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Pourquoi au Sénégal, la démission n’est-elle pas dans la culture de ses hommes politiques ? ( Par Mandiaye Gaye )

Le cas d’Aliou Sall est la parfaite confirmation sans équivoque, du manque de culture de démission de nos hommes politiques au Sénégal. Mais pour être conforme avec l’histoire, il y a eu le cas rarissime, parce que, historique de Mamadou Seck, ancien ministre, de l’Économie et des finances, sous le président Wade. Pour rappel, M. Seck, lorsque son nom a été cité dans une affaire de malversations, il a aussitôt pris la décision, de son propre chef, de démissionnerde son poste, sans attendre, pour se mettre à la disposition de la justice. Mais dans le cas de M. Seck , il faut souligner que ce dernier était, tout-à-fait, convaincu de son innocence.

Et, c’est ainsi que d’ailleurs, après les investigations nécessaires, il a été lavé proprement par la justice et sans la protection étanche  d’un frère président. C’est le seul cas, que j’ai connu dans l’histoire du Sénégal, parmi les hommes politiques. Donc, « Gaccé ngalama » bravo Mamadou Seck pour ton loyal geste empreint de dignité qui t’honore, mais honore également, tes amis et ta famille. Vivement que le cas de Mamadou ou Boy Seck pour les amis fasse enfin école et des émules. Hé oui, je rêve !

Mais pourquoi M. Aliou Sall n’a -t-il pas démissionné de tous ses postes, jusqu’à présent, malgré tout ce tollé relatif à ce scandale de Pétrotim, dont il est mêlé. Alors Aliou Sall n’a-t-il pas pourtant, mille raisons de plus que Mamadou Seck pour démissionner de ses postes publics depuis l’éclatement de cette nébuleuse affaire de pétrotim ? Bien sûr que oui ! Etne serait que pour mettre son frère de président à l’aise, Aliou Sall aurait dû, démissionner dès la première heure de l’éclatement de ce scandale .

Ensuite, est-ce que de l’argent aussi entaché de pétrole et de gaz vaut la peine de souiller son honneur personnel et celui de sa famille pour l’éternité ? Ou bien se dit-il, comme ces gens qui ont pour Dieu, l’argent et se disent que l’argent n’a pas d’odeur ? Non, c’est vraiment tristede voir un tel spectacle où, un homme, telle une guêpe, colle à l’argent de cette façon-là! Puisque, il n’y a pas l’ombre d’un doute, qu’Aliou Sall devait démissionner ou être déchargé par le président de ses fonctions officielles dès l’annonce du scandale l’impliquant. 

Comme l’avait fait M. Seck en son temps. Et si Aliou ne le faisait pas, le président, bien qu’il soit son frère, un sentiment que la République ne prend pas en compte, doit le démettre sans tarder. Puisque dans le cas de Khalifa Sall, le président avait aussitôt commis la justice pour une enquête diligente sur le bienfondé de l’affaire de la mairie de Dakar. Ici, dans le cas de son frère, qui est de loin plus grave, le président n’a pas pris jusqu’à présent, de mesures concrètes donc, ses responsabilités concernant ce scandale, considéré par beaucoup de citoyens, comme le plus grave scandale de l’histoire du Sénégal.

Les atermoiements et les hésitations du président de la République sur cette affaire ont, tout l’air d’une protection déguisée qui ressemble fort bien à une solidarité familiale ou fraternelle. Rappelons tout d’abord, la grave erreur commise par le  Président Sall en faisantbénéficier son frère de son décret de nomination alors, qu’il avait, auparavant et à la face du monde, déclaré que son frère n’en bénéficiera pas. Malgré tout, cela a été fait. Et, nous constatons donc, un reniement très regrettable par le président de sa parole. 

Alors, même si effectivement, nous reconnaissons à son frère, en tant que citoyen, le droit d’être nommé à tous les emplois. Mais il ne doit pas y avoir deux poids deux mesures entre les citoyens. Il se trouve que la situation gagne en ampleur et devient, de plus en grave et nébuleuse. Cette affaire de pétrotim devient une affaire d’État, par conséquent, le président Sall ne peut plus garder le silence donc, a l’obligation de saisir la justice, même à l’encontre de son frère, parce que ce dernier est, dans ce cas aussi, un citoyen justiciable comme tous les autres.

Ce scandale si honteux démontre clairement l’incompétence et les insuffisances des dirigeants du Sénégal pour s’être fait avoir par des courtiers aventuriers internationaux, comme des naïfs. Cette nébuleuse affaire aterni l’image du Sénégal devant la scène mondiale et présente notre pays comme étant sous la direction de gouvernants incompétents et  incapables, au point de n’être capables de mener des négociations qui tiennent compte en tout premierlieu les intérêts de leur pays.

Mais, ce que M. Abdoul  Mbaye ne révèle que maintenant, confirme parfaitement cette étourderie de ceux qui ont négocié et signé ce contrat qui laisse totalement de côté les intérêts du peuple sénégalais pour servir des intérêts  strictement particuliers. Mais n’occultons pas, quand même,que cette affaire est née sous le magistère de Me Wade et que M. Abdoul Mbaye ne peut pas botter en touche si simplement pour s’en tirer à si bon compte, sa responsabilité est engagée, au même titre que le président Sall, comme les cosignataires définitifs. C’est pour toutes ces raisons que, ce scandale engage absolument, la responsabilité du président de la République et surtout, lorsque l’on sait que, c’est son frère qui est au cœur de l’affaire, comme l’un des principaux acteurs. 

Ce scandale coïncide, justement avec le dialogue nationalen cours, il doit donc y être invité afin qu’il soit tiré au clairune bonne fois pour toutes. La solution juste et équitable de ce scandale, inextricable, mettrait peut-être tous les Sénégalais à l’aise. Mais évidemment, à la seule condition que tous les coupables soient punis, comme il se doit et les torts réparés, c’est-à-dire par la restitution du produit de ce contrat à son ayant droit, le peuple sénégalais et non de passer cela encore, comme d’habitude à pertes et profits. 

Il y en a assez de passer à chaque fois les gros scandales à pertes et profits alors que leurs auteurs se pavanent dans le pays et vaquent librement à leurs besoins avec leur butin aussi considérable. Et,  dans le même temps, la justice chôme ou ne traite que les affaires relatives aux petits larcins qui remplissent nos prisons, où, l’on ne trouve pas les gros voleurs de millions et de milliards.

Mais que les Sénégalais ne se cachent pas aussi, derrièreleur petit doigt, pour ne pas se rendre compte la réalité de leur pays et de son état actuel. Pour dire la vérité, il faut soulignersans ambages qu’au Sénégal, l’on ne travaille pas du tout, mais fait que parler et trop. 

En réalité, l’anarchie, l’indiscipline, l’argent facile, la corruption à tous les niveaux du pays, la violence gratuite, l’insécurité générale, le laisser-faire et le laisser-aller ont pris possession du pays et sontaujourd’hui devenus les maîtres incontestés du Sénégal devant la démission inacceptable et l’incapacité du gouvernement à remettre les choses dans l’ordre. 

À Dakar les populations ne respirent plus à leur aise, à cause d’une circulation anarchique et des embouteillages indescriptibles qui n’épargnent même pas le péage. Et, c’est comme si l’État et les autorités compétentes n’existaient pas ou n’étaient pas informés de cette bombe à retardement. 

C’est ainsi que même la noblesse de la politique, dans le plein sens du terme, et les hommes politiques vertueux qui se mettaient au service de leur peuple ont cédé le terrain à la politique politicienne et aux politiciens véreux qui ne viennent au pouvoir que pour s’enrichir illicitement et, non pour servir leur peuple. Voilà pourquoi au Sénégal aujourd’hui, toutes les portes du mal, de l’abus, des vices, etc. sont largement ouvertes aux anti-modèles qui ont d’assaut notre pays. Et, l’on peut dire que nous ne sommes plus loin de la jungle où, c’est la loi du plus fort qui règne.

En conséquence, une fois cette affaire nébuleuse sera élucidée, le pays devra, enfin, recommencer à travailler etsérieusement, et qu’il cesse de passer tout le temps dans des discussions interminables sur le sexe des anges, sans aucun intérêt pour le pays et qui occupent cependant tout le temps utile des Sénégalais. Le président de la République  n’est pas sans connaître la présente situation désastreuse et vraiment déplorable. Il est donc, de sa responsabilité de trouver les solutions efficaces et adaptées à une telle situation singulière et dans les meilleurs délais pour remettre à nouveau le pays effectivement au travail, mais en commençant par donner l’exemple lui et ses hommes.

Mandiaye Gaye

mandiaye15@gmail.com

Le prétexte fallacieux des aigrefins du Sénégal (par Pathé Gueye)

Ça sent le gaz à plein nez partout! Ainsi, en volant au secours du petit politicien Macky Sall dans la mouscaille jusqu’au cou, le club d’affairiste dénommé « La conférence des leaders de Benno Bokk Yaakaar» et composé de politiciens professionnels, de délinquants politiques, de croulants-vautours de la politique sénégalaise a encore brandi, entre autres, la fameuse Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives (ITIE)en guise d’argument. Il est donc urgent de rappeler par la répétition pédagogique pour mieux éveiller et soutenir notre désir de comprendre. À cet effet, relisons et distinguons bien:

L’ITIE, une obscure organisation très méconnue

L’ITIE a été lancée en 2002 au Sommet de la terre, à Johannesburg, par l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair, après avoir constaté les écarts importants entre les revenus des industries minières et pétrolières encaissés par les États et le niveau de pauvreté de leurs populations. Plus précisément, il s’agit d’une norme internationale qui fait la promotion de la transparence et la redevabilité dans la gestion des revenus issus de l’exploitation des ressources minières, pétrolières et gazières. Ainsi, en répondant à l’une des correspondance d’Abdoul Mbaye de l’ACT, l’ancien Premier ministre Mahammed Boun Abdallah Dionne y précisait que l’initiative ITIE « vise à renforcer la bonne gouvernance dans les pays dotés d’importantes ressources naturelles, en mettant à la disposition du public toutes informations relatives à l’attribution des titres, aux versements effectués par les sociétés minières, pétrolières et gazières et à l’utilisation des revenus ».

Pour son organisation, l’initiative consacre trois sortes de statuts. Le premier dit Pays engagé est un pays qui a décidé de mettre en œuvre l’initiative. Le deuxième dit  Pays Candidat ou candidate country est un pays qui a franchi, à la satisfaction du Conseil d’administration de l’ITIE, les quatre « étapes » vers l’adhésion, conformément à la Norme ITIE. Le troisième dit Pays Conforme ou compliant country est un pays que le Conseil d’administration de l’ITIE considère qu’il a satisfait à toutes les Exigences de l’ITIE. Elle ne comptait que 7 pays à son lancement en 2004. Mais avec la manne financière constituée avec les contributions volontaires des États initiateurs- pilleurs, la Banque mondiale et d’autres institutions financières choisies fournissent une aide précieuse aux pays qui décideraient d’adopter les principes de transparence et de responsabilité accrues promus par cette initiative. Cet incitatif financier, faut-il le souligner, a rendu facile l’élargissement de l’organisation composée depuis octobre 2014 de 46 pays dont 21 États africains incluse la République Centrafricaine qui fait désormais de la petite liste des Pays suspendus. Au moment où  les États africains se bousculent depuis le début à la porte de l’ITIE, les Occidentaux ont eu une attitude particulièrement hyper frileuse envers l’organisation. Le cas de la Grande Bretagne de Tony Blair est le plus inénarrable! Car, il a fallu, 10 ans après soit le 9 juillet 2013, pour que le gouvernement britannique, initiateur de l’ITIE, ait décidé de lancer son processus ITIE. Et c’est le successeur de Blair, l’ex Premier ministre David Cameron lui-même qui, jugeant la nécessité d’examiner la honteuse  position du Royaume-Uni, avait adressé une lettre ouverte aux dirigeants récalcitrants à l’ITIE du G8 en leur disant : « Nous ne pouvons pas appeler d’autres pays à se soumettre à ces normes si nous ne sommes pas prêts à faire de même. ».

 Là, il est pertinent qu’on se demande : à quoi bon d’être utile en brandissant à tout bout de champ cette ITIE en lieu et place de répondre clairement aux légitimes interpellations des citoyens? Ou bien faut-il surtout par les temps qui courent être plus royalistes que le roi lui-même? 

L’ITIE, un instrument pour le pillage honteux des ressources naturelles

Évidemment, nous ne pouvons pas être à priori contre la vertu de ces belles déclarations porteuses de nobles ambitions! Or, ce bref aperçu exposé en guise de présentation de l’ITIE nous replace de facto dans l’éternel débat des rapports Nord-Sud, plus précisément des possibilités et des contraintes en matière de développement. Autrement dit, l’ITIE, à l’instar des autres « machins » (organisations internationales, conventions, traités, chartes, etc.) bâtis ou conclus souvent sur la base d’une logique européocentriste parée d’hypocrisie, ne semble pas être l’exception à la règle. Certains États qui ont décidé de l’insérer dans leur dispositif réglementaire, voient en elle une solution pour une gestion saine et partagée des ressources naturelles alors qu’elle vise en silence à avilir la volonté d’autodétermination des Peuples.

Le contexte de la création de l’ITIE était particulier. Des États du Nord, des pilleurs professionnels de ressources naturelles disponibles dans les pays du Sud, avaient pris la décision de s’accorder un moment de répit pouvant calmer les ardeurs des résistants et des dénonciateurs de leurs actes infâmes, à l’époque très au cœur des actualités nationales. Le pillage, la corruption, les guerres, la misère, la famine, la pauvreté, ont trop duré dans les pays « riches en ressources » pour amener plusieurs observateurs à parler de « la malédiction du pétrole » ou à qualifier l’or noir de « caca du diable ». Donc, la réaction des États qui abritent les sièges sociaux de la plupart des compagnies privées d’exploitations sur le terrain, était attendue.

En effet, l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair, à qui on attribue la paternité de l’ITIE n’avait pas de toute manière d’autre choix que de la proposer à ses pairs. Car c’était sur le sol britannique que l’ONG Global Witness avait commencé à mener de vastes campagnes publiques imposant la transparence relative à l’exploitation des ressources naturelles et la gestion des revenus y afférents. Dans l’un de ses rapports,  l’ONG britannique mettait à nu la complicité du secteur pétrolier et financier dans le système de captation de la rente encaissée par les gouvernants des pays exploités au détriment de la population. Ainsi, avec d’autres organisations non gouvernementales (CAFOD, Oxfam UK, SCF UK, Transparency International UK, CRS, Human Rights Watch, Pax Christi NL, Caritas France, etc.), Global Witness lançait en juin 2002 une vaste campagne dénommée: « Publiez ce que vous payez » (PCQVP).  À travers cette campagne, les ONG exigeaient à ce que « toutes les compagnies multinationales et les entreprises d’État publient à titre individuel les chiffres annuels nets des paiements qu’elles versent aux gouvernements. Ces revenus incluent notamment les redevances perçues sur la valeur de la production, les bonus versés à la signature des contrats d’exploitation, l’impôt sur les bénéfices des sociétés après déduction des coûts et amortissements liés aux investissements nécessaires à l’exploration et l’exploitation, l’impôt à la source sur les paiements de dividendes, les droits de douane, la taxe sur la valeur ajoutée, etc. ». De plus, elles demandaient que « ces informations soient mises à la disposition de la société civile, en langues et monnaie locales. La coalition exige que les chiffres soient vérifiés par des organismes indépendants multi-parties prenantes (multi-stakeholders) ou par le FMI. ». Dans ce sens,  le professeur Gilles CARBONIER précise que la campagne PCQVP « ne vise pas directement les gouvernements des pays producteurs. Elle exerce plutôt une pression sur des acteurs influents capables d’inciter ces gouvernements à introduire plus de transparence dans ce domaine sensible. La campagne vise en particulier la Banque mondiale, le FMI, les autorités boursières et les banques commerciales afin qu’ils fassent pression tant sur l’industrie extractive que sur les pays producteurs pour que l’obligation de transparence des revenus prime sur les clauses de confidentialité ».

On peut tout fuir, sauf sa conscience, soutenait l’écrivain autrichien Stefan Zweig! Par conséquent, il apparait logique, parce qu’elle peut être moyen civilisé de légitimation de leurs différentes activités de spoliation, de voir les États occidentaux ériger en norme incontournable la TRANSPARENCE.

L’ITIE, le support d’une transparence imaginaire et tyrannique

Les Gouvernements qui se sont succédé à la tête de l’État sénégalais, à l’instar de plusieurs pays en Afrique qui se réclament démocratiques, ont tous développé la même manie consistant à projeter sur la scène internationale l’image d’un ardent défenseur de la protection des droits de la personne et de l’avancement des valeurs démocratiques. Ils le font en montrant du doigt par exemple des instruments juridiques internationaux négociés et ratifiés par le pays. Le Sénégal de Macky Sall n’échappe malheureusement pas à cette pratique. Dans un des rapports de l’ITIE, le grand-frère de Aliou l’homme de BBC babillait ainsi: « Mes prédécesseurs, depuis le Président Senghor, ont tour à tour contribué à bâtir la nation sénégalaise ou à asseoir les bases de la démocratie politique et sociale. Pour ma part, je fonde ma vision sur un crédo, qui est de créer les bases d’une véritable démocratie économique, qui reste un des piliers incontournables de l’émergence souhaitée pour le Sénégal. Cette vision, la Norme ITIE y contribue amplement et fort opportunément». La clarté orne les pensées profondes!

C’est sous le prisme de la réalpolitik qu’il faut comprendre et situer l’adhésion caractérisée de volontaire du Sénégal aux principes de l’ITIE. Devenir un « Pays conforme », par là y trouver ce beau prétexte que peut procurer le sceau ITIE pour esquiver les demandes, les interrogations, les inquiétudes portant sur la gestion de nos ressources naturelles, reste pour les malfaiteurs de la République un souhait démesuré. Ainsi, en 2013 le Sénégal avait soumis une demande pour le statut de « Pays Candidat ». Ce statut une fois obtenu, a engagé notre Sénégal à publier régulièrement toutes les recettes tirées de l’exploitation des industries extractives et les paiements versés à l’État par les compagnies opérant sur le territoire sénégalais. Il fallait agir vite car le Sénégal avait jusqu’en Octobre 2016 comme délai pour démarrer le processus de validation en vue de l’obtention du statut de « Pays Conforme » à l’ITIE. La séduction, des membres du Conseil d’administration de l’ITIE devra se faire par tous les moyens! Tour à tour, il est mis en place un Comité nationale ITIE. Ce dernier produit son 1er rapport dit de conciliation en octobre 2015 pour l’exercice de 2013. Ensuite, il décide de simplifier ce document très compliqué par un autre intitulé : Comprendre pour Agir. Le président de la République profite de son Référendum du 20 mars 2016, pour introduire dans la Constitution sénégalaise la reconnaissance de nouveaux droits aux citoyens : droits à un environnement sain, sur leurs ressources naturelles et leur patrimoine foncier. Le premier  alinéa de l’article 25 stipule : « Les ressources naturelles appartiennent au peuple. Elles sont utilisées pour l’amélioration de ses conditions de vie. L’exploitation et la gestion des ressources naturelles doivent se faire dans la transparence et de façon à générer une croissance économique, à promouvoir le bien-être de la population en général et à être écologiquement durables ». Et enfin il ya ce deuxième très populaire rapport du 16 octobre 2016 couvrant l’année fiscale 2014 et qui a eu, contrairement au précédent, la touche inédite d’être béni par l’ancien président Macky Sall qui a fait la préface.

Au total, il était clair aujourd’hui qu’avec l’initiative ITIE nous avons toujours assisté à une mesquine commande inscrite sans vergogne dans un agenda gouvernemental caché et porté par des adeptes de la supercherie et de la farce politique. Par conséquent, ce cul-de-sac ITIE  encore arpenté par les ménestrels de la République restera pour nous autres un chemin sans issue et sans lumière apparente. D’ailleurs, Jonas Moberg, un chef du Secrétariat international de l’Organisation ITIE avait lancé cet avertissement: « Tout d’abord, je souhaite clarifier que l’ITIE ne prétend pas être la solution de ce qu’on nomme désormais la malédiction des ressources. La transparence des revenus à elle seule ne suffit pas à assurer que la richesse en ressources naturelles produise des bienfaits et permettent le développement des citoyens d’un pays. La transparence des revenus, probablement à travers l’ITIE, est nécessaire mais insuffisante. Nous sommes les premiers à reconnaître que l’ITIE ne peut pas à elle seule aborder les plus importants défis de développement de notre époque. Il serait naïf de croire que l’ITIE pourrait être la solution aux problèmes complexes du Delta du Niger, par exemple ».

Pathé Gueye- Montréal

Les frères dalton buveurs de pétrole

La cacophonie érigée en mode de réfutation est loin de disculper les frères Sall. Face aux émoussements non convaincants d’Aliou qui a plutôt mouillé la fratrie, Macky a rompu la tradition en s’en prenant aux nafeeqh;(hypocrites) et aux rambaaj(fumistes), à la mosquée, le jour de l’Eid-el-Fitr. De réels signes de nervosité qui dénotent la panique qui s’est emparée des Sall qui peinent à justifier l’insoutenable. Le scandale Petro Tim a suscité des tonnes d’articles, des dizaines d’interviewes, des Sénégalais ont même manifesté sans que le régime de Macky Sall ne daigne formuler la moindre explication logique sur le comment Aliou Sall a réussi son joli plongeon à milliards dans le pétrole sénégalais. Maintenant, avec des chiffres, BBC a rendu plus inflammable le pétrole qui semble n’attendre qu’une petite étincelle pour embraser tout le pays. Il est devenu difficile voire impossible de noyer ce si gros requin. Frank Timis, qui n’est pas plus pétrolier qu’Aliou SALL, a réussi à décrocher, sur les ressources découvertes au Sénégal, un juteux contrat qu’il revend quelques mois plus tard pour empocher des milliards de dollars. Quel que soit l’angle d’analyse, cette implacable vérité s’impose et saute aux yeux. Elle est d’autant plus criminelle qu’en dépit de tout bon sens et contre l’avis de l’inspection générale d’Etat (IGE), le Sénégal a permis à Frank Timis de mettre la main sur des milliards parce que tout simplement Aliou Sall y gagne des millions. C’est ce que BBC confirme, preuves à l’appui.Ce scandale Petrotim révèle deux profonds cas de malaise. Celui qui s’est emparé des tenants du pouvoir est à distinguer de celui qu’éprouvent de nombreux Sénégalais.Au paroxysme du sadismeLe 10 mai 2012, Macky Sall signe le décret n° 2012-502  et lance la Cour de répression de l’enrichissement illicite (CREI) contre Karim WADE. Le 19 juin 2012, il signe les décrets 2012-596 et 2012-597 qui donnent les blocs de Cayar Offshore profond et Saint-Louis Offshore Profond à Petro -Tim Limited dont son propre frère est actionnaire. La première fois que l’affaire Petro Tim a été agitée, Aliou SALL s’est dépêché de convoquer la presse pour une périlleuse opération de dénégations. «Je n’ai aucun franc dans un compte bancaire à l’étranger, en dehors de celui que j’avais en France à la BNP, alors que j’étudiais là-bas, où il n’y a, je crois bien, pas plus que 14 euros ou celui que j’avais ouverte dans la Bank of China où, selon mes souvenirs, il n’y a que 500 euros soit environs 350 000 F CFA. Voilà les seuls comptes bancaires que j’ai à l’étranger. Je n’ai ni argent, ni appartement, ni maison à l’étranger», avait-il déclaré, laissant son frère aîné envoyer les forces de l’ordre mater ceux qui en doutent. L’affaire était presque étouffée. lundi 3 juin, face à la presse, en réaction aux révélations de BBC, Aliou Sall reconnait avoir perçu 25 000 dollars par mois (plus de 14 millions de F CFA) en tant que salarié de Timis Corporation Ltd. « Ce sont des salaires normaux dans ce milieu. J’ai des collègues qui percevaient plus et d’autres moins », justifie-t-il. Pendant que Macky Sall faisait fouiller la terre entière l’argent qu’aurait détourné Karim Wade, son frère Aliou nageait dans les millions de dollars.Au sommet du cynismeL’IGE déclare, dans un rapport détaillé, que : «la demande de permis présentée par Petro Tim n’était pas conforme aux exigences de l’article 8 du décret n°98-810. A cet égard, elle devait être déclarée irrecevable, en application de l’alinéa 2 de l’article 14 dudit décret». En dépit de cette mise en garde, le président SALL signe les décrets et file le marché à Frank Timis et à son employé Aliou SALL qui le mettent à profit, loin des yeux des Sénégalais. Et quand Khalifa Ababacar Sall se retrouve dans le pétrin, pour, dit-on,  1,8 milliard de FCFA, c’est parce que l’IGE l’aurait recommandé, explique Macky Sall qui choisit ceux qui doivent être poursuivis.Pour Macky Sall, ce que les Sénégalais pensent de ce scandale qui est loin d’être le premier, importe peu.   «Il faut qu’on soit constant. La défaite d’Abdoulaye Wade, les gens disent qu’elle est due, en grande partie, au fait qu’il voulait mettre son fils. Mais aujourd’hui, si Macky Sall nomme son frère de même père et de même mère au niveau d’une société aussi importante que la CDC, ça va conforter les Sénégalais qui estiment qu’il veut nous imposer sa famille à tous les niveaux. Et cela peut lui être fatal », réagissait Oumar FAYE de Leral askan wi après la nomination d’Aliou Sall à la tête de la Caisse des Dépôts et Consignation (CDC).  Le leader de l’APR n’en avait rien à faire des critiques et autres mises en garde de ses compatriotes. Son frère cadet à peine tiré de la cacophonie du pétrole, il le nomme directeur général de la CDC. A la formation du dernier gouvernement, son beau-frère, Mansour Faye, a pris le contrôle du PUDC, du PUMA, des PROMOVILLES, de la Délégation générale à la Protection sociale et à la Solidarité nationale (DGPSSN), du Commissariat à la Sécurité alimentaire, de la Direction de l’Administration générale et de l’Equipement etc.Macky Sall l’a démontré, le jour de la Korité, le documentaire de la chaîne anglaise dérange le pouvoir car il s’adresse non pas uniquement aux Sénégalais mais au monde entier fourvoyé par le leader de l’APR qui se montre sous les habits d’un démocrate attaché à la transparence. Ledit documentaire aurait été fait en wolof, le Palais ne serait pas autant périclité.  «Nous sommes au Sénégal, situé sur la côte ouest-africaine. Ici, des millions de personnes vivent dans la pauvreté. Pourtant, le niveau de vie pourrait être beaucoup plus élevé. C’est un pays riche en ressources naturelles. D’importantes réserves de pétrole et de gaz y ont été découvertes. Mais une partie de cette richesse s’est envolée à cause de la corruption». Cette froide et nouvelle description du pays de la « terranga », qui ouvre le documentaire de la BBC, est reçue par le régime comme une gifle. Macky Sall le chantre de la « gouvernance sobre et vertueuse » est démasqué et jeté en pâture à l’opinion internationale. Et les informations  explosives suffisent à établir sa très haute trahison envers le peuple sénégalais.La malédiction du pétrole, ce n’est pas uniquement la mésentente voire le conflit pouvant naitre entre des populations. C’est aussi et surtout quand un groupuscule met la main sur les ressources de tout un peuple laissé dans la misère.
Mame Biram Wathie

Les chantres de la division (Par Serigne Saliou Gueye)

De plus en plus, le discours identitaro-communautariste est distillé dans notre pays par des personnalités de premier plan qui n’hésitent pas à s’en servir pour assouvir des desseins ou ambitions politiques. On multiplie les comportements sectaristes et l’on exalte les particularismes diviseurs pour mener un combat politique.

Parmi ces intellectuels qui véhiculent ce discours identitaire, voire communautariste, l’on note le Grand Serigne de Dakar (GSD) Abdoulaye Makhtar Diop qui, lors de son face-à-face le 28 avril dernier avec Mamoudou Ibra Kane dans le Jury du dimanche de I-radio, a déclaré que le prochain édile de la capitale doit être un lebu.

Ne s’arrêtant pas en si bon chemin, Abdoulaye Makhtar Diop a réitéré successivement cette position stigmatisante lors du « Ndogou des célébrités » du site Dakaractu et dans l’émission de « Encore + » de la 2STV.

Aujourd’hui, c’est l’imam qui enfonce le clou en emboitant le pas au GSD.   « Je reçois des cadres, des jeunes et des femmes qui me disent : « Grand Serigne, il est temps que les cadres Lebu se manifestent et se battent pour que la ville de Dakar leur reviennent. Ils l’ont exprimé en réaction à certaines déclarations. Et ils ont raison. J’ai dit que ce n’est pas de l’ostracisme ni de la discrimination. J’ai donné des exemples historiques.

Armand Angrand maire de de Dakar toubab, Ambroise Mendy maire de Dakar Ndiago, Joseph Gomis maire de Dakar Ndiago, Lamine Guèye Saint-louisien, Clédor Sall Sénégalo-mauritanien. Seul Lamine Diack et Mamadou Diop sont des Lebu. La collectivité les a toujours accompagnés et les Lebu ont toujours occupé des postes d’adjoint.


Il faut se dire à l’époque que les Lebu ne s’intéressaient pas à la politique. Aujourd’hui, nous avons 19 communes d’arrondissement dans lesquelles nous avons sept ou huit maires lébu. S’ils sont reconduits, que cela soit Abdoulaye Diouf Sarr, Aliou Ndoye, Palla Samb, Babacar Mbengue et autres, pourquoi ne s’entendraient-ils pas pour que l’un d’entre eux soit maire de Dakar. Si vous prenez les 550 communes, les 500 sont contrôlées par des gens issus de la même localité.


Et c’est cela qui est normal. Moi je ne suis pas candidat à la mairie mais je vais les appuyer pour réaliser ce dessein ».« Si la coalition BBY présente un candidat Lebu, je le soutiens. Si c’est le PDS qui investit un candidat Lebu, c’est lui que je vais soutenir ».Telles sont les déclarations tenues au Grand Jury du dimanche de I-radio et sur le plateau de la 2STV les 28 avril et 30 mai derniers par Abdoulaye Makhtar Diop, député, 5e vice-président de l’Assemblée nationale et Grand Serigne de Dakar (GSD).

En termes clairs, le GSD milite pour que Dakar tombe dans l’escarcelle des Lebu. De tels propos qui dégagent les miasmes fétides du communautarisme, ont eu l’heur d’exaspérer Moustapha Diakhaté et Ibrahima Sène qui les ont qualifiés respectivement de « balkanisation communautariste » et de « projet est antinational et qui porte lourdement atteinte à notre cohésion sociale et à la convivialité des habitants de Dakar ». 

Le très taciturne, Doudou Diagne Diecko, président des amateurs de la lutte sénégalaise, s’est indigné d’une telle posture qui pue des réflexes identitaires ostracistes. «Je trouve que ce n’est pas sérieux de dire qu’il faut un Lebu pour diriger la ville de Dakar ou qu’il faut des Lebu pour assurer les responsabilités politiques liées à Dakar.

L’essentiel, c’est que l’élu soit natif de Dakar qui aime Dakar et qui soutient et assiste les Dakarois. Il y a des gens qui ne sont pas des Lebu mais qui sont beaucoup plus utiles pour Dakar et les Dakarois que certains Lebu. Alors qu’il y a des Lebu qui sont méchants et qui n’ont rien fait pour la communauté quand ils ont été portés à des postes de responsabilité».


Une rhétorique inféconde On pensait qu’un tel soliloque infécond, qui met à nu la dangerosité du repli identitaro-communautariste, allait être débattu à défaut d’être combattu par les Lebu, voilà que l’Imam Alioune Moussa Samb, profitant de la tribune que lui offre le prêche de la prière de l’Aïd el Fitr, rajoute une louche sur le feu de la division allumé par le GSD. « Dakar doit avoir un maire Dakarois. Paris aux Parisiens.


Dakar aux Dakarois », a-t-il déclaré impérialement le sceptre à la main. Et quand il parle de Dakarois de souche, il pense aux Lebu parce que certains d’entre eux, d’après des avatars et déformations de l’histoire, serinent que les premiers habitants de Dakar sont des Lebu. En prenant exemple sur Paris, l’imam a mis nu toute son inculture et son ignorance sur le fonctionnement de la mairie de capitale française.

L’actuel maire de Paris, Anne Hidalgo, est d’origine espagnole. Ana (son ancien nom espagnol) Hidalgo née près de Cadix, en Andalousie, s’est installée en France avec ses parents espagnols en 1961 avant d’obtenir la nationalité française en 1973. L’actuel maire de Londres, Sadiq Khan est né de parents d’origine pakistanaise. Par conséquent, cette thèse raciste et ostraciste de l’imam lebu ne peut pas être convoquée pour légitimer une éventuelle mise à l’écart anti-démocratique des citoyens candidats à la mairie de Dakar.

Ces propos exclusivistes et stériles colportés par l’imam et le Grand Serigne sont compromettants pour la belle entente et la cohésion séculaires entre les différentes ethnies de la capitale sénégalaise. Et cela risque de produire un effet boomerang car les électeurs de Dakar massivement non lebu, dans un sursaut de révulsion, voire de révolte, peuvent apporter la réplique en n’accordant aucun suffrage pour un candidat Lebu.

Une telle mentalité médiévo-hégémoniste, qui s’adosse à une ethnocratie rétrograde pratiquant une sévère discrimination à l’encontre d’une partie de ses citoyens, ne résiste pas aux valeurs universelles et modernes qui fondent la démocratie. L’omniprésence du discours identitaro-communautariste chez ces chefs Lebu est symptomatique d’une marginalisation dans la dévolution démocratique des postes électifs par les citoyens qui disposent de la seule souveraineté de délibérer lors des échéances électorales.

Par conséquent, le seul critère qui préside au choix de la tête de la mairie de Dakar, c’est d’être Lebu. Exit donc le critère d’appartenance politique, exit le programme de développement conçu pour la ville, exit la qualité de natif et résident de Dakar. La chose seule chose qui vaille, c’est d’être Lebu. Par conséquent, certains se demandent encore le criterium d’éligibilité sur lequel se fondent ces notabilités pour soutenir que la capitale doit être dirigée par un Lebu.

Sans doute la prévalence de l’appartenance à une ethnie a conduit Abdoulaye Makhtar Diop et son compère Alioune Moussa Samb à adopter des postures de rejet qui détonnent avec la transcendance de la communauté multiculturelle dakaroise. Leurs prises de position illustrent leurs comportements instinctifs de défense des intérêts de leur communauté d’origine, et non de celui de l’intérêt général. 

De telles déclarations ethnicistes venant d’une personnalité Grand Serigne de Dakar qui a l’Etat dans ses gènes, qui a presque occupé toutes les hautes fonctions nominatives ou électives ou d’un imam, symbole de la cohésion dans la diversité, ternissent l’image de l’autorité qu’ils doivent toujours incarner. Au moment où le président Macky Sall est critiqué à tort ou à raison pour son favoritisme à l’endroit de ses frères de même ethnie, voilà que le GSD et son imam brandissent eux aussi le Neddo Ko Bandum Lebu pour choisir le futur maire de Dakar.

Les Mandingues, premiers occupants de DakarEt soutenir que le prochain maire de la capitale doit être Lebu revient à dire que Dakar est une propriété des Lebu. Faire de Dakar un bien exclusif des Lebu est une imposture historique. Dakar n’appartient point aux Lebu au point que la mairie doit leur revenir de droit. En sus, les Lebu ne constituent pas l’ethnie majoritaire à Dakar au point de vouloir y imposer un maire appartenant à ladite communauté.

Il faut aller à la conquête des électeurs, gagner leur confiance pour accéder à la mairie de Dakar. A travers le monde, des groupes ethniques et linguistiques cherchent à revendiquer la primauté sur une localité en affirmant y avoir vécu plus longtemps que les autres. Mais la réalité est plus complexe que cela. Et si on revisite l’histoire, les Lebu ne sont pas les premiers habitants de Dakar.

Dans un post daté du 9 février 2016 du site Africa Check très spécialisé dans le domaine de la vérification des informations, il y est clairement indiqué que les Lebu ne sont pas les premiers occupants de l’île du Cap-Vert. Selon les historiens dont l’archéologue Ibrahima Thiaw de l’Ifan, « les Mandingues ont habité cette région bien avant les Lebu.


D’ailleurs, le site Internet de la ville de Dakar indique qu’en 1444, il y avait des Mandingues à Dakar et que l’occupation Lebu date de 1580 ».Toujours selon Africa Check, cette thèse est confortée par le professeur d’histoire Mamadou Diouf. Dans son mémoire de fin d’études intitulé « Contribution à l’étude des Lebu : la migration du Djolof au Cap-Vert », Diouf affirme que les Lebu sont « originaires du Fouta Toro (Nord) et qu’ils ont migré du Fouta Toro vers le Kayor.


Après une scission au 17e siècle, ils ont migré vers le Cap-Vert pour s’y installer ».« Mais bien avant eux, ajoute Diouf dont l’ouvrage est disponible à la bibliothèque de l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD) de Dakar, cet espace était occupé par des Mandingues. Une fois sur place, les Lebu y créèrent leur République ».Le brillant Abdou Khadre Gaye, président de l’ONG Emad, corrobore l’antériorité des Socé dans la presqu’île du Cap-vert dans ses écrits. « 


Lorsque le peuple Lebu quitte le Djolof pour Dakar il y a cinq siècles, il trouve déjà installés les Socé ou Mandingues. Les deux peuples vont cohabiter sans anicroches pendant 50 ans, avant que la discorde ne s’installe, poussant les Socé à s’exiler vers le sud du pays », enseigne-t-il. A notre époque, si sensible aux questions identitaires et communautaristes, les poncifs d’Abdoulaye Makhtar et d’Alioune Moussa mettent en lumière, la survie de stéréotypes ethnicistes, la montée d’une xénophobie de type nouveau.

Dakar est un melting-pot au point que ceux qui s’y sont installés les premiers et ceux qui y sont venus les derniers y ont les mêmes droits. Vouloir en faire une entité Lebu revient à privilégier le critère identitaire pour y élire un maire. Pourquoi demain ne dira-t-on pas que la mairie doit revenir aux tidianes, mourides ou layènes. Ou encore, chrétiens, musulmans ou athées. Rabâcher un tel discours au moment où les haines nées de l’identitarisme et du communautarisme compromettent le bon voisinage, le vouloir-vivre en commun, est une hérésie.

Le Sénégal est harassé de cette guerre irrédentiste du sud du pays construite sur des haines identitaro-communautaristes. Combien de fois n’a-t-on pas entendu les populations allogènes être qualifiés de colons nordistes par les rebelles casamançais ? De telles rhétoriques discriminantes vectrices de germes scissipares doivent être combattues par tous ceux qui sont épris de paix et soucieux de la cohésion sociale.

Pourtant l’imam Moussa Samb disait que « les Lebu ne sont pas une ethnie et que la « lébouité » est un comportement, un état d’esprit démocratique ouvert aux mondes ». Une telle phrase pleine de sagesse jure avec son sermon stigmatisant de l’Aïd el Fitr.Comme le dit le professeur d’Histoire Jean-Luc Lamouché, « tout individu – sur notre planète – ressent la nécessité d’affirmer son identité, tel un repère ou une boussole.

Cela est nécessaire et juste ; telle est la nature humaine. Ceci, à condition de ne pas vivre une identité simpliste, à sens unique, hostile à celle de l’Autre, qui devient vite l’ennemi, pour des raisons nationales, religieuses ou politiques. L’identité n’est donc pas en soi un danger, sauf si elle apparaît comme exclusive ».


 Malheureusement dans les discours distillés par les dignitaires lebu, transparaissent le refus de l’altérité, le déni de la différence, le rejet de la diversité. Or en ce 21e siècle, il faut penser et vivre « l’unité du multiple », comme le dit Edgar Morin.Se conformer à la ConstitutionQue l’on ne s’étonne pas demain si dans d’autres localités du Sénégal, l’on nous dit que telle ethnie ne doit pas briguer la mairie parce que n’étant pas originaire de la région.

La République est une et indivisible et c’est un principe unificateur qui cimente le vivre-ensemble de la Nation. Et mieux, cela est acté sur le marbre de notre Charte fondamentale dès son préambule. En effet, il y est stipulé que : « Le peuple du Sénégal souverain proclame le rejet et l’élimination, sous toutes leurs formes de l’injustice, des inégalités et des discriminations ». Et les Articles de la Constitution 1, 3 et 4 viennent renforcer cette idée d’égalité dans la République :« La République du Sénégal est laïque, démocratique et sociale.


Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens, sans distinction d’origine, de race, de sexe, de religion. Elle respecte toutes les croyances ».« La souveraineté nationale appartient au peuple sénégalais qui l’exerce par ses représentants ou par la voie du référendum.

Aucune section du peuple, ni aucun individu, ne peut s’attribuer l’exercice de la souveraineté ».« Les partis politiques et coalitions de partis politiques concourent à l’expression du suffrage. Ils sont tenus de respecter la Constitution ainsi que les principes de la souveraineté nationale et de la démocratie. Il leur est interdit de s’identifier à une race, à une ethnie, à un sexe, à une religion, à une secte, à une langue ou à une région ».

Serigne Saliou Gueye 

Ces indignations de circonstance par ( Demba Ndiaye )

Les acteurs du dialogue ne peuvent pas faire comme si les micmacs autour de nos ressources étaient un détail – Vous aurez remarqué qu’aucun guide religieux n’a fait allusion à cette affaire

Ça durera le temps de la rose, en étant généreux. Je veux parler des dernières indignations, relatives à la dernière affaire de gros sous, de gaz liquéfiant, de pétrole salissant. Je veux parler de cette gouvernance annoncée et promise propre, sans indélicatesse, ni famille envahissante ; je veux parler de cette promesse de réhabilitation d’une patrie longtemps mise à quatre pattes par des partis prédateurs ; je veux parler de nos éphémères et sans épaisseurs indignations face aux viols répétés de valeurs que nous pensions immuables. Je veux parler de ces hypocrisies qui semblent constituer notre ADN social.

Par ce que tout de même, il y a pour le moins, une énigme politique à élucider : comment une équipe politique qui s’est construite sur des projets de valeurs républicaines, la restauration de vertus (bonne gouvernance, bonne justice, une gestion vertueuse de la chose publique etc.), comment tout cela a foutu le camp en moins d’un mandat, fut il un septennat ? Comment les nouveaux zozos, redresseurs de torts de comptes publics, sont devenus des prédateurs en moins d’une décennie ? Comment ?

Pourquoi la famille a de nouveau mis la patrie à quatre pattes comme une vieille pute ravagée par une vie de soumission et de postures avilissantes ? Pourquoi le reniement est redevenu la valeur refuge des promesses électorales ? Pourquoi les chiens de garde aboient-ils si timidement, si faiblement, et si éphémèrement ? Pourquoi le glaive de dame justice ne frappe-t-il plus jamais les prédateurs au coeur de nos mœurs en dérive ? Je vais oser une grave suspicion : et s’ils étaient tous (la fameuse et impropre « classe politique ») complices ?

Pourquoi a-t-il fallu ce magazine de 11 minutes de BBC pour mettre en émoi la caste dirigeante et ses satellites et autres affidés ? Très probablement parce qu’il y a une constellation de bénéficiaires du ruissellement de ces prises d’intérêt illicites du gaz et pétrole du pays. Alors, tous coupables ? Responsables ? Complices ? Raccourci facile pour expliquer un si imposant dépôt de …complicités politico-sociales.
Parce qu’il faut être juste dans les actes d’accusation. 

De tous ceux qui hurlent aujourd’hui, il faut reconnaître qu’Ousmane Sonko est celui qui a crié le plus tôt et le plus longtemps sur ces saletés de gaz et de pétrole. On s’est même glosé sur son disque de 33 tours rayés. Il avait raison, mais probablement trop tôt et s’est mal expliqué. Les arguments ? Un fonctionnaire radié, donc aigri et revanchard ? Probablement cela cachait le fond : on vendangeait notre pétrole et notre gaz avant même qu’ils sortent des entrailles de la mer !

Le patron de l’ACT, ancien Premier ministre, Abdoul Mbaye, qui est aujourd’hui le plus virulent des pourfendeurs de la famille Sall, essaie laborieusement d’imbiber nos esprits d’un lourd prétexte pétrolier : on a été bernés à l’époque, en Conseil des ministres, par un rapport mensonger du ministre du secteur de l’époque, le détestable ministre de l’Intérieur d’aujourd’hui. Vengeance tardive ? Aller savoir…

TAS (Thierno Alassane Sall), ministre de l’énergie à l’époque des fameux décrets, lui aussi a fait montre de coups de gueule et de rétention d’informations dans cette affaire. En effet, s’il a toujours laissé pensé qu’il avait « démissionné » et non « démis » du fait d’une signature qu’il aurait refusé, il n’avait jamais été explicite sur l’étendue de ces décrets. C’est aujourd’hui qu’il se fait plus explicite.

Pour les autres opposants, c’est entre clair-obscur, réaction du bout pour des lèvres et autres exhibitions de documents (PDS). Ce parti joue une partie délicate : comment apprivoiser le généreux le régime de Macky tout en veillant à ne pas mettre en danger des « deals » secrets ? Comme celui de Conakry à la veille de la présidentielle. En effet, il semblerait que le président n’ait pas respecté le deal fait avec le président Condé comme…témoin, instigateur et garant de leur respect.

Reste une question qui n’est pas mineure : le « frangin-pétro-gaz-gate » s’invitera-t-il dans les « dialogues » en cours ? Les acteurs et participants à ces « machins » ne peuvent pas se retrouver la semaine prochaine face-à-face comme si de rien n’était. Comme si les micmacs autour de nos ressources étaient un « détail » dans les très sérieux dialogues en cours.

Un ami m’a dit : « on ne va quand même pas enterré l’affaire avec une ridicule commission parlementaire »? Je ne sais pas. Mais quand un président dit à ses forces vives, « ne me parlez pas d’augmentation de salaires, il n’y a pas d’argent », je serai enclin à aller dans la rue pour lui demander : sortez les contrats, pour qu’on voit combien BP et les autres officines nous ont pompés de CFA avant même que le premier litre soit sorti des fonds marins.

Ah oui, vous aurez remarqué qu’aucun « guide religieux », imam, n’a fait allusion à cette affaire, alors qu’elle faisait l’actualité depuis trois jours.

Des silences très bavards !

Sadikh Niass, Sg Raddho : On ne doit pas seulement s’arrêter à la réclamation de la démission d’Aliou Sall

Le Secrétaire général de la Rencontre africaine pour la défense des droits de l’homme (RADDHO) veut la lumière sur les révélations de BBC. Selon lui, les accusés ont davantage alimenté la polémique qu’apporter de vraies réponses. Pour Sadikh NIASS, il faut mettre à profit les corps de contrôle de l’Etat.

«Je pense qu’on ne doit pas seulement s’arrêter à la réclamation de la démission de Monsieur Aliou SALL à la tête de la Caisse de dépôts et de consignations, qui à mon avis, n’apporte pas grande chose à la manifestation de la vérité, autour de cette affaire.

Il faut que ce débat sur cette affaire de corruption autour de ces contrats soit clarifié une bonne fois pour tout. Et cela passera par une enquête indépendante menée par les corps de contrôle comme l’OFNAC et l’IGE sur cette affaire pour situer les responsables au-delà de la plainte annoncée par Aliou SALL qui vise seulement le délit de la diffamation.

Le Gouvernement devrait également déclassifié le rapport de l’IGE et publier tous les documents sur cette affaire au-delà des sorties qui ne font qu’alimenter la polémique. Les citoyens sénégalais ont droit d’être informés de ce qui s’était réellement passé et s’il faut créer une commission indépendante qu’on le fasse pour tirer au clair une bonne fois cette affaire autour de Frank Timis, élément principal dans cette affaire de corruption», observe le patron de la RADDHO, interrogé par Sud Quotidien.

Selon Sadikh NIASS, «au-delà de la plainte annoncée par Aliou SALL contre BBC au Sénégal et  à Londres, qui à notre avis, doit être traitée en mode fast track et des accusations graves et récurrentes depuis 2014, de corruption et de concussion autour de ce dossier de ces contrats de recherche signés entre l’Etat du Sénégal et Frank Timis sur les blocs Saint-Louis offshore profond et Cayar offshore profond » il est temps que les corps de contrôle se saisissent de cette affaire.

Le premier et l’ultime responsable, c’est le président de la République.

«Macky Sall est bien obligé de prendre parti puisqu’il est concerné. C’est-à-dire qu’il ne faut pas voir cette affaire comme étant entre Aliou Sall, F. Timis, Bp, Abdoul Mbaye ou Thierno Alassane Sall. Non ! Le premier et l’ultime responsable, c’est le président de la République. C’est sa responsabilité qui est convoquée dans cette affaire-là. Il est bien obligé de s’expliquer,

Il n’a pas voulu s’expliquer dans le fond. Mais, il a voulu jeter le discrédit sur des personnes alors que nous on leur propose des faits. Et les faits sont têtus. On est désolé. Il faut que le président s’explique. Il ne s’est pas encore expliqué… », a déclaré Thierno Alassane Sall sur Dakaractu.

Omar Faye, Leral Askan Wi : « si Aliou Sall ne démissionne pas, nous allons l’y pousser »

Le leader de « Leral Askan Wi », a aussi brisé le silence pour réagir sur cette affaire de corruption qui impliquerait Aliou Sall. Omar Faye estime que le peuple ne doit pas se laisser berner par les propos du maire de Guédiawaye, non moins Directeur de la Caisse de dépôts et de consignations (Cdc). Il demande à ce dernier de démissionner de tous ces postes, pour laisser la justice de faire son travail.

« Aliou Sall est une Ebola économique qui risque de tuer le peuple sénégalais. C’est une histoire de 7 000 milliards. Ce n’est pas n’importe quoi. On ne s’adresse pas au président de la République, on s’adresse à son frère Aliou Sall. Le problème concerne exclusivement Aliou Sall, qui est aujourd’hui une personne politiquement exposée au nom de l’image du Sénégalais, au nom de notre souveraineté, de la stabilité de notre pays, il doit démissionner. S’il ne le fait pas, nous allons le pousser vers la démission. Ce combat n’est pas un combat politique. C’est un combat citoyen. C’est l’avenir des milliers de générations qui est hypothéqué par le frère du président de la République », a-t-il pesté sur les ondes de la Zik fm.

L’opposition porte plainte contre Aliou Sall aux États-Unis et en Angleterre


Le Groupe parlementaire « Liberté et Démocratie » a déposé sur la table du président de l’Assemblée nationale depuis plus de  5 mois un dossier pour une enquête parlementaire sur l’affaire Petro-Tim. Mais, leur démarche est restée sans suite. La révélation est du député Cheikh Abdou Mbacké.

« Avec des affaires moins graves que le scandale de Pétro-Tim, nous avons constaté qu’une commission d’enquête parlementaire a été mise en place. Mais, comme cette affaire touche le frère du président de la République, nos collègues du pouvoir n’ont pas voulu en parler. Nous avons déposé tous les dossiers au bureau du président Moustapha Niasse depuis la dernière session budgétaire. Mais depuis plus de 5 mois, nous n’avons pas de réponse », a-t-il déclaré.

Mais, d’après le député, l’opposition parlementaire ne compte pas laisser les choses à l’état. « Face à cette stratégie de pourrissement, nous allons internationaliser le combat. Nous avons déposé des plaintes aux États-Unis et en Angleterre pour qu’Aliou Sall soit poursuivi », a soutenu Cheikh Abdou Mbacké.

AL Housseynou Wane , Directeur de l’exploitation à PETROSEN dénonce le contrat signé avec PetroTim.

L’an deux mille douze et le 13 juillet à Dakar, Nous Gallo Samb et Oumar Sarr, Inspecteurs généraux d’Etat en vertu de l’ordre de mission n° 035PR/CAB/IGE du 30 Mai 2012 prescrivant une enquête au niveau de PETROSEN, avons procédé à l’audition de Monsieur AL  Housseynou Wane, en sa qualité de Conseiller Exploration à PETROSEN.

  1. IDENTIFICATION
  • Prénom : Al Housseynou
  • Nom : Wane
  • Date et lieu de naissance : 31 Décembre 1952 à Dakar
  • Numéro de la pièce d’identification : 1 751 1953 000 37
  • Fonction : Conseiller Exploration à PETROSEN

1)  Depuis quand êtes-vous à PETROSEN ?

Je suis agent à PETROSEN depuis 1990     

2)Quelles ont été les fonctions que vous avez occupées à PETROSEN

         J’ai été chef de la division exploration puis directeur de l’exploration et directeur de la promotion

3) Etes vous membre de la Commission d’évaluation et de négociation ?

Oui je suis membre de la Commission de négociation depuis sa création. J’ai pratiquement assisté  à toutes les négociations. Avant la mise en place de la commission , j’étais un des principaux négociateurs  pour PETROSEN.

4) Sur quoi portaient habituellement les négociation ?

Les négociations portaient sur les contrats de recherche pétrolière . A cet effet les principaux éléments de négociations portaient sur :

–      La durée de recherche

–      Les programmes de travaux  à réaliser et les couts financiers

–      Le partage de profits

–      Le budget de formation et les formations à donner au personnel de PETROSEN

–      Les dispositions fiscales

5) Est-ce que les travaux de la commission se limitaient uniquement aux travaux de négociation ?

Généralement les compagnies font l’objet d’évaluation technique et financière par PETROSEN dés qu’elles manifestent leur intention. Lorsque l’évaluation se révéle concluante , la compagnie saisit officiellement les autorités d’une demande d’octroi de permis  de recherche. A cet effet, le Ministre en charge de l’énergie est saisi, puis nous entamons les négociations avec l’aval du Ministre. D’ailleurs la compagnie est invitée par le Ministre à entrer en négociation avec PETROSEN.

6) Est-ce toutes les demandes font objet de négociation

Absolument

7)Avez vous connaissance du contrat signé entre d’une part, l’Etat du Sénégal, d’autre part PETROSEN avec PETROTIM

Courant Avril 2012, la veille de ma mission à Houston (USA), j’ai été invité par le Directeur Général dans son bureau. Il m’a fait part de la signature d’un contrat de recherche et de partage de production d’hydrocarbures et j’ai constaté que ledit contrat portait la signature du Directeur général de PETROSEN et du Ministre en charge de l’énergie, le Ministre d’Etat Karim WADE.  J’ai fait observer au Directeur général que sans l’approbation du Président de la République , pour moi il n’y a pas de contrat

Plus tard , courant juin en parcourant le rapport de présentation du décret d’approbation du contrat signé avec PETROTIM, j’ai su que celle-ci est une filiale de PETRO ASIA dont le siége se trouve à HONG-KONG.

Je crois me souvenir que le contrat a été signé au mois de Janvier

7) Pourquoi estimez-vous que ce n’est pas un contrat ?

Le contrat doit être approuvé par décret pour être valable  

8) Avez- vous vérifié si PETROTIM est effectivement une filiale de PETRO ASIA ?

Non, je ne connaissais même pas l’existence de PETRO ASIA à plus forte raison de PETROTIM

9) Est-ce que la commission de négociation a été saisie de la demande de PETROTIM

A ma connaissance non

10)Pour vous quelles peuvent être les conséquences ?

Les risques probables sont l’absence de transparence et la non prise en compte de l’ensemble des travaux à réaliser vu que les experts qui connaissent le bassin sédimentaire et les travaux que cela nécessite n’ont pas été associés.

11)     Quel est le risque que la compagnie demanderesse n’ait pas été préalablement évaluée ?

Le risque principal est le retard apporté au déroulement du programme de recherche pétrolière dans le bassin sédimentaire. Autre risque , c’est la possibilité de voir la compagnie spéculer avec le titre qu’elle a en main. Habituellement nous mettons dans les contrats des dispositions qui sont de nature à limiter les possibilités de spéculation.

12)     Est ce PETROSEN dispose de documentation sur les compagnies bénéficiaires de contrat de recherche ?

Oui nous disposons  toutes les informations notamment les informations concernant : les statuts, les membres fondateurs, le conseil d’administration et le certificat d’incorporation.

Ces documents sont certainement archivés au secrétariat de la Direction générale ou au service juridique. Les mêmes documents doivent exister en copie au niveau de la Direction des Hydrocarbures du Ministère en charge de l’Energie.

13)     Est-ce que les compagnies bénéficiaires de contrat de recherche payent un bonus de signature

Depuis 1986, Le Sénégal a opté pour la suppression du bonus de signature. L’objectif était de rendre le Sénégal attractif en facilitant l’accès de la destination Sénégal aux compagnies de recherche pétrolière.

14)     Dans ce contexte , trouvez vous normal que le Sénégal demande à une compagnie de payer un bonus de signature ?

Non , une telle demande serait en porte à faux avec les motivations de l’exposé des motifs de loi portant Code pétrolier

15)     La demande de paiement de bonus peut –elle être motivée par le désir de rendre compétitif l’offre de la compagnie concernée ?

Toute demande tendant à rendre l’offre d’une compagnie compétitive consisterait à demander à cette compagnie d’augmenter son programme de travaux de recherche  et de les intensifier.

Le bonus , s’il est sollicité, doit faire l’objet de mention dans le contrat.

16)Est-ce qu’il y avait d’autres concurrents sur les blocs qui ont été attribués à PETROTIM

Il y avait beaucoup de concurrents notamment TULLOW OIL avec laquelle nous étions en négociation. Les négociations avec TULLOW étaient très avancés . Avec TULLOW nous étions en fin de négociation car il y avait accord sur pratiquement tous les points de négociation. Le seul point sur lequel il n’ y avait pas un accord portait sur la clé de répartition des productions et profits en cas de découverte de gaz.

Je rappelle  que TULLOW, qui a été subrogée dans le droit d’Energy Africa relativement au Saint Louis offshore peu profond , a demandé à bénéficier de contrats de recherche portant sur le Saint Louis offshore profond et le Cayar Offshore profond.

Lorsque j’ai constaté  que ces deux blocs ont été attribués à PETROTIM, j’ai exprimé au Directeur général ma désapprobation parce que j’ai trouvé la maniére peu élégante . Il y’ a un gentleman agreement qu’il faut respecter. La signature du contrat avec PETROTIM n’est pas bonne pour la réputation PETROSEN et l’image du Sénégal. Je veux parler des méthodes utilisées pour signer ces contrats. Les compagnies qui avaient déjà leurs demandes enregistrées au Sénégal pour les mêmes blocs apprenant que l’Etat du Sénégal a signé avec PETROTIM dont la demande n’était pas préalablement enregistrée auront une mauvais image du Sénégal, or dans le secteur pétrolier , les acteurs se connaissent.

Il a été précisé à TULLOW dés l’entame des négociations qu’il n’y a pas de bonus de signature

source : dakarmatin

Aliou Sall, vérités et mensonges d’un « naufragé» Oil & Gas (Par Bassirou Diomaye FAYE).

« On peut tromper une partie du peuple tout le temps et tout le peuple une partie du temps, mais on ne peut pas tromper tout le peuple tout le temps » » Abraham Lincoln

Suite aux révélations de la BBC sur un « scandale à 10 milliards de dollars » au parfum de corruption impliquant Frank Timis et Aliou Sall, à travers les sociétés Petrotim, Timis Corporation et Agritrans, une société appartenant à Aliou Sall (qui l’a créée pendant qu’il était fonctionnaire), ce dernier, à travers une conférence de presse tenue le 04 juin 2019, a tenté de laver son honneur et celle de la famille Sall.

En substance, l’enquête sous forme de documentaire vidéo révèle que British Petroleum (BP), le géant de l’énergie qui exploite le gisement de Gaz naturel liquéfié de Grand Tortue Ahmeyim (Entre le Sénégal et la Mauritanie), a accepté de payer près de dix milliards de dollars à Frank Timis, un homme d’affaires impliqué dans un contrat pétrolier controversé : l’attribution des blocs de Saint Louis Offshore Profond et Cayar Offshore profond.


La BBC rappelle que BP avait acheté les actions de Frank Timis dans un gisement de gaz au large des côtes du Sénégal pour 250 millions de dollars en 2017 et que les documents obtenus par BBC Panorama et Africa Eye révèlent que BP versera également à sa société, Timis Corporation entre neuf et douze milliards de dollars en redevances, soit près de 6 000 milliards de FCFA sur la durée de la Concession. Pauvre Sénégal !

Face à de telles accusations, pour le moins gravissimes, Aliou Sall n’a pas convaincu. Sa conférence de presse n’a été qu’une ridicule mise en scène d’un comédien visiblement mal en point dans son rôle. Pire, les arguments et affirmations passés, à la loupe, durant des émissions passées, notamment Faram facce avec Pape Ngagne Ndiaye, révèlent un tissu d’incohérences et de contradictions dignes d’un gamin de cinq ans pris la main dans le pot de confiture et qui ne pense qu’à blablater, face à l’urgence, pour se dédouaner.

Aliou Sall a travesti la réalité des faits pour semer le doute

Aliou Sall, considère que la BBC n’a donné la parole qu’à l’opposition radicale et à un ancien collaborateur de Frank Timis qui est en bisbille avec lui, passant sous silence le fait que la BBC lui a bien offert l’opportunité de se prononcer sur le sujet avant publication. D’ailleurs, il reproche au média anglais de n’avoir que très peu pris en compte ses arguments. Une chose est sûre c’est que BBC a mis en écrit dans le reportage les réponses de ses avocats. La chaine a publié des extraits des interviews ainsi que des réponses produites par Aliou Sall. On voit même clairement la journaliste poursuivre un haut responsable de BP qui a refusé de répondre à ses questions.

Pour une enquête qui aura duré une année, selon la journaliste Mayeni Jones, difficile de faire croire à une légèreté de l’enquête. Faut-il souligner qu’Aliou Sall ne réfute pas le contrat révélé par BBC qui le liait à Timis ? Tout au plus, se plaint-il que son salaire, qui est privé et confidentiel soit révélé au monde. Cela signifie que les autres documents exhibés par la chaine anglaise sont du béton. Ils ont obtenu le vrai contrat d’Aliou Sall, logiquement la même source leur a donné accès aux autres documents. Qui du reste est aussi bien placé qu’un proche collaborateur frustré de Frank Timis pour balancer ?

Par ailleurs, il s’offusque que la BBC ait fabriqué de fausses informations en affirmant que des manifestations ont eu lieu contre l’attribution des blocs à Petrotim. Mais, contrairement à ce que dit Aliou Sall, cette manifestation a bel et bien eu lieu. En effet, entre 2012 et 2016, toutes les demandes de marche déposées par l’opposition ont été refusées. Ce n’est en effet que le 14 octobre 2016 que la première marche sous l’ère de Macky Sall a eu lieu. Je faisais partie des membres de l’opposition qui ont été gazés à hauteur de la RTS. Cette marche, organisée par le front Manko Wattu Sénégal, avait effectivement pour but de dénoncer le bradage des ressources naturelles par la famille Sall au profit de Frank Timis. S’y grefferont la réclamation de la transparence du processus électoral et la défense des libertés démocratiques (https://www.youtube.com/watch?v=uKIZymOhNuE).

La BBC n’a donc rien inventé. C’est bien Aliou Sall qui feint l’amnésie ou qui compte jouer sur une hypothétique amnésie des sénégalais. D’ailleurs c’est le même jour qu’il a démissionné de Petrotim pour, disait-il, mettre à l’aise le Président de la République, son frère. Ce qu’il a rappelé dans sa conférence de presse en ces termes : « Quand la polémique a enflé, j’ai pris ma responsabilité et j’ai quitté ». Sa page Facebook, sur laquelle était annoncée cette démission reprise par la presse n’affiche plus aucune publication sur l’année 2016. Allez savoir pourquoi… Mais un crime n’est jamais parfait.

Quand Aliou Sall jette Wade & fils en pâture pour dédouaner Macky

Aliou Sall est malhonnête. Très malhonnête. Sauf à lui concéder peut-être quel qu’instinct de protection du grand frère Macky qui l’aurait emporté « humainement » sur tout le reste, on comprendrait difficilement qu’il cherche à enfoncer le clan Wade en lui imputant de façon mensongère la signature des décrets d’approbation signés le 19 juin 2012 par Macky Sall? (voir Décrets n°2012-597, portant approbation du CRPP d’hydrocarbures conclu entre l’Etat du Sénégal, PETROSEN et PETRO-TIM Limited pour le permis de Saint-Louis Offshore profond et décret n° 2012-596, portant approbation du CRPP d’hydrocarbures conclu entre l’Etat du Sénégal, PETROSEN et PETRO-TIM Limited pour le permis de Cayar Offshore profond).

Le plus grave c’est quand il déclare, toute honte bue, que « M. Abdoulaye Wade avait bel et bien signé le décret approuvant la concession qui a été donné à Petrotim », essayant ainsi de

jouer la confusion aux yeux de l’opinion entre les contrats de concession et les décrets d’approbation nécessaires à leur validité conformément au Code pétrolier de 1998, alors en vigueur. Le discours de son grand frère de sang de ce jour de korité où, malgré la ferveur et les « séquelles positives » des dévotions du mois béni, il est apparu groggy et amer, traitant les concitoyens qui l’ont porté au pinacle, d’hypocrites (nafeeqh) et de fumistes (rambaaj) au lieu d’appeler au pardon et à la concorde nationale, entrerait sans doute dans la même veine d’instinct de protection du petit frère. 

Soutenir, comme il l’a fait, que « c’est dans le cadre de la continuité de l’Etat que Macky Sall a confirmé ces décrets qui ont été déjà signés par Wade » n’est ni plus ni moins qu’une flagrante contre-vérité d’un grand manipulateur. Un décret déjà signé par un Président de la République ne se confirme pas ! La continuité de l’Etat ne saurait justifier que le Président entrant confirme, par sa signature, les décrets signés par son prédécesseur. D’autant plus que l’IGE auprès de laquelle Macky avait commandité une enquête lui recommandait d’annuler le

contrat signé par A. Wade. Si tel est le cas, qu’il dise donc pourquoi le Président Macky Sall n’a pas confirmé le décret instituant une taxe sur les appels entrants ? Pourquoi n’a-t-il pas confirmé la dénonciation des accords de défense avec la France qui avait déjà été obtenue par Wade ?


Les arguments d’Aliou Sall sont trop légers trop tirés par les cheveux. Ils donnent l’impression d’un naufragé en proie aux vagues et effluves Oil & Gas et qui cherche à s’extirper du guêpier de la BBC. L’homme sûr de lui qui claironnait, le 07 septembre 2016, face à pape Ngagne NDIAYE, en prenant Dieu à témoin « Je ne regrette rien, si c’était à refaire, je le referais » et qui disait toute sa fierté de faire partie de l’aventure pétrolière au Sénégal est apparu moins hautain tout d’un coup,, moins arrogant et en proie au doute. « Si j’avais soupçonné un seul moment que des découvertes aussi importantes allaient être faites, je n’imagine même pas que j’allais m’aventurer dans cela », lance-t-il, la mine déconfite.
Personnellement, je ne crois traître mot de cette déclaration. Je crois, au contraire, que c’est justement parce qu’il a du flairer le coup qu’il a abandonné le public pour, comme lui-même le dit, « partir à la recherche d’opportunités dans le privé ». Se jeter sur l’opportunité aurait été plus honnête expression de sa part pour qualifier ce qui s’est réellement passé. Mais, le plus cocasse c’est quand M. Sall dit avoir quitté la fonction publique « parce qu’il était apparu que ce n’était pas convenable, pour lui, à ce moment PRECIS, où le fils du Président Abdoulaye Wade était accusé d’implication excessive dans la gestion des affaires de l’Etat, d’assumer des fonctions publiques ».
Ma conviction en écoutant Aliou Sall c’est qu’il prend les Sénégalais pour des moins que rien. Pourquoi cherche-t-il à figer la convenance à un « moment précis » ». Mais, rien n’a changé, bon sang ! Bien au contraire. L’implication de la famille sous Wade ne s’était limitée qu’à Karim Wade et sa sœur. Mais, sous le Président Macky Sall, on a parlé et continue de parler de dynastie FAYE-SALL impliquant la fratrie, la famille et la belle famille. On ne parle plus d’implication excessive mais d’accaparement total.
C’est justement parce que rien n’a changé, que les choses ont au contraire empiré, qu’Aliou Sall continue à être une personne politiquement exposée (PPE), cause pour laquelle les

américains avant l’entrée de Kosmos Energy dans les blocs en question ont exigé qu’il quitte purement et simplement.

Aliou Sall brouille les pistes : une commission d’enquête pour le blanchir ?

C’est pour la même raison, qu’on ne saurait croire à une commission d’enquête parlementaire. Pourquoi, le suggère-t-il d’ailleurs en premier Depuis 2016 qu’on parle des conditions d’attribution nébuleuses des blocs de Saint-Louis Offshore Profond et Cayar Offshore, notre Assemblée nationale est aux abonnés absents. Bien au contraire, la majorité mécanique, s’est érigée en bouclier vilipendant et insultant tous les opposants qui ont réclamé de la transparence dans la gestion des ressources naturelles. Pourquoi nos vaillants députés sortiraient-ils de leur torpeur comme par magie pour mettre en place une commission d’enquête parlementaire que l’opposition a vainement réclamée en son temps ?
Le feraient-ils fait, du reste qu’il s’agirait purement et simplement d’une entreprise de blanchiment du forfait mis davantage à nu par la BBC. Pour rappel, une plainte a été déposé par depuis le 26 décembre 2014 en plus d’une autre dénonciation déposée le 15 février 2016.

Aliou Sall dit avoir été entendu de 10h à 17h et que Frank Timis a été entendu pendant 6 tours d’horloge. Il est malheureux de constater, qu’à la page 92 du rapport de l’Ofnac pour l’année 2016, soit plus de deux années après, il est juste mentionné que « l’enquête suit son cours ». Merci à Africa Eye et à la BBC. 
À suivre la ligne de défense du gouvernement, ce blanchiment politique des malversations commises par les hommes politiques semble être la mission réelle des organes de contrôle et autres structures dédiées. Cela est d’autant plus vrai que le gouvernement, le président Macky Sall en premier, dans son allocution faite après la prière de la Korité, n’a trouvé rien de mieux à nous servir qu’un ramassis de décrets et de lois instituant un COS-Pétrogaz ici, un institut du pétrole et du gaz par-là, si ce n’est l’adhésion à l’initiative ITIE ou encore la création d’un fonds pour les générations futures qui est chantée. Pauvre Sénégal !

Un dialogue commandé par des renseignements sur l’imminence du BBC-gate ?

Voilà bien des raisons qui imposent une certaine prudence dans le cadre du dialogue. Au-delà du volet technique (discussions naturelles sur le processus électoral, le fichier et l’autorité indépendante qui devra gérer) le reste cache aussi bien une duperie qu’un chameau qu’on essayerait de dissimuler sous un lit. Les Sénégalais se rappellent, sans doute, de la phrase pas du tout anodine du chef de l’Etat lors du lancement : « si on ne s’unit pas, des étrangers viendront nous diviser pour s’accaparer de nos ressources ».

Pourquoi après nous avoir dénié toute science sur le pétrole et le gaz et donc toute légitimité à nous prononcer (avec à la clef les menaces ridicules de Boun Abdallah Dione alors 1er Ministre), pourquoi après avoir dit qu’il était prématuré de parler de pétrole et de gaz car aucune goutte n’est encore sortie, vouloir poser un débat sur la même question alors qu’entre

temps nous ne sommes pas devenus « ingénieurs pétrogaz » et que pas une seule goutte n’est encore sortie ?

Au nom de la lignée des guerriers, l’honneur au cœur

J’ai encore l’espoir ténu, comptant sur l’ADN de la lignée des guerriers dont ils se réclament, que pour l’honneur familial et la préservation de la pureté du « sang royal », qu’Aliou Sall portera plainte contre la BBC, là-bas, au Royaume uni. Cela aura le mérite de réactiver la plainte qui a été initialement déposée contre BP dans ce pays et contribuera à la manifestation de la vérité.
En attendant, j’espère fortement que les organisations citoyennes et les citoyens prendront le leadership dans cette bataille que les politiciens et quelques personnalités sont un peu trop seuls à porter depuis 2016. Et même si, en synergie avec les ONG de lutte contre la corruption à l’international, l’accent doit être mis sur la plainte déposée à Londres contre BP, ma conviction profonde est que dans cette magistrature se trouvent encore des juges qui se battent pour redorer le blason de la justice sénégalaise et pour défendre leur honorabilité. Voilà pourquoi, une plainte, avec constitution de partie civile devant le juge d’instruction mettrait les juges, qui sont tout aussi Sénégalais que nous tous, face à leurs responsabilités et à l’histoire.

Bassirou Diomaye FAYE
Coordonnateur du mouvement des cadres patriotes
PASTEF-LES PATRIOTES.

Global Witness demande au Royaume-Uni et aux Etats-Unis d’enquêter sur BP et sur « le bad boy » Frank Timis

Global Witness demande au Royaume-Uni et aux Etats-Unis d’enquêter sur BP et sur « le bad boy » Frank Timis
Global Witness demande aux juridictions britanniques et américaines d’enquêter sur le géant pétrolier BP et l’un de ses partenaires au Sénégal, le célèbre homme d’affaires Frank Timis, au sujet d’un accord estimé à 10 milliards de dollars sur des blocs de gaz offshore. Les détails de l’accord ont été révélés par la BBC lundi.

Les paiements secrets soulèvent des inquiétudes quant au fait que l’une des plus grandes entreprises britanniques s’est rendue complice de corruption, en récompensant des pots-de-vin antérieurs.

Des entreprises liées à l’homme d’affaires Frank Timis ont été accusées de corruption, de mensonges à des investisseurs et de liens avec des violations des droits humains. Au Sénégal, il a été controversé pendant des années avant son accord d’avril 2017 avec BP, en raison d’une relation prétendument corrompue avec Aliou Sall, le frère du président.

Les sociétés Timis ont payé Aliou Sall en tant que consultant pendant plusieurs années avant l’opération BP. Global Witness estime qu’il existe un risque qu’Aliou Sall utilise sa relation familiale avec le président pour promouvoir ses intérêts commerciaux et ceux de Timis.

« C’est l’un des scandales de corruption les plus graves qui ait jamais frappé l’industrie pétrolière. Les forces de l’ordre britanniques et américaines devraient enquêter pour savoir si Timis a acquis ou conservé les blocs en raison de pots-de-vin et si BP a fini par récompenser la corruption à hauteur de plusieurs milliards de dollars « , a déclaré Daniel Balint-Kurti, chef des enquêtes chez Global Witness.

En tant que société britannique dont les actions sont cotées à la Bourse de Londres et à New York, les services répressifs du Royaume-Uni et des États-Unis seraient chargés d’enquêter sur les activités de BP. Timis a d’étroites relations avec le Royaume-Uni, possédant un Penthouse dans la riche région de Knightsbridge, à Londres, et ayant fait valoir ses compétences en faisant entrer deux sociétés à la bourse de Londres, l’Alternative Investment Market.

British Petroleum connaissait la relation entre Timis et Sall

BP a versé à Timis 250 millions de dollars d’avance pour une participation de 30% dans les champs gaziers en avril 2017, et en plus de cela lui a promis au moins 9,3 milliards de dollars en redevances sur environ 40 ans, selon le Panorama de la BBC et Africa Eye. Pour mettre ces chiffres en contexte, le budget du Sénégal l’an dernier était de 6,3 milliards de dollars, et environ 40 % de la population vit avec moins de 2 dollars par jour. BP était au courant de la relation de Timis avec Aliou Sall.

BP a déclaré à la BBC qu’elle « rejette toute implication selon laquelle elle aurait agi de manière inappropriée ». Elle a déclaré qu’elle avait  » effectué une vérification diligente approfondie et appropriée  » dans des domaines tels que  » le respect de l’éthique et la lutte contre la corruption  » et que son investissement apporterait des  » bénéfices substantiels  » au Sénégal.

Frank Timis a déclaré que les allégations de la BBC « sont totalement fausses » et qu' »il n’y a eu aucun acte répréhensible ». Il a nié les allégations de pots-de-vin.

 

https://www.globalwitness.org/en/press-releases/global-witness-calls-on-uk-and-us-to-investigate-bp-and-city-bad-boy-frank-timis/

 

La faillite morale d’un Président!(Par Cheikh Tidiane).

Le message du Président de République à la fin de la prière de la Korite est encore plus pathétique que la conférence de presse de son frère. Une grande arrogance et un semblant de sérénité qui cachent en réalité un profond malaise.

Macky Sall n’a pas parlé en Président de la République mais en frère d’Aliou Sall. C’est ce qui fait qu’il n’a pas la dignité de cette charge.

Nous lui avions conseillé, dès le début, d’éloigner sa famille des affaires publiques mais il n’a rien écouté. Non content d’avoir cédé une partie de notre pétrole à son frère Aliou Sall, il l’a aussi mis à la tête de la plus grande banque de l’État : la Caisse des Dépôts et Consignations, après avoir parrainé son élection à la mairie de Guediawaye.

Je ne parle même pas de son beau-frère avec son super ministère dont le budget frôle les 1000 milliards. Toutes les ressources destinées aux politiques sociales et à la solidarité nationale entre ses mains, pour une redistribution ciblée dans les reseaux parrainées par le Clan. Dautres scandales de corruption en perspective?

Aliou Sall, depuis que nous le connaissons en 2012, n »a qu’une seule ligne dans son CV, c’est d’être frère du Président de la République du Sénégal.

Croyez-vous une seule seconde que le prédateur Frank Timis l’aurait recruté si Macky n’avait pas remporté l’élection en 2012?

Croyez- vous une seule seconde qu’il aurait eu le courage et les moyens de se présenter la mairie de Guediawaye en 2014 si son frère était resté dans l’opposition?

Imaginez-vous ses chances de diriger la CDC si on avait demandé à tous les sénégalais de déposer leur candidature pour ce post ?

Non Macky Sall, je ne laisserai personne me prendre pour un imbécile. Et c’est ce que jai ressentis en vous écoutant.

Nous vous avons confié la garde de notre bien public. Il ne peut en aucun cas appartenir à votre famille. Vous avez l’obligation de nous rendre des comptes et vous le ferez. Je vous le promet, vous ne pourrez pas nous snober. Pas cette fois-ci. Le Sénégal ne sera pas de ces Républiques bananières détruites par des bandes claniques soutenues par leurs réseaux de courtisans locaux et étrangers.

J’invite les acteurs politiques, la société civile, les organisations de lutte contre la corruption et de défense des droits de l’homme, les syndicats et mouvements de jeunes et de femmes, bref toutes les forces vives de notre Nation à se mobiliser, à s’indigner et à s’organiser. Cette effroyable corruption au sommet doit cesser.

J’appelle la jeunesse à se préparer. …Nous vous appellerons bientôt. Soyez prêts.

Les voleurs de milliards de la république, entre déraison et cynisme

« Si un homme a beaucoup plus qu’il ne faut, c’est que d’autres manquent du nécessaire. » Cette pensée de Tolstoï sied bien à la situation de beaucoup de nos compatriotes, qui peinent à manger à leur faim, à s’habiller convenablement, grosso modo à vivre dignement, pendant qu’un groupuscule de petites gens malhonnêtes, à l’appétit financier pantagruélique et à la cupidité insatiable, animées par l’esprit de lucre, prennent un malin plaisir à voler les milliards du contribuable à l’envi.

Quand je vois la kyrielle de zéros derrière les chiffres de leurs biens stratosphériques, je me dis soit j’ai des illusions d’optique soit les journalistes ont dû se tromper d’unité. Que nenni ! C’est la triste réalité. À la question jusqu’où peut mener la cupidité ? Je suis tenté de répondre souvent au cynisme et à la déraison.

Ces biens du contribuable n’auraient-ils pas pu permettre de construire des hôpitaux et des écoles ou de créer une certaine richesse dans le pays ? Au moment où des femmes meurent en donnant la vie pour faute de moyens ; au moment où beaucoup jeunes meurent sur le chemin de l’émigration pour fuir la pauvreté ; au moment où le taux d’alphabétisation stagne dans certains secteurs du pays, etc. Ces fossoyeurs de la république pitié ni scrupule.

Manquer du nécessaire peut constituer une boîte de Pandore pour des citoyens d’un pays. À cause de la pauvreté, une femme vertueuse, dans le dénuement total, peut être tentée par l’appât du gain de la prostitution, alors qu’un honnête homme au chômage peut être attiré par le vol ou l’agression. Car le la pauvreté absolue déshumanise.

Beaucoup de maux peuvent infester une société à cause du détournement de deniers publics. Ces fossoyeurs contribuent non seulement à l’instabilité et au sous-développement du pays, mais ils suscitent et ravivent la perversion des mœurs et la dégradation des valeurs morales, ne-serait-ce que par leurs mauvais exemples.

À une question sur sa vie, le controversé milliardaire Marcel Dassault répondait : « Je vis modestement, on ne peut pas manger sept poulets par jour.» Ce qui est une preuve des limites physiques de l’être humain.

Limité, l’Homme ne l’est-il pas aussi dans l’espace et dans le temps ? Pourquoi alors voler tant de milliards ? Si on sait qu’on ne vivra pas un nombre suffisant de jours pour pouvoir en profiter. Surtout quand on est au crépuscule ou à l’après-midi de sa courte vie. La longévité de Mathusalem et de Noé n’est-elle pas qu’un vieux souvenir ?

Sans doutent s’imaginent-ils éternels dans notre monde où vivre jusqu’à 140 ans relève d’un miracle, malgré le développement sans précédent de la médecine. Ces pilleurs de la république sont-ils assez déraisonnables pour ne pas savoir qu’on a beau possédé un immeuble ou des milliers de maisons, mais on ne peut passer une nuit que dans une chambre et sur un lit ? Sont-ils assez sensés pour savoir qu’on a beau avoir une ribambelle de voitures, mais on peut en conduire qu’une à la fois. La cupidité semble être un défaut aveuglant.

N’ont-ils pas lu le saint Coran ou visité la magnifique vie du Prophète (PSL), eux qui se réclament haut et fort musulmans et n’hésitent pas à se battre si on les traite de mécréants, pour se rendre compte de la frugalité de la vie qu’il menait, bien que beaucoup d’opportunités d’enrichissement licite se fussent souvent présentées à lui.

Peut-être veulent-ils mettre leur postérité à l’abri du besoin pécuniaire. Mais, est-ce raisonnable de thésauriser iniquement l’argent du peuple pour les générations futures alors que ses contemporains, qui peuvent même être ses voisins proches meurent de faim ? Je suis perdu dans cette forêt d’interrogations. Si vous avez les réponses, veuillez me montrer sur le chemin.

Entre un vieux que j’ai entendu l’autre jour dire à la radio qu’il faut les amener à Fann, parce qu’il faut être fou pour voler tout cet argent dans un pays pauvre comme le Sénégal et un autre qui disait qu’il faut les emprisonner à perpétuité à Reubeuss, parce que ceux sont de vrais criminels, mon cœur balance.

L’idéal pour moi serait d’installer un petit Fann à Reubeuss, pour qu’ils puissent y être soignés de leur insanité au moment de purger leur peine. Gandhi semblait avoir bien d’affirmé « Il y a assez de tout dans le monde pour satisfaire aux besoins de l’homme, mais pas assez pour assouvir son avidité. » Wërsëg du doy, doylu mooy Wërsëg

Comptes et mécomptes du pétrole

Il y avait une fois, dans un pays situé entre la Mauritanie, le Mali, le Cap-vert et la Guinée; un pays éventré par la Gambie, deux frères qui étaient devenus, par le miracle de la politique, immensément riches dans un pays étonnamment pauvre.Pour gagner sa vie, l’un des deux frères, Aliou Baba, qui n’avait aucune connaissance du pétrole et n’avait jamais creusé un seul trou durant toute sa vie, même en jouant, trouva du pétrole enfoui à Saint-Louis, Rufisque, Bargny et Kayar.

Avant même que le pétrole ne jaillisse des entrailles de cette terre bénite par les anciens; avant même que les premiers coups de perforation ne tombent pour aller puiser cet or noir dans les entrailles de cette terre bénite, les millions et milliards avaient jailli, comme par enchantement, de ses comptes bancaires, le rendant riche du jour au lendemain. Aliou Baba avait deviné où le pétrole se trouvait exactement, comme par flair.

Certaines mauvaises langues affirmèrent que son frère, ingénieur en pétrochimie, était son flair. Son frère savait tout du pétrole. Il avait été initié au pétrole mais pas au droit.Tout ce qu’Aliou Baba avait fait, c’était ouvrir une société qui lui permettrait de trouver des partenaires peu recommandables, pour exploiter cette richesse nationale, inespérée qui allait propulser le pays vers la prospérité.

Dissuadé par son oncle Igéyeu de ne pas signer le décret qui allait autoriser l’exploitation de ce patrimoine national commun, son frère s’entêta et cautionna l’acte posé par Aliou Baba dont les émoluments prirent des proportions inquiétantes et alléchantes du jour au lendemain. L’ancien pauvre était devenu un nouveau riche.

Très vite et trop vite pour susciter les investigations de citoyens patriotes indignés.Et c’est ainsi, que de contrat à décret, de frère à frère, de cousins à courtisans, de partisans à profiteurs, de planques à banques, de maris à femmes et d’usurpateurs à receleurs, on se transmit le secret de ce fabuleux trésor dans l’espoir de vivre soi-même, ses parents et ses descendants dans le luxe et la splendeur jusqu’à la prochaine alternance qui allait réanimer la (CREIP) Cour de Répression de l’Enrichissement Indécent par le Pétrole.

Aliou Baba, le frère, vendeur artificiel et accidentel de pétrole, avait ramené au pays un ami, Pank Fumiste, dont le nom symbolisait le crépuscule, pour l’aider à extraire gaz et pétrole au nez et à la barbe des populations. Avant même qu’une seule goutte de pétrole ne sorte de terre, Aliou Baba était devenu riche. Immensément riche, à tel point que son ventre s’imposait comme un écran devant lui, l’empêchant de voir la réalité : le bien national.

Le pétrole s’était transformé en sacs d’or et en billets de banque. Le crépuscule annonçait la tombée de la nuit. Mais les voix averties multipliaient leurs décibels pour que le pays ne tombe jamais dans la nuit de la malédiction du pétrole du fait de Crépuscule.

Il fallait pour cela garder les yeux ouverts pour ne laisser aucune chance à la nuit noire du pétrole, source de tant de conflits, plonger le Sénégal dans le chaos et les règlements de compte.Un jour, des citoyens curieux et des journalistes déterminés, fouillèrent, investiguèrent et découvrirent au fond d’un repaire, en prononçant «sésame ouvre-toi», toute une richesse acquise du fait des contrats douteux signés contre les intérêts vitaux et supérieurs du pays, cette grotte enchantée.

Ils décidèrent de tirer au clair cet exploit réalisé par un homme qui, en peu de temps, était financièrement passé de rien à tout. Ils n’avaient pas besoin de le traquer. L’homme puait le pétrole, rendant sa traçabilité facile. En le pourchassant, ils prirent la précaution de ne pas allumer de feu, même pour fumer, de peur qu’il ne s’enflamme.

Le lendemain, à la nuit close, une journaliste nommé Bibici Dégn Koumpa, ne voyant pas s’autosaisir la justice et l’Assemblée nationale (l’AN), enquêta et découvrit, après les nombreux Sénégalais qui l’avaient précédé sur l’affaire et avaient déjà crié «aux voleurs! », le secret de cet enrichissement en mode fast track.

Bibici Dégn Koumpa s’alarma et révéla le scandale au grand jour. Aliou Baba, considéré comme le chef de bande ne se tint pas battu. Il sortit de sa réserve et contre-attaqua pour se justifier devant les médias.

Il prononça des paroles creuses qui allaient davantage torpiller le projet mort-né de son frère, au pouvoir, de poursuivre son rêve de traquer, jusque dans la fosse, les biens mal acquis, amassés illicitement par les 40 brigands politiciens qui ont dévoré et continuent de saigner l’énergie vitale de ce pays. Et ce rêve devint leur cauchemar …

NB: Toute ressemblance avec une personne de l’alliance pour la République n’est que pure coïncidence.
PAR IBRAHIMA SILLA 

Après avoir livré le Sénégal à Timis, il a saccagé les finances publiques,… et enrichit la galaxie Faye Sall

Questekki 149 du mardi 4 juin 2019 (Par Mamadou Lamine Diallo).

Dossier Ressources naturelles : Selon la BBC, Franck Timis devrait empocher 6000 milliards dans l’exploitation du gaz de St-Louis.

La respectable BBC, chaîne publique britannique et institution du Royaume uni vient d’édifier le peuple sénégalais sur le deal du gaz de St Louis : Franck Timis devrait gagner 6000 milliards de  FCFA de royalties. C’est grave et révoltant. Cette affaire dépasse la personne de Aliou Sall, c’est le régime de Macky Sall qui pose problème. Macky Sall nous a promis la gouvernance vertueuse en 2012 pour prendre le pouvoir, mais la réalité est toute autre.

Je rappelle que le peuple sénégalais avait manifesté en 2016 pour dénoncer ces deals. Notre manifestation avait été réprimée et avec le soutien du Premier Ministre Boun Dionne,  Franck Timis  dans une arrogance extrême, était venu nous insulter et nous menacer.

Aujourd’hui, il est clair que le peuple a été spolié de ses ressources. Il doit se battre pour les récupérer et éviter la malédiction des matières premières.

Dossier nouveau : Avec ce deal, Macky Sall empêche  1 000 000 de familles de sortir de la pauvreté. 

6000 milliards c’est beaucoup d’argent. Il faut savoir qu’en augmentant de 5000 francs CFA  par jour les revenus d’une famille sénégalaise, elle peut sortir de la pauvreté extrême. Ainsi bien orientée, la somme de 6000 milliards peut sortir 1 000 000  familles sénégalaises de la pauvreté, soit 8 000 000 de personnes environ.
Telle est la conséquence directe du deal organisé par le régime de Macky Sall dans le gaz de St-Louis. Pourtant Macky Sall avait été prévenu par un rapport de l’IGE et le terrain balisé par les conclusions des Assises Nationales.

Après avoir livré le Sénégal à Franck Timis, il a saccagé les finances publiques,  cassé le secteur informel et enrichit la galaxie Faye Sall et quelques sociétés étrangères.

Quoi qu’on dise Macky Sall est hanté par son wax waxeet de 2016 et veut exorciser les assises nationales et les travaux de la CNRI qui s’en inspirent. Alors son dialogue dit national, il espère enterrer les assises nationales définitivement d’une part ; et d’autre part,  obtenir la mise en place d’un gouvernement de majorité élargie pour gérer l’ajustement structurel à venir et suspendre le cours démocratique de ce pays en repoussant les locales.

Trop c’est trop. Nous devons mobiliser les femmes et les jeunes pour une alternative populaire et  combattre en particulier l’insécurité grandissante qui est une conséquence directe des politiques injustes de Macky Sall.

Mamadou Lamine Diallo, Président du mouvement Tekki.

Enquête à charge sur l’affaire petrotim. Quand Cheikh Yerim Seck fait la morale à la BBC ( Par Alassane K. KITANE).

Ce pays est quand même étonnant ! Alors que ses confrères de la BBC ont étayé les graves révélations faites depuis longtemps par des sénégalais sur la gestion du pétrole, Monsieur Cheikh Yérim Seck vole au secours de ses amis de la présidence en chargeant BBC. Comme pour étouffer l’affaire en stigmatisant la méthodologie de travail de ses confrères, il prétend qu’ils ont fait une enquête à charge contre Aliou Sall. Rien sur le fond du dossier. Rien sur la Banque de Dakar. Rien sur la genèse mystérieuse des affaires du frère du président ! Monsieur Seck préfère s’en prendre à ses confères en les accusant d’avoir mené une enquête à charge. Pour rafraîchir la mémoire des Sénégalais, nous publions ici des coupures de presse qui mettent à nue les mêmes pratiques qui avaient servi à Cheikh Yérim de méthode pour faire le procès sans état d’âme des Wade.

Dakaractu.com 5 Avril 2012
« Macky Sall hérite d’un palais totalement « dévalisé » »
(Par Cheikh Yérim Seck) 
« Grande a été la surprise de Macky Sall et de son épouse quand ils ont pris possession du palais le 2 avril, après avoir raccompagné Abdoulaye et Viviane Wade. La grosse bâtisse coloniale qui surplombe l’océan a été laissée totalement vide au nouveau couple présidentiel. Tous les objets décoratifs ont été pris. A commencer par les meubles. Les fauteuils, tables, bibelots, chaises… ont été emportés. De même que les nombreux tableaux qui ornaient les longs murs du bâtiment. Même les moquettes ont été « dévalisées ». Quand Macky Sall est arrivé au bureau présidentiel, il y a trouvé des moquettes sales qui venaient sans doute d’être sorties du magasin et d’y être installées. Même le fauteuil du bureau a été remplacé par une chaise pour le moins inconfortable. Le nouveau locataire des lieux a été obligé d’acquérir sur le marché un nouveau siège sur lequel s’installer pour pouvoir travailler. Même le cheval en fer connu des habitués du palais, qui ornait le grand hall de la résidence, a été emporté par les Wade. Ces derniers ont déménagé avec tout ce qui faisait le charme des lieux… »

REMARQUE Il n’y a nulle trace ici d’une enquête équilibrée, car Monsieur Cheikh Yériml Seck n’a, à aucun moment, donné la parole aux mis en cause. Aujourd’hui il reproche à ses confrères le même péché. Allez savoir ce qui a changé, mais le verdict (voir l’article ci-dessous) de la gouvernante du Palais montre que ces révélations étaient matériellement impossibles, car la gestion du Palais est sous l’autorité d’une personne assermentée dont la crédibilité n’a jamais été écorchée.

Verdict de la gouvernante du Palais
« Objets emportés- La gouvernante du palais blanchit Me Wade »
Jeudi, 08 Novembre 2012 13:39 
« Alors que les nouvelles autorités criaient sur tous les toits que Me Wade avait emporté des tapis, des tableaux d’arts et autres objets de valeurs en quittant le Palais, voilà que la gouvernante vient apporter un cinglant démenti. En effet, des sources proches de l’ancien président de la République révèlent que Me Wade a été officiellement saisi par la gouvernante du Palais de la République par correspondance lui demandant de venir récupérer 163 objets lui appartenant. Il s’agit selon des sources bien informées de tableaux d’art, de tapis, d’objets et plusieurs autres objets. «L’ancien président a bien reçu la correspondance et ce qui l’attriste, c’est tout ce bruit qui avait été fait au lendemain de son départ du Palais.

Beaucoup de gens l’avaient accusé d’avoir volé des biens notamment des tapis et des tableaux d’art», confie un proche de l’ancien président de la République. Me Wade a ainsi demandé à son bras droit l’ancien ministre d’Etat Mamour Cissé d’aller récupérer tous ces objets lui appartenant. »
Georges Nesta Diop

REMARQUE : Le même Cheikh Yérim sur l’entretien que Macky Sall aurait eu avec le Khalif général des mourides (article ci-dessous). La qualité du texte montre qu’il a été publié dans la précipitation, tout ça dans le but de nuire. La question est de savoir comment un journaliste qui a pu écrire des choses si horribles avec autant de légèreté peut avoir l’outrecuidance de venir nous faire une contre-expertise sur l’enquête de BBC ? Ce pays est vraiment peu aimé par certains de ses fils !

« Exclusif! Qu’a dit Macky Sall du régime Wade au khalife général des mourides ? (Par Cheikh Yérim Seck) 
12/04/12
DAKARACTU.COM 
« Durant 30 mn, à Mbacké Kadjor, le tout nouveau président de la République, Macky Sall, a tenu à prendre à témoin le khalife général des mourides, Serigne Cheikh Sidy Makhtar Mbacké, et à lui décrire l’état dans lequel Abdoulaye Wade lui a remis le Sénégal. Macky a commencé par le palais, indiquant au guide religieux qu’il n’y a rien trouvé en arrivant: ni mobilier, ni décorations, pas même de chaises ni de moquettes… Tout ce qui s’y trouvait, et qui est appartient à l’Etat, a été emporté. Puis il lui a rapporté les cas de vol qu’il a constatés depuis sa prise de fonction: des centaines de véhicules dérobés, le matériel audiovisuel de la présidence emporté, l’outil de travail (matériel informatique, mobilier de bureau…) pillé… Puis Macky Sall en est venu à l’état de la trésorerie du pays. Il a tenu à faire remarquer au khalife qu’à son départ Abdou Diouf avait laissé à Abdoulaye Wade 200 milliards de francs cfa dans les caisses de l’Etat. Tandis que Wade a déjà exécuté la quasi-totalité du budget de cette année 2012 de la présidence, tout comme nombre de ministres l’ont fait dans leurs départements. Non sans faire remarquer qu’il n’a hérité d’aucun fonds destiné à préparer la future campagne agricole ni à faire face à la crise alimentaire qui pointe à l’horizon. Tout au contraire, on lui a légué des dettes comme cette ardoise mensuelle de 500 millions de francs cfa, rien pour la facture de téléphone de la présidence. Et des déficits abyssaux creusés par des faits graves de mauvaise gestion. Au bout de cette démonstration, Macky Sall a indiqué au khalife qu’il ne pouvait pas ne pas passer au peigne fin la gestion de son prédécesseur pour situer les responsabilités de ce « désastre ». Son interlocuteur n’y a pas trouvé à redire. Place aux audits ! »

REMARQUE : Dans aucun pays avec un Trésor, un système d’impôts rodé, des fonctionnaires de l’administration rompus à la tâche ; bref dans aucun ÉTAT, il n’est possible de consommer le budget dès le mois de Mars ! De tels mensonges commandités disqualifient l’aventurier de Conakry (nous reviendrons sur ses relations avec Dadis). L’ancien journaliste du fameux magazine « Jeune Afrique » n’est pas pauvre, et ses relations amicales avec le Palais sont loin d’être purement amicales. Il faut juste rappeler que les questions soulevées par BBC et les suspicions de délit d’initié ont été mises au jour par la presse nationale depuis belle lurette. Les temps sont graves, et il suffit d’imaginer la vie de certains amis du Palais sans Macky Sall pour comprendre leur désarroi et leurs vaines tentatives d’absoudre ce personnage. Jamais dans l’histoire politique de notre pays le faux n’a été autant entretenu comme méthode de gouvernance. Le complot contre la vérité a des limites, car tôt ou tard celle-ci triomphera.

Le journaliste Aliou Sall, frère du président, devient pétrolier !
25/10/2012
Dakaractu.com (texto)
(BCE) – Pour ceux qui ne le connaissent pas, Aliou Sall est le jeune frère de Macky Sall. Il est journaliste de profession. Ces dernières années, Aliou Sall était en poste à Pékin, comme attaché diplomatique chargé de la communication a l’ambassade du Sénégal en Chine. Mais depuis que son frère a été élu à la présidence de la République, Aliou Sall est de plus en plus souvent à Dakar, et il est courant de le rencontrer dans un hôtel huppé de Dakar, où il reçoit de façon continue et quotidienne des hommes d’affaires de nationalités diverses et variées. Des enquêtes prouvent que Aliou Sall a monté une société dénommée PETRO-TIM SENEGAL SAU, domiciliée dans le quartier huppé des Almadies. PETRO-TIM SENEGAL SAU a obtenu deux permis offshore au nez et à la barbe de Tullow Oil, un géant pétrolier. La société a été créée en Juillet 2012, 4 mois après l’arrivée de Macky Sall à la Présidence. Troublante coïncidence ! »
http://www.creationdentreprise.sn/petro-tim-senegal-sau

REMARQUE : L’irruption irrégulière et massive de la famille du Président dans les affaires du pays ne fait aucun doute ! Vouloir discréditer l’enquête de la BBC dans cette affaire de la part de Cheikh Yérim Seck, c’est vendanger le peu de crédit qui lui restait. Dans ce pays, une race de journalistes a savamment effacé la frontière entre la politique et le journalisme de sorte à surfer sur cette ambiguïté pour ternir l’image d’adversaires politiques sous le manteau de la presse. L’un des premiers indices de la mal gouvernance de Macky Sall est fourni par son obsession à s’inféoder la presse privée. Et pour dire un mot sur le fait que les parents du président sont des citoyens à part entière et que, sous ce rapport, ils ont le droit à la promotion à des postes de responsabilité, il faut souligner que cet argument est rendu caduc par le contexte dans lequel Macky a été élu par les Sénégalais. On ne peut pas après avoir combattu Wade sous le prétexte d’une omniprésence de sa famille dans la gestion du pays, venir légitimer ça pour son successeur. Il y a des choses que la loi permet mais qu’un homme d’État doit s’abstenir de s’octroyer : c’est le principe des responsabilité. L’éthique de responsabilité transcende les lois positives et constitue, pour cette raison, à la fois le rempart contre l’abus de liberté et le bouclier contre l’abus de pouvoir.

Alassane K. KITANE
Professeur au Lycée Serigne Ahmadou Ndack Seck de Thiès
Président du Mouvement citoyen LABEL-Sénégal

Scandale BBC-Petrotim-Aliou Sall : Sonko indexe Macky

Ousmane Sonko lors de la presentation de son livre Solutions Place de l’Obelisque Dakar

Je suis sidéré par la déclaration faite ce jour par Macky Sall à l’issue de la prière de l’Eid-el-fitr sur l’affaire BBC – Pétrole et gaz du Sénégal.

Cet homme ne respecte pas son peuple et est arrivé à un niveau de mépris et de dédain inimaginable. 
Voilà un homme qui, après avoir sacrifié Khalifa Sall pour des accusations mille fois moins graves, vient nous jeter à la figure que lui et sa famille passent avant les 15 millions de Sénégalais. 
Depuis le début de cette polémique, ses différentes sorties ainsi que celles de membres de son gouvernement sont truffées de contre-vérités dans le but d’embrouiller l’opinion.

A chaque fois, la stratégie a consisté à tenter d’allumer un contre-feu en se cachant lâchement derrière l’argument d’une prétendue « manipulation d’opposants » ou d’une « tentative de déstabilisation de notre pays par des forces obscures ».

Même pas le courage, devant des faits irréfutables, de faire profil bas à défaut d’un simple mea culpa.
Moi, Ousmane SONKO, je l’accuse d’être le seul responsable de cette corruption qui en cache des dizaines d’autres.

Il est le responsable de faits caractéristiques de haute trahison comme je l’avais déjà développé dans mon ouvrage « Pétrole et gaz du Sénégal : chronique d’une spoliation ».

Cet homme a perdu toute crédibilité à diriger le Sénégal et les Sénégalais.

J’appelle les Sénégalaises et les Sénégalais, particulièrement cette jeunesse sacrifiée et oubliée, à se mobiliser massivement et constamment les jours à venir pour protester contre tous les scandales qui jalonnent sa gouvernance jusqu’à ce que les mesures idoines soient prises.

Ce n’est le combat ni d’un homme, ni d’un groupe. Le peuple Sénégalais doit pour une fois s’assumer et s’exprimer face à un tel niveau de trahison de sa souveraineté par une bande d’aventuriers étatiques.

Président Ousmane SONKO
Fait à Dakar, le 20 Mai 2019

Dakar, la capitale et ses tares … Par Boubacar Sadio

L’espace public, dans les sociétés humaines, en particulier urbaines, représente l’ensemble des espaces de passage et de rassemblement qui est à l’usage de tous, soit qui n’appartient à personne, soit qui relève du domaine public ou exceptionnellement du domaine privé. Cet espace public est géré au Sénégal dans un contexte de décentralisation par l’Etat à travers ses nombreux démembrements et les collectivités territoriales, notamment les communes.

La gestion de l’espace public implique des acteurs nombreux et divers, avec des préoccupations et des besoins contradictoires et quelquefois opposés. Et pour éviter les conflits d’intérêts entre les différents acteurs qui se partagent l’espace public, il a été nécessaire et judicieux de fixer les règles du jeu par une codification comme cela a été le cas sur l’urbanisme, les collectivités territoriales, le domaine de l’Etat et tant d’autres domaines.

Seulement, force est de reconnaitre que cet arsenal juridique n’a pas réglé les problèmes d’occupation de l’espace public. De manière générale on peut dire que l’espace public est composé des lieux publics et de la voie publique. Nous concentrerons notre réflexion sur la voie publique.

Il y a aujourd’hui un véritable sujet de préoccupation qui fait l’unanimité tant au sein des populations qu’à celui des autorités administratives et politiques aussi bien centrales que locales, c’est l’encombrement de la capitale qui a atteint un niveau de saturation insupportable exigeant une intervention urgente et de très grande ampleur.

Qu’est-ce qui peut bien expliquer et justifier l’encombrement de l’espace public, et plus précisément de la voie publique dans notre capitale, jadis bien organisée et très tôt soumise à une planification à long terme avec un centre-ville et des périphéries bien aménagées.

Tout le monde s’accorde à reconnaitre que l’état des lieux n’est guère reluisant, un euphémisme pour tout simplement dire que le constat est désolant à la limite du désespoir.

La capitale est devenue une ville déstructurée, défigurée sans âme. Dakar offre plus que jamais une face hideuse, un décor fait d’amas et de monceaux d’ordures à chaque coin de rue, des gargotes à même la chaussée, des mendiants agressifs, des marchands ambulants qui règnent en seigneurs, des ateliers de fortune, des animaux en divagation.

En principe on n’aurait pas dû en arriver là. En effet, la planification urbaine n’a jamais fait défaut. Du premier plan Pinet Laprade de 1862 au plan directeur d’urbanisme de Dakar de 2001 et suivants, des documents cadres d’urbanisme se sont succédés avec des fortunes diverses.

Jusqu’à la fin des années 1970 le développement de la ville de Dakar était jusqu’alors harmonieux et parfaitement maitrisable par les autorités. Au début des années 80, le PDU a fait l’objet d’une évaluation.

Il en est sorti que, malgré de gros efforts d’aménagement, beaucoup de difficultés ont été enregistrées dans l’application des orientations du PDU. La crise urbaine qui commençait à se faire sentir, à amener les autorités à concocter le PDU Dakar qui, malheureusement n’a jamais fait l’objet d’application totale.

Ainsi plusieurs plans n’ont pas permis d’éradiquer le mal. Et le constat est là : c’est la généralisation de la pagaille à l’intérieur de la ville. C’est la cantinisation tous azimuts et à outrance de tout espace disponible, des ateliers de menuiserie métallique, de bois, des ébénistes, des ateliers de mécaniciens, des soudeurs à chaque coin de rue et le long des voies[u1] de circulation obstruant les passages dédiés aux piétons.

S’y ajoutent sur chaque carré de trottoir, des kiosques et des panneaux publicitaires implantés en dehors de toute norme juridique et esthétique, des marchés hebdomadaires « loumas » sur presque toutes les artères et des marchands ambulants qui se disputent la chaussée avec les piétons et les véhicules.

Il faut aussi compter avec des mendiants agressifs et la divagation des animaux. Telle est malheureusement la carte postale d’une ville devenue crasseuse.
La capitale sénégalaise est devenue une véritable mégapole.

Dakar a deux fois plus d’habitants que l’ensemble des capitales réunies. Sa population tourne autour de 3millions d’habitants dans une hypothèse basse. Plus de deux sénégalais sur trois vivant en ville se trouvent à Dakar. Et pour autant la capitale ne représente que 0,27% du territoire national ; suffisant pour trouver l’explication adéquate de tous ces maux qu’il est impératif de corriger.

L’histoire de la capitale sénégalaise est largement liée à celle de l’accaparement progressif d’activités reparties autrefois en divers points du territoire national.

Elle a commencé par s’emparer au début du siècle, de l’essentiel des fonctions portuaires de Rufisque et de Saint-Louis, puis vers 1930 de celle de Kaolack. Devenue le siège du Gouvernement général, elle finit même, en 1958, par dépouiller Saint-Louis de ses fonctions de capitale. Du coup et depuis lors, elle n’a cessé de concentrer près de 90% de l’appareil productif national.

Pratiquement tous les sièges des sociétés et établissements publics se trouvent à Dakar qui abrite le siège du Gouvernement central avec des dizaines de milliers de fonctionnaires qui officient dans différents ministères.

Cela nous vaut des scènes de flux de milliers de travailleurs le matin en direction du centre-ville et de reflux de ces mêmes travailleurs le soir vers les quartiers résidentiels et la banlieue.

Tous ces facteurs font qu’aujourd’hui les maux dont souffre Dakar se résument en termes de surpopulation, d’encombrement, d’occupations anarchiques et sauvages de la voie publique, d’engorgement de la circulation routière. Nous traiterons des problèmes de circulation dans nos prochaines contributions.

L’épineux problème des artisans de la rue composés pour la plupart de menuisiers, de mécaniciens et de soudeurs constitue un véritable casse-tête. Ces garages et ateliers, sources de pollutions et de nuisances de toutes sortes, symbolisent l’échec des plans directeurs d’urbanisme qui avaient permis l’installation des zones industrielles et des villages artisanaux.

C’est la preuve que ces sites ne disposaient pas de tous les atouts pour une prise en charge correcte et efficace de certaines activités de proximité. Avec certains sites, il s’est posé un problème de localisation, d’accessibilité et de capacité d’accueil.

On ne saurait occulter le problème des marchés qui poussent comme des champignons partout dans la ville. Il n’y a presque pas de jour ou un marché hebdomadaire ne se tienne sur une artère très passante.

Toujours, concernant la prolifération des marchés et par ricochet celle des cantines, il se trouve que ceux qui devaient s’occuper de la gestion urbaine, par le biais de la décentralisation, en se souciant davantage de fournir aux populations un cadre de vie décent, se révèlent comme les premiers agresseurs de l’espace public.

A la recherche effrénée de recettes, certaines communes se lancent dans une politique tous azimuts de « cantinisation », au point même d’en venir à violer l’espace scolaire. Ils adoptent souvent des comportements en porte à faux avec l’esprit et la lettre de la décentralisation.

Il y a aussi que la plupart de ces maux dont souffre la capitale trouvent leur origine dans la mauvaise compréhension des masses de l’ouverture démocratique qui pour les populations non averties rime avec anarchie. A ce niveau, l’interprétation de l’état de droit et le respect des lois et règlements posent un véritable problème.

Il faut reconnaitre que le phénomène de l’exode rural a largement favorisé cette situation de pagaille généralisée. On a assisté pendant des années, sans aucune réelle volonté politique d’ y mettre un terme, à une ruralisation de la ville avec ces images de troupeaux de bœufs qui traversent les chaussées nonchalamment, de chevaux parqués dans les espaces inoccupés, de bergeries au niveau des allées et des jardins publics, de charrettes qui arpentent les boulevards et les avenues sans se soucier le moins du monde des règles élémentaires de la circulation routière.

Comme il est aisé de le constater, l’encombrement de la capitale est un véritable sujet de préoccupations autant chez les populations qu’au niveau des autorités tant centrales que locales.

Dans la recherche de solutions qui doivent être pérennes et durables, il est judicieux à l’entame de privilégier une démarche participative inclusive avec l’implication de tous les acteurs concernés par le phénomène, notamment les occupants illégaux de la voie publique qui se trouve être un lieu de vie appartenant à tous.

Toutefois, la démarche participative qui peut être considérée comme une méthodologie de résolution des problèmes peut montrer ses limites.

Et s’il est fortement recommandé que par le dialogue, l’écoute et les échanges d’idées les autorités parviennent à s’entendre avec les contrevenants, il est tout souhaitable qu’elles puissent clairement identifier les véritables interlocuteurs et les représentants légitimes des marchands ambulants et autres acteurs de la voie publique.

Cela dit, dans une république qui se respecte, dans un Etat de droit et dans une société organisée, s’il y a un postulat qui a valeur de vérité absolue, c’est le principe qui veut que « force reste à la loi. »

Et me plait-il de rappeler ici les propos du philosophe Souleymane Bachir DIAGNE qui disait ceci « L’expression, force doit rester à la loi est magnifique. Cela veut dire que l’humanité est sortie de la jungle pour mettre en place un contrat social et un Etat qui garde le monopole de la force publique.

Si vous n’avez pas un peuple qui est persuadé que, sauf cas exceptionnel, force va toujours rester à la loi et qu’il n’y a de classes de gens qui seraient au-dessus de toute punition, vous avez une situation extrêmement inquiétante. »

Les autorités, quelles que puissent être leurs bonnes dispositions au dialogue pour trouver des solutions consensuelles profitables à tous et à même de préserver les intérêts des uns et des autres, ne doivent en aucun moment cesser d’afficher leur détermination à réaliser ce pourquoi les populations les ont investies de leur confiance.

Aucun fléchissement, que certains ont vite fait d’interpréter comme de la faiblesse, ne doit en aucune manière apparaitre ni dans le discours officiel ni dans la conduite des opérations. Le discours officiel doit avoir comme viatique la fermeté, la vérité de ce qui est possible et l’exclusion de toute démagogie.

La problématique de l’encombrement et des occupations anarchiques relèvent plus que du simple bon ordre ; c’est en vérité une préoccupation d’ordre public, et comme le disait Nicolas Sarkozy « l’ordre public ne se négocie pas ».

Il est regrettable de constater et de percevoir à travers certains discours aux allures guerrières inspirées, un mauvais jeu scénique avec un format manichéen sciemment et insidieusement organisé et entretenu.

En effet, d’un côté nous avons les marchands ambulants et les autres occupants illégaux de la voie publique présentés sous les traits de braves travailleurs, honnêtes, soucieux de gagner leur vie à la sueur de leur front, ce qui du reste est fort louable et de l’autre côté les pouvoirs publics qui, usant de la force, chercheraient à réprimer et brimer de pauvres citoyens.

Cette fausse représentation doit être brisée par une bonne politique communicationnelle des autorités qui doivent à tout moment s’employer à casser cette dichotomie et à faire intervenir un troisième pôle d’acteurs concernés au premier chef par le phénomène.

Ce troisième pôle d’intervenants pourrait être constitué par les commerçants régulièrement établis, les riverains, les résidents, les automobilistes, les transporteurs, les usagers de la chaussée et toutes personnes qui souffrent de l’envahissement et de l’obstruction de la voie publique.

Au regard des textes qui régissent les activités marchandes sur la voie publique, il apparait clairement que la situation qui prévaut dans les rues de la capitale est manifestement la résultante d’un laxisme des autorités étatiques principalement et des autorités municipales subsidiairement.

Les textes présentement en vigueur interdisent l’exercice de la profession de marchand ambulant. C’est la profession de marchand-tabler qui est reconnu officiellement et il ne peut être exercé qu’avec une autorisation accordée par les services compétents de l’Etat, notamment le gouverneur qui a la prérogative d’attribuer les emplacements dédiés.

Comme on le voit, la responsabilité du Maire ne saurait être engagée dans un processus encadré par les services de l’Etat.

Cependant, en procédant à la collecte des taxes auprès des tabliers, des étalagistes et autres occupants irréguliers de la voie publique, les autorités municipales se font objectivement les complices de ces illégaux qui y voient une forme de régularisation et de formalisation de leurs activités.

Il faut que les maires mettent un terme à la collecte des taxes auprès de ces irréguliers, autrement le cercle vicieux et pernicieux va continuer et le discrédit des autorités municipales ne fera que s’amplifier.

S’il est vrai que l’Etat à la plénitude des prérogatives pour la formalisation et l’encadrement juridique des activités marchandes sur la voie publique, il n’en demeure pas moins vrai que les municipalités ont des responsabilités et des prérogatives que la loi, à travers le code des collectivités territoriales, leur confère en matière de gestion, d’organisation et d’intervention au niveau de la voie publique.

Il est expressément stipulé dans le code que figurent dans les missions du maire : la sureté et la commodité du passage dans les rues, quais, places et voies publiques, ce qui comprend le nettoiement, l’éclairage, l’enlèvement des encombrements etc…

Pour relever le défi de l’encombrement et des occupations anarchiques de la voie publique il faut intégrer d’autres paramètres que la seule solution du déguerpissement. A ce titre il faut bannir la logique de la compensation toujours mise en exergue par les occupants irréguliers qui, chaque qu’ils sont menacés de déguerpissement, réclament et même exigent d’être recasés ailleurs ; on ne peut pas être dans l’illégalité et revendiquer des compensations.

La réflexion pourrait porter sur la citoyenneté. Cette conscience citoyenne doit se traduire par des comportements hautement civiques. Le civisme devient dès lors plus qu’une simple profession de foi, davantage qu’un slogan ; c’est un comportement de tous les jours, de tous les instants dans toute la sphère urbaine et en toutes circonstances de lieu et de temps.

Le défi de la citoyenneté et du civisme est difficile à relever dans la mesure où il s’agit de travailler sur la conscience des populations, c’est-à-dire sur un élément immatériel qui paradoxalement doit produire des actes concrets. La définition de la commune exprime l’idéal d’une vie commune et une solidarité de destin entre les habitants de la cité. Cette obligation à une vie commune partagée engendre forcément des principes, des règles et des notions qui s’imposent collectivement et individuellement à tous.

Il ne s’agit guère d’une tentative d’uniformisation des structures mentales des habitants de la ville, encore moins d’un clonage non souhaité et par ailleurs difficile à réaliser d’autant que les citadins ne sont pas formatés dans la même sphère de d’intelligibilité et de convenance sociale.

Il s’agit tout simplement de faire en sorte que les habitants de la cité partagent les mêmes paradigmes de sociabilité et les mêmes références sociétales pour avoir les mêmes attitudes, les comportements, le tout constituant ce que l’on pourrait appeler le « crédo citoyen »

Le phénomène de l’encombrement et des occupations anarchiques pourrait être classé dans la rubrique des incivilités définies comme « l’ensemble des nuisances sociales extraordinairement variées qui ne blessent pas physiquement les personnes, mais bousculent les règles élémentaires de la vie sociale ».

La société se construit sur la civilité et les nuisances posent explicitement le problème des règles d’usage des lieux collectifs et de la manifestation du respect interpersonnel.

Il est fort heureux que les autorités aient compris les enjeux liés à l’encombrement et aux occupations anarchiques de la voie publique. C’est ainsi que le Président de la république Macky SALL a mis à profit la cérémonie de prestation de serment pour évoquer le problème.

Seulement, les circonstances de lieu et de temps choisies n’étaient pas du tout appropriées pour lancer la croisade contre l’encombrement et les occupations anarchiques. C’est vraiment dommage et malheureux que, devant un parterre d’étrangers et un aréopage de Chefs d’Etat et de gouvernement, il puisse évoquer l’insalubrité de nos villes et le désordre qui y règne.

Prenant la communauté internationale à témoin, le Président Macky SALL a fustigé les Sénégalais qui, à ses yeux, seraient sales, indisciplinés et désordonnés, étalant par la même occasion tout son irrespect à l’égard de son propre peuple. Il aurait dû faire sien l’adage selon lequel « le linge sale se lave en famille ».
Sur un autre plan, on ne saurait dédouaner le Président Macky SALL par rapport à la situation qui prévaut présentement dans la ville de Dakar. Il a une part de responsabilité on ne peut plus évidente.

En effet, pour des raisons politiciennes, futiles et subjectives, il a usé de son pouvoir discrétionnaire et de tous les moyens dont il disposait, pour empêcher au maire de la ville Khalifa SALL de dérouler son programme et sa politique de développement urbain.

Pour gêner Khalifa SALL et le contrer dans ses projets, il a créé spécialement un ministère chargé du cadre de vie qui, au finish, s’est révélé d’une inutilité, d’une incompétence et d’une inefficacité effarante.

Libre et sans entrave aucune, le maire Khalifa SALL aurait transformé littéralement la configuration esthétique de la ville, avec une place de l’Indépendance rénovée et réaménagée aux normes des grandes capitales du monde, des trottoirs pavés consacrant la disparition des chaussées ensablées, la création de milliers de foyers lumineux, l’embellissement des jardins et places publics etc…

J’apprécie le volontarisme de l’actuel ministre de l’habitat et de l’urbanisme très engagé dans les opérations de désencombrement. Il a la détermination d’un néophyte, mais très vite il se rendra compte que ce n’est chose facile. Le défi est colossal et l’entreprise très ardue, exigeant des mesures hardies. Le plus dur et le plus difficile sera d’assurer le suivi des opérations et le maintien en l’état des sites libérés.

Cela relèvera presque de l’exploit de réussir une mission en dépendant presque totalement d’autres structures dont la gestion et le contrôle vous échappent. Pour le suivi, les volontaires de la ville de Dakar pourraient être mis à contribution à la seule condition de les mettre en situation de performance ; pour ce faire ils doivent être mobilisés sur la base d’un cadre contractuel formel entre la mairie de la ville de Dakar et toute entité désireuse de solliciter leurs services.

A tout prendre il n’y a aucune animosité contre les marchands, vendeurs, artisans et autres occupants de la voie publique. Tout le monde s’accorde à reconnaitre leur abnégation au travail, leur souci de gagner honnêtement leur vie et leur apport dans l’économie.

Mais nous sommes dans une république, un Etat régi par des normes applicables à tous ; les activités sur la voie publique comme toutes autres activités doivent s’exercer dans le strict respect des normes et règles établies par les pouvoirs publics.

Dakar le 22 Mai 2019
Boubacar Sadio
Commissaire divisionnaire de police de classe exceptionnelle à la retraite

Le front syndical sur le pied de guerre

Les Syndicats préparent la riposte à la suite de la déclaration du Président Macky Sall du 1er mai. Les organisations syndicales affiliées à la Confédération Nationale des Travailleurs du Sénégal/ Forces du changement (Cnts-FC) étaient en concertation hier à la bourse du travail.

Cette rencontre d’évaluation s’inscrit dans le cadre de la recherche d’une unité d’action pour une meilleure prise en charge des préoccupations des travailleurs, suite notamment «à la malencontreuse sortie du chef de l’Etat qui sonne comme une tentative de négation des acquis et des engagements souscrits par l’Etat du Sénégal».

Ces organisations ont décidé de poursuivre ensemble la dynamique enclenchée en direction des autres centrales et organisations non affiliées en vue d’apporter la riposte syndicale qui sied. Ont pris part à la rencontre, le Syndicat autonome des enseignants du moyen secondaire du Sénégal (Saemss), le Syndicat des Inspectrices et Inspecteurs de l’Education Nationale du Sénégal (Siems), le Syndicat autonome pour le développement de l’éducation et de la formation (Sadef), le Syndicat des enseignants en langue arabe du Sénégal (Snelas Fc), le Syndicat des professionnels de l’Information et de la Communication du Sénégal(Synpics).

La ROUTE fait 120 morts et 260 blessés entre janvier et mai


Les chiffres font froid dans le dos. En effet, entre le mois de janvier dernier et le mois de mai courant, 120 personnes sont mortes dans des accidents de la route au Sénégal. L’annonce a été faite vendredi par le ministre des Infrastructures, des Transports terrestre et du Désenclavement qui était en visite à la Gare des Baux Maraîchers sis à Pikine. Oumar Youm révèle également dans la parution de LeQuotidien de ce samedi que ces accidents ont causé 260 blessés. “Sur l’année, nous perdons en moyenne, 565 vies”, ajoute-t-il.

Récurrence des accidents meurtriers : Sonko se prononce

Devant le rythme effréné de la multiplication des victimes de la route, je m’associe à la douleur des familles et en appelle à la responsabilité de la part :
1.des autorités publiques :
– Plus de vigilance dans la conduite des visites techniques !
– Plus de rigueur dans les conditions de délivrance des permis de conduire !
– Plus de sensibilisation sur la sécurité routière !
– Plus de pragmatisme dans l’adaptation des infrastructures routières !
– Plus d’exigence dans l’application du Code de la route !
2. des usagers de la route:
– Plus de systématisme pour combattre l’hypovigilance du conducteur !
– Plus de rigueur dans la maintenance des véhicules !
– Plus d’humanisme dans le partage de la route !
– Plus de sérieux dans le respect du Code de la route !
– Plus de vigilance de la part des passagers face au comportement des conducteurs de véhicules!
– Plus d’aménagement des espaces réservés aux piétons
TOUS CONCERNÉS !

Fait à Dakar, le 16 Mai 2019

Vous avez dit laïcité ? (Le Témoin)

Le nouveau ministre de l’Education nationale, le par ailleurs très affable Mamadou Talla, se serait sans doute bien passé de ce faux pas qui marque son entrée dans ce département ministériel. Lequel est l’équivalent de ce que son lointain alter ego en France, M. Claude Allègre, avait qualifié de « mammouth » du fait de ses gros bataillons d’enseignants.

En tranchant précipitamment, c’est-à-dire sans avoir pris suffisamment de temps de réflexion, et en cédant sous l’émotion ainsi que la pression médiatique exercée par un groupuscule d’activistes musulmans, M. Mamadou Talla est assurément passé à côté de la plaque.

Dans la polémique — et l’émotion ! — suscitées par l’institution sainte Jeanne d’Arc de Dakar (une vraie institution, assurément, dans notre système éducatif puisque totalisant 200 ans de présence dans ce secteur avec d’excellents résultats et des générations entières de Sénégalais formés), le successeur de M. Serigne Mbaye Thiam, par une sortie maladroite et impertinente, a à l’évidence, versé de l’huile sainte sur le feu et risque de rallumer une guerre entre le Croissant et la Croix !

Et non pas, heureusement, entre le sabre et le goupillon… L’affaire est pourtant simple : un établissement scolaire catholique qui décide, pour harmoniser les comportements au niveau de ses élèves, d’interdire un signe religieux ostentatoire lui-même emblématique d’attitudes pour le moins communautaristes, à tout le moins de repli.

Ce conformément au règlement intérieur de l’établissement qui, rappelons-le, est confessionnel. Il se trouve que des parents d’élèves prosélytes ont sauté sur cette note de service informant d’une décision tout ce qu’il y a d’ordinaire pour crier à la discrimination et à l’atteinte de la foi de leurs enfants ! Rien de moins…

Naturellement, devant cette entreprise de désinformation, des secteurs de l’opinion se sont émus et ont presque sommé les autorités, en particulier le ministre de l’Education nationale, d’intervenir en remontant les bretelles aux responsables de l’école concernée.

Des responsables au premier rang desquels une directrice musulmane, mais ce détail, nos preux chevaliers de la foi ont oublié de le mentionner ! Mis en demeure de se prononcer, le ministre de l’Education nationale l’a donc fait en sortant les grands mots et en menaçant en filigrane l’institution sainte Jeanne d’Arc de subir les foudres de la loi.

Selon le brave ministre, « aucun établissement public ou privé ne peut déroger au principe de la laïcité de l’éducation au Sénégal ». Sans doute, sauf qu’il existe bel et bien dans ce pays des écoles privées confessionnelles musulmanes et catholiques — et même une « petite école protestante » — qui ont leurs spécificités, notamment cultuelles, que la loi protège.

Au nom de quoi, des établissements musulmans comme Al Ahzar, l’école Sayda Mariama Niasse et les innombrables autres écoles « arabes » imposent à leurs élèves des accoutrements religieux que la République laïque n’oserait pas leur demander de ne plus porter.

Le gamin catholique qui s’aviserait d’aller dans ces établissements avec sa petite croix — ou sa culotte courte —, ou il la laisse à l’école ou il reçoit un coup de pied dans le cul ! A ces écoles, pourtant, qui foulent au pied les principes de la laïcité — du moins, au sens où le ministre l’entend —, on n’a jamais entendu un ministre de l’Education faire un rappel à l’ordre.

Alors, pourquoi donc des écoles catholiques, et qui l’affichent sur leur fronton, n’auraient-elles pas le droit d’exiger des élèves qui les fréquentent des comportements en adéquation avec les valeurs du Christ ?

Avec la vie en société tout court, d’ailleurs. Surtout que, aux élèves musulmans qui fréquentent ces excellentes écoles catholiques, il n’est même pas demandé de faire la catéchèse !

Ce n’est pas comme dans certaines de nos écoles publiques où les cours d’arabe — synonymes d’enseignement religieux dans la tête des oustaz — sont obligatoires pour tous, catholiques comme musulmans, voire animistes.

En réalité les choses ne sont pas compliquées et le système éducatif national est à ce point organisé que les parents ont la liberté de choix pour scolariser leur progéniture selon leurs moyens ou leurs convictions.

Il y a l’école publique, laïque et en principe obligatoire même si, dans certaines parties du territoire national, ces écoles n’ont plus droit de cité du fait des féodalités locales. A côté de ce secteur public, il existe un enseignement privé lui-même subdivisé en privé laïc et en privé confessionnel.

Les parents d’élèves musulmans qui ne voudraient pas que leurs enfants subissent le « diktat » des écoles catholiques ont donc le loisir de les retirer pour les placer soit dans le public, soit dans le privé laïc ou encore dans le privé musulman !

On ne peut donc pas raisonnablement faire fi et dédaigner ces différents ordres d’enseignement, emmener ses rejetons à l’école « des sœurs » ou des « mon père » et exiger ensuite qu’on leur y crée des conditions pour exercer leur foi !

Que l’on sache, les écoles privées catholiques ne sont pas des « médersas », or c’est ce que nos parents musulmans activistes de l’institution sainte Jeanne d’Arc voudraient qu’elles soient… Ils se trompent d’écoles, assurément.

On peut se demander, en passant, ce qui pousse autant de parents d’élèves musulmans à se bousculer dans le privé catholique pour y placer leurs enfants plutôt que de les emmener dans le privé musulman.

La qualité de l’enseignement mais aussi la discipline stricte dans le privé catholique, pardi… Une discipline qui passe par le respect rigoureux des règlements intérieurs de ces établissements.

S’il y a des gamins qui ne peuvent pas se plier à ces règlements intérieurs, libre à eux d’aller voir ailleurs où les comportements prosélytes sont permis, voire encouragés ! Et où les filles pourraient même porter la burqa si tel est le souhait de leurs parents.

Laïcité, mais quelle laïcité ?

M. Mamadou Talla a parlé dans son communiqué du principe de la laïcité dans notre pays. La laïcité, parlons-en, justement. Peut-on soutenir en regardant nos compatriotes dans le blanc des yeux que le Sénégal est encore un pays laïc ?

Ce principe de laïcité consacre en effet la séparation de l’Eglise — donc de la religion au sens général — et de l’Etat. Il dispose notamment que (article 1er de la loi française du 03 juillet 1905) que « la République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes. » Article 2 : « La République ne reconnaît, ne garantit ni ne subventionne aucun culte ».

Dans un pays où depuis l’avènement du président Macky Sall, l’Etat est devenu le premier constructeur de mosquées — mais aussi d’églises puisque le président vient de débloquer 1,5 milliard pour réfectionner des paroisses ! — et où l’argent public est utilisé outrageusement pour moderniser des cités dites religieuses, où des « daaras » privés sont allègrement subventionnés, cette notion de laïcité a-t-elle encore un sens ?

Peut-on parler de laïcité, encore, depuis que le populiste Iba Der Thiam a introduit des mosquées dans nos universités et que des étudiants islamistes ont chassé les « couloirdeuses » de nos cités universitaires ?

Pour dire que c’est à tort que le ministre de l’Education nationale, Mamadou Talla, excipe du principe de la laïcité pour demander à l’institution sainte Jeanne d’Arc de renoncer à sa décision concernant le port du foulard. Parce que tout simplement la laïcité ne veut plus rien dire dans ce pays !

Alors, autant laisser les écoles confessionnelles administrer leurs écoles dans le respect de leurs principes moraux. Autrement dit, on aurait tort de reprocher aux catholiques de cultiver leur spécificité et d’appliquer les valeurs de Christ dans leurs écoles.

Surtout que, pendant ce temps, les écoles privées islamiques font à peu près tout ce qu’elles veulent. C’est-à-dire souvent n’importe quoi. Pour en revenir aux établissements catholiques, si d’aventure des élèves musulmans les fréquentent, leurs parents devraient avoir la décence de ne pas prétendre dicter aux responsables de l’enseignement privé catholique comment organiser les enseignements dans leurs écoles.

Et, surtout, comment y faire régner la discipline. Tout cela n’a rien à voir avec la laïcité qu’à tort le nouveau ministre de l’Education nationale — devrait-on dire de l’Education islamique ? — convoque dans ce débat.

Il s’agit tout simplement de laisser les communautés éducatives être, comme les charbonniers, maîtresses chez elles. Le tout dans le respect du caractère républicain et social de l’Etat, la laïcité n’étant plus de mise on l’a vu. Est-ce trop demander ?

Le Sénégal, Un pays sans Bibliothèque Nationale ! (Par Modou Mamoune FAYE)

Le pays de Léopold Sédar Senghor, de Birago Diop, d’Abdoulaye Sadji, de Cheikh Anta Diop, d’Ousmane Sembène, de Cheikh Hamidou Kane, d’Aminata Sow Fall, de Mariama Bâ et de tant d’autres illustres écrivains dont les livres sont devenus des classiques de la littérature africaine, n’a toujours pas un endroit où ses archives, ses livres, ses manuscrits historiques, ses journaux, ses revues, ses films et documents audiovisuels pourraient être conservés dans d’excellentes conditions.

Actuellement, les Archives nationales jouent ce rôle, mais cet espace logé au rez-de-chaussée du Building administratif est devenu trop exigu. En dépit de cela, tout un pan de notre histoire et celle d’une partie de l’Afrique coloniale y est conservé dans des conditions parfois précaires.

Dans un reportage de notre confrère Jean Pires (Soleil du 8 juin 2012), Fatoumata Cissé Diarra, directrice des Archives du Sénégal, tirait la sonnette d’alarme en décrivant cette « cave aérée où sont stockés des milliers de documents jaunis par le temps et le climat ».

Parmi ces archives, certaines ont traversé deux à trois siècles. « Le record de longévité est détenu par le récit d’un explorateur daté de 1672 », révélait-elle.

Les locaux, aménagés en 1954 pour une capacité initiale de 8 kilomètres linéaires, avoisinent actuellement les 18 kilomètres linéaires, avertissait Mme Diarra dans le même reportage.

Sept ans plus tard, la situation demeure presque la même. Et si rien n’est fait, ces archives qui représentent une bonne partie de notre patrimoine risquent d’être anéanties à jamais. L’urgence de la construction d’une bibliothèque nationale répondant aux standards modernes s’impose plus que jamais.

Pourtant, le projet existe bel et bien, mais dort dans les tiroirs du ministère de la Culture. Il y a quelques décennies, un terrain lui avait même été alloué à côté de l’Enam, pas très loin du centre culturel Blaise Senghor, en plein cœur de Dakar.

De Léopold Sédar Senghor à Macky Sall, en passant par Abdou Diouf et Abdoulaye Wade, aucun président n’est encore parvenu à matérialiser le projet.

Dès 1976, l’État avait décidé de construire une bibliothèque nationale, mais des « difficultés conjoncturelles » freinèrent ses ardeurs.

UQuelques décennies plus tard, la loi 2002-17 du 15 avril 2002 portant création de la Bibliothèque nationale du Sénégal a été publiée dans le Journal officiel.

Cette loi, promulguée par le président Wade et préalablement adoptée par l’Assemblée nationale le mercredi 3 avril 2002, stipulait clairement dans son exposé des motifs que la Bibliothèque nationale bénéficiera d’une personnalité juridique et d’une autonomie financière qui lui permettront d’exploiter ses collections et services pour accroître ses recettes propres.

C’était il y a 17 ans ! Depuis cette date, rien ou presque n’a été fait pour que le projet sorte enfin de terre. La bibliothèque nationale n’est-elle plus une priorité pour nos autorités ?

On est tenté de répondre par l’affirmative, même si des initiatives en sa faveur n’ont pas manqué, notamment ce grand projet des « 7 merveilles » que l’ex-président Abdoulaye Wade voulait concrétiser et dans lequel figurait en bonne place la maquette d’une Bibliothèque nationale parmi celles du Grand théâtre, du Musée des civilisations noires (déjà réalisés), de l’Ecole d’architecture, du Musée des arts contemporains, de la Maison de la musique et de l’Ecole des arts. Ce parc culturel de Dakar d’une superficie de 10 hectares était prévu entre la Gare de Dakar, le boulevard de l’Arsenal et l’avenue Lamine Guèye.

Avec le changement de régime intervenu en 2012 et l’arrivée de Macky Sall au pouvoir, les nouvelles autorités avaient promis de réactiver le projet de bibliothèque nationale.

Et le 14 décembre 2013, Ibrahima Lô, directeur du Livre et de la Lecture, annonça sa création prochaine, car, pour lui, « il n’est pas normal que le Sénégal, pays de tradition, de créativité et de production intellectuelle qui a vu naître de grands hommes de Lettres, n’en dispose pas ».

Les acteurs culturels s’étaient alors remis à rêver, croyant ferme que, cette fois-ci, le projet sortira enfin de terre. Ils allaient vite déchanter.

Quatre ans plus tard, le mardi 7 novembre 2017, lors de la Journée internationale de l’écrivain africain, le ministre de la Culture, Abdou Latif Coulibaly, apporta la bonne nouvelle : « Le président de la République a décidé de mettre en place une grande bibliothèque dont l’objectif est de ressusciter le goût à la lecture ».

Dans la foulée, il annonçait que les services culturels régionaux seront également dotés de bibliothèques, de salles de cinéma et de musées.

Face à toutes ces promesses non tenues, il y a de quoi se poser des questions sur le projet de bibliothèque nationale dont la réalisation est toujours repoussée aux calendes grecques.

Peut-être que, dans la mouvance du « fast-track », le processus sera accéléré pour que le Sénégal puisse disposer d’une telle infrastructure à l’instar des autres pays du monde.

Il suffit juste de s’inspirer de ce qui se fait ailleurs, comme en France où la Grande bibliothèque nationale, inaugurée le 30 mars 1995 par le président Mitterrand, est riche de 15 millions de livres et de 250 000 manuscrits.

Plus près de nous, le Mali a, depuis des décennies, une bibliothèque nationale dont le fonds documentaire est estimé à 60 000 pièces, tandis que celle de la Côte d’Ivoire, inaugurée en 1974 par le président Félix Houphouët Boigny, est tout aussi fournie.

Une telle infrastructure permettrait sans doute au Sénégal de combler un vide et, en même temps, de favoriser une meilleure politique du livre et de la lecture dans un pays où l’habitude de bouquiner est en train de se perdre, surtout du côté des jeunes plus fascinés par la froideur des écrans tactiles que par la chaleur du papier imprimé. Est-ce leur faute ?

Sûrement pas car rares sont les villes, quartiers ou communes qui disposent d’une bibliothèque ou d’un centre culturel où l’on peut consulter des livres et autres supports éducatifs. On dit que la lecture est à notre cerveau ce que le sport est à notre corps.

Elle muscle nos neurones et améliore nos capacités cognitives. A l’ère du texto et des mots abrégés, bon nombre de pédagogues notent d’ailleurs chez les jeunes un vocabulaire pauvre et un manque d’esprit critique qui sont certainement la conséquence de la baisse du temps consacré à la lecture.

Par Modou Mamoune FAYE

Pour un service civique obligatoire Mame Birame Wathie)

Les pays africains colonisés jadis par la France sont parmi les plus pauvres du continent. Burundi, Madagascar, République centrafricaine, Niger etc. rivalisent de pauvreté, leurs habitants manquent presque de tout.

Pourtant, ce n’est pas que les Belges ou encore les Anglais ont été plus tendres ou moins pillards que les Français durant la colonisation.

Mais, comme l’historien anglais George Martelli l’a suggéré dans l’ouvrage « De Léopold à Lumumba » et un conseiller du roi belge, Léopold II, avant lui, la France a réussi à mettre en place un système d’assimilation qui non seulement lui garantit une mainmise dans le temps mais qui également ne laisse aucune place à des leaders de la tempe de Patrice Lumumba dans « ses » territoires.

L’impérieuse DECONSTRUCTION qui devait suivre la décolonisation ou encore l’indépendance n’a jamais eu lieu dans ces pays que la France continue à vampiriser.

Pourquoi le Sénégalais est plus enclin à défendre son marabout que son pays ? Il connait mieux son marabout et son pays ne fait presque pas grand-chose pour lui, contrairement à celui qui pourrait lui ouvrir les portes du paradis.

Pour le Sénégalais de Fongholémy, qui n’a jamais fait l’école, le Sénégal n’existe que quand l’équipe nationale joue. Pour celui-là, patrie ne peut sonner fratrie.

Ce qui importe, qui mérite d’être préservé, ne peut être en dehors du cadre familial. Ainsi, la rue devient « mbedou Bour » et, par ailleurs, on peut tout casser car, « c’est l’Etat qui paie ».

Ce détachement avec l’Etat qui est compris comme une entité supra personnelle voire étrangère, explique le comportement du chauffeur qui engage son véhicule sur une passerelle. Tout comme il explique le manque de civisme et de discipline qui ne singularise même plus au Sénégal.

Mais, ce n’est pas que l’analphabétisme qu’il faut mettre à l’index.

C’est le collégien qui appelait à tout casser car, « c’est l’Etat qui paie », qui détourne et vole les deniers publics une fois devenu Président, ministre ou directeur. Ce n’est pas l’exercice d’une fonction ou l’âge qui change le rapport que le Sénégalais a avec l’Etat.

Comme le suggérait le professeur Cheikh Anta DIOP, la Culture du suivisme ne peut être obsolète sans une école qui substitue l’assimilation à l’appropriation.

Etudier l’Arabe, l’anglais ou le français mais pas le sénégalais (wolof ou autres) a participé à renforcer la distance entre l’Etat étranger et le citoyen autochtone.

Tout comme la Constitution, l’hymne national, l’administration et tous les autres symboles de l’Etat moulus dans les escarbilles de la colonisation constituent une barrière entre le Sénégalais et son pays.

Imprégné de cette situation, Macky SALL dont on dit qu’il est né après « les indépendances » était attendu sur cette question de souveraineté mentale.

A l’arrivée, Macky SALL s’est adressé à la Nation en français et a fait du sujet une question de civisme «La citoyenneté est mise à mal si l’espace public est occupé sans titre ni droit, au risque de poser de graves problèmes d’encombrement, d’insalubrité et de sécurité publique. Quand, enfin, le bien commun n’est pas respecté et que les symboles de l’Etat, de la Nation et de la République sont ignorés.

Nous ne pouvons, mes chers compatriotes, nous résigner face à cette situation», disait-il lors de son discours à la Nation, le 3 avril dernier. Comme le président Senghor, le leader de l’APR a choisi son camp.

Pourtant, à défaut de changer les programmes scolaires, qu’il faut « sénégaliser », l’instauration d’un service civique obligatoire est devenue plus qu’une nécessité. Eduquer les Sénégalais en dehors de leur cadre familial plus qu’opportun.

Comme cela se passe dans certains pays, aucun jeune ne devrait avoir plus de 20 ans sans avoir au préalable fait un service civique national d’au moins 15 mois.

En plus d’être plus discipliné à la fin, le Sénégalais serait plus outillé et donnerait un sens à la patrie.

Mame Birame WATHIE

Radioscopie d’une démocratie mise en joue ! (Amadou Lamine Sall)

Le plus grand ennemi de la démocratie serait-il la majorité parlementaire ? Sûrement pas ! Quand la légitimité populaire est le fondement de toute majorité, celle-ci est sauve ! L’expression de toute majorité passe par le vote et c’est le vote majoritaire qui s’impose et dicte sa loi. Cela peut faire mal. Cela peut choquer, mais c’est cela la marche de tout État moderne. C’est une redoutable  machine que le vote de la majorité. Elle est  forcément au service du prince. Elle le protège et le laisse conduire ses missions

Rien de plus normal ! Il est naturel que cela soit difficile pour ceux qui, dans l’enceinte de l’hémicycle, sont toujours déboutés et toujours battus par le vote de la majorité. C’est presque un anéantissement de tout effort de résistance. Les armes sont trop inégales ! Faut apprendre à s’y faire ! Cette mécanique de la victoire peut rendre des opposants fous. Elle peut renvoyer à l’image d’une démocratie déficitaire donnant tout à la majorité et ne cédant pas un pouce à l’opposition. Mais cette approche n’est pas juste. À la vérité, la notion de démocratie est complexe et cruelle. Elle n’est parfaite nulle part. Il faut bien qu’il y ait une majorité et une minorité.

Il faut certes des contre-pouvoirs pour rendre une démocratie crédible. Mais des contre-pouvoirs n’ont jamais empêché une majorité de s’imposer. Le suffrage universel donne à une majorité de gouverner. Trouver la juste mesure n’est pas aisée ! La démocratie ne saurait constituer un frein pour celui à qui le peuple, par son suffrage, a donné le pouvoir de gouverner ! Il reste que l’opposition doit jouir de tous ses droits pour s’opposer et le pouvoir de tous ses droits pour gouverner ! Parlons-en sans détour : l’opposition a contesté le résultat des élections présidentielles du 24 février 2019. C’est son droit. Elle a épuisé tous ses recours constitutionnels. Installée librement dans ses certitudes, elle a mené le combat de la résistance jusqu’au bout. Épuisée d’être déboutée, inconsolable, dégoûtée presque, elle a fini par abandonner.

Qui peut être juge autre que l’institution à qui la loi fondamentale a donné tous les pouvoirs de délibération ? Nous répondons qu’il existe bien un autre juge : la conscience de chaque Sénégalaise, chaque Sénégalais. Mais une conscience reste une conscience. Si celle-ci ne se transforme pas en action, et quelle action, que faire ? Nous n’avons pas la réponse. La rue, des émeutes massives, auraient pu être une réponse au pouvoir, mais pas forcément décisive. Et jusqu’où cette nature de la réponse aurait pu changer la donne ? Le peuple sénégalais a pris acte de la posture des uns et des autres. L’opposition s’est rebellée. La cour constitutionnelle a délibéré.

Le nouveau Président élu a prêté serment conformément à la loi. Il entame son quinquennat devant le peuple sénégalais qui a pris acte. Certains prient pour que Macky Sall réussisse. D’autres prient pour qu’il échoue. Voilà une autre forme de démocratie ! Avant Dieu, c’est au Président de se donner lui-même toutes les chances de remplir ses promesses faites au peuple sénégalais. Il suffit d’avoir assisté le samedi  4 mai 2019 à la séance plénière de l’Assemblée nationale sur le projet de loi soumis à l’Assemblée nationale pour la suppression du poste de PM, pour se faire une idée du niveau de notre démocratie. Nous avons tout vu, tout entendu en direct !

Débat difficile, échanges assassins, consensus impossible. Des murs et des murs partout. Le Président du Parlement malmené mais digne et puissamment protégé par sa culture d’État, mais mieux : c’est un homme de l’âge d’or des sciences humaines. Le connaissant, nous avons pensé qu’il devait psalmodier intérieurement, à mesure que le débat enflait, des formules de Socrate, Démosthène, Confucius,  pour contenir  son pouls.  La culture transforme le venin en jus ! Triste tout cela quand nous assistons à ces si pénibles diatribes entre ceux qui représentent le peuple. Mais nous refusons de croire que notre pays est à genoux face à ces séances désarmantes de notre vieux Parlement.

La démocratie non plus n’est pas à genoux, même si on lui fait porter des haillons. Ce qui est à genoux, c’est  notre culture de la mesure, du consensus. Ce qui nous manque et qui peut être plus important que la démocratie, c’est notre besoin de respect, de fraternité, d’élévation, de générosité, de hauteur. En un mot, il nous faut aller vers l’écoute entre le pouvoir et l’opposition. Quoique cela puisse coûter aux uns et aux autres, au président de la République, le premier. Il est notre premier interlocuteur. Son devoir et ses responsabilités ne sauraient être les mêmes que celles des autres.

Il doit taire en lui tout dépit, toute colère, toute adversité, même légitimes. Il ne s’appartient plus. Du moins telle est notre intime conviction ! À la vérité, si rien n’empêchait légalement le Président de saisir l’Assemblée nationale pour faire voter son projet de loi, il n’y a pas de quoi fouetter un rat.

Ceux qui, nombreux, pensent qu’il aurait pu en informer le peuple et solliciter l’avis de l’opposition, peuvent également admettre que rien ne l’y obligeait. Passer par un référendum ? Renseignement pris, rien ne l’y obligeait non plus ! Informer le peuple par un message à la nation ? L’option aurait été heureuse et élégante ! Elle participerait d’une bonne communication qui serait fort appréciée, d’autant qu’en informant son peuple il informe son opposition, en sachant qu’il ne peut rien attendre d’elle. Finalement. Macky Sall a choisi, finalement, de pleinement s’assumer ! Que chacun s’assume à son tour !  Bien sûr, les missions présidentielles ne doivent pas attendre. Les Sénégalais, non plus, ne peuvent plus attendre.

Chacun des actes du Président doit avoir désormais un impact mesurable sur la vie quotidienne de ses compatriotes. C’est ce qu’il souhaite, dit-on. Mais Il nous faut cependant rétablir une fraternité commune. Le Président doit s’y atteler sans rien sacrifier à l’urgence de ses missions. Nous savons tous qu’il est des villes dans le monde qui font plus de 16 millions d’habitants à elles seules. Nous sommes un pays avec un peu plus de 15 millions d’âmes.

Nous réussirons si nos nouvelles richesses énergétiques et leurs dividendes sont bien réparties pour un meilleur niveau de vie des Sénégalais. Aucun échec n’est envisageable. Il est impossible d’échouer. Le Sénégal est sur la bonne trajectoire. Il s’agit juste de bien distribuer. « servir et non se servir » dit Macky Sall lui-même ! Elles ne sont pas tombées du ciel nos nouvelles richesses! Elles étaient inscrites dans le temps de la marche de notre peuple. Le temps et non le hasard, a voulu que ce soit sous le président Macky SALL que le processus de découverte et d’exploitation a abouti !

Ces richesses lui survivront ! Il ne partira pas avec elles dans ses valises. Ces richesses sont exploitables au moment où il est programmé à ne plus danser qu’une seule valse, c’est à dire accomplir un seul et dernier mandat. Mais quelle valse Macky SALL va nous danser, quelle valse, mais alors quelle valse époustouflante d’ici 2024, pour dire qu’il n’aura que le travail comme compagnon durant cinq ans et cinq ans, c’est déjà demain ! voilà une autre ruse de l’histoire qui nous donne à faire face à ce spectacle de celui qui fait jaillir l’or et qui le laisse ensuite aux autres, son temps de pouvoir s’étant épuisé !

L’histoire aurait pu se présenter autrement. Les chemins du divin sont simplement impénétrables ! Aujourd’hui, est-il possible de recoudre les déchirures entre nos hommes politiques ? Le peuple sénégalais demande à ce qu’on le respecte. Il demande de sauvegarder l’image du Sénégal ! Nous devons retrouver nos bonnes brosses à dents, notre bonne trousse de toilette. Nos fêlures sont exposées au monde. La politique, telle qu’elle s’exprime en ce moment et se vit dans notre pays, nous fait beaucoup de mal ! Notre peine nous interpelle pour demander à nos hommes politiques de construire des ponts et non des murs entre Sénégalais. 

Les hommes de culture que nous tentons d’être avec humilité afin de poursuivre le rayonnement de notre grand petit pays, sont interpellés de par le monde sur l’état désastreux de notre scène politique. Celle-ci inquiète mais elle ne rompt pas encore la profonde sympathie que notre pays suscite au regard de sa vitalité démocratique qui a vu des alternances politiques se dérouler dans une Afrique plutôt sombre et violente. Il y a aussi ce têtu et admirable passé d’un Sénégal défendant et nourrissant un esprit puissant et somptueux, portant une pensée intellectuelle opératoire autour de grands concepts enfantés par Senghor et Cheikh Anta Diop.

Ne serait-ce pas enfin l’occasion pour que le Sénégal fasse le point sur le cheminement de la pensée de ses intellectuels et en même temps de son cheminement culturel et artistique depuis l’indépendance autour de la question de savoir où nous en sommes en 2019 sur le renouvellement de nos chocs et créativités esthétiques depuis 1960 ? Qu’avons nous créé de nouveau et de portée internationale dans la pensée, la littérature, la peinture, la sculpture, le cinéma, le théâtre, la danse, la musique , la photographie, le design ? Qui sont nos nouveaux critiques d’art dont nous avons tant besoin ? Nos nouveaux critiques littéraires ?

Le Sénégal a t-il reculé, fait-il du sur-place, innove t-il, influence t-il l’Afrique et le monde comme dans les fécondes années 70 où nous avons fait beaucoup d’enfants célébrés de par le monde ? La soucieuse politique du livre et de la lecture, la pénible et aride foire du livre, le désarroi des vaillants forçats de l’édition sénégalaise, les parts du diable dans la promotion des arts et des lettres, la soucieuse sauvegarde de notre prestigieuse Biennale de l’art africain contemporain de Dakar, insuffler une nouvelle dynamique à nos centres culturels régionaux si pauvres.

Autant d’interrogations citoyennes sur des plateformes majeures qui, réformées, porteront un Sénégal nouveau qui fera la différence sur les scènes africaines ? Notons aussi combien la création d’emplois dans le secteur de la culture est phénoménale ! Tiens, et si le ministère de l’Intérieur, innovait sous Macky Sall, en sponsorisant désormais les romans policiers des auteurs Sénégalais ? Saluons notre Musée des Civilisations Noires ! Il se révèle de jour en jour comme un formidable espace de rencontre et d’échange de la vie de la pensée et de la créativité !

Si nous décolonisons en nous le concept de musée, nous aurons fait de ce bijou une nouvelle découverte esthétique et de mise en relief époustouflante de nos arts ! Rendons ici hommage à tous ses magnifiques fonctionnaires, serviteurs et acteurs culturels de notre pays qui continuent de tant donner ! Par ailleurs, il importerait de revoir de près les cahiers des charges de nos médias publics et privés. Quelle place font-ils aux arts et à la culture au sens large, à l’école ? C’est  tout cela à la fois qui fait l’ensemble de la dynamique de notre démocratie créative qui ne se résume pas aux seules frasques des hommes politiques !

Le renouveau et les accélérateurs appelés par le Président Macky Sall interpellent tous les espaces de vie et de représentation de notre pays. Quand un président de la République crédité d’une belle jeunesse décide de se passer d’un Premier ministre, pour, dit-il, prendre directement les choses en main et aller directement au charbon, où peut se cacher le mal ? Cela ne peut en aucun cas ressembler à un suicide ! C’est même courageux et risqué pour un chef de marcher seul vers les barrières, pour le dire de cette manière. Il s’y ajoute que le Sénégal a déjà vécu ce schéma avec les prédécesseurs de Macky Sall !

Par contre, en proposant une réforme qui fait que le pouvoir exécutif et législatif se neutralise, pour
faire court, peut prêter à polémique et hérisser opposants politiques et citoyens libres. Mais dès lors que l’Assemblé nationale elle-même visée, approuve cette nouvelle donne et la valide par sa majorité, que faire, que dire, quoi penser de cette sauce qui semble lui plaire ? En quoi me demande l’Ambassadeur de Tombouctou cette réforme constitutionnelle impacterait-elle négativement sur la vie quotidienne des Sénégalais ? Je n’avais pas de réponse cohérente car la question me paraissait déjà incohérente par rapport au vrai débat suscité sur la menace de la démocratie !
Partout dans ce pays, nous avons besoin de renouveau, de prospection, d’audace, de créativité, de travail, de suivi, d’évaluation. Ces outils sont indispensables pour porter le vrai développement d’un pays. Toutes les politiques publiques doivent être repensées, revisitées, restructurées, réévaluées avec surtout des obligations de résultats liées à des chronogrammes.

En écoutant les médias internationaux au lendemain de l’adoption par le Parlement Sénégalais de la loi supprimant le poste de Premier ministre et des images laissées au monde par nos représentants du peuple, nous avons appris que la démocratie cessait d’être la priorité dans nombre de pays de l’Afrique de l’ouest, dont le Sénégal. Ce serait plutôt l’économie, désormais, et la sécurité, qui prendraient le pas sur l’édification d’une démocratie et l’instauration de ses contre-pouvoirs. La communauté internationale laisserait même faire, qu’importe si des régimes de plus en plus autoritaires pointaient le nez.

Il s’agit bien d ‘une nouvelle ère avec la bénédiction et le silence des pays du Nord : renforcer les pouvoirs économiques et sécuritaires et non des contre-pouvoirs qui installeraient le désordre et l’instabilité. Les médias dominants du Nord de conclure : Le Rwanda et son Président Paul Kagamé seraient les inspirateurs de ce nouveau modèle politique , économique et sécuritaire. A chacun d’en rire ou d’en pleurer ! Nous aimons le Rwanda. Nous saluons le long et courageux travail de réconciliation nationale réussi par Kagamé et cette mémoire souffrante recousue. Mais le Sénégal n’est pas le Rwanda et ne le sera pas !

Ce n’est pas la même histoire. Ni politique, ni culturelle, ni identitaire. Bien sûr, la tragédie d’une occupation coloniale infecte a installé le Rwandais dans ce terrifiant drame national. Quand à savoir comment garder notre capitale Dakar, propre, car la question est associée à la belle réussite rwandaise dans ce domaine, la réponse est simple : « en
restant tous à la maison, car nous ne salirons alors rien » ! Dit-on, vrai ou faux, méchant ou railleur, les Sénégalais ont une forte parenté avec les poubelles ! Le Président Sall a promis de ne pas remettre son épée dans son fourreau, tant que ce mal prospèrera !

Puisse le Sénégal rester lui-même, c’est à dire un grand petit pays qui, sur le chemin de son développement, sauvegarde l’image de sa démocratie qui a donné de belles alternances, de belles leçons au monde, l’image de son attachement aux droits de l’homme, aux droits de la presse, aux droits écologiques et environnementaux, à l’égalité des genres. Il nous faut éviter l’appauvrissement intellectuel de l’école.

Éviter l’appauvrissement du pouvoir politique par le manque de dialogue. Il nous faut redevenir ce que nous sommes. Les valeurs priment ! N’oublions pas non plus la parole des anciens : « La noblesse du cœur est supérieure à la noblesse du sang ». Hugo, un poète, écrit ceci de troublant : « la loi est devenue l’ennemi du progrès ». Citoyen du monde, ne lui répondons pas « qu’ il ne ment pas, mais que c’est la vérité qui se trompe » ! Ce pays est si beau ! Si bruyant, si habile, si inattendu, mais si beau ! Que personne ne nous fasse croire le contraire !
Amadou Lamine Sall
Poète
Lauréat des Grands Prix de l’Académie française

Jamra et l’A.is déplorent le discours intégriste et discourtois du «Conseil du Laïcat» !

Depuis quasiment dix ans, le problème récurrent du port de voile ne cesse d’être sporadiquement agité dans des établissements d’enseignement privé, au prétexte que leur règlement intérieur y serait défavorable. En 2011, des dizaines d’élèves avaient ainsi failli être injustement expulsées des collèges Cardinal Hyacinthe Thiandoum de Grand-Yoff, de Ann-Marie Javoueh de la Médina et Abbé David Boila de Thiès. N’eût été le prompt recadrage, par le biais d’une note-circulaire, du ministre de l’Education nationale Kalidou Diallo, leurs scolarités allaient être compromises. En 2016, l’école Didier Marie de Saint-Louis entrait à son tour dans la dance, avant de se ressaisir, suite aux bons offices de quelques bonnes volontés.

Et pourtant, les autorités de tutelle se sont toujours évertuées à leur faire ce pertinent rappel, à travers des circulaires : «Aucun établissement ne peut avoir un règlement intérieur supérieur aux lois et décrets qui régissent le fonctionnement des écoles privées». Lesquelles lois, s’inspirent toutes de la Constitution du Sénégal qui, en son article 24, garantie la liberté de culte.

Les écoles privées (tant laïques que confessionnelles) étaient ainsi officiellement invitées au respect de la loi, enleur rappelant que la Loi fondamentale, ainsi que les décrets régissant les écoles privées au Sénégal, leur faisaient «obligation de recevoir tous les enfants sénégalais, quelle que soit leur confession. Et de respecter les croyances et coutumes de leurs élèves, y compris leurs tenues vestimentaires confessionnelles. Le Sénégal, étant un pays laïc, démocratique respectant toutes les sensibilités». 

Dès lors, la sempiternelle et légitime question qui ne peut manquer de tarauder les esprits, est de savoir pourquoi l’Institution Jeanne d’Arc est-elle seule, sur les 4023 écoles privées du Sénégal (statistiques 2018 de la tutelle) à persister dans cette posture de défiance aux textes étatiques? Cet Etat auquel les syndicats de l’enseignement privé catholique, en coordination avec les directeurs diocésains, n’hésitent pas à réclamer bruyamment, au moindre retard, le versement de la subvention que leur alloue annuellement l’Etat (notre Etat à tous !). Comme ils l’ont récemment fait, à l’occasion de leur dernière Assemblée générale le 15 septembre dernier à Mbour.

Et voilà que, contre toutes attentes, alors que des bonnes volontés des deux «camps» s’activaient auprès des parents d’élèves et des responsables de l’établissement, se triturant les méninges pour qu’une solution durable soit trouvée – et pour surtout apaiser davantage le climat etsauvegarder cette «commune-volonté-de-vie-commune», qui a toujours animée l’écrasante majorité (pour dire les choses telles qu’elles sont) des 95% de musulmans à l’égard d’autres minorités confessionnelles – surgit, comme un cheveu dans la soupe, un discours épistolaire radical, discourtois, reprochant au ministre de tutelle d’avoir rappelé à l’ordre l’Institution Jeanne d’Arc. 

Ne s’arrêtant en si bon chemin, le «Laïcat» de se livrer à un réquisitoire sans appel, délivrant des satisfécits par-ci, à ceux qui avaient daigné «témoigner de leurs soutiens» à Jeanne d’Arc ; traitant allégrement «d’adeptes du charlatanisme médiatique», voire de «quidams en perte de repères dans leurs propres confessions», ceux qui ont eu le toupet d’avoir eu une position différente de celui du «Laïcat». Quelle éloquente preuve de tolérance et de respect de l’opinion d’autrui ! 

Certains organes de presse ne croyaient pas si bien dire en parlant de la «réponse sèche du Laïcat au ministre de l’Education». Ce dernier en aura d’ailleurs pris pour son grade, dès l’entame de cette diatribe, en se faisant reprocher d’avoir manqué de courage, en ne citant pas l’école Jeanne d’Arc dans son communiqué du 03 mai 2019 ! De plus, était-il nécessaire de faire preuve d’un manque de modestie notoire, en prétendant opposer à «la vanité de la parole», «l’action quotidienne de l’Eglise au profit des citoyens sans aucune distinction» ? Pour ensuite verser dans une impertinentefanfaronnade, faisant étalage du «bilan» de l’Eglise sénégalaise en terme d’infrastructures scolaires, sanitaires, etc.

Et si ceux qui avaient, dès le XVe  siècle, accueilli les premiers évangélistes européens, venus installer le christianisme au Sénégal, se mettaient, eux aussi, àbomber le torse pour démontrer comment certaines terres ont été cédées à ces missionnaires, qui devaient y implanter les premiers lieux de culte catholiques, devenus de célèbres églises aujourd’hui, au Sénégal ? Connaissent-ils, ces polémistes du «Laïcat», les modalités de cession de cet ancien cimetière lébou, qui a migré en 1923 vers le patrimoine immobilier de l’Eglise,  pour devenir cette grande Cathédrale Notre-Dame-des-Victoires (ex-Cathédrale du Souvenir africain) sise à l’avenue de la République, à Dakar ?

Réputée être la plus belle bâtisse du catholicisme au Sénégal, et siège de l’archevêché, le regretté Archevêque de Dakar, le Cardinal Hyacinthe Thiandoum, qui repose à proximité de l’Autel de cet église, et qui a toujours entretenu d’excellents rapports avec toutes les autorités musulmanes de ce pays, en savait beaucoup sur ce chapitre ! Et n’avait d’ailleurs de cesse de réitérer, sans complexe aucun, dans ses discours (comme en 1985, en marge de l’intronisation de son ami Grand Serigne de Dakar, El Hadji Bassirou Diagne) «la gratitude de l’Eglise» à l’égard de ceux qu’ils qualifiaient affectueusement de ses «cousins lébous». 

Combien de fois les populations musulmanes autochtones, les Lébous en particulier, ont eu à mettre gracieusement à la disposition de la «Congrégation des Pères du Saint-Esprit»,de Gorée à Saint-Louis en passant par Rufisque et Joal, des sites extraits de leurs patrimoines fonciers privés?

Le Cardinal Verdier, en étant reçu par le Khalife SeydiAbabacar Sy, en présence de hautes autorités musulmanes, à l’Hôtel de Ville de Dakar, le 05 février 1936– alors que ce Légat du Pape Pie XII était à Dakar pour les besoins de l’inauguration, le 02 du même mois, de la Cathédrale du Souvenir africain de Dakar – avait pertinemment résumé la situation en déclarant que : «La cohabitation entre chrétiens, musulmans et animistes est sans doute l’une des plus paisibles au monde»

Jamais, en effet, la communauté musulmane sénégalaise n’a été prise à défaut de manquer de respect aux autres communautés confessionnelles. Etn’a donc de leçons de personne. Par conséquent, l’Organisation islamique JAMRA, l’Association islamique pour Servir le Soufisme et l’Observatoire de veille et de défense des Valeurs culturelles et religieuses, MBAÑ GACCE, invitent le «Conseil national du Laïcat» (qui, Dieu merci, ne porte pas la voix officielle de l’Eglise catholique sénégalaise), plutôt que de jeter de l’huile sur le feu, à s’inscrire dans une logique d’apaisement. Voire de médiation. 

Les liens de sang qui unissent les différentes communautés confessionnelles du pays étant plus forts que toute autre mésentente superficielle, parce que passagère. Il nous incombe à tous, pas seulement à la majorité confessionnelle, de veiller, comme à la prunelle de nos yeux, à la sauvegarde de ce précieux héritage de bonne convivialité interconfessionnelle, péniblement bâtie, au cours des siècles, par nos vaillants ancêtres, et souventcité en exemple à travers le monde (touchons du bois),dans une Afrique épisodiquement ensanglantée par des conflits ethniques et l’intolérance religieuse.
 
Dakar, le 10 Mai 2019
L’Organisation islamique JAMRA​​L’Association Islamique pour Servir le Soufisme (AIS)
IMAM MASSAMBA DIOP​​​​SERIGNE MAME CHEIKH MBACKE KHADIM AWA BA

C’est à la jeunesse de gagner le combat pour la démocratie…


Ousmane Sonko, le leader de Pastef a assisté à la cérémonie de lancement de l’ouvrage qui lui est dédié par le journaliste Ababacar Sadikh Top. L’ouvrage est intitulé : «Ousmane Sonko : trajectoire, parcours et discours de l’espoir».

Prenant la parole, le leader de Pastef a soutenu qu’il a une carapace de titan. «Je suis habitué des menaces y compris celles qui viennent d’en haut», a déclaré Ousmane Sonko en s’adressant au journaliste et auteur du livre qui retrace son parcours et fait découvrir certains pans méconnus de sa vie. Sur le plan politique, Ousmane Sonko a indiqué qu’il ne croit pas au messie encore moins aux actions isolées ou individuelles.

«Je crois à l’action collective et qualitative. Je crois à la nécessité d’avoir une masse critique de Sénégalais qui a suffisamment conscience des enjeux de l’heure», a-t-il renseigné. Pour lui, c’est à la jeunesse sénégalaise de gagner le combat pour la démocratie, le progrès et la bonne gouvernance. «C’est à nous de gagner ce combat, c’est à nous de le parachever et de faire bénéficier à nos fils et petits-fils les fruits de cette lutte», soutient-il dans le journal l’As

Dialogue national : Le Pds disqualifie Aly Ngouille Ndiaye


Si le PDS prend acte de la volonté du Chef de l’État Macky SALL d’engager un dialogue politique, il n’est pas acceptable que cette réunion soit présidée par Aly Ngouille NDIAYE.

Aly Ngouille NDIAYE est d’abord disqualifié du fait de son implication dans les scandales économiques et financiers MITTAL et PETROTIM qui ont fait perdre plus de 5.000 milliards de F.CFA au Sénégal et qui auraient certainement pu éviter le chaos économique et social dans lequel le Sénégal va être plongé avec l’augmentation prochaine des prix.

Aly Ngouille NDIAYE est surtout totalement disqualifié pour présider une telle rencontre car il a été le maître d’œuvre de la fraude électorale massive qu’il a annoncée devant la presse et l’opinion en affirmant haut et fort qu’il avait été nommé ministre de l‘intérieur pour faire gagner son patron Macky SALL.

Il s’est révélé être le pire ministre de l’Intérieur que le Sénégal n’ait jamais eu, le ministre de l’intérieur le plus partisan de notre histoire, celui qui a toujours affiché ses positions dans le mépris le plus total de l’opposition, responsable de l’élimination arbitraire de notre candidat, de la répression violente de l’opposition sénégalaise et de l’arrestation de certains de ses responsables.

Il est responsable devant l’histoire du grave recul des libertés et de la régression démocratique de notre pays.

Le PDS rappelle qu’il n’est pas contre le dialogue politique, mais qu’une telle réunion devrait être présidée par une personnalité crédible, neutre, indépendante, consensuelle et respectée.

Le PDS rappelle également que sa participation au dialogue politique est conditionnée par la libération immédiate de Khalifa SALL et par la révision du procès de Karim WADE, en application des décisions de justice internationale condamnant l’État du Sénégal, notamment celle du Comité des Droits de l’Homme des Nations Unies qui prescrit cette révision.

Dakar, le 9 Mai 2019
Maître Abdoulaye WADE
Secrétaire Général National du PDS

Le drame des talibés raconté par la presse américaine

Le sort des enfants talibés préoccupe la presse outre Atlantique. Los Angeles times, l’un des plus gros tirage des États Unis s’est intéressé au sort des talibés dans un article fouillé et documenté.
Près de 5 milliards Fcfa rapportés annuellement par la mendicité des talibés à Dakar, affirme d’emblée le canard qui cite un rapport de Human Rights Watch dont la publication est prévue au cours de ce mois.

Le rapport évalue aussi le nombre de talibés errant dans les rues entre 50.000 et 100.000. Ils seraient 30.000 dans les rues de la capitale sénégalaise, Saint Louis en compterait 14.000 et autant pour Thiès, Diourbel et Kaolack.

Human Rights Watch fait aussi cas dans son rapport de l’échec du gouvernement sénégalais dans ses initiatives de retirer les enfants de la rue.

Mais aussi du gros scandale que constitue l’exploitation et la maltraitance des talibés et le trafic d’enfants en cours dans la sous région

Journée de la presse : Une fête macabre… (Par Adama Gaye).

3 Mai, Demain, la presse fête sa journée, mais, autour d’elle, montent les sons funéraires…

Sans l’interpellation d’un jeune journaliste, me suppliant de ne pas insulter Macky Sall et son pouvoir, je me serai gardé de verser quelque contribution à cette journée de demain 3 Mai, que, inspirée par le renouveau de la liberté d’expression à la fin des années 1980, l’UNESCO a décidé de désigner, depuis 1991, celle de la presse.

Je me suis demandé: comment peut-on être debout sur un bateau qui coule et trouver à redire à ce qui a toujours été, et reste, le carburant pour le maintenir à flots, au milieu de son abandon massif par ses passagers, ses publics, et de sa disruption mortelle par des technologies nouvelles l’ayant deja rendu obsolète.

Le métier des médias classiques, bien plus vaste que celui d’une presse se rapportant à l’écrit et à l’imprimerie, est en instance de déphasage accélérée: les journaux ne s’achètent plus, les radios et télévisions perdent leurs audiences, les agences de presse sont dépassées par la production, instantanée, des netizens, les citoyens du net, témoins et acteurs de leur temps, vrais journalistes de ce mutant monde.

Or donc, ce qui a longtemps fait vivre les médias, c’était l’impertinence et la profondeur des investigations de leurs animateurs, en particulier du fait de leur courage à être les témoins, historiens, non-biaisés, de leur temps. De l’histoire immédiate, actuelle. En se faisant les porte-voix des sans voix. En allant fouiller dans les lieux les plus cachés les secrets et méfaits de ceux qui s’imaginent être les puissants.

Autant dire qu’une profession qui choisit d’être civilisée au point de devenir la brosse à reluire, l’amplificateur, le promoteur voire le défenseur de ces forces, notamment politiques et d’argent, qu‘elle était censée brocarder, ne peut être que sur une pente raide, fatale, de sa propre destruction. Surtout que les fake-news, la concurrence des réseaux sociaux et le rejet d’une information devenue pompeuse, parce que filtrée pour plaire, sont autant de raisons de préparer sa notice nécrologique.

Quand le jeune journaliste a plaidé la cause de Macky et co, au nom de je-ne-sais-quelle clémence, j’ai failli verser des larmes de dépit. En me disant: c’est donc de ça dont il parle avec ses confrères? Que ce fut difficile de ne pas lui dire son fait en constatant ce qui était son baromètre pour juger de la pertinence des postures de quelqu’un qui n’a pas choisi de passer par des détours pour excercer son droit constitutionnellement reconnu de s’exprimer librement, selon ses termes, sans diffamer, son opinion sur les affaires de la cite et du peuple. À la limite, je peux comprendre que pour les yeux et oreilles chastes, il fait sens de réduire l’intensité, la virulence, de certains propos et écrits.

Encore que je me suis demandé c’est quoi ce type de journaliste faisant la médiation pour les escrocs, criminels de haut vol, les Macky et consorts, mais n’avait pas trouvé un seul mot pour tirer les bretelles à ses confrères lorsque, violant toutes les normes déontologiques, rien que pour plaire à leur corrupteur, ils s’en etaient pris à mon honorabilité et à ma vie, faussement attaquées, en des termes d’une gravité justiciable de lourdes peines pénales.

J’ai failli lui dire: honte à cette presse. Indigne presse. Presse de collusion. Presse de canniveaux. Corrompue et servile. Rien à voir avec la vraie presse qui, depuis ses pionniers, Johannes Gutenberg, Reginald Fassenden, Samuel Morse, la transistorisation, le Watergate, Albert Londres, et j’en passe, avait pu se hisser au statut de quatrième pouvoir, le premier en réalité tant il fait trembler les autres demembrements du pouvoir d’état.

Triste, en cette veille de “fête”, que les journalistes se transforment en pompiers là où leurs publics, pris dans un étau d’angoisses multiformes, ne demandent qu’à les voir assumer leur mission. C’est-à-dire, pour reprendre Bertold Brecht, “déchirer les voiles de l’inconscience et dire les choses par leur nom”.
Au lieu de ça, je me vois invité à mettre la pedale douce, à dire les choses plus gentiment. Ce n’est pas ce que j’ai appris ni vécu.

Exemples pour l’illustrer? Mon professeur de presse écrite, le brillant Mohamed Diop, premier docteur en communication du Sénégal, m’a enseigné à y aller droit. “Faites couler le sang, montrez les têtes coupées, ne vous gargarisez pas d’adjectifs, décrivez les choses et dites les telles qu’elles sont”. Celui de radio-television, Bernard Schoeffer, lui m’a dit, deux leçons dans ce sens. Un: quand vous posez une question, vous prenez votre épée et vous la plantez, pas besoin de mettre un coton dessus, donc pas de circonlocutions. Deux: alors que je faisais la description de la mine à ciel ouvert de la Somair à Arlit, au Niger, il m’arreta, après m’avoir entendu frimer avec un gros français notamment pour décrire les excavations, de retour d’un voyage d’études dans le Nord de ce pays.

Monsieur Gaye, m’interrompit-il, quand vous êtes avec une f……, parlez-vous de trou ou d’excavation ? Dites donc les choses sans détours. Enfin, un vieil ami américain, Tom Masland, ancien Éditeur Afrique, du grand magazine Newsweek m’a expliqué comment son journal en couvrant les tremblements de terre privilégie les images de femmes dont les tenues sont déchirées, révélant à côté des gouttes de sang, leurs seins. “Sexe et sang”, voilà ce que veut le lecteur, aimait à me dire Masland.

Or voici que dans ce Sénégal pris en otage, capturé, par un régime mafieux qui le dépouille au grand jour, tout ce qu’un journaliste trouve à dire est: baisse la pression. Traduisez : “ne dévoile plus les scandales qui rythment la vie de ces criminels”.

En un mot: fais un compromis historique. Rejoins la soupe. Vas à canossa !
Grave. Minable presse ! Surtout que mon conseiller serait le premier à s’écrier, si je suivais ses toxiques conseils de soumission: voilà ! Ça ne pouvait que finir comme ça. Il s’est rendu, comme nous nous y attendions…

Pas question cependant de me voir valider ce genre de calculs cachés derrière les bons sentiments. Je préfère, en clair, rester droit dans mes bottes, suivre ma voix intérieure et me conformer aux règles immuables de la décence, de l’honneur, de la vérité. Loin du Petainisme Tropical si prévalent ici !
J’ai honte de cette presse. Je suis totalement en désaccord avec cette souplesse d’échine qu’elle révèle pour se mettre, nolens-voens, au service d’un pernicieux et nationicide régime.
Mon interlocuteur me dit: ce serait bien que tu écrives pour dire que tes positions ne sont pas virulentes parce que tu cherches quelque chose.

Pouah ! Voilà le Sénégal actuel ou tant de gens ont vendu leur âme que ne pas le faire paraît suspect. Je lui dis, et en informe tous, une dernière fois, que si je voulais être à la soupe, j’en ai le pedigree et pouvais m’asseoir au banquet depuis.

Par mes origines, mes diplômes, mon parcours, mon expertise, my name recognition, rien, absolument rien, ne s’oppose à ce que je puisse n’avoir comme limite que le ciel -voir au delà!
Je n’ai pas choisi la voie de la facilité.
Ceux qui se sentent bien dans la porcherie y sont en bonne compagnie.

Mais, Macky Sall et co, ce regime ayant échoué, frappé d’illégitimité et d’incompétence, bande de pilleurs, doivent se le tenir pour dit: je suis sur leur route. Je ne suis pas du genre que l’argent, les privilèges ou les lambris impressionnent: j’ai deja fait et vu tout ça, depuis mathusalem; ce qui me meut dépasse ces fugaces et passagers trucs, cette quincaillerie !

Je suis un militant d’une nouvelle Afrique passant par un nouveau Sénégal, et dans ce combat il n’y aura pas de compromis historique, dynamique ni de compromission.

Je prie que demain, en ce jour ou plus que jamais, placée à l’article de la mort, de la disruption, la presse ne fasse pas la fête mais écoute les sons graves de son oraison funebre. Mon brillant professeur de sociologie de l’information, Francis Balle, de l’université Paris 2,réfléchissant avec d’autres théoriciens, les meilleurs dans ce domaine, comme les américains Lasswell et Lazarsfeld, aurait dit que le temps est venu pour les médias de redéfinir leur rôle dans la société. Pour freiner, si possible inverser, leur déclin inéluctable!

Ps: que plus personne ne me parle de tenir un discours doux en direction de ces criminels. Ils seront traités comme tels. Avec Macky Sall dina niokh gueniiom, et apprendra à ne plus insulter d’honnêtes citoyens. Wassalam ! Adama Gaye

Trump s’acharne contre les médias et traite les journalistes d’ennemis du peuple

epa06403266 US President Donald J. Trump speaks to members of the news media while signing bills in the Oval Office of the White House in Washington, DC, USA, 22 December 2017. Trump signed the tax bill, a continuing resolution to fund the government, and a missile defense bill before leaving to spend Christmas in Mar-a-Lago, Florida. EPA/MICHAEL REYNOLDS

« Ils devront se mettre à genoux et implorer mon pardon, ce sont vraiment les ennemis du peuple ». Le tweet présidentiel, d’une agressivité inouïe, visait le New York Times. Les attaques au vitriol de Donald Trump contre les médias n’ont rien de nouveau. Mais elles ont encore gagné en fréquence et en férocité ces dernières semaines.

Son meeting de campagne samedi soir à Green Bay, dans le Wisconsin, devrait selon toute vraisemblance donner lieu à de nouveaux assauts contre les journalistes. D’autant qu’au même moment aura lieu, à Washington, le dîner de l’Association des correspondants de la Maison Blanche (WHCA). Comme en 2017 et 2018, le milliardaire républicain a décidé de bouder ce rendez-vous annuel – « ennuyeux » selon ses termes -qui met la liberté de la presse à l’honneur et donne l’occasion au président américain de prononcer un discours, en général teinté d’autodérision, sur l’année écoulée.

Les raisons de l’intensification des attaques du président de la première puissance mondiale contre les médias qu’il qualifie à la moindre occasion de « Fake News »? Difficile de se prononcer avec certitude. Mais, au-delà de la volonté de galvaniser sa base électorale en désignant un « ennemi », la diffusion des conclusions du rapport du procureur spécial Robert Mueller sur l’enquête russe a incontestablement déstabilisé le locataire de la Maison Blanche.

Le point presse disparaît

Autre hypothèse: le milliardaire américain raffole de l’attention des journalistes, or elle lui échappe un peu avec l’entrée en lice des candidats démocrates pour l’élection présidentielle de 2020. Kamala Harris, Beto O’Rourke, Pete Buttigieg, Joe Biden: un a un, depuis plusieurs semaines, ils captent un peu de la lumière, et déplacent l’attention des médias américains au-delà de la seule Maison Blanche. Les attaques sont d’autant plus remarquables qu’elles s’accompagnent de la quasi-disparition du point de presse quotidien de la porte-parole de la Maison Blanche, Sarah Sanders.

Cela fait plus de 40 jours que cette dernière ne s’est pas présentée au podium de la célèbre salle de presse pour faire face aux questions des journalistes. Et cette année, contrairement à l’année dernière, elle ne participera pas, elle non plus, au dîner de gala: tous les membres de l’équipe Trump ont reçu comme consigne de décliner l’invitation. « Soyons clairs: le fait que cette administration réduise les points de presse de la Maison Blanche, du Pentagone et du département d’Etat est infiniment plus grave que de la question de savoir si le président participe au dîner des correspondants », souligne, dans Politico, Olivier Knox, président de la WHCA.

Certes, le président lui-même répond plusieurs fois par jour aux questions des journalistes. Mais cela se fait toujours dans une certain désordre, suivant son tempo, dans les jardins de la Maison Blanche avant qu’il ne monte dans son hélicoptère, ou dans le Bureau ovale au milieu d’un véritable brouhaha. Et rien n’indique que les relations du 45e président des Etats-Unis avec la presse sont sur le point de s’apaiser. Jeudi, Sarah Sanders s’est bien présentée au pupitre. Mais c’était pour répondre aux questions des enfants du personnel de la Maison Blanche qui participaient à la journée « Emmenez vos enfants sur votre lieu de travail ».

Dangereux pour les journalistes

Vendredi, devant les membres de la NRA, puissant lobby des armes, Donald Trump n’a pas fait dans la dentelle: « Le niveau de malhonnêteté et de corruption dans les médias est incroyable », a-t-il lancé. Pour Jeffrey Morosoff, qui enseigne le journalisme à la Hofstra University près de New York, le président américain « joue un jeu dangereux ». « Un jour, l’un de ses supporteurs va s’en prendre physiquement à un journaliste ».

Californie : Il fonce sur des piétons pensant qu’ils étaient musulmans

Isaiah J. Peoples appears for his arraignment in Santa Clara County Superior Court as his lawyer, Chuck Smith, stands at his side on Friday, April 26, 2019, in San Jose, Calif. The former U.S. Army sharpshooter Peoples is charged with eight counts of attempted murder after authorities say he deliberately plowed his car into pedestrians Tuesday. (Jim Gensheimer/San Francisco Chronicle via AP, Pool)

Un chauffard qui a foncé délibérément sur des passants, faisant huit blessés, est accusé de l’avoir fait parce qu’il lui semblait s’agir de musulmans, a indiqué la police californienne.

Isaiah J. Peoples. © ap.
L’homme âgé de 34 ans, appelé Isaiah Peoples, est visé par une enquête pour tentative d’homicide avec pour circonstance aggravante un mobile raciste, a précisé la police de Sunnyvale, près de San Francisco.

« Il y a de nouvelles preuves selon lesquelles Peoples a visé de manière intentionnelle ses victimes en raison de leur race et de la conviction qu’elles étaient musulmanes », a déclaré lors d’une conférence de presse un policier, Phan Ngo.

D’après les médias locaux, trois membres de la même famille, un père, son fils et sa fille, font partie des huit piétons blessés mardi. Aucun détail n’a été publié sur la religion ou la nationalité des victimes.

L’avocat d’Isaiah Peoples a affirmé que l’accident était « clairement la conséquence de troubles mentaux » et qu’il demanderait à ce que son client, ancien militaire qui semble souffrir de stress post-traumatique, reçoive un traitement adapté.

Le débat sur la suppression du poste de Pm anime les quotidiens du week-end

Les quotidiens parvenus samedi à l’APS traitent l’actualité politique en priorité en mettant notamment en exergue le débat sur la suppression annoncée du poste de Premier ministre et les interrogations sur l’avenir du Parti socialiste.

Alors que l’Assemblée nationale doit se réunir en session plénière samedi prochain (4 mai) pour débattre du projet de révision constitutionnelle devant déboucher, entre autres, sur la suppression de la Primature, l’heure semble aux préparatifs dans les différents bords politiques.

‘’La majorité en ordre de bataille’’, affiche ainsi Le Soleil à sa Une. Le journal a notamment pris l’option de rendre compte des préparatifs dans le camp des députés acquis au pouvoir à travers leur convocation dès lundi afin de mieux articuler leurs positions.

‘’Le président du groupe parlementaire de la Coalition Benno Bokk Yakaar (BBY) a convoqué ses collègues membres de la majorité pour une consultation. Cette réunion sera une occasion pour les parlementaires d’harmoniser leurs positions avant la séance plénière du 4 mai sur le projet de loi portant suppression du poste de Premier ministre’’, précise le quotidien national dans ses colonnes.

Ce projet de révision constitutionnelle annoncé au moment de la formation du nouveau gouvernement a le mérite de ‘’réveiller l’esprit de révolte de l’opposition et de la société civile’’, croit savoir Vox Populi, lequel souligne qu’opposants et membres de la société civile ‘’brûlent le projet Macky Sall et appellent à la résistance’’.

Dans ses colonnes, la publication étale particulièrement les réactions engendrées par ce projet de loi dans certains cercles de la société civile sénégalaise.

Une posture des opposants assimilable à un baroud d’honneur par Sud Quotidien à la lumière de son analyse de la situation politique consécutive à la réélection de président Macky pour un second mandat à la tête du pays.

‘’L’opposition en mal de +fast track+ ! (termes anglais signifiant littéralement marche rapide) s’exclame le journal du groupe Sud Communication au sujet de l’attitude des opposants.

‘’Makcy Sall déroule, l’opposition cherche ses marques. Le jeu post-investiture du président de la République et chef de file du parti au pouvoir semble assez caricatural. Le chef de l’Etat pose sans discontinuer ses premiers actes de gouvernance alors que le camp d’en face semble en mal de repères’’, analyse le journal.

‘’Même pour la réforme constitutionnelle partie pour émietter la nature du régime politique, déplore Sud Quotidien, l’opposition est restée longtemps amorphe, ne réagissant qu’à quelques encablures de la validation dudit projet de loi et, paradoxalement pour appeler à un référendum et à une gestion concertée de cette affaire de suppression du poste de Premier ministre’’.

La situation prévalant au sein du Parti Socialiste (PS), une des formations politiques membres de la coalition au pouvoir (BBY) n’a pas non plus laissé insensibles les quotidiens.

Kritik fait état d’un malaise profond dans ce parti historique en usant à sa Une de la formule : ‘’Le ver (t) est dans Benno’’ pour évoquer la situation au PS.

‘’Après la séparation avec l’ancien maire de Dakar, Khalifa Sall et avec tous ceux qui lui étaient proches, le PS va droit ver une nouvelle crise née de l’absence de rotation sur le profil des membres désignés pour siéger au gouvernement et de l’opportunité objective de continuer à jouer un rôle de second couteau dans la mouvance présidentielle. A cela s’ajoutent d’autres faits menaçant la survie du parti’’, fait observer le journal.

‘’Le PS choisit le pire’’, renchérit Walf Quotidien en évoquant l’alliance de ce parti avec l’Alliance pour la République (APR, au pouvoir). Pour le quotidien du Groupe Walfadri, la formation politique des ‘’Verts’’ de Colobane a perdu sur toute la ligne dans son union contre-nature avec l’APR. ‘’Elle a perdu son âme, ses ambitions de reconquête du pouvoir et continue à se disloquer’’.

En échos à ce présage, L’AS quotidien annonce à sa Une le ralliement à l’APR de Moussa Bocar Thiam jusque-là membre du PS.

‘’Le PS est en zone de turbulence depuis la mise en place du nouveau gouvernement. Même si les secousses ne sont pas perceptibles, la formation politique fondée par Léopold Sedar Senghor est en train de vivre un épisode sombre’’, commente le journal.

Pour sa part, Le Quotidien se projette déjà sur les prochaines élections locales prévues en décembre 2019 en mettant en relief l’ambition de la communauté Léboue de reconquérir la mairie de la capitale. ‘’Si nous nous battons, Dakar nous reviendra’’, déclare le député et Grand Serigne de Dakar (leader de ladite communauté) dans des propos rapportés par le journal.

La police arrête un perroquet qui faisait le guet pour des dealers

South American Military macaw (Ara militaris) perching in a tree.

« Maman, la police! »: l’oiseau avait été dressé pour alerter ses maîtres de l’arrivée des forces de l’ordre.

Des policiers militaires faisaient une ronde dans la ville de Teresina, située dans le nord-est du Brésil, ce lundi après-midi, lorsqu’ils ont repéré un homme qui venait d’acheter de la drogue dans une maison, rapporte le site brésilien Itimo Segundo. Ils ont alors décidé d’intervenir et se sont retrouvés face à un perroquet qui s’est mis à hurler de façon répétée: « Maman, la police! »

Selon les agents, le perroquet a probablement été dressé pour avertir les résidents de la maison lorsque quelqu’un s’approchait. « Il doit avoir été entraîné pour cela », a déclaré le major Mello du 17e bataillon de la police militaire à l’ltimo Segundo. « Il a commencé à crier dès que la police s’est approchée ».

Malgré ses efforts, le perroquet n’est pas parvenu à sauver ses maîtres, qui ont été arrêtés en possession de drogue.

Les policiers ont également placé le perroquet en « garde à vue » et ont tenté de le faire parler davantage avec l’aide d’un dresseur et de plusieurs vétérinaires… sans succès. Selon le quotidien Globo, il a ensuite été transféré au zoo de Teresina, où des soigneurs vont déterminer s’il est capable de retourner à la vie sauvage ou non.

Appel à un sursaut national pour lutter contre la dictature de Macky Sall

Les organisations politiques, l’Alliance pour la Citoyenneté et le Travail (ACT), La Ligue Démocratique DeboutDebout), la République des Valeurs (RV), Taxaw Temm et le Mouvement Tekki se sont rencontrées au siège de Tekki pour échanger sur la situation politique nationale et ont décidé de publier le communiqué ci-après.

Appel à un sursaut national pour lutter contre la dictature de Macky Sall (Déclaration conjointe
1. Après toutes les dérives monumentales et les manquements graves décriés sur le processus électoral, et à peine sorti d’un coup de force électoral, le Président Macky Sall, s’engage dans ce qu’il sait faire : la politique politicienne.

Aveuglé par un désir excessif de pouvoir sans limites, il vient d’engager, à la surprise générale, et à titre personnel, pour tout un peuple, une révision constitutionnelle, sans avoir une seule fois évoqué la question pendant la campagne électorale, sans débat, ni concertations à aucun niveau, pour, à sa seule guise, modifier unilatéralement le régime politique en vigueur et ainsi imposer une nouvelle gouvernance solitaire et personnelle.

Après avoir cherché à casser et neutraliser toutes les forces progressistes, démocratiques et citoyennes du pays avec les moyens de l’Etat, il veut avec cette dernière initiative disposer désormais de tous les leviers du pouvoir de l’Etat. La réforme ainsi engagée viendra consolider et parachever l’installation d’une dictature au Sénégal.
2. Dans le projet soumis à son Assemblée nationale, il affirme sans ambages qu’il instaure un régime présidentiel caractérisé par un pouvoir exécutif rationalisé. En vérité, l’Assemblée nationale est démise de ses prérogatives les plus importantes, à savoir le contrôle de l’exécutif.

Le Président de la République renforce considérablement ses prérogatives. Il fait mine d’abandonner son pouvoir de dissolution de l’Assemblée Nationale, mais conserve cette possibilité par le biais de l’article 52 qui lui donne des pouvoirs exceptionnels.

Les Ministres peuvent être traduits pénalement devant la Haute Cour de Justice, alors que devenus responsables devant le Président de la République, en fait de simples collaborateurs, ils devraient l’être en toute logique devant les Tribunaux ordinaires

Enfin, le Président de la République devrait dans la construction d’un régime à ce point présidentiel renoncer à toutes ses prérogatives ayant un caractère législatif. Ce qu’il refuse de faire dans ce projet de loi.
3. Sous ce rapport, son appel au dialogue, ressassé depuis un certain temps à l’occasion de chaque sortie publique, n’est ni plus, ni moins qu’une duperie. D’ailleurs, tous les observateurs avertis et sérieux peuvent le constater : lorsqu’il s’agit de questions essentielles telles que la modification de la constitution, le gaz et le pétrole ou l’implication outrancière de sa famille dans la gestion de l’Etat, soit il décide en solitaire, soit il occulte le débat.

Voilà un appel au dialogue suivi d’un changement de la nature du régime politique pour pouvoir gouverner tout seul ; comme pour dire : « je change le régime et après, venez, on va dialoguer » ! Mais dialoguer sur quoi ? Du report déjà programmé des élections locales ? De l’indépendance de la justice ? De l’équilibre des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire qu’il vient de chambouler ?
4. Pire, dans la plupart du temps, lorsqu’il s’engage, c’est pour se dédire, dès que possible ou alors dès que ses intérêts sont en jeu ; au point qu’il est devenu légitime de douter de la valeur morale de ses engagements pris et de sa parole donnée.
Il en est de même de l’appel tonitruant à la responsabilité, au civisme et à la citoyenneté, à la salubrité publique et au désencombrement de la voie publique, adressé aux Sénégalais et plus particulièrement aux jeunes, que personne ne peut rejeter.

Toutefois, il convient de rappeler qu’à ce jour, Macky Sall est le seul tristement célèbre responsable politique à avoir obligé les membres d’un bureau de vote à accepter son vote par la force des muscles de ses gardes – corps alors qu’il n’avait pas les documents requis pour accomplir cet acte !

Voilà une forfaiture qui montre et démontre, avec force et éloquence, qu’en matière de bonne conduite conforme à la responsabilité du citoyen vertueux, aucun Sénégalais n’est jamais descendu aussi bas! Trop bas !!!
A cet égard, et en considération de tout ce qui précède, les organisations signataires appellent à la mobilisation des députés de l’Opposition pour s’opposer à ce projet de loi et à un sursaut national des progressistes et des patriotes de tout bord, pour construire un bloc politique fort et capable de porter, dans l’unité d’action, le combat pour faire face à une dictature qui ne se fixe plus aucune limite légale, morale, ou éthique.
Dakar le 26 avril 2019
ACT
République des Valeurs
LD Debout
Taxaw Temm
Tekki

Halte à la politisation des sociétés nationales !

Nous ne ménagerons aucun effort pour dénoncer les dérives du Président politicien. Macky Sall n’a jamais eu l’intention de mettre le Sénégal sur les bons rails. Pendant la campagne électorale, la dépolitisation des postes de Directeur de sociétés nationales avait suscité un vif intérêt chez les électeurs.

Le candidat Ousmane Sonko dans son programme sur le point 8 Administrer d’ordre et pour le compte du peuple, avait proposé:

• »Nous mettrons en place le mécanisme de l’appel à candidature permettant une présélection sur dossier par un comité ad hoc
spécialisé et sur des critères combinés
d’ancienneté, de compétence et de probité ;

• Nous consacrerons l’incompatibilité de l’exercice des responsabilités techniques de Directeurs, Directeurs généraux et secrétaires généraux de structures publiques et parapubliques avec toute implication dans la vie politique. »

Le candidat Idrissa Seck, sur la question des DG de sociétés nationales, avait proposé:

• « La nomination des Directeurs généraux de certaines agences et sociétés nationales par appel à Candidature.

• L’établissement d’un système d’incompatibilité pour empêcher l’implication partisane des hauts fonctionnaires dans la vie politique. »

Ces deux propositions des deux candidats pour la magistrature suprême avaient un consensus national. Pour lutter contre les mauvaises pratiques de gestion et avoir une administration d’ordre et efficace, il faudrait nécessairement choisir le meilleur profil pour occuper ces postes. Et pour cela, l’appel à candidature me paraît être la solution la plus adéquate. Concernant le président Macky Sall, il n’est pas nécessaire de faire un tour dans son programme de campagne «ligueyeul euleuk», nous allons commenter directement les premières mesures prises dans ce sens.

En parcourant le communiqué du conseil des ministres du 24 Avril 2019, on se rend compte que le Président de la République n’a pas encore rompu avec ses vieilles habitudes. Au Sénégal, on ne nomme jamais un Directeur Général sur la base de ses compétences, de sa probité mais de par son niveau d’implication dans la bataille politique au niveau local et/ou national.

Ainsi, pour le COUD, un poste important dans le quotidien des étudiants mais éternellement politique, le sieur Abdoulaye Sow est nommé. Une personne qui n’a montré aucune compétence ailleurs et qui prend ce poste juteux comme une récompense politique. Modou Diagne Fada qui fait parti de la vague des transhumants est bombardé à la Sonacos parce qu’il a simplement contribué à la victoire de la majorité présidentielle à Darou Mousty.

Ciré Dia Champion du recasement de la clientèle politique qui, selon plusieurs rapports d’audit, a totalement mis à terre la société nationale « LA POSTE » écope d’une sanction avec sa nomination PCA de LONASE. Pape Gorgui Ndong, l’ancien pire ministre de la Jeunesse et de la construction citoyenne est pressenti comme Directeur Général dans ladite société. Le duo Pape Gorgui Ndong et Ciré Dia à la LONASE sera sans doute scandaleux pour le futur de la société! Pape Demba Biteye, le néo DG de la SENELEC, a certes le profil, mais il a été récompensé pour son implication politique à Kaolack.

Il animait le mouvement Kaolack pour la réélection de Macky Sall. Mame Boye Diao remplace Mamour Diallo à la Direction des Domaines. Certes, Mame Boye Diao est inspecteur des impôts, ancien directeur des services fiscaux, mais ce poste est une forme de récompense politique pour lui qui défendait le sois disant bilan économique du président pendant 7 ans. Après l’annonce du premier gouvernement Macky II, il a montré sa frustration donc il fallait trouver rapidement un poste juteux pour le calmer.

Napoléon disait que l’on gouverne avec ses hommes mais le président de la république qui nous a promis un Fast Tract pour solutionner les problèmes des sénégalais pouvait réduire la politisation à la tête des sociétés nationales. L’administration est la cheville de l’Etat. Il est important de prendre les meilleurs sénégalais pour les mettre à la tête des sociétés nationales.

La priorité de ces nouveaux DG ne sera pas de redresser leurs boîtes respectives mais certainement d’entretenir une clientèle politique issue de leur base afin de gagner les prochaines élections locales pour pouvoir garder leurs postes. Le Président de la République est le dépositaire des suffrages des sénégalais, mais les urgences du Pays doivent l’obliger à travailler avec les meilleurs sénégalais dans chaque domaine en compétence et en vertu.

Ce pays regorge de ressources humaines de qualité, de hauts fonctionnaires intègres. Il est temps de rompre avec ce cercle des évidences établies. La politisation tendancielle de la haute fonction publique n’est donc qu’une manifestation parmi d’autres de la crise générale qui a atteint le service public sénégalais.
Avec ses premiers actes de Macky II, Fast Tract ou pas, on se rend compte que le président ne change pas de cap, il continue dans son mackyage, il accélère même !

Moustapha Dieng, juriste droit des énergies

Pour un fast-track de la réalité et de la vérité


En politique, c’est comme si tout était fait pour bercer les populations d’illusions. Tout est astucieusement énoncé, malicieusement annoncé et minutieusement réalisé pour entretenir l’espoir. Tantôt c’est l’accélération de la cadence, tantôt le fast-track.

Trop souvent, c’est la désillusion, la déception, le désespoir. On eut dit un espoir plus proche d’une illusion fuyarde. Un faux espoir. Hier, ce fut Wade prestidigitateur, aujourd’hui Macky hypnotiseur. Encore faudrait-il que le peuple qu’on endort de slogans, d’effets d’annonce et d’expressions magiques recouvrât ses esprits dans le bienêtre. Toujours est-il que les Sénégalais attendent, résilients, mais avec beaucoup d’impatience, les changements qualificatifs et quantitatifs promis, dus. Ils espèrent qu’ils impacteront durablement et positivement leur vécu quotidien. Ils se disent que leur résilience a une ligne rouge que leurs gouvernants ne sauraient franchir.

Certes, nous sommes pour le droit légitime des peuples à disposer des moyens de leur subsistance matérielle nécessaires pour vivre. Ils ont, comme le disait le regretté Kéba Mbaye, droit à la survie et au développement. Ce qui, pour la majorité des Sénégalais, est loin d’être le cas. Il n’y a donc plus de temps à perdre. L’heure n’est plus à la palabre stérile. Pour le président Macky Sall, il s’agit d’aller vite.

Certainement pour marquer son temps et les esprits, il choisit la voie la plus rapide pour atteindre ses objectifs. Nouvellement réélu, il fait du Fast-track le viatique pour la mise en œuvre de ses politiques publiques. D’autant plus que pour son quinquennat, le nouveau mot de passe pour ses ministres, directeurs de sociétés et agents de l’administration semble être emprunté aux anglo-saxons. Ainsi l’on ne parle que de Fast-track. Il est devenu le nouveau concept magique, l’expression fétiche en vogue. Mais le Fast-track ou le chemin court, voire le raccourci, est-il si sûr ? Pourquoi cette option, cette obstination ? La sagesse et la rigueur n’imposent-elles pas parfois de faire un périple ou de passer par un labyrinthe pour des résultats probants et durables? Le peuple ne sera-t-il pas une fois de plus victime de logorrhées ennuyeuses et pathétiques ? Autant d’interrogations pour, à travers des actes, actions et réalisations concrètes, visibles et palpables, donner à ce vocable tout le sens, la beauté, la splendeur et la magie qu’il requiert.

L’avènement du Programme d’Urgence pour le Développement Communautaire (PUDC) n’était-il pas facilité par les lourdeurs administratives, précipité par des procédures totalement en déphasage avec l’urgence du résultat ou l’efficacité et l’efficience dans la démarche? N’était-ce pas une astuce, une trouvaille, une vision prospective de Macky Sall pour mieux préparer sa réélection ? La cadence a-t-elle réellement été accélérée avec Mimi Touré, Première ministre ? N’a-t-elle pas plutôt été ralentie ? Avaiton apporté les correctifs nécessaires suite au Forum National de l’Administration organisé au Centre International de Conférence Abdou Diouf en avril 2016 ?

Quelle évaluation a-ton faite de ce forum ? L’administration en est-elle ressortie rénovée ? Le Président Sall n’at-il pas intelligemment appris de la promptitude, de l’efficacité, de la diligence et de la célérité de certaines ONG ? Les agents de l’administration ont-ils le culte du résultat, la culture de la ponctualité, de l’assiduité, de la probité, de la loyauté, de l’humilité, de la simplicité, bref du sacerdoce ? Le Sénégal a-t-il une administration de développement ? Une administration pleinement consciente de son impérieuse nécessité d’être, en tout lieu et en tout temps, performante et compétitive dans ce monde globalisé ? Une administration au service d’un environnement propice aux affaires et plus soucieuse de l’attractivité et de la compétitivité du Sénégal ?

N’a-t-il pas au contraire une administration procédurière, rivée, empestée dans des goulots d’étranglements, des cloisonnements rétrogrades avec trop de paperasse ? Une administration source à problèmes et non de solutions ? Une administration de sous-développement ? Une administration qui combat la décentralisation ? A-t-on un code de conduite, un code d’honneur, d’éthique et de déontologie auquel tous les agents de l’administration seraient soumis ? Un code de conduite qui serait le socle des valeurs d’éthique et de morale dans l’exercice des fonctions administratives et professionnelles?

La réflexion entamée en 2016 avec Mme Viviane Laure Elisabeth Bampassy, alors ministre de la Fonction publique a-t-elle rappelé les obligations qui pèsent sur le personnel administratif et sur tous les commis de l’Etat ? Ce code de conduite (s’il existe) est-il vu, perçu comme un contrat de confiance entre l’administration dans sa totalité et les administrés y compris les partenaires ? Les Anglais ne disent-ils pas que Time is money ? Mieux St-Augustin ne prévient-il pas que le temps ne chôme pas ? La compétitivité économique est-elle plus une question d’infrastructures que d’ordre, d’organisation, de méthode, de discipline comportementale ?

Nous attendons le président réélu dans la mise en œuvre de son programme éclaté dans divers projets. Nous sommes plus qu’impatients que la patrie avant le parti, la gouvernance sobre et vertueuse, l’équité territoriale, le Sénégal de tous et le Sénégal pour tous passent de slogans à des réalités ancrées dans le cœur et la mémoire des Sénégalais. Nous le guettons dans le déroulement des activités mais surtout dans le suivi et l’évaluation des programmes/ projets. Nous le soutiendrons sans réserve pour tout ce qui ira dans le sens du développement du Sénégal des profondeurs. Mais nous le combattrons sans le ménager pour toute mal gouvernance.

Plutôt que de manquer d’ambitions en ne visant que l’autosuffisance en riz, ne conviendrait-il pas mieux d’œuvrer pour une autosuffisance intégrale en céréales locales (mil, sorgho, riz, mais, niébé, …) ? N’est-il pas temps pour le Sénégal d’amorcer sa révolution agricole, non seulement pour son autosuffisance alimentaire mais surtout pour la création d’emploi et de richesse pour sa jeunesse, et pour l’exportation ? N’est-ce pas la voie royale pour rééquilibrer sa balance commerciale ? La voie indiquée pour rendre sa balance commerciale excédentaire ?

Pourquoi ne pas, avec ses multiples atouts, diversifier son économie de manière à rendre les fruits de la croissance profitables à tous? Son tourisme, sa pêche, son agriculture, son élevage, sa culture, ses énergies renouvelables combinées à la prochaine exploitation de ses importantes ressources pétrolières et gazières ne sont-elles pas autant de mamelles pour faire entrer triomphalement Macky Sall dans l’histoire ? Pourquoi pas pour le faire davantage aimer, désirer, une fois qu’il aura dignement et honorablement quitté ses fonctions présidentielles ?

Ne serait-il pas dommage qu’il accordât une oreille attentive à ceux qui l’invitent, l’incitent à briguer un troisième mandat ? Il raterait une chance unique d’entrer à jamais dans l’histoire en dépit des insuffisances de son magistère.
Comment permettre aux corps de contrôle de l’Etat de jouer pleinement leur rôle pour éviter que le pays ne soit soumis à une gestion sombre et vertigineuse mais plutôt sobre et vertueuse? Comment ne pas être scandalisé, horrifié par cette hémorragie de nos matières premières vers l’Occident ? Ne serait-il pas plus judicieux et avantageux pour le Sénégal d’engager la bataille pour son industrialisation ? L’industrialisation méthodique ne serait-elle pas pour le Sénégal un vivier d’emplois ?

Comment est-ce possible d’accepter ce prolongement de la détérioration de termes de l’échange et se complaire à vivre sous perfusion étrangère ? Y a-t-il un seul pays au monde qui s’est développé avec l’aide ? Au Sénégal d’abandonner le biberon-sangsue pour se nourrir au sein maternel. Seul le lait maternel contient les micronutriments nécessaires à sa croissance, à son développement durable.

Samuel SENE
Consultant-formateur

Suppression du poste de Premier ministre : Abdoul Mbaye écrit aux députés

« Le Sénégal s’achemine en procédure accélérée vers la QUATRIEME modification de sa Constitution (notre loi fondamentale), en moins de sept (7) ans, sous le magistère de Macky Sall. Cela est indigne d’un système politique se présentant comme une démocratie.

Mais soyons réalistes : aujourd’hui seuls les députés de la coalition Benno Bokk Yakaar pourraient gêner ce funeste projet. Ils ne représentent certes que 49,47% des électeurs, mais ils détiennent la majorité nécessaire pour voter la révision de la Constitution du Sénégal. Parmi eux sont des patriotes, qui ont la conscience de ce qui se fait pour ou contre leur pays, pour ou contre leur peuple en faveur de quelques intérêts particuliers qui pourraient nuire à court, moyen ou long terme à la Nation sénégalaise.

C’est pourquoi je fais le choix d’adresser ce message à ceux d’entre eux qui savent qu’un député est d’abord, avant toute chose, parfois en dernier ressort, DEPUTE DU PEUPLE tout entier et non représentant de celui qui l’a mis sur une liste électorale, d’un parti ou d’une coalition de partis.

Le projet de cette quatrième révision de notre Constitution est funeste pour plusieurs raisons.
Il est d’abord fruit de tromperie et de ruse. Comment un élément aussi important du programme d’un candidat à l’élection présidentielle peut-il avoir été caché le temps de la campagne, puis annoncé et mis en œuvre trois jours après l’élection du candidat concerné ? Parce que le candidat savait qu’il aurait pu mettre en péril son élection. Parce qu’il savait que le peuple n’en était pas demandeur.

Il appartient au Député du peuple de sanctionner cette tromperie, pour que cela serve de leçon aux prochains candidats à toute élection, pour imposer le respect du peuple à tout candidat cherchant son suffrage !
Ce projet supprime le poste de Premier ministre et fait semblant de maintenir le Gouvernement comme une institution car un (ou plusieurs Premiers ministres ?) se serait montré lent à réaliser les directives présidentielles.

Doit-on pour autant retenir que le vivier de grands cadres dont regorge le Sénégal ne permet pas le choix d’un Premier ministre compétent et efficace ? Nous n’avons pourtant jamais entendu le Président soutenir qu’il avait été lui-même un mauvais Premier ministre. C’est preuve que l’exception peut donc exister. Ce serait insulte à l’intelligence des Sénégalais que de soutenir le contraire. Par ailleurs lui a-t-il été impossible de donner directement des directives aux Ministres ?

Lui a-t-il été impossible de trouver et conserver pendant cinq (5) ans un Premier ministre soumis et transparent en conformité avec sa méthode d’exercice du pouvoir? Bien sûr que non ! Il appartient au Député du peuple de refuser cet argumentaire qui ne tient pas, qui ne peut valoir face à un être doué de raison !

Sept (7) années de réalisations sont passées. Elles ont été présentées comme des années fastes et auraient permis la réélection de votre leader dès le premier tour. Mais alors pourquoi pour cinq (5) nouvelles années remettre en cause l’équilibre institutionnel de notre pays et pour un avenir qui dépasse ce court terme de cinq (5) années ?
Député du peuple c’est là une autre faille dans l’argumentaire qui vous est présenté. A la station de responsabilité qui est vôtre, refusez par dignité le jeu de cache-cache sur des questions aussi importantes que notre Loi fondamentale et l’architecture institutionnelle de notre démocratie.

Ce projet prépare enfin une grave crise politique qui viendra inéluctablement un jour. Les bonnes constitutions doivent prendre en compte ce type de risques susceptibles de plonger un pays dans le chaos. Par un faux semblant de rééquilibrage des pouvoirs après « suppression effective » du Gouvernement, il est proposé d’enlever au Président de la République le droit de dissoudre l’Assemblée nationale en contrepartie de celui qui lui est enlevé consistant à pouvoir faire tomber un Gouvernement. Pourtant ce droit a été nécessaire au Président Macky Sall en 2012, non pas pour accélérer la mise en œuvre de son programme, mais bien pour le mettre en œuvre. Le droit de dissolution est donc bien davantage justifié que celui de le supprimer. Par sa suppression, le Président Macky Sall propose par contre de créer un terrible piège, non pas seulement à un de ses successeurs, mais à notre Nation.

Député du peuple, vous ne serez peut-être plus dans l’hémicycle ce jour-là car il peut être lointain, mais vous aurez porté la responsabilité de ce qui arrivera : un Président élu par le peuple mais empêché de gouverner par une Assemblée nationale contrôlée par l’opposition. Crise institutionnelle ne saurait être plus grave.
Cependant, ce droit de dissolution pourrait être simplement caché par une ruse contenue dans l’article 52 qu’il vous importe de relire.

Honorables députés du peuple, la semaine prochaine, en procédure accélérée et dans une précipitation indigne, il vous sera demandé de voter pour ou contre une révision majeure de la Constitution de notre pays. Vous devrez faire le choix de ce qu’il y a de mieux pour l’avenir de notre Nation : sa stabilité institutionnelle, la prise au sérieux de notre Constitution, l’exigence de vérité lorsque l’on se trouve aux plus hautes fonctions dans notre pays, le respect du au peuple et à ses représentants à l’Assemblée nationale, le refus de voir les pouvoirs de notre Assemblée réduits et déplacés vers l’Exécutif à l’heure où ils devraient plutôt être renforcés, la prise en compte du futur de la Nation au delà des préoccupations d’un mandat de cinq (5) ans.

Si de nouveau vous abdiquez par un vote sans débats face à la procédure de changement de notre Constitution encore une fois accélérée, alors il ne nous restera plus qu’à constater le pas de plus accompli vers les gros dangers qui guettent notre cher Sénégal ».

Vrais problèmes, fausses solutions…( Par Amadou Tidiane WONE)

« Fast track… » des voix, plus autorisées que la mienne, ont démontré la vanité d’un slogan de plus dans la panoplie des mots saisonniers qui ne correspondent, au final, à aucun changement qualitatif dans la vie de la majorité des citoyens sénégalais. Tout au plus quelques mesures cosmétiques, tape à l’œil, pour masquer une incapacité réelle à transformer structurellement le Sénégal. Car, c’est bien d’une transformation en profondeur dont notre pays et notre Continent ont besoin pour, enfin, entrer dans le concert des nations capables de concevoir et de conduire leurs destinées.

Au lieu de cela, notre élite gouvernante, mis à part quelques rares instants de lucidité, sombre dans le mimétisme dévalorisant du modèle occidental, ses atours, ses allures, ses discours. En fait, tout ce qui donne l’air et le paraitre sans l’être. Car, en termes de bonne gouvernance par exemple, nous vidons les meilleures règles et pratiques occidentales de leur substance lorsqu’il s’agit de les mettre en œuvre pour nos peuples. Résultat : une démocratie réduite à des mécanismes électoraux piégés de manière si grossière que le cœur de la majorité des électeurs n’y est plus.

Le peuple se détourne alors des simulacres et consacre ses énergies à élaborer des stratégies de survie au quotidien. Avec, pour conséquence un Président élu, certes, mais si mal que sa légalité souffre terriblement de légitimité. Pour faire oublier l’épisode peu glorieux des élections présidentielles de 2019 , le Président élu développe donc une hyperactivité réformatrice (sic) qui tourne essentiellement autour du renforcement de ses pouvoirs déjà exorbitants. Comme pour se rassurer.

Il commence par vouloir supprimer le poste de Premier Ministre dont l’inutilité n’est démontrée ni par une étude sérieuse, ni par un argumentaire, autre qu’il constituerait un goulot d’étranglement dans la transmission et l’exécution des directives présidentielles. Ce constat est en réalité celui de l’échec personnel du Premier Ministre sortant et, éventuellement, une pierre dans le jardin de ses prédécesseurs. Mais le Président Macky SALL oublie qu’ il fut Premier Ministre…

La tare serait-elle si lointaine ? En tout état de cause, on ne modifie pas une Constitution et l’architecture institutionnelle d’un pays, qui a mis des dizaines d’années pour les consolider, pour si peu. Le tout sans débats ! Au rouleau compresseur. Avec un horizon de cinq ans de mandat seulement… Que les députés qui doivent voter cette loi méditent la gravité des propos de Serigne Abdoul Aziz Sy Dabaakh, à cet égard, avant d’engager notre pays dans une aventure périlleuse pour la vanité d’un seul homme…

Pour cacher tous les non-dits dans un nuage de poussière, on en soulève ! En se lançant dans une opération dite de « désencombrement » des artères de la capitale. Une opération coup de poing comme on en a tellement vu… sans suite. Là on confond les causes et les conséquences. Car à la vérité, il faudrait résoudre les problèmes d’emplois, d’urbanisation et d’aménagement du territoire national avant de prétendre dégager la voie publique…pour les dakarois ! Ceux qui s’y installent sont la conséquence de l’échec des politiques publiques.

Ils n’en sont pas les causes. A contrario, plusieurs activités dites informelles occupent et font survivre plus de 4.000.000 de sénégalais et leurs familles ! A défaut de les organiser, et de les soutenir par des appuis institutionnels et financiers conséquents, les livrer en pâture pour le confort esthétique d’une minorité de nantis est, pour le moins, hors sujet. A côté de cela le secteur dit formel, public et privé confondus, compte moins de 500.000 emplois. La fonction publique sénégalaise qui nous coûte si cher en « goulots d’étranglement » et en dépenses somptuaires compte 130.000 emplois !
Cent trente mille emplois…(Source : HYPERLINK « http://www.fonctionpublique.gouv.sn » www.fonctionpublique.gouv.sn )
Les paramètres de la République et de la Nation doivent être, nécessairement, reconfigurés afin que le Peuple réel du Sénégal s’incarne et se reconnaisse dans les institutions qui le gouverne… Voilà une des nombreuses questions de fond que l’on esquive en se donnant des airs, important et inspiré, lorsque l’on s’adresse à la Nation en oubliant l’essentiel. Au fait où trouve t-on les 500.000 emplois par an sensés avoir été créés depuis 2012 ?
Au demeurant, et pour mieux enfumer le Peuple, le quotidien national Le Soleil nous « apprend » que 500 milliards de francs CFA ont servi pendant 20 ans à acheter des véhicules administratifs… Quels sont les ayants-droits à ce privilège ? Pour quels services rendus à la Nation ?

Pour quelles missions régaliennes ? S’il faut mettre de l’ordre on voit donc tous par quoi et où commencer. Combien d’hôpitaux, combien d’écoles, combien de fermes aurait-on pu financer avec 500 milliards ? Sans compter tous les milliards détournés ou distraits de leur assignation première… sans compter ? Oui on dépense sans compter pour satisfaire les lubies de quelques privilégiés. Nous savons tous comment faire pour mettre de l’ordre. Il ne manque que la volonté politique pour ce faire. Et c’est, semble t-il, encore une fois mal parti. Pour cinq ans.

Gouverner, pour un pays où tout relève de l’urgence, c’est faire la distinction entre l’essentiel et l’accessoire. Arbitrer entre le nécessaire et le futile. Mettre l’accent sur l’indispensable. Sous ce prisme, à quoi répond le TER, sitôt inauguré, sitôt garé ? A quoi répond Dakar-Aréna ? Et cette Arène Nationale inutilisable parce que mal adaptée à la réalité de la lutte sénégalaise avec frappe ?

Par ailleurs, quel sera le taux d’occupation des sphères ministérielles en sus du building administratif réhabilité ? Et voilà l’autoroute à péage qui semble déjà obsolète au vu des goulots d’étranglement au heures de pointe. Que faire ? Que deviendront les villes et villages, jadis traversés par le trafic des routes nationales, brusquement sevrés des retombées financières qui en découlaient ? Alors ôter le pain de la bouche de tous les jeunes qui viennent trimer en ville, chassés des campagnes par la pauvreté, est-ce la meilleure définition de l’ordre des priorités ?

Tout cela, et bien d’autres questions auraient pu être abordées au cours d’un dialogue social et politique, sincère et refondateur. Mais, hélas. Le choix semble être la gouvernance solitaire à coup de bâtons et de carottes…des centaines de « pupilles » de la République attendent ainsi, chaque mercredi, anxieusement, le communiqué du Conseil des Ministres pour être promus, réhabilités ou récompensés pour avoir pris une part dans la « victoire »… Et le chef, pour mieux tenir son monde, a commencé par se séparer de ses 300 plus proches collaborateurs. Juste pour faire monter la tension et titiller Damoclès.

Juste pour tempérer les ardeurs des uns et des autres. Puis il a tancé ses compagnons de Parti en laissant entendre qu’il y’en aura pour ceux qui sauront se taire et se tenir tranquilles. Il a, dans la foulée, reçu ses députés pour leur laisser entendre que si certains d’entre eux étaient appelés à d’autres fonctions, la nouvelle loi qu’il leur demande de voter ouvrirait la possibilité de retrouver leur siège de députés en cas de… Tout cela fait manœuvres et stratagèmes. Pilotage à courte vue. Combines d’épicerie de quartier.

Nous rêvions d’une VISION ambitieuse et mobilisatrice qui se projette au-delà de nos vies singulières. Nous voulions voir grand, faire mieux que le Rwanda et même les pays nordiques ! Si. Si.
Au fond, chacun fait ce qu’il peut. Mais si l’on peut si peu, cela finira par se savoir !
Amadou Tidiane WONE
HYPERLINK « mailto:woneamadoutidiane@gmail.com » woneamadoutidiane@gmail.com

L’opposition rejette le projet de suppression du poste de premier ministre

Les Présidents Idrissa Seck, Ousmane SONKO et Maître Madické NIANG se sont réunis le jeudi 25 avril 2019 au domicile de ce dernier.

Le Président Issa Sall, absent du territoire national, après avoir échangé avec le Président Madické NIANG, a marqué son accord sur la position des trois autres candidats.
Les candidats de l’opposition ont examiné la situation nationale particulièrement l’introduction, par voie parlementaire, d’une nouvelle réforme constitutionnelle par le pouvoir en place.

Ils réprouvent le fait que des modifications aussi substantielles de la Constitution aient été initiées en l’absence de toute forme de concertation.
Ils estiment aussi que des réformes d’une si grande ampleur ne seraient légitimes que si elles sont effectuées par voie référendaire.
En effet, pour une Constitution modifiée par référendum seulement en 2016, l’initiative de supprimer le poste de Premier Ministre exige une nouvelle consultation du Peuple souverain, d’autant plus que ce projet n’a été mentionné dans aucun des programmes proposés aux sénégalais lors de l’élection présidentielle du 24 février 2019.

En conséquence, ils condamnent la démarche entreprise pour modifier à nouveau la Constitution, sans concertation préalable et par voie parlementaire.
S’agissant des autres aspects de cette question et d’autres sujets d’actualité nationale, les candidats de l’opposition ont décidé de poursuivre ultérieurement leurs discussions.

Fait à Dakar, le 25 avril 2019

Comment Senghor a été manipulé pour exécuter Moustapha Lô et emprisonner Mamadou Dia ?(Par Mohamad DIA)

Une politique pour faire peur à Senghor a été utilisée pour faire adopter des mesures qui arrangeaient certains contre la vie et la liberté d’autres. Ami de longue date, le binôme Dia-Senghor pouvait sortir le Sénégal de la pauvreté, mais quand Jean Collin a commencé à instaurer cette peur, il n’était pas conscient des effets dévastateurs que cela allait causer.

Binôme Dia-Senghor

Ils forment leur parti, le Bloc Démocratique Sénégalais, Dia et Senghor trouvait le parti de Lamine Gueye très « français ». Entre la diplomatie de Senghor et le pragmatisme de Dia, le couple politique allait à la conquête du monde et si ce n’était pas à cause de l’entourage de Senghor, le Sénégal ferait partie des pays développés. Dia avait une vision économique qui nous aurait sortis de cette pauvreté pour nous mettre sur la voie de l’émergence. Dia n’a pas pu éviter le complot de toute une nation au profit d’intérêts personnels. Une motion de censure à l’encontre de Dia a été adoptée et tous les pouvoirs sont donnés à Senghor.

C’est la fin du bicéphalisme. La situation économique du pays était en agonie et le chômage est à son point le plus culminant pour un pays de deux millions d’habitants dont les deux tiers sont des ruraux. L’inflation accroît de manière fulgurante et le pouvoir d’achat est quasi inexistant, ce qui pousse l’UNTS, un syndicat qui était adhérent au parti de Senghor, a critiqué la politique socio-économique de Senghor. Les étudiants prennent part aux manifestations et le campus universitaire est fermé sur l’ordre du ministre de l’Intérieur.

Face aux attaques de maisons des membres de l’UPS et des incendies, Senghor annonce l‘état d’urgence. Un accord est trouvé, mais pas pour longtemps, car un second état d’urgence sera déclaré. Senghor se rend compte que la situation est grave et il craint un coup d’état comme on le voyait dans beaucoup de pays voisins. Dans la tête de Senghor, un coup d’état était inéluctable d’après les informations qu’il recevait des renseignements généraux et de ses proches.

Quand la peur prend les commandes

Nous assisterons à beaucoup de condamnations durant l’époque de Senghor. Charles Gueye sera condamné à 10 ans d’emprisonnement pour complot contre la sécurité de l’état. Malik Samb, aussi connu sous Max Mader, sera condamné à un de prison pour une manifestation interdite. Ils étaient des proches de Majemout Diop du PAI disent-ils. Le 22 mars 1967, pendant que Senghor assistait aux cérémonies à la grande mosquée de Dakar, une tentative d’assassinat a été déjouée. Celui qui est accusé n’est autre que Moustapha Lô, et il sera exécuté en 1967.

D’autres seront lourdement condamnés pour avoir pris part à la tentative d’assassinat ou pour ne pas avoir dénoncé les commanditaires du plan. Il s’agit de Mamadou Moustapha Dramé, Doudou Ndiaye et Abdoul Baila Wane.Ibrahima Paye, aussi connu sou le nom de Jack, Blondin Diop, Mohamed Diop, Mame Sidy Gueye et Thiemokho aussi connu sous l’alias Thié Camara ont été emprisonnés pour avoir incendié le centre culturel français durant la visite du président français Pompidou. La police va plus tard déclarer que Blondin Diop s’est suicidé par pendaison, il n’avait que 26 ans. En peu de temps, le Sénégal a vécu une tentative de coup d’état, une tentative d’assassinat, et de plusieurs troubles d’étudiants.

La manipulation à l’encontre de Senghor lui fait prendre des décisions irréfléchies.
Le Sénégal, qui avait des prisonniers politiques selon le rapport de certains organismes des droits de l’homme, ne voulait pas que son image se ternisse. Senghor se préparait à une amnistie pour libérer tous ceux qui étaient emprisonnés pour tentative de coup d’état et trouble à l’ordre public. Dia était un des accusés qui sera libéré puis amnistié, il avait 62 ans, éloigné de la scène politique pendant douze ans et qui a presque perdu la vue. Contre toute attente, le ministre des forces armées, Magatte Lo, était contre la libération de Dia.

Il présente sa démission, mais le président Diouf lui demandera d’attendre le retour de Senghor. Il n’était pas le seul contre la libération de Dia, il y avait le président de l’Assemblée nationale, Amadou Cissé Dia et le ministre des Finances, Babacar Ba. Pourquoi, Dia à 62 ans et presque aveugle, faisait-il encore peur à certains ou ne faisait-il pas pitié à d’autres? Pourquoi ce manque d’humanisme face à Dia ?

Tout ce que Dia voulait à sa sortie de prison est la création d’une commission nationale de réconciliation qui comprendra la société civile, les chefs de l’opposition et les khalifes généraux. Il s’avère que bien avant que cela ne soit officiellement annoncé, Dia et Valdiodio Ndiaye étaient déjà au pavillon spécial de l’hôpital Dantec.

Tous ceux qui voulaient préserver leurs intérêts personnels étaient contre Dia, les politiciens, les marabouts, et tous ceux qui bénéficiaient des faveurs et de l’argent du contribuable. Il dérangeait et il fallait l’éliminer et c’est ce que les faucons de la République ont fait. Les tensions sociales au Sénégal et les manipulations ont été à l’origine de cette accusation de coup d’état à l’encontre de Dia et des ministres accusés. Nous demandons aux autorités compétentes de déclassifier les dossiers de concernant le coup d’état, les tentatives d’assassinat et le suicide de Blondin Diop pour que la vérité soit rétablie. Les familles des victimes méritent cela.

Que le nombre de nos membres soit illimité ! ( Dr Babacar Diop)

Notre parti FDS est issu du mouvement scolaire et universitaire de notre pays. Il porte le flambeau d’une génération engagée dans les luttes pour un changement profond et radical. Notre pays a vécu deux alternances sans alternatives. C’est la raison pour laquelle nous devons nous mobiliser maintenant pour la grande conquête : celle de la transformation économique, sociale et environnementale afin de redonner confiance à tous ceux qui sont déçus et écrasés par le système de népotisme et de corruption en place. Il s’agit pour nous de transformer la politique traditionnelle afin de construire une alternative démocratique et populaire.

FDS est le parti des gens ordinaires. C’est l’occasion de dire que nous parlons au nom de toute la misère sociale de notre peuple. Nous sommes la voix de ce peuple muet dans la caverne des injustices et des iniquités sociales, économiques et environnementales. Nous sommes la voix des invisibles, « ceux et celles qui ne parlent jamais, qui se taisent toujours ». Notre peuple désire un vrai changement depuis plusieurs générations. En nous battant pour ses aspirations fondamentales, nous incarnons ses pulsions profondes.

FDS est porteur d’un projet de refondation nationale dans la justice, l’égalité et le respect de l’environnement. Notre projet englobe toutes les catégories sociales, tous les aspects de notre vie en société. C’est pourquoi, il est à la fois politique, économique, social, culturel et environnemental. Le projet se focalise sur l’émancipation économique et sociale des gens ordinaires.

Il devise à restaurer l’espoir, car on ne peut jamais regretter d’avoir foi en cette nation. C’est surtout et essentiellement un projet pour les classes déshéritées : « toute la nation doit pourvoir à la subsistance de ses pauvres ». La politique ne doit pas oublier les classes déshéritées au risque de perdre toute sa noblesse. C’est au nom de ces gens oubliés et exploités que nous luttons. Ainsi, notre combat est pour les pauvres et, notre préférence pour les gens ordinaires.

FDS est un projet pour une révolution démocratique, citoyenne, culturelle et environnementale qui s’inspire des grandes transformations du monde. Nous sommes les héritiers de toutes les luttes d’émancipation économique, sociale et environnementale de l’homme et de la femme.
Disons-le bien, notre révolution politique est en marche !

FDS est la volonté commune de citoyennes et de citoyens sénégalais révoltés par la situation de leur pays, qui veulent engager la marche vers la grande conquête : celle de la réforme de la société.
FDS inscrit son discours politique dans le cadre du développement durable. Nous pensons le développement à partir de l’efficacité économique, l’équité sociale et la préservation de l’environnement. Ainsi, nous devons continuer de défendre et d’approfondir notre projet démocratique. Chaque génération doit apprendre la démocratie.

Nous appelons le peuple à nous soutenir dans l’œuvre qui sous-tend notre ambition telle que exprimée par Jean Jaurès : « Il y’a place pour tous dans l’œuvre de justice ». Citoyennes et citoyens, aidez-nous dans cette mission et comptez tous sur notre dévouement et notre engagement sans faille pour soutenir la cause du peuple. Venez par centaines, par milliers et millions soutenir le projet FDS. Que le nombre de nos membres soit illimité ! Cela fait trop longtemps que les hommes et les femmes ordinaires ont été oubliés dans notre pays. NOUS SOMMES VOTRE VOIX. Que personne ne l’ignore, nous voulons allumer le foyer d’une révolution à la fois nationale et africaine

Failles et pièges du projet de suppression du poste de Premier ministre (Thierno Bocoum)

L’Assemblee nationale a été saisie pour statuer sur le projet de loi constitutionnelle N* 07/2019 portant révision de la constitution.
Ce projet de loi qui va supprimer le poste de Premier ministre comporte des failles et des pièges sur lesquels nous voulons attirer l’attention de l’opinion.

En effet, ledit projet qui a pour objectif de supprimer le poste de Premier ministre doit, par conséquent, abroger tous les articles qui font référence aux prérogatives du Premier ministre ou à sa fonction.
Le défaut d’abrogation d’un seul article le rend valable et le positionne à la valeur constitutionnelle dans la hiérarchie des normes juridiques.
Or il apparaît à l’article unique du projet de loi portant modification de la constitution que l’article 63 qui fait référence à la session extraordinaire de l’assemblée nationale et qui donne au Premier ministre une prérogative de proposition n’a pas été abrogé. Cet article dispose dans l’un de ses alinéas que « L’Assemblée nationale est, en outre, réunie en session extraordinaire sur un ordre du jour déterminé, soit :

sur décision de son bureau ;
sur demande écrite de plus de la moitié de ses membres, adressée à son Président ;
sur décision du Président de la République, seul ou sur proposition du Premier Ministre. »
Cet article qui prévoit la proposition du premier ministre pour réunir en session extraordinaire l’Assemblée nationale, ne fait pas partie de ceux qui ont été abrogés et remplacés.
Le projet de loi constitutionnelle N* 07/2019 portant révision de la constitution soumis aux députés prévoit, par conséquent, de maintenir dans la charte fondamentale de notre pays, des prérogatives à un premier ministre qui n’existe plus. Ce qui est une faille incompréhensible que la précipitation à saisir l’assemblée nationale peut amplement justifier.

Ayant déjà publié une note sur les conséquences du point de vue législatif et réglementaire de la suppression du poste de Premier ministre, je ne reviendrai pas sur le caractère exorbitant des pouvoirs du Président de la république qui s’étalent d’une manière indécente sur le pouvoir exécutif et sur le pouvoir législatif.
D’ailleurs, le renforcement des pouvoirs du Président de la république sur tous les articles abrogés et remplacés dans cette nouvelle loi, est une preuve que la suppression du poste de Premier ministre ampute à une autorité de l’exécutif des prérogatives distinctes de celles du Président de la république et les attribuent à ce dernier.

Seulement, nous comptons attirer l’attention, à travers cette contribution, sur les pièges contre l’Assemblée nationale et le peuple sénégalais que comporte cette loi de modification.
L’impossibilité pour le Président de la république de dissoudre l’Assemblée nationale, a été mise en exergue dans l’exposé des motifs pour ressortir un certain équilibre des pouvoirs et ainsi justifier la suppression de la possibilité, pour l’Assemblée nationale, de provoquer la démission du gouvernement.
Il faut préciser que la comparaison est assez comique car les deux sanctions ne concernent pas les mêmes institutions. C’est le gouvernement qui est touché, en cas de motion de censure ou de refus de confiance, et non le Président de la République.

Bref, le Président de la république a été toujours protégé et le demeure davantage avec cette nouvelle loi. Il se trouve, en sus et par ricochet que les pouvoirs des députés ont presque été réduits à néant.
Le pouvoir de contrôle de l’action gouvernementale à travers un dialogue fécond avec l’exécutif trouve son unique siège dans l’audition ou le dialogue avec les exécutants, sans aucune présentation de déclaration de politique générale.

Celui qui instruit les décisions du Président de la république et cordonne le gouvernement sous le sceau de la solidarité et de la collégialité n’existe plus. Les députés feront face à des exécutants qui ne peuvent maîtriser la transversalité du gouvernement et ne pourront par conséquent apporter les réponses adéquates quant aux questions qui touchent plusieurs secteurs d’activité comme c’est souvent le cas.
Il s’y ajoute que le Président de la République a une mainmise sur l’Assemblée nationale de diverses manières, sans que celle-ci ne puisse le contrôler, en retour, convenablement au nom du peuple.

Il est initiateur de la loi au même titre que les députés , ses demandes de procédure d’urgence s’appliquent de droit. Il a un droit d’amendement et peut imposer les tiens au détriment de ceux des députés. Il a la priorité sur l’ordre du jour de l’Assemblée nationale et peut convoquer une session extraordinaire à tout moment.
Par ailleurs, en instaurant une impossibilité de dissoudre l’Assemblée nationale, le projet de loi pose les germes d’une entorse au renouvellement de la légitimité populaire.

Il se trouve que le quinquennat législatif ne correspond pas au quinquennat présidentiel. Ce qui signifie que le Président de la république aura une nouvelle majorité ou une majorité en face de lui en 2022.
Si une nouvelle majorité du camp du pouvoir (BBY) s’installe en 2022, il sera impossible au remplaçant de Macky Sall, de dissoudre l’Assemblée nationale pour organiser des élections législatives afin de refléter les réalités d’une nouvelle configuration politique. Le futur Président sera obligé de faire avec une majorité conçue et managée par le Président sortant, durant une période de trois ans sur les cinq années de son mandat.

Thierno Bocoum
Président mouvement AGIR

L’annexe du Palais, l’Assemblée Nationale en branle pour renforcer la gouvernance prédatrice de Macky

L’Assemblée nationale de Macky Sall va entrer en action les prochains mois pour affaiblir le gouvernement comme institution dans la constitution et soi disant enquêter sur l’affaire des 94 milliards, une affaire de ressource naturelle foncière. Comme je l’ai toujours écrit, l’enjeu de la gouvernance prédatrice est l’accaparement des ressources naturelles dans les mains de la famille FayeSall à elle de distribuer selon les « wersek » de chacun. Les théoriciens de BYY expliquent que dans la vie chacun reçoit au final son du et Macky Sall a été choisi par Dieu pour faire ce travail de distribution.

L’annexe du Palais, l’Assemblée Nationale se met en branle pour renforcer la gouvernance prédatrice
Ceux qui contestent ce type de gouvernance doivent être condamnés par la justice avec l’aide de l’Assemblée nationale s’il s’agit des députés. Tous ceux qui dénoncent la gestion du gaz et du foncier dans ce pays sont dans le viseur du trio infernal Macky Niasse Tanor.

Pour l’affaire des 94 milliards, le sabre sera dans les mains du PS.
Dossier nouveau : La fin de la Primature annonce le renforcement de la gouvernance prédatrice
Le travail de coordination de l’activité gouvernementale doit se faire quelque soit Alpha pour parler comme mes compatriotes. Tous ceux qui ont une idée du fonctionnement de l’exécutif savent que la coordination est une nécessité surtout en face de ministres peu expérimentés.

Il y aura un Premier Ministre de fait.
De deux choses l’une ou Boun Dionne sera un petit premier ministre logé à la présidence ou ce sera Macky Sall le Premier Ministre. Alors qui est le Président de la République, qui définit la politique globale et prend les décisions in fine ? Les parrains européens ?

La fin de la Primature annonce le renforcement de la gouvernance prédatrice
J’avais tiré la sonnette d’alarme sur les choix opérés par le gouvernement de Macky, gré à gré pour l’étude Seaburry puis enterrement de première classe de cette étude, arrivée de Bohn à la tête, achats d’avions, etc.. J’avais dit que Bohn était là pour acheter les avions avec l’accord du gouvernement. Chose faite, il s’en va. D’une certaine façon, il fait penser à Franck Timis.

Le patriotisme nous impose de soutenir le nouvel arrivant Ibrahima Kane. Bon Vent Cher compatriote !

Mesures annoncées par le Président Sall face à l’anarchie générale, à tous les niveaux…Oui, mais ?

Monsieur le Président de la République, est-ce que vous aurez tout le courage nécessaire d’appliquer, dans la lettre et dans l’esprit, toutes ces mesures, sans faiblesse coupable ni cruauté inutile, pour mettre un terme à cette anarchie globale? En tout cas, votre prédécesseur avait tenté de supprimer l’occupation anarchique de la voie publique, mais il avait abdiqué en moins de 72 heures et n’en avait plus fait cas.

Osons espérer que l’élève que vous êtes ne suivra pas les traces du maître, comme il l’a fait dans les autres domaines. Mais, étant donné que ce mandat et votre dernier, vous avez là, une bonne opportunité d’appliquer des mesures fortes et salutaires que vos prédécesseurs craignaient, parce qu’ils pensaient à une réélection.

En vérité, pour combattre objectivement, les inégalités dans le domaine social, l’injustice sous toutes ses formes et la violation des droits des citoyens, notre pays doit avoir des dirigeants intègres compétents et capitaines d’équipe, des meneurs d’hommes, imprégnés de droiture, d’humilité et d’équité qui épousent les qualités humaines intrinsèques.

Oui, l’homme ou l’être humain en général, plus exactement, un dirigeant doit être juste, courageux et foncièrement opposé à toutes formes d’inégalités sociales. Ce sont de tels dirigeants que le Sénégal doit, réellement avoir, à l’heure actuelle pour bien conduire son destin et pour mieux gérer le pays. Il faut donc, à notre pays, de véritables dirigeants courageux et équitables qui n’ont pas peur de dire la vérité à tous quand il faut.Oui, des dirigeants qui veillent scrupuleusement à l’application stricte et juste de la Constitution, mettent au même pied tous les citoyens et exigent de tous également, son respect absolu sur l’ensemble du pays.

Donc, au Sénégal, le peuple ne devrait plus accepter l’existence de chefs d’écurie, de clans ou de partis autocrates à la tête du pays, c’est-à-dire ceux qui ne pensent qu’à eux-mêmes et aux siens, en ignorant l’écrasante majorité du peuple et l’intérêt général. Les dirigeants du pays doivent dorénavant, être des citoyens sobres, rationnels dans l’utilisation des ressources du pays qui leur sont confiées par la nation. Ils doivent être donc, des citoyens exemplaires et surtout désintéressés de la richesse personnelle.

Il doivent se départir totalement des fastes de la mondanité et s’interdire la moindre folie des grandeurs pour leur prestige personnel comme pour celui de l’État. Ils doivent être,surtout et principalement, des patriotes incontestables et préoccupés, au plus haut point, par les problèmes essentiels du peuple sénégalais ainsi que par la recherche de leurs solutions justes. Ces derniers devraient donc, à l’arrivée au pouvoir s’atteler effectivement et de toutes leurs forces à la réduction des inégalités et de la pauvreté accrue et persistante de la grande majorité des Sénégalais.

De tels dirigeants doivent être humbles et dévoués, comme le fut Nelson Mande, au service de leur pays pour la satisfaction des besoins vitaux de leur peuple. Ils doivent aussi avoir le courage et d’oser rompre, sans équivoque, avec toutes les pratiques corruptives et discriminatoires que les citoyens ont décriées dans le passé. Il faut au Sénégal, des dirigeants très courageux et républicains qui oseront mettre fin à tous les privilèges exorbitants et injustifiables en cours dans la République. Et, bien entendu, ils auront l’honnêteté de commencer par eux-mêmes pour donner l’exemple aux autres concitoyens, donc, par la réduction de leurs nombreux privilèges et avantages personnels excessifs.

Enfin, si le président de la République commençait par réduire lui-même ses privilèges actuels faramineux en raison du faible niveau de richesse de son pays, il donnerait là, un exemple de portée patriotique, sans précédent. Et, c’est sûr que si telles mesures étaient prises et appliquées effectivement par le Président, en commençant d’abord par lui-même, sans nul doute, tous les citoyens, pour ne pas dire tous les Sénégalais, applaudiraient et n’hésiteraient pas aussi, à suivre son exemple.

Ce serait, dans ce cas-là, une preuve matérielle qu’il tenait bien compte, du fait, que son pays est membre du club des P.P.T.E. Cela étant, il ne devrait pas, décemment, avoir une conduite d’opulence ou de pacha, totalement en porte-à-faux avec le niveau de développement et le statut réel, d’un pays pauvre. Il n’y a point de doute, que son geste, dans ce cas-là, serait qualifié de grandeur et d’humilité et même celui-ci pourrait être suivi par beaucoup d’autres citoyens sans hésitation.

Oui, si le président agissait de la sorte, il serait, logiquement, dans de très bonnes dispositions et voire dans son droit d’obliger alors, les membres de son gouvernement, les députés, les conseillers économiques et sociaux et tous les hauts fonctionnaires de l’État, à observer la même attitude que lui ou à être démis. Une telle initiative patriotique de solidarité nationale, serait un acte significatif de haute portée aux fins de corriger enfin les nombreuses injustices sociales ancrées, depuis fort longtemps dans le pays, à savoir les pratiques cupides et indécentes de nos gouvernants.

Il est indéniable que les retombées et les produits sécrétés par une telle opération de grande envergure, consistant à redresser voire à sanctionner les abus de pouvoir comme de biens sociaux, permettraient assurément à notre pays, de faire des économies substantielles considérables et non négligeables. Et, c’est, d’autant plus significatif encore, en raison de son caractère spécifique et patriotique, sans précédent. Et, en outre, par le fait de l’originalité de l’idée qui a émergé spontanément à partir de nos propres réflexions et initiatives personnelles, sans intervention ou injonction extérieure.

Et, la matérialisation d’une telle initiative serait, aussi et encore, pour notre pays, une opportunité et une manière singulière d’être, à nouveau, à travers cet exemple-là, une exception qui divorce bien avec ce qui se fait jusque-là en Afrique.
Un tel exemple de portée patriotique sous forme de solidarité avec son peuple, s’il était initié par le premier d’entre les Sénégalais, serait une première dans les annales et dans une large mesure un impact positif qui pourrait faire naître l’espoir sur d’autres Sénégalais.

Et, ces derniers pourraient même, sur la base d’un tel exemple concrétisé, devenir plus sensibles et plus motivés demain, en acceptant de faire plus d’efforts et de sacrifices en guise de solidarité nationale pour résoudre les épineux problèmes auxquels notre pays est, actuellement, confronté, après les gestions calamiteuses et de pillage des ressources de notre pays par les régimes précédents. Précisément, à partir de l’avènement de l’alternance 2000 sous la férule de Me Wade avec sa méthode de gestion informelle intégrale, au cours de laquelle,ce dernier a mis notre pays à l’envers, avant de partir.

Et, si cet état d’esprit, un signe évident de patriotisme et de solidarité, est concrétisé, il contribuerait, dans une large mesure à résoudre le dysfonctionnement actuel dans le système de rémunérations de la fonction publique, par son retour aux fondamentaux. En effet, dans système hétérogène actuel, l’on note de grandes disparités inacceptables et injustifiables au niveau des salaires.

Des disparités qui sont dues essentiellement, au non-respect des textes réglementaires du statut général de la fonction publique. Pour dire vrai, il faut souligner que l’apparition de ces anomalies que l’on note dans ce domaine, c’est-à-dire le ratio entre les salaires du personnel au sommet de l’État et celui de la base est un scandale sciemment créé par Me Wade. Et, il a été malheureusement maintenu injustement jusque-là, par le président Macky Sall. Cette situation injuste, socialement et professionnellement, doit être absolument réparée, car elle a pénalisé déjà beaucoup de travailleurs.

Le président Sall doit reconnaitre que cet état de fait injuste n’est plus simplement une question d’inégalité sociale, mais, c’est véritablement, de l’indécence et de la discrimination caractérisée. Car, elle a été voulue et fomentée par le pouvoir libéral qui a tout chamboulé lors de son passage, dans la fonction publique, sans pouvoir le remettre en place.
Donc, pendant que l’on y est, Monsieur le président, l’anarchie dans le pays est une situation générale donc, il faut aller en guerre sans réserve contre toutes les distorsions et tous les dysfonctionnements, notamment dans l’Administration générale et partout dans le Sénégal. Tout cela est de votre responsabilité.
Dakar, le 24/04/2019.
Mandiaye Gaye.
Mandiaye15@gmail.com

Pour cacher ses magouilles Bohn offre plus de 187 millions de frs offerts à la presse nationale et internationale.

Alors qu’Air Sénégal Sa dispose d’une cellule de communication, Philippe Bohn, dès sa prise de fonction en octobre 2017, confie toute la communication de la compagnie au cabinet ALBG dirigé par une certaine Bineta Erika Guèye sortie de nulle part. Cette dernière est la sœur de Eric Iba Guèye directeur Réseau et Expérience client de Sénégal Sa. Entre Philippe Bohn et Erika, un contrat aux allures d’une véritable arnaque est signé. ALBG, certainement pour cacher son forfait, signe d’intéressants contrats à plusieurs organes de la place dont le plus petit montant tourne autour de 8 millions de frs, mais aussi à des organes à l’étranger comme Jeune Afrique, le Figaro. Rien que pour la presse nationale, Ndeye Bineta Erika Guèye et Philippe Bohn ont offert plus de 187 millions de frs. Dans la liste des organes bénéficiaires et des montants qui leur sont octroyés — que le personnel a réussi à se procurer et dont nous détenons une copie — on ne trouvera évidemment pas « le Témoin » encore moins le site dakarmatin qui dans sa chronique du 27 juin 2018 avait tiré la sonnette d’alarme.

La première tranche d’un versement étalé sur 3 paiements sur le montant de plus de 187 millions de francs (40 % à la réception de la facture, 40 % le 1er septembre 2018, et 20 % le 1er décembre 2018) cette première tranche a été décaissée le 18 juillet 2018 pour certaines entreprises de presse. Il s’agissait d’un montant de près de 76 millions de frs sur un chèque de la BNDE. Jeune Afrique obtiendra un ordre de publicité en date du 31 janvier 2019 de 5100 Euros, puis le Figaro une pub de 10.000 Euros. Jusqu’ici rien de grave. Comment une entreprise ALBG Communication Afrique créée le 07 février 2017 à Dakar a-t-elle pu gagner aussi rapidement un tel marché de communication ? Mais à la lumière du contrat nébuleux signé entre Philippe Bohn et Ndèye

Bineta Guèye, l’on comprend que c’est une association de malfaiteurs qui s’était organisée pour pomper l’argent du contribuable sénégalais. Le contrat entré en vigueur le 02 novembre 2017 stipulait que ALBG devait gérer la communication, le marketing et la publicité d’Air Séné- gal Sa. Le cabinet devait obtenir des honoraires variables (commissions de 7 % sur la production HT et de 9% de commission pour le développement de la stratégie et les achats médias HT). Mais en outre, il est stipulé que les honoraires du Prestataire sont composés d’une partie forfaitaire mensuelle dénommée « retainer » de 6 millions de frs. C’est au niveau du système de paiement des honoraires que se situe l’arnaque. « Albg touche des paiements mensuels sur des conseils. Par exemple, elle dit à Air Sénégal de faire des sacs publicitaires, elle passe commande des sacs publicitaires pour Air Sénégal, Air Sénégal fait le paiement des 50 % d’avance et Albg gagne 9 % de commission du montant de la commande en plus de la marge sur la facture que lui verse le fournisseur » explique notre source. Cette dernière ajoute « une autre bizarrerie à l’heure de la création d’emplois, ALBG facture à Air Sénégal un community manager et un responsable relations publiques. Ce qui fait que le Sénégal se prive de ces emplois que pouvaient occuper de jeunes sénégalais. Et le plus cocasse c’est que ALBG non seulement fait travailler son agence au Canada en confiant le travail de community manager à un Canadien mais elle fait facturer des prestations à ALBG Sénégal par ALBG Canada. Ce qui fait que l’argent est rapatrié au Canada et, du coup, le Sénégal perd doublement ». La plainte annoncée par la compagnie sur de supposés sabotages sur son module de réservation de billetterie fait rire notre source. A l’en croire, si le système est perturbé, c’est parce qu’il n’est pas sécurisé. La faute, ce fut d’avoir confié un tel dispositif à ALBG qui n’a aucune qualification pour développer un tel système.

« Quand la seule fin de pouvoir absolu justifie tous les moyens !”

Après toutes les dérives monumentales et les manquements graves décriés sur le processus électoral, à peine sorti d’une réélection problématique sans gloire, le Président Macky Sall, plutôt que de s’attaquer aux véritables problèmes du pays (institutions inefficaces, inutiles et budgétivores, extrême pauvreté, chômage massif des jeunes, économie au service des étrangers, accès aux services sociaux de base, contentieux social avec pratiquement tous les syndicats de travailleurs), a repris du service, hélas mais dans ce qu’il sait faire : de la politique, rien que de la politique politicienne.

Une Nation ne vit pas que de politique ! Toujours fidèle à ses limites objectives qui lui empêchent de prendre la hauteur qu’exige la stature de chef d’Etat d’une République démocratique et pathologiquement aveuglé par un désir excessif de pouvoir sans limites, le voilà qui vient d’engager, à la surprise générale, et à titre personnel, pour tout un peuple, une révision constitutionnelle, sans débat, ni concertations à aucun niveau, pour, à sa seule guise, modifier unilatéralement le régime politique en vigueur et ainsi imposer une nouvelle gouvernance solitaire et personnalisée. Exactement, tel un despote dans une sombre dictature : la majorité partisane obéira, les alliés, même humiliés, le remercieront et applaudiront ; quant aux contempteurs, ils ont perdu toute capacité de réaction !

Suivant, en effet, un cheminement stratégique pleinement assumé, après avoir cassé et neutralisé toutes les forces progressistes, démocratiques et citoyennes du pays, cette dernière initiative lui permettra, sans nul doute, de disposer désormais de tous les leviers de pouvoir de l’Etat et de la Nation, entre ses mains, lui tout seul. La réforme ainsi engagée viendra consolider et parachever l’installation d’une dictature, certaine au Sénégal.

Sous ce rapport, son appel au dialogue, ressassé depuis un certain temps à l’occasion de chaque sortie publique, n’est ni plus, ni moins qu’une pure duperie. D’ailleurs, tous les observateurs avertis et sérieux peuvent le constater : lorsqu’il s’agit de questions essentielles telles que le gaz et le pétrole ou l’implication outrancière de la famille dans la gestion de l’Etat, soit il décide en solitaire, soit il occulte le débat.

La dernière réforme, en date, en est une parfaite illustration. Un appel au dialogue comme pour dire aux sénégalais : « attendez, je vais modifier la Constitution, changer la nature du régime politique pour pouvoir gouverner tout seul ; et après, « vous viendrez, on va dialoguer » ! Mais dialoguer sur quoi ? Du report déjà programmé des élections locales ? Quelle conception de la gouvernance démocratique ?

Pire, dans la plupart du temps, lorsqu’il s’engage, c’est pour se dédire, dès que possible ou alors dès que des intérêts stratégiques sont en jeu ; au point qu’il est devenu légitime de s’interroger sur la valeur morale de ses engagements pris et de sa parole donnée ?

Il en est de même de l’appel tonitruant à la responsabilité, au civisme et à la citoyenneté, à la salubrité publique et au désencombrement de la voie publique, adressé aux sénégalais et plus particulièrement aux jeunes. De nouvelles valeurs découvertes et vivement attendues des sénégalais ? Il s’agit là d’excellentes trouvailles qui méritent des félicitations. Toutefois, il convient de rappeler à ce nouveau pédagogue des temps modernes qu’à ce jour, il est le seul tristement célèbre responsable politique à avoir désobligé les membres d’un bureau de vote pour accomplir un devoir dit « citoyen » par la force des muscles de ses gardes – corps alors qu’il n’avait pas les documents requis pour accomplir cet acte !

Ironie du sort, au même moment, le camarade Amath Dansokho, qui était dans la même situation à Kédougou, a préféré sagement, en homme politique responsable, rebrousser chemin pour revenir à Dakar, sans voter. Si certains ont du oublier cette grave forfaiture, pourtant si fraiche encore dans les mémoires, les comptes – rendus de presse sont toujours disponibles pour le rappeler. Voilà une forfaiture qui montre et démontre, avec force et éloquence, qu’en matière de bonne conduite conforme à la responsabilité du citoyen vertueux, aucun sénégalais, ni aucun jeune de ce pays n’est jamais descendu aussi bas ! Trop bas !!!

Bien évidemment, un tel comportement n’est pas républicain ; et dans d’autres contextes, la suite de l’histoire aurait été autre. Mais surtout, le rappel de cette grave entorse à la bonne conduite simplement attendue du citoyen en République en dit long, si besoin en était, sur tout ce qui se passe au Sénégal, depuis 2012 et qui perdure encore malheureusement. Il n’est donc véritablement point de surprise ; seules nouveautés : un enterrement douloureux en première classe, certes progressif mais résolu, des souteneurs de la galaxie Benno Bok Yaakar, une suprême humiliation des transhumants et un sacrifice fratricide des fidèles compagnons de la première heure, tous à l’autel du pouvoir absolu !

Au demeurant, il faut rester debout ! La fonction de président de la République ne confère à quiconque un titre foncier sur le pays et le Sénégal n’appartient à personne en particulier. L’histoire nous enseigne en effet que chaque peuple a son propre agenda et quand il décide de le dérouler, rien ni personne ne peut l’arrêter ! Inéluctablement, il parvient à recouvrer sa légitimité et sa souveraineté, à l’instar aujourd’hui des Algériens et des Soudanais, avant eux les Burkinabé, pour ne citer que ces exemples. Mais cela requiert de l’engament dans le militantisme et du patriotisme dans l’action politique et citoyenne, notamment des élites, de la jeunesse et des forces progressistes.

A cet égard, et en considération de tout ce qui précède, LD – Debout appelle à la mobilisation générale et milite pour un sursaut national des progressistes et des patriotes, éparpillés dans plusieurs organisations, devenues sans envergure, ni épaisseur, atomisées qu’elles sont, par l’action de neutralisation des forces politiques et citoyennes, entreprises par le régime actuel, pour un seul et unique objectif : construire des blocs politiques forts capables de porter, dans l’unité d’action, le combat pour faire face à une dictature certaine qui ne se fixe plus aucune limite : ni légale, ni morale, ni éthique.

Cette œuvre de salut dont le Sénégal a urgemment besoin requiert de la part des acteurs politiques beaucoup d’humilité et de générosité, de la grandeur et de l’ouverture d’esprit, du don de soi et de l’oubli de soi : pour la nation et la patrie ; pour la démocratie et la justice sociale ; pour la République et l’Etat de droit.

Dans cette perspective, LD – Debout lance d’ores et déjà un appel solennel à tous les camarades qui partagent encore les idéaux, les valeurs et les principes qui ont toujours réunis les militants de la LD/MPT, qui se sont trompés de bonne foi, ou qui ont été abusés et égarés par certains éléments de la direction, qui n’ont pas su mesurer toute la responsabilité de leurs actes et des conséquences qu’ils pouvaient engendrer, en décidant, contre vents et marées, de saborder le parti pour des intérêts personnels.

Il s’agit en définitive, en héritiers légitimes d’une longue tradition de lutte, de poursuivre ensemble l’œuvre des pères fondateurs, courageusement entreprise et fièrement portée depuis des décennies, au prix de lourds sacrifices, dans la fidélité, l’honneur et la dignité.

Enfin, LD – Debout adresse le même appel pressant à tous les militants progressistes qui ont subi le même sort dans leurs organisations respectives pour les mêmes raisons, et plus généralement, aux patriotes, notamment aux acteurs des Assises nationales, pour bâtir ensemble, dans un élan nouveau et solidaire, une véritable force politique crédible, adossée aux masses populaires et aux travailleurs, au tour notamment des conclusions des Assises Nationales, qui restent à ce jour la plus grande commande citoyenne au Sénégal, comme alternative au libéralisme et aux nouvelles formes d’entreprenariat politique « émergentes » des prédateurs des ressources du pays.

Fait à Dakar, le 20 avril 2019

Le Secrétariat Exécutif National

Dr Babacar Diop : « Macky Sall doit être jugé pour haute trahison »

Le geste du président de la République, Macky Sall, qui a offert 1 million de Fcfa et des billets pour la Mecque aux députés de la majorité, a littéralement sorti de ses gonds le Dr Babacar Diop, leader des Forces démocratiques sénégalais (Fds).

Dans une note intitulé « Haute trahison », ledit parti politique considère que le chef de l’Etat a corrompu les députés pour s’assurer de leur vote lors du projet de loi portant sur la suppression du poste de Premier ministre.

« En vérité, Macky Sall ne peut plus diriger ce pays. Il a été surpris en flagrant délit de corruption. La presse a annoncé que les députésde la majorité ont reçu chacun un million de Fcfa et des billets pour le pèlerinage à la Mecque afin de soutenir la cynique réforme constitutionnelle engagée en procédure d’urgence. C’est une violation gravissime du principe de la séparation des pouvoirs. Macky Sall doit être traduit devant la Haute Cour de Justice et jugé pour haute trahison », lance Babacar Diop.
« Les faits sont inédits : un président de la République qui corrompt une Assemblée nationale pour lui demander de voter une loi. Ce président et ces députés n’ont plus aucune crédibilité devant le peuple La procédure de destitution doit être engagée sans attendre. Tous ceux qui sont impliqués dans ce scandale de pot-de-vin au Palais doivent être démis de leur fonction.L’Algérie et le Soudan viennent de nous montrer que les peuples gagnent, à la fin, devant les dictateurs et les oppresseurs », termine le leader des forces démocratiques sénégalais.