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Restons concentrés (Amadou Tidiane Wone)

Dans une contribution précédente, intitulée «ne-nous-embrouillez-pas »>Ne nous embrouillez pas »  je faisais l’effort de ramener, à des questions simples de bonne gouvernance, ce qu’il est désormais convenu d’appeler : «  l’Affaire des affaires de Frank Timis et Aliou Sall, complices, comparses et associés. »Chaque jour qui passe, en effet,  révèle l’ampleur de ce que l’on cherche à nous cacher.

Entre amalgames (mot estampillé El Hadji Hamidou Kassé) et maladresses ;  puis règlements de comptes au sommet (accusations d’Aliou Sall) et incompétences manifestes (avec pour conséquences un bouleversement de l’organigramme de la cellule de Com présidentielle) un faisceau de faits et de méfaits commence à prendre forme. Pour ceux qui savent lire entre les lignes.

Pour ceux qui refusent la désorientation médiatique. Pour ceux qui flairent les culs de sacs judiciaires. Et ils sont nombreux les sénégalais, drapés dans un silence soupçonneux, pour ne pas dire dédaigneux, face à tant de désinvolture. Nos compatriotes sont surpris par  tant de gourmandise déjà ( ?) à  l’heure de la mise en bouche. Qu’en sera-t-il a l’heure du plat de résistance, se demande t-on dans les chaumières ?

Tant d’appétits féroces qui se font jour, avant même que les retombées à venir ne soient… tombées ! Évidemment que tout le monde sait que le pétrole, comme la plupart des matières premières, change plusieurs fois de mains avant même sa sortie des entrailles de la terre. On sait aussi qu’à chaque tour de mains des plus-values énormes engraissent les nombreux intermédiaires qui se servent au passage. 

Et c’est bien pour cela que depuis la phase d’exploration, puis entre l’exploitation, la production et la commercialisation des…en cols blancs, du genre Timis and Co, s’empiffrent de la sueur des petits pays, comme des petites gens. Méditez la tragédie du Café et du Cacao dont le prix de la tasse dans les hôtels chics d’Occident est largement supérieur au prix payé par kilogramme au producteur.

La même logique carnassière sévit dans le commerce du pétrole,  celui des armes et de la drogue… Pauvre monde aux prises avec des pauvres types malgré leurs comptes en banques  débordants.  Mais….revenons à nos … barils !Les tentatives de diversion, de falsification des faits et la fourniture de réponses à des questions non posées qui se succèdent depuis l’internationalisation de «  l’Affaire des affaires de Timis / Aliou Sall » relèvent d’une stratégie de communication de crise qui constitue, en soi, un aveu. Pour le moins.

Disons le dès l’abord, nous ne sommes pas dans un débat juridique sur les contrats pétroliers. Encore moins sur les teneurs en gaz ou quantités potentielles de pétrole à extraire. Nous parlons juste d’actes bizarres posés par des élus, ou fonctionnaires sénégalais, qui ont profité outre mesure à des privés étrangers.

Nous posons donc des questions préjudicielles afin que les prémisses de la gestion de nos revenus pétroliers ne partent pas sur des basses fausses.Est-ce trop demander ?Les questions simples auxquelles nous attendons des réponses sont et restent les suivantes :Que vient faire le frère du président de la République, journaliste reconverti à l’économie dit-on, dans l’intermédiation concernant nos nouvelles ressources pétrolières ?

Le statut de fonctionnaire d’Aliou Sall au moment de sa rencontre avec Frank Timis était-il compatible, cumulativement, avec un emploi dans une société privée ?Son implication aurait-t-elle eu pour effet de faciliter l’attribution de blocs pétroliers particulièrement prometteurs à Monsieur Frank Timis dont les hauts faits, jusqu’à date, ne lui avaient pas donné une réputation établie en la matière.

Est-ce que,  pour parvenir à ce résultat, le président de la République aurait outrepassé ses droits et devoirs constitutionnels en signant un décret d’attribution à contre-courant des alertes contenues dans un rapport de l’Inspection Générale d’État agissant à sa demande expresse ?Autres questions :

Monsieur Frank Timis aurait versé une somme de 250.000 USD à Monsieur Aliou Sall au titre d’honoraires pour une « consultation agricole », selon le ministre El Hadji Hamidou Kassé, alors porte-parole de Monsieur le président de la République. Ce que Monsieur Aliou Sall nie la main sur le Saint Coran.

Qui croire ? Où sont passés les 250.000 dollars ? Que devient la société  Agitrans qui aurait reçu le dit virement ? A quel titre ?Monsieur Frank Timis aurait cédé ses parts (30%) à la britannique BP.

A quel prix ? Dans quelles conditions ? Quel bénéfice pour le Sénégal ?Des documents, faisant état de royalties à  percevoir sur les quarante prochaines années circulent. Au profit de qui ? De quel droit ? Quel manque à gagner pour le fisc sénégalais ?Nous comptons sur le procureur de la République pour diligenter les enquêtes nécessaires à l’établissement des faits.

Ou à l’infirmation de toutes les allégations qui empoisonnent l’atmosphère de notre pays.Est-ce trop demander ?Par ailleurs, Monsieur Aliou Sall soupçonne l’entourage du président de la République de lui en vouloir au point d’alimenter en arguments destructeurs des membres de l’opposition.  Diversion ou tension réelle dans l’entourage du président de la République ?

Tout cela étant dit, le secteur du pétrole est très sensible. Tout ne se dit pas sur la place publique. Mais nos élus doivent veiller à ce que la confiance règne entre eux et leurs administrés. Ce qui peut fragiliser un dirigeant face aux lobbies de toutes sortes, c’est la rupture du cordon ombilical avec son peuple.

A ce titre, méditons la relation fusionnelle entre Fidel Castro et le peuple cubain qui a survécu, dans la dignité, à des dizaines d’années d’embargo américain. L’hommage que lui a rendu son peuple lors de ses funérailles vaut plus que des milliards planqués à l’étranger. Inversement, allez voir ce qu’il reste des palais somptueux de feu le président Mobutu du Zaïre, alors milliardaire en dollars, disait-on.

Les ruines de son palais de  Gbadolite témoignent de la vanité des biens mal acquis et du luxe qui, par définition, est évanescent. J’ai vu ce qui reste du palais de Berengo, du triste empereur Bokassa en Centrafrique qui, du temps de sa splendeur, offrait des pots de diamants à certains de ses hôtes… Grandeur et décadence !

Dans aucun pays africain les ressources pétrolières et minières n’ont fait le bonheur des populations. A ce jour.  Nous voulons que le Sénégal soit une exception. Pour cela, soyons encore plus exigeants en matière de gouvernance et de gestion des ressources publiques. Chaque responsable doit être contrôlé à chaque fois que de besoin et sanctionné de façon exemplaire en cas de faute.

La complaisance sénégalaise ou « masla » ne doit pas hypothéquer l’avenir de nos enfants. A cet égard et pour finir, la plate-forme AAR LII NIOU BOKK devrait prendre le temps d’une réflexion stratégique en profondeur. Privilégier les enquêtes et la mutualisation des informations. Se doter d’un site internet de référence et d’une web radio pour recevoir et lancer des alertes à temps. Les manifestations hebdomadaires ne peuvent s’inscrire dans  la durée.

Tout au plus une vitrine pour quelques activistes et autres rappeurs. Or, la bataille pour la préservation de nos ressources et la répartition équitable de nos revenus ne sera pas une promenade de santé. Si AAR LII NIOU BOKK veut s’inscrire dans le long terme, elle doit se doter de compétences et d’expertises.

Elle doit trouver et mobiliser des ressources en faisant la preuve de son utilité publique ainsi que de sa crédibilité. Sinon la plate-forme risque de s’essouffler et de s’enliser. Pourtant, nous avons tous intérêt à ce que des contrepouvoirs citoyens éclairés, organisés et proactifs naissent autour des enjeux colossaux de la gestion de nos ressources naturelles et économiques.Est-ce trop demander ?Alors oui ! On est en finale de Coupe d’Afrique de football. Bravo les lions !Restons concentrés… sur le reste aussi !

Sortie de piste du Procureur de la République (Par Dr Cheikh Tidiane DIEYE)

Je n’attends rien de la procédure ouverte par le Procureur. La raison est simple. Il a fait deux choix qui enlèvent, à mon avis, toute crédibilité à sa démarche. Il a choisi d’être le Procureur du pouvoir et non celui de la République. C’est sa liberté. Mais c’est aussi ma liberté de refuser de croire en son action, jusqu’à ce qu’il me prouve que je me trompe.

Il a fait le choix d’une procédure pénale inhabituelle, aléatoire et complexe, peut-être même différente de celle qui figure dans nos lois et règlements. Dans l’affaire Aliou Sall et consorts, il y a des accusés, même si, c’est ma conviction, on doit leur accorder la présomption d’innocence jusqu’à ce que leur culpabilité soit établie.

Il y a eu des accusations qui datent de bien avant le reportage de la BBC, des enquêtes menées, bouclées et portées à son attention par l’OFNAC depuis belles lurettes, ainsi que des preuves de transfert d’argent entre un compte domicilié à l’étranger et la société Agritrans appartenant à Aliou Sall. Ces opérations ont été révélées au monde entier par le documentaire de la BBC, document à l’appui. A t-il saisi la banque et la Centif pour retracer ce virement de 250.000 dollars afin de retrouver sa provenance, sa raison?

A cela s’ajoute le fameux Rapport de l’Inspection Générale d’État, qu’ils disent ne pas avoir reçu, sept ans après son dépôt, alors que même les vendeurs du coin de la rue l’ont par devers eux.

Toute enquête sérieuse devrait partir de ces éléments. Une enquête se fait sur la base de charges précises . Si on n’a pas assez d’informations pour viser une personne, on peut ouvrir une enquête contre X. Mais considérer que tout le monde est témoin, y compris ceux qui sont accusés et ceux dont les noms ou les actes ont été formellement cités dans des rapports en sa possession, c’est une parodie et justice et un simulacre de procédure pénale.

On n’a pas besoin d’être un expert pour savoir qu’en ouvrant une enquête, le procureur est presque tenu de nous dire ce qu’il cherche et vers qui ou quoi il oriente ses recherches.

Ce que fait le procureur n’est pas une enquête judiciaire. C’est une investigation politique et sociale. Son objectif, écouter accusé et accusateurs avant de les renvoyer dos à dos en disant » c’est votre parole contre la sienne. »

On voit bien où il va. Ça saute aux yeux. Mais ne sait-il pas que les temps où l’on pouvait tout cacher, tout le temps, à tout le monde sont révolus.

Coordonnateur de la plateforme
Avenir Senegaal Bi Nu Begg
Membre de Aar Li Nu Bokk

Le régime de Macky Sall et sa posture ambiguë face à l’homosexualité. (Par Alassane K. KITANE).

En s’abstenant de voter contre la résolution des Nations unies en faveur des LGBTI, le Sénégal sous Macky Sall s’achemine inexorablement vers la banalisation et la légitimation des actes contre-nature.

Le concept de violence est tellement élastique qu’on peut lui faire signifier la punition des actes contre-nature, la discrimination des LGBTI, le refus de mariage homosexuel, etc. C’est toujours par les mots que les pensée les plus problématiques se faufilent pour non seulement s’exprimer, mais aussi se légitimer.

C’est toujours de cette façon que les Occidentaux ont agi dans les pays du Sud : par un vocabulaire ambigu, on commence par instiller des pensées et des actes dans les consciences jusqu’à les banaliser et les faire accepter.

Comment un monde vraiment humain peut-il rester insensible au sort épouvantable de ces milliers de jeunes dont les cadavres échouent sur les côtes méditerranéennes et s’apitoyer sur le sort des LGBTI ? Comment une humanité normale peut-elle courber l’échine devant l’horreur arrogante d’une culture de l’esclavage en Mauritanie et se révolter contre les violences faites aux LGBTI ?

Du « on n’est pas encore prêt » à cette abstention-consentement, le doute sur la bonne foi du pouvoir en place se dissipe : ils ne feront rien pour combattre les pratiques homosexuelles alors que les Sénégalais, dans leur écrasante majorité, bannissent cette pratiques. Les mots sont des fenêtres ou des murs disait Marshall Rosenberg dans le contexte d’une communication non violente.

Mais dans ce cas d’espèce, les mots sont certes des fenêtres, mais des fenêtres qui ouvrent vers la confusion, l’amalgame et la fourberie morale. L’abstention du Sénégal sur cette résolution est une preuve de lâcheté qui ne fait que révéler encore la nature charlatane, mensongère et prévaricatrice du régime de Macky Sall.

Si jamais l’intention de Waly Seck était de banaliser le pari dévergondé des LGBTI, il trouve dans ce gouvernement un allié de taille. La leçon de morale qu’il faut en tirer est toute simple : la racine du mal est qu’on a un gouvernement qui sacrifie la volonté du peuple sur l’autel des intérêts des puissances et lobbys étrangers.

C’est un signal fort envoyé au peuple et aux étrangers : les LGBTI ne seront pas inquiétés au Sénégal. Pour un régime qui trompe, pille et vole son peuple, ça n’a rien de surprenant que d’adopter une imposture morale comme ligne de conduite dans les relations internationales. Car ce qui les motive par-dessus tout, c’est la préservation et la perpétuation du régime et des prébendes qu’il procure. Un régime qui n’a pas le courage de traduire la volonté de son peuple en lois n’a aucune légitimité ni devant Dieu ni devant les citoyens.

Que personne ne nous détourne donc de notre combat pour mettre fin à ce mal absolu qu’est le régime de Macky Sall. Waly Seck est peut-être avide d’argent et de succès ou même un gamin irresponsable. Mais comparé à la politique officielle de l’Etat du Sénégal dans cette affaire, il n’est qu’épiphénomène. S’acharner sur Waly Seck et adopter la politique d’omerta face à cette incurie du gouvernement me semble relever de la mauvaise foi !

L’abstention du Sénégal face à cette résolution est une énième trahison. Il urge par conséquent de lutter certes contre l’homosexualité, mais surtout de se concentrer davantage sur le combat citoyen contre la gouvernance ignoblement non vertueuse de Macky Sall. Car, faut-il le rappeler, il ne saurait y avoir d’ambiguïté dans le domaine axiologique sans donner libre cours au libertinage universel.

Alassane K. KITANE

Le prix du progrès. (Par Amadou Tidiane Wone)

Le prix du progrès.  (Par Amadou Tidiane Wone)

Une des magies des réseaux sociaux, c’est qu’ils transportent jusqu’à nous des informations, des connaissances, des savoirs qui nous seraient restés lointains, voire inaccessibles autrement . A cet égard j’ai reçu, comme beaucoup d’autres certainement, une vidéo diffusant un témoignage fort instructif du Professeur Kishore Mahbubani, fils d’immigrants indiens venus s’installer à Singapour. Né à Singapour il y’a un peu plus de 70 ans, il livre en des mots simples le secret qui a fait passer ce pays du Tiers-monde à un statut de pays émergent. Disons au rang d’un pays vraiment en voie de développement en 60 ans…

Le Professeur Mahbubani estime ce temps à celui de sa propre vie,  lui qui est entré à l’école en bénéficiant du programme de soutien aux enfants atteints de malnutrition, en raison de la pauvreté d’alors. Tout a donc changé dans son pays sous ses yeux ! Le Professeur Mahbubani, qui a mené 30 ans d’une carrière diplomatique qui lui aura permis d’observer le mode de fonctionnement de plusieurs pays du monde, résume le secret du développement fulgurant de Singapour en une fondation soutenant trois piliers structurants : 


– Le fondement de l’édifice repose sur une lutte, sans merci, contre la corruption en commençant par sanctionner, de manière exemplaire, les plus hauts responsables qui s’y adonnent. Il cite, au début de l’essor de Singapour, l’exemple d’un ministre emprisonné pour avoir accepté le paiement de ses vacances par une entreprise ! Cette chaude alerte a eu pour effet de convaincre la masse que nul ne serait plus désormais au dessus de la Loi. Avec pour conséquence que Singapour est devenu l’un des pays les moins corrompues au monde. 


– Les valeurs structurantes qui s’enfoncent dans cette fondation et maintiennent l’édifice debout et solide  sont : la promotion au prix du mérite ou la méritocratie, le pragmatisme et enfin l’honnêteté ! 

On le voit , il n’est nulle part question de richesses naturelles qui couleraient à flot, ni d’homme providentiel qui , d’un coup de baguette magique transformerait le destin de son pays. Il s’agit d’un énoncé de valeurs simples mais fortes, intelligibles par tous, et mises en œuvre collectivement. Mais nous le voyons également, l’exemple doit impérativement venir d’en haut, des dirigeants.

En effet, aucun dirigeant compromis, ou même suspect, ne peut avoir l’aura et le leadership nécessaire à une entreprise de redressement national et de progrès.  On le voit enfin les exemples de bonnes pratiques existent à travers le monde.  Il suffit de s’en inspirer. Mais, il n’est jamais trop tard pour bien faire si la sincérité, autre valeur nécessaire, est au rendez-vous. La bonne volonté fera le reste. 


– La méritocratie doit être le seul levier de promotion des serviteurs de la République. Ni les liens de parenté,  ni les accointances partisanes, ni les amitiés d’enfance ne doivent passer avant une appréciation objective des capacités, de tel ou tel, pour occuper telle ou telle station du service public. Cela peut sembler surréaliste de le dire dans nos pays où des mensonges grossiers se sont érigés en vérités bibliques. Mais le progrès a un prix. IL va falloir le payer. 


– Le Pragmatisme : « Attitude de quelqu’un qui s’adapte à toute situation, qui est orienté vers l’action pratique. » Selon le Petit Larousse. Il en faut, notamment dans notre pays le Sénégal où  la plupart des gens s’écoutent parler… En toutes circonstances,  la parole est reine. La tendance générale est à la flatterie et aux mots de circonstances. On en oublie les maux de la circonstance…

Il faudrait évaluer et transformer profondément notre système éducatif et l’orienter vers une conquête quotidienne du mieux-être dans la droiture et le culte du travail bien fait . 


– L’Honnêteté : elle commence par soi et s’évalue de soi à soi. Car, on est jamais à l’abri de son propre regard ! Il faut alors l’aiguiser et le rendre intransigeant. C’est alors que l’on devient fort vis-à-vis du regard des autres. Seul devant son plan de travail, on ne triche pas. Ni sur les horaires,  ni sur les cadences.  Au sommet de l’État, on devrait , encore davantage sentir le poids de son propre regard et entendre cette voie intérieure qui nous dit « non…pas ça…l’avenir de quinze millions de personnes dépend de cette signature… » 


Si toutes ces valeurs sont promues au rang de culte et sont défendues et protégées par la loi, et si les contrevenants sont sanctionnés de manière exemplaire,  on construit progressivement une société harmonieuse, capable en 30 ans de rattraper tous les retards et de construire un pays où il fait bon vivre. Certains esprits chagrins me diront qu’avec des « si    » on mettrait Paris en bouteille… 


L’Autre Dialogue national qui relève de l’urgence, à mon sens, devrait porter sur la (Re)définition de nos valeurs. La protection de nos identités culturelles, spirituelles et sociales est, concomitamment, prioritaire. Refusons de ne devenir que des clones (des clowns ?) irréels et comiques de l’Occident ou de l’Orient. Assumons nos différences positives, et donnons nous les moyens des les défendre et de les illustrer. Le projet divin pour l’homme n’est pas une création en séries. C’est, tout au contraire, l’unicité de chaque être,  de chaque espèce. La différence absolue d’une empreinte digitale à l’autre…   


Pour dire que le progrès commence par se connaître, se reconnaître et se respecter. Alors que, dans le discours public ambiant, lorsque le Pouvoir et l’Opposition s’apostrophent,  on croirait entendre aboyer deux chiens ennemis. On dirait parfois des étrangers les uns aux autres. Alors qu’alors caméras…L’homme vaut mieux.

Il est capable de beaucoup mieux que de se livrer à ces «  jeux » qui finissent toujours par des arrangements hors la vue de la majorité. Changeons de méthode et d’approche.  Cela est possible. Il suffit juste de s’écouter. De se parler. On devrait finir par s’entendre sur un grand projet pour le Sénégal puisque la Providence nous en donne désormais les moyens. Si parler veut encore dire quelque chose… 
Que Dieu nous protège de l’esprit malin et de ses suppôts  ! 

Amadou Tidiane WONE

Jeu d’ombres…jeu de dupes

Pour faire court, la démocratie sous les cieux africains, c’est un système d’imitations caricaturales de postures, de propos, de protocoles et de proclamations de principes qui, ramenés à la réalité des faits a quelque chose d’irréel, de tragique et parfois de comique… C’est comme si en Afrique, les élites dirigeantes assises sur la destinée de leurs nations « jouaient à la République ». 

Un jeu de société conçu et codifié par la puissance coloniale à son avantage exclusif. Aux « indépendances » ardemment réclamées par les peuples,  les « décolonisateurs » ont substitué un changement de joueurs, en continuant à définir les règles du jeu, prenant bien soin d’être toujours du côté des vainqueurs. Jeu de dupes… C’est ainsi que les élites dirigeantes africaines qui acceptent, sans conditions, les règles définies par les colons, quant à la défense de leurs intérêts, sont promues au-dessus de tous, envers et contre la volonté des peuples africains.

Moyennant enrichissement personnel, familial, clanique et flatteries non méritées, plusieurs dirigeants post coloniaux sont allés jusqu’à faire assassiner les vrais opposants à l’ordre colonial, ceux qui voulaient changer les règles du jeu et non pas seulement les joueurs…Durant tous les siècles qui ont suivi notre rencontre brutale et meurtrière avec l’occident, son système esclavagiste et capitaliste, des générations d’hommes et de femmes se sont succédées dans ce déterminisme implacable : opulence au Nord et misère au Sud.

Et à chaque génération sont apparus des complices du Sud se contentant des déchets du Nord et s’arrachant leurs subsides. Et comme depuis toujours, ceux-là font preuve de zèle et de servilité pour sacrifier l’avenir de la majorité à l’autel de leur aisance présente. Ils sont juste heureux de devenir les plus riches des pauvres, les borgnes au pays des aveugles. A tout prix. Pauvre et misérable ambition !

Ces hommes politiques et d’affaires, inféodés aux puissances dominantes et garantes du statu quo, sont rémunérés pour leurs sales besognes. Ils sont à l’image du renégat, si bellement décrit par David Diop, poète révolutionnaire à la plume trempée dans l’encre irréductible du sang des peuples opprimés, à travers son poème intitulé… Le Renégat ( !)

« Mon frère aux dents qui brillent sous le compliment hypocrite Mon frère aux lunettes d’orSur tes yeux rendus bleus par la parole du MaîtreMon pauvre frère au smoking à revers de soiePiaillant et susurrant et plastronnant dans les salons de la condescendanceTu nous fais pitiéLe soleil de ton pays n’est plus qu’une ombreSur ton front serein de civiliséEt la case de ta grand-mèreFait rougir un visage blanchi par les années d’humiliation et de Mea CulpaMais lorsque repu de mots sonores et videsComme la caisse qui surmonte tes épaulesTu fouleras la terre amère et rouge d’AfriqueCes mots angoissés rythmeront alors ta marche inquiète :Je me sens seul si seul ici ! »

Ces gens-la sont facilement reconnaissables. Ils ressemblent à des greffes irréelles et comiques sur la misère crasse de leurs peuples. Dodus et ventripotents, ils se barricadent derrière des limousines aux vitres teintées, remontées pour se cacher des bras miséreux qui se tendent, des doigts émaciés qui accusent…Ils se croient supérieurement intelligents. Ils sont juste moralement indigents !

Mais l’Afrique se réveille. Lentement. Mais sûrement. Et la jeunesse africaine piaffe d’impatience, hurle sa colère et dénonce l’apathie des dirigeants d’un continent béni : riche en ressources naturelles, minérales végétales, humaines et qui, pourtant, abrite toute la misère du monde. Un continent si jeune, dans un monde vieillissant, condamné à un avenir venant d’Afrique…Seul un leadership inspiré nous fait défaut pour y voir clair et tirer enfin notre épingle du jeu !

Nous savons ce qu’il nous reste à faire…Dans ce décor continental, notre petit pays le Sénégal a toujours fait office de laboratoire. Très tôt chouchou de la puissance coloniale, les premières écoles françaises y ont été construites. Saint-Louis du Sénégal, capitale de l’Afrique occidentale…française a été le creuset de modélisation des premières élites africaines occidentalisées. Avec plus ou moins de bonheur, puisqu’au fil du temps, la plupart des grands cadres, sénégalais et africains, se sont ralliés à la cause du peuple participant aux luttes d’émancipation du continent.

Mais cela, c’est une autre et trop longue histoire…Mais retenons que les élites, promues par le décolonisateur pour diriger le Sénégal dans tous les secteurs stratégiques, ont toujours été les plus atteintes par le virus de la servilité. L’acceptation implicite que seul le modèle occidental de progrès était concevable. Et que l’avenir n’était pas envisageable hors de la soumission à un ordre du monde dirigé par les puissances occidentales et leurs désidératas.

Cet ordre mental et psychologique, l’école française et ses programmes ont eu, pour mission essentielle, de nous l’inculquer depuis la tendre enfance et de l’enraciner dans notre être le plus profond. A un point tel qu’envisager le monde autrement en devienne terrifiant…Il faut guérir de l’école française.

C’est impératif.Tout cela pour dire que si notre actualité est dominée par une crise politique des valeurs, celle-ci procède des mêmes dynamiques : celle des prédateurs soumis à l’ordre occidental contre celle des défenseurs de la cause du peuple, en quête de vérité et de droiture, fortement enracinées dans les valeurs de Justice, d’Indépendance et d’égalité. Les pires de tous les protagonistes étant ceux qui adoptent le discours des uns en agissant dans le sens des autres…

Les hypocrites !Dans le débat en cours sur la gestion de nos ressources, de notre pays et la mise en perspective de l’avenir de nos enfants, la grille de lecture ne change pas. Les alliances qui se nouent autour des enjeux pétroliers et gaziers suivent les mêmes logiques. Le bradage de nos souverainetés hydrauliques, et la cession de nos télécommunications à des capitaux étrangers, le bradage en trompe l’œil à des privés non identifiables de notre raffinerie à la veille de notre devenir pétrolier entrent dans la même veine de jeux d’ombres…

Des ombres malfaisantes qui tirent les ficelles et se ramassent des commissions en milliards indus… Les dynamiques de dénonciation et de résistance, elles aussi, restent dans les mêmes sillages historiques. A armes inégales, seule la foi fait la différence.

Disons le clairement, dans ces batailles, il n’y a  rien de personnel. Juste des intérêts qui se cristallisent, des convictions qui s’expriment. Des enjeux qui dépassent nos individualités.Au demeurant, les institutions de la « République » postcoloniale n’ont que l’aura de ceux qui sont sensés les incarner pour servir le peuple et ses intérêts supérieurs.

Si les hommes et les femmes qui occupent des positions dans l’administration de la République servent des intérêts particuliers ou étrangers, qu’ils soient économiques et financiers ou politiques et stratégiques, ils trahissent les serments tacites ou explicites attachés à l’exercice de certains mandats. Ils devront en répondre devant l’Histoire.

Mais à Dieu ne plaise, il est arrivé aussi dans notre pays que des personnalités se dressent envers et contre la tendance générale pour porter le combat des valeurs, défendre et illustrer le courage de dire NON, au préjudice de leurs intérêts personnels, immédiats. 

Nous les connaissons et leurs en sommes reconnaissants. Ils ont de dignes héritiers. Ceux-ci inscrivent en lettres d’or leurs noms au Panthéon mémoriel de notre peuple. Ils sont fiers, ils sont grands, ils regardent le monde les yeux dans les yeux…Ils sont journalistes, militants de la société civile, hommes et femmes politiques ou simples citoyens.

Ils sont débout pour défendre notre bien commun. Et sous leurs pas résolus, ils tracent les sillons d’un nouvel avenir.En bref, le droit d’exiger la lumière sur toutes les zones d’ombres qui apparaissent dans la gestion des premiers pas de notre devenir pétrolier, ne doit ni faiblir ni dévier de l’impératif de salubrité publique et de bonne gouvernance qui doit rester le ciment de notre commune volonté de vivre ensemble.

Nul n’est au-dessus des lois. Nul n’a le droit de jouer avec le bien commun. Aucun tour de passe-passe ne doit distraire les patriotes sincères et les honnêtes gens. Encore moins ceux qui craignent, par-dessus tout, le jugement dernier. Celui, inéluctable devant lequel aucune préséance ne vaut absolution.Aar lii  Nu Bokk, défendre notre bien commun. Qui peut, franchement, rester indifférent à cet appel ?

Latif, quelle honte !

Les seuls beaux yeux sont ceux qui vous regardent avec tendresse. Et apparemment, le jeune frère est bien protégé par le grand frère. Que ne ferait-on pas pour la famille, laquelle n’a jamais été oubliée du reste dans les affaires de notre République. Le jeune frère adoré a mis ainsi la République sens dessus-dessous produisant même quelques chamboulements à la Présidence. Celui qui avait enfoncé le frère, n’ayant pas eu la courtoisie de le protéger de la meute, a été éloigné du cercle des décisions. Pour le remplacer, on a fait appel à des armuriers qui ont vite fait de sortir les armes pour dézinguer tous ceux qui ne pensent pas comme eux. Tous les deux qui étaient à l’ombre sont sortis de leur long sommeil pour prendre la défense du frère de leur boss alors que la Justice est en train de démêler l’écheveau du scandale. Et puis, il faut bien qu’ils donnent des gages à celui à qui ils doivent leur retour aux affaires. Plutôt arrêter la belle comédie dès lors que les hommes du chef croient en l’innocence de l’incriminé. Et le plus rigolo est cette passe d’armes entre celle qui est chargée d’enquêter sur les tartufferies des délinquant corrompus de ce pays et le procureur qui met sous le coude quelques dossiers comme son Chef. Le plus pathétique est de voir le pauvre Abdou Latif Coulibaly en donneur de leçons. Que n’a-t-il pas dit sur les autres sans qu’on lui ait demandé de jurer sur le Coran ou la Bible. Et puis, on s’en fout de toute cette comédie. Voir toute la République défendre un homme accusé de crimes économiques et vaquant tranquillement à ses occupations pendant que d’autres sont en prison nous parait pour le moins aberrant. De la dignité ne ferait que du bien à ces armuriers qui font honte à la race des intellectuels. 

Mais où est donc passé le « dialogue national » ?

Comme une marée noire de …pétrole, l’affaire… du pétrole et du gaz-Petrotim-BBC-Aliou Sall, a recouvert de ses puanteurs pétrodollars, l’autre grosse arnaque post-électorale ; le fameux dialogue national. Vous vous souvenez, on devait enterrer la petite guéguerre post-électorale, se retrouver dans un grand élan d’amour, de paix, sous le baobab à palabres.

Que nenni ! Cette petite journaliste, grande fouineuse, emmerdeuse devant l’Eternel, empêcheuse d’escamoter en douce nos dizaines de millions de dollars, téléguidée par la « Grande royale » BBC, vient perturber des plans laborieusement élaborés, qui devaient donner au vainqueur du 24 Février, un quinquennat de farniente. Tout en douceur et en somnolence pour le lion qui devait ronfler cinq ans durant. Il faudra repasser ! La presse de UK (United Kingdom) n’aime pas que ses Majors (comme BP) piétinent les sacro-saintes règles des affaires.

La City n’aime pas ça du tout !
La BBC ne pouvait donc pas faire comme les grands groupes et grandes chaînes de radios et télés de nos ancêtres les gaulois : la fermer (ou un traitement à minima) au nom des intérêts des grands groupes de la « Macronie » de se refaire une santé dans les « projets-mirages » d’un président qui rêve d’éternité dans nos mémoires et notre conscience collective.

Ces anglais ne font rien comme les autres et, sous leur air de gentlemen policés, de silence respectueux et de flegme inébranlable, ce sont de vrais tueurs des convenances, des mensonges d’Etat, des intégristes de la séparation du pouvoir. Voilà pourquoi ils emmerdent l’Union européenne dans leur farouche volonté de divorcer.


Pour revenir à l’autre machin, faux dialogue et vrai canular, vraie anesthésie pour citoyens en colère, comme pare-feu, c’est devenu un pétard mouillé. Mais qui va coûter cher aux contribuables que nous sommes. Parce que voyez-vous, nos « dialogueurs », qui ne perdent pas le nord et leur confort, ont trouvé que les locaux de la Direction générale des élections n’était pas digne de leurs cerveaux.

Résultats des courses, on les délocalise au Méridien président en pleine crise du pétrole pour qu’on ne s’interroge pas : le risque de grandes oreilles et autres petits espions à l’intérieur justifie-t-il ce déménagement qui ne manquera pas d’être coûteux ? On attend la facture à la fin de ces « sénégalaiseries » comme le dit si malicieusement mon confrère Ibou Fall, la plume acerbe et hautement rafraîchissante.

Et d’ailleurs, combien de temps durera cette grosse farce ?
Qui ne voit pas que le vrai dialogue national est dans les vendredis de révolte contre les prédateurs de nos maigres ressources ? dans peut-être le défilé devant la Dic et les pandores pour aider à la manifestation de la vérité ; dans les fausses-vraies démissions la main sur le Saint Coran ; dans la cacophonie au plus haut sommet de l’Etat, dans le rappel à la rescousse de ceux-là mêmes qu’on avait viré du gouvernement il y a moins de cinq mois. C’est moins dans les zigzags de la communication gouvernementale que dans les dénis comme méthode de communication.

Qu’on me permette un pronostic : Latif Coulibaly et Seydou Gueye ne pourront pas recoudre les fils cassés d’un discours basé sur les mensonges d’Etat. Contrairement à ce qu’on croit, l’éloquence et le bagout ne font de bons communicants, ni une bonne communication : c’est-a-dire crédible.


La bonne communication hors du champ miné des mensonges d’Etat, de ses gouvernances opaques, mais bien dans la franchise vis-à-vis de son peuple : oui, on s’est trompé (de bonne foi ?) en ne suivant pas les recommandations de notre corps de contrôle (IGE) ; en se basant sur un rapport de présence non vérifié et qui semble être travesti a dessein : le dessein de tromper ses décideurs et permettre à des aventuriers de haut vol, qui ont mauvaise presse à la City, de faire main basse sur nos ressources à venir et, au passage, permettre à des intermédiaires et autres démarcheurs de se sucrer. Contrat agricole mon œil ! Que nie du reste (pas sur le Coran) « l’Ingénieur agricole » (agronome ?).


Ce sont toutes ces indélicatesses avec la vérité et la transparence qui feront qu‘aucun communiquant ne viendra à bout de nos doutes ; qu’aucun simulacre de « dialogue » ne pourra enterrer la vérité dans les profondeurs des futurs puits de pétrole, ni anesthésier par les effluves mortelles de nos futurs fûts de gaz.


Il faut dénoncer ce soit disant dialogue national pour ce qu’il est dans le contexte actuel : pare-feu, enfumage, anesthésiant pour peuple en colère. N’est-il pas ridicule et irresponsable, de s’enfermer dans un palace à palabrer alors que d’importantes franges du peuple descendent chaque vendredi pour dire qu’on nous ramène ces milliards qui seraient, ô combien utiles ?

Pour payer les dettes vis-à-vis des privés du BTP ou de l’enseignement supérieur, les bourses à temps de nos étudiants, des pistes de production et postes de santé pour nos campagnes, de l’eau pour nos campagnes qui souffrent. Oui, c’est tout ça qu’expriment les marcheurs des vendredis.
NB : on attend la conférence de presse du procureur de la République pour répondre aux propos de bons sens de la présidente de l’Ofnac. Là encore, c’est un gros mensonge qui vient d’être mis à nu. Et ce n’est que le début…

Pourquoi au Sénégal, la démission n’est-elle pas dans la culture de ses hommes politiques ? ( Par Mandiaye Gaye )

Le cas d’Aliou Sall est la parfaite confirmation sans équivoque, du manque de culture de démission de nos hommes politiques au Sénégal. Mais pour être conforme avec l’histoire, il y a eu le cas rarissime, parce que, historique de Mamadou Seck, ancien ministre, de l’Économie et des finances, sous le président Wade. Pour rappel, M. Seck, lorsque son nom a été cité dans une affaire de malversations, il a aussitôt pris la décision, de son propre chef, de démissionnerde son poste, sans attendre, pour se mettre à la disposition de la justice. Mais dans le cas de M. Seck , il faut souligner que ce dernier était, tout-à-fait, convaincu de son innocence.

Et, c’est ainsi que d’ailleurs, après les investigations nécessaires, il a été lavé proprement par la justice et sans la protection étanche  d’un frère président. C’est le seul cas, que j’ai connu dans l’histoire du Sénégal, parmi les hommes politiques. Donc, « Gaccé ngalama » bravo Mamadou Seck pour ton loyal geste empreint de dignité qui t’honore, mais honore également, tes amis et ta famille. Vivement que le cas de Mamadou ou Boy Seck pour les amis fasse enfin école et des émules. Hé oui, je rêve !

Mais pourquoi M. Aliou Sall n’a -t-il pas démissionné de tous ses postes, jusqu’à présent, malgré tout ce tollé relatif à ce scandale de Pétrotim, dont il est mêlé. Alors Aliou Sall n’a-t-il pas pourtant, mille raisons de plus que Mamadou Seck pour démissionner de ses postes publics depuis l’éclatement de cette nébuleuse affaire de pétrotim ? Bien sûr que oui ! Etne serait que pour mettre son frère de président à l’aise, Aliou Sall aurait dû, démissionner dès la première heure de l’éclatement de ce scandale .

Ensuite, est-ce que de l’argent aussi entaché de pétrole et de gaz vaut la peine de souiller son honneur personnel et celui de sa famille pour l’éternité ? Ou bien se dit-il, comme ces gens qui ont pour Dieu, l’argent et se disent que l’argent n’a pas d’odeur ? Non, c’est vraiment tristede voir un tel spectacle où, un homme, telle une guêpe, colle à l’argent de cette façon-là! Puisque, il n’y a pas l’ombre d’un doute, qu’Aliou Sall devait démissionner ou être déchargé par le président de ses fonctions officielles dès l’annonce du scandale l’impliquant. 

Comme l’avait fait M. Seck en son temps. Et si Aliou ne le faisait pas, le président, bien qu’il soit son frère, un sentiment que la République ne prend pas en compte, doit le démettre sans tarder. Puisque dans le cas de Khalifa Sall, le président avait aussitôt commis la justice pour une enquête diligente sur le bienfondé de l’affaire de la mairie de Dakar. Ici, dans le cas de son frère, qui est de loin plus grave, le président n’a pas pris jusqu’à présent, de mesures concrètes donc, ses responsabilités concernant ce scandale, considéré par beaucoup de citoyens, comme le plus grave scandale de l’histoire du Sénégal.

Les atermoiements et les hésitations du président de la République sur cette affaire ont, tout l’air d’une protection déguisée qui ressemble fort bien à une solidarité familiale ou fraternelle. Rappelons tout d’abord, la grave erreur commise par le  Président Sall en faisantbénéficier son frère de son décret de nomination alors, qu’il avait, auparavant et à la face du monde, déclaré que son frère n’en bénéficiera pas. Malgré tout, cela a été fait. Et, nous constatons donc, un reniement très regrettable par le président de sa parole. 

Alors, même si effectivement, nous reconnaissons à son frère, en tant que citoyen, le droit d’être nommé à tous les emplois. Mais il ne doit pas y avoir deux poids deux mesures entre les citoyens. Il se trouve que la situation gagne en ampleur et devient, de plus en grave et nébuleuse. Cette affaire de pétrotim devient une affaire d’État, par conséquent, le président Sall ne peut plus garder le silence donc, a l’obligation de saisir la justice, même à l’encontre de son frère, parce que ce dernier est, dans ce cas aussi, un citoyen justiciable comme tous les autres.

Ce scandale si honteux démontre clairement l’incompétence et les insuffisances des dirigeants du Sénégal pour s’être fait avoir par des courtiers aventuriers internationaux, comme des naïfs. Cette nébuleuse affaire aterni l’image du Sénégal devant la scène mondiale et présente notre pays comme étant sous la direction de gouvernants incompétents et  incapables, au point de n’être capables de mener des négociations qui tiennent compte en tout premierlieu les intérêts de leur pays.

Mais, ce que M. Abdoul  Mbaye ne révèle que maintenant, confirme parfaitement cette étourderie de ceux qui ont négocié et signé ce contrat qui laisse totalement de côté les intérêts du peuple sénégalais pour servir des intérêts  strictement particuliers. Mais n’occultons pas, quand même,que cette affaire est née sous le magistère de Me Wade et que M. Abdoul Mbaye ne peut pas botter en touche si simplement pour s’en tirer à si bon compte, sa responsabilité est engagée, au même titre que le président Sall, comme les cosignataires définitifs. C’est pour toutes ces raisons que, ce scandale engage absolument, la responsabilité du président de la République et surtout, lorsque l’on sait que, c’est son frère qui est au cœur de l’affaire, comme l’un des principaux acteurs. 

Ce scandale coïncide, justement avec le dialogue nationalen cours, il doit donc y être invité afin qu’il soit tiré au clairune bonne fois pour toutes. La solution juste et équitable de ce scandale, inextricable, mettrait peut-être tous les Sénégalais à l’aise. Mais évidemment, à la seule condition que tous les coupables soient punis, comme il se doit et les torts réparés, c’est-à-dire par la restitution du produit de ce contrat à son ayant droit, le peuple sénégalais et non de passer cela encore, comme d’habitude à pertes et profits. 

Il y en a assez de passer à chaque fois les gros scandales à pertes et profits alors que leurs auteurs se pavanent dans le pays et vaquent librement à leurs besoins avec leur butin aussi considérable. Et,  dans le même temps, la justice chôme ou ne traite que les affaires relatives aux petits larcins qui remplissent nos prisons, où, l’on ne trouve pas les gros voleurs de millions et de milliards.

Mais que les Sénégalais ne se cachent pas aussi, derrièreleur petit doigt, pour ne pas se rendre compte la réalité de leur pays et de son état actuel. Pour dire la vérité, il faut soulignersans ambages qu’au Sénégal, l’on ne travaille pas du tout, mais fait que parler et trop. 

En réalité, l’anarchie, l’indiscipline, l’argent facile, la corruption à tous les niveaux du pays, la violence gratuite, l’insécurité générale, le laisser-faire et le laisser-aller ont pris possession du pays et sontaujourd’hui devenus les maîtres incontestés du Sénégal devant la démission inacceptable et l’incapacité du gouvernement à remettre les choses dans l’ordre. 

À Dakar les populations ne respirent plus à leur aise, à cause d’une circulation anarchique et des embouteillages indescriptibles qui n’épargnent même pas le péage. Et, c’est comme si l’État et les autorités compétentes n’existaient pas ou n’étaient pas informés de cette bombe à retardement. 

C’est ainsi que même la noblesse de la politique, dans le plein sens du terme, et les hommes politiques vertueux qui se mettaient au service de leur peuple ont cédé le terrain à la politique politicienne et aux politiciens véreux qui ne viennent au pouvoir que pour s’enrichir illicitement et, non pour servir leur peuple. Voilà pourquoi au Sénégal aujourd’hui, toutes les portes du mal, de l’abus, des vices, etc. sont largement ouvertes aux anti-modèles qui ont d’assaut notre pays. Et, l’on peut dire que nous ne sommes plus loin de la jungle où, c’est la loi du plus fort qui règne.

En conséquence, une fois cette affaire nébuleuse sera élucidée, le pays devra, enfin, recommencer à travailler etsérieusement, et qu’il cesse de passer tout le temps dans des discussions interminables sur le sexe des anges, sans aucun intérêt pour le pays et qui occupent cependant tout le temps utile des Sénégalais. Le président de la République  n’est pas sans connaître la présente situation désastreuse et vraiment déplorable. Il est donc, de sa responsabilité de trouver les solutions efficaces et adaptées à une telle situation singulière et dans les meilleurs délais pour remettre à nouveau le pays effectivement au travail, mais en commençant par donner l’exemple lui et ses hommes.

Mandiaye Gaye

mandiaye15@gmail.com

Le prétexte fallacieux des aigrefins du Sénégal (par Pathé Gueye)

Le prétexte fallacieux des aigrefins du Sénégal (par Pathé Gueye)

Ça sent le gaz à plein nez partout! Ainsi, en volant au secours du petit politicien Macky Sall dans la mouscaille jusqu’au cou, le club d’affairiste dénommé « La conférence des leaders de Benno Bokk Yaakaar» et composé de politiciens professionnels, de délinquants politiques, de croulants-vautours de la politique sénégalaise a encore brandi, entre autres, la fameuse Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives (ITIE)en guise d’argument. Il est donc urgent de rappeler par la répétition pédagogique pour mieux éveiller et soutenir notre désir de comprendre. À cet effet, relisons et distinguons bien:

L’ITIE, une obscure organisation très méconnue

L’ITIE a été lancée en 2002 au Sommet de la terre, à Johannesburg, par l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair, après avoir constaté les écarts importants entre les revenus des industries minières et pétrolières encaissés par les États et le niveau de pauvreté de leurs populations. Plus précisément, il s’agit d’une norme internationale qui fait la promotion de la transparence et la redevabilité dans la gestion des revenus issus de l’exploitation des ressources minières, pétrolières et gazières. Ainsi, en répondant à l’une des correspondance d’Abdoul Mbaye de l’ACT, l’ancien Premier ministre Mahammed Boun Abdallah Dionne y précisait que l’initiative ITIE « vise à renforcer la bonne gouvernance dans les pays dotés d’importantes ressources naturelles, en mettant à la disposition du public toutes informations relatives à l’attribution des titres, aux versements effectués par les sociétés minières, pétrolières et gazières et à l’utilisation des revenus ».

Pour son organisation, l’initiative consacre trois sortes de statuts. Le premier dit Pays engagé est un pays qui a décidé de mettre en œuvre l’initiative. Le deuxième dit  Pays Candidat ou candidate country est un pays qui a franchi, à la satisfaction du Conseil d’administration de l’ITIE, les quatre « étapes » vers l’adhésion, conformément à la Norme ITIE. Le troisième dit Pays Conforme ou compliant country est un pays que le Conseil d’administration de l’ITIE considère qu’il a satisfait à toutes les Exigences de l’ITIE. Elle ne comptait que 7 pays à son lancement en 2004. Mais avec la manne financière constituée avec les contributions volontaires des États initiateurs- pilleurs, la Banque mondiale et d’autres institutions financières choisies fournissent une aide précieuse aux pays qui décideraient d’adopter les principes de transparence et de responsabilité accrues promus par cette initiative. Cet incitatif financier, faut-il le souligner, a rendu facile l’élargissement de l’organisation composée depuis octobre 2014 de 46 pays dont 21 États africains incluse la République Centrafricaine qui fait désormais de la petite liste des Pays suspendus. Au moment où  les États africains se bousculent depuis le début à la porte de l’ITIE, les Occidentaux ont eu une attitude particulièrement hyper frileuse envers l’organisation. Le cas de la Grande Bretagne de Tony Blair est le plus inénarrable! Car, il a fallu, 10 ans après soit le 9 juillet 2013, pour que le gouvernement britannique, initiateur de l’ITIE, ait décidé de lancer son processus ITIE. Et c’est le successeur de Blair, l’ex Premier ministre David Cameron lui-même qui, jugeant la nécessité d’examiner la honteuse  position du Royaume-Uni, avait adressé une lettre ouverte aux dirigeants récalcitrants à l’ITIE du G8 en leur disant : « Nous ne pouvons pas appeler d’autres pays à se soumettre à ces normes si nous ne sommes pas prêts à faire de même. ».

 Là, il est pertinent qu’on se demande : à quoi bon d’être utile en brandissant à tout bout de champ cette ITIE en lieu et place de répondre clairement aux légitimes interpellations des citoyens? Ou bien faut-il surtout par les temps qui courent être plus royalistes que le roi lui-même? 

L’ITIE, un instrument pour le pillage honteux des ressources naturelles

Évidemment, nous ne pouvons pas être à priori contre la vertu de ces belles déclarations porteuses de nobles ambitions! Or, ce bref aperçu exposé en guise de présentation de l’ITIE nous replace de facto dans l’éternel débat des rapports Nord-Sud, plus précisément des possibilités et des contraintes en matière de développement. Autrement dit, l’ITIE, à l’instar des autres « machins » (organisations internationales, conventions, traités, chartes, etc.) bâtis ou conclus souvent sur la base d’une logique européocentriste parée d’hypocrisie, ne semble pas être l’exception à la règle. Certains États qui ont décidé de l’insérer dans leur dispositif réglementaire, voient en elle une solution pour une gestion saine et partagée des ressources naturelles alors qu’elle vise en silence à avilir la volonté d’autodétermination des Peuples.

Le contexte de la création de l’ITIE était particulier. Des États du Nord, des pilleurs professionnels de ressources naturelles disponibles dans les pays du Sud, avaient pris la décision de s’accorder un moment de répit pouvant calmer les ardeurs des résistants et des dénonciateurs de leurs actes infâmes, à l’époque très au cœur des actualités nationales. Le pillage, la corruption, les guerres, la misère, la famine, la pauvreté, ont trop duré dans les pays « riches en ressources » pour amener plusieurs observateurs à parler de « la malédiction du pétrole » ou à qualifier l’or noir de « caca du diable ». Donc, la réaction des États qui abritent les sièges sociaux de la plupart des compagnies privées d’exploitations sur le terrain, était attendue.

En effet, l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair, à qui on attribue la paternité de l’ITIE n’avait pas de toute manière d’autre choix que de la proposer à ses pairs. Car c’était sur le sol britannique que l’ONG Global Witness avait commencé à mener de vastes campagnes publiques imposant la transparence relative à l’exploitation des ressources naturelles et la gestion des revenus y afférents. Dans l’un de ses rapports,  l’ONG britannique mettait à nu la complicité du secteur pétrolier et financier dans le système de captation de la rente encaissée par les gouvernants des pays exploités au détriment de la population. Ainsi, avec d’autres organisations non gouvernementales (CAFOD, Oxfam UK, SCF UK, Transparency International UK, CRS, Human Rights Watch, Pax Christi NL, Caritas France, etc.), Global Witness lançait en juin 2002 une vaste campagne dénommée: « Publiez ce que vous payez » (PCQVP).  À travers cette campagne, les ONG exigeaient à ce que « toutes les compagnies multinationales et les entreprises d’État publient à titre individuel les chiffres annuels nets des paiements qu’elles versent aux gouvernements. Ces revenus incluent notamment les redevances perçues sur la valeur de la production, les bonus versés à la signature des contrats d’exploitation, l’impôt sur les bénéfices des sociétés après déduction des coûts et amortissements liés aux investissements nécessaires à l’exploration et l’exploitation, l’impôt à la source sur les paiements de dividendes, les droits de douane, la taxe sur la valeur ajoutée, etc. ». De plus, elles demandaient que « ces informations soient mises à la disposition de la société civile, en langues et monnaie locales. La coalition exige que les chiffres soient vérifiés par des organismes indépendants multi-parties prenantes (multi-stakeholders) ou par le FMI. ». Dans ce sens,  le professeur Gilles CARBONIER précise que la campagne PCQVP « ne vise pas directement les gouvernements des pays producteurs. Elle exerce plutôt une pression sur des acteurs influents capables d’inciter ces gouvernements à introduire plus de transparence dans ce domaine sensible. La campagne vise en particulier la Banque mondiale, le FMI, les autorités boursières et les banques commerciales afin qu’ils fassent pression tant sur l’industrie extractive que sur les pays producteurs pour que l’obligation de transparence des revenus prime sur les clauses de confidentialité ».

On peut tout fuir, sauf sa conscience, soutenait l’écrivain autrichien Stefan Zweig! Par conséquent, il apparait logique, parce qu’elle peut être moyen civilisé de légitimation de leurs différentes activités de spoliation, de voir les États occidentaux ériger en norme incontournable la TRANSPARENCE.

L’ITIE, le support d’une transparence imaginaire et tyrannique

Les Gouvernements qui se sont succédé à la tête de l’État sénégalais, à l’instar de plusieurs pays en Afrique qui se réclament démocratiques, ont tous développé la même manie consistant à projeter sur la scène internationale l’image d’un ardent défenseur de la protection des droits de la personne et de l’avancement des valeurs démocratiques. Ils le font en montrant du doigt par exemple des instruments juridiques internationaux négociés et ratifiés par le pays. Le Sénégal de Macky Sall n’échappe malheureusement pas à cette pratique. Dans un des rapports de l’ITIE, le grand-frère de Aliou l’homme de BBC babillait ainsi: « Mes prédécesseurs, depuis le Président Senghor, ont tour à tour contribué à bâtir la nation sénégalaise ou à asseoir les bases de la démocratie politique et sociale. Pour ma part, je fonde ma vision sur un crédo, qui est de créer les bases d’une véritable démocratie économique, qui reste un des piliers incontournables de l’émergence souhaitée pour le Sénégal. Cette vision, la Norme ITIE y contribue amplement et fort opportunément». La clarté orne les pensées profondes!

C’est sous le prisme de la réalpolitik qu’il faut comprendre et situer l’adhésion caractérisée de volontaire du Sénégal aux principes de l’ITIE. Devenir un « Pays conforme », par là y trouver ce beau prétexte que peut procurer le sceau ITIE pour esquiver les demandes, les interrogations, les inquiétudes portant sur la gestion de nos ressources naturelles, reste pour les malfaiteurs de la République un souhait démesuré. Ainsi, en 2013 le Sénégal avait soumis une demande pour le statut de « Pays Candidat ». Ce statut une fois obtenu, a engagé notre Sénégal à publier régulièrement toutes les recettes tirées de l’exploitation des industries extractives et les paiements versés à l’État par les compagnies opérant sur le territoire sénégalais. Il fallait agir vite car le Sénégal avait jusqu’en Octobre 2016 comme délai pour démarrer le processus de validation en vue de l’obtention du statut de « Pays Conforme » à l’ITIE. La séduction, des membres du Conseil d’administration de l’ITIE devra se faire par tous les moyens! Tour à tour, il est mis en place un Comité nationale ITIE. Ce dernier produit son 1er rapport dit de conciliation en octobre 2015 pour l’exercice de 2013. Ensuite, il décide de simplifier ce document très compliqué par un autre intitulé : Comprendre pour Agir. Le président de la République profite de son Référendum du 20 mars 2016, pour introduire dans la Constitution sénégalaise la reconnaissance de nouveaux droits aux citoyens : droits à un environnement sain, sur leurs ressources naturelles et leur patrimoine foncier. Le premier  alinéa de l’article 25 stipule : « Les ressources naturelles appartiennent au peuple. Elles sont utilisées pour l’amélioration de ses conditions de vie. L’exploitation et la gestion des ressources naturelles doivent se faire dans la transparence et de façon à générer une croissance économique, à promouvoir le bien-être de la population en général et à être écologiquement durables ». Et enfin il ya ce deuxième très populaire rapport du 16 octobre 2016 couvrant l’année fiscale 2014 et qui a eu, contrairement au précédent, la touche inédite d’être béni par l’ancien président Macky Sall qui a fait la préface.

Au total, il était clair aujourd’hui qu’avec l’initiative ITIE nous avons toujours assisté à une mesquine commande inscrite sans vergogne dans un agenda gouvernemental caché et porté par des adeptes de la supercherie et de la farce politique. Par conséquent, ce cul-de-sac ITIE  encore arpenté par les ménestrels de la République restera pour nous autres un chemin sans issue et sans lumière apparente. D’ailleurs, Jonas Moberg, un chef du Secrétariat international de l’Organisation ITIE avait lancé cet avertissement: « Tout d’abord, je souhaite clarifier que l’ITIE ne prétend pas être la solution de ce qu’on nomme désormais la malédiction des ressources. La transparence des revenus à elle seule ne suffit pas à assurer que la richesse en ressources naturelles produise des bienfaits et permettent le développement des citoyens d’un pays. La transparence des revenus, probablement à travers l’ITIE, est nécessaire mais insuffisante. Nous sommes les premiers à reconnaître que l’ITIE ne peut pas à elle seule aborder les plus importants défis de développement de notre époque. Il serait naïf de croire que l’ITIE pourrait être la solution aux problèmes complexes du Delta du Niger, par exemple ».

Pathé Gueye- Montréal

Les frères dalton buveurs de pétrole

La cacophonie érigée en mode de réfutation est loin de disculper les frères Sall. Face aux émoussements non convaincants d’Aliou qui a plutôt mouillé la fratrie, Macky a rompu la tradition en s’en prenant aux nafeeqh;(hypocrites) et aux rambaaj(fumistes), à la mosquée, le jour de l’Eid-el-Fitr. De réels signes de nervosité qui dénotent la panique qui s’est emparée des Sall qui peinent à justifier l’insoutenable. Le scandale Petro Tim a suscité des tonnes d’articles, des dizaines d’interviewes, des Sénégalais ont même manifesté sans que le régime de Macky Sall ne daigne formuler la moindre explication logique sur le comment Aliou Sall a réussi son joli plongeon à milliards dans le pétrole sénégalais. Maintenant, avec des chiffres, BBC a rendu plus inflammable le pétrole qui semble n’attendre qu’une petite étincelle pour embraser tout le pays. Il est devenu difficile voire impossible de noyer ce si gros requin. Frank Timis, qui n’est pas plus pétrolier qu’Aliou SALL, a réussi à décrocher, sur les ressources découvertes au Sénégal, un juteux contrat qu’il revend quelques mois plus tard pour empocher des milliards de dollars. Quel que soit l’angle d’analyse, cette implacable vérité s’impose et saute aux yeux. Elle est d’autant plus criminelle qu’en dépit de tout bon sens et contre l’avis de l’inspection générale d’Etat (IGE), le Sénégal a permis à Frank Timis de mettre la main sur des milliards parce que tout simplement Aliou Sall y gagne des millions. C’est ce que BBC confirme, preuves à l’appui.Ce scandale Petrotim révèle deux profonds cas de malaise. Celui qui s’est emparé des tenants du pouvoir est à distinguer de celui qu’éprouvent de nombreux Sénégalais.Au paroxysme du sadismeLe 10 mai 2012, Macky Sall signe le décret n° 2012-502  et lance la Cour de répression de l’enrichissement illicite (CREI) contre Karim WADE. Le 19 juin 2012, il signe les décrets 2012-596 et 2012-597 qui donnent les blocs de Cayar Offshore profond et Saint-Louis Offshore Profond à Petro -Tim Limited dont son propre frère est actionnaire. La première fois que l’affaire Petro Tim a été agitée, Aliou SALL s’est dépêché de convoquer la presse pour une périlleuse opération de dénégations. «Je n’ai aucun franc dans un compte bancaire à l’étranger, en dehors de celui que j’avais en France à la BNP, alors que j’étudiais là-bas, où il n’y a, je crois bien, pas plus que 14 euros ou celui que j’avais ouverte dans la Bank of China où, selon mes souvenirs, il n’y a que 500 euros soit environs 350 000 F CFA. Voilà les seuls comptes bancaires que j’ai à l’étranger. Je n’ai ni argent, ni appartement, ni maison à l’étranger», avait-il déclaré, laissant son frère aîné envoyer les forces de l’ordre mater ceux qui en doutent. L’affaire était presque étouffée. lundi 3 juin, face à la presse, en réaction aux révélations de BBC, Aliou Sall reconnait avoir perçu 25 000 dollars par mois (plus de 14 millions de F CFA) en tant que salarié de Timis Corporation Ltd. « Ce sont des salaires normaux dans ce milieu. J’ai des collègues qui percevaient plus et d’autres moins », justifie-t-il. Pendant que Macky Sall faisait fouiller la terre entière l’argent qu’aurait détourné Karim Wade, son frère Aliou nageait dans les millions de dollars.Au sommet du cynismeL’IGE déclare, dans un rapport détaillé, que : «la demande de permis présentée par Petro Tim n’était pas conforme aux exigences de l’article 8 du décret n°98-810. A cet égard, elle devait être déclarée irrecevable, en application de l’alinéa 2 de l’article 14 dudit décret». En dépit de cette mise en garde, le président SALL signe les décrets et file le marché à Frank Timis et à son employé Aliou SALL qui le mettent à profit, loin des yeux des Sénégalais. Et quand Khalifa Ababacar Sall se retrouve dans le pétrin, pour, dit-on,  1,8 milliard de FCFA, c’est parce que l’IGE l’aurait recommandé, explique Macky Sall qui choisit ceux qui doivent être poursuivis.Pour Macky Sall, ce que les Sénégalais pensent de ce scandale qui est loin d’être le premier, importe peu.   «Il faut qu’on soit constant. La défaite d’Abdoulaye Wade, les gens disent qu’elle est due, en grande partie, au fait qu’il voulait mettre son fils. Mais aujourd’hui, si Macky Sall nomme son frère de même père et de même mère au niveau d’une société aussi importante que la CDC, ça va conforter les Sénégalais qui estiment qu’il veut nous imposer sa famille à tous les niveaux. Et cela peut lui être fatal », réagissait Oumar FAYE de Leral askan wi après la nomination d’Aliou Sall à la tête de la Caisse des Dépôts et Consignation (CDC).  Le leader de l’APR n’en avait rien à faire des critiques et autres mises en garde de ses compatriotes. Son frère cadet à peine tiré de la cacophonie du pétrole, il le nomme directeur général de la CDC. A la formation du dernier gouvernement, son beau-frère, Mansour Faye, a pris le contrôle du PUDC, du PUMA, des PROMOVILLES, de la Délégation générale à la Protection sociale et à la Solidarité nationale (DGPSSN), du Commissariat à la Sécurité alimentaire, de la Direction de l’Administration générale et de l’Equipement etc.Macky Sall l’a démontré, le jour de la Korité, le documentaire de la chaîne anglaise dérange le pouvoir car il s’adresse non pas uniquement aux Sénégalais mais au monde entier fourvoyé par le leader de l’APR qui se montre sous les habits d’un démocrate attaché à la transparence. Ledit documentaire aurait été fait en wolof, le Palais ne serait pas autant périclité.  «Nous sommes au Sénégal, situé sur la côte ouest-africaine. Ici, des millions de personnes vivent dans la pauvreté. Pourtant, le niveau de vie pourrait être beaucoup plus élevé. C’est un pays riche en ressources naturelles. D’importantes réserves de pétrole et de gaz y ont été découvertes. Mais une partie de cette richesse s’est envolée à cause de la corruption». Cette froide et nouvelle description du pays de la « terranga », qui ouvre le documentaire de la BBC, est reçue par le régime comme une gifle. Macky Sall le chantre de la « gouvernance sobre et vertueuse » est démasqué et jeté en pâture à l’opinion internationale. Et les informations  explosives suffisent à établir sa très haute trahison envers le peuple sénégalais.La malédiction du pétrole, ce n’est pas uniquement la mésentente voire le conflit pouvant naitre entre des populations. C’est aussi et surtout quand un groupuscule met la main sur les ressources de tout un peuple laissé dans la misère.
Mame Biram Wathie

Les chantres de la division (Par Serigne Saliou Gueye)

De plus en plus, le discours identitaro-communautariste est distillé dans notre pays par des personnalités de premier plan qui n’hésitent pas à s’en servir pour assouvir des desseins ou ambitions politiques. On multiplie les comportements sectaristes et l’on exalte les particularismes diviseurs pour mener un combat politique.

Parmi ces intellectuels qui véhiculent ce discours identitaire, voire communautariste, l’on note le Grand Serigne de Dakar (GSD) Abdoulaye Makhtar Diop qui, lors de son face-à-face le 28 avril dernier avec Mamoudou Ibra Kane dans le Jury du dimanche de I-radio, a déclaré que le prochain édile de la capitale doit être un lebu.

Ne s’arrêtant pas en si bon chemin, Abdoulaye Makhtar Diop a réitéré successivement cette position stigmatisante lors du « Ndogou des célébrités » du site Dakaractu et dans l’émission de « Encore + » de la 2STV.

Aujourd’hui, c’est l’imam qui enfonce le clou en emboitant le pas au GSD.   « Je reçois des cadres, des jeunes et des femmes qui me disent : « Grand Serigne, il est temps que les cadres Lebu se manifestent et se battent pour que la ville de Dakar leur reviennent. Ils l’ont exprimé en réaction à certaines déclarations. Et ils ont raison. J’ai dit que ce n’est pas de l’ostracisme ni de la discrimination. J’ai donné des exemples historiques.

Armand Angrand maire de de Dakar toubab, Ambroise Mendy maire de Dakar Ndiago, Joseph Gomis maire de Dakar Ndiago, Lamine Guèye Saint-louisien, Clédor Sall Sénégalo-mauritanien. Seul Lamine Diack et Mamadou Diop sont des Lebu. La collectivité les a toujours accompagnés et les Lebu ont toujours occupé des postes d’adjoint.


Il faut se dire à l’époque que les Lebu ne s’intéressaient pas à la politique. Aujourd’hui, nous avons 19 communes d’arrondissement dans lesquelles nous avons sept ou huit maires lébu. S’ils sont reconduits, que cela soit Abdoulaye Diouf Sarr, Aliou Ndoye, Palla Samb, Babacar Mbengue et autres, pourquoi ne s’entendraient-ils pas pour que l’un d’entre eux soit maire de Dakar. Si vous prenez les 550 communes, les 500 sont contrôlées par des gens issus de la même localité.


Et c’est cela qui est normal. Moi je ne suis pas candidat à la mairie mais je vais les appuyer pour réaliser ce dessein ».« Si la coalition BBY présente un candidat Lebu, je le soutiens. Si c’est le PDS qui investit un candidat Lebu, c’est lui que je vais soutenir ».Telles sont les déclarations tenues au Grand Jury du dimanche de I-radio et sur le plateau de la 2STV les 28 avril et 30 mai derniers par Abdoulaye Makhtar Diop, député, 5e vice-président de l’Assemblée nationale et Grand Serigne de Dakar (GSD).

En termes clairs, le GSD milite pour que Dakar tombe dans l’escarcelle des Lebu. De tels propos qui dégagent les miasmes fétides du communautarisme, ont eu l’heur d’exaspérer Moustapha Diakhaté et Ibrahima Sène qui les ont qualifiés respectivement de « balkanisation communautariste » et de « projet est antinational et qui porte lourdement atteinte à notre cohésion sociale et à la convivialité des habitants de Dakar ». 

Le très taciturne, Doudou Diagne Diecko, président des amateurs de la lutte sénégalaise, s’est indigné d’une telle posture qui pue des réflexes identitaires ostracistes. «Je trouve que ce n’est pas sérieux de dire qu’il faut un Lebu pour diriger la ville de Dakar ou qu’il faut des Lebu pour assurer les responsabilités politiques liées à Dakar.

L’essentiel, c’est que l’élu soit natif de Dakar qui aime Dakar et qui soutient et assiste les Dakarois. Il y a des gens qui ne sont pas des Lebu mais qui sont beaucoup plus utiles pour Dakar et les Dakarois que certains Lebu. Alors qu’il y a des Lebu qui sont méchants et qui n’ont rien fait pour la communauté quand ils ont été portés à des postes de responsabilité».


Une rhétorique inféconde On pensait qu’un tel soliloque infécond, qui met à nu la dangerosité du repli identitaro-communautariste, allait être débattu à défaut d’être combattu par les Lebu, voilà que l’Imam Alioune Moussa Samb, profitant de la tribune que lui offre le prêche de la prière de l’Aïd el Fitr, rajoute une louche sur le feu de la division allumé par le GSD. « Dakar doit avoir un maire Dakarois. Paris aux Parisiens.


Dakar aux Dakarois », a-t-il déclaré impérialement le sceptre à la main. Et quand il parle de Dakarois de souche, il pense aux Lebu parce que certains d’entre eux, d’après des avatars et déformations de l’histoire, serinent que les premiers habitants de Dakar sont des Lebu. En prenant exemple sur Paris, l’imam a mis nu toute son inculture et son ignorance sur le fonctionnement de la mairie de capitale française.

L’actuel maire de Paris, Anne Hidalgo, est d’origine espagnole. Ana (son ancien nom espagnol) Hidalgo née près de Cadix, en Andalousie, s’est installée en France avec ses parents espagnols en 1961 avant d’obtenir la nationalité française en 1973. L’actuel maire de Londres, Sadiq Khan est né de parents d’origine pakistanaise. Par conséquent, cette thèse raciste et ostraciste de l’imam lebu ne peut pas être convoquée pour légitimer une éventuelle mise à l’écart anti-démocratique des citoyens candidats à la mairie de Dakar.

Ces propos exclusivistes et stériles colportés par l’imam et le Grand Serigne sont compromettants pour la belle entente et la cohésion séculaires entre les différentes ethnies de la capitale sénégalaise. Et cela risque de produire un effet boomerang car les électeurs de Dakar massivement non lebu, dans un sursaut de révulsion, voire de révolte, peuvent apporter la réplique en n’accordant aucun suffrage pour un candidat Lebu.

Une telle mentalité médiévo-hégémoniste, qui s’adosse à une ethnocratie rétrograde pratiquant une sévère discrimination à l’encontre d’une partie de ses citoyens, ne résiste pas aux valeurs universelles et modernes qui fondent la démocratie. L’omniprésence du discours identitaro-communautariste chez ces chefs Lebu est symptomatique d’une marginalisation dans la dévolution démocratique des postes électifs par les citoyens qui disposent de la seule souveraineté de délibérer lors des échéances électorales.

Par conséquent, le seul critère qui préside au choix de la tête de la mairie de Dakar, c’est d’être Lebu. Exit donc le critère d’appartenance politique, exit le programme de développement conçu pour la ville, exit la qualité de natif et résident de Dakar. La chose seule chose qui vaille, c’est d’être Lebu. Par conséquent, certains se demandent encore le criterium d’éligibilité sur lequel se fondent ces notabilités pour soutenir que la capitale doit être dirigée par un Lebu.

Sans doute la prévalence de l’appartenance à une ethnie a conduit Abdoulaye Makhtar Diop et son compère Alioune Moussa Samb à adopter des postures de rejet qui détonnent avec la transcendance de la communauté multiculturelle dakaroise. Leurs prises de position illustrent leurs comportements instinctifs de défense des intérêts de leur communauté d’origine, et non de celui de l’intérêt général. 

De telles déclarations ethnicistes venant d’une personnalité Grand Serigne de Dakar qui a l’Etat dans ses gènes, qui a presque occupé toutes les hautes fonctions nominatives ou électives ou d’un imam, symbole de la cohésion dans la diversité, ternissent l’image de l’autorité qu’ils doivent toujours incarner. Au moment où le président Macky Sall est critiqué à tort ou à raison pour son favoritisme à l’endroit de ses frères de même ethnie, voilà que le GSD et son imam brandissent eux aussi le Neddo Ko Bandum Lebu pour choisir le futur maire de Dakar.

Les Mandingues, premiers occupants de DakarEt soutenir que le prochain maire de la capitale doit être Lebu revient à dire que Dakar est une propriété des Lebu. Faire de Dakar un bien exclusif des Lebu est une imposture historique. Dakar n’appartient point aux Lebu au point que la mairie doit leur revenir de droit. En sus, les Lebu ne constituent pas l’ethnie majoritaire à Dakar au point de vouloir y imposer un maire appartenant à ladite communauté.

Il faut aller à la conquête des électeurs, gagner leur confiance pour accéder à la mairie de Dakar. A travers le monde, des groupes ethniques et linguistiques cherchent à revendiquer la primauté sur une localité en affirmant y avoir vécu plus longtemps que les autres. Mais la réalité est plus complexe que cela. Et si on revisite l’histoire, les Lebu ne sont pas les premiers habitants de Dakar.

Dans un post daté du 9 février 2016 du site Africa Check très spécialisé dans le domaine de la vérification des informations, il y est clairement indiqué que les Lebu ne sont pas les premiers occupants de l’île du Cap-Vert. Selon les historiens dont l’archéologue Ibrahima Thiaw de l’Ifan, « les Mandingues ont habité cette région bien avant les Lebu.


D’ailleurs, le site Internet de la ville de Dakar indique qu’en 1444, il y avait des Mandingues à Dakar et que l’occupation Lebu date de 1580 ».Toujours selon Africa Check, cette thèse est confortée par le professeur d’histoire Mamadou Diouf. Dans son mémoire de fin d’études intitulé « Contribution à l’étude des Lebu : la migration du Djolof au Cap-Vert », Diouf affirme que les Lebu sont « originaires du Fouta Toro (Nord) et qu’ils ont migré du Fouta Toro vers le Kayor.


Après une scission au 17e siècle, ils ont migré vers le Cap-Vert pour s’y installer ».« Mais bien avant eux, ajoute Diouf dont l’ouvrage est disponible à la bibliothèque de l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD) de Dakar, cet espace était occupé par des Mandingues. Une fois sur place, les Lebu y créèrent leur République ».Le brillant Abdou Khadre Gaye, président de l’ONG Emad, corrobore l’antériorité des Socé dans la presqu’île du Cap-vert dans ses écrits. « 


Lorsque le peuple Lebu quitte le Djolof pour Dakar il y a cinq siècles, il trouve déjà installés les Socé ou Mandingues. Les deux peuples vont cohabiter sans anicroches pendant 50 ans, avant que la discorde ne s’installe, poussant les Socé à s’exiler vers le sud du pays », enseigne-t-il. A notre époque, si sensible aux questions identitaires et communautaristes, les poncifs d’Abdoulaye Makhtar et d’Alioune Moussa mettent en lumière, la survie de stéréotypes ethnicistes, la montée d’une xénophobie de type nouveau.

Dakar est un melting-pot au point que ceux qui s’y sont installés les premiers et ceux qui y sont venus les derniers y ont les mêmes droits. Vouloir en faire une entité Lebu revient à privilégier le critère identitaire pour y élire un maire. Pourquoi demain ne dira-t-on pas que la mairie doit revenir aux tidianes, mourides ou layènes. Ou encore, chrétiens, musulmans ou athées. Rabâcher un tel discours au moment où les haines nées de l’identitarisme et du communautarisme compromettent le bon voisinage, le vouloir-vivre en commun, est une hérésie.

Le Sénégal est harassé de cette guerre irrédentiste du sud du pays construite sur des haines identitaro-communautaristes. Combien de fois n’a-t-on pas entendu les populations allogènes être qualifiés de colons nordistes par les rebelles casamançais ? De telles rhétoriques discriminantes vectrices de germes scissipares doivent être combattues par tous ceux qui sont épris de paix et soucieux de la cohésion sociale.

Pourtant l’imam Moussa Samb disait que « les Lebu ne sont pas une ethnie et que la « lébouité » est un comportement, un état d’esprit démocratique ouvert aux mondes ». Une telle phrase pleine de sagesse jure avec son sermon stigmatisant de l’Aïd el Fitr.Comme le dit le professeur d’Histoire Jean-Luc Lamouché, « tout individu – sur notre planète – ressent la nécessité d’affirmer son identité, tel un repère ou une boussole.

Cela est nécessaire et juste ; telle est la nature humaine. Ceci, à condition de ne pas vivre une identité simpliste, à sens unique, hostile à celle de l’Autre, qui devient vite l’ennemi, pour des raisons nationales, religieuses ou politiques. L’identité n’est donc pas en soi un danger, sauf si elle apparaît comme exclusive ».


 Malheureusement dans les discours distillés par les dignitaires lebu, transparaissent le refus de l’altérité, le déni de la différence, le rejet de la diversité. Or en ce 21e siècle, il faut penser et vivre « l’unité du multiple », comme le dit Edgar Morin.Se conformer à la ConstitutionQue l’on ne s’étonne pas demain si dans d’autres localités du Sénégal, l’on nous dit que telle ethnie ne doit pas briguer la mairie parce que n’étant pas originaire de la région.

La République est une et indivisible et c’est un principe unificateur qui cimente le vivre-ensemble de la Nation. Et mieux, cela est acté sur le marbre de notre Charte fondamentale dès son préambule. En effet, il y est stipulé que : « Le peuple du Sénégal souverain proclame le rejet et l’élimination, sous toutes leurs formes de l’injustice, des inégalités et des discriminations ». Et les Articles de la Constitution 1, 3 et 4 viennent renforcer cette idée d’égalité dans la République :« La République du Sénégal est laïque, démocratique et sociale.


Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens, sans distinction d’origine, de race, de sexe, de religion. Elle respecte toutes les croyances ».« La souveraineté nationale appartient au peuple sénégalais qui l’exerce par ses représentants ou par la voie du référendum.

Aucune section du peuple, ni aucun individu, ne peut s’attribuer l’exercice de la souveraineté ».« Les partis politiques et coalitions de partis politiques concourent à l’expression du suffrage. Ils sont tenus de respecter la Constitution ainsi que les principes de la souveraineté nationale et de la démocratie. Il leur est interdit de s’identifier à une race, à une ethnie, à un sexe, à une religion, à une secte, à une langue ou à une région ».

Serigne Saliou Gueye 

Ces indignations de circonstance par ( Demba Ndiaye )

Les acteurs du dialogue ne peuvent pas faire comme si les micmacs autour de nos ressources étaient un détail – Vous aurez remarqué qu’aucun guide religieux n’a fait allusion à cette affaire

Ça durera le temps de la rose, en étant généreux. Je veux parler des dernières indignations, relatives à la dernière affaire de gros sous, de gaz liquéfiant, de pétrole salissant. Je veux parler de cette gouvernance annoncée et promise propre, sans indélicatesse, ni famille envahissante ; je veux parler de cette promesse de réhabilitation d’une patrie longtemps mise à quatre pattes par des partis prédateurs ; je veux parler de nos éphémères et sans épaisseurs indignations face aux viols répétés de valeurs que nous pensions immuables. Je veux parler de ces hypocrisies qui semblent constituer notre ADN social.

Par ce que tout de même, il y a pour le moins, une énigme politique à élucider : comment une équipe politique qui s’est construite sur des projets de valeurs républicaines, la restauration de vertus (bonne gouvernance, bonne justice, une gestion vertueuse de la chose publique etc.), comment tout cela a foutu le camp en moins d’un mandat, fut il un septennat ? Comment les nouveaux zozos, redresseurs de torts de comptes publics, sont devenus des prédateurs en moins d’une décennie ? Comment ?

Pourquoi la famille a de nouveau mis la patrie à quatre pattes comme une vieille pute ravagée par une vie de soumission et de postures avilissantes ? Pourquoi le reniement est redevenu la valeur refuge des promesses électorales ? Pourquoi les chiens de garde aboient-ils si timidement, si faiblement, et si éphémèrement ? Pourquoi le glaive de dame justice ne frappe-t-il plus jamais les prédateurs au coeur de nos mœurs en dérive ? Je vais oser une grave suspicion : et s’ils étaient tous (la fameuse et impropre « classe politique ») complices ?

Pourquoi a-t-il fallu ce magazine de 11 minutes de BBC pour mettre en émoi la caste dirigeante et ses satellites et autres affidés ? Très probablement parce qu’il y a une constellation de bénéficiaires du ruissellement de ces prises d’intérêt illicites du gaz et pétrole du pays. Alors, tous coupables ? Responsables ? Complices ? Raccourci facile pour expliquer un si imposant dépôt de …complicités politico-sociales.
Parce qu’il faut être juste dans les actes d’accusation. 

De tous ceux qui hurlent aujourd’hui, il faut reconnaître qu’Ousmane Sonko est celui qui a crié le plus tôt et le plus longtemps sur ces saletés de gaz et de pétrole. On s’est même glosé sur son disque de 33 tours rayés. Il avait raison, mais probablement trop tôt et s’est mal expliqué. Les arguments ? Un fonctionnaire radié, donc aigri et revanchard ? Probablement cela cachait le fond : on vendangeait notre pétrole et notre gaz avant même qu’ils sortent des entrailles de la mer !

Le patron de l’ACT, ancien Premier ministre, Abdoul Mbaye, qui est aujourd’hui le plus virulent des pourfendeurs de la famille Sall, essaie laborieusement d’imbiber nos esprits d’un lourd prétexte pétrolier : on a été bernés à l’époque, en Conseil des ministres, par un rapport mensonger du ministre du secteur de l’époque, le détestable ministre de l’Intérieur d’aujourd’hui. Vengeance tardive ? Aller savoir…

TAS (Thierno Alassane Sall), ministre de l’énergie à l’époque des fameux décrets, lui aussi a fait montre de coups de gueule et de rétention d’informations dans cette affaire. En effet, s’il a toujours laissé pensé qu’il avait « démissionné » et non « démis » du fait d’une signature qu’il aurait refusé, il n’avait jamais été explicite sur l’étendue de ces décrets. C’est aujourd’hui qu’il se fait plus explicite.

Pour les autres opposants, c’est entre clair-obscur, réaction du bout pour des lèvres et autres exhibitions de documents (PDS). Ce parti joue une partie délicate : comment apprivoiser le généreux le régime de Macky tout en veillant à ne pas mettre en danger des « deals » secrets ? Comme celui de Conakry à la veille de la présidentielle. En effet, il semblerait que le président n’ait pas respecté le deal fait avec le président Condé comme…témoin, instigateur et garant de leur respect.

Reste une question qui n’est pas mineure : le « frangin-pétro-gaz-gate » s’invitera-t-il dans les « dialogues » en cours ? Les acteurs et participants à ces « machins » ne peuvent pas se retrouver la semaine prochaine face-à-face comme si de rien n’était. Comme si les micmacs autour de nos ressources étaient un « détail » dans les très sérieux dialogues en cours.

Un ami m’a dit : « on ne va quand même pas enterré l’affaire avec une ridicule commission parlementaire »? Je ne sais pas. Mais quand un président dit à ses forces vives, « ne me parlez pas d’augmentation de salaires, il n’y a pas d’argent », je serai enclin à aller dans la rue pour lui demander : sortez les contrats, pour qu’on voit combien BP et les autres officines nous ont pompés de CFA avant même que le premier litre soit sorti des fonds marins.

Ah oui, vous aurez remarqué qu’aucun « guide religieux », imam, n’a fait allusion à cette affaire, alors qu’elle faisait l’actualité depuis trois jours.

Des silences très bavards !

Contrats pétroliers et gaziers : va-t-on, enfin, entendre la justice ?

Rappeler les valeurs de l’Etat de droit et de la démocratie est une ardente obligation. La République apparaît souvent comme un ensemble de valeurs qui s’imposent à l’Etat, aux communautés, acteurs économiques, politiques, et aux citoyens, etc. C’est effectivement plus que ça, mais elle est avant tout une République qui repose sur la démocratie et l’État de droit.Ce bref rappel permet de préciser que la manifestation de la vérité dans l’affaire relative aux contrats pétroliers et gaziers peut contribuer, dans le contexte actuel, à la clarté des choses et à l’apaisement.

Il vrai qu’Aliou SALL ne pouvait raisonnablement prétendre à ses différentes responsabilités d’aujourd’hui si son frère n’était pas le Président de la République. Les fonctions tant publiques que privées dont il a déjà la responsabilité, même à la faveur d’un décret de son frère Président, l’empêchent, pourtant, juridiquement de pouvoir assurer la direction de la Caisse des dépôts et consignations (voir article 100 Code général des Collectivités territoriales du Sénégal).

Au-delà de cette illégalité manifeste (à la faveur d’un décret présidentiel), pour la manifestation de la vérité, il est temps que la justice ouvre une information judiciaire et que monsieur SALL (toujours présumé innocent) et toutes les personnes concernées soient convoqués et entendus par la justice pour tirer au clair cette affaire qui continue de secouer l’Etat. 

Monsieur SALL est un justiciable ordinaire qui ne jouit d’aucune immunité. De quel droit Aliou SALL peut-il prétendre à cette mobilisation générale de l’Etat ? Qu’est-ce que l’Etat du Sénégal chercherait à couvrir ? Contrairement à ce qui est dit, le Procureur n’a pas à s’autosaisir, il doit se saisir de cette affaire. Se saisir de l’affaire pourrait permettre la manifestation de la vérité au nom de l’Etat de droit (I) et de la démocratie (II)                                        

  I-La justice au nom de l’Etat de droit 

Poser l’Etat de droit est une idée aussi belle que difficile à réaliser. L’État de droit, c’est précisément le contraire de la position du Gouvernement dans l’affaire Aliou SALL. C’est un Gouvernement partisan qui a pris position et qui a prématurément jugé pour absoudre un citoyen, simple justiciable, avant l’intervention de la justice.

En effet, nos dirigeants ont la fâcheuse habitude de considérer leurs citoyens alertes comme des suspects en puissance dès lors qu’ils participent à la transparence de la vie publique et leurs opposants comme des éléments subversifs, alors qu’ils font preuve de cécité vis à- vis des scandales financiers qui les éclaboussent et des non moins scandaleuses pratiques de leurs collaborateurs, entourage ou famille.

Pourtant, l’État de droit ignore cette tension en affirmant la primauté du «gouvernement du droit» sur le «gouvernement des hommes» en tant que principe de légitimité. Le gouvernement des hommes renvoie aux titulaires du pouvoir investis de la capacité de vouloir et d’agir au nom de la collectivité, tandis que le gouvernement du droit renvoie à l’égalité devant la loi et devant la justice.

Au nom de l’Etat de droit, la légalité de contrats ainsi toutes les transactions y afférentes doivent s’examiner à un double point de vue, c’est-à-dire au regard du droit interne et du droit international. Aliou SALL est maire de Guédiawaye, certes, présumé innocent, qui ne bénéficie d’aucune immunité. Au-delà de sa responsabilité politique vis-à-vis des électeurs de cette Commune, il peut voir sa responsabilité civile et pénale engagée dans les conditions définies par la loi.

Sa responsabilité civile ne peut en principe être engagée que dans l’hypothèse particulière de la commission d’une faute personnelle. Sa responsabilité pénale pourrait être engagée à l’occasion de la commission d’une quelconque infraction réprimée par la loi. Suite à cette affaire, il conviendrait enfin de s’assurer, en vertu du préambule de la Constitution, de «la transparence dans la gestion des affaires publiques »

Pour faire bref, l’Etat de droit est un rempart contre d’éventuelles dérives contraires à la loi, une valeur que la République porte parce que nous l’avons construit ainsi, par ce que l’Etat de droit est devenu un titre de respectabilité, il a aussi permis d’innover vers le progrès en matière de droits et construit les conditions d’un droit de regard sur la manière de gouverner et de décider au nom de la démocratie.                                                                       

 II-La justice au nom de la démocratieCe n’est pas la démocratie qui contrôle l’Etat de droit, mais l’inverse. 

Aujourd’hui, dans bien des cas, en raison de la solidarité politique unissant Président, Gouvernement et Parlement, l’aspect démocratique d’un régime tient donc à autre chose qu’à la prétendue séparation «Pouvoir Législatif – Pouvoir Exécutif », c’est-à-dire à l’indépendance du système judiciaire et des Juges.Aussi, la démocratie ne se définit plus seulement par ses origines, mais aussi par sa finalité. En vérité, l’élection n’est plus le seul ressort de la légitimité démocratique.

Dès lors, deux institutions sont également légitimes : celle qui trouve son fondement dans l’élection (légitimité « élective ») et celle qui le trouve dans la défense des droits fondamentaux (légitimité «fonctionnelle »… du pouvoir judiciaire et des juges).Si le concept de démocratie doit avoir une valeur autre que purement mythologique, s’il doit avoir une valeur historique réelle sous nos cieux, il faut accepter d’en substantialiser le contenu. « Substance » comme synonyme de « matérielle » s’oppose ici à procédure (électorale).

En effet, avec l’éclosion de la figure du juge au cœur de tous les régimes, nous assistons à un contenu dualiste de la démocratie. Aujourd’hui, l’exigence d’élections démocratiques, aussi nécessaire soit-elle, n’épuise pas les voies de la démocratie. 

Le contrôle du pouvoir s’impose aussi comme une poutre maîtresse des régimes modernes. Dès lors, jusqu’où peut aller le pouvoir de la justice sénégalaise dans cette affaire relative aux contrats pétroliers et gaziers? Gardienne des droits et libertés, la justice sénégalaise, face à la position déjà affichée par le Gouvernement, en arrivera-t-elle à présenter au Peuple les éléments nécessaires à la manifestation de la vérité ? Vaste question !

Il est certain que lorsqu’il s’agit des intérêts du Peuple, il est particulièrement important de satisfaire aux principes de transparence, de justice et d’égalité. Par conséquent, il est essentiel que les conditions d’une manifestation de la vérité au nom de la démocratie soient clairement observées et que le Gouvernement lui-même soit respectueux dans son application, de façon à remplir le critère de « Gouvernement modéré ».                                                      

 Mouhamadou Ngouda MBOUP

Enseignant-chercheur de droit public

FSJP/UCAD 

Aliou Sall, vérités et mensonges d’un « naufragé» Oil & Gas (Par Bassirou Diomaye FAYE).

« On peut tromper une partie du peuple tout le temps et tout le peuple une partie du temps, mais on ne peut pas tromper tout le peuple tout le temps » » Abraham Lincoln

Suite aux révélations de la BBC sur un « scandale à 10 milliards de dollars » au parfum de corruption impliquant Frank Timis et Aliou Sall, à travers les sociétés Petrotim, Timis Corporation et Agritrans, une société appartenant à Aliou Sall (qui l’a créée pendant qu’il était fonctionnaire), ce dernier, à travers une conférence de presse tenue le 04 juin 2019, a tenté de laver son honneur et celle de la famille Sall.

En substance, l’enquête sous forme de documentaire vidéo révèle que British Petroleum (BP), le géant de l’énergie qui exploite le gisement de Gaz naturel liquéfié de Grand Tortue Ahmeyim (Entre le Sénégal et la Mauritanie), a accepté de payer près de dix milliards de dollars à Frank Timis, un homme d’affaires impliqué dans un contrat pétrolier controversé : l’attribution des blocs de Saint Louis Offshore Profond et Cayar Offshore profond.


La BBC rappelle que BP avait acheté les actions de Frank Timis dans un gisement de gaz au large des côtes du Sénégal pour 250 millions de dollars en 2017 et que les documents obtenus par BBC Panorama et Africa Eye révèlent que BP versera également à sa société, Timis Corporation entre neuf et douze milliards de dollars en redevances, soit près de 6 000 milliards de FCFA sur la durée de la Concession. Pauvre Sénégal !

Face à de telles accusations, pour le moins gravissimes, Aliou Sall n’a pas convaincu. Sa conférence de presse n’a été qu’une ridicule mise en scène d’un comédien visiblement mal en point dans son rôle. Pire, les arguments et affirmations passés, à la loupe, durant des émissions passées, notamment Faram facce avec Pape Ngagne Ndiaye, révèlent un tissu d’incohérences et de contradictions dignes d’un gamin de cinq ans pris la main dans le pot de confiture et qui ne pense qu’à blablater, face à l’urgence, pour se dédouaner.

Aliou Sall a travesti la réalité des faits pour semer le doute

Aliou Sall, considère que la BBC n’a donné la parole qu’à l’opposition radicale et à un ancien collaborateur de Frank Timis qui est en bisbille avec lui, passant sous silence le fait que la BBC lui a bien offert l’opportunité de se prononcer sur le sujet avant publication. D’ailleurs, il reproche au média anglais de n’avoir que très peu pris en compte ses arguments. Une chose est sûre c’est que BBC a mis en écrit dans le reportage les réponses de ses avocats. La chaine a publié des extraits des interviews ainsi que des réponses produites par Aliou Sall. On voit même clairement la journaliste poursuivre un haut responsable de BP qui a refusé de répondre à ses questions.

Pour une enquête qui aura duré une année, selon la journaliste Mayeni Jones, difficile de faire croire à une légèreté de l’enquête. Faut-il souligner qu’Aliou Sall ne réfute pas le contrat révélé par BBC qui le liait à Timis ? Tout au plus, se plaint-il que son salaire, qui est privé et confidentiel soit révélé au monde. Cela signifie que les autres documents exhibés par la chaine anglaise sont du béton. Ils ont obtenu le vrai contrat d’Aliou Sall, logiquement la même source leur a donné accès aux autres documents. Qui du reste est aussi bien placé qu’un proche collaborateur frustré de Frank Timis pour balancer ?

Par ailleurs, il s’offusque que la BBC ait fabriqué de fausses informations en affirmant que des manifestations ont eu lieu contre l’attribution des blocs à Petrotim. Mais, contrairement à ce que dit Aliou Sall, cette manifestation a bel et bien eu lieu. En effet, entre 2012 et 2016, toutes les demandes de marche déposées par l’opposition ont été refusées. Ce n’est en effet que le 14 octobre 2016 que la première marche sous l’ère de Macky Sall a eu lieu. Je faisais partie des membres de l’opposition qui ont été gazés à hauteur de la RTS. Cette marche, organisée par le front Manko Wattu Sénégal, avait effectivement pour but de dénoncer le bradage des ressources naturelles par la famille Sall au profit de Frank Timis. S’y grefferont la réclamation de la transparence du processus électoral et la défense des libertés démocratiques (https://www.youtube.com/watch?v=uKIZymOhNuE).

La BBC n’a donc rien inventé. C’est bien Aliou Sall qui feint l’amnésie ou qui compte jouer sur une hypothétique amnésie des sénégalais. D’ailleurs c’est le même jour qu’il a démissionné de Petrotim pour, disait-il, mettre à l’aise le Président de la République, son frère. Ce qu’il a rappelé dans sa conférence de presse en ces termes : « Quand la polémique a enflé, j’ai pris ma responsabilité et j’ai quitté ». Sa page Facebook, sur laquelle était annoncée cette démission reprise par la presse n’affiche plus aucune publication sur l’année 2016. Allez savoir pourquoi… Mais un crime n’est jamais parfait.

Quand Aliou Sall jette Wade & fils en pâture pour dédouaner Macky

Aliou Sall est malhonnête. Très malhonnête. Sauf à lui concéder peut-être quel qu’instinct de protection du grand frère Macky qui l’aurait emporté « humainement » sur tout le reste, on comprendrait difficilement qu’il cherche à enfoncer le clan Wade en lui imputant de façon mensongère la signature des décrets d’approbation signés le 19 juin 2012 par Macky Sall? (voir Décrets n°2012-597, portant approbation du CRPP d’hydrocarbures conclu entre l’Etat du Sénégal, PETROSEN et PETRO-TIM Limited pour le permis de Saint-Louis Offshore profond et décret n° 2012-596, portant approbation du CRPP d’hydrocarbures conclu entre l’Etat du Sénégal, PETROSEN et PETRO-TIM Limited pour le permis de Cayar Offshore profond).

Le plus grave c’est quand il déclare, toute honte bue, que « M. Abdoulaye Wade avait bel et bien signé le décret approuvant la concession qui a été donné à Petrotim », essayant ainsi de

jouer la confusion aux yeux de l’opinion entre les contrats de concession et les décrets d’approbation nécessaires à leur validité conformément au Code pétrolier de 1998, alors en vigueur. Le discours de son grand frère de sang de ce jour de korité où, malgré la ferveur et les « séquelles positives » des dévotions du mois béni, il est apparu groggy et amer, traitant les concitoyens qui l’ont porté au pinacle, d’hypocrites (nafeeqh) et de fumistes (rambaaj) au lieu d’appeler au pardon et à la concorde nationale, entrerait sans doute dans la même veine d’instinct de protection du petit frère. 

Soutenir, comme il l’a fait, que « c’est dans le cadre de la continuité de l’Etat que Macky Sall a confirmé ces décrets qui ont été déjà signés par Wade » n’est ni plus ni moins qu’une flagrante contre-vérité d’un grand manipulateur. Un décret déjà signé par un Président de la République ne se confirme pas ! La continuité de l’Etat ne saurait justifier que le Président entrant confirme, par sa signature, les décrets signés par son prédécesseur. D’autant plus que l’IGE auprès de laquelle Macky avait commandité une enquête lui recommandait d’annuler le

contrat signé par A. Wade. Si tel est le cas, qu’il dise donc pourquoi le Président Macky Sall n’a pas confirmé le décret instituant une taxe sur les appels entrants ? Pourquoi n’a-t-il pas confirmé la dénonciation des accords de défense avec la France qui avait déjà été obtenue par Wade ?


Les arguments d’Aliou Sall sont trop légers trop tirés par les cheveux. Ils donnent l’impression d’un naufragé en proie aux vagues et effluves Oil & Gas et qui cherche à s’extirper du guêpier de la BBC. L’homme sûr de lui qui claironnait, le 07 septembre 2016, face à pape Ngagne NDIAYE, en prenant Dieu à témoin « Je ne regrette rien, si c’était à refaire, je le referais » et qui disait toute sa fierté de faire partie de l’aventure pétrolière au Sénégal est apparu moins hautain tout d’un coup,, moins arrogant et en proie au doute. « Si j’avais soupçonné un seul moment que des découvertes aussi importantes allaient être faites, je n’imagine même pas que j’allais m’aventurer dans cela », lance-t-il, la mine déconfite.
Personnellement, je ne crois traître mot de cette déclaration. Je crois, au contraire, que c’est justement parce qu’il a du flairer le coup qu’il a abandonné le public pour, comme lui-même le dit, « partir à la recherche d’opportunités dans le privé ». Se jeter sur l’opportunité aurait été plus honnête expression de sa part pour qualifier ce qui s’est réellement passé. Mais, le plus cocasse c’est quand M. Sall dit avoir quitté la fonction publique « parce qu’il était apparu que ce n’était pas convenable, pour lui, à ce moment PRECIS, où le fils du Président Abdoulaye Wade était accusé d’implication excessive dans la gestion des affaires de l’Etat, d’assumer des fonctions publiques ».
Ma conviction en écoutant Aliou Sall c’est qu’il prend les Sénégalais pour des moins que rien. Pourquoi cherche-t-il à figer la convenance à un « moment précis » ». Mais, rien n’a changé, bon sang ! Bien au contraire. L’implication de la famille sous Wade ne s’était limitée qu’à Karim Wade et sa sœur. Mais, sous le Président Macky Sall, on a parlé et continue de parler de dynastie FAYE-SALL impliquant la fratrie, la famille et la belle famille. On ne parle plus d’implication excessive mais d’accaparement total.
C’est justement parce que rien n’a changé, que les choses ont au contraire empiré, qu’Aliou Sall continue à être une personne politiquement exposée (PPE), cause pour laquelle les

américains avant l’entrée de Kosmos Energy dans les blocs en question ont exigé qu’il quitte purement et simplement.

Aliou Sall brouille les pistes : une commission d’enquête pour le blanchir ?

C’est pour la même raison, qu’on ne saurait croire à une commission d’enquête parlementaire. Pourquoi, le suggère-t-il d’ailleurs en premier Depuis 2016 qu’on parle des conditions d’attribution nébuleuses des blocs de Saint-Louis Offshore Profond et Cayar Offshore, notre Assemblée nationale est aux abonnés absents. Bien au contraire, la majorité mécanique, s’est érigée en bouclier vilipendant et insultant tous les opposants qui ont réclamé de la transparence dans la gestion des ressources naturelles. Pourquoi nos vaillants députés sortiraient-ils de leur torpeur comme par magie pour mettre en place une commission d’enquête parlementaire que l’opposition a vainement réclamée en son temps ?
Le feraient-ils fait, du reste qu’il s’agirait purement et simplement d’une entreprise de blanchiment du forfait mis davantage à nu par la BBC. Pour rappel, une plainte a été déposé par depuis le 26 décembre 2014 en plus d’une autre dénonciation déposée le 15 février 2016.

Aliou Sall dit avoir été entendu de 10h à 17h et que Frank Timis a été entendu pendant 6 tours d’horloge. Il est malheureux de constater, qu’à la page 92 du rapport de l’Ofnac pour l’année 2016, soit plus de deux années après, il est juste mentionné que « l’enquête suit son cours ». Merci à Africa Eye et à la BBC. 
À suivre la ligne de défense du gouvernement, ce blanchiment politique des malversations commises par les hommes politiques semble être la mission réelle des organes de contrôle et autres structures dédiées. Cela est d’autant plus vrai que le gouvernement, le président Macky Sall en premier, dans son allocution faite après la prière de la Korité, n’a trouvé rien de mieux à nous servir qu’un ramassis de décrets et de lois instituant un COS-Pétrogaz ici, un institut du pétrole et du gaz par-là, si ce n’est l’adhésion à l’initiative ITIE ou encore la création d’un fonds pour les générations futures qui est chantée. Pauvre Sénégal !

Un dialogue commandé par des renseignements sur l’imminence du BBC-gate ?

Voilà bien des raisons qui imposent une certaine prudence dans le cadre du dialogue. Au-delà du volet technique (discussions naturelles sur le processus électoral, le fichier et l’autorité indépendante qui devra gérer) le reste cache aussi bien une duperie qu’un chameau qu’on essayerait de dissimuler sous un lit. Les Sénégalais se rappellent, sans doute, de la phrase pas du tout anodine du chef de l’Etat lors du lancement : « si on ne s’unit pas, des étrangers viendront nous diviser pour s’accaparer de nos ressources ».

Pourquoi après nous avoir dénié toute science sur le pétrole et le gaz et donc toute légitimité à nous prononcer (avec à la clef les menaces ridicules de Boun Abdallah Dione alors 1er Ministre), pourquoi après avoir dit qu’il était prématuré de parler de pétrole et de gaz car aucune goutte n’est encore sortie, vouloir poser un débat sur la même question alors qu’entre

temps nous ne sommes pas devenus « ingénieurs pétrogaz » et que pas une seule goutte n’est encore sortie ?

Au nom de la lignée des guerriers, l’honneur au cœur

J’ai encore l’espoir ténu, comptant sur l’ADN de la lignée des guerriers dont ils se réclament, que pour l’honneur familial et la préservation de la pureté du « sang royal », qu’Aliou Sall portera plainte contre la BBC, là-bas, au Royaume uni. Cela aura le mérite de réactiver la plainte qui a été initialement déposée contre BP dans ce pays et contribuera à la manifestation de la vérité.
En attendant, j’espère fortement que les organisations citoyennes et les citoyens prendront le leadership dans cette bataille que les politiciens et quelques personnalités sont un peu trop seuls à porter depuis 2016. Et même si, en synergie avec les ONG de lutte contre la corruption à l’international, l’accent doit être mis sur la plainte déposée à Londres contre BP, ma conviction profonde est que dans cette magistrature se trouvent encore des juges qui se battent pour redorer le blason de la justice sénégalaise et pour défendre leur honorabilité. Voilà pourquoi, une plainte, avec constitution de partie civile devant le juge d’instruction mettrait les juges, qui sont tout aussi Sénégalais que nous tous, face à leurs responsabilités et à l’histoire.

Bassirou Diomaye FAYE
Coordonnateur du mouvement des cadres patriotes
PASTEF-LES PATRIOTES.

La faillite morale d’un Président!(Par Cheikh Tidiane).

Le message du Président de République à la fin de la prière de la Korite est encore plus pathétique que la conférence de presse de son frère. Une grande arrogance et un semblant de sérénité qui cachent en réalité un profond malaise.

Macky Sall n’a pas parlé en Président de la République mais en frère d’Aliou Sall. C’est ce qui fait qu’il n’a pas la dignité de cette charge.

Nous lui avions conseillé, dès le début, d’éloigner sa famille des affaires publiques mais il n’a rien écouté. Non content d’avoir cédé une partie de notre pétrole à son frère Aliou Sall, il l’a aussi mis à la tête de la plus grande banque de l’État : la Caisse des Dépôts et Consignations, après avoir parrainé son élection à la mairie de Guediawaye.

Je ne parle même pas de son beau-frère avec son super ministère dont le budget frôle les 1000 milliards. Toutes les ressources destinées aux politiques sociales et à la solidarité nationale entre ses mains, pour une redistribution ciblée dans les reseaux parrainées par le Clan. Dautres scandales de corruption en perspective?

Aliou Sall, depuis que nous le connaissons en 2012, n »a qu’une seule ligne dans son CV, c’est d’être frère du Président de la République du Sénégal.

Croyez-vous une seule seconde que le prédateur Frank Timis l’aurait recruté si Macky n’avait pas remporté l’élection en 2012?

Croyez- vous une seule seconde qu’il aurait eu le courage et les moyens de se présenter la mairie de Guediawaye en 2014 si son frère était resté dans l’opposition?

Imaginez-vous ses chances de diriger la CDC si on avait demandé à tous les sénégalais de déposer leur candidature pour ce post ?

Non Macky Sall, je ne laisserai personne me prendre pour un imbécile. Et c’est ce que jai ressentis en vous écoutant.

Nous vous avons confié la garde de notre bien public. Il ne peut en aucun cas appartenir à votre famille. Vous avez l’obligation de nous rendre des comptes et vous le ferez. Je vous le promet, vous ne pourrez pas nous snober. Pas cette fois-ci. Le Sénégal ne sera pas de ces Républiques bananières détruites par des bandes claniques soutenues par leurs réseaux de courtisans locaux et étrangers.

J’invite les acteurs politiques, la société civile, les organisations de lutte contre la corruption et de défense des droits de l’homme, les syndicats et mouvements de jeunes et de femmes, bref toutes les forces vives de notre Nation à se mobiliser, à s’indigner et à s’organiser. Cette effroyable corruption au sommet doit cesser.

J’appelle la jeunesse à se préparer. …Nous vous appellerons bientôt. Soyez prêts.

Les voleurs de milliards de la république, entre déraison et cynisme

« Si un homme a beaucoup plus qu’il ne faut, c’est que d’autres manquent du nécessaire. » Cette pensée de Tolstoï sied bien à la situation de beaucoup de nos compatriotes, qui peinent à manger à leur faim, à s’habiller convenablement, grosso modo à vivre dignement, pendant qu’un groupuscule de petites gens malhonnêtes, à l’appétit financier pantagruélique et à la cupidité insatiable, animées par l’esprit de lucre, prennent un malin plaisir à voler les milliards du contribuable à l’envi.

Quand je vois la kyrielle de zéros derrière les chiffres de leurs biens stratosphériques, je me dis soit j’ai des illusions d’optique soit les journalistes ont dû se tromper d’unité. Que nenni ! C’est la triste réalité. À la question jusqu’où peut mener la cupidité ? Je suis tenté de répondre souvent au cynisme et à la déraison.

Ces biens du contribuable n’auraient-ils pas pu permettre de construire des hôpitaux et des écoles ou de créer une certaine richesse dans le pays ? Au moment où des femmes meurent en donnant la vie pour faute de moyens ; au moment où beaucoup jeunes meurent sur le chemin de l’émigration pour fuir la pauvreté ; au moment où le taux d’alphabétisation stagne dans certains secteurs du pays, etc. Ces fossoyeurs de la république pitié ni scrupule.

Manquer du nécessaire peut constituer une boîte de Pandore pour des citoyens d’un pays. À cause de la pauvreté, une femme vertueuse, dans le dénuement total, peut être tentée par l’appât du gain de la prostitution, alors qu’un honnête homme au chômage peut être attiré par le vol ou l’agression. Car le la pauvreté absolue déshumanise.

Beaucoup de maux peuvent infester une société à cause du détournement de deniers publics. Ces fossoyeurs contribuent non seulement à l’instabilité et au sous-développement du pays, mais ils suscitent et ravivent la perversion des mœurs et la dégradation des valeurs morales, ne-serait-ce que par leurs mauvais exemples.

À une question sur sa vie, le controversé milliardaire Marcel Dassault répondait : « Je vis modestement, on ne peut pas manger sept poulets par jour.» Ce qui est une preuve des limites physiques de l’être humain.

Limité, l’Homme ne l’est-il pas aussi dans l’espace et dans le temps ? Pourquoi alors voler tant de milliards ? Si on sait qu’on ne vivra pas un nombre suffisant de jours pour pouvoir en profiter. Surtout quand on est au crépuscule ou à l’après-midi de sa courte vie. La longévité de Mathusalem et de Noé n’est-elle pas qu’un vieux souvenir ?

Sans doutent s’imaginent-ils éternels dans notre monde où vivre jusqu’à 140 ans relève d’un miracle, malgré le développement sans précédent de la médecine. Ces pilleurs de la république sont-ils assez déraisonnables pour ne pas savoir qu’on a beau possédé un immeuble ou des milliers de maisons, mais on ne peut passer une nuit que dans une chambre et sur un lit ? Sont-ils assez sensés pour savoir qu’on a beau avoir une ribambelle de voitures, mais on peut en conduire qu’une à la fois. La cupidité semble être un défaut aveuglant.

N’ont-ils pas lu le saint Coran ou visité la magnifique vie du Prophète (PSL), eux qui se réclament haut et fort musulmans et n’hésitent pas à se battre si on les traite de mécréants, pour se rendre compte de la frugalité de la vie qu’il menait, bien que beaucoup d’opportunités d’enrichissement licite se fussent souvent présentées à lui.

Peut-être veulent-ils mettre leur postérité à l’abri du besoin pécuniaire. Mais, est-ce raisonnable de thésauriser iniquement l’argent du peuple pour les générations futures alors que ses contemporains, qui peuvent même être ses voisins proches meurent de faim ? Je suis perdu dans cette forêt d’interrogations. Si vous avez les réponses, veuillez me montrer sur le chemin.

Entre un vieux que j’ai entendu l’autre jour dire à la radio qu’il faut les amener à Fann, parce qu’il faut être fou pour voler tout cet argent dans un pays pauvre comme le Sénégal et un autre qui disait qu’il faut les emprisonner à perpétuité à Reubeuss, parce que ceux sont de vrais criminels, mon cœur balance.

L’idéal pour moi serait d’installer un petit Fann à Reubeuss, pour qu’ils puissent y être soignés de leur insanité au moment de purger leur peine. Gandhi semblait avoir bien d’affirmé « Il y a assez de tout dans le monde pour satisfaire aux besoins de l’homme, mais pas assez pour assouvir son avidité. » Wërsëg du doy, doylu mooy Wërsëg

Les frères Sall ou le temps des malfrats au Senegal

« Une gouvernance bâtie sur le mensonge, c’est comme un prestidigitateur : l’illusion ne dure qu’un temps »

Les révélations explosives du journal BBC sur le scandale du siècle portant sur des rétro commissions et un système de passe-droits sur le pétrole et le gaz au Sénégal révèlent une corruption d’une ampleur inouïe, des pratiques mafieuses de captation des deniers publics et un véritable banditisme d’état sous le magistère de Macky SALL.

Alors qu’on n’a pas fini d’épiloguer sur le carnage financier du PRODAC, un scandale à 29 milliards de F CFA, c’est toute la théorie de la gouvernance sobre et vertueuse chantée sous tous les cieux depuis 2012, par Macky SALL qui s’effondre, comme un château de cartes avec l’affaire PETROTIM. Dans une vidéo documentée (des montants précis sont fournis) et accablante pour ALIOU Sall (frère de Macky Sall), BBC met à nu un incroyable système de prédation des ressources d’un pays classé parmi les plus pauvres du monde, par un clan aux commandes du Sénégal : les SALL.

A l’instar de WATERGATE (un scandale qui a eu pour conséquence la démission du Président Nixon aux USA en 1974), le Pétro TIM GATE éclabousse directement Macky SALL qui a placé son frère Aliou SALL (qui bénéficie d’une immunité d’exécution), à la tête de la Caisse des Dépôts et Consignations, une institution qui brasse des milliards de F CFA et ne fait l’objet d’aucun audit sérieux de la part des corps de contrôle soumis au pouvoir exécutif, qui ont totalement failli à leur mission.

Le népotisme effarant de Macky Sall, est la source de toutes les dérives de son frère Aliou SALL, qui ne se fixe plus aucune limite. Avec le PETRO TIM GATE, Aliou SALL est pris en flagrant délit, les mains dans le cambouis.

La thèse évoquant un soi-disant complot de BBC n’intéresse personne. Macky SALL peut jouer les matamores au Sénégal, et se proclamer roi ou que sais-je, Empereur en Afrique, il n’a aucun pouvoir de définir ou d’orienter la ligne éditoriale de BBC. Pour une raison simple : la Grande Bretagne n’est pas le Sénégal. Il n’y a pas que BBC pour accabler le régime de Macky SALL.

En 2018, le très sérieux journal the ECONOMIST avait tiré la sonnette d’alarme sur les multiples dérives du Prince SALL évoquant les nuages sombres qui s’amoncelaient sur la démocratie sénégalaise (emprisonnement de Barthélémy Diaz, de Khalifa Sall, exil de Karim Wade, assassinat de l’étudiant Fallou SENE, etc….).

En réalité, les gesticulations d’Aliou SALL annonçant une plainte contre BBC peuvent prêter à sourire. Toutes les explications du monde et de la presse du palais appelée à la rescousse pour étouffer ce carnage financier innommable, toutes les justifications d’Aliou SALL pour se disculper (le salaire que je percevais est légal, ou encore le contrat Pétrotim a été signé par WADE), lors d’une ridicule conférence de presse, ne suffiront pas à travestir la réalité dans cette affaire. Aliou SALL peut raconter des sornettes aux sénégalais, mais pas aux occidentaux. BBC lui a bel et bien donné l’occasion de s’expliquer dans cette affaire (tous ceux qui ont regardé la vidéo ont constaté que le communiqué d’Aliou SALL a été repris par BBC, de même que celui de ses avocats).

Alors que plus de 40% de sénégalais vivent dans la misère, que la famine frappe aux portes du monde rural et que le Sénégal connait une crise de liquidités sans précèdent, Macky SALL (qui vient de réaliser un hold up électoral lors des présidentielles de 2019) et son frère Aliou SALL insouciants, arrosent leur clan et s’adonnent à un festin indécent, à coups de milliards de F CFA. Sur le dos du peuple, avec la complicité d’une partie des élites corrompue, adepte de la politique du ventre. Ce scandale prouve que le Sénégal est entre des mains inexpertes depuis 2012 (un régime d’amateurs).

L’heure des comptes approche pour le clan des SALL. Lentement mais sûrement.

Seybani SOUGOU – E-mail : sougouparis@yahoo.fr

Dakar, la capitale et ses tares … Par Boubacar Sadio

L’espace public, dans les sociétés humaines, en particulier urbaines, représente l’ensemble des espaces de passage et de rassemblement qui est à l’usage de tous, soit qui n’appartient à personne, soit qui relève du domaine public ou exceptionnellement du domaine privé. Cet espace public est géré au Sénégal dans un contexte de décentralisation par l’Etat à travers ses nombreux démembrements et les collectivités territoriales, notamment les communes.

La gestion de l’espace public implique des acteurs nombreux et divers, avec des préoccupations et des besoins contradictoires et quelquefois opposés. Et pour éviter les conflits d’intérêts entre les différents acteurs qui se partagent l’espace public, il a été nécessaire et judicieux de fixer les règles du jeu par une codification comme cela a été le cas sur l’urbanisme, les collectivités territoriales, le domaine de l’Etat et tant d’autres domaines.

Seulement, force est de reconnaitre que cet arsenal juridique n’a pas réglé les problèmes d’occupation de l’espace public. De manière générale on peut dire que l’espace public est composé des lieux publics et de la voie publique. Nous concentrerons notre réflexion sur la voie publique.

Il y a aujourd’hui un véritable sujet de préoccupation qui fait l’unanimité tant au sein des populations qu’à celui des autorités administratives et politiques aussi bien centrales que locales, c’est l’encombrement de la capitale qui a atteint un niveau de saturation insupportable exigeant une intervention urgente et de très grande ampleur.

Qu’est-ce qui peut bien expliquer et justifier l’encombrement de l’espace public, et plus précisément de la voie publique dans notre capitale, jadis bien organisée et très tôt soumise à une planification à long terme avec un centre-ville et des périphéries bien aménagées.

Tout le monde s’accorde à reconnaitre que l’état des lieux n’est guère reluisant, un euphémisme pour tout simplement dire que le constat est désolant à la limite du désespoir.

La capitale est devenue une ville déstructurée, défigurée sans âme. Dakar offre plus que jamais une face hideuse, un décor fait d’amas et de monceaux d’ordures à chaque coin de rue, des gargotes à même la chaussée, des mendiants agressifs, des marchands ambulants qui règnent en seigneurs, des ateliers de fortune, des animaux en divagation.

En principe on n’aurait pas dû en arriver là. En effet, la planification urbaine n’a jamais fait défaut. Du premier plan Pinet Laprade de 1862 au plan directeur d’urbanisme de Dakar de 2001 et suivants, des documents cadres d’urbanisme se sont succédés avec des fortunes diverses.

Jusqu’à la fin des années 1970 le développement de la ville de Dakar était jusqu’alors harmonieux et parfaitement maitrisable par les autorités. Au début des années 80, le PDU a fait l’objet d’une évaluation.

Il en est sorti que, malgré de gros efforts d’aménagement, beaucoup de difficultés ont été enregistrées dans l’application des orientations du PDU. La crise urbaine qui commençait à se faire sentir, à amener les autorités à concocter le PDU Dakar qui, malheureusement n’a jamais fait l’objet d’application totale.

Ainsi plusieurs plans n’ont pas permis d’éradiquer le mal. Et le constat est là : c’est la généralisation de la pagaille à l’intérieur de la ville. C’est la cantinisation tous azimuts et à outrance de tout espace disponible, des ateliers de menuiserie métallique, de bois, des ébénistes, des ateliers de mécaniciens, des soudeurs à chaque coin de rue et le long des voies[u1] de circulation obstruant les passages dédiés aux piétons.

S’y ajoutent sur chaque carré de trottoir, des kiosques et des panneaux publicitaires implantés en dehors de toute norme juridique et esthétique, des marchés hebdomadaires « loumas » sur presque toutes les artères et des marchands ambulants qui se disputent la chaussée avec les piétons et les véhicules.

Il faut aussi compter avec des mendiants agressifs et la divagation des animaux. Telle est malheureusement la carte postale d’une ville devenue crasseuse.
La capitale sénégalaise est devenue une véritable mégapole.

Dakar a deux fois plus d’habitants que l’ensemble des capitales réunies. Sa population tourne autour de 3millions d’habitants dans une hypothèse basse. Plus de deux sénégalais sur trois vivant en ville se trouvent à Dakar. Et pour autant la capitale ne représente que 0,27% du territoire national ; suffisant pour trouver l’explication adéquate de tous ces maux qu’il est impératif de corriger.

L’histoire de la capitale sénégalaise est largement liée à celle de l’accaparement progressif d’activités reparties autrefois en divers points du territoire national.

Elle a commencé par s’emparer au début du siècle, de l’essentiel des fonctions portuaires de Rufisque et de Saint-Louis, puis vers 1930 de celle de Kaolack. Devenue le siège du Gouvernement général, elle finit même, en 1958, par dépouiller Saint-Louis de ses fonctions de capitale. Du coup et depuis lors, elle n’a cessé de concentrer près de 90% de l’appareil productif national.

Pratiquement tous les sièges des sociétés et établissements publics se trouvent à Dakar qui abrite le siège du Gouvernement central avec des dizaines de milliers de fonctionnaires qui officient dans différents ministères.

Cela nous vaut des scènes de flux de milliers de travailleurs le matin en direction du centre-ville et de reflux de ces mêmes travailleurs le soir vers les quartiers résidentiels et la banlieue.

Tous ces facteurs font qu’aujourd’hui les maux dont souffre Dakar se résument en termes de surpopulation, d’encombrement, d’occupations anarchiques et sauvages de la voie publique, d’engorgement de la circulation routière. Nous traiterons des problèmes de circulation dans nos prochaines contributions.

L’épineux problème des artisans de la rue composés pour la plupart de menuisiers, de mécaniciens et de soudeurs constitue un véritable casse-tête. Ces garages et ateliers, sources de pollutions et de nuisances de toutes sortes, symbolisent l’échec des plans directeurs d’urbanisme qui avaient permis l’installation des zones industrielles et des villages artisanaux.

C’est la preuve que ces sites ne disposaient pas de tous les atouts pour une prise en charge correcte et efficace de certaines activités de proximité. Avec certains sites, il s’est posé un problème de localisation, d’accessibilité et de capacité d’accueil.

On ne saurait occulter le problème des marchés qui poussent comme des champignons partout dans la ville. Il n’y a presque pas de jour ou un marché hebdomadaire ne se tienne sur une artère très passante.

Toujours, concernant la prolifération des marchés et par ricochet celle des cantines, il se trouve que ceux qui devaient s’occuper de la gestion urbaine, par le biais de la décentralisation, en se souciant davantage de fournir aux populations un cadre de vie décent, se révèlent comme les premiers agresseurs de l’espace public.

A la recherche effrénée de recettes, certaines communes se lancent dans une politique tous azimuts de « cantinisation », au point même d’en venir à violer l’espace scolaire. Ils adoptent souvent des comportements en porte à faux avec l’esprit et la lettre de la décentralisation.

Il y a aussi que la plupart de ces maux dont souffre la capitale trouvent leur origine dans la mauvaise compréhension des masses de l’ouverture démocratique qui pour les populations non averties rime avec anarchie. A ce niveau, l’interprétation de l’état de droit et le respect des lois et règlements posent un véritable problème.

Il faut reconnaitre que le phénomène de l’exode rural a largement favorisé cette situation de pagaille généralisée. On a assisté pendant des années, sans aucune réelle volonté politique d’ y mettre un terme, à une ruralisation de la ville avec ces images de troupeaux de bœufs qui traversent les chaussées nonchalamment, de chevaux parqués dans les espaces inoccupés, de bergeries au niveau des allées et des jardins publics, de charrettes qui arpentent les boulevards et les avenues sans se soucier le moins du monde des règles élémentaires de la circulation routière.

Comme il est aisé de le constater, l’encombrement de la capitale est un véritable sujet de préoccupations autant chez les populations qu’au niveau des autorités tant centrales que locales.

Dans la recherche de solutions qui doivent être pérennes et durables, il est judicieux à l’entame de privilégier une démarche participative inclusive avec l’implication de tous les acteurs concernés par le phénomène, notamment les occupants illégaux de la voie publique qui se trouve être un lieu de vie appartenant à tous.

Toutefois, la démarche participative qui peut être considérée comme une méthodologie de résolution des problèmes peut montrer ses limites.

Et s’il est fortement recommandé que par le dialogue, l’écoute et les échanges d’idées les autorités parviennent à s’entendre avec les contrevenants, il est tout souhaitable qu’elles puissent clairement identifier les véritables interlocuteurs et les représentants légitimes des marchands ambulants et autres acteurs de la voie publique.

Cela dit, dans une république qui se respecte, dans un Etat de droit et dans une société organisée, s’il y a un postulat qui a valeur de vérité absolue, c’est le principe qui veut que « force reste à la loi. »

Et me plait-il de rappeler ici les propos du philosophe Souleymane Bachir DIAGNE qui disait ceci « L’expression, force doit rester à la loi est magnifique. Cela veut dire que l’humanité est sortie de la jungle pour mettre en place un contrat social et un Etat qui garde le monopole de la force publique.

Si vous n’avez pas un peuple qui est persuadé que, sauf cas exceptionnel, force va toujours rester à la loi et qu’il n’y a de classes de gens qui seraient au-dessus de toute punition, vous avez une situation extrêmement inquiétante. »

Les autorités, quelles que puissent être leurs bonnes dispositions au dialogue pour trouver des solutions consensuelles profitables à tous et à même de préserver les intérêts des uns et des autres, ne doivent en aucun moment cesser d’afficher leur détermination à réaliser ce pourquoi les populations les ont investies de leur confiance.

Aucun fléchissement, que certains ont vite fait d’interpréter comme de la faiblesse, ne doit en aucune manière apparaitre ni dans le discours officiel ni dans la conduite des opérations. Le discours officiel doit avoir comme viatique la fermeté, la vérité de ce qui est possible et l’exclusion de toute démagogie.

La problématique de l’encombrement et des occupations anarchiques relèvent plus que du simple bon ordre ; c’est en vérité une préoccupation d’ordre public, et comme le disait Nicolas Sarkozy « l’ordre public ne se négocie pas ».

Il est regrettable de constater et de percevoir à travers certains discours aux allures guerrières inspirées, un mauvais jeu scénique avec un format manichéen sciemment et insidieusement organisé et entretenu.

En effet, d’un côté nous avons les marchands ambulants et les autres occupants illégaux de la voie publique présentés sous les traits de braves travailleurs, honnêtes, soucieux de gagner leur vie à la sueur de leur front, ce qui du reste est fort louable et de l’autre côté les pouvoirs publics qui, usant de la force, chercheraient à réprimer et brimer de pauvres citoyens.

Cette fausse représentation doit être brisée par une bonne politique communicationnelle des autorités qui doivent à tout moment s’employer à casser cette dichotomie et à faire intervenir un troisième pôle d’acteurs concernés au premier chef par le phénomène.

Ce troisième pôle d’intervenants pourrait être constitué par les commerçants régulièrement établis, les riverains, les résidents, les automobilistes, les transporteurs, les usagers de la chaussée et toutes personnes qui souffrent de l’envahissement et de l’obstruction de la voie publique.

Au regard des textes qui régissent les activités marchandes sur la voie publique, il apparait clairement que la situation qui prévaut dans les rues de la capitale est manifestement la résultante d’un laxisme des autorités étatiques principalement et des autorités municipales subsidiairement.

Les textes présentement en vigueur interdisent l’exercice de la profession de marchand ambulant. C’est la profession de marchand-tabler qui est reconnu officiellement et il ne peut être exercé qu’avec une autorisation accordée par les services compétents de l’Etat, notamment le gouverneur qui a la prérogative d’attribuer les emplacements dédiés.

Comme on le voit, la responsabilité du Maire ne saurait être engagée dans un processus encadré par les services de l’Etat.

Cependant, en procédant à la collecte des taxes auprès des tabliers, des étalagistes et autres occupants irréguliers de la voie publique, les autorités municipales se font objectivement les complices de ces illégaux qui y voient une forme de régularisation et de formalisation de leurs activités.

Il faut que les maires mettent un terme à la collecte des taxes auprès de ces irréguliers, autrement le cercle vicieux et pernicieux va continuer et le discrédit des autorités municipales ne fera que s’amplifier.

S’il est vrai que l’Etat à la plénitude des prérogatives pour la formalisation et l’encadrement juridique des activités marchandes sur la voie publique, il n’en demeure pas moins vrai que les municipalités ont des responsabilités et des prérogatives que la loi, à travers le code des collectivités territoriales, leur confère en matière de gestion, d’organisation et d’intervention au niveau de la voie publique.

Il est expressément stipulé dans le code que figurent dans les missions du maire : la sureté et la commodité du passage dans les rues, quais, places et voies publiques, ce qui comprend le nettoiement, l’éclairage, l’enlèvement des encombrements etc…

Pour relever le défi de l’encombrement et des occupations anarchiques de la voie publique il faut intégrer d’autres paramètres que la seule solution du déguerpissement. A ce titre il faut bannir la logique de la compensation toujours mise en exergue par les occupants irréguliers qui, chaque qu’ils sont menacés de déguerpissement, réclament et même exigent d’être recasés ailleurs ; on ne peut pas être dans l’illégalité et revendiquer des compensations.

La réflexion pourrait porter sur la citoyenneté. Cette conscience citoyenne doit se traduire par des comportements hautement civiques. Le civisme devient dès lors plus qu’une simple profession de foi, davantage qu’un slogan ; c’est un comportement de tous les jours, de tous les instants dans toute la sphère urbaine et en toutes circonstances de lieu et de temps.

Le défi de la citoyenneté et du civisme est difficile à relever dans la mesure où il s’agit de travailler sur la conscience des populations, c’est-à-dire sur un élément immatériel qui paradoxalement doit produire des actes concrets. La définition de la commune exprime l’idéal d’une vie commune et une solidarité de destin entre les habitants de la cité. Cette obligation à une vie commune partagée engendre forcément des principes, des règles et des notions qui s’imposent collectivement et individuellement à tous.

Il ne s’agit guère d’une tentative d’uniformisation des structures mentales des habitants de la ville, encore moins d’un clonage non souhaité et par ailleurs difficile à réaliser d’autant que les citadins ne sont pas formatés dans la même sphère de d’intelligibilité et de convenance sociale.

Il s’agit tout simplement de faire en sorte que les habitants de la cité partagent les mêmes paradigmes de sociabilité et les mêmes références sociétales pour avoir les mêmes attitudes, les comportements, le tout constituant ce que l’on pourrait appeler le « crédo citoyen »

Le phénomène de l’encombrement et des occupations anarchiques pourrait être classé dans la rubrique des incivilités définies comme « l’ensemble des nuisances sociales extraordinairement variées qui ne blessent pas physiquement les personnes, mais bousculent les règles élémentaires de la vie sociale ».

La société se construit sur la civilité et les nuisances posent explicitement le problème des règles d’usage des lieux collectifs et de la manifestation du respect interpersonnel.

Il est fort heureux que les autorités aient compris les enjeux liés à l’encombrement et aux occupations anarchiques de la voie publique. C’est ainsi que le Président de la république Macky SALL a mis à profit la cérémonie de prestation de serment pour évoquer le problème.

Seulement, les circonstances de lieu et de temps choisies n’étaient pas du tout appropriées pour lancer la croisade contre l’encombrement et les occupations anarchiques. C’est vraiment dommage et malheureux que, devant un parterre d’étrangers et un aréopage de Chefs d’Etat et de gouvernement, il puisse évoquer l’insalubrité de nos villes et le désordre qui y règne.

Prenant la communauté internationale à témoin, le Président Macky SALL a fustigé les Sénégalais qui, à ses yeux, seraient sales, indisciplinés et désordonnés, étalant par la même occasion tout son irrespect à l’égard de son propre peuple. Il aurait dû faire sien l’adage selon lequel « le linge sale se lave en famille ».
Sur un autre plan, on ne saurait dédouaner le Président Macky SALL par rapport à la situation qui prévaut présentement dans la ville de Dakar. Il a une part de responsabilité on ne peut plus évidente.

En effet, pour des raisons politiciennes, futiles et subjectives, il a usé de son pouvoir discrétionnaire et de tous les moyens dont il disposait, pour empêcher au maire de la ville Khalifa SALL de dérouler son programme et sa politique de développement urbain.

Pour gêner Khalifa SALL et le contrer dans ses projets, il a créé spécialement un ministère chargé du cadre de vie qui, au finish, s’est révélé d’une inutilité, d’une incompétence et d’une inefficacité effarante.

Libre et sans entrave aucune, le maire Khalifa SALL aurait transformé littéralement la configuration esthétique de la ville, avec une place de l’Indépendance rénovée et réaménagée aux normes des grandes capitales du monde, des trottoirs pavés consacrant la disparition des chaussées ensablées, la création de milliers de foyers lumineux, l’embellissement des jardins et places publics etc…

J’apprécie le volontarisme de l’actuel ministre de l’habitat et de l’urbanisme très engagé dans les opérations de désencombrement. Il a la détermination d’un néophyte, mais très vite il se rendra compte que ce n’est chose facile. Le défi est colossal et l’entreprise très ardue, exigeant des mesures hardies. Le plus dur et le plus difficile sera d’assurer le suivi des opérations et le maintien en l’état des sites libérés.

Cela relèvera presque de l’exploit de réussir une mission en dépendant presque totalement d’autres structures dont la gestion et le contrôle vous échappent. Pour le suivi, les volontaires de la ville de Dakar pourraient être mis à contribution à la seule condition de les mettre en situation de performance ; pour ce faire ils doivent être mobilisés sur la base d’un cadre contractuel formel entre la mairie de la ville de Dakar et toute entité désireuse de solliciter leurs services.

A tout prendre il n’y a aucune animosité contre les marchands, vendeurs, artisans et autres occupants de la voie publique. Tout le monde s’accorde à reconnaitre leur abnégation au travail, leur souci de gagner honnêtement leur vie et leur apport dans l’économie.

Mais nous sommes dans une république, un Etat régi par des normes applicables à tous ; les activités sur la voie publique comme toutes autres activités doivent s’exercer dans le strict respect des normes et règles établies par les pouvoirs publics.

Dakar le 22 Mai 2019
Boubacar Sadio
Commissaire divisionnaire de police de classe exceptionnelle à la retraite

« Un faussaire présumé ne doit pas diriger une concertation nationale. »

Les prémices visibles d’une tromperie et les échos audibles d’un appel spécieux.

Dialogue national, ce binôme présentement en vogue va s’imposer ces jours-ci et ceux à venir sur la place publique, alimenter les débats, les discussions et envahir nos foyers et lieux de travail. Pour l’heure, il est plus indiqué de parler de dialogue politique. A mon avis, il sera très difficile d’organiser un dialogue national ou seraient évoqués tous les problèmes, préoccupations et difficultés auxquels les Sénégalais sont confrontés quotidiennement.

Comment pourrait-on réunir dans une seule instance de concertation et dans la même plateforme d’échanges les politiques et les membres d’ordres socio-professionnels qui ont des préoccupations, des objectifs et des intérêts différents, souvent divergents et quelquefois opposés ? Les politiques se soucient plus d’obtenir l’établissement de règles de jeu démocratiques et transparentes ; les commerçants se contenteront volontiers d’une diminution significative des taxes et les industriels d’un allègement des couts des facteurs de production ; les marchands ambulants veulent se voir affecter des sites de recasement fixes et permanents ; les étudiants réclament de meilleures conditions d’études qui passent par le désengorgement des amphithéâtres et le paiement à temps de leurs maigres bourses ; les enseignants, ces si dévoués fonctionnaires, ne demandent rien d’autre que la mise en application des engagements signés par l’Etat ; quant aux populations considérées en masse, elles exigent une répartition équitable des ressources du pays et un accès facile aux services sociaux de base.

Le principe du dialogue ne peut être récusé par un esprit réfléchi, sensé et responsable. C’est une bonne pratique traditionnelle et séculaire qui a de tout temps régi et régulé les rapports sociaux. Elle a été respectée et cultivée par les prédécesseurs de Macky SALL. Le Président et illustre poète Léopold Sédar SENGHOR a donné au Sénégal sa réputation universelle de « pays de dialogue » ; cette étiquette était devenue un label identitaire et d’identification dont tous les Sénégalais se prévalaient avec fierte

Les Présidents Abdou DIOUF et Abdoulaye WADE n’ont pas dérogé à la règle ; le code consensuel de 1992 qui a permis la réalisation de deux alternances pacifiques dans notre pays, a été obtenu grâce à l’ouverture d’esprit du Président DIOUF. Adoptant la posture d’un véritable responsable moral, d’un vrai chef et, se voulant le Président de tous les Sénégalais ne se souciant que de la préservation d’un climat politique apaisé, Il avait fait montre de dépassement en respectant scrupuleusement son engagement solennel devant le peuple de ne rien toucher ni changer, pas même une virgule, dans le rapport qui sera soumis à son appréciation finale par la Commission cellulaire présidée par l’excellent juge Kéba MBAYE. Et, c’est ce code consensuel qui a permis au Président Macky SALL d’occuper sa station actuelle et de s’installer au palais de la République, siège de la souveraineté populaire qu’il semble prendre pour une propriété personnelle ; ce palais transformé en siège de l’APR et qui est devenu très « corruptogène ».

Arrivé au pouvoir, le Président Macky SALL s’est évertué méticuleusement à faire écrouler tout l’édifice institutionnel de notre pays, et plus grave, il a rompu, cassé et brisé tous les éléments d’équilibre qui faisaient du Sénégal un exemple de démocratie mature qui a vu s’opérer deux alternances pacifiques dans des conditions de liberté et de transparence à faire mourir d’envie et de jalousie bon nombre de peuples dans le monde. Nous étions cités en exemple et constituions une référence mondiale. Aujourd’hui, c’est triste de constater que la belle vitrine de notre démocratie acquise après tant de sacrifices est craquelée par la faute d’un homme rétif au dialogue et à la concertation.

L’appel au dialogue du Président Macky SALL n’a pas totalement révélé ses véritables desseins et ses réels objectifs. Les Sénégalais, pour ceux qui ne l’ont pas encore compris, doivent se convaincre que l’actuel locataire du palais n’est pas un homme de dialogue ; il est foncièrement porté à la brutalité, au forcing et à l’intolérance. Des exemples pour étayer nos propos, on peut en trouver à profusion et en citer à foison ; entre autres cas, on peut évoquer son vote violent et scandaleux à Fatick, son refus catégorique et vigoureux de démettre son ministre de l’Intérieur, sa déclaration ou il dit que l’opposition, nolens volens, est tenue de se ranger à sa volonté. Et tout récemment lors du secrétariat exécutif de l’APR il a délivré son message sans permettre qu’une voix s’élève. Le Président Macky SALL a une conception féodale et jacobine de l’exercice de l’autorité ; en réalité, son comportement relève moins d’une idéologie que d’un complexe d’infériorité et d’un réflexe d’auto-défense.

Le prétendu dialogue national organisé au palais de la République il y a deux ans explique et justifie à maints égards les craintes et les appréhensions des sceptiques quant à la réussite de ce présent appel. Ce dernier dialogue national n’a fait l’objet d’aucun suivi et n’a eu aucune suite. Il s’était agi d’une foire de la parole et de la parlotte, du bavardage et du verbiage, de l’hypocrisie et de l’escroquerie, de l’éloge et du panégyrique, et ce fut surtout une opportunité inespérée pour certains de faire ouvertement acte d’allégeance et pour d’autres, plus pudiques, de faire de manière discrète et subtile un appel du pied au maitre des lieux. En vérité le Président Macky SALL avait initié ce dialogue pour tout simplement légitimer une décision dont il ne voulait pas endosser seul la totale et entière responsabilité.

Pour l’heure, retenons qu’il s’agit d’un dialogue politique puisque le ministre de l’Intérieur a convoqué uniquement les partis politiques légalement constitués et les membres de la société civile pour assister à la séance d’ouverture des travaux consacrée à la remise des termes de référence. Et comme je l’ai dit dans une récente contribution, je ne crois pas trop à ce dialogue que j’ai qualifié d’apocryphe et de sans objet ; même son initiateur n’y croit pas.

La première fausse note de ce dialogue réside dans la centralité que va occuper le ministre de l’intérieur. A mon avis, il n’a aucune légitimité pour présider les travaux. Non seulement il fait l’objet de vives contestations de la part d’une frange très significative des acteurs politiques qui le récusent depuis fort longtemps, mais il fait aussi l’objet d’accusations gravissimes pour un membre du gouvernement.

Et je l’avais personnellement et publiquement interpellé sur ces accusations formulées par le sieur Abdoul MBAYE, ancien Premier ministre du Président Macky SALL. En effet, contre signataire des deux décrets attribuant des permis de recherches et d’exploitation d’hydrocarbures liquides et gazeux à Petro-Tim Ltd, l’ancien Premier ministre a déclaré à plusieurs reprises et ne cesse de le faire chaque fois que l’occasion lui en est donnée, que les dits décrets avaient été signés sur la base des rapports de présentation de Aly Ngouille NDIAYE qui comportaient de fausses informations dans le but manifeste et le dessein malsain et plus qu’évident de surprendre la vigilance du Chef de l’Etat, de le tromper et d’emporter son adhésion en abusant de sa confiance.

Si elle est avérée, une telle forfaiture est d’une exceptionnelle gravité ; et un faux d’une telle dimension à un niveau de responsabilité aussi élevé au cœur de l’Etat pose un véritable problème de crédibilité de nos gouvernants et de la fiabilité de nos institutions. Jusqu’à ce jour le ministre Aly Ngouille NDIAYE n’a guère daigné réagir encore moins se disculper. Il ne peut continuer à opposer à ce qui apparait comme une interpellation collective et citoyenne un silence qui frise le mépris ; il exerce ses fonctions et assume des responsabilités au nom et pour le compte du peuple souverain qui, à ce titre, a un droit de regard légitime sur les faits, gestes et paroles de toute personne investie de charges publiques.

La nouvelle Constitution qu’a fait voter le Président Macky SALL consacre les ressources naturelles comme un bien commun, une propriété collective indivise et inaliénable de l’ensemble des Sénégalais ; c’est ainsi que chaque membre de la communauté, quel que soit son niveau de responsabilité ou sa position sociale, a le droit et même le devoir impérieux d’interpeller le ministre sur cette affaire sulfureuse, rocambolesque et scandaleuse relative à Petre-Tim et à ces fameux rapports de présentation supposés comporter de fausses informations.

C’est une exigence républicaine et une obligation morale pour le ministre Aly Ngouille NDIAYE de prouver son innocence et sa probité. Il lui appartient de démontrer que ses mains ne sont pas salies par le cambouis de l’or noir et de montrer de la manière la plus convaincante et la plus claire possible qu’il n’est pas ce ministre vicieux, ce faussaire impavide qui, volontairement, consciemment, consciencieusement et à dessein, a osé soumettre à la signature du Président de la république des projets de décrets contenant des informations erronées et tronquées. Et aussi longtemps que le ministre Aly Ngouille NDIAYE s’obstinera à se taire, il instillera le doute dans les esprits et sera toujours suspecté d’être l’auteur d’une grave forfaiture au détriment des intérêts supérieurs de la nation et au grand préjudice du peuple. Il doit comprendre que son silence assourdissant, pour reprendre le célèbre oxymore du Président DIOUF, ne peut et ne fait que le desservir.

Comme tout le monde, nous avons appris le limogeage, si l’on peut le dire ainsi, du Commissaire divisionnaire de police de classe exceptionnelle à la retraite, Ibrahima DIALLO, ancien directeur de la DAF. A ce sujet, il faut dire que le ministre de l’Intérieur Aly Ngouille NDIAYE qui, sur tous les plans et tous les angles envisagés, n’est pas mieux loti que le commissaire Diallo, aurait dû quitter son poste. Le commissaire a été l’agneau du sacrifice pour permettre aux politiciens de se retrouver. Le sort du commissaire DIALLO n’a pas surpris les esprits avisés qui savaient que juste après l’élection présidentielle il serait remercié sans ménagement.

Par cet acte, le Président Macky SALL dont l’appel au dialogue ne semble pas convaincre, veut donner des gages de sincérité et de crédibilité aux opposants réticents et dubitatifs ainsi qu’à ses contempteurs les plus rétifs ; il cherche à les amadouer en leur offrant en pâture un flic de gros calibre. En pensant à l’ancien commissaire central de Dakar, brillant cadre, qui lui aussi a été sacrifié à l’autel des intérêts politiques, j’en arrive à penser que les commissaires de police seraient des victimes expiatoires très commodes. Et je tiens à faire comprendre à mes collègues commissaires de police qu’ils appartiennent à l’élite du pays et constituent la crème pensante d’une noble institution qu’est la police nationale et, qu’à ce titre, ils ont une fonction de représentation à la fois individuelle et collective.

Ils doivent se faire respecter et ne pas accepter d’être manipulés, instrumentalisés ou piétinés par de minables politiciens lascars qui n’ont aucun mérite et qui, socialement ne sont d’aucune utilité. Point besoin de zèle dans leurs nobles missions qu’ils doivent accomplir avec lucidité et discernement dans le strict respect des valeurs de la République et des droits humains intangibles. Il n’est nullement question d’une quelconque incitation à l’indiscipline ni d’un encouragement à la désobéissance ; il s’agit tout juste d’un appel et d’un rappel à la prudence, à la vigilance et à l’exécution réfléchie et intelligente des ordres. Le policier, tous grades confondus, doit veiller à l’application et à l’observation rigoureuses des principes et valeurs de la République, être d’une loyauté inoxydable et incorruptible vis-à-vis de L’Etat ; seulement il doit éviter, dans la mesure évidemment du possible, de servir un régime de manière aveugle. L’ingratitude mixée à la lâcheté constitue l’ADN des politiciens, les policiers radiés en savent quelque chose..

Pour supprimer le poste de Premier ministre le Président Macky SALL n’a pas eu besoin de concertation ni de consultation. Il n’a daigné s’en ouvrir à qui que ce soit ; il a totalement et superbement ignoré l’opposition. Pas un seul instant il n’a jugé nécessaire d’initier un dialogue, alors qu’il ne cessait au même moment de convier à un dialogue national ; un double jeu à la limite de la sournoiserie, de la duplicité et de la malhonnêteté intellectuelle. Il a caché aux Sénégalais sa nouvelle option politique alors qu’il avait, pendant la campagne électorale, toute la latitude de l’évoquer et de mettre les électeurs au fait de son projet.

La suppression de la primature est une décision murement réfléchie et longtemps en incubation dans l’esprit du Président Macky SALL ; il a choisi d’agir isolément, en toute discrétion, en catimini et dans une confidentialité irritante qui frise la cachotterie. Ne dit-on pas que le couard, le faible et le lâche ont en commun de toujours agir par surprise ; très loin de moi l’intention malveillante et irrespectueuse d’établir quelque comparaison avec notre Président qui, en tant qu’institution mérite égards et considération ; par contre, il y a lieu de reconnaitre que le comportement de l’individu et son attitude manquent d’élégance, de classe, de finesse, de prestance, d’honnêteté et surtout, et par-dessus tout, de courage.

De la manière qu’il a procédé avec la suppression de la primature, il lui est très facile et loisible, de la même manière de prendre des mesures concrètes et immédiates pour prouver la sincérité de son appel, sa réelle volonté de renforcer notre démocratie et sa détermination à entreprendre les ruptures nécessaires dans la gestion des affaires publiques, notamment une plus grande transparence et davantage d’équité dans la répartition et la distribution des ressources nationales. Il a été élu avec un taux de 58% et dispose au niveau de l’Assemblée nationale d’une majorité mécanique très confortable, corruptible, soumise et à son entière et totale dévotion. Aucun obstacle ne peut se dresser ni s’opposer à sa volonté. Aussi me permettrais-je de lui proposer de prendre les actes suivants :

-démissionner du Conseil supérieur de la magistrature,
-déclassifier le rapport de l’IGE sur l’affaire Petro-Tim,
-ouvrir une enquête sur les rapports de présentation d’Aly Ngouille NDIAYE relatifs à l’octroi de permis de recherches et d’exploitation d’hydrocarbures,
-saisir le Procureur pour l’ouverture d’une enquête sur Cheikh Oumar HANNE’
-saisir le Procureur pour donner suite à la plainte sur les 94milliards,
-saisir le Procureur pour enquête sur l’affaire des 34 milliards de la PRODAC.

Toutes ces actions peuvent être enclenchées dans les plus brefs délais. C’est une question de volonté politique.
Par rapport au dialogue national, il appartient au Président Macky SALL de donner des gages de sa bonne foi ; comme on le dit « chat échaudé craint l’eau froide ». Il a eu à organiser un dialogue national qui n’en était un que de nom et qui, sans grande surprise, s’est terminé en eau de boudin. Il y a manifestement une rupture de confiance entre le Président et son opposition. Il lui faut poser des actes pour rétablir cette confiance et permettre des retrouvailles autour d’une table pour des échanges francs et fructueux pour une véritable pacification de l’espace politique et une clarification du jeu démocratique de notre pays. Ainsi pourrait-il et devrait-il prendre les mesures suivantes :

-Accord pour qu’une commission cellulaire dirige le dialogue politique,
-Engagement solennel à entériner intégralement les conclusions de la Commission cellulaire,
-Procédure d’urgence pour le vote d’une loi d’amnistie pour les faits concernant Khalifa SALL et Karim WADE,
-Déclaration solennelle pour confirmer qu’il en est à son second et dernier mandat.
Le Président Macky SALL est un spécialiste des prises de décisions par procuration ; il est tout à fait clair qu’il entend judicieusement utiliser et mettre à profit la tenue du dialogue national pour, ultérieurement expliquer et justifier des mesures et des décisions dont il n’ose pas assumer seul la responsabilité.

Contrairement à ce que laisse transparaitre son « niangal », le Président Macky SALL n’a ni la carrure, ni l’autorité encore moins le caractère trempé nécessaires pour s’assumer de manière frontale.
Je ne saurais terminer sans faire allusion à la réponse désobligeante et brutale du Président Macky SALL adressée aux syndicats venus présenter leurs éternels et sempiternels cahiers de doléances à l’occasion de la fête du 1er Mai. Au cours de la cérémonie qui s ‘est déroulée au palais, le Président Macky SALL, a révélé une facette de son véritable trait de caractère, un autoritarisme exacerbé et impulsif ; et faire montre d’autoritarisme ne veut point signifier avoir de l’autorité, cette qualité morale, le plus souvent innée, qui manque terriblement et dramatiquement à notre Président.

Par rapport à l’amélioration des conditions de vie des travailleurs, il a sèchement déclaré qu’il n’est pas question d’augmenter les salaires. Cela voudrait tout simplement dire que les revendications des fonctionnaires, notamment les enseignants ne seront pas satisfaites ; une façon on ne plus claire de faire comprendre à ces derniers que l’Etat n’est ni dans la logique ni dans les dispositions de concrétiser les accords réalistes et réalisables signés auparavant. C’est une gifle retentissante qui a été infligée aux travailleurs qui se doivent de prendre acte de cet affront, de ce défi à relever sous peine d’être écrasés à jamais. Le ton péremptoire utilisé par le Président Macky SALL peut être interprété, d’une certaine manière, comme la volonté de donner un gage de fermeté aux bailleurs de fonds qui le tiennent fermement au collet. La riposte doit être à la mesure de l’affront.

Le Président Macky SALL, certainement grisé par sa récente victoire, surement encouragé par une opposition qui se cherche et réellement persuadé que le fatalisme des Sénégalais les maintiendra confinés pour toujours dans une résignation apathique, se comporte en despote et semble vouloir exercer un pouvoir solitaire avec une arrogance outrancière et provocante. Il appartient à nous Sénégalais de nous mobiliser massivement pour éviter que notre pays ne sombre dans des dérives regrettables. Le Président Macky SALL ne doit pas prendre le calme, la patience et la sagesse des populations pour de la couardise. Tous les patriotes doivent se lever et s’engager dans le cadre d’un mouvement populaire de résistance citoyenne qui pourrait être animé, à titre principal, par la diaspora, la jeunesse dans toutes ses composantes, la société civile non inféodée et les seniors imbus de dignité, d’un sens de l’honneur et soucieux d’un avenir radieux pour la postérité. La presse patriotique pourrait jouer son rôle d’éveil des consciences, de vigie et d’alerte.

A tout prendre, l’appel au dialogue du Président Macky SALL n’est qu’un stratagème, un leurre pour se donner les moyens politiques et des arguties juridiques de circonstances afin de solliciter un troisième mandat ; une éventualité qui ne sera acceptée par les Sénégalais qui en ont suffisamment assez d’être considérés comme des personnes immatures, irresponsables, incapables, taillables et corvéables à merci. C’est maintenant qu’il faut s’organiser dans le cadre d’une campagne nationale et internationale de mobilisation.

Les uns et les autres doivent travailler et lutter dans le sens d’une synergie d’actions collectives pour faire faire face à l’exercice dynastique et dictatorial du pouvoir. Il est bien évident que la lutte s’inscrira toujours dans un cadre légal. C’est l’occasion de rappeler aux Forces de défense et de sécurité qu’elles ont l’obligation d’assumer, quand les circonstances l’exigeront, leur devoir et responsabilités de garants de la stabilité et de la cohésion nationales. En toutes circonstances, ils doivent être du coté, celui du peuple. Qu’ils sachent que le peuple saura manifester et résister pacifiquement, dans le strict respect des lois et règlements, tout en se référant aux valeurs miliaires d’honneur, de dignité, d’abnégation, de courage, de détermination et d’esprit de sacrifice.

Le posuvoir au peuple, les servitudes aux gouvernants.

Dakar le 14 Mai 2019

Boubacar SADIO

Commissaire divisionnaire de police de classe Exceptionnelle à la retraite.

Vous avez dit laïcité ? (Le Témoin)

Le nouveau ministre de l’Education nationale, le par ailleurs très affable Mamadou Talla, se serait sans doute bien passé de ce faux pas qui marque son entrée dans ce département ministériel. Lequel est l’équivalent de ce que son lointain alter ego en France, M. Claude Allègre, avait qualifié de « mammouth » du fait de ses gros bataillons d’enseignants.

En tranchant précipitamment, c’est-à-dire sans avoir pris suffisamment de temps de réflexion, et en cédant sous l’émotion ainsi que la pression médiatique exercée par un groupuscule d’activistes musulmans, M. Mamadou Talla est assurément passé à côté de la plaque.

Dans la polémique — et l’émotion ! — suscitées par l’institution sainte Jeanne d’Arc de Dakar (une vraie institution, assurément, dans notre système éducatif puisque totalisant 200 ans de présence dans ce secteur avec d’excellents résultats et des générations entières de Sénégalais formés), le successeur de M. Serigne Mbaye Thiam, par une sortie maladroite et impertinente, a à l’évidence, versé de l’huile sainte sur le feu et risque de rallumer une guerre entre le Croissant et la Croix !

Et non pas, heureusement, entre le sabre et le goupillon… L’affaire est pourtant simple : un établissement scolaire catholique qui décide, pour harmoniser les comportements au niveau de ses élèves, d’interdire un signe religieux ostentatoire lui-même emblématique d’attitudes pour le moins communautaristes, à tout le moins de repli.

Ce conformément au règlement intérieur de l’établissement qui, rappelons-le, est confessionnel. Il se trouve que des parents d’élèves prosélytes ont sauté sur cette note de service informant d’une décision tout ce qu’il y a d’ordinaire pour crier à la discrimination et à l’atteinte de la foi de leurs enfants ! Rien de moins…

Naturellement, devant cette entreprise de désinformation, des secteurs de l’opinion se sont émus et ont presque sommé les autorités, en particulier le ministre de l’Education nationale, d’intervenir en remontant les bretelles aux responsables de l’école concernée.

Des responsables au premier rang desquels une directrice musulmane, mais ce détail, nos preux chevaliers de la foi ont oublié de le mentionner ! Mis en demeure de se prononcer, le ministre de l’Education nationale l’a donc fait en sortant les grands mots et en menaçant en filigrane l’institution sainte Jeanne d’Arc de subir les foudres de la loi.

Selon le brave ministre, « aucun établissement public ou privé ne peut déroger au principe de la laïcité de l’éducation au Sénégal ». Sans doute, sauf qu’il existe bel et bien dans ce pays des écoles privées confessionnelles musulmanes et catholiques — et même une « petite école protestante » — qui ont leurs spécificités, notamment cultuelles, que la loi protège.

Au nom de quoi, des établissements musulmans comme Al Ahzar, l’école Sayda Mariama Niasse et les innombrables autres écoles « arabes » imposent à leurs élèves des accoutrements religieux que la République laïque n’oserait pas leur demander de ne plus porter.

Le gamin catholique qui s’aviserait d’aller dans ces établissements avec sa petite croix — ou sa culotte courte —, ou il la laisse à l’école ou il reçoit un coup de pied dans le cul ! A ces écoles, pourtant, qui foulent au pied les principes de la laïcité — du moins, au sens où le ministre l’entend —, on n’a jamais entendu un ministre de l’Education faire un rappel à l’ordre.

Alors, pourquoi donc des écoles catholiques, et qui l’affichent sur leur fronton, n’auraient-elles pas le droit d’exiger des élèves qui les fréquentent des comportements en adéquation avec les valeurs du Christ ?

Avec la vie en société tout court, d’ailleurs. Surtout que, aux élèves musulmans qui fréquentent ces excellentes écoles catholiques, il n’est même pas demandé de faire la catéchèse !

Ce n’est pas comme dans certaines de nos écoles publiques où les cours d’arabe — synonymes d’enseignement religieux dans la tête des oustaz — sont obligatoires pour tous, catholiques comme musulmans, voire animistes.

En réalité les choses ne sont pas compliquées et le système éducatif national est à ce point organisé que les parents ont la liberté de choix pour scolariser leur progéniture selon leurs moyens ou leurs convictions.

Il y a l’école publique, laïque et en principe obligatoire même si, dans certaines parties du territoire national, ces écoles n’ont plus droit de cité du fait des féodalités locales. A côté de ce secteur public, il existe un enseignement privé lui-même subdivisé en privé laïc et en privé confessionnel.

Les parents d’élèves musulmans qui ne voudraient pas que leurs enfants subissent le « diktat » des écoles catholiques ont donc le loisir de les retirer pour les placer soit dans le public, soit dans le privé laïc ou encore dans le privé musulman !

On ne peut donc pas raisonnablement faire fi et dédaigner ces différents ordres d’enseignement, emmener ses rejetons à l’école « des sœurs » ou des « mon père » et exiger ensuite qu’on leur y crée des conditions pour exercer leur foi !

Que l’on sache, les écoles privées catholiques ne sont pas des « médersas », or c’est ce que nos parents musulmans activistes de l’institution sainte Jeanne d’Arc voudraient qu’elles soient… Ils se trompent d’écoles, assurément.

On peut se demander, en passant, ce qui pousse autant de parents d’élèves musulmans à se bousculer dans le privé catholique pour y placer leurs enfants plutôt que de les emmener dans le privé musulman.

La qualité de l’enseignement mais aussi la discipline stricte dans le privé catholique, pardi… Une discipline qui passe par le respect rigoureux des règlements intérieurs de ces établissements.

S’il y a des gamins qui ne peuvent pas se plier à ces règlements intérieurs, libre à eux d’aller voir ailleurs où les comportements prosélytes sont permis, voire encouragés ! Et où les filles pourraient même porter la burqa si tel est le souhait de leurs parents.

Laïcité, mais quelle laïcité ?

M. Mamadou Talla a parlé dans son communiqué du principe de la laïcité dans notre pays. La laïcité, parlons-en, justement. Peut-on soutenir en regardant nos compatriotes dans le blanc des yeux que le Sénégal est encore un pays laïc ?

Ce principe de laïcité consacre en effet la séparation de l’Eglise — donc de la religion au sens général — et de l’Etat. Il dispose notamment que (article 1er de la loi française du 03 juillet 1905) que « la République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes. » Article 2 : « La République ne reconnaît, ne garantit ni ne subventionne aucun culte ».

Dans un pays où depuis l’avènement du président Macky Sall, l’Etat est devenu le premier constructeur de mosquées — mais aussi d’églises puisque le président vient de débloquer 1,5 milliard pour réfectionner des paroisses ! — et où l’argent public est utilisé outrageusement pour moderniser des cités dites religieuses, où des « daaras » privés sont allègrement subventionnés, cette notion de laïcité a-t-elle encore un sens ?

Peut-on parler de laïcité, encore, depuis que le populiste Iba Der Thiam a introduit des mosquées dans nos universités et que des étudiants islamistes ont chassé les « couloirdeuses » de nos cités universitaires ?

Pour dire que c’est à tort que le ministre de l’Education nationale, Mamadou Talla, excipe du principe de la laïcité pour demander à l’institution sainte Jeanne d’Arc de renoncer à sa décision concernant le port du foulard. Parce que tout simplement la laïcité ne veut plus rien dire dans ce pays !

Alors, autant laisser les écoles confessionnelles administrer leurs écoles dans le respect de leurs principes moraux. Autrement dit, on aurait tort de reprocher aux catholiques de cultiver leur spécificité et d’appliquer les valeurs de Christ dans leurs écoles.

Surtout que, pendant ce temps, les écoles privées islamiques font à peu près tout ce qu’elles veulent. C’est-à-dire souvent n’importe quoi. Pour en revenir aux établissements catholiques, si d’aventure des élèves musulmans les fréquentent, leurs parents devraient avoir la décence de ne pas prétendre dicter aux responsables de l’enseignement privé catholique comment organiser les enseignements dans leurs écoles.

Et, surtout, comment y faire régner la discipline. Tout cela n’a rien à voir avec la laïcité qu’à tort le nouveau ministre de l’Education nationale — devrait-on dire de l’Education islamique ? — convoque dans ce débat.

Il s’agit tout simplement de laisser les communautés éducatives être, comme les charbonniers, maîtresses chez elles. Le tout dans le respect du caractère républicain et social de l’Etat, la laïcité n’étant plus de mise on l’a vu. Est-ce trop demander ?

Le Sénégal, Un pays sans Bibliothèque Nationale ! (Par Modou Mamoune FAYE)

Le pays de Léopold Sédar Senghor, de Birago Diop, d’Abdoulaye Sadji, de Cheikh Anta Diop, d’Ousmane Sembène, de Cheikh Hamidou Kane, d’Aminata Sow Fall, de Mariama Bâ et de tant d’autres illustres écrivains dont les livres sont devenus des classiques de la littérature africaine, n’a toujours pas un endroit où ses archives, ses livres, ses manuscrits historiques, ses journaux, ses revues, ses films et documents audiovisuels pourraient être conservés dans d’excellentes conditions.

Actuellement, les Archives nationales jouent ce rôle, mais cet espace logé au rez-de-chaussée du Building administratif est devenu trop exigu. En dépit de cela, tout un pan de notre histoire et celle d’une partie de l’Afrique coloniale y est conservé dans des conditions parfois précaires.

Dans un reportage de notre confrère Jean Pires (Soleil du 8 juin 2012), Fatoumata Cissé Diarra, directrice des Archives du Sénégal, tirait la sonnette d’alarme en décrivant cette « cave aérée où sont stockés des milliers de documents jaunis par le temps et le climat ».

Parmi ces archives, certaines ont traversé deux à trois siècles. « Le record de longévité est détenu par le récit d’un explorateur daté de 1672 », révélait-elle.

Les locaux, aménagés en 1954 pour une capacité initiale de 8 kilomètres linéaires, avoisinent actuellement les 18 kilomètres linéaires, avertissait Mme Diarra dans le même reportage.

Sept ans plus tard, la situation demeure presque la même. Et si rien n’est fait, ces archives qui représentent une bonne partie de notre patrimoine risquent d’être anéanties à jamais. L’urgence de la construction d’une bibliothèque nationale répondant aux standards modernes s’impose plus que jamais.

Pourtant, le projet existe bel et bien, mais dort dans les tiroirs du ministère de la Culture. Il y a quelques décennies, un terrain lui avait même été alloué à côté de l’Enam, pas très loin du centre culturel Blaise Senghor, en plein cœur de Dakar.

De Léopold Sédar Senghor à Macky Sall, en passant par Abdou Diouf et Abdoulaye Wade, aucun président n’est encore parvenu à matérialiser le projet.

Dès 1976, l’État avait décidé de construire une bibliothèque nationale, mais des « difficultés conjoncturelles » freinèrent ses ardeurs.

UQuelques décennies plus tard, la loi 2002-17 du 15 avril 2002 portant création de la Bibliothèque nationale du Sénégal a été publiée dans le Journal officiel.

Cette loi, promulguée par le président Wade et préalablement adoptée par l’Assemblée nationale le mercredi 3 avril 2002, stipulait clairement dans son exposé des motifs que la Bibliothèque nationale bénéficiera d’une personnalité juridique et d’une autonomie financière qui lui permettront d’exploiter ses collections et services pour accroître ses recettes propres.

C’était il y a 17 ans ! Depuis cette date, rien ou presque n’a été fait pour que le projet sorte enfin de terre. La bibliothèque nationale n’est-elle plus une priorité pour nos autorités ?

On est tenté de répondre par l’affirmative, même si des initiatives en sa faveur n’ont pas manqué, notamment ce grand projet des « 7 merveilles » que l’ex-président Abdoulaye Wade voulait concrétiser et dans lequel figurait en bonne place la maquette d’une Bibliothèque nationale parmi celles du Grand théâtre, du Musée des civilisations noires (déjà réalisés), de l’Ecole d’architecture, du Musée des arts contemporains, de la Maison de la musique et de l’Ecole des arts. Ce parc culturel de Dakar d’une superficie de 10 hectares était prévu entre la Gare de Dakar, le boulevard de l’Arsenal et l’avenue Lamine Guèye.

Avec le changement de régime intervenu en 2012 et l’arrivée de Macky Sall au pouvoir, les nouvelles autorités avaient promis de réactiver le projet de bibliothèque nationale.

Et le 14 décembre 2013, Ibrahima Lô, directeur du Livre et de la Lecture, annonça sa création prochaine, car, pour lui, « il n’est pas normal que le Sénégal, pays de tradition, de créativité et de production intellectuelle qui a vu naître de grands hommes de Lettres, n’en dispose pas ».

Les acteurs culturels s’étaient alors remis à rêver, croyant ferme que, cette fois-ci, le projet sortira enfin de terre. Ils allaient vite déchanter.

Quatre ans plus tard, le mardi 7 novembre 2017, lors de la Journée internationale de l’écrivain africain, le ministre de la Culture, Abdou Latif Coulibaly, apporta la bonne nouvelle : « Le président de la République a décidé de mettre en place une grande bibliothèque dont l’objectif est de ressusciter le goût à la lecture ».

Dans la foulée, il annonçait que les services culturels régionaux seront également dotés de bibliothèques, de salles de cinéma et de musées.

Face à toutes ces promesses non tenues, il y a de quoi se poser des questions sur le projet de bibliothèque nationale dont la réalisation est toujours repoussée aux calendes grecques.

Peut-être que, dans la mouvance du « fast-track », le processus sera accéléré pour que le Sénégal puisse disposer d’une telle infrastructure à l’instar des autres pays du monde.

Il suffit juste de s’inspirer de ce qui se fait ailleurs, comme en France où la Grande bibliothèque nationale, inaugurée le 30 mars 1995 par le président Mitterrand, est riche de 15 millions de livres et de 250 000 manuscrits.

Plus près de nous, le Mali a, depuis des décennies, une bibliothèque nationale dont le fonds documentaire est estimé à 60 000 pièces, tandis que celle de la Côte d’Ivoire, inaugurée en 1974 par le président Félix Houphouët Boigny, est tout aussi fournie.

Une telle infrastructure permettrait sans doute au Sénégal de combler un vide et, en même temps, de favoriser une meilleure politique du livre et de la lecture dans un pays où l’habitude de bouquiner est en train de se perdre, surtout du côté des jeunes plus fascinés par la froideur des écrans tactiles que par la chaleur du papier imprimé. Est-ce leur faute ?

Sûrement pas car rares sont les villes, quartiers ou communes qui disposent d’une bibliothèque ou d’un centre culturel où l’on peut consulter des livres et autres supports éducatifs. On dit que la lecture est à notre cerveau ce que le sport est à notre corps.

Elle muscle nos neurones et améliore nos capacités cognitives. A l’ère du texto et des mots abrégés, bon nombre de pédagogues notent d’ailleurs chez les jeunes un vocabulaire pauvre et un manque d’esprit critique qui sont certainement la conséquence de la baisse du temps consacré à la lecture.

Par Modou Mamoune FAYE

Radioscopie d’une démocratie mise en joue ! (Amadou Lamine Sall)

Le plus grand ennemi de la démocratie serait-il la majorité parlementaire ? Sûrement pas ! Quand la légitimité populaire est le fondement de toute majorité, celle-ci est sauve ! L’expression de toute majorité passe par le vote et c’est le vote majoritaire qui s’impose et dicte sa loi. Cela peut faire mal. Cela peut choquer, mais c’est cela la marche de tout État moderne. C’est une redoutable  machine que le vote de la majorité. Elle est  forcément au service du prince. Elle le protège et le laisse conduire ses missions

Rien de plus normal ! Il est naturel que cela soit difficile pour ceux qui, dans l’enceinte de l’hémicycle, sont toujours déboutés et toujours battus par le vote de la majorité. C’est presque un anéantissement de tout effort de résistance. Les armes sont trop inégales ! Faut apprendre à s’y faire ! Cette mécanique de la victoire peut rendre des opposants fous. Elle peut renvoyer à l’image d’une démocratie déficitaire donnant tout à la majorité et ne cédant pas un pouce à l’opposition. Mais cette approche n’est pas juste. À la vérité, la notion de démocratie est complexe et cruelle. Elle n’est parfaite nulle part. Il faut bien qu’il y ait une majorité et une minorité.

Il faut certes des contre-pouvoirs pour rendre une démocratie crédible. Mais des contre-pouvoirs n’ont jamais empêché une majorité de s’imposer. Le suffrage universel donne à une majorité de gouverner. Trouver la juste mesure n’est pas aisée ! La démocratie ne saurait constituer un frein pour celui à qui le peuple, par son suffrage, a donné le pouvoir de gouverner ! Il reste que l’opposition doit jouir de tous ses droits pour s’opposer et le pouvoir de tous ses droits pour gouverner ! Parlons-en sans détour : l’opposition a contesté le résultat des élections présidentielles du 24 février 2019. C’est son droit. Elle a épuisé tous ses recours constitutionnels. Installée librement dans ses certitudes, elle a mené le combat de la résistance jusqu’au bout. Épuisée d’être déboutée, inconsolable, dégoûtée presque, elle a fini par abandonner.

Qui peut être juge autre que l’institution à qui la loi fondamentale a donné tous les pouvoirs de délibération ? Nous répondons qu’il existe bien un autre juge : la conscience de chaque Sénégalaise, chaque Sénégalais. Mais une conscience reste une conscience. Si celle-ci ne se transforme pas en action, et quelle action, que faire ? Nous n’avons pas la réponse. La rue, des émeutes massives, auraient pu être une réponse au pouvoir, mais pas forcément décisive. Et jusqu’où cette nature de la réponse aurait pu changer la donne ? Le peuple sénégalais a pris acte de la posture des uns et des autres. L’opposition s’est rebellée. La cour constitutionnelle a délibéré.

Le nouveau Président élu a prêté serment conformément à la loi. Il entame son quinquennat devant le peuple sénégalais qui a pris acte. Certains prient pour que Macky Sall réussisse. D’autres prient pour qu’il échoue. Voilà une autre forme de démocratie ! Avant Dieu, c’est au Président de se donner lui-même toutes les chances de remplir ses promesses faites au peuple sénégalais. Il suffit d’avoir assisté le samedi  4 mai 2019 à la séance plénière de l’Assemblée nationale sur le projet de loi soumis à l’Assemblée nationale pour la suppression du poste de PM, pour se faire une idée du niveau de notre démocratie. Nous avons tout vu, tout entendu en direct !

Débat difficile, échanges assassins, consensus impossible. Des murs et des murs partout. Le Président du Parlement malmené mais digne et puissamment protégé par sa culture d’État, mais mieux : c’est un homme de l’âge d’or des sciences humaines. Le connaissant, nous avons pensé qu’il devait psalmodier intérieurement, à mesure que le débat enflait, des formules de Socrate, Démosthène, Confucius,  pour contenir  son pouls.  La culture transforme le venin en jus ! Triste tout cela quand nous assistons à ces si pénibles diatribes entre ceux qui représentent le peuple. Mais nous refusons de croire que notre pays est à genoux face à ces séances désarmantes de notre vieux Parlement.

La démocratie non plus n’est pas à genoux, même si on lui fait porter des haillons. Ce qui est à genoux, c’est  notre culture de la mesure, du consensus. Ce qui nous manque et qui peut être plus important que la démocratie, c’est notre besoin de respect, de fraternité, d’élévation, de générosité, de hauteur. En un mot, il nous faut aller vers l’écoute entre le pouvoir et l’opposition. Quoique cela puisse coûter aux uns et aux autres, au président de la République, le premier. Il est notre premier interlocuteur. Son devoir et ses responsabilités ne sauraient être les mêmes que celles des autres.

Il doit taire en lui tout dépit, toute colère, toute adversité, même légitimes. Il ne s’appartient plus. Du moins telle est notre intime conviction ! À la vérité, si rien n’empêchait légalement le Président de saisir l’Assemblée nationale pour faire voter son projet de loi, il n’y a pas de quoi fouetter un rat.

Ceux qui, nombreux, pensent qu’il aurait pu en informer le peuple et solliciter l’avis de l’opposition, peuvent également admettre que rien ne l’y obligeait. Passer par un référendum ? Renseignement pris, rien ne l’y obligeait non plus ! Informer le peuple par un message à la nation ? L’option aurait été heureuse et élégante ! Elle participerait d’une bonne communication qui serait fort appréciée, d’autant qu’en informant son peuple il informe son opposition, en sachant qu’il ne peut rien attendre d’elle. Finalement. Macky Sall a choisi, finalement, de pleinement s’assumer ! Que chacun s’assume à son tour !  Bien sûr, les missions présidentielles ne doivent pas attendre. Les Sénégalais, non plus, ne peuvent plus attendre.

Chacun des actes du Président doit avoir désormais un impact mesurable sur la vie quotidienne de ses compatriotes. C’est ce qu’il souhaite, dit-on. Mais Il nous faut cependant rétablir une fraternité commune. Le Président doit s’y atteler sans rien sacrifier à l’urgence de ses missions. Nous savons tous qu’il est des villes dans le monde qui font plus de 16 millions d’habitants à elles seules. Nous sommes un pays avec un peu plus de 15 millions d’âmes.

Nous réussirons si nos nouvelles richesses énergétiques et leurs dividendes sont bien réparties pour un meilleur niveau de vie des Sénégalais. Aucun échec n’est envisageable. Il est impossible d’échouer. Le Sénégal est sur la bonne trajectoire. Il s’agit juste de bien distribuer. « servir et non se servir » dit Macky Sall lui-même ! Elles ne sont pas tombées du ciel nos nouvelles richesses! Elles étaient inscrites dans le temps de la marche de notre peuple. Le temps et non le hasard, a voulu que ce soit sous le président Macky SALL que le processus de découverte et d’exploitation a abouti !

Ces richesses lui survivront ! Il ne partira pas avec elles dans ses valises. Ces richesses sont exploitables au moment où il est programmé à ne plus danser qu’une seule valse, c’est à dire accomplir un seul et dernier mandat. Mais quelle valse Macky SALL va nous danser, quelle valse, mais alors quelle valse époustouflante d’ici 2024, pour dire qu’il n’aura que le travail comme compagnon durant cinq ans et cinq ans, c’est déjà demain ! voilà une autre ruse de l’histoire qui nous donne à faire face à ce spectacle de celui qui fait jaillir l’or et qui le laisse ensuite aux autres, son temps de pouvoir s’étant épuisé !

L’histoire aurait pu se présenter autrement. Les chemins du divin sont simplement impénétrables ! Aujourd’hui, est-il possible de recoudre les déchirures entre nos hommes politiques ? Le peuple sénégalais demande à ce qu’on le respecte. Il demande de sauvegarder l’image du Sénégal ! Nous devons retrouver nos bonnes brosses à dents, notre bonne trousse de toilette. Nos fêlures sont exposées au monde. La politique, telle qu’elle s’exprime en ce moment et se vit dans notre pays, nous fait beaucoup de mal ! Notre peine nous interpelle pour demander à nos hommes politiques de construire des ponts et non des murs entre Sénégalais. 

Les hommes de culture que nous tentons d’être avec humilité afin de poursuivre le rayonnement de notre grand petit pays, sont interpellés de par le monde sur l’état désastreux de notre scène politique. Celle-ci inquiète mais elle ne rompt pas encore la profonde sympathie que notre pays suscite au regard de sa vitalité démocratique qui a vu des alternances politiques se dérouler dans une Afrique plutôt sombre et violente. Il y a aussi ce têtu et admirable passé d’un Sénégal défendant et nourrissant un esprit puissant et somptueux, portant une pensée intellectuelle opératoire autour de grands concepts enfantés par Senghor et Cheikh Anta Diop.

Ne serait-ce pas enfin l’occasion pour que le Sénégal fasse le point sur le cheminement de la pensée de ses intellectuels et en même temps de son cheminement culturel et artistique depuis l’indépendance autour de la question de savoir où nous en sommes en 2019 sur le renouvellement de nos chocs et créativités esthétiques depuis 1960 ? Qu’avons nous créé de nouveau et de portée internationale dans la pensée, la littérature, la peinture, la sculpture, le cinéma, le théâtre, la danse, la musique , la photographie, le design ? Qui sont nos nouveaux critiques d’art dont nous avons tant besoin ? Nos nouveaux critiques littéraires ?

Le Sénégal a t-il reculé, fait-il du sur-place, innove t-il, influence t-il l’Afrique et le monde comme dans les fécondes années 70 où nous avons fait beaucoup d’enfants célébrés de par le monde ? La soucieuse politique du livre et de la lecture, la pénible et aride foire du livre, le désarroi des vaillants forçats de l’édition sénégalaise, les parts du diable dans la promotion des arts et des lettres, la soucieuse sauvegarde de notre prestigieuse Biennale de l’art africain contemporain de Dakar, insuffler une nouvelle dynamique à nos centres culturels régionaux si pauvres.

Autant d’interrogations citoyennes sur des plateformes majeures qui, réformées, porteront un Sénégal nouveau qui fera la différence sur les scènes africaines ? Notons aussi combien la création d’emplois dans le secteur de la culture est phénoménale ! Tiens, et si le ministère de l’Intérieur, innovait sous Macky Sall, en sponsorisant désormais les romans policiers des auteurs Sénégalais ? Saluons notre Musée des Civilisations Noires ! Il se révèle de jour en jour comme un formidable espace de rencontre et d’échange de la vie de la pensée et de la créativité !

Si nous décolonisons en nous le concept de musée, nous aurons fait de ce bijou une nouvelle découverte esthétique et de mise en relief époustouflante de nos arts ! Rendons ici hommage à tous ses magnifiques fonctionnaires, serviteurs et acteurs culturels de notre pays qui continuent de tant donner ! Par ailleurs, il importerait de revoir de près les cahiers des charges de nos médias publics et privés. Quelle place font-ils aux arts et à la culture au sens large, à l’école ? C’est  tout cela à la fois qui fait l’ensemble de la dynamique de notre démocratie créative qui ne se résume pas aux seules frasques des hommes politiques !

Le renouveau et les accélérateurs appelés par le Président Macky Sall interpellent tous les espaces de vie et de représentation de notre pays. Quand un président de la République crédité d’une belle jeunesse décide de se passer d’un Premier ministre, pour, dit-il, prendre directement les choses en main et aller directement au charbon, où peut se cacher le mal ? Cela ne peut en aucun cas ressembler à un suicide ! C’est même courageux et risqué pour un chef de marcher seul vers les barrières, pour le dire de cette manière. Il s’y ajoute que le Sénégal a déjà vécu ce schéma avec les prédécesseurs de Macky Sall !

Par contre, en proposant une réforme qui fait que le pouvoir exécutif et législatif se neutralise, pour
faire court, peut prêter à polémique et hérisser opposants politiques et citoyens libres. Mais dès lors que l’Assemblé nationale elle-même visée, approuve cette nouvelle donne et la valide par sa majorité, que faire, que dire, quoi penser de cette sauce qui semble lui plaire ? En quoi me demande l’Ambassadeur de Tombouctou cette réforme constitutionnelle impacterait-elle négativement sur la vie quotidienne des Sénégalais ? Je n’avais pas de réponse cohérente car la question me paraissait déjà incohérente par rapport au vrai débat suscité sur la menace de la démocratie !
Partout dans ce pays, nous avons besoin de renouveau, de prospection, d’audace, de créativité, de travail, de suivi, d’évaluation. Ces outils sont indispensables pour porter le vrai développement d’un pays. Toutes les politiques publiques doivent être repensées, revisitées, restructurées, réévaluées avec surtout des obligations de résultats liées à des chronogrammes.

En écoutant les médias internationaux au lendemain de l’adoption par le Parlement Sénégalais de la loi supprimant le poste de Premier ministre et des images laissées au monde par nos représentants du peuple, nous avons appris que la démocratie cessait d’être la priorité dans nombre de pays de l’Afrique de l’ouest, dont le Sénégal. Ce serait plutôt l’économie, désormais, et la sécurité, qui prendraient le pas sur l’édification d’une démocratie et l’instauration de ses contre-pouvoirs. La communauté internationale laisserait même faire, qu’importe si des régimes de plus en plus autoritaires pointaient le nez.

Il s’agit bien d ‘une nouvelle ère avec la bénédiction et le silence des pays du Nord : renforcer les pouvoirs économiques et sécuritaires et non des contre-pouvoirs qui installeraient le désordre et l’instabilité. Les médias dominants du Nord de conclure : Le Rwanda et son Président Paul Kagamé seraient les inspirateurs de ce nouveau modèle politique , économique et sécuritaire. A chacun d’en rire ou d’en pleurer ! Nous aimons le Rwanda. Nous saluons le long et courageux travail de réconciliation nationale réussi par Kagamé et cette mémoire souffrante recousue. Mais le Sénégal n’est pas le Rwanda et ne le sera pas !

Ce n’est pas la même histoire. Ni politique, ni culturelle, ni identitaire. Bien sûr, la tragédie d’une occupation coloniale infecte a installé le Rwandais dans ce terrifiant drame national. Quand à savoir comment garder notre capitale Dakar, propre, car la question est associée à la belle réussite rwandaise dans ce domaine, la réponse est simple : « en
restant tous à la maison, car nous ne salirons alors rien » ! Dit-on, vrai ou faux, méchant ou railleur, les Sénégalais ont une forte parenté avec les poubelles ! Le Président Sall a promis de ne pas remettre son épée dans son fourreau, tant que ce mal prospèrera !

Puisse le Sénégal rester lui-même, c’est à dire un grand petit pays qui, sur le chemin de son développement, sauvegarde l’image de sa démocratie qui a donné de belles alternances, de belles leçons au monde, l’image de son attachement aux droits de l’homme, aux droits de la presse, aux droits écologiques et environnementaux, à l’égalité des genres. Il nous faut éviter l’appauvrissement intellectuel de l’école.

Éviter l’appauvrissement du pouvoir politique par le manque de dialogue. Il nous faut redevenir ce que nous sommes. Les valeurs priment ! N’oublions pas non plus la parole des anciens : « La noblesse du cœur est supérieure à la noblesse du sang ». Hugo, un poète, écrit ceci de troublant : « la loi est devenue l’ennemi du progrès ». Citoyen du monde, ne lui répondons pas « qu’ il ne ment pas, mais que c’est la vérité qui se trompe » ! Ce pays est si beau ! Si bruyant, si habile, si inattendu, mais si beau ! Que personne ne nous fasse croire le contraire !
Amadou Lamine Sall
Poète
Lauréat des Grands Prix de l’Académie française

Afin de stopper cet ouragan de menaces (Par Cheikhouna MBACKE Awa Kébé)


Il est regrettable qu’il faille très souvent se faire entendre pour que sesproblèmes soient pris au sérieux.

Les difficultés dans lesquelles sombrent lesétudiants sénégalais en Égypte ne datent pas d’aujourd’hui. Elles remontentà des années. Ils les revendiquent depuis 2015.

Devenu énervant, le discours consolateur et moralisateur de l’ambassadeur du Sénégal au Caire, restetoujours le même. Aucune promesse n’a été tenue. Pas la moindre lueur d’espoir à l’horizon. Aujourd’hui, la menace devient de plus en plussérieuse.

Si, sans gêne, l’ambassadeur ose proférer certaines paroles àl’endroit des étudiants et jette l’opprobre sur l’enseignement arabo-islamiqueen le taxant d’obscurantisme et même d’archaïsme, alors la mise àl’exécution de notre plan d’action ne doit plus tarder.

À l’entendre parler,nous avons l’impression que nous sommes en train de perdre notre temps etque sa négligence vis-à-vis de nos revendications vise à tarir notre existence.Loin d’être encourageante, sa position est démotivante.

En effet, nous n’avons jamais manqué du respect à qui que ce soit. Nousn’avons jamais menacé l’ambassadeur.

D’ailleurs, c’est lui-même qui avaitdemandé à nous rencontrer, le jour où son irritation avait été aiguisée par lesinterventions des étudiants. Donc nous ne sommes pas en train de l’affronterou d’affronter qui que ce soit.

Nous n’avons aucunement de compte à luirégler. Il faut que cela soit clair et compris par tous. Nous avons des droitsen tant qu’étudiants et avons le courage de les demander.

Et nous croyonssincèrement que toute l’ambassade du Sénégal au Caire devrait être heureused’aider ses concitoyens afin qu’ils puissent suivre normalement leurs études.

L’État égyptien ainsi que l’Université d’Al-Azhar font tout ce qui est en leurpouvoir pour nous mettre dans de bonnes conditions.

Mais l’ambassade duSénégal au Caire ? Hélas ! Face à son impuissance (pour ne pas dire sonrefus) de régler nos problèmes, il est de notre droit, le plus absolu,d’interpeller les autorités supérieures compétentes. Notre impatience étantépuisée, nous allons exploiter tous les moyens dont nous disposons.

Car, àbien regarder, il est clair que les différentes doléances nous poussant à saisirla Presse, et menaçant nos conditions de vie en tant qu’arabophones, neseront jamais résolues si nous demeurons dans le mutisme.

Par ailleurs, l’occasion ultime qui s’offre à nous, afin de sortir del’ornière, c’est de converger nos force. C’est pourquoi, j’appelle tous lesétudiants à la cohésion et à la solidarité.

Ce combat auquel nous nous livronsnécessite beaucoup d’intelligence et de et de fraternité. Cimenter nos rangset rester organisés, comme nous l’avons toujours fait, sont les vocabulairesque doit contenir notre dictionnaire.

L’enseignement arabo-islamique qui esten danger avait toujours subi les dénigrements de l’attaque. Seulement laforme change ! Il avait toujours fait l’objet de négligence et de mise auplacard.

Il n’a jamais plu et il ne plaira jamais à certaines personnes. Ce sontnous, alors, qui, conscients de tout cela, qui avons la suprême obligation denous battre pour sa protection et sa préservation. «

L’union fait la force » dit le proverbe. Ce proverbe si très intéressantdoit constituer notre point d’appui, notre principe de levier.

La « Ligue desétudiants sénégalais en Égypte » a dû faire face à des personnes et desmenaces visant à l’affaiblir, à la rabaisser ou encore à la dissoudre. Nous neserons jamais dans le havre du bonheur si nous reculons et/ou nous nouslaissons abattre par la situation.

Encore, est-il de notre responsabilité de nousmobiliser et soutenir, jusqu’au bout, la Ligue qui se bat jour et nuit, sansrelâche, pour l’évolution positive de nos situations. Nous n’avons pas lechoix. Nous n’avons absolument pas le choix.

Le problème de l’étudiant leplus petit doit être la préoccupation de chacune et chacun de nous. Le soucide l’étudiant le plus faible doit être le souci de chacune et chacun de nous

Cheikhouna Mbacké Awa Kébé étudiant à l’université d’Al Azhar du Caire

Journée de la presse : Une fête macabre… (Par Adama Gaye).

3 Mai, Demain, la presse fête sa journée, mais, autour d’elle, montent les sons funéraires…

Sans l’interpellation d’un jeune journaliste, me suppliant de ne pas insulter Macky Sall et son pouvoir, je me serai gardé de verser quelque contribution à cette journée de demain 3 Mai, que, inspirée par le renouveau de la liberté d’expression à la fin des années 1980, l’UNESCO a décidé de désigner, depuis 1991, celle de la presse.

Je me suis demandé: comment peut-on être debout sur un bateau qui coule et trouver à redire à ce qui a toujours été, et reste, le carburant pour le maintenir à flots, au milieu de son abandon massif par ses passagers, ses publics, et de sa disruption mortelle par des technologies nouvelles l’ayant deja rendu obsolète.

Le métier des médias classiques, bien plus vaste que celui d’une presse se rapportant à l’écrit et à l’imprimerie, est en instance de déphasage accélérée: les journaux ne s’achètent plus, les radios et télévisions perdent leurs audiences, les agences de presse sont dépassées par la production, instantanée, des netizens, les citoyens du net, témoins et acteurs de leur temps, vrais journalistes de ce mutant monde.

Or donc, ce qui a longtemps fait vivre les médias, c’était l’impertinence et la profondeur des investigations de leurs animateurs, en particulier du fait de leur courage à être les témoins, historiens, non-biaisés, de leur temps. De l’histoire immédiate, actuelle. En se faisant les porte-voix des sans voix. En allant fouiller dans les lieux les plus cachés les secrets et méfaits de ceux qui s’imaginent être les puissants.

Autant dire qu’une profession qui choisit d’être civilisée au point de devenir la brosse à reluire, l’amplificateur, le promoteur voire le défenseur de ces forces, notamment politiques et d’argent, qu‘elle était censée brocarder, ne peut être que sur une pente raide, fatale, de sa propre destruction. Surtout que les fake-news, la concurrence des réseaux sociaux et le rejet d’une information devenue pompeuse, parce que filtrée pour plaire, sont autant de raisons de préparer sa notice nécrologique.

Quand le jeune journaliste a plaidé la cause de Macky et co, au nom de je-ne-sais-quelle clémence, j’ai failli verser des larmes de dépit. En me disant: c’est donc de ça dont il parle avec ses confrères? Que ce fut difficile de ne pas lui dire son fait en constatant ce qui était son baromètre pour juger de la pertinence des postures de quelqu’un qui n’a pas choisi de passer par des détours pour excercer son droit constitutionnellement reconnu de s’exprimer librement, selon ses termes, sans diffamer, son opinion sur les affaires de la cite et du peuple. À la limite, je peux comprendre que pour les yeux et oreilles chastes, il fait sens de réduire l’intensité, la virulence, de certains propos et écrits.

Encore que je me suis demandé c’est quoi ce type de journaliste faisant la médiation pour les escrocs, criminels de haut vol, les Macky et consorts, mais n’avait pas trouvé un seul mot pour tirer les bretelles à ses confrères lorsque, violant toutes les normes déontologiques, rien que pour plaire à leur corrupteur, ils s’en etaient pris à mon honorabilité et à ma vie, faussement attaquées, en des termes d’une gravité justiciable de lourdes peines pénales.

J’ai failli lui dire: honte à cette presse. Indigne presse. Presse de collusion. Presse de canniveaux. Corrompue et servile. Rien à voir avec la vraie presse qui, depuis ses pionniers, Johannes Gutenberg, Reginald Fassenden, Samuel Morse, la transistorisation, le Watergate, Albert Londres, et j’en passe, avait pu se hisser au statut de quatrième pouvoir, le premier en réalité tant il fait trembler les autres demembrements du pouvoir d’état.

Triste, en cette veille de “fête”, que les journalistes se transforment en pompiers là où leurs publics, pris dans un étau d’angoisses multiformes, ne demandent qu’à les voir assumer leur mission. C’est-à-dire, pour reprendre Bertold Brecht, “déchirer les voiles de l’inconscience et dire les choses par leur nom”.
Au lieu de ça, je me vois invité à mettre la pedale douce, à dire les choses plus gentiment. Ce n’est pas ce que j’ai appris ni vécu.

Exemples pour l’illustrer? Mon professeur de presse écrite, le brillant Mohamed Diop, premier docteur en communication du Sénégal, m’a enseigné à y aller droit. “Faites couler le sang, montrez les têtes coupées, ne vous gargarisez pas d’adjectifs, décrivez les choses et dites les telles qu’elles sont”. Celui de radio-television, Bernard Schoeffer, lui m’a dit, deux leçons dans ce sens. Un: quand vous posez une question, vous prenez votre épée et vous la plantez, pas besoin de mettre un coton dessus, donc pas de circonlocutions. Deux: alors que je faisais la description de la mine à ciel ouvert de la Somair à Arlit, au Niger, il m’arreta, après m’avoir entendu frimer avec un gros français notamment pour décrire les excavations, de retour d’un voyage d’études dans le Nord de ce pays.

Monsieur Gaye, m’interrompit-il, quand vous êtes avec une f……, parlez-vous de trou ou d’excavation ? Dites donc les choses sans détours. Enfin, un vieil ami américain, Tom Masland, ancien Éditeur Afrique, du grand magazine Newsweek m’a expliqué comment son journal en couvrant les tremblements de terre privilégie les images de femmes dont les tenues sont déchirées, révélant à côté des gouttes de sang, leurs seins. “Sexe et sang”, voilà ce que veut le lecteur, aimait à me dire Masland.

Or voici que dans ce Sénégal pris en otage, capturé, par un régime mafieux qui le dépouille au grand jour, tout ce qu’un journaliste trouve à dire est: baisse la pression. Traduisez : “ne dévoile plus les scandales qui rythment la vie de ces criminels”.

En un mot: fais un compromis historique. Rejoins la soupe. Vas à canossa !
Grave. Minable presse ! Surtout que mon conseiller serait le premier à s’écrier, si je suivais ses toxiques conseils de soumission: voilà ! Ça ne pouvait que finir comme ça. Il s’est rendu, comme nous nous y attendions…

Pas question cependant de me voir valider ce genre de calculs cachés derrière les bons sentiments. Je préfère, en clair, rester droit dans mes bottes, suivre ma voix intérieure et me conformer aux règles immuables de la décence, de l’honneur, de la vérité. Loin du Petainisme Tropical si prévalent ici !
J’ai honte de cette presse. Je suis totalement en désaccord avec cette souplesse d’échine qu’elle révèle pour se mettre, nolens-voens, au service d’un pernicieux et nationicide régime.
Mon interlocuteur me dit: ce serait bien que tu écrives pour dire que tes positions ne sont pas virulentes parce que tu cherches quelque chose.

Pouah ! Voilà le Sénégal actuel ou tant de gens ont vendu leur âme que ne pas le faire paraît suspect. Je lui dis, et en informe tous, une dernière fois, que si je voulais être à la soupe, j’en ai le pedigree et pouvais m’asseoir au banquet depuis.

Par mes origines, mes diplômes, mon parcours, mon expertise, my name recognition, rien, absolument rien, ne s’oppose à ce que je puisse n’avoir comme limite que le ciel -voir au delà!
Je n’ai pas choisi la voie de la facilité.
Ceux qui se sentent bien dans la porcherie y sont en bonne compagnie.

Mais, Macky Sall et co, ce regime ayant échoué, frappé d’illégitimité et d’incompétence, bande de pilleurs, doivent se le tenir pour dit: je suis sur leur route. Je ne suis pas du genre que l’argent, les privilèges ou les lambris impressionnent: j’ai deja fait et vu tout ça, depuis mathusalem; ce qui me meut dépasse ces fugaces et passagers trucs, cette quincaillerie !

Je suis un militant d’une nouvelle Afrique passant par un nouveau Sénégal, et dans ce combat il n’y aura pas de compromis historique, dynamique ni de compromission.

Je prie que demain, en ce jour ou plus que jamais, placée à l’article de la mort, de la disruption, la presse ne fasse pas la fête mais écoute les sons graves de son oraison funebre. Mon brillant professeur de sociologie de l’information, Francis Balle, de l’université Paris 2,réfléchissant avec d’autres théoriciens, les meilleurs dans ce domaine, comme les américains Lasswell et Lazarsfeld, aurait dit que le temps est venu pour les médias de redéfinir leur rôle dans la société. Pour freiner, si possible inverser, leur déclin inéluctable!

Ps: que plus personne ne me parle de tenir un discours doux en direction de ces criminels. Ils seront traités comme tels. Avec Macky Sall dina niokh gueniiom, et apprendra à ne plus insulter d’honnêtes citoyens. Wassalam ! Adama Gaye

Halte à la politisation des sociétés nationales !

Nous ne ménagerons aucun effort pour dénoncer les dérives du Président politicien. Macky Sall n’a jamais eu l’intention de mettre le Sénégal sur les bons rails. Pendant la campagne électorale, la dépolitisation des postes de Directeur de sociétés nationales avait suscité un vif intérêt chez les électeurs.

Le candidat Ousmane Sonko dans son programme sur le point 8 Administrer d’ordre et pour le compte du peuple, avait proposé:

• »Nous mettrons en place le mécanisme de l’appel à candidature permettant une présélection sur dossier par un comité ad hoc
spécialisé et sur des critères combinés
d’ancienneté, de compétence et de probité ;

• Nous consacrerons l’incompatibilité de l’exercice des responsabilités techniques de Directeurs, Directeurs généraux et secrétaires généraux de structures publiques et parapubliques avec toute implication dans la vie politique. »

Le candidat Idrissa Seck, sur la question des DG de sociétés nationales, avait proposé:

• « La nomination des Directeurs généraux de certaines agences et sociétés nationales par appel à Candidature.

• L’établissement d’un système d’incompatibilité pour empêcher l’implication partisane des hauts fonctionnaires dans la vie politique. »

Ces deux propositions des deux candidats pour la magistrature suprême avaient un consensus national. Pour lutter contre les mauvaises pratiques de gestion et avoir une administration d’ordre et efficace, il faudrait nécessairement choisir le meilleur profil pour occuper ces postes. Et pour cela, l’appel à candidature me paraît être la solution la plus adéquate. Concernant le président Macky Sall, il n’est pas nécessaire de faire un tour dans son programme de campagne «ligueyeul euleuk», nous allons commenter directement les premières mesures prises dans ce sens.

En parcourant le communiqué du conseil des ministres du 24 Avril 2019, on se rend compte que le Président de la République n’a pas encore rompu avec ses vieilles habitudes. Au Sénégal, on ne nomme jamais un Directeur Général sur la base de ses compétences, de sa probité mais de par son niveau d’implication dans la bataille politique au niveau local et/ou national.

Ainsi, pour le COUD, un poste important dans le quotidien des étudiants mais éternellement politique, le sieur Abdoulaye Sow est nommé. Une personne qui n’a montré aucune compétence ailleurs et qui prend ce poste juteux comme une récompense politique. Modou Diagne Fada qui fait parti de la vague des transhumants est bombardé à la Sonacos parce qu’il a simplement contribué à la victoire de la majorité présidentielle à Darou Mousty.

Ciré Dia Champion du recasement de la clientèle politique qui, selon plusieurs rapports d’audit, a totalement mis à terre la société nationale « LA POSTE » écope d’une sanction avec sa nomination PCA de LONASE. Pape Gorgui Ndong, l’ancien pire ministre de la Jeunesse et de la construction citoyenne est pressenti comme Directeur Général dans ladite société. Le duo Pape Gorgui Ndong et Ciré Dia à la LONASE sera sans doute scandaleux pour le futur de la société! Pape Demba Biteye, le néo DG de la SENELEC, a certes le profil, mais il a été récompensé pour son implication politique à Kaolack.

Il animait le mouvement Kaolack pour la réélection de Macky Sall. Mame Boye Diao remplace Mamour Diallo à la Direction des Domaines. Certes, Mame Boye Diao est inspecteur des impôts, ancien directeur des services fiscaux, mais ce poste est une forme de récompense politique pour lui qui défendait le sois disant bilan économique du président pendant 7 ans. Après l’annonce du premier gouvernement Macky II, il a montré sa frustration donc il fallait trouver rapidement un poste juteux pour le calmer.

Napoléon disait que l’on gouverne avec ses hommes mais le président de la république qui nous a promis un Fast Tract pour solutionner les problèmes des sénégalais pouvait réduire la politisation à la tête des sociétés nationales. L’administration est la cheville de l’Etat. Il est important de prendre les meilleurs sénégalais pour les mettre à la tête des sociétés nationales.

La priorité de ces nouveaux DG ne sera pas de redresser leurs boîtes respectives mais certainement d’entretenir une clientèle politique issue de leur base afin de gagner les prochaines élections locales pour pouvoir garder leurs postes. Le Président de la République est le dépositaire des suffrages des sénégalais, mais les urgences du Pays doivent l’obliger à travailler avec les meilleurs sénégalais dans chaque domaine en compétence et en vertu.

Ce pays regorge de ressources humaines de qualité, de hauts fonctionnaires intègres. Il est temps de rompre avec ce cercle des évidences établies. La politisation tendancielle de la haute fonction publique n’est donc qu’une manifestation parmi d’autres de la crise générale qui a atteint le service public sénégalais.
Avec ses premiers actes de Macky II, Fast Tract ou pas, on se rend compte que le président ne change pas de cap, il continue dans son mackyage, il accélère même !

Moustapha Dieng, juriste droit des énergies

Pour un fast-track de la réalité et de la vérité


En politique, c’est comme si tout était fait pour bercer les populations d’illusions. Tout est astucieusement énoncé, malicieusement annoncé et minutieusement réalisé pour entretenir l’espoir. Tantôt c’est l’accélération de la cadence, tantôt le fast-track.

Trop souvent, c’est la désillusion, la déception, le désespoir. On eut dit un espoir plus proche d’une illusion fuyarde. Un faux espoir. Hier, ce fut Wade prestidigitateur, aujourd’hui Macky hypnotiseur. Encore faudrait-il que le peuple qu’on endort de slogans, d’effets d’annonce et d’expressions magiques recouvrât ses esprits dans le bienêtre. Toujours est-il que les Sénégalais attendent, résilients, mais avec beaucoup d’impatience, les changements qualificatifs et quantitatifs promis, dus. Ils espèrent qu’ils impacteront durablement et positivement leur vécu quotidien. Ils se disent que leur résilience a une ligne rouge que leurs gouvernants ne sauraient franchir.

Certes, nous sommes pour le droit légitime des peuples à disposer des moyens de leur subsistance matérielle nécessaires pour vivre. Ils ont, comme le disait le regretté Kéba Mbaye, droit à la survie et au développement. Ce qui, pour la majorité des Sénégalais, est loin d’être le cas. Il n’y a donc plus de temps à perdre. L’heure n’est plus à la palabre stérile. Pour le président Macky Sall, il s’agit d’aller vite.

Certainement pour marquer son temps et les esprits, il choisit la voie la plus rapide pour atteindre ses objectifs. Nouvellement réélu, il fait du Fast-track le viatique pour la mise en œuvre de ses politiques publiques. D’autant plus que pour son quinquennat, le nouveau mot de passe pour ses ministres, directeurs de sociétés et agents de l’administration semble être emprunté aux anglo-saxons. Ainsi l’on ne parle que de Fast-track. Il est devenu le nouveau concept magique, l’expression fétiche en vogue. Mais le Fast-track ou le chemin court, voire le raccourci, est-il si sûr ? Pourquoi cette option, cette obstination ? La sagesse et la rigueur n’imposent-elles pas parfois de faire un périple ou de passer par un labyrinthe pour des résultats probants et durables? Le peuple ne sera-t-il pas une fois de plus victime de logorrhées ennuyeuses et pathétiques ? Autant d’interrogations pour, à travers des actes, actions et réalisations concrètes, visibles et palpables, donner à ce vocable tout le sens, la beauté, la splendeur et la magie qu’il requiert.

L’avènement du Programme d’Urgence pour le Développement Communautaire (PUDC) n’était-il pas facilité par les lourdeurs administratives, précipité par des procédures totalement en déphasage avec l’urgence du résultat ou l’efficacité et l’efficience dans la démarche? N’était-ce pas une astuce, une trouvaille, une vision prospective de Macky Sall pour mieux préparer sa réélection ? La cadence a-t-elle réellement été accélérée avec Mimi Touré, Première ministre ? N’a-t-elle pas plutôt été ralentie ? Avaiton apporté les correctifs nécessaires suite au Forum National de l’Administration organisé au Centre International de Conférence Abdou Diouf en avril 2016 ?

Quelle évaluation a-ton faite de ce forum ? L’administration en est-elle ressortie rénovée ? Le Président Sall n’at-il pas intelligemment appris de la promptitude, de l’efficacité, de la diligence et de la célérité de certaines ONG ? Les agents de l’administration ont-ils le culte du résultat, la culture de la ponctualité, de l’assiduité, de la probité, de la loyauté, de l’humilité, de la simplicité, bref du sacerdoce ? Le Sénégal a-t-il une administration de développement ? Une administration pleinement consciente de son impérieuse nécessité d’être, en tout lieu et en tout temps, performante et compétitive dans ce monde globalisé ? Une administration au service d’un environnement propice aux affaires et plus soucieuse de l’attractivité et de la compétitivité du Sénégal ?

N’a-t-il pas au contraire une administration procédurière, rivée, empestée dans des goulots d’étranglements, des cloisonnements rétrogrades avec trop de paperasse ? Une administration source à problèmes et non de solutions ? Une administration de sous-développement ? Une administration qui combat la décentralisation ? A-t-on un code de conduite, un code d’honneur, d’éthique et de déontologie auquel tous les agents de l’administration seraient soumis ? Un code de conduite qui serait le socle des valeurs d’éthique et de morale dans l’exercice des fonctions administratives et professionnelles?

La réflexion entamée en 2016 avec Mme Viviane Laure Elisabeth Bampassy, alors ministre de la Fonction publique a-t-elle rappelé les obligations qui pèsent sur le personnel administratif et sur tous les commis de l’Etat ? Ce code de conduite (s’il existe) est-il vu, perçu comme un contrat de confiance entre l’administration dans sa totalité et les administrés y compris les partenaires ? Les Anglais ne disent-ils pas que Time is money ? Mieux St-Augustin ne prévient-il pas que le temps ne chôme pas ? La compétitivité économique est-elle plus une question d’infrastructures que d’ordre, d’organisation, de méthode, de discipline comportementale ?

Nous attendons le président réélu dans la mise en œuvre de son programme éclaté dans divers projets. Nous sommes plus qu’impatients que la patrie avant le parti, la gouvernance sobre et vertueuse, l’équité territoriale, le Sénégal de tous et le Sénégal pour tous passent de slogans à des réalités ancrées dans le cœur et la mémoire des Sénégalais. Nous le guettons dans le déroulement des activités mais surtout dans le suivi et l’évaluation des programmes/ projets. Nous le soutiendrons sans réserve pour tout ce qui ira dans le sens du développement du Sénégal des profondeurs. Mais nous le combattrons sans le ménager pour toute mal gouvernance.

Plutôt que de manquer d’ambitions en ne visant que l’autosuffisance en riz, ne conviendrait-il pas mieux d’œuvrer pour une autosuffisance intégrale en céréales locales (mil, sorgho, riz, mais, niébé, …) ? N’est-il pas temps pour le Sénégal d’amorcer sa révolution agricole, non seulement pour son autosuffisance alimentaire mais surtout pour la création d’emploi et de richesse pour sa jeunesse, et pour l’exportation ? N’est-ce pas la voie royale pour rééquilibrer sa balance commerciale ? La voie indiquée pour rendre sa balance commerciale excédentaire ?

Pourquoi ne pas, avec ses multiples atouts, diversifier son économie de manière à rendre les fruits de la croissance profitables à tous? Son tourisme, sa pêche, son agriculture, son élevage, sa culture, ses énergies renouvelables combinées à la prochaine exploitation de ses importantes ressources pétrolières et gazières ne sont-elles pas autant de mamelles pour faire entrer triomphalement Macky Sall dans l’histoire ? Pourquoi pas pour le faire davantage aimer, désirer, une fois qu’il aura dignement et honorablement quitté ses fonctions présidentielles ?

Ne serait-il pas dommage qu’il accordât une oreille attentive à ceux qui l’invitent, l’incitent à briguer un troisième mandat ? Il raterait une chance unique d’entrer à jamais dans l’histoire en dépit des insuffisances de son magistère.
Comment permettre aux corps de contrôle de l’Etat de jouer pleinement leur rôle pour éviter que le pays ne soit soumis à une gestion sombre et vertigineuse mais plutôt sobre et vertueuse? Comment ne pas être scandalisé, horrifié par cette hémorragie de nos matières premières vers l’Occident ? Ne serait-il pas plus judicieux et avantageux pour le Sénégal d’engager la bataille pour son industrialisation ? L’industrialisation méthodique ne serait-elle pas pour le Sénégal un vivier d’emplois ?

Comment est-ce possible d’accepter ce prolongement de la détérioration de termes de l’échange et se complaire à vivre sous perfusion étrangère ? Y a-t-il un seul pays au monde qui s’est développé avec l’aide ? Au Sénégal d’abandonner le biberon-sangsue pour se nourrir au sein maternel. Seul le lait maternel contient les micronutriments nécessaires à sa croissance, à son développement durable.

Samuel SENE
Consultant-formateur

Vrais problèmes, fausses solutions…( Par Amadou Tidiane WONE)

« Fast track… » des voix, plus autorisées que la mienne, ont démontré la vanité d’un slogan de plus dans la panoplie des mots saisonniers qui ne correspondent, au final, à aucun changement qualitatif dans la vie de la majorité des citoyens sénégalais. Tout au plus quelques mesures cosmétiques, tape à l’œil, pour masquer une incapacité réelle à transformer structurellement le Sénégal. Car, c’est bien d’une transformation en profondeur dont notre pays et notre Continent ont besoin pour, enfin, entrer dans le concert des nations capables de concevoir et de conduire leurs destinées.

Au lieu de cela, notre élite gouvernante, mis à part quelques rares instants de lucidité, sombre dans le mimétisme dévalorisant du modèle occidental, ses atours, ses allures, ses discours. En fait, tout ce qui donne l’air et le paraitre sans l’être. Car, en termes de bonne gouvernance par exemple, nous vidons les meilleures règles et pratiques occidentales de leur substance lorsqu’il s’agit de les mettre en œuvre pour nos peuples. Résultat : une démocratie réduite à des mécanismes électoraux piégés de manière si grossière que le cœur de la majorité des électeurs n’y est plus.

Le peuple se détourne alors des simulacres et consacre ses énergies à élaborer des stratégies de survie au quotidien. Avec, pour conséquence un Président élu, certes, mais si mal que sa légalité souffre terriblement de légitimité. Pour faire oublier l’épisode peu glorieux des élections présidentielles de 2019 , le Président élu développe donc une hyperactivité réformatrice (sic) qui tourne essentiellement autour du renforcement de ses pouvoirs déjà exorbitants. Comme pour se rassurer.

Il commence par vouloir supprimer le poste de Premier Ministre dont l’inutilité n’est démontrée ni par une étude sérieuse, ni par un argumentaire, autre qu’il constituerait un goulot d’étranglement dans la transmission et l’exécution des directives présidentielles. Ce constat est en réalité celui de l’échec personnel du Premier Ministre sortant et, éventuellement, une pierre dans le jardin de ses prédécesseurs. Mais le Président Macky SALL oublie qu’ il fut Premier Ministre…

La tare serait-elle si lointaine ? En tout état de cause, on ne modifie pas une Constitution et l’architecture institutionnelle d’un pays, qui a mis des dizaines d’années pour les consolider, pour si peu. Le tout sans débats ! Au rouleau compresseur. Avec un horizon de cinq ans de mandat seulement… Que les députés qui doivent voter cette loi méditent la gravité des propos de Serigne Abdoul Aziz Sy Dabaakh, à cet égard, avant d’engager notre pays dans une aventure périlleuse pour la vanité d’un seul homme…

Pour cacher tous les non-dits dans un nuage de poussière, on en soulève ! En se lançant dans une opération dite de « désencombrement » des artères de la capitale. Une opération coup de poing comme on en a tellement vu… sans suite. Là on confond les causes et les conséquences. Car à la vérité, il faudrait résoudre les problèmes d’emplois, d’urbanisation et d’aménagement du territoire national avant de prétendre dégager la voie publique…pour les dakarois ! Ceux qui s’y installent sont la conséquence de l’échec des politiques publiques.

Ils n’en sont pas les causes. A contrario, plusieurs activités dites informelles occupent et font survivre plus de 4.000.000 de sénégalais et leurs familles ! A défaut de les organiser, et de les soutenir par des appuis institutionnels et financiers conséquents, les livrer en pâture pour le confort esthétique d’une minorité de nantis est, pour le moins, hors sujet. A côté de cela le secteur dit formel, public et privé confondus, compte moins de 500.000 emplois. La fonction publique sénégalaise qui nous coûte si cher en « goulots d’étranglement » et en dépenses somptuaires compte 130.000 emplois !
Cent trente mille emplois…(Source : HYPERLINK « http://www.fonctionpublique.gouv.sn » www.fonctionpublique.gouv.sn )
Les paramètres de la République et de la Nation doivent être, nécessairement, reconfigurés afin que le Peuple réel du Sénégal s’incarne et se reconnaisse dans les institutions qui le gouverne… Voilà une des nombreuses questions de fond que l’on esquive en se donnant des airs, important et inspiré, lorsque l’on s’adresse à la Nation en oubliant l’essentiel. Au fait où trouve t-on les 500.000 emplois par an sensés avoir été créés depuis 2012 ?
Au demeurant, et pour mieux enfumer le Peuple, le quotidien national Le Soleil nous « apprend » que 500 milliards de francs CFA ont servi pendant 20 ans à acheter des véhicules administratifs… Quels sont les ayants-droits à ce privilège ? Pour quels services rendus à la Nation ?

Pour quelles missions régaliennes ? S’il faut mettre de l’ordre on voit donc tous par quoi et où commencer. Combien d’hôpitaux, combien d’écoles, combien de fermes aurait-on pu financer avec 500 milliards ? Sans compter tous les milliards détournés ou distraits de leur assignation première… sans compter ? Oui on dépense sans compter pour satisfaire les lubies de quelques privilégiés. Nous savons tous comment faire pour mettre de l’ordre. Il ne manque que la volonté politique pour ce faire. Et c’est, semble t-il, encore une fois mal parti. Pour cinq ans.

Gouverner, pour un pays où tout relève de l’urgence, c’est faire la distinction entre l’essentiel et l’accessoire. Arbitrer entre le nécessaire et le futile. Mettre l’accent sur l’indispensable. Sous ce prisme, à quoi répond le TER, sitôt inauguré, sitôt garé ? A quoi répond Dakar-Aréna ? Et cette Arène Nationale inutilisable parce que mal adaptée à la réalité de la lutte sénégalaise avec frappe ?

Par ailleurs, quel sera le taux d’occupation des sphères ministérielles en sus du building administratif réhabilité ? Et voilà l’autoroute à péage qui semble déjà obsolète au vu des goulots d’étranglement au heures de pointe. Que faire ? Que deviendront les villes et villages, jadis traversés par le trafic des routes nationales, brusquement sevrés des retombées financières qui en découlaient ? Alors ôter le pain de la bouche de tous les jeunes qui viennent trimer en ville, chassés des campagnes par la pauvreté, est-ce la meilleure définition de l’ordre des priorités ?

Tout cela, et bien d’autres questions auraient pu être abordées au cours d’un dialogue social et politique, sincère et refondateur. Mais, hélas. Le choix semble être la gouvernance solitaire à coup de bâtons et de carottes…des centaines de « pupilles » de la République attendent ainsi, chaque mercredi, anxieusement, le communiqué du Conseil des Ministres pour être promus, réhabilités ou récompensés pour avoir pris une part dans la « victoire »… Et le chef, pour mieux tenir son monde, a commencé par se séparer de ses 300 plus proches collaborateurs. Juste pour faire monter la tension et titiller Damoclès.

Juste pour tempérer les ardeurs des uns et des autres. Puis il a tancé ses compagnons de Parti en laissant entendre qu’il y’en aura pour ceux qui sauront se taire et se tenir tranquilles. Il a, dans la foulée, reçu ses députés pour leur laisser entendre que si certains d’entre eux étaient appelés à d’autres fonctions, la nouvelle loi qu’il leur demande de voter ouvrirait la possibilité de retrouver leur siège de députés en cas de… Tout cela fait manœuvres et stratagèmes. Pilotage à courte vue. Combines d’épicerie de quartier.

Nous rêvions d’une VISION ambitieuse et mobilisatrice qui se projette au-delà de nos vies singulières. Nous voulions voir grand, faire mieux que le Rwanda et même les pays nordiques ! Si. Si.
Au fond, chacun fait ce qu’il peut. Mais si l’on peut si peu, cela finira par se savoir !
Amadou Tidiane WONE
HYPERLINK « mailto:woneamadoutidiane@gmail.com » woneamadoutidiane@gmail.com

Comment Senghor a été manipulé pour exécuter Moustapha Lô et emprisonner Mamadou Dia ?(Par Mohamad DIA)

Une politique pour faire peur à Senghor a été utilisée pour faire adopter des mesures qui arrangeaient certains contre la vie et la liberté d’autres. Ami de longue date, le binôme Dia-Senghor pouvait sortir le Sénégal de la pauvreté, mais quand Jean Collin a commencé à instaurer cette peur, il n’était pas conscient des effets dévastateurs que cela allait causer.

Binôme Dia-Senghor

Ils forment leur parti, le Bloc Démocratique Sénégalais, Dia et Senghor trouvait le parti de Lamine Gueye très « français ». Entre la diplomatie de Senghor et le pragmatisme de Dia, le couple politique allait à la conquête du monde et si ce n’était pas à cause de l’entourage de Senghor, le Sénégal ferait partie des pays développés. Dia avait une vision économique qui nous aurait sortis de cette pauvreté pour nous mettre sur la voie de l’émergence. Dia n’a pas pu éviter le complot de toute une nation au profit d’intérêts personnels. Une motion de censure à l’encontre de Dia a été adoptée et tous les pouvoirs sont donnés à Senghor.

C’est la fin du bicéphalisme. La situation économique du pays était en agonie et le chômage est à son point le plus culminant pour un pays de deux millions d’habitants dont les deux tiers sont des ruraux. L’inflation accroît de manière fulgurante et le pouvoir d’achat est quasi inexistant, ce qui pousse l’UNTS, un syndicat qui était adhérent au parti de Senghor, a critiqué la politique socio-économique de Senghor. Les étudiants prennent part aux manifestations et le campus universitaire est fermé sur l’ordre du ministre de l’Intérieur.

Face aux attaques de maisons des membres de l’UPS et des incendies, Senghor annonce l‘état d’urgence. Un accord est trouvé, mais pas pour longtemps, car un second état d’urgence sera déclaré. Senghor se rend compte que la situation est grave et il craint un coup d’état comme on le voyait dans beaucoup de pays voisins. Dans la tête de Senghor, un coup d’état était inéluctable d’après les informations qu’il recevait des renseignements généraux et de ses proches.

Quand la peur prend les commandes

Nous assisterons à beaucoup de condamnations durant l’époque de Senghor. Charles Gueye sera condamné à 10 ans d’emprisonnement pour complot contre la sécurité de l’état. Malik Samb, aussi connu sous Max Mader, sera condamné à un de prison pour une manifestation interdite. Ils étaient des proches de Majemout Diop du PAI disent-ils. Le 22 mars 1967, pendant que Senghor assistait aux cérémonies à la grande mosquée de Dakar, une tentative d’assassinat a été déjouée. Celui qui est accusé n’est autre que Moustapha Lô, et il sera exécuté en 1967.

D’autres seront lourdement condamnés pour avoir pris part à la tentative d’assassinat ou pour ne pas avoir dénoncé les commanditaires du plan. Il s’agit de Mamadou Moustapha Dramé, Doudou Ndiaye et Abdoul Baila Wane.Ibrahima Paye, aussi connu sou le nom de Jack, Blondin Diop, Mohamed Diop, Mame Sidy Gueye et Thiemokho aussi connu sous l’alias Thié Camara ont été emprisonnés pour avoir incendié le centre culturel français durant la visite du président français Pompidou. La police va plus tard déclarer que Blondin Diop s’est suicidé par pendaison, il n’avait que 26 ans. En peu de temps, le Sénégal a vécu une tentative de coup d’état, une tentative d’assassinat, et de plusieurs troubles d’étudiants.

La manipulation à l’encontre de Senghor lui fait prendre des décisions irréfléchies.
Le Sénégal, qui avait des prisonniers politiques selon le rapport de certains organismes des droits de l’homme, ne voulait pas que son image se ternisse. Senghor se préparait à une amnistie pour libérer tous ceux qui étaient emprisonnés pour tentative de coup d’état et trouble à l’ordre public. Dia était un des accusés qui sera libéré puis amnistié, il avait 62 ans, éloigné de la scène politique pendant douze ans et qui a presque perdu la vue. Contre toute attente, le ministre des forces armées, Magatte Lo, était contre la libération de Dia.

Il présente sa démission, mais le président Diouf lui demandera d’attendre le retour de Senghor. Il n’était pas le seul contre la libération de Dia, il y avait le président de l’Assemblée nationale, Amadou Cissé Dia et le ministre des Finances, Babacar Ba. Pourquoi, Dia à 62 ans et presque aveugle, faisait-il encore peur à certains ou ne faisait-il pas pitié à d’autres? Pourquoi ce manque d’humanisme face à Dia ?

Tout ce que Dia voulait à sa sortie de prison est la création d’une commission nationale de réconciliation qui comprendra la société civile, les chefs de l’opposition et les khalifes généraux. Il s’avère que bien avant que cela ne soit officiellement annoncé, Dia et Valdiodio Ndiaye étaient déjà au pavillon spécial de l’hôpital Dantec.

Tous ceux qui voulaient préserver leurs intérêts personnels étaient contre Dia, les politiciens, les marabouts, et tous ceux qui bénéficiaient des faveurs et de l’argent du contribuable. Il dérangeait et il fallait l’éliminer et c’est ce que les faucons de la République ont fait. Les tensions sociales au Sénégal et les manipulations ont été à l’origine de cette accusation de coup d’état à l’encontre de Dia et des ministres accusés. Nous demandons aux autorités compétentes de déclassifier les dossiers de concernant le coup d’état, les tentatives d’assassinat et le suicide de Blondin Diop pour que la vérité soit rétablie. Les familles des victimes méritent cela.

Que le nombre de nos membres soit illimité ! ( Dr Babacar Diop)

Notre parti FDS est issu du mouvement scolaire et universitaire de notre pays. Il porte le flambeau d’une génération engagée dans les luttes pour un changement profond et radical. Notre pays a vécu deux alternances sans alternatives. C’est la raison pour laquelle nous devons nous mobiliser maintenant pour la grande conquête : celle de la transformation économique, sociale et environnementale afin de redonner confiance à tous ceux qui sont déçus et écrasés par le système de népotisme et de corruption en place. Il s’agit pour nous de transformer la politique traditionnelle afin de construire une alternative démocratique et populaire.

FDS est le parti des gens ordinaires. C’est l’occasion de dire que nous parlons au nom de toute la misère sociale de notre peuple. Nous sommes la voix de ce peuple muet dans la caverne des injustices et des iniquités sociales, économiques et environnementales. Nous sommes la voix des invisibles, « ceux et celles qui ne parlent jamais, qui se taisent toujours ». Notre peuple désire un vrai changement depuis plusieurs générations. En nous battant pour ses aspirations fondamentales, nous incarnons ses pulsions profondes.

FDS est porteur d’un projet de refondation nationale dans la justice, l’égalité et le respect de l’environnement. Notre projet englobe toutes les catégories sociales, tous les aspects de notre vie en société. C’est pourquoi, il est à la fois politique, économique, social, culturel et environnemental. Le projet se focalise sur l’émancipation économique et sociale des gens ordinaires.

Il devise à restaurer l’espoir, car on ne peut jamais regretter d’avoir foi en cette nation. C’est surtout et essentiellement un projet pour les classes déshéritées : « toute la nation doit pourvoir à la subsistance de ses pauvres ». La politique ne doit pas oublier les classes déshéritées au risque de perdre toute sa noblesse. C’est au nom de ces gens oubliés et exploités que nous luttons. Ainsi, notre combat est pour les pauvres et, notre préférence pour les gens ordinaires.

FDS est un projet pour une révolution démocratique, citoyenne, culturelle et environnementale qui s’inspire des grandes transformations du monde. Nous sommes les héritiers de toutes les luttes d’émancipation économique, sociale et environnementale de l’homme et de la femme.
Disons-le bien, notre révolution politique est en marche !

FDS est la volonté commune de citoyennes et de citoyens sénégalais révoltés par la situation de leur pays, qui veulent engager la marche vers la grande conquête : celle de la réforme de la société.
FDS inscrit son discours politique dans le cadre du développement durable. Nous pensons le développement à partir de l’efficacité économique, l’équité sociale et la préservation de l’environnement. Ainsi, nous devons continuer de défendre et d’approfondir notre projet démocratique. Chaque génération doit apprendre la démocratie.

Nous appelons le peuple à nous soutenir dans l’œuvre qui sous-tend notre ambition telle que exprimée par Jean Jaurès : « Il y’a place pour tous dans l’œuvre de justice ». Citoyennes et citoyens, aidez-nous dans cette mission et comptez tous sur notre dévouement et notre engagement sans faille pour soutenir la cause du peuple. Venez par centaines, par milliers et millions soutenir le projet FDS. Que le nombre de nos membres soit illimité ! Cela fait trop longtemps que les hommes et les femmes ordinaires ont été oubliés dans notre pays. NOUS SOMMES VOTRE VOIX. Que personne ne l’ignore, nous voulons allumer le foyer d’une révolution à la fois nationale et africaine

Failles et pièges du projet de suppression du poste de Premier ministre (Thierno Bocoum)

L’Assemblee nationale a été saisie pour statuer sur le projet de loi constitutionnelle N* 07/2019 portant révision de la constitution.
Ce projet de loi qui va supprimer le poste de Premier ministre comporte des failles et des pièges sur lesquels nous voulons attirer l’attention de l’opinion.

En effet, ledit projet qui a pour objectif de supprimer le poste de Premier ministre doit, par conséquent, abroger tous les articles qui font référence aux prérogatives du Premier ministre ou à sa fonction.
Le défaut d’abrogation d’un seul article le rend valable et le positionne à la valeur constitutionnelle dans la hiérarchie des normes juridiques.
Or il apparaît à l’article unique du projet de loi portant modification de la constitution que l’article 63 qui fait référence à la session extraordinaire de l’assemblée nationale et qui donne au Premier ministre une prérogative de proposition n’a pas été abrogé. Cet article dispose dans l’un de ses alinéas que « L’Assemblée nationale est, en outre, réunie en session extraordinaire sur un ordre du jour déterminé, soit :

sur décision de son bureau ;
sur demande écrite de plus de la moitié de ses membres, adressée à son Président ;
sur décision du Président de la République, seul ou sur proposition du Premier Ministre. »
Cet article qui prévoit la proposition du premier ministre pour réunir en session extraordinaire l’Assemblée nationale, ne fait pas partie de ceux qui ont été abrogés et remplacés.
Le projet de loi constitutionnelle N* 07/2019 portant révision de la constitution soumis aux députés prévoit, par conséquent, de maintenir dans la charte fondamentale de notre pays, des prérogatives à un premier ministre qui n’existe plus. Ce qui est une faille incompréhensible que la précipitation à saisir l’assemblée nationale peut amplement justifier.

Ayant déjà publié une note sur les conséquences du point de vue législatif et réglementaire de la suppression du poste de Premier ministre, je ne reviendrai pas sur le caractère exorbitant des pouvoirs du Président de la république qui s’étalent d’une manière indécente sur le pouvoir exécutif et sur le pouvoir législatif.
D’ailleurs, le renforcement des pouvoirs du Président de la république sur tous les articles abrogés et remplacés dans cette nouvelle loi, est une preuve que la suppression du poste de Premier ministre ampute à une autorité de l’exécutif des prérogatives distinctes de celles du Président de la république et les attribuent à ce dernier.

Seulement, nous comptons attirer l’attention, à travers cette contribution, sur les pièges contre l’Assemblée nationale et le peuple sénégalais que comporte cette loi de modification.
L’impossibilité pour le Président de la république de dissoudre l’Assemblée nationale, a été mise en exergue dans l’exposé des motifs pour ressortir un certain équilibre des pouvoirs et ainsi justifier la suppression de la possibilité, pour l’Assemblée nationale, de provoquer la démission du gouvernement.
Il faut préciser que la comparaison est assez comique car les deux sanctions ne concernent pas les mêmes institutions. C’est le gouvernement qui est touché, en cas de motion de censure ou de refus de confiance, et non le Président de la République.

Bref, le Président de la république a été toujours protégé et le demeure davantage avec cette nouvelle loi. Il se trouve, en sus et par ricochet que les pouvoirs des députés ont presque été réduits à néant.
Le pouvoir de contrôle de l’action gouvernementale à travers un dialogue fécond avec l’exécutif trouve son unique siège dans l’audition ou le dialogue avec les exécutants, sans aucune présentation de déclaration de politique générale.

Celui qui instruit les décisions du Président de la république et cordonne le gouvernement sous le sceau de la solidarité et de la collégialité n’existe plus. Les députés feront face à des exécutants qui ne peuvent maîtriser la transversalité du gouvernement et ne pourront par conséquent apporter les réponses adéquates quant aux questions qui touchent plusieurs secteurs d’activité comme c’est souvent le cas.
Il s’y ajoute que le Président de la République a une mainmise sur l’Assemblée nationale de diverses manières, sans que celle-ci ne puisse le contrôler, en retour, convenablement au nom du peuple.

Il est initiateur de la loi au même titre que les députés , ses demandes de procédure d’urgence s’appliquent de droit. Il a un droit d’amendement et peut imposer les tiens au détriment de ceux des députés. Il a la priorité sur l’ordre du jour de l’Assemblée nationale et peut convoquer une session extraordinaire à tout moment.
Par ailleurs, en instaurant une impossibilité de dissoudre l’Assemblée nationale, le projet de loi pose les germes d’une entorse au renouvellement de la légitimité populaire.

Il se trouve que le quinquennat législatif ne correspond pas au quinquennat présidentiel. Ce qui signifie que le Président de la république aura une nouvelle majorité ou une majorité en face de lui en 2022.
Si une nouvelle majorité du camp du pouvoir (BBY) s’installe en 2022, il sera impossible au remplaçant de Macky Sall, de dissoudre l’Assemblée nationale pour organiser des élections législatives afin de refléter les réalités d’une nouvelle configuration politique. Le futur Président sera obligé de faire avec une majorité conçue et managée par le Président sortant, durant une période de trois ans sur les cinq années de son mandat.

Thierno Bocoum
Président mouvement AGIR

L’annexe du Palais, l’Assemblée Nationale en branle pour renforcer la gouvernance prédatrice de Macky

L’Assemblée nationale de Macky Sall va entrer en action les prochains mois pour affaiblir le gouvernement comme institution dans la constitution et soi disant enquêter sur l’affaire des 94 milliards, une affaire de ressource naturelle foncière. Comme je l’ai toujours écrit, l’enjeu de la gouvernance prédatrice est l’accaparement des ressources naturelles dans les mains de la famille FayeSall à elle de distribuer selon les « wersek » de chacun. Les théoriciens de BYY expliquent que dans la vie chacun reçoit au final son du et Macky Sall a été choisi par Dieu pour faire ce travail de distribution.

L’annexe du Palais, l’Assemblée Nationale se met en branle pour renforcer la gouvernance prédatrice
Ceux qui contestent ce type de gouvernance doivent être condamnés par la justice avec l’aide de l’Assemblée nationale s’il s’agit des députés. Tous ceux qui dénoncent la gestion du gaz et du foncier dans ce pays sont dans le viseur du trio infernal Macky Niasse Tanor.

Pour l’affaire des 94 milliards, le sabre sera dans les mains du PS.
Dossier nouveau : La fin de la Primature annonce le renforcement de la gouvernance prédatrice
Le travail de coordination de l’activité gouvernementale doit se faire quelque soit Alpha pour parler comme mes compatriotes. Tous ceux qui ont une idée du fonctionnement de l’exécutif savent que la coordination est une nécessité surtout en face de ministres peu expérimentés.

Il y aura un Premier Ministre de fait.
De deux choses l’une ou Boun Dionne sera un petit premier ministre logé à la présidence ou ce sera Macky Sall le Premier Ministre. Alors qui est le Président de la République, qui définit la politique globale et prend les décisions in fine ? Les parrains européens ?

La fin de la Primature annonce le renforcement de la gouvernance prédatrice
J’avais tiré la sonnette d’alarme sur les choix opérés par le gouvernement de Macky, gré à gré pour l’étude Seaburry puis enterrement de première classe de cette étude, arrivée de Bohn à la tête, achats d’avions, etc.. J’avais dit que Bohn était là pour acheter les avions avec l’accord du gouvernement. Chose faite, il s’en va. D’une certaine façon, il fait penser à Franck Timis.

Le patriotisme nous impose de soutenir le nouvel arrivant Ibrahima Kane. Bon Vent Cher compatriote !

Mesures annoncées par le Président Sall face à l’anarchie générale, à tous les niveaux…Oui, mais ?

Monsieur le Président de la République, est-ce que vous aurez tout le courage nécessaire d’appliquer, dans la lettre et dans l’esprit, toutes ces mesures, sans faiblesse coupable ni cruauté inutile, pour mettre un terme à cette anarchie globale? En tout cas, votre prédécesseur avait tenté de supprimer l’occupation anarchique de la voie publique, mais il avait abdiqué en moins de 72 heures et n’en avait plus fait cas.

Osons espérer que l’élève que vous êtes ne suivra pas les traces du maître, comme il l’a fait dans les autres domaines. Mais, étant donné que ce mandat et votre dernier, vous avez là, une bonne opportunité d’appliquer des mesures fortes et salutaires que vos prédécesseurs craignaient, parce qu’ils pensaient à une réélection.

En vérité, pour combattre objectivement, les inégalités dans le domaine social, l’injustice sous toutes ses formes et la violation des droits des citoyens, notre pays doit avoir des dirigeants intègres compétents et capitaines d’équipe, des meneurs d’hommes, imprégnés de droiture, d’humilité et d’équité qui épousent les qualités humaines intrinsèques.

Oui, l’homme ou l’être humain en général, plus exactement, un dirigeant doit être juste, courageux et foncièrement opposé à toutes formes d’inégalités sociales. Ce sont de tels dirigeants que le Sénégal doit, réellement avoir, à l’heure actuelle pour bien conduire son destin et pour mieux gérer le pays. Il faut donc, à notre pays, de véritables dirigeants courageux et équitables qui n’ont pas peur de dire la vérité à tous quand il faut.Oui, des dirigeants qui veillent scrupuleusement à l’application stricte et juste de la Constitution, mettent au même pied tous les citoyens et exigent de tous également, son respect absolu sur l’ensemble du pays.

Donc, au Sénégal, le peuple ne devrait plus accepter l’existence de chefs d’écurie, de clans ou de partis autocrates à la tête du pays, c’est-à-dire ceux qui ne pensent qu’à eux-mêmes et aux siens, en ignorant l’écrasante majorité du peuple et l’intérêt général. Les dirigeants du pays doivent dorénavant, être des citoyens sobres, rationnels dans l’utilisation des ressources du pays qui leur sont confiées par la nation. Ils doivent être donc, des citoyens exemplaires et surtout désintéressés de la richesse personnelle.

Il doivent se départir totalement des fastes de la mondanité et s’interdire la moindre folie des grandeurs pour leur prestige personnel comme pour celui de l’État. Ils doivent être,surtout et principalement, des patriotes incontestables et préoccupés, au plus haut point, par les problèmes essentiels du peuple sénégalais ainsi que par la recherche de leurs solutions justes. Ces derniers devraient donc, à l’arrivée au pouvoir s’atteler effectivement et de toutes leurs forces à la réduction des inégalités et de la pauvreté accrue et persistante de la grande majorité des Sénégalais.

De tels dirigeants doivent être humbles et dévoués, comme le fut Nelson Mande, au service de leur pays pour la satisfaction des besoins vitaux de leur peuple. Ils doivent aussi avoir le courage et d’oser rompre, sans équivoque, avec toutes les pratiques corruptives et discriminatoires que les citoyens ont décriées dans le passé. Il faut au Sénégal, des dirigeants très courageux et républicains qui oseront mettre fin à tous les privilèges exorbitants et injustifiables en cours dans la République. Et, bien entendu, ils auront l’honnêteté de commencer par eux-mêmes pour donner l’exemple aux autres concitoyens, donc, par la réduction de leurs nombreux privilèges et avantages personnels excessifs.

Enfin, si le président de la République commençait par réduire lui-même ses privilèges actuels faramineux en raison du faible niveau de richesse de son pays, il donnerait là, un exemple de portée patriotique, sans précédent. Et, c’est sûr que si telles mesures étaient prises et appliquées effectivement par le Président, en commençant d’abord par lui-même, sans nul doute, tous les citoyens, pour ne pas dire tous les Sénégalais, applaudiraient et n’hésiteraient pas aussi, à suivre son exemple.

Ce serait, dans ce cas-là, une preuve matérielle qu’il tenait bien compte, du fait, que son pays est membre du club des P.P.T.E. Cela étant, il ne devrait pas, décemment, avoir une conduite d’opulence ou de pacha, totalement en porte-à-faux avec le niveau de développement et le statut réel, d’un pays pauvre. Il n’y a point de doute, que son geste, dans ce cas-là, serait qualifié de grandeur et d’humilité et même celui-ci pourrait être suivi par beaucoup d’autres citoyens sans hésitation.

Oui, si le président agissait de la sorte, il serait, logiquement, dans de très bonnes dispositions et voire dans son droit d’obliger alors, les membres de son gouvernement, les députés, les conseillers économiques et sociaux et tous les hauts fonctionnaires de l’État, à observer la même attitude que lui ou à être démis. Une telle initiative patriotique de solidarité nationale, serait un acte significatif de haute portée aux fins de corriger enfin les nombreuses injustices sociales ancrées, depuis fort longtemps dans le pays, à savoir les pratiques cupides et indécentes de nos gouvernants.

Il est indéniable que les retombées et les produits sécrétés par une telle opération de grande envergure, consistant à redresser voire à sanctionner les abus de pouvoir comme de biens sociaux, permettraient assurément à notre pays, de faire des économies substantielles considérables et non négligeables. Et, c’est, d’autant plus significatif encore, en raison de son caractère spécifique et patriotique, sans précédent. Et, en outre, par le fait de l’originalité de l’idée qui a émergé spontanément à partir de nos propres réflexions et initiatives personnelles, sans intervention ou injonction extérieure.

Et, la matérialisation d’une telle initiative serait, aussi et encore, pour notre pays, une opportunité et une manière singulière d’être, à nouveau, à travers cet exemple-là, une exception qui divorce bien avec ce qui se fait jusque-là en Afrique.
Un tel exemple de portée patriotique sous forme de solidarité avec son peuple, s’il était initié par le premier d’entre les Sénégalais, serait une première dans les annales et dans une large mesure un impact positif qui pourrait faire naître l’espoir sur d’autres Sénégalais.

Et, ces derniers pourraient même, sur la base d’un tel exemple concrétisé, devenir plus sensibles et plus motivés demain, en acceptant de faire plus d’efforts et de sacrifices en guise de solidarité nationale pour résoudre les épineux problèmes auxquels notre pays est, actuellement, confronté, après les gestions calamiteuses et de pillage des ressources de notre pays par les régimes précédents. Précisément, à partir de l’avènement de l’alternance 2000 sous la férule de Me Wade avec sa méthode de gestion informelle intégrale, au cours de laquelle,ce dernier a mis notre pays à l’envers, avant de partir.

Et, si cet état d’esprit, un signe évident de patriotisme et de solidarité, est concrétisé, il contribuerait, dans une large mesure à résoudre le dysfonctionnement actuel dans le système de rémunérations de la fonction publique, par son retour aux fondamentaux. En effet, dans système hétérogène actuel, l’on note de grandes disparités inacceptables et injustifiables au niveau des salaires.

Des disparités qui sont dues essentiellement, au non-respect des textes réglementaires du statut général de la fonction publique. Pour dire vrai, il faut souligner que l’apparition de ces anomalies que l’on note dans ce domaine, c’est-à-dire le ratio entre les salaires du personnel au sommet de l’État et celui de la base est un scandale sciemment créé par Me Wade. Et, il a été malheureusement maintenu injustement jusque-là, par le président Macky Sall. Cette situation injuste, socialement et professionnellement, doit être absolument réparée, car elle a pénalisé déjà beaucoup de travailleurs.

Le président Sall doit reconnaitre que cet état de fait injuste n’est plus simplement une question d’inégalité sociale, mais, c’est véritablement, de l’indécence et de la discrimination caractérisée. Car, elle a été voulue et fomentée par le pouvoir libéral qui a tout chamboulé lors de son passage, dans la fonction publique, sans pouvoir le remettre en place.
Donc, pendant que l’on y est, Monsieur le président, l’anarchie dans le pays est une situation générale donc, il faut aller en guerre sans réserve contre toutes les distorsions et tous les dysfonctionnements, notamment dans l’Administration générale et partout dans le Sénégal. Tout cela est de votre responsabilité.
Dakar, le 24/04/2019.
Mandiaye Gaye.
Mandiaye15@gmail.com

Les maux congénitaux de Macky II”, par Amadou Tidiane Wone

La première mesure phare du régime Macky 2 est étrange, surprenante, déconcertante et enfin décevante : alors que le premier message lancé par le Président élu Macky Sall, après la proclamation officielle des résultats, tendait à apaiser et à rassembler autour de l’essentiel par un « dialogue inclusif », l’annonce de sa décision unilatérale de supprimer le poste de Premier Ministre aura causé l’équivalent d’un séisme de magnitude 5 sur l’échelle de Richter, dans la conscience républicaine et les bonnes mœurs politiques de notre pays.

Une secousse telle que, les cinq années de son dernier mandat ne suffiront pas pour en amortir les ondes de choc. Entre temps, une nouvelle campagne électorale aura déjà démarré avec son lot de promesses oubliées…

Alors, la question qui se pose est la suivante : est-il raisonnable, alors qu’il ne lui reste que cinq années de mandat, d’engager le pays tout entier dans une remise en cause aussi profonde des Institutions sans un consensus fort avec les différents segments de la Nation?

Alors même que des urgences d’une acuité indescriptible tenaillent notre peuple ? Un peuple dont la résilience défie toutes les lois de la logique. Certes. Mais il ne faut pas tenter le diable non plus !

Qui prend la mesure des bouleversements et tiraillements qui vont intervenir pendant et après la prise des décrets de répartition des services de l’Etat ? Querelles de préséance et d’appétits grandissant à la vue du gâteau ?

Qui appréhende le temps qu’il faut pour mettre en place et huiler les automatismes entre les différentes structures en charge de tel ou tel projet?

Pendant ce temps-là, la mise en œuvre de programmes importants pourrait-être ralentie, sinon arrêtée, en raison d’un leadership flou, mal défini ou… indéfini.

Sans compter qu’à la faveur du désordre, les pêcheurs en eaux troubles pourraient s’en donner à cœur joie pour détourner, planquer et distraire des ressources de leur destination normale. Il faudra deux ans pour y voir clair si tant est que la volonté y soit…

En cas d’embrouilles, il faudra envoyer les inspections qui vont rédiger des rapports longs comme un jour sans pain, ensuite interpeller les coupables à la carte, et les attraire devant les Cours et Tribunaux si les
dossiers ne finissent pas sous le coude…

Pour dire que le « fast track » qui ne signifie, au fond, « qu’accélérer la cadence » et dont les droits d’auteurs appartiennent à Aminata Touré, Ancien Premier Ministre, risque de sombrer dans un grand fracas d’incompétences et de susceptibilités sur fond de guerres de positionnement pour l’après Macky.

Ce pays unique, où la réalité dépasse souvent la fiction, c’est le Sénégal, défiguré par des années de médiocratie et d’impunité …

Puisque le tableau à venir est si sombre, il y a lieu de se demander quel est l’objectif poursuivi par le Président Macky Sall à travers cette annonce et la mise en scène de la gestation douloureuse du gouvernement.

Deux remarques dans la forme : jusqu’ici personne n’a entendu sortir de la bouche du Président de la République, la décision de supprimer le poste de Premier Ministre.

Décision qui aurait dû, pour le moins, être annoncée dans le message a la Nation du 03 avril 2019. C’est à l’élu de s’adresser au pays dans les moments graves ou à l’occasion de prise de décisions aux conséquences lourdes.

Deuxième remarque dans la communication supposée devenir directe, le Premier Ministre, Secrétaire Général de la Présidence de la République et le Secrétaire Général du Gouvernement sont les porte-voix de Macky 2… la distance se creuse.

Dans ces conditions, il va falloir nous exercer à échafauder des hypothèses. Quelques invraisemblables qu’elles puissent paraître, il faut réfléchir et surtout agir vite !

Hypothèse une : faire oublier le dialogue promis, créer des conditions suffisamment traumatiques pour annihiler les effets du livre blanc promis par l’opposition qui tarde à reconnaître la légitimité du Président élu.

Bref détourner les attentions… « Faire naître une affaire dans l’affaire et au besoin une autre dans l’affaire et ainsi de suite pour faire oublier la vraie affaire » est une méthode usitée en politique. Plus c’est gros, et plus ça passe généralement.

Hypothèse deux : le Président Sall n’est pas satisfait de son Premier Ministre M. Dionne. Il pousse la torture au point de l’envoyer à l’échafaud se passer la corde au cou, lui-même et avec le sourire. Car, expliquer la suppression de son poste par la nécessité de rapprocher le Président de ses ministres pour une meilleure productivité et l’accélération de la mise en œuvre des programmes.

Cela veut dire que le Premier Ministre Dionne constitue un goulot d’étranglement, depuis des années. Il fallait juste le changer, pourtant ! Pour aller vite…fast tracking.

Hypothèse trois : le Président Sall veut tester, à l’entame de son dernier mandat, jusqu’où il peut pousser le bouchon, le plus loin possible… Dans l’hypothèse où sa réforme passe toutes les étapes sans aucune résistance et comme lettre à la poste, l’éventualité d’un troisième mandat commence à devenir envisageable, puis plausible. Puis possible. Puis faisable. Et puis…

Hypothèse quatre : le Président prend ses distances avec ses alliés et sa coalition du premier mandat. Il va les laisser aller aux locales et aux législatives sans son implication personnelle, la nouvelle nature du régime va lui faciliter la tâche.

Il aura le loisir de se reconstruire une nouvelle majorité de souteneurs présidentiels à la lecture des résultats qui sortiront des urnes.

Il anticipe donc sur une défaite possible de son camp comme le laisse prévoir la dynamique baissière des scrutins équivalents passés.

Ce qui se joue dans tous les cas de figure, c’est l’avenir de nos enfants. Le Sénégal n’est pas une principauté.

Depuis 59 ans, des générations d’hommes et de femmes ont posé, avec plus ou moins de bonheur, une brique après l’autre, pour mettre en place un système de conquête et de transmission du pouvoir respectueux des normes généralement admises comme étant démocratiques.

Allons-nous assister sans réagir à une remise en cause de l’esprit et de la lettre de nos institutions ? Juste pour les intérêts d’un homme ou de ceux de son clan ?

Nous sommes tous interpellés !

Enfin, avez-vous remarqué que le TER inauguré en grandes pompes durant la campagne électorale est au parking depuis ? Je suis presque en voie de gagner le pari qu’il ne sera pas ouvert au public avant 2020 et des poussières ! Je ne parle pas des dégâts collatéraux sur le cadre de vie des quartiers impactés. Au moins maintenant on saura que c’est le Président, et lui seul, qui en sera responsable ! De toutes les façons, si sept ans sont passés si vite, que reste t-il déjà de cinq ans ?

#Allonsrekk

« Jamais un Président n’a été aussi impitoyable envers des compatriotes »

Excellence, je profite opportunément du 32 ème anniversaire des événements des 13 et 14 avril 1987 qui ont abouti à la radiation des policiers pour vous adresser la présente correspondance, en espérant très vivement et c’est mon souhait le plus ardent, qu’elle vous trouve, votre épouse et vous, en très bonne santé.

Excellence, avec tout le respect que je vous dois en votre qualité d’ancien Chef d’Etat qui a eu le grand privilège de et l’insigne honneur de présider aux destinées de notre cher pays pendant 20 ans, je vous dirai tout de go et sans aucune précaution oratoire que de tous les Présidents de la République du Sénégal vous avez été celui qui aura pris la décision la plus inopportune, la plus mauvaise, la plus cynique, la plus inique, la plus injuste, et la plus inhumaine envers ses propres compatriotes.

Excellence, en effet, le 15 avril 1987 sur vos instructions fermes données sous le coup de l’émotion, de la peur et de l’affolement, les députés socialistes de l’époque ont procédé au vote de la loi 87.14 portant radiation des cadres des personnels des forces de police.

Cette mesure de radiation collective est intervenue à la suite des fameux événements des 13 et 14 avril 1987 que certains ont qualifiés de ‘’grève des policiers’’.

En effet, pendant ces deux jours, certains membres des forces de police basés à Dakar, une infime minorité et il est bon de le préciser,ont cru devoir occuper la voie publique pour manifester contre une décision de justice condamnant six de leurs collègues à des peines d’emprisonnement fermes.

En réalité cette manifestation inédite a été une véritable occasion pour protester contre les conditions de vie humiliantes et avilissantes qui étaient le lot quotidien des policiers.

Toutefois, le souci de la vérité qui me sert toujours de viatique ainsi que l’honnêteté intellectuelle m’obligent à reconnaitre et à dire que les policiers avaient enfreint les règles statutaires qui les régissaient. Bien que légitimes, leurs revendications n’auraient pas dû les amener à s’affranchir de leur statut.

Excellence, concernant la mesure de radiation proprement dite, comme cela a été de tout temps dénoncé, elle est foncièrement inconstitutionnelle en ce sens qu’elle a été prise par l’Assemblée nationale qui n’avait pas compétence en la matière si l’on part du principe que la radiation est une sanction disciplinaire et qu’il était dit dans la constitution en vigueur au moment des faits que le pouvoir de sanction appartenait à l’autorité investie du pouvoir de nomination.

Ainsi donc, il vous appartenait de prendre vos responsabilités pour sanctionner directement les présumés fautifs dont les droits de se défendre ont été allègrement bafoués.

Seulement par ponce-pilatisme , suivant en cela les conseils du puissant et incontournable Jean Collin, secrétaire général de la présidence d’alors, vous aviez transféré cette responsabilité aux députés socialistes.

Et nous nous rappelons tous, avec fierté, que les députés du parti démocratique sénégalais (PDS) avaient ostensiblement quitté l’hémicycle pour ne pas être témoins ni complices de ce qui apparait aujourd’hui, vu ses conséquences, comme un crime social.

Jusqu’au moment où j’écris ces lignes, les policiers radiés contestent votre décision enrobée d’une fausse légalité. Et contrairement à Blaise Pascal qui disait « il faut jamais dire au peuple que la loi n’est pas bonne ; il faut toujours lui dire qu’il faut y obéir parce que c’est la loi », nous policiers continueront à dénoncer votre loi scélérate jusqu’à ce que le dernier de vos victimes rejoigne les cieux.

Excellence, il a été ensuite demandé aux policiers de formuler individuellement une demande de réintégration, suprême humiliation. Des commissions ont été créées à l’effet d’examiner, semblait-il les dossiers cas par cas.

A l’issue des travaux de celles-ci, mille deux cent quarante sept (1247) policiers, tous grades confondus, ont été jugés ‘’indignes et inaptes’’ de servir l’Etat du Sénégal et ce après des dizaines d’années de bons et loyaux services pour son compte.

Par votre faute, des milliers de braves et valeureux agents ont été brutalement privés de toutes ressources, de tous moyens de subsistance. Des agents dont on ne pouvait apprécier à sa juste valeur la somme incommensurable de sacrifices de toute nature consentis durant leurs carrières.

Excellence, votre décision a eu des conséquences terribles et indicibles dans la vie de centaines de familles sénégalaises.

Jadis, ces pères de familles,leurs épouses et leurs enfants vivaient avec les soucis, les préoccupations, les joies et les peines quotidiens de n’importe quelle famille sénégalaise. Mais depuis votre décision injuste, cynique, inique et inhumaine que de péripéties, que de vicissitudes, que d’aléas !

Des familles jadis unies, joyeuses et harmonieuses se sont disloquées ; des enfants, ces êtres frêles, sans défense qui naguère fréquentaient l’école avec l’insouciance de leur âge fait de rêves les plus osés, ont été contraints d’abandonner le chemin du savoir, seul garant de l’avenir.

Des bébés prématurés ont grossi le taux de mortalité infantile. Des femmes parturientes ont rendu l’âme au moment où elles mettaient l’innocent sur qui le père radié espérait trouver une consolation.

La maladie pernicieuse, vicieuse et malicieuse, quelquefois dans toute sa virulence, conduira au cimetière des nourrissons, des enfants, des adolescents, des femmes et des hommes abandonnés à eux-mêmes parce que précipités brutalement et de la manière la plus lâche dans une situation de désarroi et de détresse jusque là inconnue, mais surtout insupportable.

Combien sont-ils à avoir été internés dans un centre psychiatrique pour avoir disjoncté parce s’étant retrouvés subitement en pleine déréliction dans un univers qui leur est devenu étranger.

Des femmes, jadis fières de leurs époux et attentionnées vis-à-vis de leurs progénitures ont subitement abandonné le domicile conjugal tout simplement parce qu’un ressort psychologique a été cassé.

Des cadavres ont séjourné dans des morgues davantage qu’il n’était nécessaire tout simplement parce que la misère et l’impécuniosité ne permettaient pas d’acheter le linceul et de procéder à la prière mortuaire dans les meilleures de décence.

Dois-je poursuivre cette évocation macabre avec le cas de M. Gningue, ce jeune officier ayant servi sous mes ordres et qui s’est suicidé en se jetant sous les roues d’un camion sur la route nationale non loin de Fatick à quelques encablures de Diouroup ?

De braves pères de famille, agents émérites qui ont combattu au prix de leur vie pour préserver l’intégrité du pays, pour faire face au banditisme se sont retrouvés à arpenter quotidiennement les rues, les boulevards, les venellestortueuses et autres recoins interlopes à la recherche de l’hypothétique pitance quotidienne.

Excellence, les faits précités sont graves et lourds de conséquences désastreuses et calamiteuses. Et celles-ci se font sentir jusqu’au moment où j’écris ces lignes.

Prenez le soin d’aller visiter les familles de policiers radiés, vous aurez l’occasion de mesurer l’amplitude de la détresse, du désarroi, du malheur et de la misère que vous y avez installés. Vous avez fait du mal, du tort à des hommes dignes, à des femmes valeureuses et surtout à des enfants innocents.

Votre conscience sera toujours perturbée par les échos des gémissements et les voix d’outre-tombe de milliers de Sénégalais ensevelis sout terre parce que morts de faim, de misère et d’angoisse par votre faute.

Excellence, les policiers radiés constitueront toujours votre mauvaise conscience. Nos progénitures qui avaient grossi le contingent de l’enfance déshéritée ont grandi pour relever le défi. Même ceux qui sont morts ont constitué le terreau fertile d’où a émergé un grand arbre dont les branches sont dénommées Honneur, Fierté, Dignité, Foi et Espoir.

Ce grand et majestueux arbre a produit des fruits qui, aujourd’hui, constituent autant d’hymnes de bravoure et de courage qui sont popularisés et chantés dans toutes les contrées du pays, du Walo au pays Bassari, du Ferlo à la verte Casamance.

Excellence, votre décision irréfléchie dictée par une panique injustifiée a porté un préjudicie énorme à la Police en tant qu’institution.

De par votre faute, votre irresponsabilité et votre manque de maîtrise et de sérénité, vous avez fait perdre à la Police des cadres parmi les meilleurs d’Afrique ; vous avez fait perdre à la police son âme et la Police ne s’est jusqu’à présent pas relevée de ce drame. Le déficit structurel des effectifs résulte de votre décision inhumaine et assassine.

Plus grave et plus dangereux, vous aviez instillé dans l’esprit de certains policiers mentalement fragiles un complexe d’infériorité par rapport à leurs collègues des autres corps qui, Dieu sait, ne sont ni plus compétents professionnellement ni plus utiles socialement.

Excellence, sachez que les policiers radiés que le gouverneur Malick BA avait traités de mauvaises graines, se sont montrés à la hauteur tant au niveau de la Police municipale, aujourd’hui disparue, que dans la Police nationale où leur compétence, leur professionnalisme et surtout leur moralité ont été bien appréciés.

Ils étaient très loin de l’ivraie. Ils avaient simplement eu le tort d’être des agents avertis, réfléchis, conscients de leur devoir mais surtout de leurs droits.

On leur reprochait, pour la plupart, d’être des intellectuels, des têtes pensantes. Pour votre information, sachez qu’ils ne sont plus que trois en activité sur les 1247 que vous aviez radiés sans le moindre état d’âme.

Excellence, vous avez les salutations fraternelles de deux policiers radiés. D’abord celles du vieux brigadier-chef Mandoumbé DIAW, polygame domicilié à Grand Dakar.

Il m’a chargé de vous dire qu’il est atteint de cécité depuis bientôt 28 ans. Sa seule activité est de s’asseoir devant sa maison et de voir défiler le film de sa vie à la fois tragique et dramatique.

Il m’a prié et chargé de vous mettre au fait que malgré l’abysse visuel dont il souffre du fond de son âme et de sa chair, votre image s’est incrustée par effraction dans sa rétine non fonctionnelle et qu’il en pâtit énormément.

Ensuite celles du brigadier Alioune CAMARA, qui vous fait savoir qu’il vous tiendra toujours comme le responsable du décès de son épouse qui, parce que n’ayant pu supporter la présence d’un huissier accompagné de la force publique pour procéder à leur expulsion, a fini par se suicider suite à un affaissement mental aggravé.

Excellence, je ne saurais terminer sans vous dire qu’à travers l’aménité du Président Macky SALL dont on dit que vous êtes le précepteur et le coach, vous êtes en train de bénéficier et de jouir indûment d’un traitement princier financé par l’argent du contribuable Sénégalais dont les impôts tirés des maigres pensions de retraite des policiers radiés.

En toute honnêteté et beaucoup de Sénégalais le pense, vous ne méritez pas les faveurs, les avantages ni les privilèges qui vous sont accordés chaque fois que vous séjournez dans notre cher pays où vous n’avez même pas daigné acquérir ne serait-ce qu’un appartement, faisant montre d’un mépris total, inexplicable, injustifiable, inqualifiable et inacceptable vis-à-vis de ce brave peuple de gorgorlous qui vous aura tout donné.

Avec tout le respect que je vous dois, vous avez été ingrat et ne méritez aucune sollicitude ni reconnaissance de notre part.

Excellence, l’histoire témoignera et la postérité retiendra que le deuxième Président de la république du Sénégal, monsieur Abdou DIOUF a marqué indélébilement au fer rouge la vie de milliers de Sénégalais.
Les policiers radiés n’oublieront jamais ; qu’Allah Le Tout-Puissant vous pardonne.
Dakar le 11 Avril 2019

Boubacar SADIO

Commissaire divisionnaire de police de

Classe exceptionnelle à la retraite.

Macky incapable du meilleur (Par Mody Niang).


De cet homme, ce politicien pur et dur, je n’ai jamais rien attendu,… de meilleur. Il en est incapable. Nous ne devons quand même pas oublier qu’il a été allaité par le vieux président-politicien pendant huit ans avant d’être sevré !

Il en a hérité les pires défauts, et pas une seule qualité. Il est vrai qu’on en trouve difficilement une seule chez son ex-mentor.

Votre excellent chroniqueur a insisté à juste titre sur le plus vilain de ses défauts : le mensonge. Il ment, il ment sans état d’âme, sans gêne.

Toute sa longue gouvernance de sept ans est jalonnée de « wax waxeet », au point que sa parole ne vaut plus un kopeck.

Une expression wolof consacre le manque total de confiance dans sa parole par les populations. C’est celle-ci : « waxi Maki, du ma ci dóor sama doom ».

Comment peut-on croire un seul instant que cet individu puisse changer, en bien naturellement puisqu’il est déjà le mal ?

Ces derniers jours, j’ai échangé avec des amis qui voulaient me convaincre que l’individu pouvait mettre à profit son second mandat pour rectifier ses erreurs du premier mandat. D’abord, de mon point de vue en tout cas, on ne peut pas parler d’erreurs le concernant.

Toutes ses initiatives considérées comme des erreurs procèdent de choix délibérés qu’il a toujours revendiqués. Et puis, des erreurs, on les regrette. Or lui, persiste dans ses choix.

Pendant que certains de nos compatriotes vraiment optimistes s’attendaient à un « gouvernement resserré », à un « gouvernement de mission », il a formé un gouvernement de 32 membres et trois secrétaires d’Etat.

Un gouvernement avec des ministères-bidons, parfois des coquilles carrément vides. Et ce ne sera sûrement pas tout : le pire est devant nous.

Il lui faudra recaser les ministres remerciés et de nombreux autres membres de la coalition gagnante, qui réclament haut et fort leurs parts du gâteau, ayant contribué à la victoire acquise dans leurs localités respectives.

Personne ne peut le leur reprocher car ils savent que le critère privilégié par le président-politicien n’est point la compétence ou autres qualités, mais la victoire dans sa localité.

Les nouveaux ministres et autres promus – et DIEU sait qu’il y en aura – travailleront davantage pour gagner demain dans leurs localités, que pour faire avancer le secteur qui leur a été confié.

Comment peut-on donc faire confiance à un tel homme et attendre de lui quelque rupture que ce soit ? Il est ce qu’il est et le restera.

La preuve la plus palpable, c’est la nomination de ce Cheikh Oumar Hanne en qualité de ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de l’innovation.

Oser bombarder cet individu à un tel niveau de responsabilité ou à quelque autre que ce soit, c’est manquer manifestement de respect au peuple sénégalais.

La presse fait état de casseroles qu’il traîne, casseroles qui sont quantité négligeable si on les compare aux nombreuses autres forfaitures révélées par l’OFNAC dans son dossier entre les mains du Procureur de la République.

Je suis bien placé pour être aussi affirmatif, car je n’avais pas encore démissionné de l’Office quand ses graves indélicatesses étaient en cours de traitement.

Il faut vraiment être un Macky Sall pour oser faire de ce Cheikh Oumar un ministre de la République. Il faut aussi être un Cheikh Oumar Hanne pour oser accepter ce poste, rencontrer ses compatriotes et les regarder les yeux dans les yeux. Sa place est à Reubeuss, et non dans un gouvernement.

Un jour ou l’autre, le président-politicien devra répondre, devant l’histoire, de nombreuses forfaitures dont, en particulier, cette nomination insoutenable

Le Président Macky Sall est mal (re)parti. (Par Cheikh Tidiane Dieye)


Je ne m’attendais pas à un miracle en ce qui concerne le premier mandat du Président Macky Sall. Il l’a démarré avec un projet politique peu ambitieux et des hypothèses approximatives sur les véritables urgences du Sénégal en matière de transformation.

Il a tout misé sur l’infrastructure matérielle pour réaliser son projet d’émergence, en recourant à un emprunt massif et en pensant que le développement se réduit à un squelette d’indicateurs macroéconomiques.

C’est pourquoi de Yoonu Yokkuté, il est passé au PSE sans parvenir à desserrer les contraintes structurelles qui plombent son action dans l’économie nationale.

Il a négligé l’infrastructure immatérielle, par choix raisonné ou par ignorance, et a, finalement, échoué à construire un citoyen responsable, imbu des valeurs de la République et conscient de son rôle en tant qu’acteur à la base de tout développement.

Il a fermé les yeux, pendant sept ans, sur toutes les entreprises de prédation économique, les actes de corruption, la forte politisation de l’administration et l’affaissement de l’autorité de l’Etat.

Il a promu la transhumance, toléré les contrevaleurs et garanti l’impunité à ses partisans cités dans les rapports des organes de contrôle tout en humiliant ses adversaires politiques.

Comme si le Sénégal n’avait ni Etat ni autorité capable de faire respecter les lois et les règlements, Il a laissé le désordre et l’indiscipline s’installer dans tous les segments de la société. La corruption a gangréné les structures administratives jusque dans les interstices, au point de devenir systémique et banalisée.

Mais autres temps, autres mœurs. Lors de sa prestation de serment et à l’occasion de son message à la Nation du 3 avril 2019, il a annoncé, en filigrane, vouloir tourner la page de son propre passé et ouvrir un nouveau chantier placé sous le signe de la restauration des valeurs civiques, du vivre-ensemble, de l’éthique, de l’ordre et de la discipline.

Il semble avoir découvert, après sa réélection, que ce pays avait fini de toucher le fond au plan de sa morale sociale et politique.

Il donne l’impression de découvrir qu’aucun développement n’est possible dans l’incivisme et le désordre.

Il ouvre les yeux, en fin, sur une vérité impossible à ignorer: en matière de gouvernance, aucune action n’est durable si son substrat n’est pas l’éthique.

Certains ont applaudi en l’entendant énoncer ses nouvelles résolutions. Je ne me suis pas forcément réjouis en ce qui me concerne.

Car, même si je nourris toujours le vœu de le voir devenir le Président que j’attends de lui, j’ai passé l’âge où je pouvais me laisser prendre, par naïveté, à des intentions sans épaisseur. Je ne prends plus personne au mot. Je ne juge plus que par les actes.

Or les actes qu’il vient de poser révèlent deux vérités. D’une part, que son appel au dialogue manque de sincérité, et d’autre part que sa volonté déclarée de promouvoir l’éthique dans la conduite des affaires publiques ne va pas au delà du discours qu’il a prononcé le 3 avril.

Ces actes suffisent à démontrer que le Macky Sall d’hier est encore celui d’aujourd’hui. Il sera probablement celui de demain s’il ne change pas de cap.

Le premier acte concerne sa décision de supprimer le poste de Premier Ministre. Il s’est donné le droit de décider tout seul d’une réforme constitutionnelle aussi importante que la suppression du poste du Premier Ministre, avec toutes les conséquences d’une telle décision sur l’ordonnancement institutionnel et la cohérence constitutionnelle qui doivent fonder la République.

Il n’a nullement senti le besoin ni n’a eu la sérénité d’attendre le dialogue auquel il a appelé pour mettre cette question en débat et donner aux acteurs politiques et aux forces vives la possibilité de donner leur avis.

Que Senghor ait fait la même chose il y a 50 ans ou Abdou Diouf il y a 30 ans ne justifie nullement un tel passage en force. Le monde de Senghor ne doit pas être celui de Macky Sall.

N’en faire qu’à sa tête; ne prendre en compte que ses propres intérêts politiques et ne compter que sur sa majorité parlementaire mécanique pour tripatouiller la Constitution à sa guise est contraire à tous les principes d’une gouvernance démocratique et vertueuse.

L’unilatéralité de cette décision et sa rapidité cachent forcément des desseins inavoués, peut-être inavouables.

Rajouter les pouvoirs du Premier Ministre à ceux déjà exorbitants du Président de la République conduit inéluctablement à un mastodonte présidentiel.

Or la « surprésidence » ou la « superprésidence » conduisent toujours à la « malprésidence ». C’est ce que nous vivons depuis l’indépendance du Sénégal, avec le résultat que l’on sait.

Peut-être a t-il besoin de régler des problèmes politiques internes à son parti en évitant de nommer à cette fonction un cadre qui pourrait se sentir pousser des ailes et déclencher prématurément la guerre de la succession en se positionner comme dauphin. Oublie t-il qu’un bon leader ne devrait pas avoir peur de préparer sa succession en laissant éclore, sous son ombre, les hommes et femmes qui possèdent l’éthique et la compétence nécessaires pour devenir les dirigeants du futur?

Il y a plus grave encore dans sa décision. Si dans quelques semaines, voire quelques mois, sa volonté devait s’exercer, débouchant sur la démission du Premier Ministre, c’est tout le Gouvernement qu’il vient d’installer qui démissionnerait également, car aux termes de la Constitution, la démission ou la cessation des fonctions du Premier Ministre entraine la démission de l’ensemble des membres du Gouvernement, eu égard à la nature collégiale et solidaire du Gouvernement.

La mise en œuvre de sa décision ôterait au peuple sénégalais un attribut constitutionnel important.

La suppression du Premier Ministre change la nature du régime et enlève au peuple la prérogative d’engager la responsabilité du gouvernement par un vote de confiance ou une motion censure contre le Gouvernement, prérogative qu’il exerce à travers ses représentants.

Même si le Premier Ministre est nommé par le Président de la République, et qu’il peut être révoqué par lui à tout moment, il n’en demeure pas moins qu’il dispose de nombreux pouvoirs que lui confère directement la Constitution.

S’il n’y a plus de Premier Ministre, le Président de la République accepterait-il de se mettre directement devant l’Assemblée nationale et engager sa responsabilité et celle de son Gouvernement?

Sera t-il responsable devant l’Assemblée nationale dans les mêmes termes que ceux prévus dans les Articles 85 et 86 de la Constitution?

Fera t-il lui-même la Déclaration de politique générale avant de se soumettre au vote de confiance des Députés? Dans quel scénario serait le Sénégal si la majorité parlementaire devait sortir de l’opposition en 2022?

Tant que le Président Sall n’aura pas donné de réponses claires à ces questionnements et les mettre en débat de manière ouverte et inclusive, toute action de sa part dans le sens qu’il indique relèverait d’un autoritarisme d’une autre époque et révèlerait, s’il en était encore besoin, son visage de bourreau constitutionnel et fossoyeur de la démocratie.

Le second acte déroutant qu’il a posé, en contradiction avec la parole énoncée, concerne la nomination du nouveau Ministre de l’enseignement supérieur. Ce dernier a été épinglé par l’OFNAC qui l’a nommément cité dans son Rapport 2016.

L’institution anti-corruption a recommandé, après des enquêtes, que l’ancien DG du COUD soit relevé de ses fonctions et que la gestion d’aucune entreprise publique ne lui soit plus jamais confiée. Cela, sans préjudice d’éventuelles poursuites judiciaires à son encontre.

C’est cet homme qui vient d’être porté à la tête du Ministère de l’enseignement supérieur dont le budget est de 195 287 174 705 FCFA.

Pour quelqu’un qui veut convaincre que l’exemplarité des dirigeants sera désormais le seul leitmotiv et que l’éthique et la gestion vertueuse seront les seules balises de l’action gouvernementale, c’est plutôt mal parti.

Que dis-je? Mal reparti.

Cheikh Tidiane Dieye

Macky Sall : Dans la logique d’un choix politique


Il vient d’être réélu pour un second mandat, devant s’expirer en 2024. Après une analyse de contenu sur notre Premier Magistrat, force est de reconnaître que l’homme est resté toujours le même.

Refusant et réfutant, dès les premières heures de son accession au pouvoir en 2012, le Président de tous les sénégalais qu’il est, semble allergique aux contradictions et autres visions qui caractérisent l’essence même de la démocratie.

Et en pleine fougue de son style, bousculant tout sur son passage, dans des procédés antinomiques et antipodes aux valeurs démocratiques, le  » Roi  » de la Cour de la Coalition Ben Bokk Yaakar; a conduit son navire à << bon port >>.

Du référendum aux urnes du 24 Février 2019, jusqu’à la proclamation des résultats par un Conseil Constitutionnel pas du tout exempt de couacs et déconvenues, sans oublier ce fameux parrainage de l’illégalité… tout un processus taillé sur mesure, au bénéfice de l’ex-candidat de La Majorité.

OPPOSANTS ET TRANSHUMANTS

Les hirondelles du landernau politique de notre opposition, en perpétuelle quête printanière que sont le pouvoir et ses avantages sociaux,, et leurs transhumants ont facilité la tâche aux gouvernants, afin que ces derniers puissent accomplir leurs forfaits.

Rien n’est plus lugubre que d’accepter un système de parrainage, sans détenir, par devers-soi-même le fichier électoral officiel.

Aller à l’aveuglette vers des soi-disant parrains, ignorant totalement s’ils figurent ou non dans ce fichier, ne peut dépasser l’aventure d’un aveugle, de surcroît sourd et muet. Evidemment, ce culte d’ego eut pris le dessus sur une réal-politique bien patente.

Quant aux transhumants, en fin homme politique, sachant, comme disait un ancien Chef d’Etat sénégalais :  » ….ce que vaut chaque citoyen de ce pays …! « , le Président Sall s’est bien joué d’eux.

Il lui a tout simplement suffi d’attirer vers son camp des ténors comme Abdoulaye Baldé du Sud, Aïssata tall Sall du Fouta, Fada de Darou Mousty et Souleymane Ndéné Ancien Premier Ministre, — pour ne citer que ceux-ci— , les presser comme du citron, avant de les laisser en rade, concernant ce premier gouvernement de son second mandat.

Mais, comme il a l’habitude d’agir en de telles circonstances, bientôt bonjour à des postes de << sèche-larmes>> ( Conseillers, DG, PCA, Chargés de Mission et autres ) viendront en consolation.

SEUL AUX COMMANDES

Aujourd’hui, le Président Macky Sall peut dormir tranquillement, après avoir réussi son coup historique.

A lui seul, il a su manœuvrer à sa guise.,qu’importent les réactions futures et les éclaircissements d’analystes ou observateurs avertis,et obtenir ce qu’il voulait.

Un second mandat. Présentement, les coudées franches, il va très prochainement vers la suppression de la Primature. Ce qui affaiblira de facto, ou même anéantir,le pouvoir législatif.

Donc, il est désormais tout seul devant son tableau de bord, sous la complicité d’une certaine magistrature refusant son indépendance, et, de certaines forces coutumières et religieuses dont on ne sait, quel qualificatif, en bien ou en mal, les affliger.

Quant à notre argentivore presse, dans sa grande majorité, elle a tristement joué sa partition, jetant aux orties éthique et déontologie. Bref ! Où va le Sénégal ?

Ce faisant, Cinq (05) ans encore d’interrogations, et l’avenir nous dira. Car, présentement, nous faisons partie de ceux qui croient mordicus, que le libellé de la Constitution sur les durées du mandat présidentiel, souffrent d’une certaine ambiguïté. Et les membres de notre Conseil Constitutionnel sont des adeptes de la subtilité.

Elhadj Yvon Mbaye
Journaliste-formateur
Tel : 77 179 19 38

Parlons sérieusement ! Par Amadou Tidiane Wone

Il va falloir que les différentes coalitions se donnent les moyens d’analyser en profondeur ce phénomène grandissant d’éloignement des citoyens de la chose politique – Ne prenons pas cette césure à la légère 

Depuis la proclamation officielle des résultats de l’élection présidentielle, nous avons respecté la trêve républicaine. Nous avons attendu, dans le recueillement, le déroulé des mécanismes institutionnels consécutifs à l’élection du Président de la République. Nous avons assisté, sagement, au défilé du 04 avril en hommage à nos Forces de Sécurité et de Défense.

La fête a été belle… Tout cela cependant, en restant des observateurs attentifs des variations dans le discours de certains néo zélateurs, voire des appels du pied insistants, voire indécents, des nombreux aspirants à des strapontins gouvernementaux ou autres… Tout cela en regardant, amusés, les coups de coude que commencent à se donner, déjà ( ?) les nombreux « alliés de circonstances… » Si ces signaux persistent, le quinquennat risque d’être long et tumultueux pour certains…

En attendant d’y voir un peu plus clair, à la faveur de la mise en place progressive des équipes du second et dernier mandat, un coup d’œil furtif dans le rétroviseur s’impose. Regarder dans le rétroviseur ce n’est pas regarder en arrière,  vers le passé. Ce serait plutôt une précaution pour engager l’avenir. Le rôle du rétroviseur c’est, en effet, de prévenir les erreurs à venir par une exacte photographie des fautes de conduite pouvant surgir de l’arrière (du passé ?) Pour mieux aller de l’avant.

Les résultats sortis des urnes le 24 février 2019 ont révélé, encore une fois, que le Peuple sénégalais n’est pas, majoritairement, à l’image des foules hagardes, transportées de meeting en meeting, moyennant espèces sonnantes et trébuchantes. Notre peuple n’est pas, non plus, à l’image de ce Sénégal médiatisé, artificiel et mal occidentalisé, qui s’épuise en imitations caricaturales d’un modèle décadent.

Notre Peuple, majoritairement silencieux est très mature. Croyant mais non servile. Profondément attaché à ses Guides religieux, il garde sa liberté de se choisir des dirigeants  dans l’ordre temporel. On le voit aux résultats, même biaisés par la corruption et autres méthodes déloyales, l’électeur sénégalais ne se laisse pas distraire lorsque vient l’heure de s’exprimer sur son choix d’avenir. Ayant dit leur fait et, comme d’habitude, les sénégalais ont continué à vaquer à leurs occupations.

Tout en sachant exactement le sens de leur vote. De mon point de vue, le défi lancé à toute la classe politique est celui-ci : comprendre le message du Peuple et aller dans le sens de ses aspirations  profondes. Politiquement, la majoritéabsolue qui s’est dégagée le 24 février au soir n’est pas celle que l’on croit. Pour preuve, ni le camp du Président élu, ni celui de l’opposition n’ont eu le cœur ou une raison de se réjouir, de fêter ou de déferler dans les rues. Car les résultats renvoient, dos à dos, les offres politiques présentées avec un certain avis de recevabilité à celle formulée, pour une première tentative, par le benjamin des candidats Ousmane SONKO. Prime à la jeunesse et à la nouveauté ? Ousmane SONKO devra faire la preuve de son ancrage, dans la durée, pour devenir la locomotive d’une relève générationnelle inéluctable.
Parlons un peu des résultats du 24 février 2019 :

Le Président Macky Sall a été réélu à 58,26% des suffrages valablement exprimés. Soit 2.555.426 voix. On peut considérer qu’il a fait le plein des voix qui lui sont favorables. Le nombre de suffrages valablement exprimés est de 4/386.139 voix. Le total des voix de l’opposition  est de 1 830 713 voix. Soit autour de 41,73%. Même si le taux de participation est qualifié « d’exceptionnel », 66,27%, le nombre de sénégalais qui se sont abstenus est trop important pour laisser indifférent : 2.254/363 citoyens sur les 6.683.043 n’ont pas voulu, ou n’ont pas pu, exercer leur devoir civique. Cette situation mérite d’être analysée en profondeur, ce qui n’est pas mon propos ici.

Cependant, et en attendant que des voix plus autorisées analysent les implications possibles, en termes de probabilités du vote du « Parti des abstentionnistes », quelques remarques de bon sens s’imposent :
Lorsque l’on additionne le total des voix de l’opposition aux voix de ceux qui se sont abstenus, on obtient : 4.085.076 voix qui ne se sont pas portées sur le Président Macky SALL, élu le 24 février 2019. Même si rien n’indique que les voix de l’abstention se seraient portées sur l’un des quelconques candidats de l’opposition, la certitude est qu’elles ne se sont pas portées sur le Président élu. Ainsi, plus de 4.000.000 de sénégalais, en âge et en droit de voter, n’ont pas accordé leurs suffrages au Président Macky SALL.

Autrement dit, la majorité des électeurs n’a pas voté pour le candidat élu ! Ceci est un fait qui expliquerait, entre autres, le silence assourdissant consécutif à la victoire du Président Macky SALL. Un silence de plomb qui dure et qui devrait nous interpeller et nous faire réfléchir sur notre « modèle démocratique » qui semble à bout de souffle et qui doit nécessairement se réinventer. Un sujet pour la concertation ou le dialogue national ?  
Inversement, les voix abstentionnistes (2.254.363 ) sont supérieures aux voix cumulées de l’opposition (1.830.713), cela peut signifier une défiance vis-à-vis des offres politiques alternatives présentées ou alors d’une lassitude générale qui gagne de plus en plus les citoyens de notre pays.

Ce signal est préoccupant. Il va falloir que les différentes coalitions se donnent les moyens d’analyser en profondeur ce phénomène grandissant d’éloignement des citoyens de la chose politique. Sinon, ils pourraient répondre à l’appel de sirènes malfaisantes…

Ne prenons donc pas cette césure à la légère. Car, et comme bien souvent dans notre pays et sur des sujets importants, les bavardages sans lendemains risquent de nous boucher l’horizon. Pour dire que, quant au fond les maux du Sénégal se résument en un seul mot : SÉRIEUX ! Parlons-nous sérieusement.  Abordons les questions, des  plus compliquées aux plus simples…sérieusement. Mettons en œuvre les solutions sérieusement. Prenons au sérieux les tâches qui nous sont confiées au service du pays.

Arrêtons les flagorneries, le culte de l’apparence et le goût du gain facile. Ne confondons pas ruse et intelligence créatrice. Redéfinissons les paramètres de la « réussite »… Tempérons les ardeurs  des flatteurs, des opportunistes, des menteurs, des tricheurs…. Soyons SÉRIEUX et tout ira mieux ! Ce message s’adresse aux élites dirigeantes, aux fonctionnaires, aux juges, aux chefs d’entreprises de presse, à certains guides religieux… Principalement. A nous tous. Collectivement.

Nous restons, quant à nous, dans le sens de l’Histoire des Résistances séculaires de notre Nation : une profonde aspiration à l’Indépendance, la vraie ! une quête constante de dirigeants vertueux, patriotes et ambitieux, au-delà de tous les possibles. Des dirigeants qui participeront à effacer les frontières entre pays africains pour ouvrir des espaces économiques et politiques forts, capables de défendre l’homme noir lorsque, humilié sur des terres où il a été transplanté, par la force ou par la nécessité, il cherche du regard la terre mère.

Nous croyons en une Afrique nouvelle, décomplexée et conquérante. Et nous avons foi. Car les bourgeons de nos espérances commencent à défier le temps et annoncent la saison imminente des cueillettes victorieuses. Un dialogue sérieux permettrait d’arroser abondamment les plants pour demain ! Est-il raisonnable de le refuser par avance ?
Enfin, nous félicitons le Président élu Macky Sall, suite à sa prestation de serment. Nous faisons partie des 4.000.000 de sénégalais qui n’ont pas voté pour lui. Nous ne lui souhaitons pas pour autant d’échouer. Dans la configuration actuelle du « système », il a, en effet,  gagné. Le reconnaitre ce n’est pas une capitulation. Juste du réalisme.

Lors de son premier mandat pour lequel nous n’avions pas voté pour lui non plus, nous avons régulièrement exprimé, à visage découvert, nos points de vues, différents et bien des fois divergents. Dans le strict respect des convenances républicaines. Et nous ne nous sentons pas seuls parmi 4.000.000 d’électeurs sénégalais ne l’ayant pas choisi. Mais, et le Président Macky SALL l’a dit, le Président de La République ayant prêté serment « devant Dieu et devant les hommes », est celui de tous les sénégalais.

Il devra, plus que par le passé, en administrer la preuve en passant de la parole aux actes au cours de son dernier mandat. Et d’abord en respectant sa parole de convier le pays à un dialogue inclusif, franc, transparent et sincère. A l’entame de son dernier mandat, il doit cependant donner des gages. Car nul ne peut effacer de notre mémoire les péripéties du septennat précédent. Même s’il n’est plus nécessaire de rabâcher des détails connus de tous. Mais le Président de la République et ses plus proches collaborateurs savent que, tant l’opposition que de larges franges de la société civile et de la classe politique ont exprimé, par toutes les modalités possibles, leurs avis à toutes les étapes du processus ayant mené au référendum, puis au parrainage, puis à l’élection présidentielle…

Mais l’obsession du second mandat avait été au dessus de toute autre considération. Un immense fossé s’est donc creusé entre le Président de la République, ses alliés et l’opposition fortement malmenée par des poursuites judiciaires, des interdictions de manifester et toutes sortes de vexations peu républicaines. Il va donc falloir rassurer et restaurer la confiance pour rendre crédible l’appel au dialogue. Si la volonté d’aller de l’avant est réelle, le Président de la République doit prendre des initiatives de rapprochement avec les leaders les plus représentatifs de l’opposition sénégalaise.

Ils sont identifiables par les résultats obtenus aux dernières élections présidentielles. En sus d’autres critères de pondération pour atteindre un quorum suffisamment représentatif. Des démarches préparatoires pourraient être engagées par des personnalités consensuelles ayant à cœur les intérêts supérieurs du Peuple sénégalais.  Il en existe encore. Des termes de références, sur la portée et le champ d’application des accords issus du dialogue, devraient être rendus publics après avoir été partagés avec les différentes forces vives de la nation dans des délais de consultations contraignants.

Alors, si la volonté du Président élu est de rentrer dans l’Histoire, il sait exactement ce qu’il lui reste à faire. Ce dernier mandat lui donne l’opportunité de corriger les nombreuses distorsions du septennat précédent. Il lui revient d’être le Président de tous les sénégalais et non essentiellement celui de l’APR, de la coalition BENNO ou des 2.500.000 sénégalais qui lui ont accordé leurs suffrages. Cela étant dit, et en politique, le sens de l’initiative ne doit pas être laissé qu’au Pouvoir. L’opposition doit jouer son rôle de proposition et d’anticipation suite aux âpres adversités  de la campagne électorale. 

La coalition Idy2019  et Sonko Président regroupent les principaux leaders de l’opposition. Ces regroupements doivent anticiper sur les termes de références d’un éventuel dialogue politique. Ils doivent prendre au mot le Président de la République et avancer des propositions concrètes en prenant l’opinion publique nationale et internationale à témoin. Car la nature a horreur du vide. A défaut, il sera toujours loisible au Président et à ses alliés de remplir une salle et de dérouler un « dialogue sur mesure » si les leaders confirmés par les urnes le 24 février 2019 répondent absents. N’oublions pas que 300 partis politiques légalement constitués hantent le Sénégal et que la légalité ne s’encombre pas souvent de légitimité.

Pour ce qui nous concerne, nous reconnaissons au Seigneur des Mondes la Puissance d’accorder à qui Il veut la responsabilité de la conduite des affaires de ce monde. Lui,  n’impose cependant à personne de taire ses points de vues ni de ne point les défendre. Que ce droit nous soit reconnu et que le dialogue tant attendu et tant de fois avorté se tienne enfin… Sérieusement ! Dans la Vérité et dans la Droiture.
Pour le Sénégal ! Pour nos enfants !

Suis-je assez candide pour encore croire à un serment d’ivrogne ? (Par Alassane K. Kitane)

Pourquoi les peuples aiment se faire arnaquer ? Comment peut-on accorder du crédit à la prestation de serment d’un homme qui n’a jamais tenu parole ? Comment peut-on banaliser une si grande imposture dans une démocratie ?

Comment peut-on organiser un si grand faste après avoir organisé une élection de façon si honteuse dans un pays qui a une tradition de transparence jadis saluée par tout le monde ?

Un des artifices le plus répandu du criminel, c’est de toujours mobiliser tout le potentiel qui sommeille en lui pour paraitre ingénu et innocent devant ses victimes et autres témoins.

Après avoir exilé et emprisonné des adversaires redoutables ;

après avoir exilé des électeurs (des amis résidant à Thiès ont été miraculeusement exilés à Touba pour qu’ils ne votent pas) ;

après avoir permis (méprisable ségrégation d’un ministre de l’intérieur) à tous ses militants d’avoir leur carte d’électeur ;

après avoir frauduleusement invalidé le parrainage de certains opposants et après avoir grossièrement triomphé d’une élection piégée, on cherche à se faire une légitimité en organisant une si grand-messe !

Peine perdue ! Rien ne sauve l’autocrate de la censure morale si ce n’est le repentir politique. Tout ce faste n’ était pas nécessaire, mais il est révélateur d’un état d’esprit : construire artificiellement la grandeur.

La grandeur a ceci de fâcheux qu’elle se venge des imposteurs : elle devient toujours plus grande, même quand celui en qui elle s’incarne fait des choses simples ; symétriquement, on devient toujours plus petit lorsque, sans gradeur, on tente de grandes choses.

La différence entre le spectacle clownesque et l’évènement héroïque réside dans la légitimité et l’authenticité des actes posés. Les grands hommes ne cherchent pas à entrer dans l’histoire, c’est cette dernière qui cherche à s’incarner dans leurs œuvres pour accomplir sa providence.

Pour un histrion par contre, la chose est bien différente : il s’accroche aux fragiles falaises de la falsification pour instaurer le règne du faux, mais l’histoire finit toujours par les démystifier.

On ne peut pas appeler à un consensus après avoir unilatéralement brisé le consensus qui avait cours depuis 1992 et ce, dans le seul but de se faire réélire.

On ne peut pas lâcher les forces de l’ordre pour étouffer toute forme de manifestation contestataire de l’opposition et la convier si malhonnêtement à une cérémonie d’essence républicaine.

On me reprochera de manquer d’esprit républicain et de banaliser la prestation de serment d’un Président nouvellement réélu.

Je répondrais volontiers que quand la république est inféodée à une oligarchie ou à un clan, ne pas être républicain devient une vertu cardinale pour sauver la république.

Macky Sall a pris la responsabilité de rompre un consensus presque sacré sur le processus électoral, il l’a tout bonnement apprivoisé pour assouvir sa soif de pouvoir, il n’a qu’à assumer seul son choix.

Les hommes de conviction continueront à se battre jusqu’à ce que le peuple comprenne suffisamment la gravité de la torpeur et de la décadence démocratique dans laquelle on l’a plongé et agisse en conséquence.

Notre démocratie doit grandir au lieu de retourner en arrière, nous devons dépasser les enfantillages politiques consistant à créer artificiellement des crises pour ensuite appeler au dialogue afin de débloquer la situation : c’est du cynisme primitif très franchement.

En décidant de retourner à l’ère et aux méthodes de Diouf pour gouverner en 2012, Macky Sall a trahi, et le peuple, et les luttes politiques que nous avons menées depuis des siècles.

Ce qu’on attend de lui, ce n’est pas ce dialogue folklorique et cette manie à entretenir une démagogie politique, c’est plutôt la gouvernance normale dans une démocratie normale.

Briser des carrières, instrumentaliser la justice, assujettir les intuitions de financement de la femme et de la jeunesse à es calculs politiciens, faire la promotion sulfureuse de la transhumance dans le seul but de gouverner, corrompre les contre-pouvoirs, c’est avouer qu’on n’est pas républicain.

Cette façon sauvage de gouverner ne peut avoir d’autres réponse que la façon sauvage de s’opposer : qu’on ne vienne donc pas, sous le couvert de la société civile, nous faire la morale.

Alassane K KITANE
Professeur au Lycée Serigne Ahmadou Ndack Seck de Thiès
Président du Mouvement citoyen LABEL-Sénégal

Non Monsieur Pape Oumar Sakho, un Juge ne doit pas dire ça (Par. Dr Christian N. MINGOU)

Surpris est le sentiment qui m’a animé en écoutant le discours du Juge Pape Oumar Sakho, Président du Conseil Constitutionnel sénégalais, lors de l’investiture du Président Macky Sall de ce 02 avril 2019.

Monsieur le Juge, vous avez dit « avec ce fort taux de 58% », parlant du score de réélection du Président » ! Non, Monsieur le Juge, ce n’est pas à vous de commenter ce score que vous pouvez cependant bien rappeler dans votre discours.

Le qualifier ainsi (de « fort »), je dirai même l’apprécier, est pour moi une prise de position, qui doit appartenir aux analystes et pas à vous les Juges, censés vous limiter aux faits, sans les commenter vraiment ou apprécier, surtout publiquement.

Ensuite vous avez parlé d’une « participation rarement égalée » à propos des 66% de participation au scrutin. Non Monsieur le Juge, cette participation n’a rien d’exceptionnel au Sénégal.

Le Sénégal indépendant a même connu des taux de participation à plus de 90% (95% en 1968 et 97% en 1973). Et récemment, en 2007, il a été de 71%, lors de la réélection de Wade.

Il en est de même du score de 58% qui n’a rien de « fort », car par le passé, des présidents ont été élus ou réélus en un tour avec des scores nettement plus élevés (Senghor l’a toujours été entre 1963 et 1978 et Diouf a eu 84% en 1983, 73% en 1988 et 58% en 1993). Même les 56% de Wade en 2007 sont plus méritants, si l’on contextualise, que ces 58% ; puisque le scrutin l’ayant opposé à 14 autres candidats (contre 4 seulement pour Macky), dont les partis les plus représentatifs (Rewmi, PS, AFP…).

Cela dit, je ne suis pas en train de dénigrer la victoire du Président, mais veux juste que l’histoire soit dite sans exagération ou extrapolation.

Vous avez aussi parlé de « réélection incontestable » ! Non Monsieur le Juge, même si je ne partage pas certaines contestations de l’opposition, notamment sur le scrutin lui-même (le 24 février) et sur les résultats auxquels il a abouti ; on peut contester plusieurs choses sur la « phase amont » de cette présidentielle, surtout certaines décisions de justice, qui ont mis hors course deux candidats majeurs ayant pourtant franchi le fameux parrainage et rendant donc le scrutin « moins compétitif » pour le Président sortant.

Vous avez aussi parlé de « monologues parallèles, faits d’invectives et de calomnies », parlant d’une certaine critique dans les médias à propos de cette élection et surtout vis-à-vis du Conseil Constitutionnel.

Ici, nous voyons nettement que vous faites, sans la nommer, allusion à l’opposition à qui, à mon avis, vous ne devez pas répondre dans ses critiques (qui ne sont pas toutes infondées d’ailleurs !), notamment en ce jour si spécial pour notre pays.

Vous auriez pu prendre vraiment de la hauteur, surtout en cette cérémonie où nombreuses sont les délégations étrangères présentes. Le Linge sale se lave en famille !

Enfin le « vibrant hommage rendu, dans la dernière partie de votre discours, à la 1ère dame dans la réélection du Président ». Là, on est totalement dans le commentaire, l’appréciation, voire l’analyse.

Monsieur le Juge, encore une fois, l’analyse des résultats ne doit, d’aucune manière, être (surtout par principe de neutralité), du ressort de la Justice que vous incarnez. Laissez-la aux sociologues, aux politistes, voire aux « passionnés hors justice ».

Je n’ai rien contre la 1ère dame, dont effectivement le rôle dans cette campagne peut être salué par ceux qui peuvent le faire. Mais ce n’était vraiment pas lors de cette circonstance ; de surcroît je ne pense pas que cela siée à votre statut de Magistrat.

C’est la 1ère cérémonie d’investiture de mon pays que je suive et qui soit aussi teintée de prises de position, voire de piques aussi flagrantes venant de la justice.
Apaisons-le climat ! On ne peut parler de « monologues parallèles, faits d’invectives et de calomnies », ensuite répondre implicitement à ces mêmes « monologues… » et appeler au dialogue (contraire de « monologue »), comme l’a lancé le Président, au soir de la Proclamation des résultats par la Cour d’Appel de Dakar et encore rappelé aujourd’hui.
Vive le Sénégal, Vive la République !

OTT vs Opérateurs : Au delà de la clameur ( Abdou Khadre Lo)

Aujourd’hui on ne téléphone plus comme il y a 10 ans. La technologie a évolué et permet l’utilisation de plusieurs supports (smartphone, tablette, ordinateur) pour communiquer avec ses contacts, y compris par la voix. Cette nouvelle donne a fait entrer les opérateurs de téléphonie dans une nouvelle réalité : celle des OTT « Over the Top » ou « service de contournement » en français. Les plus connus étant WhatsApp, Skype, Viber et Facebook Messenger, YouTube ou Netflix. Avec ces outils web, le smartphone peut assurer à la fois le transport des flux vidéo, audio ou de données sur Internet sans l’intervention directe de l’opérateur auquel l’utilisateur est souscrit. Bien évidemment des acteurs, plus précisément les opérateurs, voient en ces acteurs des perturbateurs, facteurs de manque à gagner. Le DG de la Sonatel/Orange Sénégal s’en est récemment publiquement ému et dénonce une perte de 20 milliards de FCFA due aux OTT.
Face à la montée en puissance exponentielle des OTT, les opérateurs tirent sur la sonnette d’alarme.
Le téléphone cellulaire a supplanté le téléphone fixe tout comme l’e-mail a fortement ringardisé le courrier postal. Néanmoins aussi bien le fixe que le bon vieux courrier continuent d’exister, avec des fonctions moins globales et plus spécifiques au bureau et à la maison.
Mais au-delà de l’alerte/complainte des opérateurs, il est essentiel de se poser un certain nombre de questions.
Interroge-t-on les effets de l’Internet ? Oublie-t-on la nature même de ce formidable outil qui abolit les barrières et les chasses-gardées. Oui, l’Internet est disruptif par essence. Il modifie nos modes de vie et toutes les nouvelles technologies l’intègrent dans leur processus de R&D. C’est devenu incontournable aussi bien pour les entreprises que l’utilisateur final. Même les opérateurs profitent de la magie du Web avec des offres nombreuses et variées telles que la VOD ou le Mobile Banking.
Interroge-t-on les OTT et leur impact sur le mode de fonctionnement et l’économie des opérateurs ?
Ils ont un effet indéniable sur l’écosystème. Cela d’autant plus qu’ils en font désormais partie intégrante. Au même titre que Orange ou Tigo, Apple ou Samsung, ou encore les fournisseurs de contenu. La crainte des opérateurs s’exprime en termes de gains et de pertes en ce sens que leur cœur de métier est aujourd’hui bousculé. Leur inquiétude réside, entre autres, dans le risque qu’à terme les OTT suppléent les SMS et les appels classiques sur le réseau RTC (celui des opérateurs).
En fin de compte, tout est question de revenus. Les OTT offrent toujours plus de possibilités et leur inventivité semble sans limite tout en restant très abordables. D’après une étude du cabinet Juniper Research, le marché des OTT, qui a réalisé 8 milliards d’euros de chiffre d’affaires dans le monde en 2018, dépassera les 30 milliards en 2019. Les opérateurs dénoncent la création d’une valeur « par-dessus » leurs réseaux, sans contrepartie financière.
Malgré tout, ils réalisent des bénéfices toujours plus hauts. Les Sénégalais se félicitent chaque année des chiffres impressionnants publiés par l’opérateur numéro 1 du pays. Donc a priori, tout le monde surfe sur « l’incontournabilité » des nouvelles technologies. Mieux, les opérateurs et les OTT semblent complémentaires. Un exemple basique : pour accéder aux OTT, il faut une connexion Internet, vendue par les opérateurs. La demande croissante de données entraine nécessairement une augmentation de revenus de données pour les opérateurs, même si ces derniers évoquent un cercle vicieux. Les OTT optimisant la consommation des données, entrainant moins d’internet chez l’opérateur.
Enfin, il est important de rappeler le principe de la « Neutralité du Net ».
Le principe de la gouvernance d’Internet est celui d’un réseau ouvert. Cela signifie que les fournisseurs d’accès à Internet (FAI), donc les opérateurs, doivent traiter de manière équitable tout le trafic Internet. Peu importe l’envoyeur et le destinateur, le contenu ou le moyen utilisé. Tant que ça reste légal, le fournisseur a l’obligation d’acheminer le trafic, sans agir sur la vitesse ou le prix.
Avec les OTT et l’appétit croissant des nouvelles générations d’utilisateurs, les opérateurs sont amenés à revoir leurs stratégies et à se réinventer. Ils investissent déjà énormément dans l’infrastructure et le réseau pour répondre à cette demande en capacité. Par ailleurs, comme souligné plus haut, de plus en plus d’opérateurs s’ouvrent vers des alliances/partenariats avec d’autres acteurs pour diversifier et densifier leurs offres. En plus des forfaits classiques, presque tous les opérateurs offrent, via des partenariats stratégiques, de la VOD, de la musique, des jeux en ligne, etc.
En France, Orange avait lancé Libon. Un service d’Open Chat afin de faire face aux OTT. Libon permet la voix sur IP (VoIP) et de communiquer avec le répertoire de l’utilisateur. Peu importe l’OTT qu’utilisent les contacts du « Libon user ».
Ces innovations technologiques sont à saluer. Mais il reste d’autres problématiques évoquées ici et là et dont on ne saurait objectivement faire l’économie.
L’évasion fiscale dans les pays non domiciliés ainsi que la difficulté pour les régulateurs de faire face à la protection des données personnelles sont probablement celles qui tiennent le haut du pavé actuellement. Sans oublier le défaut de contribution au Fonds de développement du service universel des télécommunications (FDSUT), le contrôle de la qualité, etc. Certains pays proposent que les OTT acquièrent une licence spéciale.
Le paratonnerre de la réglementation/régulation est agité. Dans le marché le plus réglementé, l’Europe, on évoque « le paquet télécom » en application des directives de l’UE. Il y a des obligations variables selon le pays mais aussi un socle commun d’obligations à tous. Notamment être en mesure de :
– Tracer une communication et d’en conserver toutes les caractéristiques (pour pouvoir collaborer avec la justice en cas de requête).
– Appeler les services d’urgence à tout moment. Comme c’est le cas pour les opérateurs.

En définitive, la percée des OTT ne va pas sans reformulation et interrogations auxquelles il faudra apporter des réponses. Mais jeter le bébé avec l’eau du bain n’est certainement pas la panacée. Brider ou bloquer les OTT, comme certains pays ou opérateurs ont tenté de le faire, ne serait pas non plus bénéfique à l’économie numérique ni à la créativité entrepreneuriale de la jeunesse. Il s’agit de technologies complémentaires dont l’articulation reste un vaste débat qui ne saurait être exclusif. Tous les acteurs de l’écosystème ont l’obligation d’approfondir la discussion, sans passion, à l’heure d’une économie de plus en plus digitalisée.

Abdou Khadre LÔ
Directeur Afrique du cabinet Access Partnership
Membre associé de l’Union Africaine des Télécommunications (UAT) et de L’Union Internationale des Télécommunications (UIT)

Journée des Sokhna (Par A. Aziz Mbacke Majalis)


L’extraordinaire ferveur des sénégalais lors du magal de Porokhane, célébrant la pieuse figure féminine de Sokhna Diara Bousso, est un « fait religieux » intéressant que nos féministes locales devraient d’avantage étudier…

En effet, cette manifestation annuelle, où des dizaines de milliers de femmes et d’HOMMES convergent de tous horizons, conditions et appartenances, constitue un marqueur assez significatif de la « non essentialisation » de l’intériorité consubstantielle de la femme dans notre société (« patriarcale »), telle que théorisée par ce féminisme inadapté et radical nourri à la sève De Beauvoir.

L’attachement profond des sénégalais(es) envers Mame Diara et d’autres pieuses figures féminines de leur histoire (Mame Fawad Wélé, Mame Asta Walo etc.) remet en cause ces clichés éculés, de même que la nouvelle « approche genre » locale qui tente habilement de se rattraper, en s’appropriant les figures féminines de « pouvoir », de « confrontation » POLITIQUE, telles que les reines du Walo, les suicidées de Nder, Aline Sitoé etc.

La véritable « Journée sénégalaise de la femme », celle à laquelle s’identifie profondément son peuple, en dehors de tout plaidoyer du Caucus ou pression féministe, est le Magal de Porokhane.

Une journée où n’est pas magnifiée LA femme dans son essence (une absurdité éthique), en lui réclamant uniquement des DROITS (politiques et socioéconomiques) que la société de consommation tend d’ailleurs de plus en plus à utiliser pour en faire un objet sexuel et un banal outil marketing.

Une journée où sont célébrée, non LA femme, mais DES femmes qui ont su excellemment rappeler que ces droits ne sauraient valablement et mieux s’exercer en dehors de leurs DEVOIRS sacrés envers Dieu et envers leurs semblables.

Une journée des véritables SOKHNA dont l’incroyable esprit de sacrifice et de dépassement, dont beaucoup d’hommes ne sont pas capables, dont l’attachement aux valeurs positives SPIRITUELLES, ont marqué l’histoire.

Des VALEURS que la société moderne et son féminisme materialiste et à sens unique tend de plus en plus à leur faire oublier…

Un rappel pour mieux faire de la femme une véritable SOKHNA…

#WeToo

La prestation de serment ne doit être ni un rituel superfétatoire ni un cérémonial cosmétique

« La parole, c’est l’homme »

Le Sénégal, comme beaucoup de pays, est une république avec un Etat qui a la charge d’assurer un développement durable dans un environnement sécurisé permettant l’épanouissement des citoyens dans tous les domaines.

Comme dans toute république, la marche du pays est rythmée et organisée autour de faits, d’actes et d’évènements qui surviennent ou se réalisent de manière séquentielle.

C’est le cas pour les différentes élections organisées suivant un calendrier républicain et qui permettent aux citoyens de choisir leurs dirigeants tant au niveau local, communal que central.

Et, parmi ces moments cruciaux de la vie d’une république figure l’élection présidentielle qui permettra à celui qui aura réuni le plus grand nombre de suffrages de ses compatriotes d’avoir l’insigne honneur et le redoutable privilège de présider aux destinées du pays.

Notre pays a organisé le 24 Février son élection présidentielle qui a vu la victoire, consacrée et officiellement annoncée par le Conseil constitutionnel, du Président Macky SALL.

Il est toujours utile de rappeler les conditions dans lesquelles se sont déroulées ce scrutin qui n’était que l’aboutissement logique et prévisible d’un processus caractérisé par des vices, des dysfonctionnements ainsi que des pratiques condamnables et attentatoires à l’égalité des candidats.

On peut aisément citer sans être exhaustif : la remise en cause unilatérale du code consensuel de 1992, le parrainage imposé de manière cavalière avec un conseil constitutionnel décrié pour son absence de transparence et de rigueur méthodologique, et surtout pour le manque de maitrise de l’outil de travail par les magistrats préposés à la tâche.

A cela il faut ajouter l’absence d’un sérieux audit contradictoire du fichier électoral par toutes les parties prenantes, le refus obstiné du ministre de l’Intérieur de remettre à temps le fichier aux partis politiques légalement constitués comme prévu par la loi, la perturbation résultant d’une mauvaise distribution des cartes et de déplacements de bureaux de vote sciemment planifiés ; toutes choses qui ont fortement contribué à renforcer une suspicion légitime quant à la volonté du pouvoir d’organiser un scrutin transparent , libre et démocratique. Des transports massifs d’électeurs ont également été constatés.

Toujours est-il que la victoire du candidat sortant a été actée par l’instance légale habilitée à le faire. Si l’on peut à bon droit mettre en cause la légitimité du Président Macky SALL, force est de constater qu’il est déclaré élu et qu’à cet effet il prêtera serment le 02 Avril.

Aussi, persister obstinément à contester son statut ne me parait pas une bonne stratégie ; cela pourrait se révéler improductif voire contre-productif.

Ainsi donc, il va prêter serment devant DIEU et les hommes, devant son peule et certainement devant un aréopage de personnalités étrangères, notamment des chefs d’Etat dont la présence conférera une dose supplémentaire de légitimité dont il a tant besoin.

Le serment est l’affirmation solennelle en vue d’attester la vérité d’un fait, la sincérité d’une promesse, l’engagement de bien remplir les devoirs de sa profession ou de sa fonction.

En plus de son caractère solennel, la cérémonie de prestation de serment sera marquée par la majesté des lieux où elle va se dérouler, par la présence massive de dignitaires et supporters rigoureusement sélectionnés. Les uns et les autres vont s’efforcer de donner à leurs visages une gravité feinte pour faire sérieux.

Et c’est pourquoi, compte bien tenu de tout ce qui précède, il faut éviter de faire de la prestation de serment du Président de la république, un rituel superfétatoire et un cérémonial cosmétique.

En prêtant serment, le Président s’engage à respecter scrupuleusement et rigoureusement la charte fondamentale de notre pays qu’est la Constitution.

Les dispositions de celle-ci sont très claires et ne souffrent d’aucune ambiguïté pouvant conduire à des spéculations et autres débats conjoncturels et opportunistes.

La constitution impose au Président de la république de notre pays beaucoup de choses ; entre autres obligations, il doit assurer et garantir la protection de ses compatriotes, appliquer et faire appliquer la justice sans favoritisme, sans discrimination et sans parti pris en s’interdisant de mettre des dossiers sous le coude ; il doit toujours dire la vérité en toutes circonstances et s’abstenir de verser dans les contrevérités , il doit traiter les ethnies, les religions, les confréries, les terroirs de manière égalitaire.

Le Président de la république a l’obligation constitutionnelle de respecter l’opposition dont la dignité est reconnue et consacrée par la charte fondamentale ; donc la traiter avec condescendance au point de souhaiter sa disparition est une forme de violation manifeste de la constitution.

En prêtant serment de se conformer scrupuleusement à celle-ci, le Président accepte de se soumettre à toutes les contraintes juridiques, éthiques et morales qu’impliquent sa charge et ses fonctions.

Pour compter du 02 Avril 2019 le Président Macky SALL va entamer son deuxième mandat de cinq ans ; et il est permis d’espérer qu’il mettra à profit son adresse au peuple pour confirmer solennellement que c’est son second et dernier mandat.

Il est tout aussi utile et bon de rappeler, pour éviter tout optimisme béat ou toute surprise ultérieure, que le premier mandat du Président Macky SALL n’a pas totalement répondu aux attentes des Sénégalais.

Ce serait faire montre d’un nihilisme de mauvais aloi que de ne pas lui reconnaitre quelques réalisations, notamment au niveau des filets sociaux. On peut citer les bourses familiales bien qu’elles ne représentent qu’une assistance équivalente à 27francs par jour et per capita, ce que le plus paumé des mendiants peut gagner au détour d’une rue ; il y a la CMU qui a fini de mettre à genoux plusieurs structures de santé, aujourd’hui incapables d’assurer un service minimum aux populations à cause d’une trésorerie déficitaire ; et quant à la gratuité de certaines prestations sanitaires ce n’est que du vent.

Dans le domaine des infrastructures des réalisations ont été faites en matière de forages et de pistes de productions ; mais l’essentiel des infrastructures dont le régime se vante ne sont que des éléphants blancs, c’est-à-dire des réalisations très onéreuses mais d’une très faible utilité par rapport aux besoins des populations qui ont d’autres urgences.

A y voir de près, on se rend vite et facilement compte qu’il y a un véritable problème de rationalité dans les couts et la pertinence technique de certains projets.

Par contre le bilan axiologique du Président Macky SALL est très loin d’être reluisant. Et, c’est ce qui peut amener certains Sénégalais à croire que le discours des officiels ne sera ni plus ni moins qu’un serment d’ivrogne.

Le premier mandat a été fortement caractérisé par les promesses non tenues, le non-respect des engagements, des reniements spectaculaires, des renoncements injustifiés, des abjurations publiques et des contrevérités récurrentes.

On nous avait chanté la patrie avant le parti, on se retrouve avec la fratrie avant le parti et le parti avant la patrie ; on nous avait promis un gouvernement de 25 ministres, on se retrouve avec 80 ministres ; on nous avait promis de ne protéger personne, le directeur du COUD est toujours en poste ; on avait juré de ne jamais nommé son frère par décret, il se retrouve à la tête de l’institution la plus juteuse du pays.

Les contre valeurs et les antis valeurs ont été érigées en références paradigmatiques dans la conduite des affaires publiques.

Malheureusement, il faut le constater pour s’en désoler, s’en offusquer et s’en indigner, nos politiciens, notamment les plus hautes autorités de ce pays, s’adonnent au mensonge, cet exercice honteux et plus que déshonorant, avec une facilité et une banalité déconcertantes, sans vergogne avec la circonstance aggravante de le faire publiquement.

Comme il appert, le serment est un acte majeur d’engagement d’une importance capitale, d’une grande valeur et d’une éminente portée éthique et morale. C’est un acte tout aussi contraignant et aliénant qui oblige son auteur à s’y conformer scrupuleusement.

Aussi ne devrait-on pas pouvoir s’en délier sans impunément. Ne pas respecter son serment, quelle que soit la station occupée, est une forme de trahison. En effet, la trahison est définie comme un manquement à ses promesses, à ses engagements.

Il serait bien indiqué d’élargir le spectre des personnalités assujetties à la prestation de serment aux membres du gouvernement qui, ès qualité, exercent des charges publiques et assument des responsabilités politiques susceptibles d’avoir des effets, des conséquences et des répercussions positifs ou négatifs sur le vécu de leurs concitoyens.

Nos gouvernants exercent leurs différentes fonctions sur la base de deux références, de deux substrats sociologiques qui sont en superposition. D’une part, ils agissent dans le cadre d’une république, au sein d’un Etat dont le fonctionnement et les attributs sont régis par un ensemble de principes, de textes et de procédures avec comme élément principal et incontournable la consignation écrite.

D’autre part, nos dirigeants doivent exercer leurs responsabilités en tenant beaucoup compte de nos valeurs sociales et sociétales dont certaines sont séculaires et fortement cristallisées dans notre imaginaire ; s’y ajoute un complément religieux tout aussi important.

Et parmi ces valeurs cardinales, il y a le respect accordé à la parole donnée qui s’explique par le fait que nos sociétés africaines sont fondées sur l’oralité.

Une oralité qui régit et organise non seulement les rapports entre le sommet et la base mais aussi les relations interpersonnelles des membres de la communauté.

A cet égard, la problématique du respect des promesses et des engagements, de la parole donnée constitue un véritable sujet de préoccupation dans notre société. Et s’il faut rapporter cela au niveau le plus élevé, il y a de quoi s’interroger voire s’inquiéter.

Les Sénégalais attendent beaucoup du second mandat du Président de la république. Ce mandat doit impérativement et nécessairement être celui de la rédemption, du rachat, du rattrapage, de la rectification, de la réhabilitation des valeurs de l’éthique, de la morale, de la justice, de la vérité, de l’égalité, de l’équité.

Ce mandat ci doit être celui de la reconsidération de nos pratiques politiques malsaines, de nos tares et de notre rapport malsain avec l’argent.

Ce mandat ci doit être celui du respect pour le peuple, celui de la restauration de la dignité de l’opposition, du bannissement du népotisme, du favoritisme, de l’égalité de tous les citoyens devant la loi, du renforcement de l’Etat de droit, du rejet de la transhumance et du retour vers une administration neutre et non politisée. Ce mandat ci doit être celui du respect scrupuleux de la parole donnée.

La priorité du second mandat, en espérant qu’il en sera ainsi, devra porter non sur les infrastructures bien qu’elles soient nécessaires, mais sur l’homme, sur le Sénégalais.

En effet, les nombreux immeubles que le Président construira s’effondreront, les autoroutes, routes et ponts qu’il réalisera disparaitront, les résidences dans les foyers religieux ainsi que les mosquées tomberont en poussière ; les belles écritures portant son nom sur les marbres lors des inaugurations, le temps implacable les effacera.

C’est pourquoi il est demandé au Président de la république de travailler et d’investir sur les Sénégalais qui sont des hommes, c’est-à-dire des créatures divines dont les âmes sont immortelles ; en leur inculquant la juste peur d’ALLAH, l’amour de son prochain et les bons principes de la justice, de l’équité, de l’éthique, de la morale et de la vérité. Ainsi son œuvre illuminera son peuple jusqu’à la fin de tous les temps.

C’est l’occasion pour moi de me féliciter de la constance de mon ami Khalifa SALL qui respecte, quoique cela puisse lui couter, son serment de rester digne et fier dans la très douloureuse épreuve qu’il vit présentement et injustement.

En homme d’honneur, digne, honnête, sincère et loyal convaincu de son innocence, jamais il ne se rabaissera à quémander une grâce.

Il a été trahi par de très proches collaborateurs, notamment des maires dont certains ont transhumé directement alors que d’autres l’ont fait par contournement et ce, sans d’autres motivations que leurs propres intérêts égoïstes.

Du fond de sa cellule il doit se dire qu’il faut vraiment être masochiste pour accepter de retourner vers son bourreau et venir à résipiscence. Tous ces félons doivent savoir que la rançon de la traitrise c’est la déchéance.

Le pouvoir au peuple, les servitudes aux gouvernants

Dakar le 28 Mars 2019

Boubacar SADIO

Commissaire divisionnaire de police
De classe exceptionnelle à la retraite

Aidons notre compagnie nationale ( Abdoul Mbaye)

Efforçons-nous par une préférence nationale de rendre notre compagnie bénéficiaire, puis exigeons une qualité de service et une gouvernance conformes à nos souhaits en réponse à notre attitude patriotique

Voyageant vers l’Europe, j’ai récemment fait le choix de Air Sénégal. Je savais bien qu’une compagnie aérienne débutante est en recherche de réglages, mais j’ai tenu à privilégier notre compagnie nationale.

Au plan de la qualité de service, j’ai apprécié l’accueil au sol, les décollages sans retard, la convivialité et le confort de la cabine d’un aéronef présenté comme de dernière génération: c’est là l’essentiel pour un voyage en avion.

De nécessaires améliorations viendront avec le temps pour combler de petites lacunes dues à un apprentissage nécessaire.

Ma grande déception est cependant venue du faible taux de remplissage des vols, signe que nos compatriotes sont restés sur leurs anciennes options.

Sénégalaises, Sénégalais, nous n’avons pas le droit de ne pas absolument privilégier notre compagnie nationale lorsque nous nous déplaçons par avion.

Résidant au Sénégal ou vivant à l’étranger, recherchons d’abord les possibilités de vols offerts par Air Sénégal avant tout autre choix.

Efforçons nous par une préférence nationale de rendre notre compagnie bénéficiaire puis exigeons une qualité de service et une gouvernance conformes à nos souhaits en réponse à notre attitude patriotique.

A Air Sénégal de se montrer compétitive sur les tarifs proposés, à nous d’assurer le remplissage de ses vols.

Oui, je suis PEULH !(Me Alioune Badara CISSÉ)

De la Nubie ancienne et pharaonique
Au Cap de Madiba qui symbolise la renaissante Afrique,
Mon sang a irrigué les veines
de l’authentique et résiliante Afrique.
Pasteurs des vastes prairies aux airs purs,
Mon souci en oubli de soi
Est de préserver et de perpétuer la vie des créatures qui baignent et verdissent
Celle de celles qui braient , meuglent et beuglent.
Ma taille, en fine silhouette, est grande.
Mon teint couleur miel, un tantinet basané – brun ambré
fait de moi l’origine des couleurs et la somme de celles ci.
Je me rapproche du ciel chaque jour davantage,
Voyant toujours plus loin que le bout de mon nez aquilin,
Je contemple les nuages et prédis l’imminence et l’intensité des orages.
L’on emprunte mon mode de vie et ma culture pour décrire ce que les patriotes décrient.
La vérité est que nul ne se soucie de moi.
Je ne suis ni urbanisé, ni éduqué,
Je ne suis ni soigné, ni véhiculé.
Je ne suis raccordé ni à l’eau, ni à l’électricité ;
La distance ne m’émeut pas. Buste Droit est mon signe du zodiac ;
L’état civil confond mon âge à la taille de mon bâton de berger.
Jouir du lait de mes vaches et de ses dérivés n’est pas mon seul délice,
Mes femmes, belles en coiffe bien de chez nous, exhibent en souriant et en festoyant leurs parures dentaires toutes dorées.
Elles sont douces, généreuses et accueillantes, timides et discrètes mais attentionnées.
Elles perpétuent notre histoire et notre avenir en nous traçant un futur très simple au temps composé de la patience et de l’endurance !
Assez ! Je m’indigne !
Oui je suis Peulh !!!
Silence, on m’extermine.

Maître Alioune Badara Cissé
Ancien Conseiller Spécial du Premier Ministre
Avocat à la Cour

Dakar ‘’capitale de l’émergence’’, ville désordonnée et bruyante ( Mody Niang)

Dans ma précédente contribution, j’annonçais que la suivante, donc celle-ci, serait consacrée à deux autres maux que nous traînons depuis de longues années : l’incivisme et l’indiscipline. Je commencerai par préciser que l’expression ‘’Dakar, capitale de l’émergence’’ n’est pas de moi. Je l’ai empruntée à une affiche géante de la coalition ‘’Bennoo bokk yaakaar’’ qui était visible à Dakar comme dans nombre d’autres villes du pays, pendant toute la dernière campagne électorale et même plusieurs mois avant. Naturellement, les guillemets de ‘’capitale de l’émergence’’ sont bien de moi. Il suffit de lire ma contribution du 19 mars dernier (‘’WalfQuotidien’’, ‘’L’Exclusif’’ et Dakar-Times’’) comme celle-ci, pour comprendre aisément pourquoi.
Revenons donc à notre sujet du jour qui m’a toujours préoccupé et auquel j’ai consacré un nombre important de contributions. J’ai été jusqu’à interpeller, dans l’une d’elles, directement et publiquement des autorités chargées de la question. Elle avait pour titre : « Ministère de l’Environnement et autres autorités publiques, où êtes-vous ? » (xalima.com du 9 septembre 2014). J’y faisais remarquer notamment ce qui suit : « Notre capitale nationale mérite d’être secourue. Elle n’est pas seulement défigurée d’ailleurs, loin s’en faut, par les ordures ménagères, les gravats et les branchages. Elle traîne une autre plaie, celle-là aussi béante que les autres : l’indiscipline caractérisée des populations, pratiquement encouragée par la frilosité des autorités publiques, et dont l’ampleur dépasse nos frontières ». Pour illustrer alors mes propos, je me reportais à une de mes contributions publiée douze (12) ans auparavant, au quotidien ‘’Walfadjri’’ du jeudi 3 octobre 2002, et dont le titre était « Le Sénégal a besoin d’être repris en main ». Deux jours auparavant, soit cinq après le tragique et honteux naufrage du ‘’Joola’’, le Président de la République s’était adressé à la Nation. Cette adresse, de nombreux observateurs l’avaient trouvée « ferme, déterminée et en même temps apaisante », pour les quelques rares rescapés et les familles des disparus. Deux ministres lui avaient présenté leur démission. Le Président de la République reconnaissait très tôt et publiquement « la responsabilité civile de l’Etat » et « les nombreuses négligences, fautes et légèretés » qui se sont accumulées en amont, et expliqueraient pour l’essentiel la tragédie du 26 septembre 2002. Il promettait ensuite des sanctions exemplaires, à la suite des différentes enquêtes qu’il allait ordonner.

Dans ma contribution du 3 octobre 2002, je prenais acte, avec prudence, de la démission des deux ministres et de toutes les mesures prises ou annoncées par le Président de la République. J’attendais surtout la suite qui serait réservée à tout cela car, « je ne perdais quand même pas de vue que nous vivions au Sénégal, où on nous a habitués depuis bientôt quarante huit ans à des commissions créées plus pour nous endormir que pour faire éclater la vérité et situer les véritables responsabilités ». La suite me donnera raison puisque, à l’arrivée, au moins 1800 victimes gisent au fond de l’Océan, sans qu’aucun responsable de cette tragédie n’ait été pénalement sanctionné. Cette absence de sanctions avait amené d’ailleurs la Justice française à mettre en examen de hautes autorités sénégalaises de l’époque dont le Premier Ministre Mame Madior Boye. Elles finiront d’ailleurs par bénéficier de non-lieux.
Je rappelais dans ma contribution du 3 octobre 2002 que ce n’était pas la première fois qu’une tragédie intervenait au Sénégal avec zéro responsable. En effet, on se souvient encore de la terrible catastrophe de la SONACOS intervenue le mardi 24 mars 1992, et qui avait fait environ 140 morts et des centaines de handicapés dont certains à vie. Les fautes étaient pourtant lourdes. « La citerne qui avait explosé à l’intérieur de l’usine, du laboratoire exactement, était bourrée de 27 tonnes d’ammoniac, pour une capacité de 22 tonnes autorisée. Elle était, en outre, rafistolée en de nombreux endroits », précisais-je alors. Devant la gravité des faits, une commission d’enquête avait été mise en place par les autorités, « plus par simple formalité que par volonté réelle de situer les responsabilités ». Comme cela arrive souvent dans notre pays, la commission fut sans lendemain puisque le rapport, déposé entre les mains du Premier ministre (alors Habib Thiam), n’a jamais été exploité et aucune sanction n’a été prise, surtout pas contre le Président-Directeur général de la SONACOS (alors Abdoulaye Diop). Je signalais dans ma contribution du 3 octobre 2002 qu’il n’y avait rien d’étonnant dans cette absence de sanctions, puisque le Président de la République et le PDG de la SONACOS « étaient très proches, ayant grandi dans la même concession à Louga ».
La tragédie de la nuit du 26 septembre 2002 – pour revenir à elle –, je m’en étais indigné en ces termes : « Par-delà les centaines de morts qu’elle a entraînées et la douleur indicible qu’elle a engendrée, a été une honte pour notre pays et a porté un coup terrible à son image. Les images peu reluisantes du naufrage du ‘’Joola’’ ont fait le tour du monde. Elles ont été relayées par de nombreuses télévisions étrangères et principalement françaises, commentées avec par moment des pics qui ne nous honorent pas. Juan Gomes de RFI avait consacré son émission ‘’Appel à l’Actualité’’ des 1er et 2 octobre 2002 au malheureux événement. » Ce n’était pas tout. Un ressortissant français intervenant de Dakar « avait, par-delà le naufrage du “Joola”, pointé un doigt accusateur sur l’indiscipline caractérisée des Sénégalais et principalement sur celle des conducteurs de ‘’cars rapides’’ et de “ Ndiaga Ndiaye” qui sont, selon lui, de véritables bourreaux sur les routes. » Et il avait terminé son intervention par cette terrible assertion : “ Le Sénégal se complet de plus en plus dans la médiocrité et le laisser-aller”. Une dame, résidant à Paris, ira dans le même sens en regrettant que son pays (le Sénégal), “s’installe de plus en plus dans la culture du laxisme ”.
De ces différentes interventions qui ne nous honoraient point, je tirais la conclusion suivante : « Les Portugais, les Hollandais, les Suisses, les Espagnols, les Belges, etc., dont des ressortissants ont péri dans la catastrophe du 26 septembre, réfléchiront désormais longuement et profondément, avant de se décider à venir au Sénégal qui se révèle de plus en plus comme le champion mondial incontesté de l’indiscipline et de l’incivisme. Nous nous comportons chaque jour qui passe comme une communauté de singes et d’hyènes adolescentes (que les walaf appellent “ nduulañ ”), communauté sans responsable où chacun fait ce que bon lui semble et selon son instinct du moment, sans se soucier le moins du monde du tort qu’il peut porter au pays ou à son voisin immédiat. Quarante huit années après l’indépendance (ce n’était donc que ça ?), nous continuons de traîner comme un boulet, les maux que le Président Senghor appelait “ Les maladies infantiles du sous-développement ”, dont les plus courantes aujourd’hui sont l’indiscipline et l’incivisme.»()
Ces plaies béantes nous collent encore à la peau aujourd’hui et se manifestent, notamment, dans les constructions anarchiques qui sont quotidiennement dénoncées et sans succès. Les métastases de ce cancer – c’en est un – n’épargnent pas, non plus, les nombreuses cérémonies familiales et religieuses. Pratiquement, tous les jours, à l’occasion des baptêmes, des mariages, des décès, des retours de pèlerinage des Lieux saints, des tours de famille, des gamous-meetings, etc., des tentes poussent comme des champignons, souvent dans les rues les plus passantes et sans aucune autorisation. On peut regretter ici l’organisation d’un gamou (ou ziaar) annuel par une famille religieuse qui, à l’occasion, dresse une tante gigantesque barrant une rue très fréquentée et abritant de surcroît un terminus de bus, pendant une longue semaine, obligeant ainsi de nombreux automobilistes à faire de grands détours, parfois pour accéder seulement à leurs domiciles. L’islam ne permet à aucun musulman, et quel que soit son rang, de porter préjudice à ses coreligionnaires.
Je ne m’attarde pas sur « les fuurël et autres soirées dansantes et tánn béer organisés à tout bout de champ, en week-ends comme en jours de semaine, avec des baffles ouverts à plein régime et des tam-tams sur lesquels frappent à tue-tête des griots endiablés », ni sur « les appels à la prière de certains muezzins zélés, aux environs de quatre heures du matin, avec des hauts parleurs qui portent leurs voix à des kilomètres à la ronde ».
La politique, telle qu’elle se pratique chez nous, n’est pas en reste. Nous comptons aujourd’hui environ trois cents (300) partis politiques. On parle beaucoup de leur rationalisation, sans s’attarder sur les torts qu’ils portent aux populations, principalement pendant les campagnes électorales, avec leurs meetings et leurs caravanes qui drainent en général beaucoup de monde et participent de la grande confusion de la circulation et du désordre dans les grandes villes. Dans les pays sérieux, les grandes démocraties, ces rencontres se déroulent dans des endroits fermés. Nous avons suffisamment de salles et de stades pour abriter ces meetings, dont nous pourrions d’ailleurs nous passer sans grands dommages.
Un autre aspect des manifestations des partis politiques qui pose problème, ce sont les affichages sauvages pendant les campagnes électorales et même hors de celles-ci. Nos compatriotes, militants de partis politiques ou non, ont la fâcheuse habitude d’afficher et de faire des graffiti n’importe où : sur les murs des bâtiments publics ou privés et même chez de pauvres particuliers qui, parfois, ont à peine fini de peindre leurs maisons. Les tableaux de signalisation (stop, sens interdit, sens giratoire, etc.) qui réglementent la circulation ne sont même pas épargnés, comme d’ailleurs les enseignes payées par différents services publics comme privés. En plus des torts qu’ils portent aux nombreux particuliers, les affiches et les graffiti anarchiques défigurent notre pauvre ‘’capitale de l’émergence’’ et nombre d’autres villes de l’intérieur. Celui qui a remporté et de loin la palme pendant la dernière campagne électorale et bien avant celle-ci, c’est incontestablement le chef de la coalition gouvernante. Ses affiches géantes sont vraiment envahissantes, dérangeantes et rappellent, sur bien des points, Varsovie, Prague, Berlin, Moscou, Budapest, etc., des années 50.
Toutes ces plaies béantes ont la vie particulièrement dure chez nous. Elles sont loin de dater d’aujourd’hui. Le président Senghor – nous l’avons rappelé plus haut –, les a très tôt stigmatisées. Son successeur aussi qui, dans son message à la Nation au soir du 31 décembre 1999, dénonçait vigoureusement (verbalement tout au moins) l’indiscipline et l’anarchie qui s’installaient dangereusement dans le pays. Ce texte étant déjà long, j’y reviendrai dans une prochaine contribution, pour montrer à quel point autorités (d’abord) et nous citoyens, avons besoin de déployer d’immenses efforts, pour faire de notre pays une République moderne, avec des textes de lois et de règlements qui s’appliquent à tous et à toutes, quel que soit, par ailleurs, le statut des uns et des autres.
Dakar, le 27 mars 2019
Mody Niang

La constitution piégée pour un 3 ème mandat


Au lendemain de la victoire du candidat sortant Macky SALL qui va bientôt entamer un deuxième mandat, le débat sur la possibilité pour celui-ci de se représenter pour un troisième mandat ressurgit.

Ce débat, soulevé il y a près de deux ans par d’éminents juristes avait été vite étouffé par le camp présidentiel qui le jugeait infondé et prématuré.

Actuellement, le même scénario semble se répéter, car après les inquiétudes nourries par certains membres de l’opposition sur un probable projet de troisième candidature du Président fraichement réélu, des voix se sont encore élevées dans l’exécutif pour tenter de rejeter cette hypothèse.

La présente contribution a pour objet de démontrer que la révision constitutionnelle de 2016 en ouvert une brèche permettant une troisième candidature de l’actuel président en 2024.

Cette hypothèse que le pouvoir feint de rejeter pour le moment est, en réalité, juridiquement défendable.
Mais, auparavant, il serait intéressant de revenir sur les arguments avancés par la partie présidentielle pour écarter la thèse d’une troisième candidature.

« Il faut s’en référer à la Constitution, vous vous rendrez compte que les marges de manœuvre pour interpréter sont très minces, pratiquement inexistantes. » déclarait M. Seydou GUEYE, porte-parole du gouvernement et du parti présidentiel dans un entretien avec APANEWS le 12 mars 2019 avant d’ajouter :

« Le problème qu’on avait connu par le passé, le président Macky Sall y a apporté une réponse en limitant le nombre de mandats, en fixant la durée du mandat du président de la République et en verrouillant un peu la Constitution pour que ces dispositions relatives à l’élection du président de la République soient pratiquement intangibles ».

Son collègue Ismaila Madior FALL, ministre de la justice affirmait le 12 octobre 2017 «La Constitution du Sénégal est très claire sur la question du mandat du président de la République et ne laisse place à aucune interprétation sur la possibilité d’un troisième mandat.

L’article 27 de la Constitution dispose: ‘’Le chef de l’État est élu pour un mandat de 5 ans renouvelable une fois.
Nul ne peut exercer plus de deux mandats consécutifs».

Après l’élection du 24 février, il est devenu plus nuancé dans un entretien avec le journal l’Enquête du 11 mars 2019: « moi je pense que la Constitution est claire. En principe, c’est le deuxième et dernier mandat du chef de l’Etat. »

Dernièrement, le Docteur Mounirou SY a, pour sa part, indiqué que pour éviter la situation de 2011, le nouvel article 27 a mis l’accent sur la personne et non le mandat, car pense-t-il, le terme « nul » de l’alinéa 2 de l’article 27 permet d’inclure le mandat en cours.

On le voit bien, la position gouvernementale faite de demi-vérités et d’omissions volontaires n’est pas de nature à dissiper les doutes quant à l’existence d’un projet caché de troisième candidature.

Elle ne résiste pas en effet, à la thèse soutenue il y a deux ans, par les éminents Professeurs de droit public Babacar GUEYE et Jacques Mariel NZOUANKEU.

Nous estimons avec eux, que contrairement à la promesse présidentielle, la révision de la Constitution de 2016, n’a pas verrouillé la loi fondamentale pour empêcher toute possibilité de troisième candidature.

Le référendum du 20 mars 2016 renferme en effet, un double piège ; de la Constitution d’une part et du Conseil Constitutionnel d’autre part.

C’est d’abord la Constitution qui a été piégée car le prétendu projet de diminution de la durée du mandat présidentiel de 7 à 5 ans, a subrepticement ouvert une brèche qui peut permettre à l’actuel président de briguer un troisième mandat.

Il faut rappeler que la clause limitative du nombre de mandats à deux, a été pour la première fois instituée en 1970, avant d’être remise en cause plusieurs fois.

Mais, avec la réforme de 2001, le peuple sénégalais, en décidant que cette clause ne pouvait être révisée que par la voie référendaire, a voulu lui conférer un caractère intangible, donc à l’abri de toute manipulation politicienne.

Ainsi, sachant qu’aux yeux du peuple, l’impératif de limitation du nombre de mandats à deux a toujours prévalu sur la volonté de stabiliser la durée du mandat présidentiel à 7 ou à 5 ans, c’est par le truchement de la diminution de la durée du mandat que les experts du président sont parvenus à manipuler la clause limitative du nombre de mandats.

Pour s’en rendre compte, analysons l’article 27, issu de la révision constitutionnelle adoptée par référendum et promulguée le 5 avril 2016 qui est ainsi libellé :

« La durée du mandat du Président de la République est de cinq ans.
Nul ne peut exercer plus de deux mandats consécutifs. »

Cet article régit donc, dans son premier alinéa la fixation de la durée du mandat à 5 ans et dans son deuxième alinéa, la limitation des mandats à deux.

Toutefois, il importe de préciser que pour une bonne interprétation de l’alinéa 2 qui prévoit le nombre de mandats, il est indispensable de le relier à l’alinéa 1 qui prévoit la durée du mandat présidentiel, car l’article 27 doit être compris dans son ensemble, dans son indivisibilité.

En effet, au sens de cet article, le quinquennat allant de pair avec la limitation des mandats, l’exigence de limiter la durée du mandat à 5 ans doit coïncider avec la nécessité de ne pas pouvoir l’exercer plus de deux fois consécutives.

Or, il est incontestable que la durée du mandat que le président Macky SALL est sur le point de terminer, est de 7 ans. N’ayant donc pas encore exercé un mandat de 5 ans prévu à l’alinéa 1, son septennat sera hors du champ d’application de l’alinéa 2 de l’article 27 précisant que « nul ne peut exercer plus de deux mandats consécutifs. »

Ainsi que l’a soutenu le Professeur J.M. NZOUANKEU dans sa contribution du 12 octobre 2017, « l’élection de 2019 n’est pas le renouvellement de celle de 2012.

C’est une élection nouvelle. C’est la première élection d’un nouveau cycle institué par l’article 27 de la Constitution.

Si le mandat exercé de 2012 à 2019 était considéré comme le premier mandat au sens de l’article 27, une élection du Président de la République devait être organisée en 2017 au cinquième anniversaire de la date de l’élection du Président Macky SALL. S’il n’y a pas eu d’élection en 2017, c’est parce que le mandat en cours n’était pas compris dans le décompte de l’article 27 de la Constitution. »

En d’autres termes, le mandat en cours ne peut faire partie du décompte des mandats parce que ce n’est qu’après sa prestation de serment prévue le 2 avril prochain que l’actuel président entamera son premier mandat de 5 ans au sens de l’article 27 de la Constitution.

Il apparait donc clairement, que le nombre de mandats exercés par l’actuel président, ne pourrait pas faire obstacle à la recevabilité de sa candidature en 2024.

Bien entendu, cette thèse peut être infirmée par des juristes de plus ou moins bonne foi, mais la seule instance habilitée à interpréter la Constitution reste le Conseil Constitutionnel. Or, cette juridiction a aussi été piégée par l’avis consultatif donné à propos du projet de diminution de la durée du mandat présidentiel de 7 à 5 ans.

En effet, dans son avis consultatif du 12 février 2016, le Conseil Constitutionnel a retenu que « le mandat en cours au moment de l’entrée en vigueur de la loi de révision, par essence intangible, est hors de portée de la loi nouvelle ».

Il a, par ailleurs, précisé dans le dispositif que « la disposition transitoire prévue à l’article 27 dans la rédaction que lui donne l’article 6 du projet et aux termes de laquelle, « Cette disposition s’applique au mandat en cours » doit être supprimée ; elle n’est conforme ni à l’esprit de la Constitution, ni à la pratique constitutionnelle, la loi nouvelle sur la durée du mandat du Président de la République ne pouvant s’appliquer au mandat en cours ».

Par conséquent, les sept sages, saisis d’une demande consultative ou d’un contentieux lié à une troisième candidature du président SALL, ne pourront en toute logique, que confirmer leur jurisprudence.

Il ne fait donc l’ombre d’aucun doute que les dispositions de l’article 27 de la Constitution combinées à la jurisprudence du Conseil Constitutionnel ouvrent un grand boulevard pour la recevabilité d’une candidature du président Macky SALL en 2024.

Tout le monde doit en être conscient dès à présent. Il est aussi important de souligner que seule l’adoption de dispositions transitoires par la voie parlementaire, précisant que le mandat en cours fait partie du décompte des mandats, peut régler définitivement ce quiproquo constitutionnel.

Malheureusement, l’adoption de telles dispositions transitoires ne pourra probablement pas se faire d’ici la prestation de serment, date à laquelle les dispositions de l’article 27 vont entrer en vigueur et ne pourront plus faire l’objet de révision à cause de la clause d’intangibilité prévue par l’article 103 de la Constitution.

C’est pourquoi, les interventions des juristes du camp présidentiel qui cherchent à convaincre pour le moment l’opinion publique que la Constitution a été verrouillée et qu’elle ne permettrait pas à l’actuel président de la République de se représenter en 2024, ne constituent en réalité qu’un piège dormitif. Si telle était l’intention présidentielle, plusieurs questions ne resteraient pas jusqu’à présent sans réponses :

1. Pourquoi, contrairement à la promesse faite lors du référendum de 2016, le président Macky SALL n’a pas tiré les leçons de la douloureuse et dramatique période préélectorale de 2011 à 2012, en évitant toute controverse constitutionnelle liée à une éventuelle troisième candidature ?

2. Pourquoi, lorsque le débat sur la possibilité d’une troisième candidature a été soulevé par d’éminents juristes comme les Professeurs Babacar Guéye et Jacques Mariel Nzouankeu, le Président de la République et ses partisans, bien que conscients des failles contenues dans l’article 27 de la Constitution, n’ont pas définitivement mis fin à la polémique en faisant adopter par l’Assemblée Nationale, des dispositions transitoires précisant que le mandat en cours fait partie du décompte des deux mandats prévus par l’article 27 ?

3. Pourquoi enfin, dans leurs interventions sur cette question, les responsables et les autres juristes de la mouvance présidentielle, se bornent à donner leur interprétation de la Constitution au lieu d’affirmer clairement la volonté du chef de l’Etat de ne plus briguer un autre mandat.
En définitive, si nous avons décidé d’intervenir dans ce débat, ce n’est pas pour participer dans une querelle juridique.

Mais, c’est surtout pour donner un signal d’alarme et prévenir la résurgence des dangers vécus en 2011 et en 2012 et qui peuvent encore porter atteinte à la paix sociale et mettre en péril la démocratie et la République.

En effet, la stratégie perverse déroulée depuis des années et qui a abouti récemment à une large victoire électorale peut évidemment renforcer les velléités de se maintenir au pouvoir surtout que les sénégalais ont semblé banaliser depuis 2000, les multiples abjurations «wakh wakhet » de nos dirigeants.

Pourquoi agiter maintenant la question d’une troisième candidature alors que l’actuel président n’a même pas encore débuté son deuxième mandat ? En notre sens, le débat est loin d’être prématuré, au contraire !

En effet, la question n’est pas de savoir si les sénégalais accepteront ou non le moment venu une troisième candidature ; mais c’est surtout de sortir pour une fois de l’impasse de la politique politicienne avec un président qui ne pensera plus dès le début de son mandat, à vaincre ses adversaires et remporter la prochaine élection.

Car il reste évident que si l’éventualité d’une troisième candidature n’est pas définitivement écartée, le prochain quinquennat sera encore miné par la mal gouvernance, l’instrumentalisation de la justice, le clientélisme, l’accaparement des médias de service public, la gabegie etc.
Comment alors mettre fin aux incertitudes ?
Pour mettre définitivement un terme au débat, le Président de la République à qui appartient seul cette prérogative, doit dès à présent, saisir le Conseil Constitutionnel pour avis sur cette question.
-Si le Conseil Constitutionnel est d’avis que l’actuel président ne peut pas se représenter pour un troisième mandat, le débat sera définitivement clos.
-Si en revanche, il est d’avis contraire, il faudra trouver au plus vite, une solution politique pour que tout le monde soit convaincu que les manœuvres politiciennes ne pourront pas remettre en cause la sacralité conférée par les sénégalais à la clause limitative des mandats à deux.

Ibrahima Hamidou DEME,
Président du Mouvement « Ensemble ».

Je fais un rêve réaliste (Par Alassane K. KITANE)

Je rêve de vivre dans un société où la politique ne sera plus un moyen d’accès aux ressources du pays ; un pays où le travail sera érigé en culte ; un pays où les plus belles villas appartiennent à des personnes qui n’ont aucun lien avec la politique.

Je rêve de vivre dans un pays où l’école et les enseignants seront la priorité et ce, non pas parce qu’ils sont des niches et des sources des tensions sociales, mais parce que la communauté aura compris que sans un enseignement de qualité, tous les investissements deviennent pour elle un fardeau.

Je fais le rêve de me battre de toutes mes forces pour léguer à ma descendance un pays où la culture sera la boussole de tous les projets économiques et politiques.

Je rêve de voir mon pays s’affranchir des avatars de la colonisation que sont la langue française, la présence insolente de l’armée française, la monnaie de la colonisation française et le droit français. Est-ce vraiment trop demander ?

Je fais un rêve de voir mon pays ancrer la recherche scientifique locale sur les besoins endogènes.

Je fais un rêve de voir mon pays résolument tourné vers l’investigation scientifique décidée à comprendre les multiples ressources naturelles que nos ancêtres ont pris le soin de circonscrire par leur science afin de nous indiquer des pistes de recherche pour notre science.

Je rêve de voir mon pays cesser de consommer le pain importé alors que le pain à base de produits locaux est plus nutritif et plus économiquement intégrateur pour notre pays.

Je rêve de vivre dans un pays où la science et la technique cesseront d’être purement théoriques pour être désormais au service des enjeux pratiques et des défis économiques. Qui ose dire que c’est irréalisable ?

Je rêve de voir les jeunes de nos villes s’organiser en brigades de la propriété pour mettre fin à l’insalubrité chronique qui répugne au regard du touriste de l’hôte.

Je rêve de voir les vieilles bonnes mœurs des villages, consistant à s’organiser en coopératives spontanées pour désherber les sentiers et les alentours du village afin d’éviter des incendies, êtres ressuscitées par les citadins avec l’appui et l’expertise des pouvoirs publics.

Je rêve de voir les stations de lavage sauvages être financées et transformées par les collectivités locales en espaces verts alimentés par l’eau utilisée par ces laveurs informels de voiture.

Je rêve de voir ces espaces squattés par des jeunes désœuvrés et laissés à eux-mêmes être transformés en lieux où le travail alimente le loisir et celui-ci encourage celui-là.

Je rêve que mon pays entre résolument dans cette ère où travail et loisir se côtoient et se garantissent réciproquement ; cette ère où études et jeu cohabitent.

Je rêve de voir des décideurs comprendre définitivement qu’à une époque où le jeu devient industriel, la réponse appropriée n’est pas de réprimer le jeu, mais plutôt de développer une économie et une industrie du jeu adossées à notre culture. Est-ce sincèrement une utopie ?

Je rêve de voir mon pays développer une presse libérée de tous les pouvoirs pour enfin jouer son rôle originel de contre-pouvoir.

Je rêve de vivre dans un pays où la presse audiovisuelle contribue de façon efficiente à l’éveil des consciences par une production et une diffusion de produits de qualité.

Je rêve de voir la presse de mon pays relayer le chercheur en histoire par la promotion des terroirs et leur très riche patrimoine historique par le truchement de la production de documentaires de qualité.

Je rêve de voir la presse de mon pays être le relais de l’enseignement avec la production d’une véritable culture de l’émulation et des émissions à thèmes en lieu et place de l’improvisation et de l’informel. Est-ce une demande capricieuse ?

Je rêve de voir les télévisions sénégalaises montrer à travers les téléfilms les différents visages de la société et de la culture au lieu de mimer comme des singes des intrigues et des suspenses propres à l’autre.

Je rêve de voir un paysage audiovisuel qui n’a pas honte de montrer au monde entier les vraies réalités sénégalaises au lieu d’inventer tous les soirs une société où la laideur et la misère sont absentes.

Mon rêve est que la télé donne droit de cité aux vilains, aux pauvres, aux « faq-man » aux « bùdiù-man », aux loseurs, aux paysans, aux charretiers de Sangalkam… puisqu’ils font partie de ma communauté.

Je suis énervé de voir des téléfilms où le luxe insolent et la vie est trop opulente de quelques minorités cachent honteusement la réalité du pays.

Je rêve de me débarrasser de la honte d’avoir une presse qui vit aux crochets des pouvoirs politique et économique. Est-ce vraiment demander la lune ?

Je rêve de voir des brigades de la propriété organisées et financées par l’argent du contribuable pour faire de la moto un moyen simple de collecte des ordures avec une plus-value en matière de créativité pour les menuisiers métalliques.

C’est par les petits pas qu’on en fait de géants : alors je rêve de voir ces jeunes développer de petites entreprises pour apprivoiser cet outil à des fins plus sociétales (transport de marchandises par exemple afin de renvoyer les charrettes dans le monde rural).

Je rêve de voir des politiques d’emploi simples, accessibles parce qu’inspirées de la culture et de nos mœurs. Je rêve de voir une capitale débarrassée des charrettes, des restaurants à ciel ouvert, du commerce partout, par tous et de tout !

Je rêve d’un pays progressivement libéré de l’informel par une exploitation judicieuse de l’énergie et de la créativité de sa jeunesse. En quoi cela est-t-il un rêve enfantin ?

Alassane K. KITANE

Professeur au Lycée Serigne Ahmadou Ndack Seck de Thiès

Président du Mouvement citoyen LABEL-Sénégal

Youssou Ndour et le groupe futur media Gfm arrêtez ! ( Mandiaye Ndiaye)

Fekke Molaci Boolé Wayé Bokoci ak Ngor ak Ndioup car l’avilissante dernière publication du journal l‘Observateur de ton groupe de presse GFM par le journaliste Ndiaga Ndiaye à l’endroit du Colonel Abdourahim Kébé du parti Rewmi l’a prouvé.

Ndiaga Ndiaye un journaliste loin d’être incorruptible et indépendant n’en est pas à son premier coup d’essai car depuis qu’il officiait au journal « le quotidien » de Madiambal Diagne, Ndiaga est le fantassin qui écrit les articles issus des basses manœuvres.

La partialité du GFM (Groupe Faral Macky) ne souffre d’aucune suspicion mais de grâce n’invitez pas la lâcheté dans vos sorties jusqu’à tenter de discréditer, ternir ou entacher l’honorabilité d’honnêtes personnes en l’occurrence des proches de Idrissa Seck dans le seul but d’une obsession de déstabilisation de Ndamal Cadior.

Youssou Ndour détrompe toi, avec ton groupe de presse et alliés du Maquis vos complots et tentatives de destructions du Président Idrissa Seck seront vains car ce que (Il est midi, le messager, xibaar, express new) dont la seule ligne éditoriale était de salir Idrissa Seck n’ont pas réussi, le GFM ne parachèverait jamais cette mission infâme.

Hormis les agressions médiatiques Idrissa Seck a fait face à une agression judiciaire sans preuves, sans fondements, des agressions physiques, des agressions mystiques, des agressions politiques, malgré tout cela il reste debout et continue sa noble mission de Servir le Sénégal.

Yousssou Ndour dites à votre patron qui vous envoie les instructions exécutées par ton groupe de presse qu’il vaut mieux subir l’injustice que de la commettre et celui qui sème l’injustice moissonne le malheur.

Mandiaye Ndiaye
Parti Rewmi

Leçons d’une frauduleuse élection…( Par Adama Gaye )

Maintenant qu’à la face du monde, après une non-election, final assaut sur une démocratie trahie, le Sénégal se retrouve avec un illégitime individu, à la mine patibulaire, à l’embonpoint criminel, rempli de ses crimes financiers, fiscaux et fonciers, il est temps d’avoir une conversation candide autour de ce moment à oublier au plus vite.

Quelles leçons retenir des actes menés par ce mec qu’il faut refuser de nommer ?

Un escroc méprisable à traiter avec dédain. comme le terroriste que la remarquable Première Ministre Neo-Zélandaise, Jacinda Ahern, a snobé, pour ne pas lui donner un piédestal immérité !

1- Les Senegalais sont compatibles avec les voleurs, tolérants avec les larbins, les fauteurs sexuels, les brigands de tous poils:
Mickey, Karim, Khalifa, Kebe (? selon une certaine presse). Meme un Idy ayant eu maille à partir avec la justice trouve grâce à leurs yeux, dans ce pays où faire acte de contrition, admettre ses propres lacunes ou errements relève de la quadrature du cercle…

Comme ce n’est pas demain la veille de cette remise en ordre des valeurs, la sagesse commande aux individus tentés par la politique d’être d’abord des voleurs s’ils veulent être écoutés par un peuple d’une légèreté sans limites.

2- Ils manquent de rigueur.

3- Ils sont peureux au point de permettre à une tapette-voleur, bradeur de leurs hydrocarbures et autres ressources, comme Macky Sall, de jouer aux matamores devant eux.

4- Ils sont des receleurs dans l’âme: volez mais filez m’en un peu et je ferme les yeux.

5- Ils sont corruptibles: juges, chefs religieux, journalistes et patrons de presse, syndicalistes, politiciens et militants-taupes, profitards dits patrons-prostitues, syndicalistes et électeurs moyennant leurs votes sont à vendre aux enchères.

6- Ils sont folkloriques: le todj-radiakhe de Madicke NIANG les allume plus que quelque discours profond sur la définition du cours du pays.

7- Le processus démocratique est de bout en bout vicié par des complices alignés tout au long de ce qu’on peut appeler une chaîne de contre-valeurs.

8- Sénégal, Rdc, Congo, Gabon, Côte d’Ivoire, Zimbabwe etc sont les nouveaux symboles d’une démocratisation de façade, par le bas. validée par les institutions et observateurs africains.

9- La communauté internationale a choisi de ne plus croire en une Afrique démocratique et vertueuse dans la gestion de ses affaires: de l’ONU aux partenaires bilatéraux, c’est le début d’une nouvelle ruée vers un continent auto-colonisateur de ses ressources à la condition que ses dictateurs locaux aient leur maigre part du gâteau. Que la plèbe meurt…

10- Le rêve d’une rising Africa est une illusion: sauf si un sursaut miraculeux porte par Dieu et ses peuples refusaient son inéluctabilité.

Ps: En juin 2019, à l’occasion du cinquantenaire du Foreign Service Program de l’université d’Oxford, réunissant la crème de la diplomatie, j’en ferai l’argumentaire devant mes condisciples et autres de cette vénérable institution.

Adama Gaye