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Maîtresse d’un homme marié : Jamra n’a pas jeté la pierre assez loin Par Le P’tit Railleur.

Ainsi donc, Jamra, et Mban Gacce, porte-étendard des vertueux et des mauvais coucheurs, peuvent triompher. La série « Maîtresse d’un homme marié » est immorale. Pas la peine d’entrer dans le détail : le titre y suffit. Explication de sexe…

Tout a commencé lorsque Mame Mactar Guèye, petit frère et héritier contesté du fondateur de Jamra, feu Latif Guèye, s’est invité sur les plateaux de télé. Je ne sais pas si vous pensez comme moi, mais je lui trouve une tête d’avis de décès. Manifestement, encore une fois, il s’est levé du mauvais …pied. Il est là pour s’indigner de l’impudente série qui déchaîne les passions.

Après sa, euh, saillie, il appelle les Sénégalais qui n’ont jamais trompé leurs multiples maîtresses, encore moins leurs épouses, à une marche nationale contre cette sorte d’éloge de la perversité que nos innocentes femmes et nos irréprochables enfants ne sauraient voir. Nos si vertueuses mères et grands-mères, qui sont encore de cet insupportable bas-monde, ne peuvent décemment pas assister devant un écran plat du dernier chic, au spectacle de leurs grands gaillards qui s’égarent au hasard de leurs érections incontrôlées. Et puis, légaliste du bout de la babouche jusqu’au sommet de la chéchia, il dépose une plainte devant le tribunal du pudibond Babacar Diagne et de ses ouailles du Conseil national de Régulation de l’Audiovisuel.

Quand le verdict tombe, c’est clair, il faut n’avoir jamais trompé sa femme pour sortir ce communiqué : « l’instruction du dossier par les services du monitoring du CNRA apporte la preuve que dans le téléfilm, sont régulièrement notés des propos, comportements et images jugés choquants, indécents, obscènes ou injurieux ; des scènes de grande violence ou susceptibles de nuire à la préservation des identités culturelles ». En un mot comme en cent, ôtez-nous ces scènes de cul que nous ne saurions voir.

Problème : si la série s’appelle « maîtresse d’un homme marié » et qu’il n’y a pas de scène de cul, puisque c’est connu, une maîtresse est un plan cul par essence, de quoi la série devra-t-elle parler sauf à changer de nom ? A moins que « maitresse » ne traduise institutrice… Bref, pour ne pas faire de mécontent, on devra se retrouver dans une série où un père de famille qui retombe brutalement en enfance, reprend le chemin de l’école parce que l’instit’ est canon. Et toute l’histoire tournera autour du regard embué du brave homme en surchauffe libidinale qui bave pendant que sa, euh, maîtresse écrit au tableau la leçon du jour tandis que son popotin tremblote. Bien entendu, à son corps défendant.

On pourrait y rajouter une jupe trop courte que la maîtresse est obligée de tirer par le bas quand elle écrit en haut du tableau. Mais ce serait risqué : le CNRA pourrait mal le prendre, Mame Mactar Guèye serait obligé de revenir sur les plateaux pour dénoncer la faillite de l’école. Il fait déjà assez peur aux enfants, avant même de l’ouvrir. Il traumatiserait nos chérubins à vie s’il leur apprenait que l’école nouvelle qu’a enfantée Iba Der Thiam est sur la voie de la perversion avec toutes ces maîtresses qui portent des jupes courtes, des pantalons serrés et ont des fesses trop rondes pour être honnêtes …

Ne nous égarons pas. Jamra, à mon avis, n’est pas allé au bout de sa logique, et les défenseurs des valeurs ont manqué d’audace. Pourquoi interdire le reflet dans le miroir, qui n’empêche pas la réalité d’exister ? Ce sont les hôtels de passe, les auberges, les préservatifs qu’il faut vraiment interdire. Pourquoi pas, pendant qu’on y est, mettre une restriction sur les appels entre personnes de sexe différents quand ils n’ont pas de lien consanguin lorsqu’ils ne sont pas mariés. Pourquoi s’arrêter en si bon chemin ? On devra fermer les réseaux sociaux qui provoquent les rencontres improbables des maris éjaculateurs précoces et des cougars en chaleur. Audace des audaces : interdire la mixité dans les institutions et bannir la parité. Alterner les pèlerinages : une année les hommes, l’année suivante, les femmes. Mais jamais ensemble.

Il faudra plus qu’une marche nationale pour l’obtenir, mais on peut toujours commencer par ça : après l’établissement du permis de conduire pour femmes (il peut garder sa couleur rose mais ceux des hommes seront alors verts) on réservera les avenues pour le sexe faible et les boulevards pour le sexe fort. Les rues pour les garçonnets et les ruelles pour les fillettes. Et pour préserver l’environnement sans pourrir l’ambiance, on exigera l’ouverture des rues piétonnières avec des passages exclusivement réservés aux femmes, et d’autres, aux hommes. Finie la mixité dans les écoles, les lycées et les universités : c’est définitivement haram ! Quant à enterrer les morts du sida, ça finira par relever de la haute trahison. Faut pas douter, c’est mauvais pour le cholestérol !

Bref, c’est plus qu’un « réaménagement » de scénario qui peut nous sauver de la Géhenne mais un vrai programme de gouvernement, sobre et vertueux. Daesh ne demande que ça pour investir au Sénégal…

Monstruosité !

Me Assane Dioma Ndiaye n’avait pas tort quand il déclarait avec justesse que l’affaire Saër Kébé révèle toute la monstruosité du système judiciaire sénégalais. Apparemment, l’éminent militant des droits de l’homme a été très gentil avec nos juges…

Voilà un lycéen qui a eu l’imprudence d’étaler ses états d’âme sur la page Facebook des ambassades des Usa et d’Israël. Dénoncé par le chargé de la sécurité des Yankees, il a été cueilli avant d’être envoyé en prison où il se trouve depuis quatre ans. Une scolarité ainsi bousillée pour un brillant élève.

Le puissant « Monsieur » qui l’avait dénoncé n’a même pas eu la courtoisie de se présenter à la barre de notre justice dépourvue d’humanisme. Montrant ainsi tout le (manque de) respect qu’il a de la justice de ce pays de m…

Des scènes du genre, ça ne se passe que chez nous, les nègres. Pensez-vous, des enquêteurs aussi sérieux auraient bien filé l’adolescent pour savoir s’il a des accointances avec des terroristes et le prendre sur le fait.

Mais rien de tout cela. Sitôt dénoncé, les enquêteurs ont filé tout droit à Mbour pour cueillir le pauvre lycéen chez qui, il n’a été trouvé même pas une boite d’allumettes. Entendu certainement par un juge sans états d’âme, celui-ci l’a fait coffrer.

Le malheureux jeune homme a dû attendre quatre longues années pour être jugé hier. Et pince sans rire, le procureur a requis cinq ans pour des faits non établis et sans que la justice ne puisse apporter la preuve que ce brillant élève soit un terroriste.

Le post publié, disent-ils, pouvait installer la haine dans les cœurs. Plus d’humanisme ne ferait que du bien à nos magistrats.

Quelle belle monstruosité que d’avoir vendangé l’avenir de cet adolescent alors que ses accusateurs se contrefichent de son procès ! Mais que voulezvous, il faut bien que nos gouvernements mendiants fassent plaisir aux Occidentaux, Usa en tête…

LeTémoin

Au pays de l’émergence (Chronique le Témoin)

Au pays de l’émergence où il fait bon vivre et où ça sent fort le pétrole et le gaz, les marchés y crament. On y construit des édifices sans penser à leur sécurisation qui passe par les doter de bouches d’incendies, ce qui est bien le minimum. Le gouvernement vient juste d’y penser en sortant une enveloppe de 300 millions. Ça ne coûtait donc que ça ? Quelle belle négligence !

Au pays de l’émergence, plutôt que de construire des hôpitaux ou des écoles, on opte pour des mosquées. Les autres pourront toujours suppléer l’Etat. Ce, à l’instar des footballeurs Sadio Mané et Diao Baldé qui construisent des lycées dans leurs villages respectifs. L’Etat aura certainement la grandeur d’âme d’y envoyer des enseignants.

Au pays de l’émergence, des mômes disparaissent avant d’être tués sans que l’autorité n’apporte des réponses énergiques à ce fléau. Tant pis, ce sont des fils de pauvres. Ç’aurait été le fils d’un de nos ministres qu’on remuerait ciel et terre pour retrouver le garnement.

Au pays de l’émergence, la drogue est aux portes de nos écoles. C’est un épiphénomène ! Et pourtant, ça ne date pas d’hier. On attend que ça grille fort !

Au pays de l’émergence, on déverse dans nos boutiques des aliments impropres à la consommation. On peut mourir, ça ne les concerne pas.

Au pays de l’émergence, des malades atteints d’insuffisance rénale patientent dans le couloir de la mort faute de soins.

Au pays de l’émergence, des pirogues chavirent avec leur lot de victimes.

Au pays de l’émergence, ça ne travaille pas depuis plus de cinq mois, les ministres sont à la recherche de puissants marabouts pour ne pas perdre leur moelleux fauteuil.

Au pays de l’émergence…. il y a tellement de problèmes qu’après avoir prêté serment, le Chef doit s’appliquer dans toute sa vérité le slogan qui stipule que le temps est celui de l’action. En finir avec la politique pour soigner les maux dont souffre ce charmant pays…

L’Etat des grognes ! (Demba Ndiaye)


Que ce pays est…merveilleusement paradoxal, et ses citoyens maladivement caractériels. Ils ont, y a un mois, élu un président au premier tour avec la bagatelle de 58% et des poussières, par un mystérieux « coup ko » et, chloroformés par une victoire à laquelle tout compte fait ils ne croyaient pas, ils ont eu la décence de ne pas fêter.

A la joie des vainqueurs, s’est substituée une hypnose collective, une anesthésie générale inoculée aux vaincus comme aux vainqueurs.

C’est cette victoire des mystères qui donne cette ambiance d’un collapsus collectif au pays depuis le 24 février dernier.

Brumeux comme le temps envahi du sable venu du désert, apparu lui aussi après cette victoire mystérieuse, et qui inonde de ses particules mortelles nos bronches et autres paupières gonflées de détritus charriés par des vents venus de nos contrées désertiques.

Il ne s’agira pas de l’état de grâce que le peuple généreux et magnanime accorde généralement aux nouveaux élus, il s’agit de bien moins glorieux que ça : un apnée, non, un coma collectif et profond consécutif à une violente attaque contre nos cellules grises. La raison a peur de ce qu’elle ne comprend pas, ce qu’elle ne peut pas expliquer.

Alors, ce peuple merveilleusement paradoxal a fermé la parenthèse présidentielle pour revenir à son ADN fondateur : la grogne ! Les grognes plus précisément.

C’est d’abord les responsables du parti présidentiel, par militants interposés, qui réclament le « retour de l’ascenseur » ( si si, c’est ainsi qu’ils parlent), pour avoir pulvérisé les records dans leurs bleds ; des compagnons de route qui estiment devoir avoir plus de postes ministériels et autres que la mandature passée ; des très intéressés alliés de la dernière heure qui nous tympanisent avec des histoires de législatives anticipées, de couplage et découplage des élections, d’un rajout de deux ans supplémentaires aux députés pour qu’ils « épaulent mieux » le président…

Ces grognards, on les connaît bien : ce sont les parasites qui grenouillent autour de tous les régimes. Ils réclament leurs pitances, les restes des festins.

Il y a ceux qui pendant trois semaines, avaient mis sous le boisseau leur difficile quotidien : manque d’eau, manque de routes, voire de pistes, manque d’électricité… Bref, retour à leur cauchemar quotidien qui fait leur vie : un état de manque permanent.

Alors que leur champion fait durer le calvaire de tous ceux qui se pensent nécessairement ministrables, les autres qui ont des rêves très terre à terre (manger plus qu’une fois par jour, retrouver le luxe de douches quotidiennes, un éclairage autre que les lumières vacillantes des lampes à pétrole,…), tous ces gens là se remettent à entonner leurs mélodies de rage : ils veulent vivre mieux bordel !

Est-ce trop demander à ses gouvernants qui nous chantent tous les jours les refrains de l’émergence ? D’accord, ils disent en 2035, pas maintenant.

Aujourd’hui, c’est villes nouvelles et TER, une arène flambant neuve, où il n’y a ni lutte, ni lutteurs et autres « bakks » !

Et puis, il y a bien sûr nos grognons rogneurs traditionnels : syndicalistes, étudiants entassés comme des sardines…Leur dilemme à tous ces râleurs devant l’Eternel : la fermer et attendre le traditionnel 1er Mai, après la traditionnelle fête du 4 Avril, ou dire à l’Elu, que ce quinquennat sera social, ou anti-socialement « a-social ».

Parce que voyez-vous, pas besoin d’être un grand économiste pour savoir que tous les prix gelés pour cause électorale vont être très bientôt libres parce que libérés. Il faudra bien remplir les caisses de l’Etat vidées pour les besoins du « coup ko au premier tour ».

Même les surveillants bienveillants que sont les institutions financières qui avaient fermé les yeux, grognent et piaffent d’inquiétude.

Oui, on vous l’annonce, ce quinquennat sera très peu social mais remplis des grognements de tous les éclopés de la vie.

Un ami notoirement sceptique et qui a très peu d’estime pour nos gouvernants, m’a dit ce dimanche avec une conviction qui m’a fait froid dans le dos : « ce régime sera le premier à partir non pas par les élections, mais par la rue, tant ils vont décevoir et le peuple n’attendra pas cinq ans pour les virer avec leurs cartes d’électeurs ».

Trop pessimiste, et l’histoire même du pays ne va pas dans ce sens. Parce que, depuis Mai 68, il n’y a pas eu un autre Mai 68. Et même en Mai 68, le mouvement social n’a pas viré Senghor par la rue, juste secoué ses fondations.

C’est même lui qui a eu le dernier mot : emprisonné des dizaines d’étudiants, enrôlés de force les autres et tué au moins un, dans sa prison à Gorée.

Post-scriptum : À propos de mort. Un ami vient de partir sans dire adieu. Un grand, très grand saxophoniste. Il a juste posé son saxophone et s’est endormi. Du sommeil dont on ne se réveille pas.

Adieu Issa Cissokho. Adieu mon ami. Que la terre te soit légère. La symphonie de ton saxe nous tiendra compagnie. Comme si tu étais avec nous. Repose en paix ! Amen !

Massacre des Peuls au Mali : Au cœur des complexités territoriales et économiques

135 morts dans le village d’Ogossagou au Mali. Tous des peuls. Une réelle abomination qui doit être dénoncée et punie avec toute la rigueur.

Resurgit sur la scène internationale la question dite peule. Elle est complexe mais les manifestations meurtrières qui la structurent sont connues voire prévisibles. Tous les maliens voyaient venir.

Au cœur de ces massacres de forts soupçons pèsent sur le PM Boubeye Maiga, initiateur des Ganda Koy dans les années 90, un mouvement d’auto défense contre les touaregs. Il a fortement encouragé le Ganda Koy.

Aujourd’hui le communiqué du gouvernement malien est précis sur les auteurs du carnage : « Sur le rapport du ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, le Conseil des Ministres a adopté un projet de décret portant dissolution de l’Association DAN NA AMBASSAGOU.

Depuis un certain temps, l’Association DAN NA AMBASSAGOU s’est écartée de ses objectifs initiaux, en dépit des mises en garde répétées des autorités administratives locales.

En application des dispositions de la Loi n°04-038 du 05 aout 2004 relative aux associations, le Conseil des Ministres a prononcé sa dissolution ».

L’association Dan Na a probablement tué les 110 peuls et le gouvernement leur reproche de s’être détourné de leur vocation intiale ».

Au fil du temps, elle s’est transformée en une meurtrière milice. Contrairement aux idées reçues, ce ne sont pas des chasseurs traditionnels Dogon qui ont massacré les peuls. C’est une couverture. Ils ont des armes de guerre là où les chasseurs ont des mousquets.

La question peule se révèle au plan transversal en ré-écoutant l’interview d’Ali Nouhan Diallo, peul, ancien président de l’Assemblée nationale.

Il dit en substance que s’il était jeune, il prendrait les armes et appelle à une grande coalition pour se défendre.

Certains le renvoient à sa communauté parce qu’il parle de la question après avoir abordé des questions arabe et touareg.

Il faut dire qu’il est intervenu personnellement quand des touaregs et des arabes ont été pris pour cible. Il les a défendus et à dénoncé les massacres.

Mieux, il a pris des risques pour aller au Nord en tant que président de l’Assemblée nationale. Aujourd’hui que sa communauté est visée, il lui est interdit de parler au risque d’être taxe d’ethniciste.

Au delà de ces surenchères et des logiques de défense et d’auto défense, un élément reste constant et structurant.

C’est une politique systématique de morcellement territorial de toute la bande sahélienne. Une évidence : le Mali a la plus forte concentration de forces militaires internationales, la décomposition s’aggrave. A qui profite le crime ?

C’est exactement la même chose au Sénégal. Nous devrions être attentifs sur ces enjeux devenus transnationaux. On peut voir d’ailleurs la dimension particulière que prend ce ou ces massacres répétés sur les peuls à travers l’Afrique.

Déconstruire le système dans nos pays passent aussi par la prise en compte de ces dimensions. Tous nos pays ont conservé intact les structures coloniales tant au plan politique que territorial.

Au delà des questions ethniques, ce qui se passe au Mali relève du business pour reconfigurer des espaces et des territoires, attiser des haines ethniques.

Au nom du grand capital international. Une grande tragédie continentale. Elle ne fait que commencer d’ailleurs. Nous devrions y jeter un coup d’œil sérieux car les flammes arrivent bientôt chez nous.

NKEN

EditorialAffaire du Colonel Abourahim Kébé ou quand la plume vacille et divise ! (Ababacar Gaye)

Le journalisme, à quoi sert-il aujourd’hui ? Voilà un questionnement légitime qui mériterait des tomes pour redéfinir les contours du métier, lequel faisait rêver jadis. La plume est aujourd’hui domestiquée au point que l’on ne sache plus qui faire le distinguo le journalisme du showbiz.
Affaire du Colonel Abourahim Kébé ou quand la plume vacille et divise !

L’ « affaire du colonel » Abourahim Kébé, telle qu’elle est présentée par le journal « L’Observateur », donne davantage de raison à ceux qui nourrissaient déjà un dégoût profond à l’encontre de la profession journalistique. On se demande, au vu de ce qui se fait comme déballage en longueur de journée, si le milieu journalistique n’a pas rompu avec les fondamentaux même du journalisme.

L’indiscrétion et le déballage dont certains journalistes font montre nous ramène à la perception négative du journaliste dans les sociétés anciennes. L’homme de média était conçu comme un « taskatu xibaar » en wolof, c’est-à-dire une sorte de colporteurs et de divulgateur de secrets.

Pourtant le travail des pionniers du métier au Sénégal dont Amadou Mbaye Loum, Ahmad Bachir Kounta, Sidy Lamine Niasse avait réussi à changer radicalement cette façon sociologique de voir les choses. Mais on semble aujourd’hui retourner à la case-départ puisque l’inféodation avec les tenants des pouvoir est tellement flagrante.

Ce n’est qu’en ce sens qu’il faudra comprendre le questionnement de Bernard Tapie qui semble bien fondé : « pourquoi acheter un journal quand on peut acheter un journaliste » ? Il est clairement établi que la plupart des déballages- car il ne s’agit pas d’information- ne vise qu’à détruire des adversaires surtout sur le plan politique.

Et si on revenait aux fondamentaux du journalisme ? Au Sénégal, il est à déplorer que les vrais journalistes ne courent plus les rues ; à la place, ce sont des faits-diversiers qui tiennent le pouvoir.

A supposer que le journal « L’Observateur » pour ne pas le nommer ait raison sur ces « informations », si tant est qu’elles en soient, il se pose tout de même la question de la pertinence et de l’opportunité.

La véracité d’une information ne doit pas suffire pour vendre son journal, il faut aussi étudier si véritablement ce que le lecteur découvrira est opportun et profitable pour lui. Pour le cas d’espèce, le passé du Colonel Kébé qui serait cité dans des questions de mœurs ne présente aucun intérêt pour les lecteurs.

De ce point de vue, habiller pour l’hiver d’honnêtes personnes parce qu’ils n’épousent pas nos idéaux est loin d’être du journalisme.

Informer juste et vrai dans le respect de l’éthique et de la déontologie est le b.a.-ba même de la formation en journalisme. Ainsi un journaliste assagi doit-il se garder d’être le fer de lance d’un politique, fût-ce de son propre patron.

Guy Bedos, ce célèbre artiste comique, n’avait-il pas dit d’ailleurs : « je croirais vraiment à la liberté de la presse quand un journaliste pourra écrire ce qu’il pense vraiment de son journal. Dans son journal » ?

Cette assertion interpelle au plus haut point la conscience de ceux qui dévoilent et violent l’intimité d’honnêtes citoyens alors que des cafards de tous ordres remplissent leurs placards.

Qu’on n’essaie surtout pas de nous dire, comme l’ont tenté de l’expliquer certains membres du groupe dont fait partie le journal « L’Obs », que ceux qui s’indignent auraient applaudi si l’article incriminait un partisan du pouvoir.

C’est malheureux comme ils se trompent de combat ; la question ici est moins une question de personne que de méthode. Quelle que soit la cible des propos aussi destructeurs, on serait arrivé à la même conclusion surtout quand cela émane d’un journal qui avait bonne presse sous le président Wade.

Le Sénégal n’est plus en campagne électorale, mais en s’attaquant au colonel Abdourahim Kébé, le groupe de Youssou Ndour s’attire l’indignation générale tant l’attaque a été frontale et sans fondement solide. Qu’on n’essaie pas non plus de nous dire que c’est de l’investigation comme l’auraient fait des groupes comme « Média’part » ou « Le Canard Enchaîné » car la différence est énorme. Ceux-là des autres pays font dans le professionnalisme pendant que nous, nous aimons verser dans le sensationnel.

L’information que cette presse-là propose ne suit pas une logique partisane et ne vise jamais exclusivement un groupe. A contrario, ce sont même les tenants du pouvoir qui sont le plus victimes de ces grandes maisons de presse. Les épisodes Jérôme Cahuzac et de François Fillon sont des preuves qui démontrent qu’ailleurs la presse, consciente de son statut de quatrième pouvoir, joue son rôle de veille et de sentinelle.

Menacée par la presse en ligne, une bonne partie de la presse écrite sénégalaise est ainsi devenue un simple relayeur de « fake news » et adepte des informations « people » pour survivre. D’autres se vendent au plus offrant pour sortir la tête de l’eau. Et malheureusement, cela déteint sur la rigueur qui était la marque de fabrique de certains papiers. Aujourd’hui, cette absence de rigueur se voit même à la UNE des journaux naguère très respectés.

Et si on revenait aux principes de base du journalisme ? Le traitement de l’information ne doit pas être dicté par la volonté de nuire et de vendre son papier. Si le colonel Kébé qui a occupé des fonctions hautement respectables dans sa carrière n’était pas avec Idrissa Seck, le principal challenger de Macky Sall, il n’y a point de doute qu’il ne serait pas calomnié de la sorte.

Il y a quelques jours déjà, le directeur général de la RTS, Racine Talla, avait fait une publication sur sa page Facebook insinuant des choses peu catholiques sur la personne dudit colonel. Alors l’article à charge de « L’Observateur » le citant dans une affaire de mœurs n’est qu’une suite logique de ce que font naturellement les partisans du pouvoir.

A y voir de près, le directeur de la RTS disposerait de ces mêmes « informations » bien avant « L’Observateur » même mais le journal « Le Soleil », quoique étatique, ne pouvait pas se rabaisser à un niveau si brouillon. C’est après tout l’image de la boîte qui est en jeu.

Si la presse veut être respecté et reconquérir son pouvoir, elle n’a pas le choix : il faut qu’elle se conforme aux principes fondamentaux du journalisme que sont la déontologie, l’indépendance, l’éthique et surtout l’équité. Autrement, sa mort ne sera qu’une question de temps.

Ababacar Gaye

Affaire Colonel KÉBÉ : “L’OBSERVATEUR” en mercenaire ? (Pape Moctar Selene)

Le colonel Abdourahim Kébé n’est pas encore sorti de l’auberge. Récemment inculpé pour un post jugé subversif, libéré et placé sous contrôle judiciaire, voilà qu’il fait encore la une des médias, précisément de L’Observateur de ce mercredi 20 mars 2019, pour une « supposée » affaire de mœurs au sein de l’armée.

Le journal part de 1985 pour clore le chapitre en 1999 avec un soi-disant délibéré condamnant le capitaine d’alors à 15 mois d’emprisonnement ferme avec mandat de dépôt.

Cette peine annoncée par le journal L’Observateur, ce n’est que le réquisitoire du procureur. Parallèlement, dans le même document, l’avocat civil avait requis la relaxe pure et simple. Des hautes autorités militaires contactées soutiennent que le Capitaine a été purement et simplement relaxé.

Et le soldat plaignant a été radié des rangs. D’ailleurs, cette affaire militaro-militaire étalée dans la place publique n’est pas du goût des anciens officiers d’active.

Ces derniers promettent de réagir prochainement pour donner leur position. Un ancien chef d’Etat-major général des armées soutient que le traitement médiatique de cette affaire vidée depuis 20 ans installe le doute dans l’opinion et ternit l’image des Forces armées.

D’aucuns peuvent penser que l’impunité règne dans l’armée, or, précise-t-il, le mis en cause a été relaxé par un tribunal militaire composé essentiellement d’agents assermentés.
Cet article intervient dans un contexte politico-social tendu suite à la présidentielle du 24 février 2019. Une publication qui coïncide avec le placement du Colonel Kébé sous contrôle judiciaire.

Un régime qui restreint non seulement sa liberté de mouvement, mais aussi d’expression. Donc annihilant toute possibilité de riposte et de contestation des faits apparemment manipulés à dessein.

Manifestement atteint par cet article téléguidé aux allures de règlements de compte politiques et militaires, le secrétaire national du parti Rewmi, chargé de la Défense, serait en concertation avec ses amis, proches et avocat pour voir la posture à adopter face à ce feuilleton médiatico-judiciaire qui a tout l’air d’un acharnement.

Pape Moctar SELANE (Directeur de l’information 7TV et AZCATU)

Dakar, « capitale de l’émergence »,ville salle et polluée.( Par Mody Niang )

Dès l’introduction de ce texte, ma pensée va vers l’Adjudant-Major, Commandant actuel de la Brigade de gendarmerie de Ouakam. Le 12 mars 2019, je m’y suis rendu pour régler un problème.

L’Adjudant-Major, qui était visiblement très occupé, m’a quand même reçu avec une courtoisie exquise, et m’a réglé avec diligence le problème objet de mon déplacement.

Cela n’arrive pas toujours dans notre pays. J’avais garé mon véhicule à l’intérieur, à un endroit que m’avait indiqué un gendarme, au milieu de nombreux autres véhicules, qu’on appelle communément ‘’clandos’’.

Je ne m’attarde pas sur les ‘’Jakarta’’ qui y étaient aussi en grand nombre. Quand je suis sorti des bureaux de la gendarmerie, je n’ai pas pu m’empêcher, au moment où j’allais prendre mon véhicule, de jeter un coup d’œil de près sur les ‘’clandos’’.

Ils sont si délabrés qu’ils ne devaient même pas transporter des animaux. Je me suis informé auprès d’une source sûre qui m’a assuré que chaque fois que les hommes du Major-Commandant rencontrent de tels ‘’véhicules’’ dans la circulation, ils les conduisent à la brigade où ils sont immobilisés.

Beaucoup de commandants de brigade et de commissaires de police devraient faire comme ce commandant de brigade. Je ne dirai pas imprudemment que tous ne le font pas mais, si j’en juge par le nombre impressionnant de ‘’clandos’’ qui circulent sans problème à Dakar comme dans la banlieue, je me pose légitiment des questions.

Comment de tels ‘’véhicules’’ peuvent-ils assurer tranquillement le transport de personnes sous ‘’le nez et la barbe’’ des gendarmes et des policiers qui savent parfaitement qu’ils ne détiennent aucune des pièces les autorisant à s’adonner à un tel transport ? Personne ne peut imaginer, en effet, que les conducteurs de ces guimbardes présentent une carte grise, une visite technique ou une assurance. S’ils les présentaient, ce serait gravissime et les services qui les leur auraient délivrées mériteraient les pires sanctions. Donc, dans les deux scénarios, le crime – oui, c’en est un – est établi de part et d’autre, et impunément.Pourquoi ?

Une fois, j’ai été arrêté par un jeune policier, juste au moment où je sortais d’une station où je venais d’acheter du carburant. Le policier me réclame mes pièces et je m’exécute immédiatement. Il me rend les autres, retient mon permis de conduire et se met à remplir un papier jaune. Je lui demande tout naturellement ce qui se passe. Il me répond sèchement :

« Vous n’avez pas mis votre ceinture de sécurité. » Il avait raison : je la portais jusqu’à la station. Comme elle me gênait pour accéder à ma poche, je l’ai décrochée et, après avoir payé le carburant, je démarre en oubliant de remettre la ceinture. C’est alors que j’ai la malchance de tomber sur le jeune policier. Je lui explique tout cela, mais il n’a rien voulu comprendre et me répond : « Monsieur, vous n’avez pas mis votre ceinture ! » Au même moment, j’aperçois un ‘’ clando’’ qui roule vers nous, suivi d’un autre d’ailleurs. Tous les deux étaient de véritables guimbardes, qui n’avaient sûrement aucune des pièces qu’il m’a demandées, à plus forte raison une ceinture de sécurité. J’ai le reflexe de lui dire : « M. le Policier, arrêtez ce ‘’clando’’ ! » Il continue d’écrire et je reviens à la charge : « M. le policier, en voilà un autre, arrêtez-le ! Comme le premier, il n’a même pas de ceinture de sécurité ! » Pour toute réponse, il me tend le papier jaune et me dit presque avec dédain : « Vous avez jusqu’à demain pour récupérer votre permis à la Police de …. »

Ce jour-là, j’étais vraiment indigné et désespéré de mon pays. Les cimetières de véhicules sont désormais vides, tous les cadavres étant pratiquement remis en circulation. Un jour, je me suis mis au bord de la route qui va du Rond Point de la Case de Cambérène vers le Lycée des Parcelles Assainies. Je comptais deux, trois, quatre ‘’clandos’’ avant qu’un ou deux véhicules supposés en régle passent. De l’autre côté, il y avait un policier qui arrêtait certains ‘’clandos’’ et laissait passer certains autres d’un signe de la main. Je n’ose pas exprimer ce que je pense ici. Xel aggale na ko. Parfois, je me demande si mes compatriotes remarquent la même chose que moi, relativement au nombre impressionnant de ces ‘’clandos’’ qui transportent des personnes partout à Dakar, jusqu’au centre ville. Je me demande s’il n’y a pas au moins autant de ‘’clandos’’ que de véhicules dits en règle. Je me demande pourquoi ils bénéficient de tant de compréhension vis-à-vis des policiers et des gendarmes. S’ajoutent maintenant à ces ‘’taxis clandos’’, des ‘’minibus’’ également mal en point qui viennent de toutes les régions du Sénégal. On en rencontre partout à Dakar, bourrés de clients, jusque sur les marches-pieds, sans que cela ne dérange le moins du monde personne : ni les simples passants, ni les gendarmes, ni les policiers. Pourquoi les deux derniers ferment-ils hermétiquement les yeux sur ces ‘’clandos’’ qui ajoutent terriblement à la confusion de la circulation à Dakar comme dans la banlieue ? L’une des réponses serait que nombre de ces ‘’clandos’’ appartiennent à des policiers ou à des gendarmes à la retraite, comme en activité. L’autre réponse possible, je ne l’évoque pas, laissant à chaque observateur averti, le soin de le faire à son niveau.

Quelle que soient les raisons qui expliquent la présence massive de ces guimbardes dans tout Dakar et dans sa banlieue, comme dans nombre d’autres villes d’ailleurs, il faut s’arrêter sur leurs conséquences désastreuses sur la circulation et sur l’air que nous respirons[1].Circuler à Dakar devient une véritable course du combattant. Il n’y a pratiquement plus de zones à Dakar comme dans sa banlieue qui ne connaissent des embouteillages monstres[2]. La circulation se serait sûrement aérée plus ou moins, si on débarrassait la ville de ces ‘’clandos’’ sans aucun ‘’kayitu suukër ‘’ et des autres véhicules de toutes catégories vieux de cinquante ans ou plus, et qui nous empoisonnent carrément l’existence[3]. Les embouteillages ne sont pas notre seul calvaire. S’y ajoute un autre qui est pratiquement la conséquence directe du premier : selon un rapport de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), Dakar est la deuxième ville la plus polluée au monde après New Dehli, la capitale de l’Inde. Avec une pollution atmosphérique supérieure 50 microgrammes/m3 et « un taux de concentration moyen en particules fines PM10 de 164 microgrammes par m3 », elle devance même Pékin, Johannesburg et Jakarta. Les asthmatiques et même les autres qui vivent dans la ‘’capitale de l’émergence’’ sont bien placés pour en attester. Selon le journal parlé de 20 heures de France 2 du 13 mars 2019, la pollution tue deux fois plus qu’on le pensait. Le même journal révèle qu’une étude publiée le mardi 12 /03/2019 rend la mauvaise qualité de l’air responsable de 8,8 millions de morts par an dans le monde, dont 2,8 millions en Chine, 8000.000 en Europe et 67000 en France.Combien la pollution tue-t-elle annuellement chez nous, où c’est loin d’être la préoccupation de qui de droit (je me garde de les citer) ?

Elle n’est pas seulement polluée, la ‘’capitale de l’émergence’’, elle est aussi sale, très sale, ce qui ne m’a jamais laissé indifférent. Même si ma voix ne porte pas loin, cette saleté insoutenable par endroit, m’a amené, le 6 septembre 2014, à publier une contribution pour m’en indigner. J’introduisais ainsi la contribution : « Le vendredi 30 mai 2014, Mr Lewis Lukens, ancien ambassadeur des USA à Dakar rencontrait la presse, au terme d’une mission de trois ans. Profitant de cette toute dernière opportunité, il exhortait le Gouvernement sénégalais à ‘’se focaliser’’ sur la question des ordures et des problèmes de l’Environnement en général, pour mieux tirer parti du potentiel touristique du pays. »Précisant qu’il avait été déjà frappé par cette situation dès son arrivée au Sénégal, il s’interrogea en ces termes : « Quand on voit les ordures, on se pose des questions. On se demande pourquoi c’est comme ça. »

Quand un ambassadeur sort à ce point de sa réserve, c’est parce que la question qu’il évoque le tient particulièrement à cœur. Oui, il avait parfaitement raison et la situation qu’il regrettait est pratiquement la même que celle que nous vivons aujourd’hui, si elle n’est pas pire d’ailleurs. Dans nombre de quartiers de Dakar comme de sa banlieue, on est incommodé par des ordures et des eaux usées nauséabondes. Il suffit, pour s’en convaincre, de se promener dans les quartiers comme Reubeuss, Niayes Thioker, Fass-Gueule Tapée, Colobane, etc. Des ordures sont déversées presque partout, jusque dans les rues les plus fréquentées. J’en remarque souvent entre le Pont de la Patte d’Oie et les abords (du côté droit) du Pont dit de l’émergence.

Dans sa conférence, Son Excellence l’Ambassadeur sortant des USA aurait dû d’ailleurs aller plus loin, en pointant du doigt les gravats et les branchages qui sont une autre plaie de la ‘’capitale de l’émergence’’. Une plaie qui, malheureusement, laisse totalement les autorités et les citoyens indifférents. Ils ne se soucient guère des conséquences que les gravats en particulier entraînent. Non seulement ils enlaidissent les quartiers dits les plus huppés, mais ils sont pour beaucoup dans l’aggravation des inondations.Ils surélèvent le niveau des rues et s’opposent à l’infiltration des eaux de ruissellement. Pour ne donner qu’un exemple, dans un quartier que je connais bien pour y avoir habité pendant vingt-cinq ans, les eaux de ruissellement s’infiltraient quelques minutes après, même s’il avait plu des cordes. Aujourd’hui, nombre de maisons y sont inondées, du fait des gravats qui s’opposent à toute infiltration. Il en est ainsi d’ailleurs dans de nombreux autres quartiers de Dakar et de sa banlieue. Dans l’indifférence générale des autorités et des populations.

C’est également dans leur indifférence générale que les gravats envahissent tous les espaces vides qui ne sont pas éclairés la nuit. C’est notamment le casde ce qu’on appelait les ‘’Jardins de Cambérène’’, jadis un îlot abondamment fleuri et qui faisaient partie des rares ‘’poumons verts’’ de Dakar ? D’autres ‘’poumons verts’’ subissent le même sort et étouffent aujourd’hui sous des tonnes de gravats, dans l’indifférence générale des autorités (dont on ne peut rien attendre) comme des citoyens. Nous devrions tout faire pour les sauver, afin qu’ils absorbent ne serait-ce qu’une partie infime des tonnes de CO2 qui se dégagent des échappements des ‘’clandos’’ et d’autres véhicules quinquagénaires. Dakar est devenue une ville en pierre. Les irresponsables qui ont distribué nos terres n’ont même pas pensé à laisser place à des jardins publics. Les bénéficiaires de ces terres, les mêmes, ne pensent même à planter des arbres : ils construisent tout, préoccupés seulement par les gains du moment.

Le lecteur se rend compte que l’expression ‘’ indifférence générale’’ revient souvent dans le texte. Elle exprime mon indignation. C’est cette indignation citoyenne qui m’avait poussé à publier la contribution du 6 septembre 2014. J’y interpellais une autorité en ces termes : « Ministère de l’Environnement, où êtes-vous ? Vous ne pouvez quand même pas laisser ce ‘’ poumon vert’’ de Dakar mourir petit à petit sous le poids des gravats que des délinquants irresponsables y déversent toutes les nuits, impunément !Pour ce qui me concerne en tout cas, je suis prêt à accompagner des agents de ce ministère sur les lieux, pour qu’ils constatent eux-mêmes sur place les immenses dégâts. Je suis prêts à les y accompagner avec mon propre véhicule et à mes frais, s’il y a lieu. Ils pourraient s’accompagner, s’ils acceptent ma proposition, d’un journaliste muni d’une caméra, pour fixer les images hideuses, qui devraient indigner tous les passants. Si, au contraire, ils trouvent ma proposition prétentieuse et saugrenue, je lance le même appel à toutes les télévisions de nos différents groupes de presse. » Et j’ajouterai, aujourd’hui : « A toutes les organisations de la société civile qui se préoccupent de la dégradation continue de notre environnement. »

Nous ne devrions pas rester les bras croisés face à la défiguration continue de la ‘’capitale de l’émergence’’, du fait des ordures ménagères, des eaux usées nauséabondes et des gravats partout déversés. Ce n’est pas tout d’ailleurs :cette ‘’capitale de l’émergence’’ traîne une autre plaie, celle-là aussi béante que les autres : l’indiscipline et l’incivisme notoires des populations, pratiquement encouragés par la frilosité des autorités publiques, et dont l’ampleur dépasse même nos frontières. Cette plaie béante fera d’ailleurs l’objet de notre prochaine contribution, si notre SEIGNEUR l’agrée.

Dakar, le 18 mars 2019

Mody Niang

[1]Les vieux camions comme les ‘’cars rapides’’ et les ‘’Ndiaga Ndiaye’’ qui sont des cinquantenaires pour nombre d’entre eux en rajoutent par les fumées épaisses que dégagent leurs échappements.

[2]Les nombreuses charrettes circulant désormais partout à Dakar rendent aussi la circulation plus difficile encore.

[3]On me rétorquera sûrement qu’ils travaillent, les chauffeurs de ces véhicules, da ñuy daan séen doole. Oui, ils travaillent, ils gagnent leur vie. Mais qu’ils le fassent en conformité avec les lois et règlements vigueur ! L’émergence dans le laisser-aller est une vue de l’esprit.

Pourquoi je voterai Idrissa Seck incha Allah

Parce que les injustices qu’il a subies — en particulier une détention carcérale injuste — et sa longue traversée du désert ont assurément mûri l’homme – Parce qu’il sait s’entourer des meilleures compétences.

En 1960, lorsque les pays de cette partie-ci du continent accédaient en chaîne à l’indépendance, deux géants en particulier dominaient l’ex-Afrique occidentale française.

Il s’agit des présidents Léopold Sédar Senghor du Sénégal et Félix Houphouët Boigny de la Côte d’Ivoire. Lesquels n’avaient pas les mêmes visions pour leurs pays.

Le poète-président et agrégé de grammaire Senghor choisît de miser sur la construction d’une Nation et mit l’accent sur l’éducation en formant des ressources humaines d’une très grande qualité mais aussi sur les institutions et la construction d’un Etat solide. Son ambition était de construire un socialisme « à hauteur d’homme ».

Plus tard, il instaura la démocratie marquée notamment par un multipartisme limité à trois puis quatre courants de pensée. Le médecin « africain » et planteur Houphouët-Boigny, lui, opta pour la réalisation d’infrastructures, la constitution d’une bourgeoisie nationale solide et proclama sans complexe sa préférence pour une voie de développement capitaliste.

Ce là où presque tous les pays du continent se disaient « socialistes » ! L’ivoirien avait construit une ville (Abidjan) à l’américaine avec des routes de standard international, des ponts, des « gratteciel » en tout cas des buildings de verre et de béton.

Le monde entier s’extasiait devant le « miracle économique » ivoirien tandis que Senghor organisait son Festival mondial des arts nègres, construisait son Musée Dynamique, son théâtre Sorano, ses corps de ballets, son Ecole des Arts, sa Manufacture des Arts décoratifs.

Trente ans plus tard, dans les années 90, la Côte d’Ivoire implosait sur la question de l’« ivoirité ». Houphouët, contrairement à Senghor, n’avait pas construit une Nation et dès que les cours mondiaux de café et de caco se sont effondrés, la vitrine ivoirienne s’est craquelée. Et le miracle, qui était un trompe-l’œil, s’est estompé.

Le modèle sénégalais, fondé sur les institutions et l’éducation, ce qu’on appelle aujourd’hui la bonne gouvernance aussi, était le bon. Surtout, Senghor a donné un rayonnement international sans précédent à notre pays en étant le premier chef d’Etat du continent à quitter volontairement le pouvoir. Plus tard, le Sénégal a connu deux alternances spectaculaires qui ont fini de le consacrer comme phare de la démocratie sur le continent.

Or, c’est justement cette tradition démocratique, cette marque de fabrique, ce bien le plus précieux de notre pays, cette exception sénégalaise, tout cela qui est mis en danger depuis sept ans.

Pour la première fois dans l’histoire politique de notre pays, deux hommes, parce qu’ils sont considérés comme des rivaux à une élection présidentielle et des obstacles à l’obtention d’un second mandat, ont été jetés en prison sans autre forme de procès. Ou, plutôt, à l’issue de procès loufoques conduits par des magistrats non pas seulement couchés, mais aplatis.

Toutes des accusations absolument grotesques. Et alors que, sous le magistère du président Senghor — qui ne fut pas toujours, certes, un enfant de chœur mais le contexte de guerre froide et de pays nouvellement indépendant l’excusait grandement et aussi celui de son successeur Abdou Diouf, il existait une vie politique civilisée avec de vrais droits et des avantages accordés à l’Opposition, depuis 2012, tous ces acquis ont été foulés au pied.

A l’Assemblée, les groupes parlementaires de l’opposition, il faudrait plutôt employer le singulier, se disloquent sous les coups de boutoir d’un pouvoir soucieux, sinon de les dissoudre, du moins de les fragiliser à l’extrême. L’Opposition n’est plus consultée et passe son temps à parer les tentatives de déstabilisation.

Le Code électoral consensuel de 1992, fruit d’un dialogue national inclusif, a été déchiré au profit d’une gestion unilatérale et brutale du processus électoral.

Plus grave, notre pays, de havre de paix et de refuge pour tous les opprimés du continent, est devenu pour eux soit une prison (pour l’ex-président tchadien Hissène Habré emprisonné sur financement du dictateur Idriss Déby) ou un enfer dont ils sont expulsés sous le moindre prétexte.

L’ex-putschiste gambien Kukoï Samba Sanya, chassé du Sénégal vers le Mali, est mort dans ce dernier pays quelques jours après son arrivée. Le bloggeur tchadien Mikhaïla Nguebla a été mis dans un avion, direction Conakry d’où il s’est envolé par la suite pour la France. L’activiste Kémi Séba, lui, a été expulsé vers la France.

Même sort pour l’opposant gambien Cheikh Sidya Bayo chassé du Sénégal vers l’Hexagone. Bref, tous les acquis démocratiques du Sénégal sont en train d’être vendangés, s’ils ne l’ont pas déjà été durant les sept ans de règne du président Macky Sall.

Un président de la République dont le péché originel, mais c’est là son moindre défaut, a été un honteux reniement ayant consisté à promettre aux Sénégalais et à la face du monde entier en particulier jusque sur le perron de l’Elysée mais aussi à l’Union Africaine et à l’ONU, qu’il réduirait son mandat de sept à cinq ans. Puis le Monsieur a regardé les Sénégalais dans le blanc des yeux pour leur signifier que son Conseil constitutionnel s’opposait à une telle réduction de son mandat !

Ajoutons à cela que les institutions ont été fragilisées pour être mises au service et à la gloire d’un Conducator, tandis que les contre-pouvoirs, là où ils n’ont pas été domestiqués, sont réduits à leur plus simple expression.

Last but not least, on assiste à une politisation inédite de notre Administration, jadis socle de granit sur lequel reposait l’Etat, les régies financières en particulier ayant fini d’être privatisées à son profit par une camarilla particulièrement vorace. Un fourrier de la transhumance !

S’il n’y avait que cela, c’est-à-dire ce reniement à la parole donnée et ce piétinement des conquêtes démocratiques si chèrement acquises par le peuple sénégalais !

Il s’y ajoute aussi, hélas, que ce Monsieur Macky Sall a porté à un niveau jamais atteint auparavant le fléau de la transhumance qu’il se jurait pourtant d’éradiquer ! Un fléau vil, ignoble, dégoûtant et dégradant que ce président cynique pour qui la fin justifie les moyens a remis au goût du jour pour ne pas dire promu et élevé au rang de sport national.

On assiste à une entreprise répugnante de détournement de suffrages de la part de mercenaires et de salopards qui, après s’être fait élire sous la bannière de l’Opposition, vont sans états d’âme se vendre au pouvoir en place. Des individus sans convictions, sans éthique, sans morale et sans vertu qui retournent leurs vestes ou leurs camisoles au gré des alternances.

Une pratique encore une fois encouragée, et le plus souvent suscitée, par un président qui jurait aux Sénégalais de mettre fin à cette pratique s’ils lui accordaient leurs suffrages.

Une fois au pouvoir, comme pour l’engagement consistant à réduire la durée de son mandat de sept à cinq ans, notre bonimenteur, qui s’est transformé en sergent-recruteur et sous-officier fourrier de la transhumance sitôt élu, s’est dédit et renié honteusement.

J’aurais pu parler de notre économie vendue aux étrangers, des centaines d’entreprises nationales à l’article de la mort, si elles n’ont pas encore mis la clef sous le paillasson du fait des difficultés dans lesquelles les a plongées le Trésor public, des scandales financiers à n’en plus finir etc.

Mais ce serait trop charger la barque. Rien que ces deux aspects développés dans cet article le démantèlement des acquis démocratiques du Sénégal et la promotion de la transhumance me suffisent pour ne pas voter pour le président sortant. Et après-demain dimanche, inch’Allah, je voterai pour le candidat Idrissa Seck.

Parce que c’est un homme d’Etat qui a une expérience de la gestion au plus haut niveau de cet Etat en tant que Premier ministre et ministre d’Etat chargé des Affaires présidentielles.

Parce que c’est un chef qui sait se faire respecter. Parce qu’il sait s’entourer des meilleures compétences. Parce qu’il a de l’ambition pour le Sénégal et saura défendre ses intérêts. Parce que l’équipe qui l’entoure me rassure.

Parce que c’est un homme moderne, ouvert sur le monde. Parce que depuis 1983 que je le connais, il a participé à toutes les luttes démocratiques du peuple sénégalais.

Parce qu’il saura, je pense, combattre la transhumance dont il a été victime plus que n’importe quel homme politique sénégalais.

Parce que les injustices qu’il a subies en particulier une détention carcérale injuste et sa longue traversée du désert ont assurément mûri l’homme.

Et surtout, surtout, parce que j’espère qu’il ne se transformera pas en maton sitôt pour à son tour emprisonner tous ses opposants !

Mamadou Oumar NDIAYE

Quand les pyromanes pleurnichent (Demba Ndiaye)

Quand on ferme les yeux sur le vandalisme de ses militants ; alors on est peu crédible à menacer des foudres de la Justice non pas tous les auteurs des violences, mais seulement ceux de l’autre camp

Étrange Sénégal où on peut passer allègrement et sans honte, de pyromanes compulsifs à la colombe blanche striée du sang des victimes de vos appels guerriers au recrutement de nervis délinquants sociaux pour bouffer de l’opposant ; à l’autodafé des cartes électorales et autres urnes pour venger un fils exclu d’un combat que vous estimez truqué.

Oui, ce pays est merveilleux des hypocrisies largement partagées, des démissions acceptées des élites qui devaient être au front et à la tête du combat pour l’élection dans une démocratie et une République exemplaire et non ces pâles copies qui enfantent depuis des décennies, des monstruosités politiques et des gouvernants prédateurs.

A y regarder de près, c’est bien le rapport aux richesses qu’offre le pouvoir sous nos cieux, la boulimie d’enrichissement sans cause (méritoire) ; l’impunité qui encourage les prédations ; la sélectivité d’une Justice qui, semble t-il, a depuis longtemps, renoncé à être juste et équitable.

Du fait de ses relations souvent incestueuses avec les distributeurs de prébendes, modeleurs et « développeurs » de carrières. Elle a beau crier de temps à autre « l’injustice » qui leur est faite, elle peine à convaincre, à être celle qui sert le peuple.

Dans ces jeux de « fais moi peur, je te fais peur avant que je te tue », qui semble-t-il est propre aux campagnes électorales des Républiques atrophiées (que je préfère à bananières), les victimes premières et collatérales sont toujours les chairs à canon, cette masse aliénée qui croit que son avenir dépend de celui ou celle qui lui vend des rêves d’un avenir paradisiaque alors qu’ils ont échoué à seulement construire un présent…vivable.

Tous les morts des faits électoraux sont des morts inutiles, voire futiles, parce que voyez-vous, ils n’auront même pas droit à une justice juste, même si elle ne sera jamais réparatrice.

Parce que voyez-vous, je doute qu’on puisse réparer les dégâts de la mort, on peut juste mettre un peu de baume aux cœurs meurtris des vivants touchés dans leurs chairs, en punissant les coupables directs et, les responsables qui, par leurs discours et appels incendiaires permettent aux égarés, ceux qui prennent au pied de la lettre, les paroles imbéciles de dirigeants prêts à tout pour le pouvoir…

Quand on recrute des tueurs incultes et qu’on les arme de coupe-coupes et autres armes blanches et que l’on sen vante publiquement ; quand on dit d’un candidat que sa place est en prison et non dans les médias et que les milliers de militants qui prennent part à ses meetings à Ziguinchor sont tous des rebelles ; quand on ne punit pas les vandales et autres adeptes des salles de musculation et des arènes qui saccagent les sièges de ses adversaires ; quand on ferme les yeux sur le vandalisme de ses militants ; alors on est peu crédible à condamner du bout des lèvres et à menacer des foudres de la Justice non pas tous les auteurs des violences, mais semble-t-il, seulement ceux de l’autre camp.

Sans jouer à l’oiseau de mauvais augure, je doute que les violences meurtrières de Tambacounda de ce mardi rouge, soient les dernières de cette campagne électorale 2019. Parce que rien (voire si peu) n’est fait pour dissuader les récidives. Au contraire…

Qu’en ton nom (Demba Ndiaye seneplus)

Le président « social libéral » qui chantonne « une année sociale », n’a pas le temps de discuter avec des travailleurs sociaux – Il les renvoie en Avril, ce mois de grosses bl
Année électorale, qu’en ton nom beaucoup d’inepties sont dites ; beaucoup de revendications sont enterrées ; beaucoup d’espoirs miroitées ; beaucoup de prix sont gelés, beaucoup de caisses de l’Etat sont vides, parce que vidées pour les élections justement.

Le Macky pourtant toujours et encore président, dit que le Macky candidat ne peut pas négocier des accords avec les syndicats de la Santé et leur donne rendez-vous au mois d’avril. Cela pourrait être un poison d’avril avant l’heure, ou plus sûrement, un poison qu’il fera ingurgiter aux potes de Mballo Dia Thiam.

Pourtant c’est ce même « encore président » pas sûr d’être réélu qui est parti mendier à Paris le financement de son PSE2. C’est lui et la moitié de son gouvernement qui ont dansé le « Wango » et le « Mbalax » sur les rives de la Seine, dans les bureaux de la Banque mondiale.

C’est le même « toujours président-candidat » qui dit avoir obtenu des bailleurs voraces quelques 7 milles promesses de billets roses qu’il a agités comme des bandits de grands chemins après un « hold-up » sous les yeux goguenards de sénégalais qui ne savent même pas visualiser le premier de ces sept milles milliards.

C’est quand-même une dialectique très peu « tiédo » que de dire « je ne peux pas négocier quelques malheureuses revendications des travailleurs de la Santé », mais des milles et des milles de milliards, je peux aller y apposer ma si précieuse signature.

Il peut obtenir la promesse de sept milles milliards de chaînes pour nous lier pieds et poings des décennies durant. Mais, voyez-vous, le président « libéral social » qu’il revendique, qui chantonne urbi et orbi « une année sociale », n’a pas le temps de discuter justement avec des travailleurs sociaux. Et les renvoie au mois d’avril. Ce mois de grosses blagues et de gros mensonges.

Ce sera bien sûr après le 4 avril, fête de l’indépendance, cette arlésienne qui sert d’enfumage pour les citoyens lambda. Après, on vous dira c’est bientôt le 1er Mai, votre fête (tu parles !) venez donc avec vos traditionnels et ridicules « cahiers de doléances » (l’intitulé en dit long sur ces machins) ; serrons-nous les pinces, balançons-nous de grosses tapes amicales sur les épaules, avant de nous assoir et nous lancer quelques amabilités d’usage à l’endroit des gogos qui regardent encore cette télé, votre télé.

On arrive très vite à Juin-Juillet, fin d’année scolaire, examens, et, si DIEU-LE-VEUT, les premières pluies d’hivernage avec ses inondations et autres calamités sociales. Eh oui, vous l’avez dans le « baba », enfoncé profond, dans une extase d’un nouveau mandat. Acquis comment ?

« Et pis », (comme dit un pote qui n’a plus toutes ses dents et donc bouffe plein de voyelles), les prix du carburant gelés, des produits de première nécessité, seront libérés de leurs « chaînes électorales ». Qu’est-ce qu’ils vont s’envoler ces prix ! Comme un oiseau échappé de sa cage.

Parce que évidemment, il faut bien que l’argentier de l’Etat remplisse ses caisses qu’il a fini par reconnaitre si vides qu’on entendait leur son jusque dans l’enseignement supérieur privé avec sa musique qui donne l’urticaire à 40 milles jeunes sénégalais chassés de leurs amphis.

Si Macky a son deuxième mandat, il va nous faire baver pendant cinq longues années, même si Mballo Dia Thiam et ses potes enfilent des gilets rouges, noirs ou jaunes, il n’en aura cure. Il est assis dans son fauteuil pendant cinq ans, après lui le déluge.

Évidemment, tout cela ressemble furieusement à un scénario catastrophe. Mais que voulez-vous, je suis un adepte de « Hitchcock ». Et puis, faut-il être ce génial « fouteur de trouille » sur grand écran, pour lier notre avenir à lui au Palais ?

Parce que comme disent les défaitistes-pessimistes, « c’est écrit LÀ-HAUT ! A moins que le peuple avec des dirigeants revenus de leurs doux rêves, squattent rues et ronds-points, y campent leurs tentes, s’assoient sur leurs nattes de prières…

Oui, à moins que… Oui, qu’en ton nom , des murs ont été abattus ; des dictateurs « déchouqués » ; des faux républicains, qui assurent la main sur le cœur avoir leur « pays au cœur » avec des trémolos de « convictions républicanisme », virés de leurs tours qu’ils voulaient d’ivoire et d’or. Avec tous les ors du monde…

PS : Le foot, ses stars, ses génies sur le terrain, avec son fric, ses mafias, a aussi ses imbéciles. Comme ceux- là qui, crétins inguérissables, petits racistes d’une société en panne (et perte) de valeurs. Oui, ceux-là qui ont lancé 80 mn durant, des insanités à l’encontre d’un des plus doux, gentils, des artistes du foot. Voyez-vous, avec une droite et une droite extrême alliés au gouvernement, cela ne va pas s’arrêter demain dans les stades.

Alors, DOUX Kali, opposes mépris et la magie de tes jambes, la justesse de tes défenses, ta défense à ces imbéciles des stades.

C’est les mêmes qui rêvent de bouffer du NOIR, quand ils échappent à la mort dans la mer. Tiens bon Koulibaly Kalidou, parce que nous sommes nombreux à être fier de toi, de ce que tu es : Noir, Sénégalais d’origine et de cœur (la preuve, tu joues dans l’équipe nationale, ta nationalité française, en reconnaissance du pays qui t’a vu naître, grandir, apprendre à jouer, avec au bout des talons, les valeurs de la France de 1789, qui (inventa ?) grava dans le marbre de l’Histoire, les Droits de l’Homme.

C’est cette France que nous aimons, pas celle des Marine Fachos, ni l’Italie des héritiers d’un certain « Duce » : les Matteo Salvini, des Républiques en dégénérescence avancée.

Voilà, fallait bien que je mêle ma voix à celles des saints d’esprits, en hurlant ma rage contre les imbéciles de tous les pays. Ciao, Kalidou… Et, bonne et heureuse année 2019 à toutes et à tous !

Phénoménal Idrissa Seck! (Saliou Dione Consultant international)

Qu’on l’aime ou pas, Idrissa Seck, il faut le reconnaître, représente ce qu’il y a de mieux dans la pratique politique au Sénégal. Il ne s’agit pas juste de ses talents oratoires dont

la mention est presque devenue une lapalissade; il ne s’agit pas non plus de sa carrure intellectuelle que l’attrait qu’il exerce sur l’intelligentsia de ce pays a fini de démontrer .

Idrissa Seck, et c’est cela son fort, dispose de l’intelligence de l’instant, cette capacité unique à comprendre les exigences du moment et à y répondre avec la précision des mots et la justesse du discours.

Le Sénégal désemparé et divisé de la fin du septennat de Macky Sall avait besoin d’un discours rassembleur qui dégage dans une simplicité artistique les avenues engorgées du désespoir pour faire entrevoir les voies de l’espérance, celles de l’union des cœurs et des esprits.

Alors même qu’on le croyait coupé de cette jeunesse que certains ont très tôt fait d’enfermer dans des carcans générationnels, Idrissa Seck a montré, lors de la cérémonie d’investiture des FDS du brillant Dr Babacar Diop, combien il peut être en phase avec elle.

Dans une bienveillance que révèle aussi bien son ton chaleureux que ses mots remplis de tendresse, Idrissa Seck a montré combien il peut être pour cette jeunesse, le leader qui inspire, le mentor qui, par la richesse de son expérience de vie, la rassure.

Celui qui, par son parcours que délimite les deux bornes d’une constance qu’aucune contingence ne peut altérer et d’une résilience qu’aucune adversité ne peut entamer, peut mobiliser leur énergie créatrice pour l’avènement d’un Sénégal à la hauteur de leurs attentes.

C’est que la quête d’avenir radieux de cette jeunesse ne trouve de sanctuaire habilitant que de la démarche ingénieuse et audacieuse de cet homme politique, dont le bref passage aux affaires constitue encore les pus belles pages de notre histoire politique et économique.

Alors que son silence a fait courir toutes les conjectures possibles, et que les éternels croque-morts habitués aux pronostics erronés avaient repris du service, ignorant une unique capacité de résistance et de résilience qui rappelle celle de son leader et mentor Abdoulaye Wade, Idrissa Seck a, le temps d’un après-midi, démontré qu’il représente l’alternative crédible pour 2019.

Celui qui, en attendant l’atteinte du statut présidentiel a fini d’habiter depuis longtemps la stature présidentielle.

Saliou Dione

Consultant international

Le petit guerrier et la sebile (Ndukur Kacc Essiluwa Ndao)


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Illustration de l’échec d’une élite politique assise sur de l’or et qui préfère s’endetter pour financer ses ordures. Au vieux nègre à la médaille s’est substitué le petit guerrier « ceddo » et sa sébile. Ainsi va l’ambition nationale.

Il n’est pas étonnant qu’on arrive pas à enlever les enfants de et dans la rue de nos paysages urbains, exploités par des marabouts véreux. Le cancer de l’élite—talibé s’est déjà métastasé dans les différentes cellules de l’indignité nationale. Célébrer la victoire de l’indigence et de l’endettement est cauchemardesque.

Et puis cette bamboula à Paris. Certains « accompagnateurs et saltimbanques » sont à Hotel hyatt regency Paris étoile. Air France a du aussi se faire une santé…

Photos : Kem’s

NKEN

Ce si profond sommeil de Macky Sall ( Mame Birame Wathie)

Maintenant que les hoquets et les sanglots retentissent moins, que le sol s’est suffisamment imbibé de larmes, que la danse des vautours s’écarte de plus en plus du rythme endiablé, il est temps de pincer le grand dormeur et de l’appeler à la réalité.

Dans ce contexte marqué par des dissensions politiques saillantes, exacerbées par des injustices flagrantes, le chef de l’Etat mobilise la République pour une énième escapade parisienne, officiellement intitulée « réunion du groupe consultatif de Paris ».

A moins de trois mois de la Présidentielle, quelle garantie Macky SALL peut-il donner aux investisseurs, s’ils ne sont pas des vendeurs d’armes et autres équipements anti-manifestation ?

Le Gouvernement du Sénégal est à Paris. Est encore dans la capitale française, devrions nous dire. Un peu plus de quatre ans après la première réunion dite du « groupe consultatif de Paris », tenue en février 2014, Macky SALL, Boun DIONNE, leurs ministres et directeurs sont de nouveau en France, pour disent-ils, rencontrer des investisseurs ces 17 et 18 décembre.

Une migration de presque tout l’Exécutif qui n’avait pas sa raison d’être si la communication du régime de Macky SALL n’était pas faite de propagande et de saupoudrage.

Que n’avait-on pas dit au sortir de la réunion « groupe consultatif de Paris » de 2014 ? Bien aidés par une grande partie de la presse, les tenants du pouvoir avaient chanté et dansé, indiquant avoir largement dépassé leurs atteintes en termes de financements et d’investissements. Les milliards qu’attendait le Sénégal pour décoller économiquement étaient enfin réunis, clamait-on.

« Parti avec un objectif de mobiliser 1.853 milliards de F CFA pour le financement de projets de développement contenus dans le Programme Sénégal Emergent (PSE) à l’horizon 2035, le Sénégal a obtenu 3729 milliards de F CFA de la part des Partenaires techniques et financiers ».

Cette phrase, dont-on peut subodorer qu’elle a été rédigée dans les arcanes du palais de la République, a été retrouvée dans 9 quotidiens au lendemain de ladite réunion parisienne.

Macky SALL dont on cherche encore la Vision s’était gargarisé d’acquis ayant condensé suffisamment de nuages pour faire pleuvoir des milliards sur tout le Sénégal. La suite est connue. De tous les secteurs, les complaintes et les cris de détresse ont fini par noyer les murmures.

Enseignants du supérieur comme du moyen-secondaire, travailleurs de la Santé, travailleurs des collectivités locales, étudiants, tout le monde cherche à se faire payer par un Etat incapable d’entretenir un appareil de radiothérapie.

Maintenant que les Sénégalais se rendent compte que les milliards dont il était question sont fictifs, le régime s’en est allé chercher une autre dose de sédatif.

Inutile de revenir sur les énormes ressources englouties par ces réunions qui mobilisent un trop-plein de membres de délégation dont la prise en charge en terre parisienne est plus qu’onéreuse.

Point besoin de souligner que, jusqu’avant 2012, ce sont les Premiers ministres qui conduisaient les délégations d’experts qui menaient les négociations lors des réunions du « groupe consultatif de Paris ».

Arrêtons-nous juste à chercher les investisseurs désorientés au point de mettre leur argent dans un pays africain à moins de trois mois d’une élection présidentielle.

S’ils ne sont pas des vendeurs d’armes et autres équipements anti-manifestation, quelle garantie Macky SALL peut-il leur donner quant à la sécurisation de leurs investissements ?

Macky SALL est à enlever de la liste des présidents qui réussissent à faire signer des investisseurs ou des partenaires à quelques mois de la fin de leur mandat.

Si les accords, qu’il a signés avec Nicolas Sarkozy auprès de qui il a couru tout juste après son élection, ont été respectés par François Hollande, c’est que le premier ne s’est acharné sur celui qui l’a remplacé quand il était encore au pouvoir.

Dans ce contexte politique dominé par la méfiance et la défiance qui ont pris leur source des tribunaux et maisons d’arrêt, Macky SALL ne peut rien signer qui ne sera revu s’il est battu en 2019.

En outre, l’investissement ayant pour premier partenaire la stabilité, rien n’indique que, même s’il est réélu, sa victoire ne serait nullement suivie de contestation et de manifestation.

D’autant que les partisans de Karim WADE comme ceux de Khalifa SALL jurent que la présidentielle ne se déroulera pas sans la participation de leur mentor.

Sur combien d’accords le leader de l’APR, qui trouve que le développement du Sénégal passe irrémédiablement par l’aide et l’investissement extérieurs, est, lui-même revenu à sa prise de fonction ?

L’exemple le plus patent est sans doute la résiliation du contrat concédant une quatrième licence de téléphonie à la Société MTL Infrastructures et Services S.A.

Me Abdoulaye WADE l’avait cédée en catimini, à trois jours de la présidentielle contre beaucoup d’argent qu’il utilisa par la suite dans sa campagne.

Aussitôt arrivé au pouvoir, Macky SALL abroge le décret n° 2012-301 du 23 février 2012 portant approbation de la Convention de concession passée entre l’Etat du Sénégal et la Société MTL Infrastructures et Services S.A. pour l’établissement et l’exploitation d’infrastructures de Télécommunications.

En vérité, ce qui intéresse Macky SALL, c’est de trouver le moyen d’acheter une nouvelle illusion qui, assaisonnée à un énorme battage médiatique, pourrait faire miroiter aux Sénégalais des lendemains meilleurs afin de passer entre les mailles du filet au soir du 24 février 2019.

Seulement, ceux-ci sont déjà avertis qu’il ne compte les leur offrir qu’avec des milliards fictifs.

Mame Birame WATHIE

Faut-il brûler le conseil constitutionnel? Par Serigne Saliou Guèye

Il y aura toujours un doute sur sa neutralité du fait de la compétence affichée pour exécuter la volonté présidentielle et de l’incompétence répétitive dont elle fait montre quand les opposants demandent son arbitrage

Ainsi dans la perspective de la présidentielle de février 2019, les professionnels de l’information devraient être amenés à collaborer avec le Conseil pour éviter toute information fausse qui pourrait nuire à son image.

La haute instance juridictionnelle entend désormais fluidifier ses rapports avec la presse. Ainsi, Pape Oumar Sakho, le président du Conseil constitutionnel est convaincu que «la justice doit s’ouvrir au large public par le biais des médias».

Parce qu’il est conscient qu’il «est nécessaire de faire comprendre la mission du Conseil constitutionnel et de faciliter l’accès aux informations qui en émanent». Et pour cela, Pape Oumar dit «compter sur le Synpics dans l’espoir d’établir un dialogue permanent avec les journalistes.»

L’ennui, c’est que le Synpics ne regroupe pas tous les journalistes du Sénégal, loin de là, mais passons… Le thème en soi montre qu’il n’y a jamais eu de véritable dialogue entre les médias et le Conseil constitutionnel.

Toujours est-il que l’institution estime que c’est le moment de trouver en cette presse un partenaire stratégique afin de donner une image plus reluisante que celle qu’elle a véhiculée d’elle depuis presque trois décennies. Mais qu’est-ce qui a pu se passer pour que la haute juridiction sorte le 18 juillet passé un communiqué au vitriol pour crucifier la presse ?

Il est vrai que cela faisait suite à la chronique du 13 décembre 2017 de Pape Alé Niang qui révélait un complot qui aurait été ourdi au palais de la République en présence de tous les chefs de juridictions dans le sale dessein d’empêcher la candidature du maire de Dakar, Khalifa Sall.

En décembre 2017, un chroniqueur politique a nommément cité le Président du Conseil constitutionnel parmi les participants à une réunion qui se serait tenue au Palais de la République.

Cette rencontre avait pour objectif, selon lui, de planifier et d’organiser une procédure ayant pour finalité de poursuivre, détenir et condamner Khalifa Sall, député et maire de Dakar. Dans le même sillage, le journal Wal Fadjri faisait état d’une «réunion secrète» qui aurait été organisée le 25 juin 2018 au ministère de l’Intérieur, en vue d’étudier les voies et moyens d’invalider la candidature de M. Karim Wade à l’élection présidentielle 2019.

A toutes ces rencontres secrètes, un membre du Conseil constitutionnel aurait participé. Outrés par de telles informations qualifiées de «mensongères», les juges constitutionnels avaient choisi de produire un simple démenti à la place d’une plainte pour diffamation. Cela aurait clarifié les choses si les informations livrées par les confrères étaient dénuées de tout fondement comme le soutenait le communiqué en question.

Pourtant l’invalidation de la candidature de Khalifa Sall à la prochaine présidentielle n’est plus une chimère même s’il reste le recours à la Cassation au niveau de la Cour suprême qui doit achever le travail accompli par le procureur de la République Serigne Bassirou Guèye, le doyen des juges Samba Sall, le juge Malick Lamotte et le juge d’appel Demba Kandji.

Le Garde des Sceaux, Ismaïla Madior Fall, lors de son récent passage à l’Assemblée nationale a suppléé la Cour suprême en condamnant définitivement Khalifa Sall. Même si l’information de Pape Alé avait été qualifiée de diffamatoire, il est avéré que la suite des événements subséquents lui a donné raison. Il en est de même pour Karim Wade.

Ali Ngouille Ndiaye l’a disqualifié via la Direction générale des élections (DGE) sans aucun respect de la justice.

La Cour suprême, saisie en la matière, s’est déclarée incompétente à propos de l’invalidation de l’inscription du candidat du PDS par les services d’Ali Ngouille Ndiaye. Ce que Wal Fadjri avait déclaré sans circonlocutions.

Pourquoi les «Sages», habitués à s’engoncer dans un mutisme légendaire, ont-ils décidé à brûle-pourpoint de sortir de leur réserve habituelle comme l’indique le communiqué 9 juillet 2018 ? Cette envie de vouloir coopérer avec les journalistes, toujours considérés comme des diffamateurs, nous parait louches à quelques semaines de l’échéance électorale de février 2019.

Y aurait-il une volonté inavouée d’anesthésier cette presse critique à l’égard du Conseil constitutionnel chaque fois que la haute cour déclare son incompétence là où elle devait se prononcer souvent avec un devoir d’ingratitude comme le disait le ministre de la Justice Robert Badinter au Président François Mitterrand qui venait de le nommer dans son premier gouvernement après son sacre de 1981 ?

Une institution connue plus par son incompétence confessée que pour son courage. Mais n’en déplaise le président Pape Oumar Sakho, «ces critiques qui font mal», selon ses mots, ne s’arrêteront pas tant que la haute juridiction donnera l’image d’une «Curia praesidentis» c’est-à-dire d’une Cour du Président.

C’est rare de voir un Sénégalais, dans la diversité de la composition de notre pays, apprécier positivement le travail de l’institution constitutionnelle.

La seule fois où l’on avait vu le Conseil constitutionnel rendre une décision qui s’oppose à la volonté du pouvoir, c’est en mars 2001, quand PDS avait voulu utiliser le nom du Président Abdoulaye Wade et son image pour les législatives de la même année.

Face à la volonté du chef de l’État, Abdoulaye Wade, de participer avec son effigie aux élections législatives de 2001, le Conseil constitutionnel avait répondu par une fin de non-recevoir courageuse.

En effet, les «Sages» avaient estimé dans leur décision du 26 mars 2001 que « le principe d’égalité entre les partis ou coalitions de partis commande qu’ils connaissent le même traitement ; qu’ainsi, aucun d’eux ne peut, au cours d’une compétition électorale à laquelle le Président de la République n’est pas candidat, utiliser l’image et les attributions constitutionnelles de celui-ci».

En conséquence, «le nom «WADE» et la photographie du président de la République ne doivent pas figurer sur le bulletin de vote de la «Coalition WADE»…».

A l’époque, le brillant professeur de droit Alioune Sall n’avait pas manqué de louer cet acte rare chez nos «Sages» en déclarant ceci : «Voici en effet une des rares, peut-être trop rares décisions dans lesquelles la Haute juridiction sénégalaise se libère quelque peu du corset des textes qui régissent sa compétence, et ose, pour une fois, rompre avec l’obsession de la compétence d’attribution».

Malgré cette jurisprudence, pourtant lors des législatives de 2017, Bennoo Bokk Yaakaar s’est servie de l’image du président Macky Sall sans être inquiétée par la haute juridiction.

Que de rendez-vous manqués ! A part cette décision historique de mars 2001, le Conseil n’a presque jamais émis un avis ou une décision qui contredise, en quoi que ce soit, le pouvoir, y compris quand il s’agissait de textes absurdes.

En janvier 2012, c’est l’institution dirigée par feu Cheikh Tidiane Diakhaté qui avait validé contre toute attente la candidature du Président Abdoulaye Wade. Conséquence : deux morts, plusieurs blessés et un pays qui sombre dans l’embrasement le 31 janvier 2012. Tout cela à cause d’une décision irréfléchie du Conseil constitutionnel.

Ismaïla Madior Fall : «Il y a toujours une suspicion légitime sur le Conseil constitutionnel»

D’ailleurs, cette validation avait exaspéré le professeur Ismaïla Madior Fall, actuel ministre de la Justice, au point que, lors de l’émission dominicale le «Grand jury» de la RFM, il avait déclaré sans aménités ceci : «Ceux qui ont une autorité en matière de science du droit constitutionnel avaient considéré, dans leur écrasante majorité, à peut-être une ou deux exceptions, que la candidature du président n’était pas conforme à la constitution. Donc, l’on s’attendait à ce que le Conseil constitutionnel invalide simplement cette candidature.

Il y a toujours une suspicion légitime sur le Conseil constitutionnel. Ce qui fait qu’il apparaît comme une cour de juridiction qui est à l’instar de la Tour de pise, inclinée d’un côté, et c’est celui du pouvoir».

Et le contempteur de la juridiction constitutionnelle de conclure : «Les Sages ne devaient pas ignorer la valeur juridique de la déclaration du président Wade de 2007, lorsque lui-même indiquait qu’il ne pouvait pas se présenter. Les manifestations et l’effervescence populaire, le Conseil constitutionnel ne doit pas les ignorer. Il ne peut pas les ignorer.

Un juge constitutionnel doit aussi être à l’écoute de sa société politique et pouvoir anticiper sur l’avenir. Parce que le droit constitutionnel, c’est un droit dans lequel il y a des considérations non juridiques qui influent et parfois influencent la décision du juge».

C’est donc dire que, pour justifier ses décisions, le Conseil constitutionnel doit être aussi attentif aux arguments souvent non juridiques avancés et à marquer le plus possible son détachement des influences politiques exercées.

Quand il s’est agi de trancher sur la réduction du mandat présidentiel, la haute juridiction, compétente par intermittences, a tendu la perche au Président Macky Sall qui s’est réfugié derrière elle pour ne plus honorer un engagement électoral majeur.

Et cela après que Garde des Sceaux Ismaïla Madior Fall eut déclaré, le 3 janvier à l’émission «Remue-ménage» de la RFM, que «les avis rendus par le Conseil constitutionnel lient le président de la République, lequel est obligé de suivre l’avis du Conseil constitutionnel quel qu’il soit ».

Ainsi le 17 février 2016, les Sages ont «enjoint» Macky Sall, qui les a tous nommés, de respecter la Loi fondamentale puisque «le mandat en cours du président de la République connaîtra son terme en 2019».

Comble de forfaiture, lors des élections législatives du 30 juillet 2017, les «Sages», ou prétendus tels, sur demande ou exigence du Président Macky Sall ont pris la place de l’Assemblée nationale pour torpiller le code électoral en décidant que «l’électeur n’ayant pu retirer sa carte nationale d’identité CEDEAO faisant office de carte d’électeur, mais dont l’inscription sur les listes électorales est vérifiée, peut voter sur présentation de son récépissé d’inscription accompagné d’un document permettant de s’assurer de son identité».

C’est l’aubaine qu’attendait le pouvoir pour user exponentiellement d’ordres démission et faire basculer le vote dans un lieu comme les Parcelles assainies, fief de Taxawu Dakar. Pourtant, en tant que juges électoraux, Pape Oumar Sakho et ses collègues auraient dû ajourner ces élections puisque un million de Sénégalais n’avaient pas reçu leurs cartes pour pouvoir voter.

Mieux, depuis la fin des législatives, les Sénégalais attendent désespérément une étude ou un rapport évaluatif des «Sages» sur l’organisation catastrophique des élections législatives de 2017 qui ont vu un million de Sénégalais être privés de la possibilité de voter pour le candidat de leur choix.

Quand le Conseil se trompe de cible !

D’ailleurs, en voulant simplement établir un dialogue avec la presse, le Conseil constitutionnel s’est trompé de cible. Cette juridiction doit s’ouvrir plutôt au peuple parce qu’étant le «représentant du peuple perpétuel, seul souverain» comme le dit Philippe Blachèr, professeur de droit à l’Université de Lyon III.

Mais que voit aujourd’hui ? Un Conseil constitutionnel autiste replié sur lui-même. Aucun moyen d’information ! Même le site web dont a parlé le juge Pape Oumar Sakho est inaccessible depuis fort longtemps.

Dès lors qu’on clique sur http://conseilconstitutionnel.sn/accueil/, il y est indiqué le message suivant : «Excusez-nous pour la gêne occasionnée. Votre site web est actuellement en maintenance». Et même quand il était fonctionnel, on ne pouvait y recueillir aucune information.

A part les résultats des législatives, qui d’ailleurs figuraient sur plusieurs sites, tous les Avis et Décisions du Conseil constitutionnel portent la mention «Protégé – Cet article est protégé par un mot de passe ». Si c’est protégé, pourquoi les mettre en ligne ? Pourtant les Avis et Décisions ne doivent pas être frappés du sceau « secret d’Etat ».

Ainsi partant d’une analyse comparative de quatre juridictions constitutionnelles en Afrique de l’Ouest (Mali, Bénin, Côte d’Ivoire, Gabon), l’analyste Seybani Sougou résidant en France démontre que le Sénégal a fait un prodigieux bond en arrière en matière de démocratie et de pratiques constitutionnelles déconsolidantes. Ce qui fait qu’il serait le dernier de la classe.

Aujourd’hui, le sentiment le mieux partagé chez les citoyens est que le Sénégal pourrait facilement se passer de cette institution inutile et partisane et transférer ses pouvoirs à une juridiction autrement plus compétente et plus neutre.

Autrement dit, ce n’est une «collaboration» — on nous prend pour des «collabos» ? Ou une ouverture à la presse qui donnera une image moins repoussante de cette juridiction couchée et toujours «compétente» pour exécuter les desiderata du Président en fonction.

Loin de nous l’idée de dénigrer l’éthique des membres du Conseil, mais il y aura toujours un doute sur leur neutralité du fait de la «compétence» qu’ils affichent ostensiblement pour exécuter la volonté présidentielle et de l’«incompétence» répétitive dont ils font montre quand les opposants demandent leur arbitrage sur des points de divergence avec le pouvoir en place.

Bien évidemment, une telle couardise, pour ne pas dire une telle inféodation au pouvoir en place, ce n’est pas ce qu’attendent les Sénégalais de leur plus haute juridiction.

Les chiffonniers de l’Histoire (Par Babacar Gaye)

A propos du “Musée des Civilisations Noires” tels Robert Faurisson, Bernard Lugan et Roger Garaudy, des thuriféraires à la solde d’un falsificateur de l’histoire culturelle du Sénégal prétendent que:

1. ”Après le 1er Festival Mondial des Arts Nègres de 1966, le projet de ce musée a été retenu par Senghor. Un terrain fut acquis à l’actuel « Camp Lat Dior » et le budget évalué à 20 milliards FCFA”.

2. ”Abdou Diouf voulut reprendre l’idée en la « transformant » en « Mémorial de Gorée Almadies ».

3. ”Il a fallu attendre Abdoulaye Wade pour que le projet revoit le jour dans le programme dit « des 7 merveilles de Dakar » où il est baptisé « Musée des arts contemporains”.

4. “C’est enfin Macky Sall qui reprit le projet initial de Senghor.”

Ce négationnisme appelle de ma part quelques précisions:

Mais auparavant entendons nous d’abord sur les concepts “Art contemporain” et “Civilisations Noires »:

L’Art contemporain désigne de façon générale et globale, l’ensemble des œuvres produites depuis 1945 à nos jours, et ce, quels qu’en soient le style et la pratique esthétique mais principalement dans le champ des arts plastiques.

Alors que Les Civilisations noires désignent l’ensemble des traits de caractère appartenant à l’Homme Noir vivant en Afrique et dans la Diaspora à un certain moment de son histoire. Elles comprennent, entre autres, des faits sociologiques bien précis: croyance, coutume, mœurs, langues et culture, institutions politiques, sociales, économiques.

De ce qui précède, Senghor et Abdoulaye Wade n’avaient pas la même vision et ne donnaient pas le même continu au projet de Musée qu’ils avaient.

Et en ce jour de l’inauguration du “Musée des Civilisations Noires”, il n’est pas superflu de remettre l’Histoire à l’endroit.

D’abord, un projet dénommé « le Musée des arts contemporains » n’a jamais fait l’objet d’une architecture ou d’un quelconque devis validés. Il n’existe que dans leur imagination et n’a jamais fait partie des “7 Merveilles de Dakar”, grand projet du Président Abdoulaye Wade épaulé par l’architecte Pierre Atepa Goudiaby.

Ensuite, Me Wade est le concepteur du « Musée des Civilisations Noires » qui n’a rien à voir avec le “Musée d’Art Contemporain” de Senghor même s’il reconnaît avoir poursuivi une bonne idée du Poète Président, encore moins le “Mémorial Gorée-Almadies” de Abdou Diouf qui, malheureusement n’a laissé aucune trace dans l’histoire culturelle du #Sénégal. Le “Parc Culturel” est un vaste programme de Me Wade comme c’est illustré dans le document-bilan laissé par Me Wade pour que les falsificateurs de l’Histoire soient démentis, le cas échéant.

Enfin, le Président Macky Sall avait dit à la délégation chinoise venue le voir pour réaffirmer leur volonté de réaliser le Musee, qu’en l’état actuel des choses, un “Musée des civilisations noires” n’était pas une priorité pour son gouvernement qui aurait préféré que les Chinois s’investissent plutôt à construire l’Arène nationale. C’est plus tard que la Chine a accepté son projet tout en maintenant la réalisation du Musée pour ne pas pénaliser l’entreprise chinoise qui avait gagné le marché.

Donc, le Président Macky Sall n’a ni conçu le projet, ni trouvé le financement avec la Chine; quand bien même il a accepté malgré lui assurer le suivi avec l’entrepreneur chinois, dans le cadre de la continuité de l’Etat, cette 2ème “Merveille de Dakar”.

Pour conclure, le seul mérite de Macky Sall sera de l’inaugurer aujourd’hui avec la seule préoccupation de poursuivre son utopique dessein de vouloir effacer de l’histoire du Sénégal, le nom du Grand Bâtisseur, Me Abdoulaye Wade. Ce sera peine perdue; l’histoire a déjà retenu. Et aucun révisionnisme politicien ne pourrait effacer les marques indélébiles de l’Histoire vraie, celle des honnêtes gens.

“Rassembler des irresponsables et des « cadavres» politiques qui transhument n’a jamais permis de gagner une élection.“

Le président SALL pense que son bouquin a suffisamment égayé les Sénégalais par ses histoires d’amour qu’il lui resterait juste à mobiliser partisans et militants de circonstance, pour s’ériger en vainqueur de la prochaine présidentielle.

Son optimisme béant ne trompe que ces députés à la cervelle de moineau qui après castagne ont déshonoré le Peuple en désertant l’Hémicycle pour « Dakar Arena ».

Rassembler des irresponsables et des « cadavres» politiques qui transhument n’a jamais permis de gagner une élection. Macky SALL le sait si bien qu’il n’agit pas comme un politique comptant sur son bilan pour rempiler.

Les tensions de trésorerie que vit le Sénégal, Macky SALL et ses partisans ne le ressentent pas. Dans ce contexte de tension sociale exacerbée par des engagements non respectés du gouvernement, ils ne se gênent guère pour étaler leur insolence, narguant leurs nombreux autres compatriotes.

Tout ce qu’il y avait de plus détestable et vigoureusement reproché à Me Abdoulaye WADE et son régime, les « apéristes » l’ont accentué, conforté, banalisé et tentent de l’ancrer.

Que les travailleurs de la Santé en soient à leur 16ème plan d’action, que les étudiants du privé passent plus d’un mois dans la rue, que certains de leurs camarades du public en viennent à mendier pour ne plus risquer les balles, que l’appareil de radiothérapie, le seul dont dispose le Sénégal, multiplie les pannes, qu’un citoyen s’immole par le feu devant la présidence de la République, que la houle engloutisse des dizaines de maisons et en menace des centaines d’autres à Saint-Louis, Bargny et ailleurs, rien de tout cela n’ébranle les tenants du pouvoir qui n’ont d’yeux et d’oreilles que pour la réélection de Macky SALL, synonyme de leur maintien au perchoir duquel, de très haut, ils regardent les Sénégalais.

Une véritable irresponsabilité doublée d’une pernicieuse absence du sens des priorités, inspirée de haut en bas. Ne dit-on pas que le poisson pourrit toujours par la tête ?

«L’élection est déjà gagnée parce que toutes les forces vives sont avec nous ». Cette confiance, que Macky SALL cherche à renvoyer, est feinte. L’assurance, il est loin de la dégager.

Ceux-ci qui s’attendaient à sursaut d’orgueil de sa part en cette veille de présidentielle, ont compris, en lisant son livre, que si le bonhomme est un admirable exécutant mais un piètre leader, qui voit à peine pour décliner une vision.

Puisqu’il y a « L’Amérique au cœur », « L’Espagne au cœur », « L’Algérie au cœur », « La France au cœur », c’était facile de remplacer un de ces noms de pays par le Sénégal.

Et, à travers son bouquin, Macky SALL voudrait faire croire aux Sénégalais qu’il n’est pas celui qui, depuis qu’il est élu à la tête de l’Etat, s’attèle plus à réduire « l’opposition à sa plus simple expression » qu’à autre chose.

Entre Sandrine et Marème, il tente de mettre en exergue un sentimentalisme aux antipodes de la rigidité qu’il reflète. S’il est vrai que c’est lui-même qui a écrit son livre, c’est tant mieux. Au moins, il ne dort pas.

Mais les histoires de cœur de Maky SALL n’intéressent que moyennement les Sénégalais qui lui ont confié leurs destinées et espérant un meilleur devenir.

Si son ouvrage était consistant et sérieux, il ferait de sa sortie et de son investiture à la présidentielle d’une pierre deux coups. La démarche, elle-même, renseigne que Macky SALL est assuré qu’il ne continuera que contre la volonté de la majorité de ses concitoyens.

Au-delà de la machine judicaire qui s’emballe, décidée à retirer à Khalifa SALL sa toute dernière chance de participer à la prochaine présidentielle, le leader de l’APR, qui a dernièrement multiplié les sorties les unes plus calamiteuses que les autres, n’agit pas comme un politique comptant sur son bilan pour rempiler.

Dans un total déni de réalité, les tenants du pouvoir trouvent qu’en engageant des militants de circonstance, qui n’ont même pas tous attendu la fin de la manifestation, pour occuper les 15 000 places de «Dakar Arena », ils ont réussi à effacer la mobilisation de tous ces Sénégalais lambda qui n’ont pas eu besoin de sandwichs ou de per diem pour aller le 29 novembre dernier étaler leur mécontentement à la place de l’Obélisque.

Un déni qui a conduit leurs députés à déserter l’Hémicycle où ils étaient attendus pour examiner le budget du ministère de l’Agriculture et de l’Equipement rural.

Pape Abdoulaye SECK, accusé par l’ONG Transparency International de verser dans «la désinformation et la diffusion de fausses nouvelles», a eu l’occasion de ne pas s’expliquer sur les 380 milliards de francs CFA qu’il dit avoir injecté dans le monde rural. Les députés qui ont montré qu’ils pouvaient aussi rivaliser avec Balla GAYE 2 et Eumeu SENE ont préféré aller se trémousser à «Dakar Aréna».

Mame Birame Wathie

Le juge de Trump (Par Yves Boisvert)

epa06403266 US President Donald J. Trump speaks to members of the news media while signing bills in the Oval Office of the White House in Washington, DC, USA, 22 December 2017. Trump signed the tax bill, a continuing resolution to fund the government, and a missile defense bill before leaving to spend Christmas in Mar-a-Lago, Florida. EPA/MICHAEL REYNOLDS

Ce n’était qu’une petite défaite pour le président, mais elle aura servi à illustrer un grand principe : l’indépendance judiciaire.

Eh oui, ça existe encore, même dans les États-Unis de Donald Trump.

Vendredi, le juge fédéral Timothy Kelly, nommé par Trump lui-même, a donné raison à CNN dans sa poursuite contre la Maison-Blanche. La révocation de l’accréditation du journaliste Jim Acosta s’est faite en violation de ses droits constitutionnels ; une nouvelle carte doit lui être délivrée.

Un « simple juge », non élu, qui remet le président à sa place. Ça semble presque héroïque ces jours-ci, mais ce n’est pourtant presque rien. Rien que de très normal, rien que le fondement même de la démocratie américaine : des pouvoirs qui se surveillent les uns les autres.

***

On n’est qu’au stade préliminaire de la poursuite. Le juge Kelly ne s’est même pas prononcé sur une possible violation de la liberté de la presse. À cette étape, le juge constate simplement qu’on a retiré l’accréditation du journaliste de manière arbitraire. Or, le pouvoir exécutif (le président) est soumis à une obligation d’équité procédurale. À première vue, il a manqué à cette obligation constitutionnelle.

Le seul avertissement que le journaliste a eu fut celui du président, qui l’a décrit comme un journaliste épouvantable à la fameuse conférence de presse post-élections. Par la suite, la Maison-Blanche a publié une vidéo truquée où l’on a accéléré le mouvement pour donner à penser qu’il avait touché à une stagiaire venue lui enlever le micro. Ces justifications après le fait ne tiennent pas la route.

Le juge n’a pas dit que les journalistes avaient un droit inaliénable à détenir pour toujours une carte de presse. Il ne s’est pas prononcé sur le comportement du journaliste. Simplement, à partir du moment où la Maison-Blanche distribue un certain nombre d’accréditations, elle ne peut les retirer sans un processus équitable et rationnel.

L’affaire n’est pas entendue sur le fond encore. La décision est temporaire. En attendant un jugement final, le juge ordonne qu’on redonne une carte de presse au reporter, dont les droits sont violés de manière irrémédiable jour après jour.

C’est quand même une leçon élémentaire de droit constitutionnel.

***

Il n’y a rien d’extraordinaire ou d’audacieux dans cette décision. Elle suit des précédents sur le même sujet. L’intérêt n’est pas là.

L’intérêt, ces jours-ci, c’est le rappel de ce pivot de la démocratie américaine, de la démocratie tout court : la séparation des pouvoirs.

À force de parler des nominations politiques, on en vient à penser que les juges américains sont d’abord politiques et accessoirement magistrats. Que leur seul but est de tordre la loi jusqu’à ce qu’elle plaise au président qui les a nommés.

Donald Trump voit ainsi la justice, c’est un fait. Quand un juge rend une décision qui lui est défavorable, c’est que c’est un juge « démocrate » ou « mexicain » ou va savoir.

Jamais dans l’époque moderne n’a-t-on vu un président parler de manière aussi dégradante de la justice, attaquer personnellement des juges, ravaler la fonction judiciaire au rang d’exécutants de ses ordres. L’idée même qu’un « simple juge » puisse contrecarrer une décision du président est psychologiquement révoltante pour Trump.

Voilà en quoi ce jugement est pédagogique. Eh oui, les juges sont aussi là pour interpréter la Constitution, pour vérifier si les actions du président ou du Congrès sont valides. Leur serment veut encore dire quelque chose.

L’exercice n’est pas totalement aléatoire, politique ou intéressé. Il s’appuie sur des principes sculptés depuis quelques générations et qui ont survécu aux péripéties de l’histoire…

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Il y avait pourtant quelques portes de sortie juridiques pas tout à fait délirantes, dans cette affaire.

Après tout, la Maison-Blanche jouit d’une discrétion pour gérer le fonctionnement de la tribune de la presse dans ses murs et sur son terrain. Est-ce aux juges à s’immiscer dans la gestion des accréditations ?

Un juge « politique » aurait facilement pu remettre à plus tard la décision, sans rétablir Acosta dans ses droits. D’ailleurs, CNN a plusieurs autres journalistes sur place.

Ça n’est pas arrivé. Ça donne à penser qu’au-delà des apparences politiques, il y a une culture juridique profonde qui est encore vivante et qu’on ne peut pas la bazarder si facilement. Ça donne à voir fonctionner normalement les mécanismes de défense fondamentaux des institutions démocratiques.

Ça donne à ne pas totalement désespérer de ce pays qui les a un peu inventés…

Source : La Presse

État délinquant, régime en déliquescence ( Par Mame Birame Wathie)


Kou wakh fégn » (qui parle se découvre) dit un adage wolof. En trois sorties, à Touba et face aux journalistes de Deutsche Welle et de France24, le président Macky SALL s’est totalement dévoilé.

Plus besoin de revenir son déplacement chaotique à Touba ou l’inaptitude qu’il a collée à ses concitoyens, son intention exprimée d’amnistier Khalifa SALL et Karim WADE, qu’il écarte de la course à la prochaine présidentielle, confère au Sénégal un statut tout à fait nouveau.

Un Etat voyou où le chef reconnait avoir ligoté certains de ses adversaires, le ministre des Finances s’illustre dans le mensonge pendant que celui de l’Agriculture met la vérité en jachère.

Ceux croyaient le dossier Karim WADE totalement clos, en plus de déchanter, montrent qu’ils sont bien loin de connaitre tous les artifices de la Cour de répression de l’enrichissement illicite (CREI).

Dans l’ouvrage : Affaire Karim WADE/Macky SALL : la double victimisation gagnante de Me Wade/ LA GRANDE ENTENTE, nous donnons les raisons qui font de cette juridiction un véritable instrument de victimisation. Avec la CREI, le b.a.-ba de la procédure pénale est relégué au second plan.

Si les lamentations des libéraux ont trouvé écho favorable chez de nombreuses organisations des droits de l’Homme, c’est que cette juridiction souffre d’un mal congénital.

Elle a, en effet, été instituée en juillet 1981 par l’ancien président Abdou DIOUF qui venait d’accéder à la magistrature suprême. Celle-ci a, depuis, polarisé les plus folles critiques quant à son impartialité. Pour ses plus farouches détracteurs, le successeur de Senghor avait mis en place une telle cour pour dissuader et tenir en laisse les barons socialistes qui voyaient d’un mauvais œil son parachutage au Palais présidentiel.

Venu de nulle part, Abdou DIOUF par la bénédiction de son mentor, avait doublé tous ses camarades de parti en s’installant sur le fauteuil présidentiel. La CREI sous son oreiller, Abdou DIOUF tint les caciques du PS, qui rouspétaient, à distance. De 1981 à 2012, la Cour n’aura été mise en service qu’à deux reprises.

Abdoulaye WADE, nouvellement élu, développa également une stratégie visant à ligoter certains de ses adversaires. Mais, contrairement à son prédécesseur, il s’appuya sur les tribunaux ordinaires pour mettre au gnouf de nombreux hommes politiques dont les anciens directeurs généraux Mbaye DIOUF et Abdoul Aziz TALL.

Quand il s’est agi d’écarter Idrissa Seck, un ancien Premier ministre, la Haute cour de justice fut installée. Mais, Idy s’était déjà rendu à la DIC et s’était vu notifier sa garde à vue. Macky SALL, lui-même, partit répondre à une convocation au Commissariat central de Dakar.

Durant tous les mandats de Me WADE, jamais il n’a été question de la CREI qui somnolait depuis plus de 30 ans. En prenant la décision de la réveiller, par le décret n° 2012-502, Macky SALL en toute connaissance de cause déclenchait une longue procédure mettant l’essentiel des arguments valables du côté des mis en cause.

Sur le plateau d’i-Télé, le 25 octobre 2015, il reconnaissait, lui-même, «qu’elle a un fonctionnement assez particulier». Et le comble de l’injustice, quand la CREI vous condamne, vous n’avez aucune possibilité de recours.

Et, c’est justement dans cette grande porte que s’est engouffré le fils d’Abdoulaye WADE en saisissant le comité des droits de l’homme des Nations-Unies qui a, assez facilement, épinglé le Sénégal, comme l’avait déjà fait le groupe de travail sur les droits de l’Homme de l’ONU.

Un camouflet qui vient s’ajouter à celui infligé par la Cour de justice de la CEDEAO à l’Etat du Sénégal que, pour des raisons politiques, Macky SALL isole de plus en plus sur la scène internationale. Le Sénégal qui a signé toutes sortes de conventions et chartes, les plus farfelues notamment, se met en marge de celles-ci en s’en prenant à ses propres fils.

«Durant ces six dernières années, le président de la République a prouvé qu’il n’est pas rassembleur, il n’a pas su consolider la nation. Il est partisan, chef de parti, donc chef de clan. Il n’incarne pas l’unité nationale». Il n’y a pas plus pertinente description de Macky SALL que celle-ci faite par le Professeur Amsatou SOW SIDIBE.

En confirmant tous ceux qui disaient que les procès de Karim WADE et de Khalifa SALL sont foncièrement politiques, le leader de l’APR n’a pas uniquement pilonné la Justice. Il a aussi inspiré son ministre des Finances, Amadou BA. Celui qui se bornait à présenter le Sénégal comme un pays très « liquide », a fini par suivre les pas de son mentor, en avouant.

Seulement, Amadou BA se dépêche de se décharger sur les milliards que le leader de l’APR utilise pour faire sa politique si couteuse. «C’est un choix voulu par le gouvernement du fait de la politique sociale menée par le Président de la République», s’est-t-il dédouané après avoir longtemps nié l’évidence.

Vingt-quatre heures avant la fameuse interview-confession de Macky SALL, c’est le ministre de l’Agriculture qui se faisait épingler par Transparency International. Pour avoir déclaré que le gouvernement a injecté 380 milliards de francs CFA dans le monde rural, Pape Abdoulaye SECK est accusé par l’ONG de verser dans «la désinformation et la diffusion de fausses nouvelles».

« Un homme qui se noie s’agrippe à l’eau », dit un adage africain. La déliquescence d’un régime a ceci de particulier : son leader parle à tort et à travers, dans une sorte de réminiscence extériorisée qu’au Sénégal nous appelons « diefour ». Comme quand Abdou DIOUF, sentant sa défaite, affirmait n’avoir jamais eu connaissance que ses compatriotes achetaient du lait en poudre en sachet de 25 francs CFA.

Mame Birame WATHIE

Mille milliards (par Béchir Ben Yahmed)

L’événement était attendu : il n’est donc pas passé inaperçu. Mais je pense qu’il aurait dû marquer davantage l’actualité, susciter plus de commentaires. Révélateur et chargé de signification, il aura été, en ce mois de septembre, un tournant dans l’actualité sociopolitique mondiale. Je crois utile de vous le soumettre et de le commenter pour vous.

Un petit pays européen de 5 millions d’habitants nous a donné une leçon de sérieux et montré la voie à suivre. Ce pays, c’est la Norvège. Bien que n’étant qu’un producteur d’hydrocarbures de moyenne importance(1), elle a refusé que la richesse de son sous-sol soit, pour ses habitants, la malédiction qu’elle est devenue pour les grands pays producteurs, lesquels se sont « enrichis » par une rente qui les a conduits à renoncer au travail et à l’épargne.

C’est au milieu des années 1990, il y a donc un quart de siècle, que la Norvège a commencé à alimenter un fonds souverain. Elle l’a fait gérer par sa Banque centrale et y a « abrité » – c’est le mot – tout le produit de la richesse de son sous-sol. Elle a ainsi « mis de côté » et accumulé des milliards de dollars, les réservant pour « l’après-pétrole » et pour les générations futures.

Décision sage et courageuse, qui a obligé le pays et sa population à équilibrer leur budget sans les revenus du pétrole.L’industrie et l’agriculture nationales ont pu ainsi continuer de se développer. Au lieu de s’exonérer de la culture du travail, les Norvégiens ont fait comme si leur sous-sol n’avait pas été doté de cette richesse. La totalité de leurs revenus pétroliers a ainsi été transformée en épargne. Année après année, ils ont placé les revenus de leur « or noir » en obligations ou en actions dans les sociétés internationales les mieux gérées et en ont tiré une plus-value annuelle de l’ordre de 4 %, et pouvant atteindre 10 % dans les bonnes années.

 Leur fonds souverain rapporte ainsi chaque année l’équivalent du revenu annuel total de la Côte d’Ivoire, la deuxième économie de la Cedeao

Résultat, et c’est l’événement de ce mois de septembre 2017, le fonds souverain norvégien a dépassé en vingt-cinq ans la somme astronomique de 1 000 milliards de dollars, devenant ainsi le plus riche de tous les fonds souverains. La Norvège gère très bien ce pactole et va en tirer chaque année un revenu supplémentaire de l’ordre de 40 milliards de dollars. Leur fonds souverain rapporte ainsi chaque année aux 5 millions de Norvégiens – en plus-value – l’équivalent du revenu annuel total de la Côte d’Ivoire, qui compte 25 millions d’habitants et constitue la deuxième économie de la Cedeao (derrière le Nigeria).

Les 1 000 milliards de dollars du fonds norvégien représentent l’équivalent du PIB annuel du Mexique

Les 1 000 milliards de dollars du fonds norvégien représentent l’équivalent du PIB annuel du Mexique. Chaque nouveau-né norvégien trouve ainsi dans son berceau 200 000 dollars. Le fonds détient 1 % ou plus du capital de toutes les grandes sociétés de la planète cotées en Bourse, ses dirigeants se payant même le luxe de retirer leurs placements de toutes les entreprises qui ne sont pas au-dessus de tout soupçon…

D’autres pays ont créé des fonds souverains (voir graphique), mais aucun n’a eu la force, le courage et la sagesse de suivre la voie tracée par la Norvège et d’observer la même discipline.

Le cas du Botswana

Le Botswana, un tout petit pays africain de 2 millions d’habitants seulement, s’est lui aussi distingué par son sérieux et la bonne gouvernance dont il a bénéficié. Les dirigeants de ce pays désertique et enclavé ont assez bien géré, depuis plus d’un demi-siècle, la richesse de son sous-sol.

Ce sous-sol ne recèle pas du pétrole mais des diamants, dont le Botswana est, avec 20 millions de carats par an, le principal producteur mondial. Son budget et ses exportations reposent à 75 % sur ce produit dominant. Ses dirigeants auraient pu, eux aussi, dilapider la richesse extraite du sous-sol de leur pays. Mais ils s’en sont bien gardés.

Indépendant (du Royaume-Uni) depuis 1966, le Botswana n’a pas créé de fonds souverain, mais il a eu la chance d’avoir tour à tour deux présidents, Seretse Khama et Ketumile Masire, qui l’ont gouverné avec sérieux et humilité jusqu’à la fin du XXe siècle. Le premier est mort en 1980, le second, simple berger dans son enfance, lui a succédé, a été élu, puis réélu à trois reprises. Il est mort à 91 ans, à Gaborone, la capitale du pays, le 22 juin dernier.

Le revenu par habitant au Botswana est le triple du revenu moyen du milliard d’Africains.

Un très bon accord de partenariat-association avec De Beers, major mondiale du diamant, a permis aux deux premiers présidents du Botswana de disposer de ressources stables qu’ils ont investies dans l’éducation, la santé et le logement. Leur pays, un des plus pauvres du continent au moment de son indépendance, en a été métamorphosé en quatre décennies, au point de devenir un exemple africain. Ses budgets ont été la plupart du temps excédentaires ; le revenu par habitant y est aujourd’hui supérieur à 7 000 dollars par an, soit le triple du revenu moyen du milliard d’Africains.

Démocrates de surcroît, intègres et modestes, Seretse Khama et Ketumile Masire n’ont malheureusement pas fait d’émules parmi leurs pairs africains. J’ajoute qu’ils ont soutenu la lutte des Sud-Africains contre l’apartheid et ne se sont pas accrochés au pouvoir. Nous devrions leur édifier des statues, étudier leur action, les ériger en exemples.

Conclusion : l’Afrique a les ressources humaines et matérielles pour se développer ; il ne lui manque que de meilleurs dirigeants.

(1) Avec 88 millions de tonnes par an, elle se classe au 15e rang des pays exportateurs, loin derrière le Nigeria, l’Angola, le Brésil ou le Mexique. Mais son PIB annuel est de 370 milliards de dollars, soit plus de 70 000 dollars par Norvégien. La Norvège est en outre numéro un au classement mondial de l’indice de développement humain (IDH).

C’est Lui ! Accident de sandales ! Par Ndao Badou Le Médiateur

J’attendais à l’intersection de Colobane un ami qui devait me conduire chez un autre ami malade dont je connaissais pas le domicile. Je voyais la maison du parti socialiste qui , vraiment, est à l’image du parti de feu Senghor. En décrépitude.

Je me souviens dans ma jeunesse, quand je dépassais cette bâtisse imposante et les rutilantes voitures qui s y garaient et le monde affairé qui le remplissait sans discontinuer et je me dis que le pouvoir est quand même splendeur, et déclin. J’étais dans mes pensées quand mon attention fut attirée par une jeune femme qui passait. Elle avait une chaussure à la main et en portait une au pied. Elle alla s’asseoir lourdement devant un réparateur de chaussures comme on en voit à tous les coins de rue.  »Répares moi ma chaussure » dit – elle au petit débrouillard. Celui – ci prit la chaussure et se mit à l’ouvrage. A un moment donné, histoire peut – être de meubler l’attente de sa cliente, il lui demanda  »Mais, qu’est – ce qui a fait ça à ta chaussure ? ».

La dame , sans hésiter, comme si elle s’attendait à la question, répondit  » Macky Sall ».  »Macky Sall ! » s’exclama le cordonnier d’occasion.  »Wawaw ! C’est lui kaay ».  »Comment, c’est lui ? fit le réparateur.  »Tu ne sais pas que si vous êtes si nombreux, vous les rafistoleurs de chaussures, c’est parce qu’il y a de plus en plus de marcheurs. Et si les marcheurs, les gens qui prennent le P2 sont de plus en plus nombreux, c’est parce qu’ils n’ont plus de quoi payer ne serait – ce que le car rapide. Je vais à Medine, venant de Bene talli, et chaque jour, je fais le trajet. Quelle chaussure peut supporter ça ? Donc, si je te dis que c’est lui, crois – moi ». Le vendeur lui tendit sa chaussure.  »C’est 100 frs ».  »100 frs ! Où est ce que je vais prendre ça ?  ».

Et là – dessus, elle jeta une pièce de 25 frs au monsieur et tourna le dos. Celui – ci, désabusé, ramassa la pièce et lui jeta  »Tu dis que c’est Macky Sall qui a gâté ta chaussure ?  »C’est lui » fit la dame en pressant le pas.  »Ah ! Donc, c’est lui. Puisque tout le monde dit que  »c’est lui », ce doit être lui ». ressassa le petit cordonnier. Nieup né momm la ! Momitt mou né mom la !