de deux légitimités concurrentes

Alors que toutes les forces devront se rassembler pour relever les grands défis du Plan Sénégal Emergent 2, elles se défieront et se neutraliseront comme en toute période de cohabitation.

Dans ce cas de figure, l’harmonie entre les majorités ne sera plus la norme. Il y aura une crise de légitimité : un conflit entre le législatif et l’exécutif, une coexistence de deux légitimités concurrentes.

C’est à ce niveau que s’ouvrira l’outre aux vents : allez donc demander à un Premier ministre issu d’une liste opposée à la politique du chef de l’État de conduire une politique qu’il dénonce !

Résultat : il y aurait un désaccord inédit entre les deux têtes de l’État. L’exemple le plus achevé de la dyarchie et de l’anarchie au sommet de l’État. Fatalement, ce sera un tremblement de terre institutionnel. Une crise sans précédent au Sénégal ?

À Dieu ne plaise !

Monsieur le Président de la République, à mi-mandat, à l’image de Yayi Boni, Elen Johnson Sirleaf, ou encore François Hollande, Georges Bush et Barack Obama, vous assisterez à la diminution graduelle de votre influence politique et institutionnelle.

Toute l’attention des observateurs et commentateurs de la vie politique sera rivée sur une pré-campagne sans précédent, pleine de rebondissements et de reniements.

Palais déserté

Vos Premiers ministres, vos grands ministres à fort potentiel électoral, vos ambitieux directeurs généraux, les commandants en chef et lieutenants de la coalition présidentielle voudront, à juste raison, s’émanciper. C’est ainsi qu’à mi-mandat,

les intentions présidentielles naîtront au grand jour. Les alliances et les mésalliances domineront l’actualité. La plupart des alliés et obligés partiront avant terme. Les petits meurtres entre amis et les grandes trahisons entre copains feront les choux gras de la presse.

Votre palais sera déserté. La fin de votre magistère se limitera à une sorte de figuration.
Ainsi donc vous fermerez la page la plus héroïque, la plus palpitante et la plus noble de votre vie publique. Vous confesserez quelques regrets et pleurerez en secret le mépris d’un bilan par endroits élogieux et controversé ailleurs. Le déclin sera pour vous une épreuve de vérité.

À votre couchant, vous n’aurez plus grand monde autour de vous. Jeune retraité de la vie politique, à 62 berges, sans avenir, l’histoire retiendra que n’étant pas fait pour des défaites électorales, le temps politique vous a défait. Une seule interrogation kantienne : resterez-vous indifférent à qui vous succédera ?

Présidentielle 2019: un recul démocratique dangereux


Depuis l’an 2000, presque vingt ( 20 ) bonnes années, le peuple sénégalais avait fait table rase sur beaucoup d’imbroglios électoraux.

Cet historique Code Electoral où le Chef d’Etat d’alors, jurait et refusait de ne point y changer une virgule, avait placé le Sénégal à l’avant-poste des pays, vitrines d’une digne démocratie.

Si, après avoir injecté l’agressive somme de Cinquante-deux ( 52 ) Milliards de nos francs, pour la confection de cartes biométriques d’électeurs, nous en sommes encore à des difficultés d’obtention du fameux sésame, c’est parce que notre Administration manque totalement de sérieux. Idem, ceux qui sont chargés de la coacher.

Rien n’est plus navrant , d’avoir rempli son devoir-citoyen avec le même document aux législatives 2017, et, deux ans après ( Présidentielle 2019 ), d’apprendre dans les mêmes centre et bureau de vote << Vous ne figurez pas dans le fichier >>. Dans quel pays sommes-nous ?

Plus inquiètant, c’est dans ces communes où la démographie accuse d’une augmentation de 20 à 30 % en deux années d’intervalle.

Nous avons entregistré aujourd’hui, des villages dans l’intérieur du Sénégal avec plus de Soixante Mille ( 60. 000 ) électeurs. Dépassant le nombre d’habitants de certaines grandes villes du terroir. Par exemple :

Dans cette localité dénommée KANEL, au nord du pays et où l’on compte onze Mille ( 11.000 ) habitants, il a été mentionné dans un Procès-verbal de vote Soixante et Un Mille( 61. 000 ) voix au bénéfice d’un candidat…. Suivez mon regard !

Il faut savoir raison garder, si nous voulons nous enorgueillir de cette fabuleuse réputation républicaine d’un grand pays d’une démocartie enviée. Nous votons depuis le 19ième siècle.

Le virus Machiaveliste s’est introduit dans les glandes de nos hommes politiques de tout bord. Tout est bon pour conserver son pouvoir, mais également, rien ne serait mauvais afin de conquèrir ce gâteau de tous les appétits. Et dans tout cela, remarquons-nous, seuls le peuple et ses citoyens plus qu’ordinaires en sont les victimes et en souffrent de génération en génération.

Vraiment, ce que nous avons vécu depuis le dimanche 24 Février 2019, après avoir jeté nos bulletins de vote dans les urnes, n’augure en rien des lendemains meilleurs.

Cette valse de chiffres et cette guerre de pourcentages que nous affuble la classe politique confondue, n’ont pas leur place chez nous, et ne doivent en aucun cas, épingler au tableau des actes emblèmatiques d’une nation comme la nôtre.

Nos hommes politiques, notre justice et tout autre porteur de voix ( religieux et coutumiers ), à vous de nous libérer, pour que le Sénégal ne bascule pas dans une violence de confiscation du pouvoir ou d’insurrection.

Elhadj Yvon Mbaye
Journaliste-formateur
tel : 77 179 19 38
E-mail : olympress45@yahoo.fr

Ousmane Sonko appelle à la mobilisation pour un second tour


Dans une perspective d’un second tour de l’élection présidentielle du 24 février 2019, le parti Pastef appelle ses partisans à la mobilisation. Dans un communiqué rendu public, les camarades d’Ousmane Sonko disent avoir compilés l’essentiel des résultats du scrutin de dimanche dernier.

Et il est ressorti de ces résultats chargés sur leur plateforme électronique que le 2e tour est acté.

« En attendant, nous demandons à tous les membres de la Commission électorale de la Coalition « Sonko Président »ainsi que les responsables à la base (plénipotentiaires, mandataires et représentants dans les bureaux de vote) de rester mobilisés dans la perspective d’un second tour tel que annoncé par notre candidat lors de sa conférence de presse conjointe avec le candidat de la coalition Idy2019 », lit-on sur la note.

Avec emediasn

Publication de résultats du scrutin présidentiel : entre intox et désinformation ( Par Seybani Sougou).

La publication de certains « résultats » du scrutin du 24 février 2019 donne lieu à une intense campagne de désinformation, devenue une arme de destruction massive. Il y a donc lieu d’inciter nos concitoyens à la plus grande prudence.

L’étalage de pourcentage par ci ou par-là doit être regardé avec prudence. Avoir 95% au FOGOLEMBI, n’a pas la même signification qu’avoir la majorité dans les zones où le poids démographique est fort (axe Dakar-Thiès-Diourbel).

L’élection présidentielle n’est pas une addition de pourcentage (le poids électoral de certains départements est faible voire insignifiant).

On peut remporter tous les départements du Sénégal et ne pas obtenir la majorité absolue au 1er tour d’une élection présidentielle. Ce fut le cas, avec Abdoulaye WADE en 2012.

A ce titre, il convient féliciter le site PRESSAFRIK, qui a relevé ce mardi 26 février 2019, une énorme incongruité concernant les chiffres publiés par le journal l’Observateur, qui font état de 750 619 votes flottants (environ un demi- million d’électeurs, ce qui est énorme).

Il faut que ce journal nous explique par quelle magie, le cumul du résultat de tous les candidats est supérieur au nombre de votes valablement exprimés. Diantre, où sont passés ces 750 000 votes ? De qui se moque t’on?

Macky SALL prétendait que le 24 février 2019, à 12 heures, la messe serait dite. Nous sommes aujourd’hui le 26 février 2019, à 14 heures. Si la victoire est claire, nul besoin d’attendre des jours pour en connaitre le verdict (il y a anguille sous roche).

Il faut espérer qu’il n’ait pas mis à profit tout ce temps pour ajuster les résultats. Obsédé par un second mandat, l’homme est capable de tout. Soyons vigilants et méfions nous des INTOX!

Seybani SOUGOU

Alioune Tine : vigilance, retenue et sens absolue des responsabilités

Le Premier ministre ne devait absolument pas faire cette conference de presse pour donner des résultats fantaisistes – Les leaders de l’opposition ne doivent pas non plus décréter de façon absolue l’existence d’un deuxiéme tour

Il y a 7 ans Serigne Mbacké Ndiaye avait donné Wade gagnant au premier tour, cela avait passablement agacé l’opinion et les observateurs de l’Union Eurooéenne l’avait rappelé à l’ordre.

Quelques jours apres la Commission de recencement des voix de la Cour d’appel avait donné les vrais résultats qui indiquaient clairement un deuxieme tour.

Le présent scrutin a un enjeu élevé et il est à risques car les aspirations au changement sont trés fortes, et les gens sont lassés d’attendre,sont lassés d’etre floués par de fausses promesses.

Jamais la participation au débat national n’a connu une telle ampleur du coté des jeunes dans les réseaux sociaux avec des exigences de liens au sens, de liens aux autres, de la nécessité réajuster ‘un comportement politique qui a deserté l’ethique et les valeurs et de plus en plus porté sur l’intéret personnel, l’intérêt partisan, l’intérêt familial ou clanique.

Demande forte de rupture par rapport à la continuité d’un systeme institutionnel, autoritaire, un systeme de prédation des institutions et des ressources; un hyper prédentialisme, macrocéphal et anthropophage qui caporalise et bouffe toutes les institutions de la République.

Bref absence d’idéal et de vision dans la politique dont la visée est strictement réduite au partage du gateau.

Alors faut-il s’etonner des replis identitaires qui caracterise clairement cette élection. Aujourd’hui on a atteint un seuil critque dans la déscente aux enfers des politiques publiques et on ne peut internellement s’asseoire sur le couvercle de la cocotte minute.

La société sénégalaise à soif de changement et La résistance au changement par les méthodes autoritaires et arbitraires ont atteint des limities au-dela desquelles ,il ne reste que la violence comme solution, l’explosion de la cococotte minute devient inéluctable, c’est désormais l’équation changer ou périr qui se pose à ce pays.

Quel que soit le président élu, s’il ignore ses impératifs, il n’ira pas loin et mettra ce pays en danger.

D’oû la nécessité de réinventer ensemble une démocratie délibérative, émancipée , nous avons besoin d’une économie politique de la gouvernance décolonisée et émancipée de toute forme d’impérialisme.

Pour l’instant la vigilance, la retenue et le sens des responsabilités doivent etre de rigueur pour les responsables de l’Etat dont le role à l’heure actuel doit etre de rappeler ceux qui violent les regles de l’Etat de droit , à l’ordre. Si eux-memes les violent ils créent la confusion et la violence.

Nous estimons que le Premier ministre ne devait absolument pas faire cette conference de presse pour donner des résultats fantaisistes. Les leaders de l’opposition ne doivent pas non plus décréter de façon absolue l’existence d’un deuxiéme tour.

Il faut laisser les organes de regulation, de surveillance et de réglement du contentieux, seuls habilités à se prononcer nous donner les résultats, il faut leur laisser la liberté de faire leur travail en toute sérénité.

Apres la remarquable démonstration de maturité,de sens des responsabilité dont le grand peuple sénégalais a fait preuve le 24 février, en votant dans la discipline,dans la dignité pour exprimer sa Volonté dans la paix, ce serait un crime grave, de ne pas tout faire pour que cette Volonté soit absolument respectee par Tous.

Pour cela, il faut que tous les organes de régulation répondent absolument à leur fonction sans ingérence de l’administration, des forces de sécurité et des acteurs politiques. La CNRA doit etre à la hauteur.

Ce serait injuste de faire de la presse le bouc émissaire d’une situation politique sensible et des confusions crées par les politiques .

Cependant la presse ne doit pas accorder un interet majeur aux déclarations des résultats faites en dehors des voies legales les plus appropriees.

La CENA doit faire preuve de dynamisme et arréter et condamner ceux qui font de l’ingérence dans son domaine de compétence.

Enfin le manque de dynamisme de la Cena et son affaiblissement surtout concernant la prévention et le reglement de ce genre de situation expliquent aussi les confusions de roles.

Il faut enfin attendre et faire confiance que la Commission de recencement des voix donne les résultats demain inshallah. Depuis 1998, ces magistrats font le travail avec dévouement professionalisme et impartialité.

Enfin, que les contieux sur le scrutin soient portés au Conseil constitutionnel competent pour connaitre cette matière. Le Sénegal est assurément à la croisée des chemins avec un ancrage de la culture démocratique au sein du peuple. Notre probleme c à la classe politique à la classe toutes obédiences et sensibilités confondues de se montrer dignes et responsables pour etre a la hauteur et de trouver des réponses aux attentes du peuple.

Hold-up rampant (Par Demba Ndiaye)

Alors que le dépouillement des résultats n’est pas achevé, au nom de quelle vérité et légitimité, le Premier ministre s’autorise des verdicts qui ne relèvent absolument pas de ses compétences ?

L’opération avait été tentée en 2012 par des faucons et autres courtisans du palais : imposer une victoire hors urnes. Le peuple s’y était dressé et mis un holà ! C’était contre le président sortant actuel. Et voilà que sept ans après, les victimes d’hier s’adonnent à la même ignominie.

Qui autorise un Premier ministre d’un gouvernement en partance, à annoncer des résultats électoraux et la victoire de son camp ?

Alors que le dépouillement des résultats n’est pas achevé, au nom de quelle vérité et légitimité, le Premier ministre s’autorise des verdicts qui ne relèvent absolument pas de ses compétences.

Au nom de quelle autorité, légitimité, le Premier ministre s’autorise le droit de proclamer des résultats électoraux que les urnes n’ont pas encore donné ?

Où sont ces appendices démocratiques appelés « observateurs » de l’Afrique et de l’Europe ? Ils observent quoi ? Ils voient quoi ? Leur utilité, depuis longtemps mise en doute, est aujourd’hui complètement sans nécessité.

Ils ferment les yeux sur les errements de la presse de leur continent ; ils se bouchent les oreilles, le nez, les yeux, quand un Premier ministre sortant donne des résultats à des heures indues ?

Ces observateurs n’ont rien vu, rien entendu, qui « pourraient entacher » la crédibilité du scrutin ! Leur traditionnel refrain ! Evidement, ils sont logés, nourris, blanchis même, aux frais de la reine. Qui n’est autre que la République dont ils sont venus observer le fonctionnement.

Reste les liaisons dangereuses que les patrons de presse peuvent entretenir avec le pouvoir en place. Liaisons qui peuvent comme tous les amours interdits, conduire à des actes et dérives …impropres.

Et en général, les employés n’ont rien à voir avec les deals de leurs patrons. Ils sont comme dans certains reportages « embeded ». Embarqués dans des guerres qui ne sont pas les leurs.

Il faut le dire avec force : ce qui va se passer à partir de ce lundi, est de la stricte responsabilité du gouvernement sortant. En voulant coûte que coûte rester au pouvoir, en forçant pour le premier tour, le candidat-président sortant est comptable de toutes les dérives à venir.

DEMBA NDIAYE

Présidentielle 2019 : Jour de scrutin calme au Sénégal

Les sénégalais sont sortis en masse ce 24 février 2019 pour élire un président de la République. Le taux de participation pourrait atteindre un record vu la forte mobilisation des populations.

Les électeurs devront choisir entre 5 candidats dont le président sortant Macky Sall.

A midi, le vote se poursuit toujours dans le calme mais il faut toutefois noter quelques incidents mineurs dans certains centre de vote notamment à Touba et dans la banlieue dakaroise.

Pourquoi je voterai Idrissa Seck incha Allah

Parce que les injustices qu’il a subies — en particulier une détention carcérale injuste — et sa longue traversée du désert ont assurément mûri l’homme – Parce qu’il sait s’entourer des meilleures compétences.

En 1960, lorsque les pays de cette partie-ci du continent accédaient en chaîne à l’indépendance, deux géants en particulier dominaient l’ex-Afrique occidentale française.

Il s’agit des présidents Léopold Sédar Senghor du Sénégal et Félix Houphouët Boigny de la Côte d’Ivoire. Lesquels n’avaient pas les mêmes visions pour leurs pays.

Le poète-président et agrégé de grammaire Senghor choisît de miser sur la construction d’une Nation et mit l’accent sur l’éducation en formant des ressources humaines d’une très grande qualité mais aussi sur les institutions et la construction d’un Etat solide. Son ambition était de construire un socialisme « à hauteur d’homme ».

Plus tard, il instaura la démocratie marquée notamment par un multipartisme limité à trois puis quatre courants de pensée. Le médecin « africain » et planteur Houphouët-Boigny, lui, opta pour la réalisation d’infrastructures, la constitution d’une bourgeoisie nationale solide et proclama sans complexe sa préférence pour une voie de développement capitaliste.

Ce là où presque tous les pays du continent se disaient « socialistes » ! L’ivoirien avait construit une ville (Abidjan) à l’américaine avec des routes de standard international, des ponts, des « gratteciel » en tout cas des buildings de verre et de béton.

Le monde entier s’extasiait devant le « miracle économique » ivoirien tandis que Senghor organisait son Festival mondial des arts nègres, construisait son Musée Dynamique, son théâtre Sorano, ses corps de ballets, son Ecole des Arts, sa Manufacture des Arts décoratifs.

Trente ans plus tard, dans les années 90, la Côte d’Ivoire implosait sur la question de l’« ivoirité ». Houphouët, contrairement à Senghor, n’avait pas construit une Nation et dès que les cours mondiaux de café et de caco se sont effondrés, la vitrine ivoirienne s’est craquelée. Et le miracle, qui était un trompe-l’œil, s’est estompé.

Le modèle sénégalais, fondé sur les institutions et l’éducation, ce qu’on appelle aujourd’hui la bonne gouvernance aussi, était le bon. Surtout, Senghor a donné un rayonnement international sans précédent à notre pays en étant le premier chef d’Etat du continent à quitter volontairement le pouvoir. Plus tard, le Sénégal a connu deux alternances spectaculaires qui ont fini de le consacrer comme phare de la démocratie sur le continent.

Or, c’est justement cette tradition démocratique, cette marque de fabrique, ce bien le plus précieux de notre pays, cette exception sénégalaise, tout cela qui est mis en danger depuis sept ans.

Pour la première fois dans l’histoire politique de notre pays, deux hommes, parce qu’ils sont considérés comme des rivaux à une élection présidentielle et des obstacles à l’obtention d’un second mandat, ont été jetés en prison sans autre forme de procès. Ou, plutôt, à l’issue de procès loufoques conduits par des magistrats non pas seulement couchés, mais aplatis.

Toutes des accusations absolument grotesques. Et alors que, sous le magistère du président Senghor — qui ne fut pas toujours, certes, un enfant de chœur mais le contexte de guerre froide et de pays nouvellement indépendant l’excusait grandement et aussi celui de son successeur Abdou Diouf, il existait une vie politique civilisée avec de vrais droits et des avantages accordés à l’Opposition, depuis 2012, tous ces acquis ont été foulés au pied.

A l’Assemblée, les groupes parlementaires de l’opposition, il faudrait plutôt employer le singulier, se disloquent sous les coups de boutoir d’un pouvoir soucieux, sinon de les dissoudre, du moins de les fragiliser à l’extrême. L’Opposition n’est plus consultée et passe son temps à parer les tentatives de déstabilisation.

Le Code électoral consensuel de 1992, fruit d’un dialogue national inclusif, a été déchiré au profit d’une gestion unilatérale et brutale du processus électoral.

Plus grave, notre pays, de havre de paix et de refuge pour tous les opprimés du continent, est devenu pour eux soit une prison (pour l’ex-président tchadien Hissène Habré emprisonné sur financement du dictateur Idriss Déby) ou un enfer dont ils sont expulsés sous le moindre prétexte.

L’ex-putschiste gambien Kukoï Samba Sanya, chassé du Sénégal vers le Mali, est mort dans ce dernier pays quelques jours après son arrivée. Le bloggeur tchadien Mikhaïla Nguebla a été mis dans un avion, direction Conakry d’où il s’est envolé par la suite pour la France. L’activiste Kémi Séba, lui, a été expulsé vers la France.

Même sort pour l’opposant gambien Cheikh Sidya Bayo chassé du Sénégal vers l’Hexagone. Bref, tous les acquis démocratiques du Sénégal sont en train d’être vendangés, s’ils ne l’ont pas déjà été durant les sept ans de règne du président Macky Sall.

Un président de la République dont le péché originel, mais c’est là son moindre défaut, a été un honteux reniement ayant consisté à promettre aux Sénégalais et à la face du monde entier en particulier jusque sur le perron de l’Elysée mais aussi à l’Union Africaine et à l’ONU, qu’il réduirait son mandat de sept à cinq ans. Puis le Monsieur a regardé les Sénégalais dans le blanc des yeux pour leur signifier que son Conseil constitutionnel s’opposait à une telle réduction de son mandat !

Ajoutons à cela que les institutions ont été fragilisées pour être mises au service et à la gloire d’un Conducator, tandis que les contre-pouvoirs, là où ils n’ont pas été domestiqués, sont réduits à leur plus simple expression.

Last but not least, on assiste à une politisation inédite de notre Administration, jadis socle de granit sur lequel reposait l’Etat, les régies financières en particulier ayant fini d’être privatisées à son profit par une camarilla particulièrement vorace. Un fourrier de la transhumance !

S’il n’y avait que cela, c’est-à-dire ce reniement à la parole donnée et ce piétinement des conquêtes démocratiques si chèrement acquises par le peuple sénégalais !

Il s’y ajoute aussi, hélas, que ce Monsieur Macky Sall a porté à un niveau jamais atteint auparavant le fléau de la transhumance qu’il se jurait pourtant d’éradiquer ! Un fléau vil, ignoble, dégoûtant et dégradant que ce président cynique pour qui la fin justifie les moyens a remis au goût du jour pour ne pas dire promu et élevé au rang de sport national.

On assiste à une entreprise répugnante de détournement de suffrages de la part de mercenaires et de salopards qui, après s’être fait élire sous la bannière de l’Opposition, vont sans états d’âme se vendre au pouvoir en place. Des individus sans convictions, sans éthique, sans morale et sans vertu qui retournent leurs vestes ou leurs camisoles au gré des alternances.

Une pratique encore une fois encouragée, et le plus souvent suscitée, par un président qui jurait aux Sénégalais de mettre fin à cette pratique s’ils lui accordaient leurs suffrages.

Une fois au pouvoir, comme pour l’engagement consistant à réduire la durée de son mandat de sept à cinq ans, notre bonimenteur, qui s’est transformé en sergent-recruteur et sous-officier fourrier de la transhumance sitôt élu, s’est dédit et renié honteusement.

J’aurais pu parler de notre économie vendue aux étrangers, des centaines d’entreprises nationales à l’article de la mort, si elles n’ont pas encore mis la clef sous le paillasson du fait des difficultés dans lesquelles les a plongées le Trésor public, des scandales financiers à n’en plus finir etc.

Mais ce serait trop charger la barque. Rien que ces deux aspects développés dans cet article le démantèlement des acquis démocratiques du Sénégal et la promotion de la transhumance me suffisent pour ne pas voter pour le président sortant. Et après-demain dimanche, inch’Allah, je voterai pour le candidat Idrissa Seck.

Parce que c’est un homme d’Etat qui a une expérience de la gestion au plus haut niveau de cet Etat en tant que Premier ministre et ministre d’Etat chargé des Affaires présidentielles.

Parce que c’est un chef qui sait se faire respecter. Parce qu’il sait s’entourer des meilleures compétences. Parce qu’il a de l’ambition pour le Sénégal et saura défendre ses intérêts. Parce que l’équipe qui l’entoure me rassure.

Parce que c’est un homme moderne, ouvert sur le monde. Parce que depuis 1983 que je le connais, il a participé à toutes les luttes démocratiques du peuple sénégalais.

Parce qu’il saura, je pense, combattre la transhumance dont il a été victime plus que n’importe quel homme politique sénégalais.

Parce que les injustices qu’il a subies en particulier une détention carcérale injuste et sa longue traversée du désert ont assurément mûri l’homme.

Et surtout, surtout, parce que j’espère qu’il ne se transformera pas en maton sitôt pour à son tour emprisonner tous ses opposants !

Mamadou Oumar NDIAYE

Justice manipulée, mal gouvernance : Le journal Le Monde brocarde Macky Sall

Une visite au Sénégal en mars 2018, le président turc Recep Erdogan n’a pu cacher sa surprise en serrant les mains des ministres sénégalais, tous venus l’accueillir à l’aéroport. « Vous avez beaucoup d’enfants ! », lance-t-il au président Macky Sall, qui vient de lui avouer, non sans-gêne, le nombre de membres du gouvernement.

Trente-neuf au total ! Et c’est sans compter le ministre du suivi du Plan Sénégal Emergent (PSE), les trois ministres sans portefeuille et… les trente-neuf ministres conseillers. En refaisant donc les calculs, pas moins de quatre-vingt-deux ministres pour une population d’un peu plus de quinze millions d’habitants !

Pourtant, le mandat du chef de l’Etat avait débuté plus modestement en 2012. Vingt-cinq ministres. Comme promis dans son programme électoral. Mais la bonne gouvernance n’aura duré que six mois.

Parce qu’à gouvernement conséquent, budget conséquent.

Plus de 1 400 milliards de francs CFA (plus de 2 milliards d’euros) ont été votés en décembre 2018 pour la loi des finances 2019. Et ce, rien que pour la présidence, la primature et les trente-cinq ministères – les quatre autres étant des ministres délégués. Ce budget a triplé en sept ans, preuve de l’oubli de la promesse électorale.

« Abdoulaye Wade avait multiplié les agences de développement budgétivores. Macky Sall, lui, le nombre de ministres et de fonds secrets, qu’on appelle communément caisse noire », regrette Jacques Habib Sy, président de l’ONG Aid Transparency.

Des magistrats sous pression

Dans son programme Yoonu Yokkute (« la voix du progrès » en wolof) que Macky Sall présentait aux Sénégalais en 2011, celui qui n’était alors que candidat accordait aussi une place de choix à l’indépendance de la justice.

« Mis sous tutelle du pouvoir exécutif, instrumentalisé par ce dernier et insuffisamment doté en ressources humaines et matérielles, le pouvoir judiciaire n’est pas toujours en mesure d’assurer pleinement ses missions avec impartialité et indépendance », pouvait-on lire dans le document de campagne de 2012 où le chef de l’Etat s’engageait à « renforcer l’indépendance du Conseil supérieur de la magistrature (CSM) par sa composition, son organisation et par son fonctionnement ».

Sept ans plus tard, le ministre de la justice, Ismaïla Madior, a signé ce 19 février, en émettant des réserves, le mémorandum pour l’indépendance de la justice présenté par la Plateforme de la société civile pour l’indépendance de la justice (Pacij).

Tous les autres candidats à la présidentielle, eux, avaient sans réserve signé ce texte proposant de supprimer la présence de l’exécutif et du ministre de la justice au sein du CSM. Le garde des sceaux a, lui, suggéré un recul mesuré du président, mais pas un retrait.

Cette réorganisation du Conseil supérieur de la magistrature n’est pas le seul dossier en attente. Les réformes judiciaires, proposées par l’Union des magistrats du Sénégal (UMS) en 2017, tardent aussi à être effectives.

« Les magistrats, quand ils jugent, même s’ils sont indépendants, subissent une pression telle que certains peuvent prendre des décisions qui plairaient à l’exécutif. Pour mettre fin à tout cela, il faut une réforme de la justice », expliquait le président de l’UMS, dans les colonnes de Sud Quotidien, le 7 janvier.

Accusé d’avoir créé une justice sélective

Selon le journaliste judiciaire Pape Ndiaye, c’est la justice sénégalaise dans son ensemble qui a connu un recul sous le premier mandat de Macky Sall. « La Constitution a été tripatouillée plus de dix fois, une tradition qui date de Senghor et dont Abdoulaye Wade a aussi largement usé, avec quinze révisions au total.

Côté loi électorale, on ne compte pas moins de dix-huit modifications. Et enfin, il y a eu vingt-cinq plaintes contre le Sénégal devant les juridictions internationales », précise-t-il. La majorité d’entre elles concernent l’affaire Karim Wade, le fils de l’ancien chef de l’Etat.

Macky Sall est d’abord accusé d’avoir créé une justice sélective, qui écarterait ses adversaires politiques. Les cas de Karim Wade et de l’ancien maire de Dakar, Khalifa Sall, condamnés pour détournement de deniers publics, sont emblématiques de cette critique.

Lors de son arrestation en mars 2017, Moustapha Diakhaté, alors président du groupe parlementaire Benno Bokk Yaakaar, la coalition au pouvoir, déclarait dans un entretien au média en ligne Seneplus que « toute gestion épinglée par l’IGE [Inspection générale de L’Etat] sera traitée par les canaux prévus par la République (…).

Même pour les rapports de l’Ofnac [Office national de lutte contre la fraude et la corruption]. Toutes les personnes qui ont été incriminées seront entendues et s’il doit y avoir des sanctions, elles seront sanctionnées ».

L’opposition réclame l’application de cette mesure, notamment pour l’affaire du directeur du Centre des œuvres universitaires de Dakar (COUD).

En effet, dans le rapport de l’Ofnac de 2014-2015, le responsable du COUD et responsable APR (Alliance pour la République) à Ndioum, Cheikh Oumar Hanne, est accusé de « détournement de deniers publics » et exerce toujours ses fonctions. Le groupe La Poste est aussi cité dans ce même « rapport d’enquête qui a été transmis à l’autorité judiciaire pour que les poursuites soient engagées ».

La création de l’Ofnac, en 2012, à l’initiative du président Macky Sall, pour répondre à la forte demande de transparence, avait pourtant été saluée comme une belle avancée.

Pour une refonte des institutions

Reste que ce tableau du monde judiciaire cache des progrès notoires, comme la révolution de plusieurs codes de droit.

Ainsi, le chroniqueur judiciaire constate que 97 lois ont été votées entre 2012 et 2019 pour réformer les codes pénal, forestier, minier et celui de la justice militaire. S’y ajoutent la réforme de la magistrature et l’installation du tribunal de commerce en 2018 pour un règlement des conflits par la médiation.

D’autre part, l’avènement des tribunaux d’instance et de grande instance, mais également l’institution des chambres criminelles en lieu et place des cours d’assises, a redessiné le paysage, comme la réforme sur le code de procédure pénale qui répond désormais à la vieille revendication des avocats d’assister leur client dès interpellation.

Une justice aux ordres pour certains, un législatif docile pour d’autres. « Sous Wade, il y avait des débats houleux à l’Assemblée, sous Macky, elle exécute », déplore Mame Less Camara, journaliste, pour qui « sous ce régime, il y a eu un recul systématique de chacun des trois corps de la démocratie, à savoir l’exécutif, le législatif et le judiciaire ».

Souvent donnée en exemple en Afrique, la démocratie sénégalaise serait-elle en danger ? « Ce pays n’a rien d’une exception démocratique.

C’est une fausse impression des gens de passage », estime Jacques Habib Sy, d’Aid Transparency. Pour autant, le régime de Macky Sall ne serait pas une exception et les problèmes seraient plus structurels, liés aux institutions, qui ressemblent à celles qu’avait la France sous la IVe République.

Des assises ont d’ailleurs été organisées pour une refonte des institutions, sans avoir donné pour l’heure de résultat.

Par Salma Niasse Ba, Le Monde

Au nom de la Patrie ! Par Ndao Badou le Médiateur


L’Histoire est un concentré d’opportunités que des hommes ont pu appréhender et saisir. Les hommes qui ont fait l’Histoire ont été exposés à prendre des décisions majeures qui ont changé le cours des choses.

Dans notre pays, le temps est aux sacrifices personnels. Le Sénégal est à la croisée des chemins avec cette élection qui est un tournant majeur, un virage qu’on ne doit pas rater sous aucun prétexte sous peine de tomber dans un précipice dont nous mettrons beaucoup de temps à sortir ou d’où nous ne sortirons jamais.

Il est des moments, au nom de l’intérêt majeur que les ego s’effacent pour laisser place à l’essentiel..
On en est là.

La majorité des Sénégalais, principalement les jeunes qu’aucune politique de développement n’a pris en charge pendant le septennat de ce régime politicien sans autre vision que la politique et le maintien au pouvoir, aspire au changement qualitatif des hommes et des choses.

Les pères et mères de familles sont désabusés par l’avenir sans perspectives de leurs enfants et les patriotes sont blessés dans leur orgueil par la désinvolture d’un homme et de son clan qui n’ont aucune limite dans la prédation, l’arrogance et le népotisme.

L’élection de 2019 appelle à la prise de responsabilité pleine dans nos choix et nos décisions en cela qu’elle va déterminer à jamais le chemin que notre pays va prendre. Rien ne pourra plus être comme avant, sinon, si les choses sont laissées en l’état, nous allons droit vers le mur. C’est certain.

C’est pourquoi, au nom de l’intérêt majeur qui doit nous unir devant le péril de notre avenir, il est du devoir de chacun, surtout de ceux qui aspirent à nous diriger de se donner et de saisir la chance d’entrer dans l’Histoire.

Aujourd’hui, one seule alternative s’offre à nous pour changer les choses. C’est l’Union Sacrée pour sauver le Sénégal, notre pays, notre Patrie.

Deux candidats ont entre leurs mains, les espoirs des jeunes, vieux et de tous les Sénégalais qui aiment leur pays. Il s’agit de Ousmane Sonko et de Idrissa Seck.

Ces deux hommes sont les espoirs de millions de jeunes, d’hommes et de femmes qui ont en commun de vouloir le changement et un autre Sénégal où la Justice, la bonne gouvernance et le développement seront au cœur des priorités. Ces deux hommes sont pris dans les espoirs du peuple du changement.

Ils doivent en avoir conscience et prendre conscience qu’ils sont responsables devant l’histoire si le pouvoir échappe au peuple du changement. Ils seront fautifs et l’Histoire ne le leur pardonnera jamais s’ils ne font pas taire leurs propres ambitions devant la priorité majeure.

Au peuple du changement, jeunes et vieux, mères et pères, vous avez aussi l’impératif de l’essentiel.

Taisez vos différences pour aller à l’essentiel, au vouloir commun qui est de dégager ce régime dangereux qui a mis la Nation Sénégalaise au bord de l’implosion et qui a toujours agi contre les intérêts du Sénégal et des Sénégalais. Ne soyez pas les complices de la forfaiture en restant divisés.

Donc, à l’heure où on est, nous sommes face à une seule urgence, faire tomber le régime de Macky Sall et de son clan. Pour cela, une seule et unique solution : S’UNIR.

Que Ousmane Sonko et Idrissa s’unissent ici et maintenant et dès le 1 er tour, cette élection sera pliée par cette masse de jeunes et de Sénégalais de tous âges qui ne veulent qu’une chose : le changement.
Que Ousmane Sonko le Patriote. Le jeune qui a tout son avenir devant lui. Qui a le pouvoir à portée de mains, au nom de l’intérêt majeur du Sénégal et pour ne prendre aucun risque, rejoigne Idrissa Seck avec ses Patriotes, ces jeunes qui aiment leur pays pour une victoire nette et sans bavure du peuple du changement dès le 1 er tour pour ne donner aucune chance à Macky Sall et son clan. Et pour que Ousmane rejoigne. Aucun critère que le droit d’ainesse.

Que Issa Sall en fasse de même avec ses jeunes à la discipline légendaire.

Que Madické fasse retrouver sa famille politique autour de l’essentiel.

Au nom de la Patrie. Au nom de l’unique urgence. Au nom de l’intérêt majeur du Sénégal, notre Sénégal, taisez vos ambitions et mettez – au service de l’Avenir du Sénégal..
N’attendez pas un 1 er tour plein d’incertitudes pour vous unir, faites – le ici et maintenant.
Unis ! Nous vaincrons.

Wade s’abstient et adoube Idrissa Seck, Sonko et Issa Sall


Déclaration du Président Abdoulaye Wade

L’élection du 24 février 2019 est assurément une mascarade électorale. Elle est planifiée de longue date par Macky SALL qui, pour obtenir sa réélection, a modifié la constitution, la loi électorale, condamné, emprisonné et exilé des leaders politiques qui pouvaient valablement lui faire face et le battre dans une élection digne de ce nom. Le parrainage que Macky SALL a introduit dans le processus électoral apparait maintenant aux yeux de tous comme une opération machiavélique pour choisir les candidats qu’il pourrait accepter dans une élection qu’il a déjà gagnée.

J’avais, dès mon retour à Dakar, demandé aux Sénégalais de s’opposer à la tenue de cette élection. J’ai parcouru le pays et partout les Sénégalais, mobilisés comme jamais, m’ont montré leur affection et leur détermination à combattre Macky SALL.

J’ai fait la concession, à la suite de la demande pressante de chefs religieux et de chefs d’états voisins, d’opposer une résistance, somme toute ferme mais pacifique, à ce qui apparait comme une élection truquée dès le départ. Mais personne ne doit douter que lorsque tous les Sénégalais comprendront que cette élection mascarade n’est qu’une énorme farce de mauvais goût de Macky SALL pour organiser sa réélection, le peuple souverain se dressera pour organiser une véritable élection présidentielle.

Je rappelle que depuis deux ans déjà, le PDS et ses alliés avaient exprimé dans un livre blanc portant sur le bilan des élections législatives de juillet 2017, en décidant de ne plus participer « …à l’avenir à aucune élection ou consultation (…) organisée et supervisée par un gouvernement de Macky SALL ; à tout le moins, (ils s’opposeront) par tous les moyens à toute tentative de Macky SALL d’organiser sur le territoire national une semblable mascarade ».

Cet engagement du PDS et ses alliés a été repris par toute l’opposition regroupée au sein du Front de Résistance Nationale et du C25 qui s’est engagée non seulement à s’opposer à tout scrutin organisée par un ministre de l’intérieur partisan, mais aussi à mettre en place dans tous les quartiers et villages des comités de résistance populaire chargés de défendre la démocratie et la liberté du citoyen de choisir ses représentants à l’issue de scrutins transparents.

Le PDS n’a pas changé d’options et reste fidèle à une position qu’il s’est évertué à expliquer et faire partager par le plus grand nombre.

Aujourd’hui, personne ne doute qu’un scrutin organisé par le gouvernement de Macky SALL, qui s’est évertué à en exclure 22 des 27 candidats sélectionnés, manque totalement de sérieux tant les manquements et violations des droits et libertés sont manifestes.

Notre candidat, Karim WADE librement choisi à l’issue d’un congrès a été empêché par Macky SALL de se présenter au scrutin de ce dimanche 24 février alors qu’il a gagné toutes ses procédures à l’international. Nous attendons avec confiance et sérénité le délibéré de la Cour de Justice de la CEDEAO.

Le PDS n’a pas changé d’option et il ne saurait accorder quelque crédit à un scrutin organisé dans ces conditions et ne se rendra pas complice d’un viol du suffrage des citoyens dont le « président » qui en sera issu n’aura assurément aucune légitimité et ne pourra jamais être reconnu. Il lance un appel solennel pour arrêter un processus qui ne peut que mener le Sénégal vers le chaos.

Il est encore temps d’entreprendre de larges consultations pour réinstaurer la nécessaire confiance préalable à l’organisation d’une élection ouverte, juste, transparente et incontestable susceptible de permettre aux citoyens d’exprimer librement leurs choix.

Dans ces conditions, il va de soi que je ne voterai pas le 24 février 2019 et je demande aux militantes et militants de notre parti, aux sympathisants, de ne pas participer à ce simulacre d’élection. Je peux comprendre tous ceux qui parmi nous pensent qu’ils pourront défaire Macky SALL en soutenant un des candidats de l’opposition (Idrissa SECK, Ousmane SONKO ou Issa SALL), même si ce n’est pas la position du parti. Nous nous retrouverons après l’élection pour en faire le bilan et mieux armer notre parti.

Avec le parti, je demande au candidat du PDS, Karim WADE librement choisi à l’issue d’un congrès de continuer le combat, avec les militants, les sympathisants et les mouvements de soutien pour le report du scrutin de dimanche prochain et qu’il soit rétabli dans ses droits pour participer à l’élection présidentielle et se faire élire si les citoyens lui accordent leur confiance.

Fait à Dakar le 21 février 2019
Maitre Abdoulaye WADE
Ancien Président de la République
Secrétaire Général National

Risque de chaos au Sénégal : D’anciens Chefs d’Etat africains alertent

Un Rapport estampillé « West Africa Election » qui porte l’empreinte de John Dramani Mahama du Ghana, Ernest Baï Koroma de la Sierra Leone et Saulos Chilima Abeokuta, actuel vice-président du Malawi soulève de réelles craintes quant au scrutin du 24 février prochain au Sénégal et celui de 2020 prévu en Côte d’Ivoire, rapporte Source A.

Avec à leur tête Olusegun Obasanjo, ces personnalités tirent la sonnette d’alarme. Ils évoquent aussi, dans leur document, des risques liés à la coupure ou à la rationalisation de l’Internet le jour de l’élection présidentielle. Et d’alerter : « Si le Sénégal sombre dans le chaos, c’est toute la région qui bascule ».

Un gâteau dénommé « Mamadou » jugé raciste et retiré d’une boulangerie


Cette variation de la «tête de nègre», au nom déjà polémique, a indigné de nombreux internautes.

Une boulangerie de Saint-Bonnet-de-Mure (Rhône), située au sud-est de Lyon, a créé la polémique avec une pâtisserie nommée «Mamadou», représentant une caricature de la tête d’un homme noir, avec des lèvres épaisses roses et de gros yeux blancs.

Cette variation de la «tête de nègre», au nom déjà polémique, a indigné de nombreux internautes qui ont dénoncé une initiative raciste, après avoir visionné une vidéo du présentoir de la boulangerie «Au fournil murois».

Interrogé par Le Mouv, le gérant de l’établissement, Ange Filippi, a déclaré qu’il n’était pas le créateur de cette pâtisserie et a présenté ses excuses. «Cette pâtisserie a été créée par mes prédécesseurs, c’est absolument pas moi qui l’ai créée, a-t-il assuré. Je l’ai repris et je n’ai jamais eu de problèmes

«JE COMPRENDS LEUR COLÈRE»

«Il n’y a jamais eu aucune plainte (…). Cette pâtisserie doit exister depuis des décennies. Mais pour répondre aux gens, je comprends leur colère même si maintenant le mal est fait. Je trouve la réaction absolument normale et justifiée.»

Dans une vidéo publiée sur Facebook, via la Ligue de défense noire africaine, le gérant a également assuré que la pâtisserie ne pourra «plus jamais» être retrouvée chez lui, «et j’espère nulle part ailleurs».
Cnews

De l’anarchie dans les mosquées : le cas des appels à la prière (nodd)

Tout ce que nous faisons comme remarque voire critique se veut constructif comme nous y invite le hadith authentique: « La religion, c’est le bon conseil… »

Ce hadith indique bien qu’il existe en islam des possibilités de discussion sur tout ce qui concerne la vie de la communauté à travers la notion coranique de « Choura » (concertation) et dans ce cadre, le verset dit : « Et ils discutent de leurs affaires ».

Avant de revenir sur le fond relativement aux pratiques dominantes en matière d’appel dans les mosquées du Sénégal, il est important de rappeler que dans le culte musulman, la connaissance précède l’intention qui, elle, se traduit après par l’action prescrite.

Pour dire qu’il n’est pas question de justifier le désordre par la bonne intention supposée (« ils veulent bien faire ») ni par la fameuse expression (« c’est ce qu’on a trouvé ici »).

En d’autres termes, il s’agit, comme le dit le traité de Fiqh relatif aux règles des pratiques cultuelles très connu au Sénégal « Lakhdari », de savoir qu’il est obligatoire pour le majeur (moukallaf), de connaitre le jugement de la Loi de Dieu avant d’initier une quelconque action cultuelle.

Cela étant dit, voilà des constats clés sur cette question :

Si on prend le cas de l’heure de prière du fajar (matin), elle se fait actuellement vers 06h30. A noter que pour des mosquées éloignées de quelques dizaines de mètres, ce ne sont pas les mêmes heures !!!

Il se trouve qu’on entend des appels pour certaines mosquées dès 04h 30 mn voir 04h du matin. Puis, c’est une succession d’appels selon une fréquence dont bien malin qui pourra comprendre la justification, jusqu’au « salatou » (appel qui annonce la prière de deux rakkas de fajr).

Question : sur quoi se base le muezzin qui fait l’appel à 04h 30 mn, c’est-à-dire, 02h 30 mn avant le « salatou » ? Et la question corollaire est : « sur quoi se basent les muezzins des autres mosquées qui font l’appel plus tard ? »

Pour certaines mosquées, on entend des appels presque toutes les 15 minutes. Sur quelle base ?
Aussi, vu que pour des mosquées situées à des dizaines de mètres de distance des fois, les horaires de prières sont différents, le résultat est qu’on se retrouve avec des appels qui se succèdent et interfèrent dans un vacarme assourdissant.

Tout cela sur quelle base, quels sont les versets, les hadiths, les avis de l’école malékite qui autorisent ce qui est bel et bien de l’anarchie ?

De plus, la sonorisation mal maîtrisée fait que pour certaines maisons où sont dirigés des haut-parleurs, on sursaute à la résonance de l’appel mal fait avec un micro qui grince.

Puis, dans la plupart des mosquées, la prière est suivie d’une pratique qui « oblige » à éteindre les lampes et à utiliser le micro pour au moins 45 min !!!

Voilà quelques facettes de l’anarchie dont j’ai parlé dans mon post Facebook d’il y a quelques jours.

Aucune base sérieuse à ces appels désordonnés, aucun respect au droit au repos et au sommeil, qu’on soit musulman ou non.

Il est clair que tout musulman instruit et tout esprit raisonnable sera d’accord pour dire qu’il urge pour l’image de l’islam et la quiétude dans nos quartiers, de remédier à cette anarchie.

Cependant, il reste entendu que les « chants religieux » sont concernés par cette nécessaire réglementation.

J’invite à cette fin, les musulmans de toutes les sensibilités à se saisir de cette question pour engager des discussions de fond aux fins de lui trouver des solutions idoines.

Ces discussions devraient commencer au sein des mosquées dans nos quartiers : il faut interpeller avec toute la courtoisie qu’il faut (yar ak teeguin) les imams, les muezzins et autres notables afin de susciter ces discussions.

Si la communauté ne parvient pas à le faire pour je ne sais quelles (dé)raisons, il revient à l’autorité publique de pendre ses responsabilités.

Imam Ahmadou Makhtar Kanté
Paix sur vous
Vous pourrez retrouver ce texte sur mon Portail : www.tibiane.com

Le mouvement Nittu Deug appelle à sanctionner Macky Sall le 24 février


Le mouvement NITTU DEUG à travers ce communiqué de presse voudrait donner des arguments expliquant les raisons d’une sanction sévère allant à l’encontre du président sortant…

En effet le mouvement NITTU DEUG créé depuis 2013 a pour but de combattre l injustice, la restauration des valeurs religieuses et culturelles au Sénégal pour rappel.

Sa création a été déclenchée pour demande la libération sans condition des jeunes de colabanes injustement embastillés par la mort d’un policier nommé fodè ndiaye lors des manifestations prés électorale de 2012.

Ainsi constatant la promotion des valeurs anti religieuses se faites couramment par le candidat sortant comme: le wax waxett .. ( 5ans ..fais 7ans.. nomination de alioune sall . L’acception de la transhumance… ).. sa participation à la marche de charlie hebdos suite à la caricature de notre chère prophète… la promotion de l’homosexualité( cas kaolack) … la mise en place des marabouts au rang du citoyen ordinaire… la priorisation de certains familles religieuse au détriment des autres … sans oublier les défaillances économiques et démocratiques…

Au regard de tous ces considérations forces est de constater qu’on ne saurait voter en faveur de MACKY SALL.

Pour conclure le mouvement NITTU DEUG demande à tous ces partisans et sympathisants de voter contre la coalition BENNO BOCK YAKAR le 24 février 2019 …
Le coordonnateur: Omar sarr 77 802 59 56

La démocratie sénégalaise régresse pour la 3ème année consécutive

Dans son dernier rapport 2019 intitulé «la démocratie en retraite», compilant les données recueillies dans 195 pays, l’Ong américaine Freedom House a exprimé ses inquiétudes concernant le recul démocratique dans le monde. Et le Sénégal n’a pas échappé à cette dégringolade.

Notre pays poursuit, en effet, sa chute. De 78 points en 2016 puis 75 points en 2017, le Sénégal a encore perdu trois points cette année en obtenant 72 points dans ce dernier classement de l’Ong de défense des droits humains publié le 7 février dernier.

A l’échelle mondiale, l’Ong constate un recul des libertés en 2018 pour la 13e année d’affilée. Sur les 195 pays évalués, 68 ont connu une régression des droits politiques et des libertés civiques, contre 50 seulement qui ont enregistré une progression.

L’Ong américaine Freedom House a rendu public son rapport 2019 sur la liberté dans le monde intitulé «la démocratie en retraite».

En 2018, l’Ong américaine a enregistré la 13e année consécutive de déclin de la liberté globale. Le renversement a touché divers pays de toutes les régions, des démocraties anciennes comme les États-Unis aux régimes autoritaires consolidés comme la Chine et la Russie.

Les pertes globales sont encore faibles, comparées aux gains de la fin du 20ème siècle, mais la tendance est constante et inquiétante : la démocratie est en recul.

Dans les États qui étaient déjà autoritaires et qui ont obtenu les désignations «Non libre» de Freedom House, les gouvernements ont progressivement abandonné le voile sur la pratique démocratique qu’ils avaient instaurée au cours des décennies précédentes, alors que les incitations internationales et les pressions en faveur d’une réforme étaient plus fortes.

De plus en plus de pouvoirs autoritaires interdisent désormais les groupes d’opposition ou emprisonnent leurs dirigeants, éliminent les limitations de mandat et resserrent les vis sur les médias indépendants qui restent.

Entre-temps, de nombreux pays qui se sont démocratisés après la fin de la guerre froide ont régressé, face à une corruption généralisée, à des mouvements populistes antilibéraux et à des violations de l’Etat de droit.

De manière troublante, même des démocraties de longue date ont été ébranlées par des forces politiques populistes, qui rejettent des principes fondamentaux tels que la séparation des pouvoirs et les minorités visées à des fins de traitement discriminatoire.

Le Sénégal laissé à la traîne par le Cap vert, le Bénin, l’Afrique du Sud, le Ghana…

Et malheureusement, le Sénégal n’a pas échappé à cette dégringolade qui semble devenir mondiale. En effet, les libertés poursuivent leur chute au niveau de notre pays. Avec 78 sur 100 points en 2016, le Sénégal avait enregistré 75 points en 2017, avant de descendre encore en perdant trois points cette année, obtenant 72 points dans ce dernier classement de l’Ong de défense des droits humains.

Une mauvaise performance du Sénégal, d’autant que les autres démocraties du continent ont tous ou presque conservé leur note. Le Cap-Vert avec 90 points a maintenu sa note, le Ghana également avec 83 points.

L’Afrique du Sud et le Benin ont d’ailleurs fait mieux que l’an dernier en gagnant chacun un point de plus par rapport au dernier classement. Le pays des Bafana-Bafana est passé de 78 à 79 points alors que le Benin est passé de 82 à 83 points.

Des améliorations surprenantes en Angola et en Éthiopie

Toutefois, malgré les mauvaises performances au niveau général, une lumière a traversé ces nuages ​​en 2018. Des améliorations surprenantes dans certains pays, notamment en Afrique, avec l’Angola et l’Éthiopie, montrent que la démocratie a toujours été un appel pour responsabiliser les dirigeants et créer les conditions d’une vie meilleure.

Même dans les pays d’Europe et d’Amérique du Nord, où les institutions démocratiques sont sous pression, des mouvements civiques dynamiques en faveur de la justice et de l’inclusion continuent de s’appuyer sur les réalisations de leurs prédécesseurs, élargissant ainsi la portée de ce que les citoyens peuvent et doivent attendre de la démocratie.

La promesse de la démocratie reste réelle et puissante. Non seulement la défendre, mais en élargir la portée est l’une des grandes causes de notre époque.

La Serbie dans la fosse

En Europe, pour la première fois depuis 15 ans, la Serbie n’est plus considérée comme une démocratie par l’Organisation d’observation de la démocratie Freedom House. Le niveau de démocratie était en baisse depuis 2014 en Serbie, mais, cette année la baisse a fait basculer le pays dans la liste peu enviable des États partiellement libres.

La démocratie se détériore en Serbie depuis bientôt cinq ans selon l’Ong américaine Freedom House. Cette Ong lie cette dégradation à l’arrivée au pouvoir, d’abord en tant que Premier ministre, puis à la fonction présidentielle, d’Aleksandar Vucic, un ancien leader nationaliste reconverti en «pro-européen».

Depuis son arrivée au pouvoir, la liberté de la presse est en baisse constante et le nombre des attaques contre les journalistes est en augmentation. La société civile a aussi perdu de l’influence dans le débat public.

Par ailleurs, la qualité de la gouvernance, aussi bien au niveau national que local, s’est détériorée. Les campagnes de diffamation contre les opposants sont régulières dans une partie de la presse contrôlée par le régime. La Serbie reste un relatif bon élève dans les Balkans, mais surtout parce que les autres pays de la région n’étaient pas pour la plupart considérés comme complètement démocratiques. Le rapport de l’Ong décrit une politique gouvernementale à tendance autoritaire, destinée avant tout à renforcer le pouvoir du parti du président Vucic, le Parti progressiste serbe.

Ça tombe au mauvais moment pour le Sénégal

Pour le Sénégal, ce dernier rapport de l’Ong américain Freedom House intervient dans un moment crucial. En effet, pour être tombé quatre jours après le début de la campagne d’une élection à tension, le classement de l’Ong, avec la mauvaise note du Sénégal, ne fait pas l’affaire des gouvernants actuels. Et en attendant les résultats du scrutin du 24 février prochain, une chose est sûre, le prochain régime, qu’il soit celui de la continuité ou d’une alternance, devra travailler, beaucoup travailler, pour redresser cette situation qui n’honore pas l’image de la démocratie sénégalaise.

Fondée en octobre 1941, Freedom House est une organisation non gouvernementale basée aux États-Unis, financée par le gouvernement et qui mène des activités de recherche et de plaidoyer en faveur de la démocratie, des libertés politiques et des droits humains. Il se décrit comme «une voix claire pour la démocratie et la liberté dans le monde», bien que les critiques aient déclaré que l’organisation était biaisée en faveur des intérêts américains.

Les manœuvres de Ameth K. Niasse mises à nu

La cellule de communication du Parti Démocratique Sénégalais (PDS) informe l’opinion nationale et internationale que la visite rendue par Me Abdoulaye Wade, secrétaire général national à Cheikh NIASSE et à ses frères et sœurs ainsi qu’à Ameth Khalifa NIASSE avait un caractère purement personnel.

A aucun moment il n’y a eu d’échanges politiques entre Ameth Khalifa NIASSE et Me WADE qui à la fin, se sont isolés à la demande de Ahmed K. Niasse qui tenait à lui présenter des membres de sa famille.

La Cellule de communication du PDS rappelle que la position officielle et constante du parti est de s’opposer avec tous les moyens légitimes à un scrutin dont tout le monde s’accorde à dire qu’il manque de transparence.
En conséquence aucune consigne de vote n’a été donnée en faveur de l’un quelconque des candidats.

La cellule de communication

Le candidat Macky Sall est moralement disqualifié pour diriger le pays

« Le Prophète Mahomet(PSL) faisait toujours montre d’un égard scrupuleux envers ses engagements. » (George Bernard SHAW) »

A l’issue d’un processus entaché d’irrégularités, d’injustices, d’illégalités et de pratiques dolosives de toutes sortes, sous la supervision, le contrôle et les directives fermes du candidat sortant, notre fameux Conseil constitutionnel atteint gravement et durablement d’incompétence congénitale, a fini de désigner les cinq candidats retenus pour briguer les suffrages des Sénégalais.

C’est ainsi que depuis le 03 Février a démarré la campagne électorale sur l’ensemble du territoire national et dans la diaspora. De l’avis de plusieurs observateurs la présente campagne parait morne, terne et sans un engouement particulier contrairement à ce qu’elle aurait dû être par rapport aux enjeux charriés par les nouvelles perspectives et opportunités qui se présentent favorablement pour notre pays.

En effet, la découverte et l’exploitation prochaine du pétrole et du gaz, ainsi que les autres ressources existantes détermineront une nouvelle trajectoire et des conditions de développement plus amènes pour notre pays.

Il y a lieu de constater objectivement, pour s’en désoler un peu, de la part des quatre candidats de l’opposition, une certaine réserve, une retenue et une pudeur qui frisent l’autocensure et ce, par rapport aux critiques acerbes et attaques en règle que devrait subir le candidat sortant.

Il ne s’agit pas seulement de soumettre à l’appréciation des Sénégalais et à leur sanction des projets de société et de décliner des programmes de réalisations mais aussi de convaincre et d’expliquer que l’actuel régime est incapable de répondre aux préoccupations et de satisfaire les besoins existentiels des populations.

Et pour ce faire, il faut forcément, obligatoirement et nécessairement, en se débarrassant de tout scrupule injustifié, dénoncer et mettre à nue les insuffisances, les tares, les incapacités et les dysfonctionnements du régime ; de même que la gestion calamiteuse de nos ressources et la mal gouvernance.

Une omerta, un silence gênant sont observés de la part de certains candidats de l’opposition qui donnent l’impression d’éviter de parler des déviances comportementales de Macky Sall.

Les méfaits et les forfaitures du candidat sortant qui sont très souvent d’une gravité extrême doivent être dénoncés publiquement et de la manière la plus vigoureuse ; et il n’y a pas meilleure opportunité ni tribune plus et mieux indiquée que la campagne électorale.

Il est bien vrai, et c’est le vœu de tous nos compatriotes, que nous voulons tous d’une campagne paisible et sans violence ; il n’en demeure pas moins qu’en pareille période, il soit concevable d’avoir des discours un tantinet percutants et mordants avec une petite dose de virulence propres aux joutes électorales.

Nous ne sommes pas dans le cadre d’une simple et banale compétition sportive ou ne compte que la participation, il s’agit de solliciter les suffrages des Sénégalais pour présider à leur destinée.

Le souci de vouloir rester dans le politiquement correct et le socialement acceptable ne doit pas constituer un facteur dirimant, un élément inhibiteur qui rendrait les uns et les autres amorphes ou timorés. Les candidats de l’opposition doivent s’inscrire résolument dans le registre de l’attaque à outrance pour contraindre Macky à la défensive ; s’il se permet de verser dans la raillerie et le persiflage, c’est tout simplement parce qu’il réalise qu’on le ménage sans raison.

Les discours de campagne ne doivent pas se réduire à des lieux communs, à des poncifs dont certains sont éculés, repris en chœur par les foules.

On ne saurait exclure cette forme de communication qui est source de communion et relations fusionnelles entre le candidat et les potentiels électeurs ; mais elle ne doit pas dissiper la nécessité d’un discours solennel, sérieux, véridique et dense.

Les candidats de l’opposition semblent suivre le sillage du Président sortant qui, dans le cadre d’une stratégie bien pensée, développe une rhétorique sur ses réalisations. Et à chacun de faire des promesses sur la réalisation d’infrastructures au profit des zones visitées. Ce n’est pas une mauvaise chose.

Ce qu’il faut comprendre, c’est que, contrairement aux autres candidats, le Président sortant est tenu de faire un bilan ; et ce bilan ne saurait porter sur les infrastructures. Un bilan se fait à partir d’un objectif initialement fixé, d’un cahier de charge.

Il faut rappeler que le Président Macky s’est imposé lui-même son cahier de charge en déclarant officiellement et publiquement qu’il a été élu, non pas pour construire des routes et des ponts mais pour restaurer l’état de droit. N’avait-il pas dit « la gouvernance ne se réduit pas à construire des infrastructures ; une gouvernance, c’est aussi des valeurs morales, des principes et de l’éthique. L’établissement de l’état de droit sera ma priorité dans la conduite des affaires du pays. »

Comme il est aisé de le constater, les exemples étant légion, les propos antérieurement tenus par le Président Macky Sall, nouvellement élu, sont en totale et pleine contradiction avec la triste et dure réalité vécue par les Sénégalais.

Il a lamentablement échoué sur les objectifs et priorités majeurs qu’il s’était fixé ; et conscient de cela, il développe une rhétorique sur ses réalisations dont la plupart ne sont que des éléphants blancs, c’est à dire des infrastructures grandioses et couteuses mais d’une faible utilité. De nombreux spécialistes ont démonté à suffisance l’absence totale de rationalité tant au niveau des couts, de la pertinence que de l’opportunité.

On pourrait en autres citer l’autoroute électoraliste « Ila Touba », nom qui n’apparait dans aucun document et le fameux TER, fermé aussitôt après avoir été inauguré ; un TER qui, en plus d’être futile, crée d’énormes désagréments aux populations dont les quartiers sont des ghettos urbains.

Des opérations d’arnaque puériles, naïves et démagogiques. Ces réalisations sont, pour la plupart faites, à partir de dons, de prêts concessionnels ou d’alliances, vraiment pas de quoi pavoiser.

Les candidats de l’opposition devraient dans une première phase procéder à la déconstruction de la rhétorique présidentielle sur les réalisations et dans une seconde phase opposer à ce bilan infrastructurel son désastreux bilan axiologique. Un bilan axiologique qui fait apparaitre la moralité apocryphe de Macky Sall dans toute sa laideur.

Le candidat sortant a, pendant sept ans, exercé un magistère caractérisé par beaucoup de reniements, moult abjurations, de multiples trahisons et plusieurs mensonges, faisant étalage de son énorme talent de bonimenteur.

Ce serait fastidieux de les énumérer tous ; toujours est-il que le bilan axiologique du Président sortant Macky SALL, le disqualifie pour solliciter à nouveau les suffrages des Sénégalais pour un deuxième (je dis bien un deuxième) mandat qui sera plus catastrophique et davantage calamiteux pour notre pays aujourd’hui dépossédé de sa souveraineté dans tous les domaines d’activités stratégiques. Et quand on est moralement disqualifié toutes les autres légitimités s’effondrent.

Chez nous Africains, l’imaginaire populaire considère que le pouvoir d’un Président est d’essence divine, c’est pourquoi son titulaire apparait comme un être exceptionnel représentant de Dieu sur terre, par conséquent, paré de toutes les vertus, et qu’à ce titre sa parole ne peut qu’être est sacrée. Un chef ne doit et ne peut mentir. Malheureusement il a été constaté à suffisance que la parole de Macky SALL est instable, légère, dangereusement spécieuse et qu’elle ne mérite guère qu’on lui accorde un quelconque crédit.

Le Président sortant a publiquement menti devant son peuple et la communauté internationale en niant des propos qu’il avait tenus ; une contre vérité démentie aussitôt et publiquement. Tout récemment l’ancien Président de la république Maitre Abdoulaye WADE l’ a publiquement accusé devant le khalife général des Mourides d’ avoir menti en déclarant avoir reçu de ses mains la somme faramineuse de sept milliards de nos francs. Jusqu’au moment où ces lignes sont écrites aucun démenti, aucune réaction. Il ne faudrait surtout pas, ce serait trop commode, se réfugier derrière l’âge avancé de Maitre WADE pour ne pas répondre. On ne doit pas accepter que son honneur soit bafoué par qui que ce soit, fut-il un saint. C’est un impératif pour le Président Sall de laver son honneur et publiquement, sinon il ne fera que confirmer sa réputation d’être porté sur le mensonge. C’est une image désastreuse qui le suivra tout le reste de sa vie. J’ai de la peine à parler de mensonge concernant une autorité et je m’excuse de la crudité du vocable, malheureusement je n’arrive pas à trouver une équivalence lexicale.

Ce qui est présentement déplorable dans notre cher pays, c’est le silence complice voire coupable de nos élites intellectuelles, universitaires et religieuses qui semblent avoir perdu leur capacité d’indignation, de contestation, de revendication et leur rôle social de vigie et leurs fonctions reconnues de conscientisation pour que les équilibres sociaux soient maintenus. Accepter l’autorité d’une personne dont les comportements et attitudes sont des antivaleurs et des contrevaleurs, c’est nier sa citoyenneté et brader sa dignité. Que voulez-vous ? Le Dieu argent a réussi à imposer sa religion corruptrice à la société ou ceux qui sont censés éclairer les esprits, éveiller les consciences pour les extirper de l’obscurantisme, sont les premiers et les plus prompts à pactiser avec le diable par cupidité.

A tout prendre, concernant la présente campagne électorale, les candidats de l’opposition doivent réajuster leurs discours en insistant sur des propositions concrètes de dimension nationale et en dénonçant sans état d’âme le bilan axiologique du Président sortant qui doit être considéré par les Sénégalais comme disqualifié pour diriger le pays. Nous voulons un Président vertueux, juste, sincère et honnête à même de gérer nos richesses avec équité, égalité dans la transparence la plus totale sans favoritisme clanique ni ethnique et sans népotisme fraternel.

« L’âme, l’esprit et le sens de l’Etat reposent dans le droit, la justice et l’éthique » (Marcus CICERON)

VOTER EN FAVEUR DE MACKY, C’EST VOTER POUR L’HOMME QUI S’EST RENDU A PARIS POUR APPORTER SON SOUTIEN A « CHARLIE » QUI A OSE INSULTER NOTRE BIEN AIME ET ADORE PROPHETE(PSL)

Dakar le 18 Février 2019 Boubacar SADIO
Commissaire divisionnaire de police
De classe exceptionnelle à la retraite.

Ismaila Madior Fall avoue que des responsables du « Macky »ont volé

La presse d’hier a repris une itw du ministre de la justice ismaila madior Sylla parue dans l’hebdomadaire Jeune Afrique dans laquelle il avoue explicitement que des responsables du camp présidentiel ont volé l’argent du contribuable et sont en train de payer…

Un aveu gravissime de la part du Garde des Sceaux

Franc CFA : Messieurs les dirigeants africains, arrêtez la prostitution intellectuelle! (Par Mohamed Dia)

Nous entendons de plus en plus de leaders africains louer cette monnaie.

Dernièrement, nous avons entendu un leader africain dire que « le franc CFA est notre monnaie, c’est la monnaie de pays qui l’ont librement choisi, depuis l’indépendance dans les années 60 » (…) « elle est solide, elle est appréciée, elle est bien gérée » (…) »nous sommes très, très heureux d’avoir cette monnaie qui est stabilisante ».

Le débat sur cette monnaie s’intensifie de jour en jour et il est temps que nous soyons sur la même page pour éviter un débat improductif. Il a un bon côté selon certains et un mauvais côté selon d’autres.

Nous allons démontrer que le franc CFA est une monnaie qui est vraisemblablement la cause de notre sous-développement entre autres raisons.

Franc CFA, une monnaie stable ?

Nous n’osons quand même pas dire que le franc CFA ne présente aucun avantage. C’est un exemple d’une coopération qui a été institutionnalisée entre la France et ses colonies partageant une histoire et une langue commune.

Nous devons nous rappeler que nous avions le choix de rester dans la Zone franc ou d’en sortir. Certains pays comme le Liban, l’Algérie, la Tunisie, le Maroc, le Madagascar et la Mauritanie sont sortis de la Zone franc durant différentes périodes.

D’autres pays ont décidé de rester dans la Zone et ils ont signé des accords qui régissent l’organisation de la Zone franc.

Le franc CFA est une monnaie stable, et la plupart des pays membre maîtrisent l’inflation pendant que les pays non-membre se battent contre une inflation croissante.

C’est le cas du Nigeria et du Ghana. Il facilite les échanges entre les pays membre, et son lien avec l’euro lui donne une crédibilité internationale, ce qui rassure les investisseurs.

Cependant, il présente bons nombres d’inconvénients que les avantages semblent être invisibles.
Tout ce qui brille n’est pas or !
Essayons de donner un exemple terre-à-terre pour essayer de le faire comprendre le concept à tout le monde.

Plusieurs d’entre nous ont eu à louer un appartement ou une maison et certains d’entre nous ont eu à acheter un appartement ou une maison.

Si le bien immobilier vous appartient, vous pouvez modifier comme vous voulez, faire des rénovations ou habiter sans aucune finition. C’est votre bien immobilier, vous en faites ce que vous voulez.

Si en revanche vous êtes un locataire, vous êtes à la merci de l’agence immobilière ou du propriétaire. Ils allument le chauffage ou l’éteignent quand ils veulent, ils réparent quand ils peuvent, vous n’avez pas trop de décision ni de pouvoir.

La monnaie marche de la même manière, si vous avez votre monnaie, vous pouvez l’ajuster selon les situations, mais si vous n’avez pas votre propre monnaie, vous êtes aussi à la merci de celui qui gère votre monnaie. Il est très important pour un Etat de gérer sa propre monnaie pour pouvoir gérer l’économie de son pays.

Des pays de l’Union européenne ont délaissé leur propre monnaie nationale pour une monnaie commune, l’euro, exception faite au Royaume-Uni qui n’a pas voulu délaisser sa souveraineté.

Avoir sa propre monnaie donne beaucoup de pouvoir à un Etat, mais si ce pouvoir est mal utilisé, cela peut mener à des désastres.

A titre d’exemple, après la Première Guerre mondiale, l’Allemagne était tenue de payer des dommages de guerre et pour le faire, elle avait imprimé beaucoup de deutsche mark créant ainsi une inflation sans précédent.

Si vous vous demandiez pourquoi les Allemands étaient stricts, voilà votre réponse. Nos états Africains, sont-ils assez responsables pour ne pas tomber dans ce piège ?

L’autre danger est la fixité de parités. Pour l’instant, cela ne nous impacte que sur la surévaluation monétaire dont nous faisons face, mais, le danger se trouve dans le taux de change des autres monnaies dont nous n’avons aucun contrôle.

Si jamais le dollar devient plus fort que l’euro, notre dette augmentera automatiquement sans aucun emprunt supplémentaire.

L’exemple le plus utilisé est si 1 dollar = 1 euro, donc 200 milliards de dollars de dette = 200 milliards d’euros. Mais si jamais 1 dollar = 1,25 euros, la dette passe de 200 milliards à 250 milliards. Nous ne contrôlons donc pas cette dette.

Maintenant certains orienteront le débat sur l’éventualité que le dollar soit plus fort que l’euro au lieu du principe.
La plupart des pays de la Zone franc n’ont pas assez de devises et cela est dû principalement à cette monnaie.

Si nous exportons des matières premières à la France pour une valeur de 10 millions d’euros, la France ne nous donne pas cette devise, mais plutôt une bonne conduite sur notre compte.

Si un pays non-membre de la zone Franc vend à la France des matières premières pour la même valeur, la France sera obligée de payer à ce pays 10 millions d’euros, ce qui augmentera la devise de ce pays conséquemment. Quand vous entendez que la France s’enrichit sur notre dos, c’est de cela qu’il s’agit.

Car, si la France ne débourse aucune devise en traitant avec les pays membre de la Zone franc, elle utilise cet argent pour combler son déficit budgétaire et elle peut aussi utiliser cette devise pour payer sa dette.

Ça ne semble pas juste ? Qui a dit que la vie était juste ? Vous voulez savoir ce qui se passera si vous refusez d’obéir à cette règle ?

La France bloque tout simplement vos réserves en devises et cela se fera sentir dans le pays et créera des soulèvements, des grèves, et même des guerres civiles dans certains pays.

L’autre argument est que dans nos réserves, la France nous verse des intérêts. Ce taux d’intérêt en valeur est presque insignifiant, car nous leur octroyons nos réserves à un taux négatif. Cela ne s’arrête pas là-bas, avez-vous déjà entendu parler d’aide publique au développement que la France nous octroie ?

L’intérêt qu’on nous donne est comptabilisé dans cette aide, donc ce qui veut dire que nous recevons notre propre argent, mais pas d’aide d’une manière directe.

Nous avons cependant le droit de sortir de la Zone franc sans conséquence, car certains pays ont eu à le faire et ils entretiennent d’excellents rapports avec la France.

Vous vous demandiez sûrement pourquoi les PME n’ont pas accès aux financements bancaires, n’est-ce pas ?

La réponse se trouve toujours derrière cette monnaie. Les banques centrales africaines doivent respecter la restriction monétaire copiée sur la banque centrale européenne.

C’est pourquoi vous entendez souvent dire que c’est la France qui décide tout dans nos pays et non le président en exercice. Le nier ne serait pas chose facile.

Et maintenant ?

Vous pensez que cela doit être suffisant pour sortir de la Zone franc dès demain, n’est-ce pas ? Ce n’est pas aussi facile qu’on ne le pense, et sortir de la Zone ne signifie pas forcément se développer comme certains le pensent.

Certes, les pays les plus « riches » en Afrique ont leur propre monnaie, mais sont-ils plus développés que nous ? Pas forcément.

Rien ne doit se faire par coup de tête ni dans un Etat ni dans une économie, tout est un processus, car le marché est très sensible à certains changements, surtout ceux qui sont brusques.

Quand l’Europe créait l’euro, l’Allemagne était l’économie la plus forte et elle avait décidé de prendre les devants, cependant, le Nigeria qui est la première économie en Afrique devrait aussi prendre les devants, cependant, il n’est pas très motivé par la création de cette monnaie unique avec les états membres de la CEDEAO.

Si nous prenons les pays de l’UEMOA, il n’y a pas une économie assez forte pour diriger ce convoi.

Doit-on laisser tomber dans ce cas ? Non, mais il faut que nous rectifiions pleines de choses avant de se lancer dans cette mission inconnue certes, mais possible quand même.

Et si au lieu de sortir du franc CFA dans l’immédiat, pourquoi ne reforme-t-on pas la parité ? Il faut plus de flexibilité dans la politique monétaire et nous pouvons négocier cela avec la France en attendant que nous soyons prêts pour notre propre monnaie ou une monnaie commune.

Le dénominateur commun des pays de la Zone est la monnaie, donc il est primordial de ne la remplacer que par quelque chose qui est mieux.

Si nous n’avons plus ce franc CFA en commun, cela pourrait nous fragiliser politiquement et cela va avec des conséquences, sommes-nous prêts pour assumer ces conséquences ?

Les dirigeants qui sont en place doivent reformer la parité du franc CFA, cette parité n’est pas forcée d’être fixée sur l’euro seulement, elle peut être calculée sur d’autres bases. Think outside the box diraient les Américains, c’est-à-dire de penser autrement, en innovant.

Pour conclure, nous savons tous, autant les dirigeants africains de la Zone que le France, que le franc CFA est un frein au développement économique des pays membre.

Cependant, il y a deux choses à éviter, l’une étant de vouloir sortir sans un bon plan au préalable et l’autre chose étant la prostitution intellectuelle qui n’est rien d’autre que nos dirigeants de dire et de répéter que le franc CFA est une monnaie solide.

Non, elle n’est pas une monnaie solide et nous devons sortir de la Zone franc pour nous développer, mais pas d’une manière hâtive et irréfléchie. On dit souvent mieux vaut un ennemi que tu connais qu’un ami que tu ne connais pas.
Mohamed Dia, Consultant bancaire

Nous entendons de plus en plus de leaders africains louer cette monnaie. Dernièrement, nous avons entendu un leader africain dire que « le franc CFA est notre monnaie, c’est la monnaie de pays qui l’ont librement choisi, depuis l’indépendance dans les années 60 » (…) « elle est solide, elle est appréciée, elle est bien gérée » (…) »nous sommes très, très heureux d’avoir cette monnaie qui est stabilisante ».

Le débat sur cette monnaie s’intensifie de jour en jour et il est temps que nous soyons sur la même page pour éviter un débat improductif. Il a un bon côté selon certains et un mauvais côté selon d’autres.

Nous allons démontrer que le franc CFA est une monnaie qui est vraisemblablement la cause de notre sous-développement entre autres raisons.

Franc CFA, une monnaie stable ?

Nous n’osons quand même pas dire que le franc CFA ne présente aucun avantage. C’est un exemple d’une coopération qui a été institutionnalisée entre la France et ses colonies partageant une histoire et une langue commune. Nous devons nous rappeler que nous avions le choix de rester dans la Zone franc ou d’en sortir.

Certains pays comme le Liban, l’Algérie, la Tunisie, le Maroc, le Madagascar et la Mauritanie sont sortis de la Zone franc durant différentes périodes.

D’autres pays ont décidé de rester dans la Zone et ils ont signé des accords qui régissent l’organisation de la Zone franc.

Le franc CFA est une monnaie stable, et la plupart des pays membre maîtrisent l’inflation pendant que les pays non-membre se battent contre une inflation croissante.

C’est le cas du Nigeria et du Ghana. Il facilite les échanges entre les pays membre, et son lien avec l’euro lui donne une crédibilité internationale, ce qui rassure les investisseurs.

Cependant, il présente bons nombres d’inconvénients que les avantages semblent être invisibles.

Tout ce qui brille n’est pas or !
Essayons de donner un exemple terre-à-terre pour essayer de le faire comprendre le concept à tout le monde.

Plusieurs d’entre nous ont eu à louer un appartement ou une maison et certains d’entre nous ont eu à acheter un appartement ou une maison.

Si le bien immobilier vous appartient, vous pouvez modifier comme vous voulez, faire des rénovations ou habiter sans aucune finition.

C’est votre bien immobilier, vous en faites ce que vous voulez. Si en revanche vous êtes un locataire, vous êtes à la merci de l’agence immobilière ou du propriétaire.

Ils allument le chauffage ou l’éteignent quand ils veulent, ils réparent quand ils peuvent, vous n’avez pas trop de décision ni de pouvoir.

La monnaie marche de la même manière, si vous avez votre monnaie, vous pouvez l’ajuster selon les situations, mais si vous n’avez pas votre propre monnaie, vous êtes aussi à la merci de celui qui gère votre monnaie.

Il est très important pour un Etat de gérer sa propre monnaie pour pouvoir gérer l’économie de son pays.

Des pays de l’Union européenne ont délaissé leur propre monnaie nationale pour une monnaie commune, l’euro, exception faite au Royaume-Uni qui n’a pas voulu délaisser sa souveraineté. Avoir sa propre monnaie donne beaucoup de pouvoir à un Etat, mais si ce pouvoir est mal utilisé, cela peut mener à des désastres.

A titre d’exemple, après la Première Guerre mondiale, l’Allemagne était tenue de payer des dommages de guerre et pour le faire, elle avait imprimé beaucoup de deutsche mark créant ainsi une inflation sans précédent.

Si vous vous demandiez pourquoi les Allemands étaient stricts, voilà votre réponse. Nos états Africains, sont-ils assez responsables pour ne pas tomber dans ce piège ?

L’autre danger est la fixité de parités. Pour l’instant, cela ne nous impacte que sur la surévaluation monétaire dont nous faisons face, mais, le danger se trouve dans le taux de change des autres monnaies dont nous n’avons aucun contrôle. Si jamais le dollar devient plus fort que l’euro, notre dette augmentera automatiquement sans aucun emprunt supplémentaire.

L’exemple le plus utilisé est si 1 dollar = 1 euro, donc 200 milliards de dollars de dette = 200 milliards d’euros. Mais si jamais 1 dollar = 1,25 euros, la dette passe de 200 milliards à 250 milliards. Nous ne contrôlons donc pas cette dette.

Maintenant certains orienteront le débat sur l’éventualité que le dollar soit plus fort que l’euro au lieu du principe.
La plupart des pays de la Zone franc n’ont pas assez de devises et cela est dû principalement à cette monnaie.

Si nous exportons des matières premières à la France pour une valeur de 10 millions d’euros, la France ne nous donne pas cette devise, mais plutôt une bonne conduite sur notre compte.

Si un pays non-membre de la zone Franc vend à la France des matières premières pour la même valeur, la France sera obligée de payer à ce pays 10 millions d’euros, ce qui augmentera la devise de ce pays conséquemment. Quand vous entendez que la France s’enrichit sur notre dos, c’est de cela qu’il s’agit.

Car, si la France ne débourse aucune devise en traitant avec les pays membre de la Zone franc, elle utilise cet argent pour combler son déficit budgétaire et elle peut aussi utiliser cette devise pour payer sa dette.

Ça ne semble pas juste ? Qui a dit que la vie était juste ? Vous voulez savoir ce qui se passera si vous refusez d’obéir à cette règle ? La France bloque tout simplement vos réserves en devises et cela se fera sentir dans le pays et créera des soulèvements, des grèves, et même des guerres civiles dans certains pays.

L’autre argument est que dans nos réserves, la France nous verse des intérêts. Ce taux d’intérêt en valeur est presque insignifiant, car nous leur octroyons nos réserves à un taux négatif.

Cela ne s’arrête pas là-bas, avez-vous déjà entendu parler d’aide publique au développement que la France nous octroie ? L’intérêt qu’on nous donne est comptabilisé dans cette aide, donc ce qui veut dire que nous recevons notre propre argent, mais pas d’aide d’une manière directe.

Nous avons cependant le droit de sortir de la Zone franc sans conséquence, car certains pays ont eu à le faire et ils entretiennent d’excellents rapports avec la France.

Vous vous demandiez sûrement pourquoi les PME n’ont pas accès aux financements bancaires, n’est-ce pas ? La réponse se trouve toujours derrière cette monnaie.

Les banques centrales africaines doivent respecter la restriction monétaire copiée sur la banque centrale européenne. C’est pourquoi vous entendez souvent dire que c’est la France qui décide tout dans nos pays et non le président en exercice. Le nier ne serait pas chose facile.
Et maintenant ?

Vous pensez que cela doit être suffisant pour sortir de la Zone franc dès demain, n’est-ce pas ? Ce n’est pas aussi facile qu’on ne le pense, et sortir de la Zone ne signifie pas forcément se développer comme certains le pensent.

Certes, les pays les plus « riches » en Afrique ont leur propre monnaie, mais sont-ils plus développés que nous ? Pas forcément. Rien ne doit se faire par coup de tête ni dans un Etat ni dans une économie, tout est un processus, car le marché est très sensible à certains changements, surtout ceux qui sont brusques.

Quand l’Europe créait l’euro, l’Allemagne était l’économie la plus forte et elle avait décidé de prendre les devants, cependant, le Nigeria qui est la première économie en Afrique devrait aussi prendre les devants, cependant, il n’est pas très motivé par la création de cette monnaie unique avec les états membres de la CEDEAO.

Si nous prenons les pays de l’UEMOA, il n’y a pas une économie assez forte pour diriger ce convoi. Doit-on laisser tomber dans ce cas ? Non, mais il faut que nous rectifiions pleines de choses avant de se lancer dans cette mission inconnue certes, mais possible quand même.

Et si au lieu de sortir du franc CFA dans l’immédiat, pourquoi ne reforme-t-on pas la parité ? Il faut plus de flexibilité dans la politique monétaire et nous pouvons négocier cela avec la France en attendant que nous soyons prêts pour notre propre monnaie ou une monnaie commune.

Le dénominateur commun des pays de la Zone est la monnaie, donc il est primordial de ne la remplacer que par quelque chose qui est mieux.

Si nous n’avons plus ce franc CFA en commun, cela pourrait nous fragiliser politiquement et cela va avec des conséquences, sommes-nous prêts pour assumer ces conséquences ?

Les dirigeants qui sont en place doivent reformer la parité du franc CFA, cette parité n’est pas forcée d’être fixée sur l’euro seulement, elle peut être calculée sur d’autres bases. Think outside the box diraient les Américains, c’est-à-dire de penser autrement, en innovant.

Pour conclure, nous savons tous, autant les dirigeants africains de la Zone que le France, que le franc CFA est un frein au développement économique des pays membre.

Cependant, il y a deux choses à éviter, l’une étant de vouloir sortir sans un bon plan au préalable et l’autre chose étant la prostitution intellectuelle qui n’est rien d’autre que nos dirigeants de dire et de répéter que le franc CFA est une monnaie solide.

Non, elle n’est pas une monnaie solide et nous devons sortir de la Zone franc pour nous développer, mais pas d’une manière hâtive et irréfléchie. On dit souvent mieux vaut un ennemi que tu connais qu’un ami que tu ne connais pas.
Mohamed Dia, Consultant bancaire

L’incontournable second tour : le ballotage aura lieu ( Par Moussa KEBE)

Le rendez-vous avec l’histoire est fixé pour le 24 février 2019 où chaque citoyen, s’il n’est pas privé du droit de vote, aura la possibilité de s’exprimer librement avec le candidat de son choix. Ce droit de vote est à la fois sacré car étant garanti par la constitution du Sénégal.

Mais à quelle élection s’attendre : maquillage électoral? Fraudes massives? Violence post- électorale? Les mots face aux maux sont nombreux, cependant, faudrait-il prédire une victoire du camp présidentiel qui proclame déjà Macky vainqueur ou espérer l’incontournable second tour?

Pour apporter, une élucidation à ces questionnements, nous avançons l’hypothèse selon laquelle : en l’absence de fraude électorale, il y aura incontestablement un second tour.

Hypothèse que nous allons valider scientifiquement à travers les statistiques, et à travers le paradigme dominant des différents systèmes électoraux, et du mode de scrutin dans un contexte, où la démocratie sénégalaise se situe bien non pas dans le système de parti unique mais dans le multipartisme, même si, pour la première fois dans l’histoire politique du Sénégal, on assiste à une élection sans partis politique, c’est-à-dire sans le PS et le PDS.

La première hypothèse pour expliquer l’incontournable second tour repose ici sur les statistiques. On doit noter que le contexte politique au Sénégal, et de la configuration de la cartographie électorale actuelle, combiné avec le bilan du président Macky Sall, ne lui permettent pas de passer au premier tour. Dans ce contexte, il faut définir le format de l’élection présidentielle au Sénégal qui se situe dans le scrutin à deux tours, encore appelé le système des deux tours. Dans cette perspective, pour être élu, il faut obtenir la moitié des voix plus « une », c’est-à-dire avoir la majorité absolue.

En d’autres termes, il faut avoir, 50 pour cent du suffrage exprimé, plus « une » voix. Dans le cas contraire, un second tour est organisé pour départager les deux candidats placés en tête durant le scrutin du premier tour.

Sous le jargon de la science politique, le terme employé est le « le scrutin de ballotage » où pour passer, une majorité relative et non absolue suffit pour départager les deux candidats.

Qu’en est-il pour l’élection présidentielle du 24 février 2019?

En se fondant sur les statistiques, pour que le président Macky Sall gagne les élections au premier tour, il doit faire preuve de beaucoup d’efforts à l’image de Maitre Wade dans le contexte électoral de 2007. Le leadeur du PDS avait réussi ce défi pour deux raisons.

D’abord, après 25ans d’opposition, il avait réussi à convaincre les sénégalais de son patriotisme en se focalisant sur les grands travaux et grands chantiers dès son premier mandat, pour asseoir sa légitimité et sa popularité.

Ensuite dans le contexte électoral de 2007, l’opposition était à la fois fragile et dispersée, d’une part le projet de « Bénno » entre Niasse et Tanor autour d’une candidature unique pouvant renverser Wade avait fini en queue de poisson, d’autre part, Idy venait de s’affirmer en tant que chef de file de Rewmi, voire de l’opposition où son parti reste encore un bébé prématuré sortant de l’embryon n’ayant pas encore conquis le cœur des sénégalais et des couches populaires.

C’est sans dans doute la raison pour laquelle, Wade avait battu le record dès le premier tour de l’élection présidentielle du 25 février 2007 avec un score de 55,86%.

Avec un taux de participation de 70,77%, Wade à 80 ans avait obtenu 1.910.368 de voix des 3.419.751 suffrages exprimés sur les 4.824.888 inscrits. C’est la raison pour laquelle, presque dans tous les départements, Wade dépasse largement tous les autres candidats avec la majorité absolue.

Nous en voulons pour preuve son résultat à Mabacké avec 85% des suffrages, à Ranérou avec plus de 82% de voix, à Vélingara et Linguère avec 70% et assure la suprématie et le contrôle à Dakar avec plus de 52%; au moment où Niasse (5.93%), Tanor (13.56%) et Idy (14.92%) en combinant leurs résultats ne faisaient que 34% de l’électorat national.

En suivant la logique de la configuration électorale actuelle, proclamer le président Macky Sall vainqueur dés le premier tour de l’élection présidentielle du 24 février 2019, reste une hypothèse très difficile à vérifier.

Prenons la probabilité que le Président Macky Sall, réussira à gagner avec la majorité absolue à Matam avec 72533 voix (65%), à Dakar avec 606619 voix (73%) à Diourbel avec 116991 voix (51%) à Fatick avec plus 101389 voix (74%) à Kaolack avec 113681 voix (73%). Le contexte électoral actuel ne lui donne pas ce résultat pour plusieurs raisons.

D’abord 50 pour cent de la jeunesse et les intellectuels vont voter pour Ousmane Sonko, qui d’ailleurs constitue une force non négligeable de l’opposition durant cette élection présidentielle au moment où des alliances se forment autour du candidat Idy lui permettant de pallier aux insuffisances de 2007 et de 2012, sans pour autant oublier la force de la formation politique d’obédience religieuse (PUR) du professeur Issa Sall. En d’autres termes, l’opposition actuelle est plus forte que celle de 2007.

Ensuite, le camp présidentiel ne doit pas compter sur le ralliement massif de certains partis politiques et mouvements sociaux auprès du président Macky Sall pour proclamer une victoire dès le premier tour.

Car si la transhumance politique suffisait a assuré une victoire éclatante, Wade dans le contexte électoral de 2012 n’aurait pas dû perdre le pouvoir. La probabilité de vérifier une telle hypothèse est nulle. Donc, on en déduit que le second tour aura lieu.

La deuxième hypothèse ne repose pas sur les statistiques, mais sur le mode scrutin. En poussant la réflexion plus loin, le mode de scrutin au Sénégal n’est pas le système majoritaire à un tour, qui avait émergé en Suède, en Danemark, en Grande-Bretagne et dans les Dominions britanniques.

Dans le scrutin majoritaire à un tour, le candidat qui obtient une majorité relative est proclamé vainqueur durant l’élection. Le Sénégal ne se trouve pas dans cette catégorie, donc le ballotage aura lieu.

En prenant en compte, le système majoritaire, on note le scrutin majoritaire pur et simple et le système des deux tours. Dans le scrutin majoritaire pur et simple, le candidat qui obtient le plus grand nombre de voix est proclamé vainqueur quel que soit le total des voix obtenues par ses adversaires.

Le Sénégal ne se trouve pas dans cette catégorie, donc le ballotage aura lieu. Le Sénégal se trouve dans le système des deux tours où il faut avoir la majorité absolue pour remporter les élections, donc le ballotage aura lieu.

Dans le même ordre d’idées, l’élection présidentielle pour le 24 février 2019 n’est point un scrutin de liste ou scrutin uninominal, on ne se retrouve pas dans un suffrage uninominal où chaque circonscription cherche à élire un candidat.

Le suffrage est non plus plurinominal où chaque circonscription cherche à élire plusieurs candidats se regroupant sur des listes (scrutin de liste), donc le ballotage aura lieu.

Dans l’élection présidentielle du 24 Févier 2019, il ne s’agit non plus d’une représentation proportionnelle où il faut octroyer un nombre de sièges des minorités en fonction des voix obtenues dans les circonscriptions.

Et même en considérant le palais présidentiel comme un siège, on doit octroyer qu’une seule place à la personne choisie par la majorité absolue des sénégalais et pour cela, le ballotage aura lieu.

Incontestablement, Macky sera au second tour, mais avec qui? Idy ou Sonko? Dans ce contexte électoral figé, où la complexité des enjeux nous recommande la prudence, comme mère de sûreté, le deuxième tour avec Idy ou Sonko dépend du degré d’abstention ou de la participation des citoyens dans ce processus électoral.

Le fort taux de participation politique de la jeunesse (80%) peut permettre à Sonko de passer au second tour avec Macky car son discours persuasif est capté par les jeunes qui souhaitent renverser ce système.

Par ailleurs, le poids d’Idy est similaire à une dent de scie car il bénéficie d’un soutien qui n’est pas trop significatif avec des personnes, d’une part qui ont peur de s’affirmer, d’autre part, des leadeurs qui ne remplissent même pas le parrainage requis et avec des cadres politiques qui ont une représentation nulle à l’Assemblée Nationale et sans base politique. Le duel reste entre Idy et Sonko pour rejoindre Macky et la réalité manifeste est que Sonko constitue maintenant une figure emblématique et incontournable de l’histoire politique de ce pays.

Il apparait comme un révolutionnaire qui compte sur la force du verbe et non sur les moyens financiers, qui appelle non pas à une alternance mais une alternative, qui ne cherche pas le changement, mais incarnant lui-même le changement dont le charisme, incontestablement, forge le discours et légitime son action politique.

Dans ce contexte politique complexe où l’enjeu est de taille, garder tout simplement à l’esprit que le ballotage aura lieu.

Et au-delà de l’application des lois telles que formulées et enseignées par Maurice Duverger, on doit se souvenir de l’existence du lien étroit entre un système politique et son système électoral; aboutissant dans un ballotage où il n’est point question de choisir, mais d’éliminer.

Enfin, qu’adviendra-t-il avec un ballotage sans le président Macky? Il s’agira pour la première fois dans l’histoire politique du Sénégal où la construction de notre démocratie ne sera pas seulement consolidée mais achevée définitivement.

Il s’agit ici d’une troisième hypothèse que le lecteur ou l’électeur, grâce à sa liberté de pensée, doit en tirer ses propres conclusions.

Moussa KEBE

Science PO/UQAM

Ousmane Sonko échappe à une agression physique

La scène s’est déroulée à Kédougou où était présente la coalition Sonko président. Une voiture a tenté de foncer droit vers celle d’Ousmane Sonko qui communiait avec les populations. L’information a été livrée par le site d’information Igfm.

Le pire a pu être évité grâce à la réactivité d’un des gardes rapprochés du leader de Pastef qui l’a intercepté en le poussant de manière agressive avant qu’un autre agent n’intervienne pour le neutraliser. Il a voulu résister, mais face à la rigueur des hommes de Sonko, il n’a pu tenir longtemps.

Jusqu’ici, nul ne sait pourquoi le jeune homme a voulu faire cela. Ousmane Sonko a toutefois demandé à sa garde rapprochée de ne pas s’en prendre à lui et de le laisser partir.

Des Podorois traitent Aïssata Tall Sall de « traîtresse »


Le ralliement de la présidente du Mouvement “Osez l’Avenir”, Aïssata Tall Sall à la coalition “Benno Bokk Yakaar (Bby)” du président Macky Sall soulève des vagues de protestation jusque dans son Podor natal.

Ce samedi, on a constaté sur place, au cours de la marche du candidat de la coalition Idy2019, que des populations de Podor, “ville des gens dignes et fiers, villes des hommes et femmes fidèles et sincères”, que les populations de cette localité, du moins celles qui gardent jalousement ces valeurs ancestrales, n’adhèrent pas au choix de leur maire, Aïssata Tall Sall.

Elles ont traité de « traîtresse » leur maire. « Workat la, workat la » (c’est une traitresse) a scandé la foule quand Idy a dit que celle qui s’appropriait Podor quand elle a décidé d’aller de l’autre côté, a reçu un message très clair.

La caravane Orange a fait le tour de la ville et partout les populations sont sorties spontanément l’acclamer et l’accompagner jusqu’à la la sortie de la ville.

Igfm

Jeu politique et hors-jeux… (Par Amadou Tidiane Wone)

« Politique ? Po la tiggi ! » entend-on dire parfois « La politique, c’est vraiment un amusement, un jeu. »

C’est ainsi que je tenterai de traduire, laborieusement et sans la fine saveur de certaines tournures de nos langues nationales, l’expression ouolof «po la tiggi » . Elle joue en effet, et à bon escient, avec les sonorités du mot « Politique » en français pour le tourner en dérision une fois mis à la sauce du cru.

On parle d’ailleurs de « jeu politique » en occident… Chez nous, le jeu n’a jamais une dimension « sérieuse » , tout au plus ludique comme il se doit … Le jeu, l’amusement, la dérision, la plaisanterie ne sont utilisés « sérieusement ( !) » que dans nos mécanismes sociaux de régulation des conflits. Notamment pour vivifier la parenté dite à plaisanterie qui contribue à bâtir des ponts entre les ethnies et même à les cimenter.

La plaisanterie, disons la parole plaisante, est la règle entre grands parents et petits-enfants, entre cousins consanguins ou ethniques. Elle permet de se dire tout, et même les critiques les plus acerbes, dans la bonne humeur, la courtoisie et les règles de bienséance.

Au fond, tout prétexte à rire est utilisé pour décrisper les relations sociales et abattre les murs d’incompréhension entre les humains. Le « jeu social » chez nous, n’est donc pas un « jeu de dupes » .

Mais le levain de fraternités exquises et de solidarités transversales. Malentendu culturel ? Choc de civilisations ? Lorsque nous prendrons le temps de réfléchir en profondeur sur qui nous sommes vraiment, nous prendrons conscience de notre richesse culturelle et humaine incroyable.

Ce sera alors le temps de nous « développer », comme nous l’entendons, au lieu de poursuivre une course poursuite avec le modèle occidental, en perte de sens pour cause de brouillage des repères de l’homme.

En tous cas, au regard de ce que le « jeu politique » est devenu dans notre pays, eu égard aux fondamentaux culturels, spirituels et moraux, sensés être les références de notre Nation, des questions se posent que l’on ne doit plus esquiver. La colonisation nous a appris à voter, à élire et à choisir nos dirigeants à la manière occidentale.

Elle nous a imposé les modalités de conquête des suffrages à travers des campagnes électorales où le spectaculaire l’emporte sur le sens.

Nous y avons ajouté notre sens du rythme, nos sonorités et notre folklore. Mais aussi nos excès, voire nos dérives.

Nos campagnes électorales sont ainsi le prétexte à une redistribution débridée de subsides… illicites aux électeurs. Plus on a de moyens et plus on attirera des foules.

Et les foules ne s’y trompent pas qui suivront indistinctement toutes les caravanes à condition d’être transportées, nourries et…désintéressées. Corruption en masse dans l’impunité totale. Même certains Imams sont pris dans la nasse…

Autre manœuvre… dolosive, les 5 minutes de temps d’antenne allouées à chaque candidat. Il faut faire foule. Parfois s’adresser à une foule qui ne vous regarde pas. Pour la télévision. Pour entretenir l’illusion.

Au besoin, traverser un marché ou une grande avenue aux heures de pointe. Cela permet de colorer gratuitement une foule en y déversant quelques militants et leurs banderoles.

La technique est éprouvée… Sinon, Il faut que les équipes de Com veillent au cadrage des images. Pour les « ajuster » Car elles doivent toujours paraître plus enthousiastes que nature. Jeu de dupes…

Mais il y’a un autre hors-jeu qui s’est invité dans la campagne électorale en cours. Un jeu de mains. « jeu de mains, jeu de vilains » dit pourtant la maxime… Eh ! bien lorsque les gros bras s’y mettent, le jeu tourne au massacre.

Et l’on note depuis quelques jours une recrudescence d’actes violents sanctionnés, hélas, par des pertes en vies humaines.

Sans compter les nombreux accidents de la circulation, causés par les caravanes électorales qui outrepassent toutes les règles du code de la route et de la sécurité routière.

C’est comme si le temps de la campagne électorale était une période de non droit : des véhicules surchargés, sans plaque d’immatriculation, s’ébranlent en cortèges désordonnés qui perturbent la quiétude des usagers de la route.

Le recours intempestifs à des gyrophares dans une nuée de motos « Jakarta » qui slaloment dangereusement, ajoute au stress des automobilistes dont les nerfs sont déjà à vif à cause des kilomètres de bouchons. Notamment à Dakar, depuis que le chantier du TER a rétrécit les options de déviation…

Toute cette folle ambiance fait partie du jeu… Mais elle occulte la partie essentielle que nous doivent les hommes politiques : la formulation d’idées simples pour nous faire rêver ou espérer.

L’énonciation de programmes faisables répondant en priorité à la satisfaction de nos besoins : l’emploi des jeunes, l’éducation, la santé, la sécurité, la création et le partage équitable des richesses.

Et pourtant chaque candidat a pris le soin de rédiger un document. Avec des idées intéressantes pourtant. Qui peut les entendre dans la cacophonie en cours ?

Il reste encore quelques jours de ce…carnaval électoral. Une demande pressante, voire une exigence démocratique, serait la confrontation des programmes des différents candidats à travers un débat public radio télévisé. Depuis quelques jours un hashtag #sunudebat fait rage dans les réseaux sociaux.

Si la maturité de notre démocratie est vraiment une réalité, rien ne devrait s’opposer à la tenue d’un tel exercice afin que les sénégalais voient, non plus des monologues parallèles, mais surgir du choc des idées et des tempéraments des candidats à la magistrature suprême, la personnalité qui emportera l’adhésion de la majorité des électeurs. Sinon, il restera encore un goût de parodie inachevé du modèle occidental.

Tant qu’ à faire, imitons ce qui s’y fait de mieux ! Il paraît que 4 des candidats en lice ont marqué leur accord. Le cinquième ne peut pas refuser de s’y soumettre !

En attendant, nous prions pour le repos de l’âme de toutes les victimes de notre jeu politique et social qui n’en finit pas de se jouer de nous en multipliant les…. hors-jeux !

Amadou Tidiane Wone

Birahim Seck : les politiciens doivent surveiller leur langage

Contre les violences qui ont entraîné la mort de militants supposés appartenir au camp de la coalition au pouvoir, Benno bokk yakaar (BBY), et occasionné plusieurs blessés notamment des journalistes, Birahim Seck, le coordonnateur du Forum civil appelle les leaders politiques et militants à plus de responsabilité dans cette période pré-électorale.

« Nous avons, indique-t-il, toujours attiré l’attention du pouvoir mais également de l’opposition et de toute la frange de la population sur la nécessité de balayer les germes de la violence. La situation qu’on a constatée à Tambacounda, nous le déplorons avec la dernière énergie. »

Poursuivant, il invite l’opposition mais également le pouvoir à « surveiller le langage qu’ils tiennent (à l’occasion) des meetings mais aussi de protéger davantage ceux qui sont chargés de véhiculer l’information. Et, qui sont quand même très important dans l’exercice de la démocratie. »

Citant la presse, Birahim Seck soulignent que les journalistes « méritent beaucoup plus de protection. » Aux partis en compétition, il les invite à « prendre des mesures idoines pour protéger ces braves gens qui ne font que leur travail. »

Dans ce sillage, le successeur de Mouhamadou Mbodj se dit en phase avec la mesure prise par le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, Aly Ngouille Ndiaye, de renforcer la sécurité des différents candidats en effectifs (police et gendarmerie).

« Dans les grandes démocratie, cela se passe comme ça, applaudit-il. C’est l’Etat en réalité qui se charge de protéger les citoyens, que ce soit le président sortant, que ce soit les autres candidats.

Nous sommes tout à fait d’accord, aujourd’hui, que les forces de l’ordre puissent assurer la sécurité des candidats mais cela doit être sur demande parce qu’il y a certains candidats qui n’auront pas confiance sans doute.

Dans ce cadre-là, il faudrait qu’il y ait un texte qui encadre le choix de ces agents de sécurité-là pour qu’ils respectent un certain nombre d’éléments. »

Le coordonnateur du Forum civil se prononçait en marge du séminaire avec l’Association des maires du Sénégal (AMS) sur la généralisation de la certification citoyenne