Quand les pyromanes pleurnichent (Demba Ndiaye)

Quand on ferme les yeux sur le vandalisme de ses militants ; alors on est peu crédible à menacer des foudres de la Justice non pas tous les auteurs des violences, mais seulement ceux de l’autre camp

Étrange Sénégal où on peut passer allègrement et sans honte, de pyromanes compulsifs à la colombe blanche striée du sang des victimes de vos appels guerriers au recrutement de nervis délinquants sociaux pour bouffer de l’opposant ; à l’autodafé des cartes électorales et autres urnes pour venger un fils exclu d’un combat que vous estimez truqué.

Oui, ce pays est merveilleux des hypocrisies largement partagées, des démissions acceptées des élites qui devaient être au front et à la tête du combat pour l’élection dans une démocratie et une République exemplaire et non ces pâles copies qui enfantent depuis des décennies, des monstruosités politiques et des gouvernants prédateurs.

A y regarder de près, c’est bien le rapport aux richesses qu’offre le pouvoir sous nos cieux, la boulimie d’enrichissement sans cause (méritoire) ; l’impunité qui encourage les prédations ; la sélectivité d’une Justice qui, semble t-il, a depuis longtemps, renoncé à être juste et équitable.

Du fait de ses relations souvent incestueuses avec les distributeurs de prébendes, modeleurs et « développeurs » de carrières. Elle a beau crier de temps à autre « l’injustice » qui leur est faite, elle peine à convaincre, à être celle qui sert le peuple.

Dans ces jeux de « fais moi peur, je te fais peur avant que je te tue », qui semble-t-il est propre aux campagnes électorales des Républiques atrophiées (que je préfère à bananières), les victimes premières et collatérales sont toujours les chairs à canon, cette masse aliénée qui croit que son avenir dépend de celui ou celle qui lui vend des rêves d’un avenir paradisiaque alors qu’ils ont échoué à seulement construire un présent…vivable.

Tous les morts des faits électoraux sont des morts inutiles, voire futiles, parce que voyez-vous, ils n’auront même pas droit à une justice juste, même si elle ne sera jamais réparatrice.

Parce que voyez-vous, je doute qu’on puisse réparer les dégâts de la mort, on peut juste mettre un peu de baume aux cœurs meurtris des vivants touchés dans leurs chairs, en punissant les coupables directs et, les responsables qui, par leurs discours et appels incendiaires permettent aux égarés, ceux qui prennent au pied de la lettre, les paroles imbéciles de dirigeants prêts à tout pour le pouvoir…

Quand on recrute des tueurs incultes et qu’on les arme de coupe-coupes et autres armes blanches et que l’on sen vante publiquement ; quand on dit d’un candidat que sa place est en prison et non dans les médias et que les milliers de militants qui prennent part à ses meetings à Ziguinchor sont tous des rebelles ; quand on ne punit pas les vandales et autres adeptes des salles de musculation et des arènes qui saccagent les sièges de ses adversaires ; quand on ferme les yeux sur le vandalisme de ses militants ; alors on est peu crédible à condamner du bout des lèvres et à menacer des foudres de la Justice non pas tous les auteurs des violences, mais semble-t-il, seulement ceux de l’autre camp.

Sans jouer à l’oiseau de mauvais augure, je doute que les violences meurtrières de Tambacounda de ce mardi rouge, soient les dernières de cette campagne électorale 2019. Parce que rien (voire si peu) n’est fait pour dissuader les récidives. Au contraire…

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