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Le monstre est toujours là (Bayaliou)

Dénonçons, au moins indignons-nous, si nous ne pouvons pas faire autre chose. Ne vendons pas notre âme au Diable comme ceux qui vociféraient hier contre Wade et qui aujourd’hui sont devenus muettes comme des carpes…Abdoulatif Coulibaly, Abdoul Aziz Diop, Penda Mbow, Alioune Tine, Amath Dansokho, Moustapha Niasse, Momar Samb, la liste dont fait partie un grand nombre de patrons de presse n’est pas exhaustive…

Le monstre est là, plus laid, plus méchant, plus dangereux. Il nous terrorise et hypothèque l’avenir des générations futures en bradant nos ressources à travers une gestion opaque, scandaleuse et mafieuse. Kou wakh mou warakh ! Les institutions sont fragilisées, justice et police à genoux, les consciences vendues, les mœurs perverties.

Le gouvernement en vacances, El Capo, Cobra… à l’intérim

Le président SALL est donc reparti en vacances. Très loin, il s’en allé, laissant le pays dans le marasme le plus total après une fête de Tabaski catastrophiquement célébrée dans ce contexte de dèche nationale. 

Quatre mois après avoir été au Maroc, où il se vautrait pour, disait-on, préparer un nouvel attelage gouvernemental, Macky SALL est donc reparti, comme pour ne point entendre les sanglots des Sénégalais à qui il n’a laissé qu’un film de mafia où les El Capo, Cobra et autres dinosaures font feu de tout bois.

« Il nous a été donné de constater que la situation pluviométrique est déficitaire dans le pays sauf au sud-est ; les jeunes plants ont connu un stress, ce qui a valu aux paysans des resemis sans succès ; l’état d’embonpoint des animaux se dégrade, entraînant une perte jamais imaginée depuis plusieurs décennies (…) Les agriculteurs et éleveurs du Sénégal traversent en ce moment une période grave qui mérite l’attention du gouvernement, en vue de trouver des voies et moyens de leur venir en aide ».

C’est le cri de cœur lancé, ce dimanche, par le Conseil des organisations non gouvernementales d’appui au développement (CONGAD). Une situation catastrophique dans un monde rural où s’installe la psychose d’une sécheresse exacerbant la famine qui pointe déjà.

Seulement, cette alerte du CONGAD, il n’y a personne pour l’entendre du côté du gouvernement. Macky SALL et ses ministres sont partis en vacances depuis bien avant la « Takascrise ». Pourtant les paysans ne sont pas les seuls à plaindre.

Dans une précédente chronique, nous vous parlions de l’énorme dette intérieure qui a fini de paralyser de nombreuses entreprises qui ont répercuté la crise sur leurs travailleurs. Ceux de la Société de Génie Civil (SOGEC) ont assiégé non pas leur lieu de travail mais le domicile de leur directeur à qui ils réclament neuf mois d’arriérés de salaire.

« Le boss nous avait convoqués à midi, il nous a dit d’attendre. Et jusqu’à 18h, il ne s’est pas présenté. Et c’est la raison pour laquelle, nous sommes venus à son domicile. Et si on ne perçoit pas nos salaires, nous allons y passer la nuit. Les gens sont fatigués, bientôt neuf mois sans salaire et la Tabaski pointe à l’horizon».

Malgré ce cri de cœur de Gaby DIAW, délégué du personnel, les travailleurs n’ont rien obtenu. A la place des salaires, ce sont les forces de l’ordre qu’ils ont vues. A l’instar de nombreuses entreprises des Bâtiments Et Travaux Publics à qui l’Etat doit des milliards, la SOGEC est à bout de souffle.

Pendant ce temps, du côté du gouvernent, on prend son pied pour un repos bien immérité. Si le leader de l’APR a attendu la célébration de l’Eid el-Kebir, contraint par la traditionnelle prière à la grande mosquée, ses ministres, quant à eux, ont disposé de leurs congés dès le début de ce mois. La dernière réunion du Conseil des ministres, prévue mercredi 7 août 2019, a été purement et simplement annulée.

Le seul membre du gouvernement qui s’activait réellement, c’est le ministre Samba Diobène KA qui se pavanait de marché en marché pour, en définitive, un résultat catastrophique. Une fête de Tabaski comme celle de 2019, rares sont les Sénégalais qui s’en rappellent. Casser sa tirelire pour en fin de compte rentrer avec un petit ruminant, a été le lot de nombreux Sénégalais qui ont vainement attendu les Maliens et autres Mauritaniens qui approvisionnaient le marché local.

« Pour la Tabaski, ce n’est pas une production sénégalaise. Il faut que les gens sachent cela. C’est la production de l’Afrique de l’Ouest. On importe du Niger, du Mali, de la Mauritanie, du Burkina Faso, etc. Donc, c’est un marché régional… Cette année, la plupart des acteurs du secteur de l’élevage n’ont pas été impliqués dans l’opération Tabaski ».

C’est ainsi que Mamadou FALL, président de l’Association nationale des professionnels de la viande et du bétail, explique la pénurie de mouton. Pour un département ministériel qui, depuis des décennies, s’assigne comme seule mission l’approvisionner du marché sénégalais en moutons, Samba Diobène KA a étalé son incompétence. Comme s’il suffisait de se nommer KA ou encore de porter le prénom Samba pour être un bon ministre de l’Elevage.

Aussitôt après avoir effectué la prière de l’Eid el-Kebir, Macky SALL s’en est allé contempler les lumières de la tour Eiffel. Son retour serait prévu pour le 2 septembre prochain. Près de quinze jours de vadrouille qui vont couter cher au contribuable. Au même moment, les Sénégalais qu’il laisse derrière, malgré le marasme, sont moins préoccupés par Aliou SALL et Frank Timis. El Capo, Cobra et autres sont passés par là…

Mame Birame WATHIE

Ironie céleste à Ndoumbelane. (Par Alassane k. Kitane).

« Dans un monde de supercherie universelle, dire la vérité est un acte révolutionnaire » a dit G. Orwell : j’ajouterai pour ma part, que c’est aussi un acte périlleux, comme le montre le cas Guy Marius Sagna.

Sur les cendres de leurs « ancêtres », le Ciel leur a laissé un héritage immensément riche. Mais Timis le crépuscule arriva et mit ses ténèbres dans les esprits des gouvernants de Ndoumbélane. Crépuscule leur vendit du vent contre de l’or noir. Affidé d’un « W-aliou » faux, il réussit à passer entre les mailles du filet des décrets présidentiels pour s’enrichir aux dépens des habitants de ce pays où la pauvreté est reine. « Le crépuscule excite les fous » dit Charles Baudelaire ! Chez nous, Crépuscule est désormais un nom : celui d’une minorité arrogante qui écrase, exploite et ment une majorité docile, indolente et peu soucieuse du destin de ses enfants. On ameute la république, les foyers religieux et la presse quand un lanceur d’alerte est insolent, mais on courbe l’échine et sème la zizanie quand le pays est insolemment pillé.

Et comme la nuit met « ses ténèbres dans leur esprit » (Baudelaire), les gens de Ndoumbélane, comme à leur habitude, se mirent à proférer des absurdités du gens « ce pétrole est une grâce que Dieu nous a faite en exauçant les prières de nos saints » ! Ah les fous, ils ne savent même pas que la formation du pétrole requiert 20 à 350 millions d’années. Il faut sûrement avoir une prière embarquée dans une machine à remonter le temps pour comprendre cette énigme intempestive !

L’obscurantisme est allié des pratiques des gens comme Crépuscule : pour tromper un peuple, il faut le nourrir de fanatisme et de folles espérances. Au lieu de combattre la forfaiture et l’injustice, chacun se mit alors à ratiociner sur les profits narcissiques qu’il pourrait tirer du pétrole. Ah Ndoumbélane ! La patrie peut donc être escroquée sans frais, pourvu que chacun estime que son pauvre sort pourrait s’améliorer lorsque le pétrole sera exploité. Oh quel manque d’ambition et de rigueur citoyenne !

Mais le ciel est plein d’humour. Constatant que les habitants de Ndoumbélane manquent cruellement d’ambition et de détermination, et qu’il ne savaient que faire de cette richesse, il retint ses pluies et assécha cette contrée. Les bêtes et les hommes sont désormais dans la même situation : amaigris, affamés, déboussolés, apeurés, tristes, avilis. Ces visages affligés, ces regards hagards et absents, ces mines défaites, sont la preuve que les gens de Ndoumbélane végètent au lieu de vivre. A Ndoumbélane tout le monde est en colère, mais on est gêné de l’exprimer : c’est ce qui arrive quand on vit dans un univers de supercherie universelle.

Les bêtes meurent de faim, mais aucun pouvoir politique n’en est conscient ; aucune mesure politique n’est prise, aucune information n’en fait état. Bientôt ce sera le tour des hommes de mourir de faim, et le sous-sol de Ndoumbélane sera excavé de fond en comble pour trouver d’autres puits de pétrole, histoire de renflouer les caisses de l’État dangereusement éprouvées par une gabegie devenue structurelle. Le ciel a vraiment de l’humour.

Offense au peuple, article 6000 milliards.

« UNE ANTILOPE COURAIT COMME UNE FOLLE. UN ÉLÉPHANT LUI DEMANDA:  » ANTILOPE POURQUOI COURS- TU COMME ÇA ?  » ELLE LUI RÉPONDIT:  » ON ARRÊTE TOUTES LES CHÈVRES DU VILLAGE! » L’ÉLÉPHANT RÉTORQUA :  » MAIS TU N’ES PAS UNE CHÈVRE ! » L’ANTILOPE RÉPLIQUA :  » AVEC NOS TRIBUNAUX, ÇA ME PRENDRA 20 ANS POUR LE PROUVER. » ET L’ÉLÉPHANT SE MIT AUSSI À COURIR ».

Malick SALL, qui se distingue de plus en plus par la bouffonnerie, a confirmé ce que beaucoup de Sénégalais pensaient déjà de l’institution judicaire, inféodée au pouvoir exécutif qui lui dicte la conduite à tenir. Une justice, aux ordres, réduite à la plus risible expression. Pour avoir faussement alerté, Guy SAGNA a perturbé le sommeil du « lion dormeur » qu’Adama GAYE a offensé en évoquant ses escapades dans la jungle. Une fable, certes en mesure de ravir la vedette à la célèbre histoire du « Loup et de l’agneau » contée par La Fontaine, mais, de laquelle se sert le régime de Macky SALL pour divertir les Sénégalais que la Coupe d’Afrique et les combats de lutte ne peuvent continuellement tenir en haleine. Plus que narquoise, cette diversion qui décline la  Justice et incline le Peuple, est une offense aux Sénégalais dont les priorités sont occultées du débat public.

Après avoir longtemps vanté les mérites du Plan Sénégal émergent (PSE) et fait tournoyer les Sénégalais dans les rues de Paris pour un Groupe consultatif qui a arrosé le pays de milliards fictifs, le régime de Macky est, de nouveau, rattrapé par la patrouille. La bamboula d’avant la présidentielle est en train d’être payée cash. L’Etat s’est troué les poches après avoir culbuté ses caisses.

«Quels que soient les efforts consentis par le gouvernement, nous estimons que la question de la dette dans le secteur du BTP devrait trouver une solution. Parce que, les travailleurs sont fatigués. La CNTS sera aux côtés des travailleurs du bâtiment et partagera avec eux tous les plans d’actions. Nous serons devant avec vous. Nous pensons que les autorités vont nous entendre et particulièrement le président de la République, Macky SALL et le ministre de l’Economie, Amadou HOTT».

C’est Mody GUIRO qui monte ainsi au créneau comme il ne le fait plus que les 1er mai. Tiré de sa léthargie que son poste au CESE semble avoir prolongée, le patron de la Confédération nationale des travailleurs du Sénégal (CNTS) bande les muscles et  menace de descendre dans la rue, en soutien au Syndicat national des travailleurs de la construction du Sénégal.

Entre 2016 et 2019, l’Etat a cumulé des dettes  estimées, aujourd’hui, à plus  de 250 milliards de francs CFA  qu’il doit aux travailleurs du secteur du Bâtiment et des travaux publics (BTP). Ces derniers sont loin d’être les seuls que l’Etat du Sénégal doit de l’argent qu’il peine à rembourser.

«On va vers des délestages. On a commencé déjà à délester légèrement. Mais si l’Etat ne fait rien, dès la semaine prochaine, on va procéder à des délestages. L’Etat doit une dette d’environ 247 milliards FCFA à la SENELEC … La SAR ne peut plus continuer à fournir du fuel aux producteurs indépendants sans le paiement de la dette».

 C’est Habib AÏDARA, secrétaire général du Syndicat Unique des travailleurs de l’électricité (SUTELEC), qui explique ainsi aux Sénégalais que les dernières coupures d’électricité ne sont pas dues à des problèmes techniques. Mais, que c’est la SENELEC qui cherche ainsi à se faire rembourser par l’Etat. Même son de cloche pour l’Association professionnelle des banques et établissements financiers du Sénégal (APBEFS) qui estime à 250 milliards la dette que l’Etat doit aux banques.

Après avoir très clairement indiqué qu’il n’accueillera aucun nouveau bachelier en 2019, le Cadre unitaire des organisations des établissements privés d’enseignement supérieur du Sénégal (CUDOPES) a aussi décidé de procéder à la rétention de tous les documents administratifs, notamment les relevés de notes, certificats de scolaire, diplômes et attestations etc. des étudiants que l’Etat a fait orienter dans le privé.

La raison : non-paiement de la dette de l’Etat. Et c’est ce même Etat, incapable d’honorer ses engagements, qui a brutalement suspendu le programme national des  bourses de sécurité familiale. « Certains doivent quitter le programme et laisser la place à d’autres ».

C’est ainsi qu’expliquait Mansour FAYE cet arrêt. Et, malgré les assurances du ministre du Développement communautaire, de l’Equité sociale et territoriale, les bénéficiaires qui sont sevrés ne sont pas remplacés. Pendant ce temps, le Train express régional (TER) dont les premiers sifflements étaient annoncés pour janvier 2019 est en chantier abandonné. Pour une ardoise de près de 60 milliardsEiffage-Sénégal qui pilote les travaux du TER, a fini par baisser les bras.

De 5 848,5 milliards en 2017, la dette est passée à 6 467,7 milliards en 2018, réduisant sensiblement les marges de manœuvre de l’Etat du Sénégal en totale faillite. Les Sénégalais peuvent accepter les délestages intempestifs, pendant que les nouveaux bacheliers sont orientés dans la rue où retrouvent d’autres millions de jeunes désemparés par le chômage. Mais, accepteraient-ils cette misère en sachant qu’Aliou SALL et Frank Timis ont mis la main sur quelques 6 000 milliards, l’équivalant presque de cette dette qui maintient davantage le pays dans le marasme ?

Pour éviter les deux sujets et leur éventuelle corrélation, le régime de Macky SALL n’hésite pas à fracasser la démocratie sénégalaise, en lançant le musèlement national.  Que faut-il sanctionner ?  L’offense au Peuple dont on a gloutonnement bu le pétrole et laissé dans la misère ou l’offense au chef de l’APR qui refuse d’être le Président de tous ?

Mame Birame WATHIE

Citoyens de ce charmant pays, vous êtes avertis ! ( Le Temoin )

Le monarque qui, en temps normal déjà, peinait à faire voir ses trente-deux dents ne rigole plus. Son ministre de la justice, non plus, ne peut souffrir de voir des énergumènes s’en prendre au Chef. Lui qui n’a jamais douté de l’innocence du frère du Chef dans ce qu’on appelle le scandale sur les contrats pétroliers et gaziers.

C’est à croire qu’il n’est là que pour la famille princière, pardon présidentielle. Toujours est-il qu’il y a un perturbateur de moins après l’autre activiste qui veut mettre hors de nos murs l’ancien colonisateur. adama gaye est ainsi inculpé des chefs d’offense au chef de l’Etat et d’atteinte à la sûreté de l’Etat. teuss !

Ce pays est pour le moins magique. Après la fausse alerte au… terrorisme, M. gaye était sur le point d’attenter à la sureté de l’Etat. Bien entendu, pour ne pas certainement toucher à l’honneur du Chef et éviter de mettre sur la place publique des secrets d’alcôves, la diffusion d’écrits contraires aux bonnes mœurs a été écartée du dossier. De quoi riez-vous, messieurs et dames ? On se calme hein, nous aimons tous nous éclater.

Et pourquoi le Chef n’aurait-il pas ce droit ? Il faut que certains de nos magistrats cessent d’être des guignols de l’Exécutif. A ce jeu d’être le bras armé du pouvoir pour régler des comptes, ils passent pour être ridicules.

Et depuis que le journaliste se défoule sur le Chef et sa famille, ce n’est que maintenant qu’on lui trouve des poux sur la tête. si c’est pour lui faire payer d’être à l’origine du scandale qui éclabousse le frère du chef, on peut dire qu’ils ont réussi leur coup.

Mais quel en sera le prix ? Et puis, on le sait, en Afrique, la prison mène le plus souvent…au pouvoir ! C’est valable bien sûr pour Khalifa sall mais aussi pour un certain… Adama gaye. Quant au pouvoir, il y mène aussi en prison. Dernier exemple en date : le dictateur soudanais Omar El Béchir.

Affaire à suivre….

Le Temoin

Les grandes-gueules refusent à Adama Gaye ce qu’elles accordent à Jules Diop

Depuis son incarnation, le journaliste Adama Gaye fait l’objet d’attaques et de débats. Les uns plus sournois que les autres. Et tout dernièrement, c’est un débat auquel la corporation ne s’attendait pas qui a pris le dessus.

>En effet, certains journalistes qui n’arrivent même pas Adama Gaye aux orteilles, prennent le malin plaisir, pour plaire au prince, de remettre en cause son appartenance à la corporation. Ce débat en dit long sur la capacité de nuisance du régime Sall.Il apparait clairement que le Gouvernement ne veut pas que la presse apporte son soutien à cette patate chaude qu’il tient entre les mains.

C’est pourquoi il faut, à défaut de le discréditer, semer le doute dans l’esprit des confrères, dont certains, par naïveté, tombent dans le piège.Madiambal, un homme au passé sombreCar c’est l’une des grandes-gueules du clan de la famille présidentielle, en l’occurrence, Madiambal Diagne, qui est monté au créneau pour remettre en cause la profession d’Adama Gaye.

Porte-parole officieux du Palais, M. Diagne a la mémoire très courte. Il oublie que lui-même est entré dans la profession par infraction. Ancien greffier, il a été viré de la fonction publique comme un mal propre pour s’être adonné à des pratiques illicites.N’ayant plus quoi faire, et par crainte de se retrouver dans la rue comme un vulgaire « oisif-errant », il a jeté son dévolu dans le journalisme pour s’en sortir et se faire un nom.

Et rien de mieux pour un intrus qui veut se faire un nom, d’attaquer de façon frontale les tenants du pouvoir, sans se soucier de l’éthique et de la déontologie.Un parcours académique prestigieuxS’attirer des ennuis, faire le buzz et se faire un nom. Tel a été la stratégie de Madiambal pour se faire accepter dans le milieu. Et il l’a réussi. Chapeau l’artiste ! Aujourd’hui, il fait partie du gratin de la presse sénégalaise, africaine et peut-être mondiale, puisqu’il est président de l’Union de la presse francophone (UFP).Adama Gaye lui, n’a pas eu besoin de tout ça.

Passé par le prestigieux Centre d’études des sciences techniques de l’information (CESTI), l’école de journalisme de l’Université de Dakar, la plus prestigieuses de l’Afrique francophone, selon l’Unesco, M. Gaye n’est plus à présenter dans le milieu.Homme de réseaux, il est aussi un écrivain, auteur des livres, Chine-Afrique: Le dragon et l’Autriche, et de Demain, la nouvelle Afrique.

Titulaire d’un Master en Gestion internationale de pétrole et gaz de l’Institut des hautes études internationales de Genève, il est l’une des voix les plus autorisé dans ce milieu.Et Souleymane Jules Diop dans tout ça…Membre de l’association internationale des négociateurs de pétrole et gaz, il a aussi à son arc, un certificat en pétrole, gaz et énergies renouvelables de l’institut international de droit de Washington.

C’est cet homme au cursus académique prestigieux, que les plumitifs du régime  dénient son appartenance à la famille des journalistes.Pourtant, il y a quelques semaines, le Communiqué du Conseil des Ministres affabulait Souleymane Jules Diop de « Journaliste, Auteur », pour justifier sa nomination en tant qu’ambassadeur du Sénégal auprès de l’UNESCO.

Mais ces grandes-gueules n’avaient trouvé rien-à-dire.Et c’est eux aujourd’hui, qui, au prétexte qu’Adama Gaye n’émarge dans une rédaction, lui hôte sa « journalisté ». Qu’ils nous disent alors dans quelle rédaction travaille Souleymane Jules Diop, au point que le Conseil des Ministres lui accorde le titre de journaliste ?

Plainte contre Aliou Sall : Le doyen des juges accélère la cadence


Le Doyen des juges d’instruction (Dji), Samba Sall, ne perd pas de temps après la plainte du Congrès de la renaissance démocratique (Crd) contre Aliou Sall, Frank Timis et Wong Joon Kwang pour faire la lumière sur le présumé « scandale à 10 milliards de dollars » relatif à l’affaire Petro-Tim, ébruitée par la chaîne anglaise BBC, qui continue de défrayer la chronique au Sénégal.

Selon Les Échos, le Dj a transmis le dossier au procureur pour ses réquisitions. Après les observations du Parquet, le magistrat instructeur va poursuivre son information, s’il y a lieu. Ensuite le Doyen des juges décidera de la suite à donner à la plainte d’Abdoul Mbaye et Cie. Toutefois aucun délai n’est imparti au Procureur qui peut prendre tout son temps dans cette affaire avant de répondre au Doyen des juges.

Pour rappel, dans cette affaire, Mamadou Lamine Diallo, Abdoul Mbaye, Thierno Alassane Sall… accusent Aliou Sall et Cie « de forte présomption d’associations de malfaiteurs, d’être auteurs et complices de faux en vue d’une entreprise ayant abouti à la spoliation d’intérêts du Sénégal, permettant l’enrichissement gratuit de personnes dont le frère du chef de l’État ».

Affaire Mamour Diallo: Alioune Tine demande au procureur de s’autosaisir

Le débat sur les 94 milliards de francs CFA fait polémique. Après la publication des résultats de la commission d’enquête parlementaire et l’annonce de la plainte d’Ousmane Sonko, leader du Pastef, c’est au tour d’Alioune Tine, fondateur d’Africa Jom Center de se prononcer sur la question. 

Et le défenseur des droits humains qui veut que cette affaire soit tirée au clair demande au maitre des poursuites de s’autosaisir. « Le problème de fond que nous avons dans cette affaire c’est celui de la bonne gouvernance. Et, dans la question de bonne gouvernance, il y a beaucoup d’organes qui étaient plus habilités pour le traitement de cette affaire que la commission d’enquête parlementaire de l’Assemblée nationale. Nous avons l’Ofnac, la Cour des comptes, l’Inspection générale d’Etat, le procureur de la République », a rappelé Alioune Tine.Pour lui, quand une question de bonne gouvernance est évoquée dans une démocratie avancée, c’est le procureur de la République, maitre des poursuites qui doit s’autosaisir pour éclairer la lanterne des Sénégalais. « Le Procureur devait être le premier à se saisir de cette affaire. Mais le problème au Sénégal, c’est la discrimination dans le traitement des dossiers. Si on avait un traitement impartial des affaires judiciaires, un Etat neutre au service exclusivement de l’intérêt du public, il n’y aurait pas de problème. Mais si la rue intervient, il faut s’interroger sur le dysfonctionnement de nos institutions », a déploré Alioune Tine qui n’a pas manqué de dénoncer « le silence total » des organes de contrôle qui, constate-t-il pour le regretter, ne font plus de rapport.

Chronique de Wathie

La symphonie n’a pas été au bout. Pour reprendre un adage wolof, le tambour, au contact de la hache, n’a retenti qu’une seule et unique fois. Le Sénégal a encore perdu. Mais, les Lions, qui n’ont pas manqué de rugir, n’ont pas à rougir ou même à se remettre en question. Au Sénégal, l’échec n’est pas interdit. On peut se faire appeler lion et bêler comme un mouton, sans aucunement susciter l’indignation dans cette société où le culte de la médiocrité est entretenu et où la réussite est souvent attribuée à la chance ou au marabout. Mais, pour cette chronique, il n’est guère question de s’appesantir sur l’énergie débordante de cette jeunesse qui ne l’utilise hélas que pour des causes perdues ou frivoles.

Chaque jour qui passe renseigne davantage sur le cynisme de celui qui sert de président au Sénégal. Ceux qui croyaient que Macky SALL s’acharne sur ses opposants tout en câlinant ses alliés, ont déchanté en l’écoutant disserter sur le remboursement des frais médicaux  d’Ousmane Tanor DIENG. Le leader de l’APR a, lui-même, soutenu qu’il n’était au courant que celui qu’il qualifie de « fidèle allié » était malade. Selon lui, il en a été informé que lorsqu’il a reçu en audience, au Palais, le fils du défunt président du Haut conseil des collectivités territoriales (HCTT).

«Ce dernier m’a fait savoir que c’est la famille et son père qui ont pris en charge tous les frais médicaux», a déclaré le président SALL. Et Macky de renseigner que, trop pris par les préparatifs de la célébration de la fête de l’indépendance, il n’a pas non plus été informé que celui qu’il a installé à la tête de l’Institution qu’est le HCCT avait été évacué et hospitalisé en France.  

«Depuis lors, on ne s’est pas parlé. Je sais qu’il n’est pas quelqu’un qui demande, mais il pouvait m’en parler, afin que je lui apporte mon aide et mon soutien. Maintenant, je demande à sa famille de me remettre toutes les factures de l’hôpital où il était interné pour que je puisse tout rembourser», a ajouté le leader de l’APR.

Quelqu’un en marge de l’actualité sénégalaise pourrait penser qu’il s’adresse à un sans-abri, retrouvé sans vie quelque part en ville. Pis, le chef de l’Etat annonce n’avoir pas parlé à l’ancien Secrétaire-général du Parti Socialiste depuis bien avant son évacuation en France, au mois d’avril dernier.

Un appel pour s’enquérir de son état de santé? Une visite dans son hôpital pendant que Macky était de passage en France ? Rien, rien de tout cela. Macky a attendu qu’on lui donne de lugubres nouvelles de son allié. Pour quelqu’un qui a fracassé son parti politique pour le soutenir, ce n’est guère cher payé.

La majorité des Sénégalais s’accordaient à multiplier l’utilité du HCCT par zéro. Pour eux, le leader de l’APR ne l’a créé que pour caser un allié de taille, s’estimant assez balèze  pour faire partie d’un gouvernent. Ousmane Tanor DIENG est décédé en tant que président en exercice de cette Institution. Pourtant, aucun jour de deuil national n’a été décrété et l’hommage national, tenu à l’aéroport Blaise DIAGNE, a été des plus insipides.   

Avec le rappel à Dieu de Bruno DIATTA, au mois de septembre dernier, certains ont indiqué que la cérémonie des obsèques nationales s’est déroulée devant le palais  de la République, parce qu’il y avait la jurisprudence feu Talla CISSE, ancien ministre du Tourisme, décédé dans l’exercice de ses fonctions et dont les funérailles ont été célébrées sur  l’esplanade du building administratif.

Mais, plus grave, alors que proches et parents pleuraient encore l’ancien secrétaire général du PS, les autorités  ont permis aux Sénégalais de danser et de jubiler aussi populairement à l’accueil des Lions. Si l’avion transportant l’équipe nationale avait atterri à l’aéroport Blaise DIAGNE, il n’y aurait pas eu autant de monde. Mais, c’était décidé, même sans la coupe, il fallait créer les conditions d’une jubilation nationale. C’est aussi un moyen de faire oublier le pétrole et le gaz.

Macky a ouvert la foire au cynisme, poussant Moustapha NIASSE à  s’y engouffrer avec pertes et fracas. «Tanor était un patriote sincère dans son engagement, il assumait ses responsabilités et ses convictions», a entonné le président de l’Assemblée nationale qui semble avoir senti l’obligation de parler.

Au Sénégal, la mort a le don de changer radicalement la personnalité de la personne qu’elle frappe. S’il n’est pas admis de dire du mal du mort, même si Hitler passe universellement pour un génocidaire, il ne doit pas être permis de raconter du n’importe quoi, quitte à totalement travestir l’histoire.

Ce que celle-ci retient aussi, ce sont des vieux au pouvoir refusant systématiquement céder la place à des jeunes qui constituent près des deux tiers de la population. Ousmane Tanor DIENG est décédé, à l’âge de 72 ans, en tant que président d’une Institution. Avant lui, c’est Djibo KA qui rendait l’âme en occupant le poste de président de la Commission nationale du dialogue des territoires (CNDT).

C’est une lapalissade que de dire que la mort peut frapper tout le monde à tout instant. Seulement, la particularité avec les deux personnalités, c’est qu’elles sont dans les affaires depuis plus de trente ans, occupant des postes stratégiques et fermant toute perspective aux jeunes qui ne semblent être prédestinés qu’aux applaudissements.

Trump annonce une vaste opération d’expulsion de migrants

Le président américain en campagne pour sa réélection multiplie les actions en direction de son électorat le plus conservateur. Une vaste opération d’expulsion de migrants devait débuter dimanche 14 juillet. 

Donald Trump avait prévenu. Sur tout le territoire américain, une gigantesque opération de reconduite à la frontière de clandestins allait être menée à partir du dimanche 14 juillet. Dix villes devaient être ciblées, de New York à San Francisco en passant par Chicago ou Houston, mais au soir du 14 juillet, peu de coup de filet de grande ampleur.

Les grandes villes souvent démocrates ont fait de la résistance. Scène surréaliste à Los Angeles où c’est le shérif en personne et en uniforme qui donne des conseils aux immigrants de non-coopération avec la police : « Gardez votre porte fermée et demandez aux policiers de l’immigration à voir leur mandat, s’ils n’en ont pas, n’ouvrez pas la porte », informe Alex Villanueva.

Polémique autour des conditions de détention


Pour ses détracteurs, Donald Trump applique sa stratégie de grande promesse pas forcément suivie des faits, à l’image de la construction laborieuse du mur à la frontière avec le Mexique. Les méthodes du président américain font polémiques, notamment les conditions insalubres des immigrants dans les centres de détention. 

Le prix du progrès. (Par Amadou Tidiane Wone)

Le prix du progrès.  (Par Amadou Tidiane Wone)

Une des magies des réseaux sociaux, c’est qu’ils transportent jusqu’à nous des informations, des connaissances, des savoirs qui nous seraient restés lointains, voire inaccessibles autrement . A cet égard j’ai reçu, comme beaucoup d’autres certainement, une vidéo diffusant un témoignage fort instructif du Professeur Kishore Mahbubani, fils d’immigrants indiens venus s’installer à Singapour. Né à Singapour il y’a un peu plus de 70 ans, il livre en des mots simples le secret qui a fait passer ce pays du Tiers-monde à un statut de pays émergent. Disons au rang d’un pays vraiment en voie de développement en 60 ans…

Le Professeur Mahbubani estime ce temps à celui de sa propre vie,  lui qui est entré à l’école en bénéficiant du programme de soutien aux enfants atteints de malnutrition, en raison de la pauvreté d’alors. Tout a donc changé dans son pays sous ses yeux ! Le Professeur Mahbubani, qui a mené 30 ans d’une carrière diplomatique qui lui aura permis d’observer le mode de fonctionnement de plusieurs pays du monde, résume le secret du développement fulgurant de Singapour en une fondation soutenant trois piliers structurants : 


– Le fondement de l’édifice repose sur une lutte, sans merci, contre la corruption en commençant par sanctionner, de manière exemplaire, les plus hauts responsables qui s’y adonnent. Il cite, au début de l’essor de Singapour, l’exemple d’un ministre emprisonné pour avoir accepté le paiement de ses vacances par une entreprise ! Cette chaude alerte a eu pour effet de convaincre la masse que nul ne serait plus désormais au dessus de la Loi. Avec pour conséquence que Singapour est devenu l’un des pays les moins corrompues au monde. 


– Les valeurs structurantes qui s’enfoncent dans cette fondation et maintiennent l’édifice debout et solide  sont : la promotion au prix du mérite ou la méritocratie, le pragmatisme et enfin l’honnêteté ! 

On le voit , il n’est nulle part question de richesses naturelles qui couleraient à flot, ni d’homme providentiel qui , d’un coup de baguette magique transformerait le destin de son pays. Il s’agit d’un énoncé de valeurs simples mais fortes, intelligibles par tous, et mises en œuvre collectivement. Mais nous le voyons également, l’exemple doit impérativement venir d’en haut, des dirigeants.

En effet, aucun dirigeant compromis, ou même suspect, ne peut avoir l’aura et le leadership nécessaire à une entreprise de redressement national et de progrès.  On le voit enfin les exemples de bonnes pratiques existent à travers le monde.  Il suffit de s’en inspirer. Mais, il n’est jamais trop tard pour bien faire si la sincérité, autre valeur nécessaire, est au rendez-vous. La bonne volonté fera le reste. 


– La méritocratie doit être le seul levier de promotion des serviteurs de la République. Ni les liens de parenté,  ni les accointances partisanes, ni les amitiés d’enfance ne doivent passer avant une appréciation objective des capacités, de tel ou tel, pour occuper telle ou telle station du service public. Cela peut sembler surréaliste de le dire dans nos pays où des mensonges grossiers se sont érigés en vérités bibliques. Mais le progrès a un prix. IL va falloir le payer. 


– Le Pragmatisme : « Attitude de quelqu’un qui s’adapte à toute situation, qui est orienté vers l’action pratique. » Selon le Petit Larousse. Il en faut, notamment dans notre pays le Sénégal où  la plupart des gens s’écoutent parler… En toutes circonstances,  la parole est reine. La tendance générale est à la flatterie et aux mots de circonstances. On en oublie les maux de la circonstance…

Il faudrait évaluer et transformer profondément notre système éducatif et l’orienter vers une conquête quotidienne du mieux-être dans la droiture et le culte du travail bien fait . 


– L’Honnêteté : elle commence par soi et s’évalue de soi à soi. Car, on est jamais à l’abri de son propre regard ! Il faut alors l’aiguiser et le rendre intransigeant. C’est alors que l’on devient fort vis-à-vis du regard des autres. Seul devant son plan de travail, on ne triche pas. Ni sur les horaires,  ni sur les cadences.  Au sommet de l’État, on devrait , encore davantage sentir le poids de son propre regard et entendre cette voie intérieure qui nous dit « non…pas ça…l’avenir de quinze millions de personnes dépend de cette signature… » 


Si toutes ces valeurs sont promues au rang de culte et sont défendues et protégées par la loi, et si les contrevenants sont sanctionnés de manière exemplaire,  on construit progressivement une société harmonieuse, capable en 30 ans de rattraper tous les retards et de construire un pays où il fait bon vivre. Certains esprits chagrins me diront qu’avec des « si    » on mettrait Paris en bouteille… 


L’Autre Dialogue national qui relève de l’urgence, à mon sens, devrait porter sur la (Re)définition de nos valeurs. La protection de nos identités culturelles, spirituelles et sociales est, concomitamment, prioritaire. Refusons de ne devenir que des clones (des clowns ?) irréels et comiques de l’Occident ou de l’Orient. Assumons nos différences positives, et donnons nous les moyens des les défendre et de les illustrer. Le projet divin pour l’homme n’est pas une création en séries. C’est, tout au contraire, l’unicité de chaque être,  de chaque espèce. La différence absolue d’une empreinte digitale à l’autre…   


Pour dire que le progrès commence par se connaître, se reconnaître et se respecter. Alors que, dans le discours public ambiant, lorsque le Pouvoir et l’Opposition s’apostrophent,  on croirait entendre aboyer deux chiens ennemis. On dirait parfois des étrangers les uns aux autres. Alors qu’alors caméras…L’homme vaut mieux.

Il est capable de beaucoup mieux que de se livrer à ces «  jeux » qui finissent toujours par des arrangements hors la vue de la majorité. Changeons de méthode et d’approche.  Cela est possible. Il suffit juste de s’écouter. De se parler. On devrait finir par s’entendre sur un grand projet pour le Sénégal puisque la Providence nous en donne désormais les moyens. Si parler veut encore dire quelque chose… 
Que Dieu nous protège de l’esprit malin et de ses suppôts  ! 

Amadou Tidiane WONE

Colonel Kébé : « L’intimidation et l’acharnement n’entacheront en rien à mon engagement citoyen… »


Le colonel Kébé prévient: « L'intimidation et l'acharnement n'entacheront en rien à mon engagement citoyen... »

Colonel Abdourahim Kébé a fait face à la presse cet après-midi pour faire savoir que rien ne lui interdit de s’engager en politique. 

« L’intimidation et l’acharnement qui sont en train de se faire n’entacheront en rien à mon engagement citoyen… Il m’est demandé de me présenter à la section de recherches demain vendredi à 16h. Je vais déférer à la convocation à jour et à l’heure indiquée comme tout bon citoyen. Il n’est plus question de me coller le devoir de réserve . Car il n’est pas pertinent de chercher à bâillonner un militaire à la retraite. C’est un manque de respect de restreindre le droit à un militaire qui a dignement servi sa nation.

Jeu d’ombres…jeu de dupes

Pour faire court, la démocratie sous les cieux africains, c’est un système d’imitations caricaturales de postures, de propos, de protocoles et de proclamations de principes qui, ramenés à la réalité des faits a quelque chose d’irréel, de tragique et parfois de comique… C’est comme si en Afrique, les élites dirigeantes assises sur la destinée de leurs nations « jouaient à la République ». 

Un jeu de société conçu et codifié par la puissance coloniale à son avantage exclusif. Aux « indépendances » ardemment réclamées par les peuples,  les « décolonisateurs » ont substitué un changement de joueurs, en continuant à définir les règles du jeu, prenant bien soin d’être toujours du côté des vainqueurs. Jeu de dupes… C’est ainsi que les élites dirigeantes africaines qui acceptent, sans conditions, les règles définies par les colons, quant à la défense de leurs intérêts, sont promues au-dessus de tous, envers et contre la volonté des peuples africains.

Moyennant enrichissement personnel, familial, clanique et flatteries non méritées, plusieurs dirigeants post coloniaux sont allés jusqu’à faire assassiner les vrais opposants à l’ordre colonial, ceux qui voulaient changer les règles du jeu et non pas seulement les joueurs…Durant tous les siècles qui ont suivi notre rencontre brutale et meurtrière avec l’occident, son système esclavagiste et capitaliste, des générations d’hommes et de femmes se sont succédées dans ce déterminisme implacable : opulence au Nord et misère au Sud.

Et à chaque génération sont apparus des complices du Sud se contentant des déchets du Nord et s’arrachant leurs subsides. Et comme depuis toujours, ceux-là font preuve de zèle et de servilité pour sacrifier l’avenir de la majorité à l’autel de leur aisance présente. Ils sont juste heureux de devenir les plus riches des pauvres, les borgnes au pays des aveugles. A tout prix. Pauvre et misérable ambition !

Ces hommes politiques et d’affaires, inféodés aux puissances dominantes et garantes du statu quo, sont rémunérés pour leurs sales besognes. Ils sont à l’image du renégat, si bellement décrit par David Diop, poète révolutionnaire à la plume trempée dans l’encre irréductible du sang des peuples opprimés, à travers son poème intitulé… Le Renégat ( !)

« Mon frère aux dents qui brillent sous le compliment hypocrite Mon frère aux lunettes d’orSur tes yeux rendus bleus par la parole du MaîtreMon pauvre frère au smoking à revers de soiePiaillant et susurrant et plastronnant dans les salons de la condescendanceTu nous fais pitiéLe soleil de ton pays n’est plus qu’une ombreSur ton front serein de civiliséEt la case de ta grand-mèreFait rougir un visage blanchi par les années d’humiliation et de Mea CulpaMais lorsque repu de mots sonores et videsComme la caisse qui surmonte tes épaulesTu fouleras la terre amère et rouge d’AfriqueCes mots angoissés rythmeront alors ta marche inquiète :Je me sens seul si seul ici ! »

Ces gens-la sont facilement reconnaissables. Ils ressemblent à des greffes irréelles et comiques sur la misère crasse de leurs peuples. Dodus et ventripotents, ils se barricadent derrière des limousines aux vitres teintées, remontées pour se cacher des bras miséreux qui se tendent, des doigts émaciés qui accusent…Ils se croient supérieurement intelligents. Ils sont juste moralement indigents !

Mais l’Afrique se réveille. Lentement. Mais sûrement. Et la jeunesse africaine piaffe d’impatience, hurle sa colère et dénonce l’apathie des dirigeants d’un continent béni : riche en ressources naturelles, minérales végétales, humaines et qui, pourtant, abrite toute la misère du monde. Un continent si jeune, dans un monde vieillissant, condamné à un avenir venant d’Afrique…Seul un leadership inspiré nous fait défaut pour y voir clair et tirer enfin notre épingle du jeu !

Nous savons ce qu’il nous reste à faire…Dans ce décor continental, notre petit pays le Sénégal a toujours fait office de laboratoire. Très tôt chouchou de la puissance coloniale, les premières écoles françaises y ont été construites. Saint-Louis du Sénégal, capitale de l’Afrique occidentale…française a été le creuset de modélisation des premières élites africaines occidentalisées. Avec plus ou moins de bonheur, puisqu’au fil du temps, la plupart des grands cadres, sénégalais et africains, se sont ralliés à la cause du peuple participant aux luttes d’émancipation du continent.

Mais cela, c’est une autre et trop longue histoire…Mais retenons que les élites, promues par le décolonisateur pour diriger le Sénégal dans tous les secteurs stratégiques, ont toujours été les plus atteintes par le virus de la servilité. L’acceptation implicite que seul le modèle occidental de progrès était concevable. Et que l’avenir n’était pas envisageable hors de la soumission à un ordre du monde dirigé par les puissances occidentales et leurs désidératas.

Cet ordre mental et psychologique, l’école française et ses programmes ont eu, pour mission essentielle, de nous l’inculquer depuis la tendre enfance et de l’enraciner dans notre être le plus profond. A un point tel qu’envisager le monde autrement en devienne terrifiant…Il faut guérir de l’école française.

C’est impératif.Tout cela pour dire que si notre actualité est dominée par une crise politique des valeurs, celle-ci procède des mêmes dynamiques : celle des prédateurs soumis à l’ordre occidental contre celle des défenseurs de la cause du peuple, en quête de vérité et de droiture, fortement enracinées dans les valeurs de Justice, d’Indépendance et d’égalité. Les pires de tous les protagonistes étant ceux qui adoptent le discours des uns en agissant dans le sens des autres…

Les hypocrites !Dans le débat en cours sur la gestion de nos ressources, de notre pays et la mise en perspective de l’avenir de nos enfants, la grille de lecture ne change pas. Les alliances qui se nouent autour des enjeux pétroliers et gaziers suivent les mêmes logiques. Le bradage de nos souverainetés hydrauliques, et la cession de nos télécommunications à des capitaux étrangers, le bradage en trompe l’œil à des privés non identifiables de notre raffinerie à la veille de notre devenir pétrolier entrent dans la même veine de jeux d’ombres…

Des ombres malfaisantes qui tirent les ficelles et se ramassent des commissions en milliards indus… Les dynamiques de dénonciation et de résistance, elles aussi, restent dans les mêmes sillages historiques. A armes inégales, seule la foi fait la différence.

Disons le clairement, dans ces batailles, il n’y a  rien de personnel. Juste des intérêts qui se cristallisent, des convictions qui s’expriment. Des enjeux qui dépassent nos individualités.Au demeurant, les institutions de la « République » postcoloniale n’ont que l’aura de ceux qui sont sensés les incarner pour servir le peuple et ses intérêts supérieurs.

Si les hommes et les femmes qui occupent des positions dans l’administration de la République servent des intérêts particuliers ou étrangers, qu’ils soient économiques et financiers ou politiques et stratégiques, ils trahissent les serments tacites ou explicites attachés à l’exercice de certains mandats. Ils devront en répondre devant l’Histoire.

Mais à Dieu ne plaise, il est arrivé aussi dans notre pays que des personnalités se dressent envers et contre la tendance générale pour porter le combat des valeurs, défendre et illustrer le courage de dire NON, au préjudice de leurs intérêts personnels, immédiats. 

Nous les connaissons et leurs en sommes reconnaissants. Ils ont de dignes héritiers. Ceux-ci inscrivent en lettres d’or leurs noms au Panthéon mémoriel de notre peuple. Ils sont fiers, ils sont grands, ils regardent le monde les yeux dans les yeux…Ils sont journalistes, militants de la société civile, hommes et femmes politiques ou simples citoyens.

Ils sont débout pour défendre notre bien commun. Et sous leurs pas résolus, ils tracent les sillons d’un nouvel avenir.En bref, le droit d’exiger la lumière sur toutes les zones d’ombres qui apparaissent dans la gestion des premiers pas de notre devenir pétrolier, ne doit ni faiblir ni dévier de l’impératif de salubrité publique et de bonne gouvernance qui doit rester le ciment de notre commune volonté de vivre ensemble.

Nul n’est au-dessus des lois. Nul n’a le droit de jouer avec le bien commun. Aucun tour de passe-passe ne doit distraire les patriotes sincères et les honnêtes gens. Encore moins ceux qui craignent, par-dessus tout, le jugement dernier. Celui, inéluctable devant lequel aucune préséance ne vaut absolution.Aar lii  Nu Bokk, défendre notre bien commun. Qui peut, franchement, rester indifférent à cet appel ?

Trump joue l’apaisement avec l’Iran: “Rien ne presse”

Le président américain a jugé vendredi que « rien ne press[ait] » pour résoudre les tensions entre les Etats-Unis et l’Iran, après une série d’incidents et d’invectives

« Nous avons le temps. Rien ne presse, ils peuvent prendre leur temps », a dit Donald Trump à son arrivée au G20 d’Osaka, lui qui parlait encore il y a peu de « guerre » contre les Iraniens.

Ces propos apaisants tranchent avec le ping-pong des déclarations choc qui s’était poursuivi jeudi entre l’Iran et les Etats-Unis. Téhéran avait mis en garde contre l' »illusion » d’une « guerre courte » entre les deux pays ennemis. La crise entre les Etats-Unis et l’Iran doit être au menu des discussions du sommet du G20 qui s’est ouvert vendredi au Japon.

Une crise de 40 ans

Le même jour, des représentants des Etats encore parties à l’accord nucléaire signé en 2015 (Allemagne, Chine, France, Grande-Bretagne, Iran et Russie) doivent se retrouver à Vienne pour faire le point sur l’application du texte. Les Européens pressent l’Iran de ne pas commettre l' »erreur » de se retrouver en violation de ses engagements.

Après leur retrait de l’accord en 2018, les Etats-Unis ont rétabli des sanctions économiques qui asphyxient l’économie iranienne et privent Téhéran des bénéfices qu’il attendait de ce pacte.

La crise au long cours qui caractérise depuis 40 ans les relations entre les Etats-Unis et l’Iran connaît depuis environ deux mois un nouvel accès de fièvre, sur fond d’escalade dans la région du Golfe et d’inquiétudes pour la survie de l’accord nucléaire, menacé depuis que les Etats-Unis s’en sont retirés.

“Ennemi principal”

Un nouveau pic a été atteint lorsque l’Iran a abattu un drone américain, le 20 juin, après une série d’attaques d’origine inconnue contre des tankers attribuées par Washington à Téhéran qui a démenti.

Dans ces circonstances ultratendues faisant craindre un embrasement, M. Trump avait évoqué mercredi la possibilité d’une guerre courte contre Téhéran. « Nous sommes dans une position très forte, et ça ne durerait pas très longtemps, je peux vous le dire. Et je ne parle pas de troupes au sol ».

L’idée d’une « +guerre courte+ avec l’Iran est une illusion », a réagi le ministre des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif dans un message sur Twitter destiné, selon lui, à corriger certaines « idées fausses » du président américain qui « menacent la paix ».

Un drone américain abattu

Mardi, le président iranien Hassan Rohani a déclaré à son homologue français Emmanuel Macron que l’Iran ne cherchait la guerre « avec aucun pays », pas même les Etats-Unis. Pour autant, Téhéran multiplie les mises en garde.

A Téhéran, les funérailles publiques de près de « 150 martyrs » tombés lors de la guerre Iran-Irak ou en Syrie, ont donné aux autorités l’occasion d’exalter la « résistance » face à l' »ennemi principal »: les Etats-Unis.

S’adressant à la foule, le chef de l’Autorité judiciaire, Ebrahim Raïssi, est revenu sur la destruction du drone américain – abattu selon Téhéran dans l’espace aérien iranien, ce que Washington conteste. « La main bénie qui a attaqué le drone américain a confirmé que pour résister devant l’ennemi, la République islamique d’Iran n’a aucune hésitation », a-t-il déclaré.

“Accord durable”

Cherchant à calmer les inquiétudes, Mark Esper, secrétaire américain à la Défense par intérim, a assuré jeudi à l’Otan que son pays ne voulait pas d’un conflit avec l’Iran. « Notre propos est d’amener l’Iran à négocier un accord durable », a-t-il assuré alors que Washington veut un nouvel accord avec l’Iran, pour qui, au contraire, le pacte de 2015 n’est pas négociable.

Par l’accord de Vienne, l’Iran s’est engagé à ne jamais chercher à se doter de l’arme atomique, et à limiter drastiquement son programme nucléaire en échange de la levée partielle des sanctions internationales. En riposte au retour des sanctions américaines, Téhéran a fait connaître le 8 mai son intention de se délier progressivement de ses engagements si Européens, Russes et Chinois ne l’aidaient pas à contourner les mesures américaines.

Un franchissement du seuil d’uranium?

L’Iran a annoncé ce jour-là ne plus se sentir tenu par les limites que l’accord de impose à ses réserves d’eau lourde et d’uranium faiblement enrichi, et a menacé de s’affranchir d’autres engagements à partir du 7 juillet.

Il avait indiqué le 17 juin que ses réserves d’uranium dépasserait à partir du 27 juin le plafond des 300 kilos fixé par l’accord, mais aucune confirmation du franchissement de ce seuil n’est venue ce jour. Les Iraniens ne « dépasseront pas (la limite) aujourd’hui », a indiqué jeudi à l’AFP un diplomate à Vienne, évoquant une possible « raison politique » à cette retenue.

Mais un responsable iranien à Vienne a affirmé sous couvert de l’anonymat que la limite n’avait pas été dépassée pour des « raisons techniques », soulignant que jeudi et vendredi étaient des jours de repos hebdomadaire en Iran.

Source: Belga

Mais où est donc passé le « dialogue national » ?

Comme une marée noire de …pétrole, l’affaire… du pétrole et du gaz-Petrotim-BBC-Aliou Sall, a recouvert de ses puanteurs pétrodollars, l’autre grosse arnaque post-électorale ; le fameux dialogue national. Vous vous souvenez, on devait enterrer la petite guéguerre post-électorale, se retrouver dans un grand élan d’amour, de paix, sous le baobab à palabres.

Que nenni ! Cette petite journaliste, grande fouineuse, emmerdeuse devant l’Eternel, empêcheuse d’escamoter en douce nos dizaines de millions de dollars, téléguidée par la « Grande royale » BBC, vient perturber des plans laborieusement élaborés, qui devaient donner au vainqueur du 24 Février, un quinquennat de farniente. Tout en douceur et en somnolence pour le lion qui devait ronfler cinq ans durant. Il faudra repasser ! La presse de UK (United Kingdom) n’aime pas que ses Majors (comme BP) piétinent les sacro-saintes règles des affaires.

La City n’aime pas ça du tout !
La BBC ne pouvait donc pas faire comme les grands groupes et grandes chaînes de radios et télés de nos ancêtres les gaulois : la fermer (ou un traitement à minima) au nom des intérêts des grands groupes de la « Macronie » de se refaire une santé dans les « projets-mirages » d’un président qui rêve d’éternité dans nos mémoires et notre conscience collective.

Ces anglais ne font rien comme les autres et, sous leur air de gentlemen policés, de silence respectueux et de flegme inébranlable, ce sont de vrais tueurs des convenances, des mensonges d’Etat, des intégristes de la séparation du pouvoir. Voilà pourquoi ils emmerdent l’Union européenne dans leur farouche volonté de divorcer.


Pour revenir à l’autre machin, faux dialogue et vrai canular, vraie anesthésie pour citoyens en colère, comme pare-feu, c’est devenu un pétard mouillé. Mais qui va coûter cher aux contribuables que nous sommes. Parce que voyez-vous, nos « dialogueurs », qui ne perdent pas le nord et leur confort, ont trouvé que les locaux de la Direction générale des élections n’était pas digne de leurs cerveaux.

Résultats des courses, on les délocalise au Méridien président en pleine crise du pétrole pour qu’on ne s’interroge pas : le risque de grandes oreilles et autres petits espions à l’intérieur justifie-t-il ce déménagement qui ne manquera pas d’être coûteux ? On attend la facture à la fin de ces « sénégalaiseries » comme le dit si malicieusement mon confrère Ibou Fall, la plume acerbe et hautement rafraîchissante.

Et d’ailleurs, combien de temps durera cette grosse farce ?
Qui ne voit pas que le vrai dialogue national est dans les vendredis de révolte contre les prédateurs de nos maigres ressources ? dans peut-être le défilé devant la Dic et les pandores pour aider à la manifestation de la vérité ; dans les fausses-vraies démissions la main sur le Saint Coran ; dans la cacophonie au plus haut sommet de l’Etat, dans le rappel à la rescousse de ceux-là mêmes qu’on avait viré du gouvernement il y a moins de cinq mois. C’est moins dans les zigzags de la communication gouvernementale que dans les dénis comme méthode de communication.

Qu’on me permette un pronostic : Latif Coulibaly et Seydou Gueye ne pourront pas recoudre les fils cassés d’un discours basé sur les mensonges d’Etat. Contrairement à ce qu’on croit, l’éloquence et le bagout ne font de bons communicants, ni une bonne communication : c’est-a-dire crédible.


La bonne communication hors du champ miné des mensonges d’Etat, de ses gouvernances opaques, mais bien dans la franchise vis-à-vis de son peuple : oui, on s’est trompé (de bonne foi ?) en ne suivant pas les recommandations de notre corps de contrôle (IGE) ; en se basant sur un rapport de présence non vérifié et qui semble être travesti a dessein : le dessein de tromper ses décideurs et permettre à des aventuriers de haut vol, qui ont mauvaise presse à la City, de faire main basse sur nos ressources à venir et, au passage, permettre à des intermédiaires et autres démarcheurs de se sucrer. Contrat agricole mon œil ! Que nie du reste (pas sur le Coran) « l’Ingénieur agricole » (agronome ?).


Ce sont toutes ces indélicatesses avec la vérité et la transparence qui feront qu‘aucun communiquant ne viendra à bout de nos doutes ; qu’aucun simulacre de « dialogue » ne pourra enterrer la vérité dans les profondeurs des futurs puits de pétrole, ni anesthésier par les effluves mortelles de nos futurs fûts de gaz.


Il faut dénoncer ce soit disant dialogue national pour ce qu’il est dans le contexte actuel : pare-feu, enfumage, anesthésiant pour peuple en colère. N’est-il pas ridicule et irresponsable, de s’enfermer dans un palace à palabrer alors que d’importantes franges du peuple descendent chaque vendredi pour dire qu’on nous ramène ces milliards qui seraient, ô combien utiles ?

Pour payer les dettes vis-à-vis des privés du BTP ou de l’enseignement supérieur, les bourses à temps de nos étudiants, des pistes de production et postes de santé pour nos campagnes, de l’eau pour nos campagnes qui souffrent. Oui, c’est tout ça qu’expriment les marcheurs des vendredis.
NB : on attend la conférence de presse du procureur de la République pour répondre aux propos de bons sens de la présidente de l’Ofnac. Là encore, c’est un gros mensonge qui vient d’être mis à nu. Et ce n’est que le début…

Mon témoignage auprès de la Division des Investigations criminelles (DIC).

Mon témoignage auprès de la Division des Investigations criminelles (DIC) a consisté à démontrer qu’en attribuant des permis pétroliers au Groupe de sociétés appartenant à Frank Timis, les Autorités sénégalaises concernées ont causé de graves torts économiques et financiers à la Nation sénégalaise.
L’objectif que j’ai recherché est de faire obtenir justice et réparations au Peuple du Sénégal.
Les faits et leur chronologie relatés dans mon témoignage sont constitutifs de faisceaux d’indices accablants permettant de conclure que les plus hautes Autorités du Sénégal d’une part, en complicité avec les compagnies pétrolières Kosmos Energy et BP d’autre part, ont fait subir au Peuple du Sénégal des torts de très grande importance portant sur leurs ressources d’hydrocarbures. Ces deux parties sont parvenues à leurs fins en organisant l’intermédiation active entre elles de Frank Timis et ses sociétés enregistrées dans des paradis fiscaux employant et rémunérant Aliou Sall, frère du Président de la République du Sénégal.

En conclusion, j’ai reproché aux personnes citées dans mon témoignage les infractions suivantes : 
L’enrichissement illicite que sanctionne l’article 163 bis alinéa premier du Code Pénal ;
La haute trahison que prévoit l’article 101 de la Constitution (Président de la République et Ministres) ;
L’abus de biens sociaux comme ayant exercé les fonctions de manager (Frank TIMIS) et de conseiller (Aliou SALL), pour en déduire que, par leurs qualités, ils sont susceptibles de poursuite du chef d’abus des biens sociaux constitués par les ressources naturelles appartenant au Peuple du Sénégal, protégés par l’article 21 de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples, intégrés dans le préambule de la Constitution du Sénégal et précisés dans l’article 25-1 de la loi constitutionnelle du Sénégal du 5 avril 2016 ; le directeur général de Kosmos Energy Sénégal et le Président de BP sont également susceptibles de poursuite du même chef.
La complicité de détournement de deniers et ressources publics, corruption, association de malfaiteurs, blanchiment de capitaux en bande organisée, faits prévus et punis par les articles 45, 46, 152, 159, 238 et 239 du code pénal, 3, 37 et 38 de la loi uniforme n°2004-09 du 6 février 2004 ;   
Faux en écriture publique (Aly Ngouille Ndiaye) sanctionné par l’article 132 du code pénal ;
Faux commis dans certains documents administratifs (Aly Ngouille Ndiaye) en vertu de l’article 137 du code pénal ;

Sous réserve bien entendu de toute autre qualification que ces faits pourraient impliquer.

Mes recherches seront poursuivies pour les autres cas d’attribution de permis d’hydrocarbures en violation de la loi et de réglementation sénégalaises afin de mesurer au mieux l’étendue des dégâts causés par les mis en cause avec d’autres complicités.

Dakar le 26 juin 2019 

Banditisme d’un Etat voyou (Chronique de WATHIE)

Ce n’est pas sous le règne de Macky SALL que le scandale Petro Tim sera tiré au clair. Face aux retentissantes complaintes des Sénégalais, abasourdis par la gourmandise et l’égoïsme qui sont à la base de la traitrise des frères SALL, le régime a décidé d’opposer mensonge et répression, la diversion n’ayant pas réussi. Et, comme tout voyou chercherait instinctivement à faire, après avoir accompli son forfait, les tenants du pouvoir s’acharnent à effacer les traces compromettantes (rapport IGE) et à brouiller les nombreuses pistes menant au principal responsable de ce crime économique qui n’est autre que Macky SALL.

«C’est une affaire pendante devant la justice, je n’en parle pas ». C’est l’échappatoire que le président SALL s’était trouvé pour ne pas se prononcer sur l’affaire Khalifa Ababacar SALL qui venait tout juste d’être déclenchée. C’est cette échappatoire que le procureur de la République a offerte aux tenants du pouvoir qui ne peuvent aborder le scandale Petro Tim sans sourciller. «J’espère qu’ils viendront. Je me demande comment peut-on entretenir le Sénégal pendant des mois voire des années sur un sujet, aujourd’hui, on vous donne l’occasion de vous exprimer de façon officielle, d’aider une enquête à établir la vérité, qu’on ne le fasse pas ? Je ne peux pas envisager que quelqu’un ne puisse se déplacer à la DIC». Avec cette déclaration, invitant les « grands connaisseurs des affaires du pétrole et du gaz» à aller partager leurs informations avec les enquêteurs de la Division des investigations criminelles (DIC), le procureur Serigne Bassirou GUEYE ne donne pas uniquement le premier coup de pelle devant mener à l’ensevelissement total du scandale Petro Tim. Il a fait le travail à moitié. Non seulement Aliou SALL n’entre pas dans la camisole d’inculpé, mais, la DIC, chargée de l’enquête, qui devrait entendre Aly Ngouille NDIAYE, également incriminé, peut, durant le reste du mandat de Macky SALL, s’atteler à une « collecte » infinie d’informations. Pendant ce temps, face aux accablantes accusations, les SALL et leurs partisans se refugieront derrière : « je ne parle pas d’une affaire pendante devant la justice… Laissons la justice faire son travail ».

C’est cette suite que la jUSTICE entend réserver à l’affaire Petro Tim qui ne sera éclairée par aucun tribunal tant que Macky SALL est à la tête de l’Etat. Le dernier espoir s’est étouffé avec la volte-face d’Aliou SALL qui a contaminé les journalistes qui ont parlé plainte qu’il aurait déposée contre la British Broadcasting Corporation (BBC). SALL-junior est, pour reprendre Moustapha DIAKHATE, un fieffé menteur qui annonce des plaintes qui ne sont jamais déposées et dont les démissions ne sont jamais matérialisées. Dans l’affaire Petro Tim, tout ce qui lui est imputable comme responsabilité c’est le mensonge dans lequel il se morfond et son nom qu’il a prêté pour couvrir cette maffia.

Le principal responsable dans cette affaire c’est celui qui a posé sa signature sur le décret qui a permis à Frank Timis de mettre la main sur les ressources du Sénégal. Et si tout un cinéma est fait autour du rapport de l’IGE qui aurait fuité, c’est pour occulter la responsabilité de Macky SALL. Au lieu de tenter d’intimider les Sénégalais qu’il n’estime pas assez courageux pour se rendre à la DIC, Serigne Bassirou GUEYE ferait mieux de convoquer Madiambal DIAGNE, qui revendique l’amitié de Macky SALL. Son journal a été le premier à publier certaines des conclusions dudit rapport.

Si le leader de l’APR ne veut pas entendre du rapport de l’IGE, dont l’existence est même niée par certains de ses collaborateurs, c’est que celui-ci illumine sa forfaiture. Missionnée au mois de mai 2012, par le président SALL qui venait de prêter serment, l’Inspection générale d’Etat produit le rapport d’enquête 94/2012, et indique explicitement que : «la demande de permis présentée par Petro Tim n’était pas conforme aux exigences de l’article 8 du décret n°98-810. A cet égard, elle devait être déclarée irrecevable, en application de l’alinéa 2 de l’article 14 dudit décret». Macky SALL n’attend pas le rapport de l’IGE et signe, le 19 juin 2012, les décrets 2012-596 et 2012-597 qui donnent les blocs de Cayar Offshore profond et Saint-Louis Offshore Profond à Petro -Tim Limited. Plus grave encore, le chef de l’Etat va signer un autre décret bien après le rapport de l’IGE. Avec le décret n° 2013-1154 du 23 août 2013, Macky SALL accorde une nouvelle faveur à Frank Timis. En effet, un peu plus d’un an après avoir mis la main sur les blocs Cayar Offshore profond et Saint-Louis Offshore Profond, Petro Tim a sollicité et obtenu de l’Etat du Sénégal une extension d’une année supplémentaire de la période initiale de recherche du Contrat de Recherche et de partage de Production d’hydrocarbures relatif au bloc de Saint-Louis Offshore Profond. Voir le décret ci-dessous.

Macky SALL n’a pas tenu compte des recommandations de l’IGE parce qu’il n’avait pas  besoin d’un rapport pour comprendre que Petro -Tim est une arnaque. Chef de la division Banque de données, pendant plusieurs années, il est promu, en décembre 2000, directeur général de la société des pétroles du Sénégal (PETROSEN). Six mois plus tard, il est nommé ministre d’Etat, ministre de l’Energie, des Mines et de l’Hydraulique.Macky SALL connait les ressources minières du Sénégal Mieux que n’importe quel autre Sénégalais. C’est donc en toute connaissance de cause qu’il a accordé toutes ces faveurs à Frank Timis. A quel prix ? Aliou SALL qui focalise les attentions et suscite les indignations n’est qu’un homme de paille qui ne connait rien aux blocs de pétrole. Celui qui pourrait occulter la responsabilité  de Macky SALL dans ce grand banditisme d’un Etat voyou accorde une prééminence du décret d’un préfet sur la Constitution

Mame Birame WATHIE

Pourquoi au Sénégal, la démission n’est-elle pas dans la culture de ses hommes politiques ? ( Par Mandiaye Gaye )

Le cas d’Aliou Sall est la parfaite confirmation sans équivoque, du manque de culture de démission de nos hommes politiques au Sénégal. Mais pour être conforme avec l’histoire, il y a eu le cas rarissime, parce que, historique de Mamadou Seck, ancien ministre, de l’Économie et des finances, sous le président Wade. Pour rappel, M. Seck, lorsque son nom a été cité dans une affaire de malversations, il a aussitôt pris la décision, de son propre chef, de démissionnerde son poste, sans attendre, pour se mettre à la disposition de la justice. Mais dans le cas de M. Seck , il faut souligner que ce dernier était, tout-à-fait, convaincu de son innocence.

Et, c’est ainsi que d’ailleurs, après les investigations nécessaires, il a été lavé proprement par la justice et sans la protection étanche  d’un frère président. C’est le seul cas, que j’ai connu dans l’histoire du Sénégal, parmi les hommes politiques. Donc, « Gaccé ngalama » bravo Mamadou Seck pour ton loyal geste empreint de dignité qui t’honore, mais honore également, tes amis et ta famille. Vivement que le cas de Mamadou ou Boy Seck pour les amis fasse enfin école et des émules. Hé oui, je rêve !

Mais pourquoi M. Aliou Sall n’a -t-il pas démissionné de tous ses postes, jusqu’à présent, malgré tout ce tollé relatif à ce scandale de Pétrotim, dont il est mêlé. Alors Aliou Sall n’a-t-il pas pourtant, mille raisons de plus que Mamadou Seck pour démissionner de ses postes publics depuis l’éclatement de cette nébuleuse affaire de pétrotim ? Bien sûr que oui ! Etne serait que pour mettre son frère de président à l’aise, Aliou Sall aurait dû, démissionner dès la première heure de l’éclatement de ce scandale .

Ensuite, est-ce que de l’argent aussi entaché de pétrole et de gaz vaut la peine de souiller son honneur personnel et celui de sa famille pour l’éternité ? Ou bien se dit-il, comme ces gens qui ont pour Dieu, l’argent et se disent que l’argent n’a pas d’odeur ? Non, c’est vraiment tristede voir un tel spectacle où, un homme, telle une guêpe, colle à l’argent de cette façon-là! Puisque, il n’y a pas l’ombre d’un doute, qu’Aliou Sall devait démissionner ou être déchargé par le président de ses fonctions officielles dès l’annonce du scandale l’impliquant. 

Comme l’avait fait M. Seck en son temps. Et si Aliou ne le faisait pas, le président, bien qu’il soit son frère, un sentiment que la République ne prend pas en compte, doit le démettre sans tarder. Puisque dans le cas de Khalifa Sall, le président avait aussitôt commis la justice pour une enquête diligente sur le bienfondé de l’affaire de la mairie de Dakar. Ici, dans le cas de son frère, qui est de loin plus grave, le président n’a pas pris jusqu’à présent, de mesures concrètes donc, ses responsabilités concernant ce scandale, considéré par beaucoup de citoyens, comme le plus grave scandale de l’histoire du Sénégal.

Les atermoiements et les hésitations du président de la République sur cette affaire ont, tout l’air d’une protection déguisée qui ressemble fort bien à une solidarité familiale ou fraternelle. Rappelons tout d’abord, la grave erreur commise par le  Président Sall en faisantbénéficier son frère de son décret de nomination alors, qu’il avait, auparavant et à la face du monde, déclaré que son frère n’en bénéficiera pas. Malgré tout, cela a été fait. Et, nous constatons donc, un reniement très regrettable par le président de sa parole. 

Alors, même si effectivement, nous reconnaissons à son frère, en tant que citoyen, le droit d’être nommé à tous les emplois. Mais il ne doit pas y avoir deux poids deux mesures entre les citoyens. Il se trouve que la situation gagne en ampleur et devient, de plus en grave et nébuleuse. Cette affaire de pétrotim devient une affaire d’État, par conséquent, le président Sall ne peut plus garder le silence donc, a l’obligation de saisir la justice, même à l’encontre de son frère, parce que ce dernier est, dans ce cas aussi, un citoyen justiciable comme tous les autres.

Ce scandale si honteux démontre clairement l’incompétence et les insuffisances des dirigeants du Sénégal pour s’être fait avoir par des courtiers aventuriers internationaux, comme des naïfs. Cette nébuleuse affaire aterni l’image du Sénégal devant la scène mondiale et présente notre pays comme étant sous la direction de gouvernants incompétents et  incapables, au point de n’être capables de mener des négociations qui tiennent compte en tout premierlieu les intérêts de leur pays.

Mais, ce que M. Abdoul  Mbaye ne révèle que maintenant, confirme parfaitement cette étourderie de ceux qui ont négocié et signé ce contrat qui laisse totalement de côté les intérêts du peuple sénégalais pour servir des intérêts  strictement particuliers. Mais n’occultons pas, quand même,que cette affaire est née sous le magistère de Me Wade et que M. Abdoul Mbaye ne peut pas botter en touche si simplement pour s’en tirer à si bon compte, sa responsabilité est engagée, au même titre que le président Sall, comme les cosignataires définitifs. C’est pour toutes ces raisons que, ce scandale engage absolument, la responsabilité du président de la République et surtout, lorsque l’on sait que, c’est son frère qui est au cœur de l’affaire, comme l’un des principaux acteurs. 

Ce scandale coïncide, justement avec le dialogue nationalen cours, il doit donc y être invité afin qu’il soit tiré au clairune bonne fois pour toutes. La solution juste et équitable de ce scandale, inextricable, mettrait peut-être tous les Sénégalais à l’aise. Mais évidemment, à la seule condition que tous les coupables soient punis, comme il se doit et les torts réparés, c’est-à-dire par la restitution du produit de ce contrat à son ayant droit, le peuple sénégalais et non de passer cela encore, comme d’habitude à pertes et profits. 

Il y en a assez de passer à chaque fois les gros scandales à pertes et profits alors que leurs auteurs se pavanent dans le pays et vaquent librement à leurs besoins avec leur butin aussi considérable. Et,  dans le même temps, la justice chôme ou ne traite que les affaires relatives aux petits larcins qui remplissent nos prisons, où, l’on ne trouve pas les gros voleurs de millions et de milliards.

Mais que les Sénégalais ne se cachent pas aussi, derrièreleur petit doigt, pour ne pas se rendre compte la réalité de leur pays et de son état actuel. Pour dire la vérité, il faut soulignersans ambages qu’au Sénégal, l’on ne travaille pas du tout, mais fait que parler et trop. 

En réalité, l’anarchie, l’indiscipline, l’argent facile, la corruption à tous les niveaux du pays, la violence gratuite, l’insécurité générale, le laisser-faire et le laisser-aller ont pris possession du pays et sontaujourd’hui devenus les maîtres incontestés du Sénégal devant la démission inacceptable et l’incapacité du gouvernement à remettre les choses dans l’ordre. 

À Dakar les populations ne respirent plus à leur aise, à cause d’une circulation anarchique et des embouteillages indescriptibles qui n’épargnent même pas le péage. Et, c’est comme si l’État et les autorités compétentes n’existaient pas ou n’étaient pas informés de cette bombe à retardement. 

C’est ainsi que même la noblesse de la politique, dans le plein sens du terme, et les hommes politiques vertueux qui se mettaient au service de leur peuple ont cédé le terrain à la politique politicienne et aux politiciens véreux qui ne viennent au pouvoir que pour s’enrichir illicitement et, non pour servir leur peuple. Voilà pourquoi au Sénégal aujourd’hui, toutes les portes du mal, de l’abus, des vices, etc. sont largement ouvertes aux anti-modèles qui ont d’assaut notre pays. Et, l’on peut dire que nous ne sommes plus loin de la jungle où, c’est la loi du plus fort qui règne.

En conséquence, une fois cette affaire nébuleuse sera élucidée, le pays devra, enfin, recommencer à travailler etsérieusement, et qu’il cesse de passer tout le temps dans des discussions interminables sur le sexe des anges, sans aucun intérêt pour le pays et qui occupent cependant tout le temps utile des Sénégalais. Le président de la République  n’est pas sans connaître la présente situation désastreuse et vraiment déplorable. Il est donc, de sa responsabilité de trouver les solutions efficaces et adaptées à une telle situation singulière et dans les meilleurs délais pour remettre à nouveau le pays effectivement au travail, mais en commençant par donner l’exemple lui et ses hommes.

Mandiaye Gaye

mandiaye15@gmail.com

Le prétexte fallacieux des aigrefins du Sénégal (par Pathé Gueye)

Le prétexte fallacieux des aigrefins du Sénégal (par Pathé Gueye)

Ça sent le gaz à plein nez partout! Ainsi, en volant au secours du petit politicien Macky Sall dans la mouscaille jusqu’au cou, le club d’affairiste dénommé « La conférence des leaders de Benno Bokk Yaakaar» et composé de politiciens professionnels, de délinquants politiques, de croulants-vautours de la politique sénégalaise a encore brandi, entre autres, la fameuse Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives (ITIE)en guise d’argument. Il est donc urgent de rappeler par la répétition pédagogique pour mieux éveiller et soutenir notre désir de comprendre. À cet effet, relisons et distinguons bien:

L’ITIE, une obscure organisation très méconnue

L’ITIE a été lancée en 2002 au Sommet de la terre, à Johannesburg, par l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair, après avoir constaté les écarts importants entre les revenus des industries minières et pétrolières encaissés par les États et le niveau de pauvreté de leurs populations. Plus précisément, il s’agit d’une norme internationale qui fait la promotion de la transparence et la redevabilité dans la gestion des revenus issus de l’exploitation des ressources minières, pétrolières et gazières. Ainsi, en répondant à l’une des correspondance d’Abdoul Mbaye de l’ACT, l’ancien Premier ministre Mahammed Boun Abdallah Dionne y précisait que l’initiative ITIE « vise à renforcer la bonne gouvernance dans les pays dotés d’importantes ressources naturelles, en mettant à la disposition du public toutes informations relatives à l’attribution des titres, aux versements effectués par les sociétés minières, pétrolières et gazières et à l’utilisation des revenus ».

Pour son organisation, l’initiative consacre trois sortes de statuts. Le premier dit Pays engagé est un pays qui a décidé de mettre en œuvre l’initiative. Le deuxième dit  Pays Candidat ou candidate country est un pays qui a franchi, à la satisfaction du Conseil d’administration de l’ITIE, les quatre « étapes » vers l’adhésion, conformément à la Norme ITIE. Le troisième dit Pays Conforme ou compliant country est un pays que le Conseil d’administration de l’ITIE considère qu’il a satisfait à toutes les Exigences de l’ITIE. Elle ne comptait que 7 pays à son lancement en 2004. Mais avec la manne financière constituée avec les contributions volontaires des États initiateurs- pilleurs, la Banque mondiale et d’autres institutions financières choisies fournissent une aide précieuse aux pays qui décideraient d’adopter les principes de transparence et de responsabilité accrues promus par cette initiative. Cet incitatif financier, faut-il le souligner, a rendu facile l’élargissement de l’organisation composée depuis octobre 2014 de 46 pays dont 21 États africains incluse la République Centrafricaine qui fait désormais de la petite liste des Pays suspendus. Au moment où  les États africains se bousculent depuis le début à la porte de l’ITIE, les Occidentaux ont eu une attitude particulièrement hyper frileuse envers l’organisation. Le cas de la Grande Bretagne de Tony Blair est le plus inénarrable! Car, il a fallu, 10 ans après soit le 9 juillet 2013, pour que le gouvernement britannique, initiateur de l’ITIE, ait décidé de lancer son processus ITIE. Et c’est le successeur de Blair, l’ex Premier ministre David Cameron lui-même qui, jugeant la nécessité d’examiner la honteuse  position du Royaume-Uni, avait adressé une lettre ouverte aux dirigeants récalcitrants à l’ITIE du G8 en leur disant : « Nous ne pouvons pas appeler d’autres pays à se soumettre à ces normes si nous ne sommes pas prêts à faire de même. ».

 Là, il est pertinent qu’on se demande : à quoi bon d’être utile en brandissant à tout bout de champ cette ITIE en lieu et place de répondre clairement aux légitimes interpellations des citoyens? Ou bien faut-il surtout par les temps qui courent être plus royalistes que le roi lui-même? 

L’ITIE, un instrument pour le pillage honteux des ressources naturelles

Évidemment, nous ne pouvons pas être à priori contre la vertu de ces belles déclarations porteuses de nobles ambitions! Or, ce bref aperçu exposé en guise de présentation de l’ITIE nous replace de facto dans l’éternel débat des rapports Nord-Sud, plus précisément des possibilités et des contraintes en matière de développement. Autrement dit, l’ITIE, à l’instar des autres « machins » (organisations internationales, conventions, traités, chartes, etc.) bâtis ou conclus souvent sur la base d’une logique européocentriste parée d’hypocrisie, ne semble pas être l’exception à la règle. Certains États qui ont décidé de l’insérer dans leur dispositif réglementaire, voient en elle une solution pour une gestion saine et partagée des ressources naturelles alors qu’elle vise en silence à avilir la volonté d’autodétermination des Peuples.

Le contexte de la création de l’ITIE était particulier. Des États du Nord, des pilleurs professionnels de ressources naturelles disponibles dans les pays du Sud, avaient pris la décision de s’accorder un moment de répit pouvant calmer les ardeurs des résistants et des dénonciateurs de leurs actes infâmes, à l’époque très au cœur des actualités nationales. Le pillage, la corruption, les guerres, la misère, la famine, la pauvreté, ont trop duré dans les pays « riches en ressources » pour amener plusieurs observateurs à parler de « la malédiction du pétrole » ou à qualifier l’or noir de « caca du diable ». Donc, la réaction des États qui abritent les sièges sociaux de la plupart des compagnies privées d’exploitations sur le terrain, était attendue.

En effet, l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair, à qui on attribue la paternité de l’ITIE n’avait pas de toute manière d’autre choix que de la proposer à ses pairs. Car c’était sur le sol britannique que l’ONG Global Witness avait commencé à mener de vastes campagnes publiques imposant la transparence relative à l’exploitation des ressources naturelles et la gestion des revenus y afférents. Dans l’un de ses rapports,  l’ONG britannique mettait à nu la complicité du secteur pétrolier et financier dans le système de captation de la rente encaissée par les gouvernants des pays exploités au détriment de la population. Ainsi, avec d’autres organisations non gouvernementales (CAFOD, Oxfam UK, SCF UK, Transparency International UK, CRS, Human Rights Watch, Pax Christi NL, Caritas France, etc.), Global Witness lançait en juin 2002 une vaste campagne dénommée: « Publiez ce que vous payez » (PCQVP).  À travers cette campagne, les ONG exigeaient à ce que « toutes les compagnies multinationales et les entreprises d’État publient à titre individuel les chiffres annuels nets des paiements qu’elles versent aux gouvernements. Ces revenus incluent notamment les redevances perçues sur la valeur de la production, les bonus versés à la signature des contrats d’exploitation, l’impôt sur les bénéfices des sociétés après déduction des coûts et amortissements liés aux investissements nécessaires à l’exploration et l’exploitation, l’impôt à la source sur les paiements de dividendes, les droits de douane, la taxe sur la valeur ajoutée, etc. ». De plus, elles demandaient que « ces informations soient mises à la disposition de la société civile, en langues et monnaie locales. La coalition exige que les chiffres soient vérifiés par des organismes indépendants multi-parties prenantes (multi-stakeholders) ou par le FMI. ». Dans ce sens,  le professeur Gilles CARBONIER précise que la campagne PCQVP « ne vise pas directement les gouvernements des pays producteurs. Elle exerce plutôt une pression sur des acteurs influents capables d’inciter ces gouvernements à introduire plus de transparence dans ce domaine sensible. La campagne vise en particulier la Banque mondiale, le FMI, les autorités boursières et les banques commerciales afin qu’ils fassent pression tant sur l’industrie extractive que sur les pays producteurs pour que l’obligation de transparence des revenus prime sur les clauses de confidentialité ».

On peut tout fuir, sauf sa conscience, soutenait l’écrivain autrichien Stefan Zweig! Par conséquent, il apparait logique, parce qu’elle peut être moyen civilisé de légitimation de leurs différentes activités de spoliation, de voir les États occidentaux ériger en norme incontournable la TRANSPARENCE.

L’ITIE, le support d’une transparence imaginaire et tyrannique

Les Gouvernements qui se sont succédé à la tête de l’État sénégalais, à l’instar de plusieurs pays en Afrique qui se réclament démocratiques, ont tous développé la même manie consistant à projeter sur la scène internationale l’image d’un ardent défenseur de la protection des droits de la personne et de l’avancement des valeurs démocratiques. Ils le font en montrant du doigt par exemple des instruments juridiques internationaux négociés et ratifiés par le pays. Le Sénégal de Macky Sall n’échappe malheureusement pas à cette pratique. Dans un des rapports de l’ITIE, le grand-frère de Aliou l’homme de BBC babillait ainsi: « Mes prédécesseurs, depuis le Président Senghor, ont tour à tour contribué à bâtir la nation sénégalaise ou à asseoir les bases de la démocratie politique et sociale. Pour ma part, je fonde ma vision sur un crédo, qui est de créer les bases d’une véritable démocratie économique, qui reste un des piliers incontournables de l’émergence souhaitée pour le Sénégal. Cette vision, la Norme ITIE y contribue amplement et fort opportunément». La clarté orne les pensées profondes!

C’est sous le prisme de la réalpolitik qu’il faut comprendre et situer l’adhésion caractérisée de volontaire du Sénégal aux principes de l’ITIE. Devenir un « Pays conforme », par là y trouver ce beau prétexte que peut procurer le sceau ITIE pour esquiver les demandes, les interrogations, les inquiétudes portant sur la gestion de nos ressources naturelles, reste pour les malfaiteurs de la République un souhait démesuré. Ainsi, en 2013 le Sénégal avait soumis une demande pour le statut de « Pays Candidat ». Ce statut une fois obtenu, a engagé notre Sénégal à publier régulièrement toutes les recettes tirées de l’exploitation des industries extractives et les paiements versés à l’État par les compagnies opérant sur le territoire sénégalais. Il fallait agir vite car le Sénégal avait jusqu’en Octobre 2016 comme délai pour démarrer le processus de validation en vue de l’obtention du statut de « Pays Conforme » à l’ITIE. La séduction, des membres du Conseil d’administration de l’ITIE devra se faire par tous les moyens! Tour à tour, il est mis en place un Comité nationale ITIE. Ce dernier produit son 1er rapport dit de conciliation en octobre 2015 pour l’exercice de 2013. Ensuite, il décide de simplifier ce document très compliqué par un autre intitulé : Comprendre pour Agir. Le président de la République profite de son Référendum du 20 mars 2016, pour introduire dans la Constitution sénégalaise la reconnaissance de nouveaux droits aux citoyens : droits à un environnement sain, sur leurs ressources naturelles et leur patrimoine foncier. Le premier  alinéa de l’article 25 stipule : « Les ressources naturelles appartiennent au peuple. Elles sont utilisées pour l’amélioration de ses conditions de vie. L’exploitation et la gestion des ressources naturelles doivent se faire dans la transparence et de façon à générer une croissance économique, à promouvoir le bien-être de la population en général et à être écologiquement durables ». Et enfin il ya ce deuxième très populaire rapport du 16 octobre 2016 couvrant l’année fiscale 2014 et qui a eu, contrairement au précédent, la touche inédite d’être béni par l’ancien président Macky Sall qui a fait la préface.

Au total, il était clair aujourd’hui qu’avec l’initiative ITIE nous avons toujours assisté à une mesquine commande inscrite sans vergogne dans un agenda gouvernemental caché et porté par des adeptes de la supercherie et de la farce politique. Par conséquent, ce cul-de-sac ITIE  encore arpenté par les ménestrels de la République restera pour nous autres un chemin sans issue et sans lumière apparente. D’ailleurs, Jonas Moberg, un chef du Secrétariat international de l’Organisation ITIE avait lancé cet avertissement: « Tout d’abord, je souhaite clarifier que l’ITIE ne prétend pas être la solution de ce qu’on nomme désormais la malédiction des ressources. La transparence des revenus à elle seule ne suffit pas à assurer que la richesse en ressources naturelles produise des bienfaits et permettent le développement des citoyens d’un pays. La transparence des revenus, probablement à travers l’ITIE, est nécessaire mais insuffisante. Nous sommes les premiers à reconnaître que l’ITIE ne peut pas à elle seule aborder les plus importants défis de développement de notre époque. Il serait naïf de croire que l’ITIE pourrait être la solution aux problèmes complexes du Delta du Niger, par exemple ».

Pathé Gueye- Montréal

Les frères dalton buveurs de pétrole

La cacophonie érigée en mode de réfutation est loin de disculper les frères Sall. Face aux émoussements non convaincants d’Aliou qui a plutôt mouillé la fratrie, Macky a rompu la tradition en s’en prenant aux nafeeqh;(hypocrites) et aux rambaaj(fumistes), à la mosquée, le jour de l’Eid-el-Fitr. De réels signes de nervosité qui dénotent la panique qui s’est emparée des Sall qui peinent à justifier l’insoutenable. Le scandale Petro Tim a suscité des tonnes d’articles, des dizaines d’interviewes, des Sénégalais ont même manifesté sans que le régime de Macky Sall ne daigne formuler la moindre explication logique sur le comment Aliou Sall a réussi son joli plongeon à milliards dans le pétrole sénégalais. Maintenant, avec des chiffres, BBC a rendu plus inflammable le pétrole qui semble n’attendre qu’une petite étincelle pour embraser tout le pays. Il est devenu difficile voire impossible de noyer ce si gros requin. Frank Timis, qui n’est pas plus pétrolier qu’Aliou SALL, a réussi à décrocher, sur les ressources découvertes au Sénégal, un juteux contrat qu’il revend quelques mois plus tard pour empocher des milliards de dollars. Quel que soit l’angle d’analyse, cette implacable vérité s’impose et saute aux yeux. Elle est d’autant plus criminelle qu’en dépit de tout bon sens et contre l’avis de l’inspection générale d’Etat (IGE), le Sénégal a permis à Frank Timis de mettre la main sur des milliards parce que tout simplement Aliou Sall y gagne des millions. C’est ce que BBC confirme, preuves à l’appui.Ce scandale Petrotim révèle deux profonds cas de malaise. Celui qui s’est emparé des tenants du pouvoir est à distinguer de celui qu’éprouvent de nombreux Sénégalais.Au paroxysme du sadismeLe 10 mai 2012, Macky Sall signe le décret n° 2012-502  et lance la Cour de répression de l’enrichissement illicite (CREI) contre Karim WADE. Le 19 juin 2012, il signe les décrets 2012-596 et 2012-597 qui donnent les blocs de Cayar Offshore profond et Saint-Louis Offshore Profond à Petro -Tim Limited dont son propre frère est actionnaire. La première fois que l’affaire Petro Tim a été agitée, Aliou SALL s’est dépêché de convoquer la presse pour une périlleuse opération de dénégations. «Je n’ai aucun franc dans un compte bancaire à l’étranger, en dehors de celui que j’avais en France à la BNP, alors que j’étudiais là-bas, où il n’y a, je crois bien, pas plus que 14 euros ou celui que j’avais ouverte dans la Bank of China où, selon mes souvenirs, il n’y a que 500 euros soit environs 350 000 F CFA. Voilà les seuls comptes bancaires que j’ai à l’étranger. Je n’ai ni argent, ni appartement, ni maison à l’étranger», avait-il déclaré, laissant son frère aîné envoyer les forces de l’ordre mater ceux qui en doutent. L’affaire était presque étouffée. lundi 3 juin, face à la presse, en réaction aux révélations de BBC, Aliou Sall reconnait avoir perçu 25 000 dollars par mois (plus de 14 millions de F CFA) en tant que salarié de Timis Corporation Ltd. « Ce sont des salaires normaux dans ce milieu. J’ai des collègues qui percevaient plus et d’autres moins », justifie-t-il. Pendant que Macky Sall faisait fouiller la terre entière l’argent qu’aurait détourné Karim Wade, son frère Aliou nageait dans les millions de dollars.Au sommet du cynismeL’IGE déclare, dans un rapport détaillé, que : «la demande de permis présentée par Petro Tim n’était pas conforme aux exigences de l’article 8 du décret n°98-810. A cet égard, elle devait être déclarée irrecevable, en application de l’alinéa 2 de l’article 14 dudit décret». En dépit de cette mise en garde, le président SALL signe les décrets et file le marché à Frank Timis et à son employé Aliou SALL qui le mettent à profit, loin des yeux des Sénégalais. Et quand Khalifa Ababacar Sall se retrouve dans le pétrin, pour, dit-on,  1,8 milliard de FCFA, c’est parce que l’IGE l’aurait recommandé, explique Macky Sall qui choisit ceux qui doivent être poursuivis.Pour Macky Sall, ce que les Sénégalais pensent de ce scandale qui est loin d’être le premier, importe peu.   «Il faut qu’on soit constant. La défaite d’Abdoulaye Wade, les gens disent qu’elle est due, en grande partie, au fait qu’il voulait mettre son fils. Mais aujourd’hui, si Macky Sall nomme son frère de même père et de même mère au niveau d’une société aussi importante que la CDC, ça va conforter les Sénégalais qui estiment qu’il veut nous imposer sa famille à tous les niveaux. Et cela peut lui être fatal », réagissait Oumar FAYE de Leral askan wi après la nomination d’Aliou Sall à la tête de la Caisse des Dépôts et Consignation (CDC).  Le leader de l’APR n’en avait rien à faire des critiques et autres mises en garde de ses compatriotes. Son frère cadet à peine tiré de la cacophonie du pétrole, il le nomme directeur général de la CDC. A la formation du dernier gouvernement, son beau-frère, Mansour Faye, a pris le contrôle du PUDC, du PUMA, des PROMOVILLES, de la Délégation générale à la Protection sociale et à la Solidarité nationale (DGPSSN), du Commissariat à la Sécurité alimentaire, de la Direction de l’Administration générale et de l’Equipement etc.Macky Sall l’a démontré, le jour de la Korité, le documentaire de la chaîne anglaise dérange le pouvoir car il s’adresse non pas uniquement aux Sénégalais mais au monde entier fourvoyé par le leader de l’APR qui se montre sous les habits d’un démocrate attaché à la transparence. Ledit documentaire aurait été fait en wolof, le Palais ne serait pas autant périclité.  «Nous sommes au Sénégal, situé sur la côte ouest-africaine. Ici, des millions de personnes vivent dans la pauvreté. Pourtant, le niveau de vie pourrait être beaucoup plus élevé. C’est un pays riche en ressources naturelles. D’importantes réserves de pétrole et de gaz y ont été découvertes. Mais une partie de cette richesse s’est envolée à cause de la corruption». Cette froide et nouvelle description du pays de la « terranga », qui ouvre le documentaire de la BBC, est reçue par le régime comme une gifle. Macky Sall le chantre de la « gouvernance sobre et vertueuse » est démasqué et jeté en pâture à l’opinion internationale. Et les informations  explosives suffisent à établir sa très haute trahison envers le peuple sénégalais.La malédiction du pétrole, ce n’est pas uniquement la mésentente voire le conflit pouvant naitre entre des populations. C’est aussi et surtout quand un groupuscule met la main sur les ressources de tout un peuple laissé dans la misère.
Mame Biram Wathie

Les chantres de la division (Par Serigne Saliou Gueye)

De plus en plus, le discours identitaro-communautariste est distillé dans notre pays par des personnalités de premier plan qui n’hésitent pas à s’en servir pour assouvir des desseins ou ambitions politiques. On multiplie les comportements sectaristes et l’on exalte les particularismes diviseurs pour mener un combat politique.

Parmi ces intellectuels qui véhiculent ce discours identitaire, voire communautariste, l’on note le Grand Serigne de Dakar (GSD) Abdoulaye Makhtar Diop qui, lors de son face-à-face le 28 avril dernier avec Mamoudou Ibra Kane dans le Jury du dimanche de I-radio, a déclaré que le prochain édile de la capitale doit être un lebu.

Ne s’arrêtant pas en si bon chemin, Abdoulaye Makhtar Diop a réitéré successivement cette position stigmatisante lors du « Ndogou des célébrités » du site Dakaractu et dans l’émission de « Encore + » de la 2STV.

Aujourd’hui, c’est l’imam qui enfonce le clou en emboitant le pas au GSD.   « Je reçois des cadres, des jeunes et des femmes qui me disent : « Grand Serigne, il est temps que les cadres Lebu se manifestent et se battent pour que la ville de Dakar leur reviennent. Ils l’ont exprimé en réaction à certaines déclarations. Et ils ont raison. J’ai dit que ce n’est pas de l’ostracisme ni de la discrimination. J’ai donné des exemples historiques.

Armand Angrand maire de de Dakar toubab, Ambroise Mendy maire de Dakar Ndiago, Joseph Gomis maire de Dakar Ndiago, Lamine Guèye Saint-louisien, Clédor Sall Sénégalo-mauritanien. Seul Lamine Diack et Mamadou Diop sont des Lebu. La collectivité les a toujours accompagnés et les Lebu ont toujours occupé des postes d’adjoint.


Il faut se dire à l’époque que les Lebu ne s’intéressaient pas à la politique. Aujourd’hui, nous avons 19 communes d’arrondissement dans lesquelles nous avons sept ou huit maires lébu. S’ils sont reconduits, que cela soit Abdoulaye Diouf Sarr, Aliou Ndoye, Palla Samb, Babacar Mbengue et autres, pourquoi ne s’entendraient-ils pas pour que l’un d’entre eux soit maire de Dakar. Si vous prenez les 550 communes, les 500 sont contrôlées par des gens issus de la même localité.


Et c’est cela qui est normal. Moi je ne suis pas candidat à la mairie mais je vais les appuyer pour réaliser ce dessein ».« Si la coalition BBY présente un candidat Lebu, je le soutiens. Si c’est le PDS qui investit un candidat Lebu, c’est lui que je vais soutenir ».Telles sont les déclarations tenues au Grand Jury du dimanche de I-radio et sur le plateau de la 2STV les 28 avril et 30 mai derniers par Abdoulaye Makhtar Diop, député, 5e vice-président de l’Assemblée nationale et Grand Serigne de Dakar (GSD).

En termes clairs, le GSD milite pour que Dakar tombe dans l’escarcelle des Lebu. De tels propos qui dégagent les miasmes fétides du communautarisme, ont eu l’heur d’exaspérer Moustapha Diakhaté et Ibrahima Sène qui les ont qualifiés respectivement de « balkanisation communautariste » et de « projet est antinational et qui porte lourdement atteinte à notre cohésion sociale et à la convivialité des habitants de Dakar ». 

Le très taciturne, Doudou Diagne Diecko, président des amateurs de la lutte sénégalaise, s’est indigné d’une telle posture qui pue des réflexes identitaires ostracistes. «Je trouve que ce n’est pas sérieux de dire qu’il faut un Lebu pour diriger la ville de Dakar ou qu’il faut des Lebu pour assurer les responsabilités politiques liées à Dakar.

L’essentiel, c’est que l’élu soit natif de Dakar qui aime Dakar et qui soutient et assiste les Dakarois. Il y a des gens qui ne sont pas des Lebu mais qui sont beaucoup plus utiles pour Dakar et les Dakarois que certains Lebu. Alors qu’il y a des Lebu qui sont méchants et qui n’ont rien fait pour la communauté quand ils ont été portés à des postes de responsabilité».


Une rhétorique inféconde On pensait qu’un tel soliloque infécond, qui met à nu la dangerosité du repli identitaro-communautariste, allait être débattu à défaut d’être combattu par les Lebu, voilà que l’Imam Alioune Moussa Samb, profitant de la tribune que lui offre le prêche de la prière de l’Aïd el Fitr, rajoute une louche sur le feu de la division allumé par le GSD. « Dakar doit avoir un maire Dakarois. Paris aux Parisiens.


Dakar aux Dakarois », a-t-il déclaré impérialement le sceptre à la main. Et quand il parle de Dakarois de souche, il pense aux Lebu parce que certains d’entre eux, d’après des avatars et déformations de l’histoire, serinent que les premiers habitants de Dakar sont des Lebu. En prenant exemple sur Paris, l’imam a mis nu toute son inculture et son ignorance sur le fonctionnement de la mairie de capitale française.

L’actuel maire de Paris, Anne Hidalgo, est d’origine espagnole. Ana (son ancien nom espagnol) Hidalgo née près de Cadix, en Andalousie, s’est installée en France avec ses parents espagnols en 1961 avant d’obtenir la nationalité française en 1973. L’actuel maire de Londres, Sadiq Khan est né de parents d’origine pakistanaise. Par conséquent, cette thèse raciste et ostraciste de l’imam lebu ne peut pas être convoquée pour légitimer une éventuelle mise à l’écart anti-démocratique des citoyens candidats à la mairie de Dakar.

Ces propos exclusivistes et stériles colportés par l’imam et le Grand Serigne sont compromettants pour la belle entente et la cohésion séculaires entre les différentes ethnies de la capitale sénégalaise. Et cela risque de produire un effet boomerang car les électeurs de Dakar massivement non lebu, dans un sursaut de révulsion, voire de révolte, peuvent apporter la réplique en n’accordant aucun suffrage pour un candidat Lebu.

Une telle mentalité médiévo-hégémoniste, qui s’adosse à une ethnocratie rétrograde pratiquant une sévère discrimination à l’encontre d’une partie de ses citoyens, ne résiste pas aux valeurs universelles et modernes qui fondent la démocratie. L’omniprésence du discours identitaro-communautariste chez ces chefs Lebu est symptomatique d’une marginalisation dans la dévolution démocratique des postes électifs par les citoyens qui disposent de la seule souveraineté de délibérer lors des échéances électorales.

Par conséquent, le seul critère qui préside au choix de la tête de la mairie de Dakar, c’est d’être Lebu. Exit donc le critère d’appartenance politique, exit le programme de développement conçu pour la ville, exit la qualité de natif et résident de Dakar. La chose seule chose qui vaille, c’est d’être Lebu. Par conséquent, certains se demandent encore le criterium d’éligibilité sur lequel se fondent ces notabilités pour soutenir que la capitale doit être dirigée par un Lebu.

Sans doute la prévalence de l’appartenance à une ethnie a conduit Abdoulaye Makhtar Diop et son compère Alioune Moussa Samb à adopter des postures de rejet qui détonnent avec la transcendance de la communauté multiculturelle dakaroise. Leurs prises de position illustrent leurs comportements instinctifs de défense des intérêts de leur communauté d’origine, et non de celui de l’intérêt général. 

De telles déclarations ethnicistes venant d’une personnalité Grand Serigne de Dakar qui a l’Etat dans ses gènes, qui a presque occupé toutes les hautes fonctions nominatives ou électives ou d’un imam, symbole de la cohésion dans la diversité, ternissent l’image de l’autorité qu’ils doivent toujours incarner. Au moment où le président Macky Sall est critiqué à tort ou à raison pour son favoritisme à l’endroit de ses frères de même ethnie, voilà que le GSD et son imam brandissent eux aussi le Neddo Ko Bandum Lebu pour choisir le futur maire de Dakar.

Les Mandingues, premiers occupants de DakarEt soutenir que le prochain maire de la capitale doit être Lebu revient à dire que Dakar est une propriété des Lebu. Faire de Dakar un bien exclusif des Lebu est une imposture historique. Dakar n’appartient point aux Lebu au point que la mairie doit leur revenir de droit. En sus, les Lebu ne constituent pas l’ethnie majoritaire à Dakar au point de vouloir y imposer un maire appartenant à ladite communauté.

Il faut aller à la conquête des électeurs, gagner leur confiance pour accéder à la mairie de Dakar. A travers le monde, des groupes ethniques et linguistiques cherchent à revendiquer la primauté sur une localité en affirmant y avoir vécu plus longtemps que les autres. Mais la réalité est plus complexe que cela. Et si on revisite l’histoire, les Lebu ne sont pas les premiers habitants de Dakar.

Dans un post daté du 9 février 2016 du site Africa Check très spécialisé dans le domaine de la vérification des informations, il y est clairement indiqué que les Lebu ne sont pas les premiers occupants de l’île du Cap-Vert. Selon les historiens dont l’archéologue Ibrahima Thiaw de l’Ifan, « les Mandingues ont habité cette région bien avant les Lebu.


D’ailleurs, le site Internet de la ville de Dakar indique qu’en 1444, il y avait des Mandingues à Dakar et que l’occupation Lebu date de 1580 ».Toujours selon Africa Check, cette thèse est confortée par le professeur d’histoire Mamadou Diouf. Dans son mémoire de fin d’études intitulé « Contribution à l’étude des Lebu : la migration du Djolof au Cap-Vert », Diouf affirme que les Lebu sont « originaires du Fouta Toro (Nord) et qu’ils ont migré du Fouta Toro vers le Kayor.


Après une scission au 17e siècle, ils ont migré vers le Cap-Vert pour s’y installer ».« Mais bien avant eux, ajoute Diouf dont l’ouvrage est disponible à la bibliothèque de l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD) de Dakar, cet espace était occupé par des Mandingues. Une fois sur place, les Lebu y créèrent leur République ».Le brillant Abdou Khadre Gaye, président de l’ONG Emad, corrobore l’antériorité des Socé dans la presqu’île du Cap-vert dans ses écrits. « 


Lorsque le peuple Lebu quitte le Djolof pour Dakar il y a cinq siècles, il trouve déjà installés les Socé ou Mandingues. Les deux peuples vont cohabiter sans anicroches pendant 50 ans, avant que la discorde ne s’installe, poussant les Socé à s’exiler vers le sud du pays », enseigne-t-il. A notre époque, si sensible aux questions identitaires et communautaristes, les poncifs d’Abdoulaye Makhtar et d’Alioune Moussa mettent en lumière, la survie de stéréotypes ethnicistes, la montée d’une xénophobie de type nouveau.

Dakar est un melting-pot au point que ceux qui s’y sont installés les premiers et ceux qui y sont venus les derniers y ont les mêmes droits. Vouloir en faire une entité Lebu revient à privilégier le critère identitaire pour y élire un maire. Pourquoi demain ne dira-t-on pas que la mairie doit revenir aux tidianes, mourides ou layènes. Ou encore, chrétiens, musulmans ou athées. Rabâcher un tel discours au moment où les haines nées de l’identitarisme et du communautarisme compromettent le bon voisinage, le vouloir-vivre en commun, est une hérésie.

Le Sénégal est harassé de cette guerre irrédentiste du sud du pays construite sur des haines identitaro-communautaristes. Combien de fois n’a-t-on pas entendu les populations allogènes être qualifiés de colons nordistes par les rebelles casamançais ? De telles rhétoriques discriminantes vectrices de germes scissipares doivent être combattues par tous ceux qui sont épris de paix et soucieux de la cohésion sociale.

Pourtant l’imam Moussa Samb disait que « les Lebu ne sont pas une ethnie et que la « lébouité » est un comportement, un état d’esprit démocratique ouvert aux mondes ». Une telle phrase pleine de sagesse jure avec son sermon stigmatisant de l’Aïd el Fitr.Comme le dit le professeur d’Histoire Jean-Luc Lamouché, « tout individu – sur notre planète – ressent la nécessité d’affirmer son identité, tel un repère ou une boussole.

Cela est nécessaire et juste ; telle est la nature humaine. Ceci, à condition de ne pas vivre une identité simpliste, à sens unique, hostile à celle de l’Autre, qui devient vite l’ennemi, pour des raisons nationales, religieuses ou politiques. L’identité n’est donc pas en soi un danger, sauf si elle apparaît comme exclusive ».


 Malheureusement dans les discours distillés par les dignitaires lebu, transparaissent le refus de l’altérité, le déni de la différence, le rejet de la diversité. Or en ce 21e siècle, il faut penser et vivre « l’unité du multiple », comme le dit Edgar Morin.Se conformer à la ConstitutionQue l’on ne s’étonne pas demain si dans d’autres localités du Sénégal, l’on nous dit que telle ethnie ne doit pas briguer la mairie parce que n’étant pas originaire de la région.

La République est une et indivisible et c’est un principe unificateur qui cimente le vivre-ensemble de la Nation. Et mieux, cela est acté sur le marbre de notre Charte fondamentale dès son préambule. En effet, il y est stipulé que : « Le peuple du Sénégal souverain proclame le rejet et l’élimination, sous toutes leurs formes de l’injustice, des inégalités et des discriminations ». Et les Articles de la Constitution 1, 3 et 4 viennent renforcer cette idée d’égalité dans la République :« La République du Sénégal est laïque, démocratique et sociale.


Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens, sans distinction d’origine, de race, de sexe, de religion. Elle respecte toutes les croyances ».« La souveraineté nationale appartient au peuple sénégalais qui l’exerce par ses représentants ou par la voie du référendum.

Aucune section du peuple, ni aucun individu, ne peut s’attribuer l’exercice de la souveraineté ».« Les partis politiques et coalitions de partis politiques concourent à l’expression du suffrage. Ils sont tenus de respecter la Constitution ainsi que les principes de la souveraineté nationale et de la démocratie. Il leur est interdit de s’identifier à une race, à une ethnie, à un sexe, à une religion, à une secte, à une langue ou à une région ».

Serigne Saliou Gueye 

Ces indignations de circonstance par ( Demba Ndiaye )

Les acteurs du dialogue ne peuvent pas faire comme si les micmacs autour de nos ressources étaient un détail – Vous aurez remarqué qu’aucun guide religieux n’a fait allusion à cette affaire

Ça durera le temps de la rose, en étant généreux. Je veux parler des dernières indignations, relatives à la dernière affaire de gros sous, de gaz liquéfiant, de pétrole salissant. Je veux parler de cette gouvernance annoncée et promise propre, sans indélicatesse, ni famille envahissante ; je veux parler de cette promesse de réhabilitation d’une patrie longtemps mise à quatre pattes par des partis prédateurs ; je veux parler de nos éphémères et sans épaisseurs indignations face aux viols répétés de valeurs que nous pensions immuables. Je veux parler de ces hypocrisies qui semblent constituer notre ADN social.

Par ce que tout de même, il y a pour le moins, une énigme politique à élucider : comment une équipe politique qui s’est construite sur des projets de valeurs républicaines, la restauration de vertus (bonne gouvernance, bonne justice, une gestion vertueuse de la chose publique etc.), comment tout cela a foutu le camp en moins d’un mandat, fut il un septennat ? Comment les nouveaux zozos, redresseurs de torts de comptes publics, sont devenus des prédateurs en moins d’une décennie ? Comment ?

Pourquoi la famille a de nouveau mis la patrie à quatre pattes comme une vieille pute ravagée par une vie de soumission et de postures avilissantes ? Pourquoi le reniement est redevenu la valeur refuge des promesses électorales ? Pourquoi les chiens de garde aboient-ils si timidement, si faiblement, et si éphémèrement ? Pourquoi le glaive de dame justice ne frappe-t-il plus jamais les prédateurs au coeur de nos mœurs en dérive ? Je vais oser une grave suspicion : et s’ils étaient tous (la fameuse et impropre « classe politique ») complices ?

Pourquoi a-t-il fallu ce magazine de 11 minutes de BBC pour mettre en émoi la caste dirigeante et ses satellites et autres affidés ? Très probablement parce qu’il y a une constellation de bénéficiaires du ruissellement de ces prises d’intérêt illicites du gaz et pétrole du pays. Alors, tous coupables ? Responsables ? Complices ? Raccourci facile pour expliquer un si imposant dépôt de …complicités politico-sociales.
Parce qu’il faut être juste dans les actes d’accusation. 

De tous ceux qui hurlent aujourd’hui, il faut reconnaître qu’Ousmane Sonko est celui qui a crié le plus tôt et le plus longtemps sur ces saletés de gaz et de pétrole. On s’est même glosé sur son disque de 33 tours rayés. Il avait raison, mais probablement trop tôt et s’est mal expliqué. Les arguments ? Un fonctionnaire radié, donc aigri et revanchard ? Probablement cela cachait le fond : on vendangeait notre pétrole et notre gaz avant même qu’ils sortent des entrailles de la mer !

Le patron de l’ACT, ancien Premier ministre, Abdoul Mbaye, qui est aujourd’hui le plus virulent des pourfendeurs de la famille Sall, essaie laborieusement d’imbiber nos esprits d’un lourd prétexte pétrolier : on a été bernés à l’époque, en Conseil des ministres, par un rapport mensonger du ministre du secteur de l’époque, le détestable ministre de l’Intérieur d’aujourd’hui. Vengeance tardive ? Aller savoir…

TAS (Thierno Alassane Sall), ministre de l’énergie à l’époque des fameux décrets, lui aussi a fait montre de coups de gueule et de rétention d’informations dans cette affaire. En effet, s’il a toujours laissé pensé qu’il avait « démissionné » et non « démis » du fait d’une signature qu’il aurait refusé, il n’avait jamais été explicite sur l’étendue de ces décrets. C’est aujourd’hui qu’il se fait plus explicite.

Pour les autres opposants, c’est entre clair-obscur, réaction du bout pour des lèvres et autres exhibitions de documents (PDS). Ce parti joue une partie délicate : comment apprivoiser le généreux le régime de Macky tout en veillant à ne pas mettre en danger des « deals » secrets ? Comme celui de Conakry à la veille de la présidentielle. En effet, il semblerait que le président n’ait pas respecté le deal fait avec le président Condé comme…témoin, instigateur et garant de leur respect.

Reste une question qui n’est pas mineure : le « frangin-pétro-gaz-gate » s’invitera-t-il dans les « dialogues » en cours ? Les acteurs et participants à ces « machins » ne peuvent pas se retrouver la semaine prochaine face-à-face comme si de rien n’était. Comme si les micmacs autour de nos ressources étaient un « détail » dans les très sérieux dialogues en cours.

Un ami m’a dit : « on ne va quand même pas enterré l’affaire avec une ridicule commission parlementaire »? Je ne sais pas. Mais quand un président dit à ses forces vives, « ne me parlez pas d’augmentation de salaires, il n’y a pas d’argent », je serai enclin à aller dans la rue pour lui demander : sortez les contrats, pour qu’on voit combien BP et les autres officines nous ont pompés de CFA avant même que le premier litre soit sorti des fonds marins.

Ah oui, vous aurez remarqué qu’aucun « guide religieux », imam, n’a fait allusion à cette affaire, alors qu’elle faisait l’actualité depuis trois jours.

Des silences très bavards !

Sadikh Niass, Sg Raddho : On ne doit pas seulement s’arrêter à la réclamation de la démission d’Aliou Sall

Le Secrétaire général de la Rencontre africaine pour la défense des droits de l’homme (RADDHO) veut la lumière sur les révélations de BBC. Selon lui, les accusés ont davantage alimenté la polémique qu’apporter de vraies réponses. Pour Sadikh NIASS, il faut mettre à profit les corps de contrôle de l’Etat.

«Je pense qu’on ne doit pas seulement s’arrêter à la réclamation de la démission de Monsieur Aliou SALL à la tête de la Caisse de dépôts et de consignations, qui à mon avis, n’apporte pas grande chose à la manifestation de la vérité, autour de cette affaire.

Il faut que ce débat sur cette affaire de corruption autour de ces contrats soit clarifié une bonne fois pour tout. Et cela passera par une enquête indépendante menée par les corps de contrôle comme l’OFNAC et l’IGE sur cette affaire pour situer les responsables au-delà de la plainte annoncée par Aliou SALL qui vise seulement le délit de la diffamation.

Le Gouvernement devrait également déclassifié le rapport de l’IGE et publier tous les documents sur cette affaire au-delà des sorties qui ne font qu’alimenter la polémique. Les citoyens sénégalais ont droit d’être informés de ce qui s’était réellement passé et s’il faut créer une commission indépendante qu’on le fasse pour tirer au clair une bonne fois cette affaire autour de Frank Timis, élément principal dans cette affaire de corruption», observe le patron de la RADDHO, interrogé par Sud Quotidien.

Selon Sadikh NIASS, «au-delà de la plainte annoncée par Aliou SALL contre BBC au Sénégal et  à Londres, qui à notre avis, doit être traitée en mode fast track et des accusations graves et récurrentes depuis 2014, de corruption et de concussion autour de ce dossier de ces contrats de recherche signés entre l’Etat du Sénégal et Frank Timis sur les blocs Saint-Louis offshore profond et Cayar offshore profond » il est temps que les corps de contrôle se saisissent de cette affaire.

Le premier et l’ultime responsable, c’est le président de la République.

«Macky Sall est bien obligé de prendre parti puisqu’il est concerné. C’est-à-dire qu’il ne faut pas voir cette affaire comme étant entre Aliou Sall, F. Timis, Bp, Abdoul Mbaye ou Thierno Alassane Sall. Non ! Le premier et l’ultime responsable, c’est le président de la République. C’est sa responsabilité qui est convoquée dans cette affaire-là. Il est bien obligé de s’expliquer,

Il n’a pas voulu s’expliquer dans le fond. Mais, il a voulu jeter le discrédit sur des personnes alors que nous on leur propose des faits. Et les faits sont têtus. On est désolé. Il faut que le président s’explique. Il ne s’est pas encore expliqué… », a déclaré Thierno Alassane Sall sur Dakaractu.

Omar Faye, Leral Askan Wi : « si Aliou Sall ne démissionne pas, nous allons l’y pousser »

Le leader de « Leral Askan Wi », a aussi brisé le silence pour réagir sur cette affaire de corruption qui impliquerait Aliou Sall. Omar Faye estime que le peuple ne doit pas se laisser berner par les propos du maire de Guédiawaye, non moins Directeur de la Caisse de dépôts et de consignations (Cdc). Il demande à ce dernier de démissionner de tous ces postes, pour laisser la justice de faire son travail.

« Aliou Sall est une Ebola économique qui risque de tuer le peuple sénégalais. C’est une histoire de 7 000 milliards. Ce n’est pas n’importe quoi. On ne s’adresse pas au président de la République, on s’adresse à son frère Aliou Sall. Le problème concerne exclusivement Aliou Sall, qui est aujourd’hui une personne politiquement exposée au nom de l’image du Sénégalais, au nom de notre souveraineté, de la stabilité de notre pays, il doit démissionner. S’il ne le fait pas, nous allons le pousser vers la démission. Ce combat n’est pas un combat politique. C’est un combat citoyen. C’est l’avenir des milliers de générations qui est hypothéqué par le frère du président de la République », a-t-il pesté sur les ondes de la Zik fm.

L’opposition porte plainte contre Aliou Sall aux États-Unis et en Angleterre


Le Groupe parlementaire « Liberté et Démocratie » a déposé sur la table du président de l’Assemblée nationale depuis plus de  5 mois un dossier pour une enquête parlementaire sur l’affaire Petro-Tim. Mais, leur démarche est restée sans suite. La révélation est du député Cheikh Abdou Mbacké.

« Avec des affaires moins graves que le scandale de Pétro-Tim, nous avons constaté qu’une commission d’enquête parlementaire a été mise en place. Mais, comme cette affaire touche le frère du président de la République, nos collègues du pouvoir n’ont pas voulu en parler. Nous avons déposé tous les dossiers au bureau du président Moustapha Niasse depuis la dernière session budgétaire. Mais depuis plus de 5 mois, nous n’avons pas de réponse », a-t-il déclaré.

Mais, d’après le député, l’opposition parlementaire ne compte pas laisser les choses à l’état. « Face à cette stratégie de pourrissement, nous allons internationaliser le combat. Nous avons déposé des plaintes aux États-Unis et en Angleterre pour qu’Aliou Sall soit poursuivi », a soutenu Cheikh Abdou Mbacké.

AL Housseynou Wane , Directeur de l’exploitation à PETROSEN dénonce le contrat signé avec PetroTim.

L’an deux mille douze et le 13 juillet à Dakar, Nous Gallo Samb et Oumar Sarr, Inspecteurs généraux d’Etat en vertu de l’ordre de mission n° 035PR/CAB/IGE du 30 Mai 2012 prescrivant une enquête au niveau de PETROSEN, avons procédé à l’audition de Monsieur AL  Housseynou Wane, en sa qualité de Conseiller Exploration à PETROSEN.

  1. IDENTIFICATION
  • Prénom : Al Housseynou
  • Nom : Wane
  • Date et lieu de naissance : 31 Décembre 1952 à Dakar
  • Numéro de la pièce d’identification : 1 751 1953 000 37
  • Fonction : Conseiller Exploration à PETROSEN

1)  Depuis quand êtes-vous à PETROSEN ?

Je suis agent à PETROSEN depuis 1990     

2)Quelles ont été les fonctions que vous avez occupées à PETROSEN

         J’ai été chef de la division exploration puis directeur de l’exploration et directeur de la promotion

3) Etes vous membre de la Commission d’évaluation et de négociation ?

Oui je suis membre de la Commission de négociation depuis sa création. J’ai pratiquement assisté  à toutes les négociations. Avant la mise en place de la commission , j’étais un des principaux négociateurs  pour PETROSEN.

4) Sur quoi portaient habituellement les négociation ?

Les négociations portaient sur les contrats de recherche pétrolière . A cet effet les principaux éléments de négociations portaient sur :

–      La durée de recherche

–      Les programmes de travaux  à réaliser et les couts financiers

–      Le partage de profits

–      Le budget de formation et les formations à donner au personnel de PETROSEN

–      Les dispositions fiscales

5) Est-ce que les travaux de la commission se limitaient uniquement aux travaux de négociation ?

Généralement les compagnies font l’objet d’évaluation technique et financière par PETROSEN dés qu’elles manifestent leur intention. Lorsque l’évaluation se révéle concluante , la compagnie saisit officiellement les autorités d’une demande d’octroi de permis  de recherche. A cet effet, le Ministre en charge de l’énergie est saisi, puis nous entamons les négociations avec l’aval du Ministre. D’ailleurs la compagnie est invitée par le Ministre à entrer en négociation avec PETROSEN.

6) Est-ce toutes les demandes font objet de négociation

Absolument

7)Avez vous connaissance du contrat signé entre d’une part, l’Etat du Sénégal, d’autre part PETROSEN avec PETROTIM

Courant Avril 2012, la veille de ma mission à Houston (USA), j’ai été invité par le Directeur Général dans son bureau. Il m’a fait part de la signature d’un contrat de recherche et de partage de production d’hydrocarbures et j’ai constaté que ledit contrat portait la signature du Directeur général de PETROSEN et du Ministre en charge de l’énergie, le Ministre d’Etat Karim WADE.  J’ai fait observer au Directeur général que sans l’approbation du Président de la République , pour moi il n’y a pas de contrat

Plus tard , courant juin en parcourant le rapport de présentation du décret d’approbation du contrat signé avec PETROTIM, j’ai su que celle-ci est une filiale de PETRO ASIA dont le siége se trouve à HONG-KONG.

Je crois me souvenir que le contrat a été signé au mois de Janvier

7) Pourquoi estimez-vous que ce n’est pas un contrat ?

Le contrat doit être approuvé par décret pour être valable  

8) Avez- vous vérifié si PETROTIM est effectivement une filiale de PETRO ASIA ?

Non, je ne connaissais même pas l’existence de PETRO ASIA à plus forte raison de PETROTIM

9) Est-ce que la commission de négociation a été saisie de la demande de PETROTIM

A ma connaissance non

10)Pour vous quelles peuvent être les conséquences ?

Les risques probables sont l’absence de transparence et la non prise en compte de l’ensemble des travaux à réaliser vu que les experts qui connaissent le bassin sédimentaire et les travaux que cela nécessite n’ont pas été associés.

11)     Quel est le risque que la compagnie demanderesse n’ait pas été préalablement évaluée ?

Le risque principal est le retard apporté au déroulement du programme de recherche pétrolière dans le bassin sédimentaire. Autre risque , c’est la possibilité de voir la compagnie spéculer avec le titre qu’elle a en main. Habituellement nous mettons dans les contrats des dispositions qui sont de nature à limiter les possibilités de spéculation.

12)     Est ce PETROSEN dispose de documentation sur les compagnies bénéficiaires de contrat de recherche ?

Oui nous disposons  toutes les informations notamment les informations concernant : les statuts, les membres fondateurs, le conseil d’administration et le certificat d’incorporation.

Ces documents sont certainement archivés au secrétariat de la Direction générale ou au service juridique. Les mêmes documents doivent exister en copie au niveau de la Direction des Hydrocarbures du Ministère en charge de l’Energie.

13)     Est-ce que les compagnies bénéficiaires de contrat de recherche payent un bonus de signature

Depuis 1986, Le Sénégal a opté pour la suppression du bonus de signature. L’objectif était de rendre le Sénégal attractif en facilitant l’accès de la destination Sénégal aux compagnies de recherche pétrolière.

14)     Dans ce contexte , trouvez vous normal que le Sénégal demande à une compagnie de payer un bonus de signature ?

Non , une telle demande serait en porte à faux avec les motivations de l’exposé des motifs de loi portant Code pétrolier

15)     La demande de paiement de bonus peut –elle être motivée par le désir de rendre compétitif l’offre de la compagnie concernée ?

Toute demande tendant à rendre l’offre d’une compagnie compétitive consisterait à demander à cette compagnie d’augmenter son programme de travaux de recherche  et de les intensifier.

Le bonus , s’il est sollicité, doit faire l’objet de mention dans le contrat.

16)Est-ce qu’il y avait d’autres concurrents sur les blocs qui ont été attribués à PETROTIM

Il y avait beaucoup de concurrents notamment TULLOW OIL avec laquelle nous étions en négociation. Les négociations avec TULLOW étaient très avancés . Avec TULLOW nous étions en fin de négociation car il y avait accord sur pratiquement tous les points de négociation. Le seul point sur lequel il n’ y avait pas un accord portait sur la clé de répartition des productions et profits en cas de découverte de gaz.

Je rappelle  que TULLOW, qui a été subrogée dans le droit d’Energy Africa relativement au Saint Louis offshore peu profond , a demandé à bénéficier de contrats de recherche portant sur le Saint Louis offshore profond et le Cayar Offshore profond.

Lorsque j’ai constaté  que ces deux blocs ont été attribués à PETROTIM, j’ai exprimé au Directeur général ma désapprobation parce que j’ai trouvé la maniére peu élégante . Il y’ a un gentleman agreement qu’il faut respecter. La signature du contrat avec PETROTIM n’est pas bonne pour la réputation PETROSEN et l’image du Sénégal. Je veux parler des méthodes utilisées pour signer ces contrats. Les compagnies qui avaient déjà leurs demandes enregistrées au Sénégal pour les mêmes blocs apprenant que l’Etat du Sénégal a signé avec PETROTIM dont la demande n’était pas préalablement enregistrée auront une mauvais image du Sénégal, or dans le secteur pétrolier , les acteurs se connaissent.

Il a été précisé à TULLOW dés l’entame des négociations qu’il n’y a pas de bonus de signature

source : dakarmatin

Aliou Sall, vérités et mensonges d’un « naufragé» Oil & Gas (Par Bassirou Diomaye FAYE).

« On peut tromper une partie du peuple tout le temps et tout le peuple une partie du temps, mais on ne peut pas tromper tout le peuple tout le temps » » Abraham Lincoln

Suite aux révélations de la BBC sur un « scandale à 10 milliards de dollars » au parfum de corruption impliquant Frank Timis et Aliou Sall, à travers les sociétés Petrotim, Timis Corporation et Agritrans, une société appartenant à Aliou Sall (qui l’a créée pendant qu’il était fonctionnaire), ce dernier, à travers une conférence de presse tenue le 04 juin 2019, a tenté de laver son honneur et celle de la famille Sall.

En substance, l’enquête sous forme de documentaire vidéo révèle que British Petroleum (BP), le géant de l’énergie qui exploite le gisement de Gaz naturel liquéfié de Grand Tortue Ahmeyim (Entre le Sénégal et la Mauritanie), a accepté de payer près de dix milliards de dollars à Frank Timis, un homme d’affaires impliqué dans un contrat pétrolier controversé : l’attribution des blocs de Saint Louis Offshore Profond et Cayar Offshore profond.


La BBC rappelle que BP avait acheté les actions de Frank Timis dans un gisement de gaz au large des côtes du Sénégal pour 250 millions de dollars en 2017 et que les documents obtenus par BBC Panorama et Africa Eye révèlent que BP versera également à sa société, Timis Corporation entre neuf et douze milliards de dollars en redevances, soit près de 6 000 milliards de FCFA sur la durée de la Concession. Pauvre Sénégal !

Face à de telles accusations, pour le moins gravissimes, Aliou Sall n’a pas convaincu. Sa conférence de presse n’a été qu’une ridicule mise en scène d’un comédien visiblement mal en point dans son rôle. Pire, les arguments et affirmations passés, à la loupe, durant des émissions passées, notamment Faram facce avec Pape Ngagne Ndiaye, révèlent un tissu d’incohérences et de contradictions dignes d’un gamin de cinq ans pris la main dans le pot de confiture et qui ne pense qu’à blablater, face à l’urgence, pour se dédouaner.

Aliou Sall a travesti la réalité des faits pour semer le doute

Aliou Sall, considère que la BBC n’a donné la parole qu’à l’opposition radicale et à un ancien collaborateur de Frank Timis qui est en bisbille avec lui, passant sous silence le fait que la BBC lui a bien offert l’opportunité de se prononcer sur le sujet avant publication. D’ailleurs, il reproche au média anglais de n’avoir que très peu pris en compte ses arguments. Une chose est sûre c’est que BBC a mis en écrit dans le reportage les réponses de ses avocats. La chaine a publié des extraits des interviews ainsi que des réponses produites par Aliou Sall. On voit même clairement la journaliste poursuivre un haut responsable de BP qui a refusé de répondre à ses questions.

Pour une enquête qui aura duré une année, selon la journaliste Mayeni Jones, difficile de faire croire à une légèreté de l’enquête. Faut-il souligner qu’Aliou Sall ne réfute pas le contrat révélé par BBC qui le liait à Timis ? Tout au plus, se plaint-il que son salaire, qui est privé et confidentiel soit révélé au monde. Cela signifie que les autres documents exhibés par la chaine anglaise sont du béton. Ils ont obtenu le vrai contrat d’Aliou Sall, logiquement la même source leur a donné accès aux autres documents. Qui du reste est aussi bien placé qu’un proche collaborateur frustré de Frank Timis pour balancer ?

Par ailleurs, il s’offusque que la BBC ait fabriqué de fausses informations en affirmant que des manifestations ont eu lieu contre l’attribution des blocs à Petrotim. Mais, contrairement à ce que dit Aliou Sall, cette manifestation a bel et bien eu lieu. En effet, entre 2012 et 2016, toutes les demandes de marche déposées par l’opposition ont été refusées. Ce n’est en effet que le 14 octobre 2016 que la première marche sous l’ère de Macky Sall a eu lieu. Je faisais partie des membres de l’opposition qui ont été gazés à hauteur de la RTS. Cette marche, organisée par le front Manko Wattu Sénégal, avait effectivement pour but de dénoncer le bradage des ressources naturelles par la famille Sall au profit de Frank Timis. S’y grefferont la réclamation de la transparence du processus électoral et la défense des libertés démocratiques (https://www.youtube.com/watch?v=uKIZymOhNuE).

La BBC n’a donc rien inventé. C’est bien Aliou Sall qui feint l’amnésie ou qui compte jouer sur une hypothétique amnésie des sénégalais. D’ailleurs c’est le même jour qu’il a démissionné de Petrotim pour, disait-il, mettre à l’aise le Président de la République, son frère. Ce qu’il a rappelé dans sa conférence de presse en ces termes : « Quand la polémique a enflé, j’ai pris ma responsabilité et j’ai quitté ». Sa page Facebook, sur laquelle était annoncée cette démission reprise par la presse n’affiche plus aucune publication sur l’année 2016. Allez savoir pourquoi… Mais un crime n’est jamais parfait.

Quand Aliou Sall jette Wade & fils en pâture pour dédouaner Macky

Aliou Sall est malhonnête. Très malhonnête. Sauf à lui concéder peut-être quel qu’instinct de protection du grand frère Macky qui l’aurait emporté « humainement » sur tout le reste, on comprendrait difficilement qu’il cherche à enfoncer le clan Wade en lui imputant de façon mensongère la signature des décrets d’approbation signés le 19 juin 2012 par Macky Sall? (voir Décrets n°2012-597, portant approbation du CRPP d’hydrocarbures conclu entre l’Etat du Sénégal, PETROSEN et PETRO-TIM Limited pour le permis de Saint-Louis Offshore profond et décret n° 2012-596, portant approbation du CRPP d’hydrocarbures conclu entre l’Etat du Sénégal, PETROSEN et PETRO-TIM Limited pour le permis de Cayar Offshore profond).

Le plus grave c’est quand il déclare, toute honte bue, que « M. Abdoulaye Wade avait bel et bien signé le décret approuvant la concession qui a été donné à Petrotim », essayant ainsi de

jouer la confusion aux yeux de l’opinion entre les contrats de concession et les décrets d’approbation nécessaires à leur validité conformément au Code pétrolier de 1998, alors en vigueur. Le discours de son grand frère de sang de ce jour de korité où, malgré la ferveur et les « séquelles positives » des dévotions du mois béni, il est apparu groggy et amer, traitant les concitoyens qui l’ont porté au pinacle, d’hypocrites (nafeeqh) et de fumistes (rambaaj) au lieu d’appeler au pardon et à la concorde nationale, entrerait sans doute dans la même veine d’instinct de protection du petit frère. 

Soutenir, comme il l’a fait, que « c’est dans le cadre de la continuité de l’Etat que Macky Sall a confirmé ces décrets qui ont été déjà signés par Wade » n’est ni plus ni moins qu’une flagrante contre-vérité d’un grand manipulateur. Un décret déjà signé par un Président de la République ne se confirme pas ! La continuité de l’Etat ne saurait justifier que le Président entrant confirme, par sa signature, les décrets signés par son prédécesseur. D’autant plus que l’IGE auprès de laquelle Macky avait commandité une enquête lui recommandait d’annuler le

contrat signé par A. Wade. Si tel est le cas, qu’il dise donc pourquoi le Président Macky Sall n’a pas confirmé le décret instituant une taxe sur les appels entrants ? Pourquoi n’a-t-il pas confirmé la dénonciation des accords de défense avec la France qui avait déjà été obtenue par Wade ?


Les arguments d’Aliou Sall sont trop légers trop tirés par les cheveux. Ils donnent l’impression d’un naufragé en proie aux vagues et effluves Oil & Gas et qui cherche à s’extirper du guêpier de la BBC. L’homme sûr de lui qui claironnait, le 07 septembre 2016, face à pape Ngagne NDIAYE, en prenant Dieu à témoin « Je ne regrette rien, si c’était à refaire, je le referais » et qui disait toute sa fierté de faire partie de l’aventure pétrolière au Sénégal est apparu moins hautain tout d’un coup,, moins arrogant et en proie au doute. « Si j’avais soupçonné un seul moment que des découvertes aussi importantes allaient être faites, je n’imagine même pas que j’allais m’aventurer dans cela », lance-t-il, la mine déconfite.
Personnellement, je ne crois traître mot de cette déclaration. Je crois, au contraire, que c’est justement parce qu’il a du flairer le coup qu’il a abandonné le public pour, comme lui-même le dit, « partir à la recherche d’opportunités dans le privé ». Se jeter sur l’opportunité aurait été plus honnête expression de sa part pour qualifier ce qui s’est réellement passé. Mais, le plus cocasse c’est quand M. Sall dit avoir quitté la fonction publique « parce qu’il était apparu que ce n’était pas convenable, pour lui, à ce moment PRECIS, où le fils du Président Abdoulaye Wade était accusé d’implication excessive dans la gestion des affaires de l’Etat, d’assumer des fonctions publiques ».
Ma conviction en écoutant Aliou Sall c’est qu’il prend les Sénégalais pour des moins que rien. Pourquoi cherche-t-il à figer la convenance à un « moment précis » ». Mais, rien n’a changé, bon sang ! Bien au contraire. L’implication de la famille sous Wade ne s’était limitée qu’à Karim Wade et sa sœur. Mais, sous le Président Macky Sall, on a parlé et continue de parler de dynastie FAYE-SALL impliquant la fratrie, la famille et la belle famille. On ne parle plus d’implication excessive mais d’accaparement total.
C’est justement parce que rien n’a changé, que les choses ont au contraire empiré, qu’Aliou Sall continue à être une personne politiquement exposée (PPE), cause pour laquelle les

américains avant l’entrée de Kosmos Energy dans les blocs en question ont exigé qu’il quitte purement et simplement.

Aliou Sall brouille les pistes : une commission d’enquête pour le blanchir ?

C’est pour la même raison, qu’on ne saurait croire à une commission d’enquête parlementaire. Pourquoi, le suggère-t-il d’ailleurs en premier Depuis 2016 qu’on parle des conditions d’attribution nébuleuses des blocs de Saint-Louis Offshore Profond et Cayar Offshore, notre Assemblée nationale est aux abonnés absents. Bien au contraire, la majorité mécanique, s’est érigée en bouclier vilipendant et insultant tous les opposants qui ont réclamé de la transparence dans la gestion des ressources naturelles. Pourquoi nos vaillants députés sortiraient-ils de leur torpeur comme par magie pour mettre en place une commission d’enquête parlementaire que l’opposition a vainement réclamée en son temps ?
Le feraient-ils fait, du reste qu’il s’agirait purement et simplement d’une entreprise de blanchiment du forfait mis davantage à nu par la BBC. Pour rappel, une plainte a été déposé par depuis le 26 décembre 2014 en plus d’une autre dénonciation déposée le 15 février 2016.

Aliou Sall dit avoir été entendu de 10h à 17h et que Frank Timis a été entendu pendant 6 tours d’horloge. Il est malheureux de constater, qu’à la page 92 du rapport de l’Ofnac pour l’année 2016, soit plus de deux années après, il est juste mentionné que « l’enquête suit son cours ». Merci à Africa Eye et à la BBC. 
À suivre la ligne de défense du gouvernement, ce blanchiment politique des malversations commises par les hommes politiques semble être la mission réelle des organes de contrôle et autres structures dédiées. Cela est d’autant plus vrai que le gouvernement, le président Macky Sall en premier, dans son allocution faite après la prière de la Korité, n’a trouvé rien de mieux à nous servir qu’un ramassis de décrets et de lois instituant un COS-Pétrogaz ici, un institut du pétrole et du gaz par-là, si ce n’est l’adhésion à l’initiative ITIE ou encore la création d’un fonds pour les générations futures qui est chantée. Pauvre Sénégal !

Un dialogue commandé par des renseignements sur l’imminence du BBC-gate ?

Voilà bien des raisons qui imposent une certaine prudence dans le cadre du dialogue. Au-delà du volet technique (discussions naturelles sur le processus électoral, le fichier et l’autorité indépendante qui devra gérer) le reste cache aussi bien une duperie qu’un chameau qu’on essayerait de dissimuler sous un lit. Les Sénégalais se rappellent, sans doute, de la phrase pas du tout anodine du chef de l’Etat lors du lancement : « si on ne s’unit pas, des étrangers viendront nous diviser pour s’accaparer de nos ressources ».

Pourquoi après nous avoir dénié toute science sur le pétrole et le gaz et donc toute légitimité à nous prononcer (avec à la clef les menaces ridicules de Boun Abdallah Dione alors 1er Ministre), pourquoi après avoir dit qu’il était prématuré de parler de pétrole et de gaz car aucune goutte n’est encore sortie, vouloir poser un débat sur la même question alors qu’entre

temps nous ne sommes pas devenus « ingénieurs pétrogaz » et que pas une seule goutte n’est encore sortie ?

Au nom de la lignée des guerriers, l’honneur au cœur

J’ai encore l’espoir ténu, comptant sur l’ADN de la lignée des guerriers dont ils se réclament, que pour l’honneur familial et la préservation de la pureté du « sang royal », qu’Aliou Sall portera plainte contre la BBC, là-bas, au Royaume uni. Cela aura le mérite de réactiver la plainte qui a été initialement déposée contre BP dans ce pays et contribuera à la manifestation de la vérité.
En attendant, j’espère fortement que les organisations citoyennes et les citoyens prendront le leadership dans cette bataille que les politiciens et quelques personnalités sont un peu trop seuls à porter depuis 2016. Et même si, en synergie avec les ONG de lutte contre la corruption à l’international, l’accent doit être mis sur la plainte déposée à Londres contre BP, ma conviction profonde est que dans cette magistrature se trouvent encore des juges qui se battent pour redorer le blason de la justice sénégalaise et pour défendre leur honorabilité. Voilà pourquoi, une plainte, avec constitution de partie civile devant le juge d’instruction mettrait les juges, qui sont tout aussi Sénégalais que nous tous, face à leurs responsabilités et à l’histoire.

Bassirou Diomaye FAYE
Coordonnateur du mouvement des cadres patriotes
PASTEF-LES PATRIOTES.

Global Witness demande au Royaume-Uni et aux Etats-Unis d’enquêter sur BP et sur « le bad boy » Frank Timis

Global Witness demande au Royaume-Uni et aux Etats-Unis d’enquêter sur BP et sur « le bad boy » Frank Timis
Global Witness demande aux juridictions britanniques et américaines d’enquêter sur le géant pétrolier BP et l’un de ses partenaires au Sénégal, le célèbre homme d’affaires Frank Timis, au sujet d’un accord estimé à 10 milliards de dollars sur des blocs de gaz offshore. Les détails de l’accord ont été révélés par la BBC lundi.

Les paiements secrets soulèvent des inquiétudes quant au fait que l’une des plus grandes entreprises britanniques s’est rendue complice de corruption, en récompensant des pots-de-vin antérieurs.

Des entreprises liées à l’homme d’affaires Frank Timis ont été accusées de corruption, de mensonges à des investisseurs et de liens avec des violations des droits humains. Au Sénégal, il a été controversé pendant des années avant son accord d’avril 2017 avec BP, en raison d’une relation prétendument corrompue avec Aliou Sall, le frère du président.

Les sociétés Timis ont payé Aliou Sall en tant que consultant pendant plusieurs années avant l’opération BP. Global Witness estime qu’il existe un risque qu’Aliou Sall utilise sa relation familiale avec le président pour promouvoir ses intérêts commerciaux et ceux de Timis.

« C’est l’un des scandales de corruption les plus graves qui ait jamais frappé l’industrie pétrolière. Les forces de l’ordre britanniques et américaines devraient enquêter pour savoir si Timis a acquis ou conservé les blocs en raison de pots-de-vin et si BP a fini par récompenser la corruption à hauteur de plusieurs milliards de dollars « , a déclaré Daniel Balint-Kurti, chef des enquêtes chez Global Witness.

En tant que société britannique dont les actions sont cotées à la Bourse de Londres et à New York, les services répressifs du Royaume-Uni et des États-Unis seraient chargés d’enquêter sur les activités de BP. Timis a d’étroites relations avec le Royaume-Uni, possédant un Penthouse dans la riche région de Knightsbridge, à Londres, et ayant fait valoir ses compétences en faisant entrer deux sociétés à la bourse de Londres, l’Alternative Investment Market.

British Petroleum connaissait la relation entre Timis et Sall

BP a versé à Timis 250 millions de dollars d’avance pour une participation de 30% dans les champs gaziers en avril 2017, et en plus de cela lui a promis au moins 9,3 milliards de dollars en redevances sur environ 40 ans, selon le Panorama de la BBC et Africa Eye. Pour mettre ces chiffres en contexte, le budget du Sénégal l’an dernier était de 6,3 milliards de dollars, et environ 40 % de la population vit avec moins de 2 dollars par jour. BP était au courant de la relation de Timis avec Aliou Sall.

BP a déclaré à la BBC qu’elle « rejette toute implication selon laquelle elle aurait agi de manière inappropriée ». Elle a déclaré qu’elle avait  » effectué une vérification diligente approfondie et appropriée  » dans des domaines tels que  » le respect de l’éthique et la lutte contre la corruption  » et que son investissement apporterait des  » bénéfices substantiels  » au Sénégal.

Frank Timis a déclaré que les allégations de la BBC « sont totalement fausses » et qu' »il n’y a eu aucun acte répréhensible ». Il a nié les allégations de pots-de-vin.

 

https://www.globalwitness.org/en/press-releases/global-witness-calls-on-uk-and-us-to-investigate-bp-and-city-bad-boy-frank-timis/

 

La faillite morale d’un Président!(Par Cheikh Tidiane).

Le message du Président de République à la fin de la prière de la Korite est encore plus pathétique que la conférence de presse de son frère. Une grande arrogance et un semblant de sérénité qui cachent en réalité un profond malaise.

Macky Sall n’a pas parlé en Président de la République mais en frère d’Aliou Sall. C’est ce qui fait qu’il n’a pas la dignité de cette charge.

Nous lui avions conseillé, dès le début, d’éloigner sa famille des affaires publiques mais il n’a rien écouté. Non content d’avoir cédé une partie de notre pétrole à son frère Aliou Sall, il l’a aussi mis à la tête de la plus grande banque de l’État : la Caisse des Dépôts et Consignations, après avoir parrainé son élection à la mairie de Guediawaye.

Je ne parle même pas de son beau-frère avec son super ministère dont le budget frôle les 1000 milliards. Toutes les ressources destinées aux politiques sociales et à la solidarité nationale entre ses mains, pour une redistribution ciblée dans les reseaux parrainées par le Clan. Dautres scandales de corruption en perspective?

Aliou Sall, depuis que nous le connaissons en 2012, n »a qu’une seule ligne dans son CV, c’est d’être frère du Président de la République du Sénégal.

Croyez-vous une seule seconde que le prédateur Frank Timis l’aurait recruté si Macky n’avait pas remporté l’élection en 2012?

Croyez- vous une seule seconde qu’il aurait eu le courage et les moyens de se présenter la mairie de Guediawaye en 2014 si son frère était resté dans l’opposition?

Imaginez-vous ses chances de diriger la CDC si on avait demandé à tous les sénégalais de déposer leur candidature pour ce post ?

Non Macky Sall, je ne laisserai personne me prendre pour un imbécile. Et c’est ce que jai ressentis en vous écoutant.

Nous vous avons confié la garde de notre bien public. Il ne peut en aucun cas appartenir à votre famille. Vous avez l’obligation de nous rendre des comptes et vous le ferez. Je vous le promet, vous ne pourrez pas nous snober. Pas cette fois-ci. Le Sénégal ne sera pas de ces Républiques bananières détruites par des bandes claniques soutenues par leurs réseaux de courtisans locaux et étrangers.

J’invite les acteurs politiques, la société civile, les organisations de lutte contre la corruption et de défense des droits de l’homme, les syndicats et mouvements de jeunes et de femmes, bref toutes les forces vives de notre Nation à se mobiliser, à s’indigner et à s’organiser. Cette effroyable corruption au sommet doit cesser.

J’appelle la jeunesse à se préparer. …Nous vous appellerons bientôt. Soyez prêts.

Les voleurs de milliards de la république, entre déraison et cynisme

« Si un homme a beaucoup plus qu’il ne faut, c’est que d’autres manquent du nécessaire. » Cette pensée de Tolstoï sied bien à la situation de beaucoup de nos compatriotes, qui peinent à manger à leur faim, à s’habiller convenablement, grosso modo à vivre dignement, pendant qu’un groupuscule de petites gens malhonnêtes, à l’appétit financier pantagruélique et à la cupidité insatiable, animées par l’esprit de lucre, prennent un malin plaisir à voler les milliards du contribuable à l’envi.

Quand je vois la kyrielle de zéros derrière les chiffres de leurs biens stratosphériques, je me dis soit j’ai des illusions d’optique soit les journalistes ont dû se tromper d’unité. Que nenni ! C’est la triste réalité. À la question jusqu’où peut mener la cupidité ? Je suis tenté de répondre souvent au cynisme et à la déraison.

Ces biens du contribuable n’auraient-ils pas pu permettre de construire des hôpitaux et des écoles ou de créer une certaine richesse dans le pays ? Au moment où des femmes meurent en donnant la vie pour faute de moyens ; au moment où beaucoup jeunes meurent sur le chemin de l’émigration pour fuir la pauvreté ; au moment où le taux d’alphabétisation stagne dans certains secteurs du pays, etc. Ces fossoyeurs de la république pitié ni scrupule.

Manquer du nécessaire peut constituer une boîte de Pandore pour des citoyens d’un pays. À cause de la pauvreté, une femme vertueuse, dans le dénuement total, peut être tentée par l’appât du gain de la prostitution, alors qu’un honnête homme au chômage peut être attiré par le vol ou l’agression. Car le la pauvreté absolue déshumanise.

Beaucoup de maux peuvent infester une société à cause du détournement de deniers publics. Ces fossoyeurs contribuent non seulement à l’instabilité et au sous-développement du pays, mais ils suscitent et ravivent la perversion des mœurs et la dégradation des valeurs morales, ne-serait-ce que par leurs mauvais exemples.

À une question sur sa vie, le controversé milliardaire Marcel Dassault répondait : « Je vis modestement, on ne peut pas manger sept poulets par jour.» Ce qui est une preuve des limites physiques de l’être humain.

Limité, l’Homme ne l’est-il pas aussi dans l’espace et dans le temps ? Pourquoi alors voler tant de milliards ? Si on sait qu’on ne vivra pas un nombre suffisant de jours pour pouvoir en profiter. Surtout quand on est au crépuscule ou à l’après-midi de sa courte vie. La longévité de Mathusalem et de Noé n’est-elle pas qu’un vieux souvenir ?

Sans doutent s’imaginent-ils éternels dans notre monde où vivre jusqu’à 140 ans relève d’un miracle, malgré le développement sans précédent de la médecine. Ces pilleurs de la république sont-ils assez déraisonnables pour ne pas savoir qu’on a beau possédé un immeuble ou des milliers de maisons, mais on ne peut passer une nuit que dans une chambre et sur un lit ? Sont-ils assez sensés pour savoir qu’on a beau avoir une ribambelle de voitures, mais on peut en conduire qu’une à la fois. La cupidité semble être un défaut aveuglant.

N’ont-ils pas lu le saint Coran ou visité la magnifique vie du Prophète (PSL), eux qui se réclament haut et fort musulmans et n’hésitent pas à se battre si on les traite de mécréants, pour se rendre compte de la frugalité de la vie qu’il menait, bien que beaucoup d’opportunités d’enrichissement licite se fussent souvent présentées à lui.

Peut-être veulent-ils mettre leur postérité à l’abri du besoin pécuniaire. Mais, est-ce raisonnable de thésauriser iniquement l’argent du peuple pour les générations futures alors que ses contemporains, qui peuvent même être ses voisins proches meurent de faim ? Je suis perdu dans cette forêt d’interrogations. Si vous avez les réponses, veuillez me montrer sur le chemin.

Entre un vieux que j’ai entendu l’autre jour dire à la radio qu’il faut les amener à Fann, parce qu’il faut être fou pour voler tout cet argent dans un pays pauvre comme le Sénégal et un autre qui disait qu’il faut les emprisonner à perpétuité à Reubeuss, parce que ceux sont de vrais criminels, mon cœur balance.

L’idéal pour moi serait d’installer un petit Fann à Reubeuss, pour qu’ils puissent y être soignés de leur insanité au moment de purger leur peine. Gandhi semblait avoir bien d’affirmé « Il y a assez de tout dans le monde pour satisfaire aux besoins de l’homme, mais pas assez pour assouvir son avidité. » Wërsëg du doy, doylu mooy Wërsëg

Comptes et mécomptes du pétrole

Il y avait une fois, dans un pays situé entre la Mauritanie, le Mali, le Cap-vert et la Guinée; un pays éventré par la Gambie, deux frères qui étaient devenus, par le miracle de la politique, immensément riches dans un pays étonnamment pauvre.Pour gagner sa vie, l’un des deux frères, Aliou Baba, qui n’avait aucune connaissance du pétrole et n’avait jamais creusé un seul trou durant toute sa vie, même en jouant, trouva du pétrole enfoui à Saint-Louis, Rufisque, Bargny et Kayar.

Avant même que le pétrole ne jaillisse des entrailles de cette terre bénite par les anciens; avant même que les premiers coups de perforation ne tombent pour aller puiser cet or noir dans les entrailles de cette terre bénite, les millions et milliards avaient jailli, comme par enchantement, de ses comptes bancaires, le rendant riche du jour au lendemain. Aliou Baba avait deviné où le pétrole se trouvait exactement, comme par flair.

Certaines mauvaises langues affirmèrent que son frère, ingénieur en pétrochimie, était son flair. Son frère savait tout du pétrole. Il avait été initié au pétrole mais pas au droit.Tout ce qu’Aliou Baba avait fait, c’était ouvrir une société qui lui permettrait de trouver des partenaires peu recommandables, pour exploiter cette richesse nationale, inespérée qui allait propulser le pays vers la prospérité.

Dissuadé par son oncle Igéyeu de ne pas signer le décret qui allait autoriser l’exploitation de ce patrimoine national commun, son frère s’entêta et cautionna l’acte posé par Aliou Baba dont les émoluments prirent des proportions inquiétantes et alléchantes du jour au lendemain. L’ancien pauvre était devenu un nouveau riche.

Très vite et trop vite pour susciter les investigations de citoyens patriotes indignés.Et c’est ainsi, que de contrat à décret, de frère à frère, de cousins à courtisans, de partisans à profiteurs, de planques à banques, de maris à femmes et d’usurpateurs à receleurs, on se transmit le secret de ce fabuleux trésor dans l’espoir de vivre soi-même, ses parents et ses descendants dans le luxe et la splendeur jusqu’à la prochaine alternance qui allait réanimer la (CREIP) Cour de Répression de l’Enrichissement Indécent par le Pétrole.

Aliou Baba, le frère, vendeur artificiel et accidentel de pétrole, avait ramené au pays un ami, Pank Fumiste, dont le nom symbolisait le crépuscule, pour l’aider à extraire gaz et pétrole au nez et à la barbe des populations. Avant même qu’une seule goutte de pétrole ne sorte de terre, Aliou Baba était devenu riche. Immensément riche, à tel point que son ventre s’imposait comme un écran devant lui, l’empêchant de voir la réalité : le bien national.

Le pétrole s’était transformé en sacs d’or et en billets de banque. Le crépuscule annonçait la tombée de la nuit. Mais les voix averties multipliaient leurs décibels pour que le pays ne tombe jamais dans la nuit de la malédiction du pétrole du fait de Crépuscule.

Il fallait pour cela garder les yeux ouverts pour ne laisser aucune chance à la nuit noire du pétrole, source de tant de conflits, plonger le Sénégal dans le chaos et les règlements de compte.Un jour, des citoyens curieux et des journalistes déterminés, fouillèrent, investiguèrent et découvrirent au fond d’un repaire, en prononçant «sésame ouvre-toi», toute une richesse acquise du fait des contrats douteux signés contre les intérêts vitaux et supérieurs du pays, cette grotte enchantée.

Ils décidèrent de tirer au clair cet exploit réalisé par un homme qui, en peu de temps, était financièrement passé de rien à tout. Ils n’avaient pas besoin de le traquer. L’homme puait le pétrole, rendant sa traçabilité facile. En le pourchassant, ils prirent la précaution de ne pas allumer de feu, même pour fumer, de peur qu’il ne s’enflamme.

Le lendemain, à la nuit close, une journaliste nommé Bibici Dégn Koumpa, ne voyant pas s’autosaisir la justice et l’Assemblée nationale (l’AN), enquêta et découvrit, après les nombreux Sénégalais qui l’avaient précédé sur l’affaire et avaient déjà crié «aux voleurs! », le secret de cet enrichissement en mode fast track.

Bibici Dégn Koumpa s’alarma et révéla le scandale au grand jour. Aliou Baba, considéré comme le chef de bande ne se tint pas battu. Il sortit de sa réserve et contre-attaqua pour se justifier devant les médias.

Il prononça des paroles creuses qui allaient davantage torpiller le projet mort-né de son frère, au pouvoir, de poursuivre son rêve de traquer, jusque dans la fosse, les biens mal acquis, amassés illicitement par les 40 brigands politiciens qui ont dévoré et continuent de saigner l’énergie vitale de ce pays. Et ce rêve devint leur cauchemar …

NB: Toute ressemblance avec une personne de l’alliance pour la République n’est que pure coïncidence.
PAR IBRAHIMA SILLA 

Après avoir livré le Sénégal à Timis, il a saccagé les finances publiques,… et enrichit la galaxie Faye Sall

Questekki 149 du mardi 4 juin 2019 (Par Mamadou Lamine Diallo).

Dossier Ressources naturelles : Selon la BBC, Franck Timis devrait empocher 6000 milliards dans l’exploitation du gaz de St-Louis.

La respectable BBC, chaîne publique britannique et institution du Royaume uni vient d’édifier le peuple sénégalais sur le deal du gaz de St Louis : Franck Timis devrait gagner 6000 milliards de  FCFA de royalties. C’est grave et révoltant. Cette affaire dépasse la personne de Aliou Sall, c’est le régime de Macky Sall qui pose problème. Macky Sall nous a promis la gouvernance vertueuse en 2012 pour prendre le pouvoir, mais la réalité est toute autre.

Je rappelle que le peuple sénégalais avait manifesté en 2016 pour dénoncer ces deals. Notre manifestation avait été réprimée et avec le soutien du Premier Ministre Boun Dionne,  Franck Timis  dans une arrogance extrême, était venu nous insulter et nous menacer.

Aujourd’hui, il est clair que le peuple a été spolié de ses ressources. Il doit se battre pour les récupérer et éviter la malédiction des matières premières.

Dossier nouveau : Avec ce deal, Macky Sall empêche  1 000 000 de familles de sortir de la pauvreté. 

6000 milliards c’est beaucoup d’argent. Il faut savoir qu’en augmentant de 5000 francs CFA  par jour les revenus d’une famille sénégalaise, elle peut sortir de la pauvreté extrême. Ainsi bien orientée, la somme de 6000 milliards peut sortir 1 000 000  familles sénégalaises de la pauvreté, soit 8 000 000 de personnes environ.
Telle est la conséquence directe du deal organisé par le régime de Macky Sall dans le gaz de St-Louis. Pourtant Macky Sall avait été prévenu par un rapport de l’IGE et le terrain balisé par les conclusions des Assises Nationales.

Après avoir livré le Sénégal à Franck Timis, il a saccagé les finances publiques,  cassé le secteur informel et enrichit la galaxie Faye Sall et quelques sociétés étrangères.

Quoi qu’on dise Macky Sall est hanté par son wax waxeet de 2016 et veut exorciser les assises nationales et les travaux de la CNRI qui s’en inspirent. Alors son dialogue dit national, il espère enterrer les assises nationales définitivement d’une part ; et d’autre part,  obtenir la mise en place d’un gouvernement de majorité élargie pour gérer l’ajustement structurel à venir et suspendre le cours démocratique de ce pays en repoussant les locales.

Trop c’est trop. Nous devons mobiliser les femmes et les jeunes pour une alternative populaire et  combattre en particulier l’insécurité grandissante qui est une conséquence directe des politiques injustes de Macky Sall.

Mamadou Lamine Diallo, Président du mouvement Tekki.

Enquête à charge sur l’affaire petrotim. Quand Cheikh Yerim Seck fait la morale à la BBC ( Par Alassane K. KITANE).

Ce pays est quand même étonnant ! Alors que ses confrères de la BBC ont étayé les graves révélations faites depuis longtemps par des sénégalais sur la gestion du pétrole, Monsieur Cheikh Yérim Seck vole au secours de ses amis de la présidence en chargeant BBC. Comme pour étouffer l’affaire en stigmatisant la méthodologie de travail de ses confrères, il prétend qu’ils ont fait une enquête à charge contre Aliou Sall. Rien sur le fond du dossier. Rien sur la Banque de Dakar. Rien sur la genèse mystérieuse des affaires du frère du président ! Monsieur Seck préfère s’en prendre à ses confères en les accusant d’avoir mené une enquête à charge. Pour rafraîchir la mémoire des Sénégalais, nous publions ici des coupures de presse qui mettent à nue les mêmes pratiques qui avaient servi à Cheikh Yérim de méthode pour faire le procès sans état d’âme des Wade.

Dakaractu.com 5 Avril 2012
« Macky Sall hérite d’un palais totalement « dévalisé » »
(Par Cheikh Yérim Seck) 
« Grande a été la surprise de Macky Sall et de son épouse quand ils ont pris possession du palais le 2 avril, après avoir raccompagné Abdoulaye et Viviane Wade. La grosse bâtisse coloniale qui surplombe l’océan a été laissée totalement vide au nouveau couple présidentiel. Tous les objets décoratifs ont été pris. A commencer par les meubles. Les fauteuils, tables, bibelots, chaises… ont été emportés. De même que les nombreux tableaux qui ornaient les longs murs du bâtiment. Même les moquettes ont été « dévalisées ». Quand Macky Sall est arrivé au bureau présidentiel, il y a trouvé des moquettes sales qui venaient sans doute d’être sorties du magasin et d’y être installées. Même le fauteuil du bureau a été remplacé par une chaise pour le moins inconfortable. Le nouveau locataire des lieux a été obligé d’acquérir sur le marché un nouveau siège sur lequel s’installer pour pouvoir travailler. Même le cheval en fer connu des habitués du palais, qui ornait le grand hall de la résidence, a été emporté par les Wade. Ces derniers ont déménagé avec tout ce qui faisait le charme des lieux… »

REMARQUE Il n’y a nulle trace ici d’une enquête équilibrée, car Monsieur Cheikh Yériml Seck n’a, à aucun moment, donné la parole aux mis en cause. Aujourd’hui il reproche à ses confrères le même péché. Allez savoir ce qui a changé, mais le verdict (voir l’article ci-dessous) de la gouvernante du Palais montre que ces révélations étaient matériellement impossibles, car la gestion du Palais est sous l’autorité d’une personne assermentée dont la crédibilité n’a jamais été écorchée.

Verdict de la gouvernante du Palais
« Objets emportés- La gouvernante du palais blanchit Me Wade »
Jeudi, 08 Novembre 2012 13:39 
« Alors que les nouvelles autorités criaient sur tous les toits que Me Wade avait emporté des tapis, des tableaux d’arts et autres objets de valeurs en quittant le Palais, voilà que la gouvernante vient apporter un cinglant démenti. En effet, des sources proches de l’ancien président de la République révèlent que Me Wade a été officiellement saisi par la gouvernante du Palais de la République par correspondance lui demandant de venir récupérer 163 objets lui appartenant. Il s’agit selon des sources bien informées de tableaux d’art, de tapis, d’objets et plusieurs autres objets. «L’ancien président a bien reçu la correspondance et ce qui l’attriste, c’est tout ce bruit qui avait été fait au lendemain de son départ du Palais.

Beaucoup de gens l’avaient accusé d’avoir volé des biens notamment des tapis et des tableaux d’art», confie un proche de l’ancien président de la République. Me Wade a ainsi demandé à son bras droit l’ancien ministre d’Etat Mamour Cissé d’aller récupérer tous ces objets lui appartenant. »
Georges Nesta Diop

REMARQUE : Le même Cheikh Yérim sur l’entretien que Macky Sall aurait eu avec le Khalif général des mourides (article ci-dessous). La qualité du texte montre qu’il a été publié dans la précipitation, tout ça dans le but de nuire. La question est de savoir comment un journaliste qui a pu écrire des choses si horribles avec autant de légèreté peut avoir l’outrecuidance de venir nous faire une contre-expertise sur l’enquête de BBC ? Ce pays est vraiment peu aimé par certains de ses fils !

« Exclusif! Qu’a dit Macky Sall du régime Wade au khalife général des mourides ? (Par Cheikh Yérim Seck) 
12/04/12
DAKARACTU.COM 
« Durant 30 mn, à Mbacké Kadjor, le tout nouveau président de la République, Macky Sall, a tenu à prendre à témoin le khalife général des mourides, Serigne Cheikh Sidy Makhtar Mbacké, et à lui décrire l’état dans lequel Abdoulaye Wade lui a remis le Sénégal. Macky a commencé par le palais, indiquant au guide religieux qu’il n’y a rien trouvé en arrivant: ni mobilier, ni décorations, pas même de chaises ni de moquettes… Tout ce qui s’y trouvait, et qui est appartient à l’Etat, a été emporté. Puis il lui a rapporté les cas de vol qu’il a constatés depuis sa prise de fonction: des centaines de véhicules dérobés, le matériel audiovisuel de la présidence emporté, l’outil de travail (matériel informatique, mobilier de bureau…) pillé… Puis Macky Sall en est venu à l’état de la trésorerie du pays. Il a tenu à faire remarquer au khalife qu’à son départ Abdou Diouf avait laissé à Abdoulaye Wade 200 milliards de francs cfa dans les caisses de l’Etat. Tandis que Wade a déjà exécuté la quasi-totalité du budget de cette année 2012 de la présidence, tout comme nombre de ministres l’ont fait dans leurs départements. Non sans faire remarquer qu’il n’a hérité d’aucun fonds destiné à préparer la future campagne agricole ni à faire face à la crise alimentaire qui pointe à l’horizon. Tout au contraire, on lui a légué des dettes comme cette ardoise mensuelle de 500 millions de francs cfa, rien pour la facture de téléphone de la présidence. Et des déficits abyssaux creusés par des faits graves de mauvaise gestion. Au bout de cette démonstration, Macky Sall a indiqué au khalife qu’il ne pouvait pas ne pas passer au peigne fin la gestion de son prédécesseur pour situer les responsabilités de ce « désastre ». Son interlocuteur n’y a pas trouvé à redire. Place aux audits ! »

REMARQUE : Dans aucun pays avec un Trésor, un système d’impôts rodé, des fonctionnaires de l’administration rompus à la tâche ; bref dans aucun ÉTAT, il n’est possible de consommer le budget dès le mois de Mars ! De tels mensonges commandités disqualifient l’aventurier de Conakry (nous reviendrons sur ses relations avec Dadis). L’ancien journaliste du fameux magazine « Jeune Afrique » n’est pas pauvre, et ses relations amicales avec le Palais sont loin d’être purement amicales. Il faut juste rappeler que les questions soulevées par BBC et les suspicions de délit d’initié ont été mises au jour par la presse nationale depuis belle lurette. Les temps sont graves, et il suffit d’imaginer la vie de certains amis du Palais sans Macky Sall pour comprendre leur désarroi et leurs vaines tentatives d’absoudre ce personnage. Jamais dans l’histoire politique de notre pays le faux n’a été autant entretenu comme méthode de gouvernance. Le complot contre la vérité a des limites, car tôt ou tard celle-ci triomphera.

Le journaliste Aliou Sall, frère du président, devient pétrolier !
25/10/2012
Dakaractu.com (texto)
(BCE) – Pour ceux qui ne le connaissent pas, Aliou Sall est le jeune frère de Macky Sall. Il est journaliste de profession. Ces dernières années, Aliou Sall était en poste à Pékin, comme attaché diplomatique chargé de la communication a l’ambassade du Sénégal en Chine. Mais depuis que son frère a été élu à la présidence de la République, Aliou Sall est de plus en plus souvent à Dakar, et il est courant de le rencontrer dans un hôtel huppé de Dakar, où il reçoit de façon continue et quotidienne des hommes d’affaires de nationalités diverses et variées. Des enquêtes prouvent que Aliou Sall a monté une société dénommée PETRO-TIM SENEGAL SAU, domiciliée dans le quartier huppé des Almadies. PETRO-TIM SENEGAL SAU a obtenu deux permis offshore au nez et à la barbe de Tullow Oil, un géant pétrolier. La société a été créée en Juillet 2012, 4 mois après l’arrivée de Macky Sall à la Présidence. Troublante coïncidence ! »
http://www.creationdentreprise.sn/petro-tim-senegal-sau

REMARQUE : L’irruption irrégulière et massive de la famille du Président dans les affaires du pays ne fait aucun doute ! Vouloir discréditer l’enquête de la BBC dans cette affaire de la part de Cheikh Yérim Seck, c’est vendanger le peu de crédit qui lui restait. Dans ce pays, une race de journalistes a savamment effacé la frontière entre la politique et le journalisme de sorte à surfer sur cette ambiguïté pour ternir l’image d’adversaires politiques sous le manteau de la presse. L’un des premiers indices de la mal gouvernance de Macky Sall est fourni par son obsession à s’inféoder la presse privée. Et pour dire un mot sur le fait que les parents du président sont des citoyens à part entière et que, sous ce rapport, ils ont le droit à la promotion à des postes de responsabilité, il faut souligner que cet argument est rendu caduc par le contexte dans lequel Macky a été élu par les Sénégalais. On ne peut pas après avoir combattu Wade sous le prétexte d’une omniprésence de sa famille dans la gestion du pays, venir légitimer ça pour son successeur. Il y a des choses que la loi permet mais qu’un homme d’État doit s’abstenir de s’octroyer : c’est le principe des responsabilité. L’éthique de responsabilité transcende les lois positives et constitue, pour cette raison, à la fois le rempart contre l’abus de liberté et le bouclier contre l’abus de pouvoir.

Alassane K. KITANE
Professeur au Lycée Serigne Ahmadou Ndack Seck de Thiès
Président du Mouvement citoyen LABEL-Sénégal

Scandale BBC-Petrotim-Aliou Sall : Sonko indexe Macky

Ousmane Sonko lors de la presentation de son livre Solutions Place de l’Obelisque Dakar

Je suis sidéré par la déclaration faite ce jour par Macky Sall à l’issue de la prière de l’Eid-el-fitr sur l’affaire BBC – Pétrole et gaz du Sénégal.

Cet homme ne respecte pas son peuple et est arrivé à un niveau de mépris et de dédain inimaginable. 
Voilà un homme qui, après avoir sacrifié Khalifa Sall pour des accusations mille fois moins graves, vient nous jeter à la figure que lui et sa famille passent avant les 15 millions de Sénégalais. 
Depuis le début de cette polémique, ses différentes sorties ainsi que celles de membres de son gouvernement sont truffées de contre-vérités dans le but d’embrouiller l’opinion.

A chaque fois, la stratégie a consisté à tenter d’allumer un contre-feu en se cachant lâchement derrière l’argument d’une prétendue « manipulation d’opposants » ou d’une « tentative de déstabilisation de notre pays par des forces obscures ».

Même pas le courage, devant des faits irréfutables, de faire profil bas à défaut d’un simple mea culpa.
Moi, Ousmane SONKO, je l’accuse d’être le seul responsable de cette corruption qui en cache des dizaines d’autres.

Il est le responsable de faits caractéristiques de haute trahison comme je l’avais déjà développé dans mon ouvrage « Pétrole et gaz du Sénégal : chronique d’une spoliation ».

Cet homme a perdu toute crédibilité à diriger le Sénégal et les Sénégalais.

J’appelle les Sénégalaises et les Sénégalais, particulièrement cette jeunesse sacrifiée et oubliée, à se mobiliser massivement et constamment les jours à venir pour protester contre tous les scandales qui jalonnent sa gouvernance jusqu’à ce que les mesures idoines soient prises.

Ce n’est le combat ni d’un homme, ni d’un groupe. Le peuple Sénégalais doit pour une fois s’assumer et s’exprimer face à un tel niveau de trahison de sa souveraineté par une bande d’aventuriers étatiques.

Président Ousmane SONKO
Fait à Dakar, le 20 Mai 2019

Dakar, la capitale et ses tares … Par Boubacar Sadio

L’espace public, dans les sociétés humaines, en particulier urbaines, représente l’ensemble des espaces de passage et de rassemblement qui est à l’usage de tous, soit qui n’appartient à personne, soit qui relève du domaine public ou exceptionnellement du domaine privé. Cet espace public est géré au Sénégal dans un contexte de décentralisation par l’Etat à travers ses nombreux démembrements et les collectivités territoriales, notamment les communes.

La gestion de l’espace public implique des acteurs nombreux et divers, avec des préoccupations et des besoins contradictoires et quelquefois opposés. Et pour éviter les conflits d’intérêts entre les différents acteurs qui se partagent l’espace public, il a été nécessaire et judicieux de fixer les règles du jeu par une codification comme cela a été le cas sur l’urbanisme, les collectivités territoriales, le domaine de l’Etat et tant d’autres domaines.

Seulement, force est de reconnaitre que cet arsenal juridique n’a pas réglé les problèmes d’occupation de l’espace public. De manière générale on peut dire que l’espace public est composé des lieux publics et de la voie publique. Nous concentrerons notre réflexion sur la voie publique.

Il y a aujourd’hui un véritable sujet de préoccupation qui fait l’unanimité tant au sein des populations qu’à celui des autorités administratives et politiques aussi bien centrales que locales, c’est l’encombrement de la capitale qui a atteint un niveau de saturation insupportable exigeant une intervention urgente et de très grande ampleur.

Qu’est-ce qui peut bien expliquer et justifier l’encombrement de l’espace public, et plus précisément de la voie publique dans notre capitale, jadis bien organisée et très tôt soumise à une planification à long terme avec un centre-ville et des périphéries bien aménagées.

Tout le monde s’accorde à reconnaitre que l’état des lieux n’est guère reluisant, un euphémisme pour tout simplement dire que le constat est désolant à la limite du désespoir.

La capitale est devenue une ville déstructurée, défigurée sans âme. Dakar offre plus que jamais une face hideuse, un décor fait d’amas et de monceaux d’ordures à chaque coin de rue, des gargotes à même la chaussée, des mendiants agressifs, des marchands ambulants qui règnent en seigneurs, des ateliers de fortune, des animaux en divagation.

En principe on n’aurait pas dû en arriver là. En effet, la planification urbaine n’a jamais fait défaut. Du premier plan Pinet Laprade de 1862 au plan directeur d’urbanisme de Dakar de 2001 et suivants, des documents cadres d’urbanisme se sont succédés avec des fortunes diverses.

Jusqu’à la fin des années 1970 le développement de la ville de Dakar était jusqu’alors harmonieux et parfaitement maitrisable par les autorités. Au début des années 80, le PDU a fait l’objet d’une évaluation.

Il en est sorti que, malgré de gros efforts d’aménagement, beaucoup de difficultés ont été enregistrées dans l’application des orientations du PDU. La crise urbaine qui commençait à se faire sentir, à amener les autorités à concocter le PDU Dakar qui, malheureusement n’a jamais fait l’objet d’application totale.

Ainsi plusieurs plans n’ont pas permis d’éradiquer le mal. Et le constat est là : c’est la généralisation de la pagaille à l’intérieur de la ville. C’est la cantinisation tous azimuts et à outrance de tout espace disponible, des ateliers de menuiserie métallique, de bois, des ébénistes, des ateliers de mécaniciens, des soudeurs à chaque coin de rue et le long des voies[u1] de circulation obstruant les passages dédiés aux piétons.

S’y ajoutent sur chaque carré de trottoir, des kiosques et des panneaux publicitaires implantés en dehors de toute norme juridique et esthétique, des marchés hebdomadaires « loumas » sur presque toutes les artères et des marchands ambulants qui se disputent la chaussée avec les piétons et les véhicules.

Il faut aussi compter avec des mendiants agressifs et la divagation des animaux. Telle est malheureusement la carte postale d’une ville devenue crasseuse.
La capitale sénégalaise est devenue une véritable mégapole.

Dakar a deux fois plus d’habitants que l’ensemble des capitales réunies. Sa population tourne autour de 3millions d’habitants dans une hypothèse basse. Plus de deux sénégalais sur trois vivant en ville se trouvent à Dakar. Et pour autant la capitale ne représente que 0,27% du territoire national ; suffisant pour trouver l’explication adéquate de tous ces maux qu’il est impératif de corriger.

L’histoire de la capitale sénégalaise est largement liée à celle de l’accaparement progressif d’activités reparties autrefois en divers points du territoire national.

Elle a commencé par s’emparer au début du siècle, de l’essentiel des fonctions portuaires de Rufisque et de Saint-Louis, puis vers 1930 de celle de Kaolack. Devenue le siège du Gouvernement général, elle finit même, en 1958, par dépouiller Saint-Louis de ses fonctions de capitale. Du coup et depuis lors, elle n’a cessé de concentrer près de 90% de l’appareil productif national.

Pratiquement tous les sièges des sociétés et établissements publics se trouvent à Dakar qui abrite le siège du Gouvernement central avec des dizaines de milliers de fonctionnaires qui officient dans différents ministères.

Cela nous vaut des scènes de flux de milliers de travailleurs le matin en direction du centre-ville et de reflux de ces mêmes travailleurs le soir vers les quartiers résidentiels et la banlieue.

Tous ces facteurs font qu’aujourd’hui les maux dont souffre Dakar se résument en termes de surpopulation, d’encombrement, d’occupations anarchiques et sauvages de la voie publique, d’engorgement de la circulation routière. Nous traiterons des problèmes de circulation dans nos prochaines contributions.

L’épineux problème des artisans de la rue composés pour la plupart de menuisiers, de mécaniciens et de soudeurs constitue un véritable casse-tête. Ces garages et ateliers, sources de pollutions et de nuisances de toutes sortes, symbolisent l’échec des plans directeurs d’urbanisme qui avaient permis l’installation des zones industrielles et des villages artisanaux.

C’est la preuve que ces sites ne disposaient pas de tous les atouts pour une prise en charge correcte et efficace de certaines activités de proximité. Avec certains sites, il s’est posé un problème de localisation, d’accessibilité et de capacité d’accueil.

On ne saurait occulter le problème des marchés qui poussent comme des champignons partout dans la ville. Il n’y a presque pas de jour ou un marché hebdomadaire ne se tienne sur une artère très passante.

Toujours, concernant la prolifération des marchés et par ricochet celle des cantines, il se trouve que ceux qui devaient s’occuper de la gestion urbaine, par le biais de la décentralisation, en se souciant davantage de fournir aux populations un cadre de vie décent, se révèlent comme les premiers agresseurs de l’espace public.

A la recherche effrénée de recettes, certaines communes se lancent dans une politique tous azimuts de « cantinisation », au point même d’en venir à violer l’espace scolaire. Ils adoptent souvent des comportements en porte à faux avec l’esprit et la lettre de la décentralisation.

Il y a aussi que la plupart de ces maux dont souffre la capitale trouvent leur origine dans la mauvaise compréhension des masses de l’ouverture démocratique qui pour les populations non averties rime avec anarchie. A ce niveau, l’interprétation de l’état de droit et le respect des lois et règlements posent un véritable problème.

Il faut reconnaitre que le phénomène de l’exode rural a largement favorisé cette situation de pagaille généralisée. On a assisté pendant des années, sans aucune réelle volonté politique d’ y mettre un terme, à une ruralisation de la ville avec ces images de troupeaux de bœufs qui traversent les chaussées nonchalamment, de chevaux parqués dans les espaces inoccupés, de bergeries au niveau des allées et des jardins publics, de charrettes qui arpentent les boulevards et les avenues sans se soucier le moins du monde des règles élémentaires de la circulation routière.

Comme il est aisé de le constater, l’encombrement de la capitale est un véritable sujet de préoccupations autant chez les populations qu’au niveau des autorités tant centrales que locales.

Dans la recherche de solutions qui doivent être pérennes et durables, il est judicieux à l’entame de privilégier une démarche participative inclusive avec l’implication de tous les acteurs concernés par le phénomène, notamment les occupants illégaux de la voie publique qui se trouve être un lieu de vie appartenant à tous.

Toutefois, la démarche participative qui peut être considérée comme une méthodologie de résolution des problèmes peut montrer ses limites.

Et s’il est fortement recommandé que par le dialogue, l’écoute et les échanges d’idées les autorités parviennent à s’entendre avec les contrevenants, il est tout souhaitable qu’elles puissent clairement identifier les véritables interlocuteurs et les représentants légitimes des marchands ambulants et autres acteurs de la voie publique.

Cela dit, dans une république qui se respecte, dans un Etat de droit et dans une société organisée, s’il y a un postulat qui a valeur de vérité absolue, c’est le principe qui veut que « force reste à la loi. »

Et me plait-il de rappeler ici les propos du philosophe Souleymane Bachir DIAGNE qui disait ceci « L’expression, force doit rester à la loi est magnifique. Cela veut dire que l’humanité est sortie de la jungle pour mettre en place un contrat social et un Etat qui garde le monopole de la force publique.

Si vous n’avez pas un peuple qui est persuadé que, sauf cas exceptionnel, force va toujours rester à la loi et qu’il n’y a de classes de gens qui seraient au-dessus de toute punition, vous avez une situation extrêmement inquiétante. »

Les autorités, quelles que puissent être leurs bonnes dispositions au dialogue pour trouver des solutions consensuelles profitables à tous et à même de préserver les intérêts des uns et des autres, ne doivent en aucun moment cesser d’afficher leur détermination à réaliser ce pourquoi les populations les ont investies de leur confiance.

Aucun fléchissement, que certains ont vite fait d’interpréter comme de la faiblesse, ne doit en aucune manière apparaitre ni dans le discours officiel ni dans la conduite des opérations. Le discours officiel doit avoir comme viatique la fermeté, la vérité de ce qui est possible et l’exclusion de toute démagogie.

La problématique de l’encombrement et des occupations anarchiques relèvent plus que du simple bon ordre ; c’est en vérité une préoccupation d’ordre public, et comme le disait Nicolas Sarkozy « l’ordre public ne se négocie pas ».

Il est regrettable de constater et de percevoir à travers certains discours aux allures guerrières inspirées, un mauvais jeu scénique avec un format manichéen sciemment et insidieusement organisé et entretenu.

En effet, d’un côté nous avons les marchands ambulants et les autres occupants illégaux de la voie publique présentés sous les traits de braves travailleurs, honnêtes, soucieux de gagner leur vie à la sueur de leur front, ce qui du reste est fort louable et de l’autre côté les pouvoirs publics qui, usant de la force, chercheraient à réprimer et brimer de pauvres citoyens.

Cette fausse représentation doit être brisée par une bonne politique communicationnelle des autorités qui doivent à tout moment s’employer à casser cette dichotomie et à faire intervenir un troisième pôle d’acteurs concernés au premier chef par le phénomène.

Ce troisième pôle d’intervenants pourrait être constitué par les commerçants régulièrement établis, les riverains, les résidents, les automobilistes, les transporteurs, les usagers de la chaussée et toutes personnes qui souffrent de l’envahissement et de l’obstruction de la voie publique.

Au regard des textes qui régissent les activités marchandes sur la voie publique, il apparait clairement que la situation qui prévaut dans les rues de la capitale est manifestement la résultante d’un laxisme des autorités étatiques principalement et des autorités municipales subsidiairement.

Les textes présentement en vigueur interdisent l’exercice de la profession de marchand ambulant. C’est la profession de marchand-tabler qui est reconnu officiellement et il ne peut être exercé qu’avec une autorisation accordée par les services compétents de l’Etat, notamment le gouverneur qui a la prérogative d’attribuer les emplacements dédiés.

Comme on le voit, la responsabilité du Maire ne saurait être engagée dans un processus encadré par les services de l’Etat.

Cependant, en procédant à la collecte des taxes auprès des tabliers, des étalagistes et autres occupants irréguliers de la voie publique, les autorités municipales se font objectivement les complices de ces illégaux qui y voient une forme de régularisation et de formalisation de leurs activités.

Il faut que les maires mettent un terme à la collecte des taxes auprès de ces irréguliers, autrement le cercle vicieux et pernicieux va continuer et le discrédit des autorités municipales ne fera que s’amplifier.

S’il est vrai que l’Etat à la plénitude des prérogatives pour la formalisation et l’encadrement juridique des activités marchandes sur la voie publique, il n’en demeure pas moins vrai que les municipalités ont des responsabilités et des prérogatives que la loi, à travers le code des collectivités territoriales, leur confère en matière de gestion, d’organisation et d’intervention au niveau de la voie publique.

Il est expressément stipulé dans le code que figurent dans les missions du maire : la sureté et la commodité du passage dans les rues, quais, places et voies publiques, ce qui comprend le nettoiement, l’éclairage, l’enlèvement des encombrements etc…

Pour relever le défi de l’encombrement et des occupations anarchiques de la voie publique il faut intégrer d’autres paramètres que la seule solution du déguerpissement. A ce titre il faut bannir la logique de la compensation toujours mise en exergue par les occupants irréguliers qui, chaque qu’ils sont menacés de déguerpissement, réclament et même exigent d’être recasés ailleurs ; on ne peut pas être dans l’illégalité et revendiquer des compensations.

La réflexion pourrait porter sur la citoyenneté. Cette conscience citoyenne doit se traduire par des comportements hautement civiques. Le civisme devient dès lors plus qu’une simple profession de foi, davantage qu’un slogan ; c’est un comportement de tous les jours, de tous les instants dans toute la sphère urbaine et en toutes circonstances de lieu et de temps.

Le défi de la citoyenneté et du civisme est difficile à relever dans la mesure où il s’agit de travailler sur la conscience des populations, c’est-à-dire sur un élément immatériel qui paradoxalement doit produire des actes concrets. La définition de la commune exprime l’idéal d’une vie commune et une solidarité de destin entre les habitants de la cité. Cette obligation à une vie commune partagée engendre forcément des principes, des règles et des notions qui s’imposent collectivement et individuellement à tous.

Il ne s’agit guère d’une tentative d’uniformisation des structures mentales des habitants de la ville, encore moins d’un clonage non souhaité et par ailleurs difficile à réaliser d’autant que les citadins ne sont pas formatés dans la même sphère de d’intelligibilité et de convenance sociale.

Il s’agit tout simplement de faire en sorte que les habitants de la cité partagent les mêmes paradigmes de sociabilité et les mêmes références sociétales pour avoir les mêmes attitudes, les comportements, le tout constituant ce que l’on pourrait appeler le « crédo citoyen »

Le phénomène de l’encombrement et des occupations anarchiques pourrait être classé dans la rubrique des incivilités définies comme « l’ensemble des nuisances sociales extraordinairement variées qui ne blessent pas physiquement les personnes, mais bousculent les règles élémentaires de la vie sociale ».

La société se construit sur la civilité et les nuisances posent explicitement le problème des règles d’usage des lieux collectifs et de la manifestation du respect interpersonnel.

Il est fort heureux que les autorités aient compris les enjeux liés à l’encombrement et aux occupations anarchiques de la voie publique. C’est ainsi que le Président de la république Macky SALL a mis à profit la cérémonie de prestation de serment pour évoquer le problème.

Seulement, les circonstances de lieu et de temps choisies n’étaient pas du tout appropriées pour lancer la croisade contre l’encombrement et les occupations anarchiques. C’est vraiment dommage et malheureux que, devant un parterre d’étrangers et un aréopage de Chefs d’Etat et de gouvernement, il puisse évoquer l’insalubrité de nos villes et le désordre qui y règne.

Prenant la communauté internationale à témoin, le Président Macky SALL a fustigé les Sénégalais qui, à ses yeux, seraient sales, indisciplinés et désordonnés, étalant par la même occasion tout son irrespect à l’égard de son propre peuple. Il aurait dû faire sien l’adage selon lequel « le linge sale se lave en famille ».
Sur un autre plan, on ne saurait dédouaner le Président Macky SALL par rapport à la situation qui prévaut présentement dans la ville de Dakar. Il a une part de responsabilité on ne peut plus évidente.

En effet, pour des raisons politiciennes, futiles et subjectives, il a usé de son pouvoir discrétionnaire et de tous les moyens dont il disposait, pour empêcher au maire de la ville Khalifa SALL de dérouler son programme et sa politique de développement urbain.

Pour gêner Khalifa SALL et le contrer dans ses projets, il a créé spécialement un ministère chargé du cadre de vie qui, au finish, s’est révélé d’une inutilité, d’une incompétence et d’une inefficacité effarante.

Libre et sans entrave aucune, le maire Khalifa SALL aurait transformé littéralement la configuration esthétique de la ville, avec une place de l’Indépendance rénovée et réaménagée aux normes des grandes capitales du monde, des trottoirs pavés consacrant la disparition des chaussées ensablées, la création de milliers de foyers lumineux, l’embellissement des jardins et places publics etc…

J’apprécie le volontarisme de l’actuel ministre de l’habitat et de l’urbanisme très engagé dans les opérations de désencombrement. Il a la détermination d’un néophyte, mais très vite il se rendra compte que ce n’est chose facile. Le défi est colossal et l’entreprise très ardue, exigeant des mesures hardies. Le plus dur et le plus difficile sera d’assurer le suivi des opérations et le maintien en l’état des sites libérés.

Cela relèvera presque de l’exploit de réussir une mission en dépendant presque totalement d’autres structures dont la gestion et le contrôle vous échappent. Pour le suivi, les volontaires de la ville de Dakar pourraient être mis à contribution à la seule condition de les mettre en situation de performance ; pour ce faire ils doivent être mobilisés sur la base d’un cadre contractuel formel entre la mairie de la ville de Dakar et toute entité désireuse de solliciter leurs services.

A tout prendre il n’y a aucune animosité contre les marchands, vendeurs, artisans et autres occupants de la voie publique. Tout le monde s’accorde à reconnaitre leur abnégation au travail, leur souci de gagner honnêtement leur vie et leur apport dans l’économie.

Mais nous sommes dans une république, un Etat régi par des normes applicables à tous ; les activités sur la voie publique comme toutes autres activités doivent s’exercer dans le strict respect des normes et règles établies par les pouvoirs publics.

Dakar le 22 Mai 2019
Boubacar Sadio
Commissaire divisionnaire de police de classe exceptionnelle à la retraite

Le front syndical sur le pied de guerre

Les Syndicats préparent la riposte à la suite de la déclaration du Président Macky Sall du 1er mai. Les organisations syndicales affiliées à la Confédération Nationale des Travailleurs du Sénégal/ Forces du changement (Cnts-FC) étaient en concertation hier à la bourse du travail.

Cette rencontre d’évaluation s’inscrit dans le cadre de la recherche d’une unité d’action pour une meilleure prise en charge des préoccupations des travailleurs, suite notamment «à la malencontreuse sortie du chef de l’Etat qui sonne comme une tentative de négation des acquis et des engagements souscrits par l’Etat du Sénégal».

Ces organisations ont décidé de poursuivre ensemble la dynamique enclenchée en direction des autres centrales et organisations non affiliées en vue d’apporter la riposte syndicale qui sied. Ont pris part à la rencontre, le Syndicat autonome des enseignants du moyen secondaire du Sénégal (Saemss), le Syndicat des Inspectrices et Inspecteurs de l’Education Nationale du Sénégal (Siems), le Syndicat autonome pour le développement de l’éducation et de la formation (Sadef), le Syndicat des enseignants en langue arabe du Sénégal (Snelas Fc), le Syndicat des professionnels de l’Information et de la Communication du Sénégal(Synpics).

La ROUTE fait 120 morts et 260 blessés entre janvier et mai


Les chiffres font froid dans le dos. En effet, entre le mois de janvier dernier et le mois de mai courant, 120 personnes sont mortes dans des accidents de la route au Sénégal. L’annonce a été faite vendredi par le ministre des Infrastructures, des Transports terrestre et du Désenclavement qui était en visite à la Gare des Baux Maraîchers sis à Pikine. Oumar Youm révèle également dans la parution de LeQuotidien de ce samedi que ces accidents ont causé 260 blessés. “Sur l’année, nous perdons en moyenne, 565 vies”, ajoute-t-il.

Récurrence des accidents meurtriers : Sonko se prononce

Devant le rythme effréné de la multiplication des victimes de la route, je m’associe à la douleur des familles et en appelle à la responsabilité de la part :
1.des autorités publiques :
– Plus de vigilance dans la conduite des visites techniques !
– Plus de rigueur dans les conditions de délivrance des permis de conduire !
– Plus de sensibilisation sur la sécurité routière !
– Plus de pragmatisme dans l’adaptation des infrastructures routières !
– Plus d’exigence dans l’application du Code de la route !
2. des usagers de la route:
– Plus de systématisme pour combattre l’hypovigilance du conducteur !
– Plus de rigueur dans la maintenance des véhicules !
– Plus d’humanisme dans le partage de la route !
– Plus de sérieux dans le respect du Code de la route !
– Plus de vigilance de la part des passagers face au comportement des conducteurs de véhicules!
– Plus d’aménagement des espaces réservés aux piétons
TOUS CONCERNÉS !

Fait à Dakar, le 16 Mai 2019

Vous avez dit laïcité ? (Le Témoin)

Le nouveau ministre de l’Education nationale, le par ailleurs très affable Mamadou Talla, se serait sans doute bien passé de ce faux pas qui marque son entrée dans ce département ministériel. Lequel est l’équivalent de ce que son lointain alter ego en France, M. Claude Allègre, avait qualifié de « mammouth » du fait de ses gros bataillons d’enseignants.

En tranchant précipitamment, c’est-à-dire sans avoir pris suffisamment de temps de réflexion, et en cédant sous l’émotion ainsi que la pression médiatique exercée par un groupuscule d’activistes musulmans, M. Mamadou Talla est assurément passé à côté de la plaque.

Dans la polémique — et l’émotion ! — suscitées par l’institution sainte Jeanne d’Arc de Dakar (une vraie institution, assurément, dans notre système éducatif puisque totalisant 200 ans de présence dans ce secteur avec d’excellents résultats et des générations entières de Sénégalais formés), le successeur de M. Serigne Mbaye Thiam, par une sortie maladroite et impertinente, a à l’évidence, versé de l’huile sainte sur le feu et risque de rallumer une guerre entre le Croissant et la Croix !

Et non pas, heureusement, entre le sabre et le goupillon… L’affaire est pourtant simple : un établissement scolaire catholique qui décide, pour harmoniser les comportements au niveau de ses élèves, d’interdire un signe religieux ostentatoire lui-même emblématique d’attitudes pour le moins communautaristes, à tout le moins de repli.

Ce conformément au règlement intérieur de l’établissement qui, rappelons-le, est confessionnel. Il se trouve que des parents d’élèves prosélytes ont sauté sur cette note de service informant d’une décision tout ce qu’il y a d’ordinaire pour crier à la discrimination et à l’atteinte de la foi de leurs enfants ! Rien de moins…

Naturellement, devant cette entreprise de désinformation, des secteurs de l’opinion se sont émus et ont presque sommé les autorités, en particulier le ministre de l’Education nationale, d’intervenir en remontant les bretelles aux responsables de l’école concernée.

Des responsables au premier rang desquels une directrice musulmane, mais ce détail, nos preux chevaliers de la foi ont oublié de le mentionner ! Mis en demeure de se prononcer, le ministre de l’Education nationale l’a donc fait en sortant les grands mots et en menaçant en filigrane l’institution sainte Jeanne d’Arc de subir les foudres de la loi.

Selon le brave ministre, « aucun établissement public ou privé ne peut déroger au principe de la laïcité de l’éducation au Sénégal ». Sans doute, sauf qu’il existe bel et bien dans ce pays des écoles privées confessionnelles musulmanes et catholiques — et même une « petite école protestante » — qui ont leurs spécificités, notamment cultuelles, que la loi protège.

Au nom de quoi, des établissements musulmans comme Al Ahzar, l’école Sayda Mariama Niasse et les innombrables autres écoles « arabes » imposent à leurs élèves des accoutrements religieux que la République laïque n’oserait pas leur demander de ne plus porter.

Le gamin catholique qui s’aviserait d’aller dans ces établissements avec sa petite croix — ou sa culotte courte —, ou il la laisse à l’école ou il reçoit un coup de pied dans le cul ! A ces écoles, pourtant, qui foulent au pied les principes de la laïcité — du moins, au sens où le ministre l’entend —, on n’a jamais entendu un ministre de l’Education faire un rappel à l’ordre.

Alors, pourquoi donc des écoles catholiques, et qui l’affichent sur leur fronton, n’auraient-elles pas le droit d’exiger des élèves qui les fréquentent des comportements en adéquation avec les valeurs du Christ ?

Avec la vie en société tout court, d’ailleurs. Surtout que, aux élèves musulmans qui fréquentent ces excellentes écoles catholiques, il n’est même pas demandé de faire la catéchèse !

Ce n’est pas comme dans certaines de nos écoles publiques où les cours d’arabe — synonymes d’enseignement religieux dans la tête des oustaz — sont obligatoires pour tous, catholiques comme musulmans, voire animistes.

En réalité les choses ne sont pas compliquées et le système éducatif national est à ce point organisé que les parents ont la liberté de choix pour scolariser leur progéniture selon leurs moyens ou leurs convictions.

Il y a l’école publique, laïque et en principe obligatoire même si, dans certaines parties du territoire national, ces écoles n’ont plus droit de cité du fait des féodalités locales. A côté de ce secteur public, il existe un enseignement privé lui-même subdivisé en privé laïc et en privé confessionnel.

Les parents d’élèves musulmans qui ne voudraient pas que leurs enfants subissent le « diktat » des écoles catholiques ont donc le loisir de les retirer pour les placer soit dans le public, soit dans le privé laïc ou encore dans le privé musulman !

On ne peut donc pas raisonnablement faire fi et dédaigner ces différents ordres d’enseignement, emmener ses rejetons à l’école « des sœurs » ou des « mon père » et exiger ensuite qu’on leur y crée des conditions pour exercer leur foi !

Que l’on sache, les écoles privées catholiques ne sont pas des « médersas », or c’est ce que nos parents musulmans activistes de l’institution sainte Jeanne d’Arc voudraient qu’elles soient… Ils se trompent d’écoles, assurément.

On peut se demander, en passant, ce qui pousse autant de parents d’élèves musulmans à se bousculer dans le privé catholique pour y placer leurs enfants plutôt que de les emmener dans le privé musulman.

La qualité de l’enseignement mais aussi la discipline stricte dans le privé catholique, pardi… Une discipline qui passe par le respect rigoureux des règlements intérieurs de ces établissements.

S’il y a des gamins qui ne peuvent pas se plier à ces règlements intérieurs, libre à eux d’aller voir ailleurs où les comportements prosélytes sont permis, voire encouragés ! Et où les filles pourraient même porter la burqa si tel est le souhait de leurs parents.

Laïcité, mais quelle laïcité ?

M. Mamadou Talla a parlé dans son communiqué du principe de la laïcité dans notre pays. La laïcité, parlons-en, justement. Peut-on soutenir en regardant nos compatriotes dans le blanc des yeux que le Sénégal est encore un pays laïc ?

Ce principe de laïcité consacre en effet la séparation de l’Eglise — donc de la religion au sens général — et de l’Etat. Il dispose notamment que (article 1er de la loi française du 03 juillet 1905) que « la République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes. » Article 2 : « La République ne reconnaît, ne garantit ni ne subventionne aucun culte ».

Dans un pays où depuis l’avènement du président Macky Sall, l’Etat est devenu le premier constructeur de mosquées — mais aussi d’églises puisque le président vient de débloquer 1,5 milliard pour réfectionner des paroisses ! — et où l’argent public est utilisé outrageusement pour moderniser des cités dites religieuses, où des « daaras » privés sont allègrement subventionnés, cette notion de laïcité a-t-elle encore un sens ?

Peut-on parler de laïcité, encore, depuis que le populiste Iba Der Thiam a introduit des mosquées dans nos universités et que des étudiants islamistes ont chassé les « couloirdeuses » de nos cités universitaires ?

Pour dire que c’est à tort que le ministre de l’Education nationale, Mamadou Talla, excipe du principe de la laïcité pour demander à l’institution sainte Jeanne d’Arc de renoncer à sa décision concernant le port du foulard. Parce que tout simplement la laïcité ne veut plus rien dire dans ce pays !

Alors, autant laisser les écoles confessionnelles administrer leurs écoles dans le respect de leurs principes moraux. Autrement dit, on aurait tort de reprocher aux catholiques de cultiver leur spécificité et d’appliquer les valeurs de Christ dans leurs écoles.

Surtout que, pendant ce temps, les écoles privées islamiques font à peu près tout ce qu’elles veulent. C’est-à-dire souvent n’importe quoi. Pour en revenir aux établissements catholiques, si d’aventure des élèves musulmans les fréquentent, leurs parents devraient avoir la décence de ne pas prétendre dicter aux responsables de l’enseignement privé catholique comment organiser les enseignements dans leurs écoles.

Et, surtout, comment y faire régner la discipline. Tout cela n’a rien à voir avec la laïcité qu’à tort le nouveau ministre de l’Education nationale — devrait-on dire de l’Education islamique ? — convoque dans ce débat.

Il s’agit tout simplement de laisser les communautés éducatives être, comme les charbonniers, maîtresses chez elles. Le tout dans le respect du caractère républicain et social de l’Etat, la laïcité n’étant plus de mise on l’a vu. Est-ce trop demander ?

Le Sénégal, Un pays sans Bibliothèque Nationale ! (Par Modou Mamoune FAYE)

Le pays de Léopold Sédar Senghor, de Birago Diop, d’Abdoulaye Sadji, de Cheikh Anta Diop, d’Ousmane Sembène, de Cheikh Hamidou Kane, d’Aminata Sow Fall, de Mariama Bâ et de tant d’autres illustres écrivains dont les livres sont devenus des classiques de la littérature africaine, n’a toujours pas un endroit où ses archives, ses livres, ses manuscrits historiques, ses journaux, ses revues, ses films et documents audiovisuels pourraient être conservés dans d’excellentes conditions.

Actuellement, les Archives nationales jouent ce rôle, mais cet espace logé au rez-de-chaussée du Building administratif est devenu trop exigu. En dépit de cela, tout un pan de notre histoire et celle d’une partie de l’Afrique coloniale y est conservé dans des conditions parfois précaires.

Dans un reportage de notre confrère Jean Pires (Soleil du 8 juin 2012), Fatoumata Cissé Diarra, directrice des Archives du Sénégal, tirait la sonnette d’alarme en décrivant cette « cave aérée où sont stockés des milliers de documents jaunis par le temps et le climat ».

Parmi ces archives, certaines ont traversé deux à trois siècles. « Le record de longévité est détenu par le récit d’un explorateur daté de 1672 », révélait-elle.

Les locaux, aménagés en 1954 pour une capacité initiale de 8 kilomètres linéaires, avoisinent actuellement les 18 kilomètres linéaires, avertissait Mme Diarra dans le même reportage.

Sept ans plus tard, la situation demeure presque la même. Et si rien n’est fait, ces archives qui représentent une bonne partie de notre patrimoine risquent d’être anéanties à jamais. L’urgence de la construction d’une bibliothèque nationale répondant aux standards modernes s’impose plus que jamais.

Pourtant, le projet existe bel et bien, mais dort dans les tiroirs du ministère de la Culture. Il y a quelques décennies, un terrain lui avait même été alloué à côté de l’Enam, pas très loin du centre culturel Blaise Senghor, en plein cœur de Dakar.

De Léopold Sédar Senghor à Macky Sall, en passant par Abdou Diouf et Abdoulaye Wade, aucun président n’est encore parvenu à matérialiser le projet.

Dès 1976, l’État avait décidé de construire une bibliothèque nationale, mais des « difficultés conjoncturelles » freinèrent ses ardeurs.

UQuelques décennies plus tard, la loi 2002-17 du 15 avril 2002 portant création de la Bibliothèque nationale du Sénégal a été publiée dans le Journal officiel.

Cette loi, promulguée par le président Wade et préalablement adoptée par l’Assemblée nationale le mercredi 3 avril 2002, stipulait clairement dans son exposé des motifs que la Bibliothèque nationale bénéficiera d’une personnalité juridique et d’une autonomie financière qui lui permettront d’exploiter ses collections et services pour accroître ses recettes propres.

C’était il y a 17 ans ! Depuis cette date, rien ou presque n’a été fait pour que le projet sorte enfin de terre. La bibliothèque nationale n’est-elle plus une priorité pour nos autorités ?

On est tenté de répondre par l’affirmative, même si des initiatives en sa faveur n’ont pas manqué, notamment ce grand projet des « 7 merveilles » que l’ex-président Abdoulaye Wade voulait concrétiser et dans lequel figurait en bonne place la maquette d’une Bibliothèque nationale parmi celles du Grand théâtre, du Musée des civilisations noires (déjà réalisés), de l’Ecole d’architecture, du Musée des arts contemporains, de la Maison de la musique et de l’Ecole des arts. Ce parc culturel de Dakar d’une superficie de 10 hectares était prévu entre la Gare de Dakar, le boulevard de l’Arsenal et l’avenue Lamine Guèye.

Avec le changement de régime intervenu en 2012 et l’arrivée de Macky Sall au pouvoir, les nouvelles autorités avaient promis de réactiver le projet de bibliothèque nationale.

Et le 14 décembre 2013, Ibrahima Lô, directeur du Livre et de la Lecture, annonça sa création prochaine, car, pour lui, « il n’est pas normal que le Sénégal, pays de tradition, de créativité et de production intellectuelle qui a vu naître de grands hommes de Lettres, n’en dispose pas ».

Les acteurs culturels s’étaient alors remis à rêver, croyant ferme que, cette fois-ci, le projet sortira enfin de terre. Ils allaient vite déchanter.

Quatre ans plus tard, le mardi 7 novembre 2017, lors de la Journée internationale de l’écrivain africain, le ministre de la Culture, Abdou Latif Coulibaly, apporta la bonne nouvelle : « Le président de la République a décidé de mettre en place une grande bibliothèque dont l’objectif est de ressusciter le goût à la lecture ».

Dans la foulée, il annonçait que les services culturels régionaux seront également dotés de bibliothèques, de salles de cinéma et de musées.

Face à toutes ces promesses non tenues, il y a de quoi se poser des questions sur le projet de bibliothèque nationale dont la réalisation est toujours repoussée aux calendes grecques.

Peut-être que, dans la mouvance du « fast-track », le processus sera accéléré pour que le Sénégal puisse disposer d’une telle infrastructure à l’instar des autres pays du monde.

Il suffit juste de s’inspirer de ce qui se fait ailleurs, comme en France où la Grande bibliothèque nationale, inaugurée le 30 mars 1995 par le président Mitterrand, est riche de 15 millions de livres et de 250 000 manuscrits.

Plus près de nous, le Mali a, depuis des décennies, une bibliothèque nationale dont le fonds documentaire est estimé à 60 000 pièces, tandis que celle de la Côte d’Ivoire, inaugurée en 1974 par le président Félix Houphouët Boigny, est tout aussi fournie.

Une telle infrastructure permettrait sans doute au Sénégal de combler un vide et, en même temps, de favoriser une meilleure politique du livre et de la lecture dans un pays où l’habitude de bouquiner est en train de se perdre, surtout du côté des jeunes plus fascinés par la froideur des écrans tactiles que par la chaleur du papier imprimé. Est-ce leur faute ?

Sûrement pas car rares sont les villes, quartiers ou communes qui disposent d’une bibliothèque ou d’un centre culturel où l’on peut consulter des livres et autres supports éducatifs. On dit que la lecture est à notre cerveau ce que le sport est à notre corps.

Elle muscle nos neurones et améliore nos capacités cognitives. A l’ère du texto et des mots abrégés, bon nombre de pédagogues notent d’ailleurs chez les jeunes un vocabulaire pauvre et un manque d’esprit critique qui sont certainement la conséquence de la baisse du temps consacré à la lecture.

Par Modou Mamoune FAYE

Pour un service civique obligatoire Mame Birame Wathie)

Les pays africains colonisés jadis par la France sont parmi les plus pauvres du continent. Burundi, Madagascar, République centrafricaine, Niger etc. rivalisent de pauvreté, leurs habitants manquent presque de tout.

Pourtant, ce n’est pas que les Belges ou encore les Anglais ont été plus tendres ou moins pillards que les Français durant la colonisation.

Mais, comme l’historien anglais George Martelli l’a suggéré dans l’ouvrage « De Léopold à Lumumba » et un conseiller du roi belge, Léopold II, avant lui, la France a réussi à mettre en place un système d’assimilation qui non seulement lui garantit une mainmise dans le temps mais qui également ne laisse aucune place à des leaders de la tempe de Patrice Lumumba dans « ses » territoires.

L’impérieuse DECONSTRUCTION qui devait suivre la décolonisation ou encore l’indépendance n’a jamais eu lieu dans ces pays que la France continue à vampiriser.

Pourquoi le Sénégalais est plus enclin à défendre son marabout que son pays ? Il connait mieux son marabout et son pays ne fait presque pas grand-chose pour lui, contrairement à celui qui pourrait lui ouvrir les portes du paradis.

Pour le Sénégalais de Fongholémy, qui n’a jamais fait l’école, le Sénégal n’existe que quand l’équipe nationale joue. Pour celui-là, patrie ne peut sonner fratrie.

Ce qui importe, qui mérite d’être préservé, ne peut être en dehors du cadre familial. Ainsi, la rue devient « mbedou Bour » et, par ailleurs, on peut tout casser car, « c’est l’Etat qui paie ».

Ce détachement avec l’Etat qui est compris comme une entité supra personnelle voire étrangère, explique le comportement du chauffeur qui engage son véhicule sur une passerelle. Tout comme il explique le manque de civisme et de discipline qui ne singularise même plus au Sénégal.

Mais, ce n’est pas que l’analphabétisme qu’il faut mettre à l’index.

C’est le collégien qui appelait à tout casser car, « c’est l’Etat qui paie », qui détourne et vole les deniers publics une fois devenu Président, ministre ou directeur. Ce n’est pas l’exercice d’une fonction ou l’âge qui change le rapport que le Sénégalais a avec l’Etat.

Comme le suggérait le professeur Cheikh Anta DIOP, la Culture du suivisme ne peut être obsolète sans une école qui substitue l’assimilation à l’appropriation.

Etudier l’Arabe, l’anglais ou le français mais pas le sénégalais (wolof ou autres) a participé à renforcer la distance entre l’Etat étranger et le citoyen autochtone.

Tout comme la Constitution, l’hymne national, l’administration et tous les autres symboles de l’Etat moulus dans les escarbilles de la colonisation constituent une barrière entre le Sénégalais et son pays.

Imprégné de cette situation, Macky SALL dont on dit qu’il est né après « les indépendances » était attendu sur cette question de souveraineté mentale.

A l’arrivée, Macky SALL s’est adressé à la Nation en français et a fait du sujet une question de civisme «La citoyenneté est mise à mal si l’espace public est occupé sans titre ni droit, au risque de poser de graves problèmes d’encombrement, d’insalubrité et de sécurité publique. Quand, enfin, le bien commun n’est pas respecté et que les symboles de l’Etat, de la Nation et de la République sont ignorés.

Nous ne pouvons, mes chers compatriotes, nous résigner face à cette situation», disait-il lors de son discours à la Nation, le 3 avril dernier. Comme le président Senghor, le leader de l’APR a choisi son camp.

Pourtant, à défaut de changer les programmes scolaires, qu’il faut « sénégaliser », l’instauration d’un service civique obligatoire est devenue plus qu’une nécessité. Eduquer les Sénégalais en dehors de leur cadre familial plus qu’opportun.

Comme cela se passe dans certains pays, aucun jeune ne devrait avoir plus de 20 ans sans avoir au préalable fait un service civique national d’au moins 15 mois.

En plus d’être plus discipliné à la fin, le Sénégalais serait plus outillé et donnerait un sens à la patrie.

Mame Birame WATHIE

Radioscopie d’une démocratie mise en joue ! (Amadou Lamine Sall)

Le plus grand ennemi de la démocratie serait-il la majorité parlementaire ? Sûrement pas ! Quand la légitimité populaire est le fondement de toute majorité, celle-ci est sauve ! L’expression de toute majorité passe par le vote et c’est le vote majoritaire qui s’impose et dicte sa loi. Cela peut faire mal. Cela peut choquer, mais c’est cela la marche de tout État moderne. C’est une redoutable  machine que le vote de la majorité. Elle est  forcément au service du prince. Elle le protège et le laisse conduire ses missions

Rien de plus normal ! Il est naturel que cela soit difficile pour ceux qui, dans l’enceinte de l’hémicycle, sont toujours déboutés et toujours battus par le vote de la majorité. C’est presque un anéantissement de tout effort de résistance. Les armes sont trop inégales ! Faut apprendre à s’y faire ! Cette mécanique de la victoire peut rendre des opposants fous. Elle peut renvoyer à l’image d’une démocratie déficitaire donnant tout à la majorité et ne cédant pas un pouce à l’opposition. Mais cette approche n’est pas juste. À la vérité, la notion de démocratie est complexe et cruelle. Elle n’est parfaite nulle part. Il faut bien qu’il y ait une majorité et une minorité.

Il faut certes des contre-pouvoirs pour rendre une démocratie crédible. Mais des contre-pouvoirs n’ont jamais empêché une majorité de s’imposer. Le suffrage universel donne à une majorité de gouverner. Trouver la juste mesure n’est pas aisée ! La démocratie ne saurait constituer un frein pour celui à qui le peuple, par son suffrage, a donné le pouvoir de gouverner ! Il reste que l’opposition doit jouir de tous ses droits pour s’opposer et le pouvoir de tous ses droits pour gouverner ! Parlons-en sans détour : l’opposition a contesté le résultat des élections présidentielles du 24 février 2019. C’est son droit. Elle a épuisé tous ses recours constitutionnels. Installée librement dans ses certitudes, elle a mené le combat de la résistance jusqu’au bout. Épuisée d’être déboutée, inconsolable, dégoûtée presque, elle a fini par abandonner.

Qui peut être juge autre que l’institution à qui la loi fondamentale a donné tous les pouvoirs de délibération ? Nous répondons qu’il existe bien un autre juge : la conscience de chaque Sénégalaise, chaque Sénégalais. Mais une conscience reste une conscience. Si celle-ci ne se transforme pas en action, et quelle action, que faire ? Nous n’avons pas la réponse. La rue, des émeutes massives, auraient pu être une réponse au pouvoir, mais pas forcément décisive. Et jusqu’où cette nature de la réponse aurait pu changer la donne ? Le peuple sénégalais a pris acte de la posture des uns et des autres. L’opposition s’est rebellée. La cour constitutionnelle a délibéré.

Le nouveau Président élu a prêté serment conformément à la loi. Il entame son quinquennat devant le peuple sénégalais qui a pris acte. Certains prient pour que Macky Sall réussisse. D’autres prient pour qu’il échoue. Voilà une autre forme de démocratie ! Avant Dieu, c’est au Président de se donner lui-même toutes les chances de remplir ses promesses faites au peuple sénégalais. Il suffit d’avoir assisté le samedi  4 mai 2019 à la séance plénière de l’Assemblée nationale sur le projet de loi soumis à l’Assemblée nationale pour la suppression du poste de PM, pour se faire une idée du niveau de notre démocratie. Nous avons tout vu, tout entendu en direct !

Débat difficile, échanges assassins, consensus impossible. Des murs et des murs partout. Le Président du Parlement malmené mais digne et puissamment protégé par sa culture d’État, mais mieux : c’est un homme de l’âge d’or des sciences humaines. Le connaissant, nous avons pensé qu’il devait psalmodier intérieurement, à mesure que le débat enflait, des formules de Socrate, Démosthène, Confucius,  pour contenir  son pouls.  La culture transforme le venin en jus ! Triste tout cela quand nous assistons à ces si pénibles diatribes entre ceux qui représentent le peuple. Mais nous refusons de croire que notre pays est à genoux face à ces séances désarmantes de notre vieux Parlement.

La démocratie non plus n’est pas à genoux, même si on lui fait porter des haillons. Ce qui est à genoux, c’est  notre culture de la mesure, du consensus. Ce qui nous manque et qui peut être plus important que la démocratie, c’est notre besoin de respect, de fraternité, d’élévation, de générosité, de hauteur. En un mot, il nous faut aller vers l’écoute entre le pouvoir et l’opposition. Quoique cela puisse coûter aux uns et aux autres, au président de la République, le premier. Il est notre premier interlocuteur. Son devoir et ses responsabilités ne sauraient être les mêmes que celles des autres.

Il doit taire en lui tout dépit, toute colère, toute adversité, même légitimes. Il ne s’appartient plus. Du moins telle est notre intime conviction ! À la vérité, si rien n’empêchait légalement le Président de saisir l’Assemblée nationale pour faire voter son projet de loi, il n’y a pas de quoi fouetter un rat.

Ceux qui, nombreux, pensent qu’il aurait pu en informer le peuple et solliciter l’avis de l’opposition, peuvent également admettre que rien ne l’y obligeait. Passer par un référendum ? Renseignement pris, rien ne l’y obligeait non plus ! Informer le peuple par un message à la nation ? L’option aurait été heureuse et élégante ! Elle participerait d’une bonne communication qui serait fort appréciée, d’autant qu’en informant son peuple il informe son opposition, en sachant qu’il ne peut rien attendre d’elle. Finalement. Macky Sall a choisi, finalement, de pleinement s’assumer ! Que chacun s’assume à son tour !  Bien sûr, les missions présidentielles ne doivent pas attendre. Les Sénégalais, non plus, ne peuvent plus attendre.

Chacun des actes du Président doit avoir désormais un impact mesurable sur la vie quotidienne de ses compatriotes. C’est ce qu’il souhaite, dit-on. Mais Il nous faut cependant rétablir une fraternité commune. Le Président doit s’y atteler sans rien sacrifier à l’urgence de ses missions. Nous savons tous qu’il est des villes dans le monde qui font plus de 16 millions d’habitants à elles seules. Nous sommes un pays avec un peu plus de 15 millions d’âmes.

Nous réussirons si nos nouvelles richesses énergétiques et leurs dividendes sont bien réparties pour un meilleur niveau de vie des Sénégalais. Aucun échec n’est envisageable. Il est impossible d’échouer. Le Sénégal est sur la bonne trajectoire. Il s’agit juste de bien distribuer. « servir et non se servir » dit Macky Sall lui-même ! Elles ne sont pas tombées du ciel nos nouvelles richesses! Elles étaient inscrites dans le temps de la marche de notre peuple. Le temps et non le hasard, a voulu que ce soit sous le président Macky SALL que le processus de découverte et d’exploitation a abouti !

Ces richesses lui survivront ! Il ne partira pas avec elles dans ses valises. Ces richesses sont exploitables au moment où il est programmé à ne plus danser qu’une seule valse, c’est à dire accomplir un seul et dernier mandat. Mais quelle valse Macky SALL va nous danser, quelle valse, mais alors quelle valse époustouflante d’ici 2024, pour dire qu’il n’aura que le travail comme compagnon durant cinq ans et cinq ans, c’est déjà demain ! voilà une autre ruse de l’histoire qui nous donne à faire face à ce spectacle de celui qui fait jaillir l’or et qui le laisse ensuite aux autres, son temps de pouvoir s’étant épuisé !

L’histoire aurait pu se présenter autrement. Les chemins du divin sont simplement impénétrables ! Aujourd’hui, est-il possible de recoudre les déchirures entre nos hommes politiques ? Le peuple sénégalais demande à ce qu’on le respecte. Il demande de sauvegarder l’image du Sénégal ! Nous devons retrouver nos bonnes brosses à dents, notre bonne trousse de toilette. Nos fêlures sont exposées au monde. La politique, telle qu’elle s’exprime en ce moment et se vit dans notre pays, nous fait beaucoup de mal ! Notre peine nous interpelle pour demander à nos hommes politiques de construire des ponts et non des murs entre Sénégalais. 

Les hommes de culture que nous tentons d’être avec humilité afin de poursuivre le rayonnement de notre grand petit pays, sont interpellés de par le monde sur l’état désastreux de notre scène politique. Celle-ci inquiète mais elle ne rompt pas encore la profonde sympathie que notre pays suscite au regard de sa vitalité démocratique qui a vu des alternances politiques se dérouler dans une Afrique plutôt sombre et violente. Il y a aussi ce têtu et admirable passé d’un Sénégal défendant et nourrissant un esprit puissant et somptueux, portant une pensée intellectuelle opératoire autour de grands concepts enfantés par Senghor et Cheikh Anta Diop.

Ne serait-ce pas enfin l’occasion pour que le Sénégal fasse le point sur le cheminement de la pensée de ses intellectuels et en même temps de son cheminement culturel et artistique depuis l’indépendance autour de la question de savoir où nous en sommes en 2019 sur le renouvellement de nos chocs et créativités esthétiques depuis 1960 ? Qu’avons nous créé de nouveau et de portée internationale dans la pensée, la littérature, la peinture, la sculpture, le cinéma, le théâtre, la danse, la musique , la photographie, le design ? Qui sont nos nouveaux critiques d’art dont nous avons tant besoin ? Nos nouveaux critiques littéraires ?

Le Sénégal a t-il reculé, fait-il du sur-place, innove t-il, influence t-il l’Afrique et le monde comme dans les fécondes années 70 où nous avons fait beaucoup d’enfants célébrés de par le monde ? La soucieuse politique du livre et de la lecture, la pénible et aride foire du livre, le désarroi des vaillants forçats de l’édition sénégalaise, les parts du diable dans la promotion des arts et des lettres, la soucieuse sauvegarde de notre prestigieuse Biennale de l’art africain contemporain de Dakar, insuffler une nouvelle dynamique à nos centres culturels régionaux si pauvres.

Autant d’interrogations citoyennes sur des plateformes majeures qui, réformées, porteront un Sénégal nouveau qui fera la différence sur les scènes africaines ? Notons aussi combien la création d’emplois dans le secteur de la culture est phénoménale ! Tiens, et si le ministère de l’Intérieur, innovait sous Macky Sall, en sponsorisant désormais les romans policiers des auteurs Sénégalais ? Saluons notre Musée des Civilisations Noires ! Il se révèle de jour en jour comme un formidable espace de rencontre et d’échange de la vie de la pensée et de la créativité !

Si nous décolonisons en nous le concept de musée, nous aurons fait de ce bijou une nouvelle découverte esthétique et de mise en relief époustouflante de nos arts ! Rendons ici hommage à tous ses magnifiques fonctionnaires, serviteurs et acteurs culturels de notre pays qui continuent de tant donner ! Par ailleurs, il importerait de revoir de près les cahiers des charges de nos médias publics et privés. Quelle place font-ils aux arts et à la culture au sens large, à l’école ? C’est  tout cela à la fois qui fait l’ensemble de la dynamique de notre démocratie créative qui ne se résume pas aux seules frasques des hommes politiques !

Le renouveau et les accélérateurs appelés par le Président Macky Sall interpellent tous les espaces de vie et de représentation de notre pays. Quand un président de la République crédité d’une belle jeunesse décide de se passer d’un Premier ministre, pour, dit-il, prendre directement les choses en main et aller directement au charbon, où peut se cacher le mal ? Cela ne peut en aucun cas ressembler à un suicide ! C’est même courageux et risqué pour un chef de marcher seul vers les barrières, pour le dire de cette manière. Il s’y ajoute que le Sénégal a déjà vécu ce schéma avec les prédécesseurs de Macky Sall !

Par contre, en proposant une réforme qui fait que le pouvoir exécutif et législatif se neutralise, pour
faire court, peut prêter à polémique et hérisser opposants politiques et citoyens libres. Mais dès lors que l’Assemblé nationale elle-même visée, approuve cette nouvelle donne et la valide par sa majorité, que faire, que dire, quoi penser de cette sauce qui semble lui plaire ? En quoi me demande l’Ambassadeur de Tombouctou cette réforme constitutionnelle impacterait-elle négativement sur la vie quotidienne des Sénégalais ? Je n’avais pas de réponse cohérente car la question me paraissait déjà incohérente par rapport au vrai débat suscité sur la menace de la démocratie !
Partout dans ce pays, nous avons besoin de renouveau, de prospection, d’audace, de créativité, de travail, de suivi, d’évaluation. Ces outils sont indispensables pour porter le vrai développement d’un pays. Toutes les politiques publiques doivent être repensées, revisitées, restructurées, réévaluées avec surtout des obligations de résultats liées à des chronogrammes.

En écoutant les médias internationaux au lendemain de l’adoption par le Parlement Sénégalais de la loi supprimant le poste de Premier ministre et des images laissées au monde par nos représentants du peuple, nous avons appris que la démocratie cessait d’être la priorité dans nombre de pays de l’Afrique de l’ouest, dont le Sénégal. Ce serait plutôt l’économie, désormais, et la sécurité, qui prendraient le pas sur l’édification d’une démocratie et l’instauration de ses contre-pouvoirs. La communauté internationale laisserait même faire, qu’importe si des régimes de plus en plus autoritaires pointaient le nez.

Il s’agit bien d ‘une nouvelle ère avec la bénédiction et le silence des pays du Nord : renforcer les pouvoirs économiques et sécuritaires et non des contre-pouvoirs qui installeraient le désordre et l’instabilité. Les médias dominants du Nord de conclure : Le Rwanda et son Président Paul Kagamé seraient les inspirateurs de ce nouveau modèle politique , économique et sécuritaire. A chacun d’en rire ou d’en pleurer ! Nous aimons le Rwanda. Nous saluons le long et courageux travail de réconciliation nationale réussi par Kagamé et cette mémoire souffrante recousue. Mais le Sénégal n’est pas le Rwanda et ne le sera pas !

Ce n’est pas la même histoire. Ni politique, ni culturelle, ni identitaire. Bien sûr, la tragédie d’une occupation coloniale infecte a installé le Rwandais dans ce terrifiant drame national. Quand à savoir comment garder notre capitale Dakar, propre, car la question est associée à la belle réussite rwandaise dans ce domaine, la réponse est simple : « en
restant tous à la maison, car nous ne salirons alors rien » ! Dit-on, vrai ou faux, méchant ou railleur, les Sénégalais ont une forte parenté avec les poubelles ! Le Président Sall a promis de ne pas remettre son épée dans son fourreau, tant que ce mal prospèrera !

Puisse le Sénégal rester lui-même, c’est à dire un grand petit pays qui, sur le chemin de son développement, sauvegarde l’image de sa démocratie qui a donné de belles alternances, de belles leçons au monde, l’image de son attachement aux droits de l’homme, aux droits de la presse, aux droits écologiques et environnementaux, à l’égalité des genres. Il nous faut éviter l’appauvrissement intellectuel de l’école.

Éviter l’appauvrissement du pouvoir politique par le manque de dialogue. Il nous faut redevenir ce que nous sommes. Les valeurs priment ! N’oublions pas non plus la parole des anciens : « La noblesse du cœur est supérieure à la noblesse du sang ». Hugo, un poète, écrit ceci de troublant : « la loi est devenue l’ennemi du progrès ». Citoyen du monde, ne lui répondons pas « qu’ il ne ment pas, mais que c’est la vérité qui se trompe » ! Ce pays est si beau ! Si bruyant, si habile, si inattendu, mais si beau ! Que personne ne nous fasse croire le contraire !
Amadou Lamine Sall
Poète
Lauréat des Grands Prix de l’Académie française

Jamra et l’A.is déplorent le discours intégriste et discourtois du «Conseil du Laïcat» !

Depuis quasiment dix ans, le problème récurrent du port de voile ne cesse d’être sporadiquement agité dans des établissements d’enseignement privé, au prétexte que leur règlement intérieur y serait défavorable. En 2011, des dizaines d’élèves avaient ainsi failli être injustement expulsées des collèges Cardinal Hyacinthe Thiandoum de Grand-Yoff, de Ann-Marie Javoueh de la Médina et Abbé David Boila de Thiès. N’eût été le prompt recadrage, par le biais d’une note-circulaire, du ministre de l’Education nationale Kalidou Diallo, leurs scolarités allaient être compromises. En 2016, l’école Didier Marie de Saint-Louis entrait à son tour dans la dance, avant de se ressaisir, suite aux bons offices de quelques bonnes volontés.

Et pourtant, les autorités de tutelle se sont toujours évertuées à leur faire ce pertinent rappel, à travers des circulaires : «Aucun établissement ne peut avoir un règlement intérieur supérieur aux lois et décrets qui régissent le fonctionnement des écoles privées». Lesquelles lois, s’inspirent toutes de la Constitution du Sénégal qui, en son article 24, garantie la liberté de culte.

Les écoles privées (tant laïques que confessionnelles) étaient ainsi officiellement invitées au respect de la loi, enleur rappelant que la Loi fondamentale, ainsi que les décrets régissant les écoles privées au Sénégal, leur faisaient «obligation de recevoir tous les enfants sénégalais, quelle que soit leur confession. Et de respecter les croyances et coutumes de leurs élèves, y compris leurs tenues vestimentaires confessionnelles. Le Sénégal, étant un pays laïc, démocratique respectant toutes les sensibilités». 

Dès lors, la sempiternelle et légitime question qui ne peut manquer de tarauder les esprits, est de savoir pourquoi l’Institution Jeanne d’Arc est-elle seule, sur les 4023 écoles privées du Sénégal (statistiques 2018 de la tutelle) à persister dans cette posture de défiance aux textes étatiques? Cet Etat auquel les syndicats de l’enseignement privé catholique, en coordination avec les directeurs diocésains, n’hésitent pas à réclamer bruyamment, au moindre retard, le versement de la subvention que leur alloue annuellement l’Etat (notre Etat à tous !). Comme ils l’ont récemment fait, à l’occasion de leur dernière Assemblée générale le 15 septembre dernier à Mbour.

Et voilà que, contre toutes attentes, alors que des bonnes volontés des deux «camps» s’activaient auprès des parents d’élèves et des responsables de l’établissement, se triturant les méninges pour qu’une solution durable soit trouvée – et pour surtout apaiser davantage le climat etsauvegarder cette «commune-volonté-de-vie-commune», qui a toujours animée l’écrasante majorité (pour dire les choses telles qu’elles sont) des 95% de musulmans à l’égard d’autres minorités confessionnelles – surgit, comme un cheveu dans la soupe, un discours épistolaire radical, discourtois, reprochant au ministre de tutelle d’avoir rappelé à l’ordre l’Institution Jeanne d’Arc. 

Ne s’arrêtant en si bon chemin, le «Laïcat» de se livrer à un réquisitoire sans appel, délivrant des satisfécits par-ci, à ceux qui avaient daigné «témoigner de leurs soutiens» à Jeanne d’Arc ; traitant allégrement «d’adeptes du charlatanisme médiatique», voire de «quidams en perte de repères dans leurs propres confessions», ceux qui ont eu le toupet d’avoir eu une position différente de celui du «Laïcat». Quelle éloquente preuve de tolérance et de respect de l’opinion d’autrui ! 

Certains organes de presse ne croyaient pas si bien dire en parlant de la «réponse sèche du Laïcat au ministre de l’Education». Ce dernier en aura d’ailleurs pris pour son grade, dès l’entame de cette diatribe, en se faisant reprocher d’avoir manqué de courage, en ne citant pas l’école Jeanne d’Arc dans son communiqué du 03 mai 2019 ! De plus, était-il nécessaire de faire preuve d’un manque de modestie notoire, en prétendant opposer à «la vanité de la parole», «l’action quotidienne de l’Eglise au profit des citoyens sans aucune distinction» ? Pour ensuite verser dans une impertinentefanfaronnade, faisant étalage du «bilan» de l’Eglise sénégalaise en terme d’infrastructures scolaires, sanitaires, etc.

Et si ceux qui avaient, dès le XVe  siècle, accueilli les premiers évangélistes européens, venus installer le christianisme au Sénégal, se mettaient, eux aussi, àbomber le torse pour démontrer comment certaines terres ont été cédées à ces missionnaires, qui devaient y implanter les premiers lieux de culte catholiques, devenus de célèbres églises aujourd’hui, au Sénégal ? Connaissent-ils, ces polémistes du «Laïcat», les modalités de cession de cet ancien cimetière lébou, qui a migré en 1923 vers le patrimoine immobilier de l’Eglise,  pour devenir cette grande Cathédrale Notre-Dame-des-Victoires (ex-Cathédrale du Souvenir africain) sise à l’avenue de la République, à Dakar ?

Réputée être la plus belle bâtisse du catholicisme au Sénégal, et siège de l’archevêché, le regretté Archevêque de Dakar, le Cardinal Hyacinthe Thiandoum, qui repose à proximité de l’Autel de cet église, et qui a toujours entretenu d’excellents rapports avec toutes les autorités musulmanes de ce pays, en savait beaucoup sur ce chapitre ! Et n’avait d’ailleurs de cesse de réitérer, sans complexe aucun, dans ses discours (comme en 1985, en marge de l’intronisation de son ami Grand Serigne de Dakar, El Hadji Bassirou Diagne) «la gratitude de l’Eglise» à l’égard de ceux qu’ils qualifiaient affectueusement de ses «cousins lébous». 

Combien de fois les populations musulmanes autochtones, les Lébous en particulier, ont eu à mettre gracieusement à la disposition de la «Congrégation des Pères du Saint-Esprit»,de Gorée à Saint-Louis en passant par Rufisque et Joal, des sites extraits de leurs patrimoines fonciers privés?

Le Cardinal Verdier, en étant reçu par le Khalife SeydiAbabacar Sy, en présence de hautes autorités musulmanes, à l’Hôtel de Ville de Dakar, le 05 février 1936– alors que ce Légat du Pape Pie XII était à Dakar pour les besoins de l’inauguration, le 02 du même mois, de la Cathédrale du Souvenir africain de Dakar – avait pertinemment résumé la situation en déclarant que : «La cohabitation entre chrétiens, musulmans et animistes est sans doute l’une des plus paisibles au monde»

Jamais, en effet, la communauté musulmane sénégalaise n’a été prise à défaut de manquer de respect aux autres communautés confessionnelles. Etn’a donc de leçons de personne. Par conséquent, l’Organisation islamique JAMRA, l’Association islamique pour Servir le Soufisme et l’Observatoire de veille et de défense des Valeurs culturelles et religieuses, MBAÑ GACCE, invitent le «Conseil national du Laïcat» (qui, Dieu merci, ne porte pas la voix officielle de l’Eglise catholique sénégalaise), plutôt que de jeter de l’huile sur le feu, à s’inscrire dans une logique d’apaisement. Voire de médiation. 

Les liens de sang qui unissent les différentes communautés confessionnelles du pays étant plus forts que toute autre mésentente superficielle, parce que passagère. Il nous incombe à tous, pas seulement à la majorité confessionnelle, de veiller, comme à la prunelle de nos yeux, à la sauvegarde de ce précieux héritage de bonne convivialité interconfessionnelle, péniblement bâtie, au cours des siècles, par nos vaillants ancêtres, et souventcité en exemple à travers le monde (touchons du bois),dans une Afrique épisodiquement ensanglantée par des conflits ethniques et l’intolérance religieuse.
 
Dakar, le 10 Mai 2019
L’Organisation islamique JAMRA​​L’Association Islamique pour Servir le Soufisme (AIS)
IMAM MASSAMBA DIOP​​​​SERIGNE MAME CHEIKH MBACKE KHADIM AWA BA

C’est à la jeunesse de gagner le combat pour la démocratie…


Ousmane Sonko, le leader de Pastef a assisté à la cérémonie de lancement de l’ouvrage qui lui est dédié par le journaliste Ababacar Sadikh Top. L’ouvrage est intitulé : «Ousmane Sonko : trajectoire, parcours et discours de l’espoir».

Prenant la parole, le leader de Pastef a soutenu qu’il a une carapace de titan. «Je suis habitué des menaces y compris celles qui viennent d’en haut», a déclaré Ousmane Sonko en s’adressant au journaliste et auteur du livre qui retrace son parcours et fait découvrir certains pans méconnus de sa vie. Sur le plan politique, Ousmane Sonko a indiqué qu’il ne croit pas au messie encore moins aux actions isolées ou individuelles.

«Je crois à l’action collective et qualitative. Je crois à la nécessité d’avoir une masse critique de Sénégalais qui a suffisamment conscience des enjeux de l’heure», a-t-il renseigné. Pour lui, c’est à la jeunesse sénégalaise de gagner le combat pour la démocratie, le progrès et la bonne gouvernance. «C’est à nous de gagner ce combat, c’est à nous de le parachever et de faire bénéficier à nos fils et petits-fils les fruits de cette lutte», soutient-il dans le journal l’As

Dialogue national : Le Pds disqualifie Aly Ngouille Ndiaye


Si le PDS prend acte de la volonté du Chef de l’État Macky SALL d’engager un dialogue politique, il n’est pas acceptable que cette réunion soit présidée par Aly Ngouille NDIAYE.

Aly Ngouille NDIAYE est d’abord disqualifié du fait de son implication dans les scandales économiques et financiers MITTAL et PETROTIM qui ont fait perdre plus de 5.000 milliards de F.CFA au Sénégal et qui auraient certainement pu éviter le chaos économique et social dans lequel le Sénégal va être plongé avec l’augmentation prochaine des prix.

Aly Ngouille NDIAYE est surtout totalement disqualifié pour présider une telle rencontre car il a été le maître d’œuvre de la fraude électorale massive qu’il a annoncée devant la presse et l’opinion en affirmant haut et fort qu’il avait été nommé ministre de l‘intérieur pour faire gagner son patron Macky SALL.

Il s’est révélé être le pire ministre de l’Intérieur que le Sénégal n’ait jamais eu, le ministre de l’intérieur le plus partisan de notre histoire, celui qui a toujours affiché ses positions dans le mépris le plus total de l’opposition, responsable de l’élimination arbitraire de notre candidat, de la répression violente de l’opposition sénégalaise et de l’arrestation de certains de ses responsables.

Il est responsable devant l’histoire du grave recul des libertés et de la régression démocratique de notre pays.

Le PDS rappelle qu’il n’est pas contre le dialogue politique, mais qu’une telle réunion devrait être présidée par une personnalité crédible, neutre, indépendante, consensuelle et respectée.

Le PDS rappelle également que sa participation au dialogue politique est conditionnée par la libération immédiate de Khalifa SALL et par la révision du procès de Karim WADE, en application des décisions de justice internationale condamnant l’État du Sénégal, notamment celle du Comité des Droits de l’Homme des Nations Unies qui prescrit cette révision.

Dakar, le 9 Mai 2019
Maître Abdoulaye WADE
Secrétaire Général National du PDS

Le drame des talibés raconté par la presse américaine

Le sort des enfants talibés préoccupe la presse outre Atlantique. Los Angeles times, l’un des plus gros tirage des États Unis s’est intéressé au sort des talibés dans un article fouillé et documenté.
Près de 5 milliards Fcfa rapportés annuellement par la mendicité des talibés à Dakar, affirme d’emblée le canard qui cite un rapport de Human Rights Watch dont la publication est prévue au cours de ce mois.

Le rapport évalue aussi le nombre de talibés errant dans les rues entre 50.000 et 100.000. Ils seraient 30.000 dans les rues de la capitale sénégalaise, Saint Louis en compterait 14.000 et autant pour Thiès, Diourbel et Kaolack.

Human Rights Watch fait aussi cas dans son rapport de l’échec du gouvernement sénégalais dans ses initiatives de retirer les enfants de la rue.

Mais aussi du gros scandale que constitue l’exploitation et la maltraitance des talibés et le trafic d’enfants en cours dans la sous région

Journée de la presse : Une fête macabre… (Par Adama Gaye).

3 Mai, Demain, la presse fête sa journée, mais, autour d’elle, montent les sons funéraires…

Sans l’interpellation d’un jeune journaliste, me suppliant de ne pas insulter Macky Sall et son pouvoir, je me serai gardé de verser quelque contribution à cette journée de demain 3 Mai, que, inspirée par le renouveau de la liberté d’expression à la fin des années 1980, l’UNESCO a décidé de désigner, depuis 1991, celle de la presse.

Je me suis demandé: comment peut-on être debout sur un bateau qui coule et trouver à redire à ce qui a toujours été, et reste, le carburant pour le maintenir à flots, au milieu de son abandon massif par ses passagers, ses publics, et de sa disruption mortelle par des technologies nouvelles l’ayant deja rendu obsolète.

Le métier des médias classiques, bien plus vaste que celui d’une presse se rapportant à l’écrit et à l’imprimerie, est en instance de déphasage accélérée: les journaux ne s’achètent plus, les radios et télévisions perdent leurs audiences, les agences de presse sont dépassées par la production, instantanée, des netizens, les citoyens du net, témoins et acteurs de leur temps, vrais journalistes de ce mutant monde.

Or donc, ce qui a longtemps fait vivre les médias, c’était l’impertinence et la profondeur des investigations de leurs animateurs, en particulier du fait de leur courage à être les témoins, historiens, non-biaisés, de leur temps. De l’histoire immédiate, actuelle. En se faisant les porte-voix des sans voix. En allant fouiller dans les lieux les plus cachés les secrets et méfaits de ceux qui s’imaginent être les puissants.

Autant dire qu’une profession qui choisit d’être civilisée au point de devenir la brosse à reluire, l’amplificateur, le promoteur voire le défenseur de ces forces, notamment politiques et d’argent, qu‘elle était censée brocarder, ne peut être que sur une pente raide, fatale, de sa propre destruction. Surtout que les fake-news, la concurrence des réseaux sociaux et le rejet d’une information devenue pompeuse, parce que filtrée pour plaire, sont autant de raisons de préparer sa notice nécrologique.

Quand le jeune journaliste a plaidé la cause de Macky et co, au nom de je-ne-sais-quelle clémence, j’ai failli verser des larmes de dépit. En me disant: c’est donc de ça dont il parle avec ses confrères? Que ce fut difficile de ne pas lui dire son fait en constatant ce qui était son baromètre pour juger de la pertinence des postures de quelqu’un qui n’a pas choisi de passer par des détours pour excercer son droit constitutionnellement reconnu de s’exprimer librement, selon ses termes, sans diffamer, son opinion sur les affaires de la cite et du peuple. À la limite, je peux comprendre que pour les yeux et oreilles chastes, il fait sens de réduire l’intensité, la virulence, de certains propos et écrits.

Encore que je me suis demandé c’est quoi ce type de journaliste faisant la médiation pour les escrocs, criminels de haut vol, les Macky et consorts, mais n’avait pas trouvé un seul mot pour tirer les bretelles à ses confrères lorsque, violant toutes les normes déontologiques, rien que pour plaire à leur corrupteur, ils s’en etaient pris à mon honorabilité et à ma vie, faussement attaquées, en des termes d’une gravité justiciable de lourdes peines pénales.

J’ai failli lui dire: honte à cette presse. Indigne presse. Presse de collusion. Presse de canniveaux. Corrompue et servile. Rien à voir avec la vraie presse qui, depuis ses pionniers, Johannes Gutenberg, Reginald Fassenden, Samuel Morse, la transistorisation, le Watergate, Albert Londres, et j’en passe, avait pu se hisser au statut de quatrième pouvoir, le premier en réalité tant il fait trembler les autres demembrements du pouvoir d’état.

Triste, en cette veille de “fête”, que les journalistes se transforment en pompiers là où leurs publics, pris dans un étau d’angoisses multiformes, ne demandent qu’à les voir assumer leur mission. C’est-à-dire, pour reprendre Bertold Brecht, “déchirer les voiles de l’inconscience et dire les choses par leur nom”.
Au lieu de ça, je me vois invité à mettre la pedale douce, à dire les choses plus gentiment. Ce n’est pas ce que j’ai appris ni vécu.

Exemples pour l’illustrer? Mon professeur de presse écrite, le brillant Mohamed Diop, premier docteur en communication du Sénégal, m’a enseigné à y aller droit. “Faites couler le sang, montrez les têtes coupées, ne vous gargarisez pas d’adjectifs, décrivez les choses et dites les telles qu’elles sont”. Celui de radio-television, Bernard Schoeffer, lui m’a dit, deux leçons dans ce sens. Un: quand vous posez une question, vous prenez votre épée et vous la plantez, pas besoin de mettre un coton dessus, donc pas de circonlocutions. Deux: alors que je faisais la description de la mine à ciel ouvert de la Somair à Arlit, au Niger, il m’arreta, après m’avoir entendu frimer avec un gros français notamment pour décrire les excavations, de retour d’un voyage d’études dans le Nord de ce pays.

Monsieur Gaye, m’interrompit-il, quand vous êtes avec une f……, parlez-vous de trou ou d’excavation ? Dites donc les choses sans détours. Enfin, un vieil ami américain, Tom Masland, ancien Éditeur Afrique, du grand magazine Newsweek m’a expliqué comment son journal en couvrant les tremblements de terre privilégie les images de femmes dont les tenues sont déchirées, révélant à côté des gouttes de sang, leurs seins. “Sexe et sang”, voilà ce que veut le lecteur, aimait à me dire Masland.

Or voici que dans ce Sénégal pris en otage, capturé, par un régime mafieux qui le dépouille au grand jour, tout ce qu’un journaliste trouve à dire est: baisse la pression. Traduisez : “ne dévoile plus les scandales qui rythment la vie de ces criminels”.

En un mot: fais un compromis historique. Rejoins la soupe. Vas à canossa !
Grave. Minable presse ! Surtout que mon conseiller serait le premier à s’écrier, si je suivais ses toxiques conseils de soumission: voilà ! Ça ne pouvait que finir comme ça. Il s’est rendu, comme nous nous y attendions…

Pas question cependant de me voir valider ce genre de calculs cachés derrière les bons sentiments. Je préfère, en clair, rester droit dans mes bottes, suivre ma voix intérieure et me conformer aux règles immuables de la décence, de l’honneur, de la vérité. Loin du Petainisme Tropical si prévalent ici !
J’ai honte de cette presse. Je suis totalement en désaccord avec cette souplesse d’échine qu’elle révèle pour se mettre, nolens-voens, au service d’un pernicieux et nationicide régime.
Mon interlocuteur me dit: ce serait bien que tu écrives pour dire que tes positions ne sont pas virulentes parce que tu cherches quelque chose.

Pouah ! Voilà le Sénégal actuel ou tant de gens ont vendu leur âme que ne pas le faire paraît suspect. Je lui dis, et en informe tous, une dernière fois, que si je voulais être à la soupe, j’en ai le pedigree et pouvais m’asseoir au banquet depuis.

Par mes origines, mes diplômes, mon parcours, mon expertise, my name recognition, rien, absolument rien, ne s’oppose à ce que je puisse n’avoir comme limite que le ciel -voir au delà!
Je n’ai pas choisi la voie de la facilité.
Ceux qui se sentent bien dans la porcherie y sont en bonne compagnie.

Mais, Macky Sall et co, ce regime ayant échoué, frappé d’illégitimité et d’incompétence, bande de pilleurs, doivent se le tenir pour dit: je suis sur leur route. Je ne suis pas du genre que l’argent, les privilèges ou les lambris impressionnent: j’ai deja fait et vu tout ça, depuis mathusalem; ce qui me meut dépasse ces fugaces et passagers trucs, cette quincaillerie !

Je suis un militant d’une nouvelle Afrique passant par un nouveau Sénégal, et dans ce combat il n’y aura pas de compromis historique, dynamique ni de compromission.

Je prie que demain, en ce jour ou plus que jamais, placée à l’article de la mort, de la disruption, la presse ne fasse pas la fête mais écoute les sons graves de son oraison funebre. Mon brillant professeur de sociologie de l’information, Francis Balle, de l’université Paris 2,réfléchissant avec d’autres théoriciens, les meilleurs dans ce domaine, comme les américains Lasswell et Lazarsfeld, aurait dit que le temps est venu pour les médias de redéfinir leur rôle dans la société. Pour freiner, si possible inverser, leur déclin inéluctable!

Ps: que plus personne ne me parle de tenir un discours doux en direction de ces criminels. Ils seront traités comme tels. Avec Macky Sall dina niokh gueniiom, et apprendra à ne plus insulter d’honnêtes citoyens. Wassalam ! Adama Gaye