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Mesures annoncées par le Président Sall face à l’anarchie générale, à tous les niveaux…Oui, mais ?

Monsieur le Président de la République, est-ce que vous aurez tout le courage nécessaire d’appliquer, dans la lettre et dans l’esprit, toutes ces mesures, sans faiblesse coupable ni cruauté inutile, pour mettre un terme à cette anarchie globale? En tout cas, votre prédécesseur avait tenté de supprimer l’occupation anarchique de la voie publique, mais il avait abdiqué en moins de 72 heures et n’en avait plus fait cas.

Osons espérer que l’élève que vous êtes ne suivra pas les traces du maître, comme il l’a fait dans les autres domaines. Mais, étant donné que ce mandat et votre dernier, vous avez là, une bonne opportunité d’appliquer des mesures fortes et salutaires que vos prédécesseurs craignaient, parce qu’ils pensaient à une réélection.

En vérité, pour combattre objectivement, les inégalités dans le domaine social, l’injustice sous toutes ses formes et la violation des droits des citoyens, notre pays doit avoir des dirigeants intègres compétents et capitaines d’équipe, des meneurs d’hommes, imprégnés de droiture, d’humilité et d’équité qui épousent les qualités humaines intrinsèques.

Oui, l’homme ou l’être humain en général, plus exactement, un dirigeant doit être juste, courageux et foncièrement opposé à toutes formes d’inégalités sociales. Ce sont de tels dirigeants que le Sénégal doit, réellement avoir, à l’heure actuelle pour bien conduire son destin et pour mieux gérer le pays. Il faut donc, à notre pays, de véritables dirigeants courageux et équitables qui n’ont pas peur de dire la vérité à tous quand il faut.Oui, des dirigeants qui veillent scrupuleusement à l’application stricte et juste de la Constitution, mettent au même pied tous les citoyens et exigent de tous également, son respect absolu sur l’ensemble du pays.

Donc, au Sénégal, le peuple ne devrait plus accepter l’existence de chefs d’écurie, de clans ou de partis autocrates à la tête du pays, c’est-à-dire ceux qui ne pensent qu’à eux-mêmes et aux siens, en ignorant l’écrasante majorité du peuple et l’intérêt général. Les dirigeants du pays doivent dorénavant, être des citoyens sobres, rationnels dans l’utilisation des ressources du pays qui leur sont confiées par la nation. Ils doivent être donc, des citoyens exemplaires et surtout désintéressés de la richesse personnelle.

Il doivent se départir totalement des fastes de la mondanité et s’interdire la moindre folie des grandeurs pour leur prestige personnel comme pour celui de l’État. Ils doivent être,surtout et principalement, des patriotes incontestables et préoccupés, au plus haut point, par les problèmes essentiels du peuple sénégalais ainsi que par la recherche de leurs solutions justes. Ces derniers devraient donc, à l’arrivée au pouvoir s’atteler effectivement et de toutes leurs forces à la réduction des inégalités et de la pauvreté accrue et persistante de la grande majorité des Sénégalais.

De tels dirigeants doivent être humbles et dévoués, comme le fut Nelson Mande, au service de leur pays pour la satisfaction des besoins vitaux de leur peuple. Ils doivent aussi avoir le courage et d’oser rompre, sans équivoque, avec toutes les pratiques corruptives et discriminatoires que les citoyens ont décriées dans le passé. Il faut au Sénégal, des dirigeants très courageux et républicains qui oseront mettre fin à tous les privilèges exorbitants et injustifiables en cours dans la République. Et, bien entendu, ils auront l’honnêteté de commencer par eux-mêmes pour donner l’exemple aux autres concitoyens, donc, par la réduction de leurs nombreux privilèges et avantages personnels excessifs.

Enfin, si le président de la République commençait par réduire lui-même ses privilèges actuels faramineux en raison du faible niveau de richesse de son pays, il donnerait là, un exemple de portée patriotique, sans précédent. Et, c’est sûr que si telles mesures étaient prises et appliquées effectivement par le Président, en commençant d’abord par lui-même, sans nul doute, tous les citoyens, pour ne pas dire tous les Sénégalais, applaudiraient et n’hésiteraient pas aussi, à suivre son exemple.

Ce serait, dans ce cas-là, une preuve matérielle qu’il tenait bien compte, du fait, que son pays est membre du club des P.P.T.E. Cela étant, il ne devrait pas, décemment, avoir une conduite d’opulence ou de pacha, totalement en porte-à-faux avec le niveau de développement et le statut réel, d’un pays pauvre. Il n’y a point de doute, que son geste, dans ce cas-là, serait qualifié de grandeur et d’humilité et même celui-ci pourrait être suivi par beaucoup d’autres citoyens sans hésitation.

Oui, si le président agissait de la sorte, il serait, logiquement, dans de très bonnes dispositions et voire dans son droit d’obliger alors, les membres de son gouvernement, les députés, les conseillers économiques et sociaux et tous les hauts fonctionnaires de l’État, à observer la même attitude que lui ou à être démis. Une telle initiative patriotique de solidarité nationale, serait un acte significatif de haute portée aux fins de corriger enfin les nombreuses injustices sociales ancrées, depuis fort longtemps dans le pays, à savoir les pratiques cupides et indécentes de nos gouvernants.

Il est indéniable que les retombées et les produits sécrétés par une telle opération de grande envergure, consistant à redresser voire à sanctionner les abus de pouvoir comme de biens sociaux, permettraient assurément à notre pays, de faire des économies substantielles considérables et non négligeables. Et, c’est, d’autant plus significatif encore, en raison de son caractère spécifique et patriotique, sans précédent. Et, en outre, par le fait de l’originalité de l’idée qui a émergé spontanément à partir de nos propres réflexions et initiatives personnelles, sans intervention ou injonction extérieure.

Et, la matérialisation d’une telle initiative serait, aussi et encore, pour notre pays, une opportunité et une manière singulière d’être, à nouveau, à travers cet exemple-là, une exception qui divorce bien avec ce qui se fait jusque-là en Afrique.
Un tel exemple de portée patriotique sous forme de solidarité avec son peuple, s’il était initié par le premier d’entre les Sénégalais, serait une première dans les annales et dans une large mesure un impact positif qui pourrait faire naître l’espoir sur d’autres Sénégalais.

Et, ces derniers pourraient même, sur la base d’un tel exemple concrétisé, devenir plus sensibles et plus motivés demain, en acceptant de faire plus d’efforts et de sacrifices en guise de solidarité nationale pour résoudre les épineux problèmes auxquels notre pays est, actuellement, confronté, après les gestions calamiteuses et de pillage des ressources de notre pays par les régimes précédents. Précisément, à partir de l’avènement de l’alternance 2000 sous la férule de Me Wade avec sa méthode de gestion informelle intégrale, au cours de laquelle,ce dernier a mis notre pays à l’envers, avant de partir.

Et, si cet état d’esprit, un signe évident de patriotisme et de solidarité, est concrétisé, il contribuerait, dans une large mesure à résoudre le dysfonctionnement actuel dans le système de rémunérations de la fonction publique, par son retour aux fondamentaux. En effet, dans système hétérogène actuel, l’on note de grandes disparités inacceptables et injustifiables au niveau des salaires.

Des disparités qui sont dues essentiellement, au non-respect des textes réglementaires du statut général de la fonction publique. Pour dire vrai, il faut souligner que l’apparition de ces anomalies que l’on note dans ce domaine, c’est-à-dire le ratio entre les salaires du personnel au sommet de l’État et celui de la base est un scandale sciemment créé par Me Wade. Et, il a été malheureusement maintenu injustement jusque-là, par le président Macky Sall. Cette situation injuste, socialement et professionnellement, doit être absolument réparée, car elle a pénalisé déjà beaucoup de travailleurs.

Le président Sall doit reconnaitre que cet état de fait injuste n’est plus simplement une question d’inégalité sociale, mais, c’est véritablement, de l’indécence et de la discrimination caractérisée. Car, elle a été voulue et fomentée par le pouvoir libéral qui a tout chamboulé lors de son passage, dans la fonction publique, sans pouvoir le remettre en place.
Donc, pendant que l’on y est, Monsieur le président, l’anarchie dans le pays est une situation générale donc, il faut aller en guerre sans réserve contre toutes les distorsions et tous les dysfonctionnements, notamment dans l’Administration générale et partout dans le Sénégal. Tout cela est de votre responsabilité.
Dakar, le 24/04/2019.
Mandiaye Gaye.
Mandiaye15@gmail.com

Les maux congénitaux de Macky II”, par Amadou Tidiane Wone

La première mesure phare du régime Macky 2 est étrange, surprenante, déconcertante et enfin décevante : alors que le premier message lancé par le Président élu Macky Sall, après la proclamation officielle des résultats, tendait à apaiser et à rassembler autour de l’essentiel par un « dialogue inclusif », l’annonce de sa décision unilatérale de supprimer le poste de Premier Ministre aura causé l’équivalent d’un séisme de magnitude 5 sur l’échelle de Richter, dans la conscience républicaine et les bonnes mœurs politiques de notre pays.

Une secousse telle que, les cinq années de son dernier mandat ne suffiront pas pour en amortir les ondes de choc. Entre temps, une nouvelle campagne électorale aura déjà démarré avec son lot de promesses oubliées…

Alors, la question qui se pose est la suivante : est-il raisonnable, alors qu’il ne lui reste que cinq années de mandat, d’engager le pays tout entier dans une remise en cause aussi profonde des Institutions sans un consensus fort avec les différents segments de la Nation?

Alors même que des urgences d’une acuité indescriptible tenaillent notre peuple ? Un peuple dont la résilience défie toutes les lois de la logique. Certes. Mais il ne faut pas tenter le diable non plus !

Qui prend la mesure des bouleversements et tiraillements qui vont intervenir pendant et après la prise des décrets de répartition des services de l’Etat ? Querelles de préséance et d’appétits grandissant à la vue du gâteau ?

Qui appréhende le temps qu’il faut pour mettre en place et huiler les automatismes entre les différentes structures en charge de tel ou tel projet?

Pendant ce temps-là, la mise en œuvre de programmes importants pourrait-être ralentie, sinon arrêtée, en raison d’un leadership flou, mal défini ou… indéfini.

Sans compter qu’à la faveur du désordre, les pêcheurs en eaux troubles pourraient s’en donner à cœur joie pour détourner, planquer et distraire des ressources de leur destination normale. Il faudra deux ans pour y voir clair si tant est que la volonté y soit…

En cas d’embrouilles, il faudra envoyer les inspections qui vont rédiger des rapports longs comme un jour sans pain, ensuite interpeller les coupables à la carte, et les attraire devant les Cours et Tribunaux si les
dossiers ne finissent pas sous le coude…

Pour dire que le « fast track » qui ne signifie, au fond, « qu’accélérer la cadence » et dont les droits d’auteurs appartiennent à Aminata Touré, Ancien Premier Ministre, risque de sombrer dans un grand fracas d’incompétences et de susceptibilités sur fond de guerres de positionnement pour l’après Macky.

Ce pays unique, où la réalité dépasse souvent la fiction, c’est le Sénégal, défiguré par des années de médiocratie et d’impunité …

Puisque le tableau à venir est si sombre, il y a lieu de se demander quel est l’objectif poursuivi par le Président Macky Sall à travers cette annonce et la mise en scène de la gestation douloureuse du gouvernement.

Deux remarques dans la forme : jusqu’ici personne n’a entendu sortir de la bouche du Président de la République, la décision de supprimer le poste de Premier Ministre.

Décision qui aurait dû, pour le moins, être annoncée dans le message a la Nation du 03 avril 2019. C’est à l’élu de s’adresser au pays dans les moments graves ou à l’occasion de prise de décisions aux conséquences lourdes.

Deuxième remarque dans la communication supposée devenir directe, le Premier Ministre, Secrétaire Général de la Présidence de la République et le Secrétaire Général du Gouvernement sont les porte-voix de Macky 2… la distance se creuse.

Dans ces conditions, il va falloir nous exercer à échafauder des hypothèses. Quelques invraisemblables qu’elles puissent paraître, il faut réfléchir et surtout agir vite !

Hypothèse une : faire oublier le dialogue promis, créer des conditions suffisamment traumatiques pour annihiler les effets du livre blanc promis par l’opposition qui tarde à reconnaître la légitimité du Président élu.

Bref détourner les attentions… « Faire naître une affaire dans l’affaire et au besoin une autre dans l’affaire et ainsi de suite pour faire oublier la vraie affaire » est une méthode usitée en politique. Plus c’est gros, et plus ça passe généralement.

Hypothèse deux : le Président Sall n’est pas satisfait de son Premier Ministre M. Dionne. Il pousse la torture au point de l’envoyer à l’échafaud se passer la corde au cou, lui-même et avec le sourire. Car, expliquer la suppression de son poste par la nécessité de rapprocher le Président de ses ministres pour une meilleure productivité et l’accélération de la mise en œuvre des programmes.

Cela veut dire que le Premier Ministre Dionne constitue un goulot d’étranglement, depuis des années. Il fallait juste le changer, pourtant ! Pour aller vite…fast tracking.

Hypothèse trois : le Président Sall veut tester, à l’entame de son dernier mandat, jusqu’où il peut pousser le bouchon, le plus loin possible… Dans l’hypothèse où sa réforme passe toutes les étapes sans aucune résistance et comme lettre à la poste, l’éventualité d’un troisième mandat commence à devenir envisageable, puis plausible. Puis possible. Puis faisable. Et puis…

Hypothèse quatre : le Président prend ses distances avec ses alliés et sa coalition du premier mandat. Il va les laisser aller aux locales et aux législatives sans son implication personnelle, la nouvelle nature du régime va lui faciliter la tâche.

Il aura le loisir de se reconstruire une nouvelle majorité de souteneurs présidentiels à la lecture des résultats qui sortiront des urnes.

Il anticipe donc sur une défaite possible de son camp comme le laisse prévoir la dynamique baissière des scrutins équivalents passés.

Ce qui se joue dans tous les cas de figure, c’est l’avenir de nos enfants. Le Sénégal n’est pas une principauté.

Depuis 59 ans, des générations d’hommes et de femmes ont posé, avec plus ou moins de bonheur, une brique après l’autre, pour mettre en place un système de conquête et de transmission du pouvoir respectueux des normes généralement admises comme étant démocratiques.

Allons-nous assister sans réagir à une remise en cause de l’esprit et de la lettre de nos institutions ? Juste pour les intérêts d’un homme ou de ceux de son clan ?

Nous sommes tous interpellés !

Enfin, avez-vous remarqué que le TER inauguré en grandes pompes durant la campagne électorale est au parking depuis ? Je suis presque en voie de gagner le pari qu’il ne sera pas ouvert au public avant 2020 et des poussières ! Je ne parle pas des dégâts collatéraux sur le cadre de vie des quartiers impactés. Au moins maintenant on saura que c’est le Président, et lui seul, qui en sera responsable ! De toutes les façons, si sept ans sont passés si vite, que reste t-il déjà de cinq ans ?

#Allonsrekk

« Jamais un Président n’a été aussi impitoyable envers des compatriotes »

Excellence, je profite opportunément du 32 ème anniversaire des événements des 13 et 14 avril 1987 qui ont abouti à la radiation des policiers pour vous adresser la présente correspondance, en espérant très vivement et c’est mon souhait le plus ardent, qu’elle vous trouve, votre épouse et vous, en très bonne santé.

Excellence, avec tout le respect que je vous dois en votre qualité d’ancien Chef d’Etat qui a eu le grand privilège de et l’insigne honneur de présider aux destinées de notre cher pays pendant 20 ans, je vous dirai tout de go et sans aucune précaution oratoire que de tous les Présidents de la République du Sénégal vous avez été celui qui aura pris la décision la plus inopportune, la plus mauvaise, la plus cynique, la plus inique, la plus injuste, et la plus inhumaine envers ses propres compatriotes.

Excellence, en effet, le 15 avril 1987 sur vos instructions fermes données sous le coup de l’émotion, de la peur et de l’affolement, les députés socialistes de l’époque ont procédé au vote de la loi 87.14 portant radiation des cadres des personnels des forces de police.

Cette mesure de radiation collective est intervenue à la suite des fameux événements des 13 et 14 avril 1987 que certains ont qualifiés de ‘’grève des policiers’’.

En effet, pendant ces deux jours, certains membres des forces de police basés à Dakar, une infime minorité et il est bon de le préciser,ont cru devoir occuper la voie publique pour manifester contre une décision de justice condamnant six de leurs collègues à des peines d’emprisonnement fermes.

En réalité cette manifestation inédite a été une véritable occasion pour protester contre les conditions de vie humiliantes et avilissantes qui étaient le lot quotidien des policiers.

Toutefois, le souci de la vérité qui me sert toujours de viatique ainsi que l’honnêteté intellectuelle m’obligent à reconnaitre et à dire que les policiers avaient enfreint les règles statutaires qui les régissaient. Bien que légitimes, leurs revendications n’auraient pas dû les amener à s’affranchir de leur statut.

Excellence, concernant la mesure de radiation proprement dite, comme cela a été de tout temps dénoncé, elle est foncièrement inconstitutionnelle en ce sens qu’elle a été prise par l’Assemblée nationale qui n’avait pas compétence en la matière si l’on part du principe que la radiation est une sanction disciplinaire et qu’il était dit dans la constitution en vigueur au moment des faits que le pouvoir de sanction appartenait à l’autorité investie du pouvoir de nomination.

Ainsi donc, il vous appartenait de prendre vos responsabilités pour sanctionner directement les présumés fautifs dont les droits de se défendre ont été allègrement bafoués.

Seulement par ponce-pilatisme , suivant en cela les conseils du puissant et incontournable Jean Collin, secrétaire général de la présidence d’alors, vous aviez transféré cette responsabilité aux députés socialistes.

Et nous nous rappelons tous, avec fierté, que les députés du parti démocratique sénégalais (PDS) avaient ostensiblement quitté l’hémicycle pour ne pas être témoins ni complices de ce qui apparait aujourd’hui, vu ses conséquences, comme un crime social.

Jusqu’au moment où j’écris ces lignes, les policiers radiés contestent votre décision enrobée d’une fausse légalité. Et contrairement à Blaise Pascal qui disait « il faut jamais dire au peuple que la loi n’est pas bonne ; il faut toujours lui dire qu’il faut y obéir parce que c’est la loi », nous policiers continueront à dénoncer votre loi scélérate jusqu’à ce que le dernier de vos victimes rejoigne les cieux.

Excellence, il a été ensuite demandé aux policiers de formuler individuellement une demande de réintégration, suprême humiliation. Des commissions ont été créées à l’effet d’examiner, semblait-il les dossiers cas par cas.

A l’issue des travaux de celles-ci, mille deux cent quarante sept (1247) policiers, tous grades confondus, ont été jugés ‘’indignes et inaptes’’ de servir l’Etat du Sénégal et ce après des dizaines d’années de bons et loyaux services pour son compte.

Par votre faute, des milliers de braves et valeureux agents ont été brutalement privés de toutes ressources, de tous moyens de subsistance. Des agents dont on ne pouvait apprécier à sa juste valeur la somme incommensurable de sacrifices de toute nature consentis durant leurs carrières.

Excellence, votre décision a eu des conséquences terribles et indicibles dans la vie de centaines de familles sénégalaises.

Jadis, ces pères de familles,leurs épouses et leurs enfants vivaient avec les soucis, les préoccupations, les joies et les peines quotidiens de n’importe quelle famille sénégalaise. Mais depuis votre décision injuste, cynique, inique et inhumaine que de péripéties, que de vicissitudes, que d’aléas !

Des familles jadis unies, joyeuses et harmonieuses se sont disloquées ; des enfants, ces êtres frêles, sans défense qui naguère fréquentaient l’école avec l’insouciance de leur âge fait de rêves les plus osés, ont été contraints d’abandonner le chemin du savoir, seul garant de l’avenir.

Des bébés prématurés ont grossi le taux de mortalité infantile. Des femmes parturientes ont rendu l’âme au moment où elles mettaient l’innocent sur qui le père radié espérait trouver une consolation.

La maladie pernicieuse, vicieuse et malicieuse, quelquefois dans toute sa virulence, conduira au cimetière des nourrissons, des enfants, des adolescents, des femmes et des hommes abandonnés à eux-mêmes parce que précipités brutalement et de la manière la plus lâche dans une situation de désarroi et de détresse jusque là inconnue, mais surtout insupportable.

Combien sont-ils à avoir été internés dans un centre psychiatrique pour avoir disjoncté parce s’étant retrouvés subitement en pleine déréliction dans un univers qui leur est devenu étranger.

Des femmes, jadis fières de leurs époux et attentionnées vis-à-vis de leurs progénitures ont subitement abandonné le domicile conjugal tout simplement parce qu’un ressort psychologique a été cassé.

Des cadavres ont séjourné dans des morgues davantage qu’il n’était nécessaire tout simplement parce que la misère et l’impécuniosité ne permettaient pas d’acheter le linceul et de procéder à la prière mortuaire dans les meilleures de décence.

Dois-je poursuivre cette évocation macabre avec le cas de M. Gningue, ce jeune officier ayant servi sous mes ordres et qui s’est suicidé en se jetant sous les roues d’un camion sur la route nationale non loin de Fatick à quelques encablures de Diouroup ?

De braves pères de famille, agents émérites qui ont combattu au prix de leur vie pour préserver l’intégrité du pays, pour faire face au banditisme se sont retrouvés à arpenter quotidiennement les rues, les boulevards, les venellestortueuses et autres recoins interlopes à la recherche de l’hypothétique pitance quotidienne.

Excellence, les faits précités sont graves et lourds de conséquences désastreuses et calamiteuses. Et celles-ci se font sentir jusqu’au moment où j’écris ces lignes.

Prenez le soin d’aller visiter les familles de policiers radiés, vous aurez l’occasion de mesurer l’amplitude de la détresse, du désarroi, du malheur et de la misère que vous y avez installés. Vous avez fait du mal, du tort à des hommes dignes, à des femmes valeureuses et surtout à des enfants innocents.

Votre conscience sera toujours perturbée par les échos des gémissements et les voix d’outre-tombe de milliers de Sénégalais ensevelis sout terre parce que morts de faim, de misère et d’angoisse par votre faute.

Excellence, les policiers radiés constitueront toujours votre mauvaise conscience. Nos progénitures qui avaient grossi le contingent de l’enfance déshéritée ont grandi pour relever le défi. Même ceux qui sont morts ont constitué le terreau fertile d’où a émergé un grand arbre dont les branches sont dénommées Honneur, Fierté, Dignité, Foi et Espoir.

Ce grand et majestueux arbre a produit des fruits qui, aujourd’hui, constituent autant d’hymnes de bravoure et de courage qui sont popularisés et chantés dans toutes les contrées du pays, du Walo au pays Bassari, du Ferlo à la verte Casamance.

Excellence, votre décision irréfléchie dictée par une panique injustifiée a porté un préjudicie énorme à la Police en tant qu’institution.

De par votre faute, votre irresponsabilité et votre manque de maîtrise et de sérénité, vous avez fait perdre à la Police des cadres parmi les meilleurs d’Afrique ; vous avez fait perdre à la police son âme et la Police ne s’est jusqu’à présent pas relevée de ce drame. Le déficit structurel des effectifs résulte de votre décision inhumaine et assassine.

Plus grave et plus dangereux, vous aviez instillé dans l’esprit de certains policiers mentalement fragiles un complexe d’infériorité par rapport à leurs collègues des autres corps qui, Dieu sait, ne sont ni plus compétents professionnellement ni plus utiles socialement.

Excellence, sachez que les policiers radiés que le gouverneur Malick BA avait traités de mauvaises graines, se sont montrés à la hauteur tant au niveau de la Police municipale, aujourd’hui disparue, que dans la Police nationale où leur compétence, leur professionnalisme et surtout leur moralité ont été bien appréciés.

Ils étaient très loin de l’ivraie. Ils avaient simplement eu le tort d’être des agents avertis, réfléchis, conscients de leur devoir mais surtout de leurs droits.

On leur reprochait, pour la plupart, d’être des intellectuels, des têtes pensantes. Pour votre information, sachez qu’ils ne sont plus que trois en activité sur les 1247 que vous aviez radiés sans le moindre état d’âme.

Excellence, vous avez les salutations fraternelles de deux policiers radiés. D’abord celles du vieux brigadier-chef Mandoumbé DIAW, polygame domicilié à Grand Dakar.

Il m’a chargé de vous dire qu’il est atteint de cécité depuis bientôt 28 ans. Sa seule activité est de s’asseoir devant sa maison et de voir défiler le film de sa vie à la fois tragique et dramatique.

Il m’a prié et chargé de vous mettre au fait que malgré l’abysse visuel dont il souffre du fond de son âme et de sa chair, votre image s’est incrustée par effraction dans sa rétine non fonctionnelle et qu’il en pâtit énormément.

Ensuite celles du brigadier Alioune CAMARA, qui vous fait savoir qu’il vous tiendra toujours comme le responsable du décès de son épouse qui, parce que n’ayant pu supporter la présence d’un huissier accompagné de la force publique pour procéder à leur expulsion, a fini par se suicider suite à un affaissement mental aggravé.

Excellence, je ne saurais terminer sans vous dire qu’à travers l’aménité du Président Macky SALL dont on dit que vous êtes le précepteur et le coach, vous êtes en train de bénéficier et de jouir indûment d’un traitement princier financé par l’argent du contribuable Sénégalais dont les impôts tirés des maigres pensions de retraite des policiers radiés.

En toute honnêteté et beaucoup de Sénégalais le pense, vous ne méritez pas les faveurs, les avantages ni les privilèges qui vous sont accordés chaque fois que vous séjournez dans notre cher pays où vous n’avez même pas daigné acquérir ne serait-ce qu’un appartement, faisant montre d’un mépris total, inexplicable, injustifiable, inqualifiable et inacceptable vis-à-vis de ce brave peuple de gorgorlous qui vous aura tout donné.

Avec tout le respect que je vous dois, vous avez été ingrat et ne méritez aucune sollicitude ni reconnaissance de notre part.

Excellence, l’histoire témoignera et la postérité retiendra que le deuxième Président de la république du Sénégal, monsieur Abdou DIOUF a marqué indélébilement au fer rouge la vie de milliers de Sénégalais.
Les policiers radiés n’oublieront jamais ; qu’Allah Le Tout-Puissant vous pardonne.
Dakar le 11 Avril 2019

Boubacar SADIO

Commissaire divisionnaire de police de

Classe exceptionnelle à la retraite.

Macky incapable du meilleur (Par Mody Niang).


De cet homme, ce politicien pur et dur, je n’ai jamais rien attendu,… de meilleur. Il en est incapable. Nous ne devons quand même pas oublier qu’il a été allaité par le vieux président-politicien pendant huit ans avant d’être sevré !

Il en a hérité les pires défauts, et pas une seule qualité. Il est vrai qu’on en trouve difficilement une seule chez son ex-mentor.

Votre excellent chroniqueur a insisté à juste titre sur le plus vilain de ses défauts : le mensonge. Il ment, il ment sans état d’âme, sans gêne.

Toute sa longue gouvernance de sept ans est jalonnée de « wax waxeet », au point que sa parole ne vaut plus un kopeck.

Une expression wolof consacre le manque total de confiance dans sa parole par les populations. C’est celle-ci : « waxi Maki, du ma ci dóor sama doom ».

Comment peut-on croire un seul instant que cet individu puisse changer, en bien naturellement puisqu’il est déjà le mal ?

Ces derniers jours, j’ai échangé avec des amis qui voulaient me convaincre que l’individu pouvait mettre à profit son second mandat pour rectifier ses erreurs du premier mandat. D’abord, de mon point de vue en tout cas, on ne peut pas parler d’erreurs le concernant.

Toutes ses initiatives considérées comme des erreurs procèdent de choix délibérés qu’il a toujours revendiqués. Et puis, des erreurs, on les regrette. Or lui, persiste dans ses choix.

Pendant que certains de nos compatriotes vraiment optimistes s’attendaient à un « gouvernement resserré », à un « gouvernement de mission », il a formé un gouvernement de 32 membres et trois secrétaires d’Etat.

Un gouvernement avec des ministères-bidons, parfois des coquilles carrément vides. Et ce ne sera sûrement pas tout : le pire est devant nous.

Il lui faudra recaser les ministres remerciés et de nombreux autres membres de la coalition gagnante, qui réclament haut et fort leurs parts du gâteau, ayant contribué à la victoire acquise dans leurs localités respectives.

Personne ne peut le leur reprocher car ils savent que le critère privilégié par le président-politicien n’est point la compétence ou autres qualités, mais la victoire dans sa localité.

Les nouveaux ministres et autres promus – et DIEU sait qu’il y en aura – travailleront davantage pour gagner demain dans leurs localités, que pour faire avancer le secteur qui leur a été confié.

Comment peut-on donc faire confiance à un tel homme et attendre de lui quelque rupture que ce soit ? Il est ce qu’il est et le restera.

La preuve la plus palpable, c’est la nomination de ce Cheikh Oumar Hanne en qualité de ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de l’innovation.

Oser bombarder cet individu à un tel niveau de responsabilité ou à quelque autre que ce soit, c’est manquer manifestement de respect au peuple sénégalais.

La presse fait état de casseroles qu’il traîne, casseroles qui sont quantité négligeable si on les compare aux nombreuses autres forfaitures révélées par l’OFNAC dans son dossier entre les mains du Procureur de la République.

Je suis bien placé pour être aussi affirmatif, car je n’avais pas encore démissionné de l’Office quand ses graves indélicatesses étaient en cours de traitement.

Il faut vraiment être un Macky Sall pour oser faire de ce Cheikh Oumar un ministre de la République. Il faut aussi être un Cheikh Oumar Hanne pour oser accepter ce poste, rencontrer ses compatriotes et les regarder les yeux dans les yeux. Sa place est à Reubeuss, et non dans un gouvernement.

Un jour ou l’autre, le président-politicien devra répondre, devant l’histoire, de nombreuses forfaitures dont, en particulier, cette nomination insoutenable

Le Président Macky Sall est mal (re)parti. (Par Cheikh Tidiane Dieye)


Je ne m’attendais pas à un miracle en ce qui concerne le premier mandat du Président Macky Sall. Il l’a démarré avec un projet politique peu ambitieux et des hypothèses approximatives sur les véritables urgences du Sénégal en matière de transformation.

Il a tout misé sur l’infrastructure matérielle pour réaliser son projet d’émergence, en recourant à un emprunt massif et en pensant que le développement se réduit à un squelette d’indicateurs macroéconomiques.

C’est pourquoi de Yoonu Yokkuté, il est passé au PSE sans parvenir à desserrer les contraintes structurelles qui plombent son action dans l’économie nationale.

Il a négligé l’infrastructure immatérielle, par choix raisonné ou par ignorance, et a, finalement, échoué à construire un citoyen responsable, imbu des valeurs de la République et conscient de son rôle en tant qu’acteur à la base de tout développement.

Il a fermé les yeux, pendant sept ans, sur toutes les entreprises de prédation économique, les actes de corruption, la forte politisation de l’administration et l’affaissement de l’autorité de l’Etat.

Il a promu la transhumance, toléré les contrevaleurs et garanti l’impunité à ses partisans cités dans les rapports des organes de contrôle tout en humiliant ses adversaires politiques.

Comme si le Sénégal n’avait ni Etat ni autorité capable de faire respecter les lois et les règlements, Il a laissé le désordre et l’indiscipline s’installer dans tous les segments de la société. La corruption a gangréné les structures administratives jusque dans les interstices, au point de devenir systémique et banalisée.

Mais autres temps, autres mœurs. Lors de sa prestation de serment et à l’occasion de son message à la Nation du 3 avril 2019, il a annoncé, en filigrane, vouloir tourner la page de son propre passé et ouvrir un nouveau chantier placé sous le signe de la restauration des valeurs civiques, du vivre-ensemble, de l’éthique, de l’ordre et de la discipline.

Il semble avoir découvert, après sa réélection, que ce pays avait fini de toucher le fond au plan de sa morale sociale et politique.

Il donne l’impression de découvrir qu’aucun développement n’est possible dans l’incivisme et le désordre.

Il ouvre les yeux, en fin, sur une vérité impossible à ignorer: en matière de gouvernance, aucune action n’est durable si son substrat n’est pas l’éthique.

Certains ont applaudi en l’entendant énoncer ses nouvelles résolutions. Je ne me suis pas forcément réjouis en ce qui me concerne.

Car, même si je nourris toujours le vœu de le voir devenir le Président que j’attends de lui, j’ai passé l’âge où je pouvais me laisser prendre, par naïveté, à des intentions sans épaisseur. Je ne prends plus personne au mot. Je ne juge plus que par les actes.

Or les actes qu’il vient de poser révèlent deux vérités. D’une part, que son appel au dialogue manque de sincérité, et d’autre part que sa volonté déclarée de promouvoir l’éthique dans la conduite des affaires publiques ne va pas au delà du discours qu’il a prononcé le 3 avril.

Ces actes suffisent à démontrer que le Macky Sall d’hier est encore celui d’aujourd’hui. Il sera probablement celui de demain s’il ne change pas de cap.

Le premier acte concerne sa décision de supprimer le poste de Premier Ministre. Il s’est donné le droit de décider tout seul d’une réforme constitutionnelle aussi importante que la suppression du poste du Premier Ministre, avec toutes les conséquences d’une telle décision sur l’ordonnancement institutionnel et la cohérence constitutionnelle qui doivent fonder la République.

Il n’a nullement senti le besoin ni n’a eu la sérénité d’attendre le dialogue auquel il a appelé pour mettre cette question en débat et donner aux acteurs politiques et aux forces vives la possibilité de donner leur avis.

Que Senghor ait fait la même chose il y a 50 ans ou Abdou Diouf il y a 30 ans ne justifie nullement un tel passage en force. Le monde de Senghor ne doit pas être celui de Macky Sall.

N’en faire qu’à sa tête; ne prendre en compte que ses propres intérêts politiques et ne compter que sur sa majorité parlementaire mécanique pour tripatouiller la Constitution à sa guise est contraire à tous les principes d’une gouvernance démocratique et vertueuse.

L’unilatéralité de cette décision et sa rapidité cachent forcément des desseins inavoués, peut-être inavouables.

Rajouter les pouvoirs du Premier Ministre à ceux déjà exorbitants du Président de la République conduit inéluctablement à un mastodonte présidentiel.

Or la « surprésidence » ou la « superprésidence » conduisent toujours à la « malprésidence ». C’est ce que nous vivons depuis l’indépendance du Sénégal, avec le résultat que l’on sait.

Peut-être a t-il besoin de régler des problèmes politiques internes à son parti en évitant de nommer à cette fonction un cadre qui pourrait se sentir pousser des ailes et déclencher prématurément la guerre de la succession en se positionner comme dauphin. Oublie t-il qu’un bon leader ne devrait pas avoir peur de préparer sa succession en laissant éclore, sous son ombre, les hommes et femmes qui possèdent l’éthique et la compétence nécessaires pour devenir les dirigeants du futur?

Il y a plus grave encore dans sa décision. Si dans quelques semaines, voire quelques mois, sa volonté devait s’exercer, débouchant sur la démission du Premier Ministre, c’est tout le Gouvernement qu’il vient d’installer qui démissionnerait également, car aux termes de la Constitution, la démission ou la cessation des fonctions du Premier Ministre entraine la démission de l’ensemble des membres du Gouvernement, eu égard à la nature collégiale et solidaire du Gouvernement.

La mise en œuvre de sa décision ôterait au peuple sénégalais un attribut constitutionnel important.

La suppression du Premier Ministre change la nature du régime et enlève au peuple la prérogative d’engager la responsabilité du gouvernement par un vote de confiance ou une motion censure contre le Gouvernement, prérogative qu’il exerce à travers ses représentants.

Même si le Premier Ministre est nommé par le Président de la République, et qu’il peut être révoqué par lui à tout moment, il n’en demeure pas moins qu’il dispose de nombreux pouvoirs que lui confère directement la Constitution.

S’il n’y a plus de Premier Ministre, le Président de la République accepterait-il de se mettre directement devant l’Assemblée nationale et engager sa responsabilité et celle de son Gouvernement?

Sera t-il responsable devant l’Assemblée nationale dans les mêmes termes que ceux prévus dans les Articles 85 et 86 de la Constitution?

Fera t-il lui-même la Déclaration de politique générale avant de se soumettre au vote de confiance des Députés? Dans quel scénario serait le Sénégal si la majorité parlementaire devait sortir de l’opposition en 2022?

Tant que le Président Sall n’aura pas donné de réponses claires à ces questionnements et les mettre en débat de manière ouverte et inclusive, toute action de sa part dans le sens qu’il indique relèverait d’un autoritarisme d’une autre époque et révèlerait, s’il en était encore besoin, son visage de bourreau constitutionnel et fossoyeur de la démocratie.

Le second acte déroutant qu’il a posé, en contradiction avec la parole énoncée, concerne la nomination du nouveau Ministre de l’enseignement supérieur. Ce dernier a été épinglé par l’OFNAC qui l’a nommément cité dans son Rapport 2016.

L’institution anti-corruption a recommandé, après des enquêtes, que l’ancien DG du COUD soit relevé de ses fonctions et que la gestion d’aucune entreprise publique ne lui soit plus jamais confiée. Cela, sans préjudice d’éventuelles poursuites judiciaires à son encontre.

C’est cet homme qui vient d’être porté à la tête du Ministère de l’enseignement supérieur dont le budget est de 195 287 174 705 FCFA.

Pour quelqu’un qui veut convaincre que l’exemplarité des dirigeants sera désormais le seul leitmotiv et que l’éthique et la gestion vertueuse seront les seules balises de l’action gouvernementale, c’est plutôt mal parti.

Que dis-je? Mal reparti.

Cheikh Tidiane Dieye

Macky Sall : Dans la logique d’un choix politique


Il vient d’être réélu pour un second mandat, devant s’expirer en 2024. Après une analyse de contenu sur notre Premier Magistrat, force est de reconnaître que l’homme est resté toujours le même.

Refusant et réfutant, dès les premières heures de son accession au pouvoir en 2012, le Président de tous les sénégalais qu’il est, semble allergique aux contradictions et autres visions qui caractérisent l’essence même de la démocratie.

Et en pleine fougue de son style, bousculant tout sur son passage, dans des procédés antinomiques et antipodes aux valeurs démocratiques, le  » Roi  » de la Cour de la Coalition Ben Bokk Yaakar; a conduit son navire à << bon port >>.

Du référendum aux urnes du 24 Février 2019, jusqu’à la proclamation des résultats par un Conseil Constitutionnel pas du tout exempt de couacs et déconvenues, sans oublier ce fameux parrainage de l’illégalité… tout un processus taillé sur mesure, au bénéfice de l’ex-candidat de La Majorité.

OPPOSANTS ET TRANSHUMANTS

Les hirondelles du landernau politique de notre opposition, en perpétuelle quête printanière que sont le pouvoir et ses avantages sociaux,, et leurs transhumants ont facilité la tâche aux gouvernants, afin que ces derniers puissent accomplir leurs forfaits.

Rien n’est plus lugubre que d’accepter un système de parrainage, sans détenir, par devers-soi-même le fichier électoral officiel.

Aller à l’aveuglette vers des soi-disant parrains, ignorant totalement s’ils figurent ou non dans ce fichier, ne peut dépasser l’aventure d’un aveugle, de surcroît sourd et muet. Evidemment, ce culte d’ego eut pris le dessus sur une réal-politique bien patente.

Quant aux transhumants, en fin homme politique, sachant, comme disait un ancien Chef d’Etat sénégalais :  » ….ce que vaut chaque citoyen de ce pays …! « , le Président Sall s’est bien joué d’eux.

Il lui a tout simplement suffi d’attirer vers son camp des ténors comme Abdoulaye Baldé du Sud, Aïssata tall Sall du Fouta, Fada de Darou Mousty et Souleymane Ndéné Ancien Premier Ministre, — pour ne citer que ceux-ci— , les presser comme du citron, avant de les laisser en rade, concernant ce premier gouvernement de son second mandat.

Mais, comme il a l’habitude d’agir en de telles circonstances, bientôt bonjour à des postes de << sèche-larmes>> ( Conseillers, DG, PCA, Chargés de Mission et autres ) viendront en consolation.

SEUL AUX COMMANDES

Aujourd’hui, le Président Macky Sall peut dormir tranquillement, après avoir réussi son coup historique.

A lui seul, il a su manœuvrer à sa guise.,qu’importent les réactions futures et les éclaircissements d’analystes ou observateurs avertis,et obtenir ce qu’il voulait.

Un second mandat. Présentement, les coudées franches, il va très prochainement vers la suppression de la Primature. Ce qui affaiblira de facto, ou même anéantir,le pouvoir législatif.

Donc, il est désormais tout seul devant son tableau de bord, sous la complicité d’une certaine magistrature refusant son indépendance, et, de certaines forces coutumières et religieuses dont on ne sait, quel qualificatif, en bien ou en mal, les affliger.

Quant à notre argentivore presse, dans sa grande majorité, elle a tristement joué sa partition, jetant aux orties éthique et déontologie. Bref ! Où va le Sénégal ?

Ce faisant, Cinq (05) ans encore d’interrogations, et l’avenir nous dira. Car, présentement, nous faisons partie de ceux qui croient mordicus, que le libellé de la Constitution sur les durées du mandat présidentiel, souffrent d’une certaine ambiguïté. Et les membres de notre Conseil Constitutionnel sont des adeptes de la subtilité.

Elhadj Yvon Mbaye
Journaliste-formateur
Tel : 77 179 19 38

Parlons sérieusement ! Par Amadou Tidiane Wone

Il va falloir que les différentes coalitions se donnent les moyens d’analyser en profondeur ce phénomène grandissant d’éloignement des citoyens de la chose politique – Ne prenons pas cette césure à la légère 

Depuis la proclamation officielle des résultats de l’élection présidentielle, nous avons respecté la trêve républicaine. Nous avons attendu, dans le recueillement, le déroulé des mécanismes institutionnels consécutifs à l’élection du Président de la République. Nous avons assisté, sagement, au défilé du 04 avril en hommage à nos Forces de Sécurité et de Défense.

La fête a été belle… Tout cela cependant, en restant des observateurs attentifs des variations dans le discours de certains néo zélateurs, voire des appels du pied insistants, voire indécents, des nombreux aspirants à des strapontins gouvernementaux ou autres… Tout cela en regardant, amusés, les coups de coude que commencent à se donner, déjà ( ?) les nombreux « alliés de circonstances… » Si ces signaux persistent, le quinquennat risque d’être long et tumultueux pour certains…

En attendant d’y voir un peu plus clair, à la faveur de la mise en place progressive des équipes du second et dernier mandat, un coup d’œil furtif dans le rétroviseur s’impose. Regarder dans le rétroviseur ce n’est pas regarder en arrière,  vers le passé. Ce serait plutôt une précaution pour engager l’avenir. Le rôle du rétroviseur c’est, en effet, de prévenir les erreurs à venir par une exacte photographie des fautes de conduite pouvant surgir de l’arrière (du passé ?) Pour mieux aller de l’avant.

Les résultats sortis des urnes le 24 février 2019 ont révélé, encore une fois, que le Peuple sénégalais n’est pas, majoritairement, à l’image des foules hagardes, transportées de meeting en meeting, moyennant espèces sonnantes et trébuchantes. Notre peuple n’est pas, non plus, à l’image de ce Sénégal médiatisé, artificiel et mal occidentalisé, qui s’épuise en imitations caricaturales d’un modèle décadent.

Notre Peuple, majoritairement silencieux est très mature. Croyant mais non servile. Profondément attaché à ses Guides religieux, il garde sa liberté de se choisir des dirigeants  dans l’ordre temporel. On le voit aux résultats, même biaisés par la corruption et autres méthodes déloyales, l’électeur sénégalais ne se laisse pas distraire lorsque vient l’heure de s’exprimer sur son choix d’avenir. Ayant dit leur fait et, comme d’habitude, les sénégalais ont continué à vaquer à leurs occupations.

Tout en sachant exactement le sens de leur vote. De mon point de vue, le défi lancé à toute la classe politique est celui-ci : comprendre le message du Peuple et aller dans le sens de ses aspirations  profondes. Politiquement, la majoritéabsolue qui s’est dégagée le 24 février au soir n’est pas celle que l’on croit. Pour preuve, ni le camp du Président élu, ni celui de l’opposition n’ont eu le cœur ou une raison de se réjouir, de fêter ou de déferler dans les rues. Car les résultats renvoient, dos à dos, les offres politiques présentées avec un certain avis de recevabilité à celle formulée, pour une première tentative, par le benjamin des candidats Ousmane SONKO. Prime à la jeunesse et à la nouveauté ? Ousmane SONKO devra faire la preuve de son ancrage, dans la durée, pour devenir la locomotive d’une relève générationnelle inéluctable.
Parlons un peu des résultats du 24 février 2019 :

Le Président Macky Sall a été réélu à 58,26% des suffrages valablement exprimés. Soit 2.555.426 voix. On peut considérer qu’il a fait le plein des voix qui lui sont favorables. Le nombre de suffrages valablement exprimés est de 4/386.139 voix. Le total des voix de l’opposition  est de 1 830 713 voix. Soit autour de 41,73%. Même si le taux de participation est qualifié « d’exceptionnel », 66,27%, le nombre de sénégalais qui se sont abstenus est trop important pour laisser indifférent : 2.254/363 citoyens sur les 6.683.043 n’ont pas voulu, ou n’ont pas pu, exercer leur devoir civique. Cette situation mérite d’être analysée en profondeur, ce qui n’est pas mon propos ici.

Cependant, et en attendant que des voix plus autorisées analysent les implications possibles, en termes de probabilités du vote du « Parti des abstentionnistes », quelques remarques de bon sens s’imposent :
Lorsque l’on additionne le total des voix de l’opposition aux voix de ceux qui se sont abstenus, on obtient : 4.085.076 voix qui ne se sont pas portées sur le Président Macky SALL, élu le 24 février 2019. Même si rien n’indique que les voix de l’abstention se seraient portées sur l’un des quelconques candidats de l’opposition, la certitude est qu’elles ne se sont pas portées sur le Président élu. Ainsi, plus de 4.000.000 de sénégalais, en âge et en droit de voter, n’ont pas accordé leurs suffrages au Président Macky SALL.

Autrement dit, la majorité des électeurs n’a pas voté pour le candidat élu ! Ceci est un fait qui expliquerait, entre autres, le silence assourdissant consécutif à la victoire du Président Macky SALL. Un silence de plomb qui dure et qui devrait nous interpeller et nous faire réfléchir sur notre « modèle démocratique » qui semble à bout de souffle et qui doit nécessairement se réinventer. Un sujet pour la concertation ou le dialogue national ?  
Inversement, les voix abstentionnistes (2.254.363 ) sont supérieures aux voix cumulées de l’opposition (1.830.713), cela peut signifier une défiance vis-à-vis des offres politiques alternatives présentées ou alors d’une lassitude générale qui gagne de plus en plus les citoyens de notre pays.

Ce signal est préoccupant. Il va falloir que les différentes coalitions se donnent les moyens d’analyser en profondeur ce phénomène grandissant d’éloignement des citoyens de la chose politique. Sinon, ils pourraient répondre à l’appel de sirènes malfaisantes…

Ne prenons donc pas cette césure à la légère. Car, et comme bien souvent dans notre pays et sur des sujets importants, les bavardages sans lendemains risquent de nous boucher l’horizon. Pour dire que, quant au fond les maux du Sénégal se résument en un seul mot : SÉRIEUX ! Parlons-nous sérieusement.  Abordons les questions, des  plus compliquées aux plus simples…sérieusement. Mettons en œuvre les solutions sérieusement. Prenons au sérieux les tâches qui nous sont confiées au service du pays.

Arrêtons les flagorneries, le culte de l’apparence et le goût du gain facile. Ne confondons pas ruse et intelligence créatrice. Redéfinissons les paramètres de la « réussite »… Tempérons les ardeurs  des flatteurs, des opportunistes, des menteurs, des tricheurs…. Soyons SÉRIEUX et tout ira mieux ! Ce message s’adresse aux élites dirigeantes, aux fonctionnaires, aux juges, aux chefs d’entreprises de presse, à certains guides religieux… Principalement. A nous tous. Collectivement.

Nous restons, quant à nous, dans le sens de l’Histoire des Résistances séculaires de notre Nation : une profonde aspiration à l’Indépendance, la vraie ! une quête constante de dirigeants vertueux, patriotes et ambitieux, au-delà de tous les possibles. Des dirigeants qui participeront à effacer les frontières entre pays africains pour ouvrir des espaces économiques et politiques forts, capables de défendre l’homme noir lorsque, humilié sur des terres où il a été transplanté, par la force ou par la nécessité, il cherche du regard la terre mère.

Nous croyons en une Afrique nouvelle, décomplexée et conquérante. Et nous avons foi. Car les bourgeons de nos espérances commencent à défier le temps et annoncent la saison imminente des cueillettes victorieuses. Un dialogue sérieux permettrait d’arroser abondamment les plants pour demain ! Est-il raisonnable de le refuser par avance ?
Enfin, nous félicitons le Président élu Macky Sall, suite à sa prestation de serment. Nous faisons partie des 4.000.000 de sénégalais qui n’ont pas voté pour lui. Nous ne lui souhaitons pas pour autant d’échouer. Dans la configuration actuelle du « système », il a, en effet,  gagné. Le reconnaitre ce n’est pas une capitulation. Juste du réalisme.

Lors de son premier mandat pour lequel nous n’avions pas voté pour lui non plus, nous avons régulièrement exprimé, à visage découvert, nos points de vues, différents et bien des fois divergents. Dans le strict respect des convenances républicaines. Et nous ne nous sentons pas seuls parmi 4.000.000 d’électeurs sénégalais ne l’ayant pas choisi. Mais, et le Président Macky SALL l’a dit, le Président de La République ayant prêté serment « devant Dieu et devant les hommes », est celui de tous les sénégalais.

Il devra, plus que par le passé, en administrer la preuve en passant de la parole aux actes au cours de son dernier mandat. Et d’abord en respectant sa parole de convier le pays à un dialogue inclusif, franc, transparent et sincère. A l’entame de son dernier mandat, il doit cependant donner des gages. Car nul ne peut effacer de notre mémoire les péripéties du septennat précédent. Même s’il n’est plus nécessaire de rabâcher des détails connus de tous. Mais le Président de la République et ses plus proches collaborateurs savent que, tant l’opposition que de larges franges de la société civile et de la classe politique ont exprimé, par toutes les modalités possibles, leurs avis à toutes les étapes du processus ayant mené au référendum, puis au parrainage, puis à l’élection présidentielle…

Mais l’obsession du second mandat avait été au dessus de toute autre considération. Un immense fossé s’est donc creusé entre le Président de la République, ses alliés et l’opposition fortement malmenée par des poursuites judiciaires, des interdictions de manifester et toutes sortes de vexations peu républicaines. Il va donc falloir rassurer et restaurer la confiance pour rendre crédible l’appel au dialogue. Si la volonté d’aller de l’avant est réelle, le Président de la République doit prendre des initiatives de rapprochement avec les leaders les plus représentatifs de l’opposition sénégalaise.

Ils sont identifiables par les résultats obtenus aux dernières élections présidentielles. En sus d’autres critères de pondération pour atteindre un quorum suffisamment représentatif. Des démarches préparatoires pourraient être engagées par des personnalités consensuelles ayant à cœur les intérêts supérieurs du Peuple sénégalais.  Il en existe encore. Des termes de références, sur la portée et le champ d’application des accords issus du dialogue, devraient être rendus publics après avoir été partagés avec les différentes forces vives de la nation dans des délais de consultations contraignants.

Alors, si la volonté du Président élu est de rentrer dans l’Histoire, il sait exactement ce qu’il lui reste à faire. Ce dernier mandat lui donne l’opportunité de corriger les nombreuses distorsions du septennat précédent. Il lui revient d’être le Président de tous les sénégalais et non essentiellement celui de l’APR, de la coalition BENNO ou des 2.500.000 sénégalais qui lui ont accordé leurs suffrages. Cela étant dit, et en politique, le sens de l’initiative ne doit pas être laissé qu’au Pouvoir. L’opposition doit jouer son rôle de proposition et d’anticipation suite aux âpres adversités  de la campagne électorale. 

La coalition Idy2019  et Sonko Président regroupent les principaux leaders de l’opposition. Ces regroupements doivent anticiper sur les termes de références d’un éventuel dialogue politique. Ils doivent prendre au mot le Président de la République et avancer des propositions concrètes en prenant l’opinion publique nationale et internationale à témoin. Car la nature a horreur du vide. A défaut, il sera toujours loisible au Président et à ses alliés de remplir une salle et de dérouler un « dialogue sur mesure » si les leaders confirmés par les urnes le 24 février 2019 répondent absents. N’oublions pas que 300 partis politiques légalement constitués hantent le Sénégal et que la légalité ne s’encombre pas souvent de légitimité.

Pour ce qui nous concerne, nous reconnaissons au Seigneur des Mondes la Puissance d’accorder à qui Il veut la responsabilité de la conduite des affaires de ce monde. Lui,  n’impose cependant à personne de taire ses points de vues ni de ne point les défendre. Que ce droit nous soit reconnu et que le dialogue tant attendu et tant de fois avorté se tienne enfin… Sérieusement ! Dans la Vérité et dans la Droiture.
Pour le Sénégal ! Pour nos enfants !

Suis-je assez candide pour encore croire à un serment d’ivrogne ? (Par Alassane K. Kitane)

Pourquoi les peuples aiment se faire arnaquer ? Comment peut-on accorder du crédit à la prestation de serment d’un homme qui n’a jamais tenu parole ? Comment peut-on banaliser une si grande imposture dans une démocratie ?

Comment peut-on organiser un si grand faste après avoir organisé une élection de façon si honteuse dans un pays qui a une tradition de transparence jadis saluée par tout le monde ?

Un des artifices le plus répandu du criminel, c’est de toujours mobiliser tout le potentiel qui sommeille en lui pour paraitre ingénu et innocent devant ses victimes et autres témoins.

Après avoir exilé et emprisonné des adversaires redoutables ;

après avoir exilé des électeurs (des amis résidant à Thiès ont été miraculeusement exilés à Touba pour qu’ils ne votent pas) ;

après avoir permis (méprisable ségrégation d’un ministre de l’intérieur) à tous ses militants d’avoir leur carte d’électeur ;

après avoir frauduleusement invalidé le parrainage de certains opposants et après avoir grossièrement triomphé d’une élection piégée, on cherche à se faire une légitimité en organisant une si grand-messe !

Peine perdue ! Rien ne sauve l’autocrate de la censure morale si ce n’est le repentir politique. Tout ce faste n’ était pas nécessaire, mais il est révélateur d’un état d’esprit : construire artificiellement la grandeur.

La grandeur a ceci de fâcheux qu’elle se venge des imposteurs : elle devient toujours plus grande, même quand celui en qui elle s’incarne fait des choses simples ; symétriquement, on devient toujours plus petit lorsque, sans gradeur, on tente de grandes choses.

La différence entre le spectacle clownesque et l’évènement héroïque réside dans la légitimité et l’authenticité des actes posés. Les grands hommes ne cherchent pas à entrer dans l’histoire, c’est cette dernière qui cherche à s’incarner dans leurs œuvres pour accomplir sa providence.

Pour un histrion par contre, la chose est bien différente : il s’accroche aux fragiles falaises de la falsification pour instaurer le règne du faux, mais l’histoire finit toujours par les démystifier.

On ne peut pas appeler à un consensus après avoir unilatéralement brisé le consensus qui avait cours depuis 1992 et ce, dans le seul but de se faire réélire.

On ne peut pas lâcher les forces de l’ordre pour étouffer toute forme de manifestation contestataire de l’opposition et la convier si malhonnêtement à une cérémonie d’essence républicaine.

On me reprochera de manquer d’esprit républicain et de banaliser la prestation de serment d’un Président nouvellement réélu.

Je répondrais volontiers que quand la république est inféodée à une oligarchie ou à un clan, ne pas être républicain devient une vertu cardinale pour sauver la république.

Macky Sall a pris la responsabilité de rompre un consensus presque sacré sur le processus électoral, il l’a tout bonnement apprivoisé pour assouvir sa soif de pouvoir, il n’a qu’à assumer seul son choix.

Les hommes de conviction continueront à se battre jusqu’à ce que le peuple comprenne suffisamment la gravité de la torpeur et de la décadence démocratique dans laquelle on l’a plongé et agisse en conséquence.

Notre démocratie doit grandir au lieu de retourner en arrière, nous devons dépasser les enfantillages politiques consistant à créer artificiellement des crises pour ensuite appeler au dialogue afin de débloquer la situation : c’est du cynisme primitif très franchement.

En décidant de retourner à l’ère et aux méthodes de Diouf pour gouverner en 2012, Macky Sall a trahi, et le peuple, et les luttes politiques que nous avons menées depuis des siècles.

Ce qu’on attend de lui, ce n’est pas ce dialogue folklorique et cette manie à entretenir une démagogie politique, c’est plutôt la gouvernance normale dans une démocratie normale.

Briser des carrières, instrumentaliser la justice, assujettir les intuitions de financement de la femme et de la jeunesse à es calculs politiciens, faire la promotion sulfureuse de la transhumance dans le seul but de gouverner, corrompre les contre-pouvoirs, c’est avouer qu’on n’est pas républicain.

Cette façon sauvage de gouverner ne peut avoir d’autres réponse que la façon sauvage de s’opposer : qu’on ne vienne donc pas, sous le couvert de la société civile, nous faire la morale.

Alassane K KITANE
Professeur au Lycée Serigne Ahmadou Ndack Seck de Thiès
Président du Mouvement citoyen LABEL-Sénégal

Non Monsieur Pape Oumar Sakho, un Juge ne doit pas dire ça (Par. Dr Christian N. MINGOU)

Surpris est le sentiment qui m’a animé en écoutant le discours du Juge Pape Oumar Sakho, Président du Conseil Constitutionnel sénégalais, lors de l’investiture du Président Macky Sall de ce 02 avril 2019.

Monsieur le Juge, vous avez dit « avec ce fort taux de 58% », parlant du score de réélection du Président » ! Non, Monsieur le Juge, ce n’est pas à vous de commenter ce score que vous pouvez cependant bien rappeler dans votre discours.

Le qualifier ainsi (de « fort »), je dirai même l’apprécier, est pour moi une prise de position, qui doit appartenir aux analystes et pas à vous les Juges, censés vous limiter aux faits, sans les commenter vraiment ou apprécier, surtout publiquement.

Ensuite vous avez parlé d’une « participation rarement égalée » à propos des 66% de participation au scrutin. Non Monsieur le Juge, cette participation n’a rien d’exceptionnel au Sénégal.

Le Sénégal indépendant a même connu des taux de participation à plus de 90% (95% en 1968 et 97% en 1973). Et récemment, en 2007, il a été de 71%, lors de la réélection de Wade.

Il en est de même du score de 58% qui n’a rien de « fort », car par le passé, des présidents ont été élus ou réélus en un tour avec des scores nettement plus élevés (Senghor l’a toujours été entre 1963 et 1978 et Diouf a eu 84% en 1983, 73% en 1988 et 58% en 1993). Même les 56% de Wade en 2007 sont plus méritants, si l’on contextualise, que ces 58% ; puisque le scrutin l’ayant opposé à 14 autres candidats (contre 4 seulement pour Macky), dont les partis les plus représentatifs (Rewmi, PS, AFP…).

Cela dit, je ne suis pas en train de dénigrer la victoire du Président, mais veux juste que l’histoire soit dite sans exagération ou extrapolation.

Vous avez aussi parlé de « réélection incontestable » ! Non Monsieur le Juge, même si je ne partage pas certaines contestations de l’opposition, notamment sur le scrutin lui-même (le 24 février) et sur les résultats auxquels il a abouti ; on peut contester plusieurs choses sur la « phase amont » de cette présidentielle, surtout certaines décisions de justice, qui ont mis hors course deux candidats majeurs ayant pourtant franchi le fameux parrainage et rendant donc le scrutin « moins compétitif » pour le Président sortant.

Vous avez aussi parlé de « monologues parallèles, faits d’invectives et de calomnies », parlant d’une certaine critique dans les médias à propos de cette élection et surtout vis-à-vis du Conseil Constitutionnel.

Ici, nous voyons nettement que vous faites, sans la nommer, allusion à l’opposition à qui, à mon avis, vous ne devez pas répondre dans ses critiques (qui ne sont pas toutes infondées d’ailleurs !), notamment en ce jour si spécial pour notre pays.

Vous auriez pu prendre vraiment de la hauteur, surtout en cette cérémonie où nombreuses sont les délégations étrangères présentes. Le Linge sale se lave en famille !

Enfin le « vibrant hommage rendu, dans la dernière partie de votre discours, à la 1ère dame dans la réélection du Président ». Là, on est totalement dans le commentaire, l’appréciation, voire l’analyse.

Monsieur le Juge, encore une fois, l’analyse des résultats ne doit, d’aucune manière, être (surtout par principe de neutralité), du ressort de la Justice que vous incarnez. Laissez-la aux sociologues, aux politistes, voire aux « passionnés hors justice ».

Je n’ai rien contre la 1ère dame, dont effectivement le rôle dans cette campagne peut être salué par ceux qui peuvent le faire. Mais ce n’était vraiment pas lors de cette circonstance ; de surcroît je ne pense pas que cela siée à votre statut de Magistrat.

C’est la 1ère cérémonie d’investiture de mon pays que je suive et qui soit aussi teintée de prises de position, voire de piques aussi flagrantes venant de la justice.
Apaisons-le climat ! On ne peut parler de « monologues parallèles, faits d’invectives et de calomnies », ensuite répondre implicitement à ces mêmes « monologues… » et appeler au dialogue (contraire de « monologue »), comme l’a lancé le Président, au soir de la Proclamation des résultats par la Cour d’Appel de Dakar et encore rappelé aujourd’hui.
Vive le Sénégal, Vive la République !

OTT vs Opérateurs : Au delà de la clameur ( Abdou Khadre Lo)

Aujourd’hui on ne téléphone plus comme il y a 10 ans. La technologie a évolué et permet l’utilisation de plusieurs supports (smartphone, tablette, ordinateur) pour communiquer avec ses contacts, y compris par la voix. Cette nouvelle donne a fait entrer les opérateurs de téléphonie dans une nouvelle réalité : celle des OTT « Over the Top » ou « service de contournement » en français. Les plus connus étant WhatsApp, Skype, Viber et Facebook Messenger, YouTube ou Netflix. Avec ces outils web, le smartphone peut assurer à la fois le transport des flux vidéo, audio ou de données sur Internet sans l’intervention directe de l’opérateur auquel l’utilisateur est souscrit. Bien évidemment des acteurs, plus précisément les opérateurs, voient en ces acteurs des perturbateurs, facteurs de manque à gagner. Le DG de la Sonatel/Orange Sénégal s’en est récemment publiquement ému et dénonce une perte de 20 milliards de FCFA due aux OTT.
Face à la montée en puissance exponentielle des OTT, les opérateurs tirent sur la sonnette d’alarme.
Le téléphone cellulaire a supplanté le téléphone fixe tout comme l’e-mail a fortement ringardisé le courrier postal. Néanmoins aussi bien le fixe que le bon vieux courrier continuent d’exister, avec des fonctions moins globales et plus spécifiques au bureau et à la maison.
Mais au-delà de l’alerte/complainte des opérateurs, il est essentiel de se poser un certain nombre de questions.
Interroge-t-on les effets de l’Internet ? Oublie-t-on la nature même de ce formidable outil qui abolit les barrières et les chasses-gardées. Oui, l’Internet est disruptif par essence. Il modifie nos modes de vie et toutes les nouvelles technologies l’intègrent dans leur processus de R&D. C’est devenu incontournable aussi bien pour les entreprises que l’utilisateur final. Même les opérateurs profitent de la magie du Web avec des offres nombreuses et variées telles que la VOD ou le Mobile Banking.
Interroge-t-on les OTT et leur impact sur le mode de fonctionnement et l’économie des opérateurs ?
Ils ont un effet indéniable sur l’écosystème. Cela d’autant plus qu’ils en font désormais partie intégrante. Au même titre que Orange ou Tigo, Apple ou Samsung, ou encore les fournisseurs de contenu. La crainte des opérateurs s’exprime en termes de gains et de pertes en ce sens que leur cœur de métier est aujourd’hui bousculé. Leur inquiétude réside, entre autres, dans le risque qu’à terme les OTT suppléent les SMS et les appels classiques sur le réseau RTC (celui des opérateurs).
En fin de compte, tout est question de revenus. Les OTT offrent toujours plus de possibilités et leur inventivité semble sans limite tout en restant très abordables. D’après une étude du cabinet Juniper Research, le marché des OTT, qui a réalisé 8 milliards d’euros de chiffre d’affaires dans le monde en 2018, dépassera les 30 milliards en 2019. Les opérateurs dénoncent la création d’une valeur « par-dessus » leurs réseaux, sans contrepartie financière.
Malgré tout, ils réalisent des bénéfices toujours plus hauts. Les Sénégalais se félicitent chaque année des chiffres impressionnants publiés par l’opérateur numéro 1 du pays. Donc a priori, tout le monde surfe sur « l’incontournabilité » des nouvelles technologies. Mieux, les opérateurs et les OTT semblent complémentaires. Un exemple basique : pour accéder aux OTT, il faut une connexion Internet, vendue par les opérateurs. La demande croissante de données entraine nécessairement une augmentation de revenus de données pour les opérateurs, même si ces derniers évoquent un cercle vicieux. Les OTT optimisant la consommation des données, entrainant moins d’internet chez l’opérateur.
Enfin, il est important de rappeler le principe de la « Neutralité du Net ».
Le principe de la gouvernance d’Internet est celui d’un réseau ouvert. Cela signifie que les fournisseurs d’accès à Internet (FAI), donc les opérateurs, doivent traiter de manière équitable tout le trafic Internet. Peu importe l’envoyeur et le destinateur, le contenu ou le moyen utilisé. Tant que ça reste légal, le fournisseur a l’obligation d’acheminer le trafic, sans agir sur la vitesse ou le prix.
Avec les OTT et l’appétit croissant des nouvelles générations d’utilisateurs, les opérateurs sont amenés à revoir leurs stratégies et à se réinventer. Ils investissent déjà énormément dans l’infrastructure et le réseau pour répondre à cette demande en capacité. Par ailleurs, comme souligné plus haut, de plus en plus d’opérateurs s’ouvrent vers des alliances/partenariats avec d’autres acteurs pour diversifier et densifier leurs offres. En plus des forfaits classiques, presque tous les opérateurs offrent, via des partenariats stratégiques, de la VOD, de la musique, des jeux en ligne, etc.
En France, Orange avait lancé Libon. Un service d’Open Chat afin de faire face aux OTT. Libon permet la voix sur IP (VoIP) et de communiquer avec le répertoire de l’utilisateur. Peu importe l’OTT qu’utilisent les contacts du « Libon user ».
Ces innovations technologiques sont à saluer. Mais il reste d’autres problématiques évoquées ici et là et dont on ne saurait objectivement faire l’économie.
L’évasion fiscale dans les pays non domiciliés ainsi que la difficulté pour les régulateurs de faire face à la protection des données personnelles sont probablement celles qui tiennent le haut du pavé actuellement. Sans oublier le défaut de contribution au Fonds de développement du service universel des télécommunications (FDSUT), le contrôle de la qualité, etc. Certains pays proposent que les OTT acquièrent une licence spéciale.
Le paratonnerre de la réglementation/régulation est agité. Dans le marché le plus réglementé, l’Europe, on évoque « le paquet télécom » en application des directives de l’UE. Il y a des obligations variables selon le pays mais aussi un socle commun d’obligations à tous. Notamment être en mesure de :
– Tracer une communication et d’en conserver toutes les caractéristiques (pour pouvoir collaborer avec la justice en cas de requête).
– Appeler les services d’urgence à tout moment. Comme c’est le cas pour les opérateurs.

En définitive, la percée des OTT ne va pas sans reformulation et interrogations auxquelles il faudra apporter des réponses. Mais jeter le bébé avec l’eau du bain n’est certainement pas la panacée. Brider ou bloquer les OTT, comme certains pays ou opérateurs ont tenté de le faire, ne serait pas non plus bénéfique à l’économie numérique ni à la créativité entrepreneuriale de la jeunesse. Il s’agit de technologies complémentaires dont l’articulation reste un vaste débat qui ne saurait être exclusif. Tous les acteurs de l’écosystème ont l’obligation d’approfondir la discussion, sans passion, à l’heure d’une économie de plus en plus digitalisée.

Abdou Khadre LÔ
Directeur Afrique du cabinet Access Partnership
Membre associé de l’Union Africaine des Télécommunications (UAT) et de L’Union Internationale des Télécommunications (UIT)

Journée des Sokhna (Par A. Aziz Mbacke Majalis)


L’extraordinaire ferveur des sénégalais lors du magal de Porokhane, célébrant la pieuse figure féminine de Sokhna Diara Bousso, est un « fait religieux » intéressant que nos féministes locales devraient d’avantage étudier…

En effet, cette manifestation annuelle, où des dizaines de milliers de femmes et d’HOMMES convergent de tous horizons, conditions et appartenances, constitue un marqueur assez significatif de la « non essentialisation » de l’intériorité consubstantielle de la femme dans notre société (« patriarcale »), telle que théorisée par ce féminisme inadapté et radical nourri à la sève De Beauvoir.

L’attachement profond des sénégalais(es) envers Mame Diara et d’autres pieuses figures féminines de leur histoire (Mame Fawad Wélé, Mame Asta Walo etc.) remet en cause ces clichés éculés, de même que la nouvelle « approche genre » locale qui tente habilement de se rattraper, en s’appropriant les figures féminines de « pouvoir », de « confrontation » POLITIQUE, telles que les reines du Walo, les suicidées de Nder, Aline Sitoé etc.

La véritable « Journée sénégalaise de la femme », celle à laquelle s’identifie profondément son peuple, en dehors de tout plaidoyer du Caucus ou pression féministe, est le Magal de Porokhane.

Une journée où n’est pas magnifiée LA femme dans son essence (une absurdité éthique), en lui réclamant uniquement des DROITS (politiques et socioéconomiques) que la société de consommation tend d’ailleurs de plus en plus à utiliser pour en faire un objet sexuel et un banal outil marketing.

Une journée où sont célébrée, non LA femme, mais DES femmes qui ont su excellemment rappeler que ces droits ne sauraient valablement et mieux s’exercer en dehors de leurs DEVOIRS sacrés envers Dieu et envers leurs semblables.

Une journée des véritables SOKHNA dont l’incroyable esprit de sacrifice et de dépassement, dont beaucoup d’hommes ne sont pas capables, dont l’attachement aux valeurs positives SPIRITUELLES, ont marqué l’histoire.

Des VALEURS que la société moderne et son féminisme materialiste et à sens unique tend de plus en plus à leur faire oublier…

Un rappel pour mieux faire de la femme une véritable SOKHNA…

#WeToo

La prestation de serment ne doit être ni un rituel superfétatoire ni un cérémonial cosmétique

« La parole, c’est l’homme »

Le Sénégal, comme beaucoup de pays, est une république avec un Etat qui a la charge d’assurer un développement durable dans un environnement sécurisé permettant l’épanouissement des citoyens dans tous les domaines.

Comme dans toute république, la marche du pays est rythmée et organisée autour de faits, d’actes et d’évènements qui surviennent ou se réalisent de manière séquentielle.

C’est le cas pour les différentes élections organisées suivant un calendrier républicain et qui permettent aux citoyens de choisir leurs dirigeants tant au niveau local, communal que central.

Et, parmi ces moments cruciaux de la vie d’une république figure l’élection présidentielle qui permettra à celui qui aura réuni le plus grand nombre de suffrages de ses compatriotes d’avoir l’insigne honneur et le redoutable privilège de présider aux destinées du pays.

Notre pays a organisé le 24 Février son élection présidentielle qui a vu la victoire, consacrée et officiellement annoncée par le Conseil constitutionnel, du Président Macky SALL.

Il est toujours utile de rappeler les conditions dans lesquelles se sont déroulées ce scrutin qui n’était que l’aboutissement logique et prévisible d’un processus caractérisé par des vices, des dysfonctionnements ainsi que des pratiques condamnables et attentatoires à l’égalité des candidats.

On peut aisément citer sans être exhaustif : la remise en cause unilatérale du code consensuel de 1992, le parrainage imposé de manière cavalière avec un conseil constitutionnel décrié pour son absence de transparence et de rigueur méthodologique, et surtout pour le manque de maitrise de l’outil de travail par les magistrats préposés à la tâche.

A cela il faut ajouter l’absence d’un sérieux audit contradictoire du fichier électoral par toutes les parties prenantes, le refus obstiné du ministre de l’Intérieur de remettre à temps le fichier aux partis politiques légalement constitués comme prévu par la loi, la perturbation résultant d’une mauvaise distribution des cartes et de déplacements de bureaux de vote sciemment planifiés ; toutes choses qui ont fortement contribué à renforcer une suspicion légitime quant à la volonté du pouvoir d’organiser un scrutin transparent , libre et démocratique. Des transports massifs d’électeurs ont également été constatés.

Toujours est-il que la victoire du candidat sortant a été actée par l’instance légale habilitée à le faire. Si l’on peut à bon droit mettre en cause la légitimité du Président Macky SALL, force est de constater qu’il est déclaré élu et qu’à cet effet il prêtera serment le 02 Avril.

Aussi, persister obstinément à contester son statut ne me parait pas une bonne stratégie ; cela pourrait se révéler improductif voire contre-productif.

Ainsi donc, il va prêter serment devant DIEU et les hommes, devant son peule et certainement devant un aréopage de personnalités étrangères, notamment des chefs d’Etat dont la présence conférera une dose supplémentaire de légitimité dont il a tant besoin.

Le serment est l’affirmation solennelle en vue d’attester la vérité d’un fait, la sincérité d’une promesse, l’engagement de bien remplir les devoirs de sa profession ou de sa fonction.

En plus de son caractère solennel, la cérémonie de prestation de serment sera marquée par la majesté des lieux où elle va se dérouler, par la présence massive de dignitaires et supporters rigoureusement sélectionnés. Les uns et les autres vont s’efforcer de donner à leurs visages une gravité feinte pour faire sérieux.

Et c’est pourquoi, compte bien tenu de tout ce qui précède, il faut éviter de faire de la prestation de serment du Président de la république, un rituel superfétatoire et un cérémonial cosmétique.

En prêtant serment, le Président s’engage à respecter scrupuleusement et rigoureusement la charte fondamentale de notre pays qu’est la Constitution.

Les dispositions de celle-ci sont très claires et ne souffrent d’aucune ambiguïté pouvant conduire à des spéculations et autres débats conjoncturels et opportunistes.

La constitution impose au Président de la république de notre pays beaucoup de choses ; entre autres obligations, il doit assurer et garantir la protection de ses compatriotes, appliquer et faire appliquer la justice sans favoritisme, sans discrimination et sans parti pris en s’interdisant de mettre des dossiers sous le coude ; il doit toujours dire la vérité en toutes circonstances et s’abstenir de verser dans les contrevérités , il doit traiter les ethnies, les religions, les confréries, les terroirs de manière égalitaire.

Le Président de la république a l’obligation constitutionnelle de respecter l’opposition dont la dignité est reconnue et consacrée par la charte fondamentale ; donc la traiter avec condescendance au point de souhaiter sa disparition est une forme de violation manifeste de la constitution.

En prêtant serment de se conformer scrupuleusement à celle-ci, le Président accepte de se soumettre à toutes les contraintes juridiques, éthiques et morales qu’impliquent sa charge et ses fonctions.

Pour compter du 02 Avril 2019 le Président Macky SALL va entamer son deuxième mandat de cinq ans ; et il est permis d’espérer qu’il mettra à profit son adresse au peuple pour confirmer solennellement que c’est son second et dernier mandat.

Il est tout aussi utile et bon de rappeler, pour éviter tout optimisme béat ou toute surprise ultérieure, que le premier mandat du Président Macky SALL n’a pas totalement répondu aux attentes des Sénégalais.

Ce serait faire montre d’un nihilisme de mauvais aloi que de ne pas lui reconnaitre quelques réalisations, notamment au niveau des filets sociaux. On peut citer les bourses familiales bien qu’elles ne représentent qu’une assistance équivalente à 27francs par jour et per capita, ce que le plus paumé des mendiants peut gagner au détour d’une rue ; il y a la CMU qui a fini de mettre à genoux plusieurs structures de santé, aujourd’hui incapables d’assurer un service minimum aux populations à cause d’une trésorerie déficitaire ; et quant à la gratuité de certaines prestations sanitaires ce n’est que du vent.

Dans le domaine des infrastructures des réalisations ont été faites en matière de forages et de pistes de productions ; mais l’essentiel des infrastructures dont le régime se vante ne sont que des éléphants blancs, c’est-à-dire des réalisations très onéreuses mais d’une très faible utilité par rapport aux besoins des populations qui ont d’autres urgences.

A y voir de près, on se rend vite et facilement compte qu’il y a un véritable problème de rationalité dans les couts et la pertinence technique de certains projets.

Par contre le bilan axiologique du Président Macky SALL est très loin d’être reluisant. Et, c’est ce qui peut amener certains Sénégalais à croire que le discours des officiels ne sera ni plus ni moins qu’un serment d’ivrogne.

Le premier mandat a été fortement caractérisé par les promesses non tenues, le non-respect des engagements, des reniements spectaculaires, des renoncements injustifiés, des abjurations publiques et des contrevérités récurrentes.

On nous avait chanté la patrie avant le parti, on se retrouve avec la fratrie avant le parti et le parti avant la patrie ; on nous avait promis un gouvernement de 25 ministres, on se retrouve avec 80 ministres ; on nous avait promis de ne protéger personne, le directeur du COUD est toujours en poste ; on avait juré de ne jamais nommé son frère par décret, il se retrouve à la tête de l’institution la plus juteuse du pays.

Les contre valeurs et les antis valeurs ont été érigées en références paradigmatiques dans la conduite des affaires publiques.

Malheureusement, il faut le constater pour s’en désoler, s’en offusquer et s’en indigner, nos politiciens, notamment les plus hautes autorités de ce pays, s’adonnent au mensonge, cet exercice honteux et plus que déshonorant, avec une facilité et une banalité déconcertantes, sans vergogne avec la circonstance aggravante de le faire publiquement.

Comme il appert, le serment est un acte majeur d’engagement d’une importance capitale, d’une grande valeur et d’une éminente portée éthique et morale. C’est un acte tout aussi contraignant et aliénant qui oblige son auteur à s’y conformer scrupuleusement.

Aussi ne devrait-on pas pouvoir s’en délier sans impunément. Ne pas respecter son serment, quelle que soit la station occupée, est une forme de trahison. En effet, la trahison est définie comme un manquement à ses promesses, à ses engagements.

Il serait bien indiqué d’élargir le spectre des personnalités assujetties à la prestation de serment aux membres du gouvernement qui, ès qualité, exercent des charges publiques et assument des responsabilités politiques susceptibles d’avoir des effets, des conséquences et des répercussions positifs ou négatifs sur le vécu de leurs concitoyens.

Nos gouvernants exercent leurs différentes fonctions sur la base de deux références, de deux substrats sociologiques qui sont en superposition. D’une part, ils agissent dans le cadre d’une république, au sein d’un Etat dont le fonctionnement et les attributs sont régis par un ensemble de principes, de textes et de procédures avec comme élément principal et incontournable la consignation écrite.

D’autre part, nos dirigeants doivent exercer leurs responsabilités en tenant beaucoup compte de nos valeurs sociales et sociétales dont certaines sont séculaires et fortement cristallisées dans notre imaginaire ; s’y ajoute un complément religieux tout aussi important.

Et parmi ces valeurs cardinales, il y a le respect accordé à la parole donnée qui s’explique par le fait que nos sociétés africaines sont fondées sur l’oralité.

Une oralité qui régit et organise non seulement les rapports entre le sommet et la base mais aussi les relations interpersonnelles des membres de la communauté.

A cet égard, la problématique du respect des promesses et des engagements, de la parole donnée constitue un véritable sujet de préoccupation dans notre société. Et s’il faut rapporter cela au niveau le plus élevé, il y a de quoi s’interroger voire s’inquiéter.

Les Sénégalais attendent beaucoup du second mandat du Président de la république. Ce mandat doit impérativement et nécessairement être celui de la rédemption, du rachat, du rattrapage, de la rectification, de la réhabilitation des valeurs de l’éthique, de la morale, de la justice, de la vérité, de l’égalité, de l’équité.

Ce mandat ci doit être celui de la reconsidération de nos pratiques politiques malsaines, de nos tares et de notre rapport malsain avec l’argent.

Ce mandat ci doit être celui du respect pour le peuple, celui de la restauration de la dignité de l’opposition, du bannissement du népotisme, du favoritisme, de l’égalité de tous les citoyens devant la loi, du renforcement de l’Etat de droit, du rejet de la transhumance et du retour vers une administration neutre et non politisée. Ce mandat ci doit être celui du respect scrupuleux de la parole donnée.

La priorité du second mandat, en espérant qu’il en sera ainsi, devra porter non sur les infrastructures bien qu’elles soient nécessaires, mais sur l’homme, sur le Sénégalais.

En effet, les nombreux immeubles que le Président construira s’effondreront, les autoroutes, routes et ponts qu’il réalisera disparaitront, les résidences dans les foyers religieux ainsi que les mosquées tomberont en poussière ; les belles écritures portant son nom sur les marbres lors des inaugurations, le temps implacable les effacera.

C’est pourquoi il est demandé au Président de la république de travailler et d’investir sur les Sénégalais qui sont des hommes, c’est-à-dire des créatures divines dont les âmes sont immortelles ; en leur inculquant la juste peur d’ALLAH, l’amour de son prochain et les bons principes de la justice, de l’équité, de l’éthique, de la morale et de la vérité. Ainsi son œuvre illuminera son peuple jusqu’à la fin de tous les temps.

C’est l’occasion pour moi de me féliciter de la constance de mon ami Khalifa SALL qui respecte, quoique cela puisse lui couter, son serment de rester digne et fier dans la très douloureuse épreuve qu’il vit présentement et injustement.

En homme d’honneur, digne, honnête, sincère et loyal convaincu de son innocence, jamais il ne se rabaissera à quémander une grâce.

Il a été trahi par de très proches collaborateurs, notamment des maires dont certains ont transhumé directement alors que d’autres l’ont fait par contournement et ce, sans d’autres motivations que leurs propres intérêts égoïstes.

Du fond de sa cellule il doit se dire qu’il faut vraiment être masochiste pour accepter de retourner vers son bourreau et venir à résipiscence. Tous ces félons doivent savoir que la rançon de la traitrise c’est la déchéance.

Le pouvoir au peuple, les servitudes aux gouvernants

Dakar le 28 Mars 2019

Boubacar SADIO

Commissaire divisionnaire de police
De classe exceptionnelle à la retraite

Aidons notre compagnie nationale ( Abdoul Mbaye)

Efforçons-nous par une préférence nationale de rendre notre compagnie bénéficiaire, puis exigeons une qualité de service et une gouvernance conformes à nos souhaits en réponse à notre attitude patriotique

Voyageant vers l’Europe, j’ai récemment fait le choix de Air Sénégal. Je savais bien qu’une compagnie aérienne débutante est en recherche de réglages, mais j’ai tenu à privilégier notre compagnie nationale.

Au plan de la qualité de service, j’ai apprécié l’accueil au sol, les décollages sans retard, la convivialité et le confort de la cabine d’un aéronef présenté comme de dernière génération: c’est là l’essentiel pour un voyage en avion.

De nécessaires améliorations viendront avec le temps pour combler de petites lacunes dues à un apprentissage nécessaire.

Ma grande déception est cependant venue du faible taux de remplissage des vols, signe que nos compatriotes sont restés sur leurs anciennes options.

Sénégalaises, Sénégalais, nous n’avons pas le droit de ne pas absolument privilégier notre compagnie nationale lorsque nous nous déplaçons par avion.

Résidant au Sénégal ou vivant à l’étranger, recherchons d’abord les possibilités de vols offerts par Air Sénégal avant tout autre choix.

Efforçons nous par une préférence nationale de rendre notre compagnie bénéficiaire puis exigeons une qualité de service et une gouvernance conformes à nos souhaits en réponse à notre attitude patriotique.

A Air Sénégal de se montrer compétitive sur les tarifs proposés, à nous d’assurer le remplissage de ses vols.

Oui, je suis PEULH !(Me Alioune Badara CISSÉ)

De la Nubie ancienne et pharaonique
Au Cap de Madiba qui symbolise la renaissante Afrique,
Mon sang a irrigué les veines
de l’authentique et résiliante Afrique.
Pasteurs des vastes prairies aux airs purs,
Mon souci en oubli de soi
Est de préserver et de perpétuer la vie des créatures qui baignent et verdissent
Celle de celles qui braient , meuglent et beuglent.
Ma taille, en fine silhouette, est grande.
Mon teint couleur miel, un tantinet basané – brun ambré
fait de moi l’origine des couleurs et la somme de celles ci.
Je me rapproche du ciel chaque jour davantage,
Voyant toujours plus loin que le bout de mon nez aquilin,
Je contemple les nuages et prédis l’imminence et l’intensité des orages.
L’on emprunte mon mode de vie et ma culture pour décrire ce que les patriotes décrient.
La vérité est que nul ne se soucie de moi.
Je ne suis ni urbanisé, ni éduqué,
Je ne suis ni soigné, ni véhiculé.
Je ne suis raccordé ni à l’eau, ni à l’électricité ;
La distance ne m’émeut pas. Buste Droit est mon signe du zodiac ;
L’état civil confond mon âge à la taille de mon bâton de berger.
Jouir du lait de mes vaches et de ses dérivés n’est pas mon seul délice,
Mes femmes, belles en coiffe bien de chez nous, exhibent en souriant et en festoyant leurs parures dentaires toutes dorées.
Elles sont douces, généreuses et accueillantes, timides et discrètes mais attentionnées.
Elles perpétuent notre histoire et notre avenir en nous traçant un futur très simple au temps composé de la patience et de l’endurance !
Assez ! Je m’indigne !
Oui je suis Peulh !!!
Silence, on m’extermine.

Maître Alioune Badara Cissé
Ancien Conseiller Spécial du Premier Ministre
Avocat à la Cour

Dakar ‘’capitale de l’émergence’’, ville désordonnée et bruyante ( Mody Niang)

Dans ma précédente contribution, j’annonçais que la suivante, donc celle-ci, serait consacrée à deux autres maux que nous traînons depuis de longues années : l’incivisme et l’indiscipline. Je commencerai par préciser que l’expression ‘’Dakar, capitale de l’émergence’’ n’est pas de moi. Je l’ai empruntée à une affiche géante de la coalition ‘’Bennoo bokk yaakaar’’ qui était visible à Dakar comme dans nombre d’autres villes du pays, pendant toute la dernière campagne électorale et même plusieurs mois avant. Naturellement, les guillemets de ‘’capitale de l’émergence’’ sont bien de moi. Il suffit de lire ma contribution du 19 mars dernier (‘’WalfQuotidien’’, ‘’L’Exclusif’’ et Dakar-Times’’) comme celle-ci, pour comprendre aisément pourquoi.
Revenons donc à notre sujet du jour qui m’a toujours préoccupé et auquel j’ai consacré un nombre important de contributions. J’ai été jusqu’à interpeller, dans l’une d’elles, directement et publiquement des autorités chargées de la question. Elle avait pour titre : « Ministère de l’Environnement et autres autorités publiques, où êtes-vous ? » (xalima.com du 9 septembre 2014). J’y faisais remarquer notamment ce qui suit : « Notre capitale nationale mérite d’être secourue. Elle n’est pas seulement défigurée d’ailleurs, loin s’en faut, par les ordures ménagères, les gravats et les branchages. Elle traîne une autre plaie, celle-là aussi béante que les autres : l’indiscipline caractérisée des populations, pratiquement encouragée par la frilosité des autorités publiques, et dont l’ampleur dépasse nos frontières ». Pour illustrer alors mes propos, je me reportais à une de mes contributions publiée douze (12) ans auparavant, au quotidien ‘’Walfadjri’’ du jeudi 3 octobre 2002, et dont le titre était « Le Sénégal a besoin d’être repris en main ». Deux jours auparavant, soit cinq après le tragique et honteux naufrage du ‘’Joola’’, le Président de la République s’était adressé à la Nation. Cette adresse, de nombreux observateurs l’avaient trouvée « ferme, déterminée et en même temps apaisante », pour les quelques rares rescapés et les familles des disparus. Deux ministres lui avaient présenté leur démission. Le Président de la République reconnaissait très tôt et publiquement « la responsabilité civile de l’Etat » et « les nombreuses négligences, fautes et légèretés » qui se sont accumulées en amont, et expliqueraient pour l’essentiel la tragédie du 26 septembre 2002. Il promettait ensuite des sanctions exemplaires, à la suite des différentes enquêtes qu’il allait ordonner.

Dans ma contribution du 3 octobre 2002, je prenais acte, avec prudence, de la démission des deux ministres et de toutes les mesures prises ou annoncées par le Président de la République. J’attendais surtout la suite qui serait réservée à tout cela car, « je ne perdais quand même pas de vue que nous vivions au Sénégal, où on nous a habitués depuis bientôt quarante huit ans à des commissions créées plus pour nous endormir que pour faire éclater la vérité et situer les véritables responsabilités ». La suite me donnera raison puisque, à l’arrivée, au moins 1800 victimes gisent au fond de l’Océan, sans qu’aucun responsable de cette tragédie n’ait été pénalement sanctionné. Cette absence de sanctions avait amené d’ailleurs la Justice française à mettre en examen de hautes autorités sénégalaises de l’époque dont le Premier Ministre Mame Madior Boye. Elles finiront d’ailleurs par bénéficier de non-lieux.
Je rappelais dans ma contribution du 3 octobre 2002 que ce n’était pas la première fois qu’une tragédie intervenait au Sénégal avec zéro responsable. En effet, on se souvient encore de la terrible catastrophe de la SONACOS intervenue le mardi 24 mars 1992, et qui avait fait environ 140 morts et des centaines de handicapés dont certains à vie. Les fautes étaient pourtant lourdes. « La citerne qui avait explosé à l’intérieur de l’usine, du laboratoire exactement, était bourrée de 27 tonnes d’ammoniac, pour une capacité de 22 tonnes autorisée. Elle était, en outre, rafistolée en de nombreux endroits », précisais-je alors. Devant la gravité des faits, une commission d’enquête avait été mise en place par les autorités, « plus par simple formalité que par volonté réelle de situer les responsabilités ». Comme cela arrive souvent dans notre pays, la commission fut sans lendemain puisque le rapport, déposé entre les mains du Premier ministre (alors Habib Thiam), n’a jamais été exploité et aucune sanction n’a été prise, surtout pas contre le Président-Directeur général de la SONACOS (alors Abdoulaye Diop). Je signalais dans ma contribution du 3 octobre 2002 qu’il n’y avait rien d’étonnant dans cette absence de sanctions, puisque le Président de la République et le PDG de la SONACOS « étaient très proches, ayant grandi dans la même concession à Louga ».
La tragédie de la nuit du 26 septembre 2002 – pour revenir à elle –, je m’en étais indigné en ces termes : « Par-delà les centaines de morts qu’elle a entraînées et la douleur indicible qu’elle a engendrée, a été une honte pour notre pays et a porté un coup terrible à son image. Les images peu reluisantes du naufrage du ‘’Joola’’ ont fait le tour du monde. Elles ont été relayées par de nombreuses télévisions étrangères et principalement françaises, commentées avec par moment des pics qui ne nous honorent pas. Juan Gomes de RFI avait consacré son émission ‘’Appel à l’Actualité’’ des 1er et 2 octobre 2002 au malheureux événement. » Ce n’était pas tout. Un ressortissant français intervenant de Dakar « avait, par-delà le naufrage du “Joola”, pointé un doigt accusateur sur l’indiscipline caractérisée des Sénégalais et principalement sur celle des conducteurs de ‘’cars rapides’’ et de “ Ndiaga Ndiaye” qui sont, selon lui, de véritables bourreaux sur les routes. » Et il avait terminé son intervention par cette terrible assertion : “ Le Sénégal se complet de plus en plus dans la médiocrité et le laisser-aller”. Une dame, résidant à Paris, ira dans le même sens en regrettant que son pays (le Sénégal), “s’installe de plus en plus dans la culture du laxisme ”.
De ces différentes interventions qui ne nous honoraient point, je tirais la conclusion suivante : « Les Portugais, les Hollandais, les Suisses, les Espagnols, les Belges, etc., dont des ressortissants ont péri dans la catastrophe du 26 septembre, réfléchiront désormais longuement et profondément, avant de se décider à venir au Sénégal qui se révèle de plus en plus comme le champion mondial incontesté de l’indiscipline et de l’incivisme. Nous nous comportons chaque jour qui passe comme une communauté de singes et d’hyènes adolescentes (que les walaf appellent “ nduulañ ”), communauté sans responsable où chacun fait ce que bon lui semble et selon son instinct du moment, sans se soucier le moins du monde du tort qu’il peut porter au pays ou à son voisin immédiat. Quarante huit années après l’indépendance (ce n’était donc que ça ?), nous continuons de traîner comme un boulet, les maux que le Président Senghor appelait “ Les maladies infantiles du sous-développement ”, dont les plus courantes aujourd’hui sont l’indiscipline et l’incivisme.»()
Ces plaies béantes nous collent encore à la peau aujourd’hui et se manifestent, notamment, dans les constructions anarchiques qui sont quotidiennement dénoncées et sans succès. Les métastases de ce cancer – c’en est un – n’épargnent pas, non plus, les nombreuses cérémonies familiales et religieuses. Pratiquement, tous les jours, à l’occasion des baptêmes, des mariages, des décès, des retours de pèlerinage des Lieux saints, des tours de famille, des gamous-meetings, etc., des tentes poussent comme des champignons, souvent dans les rues les plus passantes et sans aucune autorisation. On peut regretter ici l’organisation d’un gamou (ou ziaar) annuel par une famille religieuse qui, à l’occasion, dresse une tante gigantesque barrant une rue très fréquentée et abritant de surcroît un terminus de bus, pendant une longue semaine, obligeant ainsi de nombreux automobilistes à faire de grands détours, parfois pour accéder seulement à leurs domiciles. L’islam ne permet à aucun musulman, et quel que soit son rang, de porter préjudice à ses coreligionnaires.
Je ne m’attarde pas sur « les fuurël et autres soirées dansantes et tánn béer organisés à tout bout de champ, en week-ends comme en jours de semaine, avec des baffles ouverts à plein régime et des tam-tams sur lesquels frappent à tue-tête des griots endiablés », ni sur « les appels à la prière de certains muezzins zélés, aux environs de quatre heures du matin, avec des hauts parleurs qui portent leurs voix à des kilomètres à la ronde ».
La politique, telle qu’elle se pratique chez nous, n’est pas en reste. Nous comptons aujourd’hui environ trois cents (300) partis politiques. On parle beaucoup de leur rationalisation, sans s’attarder sur les torts qu’ils portent aux populations, principalement pendant les campagnes électorales, avec leurs meetings et leurs caravanes qui drainent en général beaucoup de monde et participent de la grande confusion de la circulation et du désordre dans les grandes villes. Dans les pays sérieux, les grandes démocraties, ces rencontres se déroulent dans des endroits fermés. Nous avons suffisamment de salles et de stades pour abriter ces meetings, dont nous pourrions d’ailleurs nous passer sans grands dommages.
Un autre aspect des manifestations des partis politiques qui pose problème, ce sont les affichages sauvages pendant les campagnes électorales et même hors de celles-ci. Nos compatriotes, militants de partis politiques ou non, ont la fâcheuse habitude d’afficher et de faire des graffiti n’importe où : sur les murs des bâtiments publics ou privés et même chez de pauvres particuliers qui, parfois, ont à peine fini de peindre leurs maisons. Les tableaux de signalisation (stop, sens interdit, sens giratoire, etc.) qui réglementent la circulation ne sont même pas épargnés, comme d’ailleurs les enseignes payées par différents services publics comme privés. En plus des torts qu’ils portent aux nombreux particuliers, les affiches et les graffiti anarchiques défigurent notre pauvre ‘’capitale de l’émergence’’ et nombre d’autres villes de l’intérieur. Celui qui a remporté et de loin la palme pendant la dernière campagne électorale et bien avant celle-ci, c’est incontestablement le chef de la coalition gouvernante. Ses affiches géantes sont vraiment envahissantes, dérangeantes et rappellent, sur bien des points, Varsovie, Prague, Berlin, Moscou, Budapest, etc., des années 50.
Toutes ces plaies béantes ont la vie particulièrement dure chez nous. Elles sont loin de dater d’aujourd’hui. Le président Senghor – nous l’avons rappelé plus haut –, les a très tôt stigmatisées. Son successeur aussi qui, dans son message à la Nation au soir du 31 décembre 1999, dénonçait vigoureusement (verbalement tout au moins) l’indiscipline et l’anarchie qui s’installaient dangereusement dans le pays. Ce texte étant déjà long, j’y reviendrai dans une prochaine contribution, pour montrer à quel point autorités (d’abord) et nous citoyens, avons besoin de déployer d’immenses efforts, pour faire de notre pays une République moderne, avec des textes de lois et de règlements qui s’appliquent à tous et à toutes, quel que soit, par ailleurs, le statut des uns et des autres.
Dakar, le 27 mars 2019
Mody Niang

La constitution piégée pour un 3 ème mandat


Au lendemain de la victoire du candidat sortant Macky SALL qui va bientôt entamer un deuxième mandat, le débat sur la possibilité pour celui-ci de se représenter pour un troisième mandat ressurgit.

Ce débat, soulevé il y a près de deux ans par d’éminents juristes avait été vite étouffé par le camp présidentiel qui le jugeait infondé et prématuré.

Actuellement, le même scénario semble se répéter, car après les inquiétudes nourries par certains membres de l’opposition sur un probable projet de troisième candidature du Président fraichement réélu, des voix se sont encore élevées dans l’exécutif pour tenter de rejeter cette hypothèse.

La présente contribution a pour objet de démontrer que la révision constitutionnelle de 2016 en ouvert une brèche permettant une troisième candidature de l’actuel président en 2024.

Cette hypothèse que le pouvoir feint de rejeter pour le moment est, en réalité, juridiquement défendable.
Mais, auparavant, il serait intéressant de revenir sur les arguments avancés par la partie présidentielle pour écarter la thèse d’une troisième candidature.

« Il faut s’en référer à la Constitution, vous vous rendrez compte que les marges de manœuvre pour interpréter sont très minces, pratiquement inexistantes. » déclarait M. Seydou GUEYE, porte-parole du gouvernement et du parti présidentiel dans un entretien avec APANEWS le 12 mars 2019 avant d’ajouter :

« Le problème qu’on avait connu par le passé, le président Macky Sall y a apporté une réponse en limitant le nombre de mandats, en fixant la durée du mandat du président de la République et en verrouillant un peu la Constitution pour que ces dispositions relatives à l’élection du président de la République soient pratiquement intangibles ».

Son collègue Ismaila Madior FALL, ministre de la justice affirmait le 12 octobre 2017 «La Constitution du Sénégal est très claire sur la question du mandat du président de la République et ne laisse place à aucune interprétation sur la possibilité d’un troisième mandat.

L’article 27 de la Constitution dispose: ‘’Le chef de l’État est élu pour un mandat de 5 ans renouvelable une fois.
Nul ne peut exercer plus de deux mandats consécutifs».

Après l’élection du 24 février, il est devenu plus nuancé dans un entretien avec le journal l’Enquête du 11 mars 2019: « moi je pense que la Constitution est claire. En principe, c’est le deuxième et dernier mandat du chef de l’Etat. »

Dernièrement, le Docteur Mounirou SY a, pour sa part, indiqué que pour éviter la situation de 2011, le nouvel article 27 a mis l’accent sur la personne et non le mandat, car pense-t-il, le terme « nul » de l’alinéa 2 de l’article 27 permet d’inclure le mandat en cours.

On le voit bien, la position gouvernementale faite de demi-vérités et d’omissions volontaires n’est pas de nature à dissiper les doutes quant à l’existence d’un projet caché de troisième candidature.

Elle ne résiste pas en effet, à la thèse soutenue il y a deux ans, par les éminents Professeurs de droit public Babacar GUEYE et Jacques Mariel NZOUANKEU.

Nous estimons avec eux, que contrairement à la promesse présidentielle, la révision de la Constitution de 2016, n’a pas verrouillé la loi fondamentale pour empêcher toute possibilité de troisième candidature.

Le référendum du 20 mars 2016 renferme en effet, un double piège ; de la Constitution d’une part et du Conseil Constitutionnel d’autre part.

C’est d’abord la Constitution qui a été piégée car le prétendu projet de diminution de la durée du mandat présidentiel de 7 à 5 ans, a subrepticement ouvert une brèche qui peut permettre à l’actuel président de briguer un troisième mandat.

Il faut rappeler que la clause limitative du nombre de mandats à deux, a été pour la première fois instituée en 1970, avant d’être remise en cause plusieurs fois.

Mais, avec la réforme de 2001, le peuple sénégalais, en décidant que cette clause ne pouvait être révisée que par la voie référendaire, a voulu lui conférer un caractère intangible, donc à l’abri de toute manipulation politicienne.

Ainsi, sachant qu’aux yeux du peuple, l’impératif de limitation du nombre de mandats à deux a toujours prévalu sur la volonté de stabiliser la durée du mandat présidentiel à 7 ou à 5 ans, c’est par le truchement de la diminution de la durée du mandat que les experts du président sont parvenus à manipuler la clause limitative du nombre de mandats.

Pour s’en rendre compte, analysons l’article 27, issu de la révision constitutionnelle adoptée par référendum et promulguée le 5 avril 2016 qui est ainsi libellé :

« La durée du mandat du Président de la République est de cinq ans.
Nul ne peut exercer plus de deux mandats consécutifs. »

Cet article régit donc, dans son premier alinéa la fixation de la durée du mandat à 5 ans et dans son deuxième alinéa, la limitation des mandats à deux.

Toutefois, il importe de préciser que pour une bonne interprétation de l’alinéa 2 qui prévoit le nombre de mandats, il est indispensable de le relier à l’alinéa 1 qui prévoit la durée du mandat présidentiel, car l’article 27 doit être compris dans son ensemble, dans son indivisibilité.

En effet, au sens de cet article, le quinquennat allant de pair avec la limitation des mandats, l’exigence de limiter la durée du mandat à 5 ans doit coïncider avec la nécessité de ne pas pouvoir l’exercer plus de deux fois consécutives.

Or, il est incontestable que la durée du mandat que le président Macky SALL est sur le point de terminer, est de 7 ans. N’ayant donc pas encore exercé un mandat de 5 ans prévu à l’alinéa 1, son septennat sera hors du champ d’application de l’alinéa 2 de l’article 27 précisant que « nul ne peut exercer plus de deux mandats consécutifs. »

Ainsi que l’a soutenu le Professeur J.M. NZOUANKEU dans sa contribution du 12 octobre 2017, « l’élection de 2019 n’est pas le renouvellement de celle de 2012.

C’est une élection nouvelle. C’est la première élection d’un nouveau cycle institué par l’article 27 de la Constitution.

Si le mandat exercé de 2012 à 2019 était considéré comme le premier mandat au sens de l’article 27, une élection du Président de la République devait être organisée en 2017 au cinquième anniversaire de la date de l’élection du Président Macky SALL. S’il n’y a pas eu d’élection en 2017, c’est parce que le mandat en cours n’était pas compris dans le décompte de l’article 27 de la Constitution. »

En d’autres termes, le mandat en cours ne peut faire partie du décompte des mandats parce que ce n’est qu’après sa prestation de serment prévue le 2 avril prochain que l’actuel président entamera son premier mandat de 5 ans au sens de l’article 27 de la Constitution.

Il apparait donc clairement, que le nombre de mandats exercés par l’actuel président, ne pourrait pas faire obstacle à la recevabilité de sa candidature en 2024.

Bien entendu, cette thèse peut être infirmée par des juristes de plus ou moins bonne foi, mais la seule instance habilitée à interpréter la Constitution reste le Conseil Constitutionnel. Or, cette juridiction a aussi été piégée par l’avis consultatif donné à propos du projet de diminution de la durée du mandat présidentiel de 7 à 5 ans.

En effet, dans son avis consultatif du 12 février 2016, le Conseil Constitutionnel a retenu que « le mandat en cours au moment de l’entrée en vigueur de la loi de révision, par essence intangible, est hors de portée de la loi nouvelle ».

Il a, par ailleurs, précisé dans le dispositif que « la disposition transitoire prévue à l’article 27 dans la rédaction que lui donne l’article 6 du projet et aux termes de laquelle, « Cette disposition s’applique au mandat en cours » doit être supprimée ; elle n’est conforme ni à l’esprit de la Constitution, ni à la pratique constitutionnelle, la loi nouvelle sur la durée du mandat du Président de la République ne pouvant s’appliquer au mandat en cours ».

Par conséquent, les sept sages, saisis d’une demande consultative ou d’un contentieux lié à une troisième candidature du président SALL, ne pourront en toute logique, que confirmer leur jurisprudence.

Il ne fait donc l’ombre d’aucun doute que les dispositions de l’article 27 de la Constitution combinées à la jurisprudence du Conseil Constitutionnel ouvrent un grand boulevard pour la recevabilité d’une candidature du président Macky SALL en 2024.

Tout le monde doit en être conscient dès à présent. Il est aussi important de souligner que seule l’adoption de dispositions transitoires par la voie parlementaire, précisant que le mandat en cours fait partie du décompte des mandats, peut régler définitivement ce quiproquo constitutionnel.

Malheureusement, l’adoption de telles dispositions transitoires ne pourra probablement pas se faire d’ici la prestation de serment, date à laquelle les dispositions de l’article 27 vont entrer en vigueur et ne pourront plus faire l’objet de révision à cause de la clause d’intangibilité prévue par l’article 103 de la Constitution.

C’est pourquoi, les interventions des juristes du camp présidentiel qui cherchent à convaincre pour le moment l’opinion publique que la Constitution a été verrouillée et qu’elle ne permettrait pas à l’actuel président de la République de se représenter en 2024, ne constituent en réalité qu’un piège dormitif. Si telle était l’intention présidentielle, plusieurs questions ne resteraient pas jusqu’à présent sans réponses :

1. Pourquoi, contrairement à la promesse faite lors du référendum de 2016, le président Macky SALL n’a pas tiré les leçons de la douloureuse et dramatique période préélectorale de 2011 à 2012, en évitant toute controverse constitutionnelle liée à une éventuelle troisième candidature ?

2. Pourquoi, lorsque le débat sur la possibilité d’une troisième candidature a été soulevé par d’éminents juristes comme les Professeurs Babacar Guéye et Jacques Mariel Nzouankeu, le Président de la République et ses partisans, bien que conscients des failles contenues dans l’article 27 de la Constitution, n’ont pas définitivement mis fin à la polémique en faisant adopter par l’Assemblée Nationale, des dispositions transitoires précisant que le mandat en cours fait partie du décompte des deux mandats prévus par l’article 27 ?

3. Pourquoi enfin, dans leurs interventions sur cette question, les responsables et les autres juristes de la mouvance présidentielle, se bornent à donner leur interprétation de la Constitution au lieu d’affirmer clairement la volonté du chef de l’Etat de ne plus briguer un autre mandat.
En définitive, si nous avons décidé d’intervenir dans ce débat, ce n’est pas pour participer dans une querelle juridique.

Mais, c’est surtout pour donner un signal d’alarme et prévenir la résurgence des dangers vécus en 2011 et en 2012 et qui peuvent encore porter atteinte à la paix sociale et mettre en péril la démocratie et la République.

En effet, la stratégie perverse déroulée depuis des années et qui a abouti récemment à une large victoire électorale peut évidemment renforcer les velléités de se maintenir au pouvoir surtout que les sénégalais ont semblé banaliser depuis 2000, les multiples abjurations «wakh wakhet » de nos dirigeants.

Pourquoi agiter maintenant la question d’une troisième candidature alors que l’actuel président n’a même pas encore débuté son deuxième mandat ? En notre sens, le débat est loin d’être prématuré, au contraire !

En effet, la question n’est pas de savoir si les sénégalais accepteront ou non le moment venu une troisième candidature ; mais c’est surtout de sortir pour une fois de l’impasse de la politique politicienne avec un président qui ne pensera plus dès le début de son mandat, à vaincre ses adversaires et remporter la prochaine élection.

Car il reste évident que si l’éventualité d’une troisième candidature n’est pas définitivement écartée, le prochain quinquennat sera encore miné par la mal gouvernance, l’instrumentalisation de la justice, le clientélisme, l’accaparement des médias de service public, la gabegie etc.
Comment alors mettre fin aux incertitudes ?
Pour mettre définitivement un terme au débat, le Président de la République à qui appartient seul cette prérogative, doit dès à présent, saisir le Conseil Constitutionnel pour avis sur cette question.
-Si le Conseil Constitutionnel est d’avis que l’actuel président ne peut pas se représenter pour un troisième mandat, le débat sera définitivement clos.
-Si en revanche, il est d’avis contraire, il faudra trouver au plus vite, une solution politique pour que tout le monde soit convaincu que les manœuvres politiciennes ne pourront pas remettre en cause la sacralité conférée par les sénégalais à la clause limitative des mandats à deux.

Ibrahima Hamidou DEME,
Président du Mouvement « Ensemble ».

Je fais un rêve réaliste (Par Alassane K. KITANE)

Je rêve de vivre dans un société où la politique ne sera plus un moyen d’accès aux ressources du pays ; un pays où le travail sera érigé en culte ; un pays où les plus belles villas appartiennent à des personnes qui n’ont aucun lien avec la politique.

Je rêve de vivre dans un pays où l’école et les enseignants seront la priorité et ce, non pas parce qu’ils sont des niches et des sources des tensions sociales, mais parce que la communauté aura compris que sans un enseignement de qualité, tous les investissements deviennent pour elle un fardeau.

Je fais le rêve de me battre de toutes mes forces pour léguer à ma descendance un pays où la culture sera la boussole de tous les projets économiques et politiques.

Je rêve de voir mon pays s’affranchir des avatars de la colonisation que sont la langue française, la présence insolente de l’armée française, la monnaie de la colonisation française et le droit français. Est-ce vraiment trop demander ?

Je fais un rêve de voir mon pays ancrer la recherche scientifique locale sur les besoins endogènes.

Je fais un rêve de voir mon pays résolument tourné vers l’investigation scientifique décidée à comprendre les multiples ressources naturelles que nos ancêtres ont pris le soin de circonscrire par leur science afin de nous indiquer des pistes de recherche pour notre science.

Je rêve de voir mon pays cesser de consommer le pain importé alors que le pain à base de produits locaux est plus nutritif et plus économiquement intégrateur pour notre pays.

Je rêve de vivre dans un pays où la science et la technique cesseront d’être purement théoriques pour être désormais au service des enjeux pratiques et des défis économiques. Qui ose dire que c’est irréalisable ?

Je rêve de voir les jeunes de nos villes s’organiser en brigades de la propriété pour mettre fin à l’insalubrité chronique qui répugne au regard du touriste de l’hôte.

Je rêve de voir les vieilles bonnes mœurs des villages, consistant à s’organiser en coopératives spontanées pour désherber les sentiers et les alentours du village afin d’éviter des incendies, êtres ressuscitées par les citadins avec l’appui et l’expertise des pouvoirs publics.

Je rêve de voir les stations de lavage sauvages être financées et transformées par les collectivités locales en espaces verts alimentés par l’eau utilisée par ces laveurs informels de voiture.

Je rêve de voir ces espaces squattés par des jeunes désœuvrés et laissés à eux-mêmes être transformés en lieux où le travail alimente le loisir et celui-ci encourage celui-là.

Je rêve que mon pays entre résolument dans cette ère où travail et loisir se côtoient et se garantissent réciproquement ; cette ère où études et jeu cohabitent.

Je rêve de voir des décideurs comprendre définitivement qu’à une époque où le jeu devient industriel, la réponse appropriée n’est pas de réprimer le jeu, mais plutôt de développer une économie et une industrie du jeu adossées à notre culture. Est-ce sincèrement une utopie ?

Je rêve de voir mon pays développer une presse libérée de tous les pouvoirs pour enfin jouer son rôle originel de contre-pouvoir.

Je rêve de vivre dans un pays où la presse audiovisuelle contribue de façon efficiente à l’éveil des consciences par une production et une diffusion de produits de qualité.

Je rêve de voir la presse de mon pays relayer le chercheur en histoire par la promotion des terroirs et leur très riche patrimoine historique par le truchement de la production de documentaires de qualité.

Je rêve de voir la presse de mon pays être le relais de l’enseignement avec la production d’une véritable culture de l’émulation et des émissions à thèmes en lieu et place de l’improvisation et de l’informel. Est-ce une demande capricieuse ?

Je rêve de voir les télévisions sénégalaises montrer à travers les téléfilms les différents visages de la société et de la culture au lieu de mimer comme des singes des intrigues et des suspenses propres à l’autre.

Je rêve de voir un paysage audiovisuel qui n’a pas honte de montrer au monde entier les vraies réalités sénégalaises au lieu d’inventer tous les soirs une société où la laideur et la misère sont absentes.

Mon rêve est que la télé donne droit de cité aux vilains, aux pauvres, aux « faq-man » aux « bùdiù-man », aux loseurs, aux paysans, aux charretiers de Sangalkam… puisqu’ils font partie de ma communauté.

Je suis énervé de voir des téléfilms où le luxe insolent et la vie est trop opulente de quelques minorités cachent honteusement la réalité du pays.

Je rêve de me débarrasser de la honte d’avoir une presse qui vit aux crochets des pouvoirs politique et économique. Est-ce vraiment demander la lune ?

Je rêve de voir des brigades de la propriété organisées et financées par l’argent du contribuable pour faire de la moto un moyen simple de collecte des ordures avec une plus-value en matière de créativité pour les menuisiers métalliques.

C’est par les petits pas qu’on en fait de géants : alors je rêve de voir ces jeunes développer de petites entreprises pour apprivoiser cet outil à des fins plus sociétales (transport de marchandises par exemple afin de renvoyer les charrettes dans le monde rural).

Je rêve de voir des politiques d’emploi simples, accessibles parce qu’inspirées de la culture et de nos mœurs. Je rêve de voir une capitale débarrassée des charrettes, des restaurants à ciel ouvert, du commerce partout, par tous et de tout !

Je rêve d’un pays progressivement libéré de l’informel par une exploitation judicieuse de l’énergie et de la créativité de sa jeunesse. En quoi cela est-t-il un rêve enfantin ?

Alassane K. KITANE

Professeur au Lycée Serigne Ahmadou Ndack Seck de Thiès

Président du Mouvement citoyen LABEL-Sénégal

Youssou Ndour et le groupe futur media Gfm arrêtez ! ( Mandiaye Ndiaye)

Fekke Molaci Boolé Wayé Bokoci ak Ngor ak Ndioup car l’avilissante dernière publication du journal l‘Observateur de ton groupe de presse GFM par le journaliste Ndiaga Ndiaye à l’endroit du Colonel Abdourahim Kébé du parti Rewmi l’a prouvé.

Ndiaga Ndiaye un journaliste loin d’être incorruptible et indépendant n’en est pas à son premier coup d’essai car depuis qu’il officiait au journal « le quotidien » de Madiambal Diagne, Ndiaga est le fantassin qui écrit les articles issus des basses manœuvres.

La partialité du GFM (Groupe Faral Macky) ne souffre d’aucune suspicion mais de grâce n’invitez pas la lâcheté dans vos sorties jusqu’à tenter de discréditer, ternir ou entacher l’honorabilité d’honnêtes personnes en l’occurrence des proches de Idrissa Seck dans le seul but d’une obsession de déstabilisation de Ndamal Cadior.

Youssou Ndour détrompe toi, avec ton groupe de presse et alliés du Maquis vos complots et tentatives de destructions du Président Idrissa Seck seront vains car ce que (Il est midi, le messager, xibaar, express new) dont la seule ligne éditoriale était de salir Idrissa Seck n’ont pas réussi, le GFM ne parachèverait jamais cette mission infâme.

Hormis les agressions médiatiques Idrissa Seck a fait face à une agression judiciaire sans preuves, sans fondements, des agressions physiques, des agressions mystiques, des agressions politiques, malgré tout cela il reste debout et continue sa noble mission de Servir le Sénégal.

Yousssou Ndour dites à votre patron qui vous envoie les instructions exécutées par ton groupe de presse qu’il vaut mieux subir l’injustice que de la commettre et celui qui sème l’injustice moissonne le malheur.

Mandiaye Ndiaye
Parti Rewmi

Leçons d’une frauduleuse élection…( Par Adama Gaye )

Maintenant qu’à la face du monde, après une non-election, final assaut sur une démocratie trahie, le Sénégal se retrouve avec un illégitime individu, à la mine patibulaire, à l’embonpoint criminel, rempli de ses crimes financiers, fiscaux et fonciers, il est temps d’avoir une conversation candide autour de ce moment à oublier au plus vite.

Quelles leçons retenir des actes menés par ce mec qu’il faut refuser de nommer ?

Un escroc méprisable à traiter avec dédain. comme le terroriste que la remarquable Première Ministre Neo-Zélandaise, Jacinda Ahern, a snobé, pour ne pas lui donner un piédestal immérité !

1- Les Senegalais sont compatibles avec les voleurs, tolérants avec les larbins, les fauteurs sexuels, les brigands de tous poils:
Mickey, Karim, Khalifa, Kebe (? selon une certaine presse). Meme un Idy ayant eu maille à partir avec la justice trouve grâce à leurs yeux, dans ce pays où faire acte de contrition, admettre ses propres lacunes ou errements relève de la quadrature du cercle…

Comme ce n’est pas demain la veille de cette remise en ordre des valeurs, la sagesse commande aux individus tentés par la politique d’être d’abord des voleurs s’ils veulent être écoutés par un peuple d’une légèreté sans limites.

2- Ils manquent de rigueur.

3- Ils sont peureux au point de permettre à une tapette-voleur, bradeur de leurs hydrocarbures et autres ressources, comme Macky Sall, de jouer aux matamores devant eux.

4- Ils sont des receleurs dans l’âme: volez mais filez m’en un peu et je ferme les yeux.

5- Ils sont corruptibles: juges, chefs religieux, journalistes et patrons de presse, syndicalistes, politiciens et militants-taupes, profitards dits patrons-prostitues, syndicalistes et électeurs moyennant leurs votes sont à vendre aux enchères.

6- Ils sont folkloriques: le todj-radiakhe de Madicke NIANG les allume plus que quelque discours profond sur la définition du cours du pays.

7- Le processus démocratique est de bout en bout vicié par des complices alignés tout au long de ce qu’on peut appeler une chaîne de contre-valeurs.

8- Sénégal, Rdc, Congo, Gabon, Côte d’Ivoire, Zimbabwe etc sont les nouveaux symboles d’une démocratisation de façade, par le bas. validée par les institutions et observateurs africains.

9- La communauté internationale a choisi de ne plus croire en une Afrique démocratique et vertueuse dans la gestion de ses affaires: de l’ONU aux partenaires bilatéraux, c’est le début d’une nouvelle ruée vers un continent auto-colonisateur de ses ressources à la condition que ses dictateurs locaux aient leur maigre part du gâteau. Que la plèbe meurt…

10- Le rêve d’une rising Africa est une illusion: sauf si un sursaut miraculeux porte par Dieu et ses peuples refusaient son inéluctabilité.

Ps: En juin 2019, à l’occasion du cinquantenaire du Foreign Service Program de l’université d’Oxford, réunissant la crème de la diplomatie, j’en ferai l’argumentaire devant mes condisciples et autres de cette vénérable institution.

Adama Gaye

La presse Sénégalaise. Ce monstre ( Par Ndao Badou le médiateur)

Au Sénégal les journalistes se font de plus en plus rares, par contre, une presse sans conscience se développe au détriment du travail journalistique.

Une presse minée par la course au sensationnel, gangrenée par la nullité des red-chefs et l’inconscience des pigistes.

On publie n’importe quoi, n’importe comment. On n’essaie même pas, de là, où on est de faire de l’auto -censure, pour essayer de savoir, si cet article peut porter tort au pays, aux Institutions ou à nos intérêts tout court.

Puisque la conscience vole bas, on publie bas, et le niveau, volant au ras du sol, la presse Sénégalaise est devenue, ce qu’elle est maintenant.

Une presse à bulles, où, tout est faits divers ou « fait – diversier. Les seuls articles pertinents dans la plupart des journaux, sont les contributions des lecteurs.

Et, le pire, c’est que cette presse de bas étage a formaté une génération de lecteurs qui ne lisent plus, que des faits divers .Les journaux les plus lus, sont les journaux à sensation, les émissions les plus écoutées, sont celles qui détruisent des vies et des familles sous prétexte d’éduquer ou d’alerter.

Des ignares, sortis de la boue nauséabonde de l’inculture et de la méconnaissance, tiennent haut le pavé de la cacophonie « journalistique ». Cette presse de la paresse intellectuelle, de l’incurie et de l’irresponsabilité, elle doit même, être combattue.

Combattre cette presse de caniveau, est une urgence nationale pour tous les intellectuels, les éducateurs et les accros de la lecture, qui dépensent leurs sous, pour finalement se voir, gaufrer d’articles vides, d’analyses de borne-fontaine et de révélations malsaines qui ne nous emmènent nulle part, que vers la médisance.

Cette presse à titres, sans contenus, est en train de tuer le débat et l’approche intellectuelle critique, qui donne aux usagers, les outils d’analyse, pour comprendre l’information.

Au Sénégal, les journalistes, ne font plus la presse. La presse est entre les mains d’agents commerciaux, tourmentés par le gain et de dirpubs, affairistes.
La presse est devenue une arme de destruction massive d’hommes et de femmes. De familles entières.

Article écrit en 2015

Quid du dialogue politique ? ( Par Mamadou Diop Decroix )

Le pays est entré dans des difficultés politiques quand les règles du jeu ont changé sur le terrain des élections. Aujourd’hui, l’exigence majeure est de revenir très clairement à un nouveau consensus.

Au sortir du scrutin présidentiel du 24 février 2019, l’opinion publique a pris acte de la pos- ture des acteurs politiques, pouvoir et opposition. Tandis que ceux du pouvoir se félicitent des résultats issus, selon eux, d’une élection transparente et honnête, ceux de l’opposition, dont je suis, les rejettent au motif qu’ils ne reflètent pas l’expression du suffrage des Sénégalais.

Toutefois, alors qu’elle se considère comme spoliée de sa victoire et était en droit de contester les résultats dans la rue, advienne que pourra, l’opposition, à l’unanimité de ses candidats, a opté pour la paix en dépit de multiples provocations.

Cette attitude a été largement saluée notamment par cette haute instance de légitimation qu’est le Khalif général des mourides qui l’a caractérisée de grande victoire.

Les très larges franges du peuple qui ont rongé leurs freins pendant de longues années, attendant sagement l’occasion, comme en 2012, de se choisir un (e) Président (e) de la République dans la transparence et la sincérité, et qui pouvaient naturellement être très frustrées, se sont globalement satisfaites du climat de calme qui caractérise le contexte post-électoral. Mais la question que tout le monde se pose est celle-ci :

Et après ? On tourne la page des élections et chacun vaque à ses occupations jusqu’à la prochaine élection et c’est fini ? Le principal acteur devant répondre à cette question est le Président de la République. Il a annoncé son intention d’ouvrir un dialogue après son investiture par le Conseil constitutionnel. Que faut-il en penser ?

Il me semble qu’après la décision prise par l’opposition de ne pas engager la confrontation, le pouvoir se trouvait ipso facto interpellé. L’opinion publique et de nombreux milieux attendaient de lui une réaction à la hauteur de cette posture patriotique de sagesse et de retenue manifestée par l’opposition.

Est-ce là la raison de l’annonce par le Président déclaré élu, d’un dialogue ? Ou est-ce un facteur parmi d’autres ? Laissons ces aspects aux politologues et autres observateurs, du moins pour l’instant.

La question posée et à résoudre aujourd’hui est plutôt celle de savoir s’il faut prendre part, le cas échéant, au dialogue annoncé ou pas. Selon un célèbre dicton, un problème bien posé est à moitié résolu. Répondre à cette question commence donc par bien poser le problème en écartant certains a priori.

Tout d’abord refuser ou accepter un dialogue ne relève pas de raison de principe mais de question d’opportunité. S’il s’agissait de principe, Nelson Mandela ne se serait jamais assis avec Pieter Botha.

L’un a fait 27 années de prison sous un régime personnifié par le second. Mandela, icône de la lutte africaine et planétaire contre l’apartheid recherchait, à partir de cette position, l’éradication du système après des décennies de résistance populaire.

Plus près de nous, le Président Abdou Diouf et Maître Abdoulaye Wade ont accepté de s’asseoir et de dialoguer après que le premier a envoyé en prison le second, dès la fermeture des bureaux de vote en février 1988, avant même le décompte des voix.

L’avènement au Sénégal de règles consensuelles de dévolution démocratique et pacifique du pouvoir en vigueur pendant un quart de siècle, provient précisément de ces événements de 1988. Cela nous a permis d’éloigner notre pays du spectre de la guerre civile résultant d’élections non fiables.

D’autres exemples pullulent dans le monde qui illustrent cette vérité selon laquelle accepter ou refuser de discuter avec un adversaire ou un ennemi relève d’une question d’opportunité et non de principe. L’opportunité renvoie aux éléments du contexte politique, économique, social, aux objectifs recherchés et aux perspectives qui s’offrent pour les atteindre.

Lorsque l’analyse du contexte montre que s’asseoir avec l’autre pour discuter n’apporte rien quant aux objectifs, alors il n’y a pas opportunité. Sous ce rapport, l’analyse du contexte au lendemain des législatives de 2017, montrait nettement que l’objectif du pouvoir n’était pas de retrouver un consensus.

Ce fameux dialogue, qui a d’ailleurs fini par être boycotté même par la frange qui avait décidé d’y prendre part, n‘était qu’une modalité dans le processus global de chamboulement des règles de 1992.

La preuve en est que le principal résultat déclaré issu de cette concertation, à savoir le parrainage, n’a été accepté par aucun des partis d’opposition qui y avaient pris part, à fortiori ceux qui l’avait rejetée. Il était donc juste en 2017 de s’abstenir de prendre part à ce qui n’était en son temps qu’un montage. Le même problème se pose aujourd’hui.

Faut-il rejeter l’idée d’un dialogue avec le pouvoir ? Il faut, me semble-t-il, appliquer la même méthode qu’en 2017, c’est-à-dire en évaluer l’opportunité sur la base du nouveau contexte et de notre objectif qui est de ramener le pays sur des règles consensuelles de dévolution démocratique et pacifique du pouvoir.

Le régime en place ne peut pas, ou ne peut plus s’arc-bouter sur des règles non consensuelles pour organiser des élections. Tel est donc le nœud gordien qu’il faut trancher pour ouvrir de nouveau la voie à des élections crédibles.

Tout refus ou tout atermoiement du pouvoir sur cette question capitale sera perçu tout naturellement par le peuple, seul juge, comme la preuve manifeste que l’appel au dialogue n’est pas sincère. Comment cependant éviter, le cas échéant, le piège de 2017 ? Il nous faut fixer trois repères :

• Premièrement : Les TDR (termes de références). Pour aller vite : Que nous faut-il faire pour retrouver des règles permettant d’avoir des élections sans contestations sérieuses ?

• Deuxièmement : Qui doit modérer les discussions ? L’opposition doit être partie-prenante dans le choix du ou des facilitateur (s) comme en 1991-92 avec le juge Kéba Mbaye et son équipe et, en 1997, avec le Professeur Diaïté et son équipe.

Il est vrai, hélas, que ces illustres personnalités ne sont plus de ce monde (qu’Allah swt les accueille dans les jardins de fir- daws), mais le peuple Sénégalais compte d’éminents fils pouvant parfaitement faire l’objet d’un large consensus autour de leur personne pour leur honnêteté, leur courage, leur sens de l’entregent, en sus d’une bonne connaissance du personnel politique, pouvoir comme opposition.

• Troisièmement : La destinée des conclusions.

Dans la plateforme du FRN, il est dit que le Président doit s’engager à appliquer et faire appliquer rigoureusement les conclusions consensuelles. Comme le fit le Président Diouf en son temps. «Je n’y changerai pas une virgule». Il avait respecté sa parole.

Il me semble que ces indications peuvent servir de grille de lecture du niveau de lucidité politique de celui qui appelle au dialogue et de sa volonté de tourner la page de ces longues années de confrontations.

Il demeure évident que, dans ce contexte, toute l’opinion nationale et internationale s’attend à voir Karim Wade et Khalifa Sall recouvrer leurs droits injustement spoliés.

Ces deux cas ne devraient donc ni faire l’objet, ni être le prétexte du dialogue. Il s’agit plutôt d’une attente nationale et internationale, juridictionnelle et politique à satisfaire.

Concluons : le pays est entré dans des difficultés politiques quand les règles du jeu ont changé sur le terrain des élections.

Je rappelle que de 1960 à 1993 jamais une élection ne s’est tenue dans les conditions optimales de transparence et de sincérité au Sénégal, mais les acteurs de l’époque ont lutté sans relâche, accumulant échecs et succès, jusqu’au consensus de 1992.

Aujourd’hui, l’exigence majeure est de revenir très clairement à un nouveau consensus. Si cela n’est pas possible, il ne restera qu’à poursuivre et intensifier la lutte, comme l’avaient fait nos devanciers, jusqu’à ce que ce soit de nouveau possible.

Donc dans ma compréhension, il ne peut être question d’entrer dans un quelconque gouvernement ou une quelconque compromission que ce soit, mais de faire bouger les lignes sur cette question vitale du système électoral.

Macky Sall a travaillé pendant 7 ans à «réduire l’opposition à sa plus simple expression», selon ses propres termes sans y parvenir, bien au contraire. De son côté, l’opposition n’a pas non plus réussi à le déloger pour les raisons que nous connaissons tous.

Lorsqu’un pays en arrive à cette situation, le courage politique au vrai sens du terme consiste à mettre les égos de côté pour trouver les solutions idoines aux problèmes posés. Le peuple qui n’a pas compris l’opposition en 2017 lorsque celle-ci a rejeté l’appel au dialogue du pouvoir, serait satisfait d’un retour à la normale si cela advenait à l’issue de discussions.

Si par contre, il découvrait à la pratique, que les craintes de l’opposition étaient somme toute justifiées, alors il ferait indubitablement corps avec ses franges réellement démocratiques et patriotiques pour poursuivre le combat à la manière du peuple algérien jusqu’au retour à un consensus sur les règles du jeu.

Cette position me semble en adéquation avec la posture post-électorale de sagesse et de retenue de l’opposition sénégalaise largement saluée et magnifiée dans et hors de nos frontières.

Il reste que l’unité la plus large de celle-ci, dans le respect des différences, dans la défense ferme et résolue de sa plateforme, est le garant de son succès. Aucune échappée solitaire ne sera salutaire. Vaincre ensemble ou périr séparément.

Mamadou Diop Decroix, député à l’Assemblée nationale, Secrétaire Général d’And-Jëf/Pads.

Plus fort que jamais… ( Par Adama Gaye )

Dans le climat de capitulation générale, sur fond de désespérance, et, pour certains, de ruée vers la transhumance ou la compromission, qui pollue l’atmosphère au Sénégal, on a le choix de tout laisser tomber pour se consacrer à autre chose.

Au loin. Définitivement. En se disant: “on ne peut être plus royaliste que le roi ni définir le bonheur pour un peuple”. Ou encore, empruntant à un sage proverbe peul, que vouloir être un sage dans une foule de fous relève d’une aberration.

La tentation du repli est d’autant plus légitime que face à l’illégitime déroulement de la dernière non-élection présidentielle on voit maintenant surgir du bois les planqués qui n’osaient plus montrer leurs tronches.
Leurs arguments d’une légèreté déroutante ajoute l’insulte à la blessure électorale.

L’un d’eux me dit: tu ne mets pas à exécution tes menaces ni ne vas pas au bout de ton engagement présidentiel.
Si la gravité de l’heure n’était pas si profonde, je me serai contente d’un no-comment.

Mais outre que la bataille conceptuelle a été largement remportée face à un Macky retranché dans un abri nucléaire et réduit à un silence qui a fini de le culpabiliser, chacun ici sait que mon projet de candidature n’a pas été acte parce qu’il n’était pas question que je valide la discrimination faite aux sénégalais, comme moi, porteurs d’une autre nationalité, mais en plus il était inacceptable de céder à la politique de la corruption avec des deniers volés.

Ces brèves précisions faites, le sens de ce post est d’inviter les Sénégalais qui refusent l’inadmissible fait accompli, le vol en plein jour de notre rêve démocratique, à retrouver leurs esprits pour combattre le crime électoral contre notre pays, notre peuple et notre histoire.

Beaucoup, je le sais, commencent à en avoir marre de la politique, des débats sans fin qui l’enrobent, s’ils ne sont guettés par l’envie de l’abandon du combat collectif pour quelque cause.

Je les comprends. Trop d’égoïsme et d’égocentrisme. Chacun s’imaginant apte à diriger. Tous rusent dans l’espoir de rouler l’autre. La fausseté dans les rapports humains.

La vénalité à perte de vue. La démission des élites désormais piégées par une mortelle course vers le bas. La saleté de la politique. Le discrédit de ceux qui devaient montrer la voie, en commençant par les chefs religieux devenus des gadgets face aux tintements des pièces de monnaies.

La raison la plus décourageante pour combattre le mal mortel qui s’abat sur notre société est ce sentiment que ça ne sert à rien, la cause étant perdue d’avance. La nôtre ne serait alors que la dernière des sociétés à avoir baissé pavillon face à l’irruption d’un défi majeur.

Comme naguère l’Allemande, restée prostrée face au nazisme, la Rwandaise, traversée par des courants ethniques, jusqu’à l’irréparable il y a 25 ans, ou la Yougoslave, retombée dans les ruptures ethno-religieux longtemps contenues d’une main de fer par Joseph Broz Tito. On pourrait multiplier les exemples d’abdication de sociétés devant des situations pourtant surmontables.

Ces moments difficiles, cette médiocre dictature, ces criminels au pouvoir, ces voleurs, mais surtout cette lassitude, cette passivité de notre peuple, cette démission, bref ces tares qui nous hypnotisent n’ont pas vocation à être notre définissable horizon.

C’est plus que jamais l’heure de sonner la mobilisation générale. Les Algériens, pour ne citer que ce cas, nous en montrent la voie.

Face à l’illégitimité émergente, se dressant devant nous, ce n’est pas être aérien que de rêver à lui opposer notre commune volonté de vie commune.

La nation doit être plus forte que jamais face à ses ennemis qui ne sont somme toute qu’une infime minorité de brigands compradores soutenus par des forces externes louches non-representatives.

Je nous souhaite une semaine de réveil courageux ! Il ne faut pas abandonner un combat que nous avons gagné et dont il ne reste qu’à préserver les acquis pour en ramasser les fruits, déjà mûr: l’impasse dans ce pays est le livret du décès d’un régime démocraticide…

Ps: même ceux qui ont vendu leurs votes souffrent maintenant et le voleur en chef se sait cerné !
La Diaspora qui lui a tourné le dos doit le combattre sans relâche par tous les moyens sous tous les cieux ! Adama Gaye

Hommage à Serigne SAAM par Docteur Abd’Allah Cisse Saam sociologue


Un parcours des dates …

Hommage à Serigne Sam MBAYE : 19 ans après

Un parcours, des dates

Par : Abd’ALLAH CISSE SAAM

1922 : Naissance de Serigne Sam Mbaye à Louga

1929 : Initiation à l’apprentissage du Coran auprès de son grand frère Serigne Moussa Mbaye

1934 : Il a mémorisé pour la première fois le Coran à l’âge seulement de 12 ans.

1940 – 1941 : Mais c’est chez Serigne Mbaye Touré de Louga, grand maitre coranique et enseignant réputé pour son érudition, qu’il parfait son apprentissage coranique.

1941 – 1946 : 5 ans à Coki. Le Daara de Coki a été ouvert en 1939 par Serigne Cheikh Ahmed Sakhir Lô, sur instruction de Mame Cheikh Mbaye Kabir dont il fut son disciple et homonyme.

1946 – 1949 : C’est avec une tête bien pleine que Serigne Sam quitte ainsi Coki en 1946, peu avant le rappel à Dieu de Serigne Mame Cheikh Mbaye Kabir, pour rallier la ville de Saint-Louis qui était considérée comme l’un des bastions les plus denses en matière de pensée et de connaissance religieuse.

1949 – 1951 : Par coup de chance ou de destin, Serigne Sam réussit en 1949 un concours de recrutement d’enseignants de l’Université des Sciences Islamique de la Mauritanie pour y être recruté comme professeur. Seuls deux sénégalais, à l’époque, avaient eu la chance de réussir ce concours. Mais Serigne Sam déclina très tôt le poste qui lui était proposé pour se consacrer encore une fois à l’apprentissage auprès de grands Sheikh maures. Il séjourna ainsi pendant deux ans en Mauritanie pour se consacrer uniquement à la recherche et à l’apprentissage des différentes branches de la science islamique dont le Tazaouf (soufisme) en particulier.

1951 – 1952 : Serigne Sam revient au Sénégal à la fin de l’année 1951 après deux ans passés en Mauritanie. A son retour, il s’installe à Saint-Louis pour une deuxième fois même si les objectifs étaient différents. Il se consacre cette fois-ci à l’étude de la langue française ce qui le pousse à s’inscrire dans le système formel d’enseignement. Vu son niveau et des capacités intellectuelles, il obtient très rapidement son CEPE (Certificat d’Etudes Primaires Elémentaires) en 1952 avant d’obtenir une bourse d’études qui le mènera vers la Tunisie. Une étape aussi très importante dans le cursus scolaire de Baye Sam.

1952 – 1956 : Avec l’aide d’un de ses frères, en l’occurrence Serigne Babacar Mbaye, Serigne Sam obtient de la part de l’Etat du Sénégal une bourse d’études de l’université Constantine de Tunis après diverses tracasseries administratives.

1957 – 1962 : Rentré au pays en 1956, Serigne Sam est recruté en 1957 comme moniteur (maitre d’externat) par le gouvernement sénégalais pour enseigner le français au lycée Faidherbe de Saint-Louis (actuel lycée Elh. Oumar Tall)

1957 : Brevet d’Etudes du Premier Cycle (BEPC) au lycée Faidherbe de Saint-Louis.

1959 : Il y passe et réussit sa première partie de baccalauréat en 1959.

1963 et 1965 : Instituteur à Saint-Louis dans le système d’enseignement formel

1965 : Nommé surveillant général au collège franco-arabe de Dakar, Serigne Sam nourrit l’ambition de faire des études universitaires vu sa proximité avec l’université de Dakar et surtout sa grande volonté de faire aussi ses preuves dans le système de l’enseignement formel.

1969 : Il réussit l’examen spécial d’entrée à l’université ce qui lui ouvre les portes de la faculté des lettres et sciences humaine de l’Université de Dakar.

1972 : Obtention de sa Licence en Arabe à l’Université de Dakar après celle obtenue en 1956 en Tunisie.

1974 : Licence en français au département de lettres modernes de l’Université de Dakar.

1976 : Obtention d’une maitrise en français (option grammaire) à l’Université de Dakar et recrutement comme prof de français au lycée Blaise Diagne de Dakar.

1976 – 1982 : Serigne Sam ne va pas durer au lycée Blaise Diagne où il avait été recruté comme professeur de français puisqu’un an plus tard, il sera nommé directeur du collègue Franco-arabe de Dakar.

1982 : En 1982, Serigne Sam Mbaye soutient sa thèse de doctorat troisième cycle portant sur le soufisme de Cheikh Ahmadou Bamba avec la mention « Très honorable » en plus des félicitations unanimes du jury de soutenance. Il devient alors Docteur Ès-Lettres en arabe de la faculté des Lettres et Sciences Humaines de l’Université de Dakar.

1982 – 1985 : Serigne Sam est nommé proviseur au lycée Malick Sall de Louga qui venait d’être ouvert dans la capitale du Ndiambour. Il assura cette fonction jusqu’en 1985 date à laquelle il a été recruté comme professeur au département d’arabe de l’Université de Dakar.

1985 – 1992 : Serigne Sam a enseigné à l’université de Dakar de 1985 à 1992 et les nombreux témoignages recueillis auprès de ses anciens étudiants qui sont aujourd’hui un peu partout dans les différentes sphères de l’administration publique sénégalaise (notamment dans les domaines de l’enseignement et de la recherche) sont forts éloquents. Il est décrit comme un professeur méthodique, rigoureux, généreux au propre comme au figuré, pieux, disponible, gentil et surtout, comme une source intarissable de savoirs.

1992 – 1998 : Baye Sam a pris sa retraite professionnelle en 1992 pour se replier dans son Louga natal afin de se consacrer essentiellement à l’enseignement religieux, à diriger les prières dans sa mosquée et surtout à l’animation de beaucoup de conférences et autres causeries, aussi bien au niveau national qu’international.

Il est rappelé à Dieu, un certain samedi 14 mars 1998 à l’hôpital Principal de Dakar. Une journée commémorée chaque année par le Dahira Tarqiya Ila Lahi Tahla Raayaty Xadimu Rasul de Keur Massar sous l’égide de Serigne PapaSall MoomBaye SamMbaye.

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Abd’ALLAH CISSE Saam,

Sociologue, chercheur

psychologue-conseiller au CAOSP de Kolda

Tel : 77 443 0644

Dialogue ! Quel dialogue ? Pour quoi faire et pourquoi seulement maintenant ? (Par Mody NIang)

Après des décennies de participation au débat public, l’analyste Mody Niang a décidé de ranger sa plume et de ne plus faire de sortie médiatique. Ce retrait, il l’avait annoncé lui-même avant la présidentielle.

« Mais, suite à l’interpellation de nombreux parents et amis pour me dire qu’ils attendaient de me lire ou de m’entendre après le 24 février (comme si j’étais le seul à devoir écrire ou intervenir dans les médias audiovisuels), je leur explique ici mon choix, à eux comme à d’autres qui ont les mêmes attentes. »

Mais même s’il se retire, Mody Niang demande aux uns et aux autres de s’intéresser à la gouvernance du Sénégal, puisque c’est l’avenir des enfants de tout un chacun qui est en jeu.

Seneweb vous propose sa lecture de la présidentielle et de la situation actuelle du Sénégal de façon générale. La dernière ! Comme le dit le concerné.

L’élection présidentielle du 24 février 2019 a vécu. Le candidat sortant a été déclaré définitivement réélu par le Conseil constitutionnel.

Ses rêves sont donc devenus réalité : il n’a pas connu le second tour qu’il craignait comme la peste et s’était préparé très tôt, en mettant en place les différentes stratégies susceptibles de lui éviter coûte que coûte ce cauchemar.

C’était pour lui, pour sa famille comme pour sa coalition, une question de vie ou de mort. A l’arrivée, 58,26 % des électeurs lui ont renouvelé leur confiance, et s’ouvre devant lui un mandat de cinq ans, pour la continuité. Oui, pour la continuité, puisque ce sont ses sept ans de gouvernance meurtrie qui ont été positivement sanctionnés.

Pour arriver à ce résultat, son fameux décret et ses « fonds spéciaux » (couramment appelés « fonds politiques ») ont joué un rôle substantiel, comme les « fonds secrets » de la Primature et les caisses noires des différentes institutions.

Des membres de sa coalition, des plus en vue, ont aussi joué leur partition. Il s’agit, notamment, pour ne citer qu’eux : du Ministre de l’Economie, des Finances et du Plan et de son épouse, de la très « généreuse » « Première Dame », de son oncle et de son frère respectivement maire de Pikine et de Guédiawaye[1], de son beau-père Président du Conseil d’Administration (PCA) de PÉTROSEN, de son beau frère Ministre, etc.

Les autres ministres et ministres conseillers, directeurs généraux, directeurs, présidents de conseil d’administration ou surveillance, etc., n’ont pas non plus lésiné sur les moyens : ni financiers, ni matériels, ni logistiques.

Sont entrées également en jeu, en force, les retombées des gros marchés de gré à gré avec leurs fortes surfacturations et, sûrement, les appuis intéressés de lobbies proches de la Présidence de la République.

Les plus de cinq cents (500) comités électoraux ont aussi joué pleinement leur rôle, facilité par les trois (3) millions qu’ils auraient tous reçus du président-politicien qui doit être aussi riche que Crésus, s’il n’est pas bien plus riche que lui.

La presse a largement rendu compte des chaudes échauffourées auxquelles la gestion de ce soutien financier a donné lieu dans beaucoup de localités.

Enfin, un autre appui décisif qu’il convient de signaler, celui-là au moins aussi efficace que les pièces sonnantes et trébuchantes, c’est celui du Ministre de l’Intérieur, de ses services dévoués comme la Direction de l’Automatisation du Fichier (DAF) et la Direction générale des Élections (DGE), ainsi que de certaines autorités administratives (préfets, sous-préfets notamment).

Ces gens-là tenteront vainement de nous faire croire, avec leurs commanditaires, qu’au Sénégal, personne ne peut plus voler les élections. Peut-être, y réussiront-ils avec les observateurs étrangers qui ne connaissent pas certaines de nos réalités et ne s’imagineront jamais que certains hauts fonctionnaires puissent en arriver à commettre certaines forfaitures.

Le candidat sortant avait mille autres tours dans son sac, dont une stratégie qui échappait aux partenaires techniques et financiers ainsi qu’à nombre de Sénégalais non avertis, laquelle stratégie a terriblement grevé nos maigres finances publiques.

Dans toutes les localités qui comptent un nombre non négligeable d’électeurs potentiels, le président-politicien a nommé pêle-mêle, parmi leurs ressortissants, des directeurs généraux, des directeurs, des PCA, des Conseillers spéciaux, des ambassadeurs « itinérants », des « chargés » de missions, etc., avec des salaires substantiels pour leur permettre d’entretenir leurs bases.

Sans compter le nombre impressionnant de militants APR qui se bousculent dans les ambassades et les consulats, souvent payés à ne rien faire, à l’image de leurs nombreux autres camarades qui tournent les pouces dans les agences inutilement budgétivores, ainsi qu’au Centre des Œuvres universitaires de Dakar (COUD) et à la Société nationale de la Poste.

Tout ce beau monde bénéficiant de contrats spéciaux « juteux » a déversé d’énormes sommes d’argent dans les quatre coins du Sénégal. Certes, ce ne sont pas seulement ces milliards qui ont fait gagner le président-politicien.

Cependant, si on considère l’influence qu’ils peuvent avoir sur des populations à la fois pauvres et analphabètes, on comprend facilement le rôle prépondérant qu’ils ont pu jouer dans sa victoire. Si on devait soustraire de son score le pourcentage obtenu grâce à la corruption active et au grand jour, il n’est pas sûr qu’il serait réélu dès le premier tour, avec un score aussi confortable.

Ce serait moins sûr encore si on y ajoutait les conséquences des dysfonctionnements souvent organisés dans la distribution des cartes d’électeurs et les changements de bureaux de vote à l’insu des concernés, sans compter les gonflements sans retenue du nombre d’électeurs dans des localités bien connues.

Et son bilan, me rétorqueront sûrement, avec empressement, les nombreux compatriotes qui ne conçoivent pas leur vie hors des sinécures de sa gouvernance follement dépensière ? Oui, il a bien un bilan, et l’a utilisé à des fins fortement politiciennes.

Ses capacités de manipulation n’ont échappé à aucun observateur sérieux. Dans plusieurs contributions, j’ai exprimé mes réserves par rapport à ce tonitruant bilan aux apparences bavardes et trompeuses.

Ses réalisations sont bien plus soucieuses de prestige que de développement harmonieux du pays. Nombre d’entre elles avaient pour objectif de frapper l’imagination des Sénégalais analphabètes et des simples d’esprit qui se contentent de très peu.

Et DIEU sait que le pays en compte beaucoup. Toutes ces réalisations seront un jour évaluées, objectivement, en fonction de leur pertinence, de leur coût et de leur qualité.

Alors, éclatera la vérité, et au grand jour. Evidemment, ce sera trop tard, puisqu’il sera sûrement, en ce moment-là, en France ou aux USA.

Il convient surtout de signaler que, du 2 avril 2012 date de son installation officielle comme quatrième Président de la République au 24 février 2019, le président-politicien a disposé d’un budget cumulé de 16000 milliards de francs CFA, d’autres avançant même 20 000 milliards.

Avec un tel pactole, un Président de la République digne de la fonction, compétent, patriote, vertueux, respectueux des ses engagements, du bien public comme de ses mandants, ferait infiniment mieux que lui, sans tambour ni trompette.

L’occasion ne s’est malheureusement pas présentée le 24 février 2019, qui a vu une majorité confortable de Sénégalaises et de Sénégalais lui renouveler leur confiance. Il a donc réussi son coup, en évitant le second tour tant redouté et a son mandat de cinq ans devant lui.

S’y ajoute qu’il dispose d’une Assemblée nationale à sa dévotion et d’une justice dont les décisions vont souvent dans le sens qu’il indique. Alors, que ne se mette-t-il pas immédiatement au travail pour réaliser la phase II de son PSE ! Rappelons-lui aussi, s’il était tenté de l’oublier, qu’il a beaucoup promis pendant la campagne électorale !

On avait même parfois le sentiment qu’il n’avait pas réalisé grand-chose pendant son septennat, tellement les promesses étaient nombreuses.

Parmi ces promesses, on peut retenir celle faite à Guédiawaye de la création d’un million d’emplois et cette autre folle, de « zéro banlieue ».

Une autre qui devrait lui coûter beaucoup de temps et d’argent, c’est celle de construire, pendant son quinquennat, dix-huit (18) ponts dont treize (13) à Dakar. Nous n’oublierons pas, non plus, le dragage du Fleuve Saloum et sa décision de faire de Kaolack un « hub de transports fluviaux-maritimes ».

Au passage, je suggère à mes compatriotes de Kaolack de ne pas trop jubiler déjà. Qu’ils se rappellent que, le 13 avril 2015, le président-politicien avait réuni toute la République pour procéder à la pose de la première pierre de l’Université du Sine Saloum El Hadj Ibrahima Niasse, avec la présence remarquée du Khalife général de la famille du célèbre parrain.

Et notre président-politicien, ce jour-là, de conclure son discours par ces termes : « Je vous donne rendez-vous en fin 2016 pour l’inauguration et l’ouverture des amphithéâtres, des classes et des fermes laboratoires. »

Moins de deux ans pour construire toutes ces structures et les inaugurer ! Cette promesse n’était évidemment que purement politicienne et électoraliste et, dans son discours de fin d’année 2017, il n’était pas le moins du monde gêné de pendre encore cet engagement-ci :

« Quant à l’Université du Sine Saloum El Hadj Ibrahima Niass, ses travaux débuteront au cours du premier trimestre de l’année 2018. »

Ce n’était encore, ce n’était toujours que veine promesse et, à ma connaissance, une deuxième pierre ne s’est jusqu’ici pas posée sur la première.

En fin de compte, il décida, avec le Ministre de l’Enseignement supérieur et le Recteur, d’ouvrir l’Université en février dernier, en louant des locaux à Kaolack et à Fatick notamment.

Que mes compatriotes Kaolackois se rappellent aussi les promesses qu’il leur avait faites, lors du Conseil des Ministres délocalisé du jeudi 14 juin 2012, tenu à la Gouvernance de leur capitale régionale.

Concernant notamment les projets et programmes en perspective, le président-politicien avait insisté sur « la nécessité de diligenter (…) la mise en œuvre du programme d’assainissement (eaux usées et eaux pluviales) de la région de Kaolack, particulièrement pour ce qui concerne la ville de Kaolack et la commune de Nioro du Rip ».

Il avait également demandé qu’une attention particulière fût accordée aux programmes spéciaux d’investissements pour la commune de Kaolack, à la viabilisation des Parcelles assainies de la ville, à celles de Nimzat Extension et au relèvement du niveau du plateau technique de l’Hôpital régional El Hadji Ibrahima NIASSE.

Il avait enfin annoncé la construction d’un nouveau marché central moderne et sécurisé. Où en sont toutes ces promesses ? Voilà que, cinq ans après, en précampagne électorale, le lundi 21 janvier 2018, il annonce le dragage du Fleuve Saloum et sa décision de « redonner à Kaolack sa vocation portuaire ».

Qu’en sera-t-il de ce nouvel engagement ? Les cinq prochaines années nous édifieront.

Le président-politicien réélu a donc l’opportunité et le temps de continuer l’œuvre déjà accomplie et de réaliser les nouvelles promesses. Voilà que, au lieu de se mettre immédiatement au travail, il appelle encore au dialogue.

Quel dialogue ! Pour quoi faire ? Et pourquoi seulement maintenant ? Qu’il travaille et que l’opposition s’oppose ! Si, chemin faisant, il trouve nécessaire de dialoguer, de vraiment dialoguer avec l’opposition sur des questions d’intérêt national, il invite ses différentes composantes avec respect, en leur envoyant leurs cartes d’invitation accompagnées des termes de référence et en précisant le sort qui sera réservé aux éventuelles conclusions, sans calculs politiciens.

Les uns peuvent être d’accord sur tout, d’autres avoir des amendements ou des propositions nouvelles à faire. Si tout le monde n’est guidé que par l’intérêt supérieur de la Nation, le consensus ne devrait poser aucun problème.

C’est cela le dialogue, bien différent du cinéma qui a été organisé dans la Salle des Banquets de la présidence de la République, le 28 mai 2016.

Et puis, le président-politicien a raté plusieurs fois le coche pour dialoguer sérieusement avec l’opposition sur des questions majeures, notamment avant le Référendum du 20 mai 2016 et la signature des contrats qui ont donné notre pétrole et notre gaz à des entreprises étrangères dans des conditions nébuleuses.

Le président-politicien nous doit quand même respect et considération. Ce qui n’a pas été le cas jusqu’à présent. La preuve, c’est sa volonté exprimée d’associer les anciens présidents Diouf et Wade au dialogue auquel il appelle.

Que devrions-nous raisonnablement attendre de ces deux-là ? Après avoir gouverné l’un 19 et l’autre douze ans le pays, ils sont allés s’installer en France après la perte du pouvoir, nous laissant avec nos problèmes.

Leur retraite l’un à Paris l’autre à Versailles nous coûte déjà trop cher. Le temps est venu de tourner définitivement leur page.

Je profite de cette opportunité pour répondre à certaines interpellations d’amis, de parents et de simples compatriotes qui s’étonnent de ne m’avoir lu ni entendu après l’élection présidentielle du 24 février 2019.

Ce silence, qui est un choix mûrement réfléchi, peut encore durer quelques mois, voire quelques années, si je suis encore en vie. Cela fait plus de quarante (40) ans que je suis dans l’espace politique.

Depuis lors, je fais du mieux que je peux pour cultiver modestement ma part du Jardin national en donnant, chaque fois que de besoin, ma modeste opinion sur la manière dont mon pays est gouverné.

Celle-ci est favorable, chaque fois que la gouvernance va dans le bon sens, c’est-à-dire dans l’intérêt supérieur de la Nation. Elle est défavorable, très critique, si c’est le contraire. Cette opinion, il faut le reconnaître, a été bien plus défavorable que favorable.

Cette posture m’a valu de vives critiques, parfois des injures indécentes et « courageusement anonymes ». Cette expression est du Président Senghor.

Ce dernier, après avoir éliminé et arrêté le Président Mamadou Dia le 18 décembre 1962, soumit au peuple sénégalais un projet de Référendum le 3 mars 1963.

Le projet fut approuvé à une très large majorité et, le 7 mars suivant, il promulgua la nouvelle constitution qui consacra l’hypertrophie de la fonction présidentielle.

D’ailleurs, durant toute la campagne pour le Référendum du 2 mars 1963, son slogan préféré était : « Bopp du am ñaari mbaxana. » En d’autres termes, il n’y a pas de place pour deux coiffures sur la même tête.

Il était donc désormais le seul maître à bord et le système qu’il mit alors en place est pratiquement le même que nous avons vécu, à quelques variantes près, jusqu’au 24 février 2019.

Ce sont les tares de ce système que j’ai toujours dénoncées, avec plus de vigueur encore depuis le 1er avril 2000.

Avec le président-politicien réélu ce sera, jusqu’à preuve du contraire, la continuité du même système, avec la même gouvernance meurtrie.

En tout cas, tout indique qu’il en sera ainsi car le candidat sortant n’a fait état, nulle part pendant la campagne électorale, de refondation si nécessaire de nos institutions, de lutte contre la corruption et la fraude, des détournements de deniers publics, de dépolitisation de notre administration.

Il n’a fait nulle part cas des huit (8) milliards de « fonds secrets », peut-être plus, qui préoccupent tant le contribuable sénégalais.

Huit (8) milliards ou plus laissés chaque année à sa seule discrétion, et qu’il utilise de la manière qui n’échappe désormais à personne : à s’enrichir lui-même et à enrichir les siens, à acheter sans état d’âme des consciences.

Personne ne l’a entendu, non plus, dire un seul mot sur les organes de contrôle qu’il s’engageait à renforcer. A contraire de son engagement, il les a pratiquement tous muselés.

Ces questions qui nous préoccupent tant et sans le traitement desquelles la bonne gouvernance ne sera jamais au rendez-vous, il les a royalement ignorées pendant toute la campagne électorale.

Jusqu’à preuve du contraire donc, avec ce président-politicien, ce sera la continuité dans la mal gouvernance. Et je ne suis vraiment pas prêt à continuer de dénoncer les mêmes tares, les mêmes forfaitures que je dénonce depuis les années 1978-1980, avec nombre d’autres compatriotes, pour pratiquement rien.

Ce choix réfléchi ne signifie point que je vais mettre fin à mon militantisme. À ses parents et amis qui s’évertuaient à lui faire abandonner la politique, notre très regretté Président Mamadou Dia répondait que le militantisme n’avait pas d’âge.

Je ne renonce donc point à mon militantisme, mais je l’oriente ailleurs. Par exemple, je me suis toujours intéressé aux problèmes d’environnement qui ont occupé une place importante dans mes contributions.

Il y a aussi que la recherche effrénée de l’argent et des honneurs a relégué au second plan toutes nos valeurs de référence. La corruption au grand jour est en train de faire des ravages chez nous, notamment par l’achat indécent des consciences lors des différentes élections, avec l’argent du contribuable.

Un vote ne se vend pas. C’est un attribut citoyen qui ne devrait pas avoir de prix. Certains Sénégalais, certaines Sénégalaises valent désormais moins qu’un poulet.

Notre SEIGNEUR, QUI nous a créés à Son Image, ne devrait pas être FIER d’eux. Nous ne LUI sommes surtout pas reconnaissants, si nous nous comportons en baayima.

Il convient donc que d’importantes actions de formation, d’information, de sensibilisation soient menées en direction de nombre de nos compatriotes, dont des politiciens sans foi ni loi exploitent sans état d’âme l’ignorance et la pauvreté.

J’orienterai donc aussi, chaque fois que j’en aurai l’opportunité, mon militantisme vers ces actions qui s’inscrivent toutes, dans le cadre de l’élévation notable du niveau de leur instruction et de leur conscience citoyenne.

Pour conclure, je précise que cette posture, ce changement d’orientation de mon militantisme n’exclut point que, si d’ici en 2024, émerge un homme ou une femme qui incarne les valeurs que j’ai toujours prônées et pour la promotion desquelles je me suis toujours battu, je lui apporte sans réserve mon soutien actif.

Dakar, le 9 mars 2019
Mody Niang

[1] Deux gros bassins électoraux dont nous savons comment il leur a préparé le terrain pour qu’ils y fussent aisément élus, tous les prétendants sérieux ayant été auparavant neutralisés. Nous étions en 2014 et il était déjà dans la mise en œuvre de ses stratégies

Dialogué pourquoi, en quoi, avec qui, dans l’intérêt de qui et en vue de quoi ? ( Par Mandiaye Gaye )

Dialogué pourquoi, en quoi, avec qui, dans l’intérêt de qui et en vue de quoi ?

L’appel au dialogue du président de la République,après la proclamation des résultats définitifs, signifie-t-il qu’il veut un Sénégal où, il n’existe pas d’opposition ? Si c’est tel le cas, alors, c’est simplement, surréaliste de sa part de penser à un tel scénario qui n’existe nulle part au monde.

Il ne faut pas rêver ni être utopique M. le président, nous avons perdu trop de temps dans le passé avec des appels,au contenu imprécis, qui n’en étaient pas réellement, et ainsi avaient fini par n’accoucher rien du tout ce, depuis 19 ans.

En vérité, le problème du Sénégal, c’est son système institutionnel qui est grippé ou sclérosé donc, qui ne répond plus à notre époque et à une véritable démocratie plurielle et participative.

Si le président Macky Sall veut montrer sa bonne foi et prouver aux Sénégalais ses bonnes dispositions et sa ferme volonté de dialoguer en vue de changer les choses en mieux, il doit mettre, sur la table de dialoguela refondationdes institutions de la Républiquedonc, aller au-delà des réformettes.

Ainsi, au lieu de vouloir réinventer la roue, il a, avec les Conclusions des Assises nationales et les Recommandations de la Commission nationale de réformes des institutions, une bonne base et de document de travail de haute facture.

Dans cet ordre d’idée, il faut dire qu’il est temps d’avoir, à présent, une Assemblée nationale représentative avec des députés véritablement élus par le peuple et qui légiféreront au nom et pour lui et non du président de la République et pour lui.

Évidemment, cela qui impose tout naturellement le changement de la constitution actuelle pour la conformer un autre système cohérent et, le mode de l’élection des députés, devra aussi être remanié.

Ce n’est que par cette procédure démocratique et représentative que nous aurons la chance de déboucher sur ce beau et juste slogan : « La Patrie avant le Parti »

S’agissant du concours des anciens présidents, cela me semble superflu et d’aucune utilité, dans la mesure où les deux ont tous échoué et montré leurs limites réelles dans la gestion pays comme leur manque notoire de patriotisme envers la Patrie. Puisque,aussitôt après la fin de leurs mandats, ils ont émigré en France sans états d’âme.

Et tout le contraire de nos autres émigrés qui, de leur pays de résidence, envoient aux parents de quoi vivre et participent au développement du pays. Mais nos émigrés, en col blanc, continuent eux de se la couler douce au pays de Marianne et en outre, aux frais des contribuables sénégalais. Mais au fond quel sens, ces deux anciens présidents du Sénégal donnent-ils au mot, patriotisme ?

En effet, le premier, Abdou Diouf est un partisan du moindre effort, un bras cassé qui, pendant les 20 ans qu’il a dirigé notre pays, n’a fait que du surplace.

Et, c’est grâce à l’appui des Institutions de Breton Wood, de la Bm et du Fmi, qu’il a, bon an, mal an,réussi à gérer et surmonterles crises successives avant d’être remercié par les Sénégalais, en l’an 2000. Et depuis ce jour, il vit maintenant en France sans se soucier des difficultés de son pays.

Et le second, Abdoulaye Wade est un beau parleur, plus théoricien du développement que praticien et développeur de pays en difficulté.

Il a pillé notre pays par un gaspillage effroyable dans des projets d’éléphants blancs ou de folie des grandeurs ; Il se targue même d’avoir fabriqué artificiellement dans le pays des milliardaires, oui, parce que les concernés le sont devenus grâce à lui à partir de rien. Il a, également, introduit ou plutôt fortement accentué la perte des valeurs morales dans le pays.

Et, c’est avec lui, que nous avons connu la promotion des transhumants, de l’enrichissement illicite et une corruption qui a pris des proportions incroyables, comme un partage du gâteau. Et enfin, il a même tenté, sans oser le dire bien entendu, de procéder frauduleusement, à une dévolution monarchique du pouvoir à son fils.

Une tentative qui a, heureusement, lamentablement échoué le 23 juin 2011, et, a même précipité sa chute vertigineuse en février 2012. Cela dit, en quoi, ces deux hommes, qui ont géréà eux deux, pendant 32 ansnotre pays, de la façon que nous connaissons tous, peuvent-ils apporter aux Sénégalais quelque chose de positif et crédible ?

C’est une contradiction pour ne pas dire un non-sens, dans la mesure où notre pays qui, depuis longtemps, cherche à rompre avec ce passé décadent dont les deux font partie des principaux responsables de cette situation.Non, ces deux-là doivent s’estimer heureux de n’avoir pas été traduits en justice pour leur mauvaise gestion de notre pays.

Pour dire vrai, ces deux-là sont plus Français que Sénégalais, c’est nous Sénégalais qui les considérons comme des concitoyens, mais en réalité, ils ne le sont pas de fait. Alors, osons espérer que Macky Sall ne les rejoindra pas après son mandat, pour former les trois mousquetaires sénégalais en France.

Le président Macky Sall à traversson dernier mandat peut non seulement réparer ses erreurs du premier mandat, mais a aussi l’occasion et l’opportunité de marquer positivement son passage à la tête de son pays.

En changeant fusil d’épaule, il peut contre toute attente installer un climat apaisé favorable à l’exercice d’une véritable démocratie qui permettra une saine concurrence entre tous les Sénégalais qui désirent jouir pleinement de la démocratie dans les règles de l’art.

Puisque dorénavant, il n’a plus de concurrents qui lui disputent le pouvoir d’ici cinq ans, car, en 2024, les adversaires seront autres sans lui. Mais malgré tout, il y a ceux qui s’opposent à la politique qu’il mène présentement, ce qui est à juste raison normal.

Aujourd’hui, il a totalement les mains libres sans aucune contrainte pour jouer l’arbitre et préparer le terrain au plan démocratique et institutionnel, pour les autres, comme Jerry Rawlings et Nelson Mandela l’ont fait dans leurs pays respectifs.

En effet, Macky Sall avait été très applaudi, à l’entame de son mandat, lorsqu’en 2012, il avait clairementdéclaré que, c’est la Patrie qui passe avant le Parti.Mais, ce n’était qu’un simple slogan, puisque jusque-là ce vœu n’a pas été concrétisé dans les faits.

Cette nécessité n’est pas encore effective, malheureusement,dans notre pays.Et, cependant, c’est bien cela la règle immuable, dans toute République qui se respecte

Et, comme dit l’adage, il n’est jamais trop tard pour bien faire. Mais, si l’intention est bien louable, cependant cela ne suffit pas, si elle n’est pas suivie d’actes pour la concrétiser.

Oui, parce que les politiciens, au Sénégal, ont habitué les Sénégalais à des promesses démagogiques qu’ils oublient, dès qu’ils s’installent confortablement au pouvoir. C’est ce qui nous vaut d’ailleurs l’expression bien connue maintenant, « bu feke man ma ko waxoon kon nag waxeet » de Me Wade pour se dédire de ses nombreuses promesses.

Lui-même Macky Sall nous a joué le coup avec sa fameuse décision de réduire son mandat de 7 ans à 5 ans si toutefois, il était élu ou bien encore, son adhésion aux conclusions des Assises nationales. Tout cela pour dire que l’intention ne vaut pas toujours l’action. En tout cas, tous les appels au dialogue lancés jusque-là par les présidents Abdoulaye Wade comme Macky Sall sont restés lettre morte.

Par conséquent, que l’opposition se le tienne pour dit, en attendant d’avoirdes faits concrets. Cela dit,par principe,il n’est pas indiqué, pour l’opposition, de rejeter d’office l’appel au dialogue du président avant même d’avoir pris connaissance de son contenu, de son format et de ses termes de référence.

Certes, c’est vrai, que chat échaudé craint l’eau froide, mais malgré tout, il faut que les Sénégalais se parlentet se concertent autour des questions essentielles qui concernent le pays, comme par exemple sur son système archaïque actuel et, pour l’intérêt exclusif du peuple sénégalais.

Dakar, le 7mars 2019

Mandiaye Gaye

Mandiaye15@gmail.com

Naissance au forceps d’une victoire conçue in vitro (Amadou Tidiane Wone)


« En politique, rien n’arrive par hasard. Chaque fois qu’un événement survient, on peut être certain qu’il était prévu pour se dérouler ainsi. »

Franklin ROOSEVELT Ancien Président des États-Unis

L’enfant est né : il s’appelle Victoire 2019. Sa venue a été préparée durant un septennat qui était promis par le chirurgien en chef à un quinquennat. Les prémisses des difficultés prénatales de Victoire s’amoncelaient déjà. Mais n’en parlons plus. La page est tournée.

Revenons à la naissance de Victoire 2019. La délivrance est survenue le 24 février. Douloureusement. Et c’est pour cela que le cœur n’est pas à la fête. L’heure est plutôt à panser les plaies béantes laissées par les bistouris des spécialistes en chirurgie constitutionnelle et en transferts rapides d’argent et… d’électeurs… Dans ce contexte, il vaut mieux garder son self control et sa… bonne humeur, malgré l’ambiance traumatique post opératoire.

Car, et il faut le dire franchement, il y a eu des manipulations maladroites durant la gestation de Victoire. Mais aussi des manœuvres, parfois d’une navrante grossièreté. L’enfant Victoire 2019 est en conséquence, sujet à des tares congénitales et à certaines malformations…électorales. Le baptême a donc été « suspendu » et les festivités renvoyées à plus tard.

Et c’est pour cette raison que le fait de ne déposer aucun recours est, au final, la meilleure décision prise par l’opposition depuis fort longtemps. Elle perturbe le plan initial conçu par le pouvoir, axé dans la perspective de l’adversité et de la violence.

Ce cas de figure inattendu, de calme plat, force les chars de combats au repos. Il n’y a rien de plus inutile qu’un char de combat…au repos. Et les grenades lacrymogènes qui ne font couler aucune larme perdant du coup leur vocation …Bien joué !

Cela dit, ils doivent être bien ennuyés aussi les Juges du Conseil Constitutionnel ! Privés de recours ! En chômage technique ! Privés des lumières et des spots de l’actualité. Condamnés à rester coi et à confirmer les résultats lus, péniblement, par le Juge Kandji qui aura, tout de même eu son moment de gloire, ses minutes d’exclusivité cathodique.

Et vlan ! Les sept Sages paient, au prix fort, la perte de confiance consécutive à leur partialité manifeste dans la conduite des opérations du parrainage, suite à une loi votée dans les conditions que l’on sait, par une Assemblée Nationale dont la configuration n’est plus d’époque.

Retournons au bloc…pardon…au mode opératoire…

On aurait pu s’attendre à du raffinement dans la mise en œuvre des opérations du processus électoral. Même si le chirurgien en chef est un géologue … Car la gestation avait été minutieusement suivie par des experts en la matière depuis que la décision de poursuivre le mandat de 5 à 7 ans avait été actée. Toutes les dispositions, conventionnelles et surtout non conventionnelles, avaient été prises pour assurer une délivrance sans encombre au soir du 24 février. Les violences verbales et physiques auraient pu être évitées.

Les pertes en vies humaines aussi. Les forces de régulation sociale n’ont eu de cesse pourtant d’appeler à la raison. Inaudibles dans la furie électorale des acteurs politiques. Le peuple sénégalais a, quant à lui, fait la démonstration de sa maturité et de son avance sur la classe politique qui peine à le mériter.

Il a voté et, semble t- il, jeté une gêne inexprimable dans le landerneau politique. Ceux qui ont gagné comme ceux qui ont perdu sont perplexes, hagards, désorientés par le vote si subtil des sénégalais. Et ceux-ci vaquent à leurs occupations. Sans se retourner. Méfions-nous quand même de l’eau qui dort…

Retournons au bloc cette fois-ci, car il faut surveiller le nouveau-né, ses premiers jours, ses premiers pas… Il va falloir, en effet, tâter régulièrement le pouls de Victoire 2019 pour sonder ses chances de survie ou de handicap sérieux. Deviendra-t-il au bout de cinq ans un mandat vigoureux qui fera la fierté de ses géniteurs ou sera-t-il cet attardé définitif dont personne ne revendiquera jamais la paternité ? Time will tell…

Sortons de la parabole…

Le Président Macky Sall saura t-il lire correctement les résultats du 24 février 2019 ? Saura t-il les interpréter comme il se doit et en tirer toutes les conséquences ? Saura t- il et voudra t-il corriger les malformations congénitales de Victoire 2019 par des interventions chirurgicales urgentes ? Au besoin par des amputations si nécessaires ?

A lui de jauger, de juger, et de décider ! Nos félicitations resteront suspendues au succès des premières interventions qui annonceront une rémission certaine du corps de la mère, le Sénégal, fortement éprouvé depuis sept ans…Il faut que cela change !

Quant à l’opposition, elle aura joué le jeu démocratique jusqu’au bout. Plus que de raison, pensent certains. L’urgence est à l’évaluation des erreurs commises, ainsi qu’à la mise en route d’une nouvelle stratégie pour les échéances à venir. Analyser en profondeur les points « gagnants » du Président Macky Sall et les neutraliser pour les élections législatives et locales à venir. Pour cela une analyse fine des résultats, tenant en compte les impacts du PUDC, du PUMA, de la DER, des bourses familiales, de la CMU et des transferts d’électeurs, ainsi que de l’activisme souterrain d’un nouveau type de « chefs religieux », en plus du cas des deux K : khalifa Sall et Karim Wade très tôt neutralisés, devrait donner une certaine lecture des résultats du 24 février 2019. De plus, implanter des leaders locaux forts, dotés de moyens logistiques conséquents, est un impératif pour qui veut gagner au niveau national.

Enfin, la pauvreté est telle dans les zones périphériques que le mot WARI qui signifie en pulaar « a tué » a fait des ravages…si l’on y ajoute joni-joni, l’autre opérateur de transfert rapide d’argent, et qui veut dire « immédiatement », on voit le résultat : A WARI JONI JONI…imparable ! Sauf que, maintenir la cadence pendant cinq ans est impossible !

Amadou Tidiane Wone

« Le rôle du Ministère de l’Intérieur et des maires fraudeurs dans le hold-up électoral du siècle » (Par Seybani SOUGOU)

Dans une contribution intitulée « Cartes d’électeurs : La responsabilité pénale du Directeur de la DAF et des Maires fraudeurs » transmise aux médias le 11 novembre 2018, j’alertais (documents à l’appui) nos concitoyens sur le fait, qu’à la page 35 du rapport de la MAFE, les experts de l’Union européenne attiraient l’attention sur le risque de fraude massive aux élections de 2019 en ces termes « dans plusieurs localités, des certificats de complaisance ont été délivrés frauduleusement par des maires afin d’opérer des transferts d’électeurs fictifs dans leurs circonscriptions ».

La MAFE insistait notamment sur « la production massive de faux extraits de naissance, de nature à influencer les élections locales de 2019, et par ricochet les présidentielles ».

Résultats comparés de scrutins : baisse de l’électorat du PUR par rapport à 2017Sélectionné pour vous :
Résultats comparés de scrutins : baisse de l’électorat du PUR par rapport à 2017

Dans l’émission, le Jury du dimanche du 03 mars 2019, le porte-parole de la CENA, Issa SALL souligne son incapacité d’expliquer le gonflement inédit de l’électorat de certaines localités, avant de faire une révélation de taille :

A GOUDIRY (Tambacounda), 7000 faux extraits de naissance ont été produits (la justice saisie est restée muette). Pourquoi la CENA a-t-elle attendu la fin du scrutin pour informer la presse de telles pratiques frauduleuses, d’une extrême gravité ?

Il existe plus de 550 communes au Sénégal : il suffit juste de produire, 7000 faux extraits de naissance, dans 50 communes pour obtenir 350 000 électeurs (en avance), avec le concours de la DAF, chargée d’éditer les cartes d’électeurs.

Si le scrutin du 24 février n’a pas encore livré tous ses secrets en termes de fraude industrielle, une chose est certaine : le hold-up du siècle a été rendu possible grâce à la complicité active du Ministère de l’Intérieur (DGE et DAF), de plusieurs maires fraudeurs, et l’incroyable passivité de la CENA (exclue quasiment de tout).

NB: le jour du scrutin (24 février 2019), le ministre de l’Intérieur a diffusé 2 notes illégales, en violation totale des dispositions prévues par le code électoral.

Inutile de vous dire que des localités comme Matam, Fatick, et d’autres localités rurales en ont profité pour faire du grand n’importe quoi. Vous avez dit 58,27%? On a envie de rire sous cape!

Cordialement

Seybani SOUGOU

Macky Sall gagnant, le Sénégal perdant ( Par Fary Ndao )

La messe est dite. La Commission nationale de recensement des votes (CNRV) s’est prononcée et le président sortant, Macky Sall, a gagné l’élection présidentielle du 24 février dernier 2019, avec 58 % des votes.

Idrissa Seck, dans un dernier baroud d’honneur marqué par un programme de qualité et son talentueux lieutenant, le Dr Abdourahmane Diouf, arrive deuxième avec 20 % des suffrages exprimés.

Ousmane Sonko, véritable révélation de cette élection, porté par un vote jeune, obtient un score de 15 % qui le positionne désormais comme une figure incontournable de la scène politique sénégalaise. Issa Sall et Madické Niang terminent respectivement avec 4 % et 2 %.

Macky Sall a donc gagné mais j’estime que le Sénégal a perdu car jamais ses élites, politiques, médiatiques et intellectuelles, n’ont été aussi peu à la hauteur de l’enjeu.

Des élites toxiques et arrogantes

J’avertissais, il y a de cela quelques semaines sur la mauvaise foi des intellectuels et activistes sénégalais. Avalant tout ce qui est dit par leurs leaders ou alliés du moment, applaudissant ici la réception d’ouvrages inachevés, gobant là bas tout ce qui est raconté sur le pétrole et le gaz, ces intellectuels et activistes, d’un camp ou de l’autre, sont dangereux. Ils sont dangereux car ils ont les moyens sémantiques et dialectiques de justifier leur mauvaise foi face aux faits implacables.

Ils sont dangereux car dans un espace virtuel où des adultes de 50 ans côtoient des adolescents de 14 ans, ils radicalisent indirectement d’autres personnes, souvent plus jeunes et influençables, qui leur donnent du crédit, eux qui ont une dimension, surfaite ou réelle, de personnages publics.

Nous avons à nouveau observé, et avec effroi pour ma part, l’hystérie qui s’est emparée de ces hommes et de ces femmes qui se croient, qui se décrètent, qui se labellisent plus patriotes et plus sénégalais que les autres.

Sans jamais apporter la moindre preuve d’une fraude électorale de masse, relevant à juste titre des dysfonctionnements tout à fait inacceptables dans une Démocratie mais n’ayant aucune influence statistique décisive sur l’expression globale du vote, ces « réclameurs » de second tour ont insulté et dénigré toutes les personnes qui faisaient un travail de compilation objective ou demandaient tout simplement que le décompte se poursuive dans la sérénité.

Apparemment, dans notre pays où l’inversion de la charge de la preuve est devenue la norme, appeler à la retenue ou faire de simples opérations de compilation mathématique sur la base de documents officiels serait un acte de trahison à la nation dans l’esprit de ces individus.

Mais pourquoi faire des élections si on crie à la fraude dès que le résultat ne va pas dans le sens que l’on aurait souhaité ?

Soulignons également l’attitude de certains journalistes et représentants de la Société civile qui ne laisse désormais plus de doute sur leurs positions politiques.

Il vaut mieux pour tous qu’ils se délestent de leurs manteaux professionnels qui requièrent d’eux une neutralité théorique et qu’ils s’engagent ouvertement dans l’arène politique partisane. Espérons qu’ils s’efforceront, une fois qu’ils y seront, de développer un esprit rationnel qui respecte au moins les faits.

Les raisons d’une réélection programmée

Macky Sall a été réélu démocratiquement, avec une participation massive des Sénégalais (66% de participation) dans un scrutin dont l’expression globale a été respectée grâce à un système rodé de décompte de votes où tous les candidats sont représentés à tous les niveaux.

Que celui qui n’en est pas convaincu compile les procès verbaux des 15000 bureaux de vote du pays et qu’il vienne ensuite nous dire s’il trouve des résultats sensiblement différents de ceux la Commission nationale de recensement des votes (CNRV) et de ses démembrements départementaux qui ont déjà fait ce travail et qui nous ont permis, par le passé, de faire partir Abdou Diouf et Abdoulaye Wade.

Macky Sall a été réélu mais ma conviction, et je m’en étais ouvert à des amis il y a plusieurs semaines déjà, c’est que ce scrutin était joué d’avance. Macky Sall et son camp ont créé les conditions d’une réélection au premier tour grâce à cinq éléments :

Le premier est son bilan dans le monde rural porté par la construction/réfection de routes nationales et départementales qui améliorent sensiblement la mobilité de nos compatriotes de l’interland longtemps isolés du reste du pays, mais aussi par des programmes à réel impact socio-économique comme le PUDC, l’accès à l’eau potable et la modernisation du matériel agricole.

D’autres mesures plus clientélistes comme les bourses familiales, l’achat de voitures aux chefs de villages ou les projets de modernisation des villes religieuses ont également pesé dans la balance. Nos compatriotes du monde rural l’ont plébiscité pour cela aussi.

Il faut respecter cette amélioration de leur quotidien, même s’ils vivent encore dans un dénuement immense, ou le fait que leur « ville sainte » soit plus jolie ou mieux aménagée à leurs yeux. Tous les Sénégalais n’ont pas les mêmes problèmes ni les mêmes référentiels de valeurs. Il faut aussi respecter cela.

Le second élément est le parrainage populaire, modification unilatérale du processus électoral, voté sans débat à l’Assemblée nationale, mis en œuvre de manière chaotique et enfantine (« premier arrivé, premier servi »).

Ce parrainage a écarté des candidats qui, cumulés, auraient pu grignoter au Président sortant quelques centaines de milliers de voix. Je pense notamment à Malick Gackou, Hadjibou Soumaré, Abdoul Mbaye, Aida Mbodji, Pape Diop.

Le troisième élément est l’emprisonnement d’opposants politiques comme Khalifa Sall et Karim Meïssa Wade sur la base de faits certes implacables mais surtout d’une justice sélective qui ferme les yeux sur les rapports accablants épinglant la gestion sulfureuse de nos deniers publics par les partisans du parti au pouvoir.

En écartant ces deux candidats du Mankkoo Taxawu Sénégal et du Parti Démocratique Sénégalais, presque un million d’électeurs lors des législatives de 2017 sont devenus orphelins.

Sans ses chefs, cet électorat groggy et déboussolé s’est dispersé et une partie, celle « détenue » par des gens comme Moussa Sy (Dakar), Ahmed Fall Braya (Saint-Louis), a rejoint Macky Sall.

A cela, il faut rajouter les députés transfuges comme Modou Diagne Fada, Aissata Tall Sall, Abdoulaye Baldé et la dispersion/abstention des électeurs du PDS suite à l’appel au boycott de Me Wade.

Le quatrième élément est la distribution massive d’argent public dans les zones urbaines (Dakar, Guédiawaye, Pikine, Rufisque).

Captée sur des vidéos durant cette campagne, vécue au quotidien par ceux qui vivent ou se rendent dans ces quartiers populaires, la distribution d’argent est une technique récurrente du parti au pouvoir dans des zones urbaines où la vie chère et les besoins de représentation sociale connaissent une inflation sans cesse grandissante.

Appelés « financements » dans le jargon politique, ils servent à faire bouillir la marmite à la maison, à soigner les malades, à assurer les « ndawtal » et autres « teranga ».

Quand un jeune couple de trentenaires, parents d’une petite fille paie 20 000 FCFA de location mensuelle pour son petit studio à Thiaroye Gare et qu’un baron politique local bénéficiant de fonds politiques lui verse régulièrement 40 000 ou 50 000 FCFA, comment s’étonner qu’il vote pour son bienfaiteur ?

Ce sont des choses réelles, dures à accepter mais qui sont là et qui expliquent les scores solides de Macky Sall dans des zones urbaines insalubres et pauvres. Comment le combattre ? Je ne sais pas. Je suis impuissant devant cela.

Le cinquième et dernier élément est l’histoire individuelle de Macky Sall. Hal pulaar né et élevé chez les sereer, Macky Sall dispose d’un atout quasi unique sur la scène politique nationale : il est vu comme un membre à part entière des deuxième et troisième groupes démographiques les plus importants du pays.

Si à cet atout naturel, il ajoute 7 ans de ralliements sincères ou opportunistes de leaders politiques autochtones de ces zones, comment s’étonner qu’il fasse des scores de 75, 80 ou 90 % en pays sereer et en pays pulaar.

Quand on voit que le « nouveau venu » Ousmane Sonko fait 53 % dans le département Ziguinchor et bénéficie lui aussi d’un vote régionaliste qui a également sanctionné des propos stigmatisants envers les habitants de la région naturelle de Casamance, les scores de Macky Sall dans ses fiefs sont logiques.

Notre pays n’a pas encore achevé son processus de « sécularisation sociale » et reste largement traversé par des logiques claniques et régionalistes.

Avec son bilan rural, son parrainage sur mesure, ses prisonniers triés sur le volet, la distribution d’argent en zone urbaine pauvre et sa double culture qui fait de lui l’enfant de deux bassins électoraux, Macky Sall devait juste faire une campagne solide pour remporter démocratiquement une victoire qu’il avait bâtie de manière froide, brutale et méthodique, aidé par le capharnaüm autour des cartes d’électeurs qui a empêché des dizaines de milliers de personnes de voter (mauvaise saisie des données, changement de bureau de vote etc.).

Accepter d’aller à ces élections, c’était accepter de faire face à un mastodonte qui allait valider démocratiquement et au 1er tour un processus électoral géré de manière inélégante, cavalière et, j’insiste, brutale. « Nous avons joué, nous avons perdu » m’a dit une amie sonnée par la défaite. Je le pense aussi.

Nous avons des élites toxiques et intolérantes, j’en suis désormais convaincu. Des élites symbolisées par les intellectuels, activistes et hommes de médias que je citais plus haut. Des élites qui préfèrent l’invective à l’analyse. L’injonction à la compréhension.

La colère à l’empathie. L’arrogance au respect de l’autre. Des élites toxiques qui ont aidé le Président réélu à vicier le processus électoral en amont du vote. Des élites toxiques qui réclamaient urbi et orbi un second tour sans jamais nous dire pourquoi de manière rationnelle.

Des élites qui, lors de ce scrutin qui était parti pour être calme, ont trouvé du grain à moudre avec les sorties hasardeuses et prématurées d’Idrissa Seck, d’Ousmane Sonko et de Mahammed Boun Abdallah Dionne, avec pour ce dernier, la complicité de la télévision publique.

Ces acteurs de premier plan, alors que le dépouillement était en cours, devaient tous prendre de la hauteur en tant que parties prenantes à ce scrutin et en tant qu’hommes d’Etat.

Enfin, tous les militants et électeurs rationnels, républicains, sachant concéder une part de vérité aux autres et surtout respectant le choix de leurs compatriotes Sénégalais, quels qu’ils soient, devront tirer des leçons de ce qui s’est passé dans notre pays depuis 7 ans et à l’occasion de ce scrutin.

Ils devront bâtir une offre politique sérieuse, de fond, lucide, riches en propositions concrètes et respectant toutes les sensibilités du pays. Sinon dans 5 ans, nous n’aurons encore que nos yeux pour pleurer.

Fary Ndao

Dernier mandat de Macky Sall : un quinquennat inédit de trois ans

Monsieur le Président de la République, dans sa majorité, le peuple sénégalais vous a réélu pour un second et dernier mandat de cinq ans.

In concreto, vous effectuerez un quinquennat de… trois ans. Indubitablement, à mi-mandat entre 2022 et 2023, dans votre camp, tout comme dans celui de l’opposition, la lutte pour votre succession sera à la fois débridée, prématurée et vive.

Amis, alliés, obligés, affidés et adversaires seront-ils dans le présent que vous vivrez déjà au passé ? Prépareront-ils le futur proche que où vous n’aurez plus d’avenir ? Échafauderont-ils des schémas tels que vous sortirez de leur plan ?

Naguère maître du jeu politique, vous n’en serez plus qu’un arbitre électoral
En résumé, votre apogée électorale pourra également s’avérer votre déclin politique.

Ce sera alors le début de la fin et la fin du début. En vérité, vous aurez l’illusion du pouvoir, la réalité du pouvoir leur reviendra.

Au demeurant, vous serez le premier chef d’État à organiser une présidentielle sans y être candidat, électeur vous ne serez plus éligible.

Naguère maître du jeu politique, vous n’en serez plus qu’un arbitre électoral.

De la posture enviée d’acteur de premier plan, vous passerez simple spectateur. Premier président dont la fin d’exercice sera officiellement connue de tous, théoriquement le 1er avril 2024, vous serez, en outre, le premier homme politique à quitter le pouvoir sans défaite électorale.

Léopold Sédar Senghor a transmis le pouvoir à Abdou Diouf par une fine broderie constitutionnelle. Abdou Diouf et Abdoulaye Wade ont été défaits par la voie des urnes.

Enfin, premier à organiser des élections législatives à quelques mois de la fin de votre dernier mandat ; paradoxalement, c’est à ce moment que commencera votre déclin progressif.

Seul en plein marché électoral

Monsieur le Président de la République, le schéma institutionnel et politique qui se présente au lendemain de votre réélection est inédit à tout point de vue.

Reconduit pour un second et dernier mandat de cinq ans, vous vivrez immanquablement ce qu’on appelle en droit constitutionnel et en science politique, le « syndrome du canard boiteux ». The lame duck period.

Les ambitions y seront fortes, tenaces et légitimes. Dans votre camp, il y aura forcément plusieurs camps

Cette expression anglo-saxonne signifie qu’avant le terme définitif de ce dernier mandat, vous serez un président désincarné et affaibli. Par la force des choses démocratiques, vous serez dramatiquement seul en plein marché électoral.

Dès potron-minet, c’est votre coalition qui préfacera votre départ avant l’heure. Les ambitions y seront fortes, tenaces et légitimes. Dans votre camp, il y aura forcément plusieurs camps. L’opposition actera le crépuscule de ce magistère en ne faisant plus de vous son centre d’intérêt. Plutôt que de chercher à vous abattre, elle convoitera votre place.

Les parlementaires quitteront la Chambre d’applaudissements pour entrer dans celle des positionnements. Les maires ne vous seront plus affidés, ils iront plutôt s’affilier aux candidats à la présidentielle.

Les médias d’ici et d’ailleurs ne s’intéresseront à vous que pour connaître votre choix intime sur les probables présidentiables. Parce que d’abord, une élection présidentielle se prépare deux ou trois ans à l’avance, les logiques politiques et médiatiques hâteront votre fin de règne.

Parce qu’ensuite n’ayant plus d’avenir, vous serez un homme du passé. Parce qu’enfin, l’ouverture de la pré-campagne présidentielle coïncide avec le temps des législatives prévues pour 2022, un choix cornélien se présentera à vous.

Tremblement de terre institutionnel

Sous ce rapport, il y aura deux cas : soit le peuple vous accorde une majorité parlementaire alors que vous êtes presqu’au bout de votre mandat, – une manière de vous rendre hommage – soit il donne sa confiance à l’opposition pour préparer l’avenir et, dans ce cas, nous serons en présence d’une cohabitation politique.

L’arrivée d’une nouvelle majorité parlementaire hostile à votre politique entraînera un désaccord inédit au sein de l’exécutif.

Il y aura une crise de légitimité : une coexistence de deux légitimités concurrentes

Alors que toutes les forces devront se rassembler pour relever les grands défis du Plan Sénégal Emergent 2, elles se défieront et se neutraliseront comme en toute période de cohabitation.

Dans ce cas de figure, l’harmonie entre les majorités ne sera plus la norme. Il y aura une crise de légitimité : un conflit entre le législatif et l’exécutif, une coexistence de deux légitimités concurrentes.

C’est à ce niveau que s’ouvrira l’outre aux vents : allez donc demander à un Premier ministre issu d’une liste opposée à la politique du chef de l’État de conduire une politique qu’il dénonce !

Résultat : il y aurait un désaccord inédit entre les deux têtes de l’État. L’exemple le plus achevé de la dyarchie et de l’anarchie au sommet de l’État. Fatalement, ce sera un tremblement de terre institutionnel. Une crise sans précédent au Sénégal ?

À Dieu ne plaise !

Monsieur le Président de la République, à mi-mandat, à l’image de Yayi Boni, Elen Johnson Sirleaf, ou encore François Hollande, Georges Bush et Barack Obama, vous assisterez à la diminution graduelle de votre influence politique et institutionnelle.

Toute l’attention des observateurs et commentateurs de la vie politique sera rivée sur une pré-campagne sans précédent, pleine de rebondissements et de reniements.

Palais déserté

Vos Premiers ministres, vos grands ministres à fort potentiel électoral, vos ambitieux directeurs généraux, les commandants en chef et lieutenants de la coalition présidentielle voudront, à juste raison, s’émanciper. C’est ainsi qu’à mi-mandat,

les intentions présidentielles naîtront au grand jour. Les alliances et les mésalliances domineront l’actualité. La plupart des alliés et obligés partiront avant terme. Les petits meurtres entre amis et les grandes trahisons entre copains feront les choux gras de la presse.

Votre palais sera déserté. La fin de votre magistère se limitera à une sorte de figuration.
Ainsi donc vous fermerez la page la plus héroïque, la plus palpitante et la plus noble de votre vie publique. Vous confesserez quelques regrets et pleurerez en secret le mépris d’un bilan par endroits élogieux et controversé ailleurs. Le déclin sera pour vous une épreuve de vérité.

À votre couchant, vous n’aurez plus grand monde autour de vous. Jeune retraité de la vie politique, à 62 berges, sans avenir, l’histoire retiendra que n’étant pas fait pour des défaites électorales, le temps politique vous a défait. Une seule interrogation kantienne : resterez-vous indifférent à qui vous succédera ?

Présidentielle 2019: un recul démocratique dangereux


Depuis l’an 2000, presque vingt ( 20 ) bonnes années, le peuple sénégalais avait fait table rase sur beaucoup d’imbroglios électoraux.

Cet historique Code Electoral où le Chef d’Etat d’alors, jurait et refusait de ne point y changer une virgule, avait placé le Sénégal à l’avant-poste des pays, vitrines d’une digne démocratie.

Si, après avoir injecté l’agressive somme de Cinquante-deux ( 52 ) Milliards de nos francs, pour la confection de cartes biométriques d’électeurs, nous en sommes encore à des difficultés d’obtention du fameux sésame, c’est parce que notre Administration manque totalement de sérieux. Idem, ceux qui sont chargés de la coacher.

Rien n’est plus navrant , d’avoir rempli son devoir-citoyen avec le même document aux législatives 2017, et, deux ans après ( Présidentielle 2019 ), d’apprendre dans les mêmes centre et bureau de vote << Vous ne figurez pas dans le fichier >>. Dans quel pays sommes-nous ?

Plus inquiètant, c’est dans ces communes où la démographie accuse d’une augmentation de 20 à 30 % en deux années d’intervalle.

Nous avons entregistré aujourd’hui, des villages dans l’intérieur du Sénégal avec plus de Soixante Mille ( 60. 000 ) électeurs. Dépassant le nombre d’habitants de certaines grandes villes du terroir. Par exemple :

Dans cette localité dénommée KANEL, au nord du pays et où l’on compte onze Mille ( 11.000 ) habitants, il a été mentionné dans un Procès-verbal de vote Soixante et Un Mille( 61. 000 ) voix au bénéfice d’un candidat…. Suivez mon regard !

Il faut savoir raison garder, si nous voulons nous enorgueillir de cette fabuleuse réputation républicaine d’un grand pays d’une démocartie enviée. Nous votons depuis le 19ième siècle.

Le virus Machiaveliste s’est introduit dans les glandes de nos hommes politiques de tout bord. Tout est bon pour conserver son pouvoir, mais également, rien ne serait mauvais afin de conquèrir ce gâteau de tous les appétits. Et dans tout cela, remarquons-nous, seuls le peuple et ses citoyens plus qu’ordinaires en sont les victimes et en souffrent de génération en génération.

Vraiment, ce que nous avons vécu depuis le dimanche 24 Février 2019, après avoir jeté nos bulletins de vote dans les urnes, n’augure en rien des lendemains meilleurs.

Cette valse de chiffres et cette guerre de pourcentages que nous affuble la classe politique confondue, n’ont pas leur place chez nous, et ne doivent en aucun cas, épingler au tableau des actes emblèmatiques d’une nation comme la nôtre.

Nos hommes politiques, notre justice et tout autre porteur de voix ( religieux et coutumiers ), à vous de nous libérer, pour que le Sénégal ne bascule pas dans une violence de confiscation du pouvoir ou d’insurrection.

Elhadj Yvon Mbaye
Journaliste-formateur
tel : 77 179 19 38
E-mail : olympress45@yahoo.fr

Au nom de la Patrie ! Par Ndao Badou le Médiateur


L’Histoire est un concentré d’opportunités que des hommes ont pu appréhender et saisir. Les hommes qui ont fait l’Histoire ont été exposés à prendre des décisions majeures qui ont changé le cours des choses.

Dans notre pays, le temps est aux sacrifices personnels. Le Sénégal est à la croisée des chemins avec cette élection qui est un tournant majeur, un virage qu’on ne doit pas rater sous aucun prétexte sous peine de tomber dans un précipice dont nous mettrons beaucoup de temps à sortir ou d’où nous ne sortirons jamais.

Il est des moments, au nom de l’intérêt majeur que les ego s’effacent pour laisser place à l’essentiel..
On en est là.

La majorité des Sénégalais, principalement les jeunes qu’aucune politique de développement n’a pris en charge pendant le septennat de ce régime politicien sans autre vision que la politique et le maintien au pouvoir, aspire au changement qualitatif des hommes et des choses.

Les pères et mères de familles sont désabusés par l’avenir sans perspectives de leurs enfants et les patriotes sont blessés dans leur orgueil par la désinvolture d’un homme et de son clan qui n’ont aucune limite dans la prédation, l’arrogance et le népotisme.

L’élection de 2019 appelle à la prise de responsabilité pleine dans nos choix et nos décisions en cela qu’elle va déterminer à jamais le chemin que notre pays va prendre. Rien ne pourra plus être comme avant, sinon, si les choses sont laissées en l’état, nous allons droit vers le mur. C’est certain.

C’est pourquoi, au nom de l’intérêt majeur qui doit nous unir devant le péril de notre avenir, il est du devoir de chacun, surtout de ceux qui aspirent à nous diriger de se donner et de saisir la chance d’entrer dans l’Histoire.

Aujourd’hui, one seule alternative s’offre à nous pour changer les choses. C’est l’Union Sacrée pour sauver le Sénégal, notre pays, notre Patrie.

Deux candidats ont entre leurs mains, les espoirs des jeunes, vieux et de tous les Sénégalais qui aiment leur pays. Il s’agit de Ousmane Sonko et de Idrissa Seck.

Ces deux hommes sont les espoirs de millions de jeunes, d’hommes et de femmes qui ont en commun de vouloir le changement et un autre Sénégal où la Justice, la bonne gouvernance et le développement seront au cœur des priorités. Ces deux hommes sont pris dans les espoirs du peuple du changement.

Ils doivent en avoir conscience et prendre conscience qu’ils sont responsables devant l’histoire si le pouvoir échappe au peuple du changement. Ils seront fautifs et l’Histoire ne le leur pardonnera jamais s’ils ne font pas taire leurs propres ambitions devant la priorité majeure.

Au peuple du changement, jeunes et vieux, mères et pères, vous avez aussi l’impératif de l’essentiel.

Taisez vos différences pour aller à l’essentiel, au vouloir commun qui est de dégager ce régime dangereux qui a mis la Nation Sénégalaise au bord de l’implosion et qui a toujours agi contre les intérêts du Sénégal et des Sénégalais. Ne soyez pas les complices de la forfaiture en restant divisés.

Donc, à l’heure où on est, nous sommes face à une seule urgence, faire tomber le régime de Macky Sall et de son clan. Pour cela, une seule et unique solution : S’UNIR.

Que Ousmane Sonko et Idrissa s’unissent ici et maintenant et dès le 1 er tour, cette élection sera pliée par cette masse de jeunes et de Sénégalais de tous âges qui ne veulent qu’une chose : le changement.
Que Ousmane Sonko le Patriote. Le jeune qui a tout son avenir devant lui. Qui a le pouvoir à portée de mains, au nom de l’intérêt majeur du Sénégal et pour ne prendre aucun risque, rejoigne Idrissa Seck avec ses Patriotes, ces jeunes qui aiment leur pays pour une victoire nette et sans bavure du peuple du changement dès le 1 er tour pour ne donner aucune chance à Macky Sall et son clan. Et pour que Ousmane rejoigne. Aucun critère que le droit d’ainesse.

Que Issa Sall en fasse de même avec ses jeunes à la discipline légendaire.

Que Madické fasse retrouver sa famille politique autour de l’essentiel.

Au nom de la Patrie. Au nom de l’unique urgence. Au nom de l’intérêt majeur du Sénégal, notre Sénégal, taisez vos ambitions et mettez – au service de l’Avenir du Sénégal..
N’attendez pas un 1 er tour plein d’incertitudes pour vous unir, faites – le ici et maintenant.
Unis ! Nous vaincrons.

De l’anarchie dans les mosquées : le cas des appels à la prière (nodd)

Tout ce que nous faisons comme remarque voire critique se veut constructif comme nous y invite le hadith authentique: « La religion, c’est le bon conseil… »

Ce hadith indique bien qu’il existe en islam des possibilités de discussion sur tout ce qui concerne la vie de la communauté à travers la notion coranique de « Choura » (concertation) et dans ce cadre, le verset dit : « Et ils discutent de leurs affaires ».

Avant de revenir sur le fond relativement aux pratiques dominantes en matière d’appel dans les mosquées du Sénégal, il est important de rappeler que dans le culte musulman, la connaissance précède l’intention qui, elle, se traduit après par l’action prescrite.

Pour dire qu’il n’est pas question de justifier le désordre par la bonne intention supposée (« ils veulent bien faire ») ni par la fameuse expression (« c’est ce qu’on a trouvé ici »).

En d’autres termes, il s’agit, comme le dit le traité de Fiqh relatif aux règles des pratiques cultuelles très connu au Sénégal « Lakhdari », de savoir qu’il est obligatoire pour le majeur (moukallaf), de connaitre le jugement de la Loi de Dieu avant d’initier une quelconque action cultuelle.

Cela étant dit, voilà des constats clés sur cette question :

Si on prend le cas de l’heure de prière du fajar (matin), elle se fait actuellement vers 06h30. A noter que pour des mosquées éloignées de quelques dizaines de mètres, ce ne sont pas les mêmes heures !!!

Il se trouve qu’on entend des appels pour certaines mosquées dès 04h 30 mn voir 04h du matin. Puis, c’est une succession d’appels selon une fréquence dont bien malin qui pourra comprendre la justification, jusqu’au « salatou » (appel qui annonce la prière de deux rakkas de fajr).

Question : sur quoi se base le muezzin qui fait l’appel à 04h 30 mn, c’est-à-dire, 02h 30 mn avant le « salatou » ? Et la question corollaire est : « sur quoi se basent les muezzins des autres mosquées qui font l’appel plus tard ? »

Pour certaines mosquées, on entend des appels presque toutes les 15 minutes. Sur quelle base ?
Aussi, vu que pour des mosquées situées à des dizaines de mètres de distance des fois, les horaires de prières sont différents, le résultat est qu’on se retrouve avec des appels qui se succèdent et interfèrent dans un vacarme assourdissant.

Tout cela sur quelle base, quels sont les versets, les hadiths, les avis de l’école malékite qui autorisent ce qui est bel et bien de l’anarchie ?

De plus, la sonorisation mal maîtrisée fait que pour certaines maisons où sont dirigés des haut-parleurs, on sursaute à la résonance de l’appel mal fait avec un micro qui grince.

Puis, dans la plupart des mosquées, la prière est suivie d’une pratique qui « oblige » à éteindre les lampes et à utiliser le micro pour au moins 45 min !!!

Voilà quelques facettes de l’anarchie dont j’ai parlé dans mon post Facebook d’il y a quelques jours.

Aucune base sérieuse à ces appels désordonnés, aucun respect au droit au repos et au sommeil, qu’on soit musulman ou non.

Il est clair que tout musulman instruit et tout esprit raisonnable sera d’accord pour dire qu’il urge pour l’image de l’islam et la quiétude dans nos quartiers, de remédier à cette anarchie.

Cependant, il reste entendu que les « chants religieux » sont concernés par cette nécessaire réglementation.

J’invite à cette fin, les musulmans de toutes les sensibilités à se saisir de cette question pour engager des discussions de fond aux fins de lui trouver des solutions idoines.

Ces discussions devraient commencer au sein des mosquées dans nos quartiers : il faut interpeller avec toute la courtoisie qu’il faut (yar ak teeguin) les imams, les muezzins et autres notables afin de susciter ces discussions.

Si la communauté ne parvient pas à le faire pour je ne sais quelles (dé)raisons, il revient à l’autorité publique de pendre ses responsabilités.

Imam Ahmadou Makhtar Kanté
Paix sur vous
Vous pourrez retrouver ce texte sur mon Portail : www.tibiane.com

Franc CFA : Messieurs les dirigeants africains, arrêtez la prostitution intellectuelle! (Par Mohamed Dia)

Nous entendons de plus en plus de leaders africains louer cette monnaie.

Dernièrement, nous avons entendu un leader africain dire que « le franc CFA est notre monnaie, c’est la monnaie de pays qui l’ont librement choisi, depuis l’indépendance dans les années 60 » (…) « elle est solide, elle est appréciée, elle est bien gérée » (…) »nous sommes très, très heureux d’avoir cette monnaie qui est stabilisante ».

Le débat sur cette monnaie s’intensifie de jour en jour et il est temps que nous soyons sur la même page pour éviter un débat improductif. Il a un bon côté selon certains et un mauvais côté selon d’autres.

Nous allons démontrer que le franc CFA est une monnaie qui est vraisemblablement la cause de notre sous-développement entre autres raisons.

Franc CFA, une monnaie stable ?

Nous n’osons quand même pas dire que le franc CFA ne présente aucun avantage. C’est un exemple d’une coopération qui a été institutionnalisée entre la France et ses colonies partageant une histoire et une langue commune.

Nous devons nous rappeler que nous avions le choix de rester dans la Zone franc ou d’en sortir. Certains pays comme le Liban, l’Algérie, la Tunisie, le Maroc, le Madagascar et la Mauritanie sont sortis de la Zone franc durant différentes périodes.

D’autres pays ont décidé de rester dans la Zone et ils ont signé des accords qui régissent l’organisation de la Zone franc.

Le franc CFA est une monnaie stable, et la plupart des pays membre maîtrisent l’inflation pendant que les pays non-membre se battent contre une inflation croissante.

C’est le cas du Nigeria et du Ghana. Il facilite les échanges entre les pays membre, et son lien avec l’euro lui donne une crédibilité internationale, ce qui rassure les investisseurs.

Cependant, il présente bons nombres d’inconvénients que les avantages semblent être invisibles.
Tout ce qui brille n’est pas or !
Essayons de donner un exemple terre-à-terre pour essayer de le faire comprendre le concept à tout le monde.

Plusieurs d’entre nous ont eu à louer un appartement ou une maison et certains d’entre nous ont eu à acheter un appartement ou une maison.

Si le bien immobilier vous appartient, vous pouvez modifier comme vous voulez, faire des rénovations ou habiter sans aucune finition. C’est votre bien immobilier, vous en faites ce que vous voulez.

Si en revanche vous êtes un locataire, vous êtes à la merci de l’agence immobilière ou du propriétaire. Ils allument le chauffage ou l’éteignent quand ils veulent, ils réparent quand ils peuvent, vous n’avez pas trop de décision ni de pouvoir.

La monnaie marche de la même manière, si vous avez votre monnaie, vous pouvez l’ajuster selon les situations, mais si vous n’avez pas votre propre monnaie, vous êtes aussi à la merci de celui qui gère votre monnaie. Il est très important pour un Etat de gérer sa propre monnaie pour pouvoir gérer l’économie de son pays.

Des pays de l’Union européenne ont délaissé leur propre monnaie nationale pour une monnaie commune, l’euro, exception faite au Royaume-Uni qui n’a pas voulu délaisser sa souveraineté.

Avoir sa propre monnaie donne beaucoup de pouvoir à un Etat, mais si ce pouvoir est mal utilisé, cela peut mener à des désastres.

A titre d’exemple, après la Première Guerre mondiale, l’Allemagne était tenue de payer des dommages de guerre et pour le faire, elle avait imprimé beaucoup de deutsche mark créant ainsi une inflation sans précédent.

Si vous vous demandiez pourquoi les Allemands étaient stricts, voilà votre réponse. Nos états Africains, sont-ils assez responsables pour ne pas tomber dans ce piège ?

L’autre danger est la fixité de parités. Pour l’instant, cela ne nous impacte que sur la surévaluation monétaire dont nous faisons face, mais, le danger se trouve dans le taux de change des autres monnaies dont nous n’avons aucun contrôle.

Si jamais le dollar devient plus fort que l’euro, notre dette augmentera automatiquement sans aucun emprunt supplémentaire.

L’exemple le plus utilisé est si 1 dollar = 1 euro, donc 200 milliards de dollars de dette = 200 milliards d’euros. Mais si jamais 1 dollar = 1,25 euros, la dette passe de 200 milliards à 250 milliards. Nous ne contrôlons donc pas cette dette.

Maintenant certains orienteront le débat sur l’éventualité que le dollar soit plus fort que l’euro au lieu du principe.
La plupart des pays de la Zone franc n’ont pas assez de devises et cela est dû principalement à cette monnaie.

Si nous exportons des matières premières à la France pour une valeur de 10 millions d’euros, la France ne nous donne pas cette devise, mais plutôt une bonne conduite sur notre compte.

Si un pays non-membre de la zone Franc vend à la France des matières premières pour la même valeur, la France sera obligée de payer à ce pays 10 millions d’euros, ce qui augmentera la devise de ce pays conséquemment. Quand vous entendez que la France s’enrichit sur notre dos, c’est de cela qu’il s’agit.

Car, si la France ne débourse aucune devise en traitant avec les pays membre de la Zone franc, elle utilise cet argent pour combler son déficit budgétaire et elle peut aussi utiliser cette devise pour payer sa dette.

Ça ne semble pas juste ? Qui a dit que la vie était juste ? Vous voulez savoir ce qui se passera si vous refusez d’obéir à cette règle ?

La France bloque tout simplement vos réserves en devises et cela se fera sentir dans le pays et créera des soulèvements, des grèves, et même des guerres civiles dans certains pays.

L’autre argument est que dans nos réserves, la France nous verse des intérêts. Ce taux d’intérêt en valeur est presque insignifiant, car nous leur octroyons nos réserves à un taux négatif. Cela ne s’arrête pas là-bas, avez-vous déjà entendu parler d’aide publique au développement que la France nous octroie ?

L’intérêt qu’on nous donne est comptabilisé dans cette aide, donc ce qui veut dire que nous recevons notre propre argent, mais pas d’aide d’une manière directe.

Nous avons cependant le droit de sortir de la Zone franc sans conséquence, car certains pays ont eu à le faire et ils entretiennent d’excellents rapports avec la France.

Vous vous demandiez sûrement pourquoi les PME n’ont pas accès aux financements bancaires, n’est-ce pas ?

La réponse se trouve toujours derrière cette monnaie. Les banques centrales africaines doivent respecter la restriction monétaire copiée sur la banque centrale européenne.

C’est pourquoi vous entendez souvent dire que c’est la France qui décide tout dans nos pays et non le président en exercice. Le nier ne serait pas chose facile.

Et maintenant ?

Vous pensez que cela doit être suffisant pour sortir de la Zone franc dès demain, n’est-ce pas ? Ce n’est pas aussi facile qu’on ne le pense, et sortir de la Zone ne signifie pas forcément se développer comme certains le pensent.

Certes, les pays les plus « riches » en Afrique ont leur propre monnaie, mais sont-ils plus développés que nous ? Pas forcément.

Rien ne doit se faire par coup de tête ni dans un Etat ni dans une économie, tout est un processus, car le marché est très sensible à certains changements, surtout ceux qui sont brusques.

Quand l’Europe créait l’euro, l’Allemagne était l’économie la plus forte et elle avait décidé de prendre les devants, cependant, le Nigeria qui est la première économie en Afrique devrait aussi prendre les devants, cependant, il n’est pas très motivé par la création de cette monnaie unique avec les états membres de la CEDEAO.

Si nous prenons les pays de l’UEMOA, il n’y a pas une économie assez forte pour diriger ce convoi.

Doit-on laisser tomber dans ce cas ? Non, mais il faut que nous rectifiions pleines de choses avant de se lancer dans cette mission inconnue certes, mais possible quand même.

Et si au lieu de sortir du franc CFA dans l’immédiat, pourquoi ne reforme-t-on pas la parité ? Il faut plus de flexibilité dans la politique monétaire et nous pouvons négocier cela avec la France en attendant que nous soyons prêts pour notre propre monnaie ou une monnaie commune.

Le dénominateur commun des pays de la Zone est la monnaie, donc il est primordial de ne la remplacer que par quelque chose qui est mieux.

Si nous n’avons plus ce franc CFA en commun, cela pourrait nous fragiliser politiquement et cela va avec des conséquences, sommes-nous prêts pour assumer ces conséquences ?

Les dirigeants qui sont en place doivent reformer la parité du franc CFA, cette parité n’est pas forcée d’être fixée sur l’euro seulement, elle peut être calculée sur d’autres bases. Think outside the box diraient les Américains, c’est-à-dire de penser autrement, en innovant.

Pour conclure, nous savons tous, autant les dirigeants africains de la Zone que le France, que le franc CFA est un frein au développement économique des pays membre.

Cependant, il y a deux choses à éviter, l’une étant de vouloir sortir sans un bon plan au préalable et l’autre chose étant la prostitution intellectuelle qui n’est rien d’autre que nos dirigeants de dire et de répéter que le franc CFA est une monnaie solide.

Non, elle n’est pas une monnaie solide et nous devons sortir de la Zone franc pour nous développer, mais pas d’une manière hâtive et irréfléchie. On dit souvent mieux vaut un ennemi que tu connais qu’un ami que tu ne connais pas.
Mohamed Dia, Consultant bancaire

Nous entendons de plus en plus de leaders africains louer cette monnaie. Dernièrement, nous avons entendu un leader africain dire que « le franc CFA est notre monnaie, c’est la monnaie de pays qui l’ont librement choisi, depuis l’indépendance dans les années 60 » (…) « elle est solide, elle est appréciée, elle est bien gérée » (…) »nous sommes très, très heureux d’avoir cette monnaie qui est stabilisante ».

Le débat sur cette monnaie s’intensifie de jour en jour et il est temps que nous soyons sur la même page pour éviter un débat improductif. Il a un bon côté selon certains et un mauvais côté selon d’autres.

Nous allons démontrer que le franc CFA est une monnaie qui est vraisemblablement la cause de notre sous-développement entre autres raisons.

Franc CFA, une monnaie stable ?

Nous n’osons quand même pas dire que le franc CFA ne présente aucun avantage. C’est un exemple d’une coopération qui a été institutionnalisée entre la France et ses colonies partageant une histoire et une langue commune. Nous devons nous rappeler que nous avions le choix de rester dans la Zone franc ou d’en sortir.

Certains pays comme le Liban, l’Algérie, la Tunisie, le Maroc, le Madagascar et la Mauritanie sont sortis de la Zone franc durant différentes périodes.

D’autres pays ont décidé de rester dans la Zone et ils ont signé des accords qui régissent l’organisation de la Zone franc.

Le franc CFA est une monnaie stable, et la plupart des pays membre maîtrisent l’inflation pendant que les pays non-membre se battent contre une inflation croissante.

C’est le cas du Nigeria et du Ghana. Il facilite les échanges entre les pays membre, et son lien avec l’euro lui donne une crédibilité internationale, ce qui rassure les investisseurs.

Cependant, il présente bons nombres d’inconvénients que les avantages semblent être invisibles.

Tout ce qui brille n’est pas or !
Essayons de donner un exemple terre-à-terre pour essayer de le faire comprendre le concept à tout le monde.

Plusieurs d’entre nous ont eu à louer un appartement ou une maison et certains d’entre nous ont eu à acheter un appartement ou une maison.

Si le bien immobilier vous appartient, vous pouvez modifier comme vous voulez, faire des rénovations ou habiter sans aucune finition.

C’est votre bien immobilier, vous en faites ce que vous voulez. Si en revanche vous êtes un locataire, vous êtes à la merci de l’agence immobilière ou du propriétaire.

Ils allument le chauffage ou l’éteignent quand ils veulent, ils réparent quand ils peuvent, vous n’avez pas trop de décision ni de pouvoir.

La monnaie marche de la même manière, si vous avez votre monnaie, vous pouvez l’ajuster selon les situations, mais si vous n’avez pas votre propre monnaie, vous êtes aussi à la merci de celui qui gère votre monnaie.

Il est très important pour un Etat de gérer sa propre monnaie pour pouvoir gérer l’économie de son pays.

Des pays de l’Union européenne ont délaissé leur propre monnaie nationale pour une monnaie commune, l’euro, exception faite au Royaume-Uni qui n’a pas voulu délaisser sa souveraineté. Avoir sa propre monnaie donne beaucoup de pouvoir à un Etat, mais si ce pouvoir est mal utilisé, cela peut mener à des désastres.

A titre d’exemple, après la Première Guerre mondiale, l’Allemagne était tenue de payer des dommages de guerre et pour le faire, elle avait imprimé beaucoup de deutsche mark créant ainsi une inflation sans précédent.

Si vous vous demandiez pourquoi les Allemands étaient stricts, voilà votre réponse. Nos états Africains, sont-ils assez responsables pour ne pas tomber dans ce piège ?

L’autre danger est la fixité de parités. Pour l’instant, cela ne nous impacte que sur la surévaluation monétaire dont nous faisons face, mais, le danger se trouve dans le taux de change des autres monnaies dont nous n’avons aucun contrôle. Si jamais le dollar devient plus fort que l’euro, notre dette augmentera automatiquement sans aucun emprunt supplémentaire.

L’exemple le plus utilisé est si 1 dollar = 1 euro, donc 200 milliards de dollars de dette = 200 milliards d’euros. Mais si jamais 1 dollar = 1,25 euros, la dette passe de 200 milliards à 250 milliards. Nous ne contrôlons donc pas cette dette.

Maintenant certains orienteront le débat sur l’éventualité que le dollar soit plus fort que l’euro au lieu du principe.
La plupart des pays de la Zone franc n’ont pas assez de devises et cela est dû principalement à cette monnaie.

Si nous exportons des matières premières à la France pour une valeur de 10 millions d’euros, la France ne nous donne pas cette devise, mais plutôt une bonne conduite sur notre compte.

Si un pays non-membre de la zone Franc vend à la France des matières premières pour la même valeur, la France sera obligée de payer à ce pays 10 millions d’euros, ce qui augmentera la devise de ce pays conséquemment. Quand vous entendez que la France s’enrichit sur notre dos, c’est de cela qu’il s’agit.

Car, si la France ne débourse aucune devise en traitant avec les pays membre de la Zone franc, elle utilise cet argent pour combler son déficit budgétaire et elle peut aussi utiliser cette devise pour payer sa dette.

Ça ne semble pas juste ? Qui a dit que la vie était juste ? Vous voulez savoir ce qui se passera si vous refusez d’obéir à cette règle ? La France bloque tout simplement vos réserves en devises et cela se fera sentir dans le pays et créera des soulèvements, des grèves, et même des guerres civiles dans certains pays.

L’autre argument est que dans nos réserves, la France nous verse des intérêts. Ce taux d’intérêt en valeur est presque insignifiant, car nous leur octroyons nos réserves à un taux négatif.

Cela ne s’arrête pas là-bas, avez-vous déjà entendu parler d’aide publique au développement que la France nous octroie ? L’intérêt qu’on nous donne est comptabilisé dans cette aide, donc ce qui veut dire que nous recevons notre propre argent, mais pas d’aide d’une manière directe.

Nous avons cependant le droit de sortir de la Zone franc sans conséquence, car certains pays ont eu à le faire et ils entretiennent d’excellents rapports avec la France.

Vous vous demandiez sûrement pourquoi les PME n’ont pas accès aux financements bancaires, n’est-ce pas ? La réponse se trouve toujours derrière cette monnaie.

Les banques centrales africaines doivent respecter la restriction monétaire copiée sur la banque centrale européenne. C’est pourquoi vous entendez souvent dire que c’est la France qui décide tout dans nos pays et non le président en exercice. Le nier ne serait pas chose facile.
Et maintenant ?

Vous pensez que cela doit être suffisant pour sortir de la Zone franc dès demain, n’est-ce pas ? Ce n’est pas aussi facile qu’on ne le pense, et sortir de la Zone ne signifie pas forcément se développer comme certains le pensent.

Certes, les pays les plus « riches » en Afrique ont leur propre monnaie, mais sont-ils plus développés que nous ? Pas forcément. Rien ne doit se faire par coup de tête ni dans un Etat ni dans une économie, tout est un processus, car le marché est très sensible à certains changements, surtout ceux qui sont brusques.

Quand l’Europe créait l’euro, l’Allemagne était l’économie la plus forte et elle avait décidé de prendre les devants, cependant, le Nigeria qui est la première économie en Afrique devrait aussi prendre les devants, cependant, il n’est pas très motivé par la création de cette monnaie unique avec les états membres de la CEDEAO.

Si nous prenons les pays de l’UEMOA, il n’y a pas une économie assez forte pour diriger ce convoi. Doit-on laisser tomber dans ce cas ? Non, mais il faut que nous rectifiions pleines de choses avant de se lancer dans cette mission inconnue certes, mais possible quand même.

Et si au lieu de sortir du franc CFA dans l’immédiat, pourquoi ne reforme-t-on pas la parité ? Il faut plus de flexibilité dans la politique monétaire et nous pouvons négocier cela avec la France en attendant que nous soyons prêts pour notre propre monnaie ou une monnaie commune.

Le dénominateur commun des pays de la Zone est la monnaie, donc il est primordial de ne la remplacer que par quelque chose qui est mieux.

Si nous n’avons plus ce franc CFA en commun, cela pourrait nous fragiliser politiquement et cela va avec des conséquences, sommes-nous prêts pour assumer ces conséquences ?

Les dirigeants qui sont en place doivent reformer la parité du franc CFA, cette parité n’est pas forcée d’être fixée sur l’euro seulement, elle peut être calculée sur d’autres bases. Think outside the box diraient les Américains, c’est-à-dire de penser autrement, en innovant.

Pour conclure, nous savons tous, autant les dirigeants africains de la Zone que le France, que le franc CFA est un frein au développement économique des pays membre.

Cependant, il y a deux choses à éviter, l’une étant de vouloir sortir sans un bon plan au préalable et l’autre chose étant la prostitution intellectuelle qui n’est rien d’autre que nos dirigeants de dire et de répéter que le franc CFA est une monnaie solide.

Non, elle n’est pas une monnaie solide et nous devons sortir de la Zone franc pour nous développer, mais pas d’une manière hâtive et irréfléchie. On dit souvent mieux vaut un ennemi que tu connais qu’un ami que tu ne connais pas.
Mohamed Dia, Consultant bancaire

L’incontournable second tour : le ballotage aura lieu ( Par Moussa KEBE)

Le rendez-vous avec l’histoire est fixé pour le 24 février 2019 où chaque citoyen, s’il n’est pas privé du droit de vote, aura la possibilité de s’exprimer librement avec le candidat de son choix. Ce droit de vote est à la fois sacré car étant garanti par la constitution du Sénégal.

Mais à quelle élection s’attendre : maquillage électoral? Fraudes massives? Violence post- électorale? Les mots face aux maux sont nombreux, cependant, faudrait-il prédire une victoire du camp présidentiel qui proclame déjà Macky vainqueur ou espérer l’incontournable second tour?

Pour apporter, une élucidation à ces questionnements, nous avançons l’hypothèse selon laquelle : en l’absence de fraude électorale, il y aura incontestablement un second tour.

Hypothèse que nous allons valider scientifiquement à travers les statistiques, et à travers le paradigme dominant des différents systèmes électoraux, et du mode de scrutin dans un contexte, où la démocratie sénégalaise se situe bien non pas dans le système de parti unique mais dans le multipartisme, même si, pour la première fois dans l’histoire politique du Sénégal, on assiste à une élection sans partis politique, c’est-à-dire sans le PS et le PDS.

La première hypothèse pour expliquer l’incontournable second tour repose ici sur les statistiques. On doit noter que le contexte politique au Sénégal, et de la configuration de la cartographie électorale actuelle, combiné avec le bilan du président Macky Sall, ne lui permettent pas de passer au premier tour. Dans ce contexte, il faut définir le format de l’élection présidentielle au Sénégal qui se situe dans le scrutin à deux tours, encore appelé le système des deux tours. Dans cette perspective, pour être élu, il faut obtenir la moitié des voix plus « une », c’est-à-dire avoir la majorité absolue.

En d’autres termes, il faut avoir, 50 pour cent du suffrage exprimé, plus « une » voix. Dans le cas contraire, un second tour est organisé pour départager les deux candidats placés en tête durant le scrutin du premier tour.

Sous le jargon de la science politique, le terme employé est le « le scrutin de ballotage » où pour passer, une majorité relative et non absolue suffit pour départager les deux candidats.

Qu’en est-il pour l’élection présidentielle du 24 février 2019?

En se fondant sur les statistiques, pour que le président Macky Sall gagne les élections au premier tour, il doit faire preuve de beaucoup d’efforts à l’image de Maitre Wade dans le contexte électoral de 2007. Le leadeur du PDS avait réussi ce défi pour deux raisons.

D’abord, après 25ans d’opposition, il avait réussi à convaincre les sénégalais de son patriotisme en se focalisant sur les grands travaux et grands chantiers dès son premier mandat, pour asseoir sa légitimité et sa popularité.

Ensuite dans le contexte électoral de 2007, l’opposition était à la fois fragile et dispersée, d’une part le projet de « Bénno » entre Niasse et Tanor autour d’une candidature unique pouvant renverser Wade avait fini en queue de poisson, d’autre part, Idy venait de s’affirmer en tant que chef de file de Rewmi, voire de l’opposition où son parti reste encore un bébé prématuré sortant de l’embryon n’ayant pas encore conquis le cœur des sénégalais et des couches populaires.

C’est sans dans doute la raison pour laquelle, Wade avait battu le record dès le premier tour de l’élection présidentielle du 25 février 2007 avec un score de 55,86%.

Avec un taux de participation de 70,77%, Wade à 80 ans avait obtenu 1.910.368 de voix des 3.419.751 suffrages exprimés sur les 4.824.888 inscrits. C’est la raison pour laquelle, presque dans tous les départements, Wade dépasse largement tous les autres candidats avec la majorité absolue.

Nous en voulons pour preuve son résultat à Mabacké avec 85% des suffrages, à Ranérou avec plus de 82% de voix, à Vélingara et Linguère avec 70% et assure la suprématie et le contrôle à Dakar avec plus de 52%; au moment où Niasse (5.93%), Tanor (13.56%) et Idy (14.92%) en combinant leurs résultats ne faisaient que 34% de l’électorat national.

En suivant la logique de la configuration électorale actuelle, proclamer le président Macky Sall vainqueur dés le premier tour de l’élection présidentielle du 24 février 2019, reste une hypothèse très difficile à vérifier.

Prenons la probabilité que le Président Macky Sall, réussira à gagner avec la majorité absolue à Matam avec 72533 voix (65%), à Dakar avec 606619 voix (73%) à Diourbel avec 116991 voix (51%) à Fatick avec plus 101389 voix (74%) à Kaolack avec 113681 voix (73%). Le contexte électoral actuel ne lui donne pas ce résultat pour plusieurs raisons.

D’abord 50 pour cent de la jeunesse et les intellectuels vont voter pour Ousmane Sonko, qui d’ailleurs constitue une force non négligeable de l’opposition durant cette élection présidentielle au moment où des alliances se forment autour du candidat Idy lui permettant de pallier aux insuffisances de 2007 et de 2012, sans pour autant oublier la force de la formation politique d’obédience religieuse (PUR) du professeur Issa Sall. En d’autres termes, l’opposition actuelle est plus forte que celle de 2007.

Ensuite, le camp présidentiel ne doit pas compter sur le ralliement massif de certains partis politiques et mouvements sociaux auprès du président Macky Sall pour proclamer une victoire dès le premier tour.

Car si la transhumance politique suffisait a assuré une victoire éclatante, Wade dans le contexte électoral de 2012 n’aurait pas dû perdre le pouvoir. La probabilité de vérifier une telle hypothèse est nulle. Donc, on en déduit que le second tour aura lieu.

La deuxième hypothèse ne repose pas sur les statistiques, mais sur le mode scrutin. En poussant la réflexion plus loin, le mode de scrutin au Sénégal n’est pas le système majoritaire à un tour, qui avait émergé en Suède, en Danemark, en Grande-Bretagne et dans les Dominions britanniques.

Dans le scrutin majoritaire à un tour, le candidat qui obtient une majorité relative est proclamé vainqueur durant l’élection. Le Sénégal ne se trouve pas dans cette catégorie, donc le ballotage aura lieu.

En prenant en compte, le système majoritaire, on note le scrutin majoritaire pur et simple et le système des deux tours. Dans le scrutin majoritaire pur et simple, le candidat qui obtient le plus grand nombre de voix est proclamé vainqueur quel que soit le total des voix obtenues par ses adversaires.

Le Sénégal ne se trouve pas dans cette catégorie, donc le ballotage aura lieu. Le Sénégal se trouve dans le système des deux tours où il faut avoir la majorité absolue pour remporter les élections, donc le ballotage aura lieu.

Dans le même ordre d’idées, l’élection présidentielle pour le 24 février 2019 n’est point un scrutin de liste ou scrutin uninominal, on ne se retrouve pas dans un suffrage uninominal où chaque circonscription cherche à élire un candidat.

Le suffrage est non plus plurinominal où chaque circonscription cherche à élire plusieurs candidats se regroupant sur des listes (scrutin de liste), donc le ballotage aura lieu.

Dans l’élection présidentielle du 24 Févier 2019, il ne s’agit non plus d’une représentation proportionnelle où il faut octroyer un nombre de sièges des minorités en fonction des voix obtenues dans les circonscriptions.

Et même en considérant le palais présidentiel comme un siège, on doit octroyer qu’une seule place à la personne choisie par la majorité absolue des sénégalais et pour cela, le ballotage aura lieu.

Incontestablement, Macky sera au second tour, mais avec qui? Idy ou Sonko? Dans ce contexte électoral figé, où la complexité des enjeux nous recommande la prudence, comme mère de sûreté, le deuxième tour avec Idy ou Sonko dépend du degré d’abstention ou de la participation des citoyens dans ce processus électoral.

Le fort taux de participation politique de la jeunesse (80%) peut permettre à Sonko de passer au second tour avec Macky car son discours persuasif est capté par les jeunes qui souhaitent renverser ce système.

Par ailleurs, le poids d’Idy est similaire à une dent de scie car il bénéficie d’un soutien qui n’est pas trop significatif avec des personnes, d’une part qui ont peur de s’affirmer, d’autre part, des leadeurs qui ne remplissent même pas le parrainage requis et avec des cadres politiques qui ont une représentation nulle à l’Assemblée Nationale et sans base politique. Le duel reste entre Idy et Sonko pour rejoindre Macky et la réalité manifeste est que Sonko constitue maintenant une figure emblématique et incontournable de l’histoire politique de ce pays.

Il apparait comme un révolutionnaire qui compte sur la force du verbe et non sur les moyens financiers, qui appelle non pas à une alternance mais une alternative, qui ne cherche pas le changement, mais incarnant lui-même le changement dont le charisme, incontestablement, forge le discours et légitime son action politique.

Dans ce contexte politique complexe où l’enjeu est de taille, garder tout simplement à l’esprit que le ballotage aura lieu.

Et au-delà de l’application des lois telles que formulées et enseignées par Maurice Duverger, on doit se souvenir de l’existence du lien étroit entre un système politique et son système électoral; aboutissant dans un ballotage où il n’est point question de choisir, mais d’éliminer.

Enfin, qu’adviendra-t-il avec un ballotage sans le président Macky? Il s’agira pour la première fois dans l’histoire politique du Sénégal où la construction de notre démocratie ne sera pas seulement consolidée mais achevée définitivement.

Il s’agit ici d’une troisième hypothèse que le lecteur ou l’électeur, grâce à sa liberté de pensée, doit en tirer ses propres conclusions.

Moussa KEBE

Science PO/UQAM

Jeu politique et hors-jeux… (Par Amadou Tidiane Wone)

« Politique ? Po la tiggi ! » entend-on dire parfois « La politique, c’est vraiment un amusement, un jeu. »

C’est ainsi que je tenterai de traduire, laborieusement et sans la fine saveur de certaines tournures de nos langues nationales, l’expression ouolof «po la tiggi » . Elle joue en effet, et à bon escient, avec les sonorités du mot « Politique » en français pour le tourner en dérision une fois mis à la sauce du cru.

On parle d’ailleurs de « jeu politique » en occident… Chez nous, le jeu n’a jamais une dimension « sérieuse » , tout au plus ludique comme il se doit … Le jeu, l’amusement, la dérision, la plaisanterie ne sont utilisés « sérieusement ( !) » que dans nos mécanismes sociaux de régulation des conflits. Notamment pour vivifier la parenté dite à plaisanterie qui contribue à bâtir des ponts entre les ethnies et même à les cimenter.

La plaisanterie, disons la parole plaisante, est la règle entre grands parents et petits-enfants, entre cousins consanguins ou ethniques. Elle permet de se dire tout, et même les critiques les plus acerbes, dans la bonne humeur, la courtoisie et les règles de bienséance.

Au fond, tout prétexte à rire est utilisé pour décrisper les relations sociales et abattre les murs d’incompréhension entre les humains. Le « jeu social » chez nous, n’est donc pas un « jeu de dupes » .

Mais le levain de fraternités exquises et de solidarités transversales. Malentendu culturel ? Choc de civilisations ? Lorsque nous prendrons le temps de réfléchir en profondeur sur qui nous sommes vraiment, nous prendrons conscience de notre richesse culturelle et humaine incroyable.

Ce sera alors le temps de nous « développer », comme nous l’entendons, au lieu de poursuivre une course poursuite avec le modèle occidental, en perte de sens pour cause de brouillage des repères de l’homme.

En tous cas, au regard de ce que le « jeu politique » est devenu dans notre pays, eu égard aux fondamentaux culturels, spirituels et moraux, sensés être les références de notre Nation, des questions se posent que l’on ne doit plus esquiver. La colonisation nous a appris à voter, à élire et à choisir nos dirigeants à la manière occidentale.

Elle nous a imposé les modalités de conquête des suffrages à travers des campagnes électorales où le spectaculaire l’emporte sur le sens.

Nous y avons ajouté notre sens du rythme, nos sonorités et notre folklore. Mais aussi nos excès, voire nos dérives.

Nos campagnes électorales sont ainsi le prétexte à une redistribution débridée de subsides… illicites aux électeurs. Plus on a de moyens et plus on attirera des foules.

Et les foules ne s’y trompent pas qui suivront indistinctement toutes les caravanes à condition d’être transportées, nourries et…désintéressées. Corruption en masse dans l’impunité totale. Même certains Imams sont pris dans la nasse…

Autre manœuvre… dolosive, les 5 minutes de temps d’antenne allouées à chaque candidat. Il faut faire foule. Parfois s’adresser à une foule qui ne vous regarde pas. Pour la télévision. Pour entretenir l’illusion.

Au besoin, traverser un marché ou une grande avenue aux heures de pointe. Cela permet de colorer gratuitement une foule en y déversant quelques militants et leurs banderoles.

La technique est éprouvée… Sinon, Il faut que les équipes de Com veillent au cadrage des images. Pour les « ajuster » Car elles doivent toujours paraître plus enthousiastes que nature. Jeu de dupes…

Mais il y’a un autre hors-jeu qui s’est invité dans la campagne électorale en cours. Un jeu de mains. « jeu de mains, jeu de vilains » dit pourtant la maxime… Eh ! bien lorsque les gros bras s’y mettent, le jeu tourne au massacre.

Et l’on note depuis quelques jours une recrudescence d’actes violents sanctionnés, hélas, par des pertes en vies humaines.

Sans compter les nombreux accidents de la circulation, causés par les caravanes électorales qui outrepassent toutes les règles du code de la route et de la sécurité routière.

C’est comme si le temps de la campagne électorale était une période de non droit : des véhicules surchargés, sans plaque d’immatriculation, s’ébranlent en cortèges désordonnés qui perturbent la quiétude des usagers de la route.

Le recours intempestifs à des gyrophares dans une nuée de motos « Jakarta » qui slaloment dangereusement, ajoute au stress des automobilistes dont les nerfs sont déjà à vif à cause des kilomètres de bouchons. Notamment à Dakar, depuis que le chantier du TER a rétrécit les options de déviation…

Toute cette folle ambiance fait partie du jeu… Mais elle occulte la partie essentielle que nous doivent les hommes politiques : la formulation d’idées simples pour nous faire rêver ou espérer.

L’énonciation de programmes faisables répondant en priorité à la satisfaction de nos besoins : l’emploi des jeunes, l’éducation, la santé, la sécurité, la création et le partage équitable des richesses.

Et pourtant chaque candidat a pris le soin de rédiger un document. Avec des idées intéressantes pourtant. Qui peut les entendre dans la cacophonie en cours ?

Il reste encore quelques jours de ce…carnaval électoral. Une demande pressante, voire une exigence démocratique, serait la confrontation des programmes des différents candidats à travers un débat public radio télévisé. Depuis quelques jours un hashtag #sunudebat fait rage dans les réseaux sociaux.

Si la maturité de notre démocratie est vraiment une réalité, rien ne devrait s’opposer à la tenue d’un tel exercice afin que les sénégalais voient, non plus des monologues parallèles, mais surgir du choc des idées et des tempéraments des candidats à la magistrature suprême, la personnalité qui emportera l’adhésion de la majorité des électeurs. Sinon, il restera encore un goût de parodie inachevé du modèle occidental.

Tant qu’ à faire, imitons ce qui s’y fait de mieux ! Il paraît que 4 des candidats en lice ont marqué leur accord. Le cinquième ne peut pas refuser de s’y soumettre !

En attendant, nous prions pour le repos de l’âme de toutes les victimes de notre jeu politique et social qui n’en finit pas de se jouer de nous en multipliant les…. hors-jeux !

Amadou Tidiane Wone

Mamadou Sy Tounkara: Quand noblesse devait vous obliger (Alioune Seck)

<<(…)Le chef de l’Etat nous a offensés en déclarant un patrimoine de plusieurs milliards;le chef de l’Etat nous a offensés en ne faisant plus mention du programme “Yoonu yokkute” qu’il nous avait vendu pour se faire élire; le chef de l’Etat nous a offensés en reniant sa promesse de fare un mandat de cinq ans;le chef de l’Etat nous a offensés en mettant sa famille au coeur de la geston de notre Etat et de nos ressources;le chef de l’Etat nous a offensés en épousant l’insupportable transhumance;le chef de l’Etat nous a offensés en promettant plus de trois mille milliards,jamais honorés,lors de ses conseils des ministres délocalisés;le chef de l’Etat nous a offensés en mettant ce pays en campagne electorale permanente avec un gouernement composé à 95% de politiciens professonnels et d’innombrables directeurs de structures étatiques militants de son parti;le chef de l’Etat nous a offensés en ne procédant pas aux ruptures attendues sur le système et les hommes ce qui laisse intact le même système légué par les colonisateurs remplacés par d’autres de chez nous,plus prédateurs encore,ce qui fait du progrés et du déeloppement un mirage eternel pour la majorité des Sénégalais qui reçoivent en leu et place de vains slogans creux,simples tranquillisants,calmants,hypnotyques et somnifères.Il offense la Constitution en contrôlant l’Assemblée nationale et en nommant les magistrats alors que notre charte fondamentale consacre en son préambule”la séparation et l’équilibre des pouvoirs …”11/08/2017 Excusez-moi pour cette longue citation extraite d’un des nombreux articles de Mamadou Sy Tounkara ,le chroniqueur aux initiales detestables (MST). Du Grand rendez-vous, Sénégal ca Kanam, Xel ak Xol et Tout est là une stratégie de longue haleine pour entrer finalement dans le shadow cabinet de la communication princière,celle du chef de l’Etat Macky Sall.Que personne n’en soit surpris.Ceux qui sont dans le secret des choses sérieuses nous avaient avertis depuis longtemps. Souvenez vous de l’accusation badine et guoguenarde qu’une invitée lui avait adressée à la cantonade durant l’une de ses émissions.Cette invitée l’avait défié ,en lui disant que nous nous rencontrons toi et moi chez le Président Macky Sall. Aussi rappelez-vous la chaude et difficile empoignade de Tounkara et de Mamadou Thiam dans “Tout est là”. Le conseiller en communication de la présidence lui avait dit ,les yeux dans les yeux,que l’acharnement incompréhensible de Tounkara contre sa personne trouvait son explication dans la fermeture de toutes les portes ,dans ses diverses tentatives d’entrer dans le pool de communication du chef de l’Etat. Enfin nous avons remarqué la mue insupportable de ce personnage fantasque et démagogue,cet arlequin de l’argumentation contrefaçonnée et de l’usurpation professionnelle lors de sa dernière invitation du journaliste Cheikh Yérim Seck qui était venu commenter le livre du président Macky Sall. Nous ne reviendrons pas sur toutes les puérilités,banalités ,froides fadaises,injures et moqueries contre les citoyens assimilés à de la populace,l’apologie de contre-valeurs au détriment de ce que ce Tounkara avait toujours prêché.Heureusement Oustaz Mamadou Lamine Dramé chroniqueur de l’émission,du haut de son islam assumé s’était dressé rageusement contre ces outrages inommable à l’endroit des honnêtes hommes qui ont encore foi en leur dignité.Ceux qui croient que l’argent ne mène pas le monde. En effet comment quelqu’un qui a toujours fait référence au peuple en termes vibrants et généreux, par des incarnations solennelles et trés inspirées de la fibre patriotique s’est-il subitement mué en thuriféraire de tout ce qu’il dénoncait naguère? Ce Tounkara et les agitateurs de son acabit qui cherchent à usurper un leadership d’intellectuel organique sont les pires ennemis du peuple sénégalais;ils sont nuisibles. Quelle deception!Lui qui jouait à l’avocat du petit peuple,des gagne-petit,au porte-parole des lumpenards,au révolutionnaire à l’écran était donc un habitué des couloirs de la grande demeure du prince-renieur dont il se plaisait à égréner le chapelet des reniements? Lui dont le ralliement inattendu révèle avec certitude que ce monsieur n’est pas un honnête homme,je veux dire un noble ,celui qui ne tarde jamais à mettre d’accord ses pétitions de principes proclamées urbi et orbi avec ses agissements en tout lieu et en tout temps. Nous sommes désespéré de cette nouvelle race d’intellectuel comme ce Tounkara,qui naguère par ses écrits,ses prises de parole publiques,ses diverses émissions,et même son activité politique donnait l’impression de faire aboutir une réforme citoyenne qui donnerait au peuple les moyens de peser efficacement sur les intentions et les décisions des pouvoirs politiques. Combien lui a t-on fait miroiter?Quel a été son prix en tant que poisson devenu?Qu’allez-vous dire de tout ce que vous dénonciez? Le peuple souffrant des abus du pouvoir,la carence éthico-politique,les reniements de Macky Sall,la promotion de la fratrie et de la beaufrérie,le népotisme,la désinstitutionnalisation endiablée,la transhumance,les dépenses somptuaires et les éléphants blancs,tous ces procés ignominieux rimant avec la caporalisation de la justice par l’exécutif. Oui,Tounkara le polygame dont la réputation sulfureuse est amplifiée par une rumeur le idéaliste universaliste,un humaniste progressiste dont rien ne pouvait altérer la détermination,compte tenu du rôle de premier plan que vous aviez toujours cherché à bien jouer en faveur des citoyens, en quête de créditant d’une appétence freudiènne irrépressible,kor Mame Ndiawar. Nous avions remarqué depuis tout le temps que le sens historique et l’approche dialectique ont fait défaut dans vos élucubrations intellectualistes. Vous êtes dans l’approche encyclopédique, qui est loin d’être la marguerite des esprits universitaires dont vous vous prévalez.Votre empirisme analytique soporifique et fumiste,votre propension à mettre en avant votre titre de professeur ont toujours laissé présager l’âme des opportunistes. Mais au fond qu’avez-vous à faire avec l’histoire? L’histoire dont vous semblez ne pas vous préoccuper retiendra que vous avez porté le fer rouge au coeur de vos prncipes pour une transhumance ignoble, honteuse et infame. Avec cette trahison,vous venez de mettre votre intelligence au service de la destruction,du triomphe de votre instinct mercantiliste de chasseur de primes, ressemblant ainsi ,de par l’ampleur de votre reniement vis à vis des nobles idéaux toujours affichés ,à un animal dont la cruauté dépasse celui du fauve le plus sanguinaire et le plus lache.Vous n’êtes même pas poisson à la tête pourrie pêché,mais hyène pitoyablement égarée.Nous croyions que vous étiez un parole et d’écoute. Vos plateaux ont été parfois une belle tribune pour les desperados.Pourquoi avez-vous choisi cette période si incertaine pour la démocratie sénégalaise pour nager à contrecourant vers la mangeoire de ceux que vous vouiez aux gémonies hier? Ce qui nous choque le plus,c’est que vous avez été parmi les plus grandes gueules à honnir le régime du président Macky Sall.Et nous vous rappelons que vous aviez publié dans Xalima un papier hygiènique ,dans lequel vous disiez que jamais vous ne voterez pour le président Macky Sall. Pouvez-vous être à la fois le défenseur du peuple et le conseiller du prince,de vivre dans les dorures,les lambris et les néons éclaboussants de la Mackysphère et de vous pencher avec sollicitude sur les besoins et les aspirations du peuple? Désormais votre nom suscitera ressentiments,railleries,déglutions et quolibets. Et je peux vous assurer que cela a déja commencé,car lors de sa dernière émission du samedi 4/01/12 Bijou Ngoné sa chroniqueuse qui a commencé par l’ironie en l’appelant son excellence n’a cessé de lui manifesté une défiance qui a donné leu à un échange rébarbatif et discourtois . Nous comprenons la douleur sainte de Bijou,elle se sent flouée et trahie par ce professeur-usurpateur qui a porté un masque durant tout le temps qu’ils fratrernisaient sur le plan des principes. Elle ressentait un dégout devant cette nouvelle face hideuse de MST aux relents de charogne.Pourquoi Tounkara ne partage pas la nouvelle avec son équipe quand il a l’honneur d’être distingué et nommé conseiller spécial du Président Macky Sall ? Pourquoi a t-il eu honte de partager cette bonne et inquiétante nouvelle avec son équipe au point de courcuiter la fin de l’émission?D’habitude les animateurs avaient chacun un mot de la fin,mais le harcellement répété de Bijou qui tenait à ce que Tounkara annonce sa transhumance aux téléspectateurs a été esquivé par ce dernier. C’était la honte et la fuite des rodomontades dont Bijou allait le couvrir.Nous croyons fermement que cette émission de “Tout est là” ne pourra plus continuer,car la nouvelle posture de compromission de Tounkara ne correpond plus à sa ligne éditoriale. Vous avez joué au nouveau Erostrate,qui à seule fin d’être célèbre avait brûlé le fameux temple de Diane d’Ephèse. Seulement que Tounkara,ce Brutus populaire sache que les Sénégalais dont la démocratie est au bord de la tombe l’ont à l’oeil,ils le lui rappelleront à temps utile. On ne peut jouer impunément ainsi avec les valeurs. La quête de prébendes et de situations confortables ne peut justifier certains reniements. Noblesse oblige

Une gouvernance bâtie sur le mensonge d’Etat

Après avoir clamé urbi et orbi qu’il allait, une fois élu, mettre en place un gouvernement de 25 membres, Macky Sall est, comme avec le mandat de cinq ans, revenu sur ses engagements, avec un gouvernement pléthorique de près de 40 intermittents du spectacle pompeusement appelés ministres, sans compter les innombrables ministres d’Etat, ministres-conseillers, conseillers spéciaux, chargés de missions et autres postes de sinécures, tous bien payés et blanchis aux frais de la princesse.

Mais, la palme du mensonge doublé de bêtise revient à Mame Mbaye Niang. Et c’est Sidy Fall, coordonnateur du Fpdr France qui se charge de nous narrer l’histoire.

«Lors de l’émission télévisée Faram Facce sur la Tfm, du 20 juin 2018, le ministre Mame Mbaye Niang s’est livré à un pathétique spectacle d’autojustification, sur les faits de délinquance financière qui l’accablent lourdement dans l’énorme scandale de détournement du Prodac à hauteur de 29 milliards de francs Cfa.

Interrogé par le journaliste Pape Ngagne Ndiaye sur sa fausse-vraie et rocambolesque démission, le ministre Mame Mbaye Niang a tenu des propos vaseux. Jugez-en par vous-même : «Le dimanche, j’ai écrit ma lettre de démission, puis je me suis dirigé vers la primature où j’ai trouvé les portes closes.

Ensuite, je me suis dirigé au domicile du Premier ministre pour lui faire part de ma démission». S’adressant aux 15 millions de Sénégalais, le ministre Mame Mbaye Niang a affirmé publiquement qu’il ignorait que les services de la Primature étaient fermés le week-end.

C’est donc cet homme que Macky Sall a nommé ministre du Tourisme, qui ne sait même pas comment fonctionne une administration car, dans une République, une lettre de démission n’est jamais déposée au domicile privé du Premier ministre». Mais, la faute revient au président Macky Sall, capable de nommer n’importe quel saltimbanque ou mariole à la tête d’un ministère.

Mame Mbaye Niang, un ministre qui confond contrat technique et marché public, qui n’est pas fichu de citer les pays qui composent l’Uemoa et qui a passé plus d’une heure à raconter des mensonges auxquels lui-même ne croit pas, ne bénéficie d’aucune crédibilité et fait la honte du gouvernement.

Sur un autre chapitre, selon Birahim Seck, membre du conseil d’administration du Forum Civil, lors de la rencontre de la Délégation générale à la Francophonie et des patrons de presse qui s’est tenue le 18 octobre 2014, au King Fahd Palace, Yakham Mbaye, Secrétaire d’Etat à la Communication, avait annoncé que le Centre international de conférence de Diamniadio a coûté 51 milliards de francs Cfa, un financement supporté par Eximbank Turquie à hauteur de 62 % et par l’Etat du Sénégal pour 38 %. «Dit comme ça, il est vite compris que la Turquie nous fait un don.

Or, il s’agit d’un prêt avec un taux d’intérêt de 3,75 % à payer sur une période de dix ans avec un délai de grâce de 18 mois», a tenu à préciser Birahim Seck.

A propos de l’aéroport international Blaise Diagne de Diass, le coût total de l’opération se chiffre en réalité à 775 milliards au lieu des 407 milliards annoncés par l’Etat du Sénégal.

Pour ce qui concerne les travaux de réfection du Building administratif, en 2014, MM. Oumar Youm, alors ministre des Collectivités locales et porte-parole du gouvernement, et Abdou Latif Coulibaly, Secrétaire général du gouvernement, avaient vendu du vent aux Sénégalais en jurant, la main sur le coeur et par tous leurs dieux, qu’«il y a eu appel d’offres» dans le marché de réfection du building administratif. Il n’en est absolument rien, naturellement.

En vérité, le coût des travaux de réfection du Building administratif, attribuée à l’entreprise Bamba Ndiaye S.A., spécialiste dans… la vente de carreaux, et qui était estimé par l’Etat du Sénégal à 17 milliards de francs Cfa, est passé en réalité à 40 milliards de francs Cfa.

Des travaux jusque-là inachevés alors qu’en même temps, l’Etat du Sénégal a étrenné des sphères ministérielles à Diamniadio pour un coût global de 56 milliards de francs Cfa.

Un mensonge d’Etat gros comme ça, c’est quand Me Oumar Youm, directeur de cabinet du président de la République, fait la déclaration ci-après : «Les candidats de l’opposition à l’élection présidentielle du 24 février 2019 sont financés à coûts de plusieurs milliards de francs Cfa par des puissances étrangères, loin du continent africain et qui ne sont mues que par leurs intérêts propres, relatifs à la découverte du pétrole et du gaz au Sénégal».

Le mercredi 20 juillet 2016, Seydou Guèye, le porte-parole du gouvernement du Sénégal, avait fait la déclaration suivante à Rufisque : «Après 13 conseils décentralisés, le montant des investissements consignés à travers les documents de l’Etat se montent à 2 872 milliards de francs Cfa.

A la date du 31 août 2015, les réalisations issues de ces engagements du gouvernement sont évalués à 1 573 milliards, soit 55 % de réalisation des engagements souscrits à l’occasion de ces conseils des ministres délocalisés».

Une information d’autant plus invraisemblable qu’elle n’est pas reflétée sur le terrain, ajoutés à cela le scepticisme et l’étonnement des populations concernées, à l’annonce de ces chiffres plutôt préfabriqués.

Sur le financement de l’Arène nationale, on nous a servis un gros mensonge d’Etat. Si, officiellement, l’Etat du Sénégal dit avoir financé l’Arène nationale, la Chine soutient le contraire. Selon Bbc, cette infrastructure, un joyau d’une capacité de 15 000 places, a été financée par l’Etat chinois.

Construite en 28 mois par des entreprises chinoises, l’Arène nationale est financée par la Chine pour un montant de 32 milliards de francs Cfa, environ 48,7 millions d’euros. D’ailleurs, sur la plaque installée à la tribune loge, il est bien mentionné : «Don de la Chine».

De là à dire que le mensonge est dans l’Adn même de ce régime, est sa marque de fabrique, et est érigé en véritable système de gouvernement, il n’y a qu’un pas que nous allons franchir allègrement.

Tout le discours officiel est teinté de mensonge. Du coup, la fonction présidentielle est décrédibilisée sous le magistère de Macky Sall, un président sans charisme, très influençable et irrespectueux de ses engagements.

Le Train express régional (Ter) a charrié un torrent de contre-vérités quant à son coût réel. Le ministre en charge du Développement du réseau ferroviaire, Abdou Ndéné Sall, soutient que le coût du train devant relier Dakar à l’Aibd a coûté 568 milliards de francs Cfa, là où le député Ousmane Sonko affirme que le coût global du Ter est de 1 200 milliards de francs Cfa.

Selon Afrika Check, première organisation indépendante de fact-checking en Afrique, «les données disponibles ne nous permettent pas de confirmer le montant de 1 200 milliards de francs Cfa évoqués par le député Ousmane Sonko, mais elles montrent que les marchés attribués jusque-là dans le cadre de ce projet sont de 746,3 milliards de francs Cfa Ttc. En conséquence, les marchés attribués dépassent bien les 568 milliards de francs Cfa annoncés par le ministre».

Le 8 juin 2018, pour clore le débat sur une supposée tension financière des finances publiques, Amadou Bâ a cru devoir répondre à Mamadou Lamine Loum, ancien Premier ministre et également ancien ministre de l’Economie et des Finances, qui avait fait état d’une «tension financière au Sénégal».

Le ministre de l’Economie, des Finances et du Plan réagit au quart de tour et réfute l’existence d’un problème de trésorerie, soulignant que le Sénégal dispose à cette date de 729 milliards de francs Cfa en caisse.

Pourtant, dès le 13 novembre 2018, le gouvernement du Sénégal, par la voix du même ministre, Amadou Bâ, qui présidait la Revue annuelle conjointe de coopération entre le Sénégal et la Banque mondiale, passe à table, avoue et admet les difficultés de trésorerie soulevées par le représentant du Fonds monétaire internationale (Fmi) qui fait état de plus de 115 milliards de francs Cfa en pertes de recettes par rapport aux prévisions de recettes budgétaires de l’Etat du Sénégal. Voilà un Etat qui se déculotte et ravale ses propres et infectes vomissures.

Tout cela vient corroborer les inquiétudes sur le surendettement du Sénégal étalées par Ali Mansour, chef de la mission du Fmi, lors de la dernière Revue de l’Instrument de soutien à la politique économique (Ispe), qui s’alarmait des proportions dangereuses du service de la dette qui augmentait à une vitesse exponentielle, passant de 24 % à 30 % entre 2014 et 2018.

A mesure que s’approche l’élection présidentielle de 2019, la machine à mensonges du pouvoir va tourner à plein régime pour rouler dans la farine les Sénégalais, comme à l’accoutumée, afin d’obtenir leurs suffrages. Mais, cette fois-ci, c’est peine perdue.

Personne ne les croit plus désormais, même lorsqu’il leur arrive – chose rare – de dire la vérité. «Mentez, mentez, il en restera toujours quelque-chose. Il faut mentir comme le diable, non pas timidement, non pas pour un temps, mais hardiment et toujours ». (Voltaire, Lettre à Thiriot, 21 octobre 1736).

Le summum du mensonge d’Etat a été atteint avec la découverte de pétrole au Sénégal avec l’imposture de PetroTim qui ne remplissait aucune des conditions pour obtenir un permis de recherche et d’exploration, le rapport mensonger de présentation du décret présidentiel signé Aly Ngouille Ndiaye, les fausses déclarations de Frank Timis et de Aliou Sall, l’Etat du Sénégal qui dit avoir publié tous les contrats alors qu’il n’en est rien, le choix injuste de Total pourtant moins disant que d’autres majors comme British Petroleum (Bp) ou Cosmos, etc.

Le dernier cas en date de trous de mémoire du chef de l’Etat, remonte à quelques jours seulement. C’était à l’occasion du «Grand entretien» entre le président Macky Sall et les journalistes, le soir du 31 décembre 2018, au palais présidentiel.

Après une interpellation du journaliste Cheikh Yérim Seck qui lui a rappelé que du temps où il était encore un opposant, il avait récusé Me Ousmane Ngom, ministre de l’Intérieur, pour l’organisation des élections, le président Macky Sall, ne laissant même pas le soin au journaliste de finir sa question, a hurlé, jusqu’à mettre à rude épreuve ses cordes vocales, qu’il n’a jamais dit ça. Ah bon ?!

Moins de 24 heures après, la Télévision Futurs Médias (Tfm) dans son édition du «20 heures» du «Jour de l’An», moment de très fort audimat, a apporté le cinglant démenti que tous les gens non-amnésiques attendaient, en sortant de ses archives audiovisuelles un enregistrement daté du mois d’août 2011 où, face aux journalistes Alassane Samba Diop et Barka Bâ, dans l’émission «Et si on en parlait», Macky Sall récusait fermement Me Ousmane Ngom, ministre de l’Intérieur, et même Cheikh Tidiane Sy, Garde des Sceaux, ministre de la Justice.

Quelle honte de voir notre bienaimé président à nous tous, confondu à ce point dans ses errements, rectifié, renvoyé à ses copies et vilainement tourné en bourrique, portant à un niveau jamais égalé la dépréciation de la parole du président de la République, première institution de l’Etat, et qui hélas ne vaut désormais plus un rotin, voire un kopek.

Pape SAMB

papeaasamb@gmail.com

Aube nouvelle ( Par Almamy Abdoul Demba Tall)


8 fois, ce légendaire sénégalais alla à la conquête du Pouvoir.
Il ne le décrocha qu’à la 9é tentative.

Un cas unique de ténacité politique et militaire en Afrique et peut-être dans le monde.

Pourquoi donc, ne devrait t-il pas figurer comme le parfait modèle de persévérance et de patriotisme, pour chacun des candidats de cette Présidentielle?

La raison d’un tel sacrifice; par une si dévorante passion du pouvoir suprême?

Pour cette inoubliable figure en effet; l’énorme injustice sur son peuple, qu’il voulait réparer, en valait juste largement la peine.

Plus remarquable dans sa finale victoire; un succès diplomatique unique en son genre également; puisque toutes les ethnies du Sénégal, sans une seule exception, participèrent activement à sa si longue marche vers le Pouvoir, sur plus de 1.000 kilomètres.

C’est ainsi, qu’à la tête de cette armée à l’unique disparité dans l’histoire africaine; de Mandingues, Diolas, Wolofs, Peuls, Bassaris, Coniagis etc..même de Bagas de Guinée; il arriva enfin devant les contreforts du Fouta-Toro.

Un Fouta alors aux immenses sols fertiles, gibiers en abondance et infinies pâturages, mais sous le joug d’un Farba du Djolof.

Et l’affrontement fut épique.
Après 8 infructueux laborieux assauts sur plusieurs années donc; Koli-Tenguella-BA put accéder enfin au pouvoir suprême du Fouta, et installa sa propre dynastie, en 1459.

Mais pourquoi donc, si loin de sa demeure paternelle des hauteurs du Fouta-Djalon, et avec un si suicidaire acharnement?

Il répondit juste qu’il voulait ainsi satisfaire sa promesse à son père, roi du Fouta-Djalon mort des mains du frère de l’Askia Songhaï.

Par cette conquête du Fouta, se faisait surtout la juste réparation des brimades, graves injustices et humiliantes supertitions, que le peuple Peulh, sans royaume ni État propre, sans Chef ni organisation réelle alors, endura pendant des siècles.

Ces Peulhs, alors sans aucune organisation pour se défendre et se faire respecter; cause de leur chronique errance.

Avec ce seul Koli Tenguella; ne rétablirent-ils pas alors leur honneur; pour fonder enfin leur propre nation ailleurs? Celle des Déniyankés; si forte; qu’elle perdura 317 ans exactement.

Toujours, l’intransigeante détermination d’un seul homme, ne suffit t-il pas pour reconquérir tout ce qu’un peuple, lésé ou trahi, pensait avoir perdu à jamais?
Cet homme; pour le mener vers sa Terre promise, comme Moïse le fit par d’autres moyens?

Et si aujourd’hui, l’inutile gargantuesque endettement, les ruineuses infrastructures, la gabegie étatique, le démantèlement du système démocratique, les surpriorités négligées et la corruption généralisée de la famille régnante, constituaient l’ensemble monstreux, duquel il faut sauver ce Sénégal?

Ce peuple, n’aurait t-il pas besoin, plus que jamais de la même féroce détermination d’un Koli Tenguella, et ses 9 tentatives de conquête du pouvoir pour l’indépendance de son peuple, s’il le faut?

Ce peuple, comme les Peulhs de Koli, n’est pas lui aussi dans une quête d’une nouvelle citoyenneté en vérité?
Ne doit t-il reconquérir cette Terre Promise, qu’il occupe pourtant depuis des siècles déjà, mais presque totalement bradée à d »autres en moins de 7 ans?

Le coup de Jarnac d’une organisation électorale, qui fait déjà pouffer de rire tous les puristes en démocratie de la communauté internationale, découragera t-il ces descendants de guerriers avec ou sans armes, qu’ils sont tous sans exception aucune?

Cette vaste arnaque de ce président, sans Honneur ni Courage dans l’absolu, ne pourra t-elle pas, au contraire; déclencher l’impensable et l’inédit au Sénégal: d’un président qu’on chassa, comme un malpropre, pour la première fois dans l’Histoire?

L’esprit d’une telle prouesse populaire de reconquête de sa Terre Promise perdue; jamais ne se fit aussi palpable dans l’âme des millions de patriotes sénégalais.

Jamais, ils ne s’affichèrent plus déterminés; pour enfanter une Troisième Alternance.
Cet indispensable power-shift; afin que cette année nouvelle soit aussi une aube nouvelle, avant l’apocalypse?

« Le combat contre la tyrannie est toujours victorieux. Tôt ou tard. »: Steve BIKO-Résistant Apartheid.(1947-1977: mort à 30 ans).

« It is so easy and lazy to lead by fear. »: Michelle OBAMA.

Qui sème le vent…! (Par Amadou Tidiane Wone)

La rhétorique guerrière du Président Macky Sall est de plus en plus insupportable ! Il a, et il le dit dans son livre, une haute idée de ses ancêtres …guerriers. C’est son droit. Nous ne sommes pas obligés, pour autant, de nous soumettre à ses diktats sans broncher.

A cet égard, et à un moment qui aurait dû être solennel, car faisant suite à son adresse à la nation, il affirme n’avoir peur de personne.

Même si cette réponse à la question d’un journaliste était relative à deux candidats qui ont subi toutes sortes d’avanies depuis son accession à la magistrature suprême, cela ressemble à une menace.

Nous le prenons comme une bravade. Oublie t-il que la position qu’il occupe, grâce au vote des sénégalais , est un contrat à durée déterminée de 7 ans ? Nous n’oublions pas au demeurant, qu’ il s’était engagé personnellement, à le ramener à 5 ans. Il l’a dit et répété plusieurs fois et en différentes circonstances.

A un point où le Président Sarkozy lui avait fait, malicieusement, la remarque que c’était la première fois qu’il « entendait un Président élu pour sept ans s’engager à diminuer son mandat de deux ans ! » Ah le sarcasme français… C’était donc un engagement. Tellement ferme qu’il a été réitéré à l’occasion d’un message solennel à la Nation…

Par la suite, le Président Macky SALL s’est dédit, prenant prétexte de la Constitution alors que c’était sa parole qui était en question !Et c’est, pour ce qui me concerne personnellement, le point nodal d’une profonde rupture de confiance au regard du manque de courage politique qui nous a valu un référendum inopportun et coûteux.

J’aurais été séduit, si à ce moment-là, le Président Macky SALL avait pris son courage à deux mains et remis en jeu son mandat pour tenir sa parole. Et je n’aurais pas été le seul !

Tant l’acte aurait été grand . Tant il aurait été beau, altier…guerrier ? Il aurait en effet constitué une rupture dans les idées reçues selon lesquelles la parole, en politique, est fausse, factice, évanescente…

Ce premier rendez-vous raté avec la vertu et le courage ne sera pas, hélas, le seul. Tout le septennat finissant aura été le théâtre d’une succession de paroles d’avant contredites par des actes d’après.

Des postures déroutantes voire des impostures quant au fond. Les images et les bandes sonores en attestent. Qu’il me soit lancé le défi de prouver ce que j’avance. Une salle équipée d’un grand écran ferait l’affaire…

Cela étant dit, la division des forces de l’opposition en raison de la multiplication de leaders, plus ou moins représentatifs , est un miroir déformant de la réalité de l’ampleur de la défiance populaire.

Qui n’entend monter une colère sourde porteuse d’une réprobation catégorique des manipulations de la loi, et des persécutions judiciaires à géométrie variable ? Alors même que le mandat finissant devait être celui de « la restauration des valeurs… »

Qui ne se sent outré par la mise en œuvre de la loi sur le parrainage, dans des conditions opaques, avec pour seul objectif de tailler une victoire sans encombres au Président sortant ?
Les jours à venir, la démonstration sera faite, sur tous les fronts, du caractère dangereux et subversif du processus en cours.
En attendant, nous misons encore sur la sagesse des juges de la Cour Constitutionnelle.

Ils ont la lourde responsabilité de veiller à l’égalité des candidats et au traitement équitable des dossiers qui leur sont soumis. Pour cela, ils doivent nous rassurer sur la fiabilité des outils informatiques, ou autres, qui vont servir à fonder leur décision. Aucun doute ne doit subsister à ce sujet.

En outre, l’égalité de traitement de TOUS les candidats à l’élection présidentielle doit être garantie par le système judiciaire sénégalais, dernier rempart contre l’absolutisme. Sinon, nous serions fondé à solliciter l’arbitrage du Peuple souverain.

Cela dit, et pour ce qui concerne la Coalition Hajibou 2019 dont je m’honore de faire partie, l’heure est à la sérénité. Les résultats obtenus, sans tambours ni trompettes, confirment notre conviction que l’agitation n’est pas l’action.

Même dans la lecture des résultats actuels, il apparaît que notre candidat a engrangé des résultats qui le placent juste après les candidats dits confirmés. Alors qu’il n’en est encore rien pour personne.

Et si les recours sont traités avec équité et justice, il ne fait pas de doute que Cheikh Hajibou Soumaré fera partie des candidats à la présidentielle du 24 février 2019. Incha Allah.

Mais nous sommes également conscients que la mère des batailles n’est pas une stratégie de survie individualiste. La vraie bataille c’est d’obtenir, dans l’unité et la détermination, le respect des principes républicains et de la loi par tous et pour tous. L’opposition doit donc serrer les rangs.

Défendre les intérêts supérieurs de notre Nation. Une démocratie majeure repose sur des mécanismes qui fonctionnent indépendamment des humeurs ou d’intérêts partisans. Les règles ne changent pas au gré du vent. Elles doivent être solides et survivre aux orages de la compétition politicienne.

Il va falloir du courage. Beaucoup de courage et de lucidité aux juges de la Cour Constitutionnelle pour nous regarder, les yeux dans les yeux et nous dire le Droit. Dans sa pure interprétation. Nous les attendons. Là. Avec foi et espérance.

Amadou Tidiane WONE

Macky Sall, la France et nos salaires : Les Pyrénées avant Pikine

Ndukur Kacc Essiluwa Ndao
www.ndukur.com

En réécoutant la conférence de presse du président Macky Sall, j’avoue être sous le coup du choc. Manifestement c’est passé inaperçu dans les commentaires. Macky dit que la France aurait payé des salaires pour le Sénégal. Est ce acceptable ? Il donne les « vraies raisons » de l’allégeance à la France. Nous leur sommes redevables. Sucettes contre pétrole.150 millions d’euros.

Et cela justifie tout le reste. Orange qui devait verser plus de 60 milliards de f CFA au titre des taxes sur les appels entrants au Trésor mais le nouvel ami de la France les a épongés.http://www.osiris.sn/Appels-telephoniques-entrants-au.html. La présence de l’armée française, Eiffage,Total, Auchan et Doux (pour liquider l’aviculture locale), le TER, etc.

Les Pyrénées avant Pikine ou Pekesse. C’est une vraie déclaration d’inféodation absolue à la France. Macky reste dans la logique du dessert. Tout comme une bonne partie des pays africains francophones.

En Côte d’Ivoire, la France aurait accordé un appui de 100 millions d’euros pour payer des salaires en 2017 https://www.fdesouche.com/946429-france-paie-salaire-fonctionnaires-ivoiriens. Idem au Gabon via Total qui a payé les salaires des militaires.

https://www.google.fr/amp/s/matindafrique.com/gabon-total-paie-les-salaires-des-militaires/amp/… L’AFD fait pareil au Tchad. 40 millions d’euros de prêt. C’est tout simplement triste.

NKEN

La cour suprême confirme que le rabat d’arret est suspensif.(Par Seybani Sougou)

Depuis quelques heures, les partisans du régime et les avocats de l’Etat s’épanchent dans les médias, affirmant avec une incroyable audace, que la confirmation de la condamnation de Khalifa SALL par la chambre criminelle de la Cour suprême ce 03 janvier 2019 revêt un caractère définitif.

Il convient de préciser que ces affirmations sont totalement fausses, et ne reposent sur aucun argument juridique.
La Cour suprême confirme que le rabat d’arrêt est suspensif en matière pénale

Un éclairage juridique d’une importance capitale sur le rabat d’arrêt, consigné dans un document de 14 pages intitulé « Doctrine » et publié au bulletin d’informations N°5 et 6 de la Cour suprême en décembre 2014 clôt définitivement le débat sur la question.

A la page 112, du document d’une haute portée juridique, intitulé « le rabat d’arrêt devant le juge de cassation », M. Abdourahmane DIOUF, Ancien Avocat Général à la Cour suprême, ancien Directeur du Service de Documentation et d’études de la Cour suprême, et actuel Président de la chambre criminelle de la Cour suprême souligne de manière claire, nette et précise les matières qui permettent de déterminer si un rabat d’arrêt est suspensif ou non.

A la page 112, le Président de la chambre criminelle de la Cour suprême définit les 4 matières pour lesquelles, le rabat d’arrêt est suspensif :

En matière d’état des personnes (divorce, successions par exemple),
En matière de vente immobilière,
En matière de faux incident,
En matière pénale, sauf pour les condamnations civiles ou s’il y a des dispositions législatives contraires.

Le cas de Khalifa Sall relevant de la matière N°4 (matière pénale), un rabat d’arrêt introduit par ses conseils revêt obligatoirement un caractère suspensif. Il n’y a aucune ambiguïté possible à ce niveau.

L’intérêt du document est qu’il met fin à toute possibilité d’interprétation juridique (dévoyée) du rabat d’arrêt, puisque dès l’entame, est mis en exergue « la Position et le rôle de la Juridiction de cassation nationale dans la pyramide judiciaire ». La doctrine reflète donc la position officielle de la Cour suprême sur la requête en rabat d’arrêt.

Cette position de la Cour suprême sur le rabat est une réplique de l’article 36 de la loi organique 2017-09 du 17 janvier 2017, dont les dispositions sont les suivantes :
Article 36 de la loi organique : Le délai de recours et les recours ne sont suspensifs que dans les cas suivants :

En matière d’état des personnes (divorce, successions par exemple),
En matière de vente immobilière,
En matière de faux incident,
En matière pénale, sauf pour les condamnations civiles ou s’il y a des dispositions législatives contraires.

Pour savoir si un rabat d’arrêt est suspensif ou pas, il faut se référer aux dispositions de l’article 36 de la loi organique 2017-09 du 17 janvier 2017. La matière N°4 (matière pénale) de l’article 36 définie à l’article 36 s’applique à Khalifa Sall. C’est la Cour suprême, elle-même, qui le précise sans aucune ambiguïté.

La position de la Cour suprême est confortée par l’article 52 de la loi organique de la loi organique 2017-09 du 17 janvier 2017 « La requête en rabat d’arrêt est présentée par le procureur général ou déposée par les parties elles-mêmes au greffe de la Cour suprême, à peine d’irrecevabilité, dans le délai d’un mois suivant la notification prévue à l’article 49 du dernier alinéa. Les dispositions des articles 32 à 42 de la présente loi organique sont applicables aux procédures en rabat d’arrêt déposées par les parties ».

Il faut lire attentivement l’article 52 qui précise que « les dispositions des articles 32 à 42 de la loi organique s’appliquent aux procédures en rabat d’arrêt ».

Entre l’article 32 et l’article 42, il y a l’article 36 qui précise que le rabat d’arrêt est suspensif en matière pénale (matière N°4). Il y a une parfaite correspondance entre la position de la Cour suprême (le rabat est suspensif en matière pénale aux termes de l’article 36 « matière N°4 ») et le contenu de l’article 52, dont un alinéa précise que « l’article 36 s’applique aux procédures en rabat d’arrêt ».

Pourquoi le rabat d’arrêt est-il suspensif en matière pénale ?

A la page 104 du document de la Cour suprême, le rabat d’arrêt est défini comme « la mise à néant par la juridiction de la décision qu’elle a rendu, lorsque celle-ci est entachée d’une erreur manifeste, résultant, dans la procédure, d’une défaillance de service et donc, non imputable aux parties, et ayant affecté la décision rendue par le Juge de cassation ».

Tout le monde se souvient que dans l’affaire Karim WADE, le Procureur Général près le Cour suprême, Badio CAMARA avait, introduit une requête en rabat d’arrêt, pour « annuler » la décision de la Chambre criminelle de la Cour suprême en date du 06 février 2014, qui déclarait recevable, le recours de Karim Wade contre l’ordonnance de la commission d’instruction de la Cour de Répression de l’enrichissement illicite du 17 Mars 2013.

Les chambres réunies ont réduit à néant la décision de la chambre criminelle (le recours de Karim Wade à l’origine recevable, est devenu irrecevable, avec le rabat d’arrêt de M.Badio CAMARA).

C’est donc la preuve définitive que le rabat de Khalifa SALL peut conduire à un anéantissement de l’arrêt de la Cour suprême du 03 janvier 2019, d’autant que la composition de la Chambre criminelle a violé l’article 10 de la loi organique N°2017-09 du 17 janvier 2017 qui dispose que « les chambres doivent obligatoirement siéger en nombre impair ».

La chambre criminelle de la Cour suprême ayant siégé le 20 décembre 2018 (date à laquelle l’affaire a été débattue et où les observations orales des parties ont été recueillies), la violation de l’article 10 de la loi organique est consommée dès le 20 décembre 2018 et ne peut en aucun cas être régularisée au moment du délibéré (retirer ou ajouter un conseiller n’y change strictement rien).

Compte tenu des éléments précités (caractère suspensif du rabat d’arrêt qui est confirmé par la Cour suprême, et certitude que la décision du 03 janvier 2019 soit mise à néant, si le Droit est dit, en raison de l’irrégularité de la composition de la chambre criminelle de la Cour suprême qui a siégé le 20 décembre 2018, en nombre pair), il n’y a aucune possibilité, à ce stade, que la décision de la Cour suprême du 03 janvier 2019 (qui n’est pas définitive) soit notifiée au Conseil Constitutionnel, de façon à permettre une élimination de la candidature de Khalifa SALL aux élections présidentielles à venir.
Le débat sur le caractère suspensif du rabat d’arrêt est clos par la Cour suprême. Définitivement.

Pour éliminer Khalifa SALL, aux présidentielles de 2019, il va falloir « inventer une nouvelle forfaiture ».
Seybani SOUGOU – E-mail : sougouparis@yahoo.fr

Président, un peu de hauteur ne vous ferait pas de mal ! Par Momar Diongue

Dans la communication présidentielle, nouvel an rime avec nouvelle anomalie. Et le scénario de ce 31 décembre est pour le moins inédit. Après avoir sacrifié au traditionnel discours du Nouvel An, le Président Macky Sall a donc jugé bon de tenir dans la foulée une conférence de presse.

Qu’il ait décidé de s’exprimer à travers la presse de son pays, est en soi une bonne chose. C’est sans doute une manière de corriger sa propension à recourir très souvent à la presse étrangère sur tous les sujets d’importance, comme récemment sur France 24. Il n’en reste pas moins que sa rencontre de ce 31 décembre avec la presse, aussitôt après son message de Nouvel An, est une maladresse, à tout le moins une anomalie dans sa communication.

Pourquoi a-t-il décidé de rompre brusquement avec un moment aussi solennel que l’adresse du chef de l’Etat à la Nation ? Pourquoi passer, en deux temps trois mouvements, de la sacralité des vœux du Nouvel An au très classique jeu de questions/réponses avec les journalistes ? Pourquoi ne pas avoir laissé aux Sénégalais le temps d’apprécier et de digérer le contenu pourtant très intéressant de son discours de fin d’année, plutôt que d’embrayer sur des sujets à polémique ?

La réponse à toutes ces questions coule de source. C’est parce qu’il vit tellement sous la hantise de la prochaine présidentielle et qu’il est tellement obsédé par l’obtention d’un second mandat qu’il communique à tout-va.

Seulement, mal lui en a pris ce 31 décembre. Car, autant il a pris de la hauteur dans son discours du Nouvel An en dressant de manière détaillée et presque exhaustive le bilan de son action en sept ans de magistère et en se projetant même sur l’après-2019 avec l’esquisse de ces « cinq initiatives majeures », autant il est descendu de son piédestal en évoquant des sujets à controverse lors de sa rencontre avec les journalistes.

Autant il s’est montré proactif dans son rituel de fin d’année, autant il a été réduit à la défensive lors de sa conférence de presse.

Dire que son exercice était plutôt réussi et qu’il en avait suffisamment dit sur son action et ses intentions qu’il n’avait aucunement besoin d’en rajouter dans un face-à-face avec la presse.

Aucun de ses prédécesseurs n’a eu à le faire. Lui-même ne l’avait jamais fait en sept ans de présidence.

Pourquoi diantre cet exercice où il a été par moments dans une posture peu avantageuse alors que, juste une heure avant, il venait de délivrer une brillante adresse à la Nation ?

On l’a d’abord senti passablement énervé sur une question à propos du non-respect de sa promesse de ne jamais prendre un décret nommant son frère Aliou Sall à une fonction.

Il a dû ensuite se défendre, sans être vraiment à l’aise, sur le choix du responsable « apériste » Aly Ngouille Ndiaye au ministère de l’Intérieur. De même qu’il a dû couper court, sur un ton ferme, à l’éventualité de son départ de ce ministère, s’exposant ainsi aux attaques de l’opposition qui le réclame depuis belle lurette.

Enfin, il a surtout eu la maladresse de nier avoir exigé en 2012 le départ du ministère de l’Intérieur d’Ousmane Ngom, alors responsable politique au Pds.

Pitié ! Quel désastre sur son image que cette vidéo du Président qui affole depuis lors la toile et dans laquelle, il réclamait avec véhémence à son prédécesseur le départ d’Ousmane Ngom du ministère de l’Intérieur !

Et pour ne rien arranger, la presse de ce mercredi 2 janvier, plutôt que de mettre l’accent sur son discours réussi, a fait ses choux gras sur ses saillies belliqueuses.

« Je n’ai peur de personne », a ainsi titré un journal à gros tirage. « Macky dit ses vérités et tacle ses adversaires », a renchéri un autre journal de la place.

Quel gâchis donc que ce premier exercice de com’ de l’année 2019 qui était parti pour être une vraie réussite ! La faute peut-être à son entourage qui n’aura pas anticipé les effets pervers de ce qui était présentée comme « une grande innovation ».

La faute aussi à Macky Sall lui-même pour avoir vite remisé son costume de Président pour enfiler son manteau de politicien. Résultat : le candidat Macky Sall a vite vendangé les bons points que le président de la République avait engrangés un peu plus tôt.

Mais c’est à croire qu’il a agi de la sorte par simple superstition. Car, il y a sept ans, exactement le 31 décembre 2011, il s’était livré avec bonheur au même exercice.

Le hasard a fait que j’en étais moi-même partie prenante. Ce fut sur le plateau de la 2STV où Pape Alé Niang m’avait invité à interroger en sa compagnie le candidat Macky Sall, alors porte-étendard de la coalition « Macky 2012 ». Ce jour-là, le message à la Nation du Président Wade connut un gros retard et fut un véritable flop.

Et le candidat Macky Sall s’en était alors donné à cœur joie. Arguant que cet énorme raté du Président Wade était symptomatique de la faillite de son régime, non sans décliner avec force détails le programme alternatif qu’il proposait aux Sénégalais.

Son opération-séduction, reconnaissons-le, avait été à l’époque une grande réussite. Elle était même pour beaucoup dans son élection trois mois plus tard.

Hélas, Macky Sall n’a pas compris que le contexte et sa posture ne sont plus les mêmes. A l’époque opposant, il avait le beau rôle. Alors qu’aujourd’hui, sa position est moins aisée, en tout cas plus délicate.

Il y a sept ans, le moment de la séduction était pour lui après le message raté de Wade à la Nation. Alors que ce 31 décembre 2018, la séduction ne pouvait opérer qu’à l’instant de son message du Nouvel An et pas après.

Pour ne l’avoir pas compris, Macky Sall a d’abord commencé par survoler les débats, écoeurant sans doute ses adversaires qui ne pouvaient que le regarder, impuissants, lister ses réalisations depuis qu’il est à la tête. Hélas, il est vite retombé de son piédestal, dès qu’il a repris sa casquette de politicien.

Or, le constat est patent : les sorties du président-politicien, comme aime à le qualifier Mody Niang, manquent très souvent de hauteur. Y penser de temps à autre lui ferait le plus grand bien.

Par Momar DIONGUE

Macky et le péché d’orgueil ( Par Yoro Dia)

Tellement confiant, il veut convaincre l’opinion et les électeurs que la présidentielle de 2019 n’est qu’une simple formalité – Un bon bilan, c’est très important, mais jamais suffisant pour une réélection où Idy joue son va-tout et Sonko, son atout

Dans son traditionnelle adresse de fin d’année, le président de la République n’a consacré que quelques minutes à la prochaine présidentielle qu’il a reléguée volontairement à la fin du discours. Il est tellement confiant et veut convaincre l’opinion et les électeurs que la présidentielle de 2019 n’est qu’une simple formalité. Cette stratégie est un couteau à double tranchant.

Elle est efficace si la volonté de Macky Sall est d’enfermer les Sénégalais dans ce que Elisabeth Neumann appelle «la spirale du silence», c’est-à-dire convaincre que c’est gagné d’avance et faire rallier à sa cause les sceptiques, car l’individu veut toujours être du côté de la majorité.

Si cette confiance que Macky Sall veut contagieuse relève du péché d’orgueil, le premier tour risque de révéler des surprises. Les électeurs ne veulent jamais qu’on leur présente une élection comme gagnée d’avance.

L’électorat se comporte toujours comme une belle dame : elle veut être courtisée. Le péché d’orgueil est le cimetière de beaucoup de grands hommes politiques.

En 1992, aux Etats-Unis, Georges Bush père, vainqueur de la guerre d’Irak avec la plus grande coalition depuis la guerre froide, réussite qui a aussi entraîné la prouesse de générer la chute du mur de Berlin, la dislocation de l’Union soviétique et du bloc de l’Est, va perdre la présidentielle face à un inconnu du nom de Clinton, obscur gouverneur de l’Arkansas.

En France en 2002, Lionel Jospin, avec un excellent bilan et sans casserole, mordra la poussière face à un Chirac sans bilan et avec beaucoup de casseroles.

Jospin, par péché d’orgueil, avait pris le premier tour pour une simple formalité. Un bon bilan, c’est toujours très important, mais jamais suffisant pour une réélection où Idrissa Seck joue son va-tout et Sonko son atout.

Le parrainage et les candidatures publicitaires

Le seul problème du parrainage est le défaut de consensus politique, mais c’est une excellente idée. Le parrainage est un filtre démocratique entre les candidatures sérieuses et celles publicitaires qui créent un brouillage politico-médiatique dans l’espace public. Nous sommes partis de plus de cent candidats, qui ont retiré des dossiers, à vingt-sept dépôts au Conseil constitutionnel.

Et après le filtre du Conseil constitutionnel, on va probablement se retrouver avec une dizaine de candidats. Le parrainage est un filtre démocratique et il est politiquement et moralement plus acceptable que le filtre financier.

Un filtre financier, par exemple, demander une caution de 200 millions ou 500 millions, va créer un «sens caché» comme dit Daniel Gaxie, c’est un régime censitaire fondé sur l’argent et non pas sur la popularité et les idées.

Il faut que l’Etat aille plus loin pour limiter à l’avenir les candidatures publicitaires, en faisant précéder le dépôt de la caution au retrait du dossier et en retenant 50% de la caution pour ceux qui n’auront pas réussi à passer le filtre du parrainage.

Ainsi, dès le début du processus, nous n’aurons que les candidatures sérieuses et le débat ne serait pas pollué par les candidats publicitaires qui savent qu’ils n’iront pas jusqu’au bout, mais profitent de l’occasion pour avoir leur heure de gloire ou se positionner et marchander leur ralliement.

France : La castration de Jupiter

Pour son discours de fin d’année, le président français s’est voulu «offensif» pour reprendre l’initiative qu’il avait perdue face aux gilets jaunes, mais il n’a pas réussi et ne réussira probablement pas. Un ressort s’est brisé.

Le peuple français, ce peuple rebelle, adepte plutôt des révolutions que des réformes, a réussi la prouesse de castrer Jupiter. La révolte des gilets jaunes va être le tournant du quinquennat. «Le vrai caractère perce toujours dans les grandes circonstances», disait Napoléon Bonaparte.

La révolte des gilets jaunes a créé des circonstances exceptionnelles qui ont montré le vrai caractère de Macron, c’est-à-dire un manque de caractère, contrairement au Général de Gaulle face à la furie de Mai 68. Macron a trop tôt capitulé face aux gilets jaunes et s’en rend compte aujourd’hui.

Avec la castration de Jupiter, la France rate encore une belle occasion de se réformer. Le mythe Macron s’est effondré. Il n’aura plus suffisamment de légitimité pour entreprendre les grandes réformes qu’il avait promises aux Français.

Il va ainsi passer de l’omnipotent Jupiter à simple «résident» du palais de l’Elysée. Le reste du quinquennat risque d’être aussi long que celui d’un président en cohabitation.

Macky ça passe ou ça remplace Khalifa (Mame Birame Wathie)

L’année 2018 tire à sa fin et, pratiquement, aucun Sénégalais ne se fait d’illusion quant aux lugubres perspectives qu’annonce 2019.

Par la faute du président SALL, qui a décidé de torpiller les règles qui lui avaient jadis permis d’être magnifiquement élu, le Sénégal caresse la crise et flirte avec le péril.

Pourtant, ce n’est pas qu’à la démocratie que Macky SALL a infligé de méchants coups. Karim WADE, Khalifa SALL, Ousmane SONKO, Barthélémy DIAS, Aida NDIONGUE, Imam NDAO…, la liste des victimes de sa justice peut remplir cette page. Et avec tous ces opposants qu’il a malmenés durant ces sept dernières années, ple leader de l’APR est à quitte ou double.

Réélu, Macky SALL pourrait lorgner un troisième mandat comme le subodorent certains. Mais, battu à la prochaine présidentielle, le leader de l’APR remplirait toutes les conditions pour prendre la place de Khalifa SALL à Rebeuss.

« Macky SALL fait appel à 15 avocats ». Cette phrase a fait, cette semaine, la Une de deux quotidiens et a été utilisée comme titre par de nombreux sites internet. L’organisateur de l’élection présidentielle du 24 février prochain s’est donc hasardé à recruter un pool d’avocats pour la prise en « charge de tout contentieux électoral, de requêtes et d’éventuels recours ».

Certaines diraient « khalass » ! D’autres demanderont « ki koumou yab » ! On te donne les moyens d’organiser un scrutin transparent, tu vas enrôler des avocats.

Si ce n’est pas un aveu, la maladresse n’a pas encore quitté Macky SALL et ses partisans. C’est comme quand Aly NDIAYE alias « magouille » affirmait qu’il ferait tout son possible pour que son patron rempile à la tête de l’Etat.

Mais, 15 avocats ne suffiront pas à défendre Macky SALL. Ce n’est pas par hasard si ceux-ci ferment la marche de son dispositif déjà bien huilé avec des commandes de véhicules blindés et d’engins anti-émeutes aussi secrètes que multiples.

Les manifestants, qui ont déjà gouté au gaz lacrymogène des forces de l’ordre, ont senti que beaucoup d’argent a été investi par le régime pour le rendre encore plus piquant.

Et si les populations, qui ne peuvent même pas compter sur les fameux ASP, sont dans l’insécurité au quotidien, le régime s’est doté de moyens à même de rendre leurs complaintes inaudibles.

Au mois de février dernier, le président de la République a remis les clefs de nombreux véhicules de patrouille et de transport de troupes et une dizaine d’ambulances médicalisées à la Police et à la Brigade nationale des sapeurs-pompiers.

Au mois de septembre passé, c’est 65 engins blindés anti-émeutes venant du pays d’Erdogan qui ont été réceptionnés au Port autonome de Dakar.

Et il ne s’agit là que des dernières acquisitions dévoilées de Macky SALL. La lutte contre le terrorisme en bandoulière, le fallacieux prétexte qui justifie toutes les forfaitures, il a caporalisé le régime.

Le conflit électoral n’attendra pas la proclamation des résultats du scrutin. Macky SALL le sait mieux que quiconque et se prépare à toute macabre éventualité.

La liste définitive des candidats retenus pour briguer le suffrage des Sénégalais n’est même pas encore arrêtée que les voix s’élèvent pour davantage faire dans la dénonciation.

Invitée ce dimanche de l’émission Remue-Ménage de la RFM, Amsatou SOW SIDIBE a tiré la sonnette d’alarme. «Il se trouve que le fichier électoral, nous ne l’avons pas eu à temps. Donc nous n’avons pas pu nous fonder sur le bon fichier électoral pour faire le parrainage,

là où Benno Bokk Yakaar a eu le bon fichier. Et voilà pourquoi dans cette dictée préparée, on nous fait savoir que Benno Bokk Yakaar et son candidat ont zéro faute. Tout est bon avec eux, et pour les autres, tout est presque mauvais. Donc cela pose problème.

Voilà pourquoi nous demandons qu’on s’arrête, qu’on s’asseye autour d’une table avec tous les acteurs pour réorganiser ces élections, qui ne peuvent pas avoir lieu concrètement le 24 février 2019. La date doit être reportée si on veut que le Sénégal reste un havre de paix et demeure dans la stabilité », a-t-elle déclaré.

Une méfiance totale des opposants vis-à-vis du Conseil constitutionnel qui a le dernier mot en amont et en aval. Pourtant, les sept « sages » qui se sont jusqu’à présent montrés très reconnaissants n’ont pas fini d’étaler toutes leurs grâces. C’est l’étincelle qu’ils agitent qui risque de mettre le feu aux poudres.

La baguette magique qui leur a permis de trier les bonnes signatures des mauvaises en si peu de temps, n’éblouit pas Pape DIOP encore moins Abdoul MBAYE. Et si Khalifa SALL et Karim WADE ont pu passer entre les mailles du filet, c’est que la grande nasse n’est pas encore déployée.

Pour Macky SALL, la donne parait claire. Plus que la hantise de la perte du pouvoir, il n’est pas question qu’un des responsables qu’il a martyrisés lui succède en avril prochain.

Les chefs d’accusation qui ont conduit Karim WADE, Khalifa SALL, Aida NDIONGUE et bien d’autres en prison pourraient bien être brandis contre lui. Ce ne serait que, dans le cadre de la traque aux biens mal acquis, la continuité de l’Etat.

Mame Birame WATHIE

L’Art de mentir en politique ( Par Alassane Kitane)

Lorsqu’un cadre de l’APR, invité sur un plateau de télévision, affirme « nous avons trouvé 28 km d’autoroute, nous en avons construit plus de 200 km », il fait un mensonge vrai

1. Une des techniques du mensonge politique est le brouillage de l’information qu’on véhicule soi-même : parler de façon générale, tout en veillant à ce que son discours soit ambigu et mutilé sur ses points faibles.

Illustration : Lorsqu’un cadre de l’APR, invité sur un plateau de télévision, affirme « nous avons trouvé 28 km d’autoroute, nous en avons construit plus de 200 km », il fait un mensonge vrai.

Cela veut dire que son affirmation est vraie de façon formelle, mais il s’agit d’une vérité formelle au service d’une volonté sourde de mentir et de cacher la réalité des faits.

Ces faits sont ici que 200 km d’autoroute hors de Dakar ne sont nullement comparables à 28 km à l’intérieur de Dakar, encore qu’il importe de préciser que l’autoroute Dakar AIBD est un projet d’État structurant qui n’a rien à voir avec l’accession de Macky Sall au pouvoir.

Lorsque le même invité dit sur le même plateau que les prix du gaz et de l’huile ont baissé depuis 2012, il occulte sciemment la différence objective des données de base : le prix du baril de pétrole était à un niveau deux fois supérieur à son prix entre 2013 et 2018. De 111,66 dollars en 2012 ( 108,64 en 2013 ; 99,02 en 2014 ; 52,36 en 2015 ; 43,55 en 2016 ; 54,25 en 2017 à 72,29 en 2018).

On passe sous silence le fait que 2012 était dans le monde entier une année de reprise timide voire de récession continue, car on venait juste de sortir de la crise financière de 2008-2012.

Les anglophones parlent jusqu’à présent de « GreatRecession » pour marquer le caractère très aigu de cette crise ! Comment peut-on comparer l’inflation durant cette période à la situation des prix entre 2012 et 2018 ?

La crise financière de 2008 à 2012 rendait négatif ou nul le taux de croissance des pays les plus puissants (-2.78 % en 2009 à 2.22% en 2012 pour les États-Unis et pour la France -2.14% en 2009 à 0.18 % en 2012) à fortiori celui des pays pauvres.

Là également c’est clair que la baisse ou la hausse du taux de croissance d’un pays très dépendant comme le nôtre ne peut nullement être imputé aux seuls facteurs internes, mais le discours politique occulte une telle vérité.

2. L’ahurissant et l’émotionnel pour chasser le logos. Puisque le peuple « sent bien plus qu’il ne raisonne » (Tocqueville), l’homme politique fait de la sensibilité du peuple son terrain de jeu favori.

Pour ce faire, il suffit d’accabler ses adversaires politiques des plus grands crimes contre le peuple, ce qui permettra deux choses à la fois : les discréditer auprès de ce peuple et légitimer les procès iniques qu’on intente contre eux pour « venger » le peuple.

La meilleure façon de se débarrasser d’un adversaire gênant en politique, c’est de le faire passer pour ce que le peuple déteste le plus.

Et la façon la plus habile de clore le débat sur la malfaisance de ses adversaires ou sur la bienfaisance de ses partenaires, c’est d’user de ce qu’on appelle les pétitions de principe : ce qui doit être démontré ou soumis à un débat contradictoire est présupposé comme définitif, acquis, indiscutable.

La femme politique qui excelle dans cet exercice a été, à plusieurs reprises, accusée par un célèbre chroniqueur d’avoir falsifié son CV en s’attribuant des diplômes qu’elle n’a jamais eus.

Illustration : La diabolisation des adversaires politiques de Macky par des canaux alliés de la presse ou par l’instrumentalisation de la justice.

Ceux qui ont lu, ne serait-ce que la table des matières, du manuel de Henry Institoris Kramer (Malleus Maleficarum ) peuvent s’exempter de lire les chefs d’inculpation contre Karim Wade et Khalifa Sall (deux procès pourtant totalement différents).

Kramer rendait impossible l’innocence des « sorcières » qu’il traquait par les questions qu’on leur posait sous la torture (à la fois psychologique et physique).

La première étape de l’inquisition contre l’accusée était qu’elle devait prouver son innocence ! (Comment peut-on prouver qu’on n’est pas sorcière ?). C’est exactement comme ça que la CREI fonctionne. Et le pire est que l’accusée ne pouvait nullement être défendue, car la défendre, c’est courir le risque de passer pour un serviteur du diable !

La deuxième étape de la procédure était de trouver un lien avec le diable ou un évènement suffisamment confus pour prouver sa culpabilité (telle marque sur son visage, tel regard suspect porté sur une de ses victimes, tel cadeau fait à telle personne tombée malade depuis, etc.).

Sous l’effet de la torture, on exigeait des noms de complices, quitte à pousser la victime à en inventer. Aujourd’hui la torture physique est rare, mais celle psychologique est exercée à outrance par le biais des médias.

3. La dénégation (miim en wolof). Les grands tricheurs parmi nos élèves savent parfaitement jouer avec la psychologie des surveillants : de suspects ou coupables, ils passent habilement au statut d’accusateurs ; ils sont désormais les victimes d’un acharnement arbitraire de la part des surveillants et professeurs.

C’est une véritable dialectique des rôles qui s’opère par ce procédé à cheval entre la psychologie et l’ensorcellement. Sans la moindre once de vergogne, les maniaques de la tricherie chargent les surveillants et se montrent particulièrement virulents et bruyants pour absoudre leur forfait. Le pire est que, comme tout menteur, ils finissent par croire à leurs propres mensonges. Le régime qui nous gouverne excelle dans ce jeu avec une dose de cynisme indigne d’un homme d’État.

Illustration : Quand l’affaire PETROTIM a éclaté, pour l’étouffer, un des mis en cause a accusé Wade d’acharnement et l’a même menacé de plainte ! Avec l’affaire du PRODAC, la stratégie a été la même : les fautifs sont ceux qui soulèvent ces cafards. Le trésor public est ainsi délesté de plusieurs milliards, mais le simple fait de l’évoquer apparait comme un crime de lèse-majesté.

Nous sommes aujourd’hui dans une situation très paradoxale : une démocratie dans laquelle la justice, au lieu d’être un contre-pouvoir de l’exécutif lui sert d’instrument pour étouffer tout contre-pouvoir ! L’affaire des fonds russes (1,5 million de dollars US) utilisés pour déstabiliser un régime n’ a jamais fait l’objet d’une information judiciaire, au contraire ceux qui se sont aventurés à en parler ont vite été menacés de poursuites judiciaires.

PAR ALASSANE KITANE

“Franc CFA: 73 ans de servitude volontaire pour nos 14 pays d’Afrique“


Créé le 26 décembre 1945 par le Général Charles de Gaulle, le franc CFA, qui signifiait alors, tenez vous bien, le franc des Colonies Françaises d’Afrique, fête son anniversaire aujourd’hui.

Cette trop vieille monnaie coloniale a 73 ans, et est toujours en circulation dans 14 Etats d’Afrique de l’Ouest et d’Afrique Centrale, en dépit de l’accession à l’indépendance de ces pays, pour la plupart, dans les années 1960.

Certains Etats et territoires ont su logiquement se libérer de cette domination coloniale :

1960 : la Guinée quitte et commence l’émission de francs guinéens ;
1973 : Madagascar quitte la zone et commence à émettre sa propre monnaie
1973 : la Mauritanie quitte, remplaçant le franc par l’ouguiya ;
1974 : Saint-Pierre-et-Miquelon quitte pour le franc français ;
1975 : La Réunion quitte pour le franc français ;
1976 : Mayotte quitte pour le franc français ;

Beaucoup d’autres pays ne sont pas pressés de se défaire de ce joug français et assument même cet état de servitude, en devenant des potagers de la France et du monde.

C’est le cas édifiant du Mali qui quitta le franc CFA en 1962 pour le réintégrer en 1984 ;
Le Sénégal, le Gabon, la Côte d’Ivoire, le Bénin, le Burkina Faso… qui jouent à la perfection le rôle d’attaché de presse pour défendre la monnaie coloniale contre les intérêts de leur peuple ;

D’autres comme le Togo, le Cameroun, le Tchad, la Guinée Equatoriale… sombrent inexorablement vers des régimes autoritaires, antidémocratiques, voire dictatoriaux.

Le constat est sans appel : le bilan de cette monnaie coloniale est extrêmement nocif et délétère pour les millions d’Africains.

Pourtant, excepté Sylvianus OLYMPIO, Modibo KEITA et Thomas SANKARA, depuis les années 60, aucune organisation internationale sur le continent noir, aucun leader politique africain n’ont proposé une feuille de route ou une initiative sérieuse pour libérer nos pays du franc CFA et de la domination étrangère.

Il est donc grand temps que les populations se mobilisent réellement pour en finir avec cette anomalie géopolitique qui dégrade continuellement l’image de l’Afrique face au reste du monde.

C’est ce que cherche modestement à faire comprendre notre collectif Sortir du franc CFA. Bien sûr, nous ne souhaitons pas un bon anniversaire au franc CFA, cette monnaie coloniale.

Makhoudia DIOUF
Coordonnateur du Collectif Sortir du franc CFA

Email : contact@sortirdufranccfa.fr

Mamadou L Diallo : Après le Xaware du Gcp, l’ajustement structurel commence en 2019


Macky Sall annonce en grande pompe avoir obtenu 7356 milliards alors qu’il demandait 2850 milliards aux partenaires de l’aide bilatérale et multilatérale pour son programme de soutien aux entreprises étrangères, PSE.

Il est bon de savoir que l’Afrique piégée dans la pauvreté est divisée en deux : les pays à table ronde du PNUD et les pays à groupe consultatif de la Banque mondiale. Le Sénégal fait partie du second, Macky Sall en est fier hélas.

Les annonces du Groupe consultatif ne sont pas des engagements de financements. C’est un défaut de coordination qui a conduit à ces annonces sans fondement qui multiplient par trois le gap de financement.

Les ajustements entre bailleurs se feront lors des engagements qui donnent lieu à des conventions juridiques de financements.

Pour l’instant, Macky Sall cherchait un coup de pouce politique, les partenaires ont envoyé un signal flou : gonfler les annonces de contribution et ne pas envoyer leurs entreprises au forum du secteur privé dans lequel la vedette était Cheikh Amar.

De toute façon, ces annonces, c’est l’équivalent de 300 francs CFA par habitant par jour. Or, les décaissements qui en résultent et qui profitent au pays reviennent à 5% des annonces, au finish 15 francs par sénégalais.

Le jour où les occidentaux croiront à l‘économie sénégalaise, ils enverront leurs entreprises participer à l’industrialisation du pays. Tous les participants le savent, la mobilisation des recettes budgétaires est le véritable problème macroéconomique du Sénégal.

C’est pourquoi la Banque mondiale annonce un appui budgétaire de 104 milliards au Trésor sénégalais, c’est cela le début de l’ajustement structurel que j’avais annoncé, du cash contre des réformes imposées au peuple !
En attendant, Joyeux noël à toute la communauté chrétienne.
Mamadou Lamine Diallo

Idrissa Seck et le chantier de la gouvernance ( Mamadou Mouth Bane)

Idrissa Seck a compris le problème du Sénégal et des Sénégalais. Il a diagnostiqué le mal du pays, du Nord au Sud, d’Est en Ouest, et a compris de quoi souffre le pays.

La différence entre les médecins, ce n’est pas le remède qu’ils prescrivent à un malade, mais plutôt le processus de diagnostic qui permet de détecter la pathologie à l’origine du mal dont souffre le patient. Si ! Ngorsi a le profil de l’emploi.

Idrissa Seck, après avoir assumé les fonctions de ministre du Commerce, ministre d’Etat-Directeur de Cabinet du président de la République, Premier ministre, chef de parti de l’Opposition «Rewmi», classé en seconde position lors de la Présidentielle de 2007 et, aujourd’hui, parmi les leaders intransigeants et inflexibles de l’Opposition face à Macky Sall, après avoir fait le tour du Sénégal, dans ses profondeurs pour écouter les Sénégalais, semble être le médecin qui a réussi le diagnostic pour tirer la conclusion que «le chantier qu’il faut lancer, c’est celui de la GOUVERNANCE».

Véritablement, nous pouvons reconnaître et accepter que le médecin Idrissa Seck a compris l’origine de la pathologie, ses effets ; donc, les Sénégalais peuvent faire confiance en ses remèdes. Il est préparé à assumer la fonction présidentielle. C’est l’expérience qui fait la différence…

Depuis 1960, le Sénégal a pataugé, puis s’est noyé dans la pauvreté qui s’est finalement incrustée dans notre ADN. La situation précaire que vivent les Sénégalais, l’échec répété des politiques publiques depuis 58 ans et ses conséquences socialement dramatiques, donnent l’impression que la pauvreté est de nationalité sénégalaise.

Or, à l’image de la Somalie, du Rwanda, de l’Afrique du Sud, de la Malaisie, du Maroc, le Sénégal peut bel et bien sortir de cette pauvreté têtue qui résiste à toutes nos lamentations quotidiennes.

La solution n’est pas dans le surendettement, surtout lorsque celui-ci ne produit aucune richesse en contrepartie. C’est une lapalissade de dire que la dette n’est utile que lorsqu’elle sert à produire de la richesse. Macky l’ignore…

Idrissa Seck a bien raison, la solution du Sénégal se trouve dans le chantier de la GOUVERNANCE, parce que, la mal-gouvernance, tel un cancer, a gagné tous les organes de la République. Ses animateurs corrompus en sont les principaux responsables.

La mal-gouvernance est judiciaire, politique, économique, sociale et même culturelle. Le candidat qui s’engage sur le chantier de la bonne gouvernance semble être le seul à avoir compris le mal du pays.

Le Sénégal aborde un virage qu’il faudra bien négocier avec un homme expérimenté, sérieux, compétent, décomplexé, vertueux et attaché aux valeurs de la République.

Demain, notre pays sera invité aux banquets des pays producteurs de pétrole et de gaz, en présence des multinationales dirigées par des acteurs sans état d’âme.

Pour s’en sortir victorieux, il lui faut un président de la République qui comprend les enjeux internationaux, la géopolitique des intérêts interétatiques, à travers l’Afrique et le monde, et qui ne va jamais mettre les intérêts de ses amis et de son clan au-dessus de l’Etat.

Le tintamarre dans les médias et les réseaux sociaux n’est pas la solution, et l’homme qui sauvera ce pays, c’est celui qui aura compris avant d’être investi aux fonctions présidentielles.

Comprendre pour agir… Alors, Idrissa Seck a bien raison : le véritable chantier qu’il va falloir engager, en urgence, c’est celui de la GOUVERNANCE.

Le Sénégal au cœur … de la tourmente électorale (Niokhor Tine)


À un peu plus de 2 mois du scrutin fatidique du 24 février prochain, le tohu-bohu lors du dépôt des candidatures au siège du Conseil constitutionnel, en vue des prochaines présidentielles, semble être annonciateur de troubles pré-électoraux de plus grande ampleur.

Comment ne pas être inquiet, en effet, quand pour un simple dépôt de candidatures aux prochaines présidentielles, on assiste à d’épiques séances de pugilat entre d’importantes autorités du pouvoir et de l’Opposition (ministres, députés…), qui n’ont aucun scrupule à se livrer à des querelles de chiffonniers, à de violentes bagarres nécessitant l’intervention de la Gendarmerie Nationale.

Mais ce ne sont là que les premiers effets de la loi scélérate sur le parrainage. Cette situation regrettable et inédite dans notre pays est révélatrice du degré de déliquescence de nos mœurs politiques, entamée sous l’ère Wade et accentuée depuis l’accession de son successeur au pouvoir.

Depuis la survenue de la première alternance démocratique de 2000, la classe politique sénégalaise pensait en avoir fini avec les fraudes électorales.

Mais depuis lors, on a surtout assisté à une aggravation de la perversion des mœurs politiques avec le phénomène honni de la transhumance, la poursuite du clientélisme politicien et la prise en otage des Institutions.

Le régime de Benno Bokk Yakaar, quant à lui, fait preuve, depuis le début, d’une obsession quasi-maladive de conservation du pouvoir, en faisant fi de traditions républicaines bien assises, à l’origine de dérives liberticides, qui menacent la stabilité de notre pays.

Pour arriver à ses fins, le pouvoir use aussi de recettes propagandistes dignes des régimes totalitaires, d’où cette propension à travestir la réalité socio-économique, à procéder à des inaugurations tous azimuts, à organiser de grand-messes politico-folkloriques, à flirter avec le culte de la personnalité, en mettant le clan présidentiel au centre d’une permanente et gigantesque opération de marketing (sponsorings tous azimuts, photos géantes du “guide suprême” sur toutes sortes d’affiches publicitaires…).

Comment comprendre, dans ces conditions, qu’un président relativement jeune ne trouve rien de mieux à faire, que de publier ce qu’on peut considérer comme ses mémoires ? Est-ce là un signe prémonitoire de la fin prématurée d’une fulgurante carrière politique ?

Il faut simplement rappeler que la publication de livres à connotation biographique ne réussit pas toujours à nos Chefs d’État. C’est ainsi, que la carrière politique d’un président malien, finalement renversé par un coup d’État, avait été retracée dans un livre, par un de nos compatriotes, un distingué philosophe–journaliste, très proche de l’actuel président sénégalais.

Plus sérieusement, le président en question, à la tête d’une immense Coalition aussi unanimiste et grégaire que Benno Bokk Yakaar, avait été réélu au premier tour, en avril 2007, avec 71,20 % des suffrages, tandis que son principal concurrent, n’avait récolté que 19,15 % des voix.

Comme quoi, une victoire électorale éclatante n’avait pas réussi à occulter la gouvernance laxiste et désastreuse d’une Coalition géante aux pieds d’argile, qui avait fini par précipiter le Mali dans une crise politique majeure parachevée par un putsch.

S’il est loisible à tout homme public de publier autant d’ouvrages que ses ressources le lui permettent, il faut reconnaître que le plus important demeure ce que les livres d’histoire – et surtout les futures générations – retiendront de lui et de son action.

Pour le cas du président Macky Sall, il est fort à parier que les historiens retiendront surtout le non-respect des engagements auxquels, il avait librement souscrits.

En effet, au-delà du reniement retentissant sur la réduction de la durée du mandat présidentiel de 7 à 5 ans, il y a, plus globalement, cette absence de rupture par rapport aux pratiques du précédent régime libéral que traduit son rejet des conclusions essentielles des Assises Nationales.

À quelques semaines de la tenue des élections présidentielles, le climat politique est loin d’être serein, à cause de la volonté du président de l’APR de confisquer les élections prochaines, en usant de combines, de tripatouillages de la Constitution, d’entorses multiples au niveau du processus électoral. Il n’hésite même pas à instrumentaliser le pouvoir judiciaire et les fonctionnaires en charge des élections, pour empêcher certains de ses rivaux politiques de l’Opposition de participer aux prochaines joutes électorales.

C’est le moment choisi par le ministre de l’Intérieur, contesté par la quasi-totalité des candidats de l’Opposition, pour organiser l’acheminement précoce du matériel électoral, comme pour se convaincre, que les prochaines élections se passeront le plus normalement du monde.

N’aurait-il pas mieux valu, régler en amont et de manière consensuelle, tous ces différends, car il est évident qu’une gestion unilatérale et discrétionnaire du processus électoral risque de conduire à une crise politique aux conséquences imprévisibles.

NIOXOR TINE

Sénégal: Une démocratie en danger (1ere partie) Par Chouaib Coulibaly


L’actualité politique sénégalaise est de plus en plus dominée par une pratique, qui, incontestablement, affaiblit notre démocratie !

Le Philosophe Jacques Maritain admettait que « la démocratie doit être fondée sur une rationalisation morale, c’est-à-dire sur un progrès du respect de la personne humaine, aussi bien comme sujet que comme objet d’une action, dans la conquête et l’exercice du pouvoir ».

Ceci est aux antipodes de la démocratie comprise et exercée au Sénégal sous Macky Sall notamment. La conservation du pouvoir passe par des manipulations constitutionnelles les plus dangereuses, des emprisonnements d’opposants tous azimuts, de la violence policière, mais surtout de l’apologie de la « transhumance ».

Cette pratique animalière nous renseigne le Wikipédia, du latin trans (de l’autre côté) et humus (la terre, le pays), est la migration périodique d’une part du bétail de la plaine vers la montagne ou de la montagne vers la plaine….. «

En fonction des conditions climatiques, et donc de la saison » C’est dire que les caractéristiques premières du transhumant sont l’opportunisme et l’égoïsme. « Fou tooy Ngniou takk) : Il change de camp au gré d’intérêts bassement matériels en foulant au pied toute morale et tout respect à leurs militants et sympathisants.

Le dernier cas cité est celui du Maire de Ziguinchor et Président de l’UCS, Abdoulaye Baldé qui nous sert honteusement » …Si je soutiens Macky, c’est parce que je suis venu apporter mon expertise au service de mon pays. Je suis venu pour construire un Sénégal nouveau…. »

Plus que les régimes précédents, le pouvoir de Macky Sall a béni et encouragé les transhumances les plus folles : Ils ont pour nom Souleymane Ndene Ndiaye, Modou Diagne Fada, Moussa Sy, Thierno Lo, Pape Diouf, Oumar Sarr (ex de Rewmi), Oumar Gueye, Awa Coudou Ndiaye, Ousmane Ngom, Banda Diop, Aida Diongue, Aliou Sow, sans compter la bigaille ….

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J’avais entendu le dernier premier Ministre du Président Wade dire, dans une émission télévisée, que la transhumance devrait être criminalisée. Il ajouta que le transhumant, quittant un parti ayant perdu les élections pour aller dans le parti au pouvoir, devrait être déchu de ses droits civiques (on devrait le lui appliquer puisqu’il a lui-même aussi transhumé).

Si sévère et dure que cette assertion puisse paraitre, elle traduit bien combien cette pratique doit être abhorrée. . Elle n’est ni éthique, ni élégante, elle est tout simplement hideuse.

Ce qui la sous-tend n’est ni la recherche d’un parti qui peut objectivement prendre en charge le problème des sénégalais (avec des résultats), ni la recherche d’un militantisme utile. La plupart des transhumances sont pour des raisons liées à des intérêts. C’est-à-dire que le transhumant agit simplement sous la dictée de ses intérêts physiques, moraux ou économiques.

Qu’on ne dise pas que M. X n’a pas transhumé, puis qu’il garde toujours son parti politique ! C’est de l’arnaque ou une tentative de manipulation des consciences : La finalité est la même !

Les sénégalais ne sont pas dupes. Les transhumants utilisent des tactiques que nous connaissons. On peut identifier trois types de transhumance :

La première catégorie est constituée de ceux que j’appelle des « scories politiques ». C’est à ce groupe que l’on pense, malheureusement, à chaque fois que le vocable est énoncé.

Ils sont trompeurs, calculateurs et manipulateurs. Ils sont détestables à cause d’un manque d’éthique, de loyauté et de valeur. Chez eux la fin justifie les moyens. Ah que si !

Il est vrai que cette forme de transhumance n’a commencé ni avec le Président Wade, ni avec le Président Sall.

On se rappellera qu’à peine installé pendant deux ans, le Président Diouf avait accueilli des transhumants venant surtout de son rival, le PDS. C’était un moyen de démantèlement politique.

Près de quatre députés-corrompus sur 9 élus au PDS avaient rejoint le PS en 1983. Le PDS d’entre 1983 et 1999 a payé un lourd tribut à ces pratiques honteuses, au point d’être menacé de perdre tous ses députés.

Des hommes politiques, aujourd’hui encore dans l’arène, ont pratiqué cette abomination entre 1998 et 2000 : Thierno Lo ancien Ministre de l’environnement, Bacar Dia chargé de la communication et surtout Cheikh T Sy ancien Ministre de Justice (ancien ami De Diouf).

Aujourd’hui plus que jamais, cette transhumance vers les prairies marrons s’intensifie. Le Président de la République Macky Sall lui-même avait créé la polémique en annonçant ouvrir ses portes à ceux qui veulent l’accompagner.

On peut bien, à bien des égards, lui accorder cette disposition politique. En effet, il peut voir la politique comme une opération additionnelle : Plus il a de membres, d’adhérents ou de sympathisants, plus il peut espérer leurs votes, ce qui de facto, le maintiendrait au pouvoir.

Mais la critique qualitative que l’on peut faire de cette disposition est la suivante : Peut-on faire du bien avec du mal ? Peut ton faire une bonne purée avec des pommes de terre pourries ?

On risque sans doute l’indigestion ! Pour des actions de qualité, il faut s’entourer de personnes de qualité. Il est facile de constater que l’écrasante majorité de ces transhumants n’est ni convaincue de la vision du chef de l’Etat, ni animée de sincérité.

Elle est toute juste intéressée à maintenir ses privilèges étatiques, à en acquérir ou essayer d’échapper à dame justice.

Madame Awa Ndiaye est dans cette catégorie. Sa transhumance lui a « permis » de sortir libre de la Division des Investigations Criminelles où elle a été convoquée pour les besoins de l’enquête sur ses malversations financières.

Cette « scorie politique » symbolise ce qu’il Ya de plus vil en matière de transhumance. Elle a déchiré toute loyauté et reconnaissance vis-à-vis de Diouf et de la famille Wade…..Elle tombe dans les bras du Président Sall, moins de 3 ans après son élection.

La plupart des observateurs estiment qu’elle n’a pas été sauvée de la traque des adversaires politiques que par son acte d’allégeance fait à Macky Sall. Elle est coutumière des faits. Elle ne se gêne guère à entrer dans dispositions du Prince si ses intérêts sont menaces.

A suivre

Jacob Coulibaly