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Le prix du progrès. (Par Amadou Tidiane Wone)

Le prix du progrès.  (Par Amadou Tidiane Wone)

Une des magies des réseaux sociaux, c’est qu’ils transportent jusqu’à nous des informations, des connaissances, des savoirs qui nous seraient restés lointains, voire inaccessibles autrement . A cet égard j’ai reçu, comme beaucoup d’autres certainement, une vidéo diffusant un témoignage fort instructif du Professeur Kishore Mahbubani, fils d’immigrants indiens venus s’installer à Singapour. Né à Singapour il y’a un peu plus de 70 ans, il livre en des mots simples le secret qui a fait passer ce pays du Tiers-monde à un statut de pays émergent. Disons au rang d’un pays vraiment en voie de développement en 60 ans…

Le Professeur Mahbubani estime ce temps à celui de sa propre vie,  lui qui est entré à l’école en bénéficiant du programme de soutien aux enfants atteints de malnutrition, en raison de la pauvreté d’alors. Tout a donc changé dans son pays sous ses yeux ! Le Professeur Mahbubani, qui a mené 30 ans d’une carrière diplomatique qui lui aura permis d’observer le mode de fonctionnement de plusieurs pays du monde, résume le secret du développement fulgurant de Singapour en une fondation soutenant trois piliers structurants : 


– Le fondement de l’édifice repose sur une lutte, sans merci, contre la corruption en commençant par sanctionner, de manière exemplaire, les plus hauts responsables qui s’y adonnent. Il cite, au début de l’essor de Singapour, l’exemple d’un ministre emprisonné pour avoir accepté le paiement de ses vacances par une entreprise ! Cette chaude alerte a eu pour effet de convaincre la masse que nul ne serait plus désormais au dessus de la Loi. Avec pour conséquence que Singapour est devenu l’un des pays les moins corrompues au monde. 


– Les valeurs structurantes qui s’enfoncent dans cette fondation et maintiennent l’édifice debout et solide  sont : la promotion au prix du mérite ou la méritocratie, le pragmatisme et enfin l’honnêteté ! 

On le voit , il n’est nulle part question de richesses naturelles qui couleraient à flot, ni d’homme providentiel qui , d’un coup de baguette magique transformerait le destin de son pays. Il s’agit d’un énoncé de valeurs simples mais fortes, intelligibles par tous, et mises en œuvre collectivement. Mais nous le voyons également, l’exemple doit impérativement venir d’en haut, des dirigeants.

En effet, aucun dirigeant compromis, ou même suspect, ne peut avoir l’aura et le leadership nécessaire à une entreprise de redressement national et de progrès.  On le voit enfin les exemples de bonnes pratiques existent à travers le monde.  Il suffit de s’en inspirer. Mais, il n’est jamais trop tard pour bien faire si la sincérité, autre valeur nécessaire, est au rendez-vous. La bonne volonté fera le reste. 


– La méritocratie doit être le seul levier de promotion des serviteurs de la République. Ni les liens de parenté,  ni les accointances partisanes, ni les amitiés d’enfance ne doivent passer avant une appréciation objective des capacités, de tel ou tel, pour occuper telle ou telle station du service public. Cela peut sembler surréaliste de le dire dans nos pays où des mensonges grossiers se sont érigés en vérités bibliques. Mais le progrès a un prix. IL va falloir le payer. 


– Le Pragmatisme : « Attitude de quelqu’un qui s’adapte à toute situation, qui est orienté vers l’action pratique. » Selon le Petit Larousse. Il en faut, notamment dans notre pays le Sénégal où  la plupart des gens s’écoutent parler… En toutes circonstances,  la parole est reine. La tendance générale est à la flatterie et aux mots de circonstances. On en oublie les maux de la circonstance…

Il faudrait évaluer et transformer profondément notre système éducatif et l’orienter vers une conquête quotidienne du mieux-être dans la droiture et le culte du travail bien fait . 


– L’Honnêteté : elle commence par soi et s’évalue de soi à soi. Car, on est jamais à l’abri de son propre regard ! Il faut alors l’aiguiser et le rendre intransigeant. C’est alors que l’on devient fort vis-à-vis du regard des autres. Seul devant son plan de travail, on ne triche pas. Ni sur les horaires,  ni sur les cadences.  Au sommet de l’État, on devrait , encore davantage sentir le poids de son propre regard et entendre cette voie intérieure qui nous dit « non…pas ça…l’avenir de quinze millions de personnes dépend de cette signature… » 


Si toutes ces valeurs sont promues au rang de culte et sont défendues et protégées par la loi, et si les contrevenants sont sanctionnés de manière exemplaire,  on construit progressivement une société harmonieuse, capable en 30 ans de rattraper tous les retards et de construire un pays où il fait bon vivre. Certains esprits chagrins me diront qu’avec des « si    » on mettrait Paris en bouteille… 


L’Autre Dialogue national qui relève de l’urgence, à mon sens, devrait porter sur la (Re)définition de nos valeurs. La protection de nos identités culturelles, spirituelles et sociales est, concomitamment, prioritaire. Refusons de ne devenir que des clones (des clowns ?) irréels et comiques de l’Occident ou de l’Orient. Assumons nos différences positives, et donnons nous les moyens des les défendre et de les illustrer. Le projet divin pour l’homme n’est pas une création en séries. C’est, tout au contraire, l’unicité de chaque être,  de chaque espèce. La différence absolue d’une empreinte digitale à l’autre…   


Pour dire que le progrès commence par se connaître, se reconnaître et se respecter. Alors que, dans le discours public ambiant, lorsque le Pouvoir et l’Opposition s’apostrophent,  on croirait entendre aboyer deux chiens ennemis. On dirait parfois des étrangers les uns aux autres. Alors qu’alors caméras…L’homme vaut mieux.

Il est capable de beaucoup mieux que de se livrer à ces «  jeux » qui finissent toujours par des arrangements hors la vue de la majorité. Changeons de méthode et d’approche.  Cela est possible. Il suffit juste de s’écouter. De se parler. On devrait finir par s’entendre sur un grand projet pour le Sénégal puisque la Providence nous en donne désormais les moyens. Si parler veut encore dire quelque chose… 
Que Dieu nous protège de l’esprit malin et de ses suppôts  ! 

Amadou Tidiane WONE

Jeu d’ombres…jeu de dupes

Pour faire court, la démocratie sous les cieux africains, c’est un système d’imitations caricaturales de postures, de propos, de protocoles et de proclamations de principes qui, ramenés à la réalité des faits a quelque chose d’irréel, de tragique et parfois de comique… C’est comme si en Afrique, les élites dirigeantes assises sur la destinée de leurs nations « jouaient à la République ». 

Un jeu de société conçu et codifié par la puissance coloniale à son avantage exclusif. Aux « indépendances » ardemment réclamées par les peuples,  les « décolonisateurs » ont substitué un changement de joueurs, en continuant à définir les règles du jeu, prenant bien soin d’être toujours du côté des vainqueurs. Jeu de dupes… C’est ainsi que les élites dirigeantes africaines qui acceptent, sans conditions, les règles définies par les colons, quant à la défense de leurs intérêts, sont promues au-dessus de tous, envers et contre la volonté des peuples africains.

Moyennant enrichissement personnel, familial, clanique et flatteries non méritées, plusieurs dirigeants post coloniaux sont allés jusqu’à faire assassiner les vrais opposants à l’ordre colonial, ceux qui voulaient changer les règles du jeu et non pas seulement les joueurs…Durant tous les siècles qui ont suivi notre rencontre brutale et meurtrière avec l’occident, son système esclavagiste et capitaliste, des générations d’hommes et de femmes se sont succédées dans ce déterminisme implacable : opulence au Nord et misère au Sud.

Et à chaque génération sont apparus des complices du Sud se contentant des déchets du Nord et s’arrachant leurs subsides. Et comme depuis toujours, ceux-là font preuve de zèle et de servilité pour sacrifier l’avenir de la majorité à l’autel de leur aisance présente. Ils sont juste heureux de devenir les plus riches des pauvres, les borgnes au pays des aveugles. A tout prix. Pauvre et misérable ambition !

Ces hommes politiques et d’affaires, inféodés aux puissances dominantes et garantes du statu quo, sont rémunérés pour leurs sales besognes. Ils sont à l’image du renégat, si bellement décrit par David Diop, poète révolutionnaire à la plume trempée dans l’encre irréductible du sang des peuples opprimés, à travers son poème intitulé… Le Renégat ( !)

« Mon frère aux dents qui brillent sous le compliment hypocrite Mon frère aux lunettes d’orSur tes yeux rendus bleus par la parole du MaîtreMon pauvre frère au smoking à revers de soiePiaillant et susurrant et plastronnant dans les salons de la condescendanceTu nous fais pitiéLe soleil de ton pays n’est plus qu’une ombreSur ton front serein de civiliséEt la case de ta grand-mèreFait rougir un visage blanchi par les années d’humiliation et de Mea CulpaMais lorsque repu de mots sonores et videsComme la caisse qui surmonte tes épaulesTu fouleras la terre amère et rouge d’AfriqueCes mots angoissés rythmeront alors ta marche inquiète :Je me sens seul si seul ici ! »

Ces gens-la sont facilement reconnaissables. Ils ressemblent à des greffes irréelles et comiques sur la misère crasse de leurs peuples. Dodus et ventripotents, ils se barricadent derrière des limousines aux vitres teintées, remontées pour se cacher des bras miséreux qui se tendent, des doigts émaciés qui accusent…Ils se croient supérieurement intelligents. Ils sont juste moralement indigents !

Mais l’Afrique se réveille. Lentement. Mais sûrement. Et la jeunesse africaine piaffe d’impatience, hurle sa colère et dénonce l’apathie des dirigeants d’un continent béni : riche en ressources naturelles, minérales végétales, humaines et qui, pourtant, abrite toute la misère du monde. Un continent si jeune, dans un monde vieillissant, condamné à un avenir venant d’Afrique…Seul un leadership inspiré nous fait défaut pour y voir clair et tirer enfin notre épingle du jeu !

Nous savons ce qu’il nous reste à faire…Dans ce décor continental, notre petit pays le Sénégal a toujours fait office de laboratoire. Très tôt chouchou de la puissance coloniale, les premières écoles françaises y ont été construites. Saint-Louis du Sénégal, capitale de l’Afrique occidentale…française a été le creuset de modélisation des premières élites africaines occidentalisées. Avec plus ou moins de bonheur, puisqu’au fil du temps, la plupart des grands cadres, sénégalais et africains, se sont ralliés à la cause du peuple participant aux luttes d’émancipation du continent.

Mais cela, c’est une autre et trop longue histoire…Mais retenons que les élites, promues par le décolonisateur pour diriger le Sénégal dans tous les secteurs stratégiques, ont toujours été les plus atteintes par le virus de la servilité. L’acceptation implicite que seul le modèle occidental de progrès était concevable. Et que l’avenir n’était pas envisageable hors de la soumission à un ordre du monde dirigé par les puissances occidentales et leurs désidératas.

Cet ordre mental et psychologique, l’école française et ses programmes ont eu, pour mission essentielle, de nous l’inculquer depuis la tendre enfance et de l’enraciner dans notre être le plus profond. A un point tel qu’envisager le monde autrement en devienne terrifiant…Il faut guérir de l’école française.

C’est impératif.Tout cela pour dire que si notre actualité est dominée par une crise politique des valeurs, celle-ci procède des mêmes dynamiques : celle des prédateurs soumis à l’ordre occidental contre celle des défenseurs de la cause du peuple, en quête de vérité et de droiture, fortement enracinées dans les valeurs de Justice, d’Indépendance et d’égalité. Les pires de tous les protagonistes étant ceux qui adoptent le discours des uns en agissant dans le sens des autres…

Les hypocrites !Dans le débat en cours sur la gestion de nos ressources, de notre pays et la mise en perspective de l’avenir de nos enfants, la grille de lecture ne change pas. Les alliances qui se nouent autour des enjeux pétroliers et gaziers suivent les mêmes logiques. Le bradage de nos souverainetés hydrauliques, et la cession de nos télécommunications à des capitaux étrangers, le bradage en trompe l’œil à des privés non identifiables de notre raffinerie à la veille de notre devenir pétrolier entrent dans la même veine de jeux d’ombres…

Des ombres malfaisantes qui tirent les ficelles et se ramassent des commissions en milliards indus… Les dynamiques de dénonciation et de résistance, elles aussi, restent dans les mêmes sillages historiques. A armes inégales, seule la foi fait la différence.

Disons le clairement, dans ces batailles, il n’y a  rien de personnel. Juste des intérêts qui se cristallisent, des convictions qui s’expriment. Des enjeux qui dépassent nos individualités.Au demeurant, les institutions de la « République » postcoloniale n’ont que l’aura de ceux qui sont sensés les incarner pour servir le peuple et ses intérêts supérieurs.

Si les hommes et les femmes qui occupent des positions dans l’administration de la République servent des intérêts particuliers ou étrangers, qu’ils soient économiques et financiers ou politiques et stratégiques, ils trahissent les serments tacites ou explicites attachés à l’exercice de certains mandats. Ils devront en répondre devant l’Histoire.

Mais à Dieu ne plaise, il est arrivé aussi dans notre pays que des personnalités se dressent envers et contre la tendance générale pour porter le combat des valeurs, défendre et illustrer le courage de dire NON, au préjudice de leurs intérêts personnels, immédiats. 

Nous les connaissons et leurs en sommes reconnaissants. Ils ont de dignes héritiers. Ceux-ci inscrivent en lettres d’or leurs noms au Panthéon mémoriel de notre peuple. Ils sont fiers, ils sont grands, ils regardent le monde les yeux dans les yeux…Ils sont journalistes, militants de la société civile, hommes et femmes politiques ou simples citoyens.

Ils sont débout pour défendre notre bien commun. Et sous leurs pas résolus, ils tracent les sillons d’un nouvel avenir.En bref, le droit d’exiger la lumière sur toutes les zones d’ombres qui apparaissent dans la gestion des premiers pas de notre devenir pétrolier, ne doit ni faiblir ni dévier de l’impératif de salubrité publique et de bonne gouvernance qui doit rester le ciment de notre commune volonté de vivre ensemble.

Nul n’est au-dessus des lois. Nul n’a le droit de jouer avec le bien commun. Aucun tour de passe-passe ne doit distraire les patriotes sincères et les honnêtes gens. Encore moins ceux qui craignent, par-dessus tout, le jugement dernier. Celui, inéluctable devant lequel aucune préséance ne vaut absolution.Aar lii  Nu Bokk, défendre notre bien commun. Qui peut, franchement, rester indifférent à cet appel ?

Vrais problèmes, fausses solutions…( Par Amadou Tidiane WONE)

« Fast track… » des voix, plus autorisées que la mienne, ont démontré la vanité d’un slogan de plus dans la panoplie des mots saisonniers qui ne correspondent, au final, à aucun changement qualitatif dans la vie de la majorité des citoyens sénégalais. Tout au plus quelques mesures cosmétiques, tape à l’œil, pour masquer une incapacité réelle à transformer structurellement le Sénégal. Car, c’est bien d’une transformation en profondeur dont notre pays et notre Continent ont besoin pour, enfin, entrer dans le concert des nations capables de concevoir et de conduire leurs destinées.

Au lieu de cela, notre élite gouvernante, mis à part quelques rares instants de lucidité, sombre dans le mimétisme dévalorisant du modèle occidental, ses atours, ses allures, ses discours. En fait, tout ce qui donne l’air et le paraitre sans l’être. Car, en termes de bonne gouvernance par exemple, nous vidons les meilleures règles et pratiques occidentales de leur substance lorsqu’il s’agit de les mettre en œuvre pour nos peuples. Résultat : une démocratie réduite à des mécanismes électoraux piégés de manière si grossière que le cœur de la majorité des électeurs n’y est plus.

Le peuple se détourne alors des simulacres et consacre ses énergies à élaborer des stratégies de survie au quotidien. Avec, pour conséquence un Président élu, certes, mais si mal que sa légalité souffre terriblement de légitimité. Pour faire oublier l’épisode peu glorieux des élections présidentielles de 2019 , le Président élu développe donc une hyperactivité réformatrice (sic) qui tourne essentiellement autour du renforcement de ses pouvoirs déjà exorbitants. Comme pour se rassurer.

Il commence par vouloir supprimer le poste de Premier Ministre dont l’inutilité n’est démontrée ni par une étude sérieuse, ni par un argumentaire, autre qu’il constituerait un goulot d’étranglement dans la transmission et l’exécution des directives présidentielles. Ce constat est en réalité celui de l’échec personnel du Premier Ministre sortant et, éventuellement, une pierre dans le jardin de ses prédécesseurs. Mais le Président Macky SALL oublie qu’ il fut Premier Ministre…

La tare serait-elle si lointaine ? En tout état de cause, on ne modifie pas une Constitution et l’architecture institutionnelle d’un pays, qui a mis des dizaines d’années pour les consolider, pour si peu. Le tout sans débats ! Au rouleau compresseur. Avec un horizon de cinq ans de mandat seulement… Que les députés qui doivent voter cette loi méditent la gravité des propos de Serigne Abdoul Aziz Sy Dabaakh, à cet égard, avant d’engager notre pays dans une aventure périlleuse pour la vanité d’un seul homme…

Pour cacher tous les non-dits dans un nuage de poussière, on en soulève ! En se lançant dans une opération dite de « désencombrement » des artères de la capitale. Une opération coup de poing comme on en a tellement vu… sans suite. Là on confond les causes et les conséquences. Car à la vérité, il faudrait résoudre les problèmes d’emplois, d’urbanisation et d’aménagement du territoire national avant de prétendre dégager la voie publique…pour les dakarois ! Ceux qui s’y installent sont la conséquence de l’échec des politiques publiques.

Ils n’en sont pas les causes. A contrario, plusieurs activités dites informelles occupent et font survivre plus de 4.000.000 de sénégalais et leurs familles ! A défaut de les organiser, et de les soutenir par des appuis institutionnels et financiers conséquents, les livrer en pâture pour le confort esthétique d’une minorité de nantis est, pour le moins, hors sujet. A côté de cela le secteur dit formel, public et privé confondus, compte moins de 500.000 emplois. La fonction publique sénégalaise qui nous coûte si cher en « goulots d’étranglement » et en dépenses somptuaires compte 130.000 emplois !
Cent trente mille emplois…(Source : HYPERLINK « http://www.fonctionpublique.gouv.sn » www.fonctionpublique.gouv.sn )
Les paramètres de la République et de la Nation doivent être, nécessairement, reconfigurés afin que le Peuple réel du Sénégal s’incarne et se reconnaisse dans les institutions qui le gouverne… Voilà une des nombreuses questions de fond que l’on esquive en se donnant des airs, important et inspiré, lorsque l’on s’adresse à la Nation en oubliant l’essentiel. Au fait où trouve t-on les 500.000 emplois par an sensés avoir été créés depuis 2012 ?
Au demeurant, et pour mieux enfumer le Peuple, le quotidien national Le Soleil nous « apprend » que 500 milliards de francs CFA ont servi pendant 20 ans à acheter des véhicules administratifs… Quels sont les ayants-droits à ce privilège ? Pour quels services rendus à la Nation ?

Pour quelles missions régaliennes ? S’il faut mettre de l’ordre on voit donc tous par quoi et où commencer. Combien d’hôpitaux, combien d’écoles, combien de fermes aurait-on pu financer avec 500 milliards ? Sans compter tous les milliards détournés ou distraits de leur assignation première… sans compter ? Oui on dépense sans compter pour satisfaire les lubies de quelques privilégiés. Nous savons tous comment faire pour mettre de l’ordre. Il ne manque que la volonté politique pour ce faire. Et c’est, semble t-il, encore une fois mal parti. Pour cinq ans.

Gouverner, pour un pays où tout relève de l’urgence, c’est faire la distinction entre l’essentiel et l’accessoire. Arbitrer entre le nécessaire et le futile. Mettre l’accent sur l’indispensable. Sous ce prisme, à quoi répond le TER, sitôt inauguré, sitôt garé ? A quoi répond Dakar-Aréna ? Et cette Arène Nationale inutilisable parce que mal adaptée à la réalité de la lutte sénégalaise avec frappe ?

Par ailleurs, quel sera le taux d’occupation des sphères ministérielles en sus du building administratif réhabilité ? Et voilà l’autoroute à péage qui semble déjà obsolète au vu des goulots d’étranglement au heures de pointe. Que faire ? Que deviendront les villes et villages, jadis traversés par le trafic des routes nationales, brusquement sevrés des retombées financières qui en découlaient ? Alors ôter le pain de la bouche de tous les jeunes qui viennent trimer en ville, chassés des campagnes par la pauvreté, est-ce la meilleure définition de l’ordre des priorités ?

Tout cela, et bien d’autres questions auraient pu être abordées au cours d’un dialogue social et politique, sincère et refondateur. Mais, hélas. Le choix semble être la gouvernance solitaire à coup de bâtons et de carottes…des centaines de « pupilles » de la République attendent ainsi, chaque mercredi, anxieusement, le communiqué du Conseil des Ministres pour être promus, réhabilités ou récompensés pour avoir pris une part dans la « victoire »… Et le chef, pour mieux tenir son monde, a commencé par se séparer de ses 300 plus proches collaborateurs. Juste pour faire monter la tension et titiller Damoclès.

Juste pour tempérer les ardeurs des uns et des autres. Puis il a tancé ses compagnons de Parti en laissant entendre qu’il y’en aura pour ceux qui sauront se taire et se tenir tranquilles. Il a, dans la foulée, reçu ses députés pour leur laisser entendre que si certains d’entre eux étaient appelés à d’autres fonctions, la nouvelle loi qu’il leur demande de voter ouvrirait la possibilité de retrouver leur siège de députés en cas de… Tout cela fait manœuvres et stratagèmes. Pilotage à courte vue. Combines d’épicerie de quartier.

Nous rêvions d’une VISION ambitieuse et mobilisatrice qui se projette au-delà de nos vies singulières. Nous voulions voir grand, faire mieux que le Rwanda et même les pays nordiques ! Si. Si.
Au fond, chacun fait ce qu’il peut. Mais si l’on peut si peu, cela finira par se savoir !
Amadou Tidiane WONE
HYPERLINK « mailto:woneamadoutidiane@gmail.com » woneamadoutidiane@gmail.com

Parlons sérieusement ! Par Amadou Tidiane Wone

Il va falloir que les différentes coalitions se donnent les moyens d’analyser en profondeur ce phénomène grandissant d’éloignement des citoyens de la chose politique – Ne prenons pas cette césure à la légère 

Depuis la proclamation officielle des résultats de l’élection présidentielle, nous avons respecté la trêve républicaine. Nous avons attendu, dans le recueillement, le déroulé des mécanismes institutionnels consécutifs à l’élection du Président de la République. Nous avons assisté, sagement, au défilé du 04 avril en hommage à nos Forces de Sécurité et de Défense.

La fête a été belle… Tout cela cependant, en restant des observateurs attentifs des variations dans le discours de certains néo zélateurs, voire des appels du pied insistants, voire indécents, des nombreux aspirants à des strapontins gouvernementaux ou autres… Tout cela en regardant, amusés, les coups de coude que commencent à se donner, déjà ( ?) les nombreux « alliés de circonstances… » Si ces signaux persistent, le quinquennat risque d’être long et tumultueux pour certains…

En attendant d’y voir un peu plus clair, à la faveur de la mise en place progressive des équipes du second et dernier mandat, un coup d’œil furtif dans le rétroviseur s’impose. Regarder dans le rétroviseur ce n’est pas regarder en arrière,  vers le passé. Ce serait plutôt une précaution pour engager l’avenir. Le rôle du rétroviseur c’est, en effet, de prévenir les erreurs à venir par une exacte photographie des fautes de conduite pouvant surgir de l’arrière (du passé ?) Pour mieux aller de l’avant.

Les résultats sortis des urnes le 24 février 2019 ont révélé, encore une fois, que le Peuple sénégalais n’est pas, majoritairement, à l’image des foules hagardes, transportées de meeting en meeting, moyennant espèces sonnantes et trébuchantes. Notre peuple n’est pas, non plus, à l’image de ce Sénégal médiatisé, artificiel et mal occidentalisé, qui s’épuise en imitations caricaturales d’un modèle décadent.

Notre Peuple, majoritairement silencieux est très mature. Croyant mais non servile. Profondément attaché à ses Guides religieux, il garde sa liberté de se choisir des dirigeants  dans l’ordre temporel. On le voit aux résultats, même biaisés par la corruption et autres méthodes déloyales, l’électeur sénégalais ne se laisse pas distraire lorsque vient l’heure de s’exprimer sur son choix d’avenir. Ayant dit leur fait et, comme d’habitude, les sénégalais ont continué à vaquer à leurs occupations.

Tout en sachant exactement le sens de leur vote. De mon point de vue, le défi lancé à toute la classe politique est celui-ci : comprendre le message du Peuple et aller dans le sens de ses aspirations  profondes. Politiquement, la majoritéabsolue qui s’est dégagée le 24 février au soir n’est pas celle que l’on croit. Pour preuve, ni le camp du Président élu, ni celui de l’opposition n’ont eu le cœur ou une raison de se réjouir, de fêter ou de déferler dans les rues. Car les résultats renvoient, dos à dos, les offres politiques présentées avec un certain avis de recevabilité à celle formulée, pour une première tentative, par le benjamin des candidats Ousmane SONKO. Prime à la jeunesse et à la nouveauté ? Ousmane SONKO devra faire la preuve de son ancrage, dans la durée, pour devenir la locomotive d’une relève générationnelle inéluctable.
Parlons un peu des résultats du 24 février 2019 :

Le Président Macky Sall a été réélu à 58,26% des suffrages valablement exprimés. Soit 2.555.426 voix. On peut considérer qu’il a fait le plein des voix qui lui sont favorables. Le nombre de suffrages valablement exprimés est de 4/386.139 voix. Le total des voix de l’opposition  est de 1 830 713 voix. Soit autour de 41,73%. Même si le taux de participation est qualifié « d’exceptionnel », 66,27%, le nombre de sénégalais qui se sont abstenus est trop important pour laisser indifférent : 2.254/363 citoyens sur les 6.683.043 n’ont pas voulu, ou n’ont pas pu, exercer leur devoir civique. Cette situation mérite d’être analysée en profondeur, ce qui n’est pas mon propos ici.

Cependant, et en attendant que des voix plus autorisées analysent les implications possibles, en termes de probabilités du vote du « Parti des abstentionnistes », quelques remarques de bon sens s’imposent :
Lorsque l’on additionne le total des voix de l’opposition aux voix de ceux qui se sont abstenus, on obtient : 4.085.076 voix qui ne se sont pas portées sur le Président Macky SALL, élu le 24 février 2019. Même si rien n’indique que les voix de l’abstention se seraient portées sur l’un des quelconques candidats de l’opposition, la certitude est qu’elles ne se sont pas portées sur le Président élu. Ainsi, plus de 4.000.000 de sénégalais, en âge et en droit de voter, n’ont pas accordé leurs suffrages au Président Macky SALL.

Autrement dit, la majorité des électeurs n’a pas voté pour le candidat élu ! Ceci est un fait qui expliquerait, entre autres, le silence assourdissant consécutif à la victoire du Président Macky SALL. Un silence de plomb qui dure et qui devrait nous interpeller et nous faire réfléchir sur notre « modèle démocratique » qui semble à bout de souffle et qui doit nécessairement se réinventer. Un sujet pour la concertation ou le dialogue national ?  
Inversement, les voix abstentionnistes (2.254.363 ) sont supérieures aux voix cumulées de l’opposition (1.830.713), cela peut signifier une défiance vis-à-vis des offres politiques alternatives présentées ou alors d’une lassitude générale qui gagne de plus en plus les citoyens de notre pays.

Ce signal est préoccupant. Il va falloir que les différentes coalitions se donnent les moyens d’analyser en profondeur ce phénomène grandissant d’éloignement des citoyens de la chose politique. Sinon, ils pourraient répondre à l’appel de sirènes malfaisantes…

Ne prenons donc pas cette césure à la légère. Car, et comme bien souvent dans notre pays et sur des sujets importants, les bavardages sans lendemains risquent de nous boucher l’horizon. Pour dire que, quant au fond les maux du Sénégal se résument en un seul mot : SÉRIEUX ! Parlons-nous sérieusement.  Abordons les questions, des  plus compliquées aux plus simples…sérieusement. Mettons en œuvre les solutions sérieusement. Prenons au sérieux les tâches qui nous sont confiées au service du pays.

Arrêtons les flagorneries, le culte de l’apparence et le goût du gain facile. Ne confondons pas ruse et intelligence créatrice. Redéfinissons les paramètres de la « réussite »… Tempérons les ardeurs  des flatteurs, des opportunistes, des menteurs, des tricheurs…. Soyons SÉRIEUX et tout ira mieux ! Ce message s’adresse aux élites dirigeantes, aux fonctionnaires, aux juges, aux chefs d’entreprises de presse, à certains guides religieux… Principalement. A nous tous. Collectivement.

Nous restons, quant à nous, dans le sens de l’Histoire des Résistances séculaires de notre Nation : une profonde aspiration à l’Indépendance, la vraie ! une quête constante de dirigeants vertueux, patriotes et ambitieux, au-delà de tous les possibles. Des dirigeants qui participeront à effacer les frontières entre pays africains pour ouvrir des espaces économiques et politiques forts, capables de défendre l’homme noir lorsque, humilié sur des terres où il a été transplanté, par la force ou par la nécessité, il cherche du regard la terre mère.

Nous croyons en une Afrique nouvelle, décomplexée et conquérante. Et nous avons foi. Car les bourgeons de nos espérances commencent à défier le temps et annoncent la saison imminente des cueillettes victorieuses. Un dialogue sérieux permettrait d’arroser abondamment les plants pour demain ! Est-il raisonnable de le refuser par avance ?
Enfin, nous félicitons le Président élu Macky Sall, suite à sa prestation de serment. Nous faisons partie des 4.000.000 de sénégalais qui n’ont pas voté pour lui. Nous ne lui souhaitons pas pour autant d’échouer. Dans la configuration actuelle du « système », il a, en effet,  gagné. Le reconnaitre ce n’est pas une capitulation. Juste du réalisme.

Lors de son premier mandat pour lequel nous n’avions pas voté pour lui non plus, nous avons régulièrement exprimé, à visage découvert, nos points de vues, différents et bien des fois divergents. Dans le strict respect des convenances républicaines. Et nous ne nous sentons pas seuls parmi 4.000.000 d’électeurs sénégalais ne l’ayant pas choisi. Mais, et le Président Macky SALL l’a dit, le Président de La République ayant prêté serment « devant Dieu et devant les hommes », est celui de tous les sénégalais.

Il devra, plus que par le passé, en administrer la preuve en passant de la parole aux actes au cours de son dernier mandat. Et d’abord en respectant sa parole de convier le pays à un dialogue inclusif, franc, transparent et sincère. A l’entame de son dernier mandat, il doit cependant donner des gages. Car nul ne peut effacer de notre mémoire les péripéties du septennat précédent. Même s’il n’est plus nécessaire de rabâcher des détails connus de tous. Mais le Président de la République et ses plus proches collaborateurs savent que, tant l’opposition que de larges franges de la société civile et de la classe politique ont exprimé, par toutes les modalités possibles, leurs avis à toutes les étapes du processus ayant mené au référendum, puis au parrainage, puis à l’élection présidentielle…

Mais l’obsession du second mandat avait été au dessus de toute autre considération. Un immense fossé s’est donc creusé entre le Président de la République, ses alliés et l’opposition fortement malmenée par des poursuites judiciaires, des interdictions de manifester et toutes sortes de vexations peu républicaines. Il va donc falloir rassurer et restaurer la confiance pour rendre crédible l’appel au dialogue. Si la volonté d’aller de l’avant est réelle, le Président de la République doit prendre des initiatives de rapprochement avec les leaders les plus représentatifs de l’opposition sénégalaise.

Ils sont identifiables par les résultats obtenus aux dernières élections présidentielles. En sus d’autres critères de pondération pour atteindre un quorum suffisamment représentatif. Des démarches préparatoires pourraient être engagées par des personnalités consensuelles ayant à cœur les intérêts supérieurs du Peuple sénégalais.  Il en existe encore. Des termes de références, sur la portée et le champ d’application des accords issus du dialogue, devraient être rendus publics après avoir été partagés avec les différentes forces vives de la nation dans des délais de consultations contraignants.

Alors, si la volonté du Président élu est de rentrer dans l’Histoire, il sait exactement ce qu’il lui reste à faire. Ce dernier mandat lui donne l’opportunité de corriger les nombreuses distorsions du septennat précédent. Il lui revient d’être le Président de tous les sénégalais et non essentiellement celui de l’APR, de la coalition BENNO ou des 2.500.000 sénégalais qui lui ont accordé leurs suffrages. Cela étant dit, et en politique, le sens de l’initiative ne doit pas être laissé qu’au Pouvoir. L’opposition doit jouer son rôle de proposition et d’anticipation suite aux âpres adversités  de la campagne électorale. 

La coalition Idy2019  et Sonko Président regroupent les principaux leaders de l’opposition. Ces regroupements doivent anticiper sur les termes de références d’un éventuel dialogue politique. Ils doivent prendre au mot le Président de la République et avancer des propositions concrètes en prenant l’opinion publique nationale et internationale à témoin. Car la nature a horreur du vide. A défaut, il sera toujours loisible au Président et à ses alliés de remplir une salle et de dérouler un « dialogue sur mesure » si les leaders confirmés par les urnes le 24 février 2019 répondent absents. N’oublions pas que 300 partis politiques légalement constitués hantent le Sénégal et que la légalité ne s’encombre pas souvent de légitimité.

Pour ce qui nous concerne, nous reconnaissons au Seigneur des Mondes la Puissance d’accorder à qui Il veut la responsabilité de la conduite des affaires de ce monde. Lui,  n’impose cependant à personne de taire ses points de vues ni de ne point les défendre. Que ce droit nous soit reconnu et que le dialogue tant attendu et tant de fois avorté se tienne enfin… Sérieusement ! Dans la Vérité et dans la Droiture.
Pour le Sénégal ! Pour nos enfants !

Naissance au forceps d’une victoire conçue in vitro (Amadou Tidiane Wone)


« En politique, rien n’arrive par hasard. Chaque fois qu’un événement survient, on peut être certain qu’il était prévu pour se dérouler ainsi. »

Franklin ROOSEVELT Ancien Président des États-Unis

L’enfant est né : il s’appelle Victoire 2019. Sa venue a été préparée durant un septennat qui était promis par le chirurgien en chef à un quinquennat. Les prémisses des difficultés prénatales de Victoire s’amoncelaient déjà. Mais n’en parlons plus. La page est tournée.

Revenons à la naissance de Victoire 2019. La délivrance est survenue le 24 février. Douloureusement. Et c’est pour cela que le cœur n’est pas à la fête. L’heure est plutôt à panser les plaies béantes laissées par les bistouris des spécialistes en chirurgie constitutionnelle et en transferts rapides d’argent et… d’électeurs… Dans ce contexte, il vaut mieux garder son self control et sa… bonne humeur, malgré l’ambiance traumatique post opératoire.

Car, et il faut le dire franchement, il y a eu des manipulations maladroites durant la gestation de Victoire. Mais aussi des manœuvres, parfois d’une navrante grossièreté. L’enfant Victoire 2019 est en conséquence, sujet à des tares congénitales et à certaines malformations…électorales. Le baptême a donc été « suspendu » et les festivités renvoyées à plus tard.

Et c’est pour cette raison que le fait de ne déposer aucun recours est, au final, la meilleure décision prise par l’opposition depuis fort longtemps. Elle perturbe le plan initial conçu par le pouvoir, axé dans la perspective de l’adversité et de la violence.

Ce cas de figure inattendu, de calme plat, force les chars de combats au repos. Il n’y a rien de plus inutile qu’un char de combat…au repos. Et les grenades lacrymogènes qui ne font couler aucune larme perdant du coup leur vocation …Bien joué !

Cela dit, ils doivent être bien ennuyés aussi les Juges du Conseil Constitutionnel ! Privés de recours ! En chômage technique ! Privés des lumières et des spots de l’actualité. Condamnés à rester coi et à confirmer les résultats lus, péniblement, par le Juge Kandji qui aura, tout de même eu son moment de gloire, ses minutes d’exclusivité cathodique.

Et vlan ! Les sept Sages paient, au prix fort, la perte de confiance consécutive à leur partialité manifeste dans la conduite des opérations du parrainage, suite à une loi votée dans les conditions que l’on sait, par une Assemblée Nationale dont la configuration n’est plus d’époque.

Retournons au bloc…pardon…au mode opératoire…

On aurait pu s’attendre à du raffinement dans la mise en œuvre des opérations du processus électoral. Même si le chirurgien en chef est un géologue … Car la gestation avait été minutieusement suivie par des experts en la matière depuis que la décision de poursuivre le mandat de 5 à 7 ans avait été actée. Toutes les dispositions, conventionnelles et surtout non conventionnelles, avaient été prises pour assurer une délivrance sans encombre au soir du 24 février. Les violences verbales et physiques auraient pu être évitées.

Les pertes en vies humaines aussi. Les forces de régulation sociale n’ont eu de cesse pourtant d’appeler à la raison. Inaudibles dans la furie électorale des acteurs politiques. Le peuple sénégalais a, quant à lui, fait la démonstration de sa maturité et de son avance sur la classe politique qui peine à le mériter.

Il a voté et, semble t- il, jeté une gêne inexprimable dans le landerneau politique. Ceux qui ont gagné comme ceux qui ont perdu sont perplexes, hagards, désorientés par le vote si subtil des sénégalais. Et ceux-ci vaquent à leurs occupations. Sans se retourner. Méfions-nous quand même de l’eau qui dort…

Retournons au bloc cette fois-ci, car il faut surveiller le nouveau-né, ses premiers jours, ses premiers pas… Il va falloir, en effet, tâter régulièrement le pouls de Victoire 2019 pour sonder ses chances de survie ou de handicap sérieux. Deviendra-t-il au bout de cinq ans un mandat vigoureux qui fera la fierté de ses géniteurs ou sera-t-il cet attardé définitif dont personne ne revendiquera jamais la paternité ? Time will tell…

Sortons de la parabole…

Le Président Macky Sall saura t-il lire correctement les résultats du 24 février 2019 ? Saura t-il les interpréter comme il se doit et en tirer toutes les conséquences ? Saura t- il et voudra t-il corriger les malformations congénitales de Victoire 2019 par des interventions chirurgicales urgentes ? Au besoin par des amputations si nécessaires ?

A lui de jauger, de juger, et de décider ! Nos félicitations resteront suspendues au succès des premières interventions qui annonceront une rémission certaine du corps de la mère, le Sénégal, fortement éprouvé depuis sept ans…Il faut que cela change !

Quant à l’opposition, elle aura joué le jeu démocratique jusqu’au bout. Plus que de raison, pensent certains. L’urgence est à l’évaluation des erreurs commises, ainsi qu’à la mise en route d’une nouvelle stratégie pour les échéances à venir. Analyser en profondeur les points « gagnants » du Président Macky Sall et les neutraliser pour les élections législatives et locales à venir. Pour cela une analyse fine des résultats, tenant en compte les impacts du PUDC, du PUMA, de la DER, des bourses familiales, de la CMU et des transferts d’électeurs, ainsi que de l’activisme souterrain d’un nouveau type de « chefs religieux », en plus du cas des deux K : khalifa Sall et Karim Wade très tôt neutralisés, devrait donner une certaine lecture des résultats du 24 février 2019. De plus, implanter des leaders locaux forts, dotés de moyens logistiques conséquents, est un impératif pour qui veut gagner au niveau national.

Enfin, la pauvreté est telle dans les zones périphériques que le mot WARI qui signifie en pulaar « a tué » a fait des ravages…si l’on y ajoute joni-joni, l’autre opérateur de transfert rapide d’argent, et qui veut dire « immédiatement », on voit le résultat : A WARI JONI JONI…imparable ! Sauf que, maintenir la cadence pendant cinq ans est impossible !

Amadou Tidiane Wone

Jeu politique et hors-jeux… (Par Amadou Tidiane Wone)

« Politique ? Po la tiggi ! » entend-on dire parfois « La politique, c’est vraiment un amusement, un jeu. »

C’est ainsi que je tenterai de traduire, laborieusement et sans la fine saveur de certaines tournures de nos langues nationales, l’expression ouolof «po la tiggi » . Elle joue en effet, et à bon escient, avec les sonorités du mot « Politique » en français pour le tourner en dérision une fois mis à la sauce du cru.

On parle d’ailleurs de « jeu politique » en occident… Chez nous, le jeu n’a jamais une dimension « sérieuse » , tout au plus ludique comme il se doit … Le jeu, l’amusement, la dérision, la plaisanterie ne sont utilisés « sérieusement ( !) » que dans nos mécanismes sociaux de régulation des conflits. Notamment pour vivifier la parenté dite à plaisanterie qui contribue à bâtir des ponts entre les ethnies et même à les cimenter.

La plaisanterie, disons la parole plaisante, est la règle entre grands parents et petits-enfants, entre cousins consanguins ou ethniques. Elle permet de se dire tout, et même les critiques les plus acerbes, dans la bonne humeur, la courtoisie et les règles de bienséance.

Au fond, tout prétexte à rire est utilisé pour décrisper les relations sociales et abattre les murs d’incompréhension entre les humains. Le « jeu social » chez nous, n’est donc pas un « jeu de dupes » .

Mais le levain de fraternités exquises et de solidarités transversales. Malentendu culturel ? Choc de civilisations ? Lorsque nous prendrons le temps de réfléchir en profondeur sur qui nous sommes vraiment, nous prendrons conscience de notre richesse culturelle et humaine incroyable.

Ce sera alors le temps de nous « développer », comme nous l’entendons, au lieu de poursuivre une course poursuite avec le modèle occidental, en perte de sens pour cause de brouillage des repères de l’homme.

En tous cas, au regard de ce que le « jeu politique » est devenu dans notre pays, eu égard aux fondamentaux culturels, spirituels et moraux, sensés être les références de notre Nation, des questions se posent que l’on ne doit plus esquiver. La colonisation nous a appris à voter, à élire et à choisir nos dirigeants à la manière occidentale.

Elle nous a imposé les modalités de conquête des suffrages à travers des campagnes électorales où le spectaculaire l’emporte sur le sens.

Nous y avons ajouté notre sens du rythme, nos sonorités et notre folklore. Mais aussi nos excès, voire nos dérives.

Nos campagnes électorales sont ainsi le prétexte à une redistribution débridée de subsides… illicites aux électeurs. Plus on a de moyens et plus on attirera des foules.

Et les foules ne s’y trompent pas qui suivront indistinctement toutes les caravanes à condition d’être transportées, nourries et…désintéressées. Corruption en masse dans l’impunité totale. Même certains Imams sont pris dans la nasse…

Autre manœuvre… dolosive, les 5 minutes de temps d’antenne allouées à chaque candidat. Il faut faire foule. Parfois s’adresser à une foule qui ne vous regarde pas. Pour la télévision. Pour entretenir l’illusion.

Au besoin, traverser un marché ou une grande avenue aux heures de pointe. Cela permet de colorer gratuitement une foule en y déversant quelques militants et leurs banderoles.

La technique est éprouvée… Sinon, Il faut que les équipes de Com veillent au cadrage des images. Pour les « ajuster » Car elles doivent toujours paraître plus enthousiastes que nature. Jeu de dupes…

Mais il y’a un autre hors-jeu qui s’est invité dans la campagne électorale en cours. Un jeu de mains. « jeu de mains, jeu de vilains » dit pourtant la maxime… Eh ! bien lorsque les gros bras s’y mettent, le jeu tourne au massacre.

Et l’on note depuis quelques jours une recrudescence d’actes violents sanctionnés, hélas, par des pertes en vies humaines.

Sans compter les nombreux accidents de la circulation, causés par les caravanes électorales qui outrepassent toutes les règles du code de la route et de la sécurité routière.

C’est comme si le temps de la campagne électorale était une période de non droit : des véhicules surchargés, sans plaque d’immatriculation, s’ébranlent en cortèges désordonnés qui perturbent la quiétude des usagers de la route.

Le recours intempestifs à des gyrophares dans une nuée de motos « Jakarta » qui slaloment dangereusement, ajoute au stress des automobilistes dont les nerfs sont déjà à vif à cause des kilomètres de bouchons. Notamment à Dakar, depuis que le chantier du TER a rétrécit les options de déviation…

Toute cette folle ambiance fait partie du jeu… Mais elle occulte la partie essentielle que nous doivent les hommes politiques : la formulation d’idées simples pour nous faire rêver ou espérer.

L’énonciation de programmes faisables répondant en priorité à la satisfaction de nos besoins : l’emploi des jeunes, l’éducation, la santé, la sécurité, la création et le partage équitable des richesses.

Et pourtant chaque candidat a pris le soin de rédiger un document. Avec des idées intéressantes pourtant. Qui peut les entendre dans la cacophonie en cours ?

Il reste encore quelques jours de ce…carnaval électoral. Une demande pressante, voire une exigence démocratique, serait la confrontation des programmes des différents candidats à travers un débat public radio télévisé. Depuis quelques jours un hashtag #sunudebat fait rage dans les réseaux sociaux.

Si la maturité de notre démocratie est vraiment une réalité, rien ne devrait s’opposer à la tenue d’un tel exercice afin que les sénégalais voient, non plus des monologues parallèles, mais surgir du choc des idées et des tempéraments des candidats à la magistrature suprême, la personnalité qui emportera l’adhésion de la majorité des électeurs. Sinon, il restera encore un goût de parodie inachevé du modèle occidental.

Tant qu’ à faire, imitons ce qui s’y fait de mieux ! Il paraît que 4 des candidats en lice ont marqué leur accord. Le cinquième ne peut pas refuser de s’y soumettre !

En attendant, nous prions pour le repos de l’âme de toutes les victimes de notre jeu politique et social qui n’en finit pas de se jouer de nous en multipliant les…. hors-jeux !

Amadou Tidiane Wone

Le temps de se remettre à l’ouvrage ! (Par Amadou Tidiane Wone)

Il est temps de se redéfinir ou plutôt de préciser le sens d’une quête. A bientôt 63 ans, le temps n’est plus aux hésitations ni aux angoisses existentielles.

Le temps n’est plus aux rêves inassouvis ni au situationnisme, terme usité pour ennoblir l’opportunisme. À la porte du troisième âge, la lucidité commande plutôt de mettre de l’ordre dans ses « affaires ». Les siennes propres et celles de la vie.

Sans être un carriériste de la politique, je dois au Seigneur Allah d’avoir, à l’occasion de l’accession du Président Abdoulaye Wade au Pouvoir, occupé des fonctions publiques au plus haut niveau. Quoique très familier des hommes de pouvoir depuis mon enfance. J’ai joué dans les salons et les jardins de la Présidence de la République depuis les années 1969.

En compagnie de Feu Philippe SENGHOR et de quelques autres compagnons de classe ou de jeu de l’époque. Dont certains connus, tout simplement, dans la cour du Collège de la Cathédrale de Dakar à l’occasion de parties de ballon prisonnier très âprement disputées… Enfance et jeunesse, dorées et insouciantes, dans le principal quartier de résidences ministérielles et diplomatiques du Sénégal des années 60 à 80 : Fann-résidence.

Durant toutes ces années, j’ai vu des hommes et des femmes de pouvoirs, réputés indéboulonnables, choir à la faveur d’un simple décret. Leurs maisons, remplies de courtisans la veille, se désemplir aussi vite que neige qui fond au soleil.

J’ai vu des hommes, dits mystiquement inattaquables, sombrer dans des maladies, la déchéance financière et sociale au point d’être réduits à la réclusion à domicile jusqu’à l’issue fatale.

J’ai aussi vu, et admiré, de grands hommes qui m’ont fait l’honneur de leur attention et de leur affection. Je pense à feu Amadou Karim Gaye, plusieurs fois ministre et modèle d’équilibre, à la fois de culture religieuse et occidentale, mais aussi de racines négro-africaines profondes.

Je citerai aussi Medoune Fall, grand ami de mon père, plusieurs fois ministre et Ambassadeur. C’est chez lui en 1964, alors qu’ il était Gouverneur de la région de Diourbel, que j’ai goûté pour la première fois au jus de ditakh… les papilles d’enfant n’ont pas la mémoire courte ! Des hommes prestigieux, il y’en eu d’autres …

Certains dans ma famille si proche que je pourrais, en les citant, être soupçonné de parti pris clanique… J’ai ainsi acquis le sens de l’observation du jeu social et appris à décoder son sens tragicomique. Et c’est pour cela que je suis imperméable aux dorures du pouvoir et à ses faux semblants.

Que du déjà vu ! Contrairement aux perfides allégations des médisants, j’ai appris à me suffire de peu et à devenir de plus en plus exigeant avec ma petite personne. Si je dis tout cela aujourd’hui, c’est qu’à 63 ans le temps se rétrécit.

La marge d’erreur aussi. Et le pays tangue sur des eaux déchaînées. Dans l’affolement qui précède le chavirage d’un navire, la raison perd son sens. Et l’on ne répugne à s’accrocher à aucune bouée à portée de main. Fut elle entachée de fiente.

Les danses du ventre, pré et post parrainages, ainsi que les transhumances orchestrées à l’occasion du mercato pré-électoral, sont le baromètre de la déliquescence du système de gouvernance postcolonial.

Un système corrompu et corrupteur qui ne survit que par la paresse des élites gouvernantes à inventer un modèle conforme à nos réalités sociales, culturelles, économiques et historiques.

Notamment depuis les tragiques événements de 1962. Cette élite francisée , pourtant minoritaire, a accaparé les institutions héritées de la colonisation et en assure la maintenance au profit de la France, de ses entreprises et de son économie.

Elle en récolte des miettes pour services rendus contre sévices subis par le Peuple sénégalais . C’est cela la simple vérité ! Tant que nous n’inverserons pas ce paradigme de base nous continuerons à tourner en rond.

L’enjeu véritable des élections présidentielles de février 2019 se trouve là : rendre la Parole au peuple et répondre à ses attentes véritables ou continuer à nous la jouer sur le registre du mimétisme caricatural des atours occidentaux, des « r » que l’on roule et des airs que l’on se donne.

Il faut savoir d’où l’on vient et vers quoi nous voulons mener nos enfants. Souvenons-nous que des armées de résistants ont versé leur sang pour l’indépendance de ce pays. Défaits au plan militaire, ils ont conquis le cœur de ses habitants.

Juste à titre d’exemple, Hadji Omar Tall, Maba Diakhou Ba, Moussa Molo Balde, Lat-Dior DIOP, Alboury NDIAYE pour ne citer que ceux-là, ont plus de place dans le cœur des sénégalais que Faidherbe dont la statue, ayant été vaincue par le temps, à été secourue par nos élites francisées…

Qui rame à contre courant de l’Histoire ?
Face à ces enjeux colossaux, les petites histoires de chaises anglaises entre politiciens professionnels deviennent tristement dérisoires.

Le « jeu » politique est si prévisible qu’il en est devenu lassant. Le prochain coup est déjà connu. Les pronostics sont faits. Il ne reste qu’à attendre le coup de sifflet final.

À ceux qui ont gardé intacts leurs rêves de Grandeur, pour ce pays et son Peuple, de se rassembler pour faire la différence et changer de cap !

Pour les gens de ma génération, c’est le dernier et seul combat qui vaille de se remettre à l’ouvrage. Comprenne qui pourra !

« Camarades, le jour nouveau qui déjà se lève doit nous trouver fermes, avisés et résolus… » Merci Fanon.

Amadou Tidiane WONE

Gilets jaunes! Colères noires? (Par Amadou Tidiane Wone)

Un mouvement de protestation contre la pression fiscale et les inégalités sociales, lancé en France depuis quelques semaines par ceux qui se rassemblent et se distinguent par le port d’un gilet jaune, est chargé de signaux multiples et variés. Signaux de ruptures profondes entre le Peuple laborieux de France et une certaine nomenklatura politique, économique et sociale. Signaux émetteurs de l’avènement inéluctable d’un ordre nouveau. En effet ce mouvement, s’il n’est contenu avec intelligence et…générosité par les autorités françaises, sème les graines, à n’y prendre garde, d’une véritable Révolution à plus ou moins long terme.

A suivre les propos des nombreux «porte-parole» des Gilets jaunes, un mouvement informel à ce jour, on se rend compte que la revendication essentielle est existentielle. Structurelle. Elle tourne autour de l’exigence d’une nouvelle Justice sociale ainsi que de l’impérieuse nécessité d’une solidarité agissante entre les plus nantis et les plus démunis. Ce qui suppose la négociation et la signature d’un nouveau Contrat social. Le Peuple en jaune dit, tout simplement :« il n’est plus possible que les plus riches le deviennent de plus en plus et que la majorité vivote.

Il serait juste et temps que ceux qui gagnent plus qu’il n’en faut pour assouvir leurs besoins, leurs loisirs et même leurs lubies, partagent une partie de leurs surplus pour améliorer le sort de tous. Au lieu de rivaliser d’ingéniosité pour planquer leurs revenus dans des paradis fiscaux.» Comprise comme cela, la fièvre… jaune n’est pas saisonnière! Elle remet en cause le modèle capitaliste, s’attaque à ses fondements et à son principe directeur: l’esprit de compétition et la course effrénée vers de plus en plus de richesse. Aujourd’hui, le Peuple en jaune exige sa répartition équitable entre tous ceux qui la créent.

Le Peuple de France à souvent changé le cours de son Histoire en se dressant face à l’Injustice. Faisons lui confiance..

Mais que nous révèle cette crise, vue d’Afrique?

Car, cette problématique de l’injustice sociale entre groupes d’individus, transposée à l’échelle des Nations, des pays et même des races, nous interpelle surtout en tant qu’Africains… noirs!

L’Histoire de la fin du dernier millénaire à été terrible pour notre Continent. Notre race a fait l’objet des pires sévices. Elle aura, pourtant contribué, par sa sueur et par son sang, à bâtir la prospérité de pays qui ferment leurs frontières à nos enfants et passent le temps à nous jeter en pâture à leurs opinions publiques. Cela est terriblement injuste! Si nos ancêtres ont été défaits au plan militaire, allons nous continuer à payer le prix des violences qui leur ont été faites pour l’éternité? Injustice de plus en plus intolérable au moment où, mondialisation oblige, nous suivons en temps réel tout ce qui se dit et se trame contre nous. Il suffit de savoir lire entre les lignes ou d’entendre les non-dits…

A l’heure où le Peuple de France parle d’injustice, je crois donc qu’il serait temps d’exprimer notre colère…noire (!) A l’unisson… Parce que nous avons mille et une raison de dire, à notre tour: stop à l’injustice!

Face à un ordre du Monde qui semble conçu pour confiner l’Afrique dans un rôle de réservoir de matière premières mais aussi, et de plus en plus, en zone de captage de ressources humaines pour faire tourner la machine productive de pays riches vieillissants, nous devons mettre en oeuvre une solidarité horizontale entre opprimés. D’une part. Et de l’autre veiller à ce que des «solutions» au péril jaune ne soient mises en oeuvre à notre détriment. Comme depuis si longtemps…

Malheureusement nos élites dirigeantes actuelles, à l’échelle continentale et à de rares exceptions près, sont confinées dans des visions étriquées du développement. Ils sont engagés dans des «plans» avec comme un mirage l’Émergence en guise de carotte. Ils suivent les stratèges des Institutions internationales dans leurs errements et utilisent des modèles dont le bonheur de l’humain n’est pas la préoccupation première. Et cela peut donner la fièvre jaune…. Contagieuse, par définition. Surtout lorsqu’elle rencontre une colère noire!

Au demeurant, une autre lecture du phénomène des Gilets jaunes, plus incisive et désabusée, au regard de toute notre histoire avec l’Occident depuis 4 siècles, serait que ce serait une énième tentative d’ impulser le sens de l’Histoire, dans un sens convenu. Une séquence cherchant à protéger, encore une fois, les tenants de l’ordre actuel du monde. Le système capitaliste chercherait-il à se régénérer, à moindre frais, en manipulant la colère légitime des masses laborieuses pour réformer, à son avantage, son système de prédation des ressources planétaires ? Certains le pensent. On en a tellement bavé !

En effet, et au vu du rôle des réseaux sociaux, notamment lors des «révolutions» du Printemps arabe dont on a vu ce qu’il est advenu, certaines interrogations sont légitimes: Ces événements étaient-ils un test, grandeur nature, de nouveaux outils de manipulation de masse? Qui agit sur les plateformes de mobilisation et de diffusion des mots d’ordre à l’abri des regards? Qui module les fréquences de la colère populaire et l’évacue, au besoin, vers des bassins de rétention? Bonnes questions à examiner pour anticiper sur les nouvelles stratégies de lutte de libération des peuples opprimés.

Tout cela pour dire que les temps nouveaux imposent plusieurs niveaux de lecture des événements qui se déroulent sous forte pression médiatique. On nous fait regarder souvent là où les choses ne se passent pas. Par contre les outils de résistance existent. Il faut, notamment, investir tous les canaux de communication pour déborder les voies officielles de maîtrise et de détournement de la volonté populaire. Celle qui va dans le sens des intérêts de la majorité.

En tout état de cause, les révolutions ont toujours été le moteur de l’Histoire. Elles changent un ordre ancien qui n’a plus d’imagination pour faire rêver et espérer. Lorsque le désespoir rencontre la colère survient une étincelle dont rejaillit une nouvelle espérance pour laquelle mourir devient une conquête d’Éternité. Nos livres d’Histoire chantent encore tous ces héros… L’avenir appartient à ceux qui n’ont plus peur. L’injustice n’a pas de raison d’être. Elle doit être combattue.

Amadou Tidiane WONE

L’envers du décor… (Amadou Tidiane WONE)

Le Président sortant, Macky Sall , à été investi le samedi 1 décembre par la coalition Benno Bokk Yaakaar comme candidat à l’élection présidentielle du 24 février 2019. Félicitations!

A cette occasion, des Chefs d’États de la sous-région, des personnalités de l’internationale libérale, entre autres amis et alliés, ont rehaussé de leur présence cette manifestation initiale entrant dans le cadre de la course vers la Présidence de la République.

L’événement s’est tenu à Diamniadio dans la salle du Dakar Aréna nouvellement inaugurée et… fermée depuis.

A l’intérieur de la salle, la fête fût certainement belle. En dépit de la nuée de pickpockets qui à sévit, même et jusque dans des poches ministérielles.

Les goujats! Téléphones portables et sommes d’argent importantes, selon la presse, ont changé de propriétaires…illicitement. Voilà ce que cela rapporte que d’inviter, sans distinction, des foules de «militants» à grands renforts de NDiaga Ndiaye…

Mais là n’est pas le sujet de ce papier:

Je devais me rendre à Thies ce jour-là… Ce qui m’a valu de tomber sur l’indescriptible envers du décor: plus de 20 kilomètres de bouchons…payants. Qui plus est. Incroyable!

En effet, pour «faciliter» les paiements de cette torture, la société concessionnaire de l’autoroute a même instauré un système de tickets pour accélérer la perception de son dû… Sans fluidifier la circulation pour autant. Les malins… Payer sans rouler n’est pourtant pas la vocation d’une autoroute à péage! Et il va falloir se poser sérieusement quelques questions qui fâchent:

Si, pour bloquer la circulation au point de faire rater leur vol à plusieurs passagers se rendant au nouvel aéroport Blaise Diagne, il suffit juste d’un gros événement au Dakar Aréna de Diamniadio, il y a de gros soucis à se faire. A un point tel que, des personnes voulant se rendre à Kaolack pour prendre part à un enterrement prévu à 17h ont dû rebrousser chemin après avoir passé 4h25 entre Dakar et Diamniadio…

Quels autres milliers de dommages collatéraux ont pu ainsi être causés à l’occasion ? Pendant ce temps, et de temps à autre, pour libérer le passage à une personnalité et son escorte on nous comprimait sur un côté, avec le sourire cependant, des gendarmes en mission.

Imaginons alors, un seul instant, qu’un grand combat de lutte se tienne à l’Arène nationale à Pikine ( nouvellement inaugurée et… fermée), la première sortie du péage serait bloquée.

Et qu’un autre événement d’envergure se tienne à Diamniadio, que ce soit à Dakar Aréna ou au Centre Abdou Diouf. L’Aéroport Blaise Diagne serait-il inaccessible pendant des heures?Dakar et sa banlieue seraient-elles paralysées? Gouverner, c’est prévoir…

Au demeurant est-il raisonnable, dans ces conditions, de transférer autant de ministères en plus du nouveau Parc Industriel à Diamniadio? Si près de Dakar? Une ville nouvelle ayant pour vocation de tourner le Sénégal vers l’avenir en réduisant la macrocephalie de Dakar ne pouvait-elle pas trouver un autre site?

Toutes les mesures d’accompagnement pour encadrer l’envol de l’AIBD et le succès du Parc Industriel envisagent-ils les contraintes liées au fait que l’autoroute à péage est presque obsolète au vu de la pression qui s’y exerce?

Alors oui, nous espérons que lorsque le prolongement de la VDN deviendra une réalité, la tension actuelle sur l’autoroute à péage diminuera. Mais il faudrait en même temps penser à réhabiliter l’ancienne route nationale passant par Rufisque. Penser à élargir la route Dakar Thies.

Après tout, peut-être que tous ces projets existent mais ont souffert de l’ordre des priorités en faveur du TER…Ah Si on nous avait demandé notre avis!

L’autre plaie révélée par nos heures de stationnement sur l’autoroute , c’est le comportement des militants et militantes de Benno Bokk Yaakaar sur la voie publique.

A l’image, d’ailleurs de celui de plusieurs de nos compatriotes : Fatiguées d’attendre dans les cars bondés les transportant vers Dakar Aréna, des femmes drapées dans des boubous flambants neufs à l’effigie de leur champion, n’ont pas hésité à descendre des voitures, en plein milieu de la route, pour enjamber le muret séparant les deux voies de l’autoroute et ainsi, rallier Dakar Aréna en marchant à contre-courant des véhicules …

Je ne sais pas si vous voyez le topo? En plus de cela, les vendeuses d’eau en sachet, semblent avoir été les seules à avoir fait de bonnes affaires. Sauf que les usagers les jettent après usage sur la chaussée en sus des autres détritus de restauration rapide. On pourrait les comprendre ces «militants» .

Ils devaient être sur pied de guerre depuis l’aube…Des jeunes enfants, pas en âge de voter, mais qui ont pris part à cette excursion dominicale, se détendaient les jambes en courrant entre les véhicules ou bien assis sur le muret. Au milieu de l’autoroute. Insouciants.

Trois heures de temps à observer ces clichés du Sénégal réel et sachant, d’expérience, le comment et le pourquoi de ce genre de «mobilisations», je me demande s’il ne faudrait pas inscrire à l’agenda du «dialogue national», dont personne ne parle plus d’ailleurs, la supression de ces tragi-comédies dispendieuses…

Faire foule de tout bois est inutile et mensonger: Depuis le dernier Grand meeting socialiste en l’an 2000 aux dernier Grand rassemblement libéral version Wade 2012, nous savons tous que les foules ad hoc ne veulent rien dire… M’enfin, on se rassure comme on peut!

Pendant ce temps, et à l’intérieur de la salle, la cérémonie battait son plein. Les discours convenus se suivent et se ressemblent. On chante les infrastructures qui poussent comme des champignons… vénéneux pour nous usagers bloqués depuis des heures.

Sans aucun choix de repli ni d’exfiltration. Ce qui pose des questions de sécurité publique et de protection civile majeures. Peut-on en débattre sereinement, et surtout donner la parole aussi à des hommes de l’art afin qu’ils nous éclairent sur les voies et les moyens de mettre l’avenir de ce pays en orbite?

Hors des clivages politiciens fragiles et factices?
Car nous suivions la cérémonie en direct de nos téléphones portables! Pour comprendre pourquoi nous devions subir un tel calvaire et aussi passer le temps.

Ce faisant, nous avons constaté une bizarrerie: des pans entiers des gradins aux fauteuils rouges étaient vides alors même que des milliers de militants traînaient à l’extérieur… un problème manifeste d’organisation.

A tout le moins. Cela a pour effet que des vidéos circulent sur les réseaux sociaux pour railler la salle archi…vide. Pour cette fois, j’atteste qu’il y avait foule…a l’exterieur! Autre bizarrerie, le discours du candidat-président était en français… Pour un pays à moins de 30% francophone. A moins que la cible fût ailleurs…

Tout cela pour dire que les infrastructures doivent répondre à une Vision globalisante ! Elles doivent servir une ambition collective partagée. Elles doivent suivre un ordre de priorités à déterminer selon des séquences à modéliser. Avant validation. Manifestement, beaucoup d’édifices sortent de terre.

Cela suffit-il pour l’émergence? Je pose cette question de manière abrupte, car il me semble que nos gouvernants sortent du sujet. Leur dire cela à la veille de la campagne présidentielle va les agacer.

Certains vont encore me faire la fête dans des commentaires rageurs auxquels on a finit par s’habituer. Cela ne changera rien à la réalité telle que des milliers de sénégalais l’ont vécue hier sur l’autoroute à péage.

Imaginez qu’un institut de sondage qui se serait amusé à mesurer les indices de satisfaction et les intentions de vote entre Dakar et Diamniadio hier entre 11h et 18h donne les résultats aujourd’hui. Imaginez seulement…O stratèges de campagne!

Allons rekk .

Amadou Tidiane WONE
woneamadoutidiane@gmail.com

Du terrorisme verbal au pugilat parlementaire… (Par Amadou Tidiane Wone)

Les menaces adressées à Karim Wade par des personnalités qui ne sont pas des juges, quant à sa mise aux arrêts, s’il ose seulement mettre les pieds au Sénégal, prêtent à sourire.

Karim Wade à été gracié, par le Chef de l’État, de la peine d’emprisonnement. Sauf irrespect au Gardien de la Constitution, nul ne peut, à moins d’une nouvelle décision de justice, le conduire directement de l’aéroport à Rebeuss.

Car, la contrainte par corps évoquée, urbi et orbi, obéit à une procédure. Il serait bon que les vrais juristes nous éclairent, sur les voies et les moyens par lesquelles elle se déclenche. Son champ d’application et ses limites.

Pour l’heure, et faisant juste preuve de bon sens, on peut se demander si la contrainte par corps ne s’applique pas surtout à un cas de refus de paiement. Que se passe t- il dans le cas où un délinquant de bonne foi sollicite, par des voies de droit, un différé et des modalités de paiement échelonnées dans le temps?

Le but recherché étant de recouvrer, au bénéfice du Trésor Public, des sommes dont il aurait grandement besoin par les temps qui courent! Pour ce faire il faut, au moins, pour les personnes concernées le droit d’aller et de venir pour rassembler les moyens de payer leur dette.

Il faut également pouvoir obtenir, et l’honorer librement, un rendez-vous avec l’agent judiciaire de l’État entouré, au besoin, des Avocats de la puissance publique et des Conseils du condamné pour négocier les termes, et les modalités de paiement d’une somme aussi importante que celle infligée à Karim Wade: 138 milliards! S’ils existent, ils ne doivent pas reposer dans des malettes ou même des comptes bancaires.

Car jusqu’ici, les preuves de l’existence, en nature ou en espèces, des sommes attribuées à Karim Wade n’ont pas encore été apportées. Que je sache! Sinon l’État aurait mis en ébranle tous les moyens pour se saisir des biens correspondants, à la hauteur de ses prétentions.

Tout cela pour déplorer, encore une fois, les conditions des poursuites intentées contre Karim Wade. La CREI semble avoir été taillée sur mesure pour le neutraliser. A tout prix. Et lui seul.

Les autres clients potentiels de la CREI ont été oubliés ou blanchis. Sinon tenus en respect… sous le coude présidentiel(!) D’ailleurs, les plus zélés à menacer Karim Wade se recrutent dans cette frange. Cette fange devrait-on dire… On les comprend!

La Vérité finira, un jour ou l’autre, par éclater au grand jour. En attendant, que personne ne nous fasse croire qu’il est possible, en droit, de conduire Karim Wade de l’aéroport à la prison alors même que des juridictions internationales et plusieurs juristes éminents interrogent la régularité des poursuites qui lui ont été intentées, dans la forme. Comme dans le fond.
«Errare humanum est, sed perseverare diabolicum…»

A moins que les sénégalais ne se soient résolus, définitivement , à ce que : «la raison du plus fort est toujours la meilleure» comme le disait la fable de Jean de la Fontaine… Jusqu’à ce qu’elle décline. Ce qui est le sort de toute force.

Bref, il va falloir se rendre compte que «lorsque les bornes sont franchies, il n’y a plus de limites!» Et réagir avant qu’il ne soit trop tard…

Car, des bornes ont été franchies. En l’occurrence, par certains «Honorables » parlementaires qui se sont déshonorés par un étalage de force physique dans un hémicycle dédié aux travaux de l’esprit, au service de la Nation. Nous croyions avoir touché le fond avec la douzième législature.

L’opinion publique avait profondément exprimé le voeu de voir l’Assemblée Nationale retrouver de la solennité et son prestige, sa capacité de proposition de lois et son pouvoir de contrôle du pouvoir exécutif. Las…

Le Président de l’Institution y reçoit même des promoteurs de campagne de parrainage à l’honneur d’un candidat, parmi d’autres, fût-il un Président sortant… Le siège de son parti ou celui de sa coalition aurait été plus indiqué . M’enfin… «Lorsque les bornes sont franchies….»

Une drôle d’ambiance plane sur le pays. Une campagne électorale, en bonne et due forme, est menée par le Président sortant: inauguration d’infrastructures aussitôt refermées à l’usage public.

Sinon ouvertes épisodiquement… Tournées «économiques» intéressées, sur-investissements dans les familles religieuses et surtout certains de leurs représentants, lancement de «projets» ciblant la jeunesse et ses centres d’intérêt notamment dans le domaine de l’économie numérique etc.

Toute cette frénésie que notre Radiodiffusion Nationale nous impose de suivre plusieurs fois par jour. Jusqu’à l’overdose (?) Heureusement que le monopole mediatique n’est plus de vigueur.

Indépendance sur télécommande! Nous avons la liberté de zapper. De nous évader. De nous épancher à travers les réseaux sociaux pour dire notre fait à ceux dont l’hyperactivité et les discours triomphalistes révèlent une angoisse.

Comme un doute que l’on tente d’exorciser. Et c’est cette frénésie qui est le meilleur baromètre de la rupture de confiance qui explique toutes les techniques et artifices utilisés pour garantir «une victoire éclatante au premier tour le 24 février au soir» au Président sortant…

Un bilan ne se démontre pas. Il se voit! Il se ressent. Si la majorité des citoyens du pays l’éprouve et l’approuve, pourquoi s’inquiéter?

Amadou Tidiane Wone

Comment faire celui qui n’a rien vu rien entendu

Combien de Cheikh Diop se tuent à petit feu pour les mêmes raisons ? Notre société à un profond besoin de se re-sourcer – Commençons par rendre justice à ceux qui, justement, la réclament

Cheikh Diop s’est immolé. Il a, comme un dernier appel au secours, donné une interview avant de sombrer dans l’instant de folie qui mène vers l’irréparable.

J’ai longuement hésité avant de partager, sur ma page Facebook, la vidéo rendant la vie, pour ainsi dire à Cheikh, décédé des suites de ses brûlures. Puis, je me suis senti mal de ne pas faire entendre sa voix. De ne pas l’amplifier. Tant les propos sont sensés. Posés. Sa voix s’élève et accuse une série de négligences coupables dont il va falloir, pour les autorités, tirer toutes les conséquences. Des accusations qui, au demeurant, s’étendent à nous tous qui nous laissons engourdir dans le «masla» et le «garawoul». Ces contre-valeurs qui nous tirent vers le bas et nous y maintiennent. Et, hélas pour les plus fragiles d’entre nous, les entraînent vers le suicide !

Les négligences qui ont abouti à cette issue fatale, ont pour origine l’incompétence des uns, le laxisme des autres, le manque d’humanité et d’empathie de certains… Ne nous voilons pas la face, encore une fois, en condamnant le suicidé. Il appartient à Dieu Seul de le juger. Sa Miséricorde est si Grande !
Oui. Cheikh Diop s’est suicidé. Sur la voie publique, afin que nul n’en ignore. Devant le Palais de la République qui plus est. Disons qu’il a préféré la mort à ce qui lui restait de vie. Car il est mort de dépit et de désespoir. Épuisé par les promesses non tenues et le dilatoire de certains. Découragé de voir l’indifférence à son sort injuste : amputé d’un bras, suite à une mauvaise injection pendant un séjour carcéral. Une faute commise par les soins d’un membre du personnel pénitencier. Cheikh Diop aura couru, en vain, après une reconnaissance du préjudice subi et un dédommagement à la hauteur du dommage causé. Pourtant, l’État est, en principe, le recours des faibles. Le seul en vérité. Car il a le monopole de rendre la Justice. Surtout lorsque l’un de ses agents est mis en cause.

Et il en a vu du Monde Cheikh… Il en a ouvert des portes! Il cite même du très beau monde. Parallèlement, son avocat aura, selon Cheikh Diop, épuisé toutes les voies de droit. Pour se voir débouté. Alors Cheikh, dégoûté, ne comprend pas. Il ne comprend plus… Cette odyssée judiciaire, administrative et hospitalière, aura duré plus d’une année qu’il relate dans cette vidéo, comme un dernier cri du coeur et d’un corps amputé, avant de se donner la mort.

Cheikh Diop est mort. Mais il assiégera, pour longtemps, nos consciences. Pourvu que son sacrifice ne soit pas vain. Et que son acte soit un électrochoc pour notre société où se nouent des milliers de tragédies silencieuses.

Cette vidéo mérite vraiment d’être regardée. Non pas dans une forme de jouissance morbide, mais plutôt pour éprouver, enfin (!) le choc tant attendu pour réveiller notre Peuple de la torpeur qui l’engourdit. Tout se passe dans ce pays, sans réaction autre qu’une indignation passagère. De la parlotte inoffensive… Le sachant, les malfaisants s’en donnent à coeur joie:« de toutes les façons se disent-ils entre eux, dans quelques jours tout sera oublié. Et on passera à autre chose…»

Cheikh Diop nous dit quant à lui, tout simplement : « une vie d’homme, c’ est quand même plus important que certaines procédures…» Oui Cheikh. Mais on en prend vraiment conscience que lorsque l’on est en cause. Si non, chacun se complaît dans sa zone de confort. Fut-elle étriquée…

Combien de Cheikh Diop se tuent à petit feu pour, sensiblement, les mêmes raisons? Dans l’indifférence totale. Morts lentes par l’alcoolisme, par l’usage de stupéfiants ou le banditisme ? Car, repoussé au delà de certains extrêmes, l’homme devient un animal, une bête prête à tout! Or «l’homme est le remède de l’homme» selon nos traditions ancestrales… Où sont donc ces hommes-thérapies pour leur semblables ?

Notre société à un profond besoin de se re-sourcer. Une nécessité urgente de se réinventer, pour sauver tous ceux qui peuvent l’être encore, nous interpelle. Pour redonner confiance et joie de vivre au plus grand nombre.

Commençons par rendre justice à ceux qui, justement, la réclament.

Celle-là, je la devais à Cheikh Diop…

AMADOU TIDIANE WONE

Pas de chance Madame le Premier Ministre! (Par Amadou Tidiane Wone)

La Une du quotidien l’Observateur de ce 02/11/2018 voulait faire la part belle à Madame Aminata Touré, Ancien Premier Ministre du Sénégal et Envoyée Spéciale de Monsieur le Président de la Republique. Le titre de l’édition du jour est sans appel :« Mimi sort la grosse artillerie»

Puis il s’en suit deux sous-titres sensés sonner la charge. Et d’abord : « c’est regrettable que la diffusion de fausses nouvelles soit devenue une stratégie…» et ensuite: « l’opposition a essayé depuis 7 ans, de créer, en vain une tension qui pourrait lui être favorable électoralement.» selon Madame Aminata Touré

Malheureusement, et juste en dessous de cette titraille guerrière, un autre titre annonce : «LE FMI SONNE L’ALERTE»… Et lorsque l’on se reporte en page 5, on est stupéfait de constater que les déclarations de Monsieur Michel Lazare, qui vient de conduire une mission du Fonds Monétaire International dans notre pays, recoupent totalement les propos du Président Cheikh Hajibou Soumare, relatives aux difficultés de trésorerie de l’État qui sont sur le point d’asphyxier notre économie. Ces propos auxquels a tenté de répondre Madame Aminata Touré sont confirmés par le FMI, mot pour mot.

Monsieur Lazare nous dit : « les pressions se sont accumulées rapidement dans le secteur budgétaire au cours de ces derniers mois. Il est maintenant prévu que les recettes seront inférieures de 0,9% du PIB à l’objectif fixé pour décembre 2018. Le Sénégal doit faire des efforts au cours des deux derniers mois de l’année pour être en phase avec ses prévisions budgétaires, compte tenu d’une baisse des recettes de 115 milliards…»
Plus loin, Monsieur Lazare nous apprend que « le financement élevé de la Poste par le Trésor a contribué à une situation budgétaire difficile. Cela à conduit à une accumulation d’obligations non remplies envers le secteur de l’énergie et des impayés vis à vis de fournisseurs et autres opérateurs économiques.»
Ces points, soulevés par le chef de mission du FMI, sont la substance de l’alerte lancée par le Président Hajibou Soumare. Quelqu’un à qui on apprendra certainement pas à lire entre les lignes d’un rapport des Institutions financières internationales.

Au demeurant, plusieurs journaux du 02 novembre titrent sur les résultats de la mission du FMI : «Le FMI décèle un trou de 100 milliards, Walf Quotidien»; « Tension budgétaire, l’alerte du FMI, le Quotidien» etc.

On pourrait s’imaginer que les journaux se seraient ligués pour casser l’effet de l’entretien de Madame Aminata Touré. Que non! La réalité est que les finances du pays vont mal et qu’il serait temps d’en parler sérieusement.

Exercer le pouvoir convoque une notion de responsabilité et de respect des adversaires politiques. Les leçons de patriotisme doivent être réservées à d’autres, qu’à des personnalités dont le parcours au service de la République ne souffre d’aucune ambiguïté. Le Président Soumare a le sens de l’économie de sa parole. Mais lorsqu’il choisit de s’exprimer, il le fait en prenant la pleine mesure du sujet mais aussi de l’opportunité de l’évoquer.

En vérité, il nous rappelle que, quand on va au delà des chiffres donnés par un cadrage budgétaire sérieux pour satisfaire, vaille que vaille, des dépenses pour financer la surenchère politique, on finit par être rattrapé par la dure vérité des chiffres. Il ne me surprendrait pas, le connaissant, que des entorses plus graves à l’orthodoxie budgétaire aient pu être relevées et tues par le Président Hajibou Soumare. Au nom de son sens élevé de l’État et de la pleine conscience de ses responsabilités, présentes et à venir.

Le « nouveau arrivé sur la scène politique…» comme le dit Mimi Touré n’est pas n’importe qui. Il va falloir plus que des persiflages pour répondre à ses arguments qui ne doivent rien à l’émotion.

Il s’ajoute à ce contexte, plutôt morose, la diffusion du classement du Top ten du Doing Business 2019. Le Sénégal se classe à la 141 unième place au niveau mondial et à la 21 unième place au niveau africain… On comprend pourquoi ces résultats n’ont fait l’objet d’aucune publicité de la part du Gouvernement si prompt à évoquer des satisfecits extérieurs…

Cela étant dit, je salue l’engagement de Madame Aminata Touré qui court sur tous les fronts pour tenter d’éteindre les feux, multiples et variés, qui se déclarent. On a le sentiment qu’elle est bien seule. D’autant plus que le Président de la République a demandé aux insulteurs de se taire, l’offre de riposte s’en trouve encore plus réduite.

Pas de chance ! Madame le Premier Ministre, défendre l’indéfendable est une mission impossible.

Amadou Tidiane WONE

Dakar étouffe… le pays souffre (Par Amadou Tidiane Wone)

Le taux de particules fines à Dakar est actuellement 7 fois plus élevé que la norme fixée par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Un nuage de poussière comme une chape de plomb à endeuillé le ciel de ces derniers jours. Toutes sortes de pathologies se déclarent à la suite et les malades encombrent les files d’urgence des hôpitaux, sans moyens de prise en charge adéquats. Des voix compétentes, quoiqu’inaudibles, ont lancé des alertes. Elles ont eu du mal à percer au travers de la cacophonie des politicards, des prêcheurs en eaux troubles et autres bavards impénitents.

Il s’ajoute à la pollution atmosphérique celle des idées, les mauvaises idées s’entend. Ainsi que les conséquences, sur nos esprits et sur nos coeurs, de l’agression médiatique qui diffuse et amplifie toutes sortes d’absurdités indignes d’être vulgarisées. Il faut espérer que le silence des uns survienne. Et que les gens sensés retrouvent la voix. Afin que nous puissions nous parler, et nous entendre sur les vrais défis qui nous attendent.

Nous subissons de plein fouet le stress de la circulation automobile (70%du parc automobile serait concentré dans la région de Dakar…) Nous sommes désemparés face aux comportements outranciers sur la voie publique. Les pollutions sonores nous crèvent les tympans. Les mauvaises odeurs envahissent des banlieues surpeuplées, sans routes carrossables ni un minimum de viabilisation… Nous constatons, impuissants, la dégradation avancée des vieux quartiers résidentiels qui étaient la vitrine de la capitale.

Face à toute cette misère qui dégouline et se répand, on se demande à quoi riment les discours ampoulés de nos dirigeants sur l’émergence et les taux de croissance qui grimpent. A moins que toute la prospérité collective ne soit engloutie par tous les détournements de deniers publics dont parle la presse au quotidien, sans suites ni poursuites. Ou alors coulée dans le béton de tous ces immeubles qui poussent comme des champignons à la faveur de crimes économiques et fonciers dont les protagonistes se croient pourtant au dessus de tout soupçon… Une frénésie immobilière suspecte qui agit en rempart cache-misère d’une décadence morale largement entamée.

Les politiciens qui sillonnent le pays, avec leurs bavardages intempestifs et leurs discours désincarnés, devraient mesurer l’ampleur du fossé qui sépare leurs propos de la dure réalité de notre pays. Avant qu’il ne soit trop tard, car un tsunami ne prévient que dans les dernières secondes…

Levez la tête et faites un tour, juste en banlieue dakaroise, vous y trouverez un raccourci largement illustratif de la vraie réalité du pays. Ceux qui y vivent savent de quoi je parle. Or ils sont le reflet de la majorité du pays . Et pourtant, c’est de là que les organisateurs de meetings puisent les foules qui donnent une illusion de popularité à ceux qui gouvernent. Moyennant espèces évidemment. On soutire ce que l’on peut… Jeu de dupes ! Une illusion qui risque de fondre dangereusement ou d’exploser à l’identique. Car, le mal vivre lui n’est pas une illusion. C’est la RÉALITÉ…

Les signes avant-coureurs d’une déflagration sont perceptibles, visibles, audibles et sensibles à travers toutes les formes d’irrespect de l’ordre public, des lois et des règlements que les partages sur les réseaux sociaux amplifient largement.

On va finir par ne plus en rire car le danger rôde… Baaxna daal…

Qui juge sera jugé… (Par Amadou Tidiane Wone)


Nous vivons une nouvelle ère. La circulation des informations sous toutes les formes, notamment audiovisuelles et digitales, introduit de nouveaux paradigmes à prendre en compte notamment par les dirigeants, de quelque niveau que ce soit.

A cet égard, une vidéo circule depuis quelques jours mettant en scène un très haut magistrat sénégalais au cours de son… bilan médical annuel (!) On se demande quelle mouche a donc piqué le Président Demba Kandji pour qu’il accepte de se livrer à un tel exercice. D’abord parce que la visite chez un médecin devrait demeurer strictement privée. Or, en l’occurrence, nous entendons largement les commentaires de son médecin sur son état de santé qui semble bon. Dieu Merci! Le juge Kandji s’avait-il que ses propos seraient le support d’une émission faisant la promotion du tourisme médical en France? Si oui, à quelles conditions? Si non…

Que de questions s’imposent!

Mais ce qui nous fâche davantage ici c’est la teneur de l’entretien de ce haut magistrat sénégalais, s’exprimant sur une chaîne française dans un hôpital américain et qui, comme pour y justifier sa présence , déclare que c’est parce que « le plateau technique » du système de santé du Sénégal ne serait pas performant. Soit.

Pourquoi? Comment? La faute à qui? Un jugement devrait, pour le moins, être motivé! Venant d’un professionnel de la justice.

En attendant des réponses à ces questions, et pour rester dans le domaine du Président Kandji, que dire du « plateau technique » de la Justice sénégalaise qui a mis trois ans pour reconnaître que les faits justifiant l’incarcération de l’Imam NDAO étaient insuffisants pour justifier une condamnation sérieuse ? Sans compter les centaines de détenus méconnus qui croupissent en détention préventive pendant des années sans être jugés ? Sans parler des conditions de travail catastrophiques des auxiliaires de justice à tous les niveaux? Sans revenir sur toutes les «affaires» dont les délibérés ne cessent de défrayer la chronique…

Pour nous avoir titillé avec cet entretien que rien ne saurait justifier, nous saisissons l’occasion pour nous interroger sur la qualité du «plateau technique» de notre justice, si prompte à condamner les opposants et si silencieuse sur les outrances des affidés du Pouvoir en place! Ne suivez pas mon regard!

Le Premier Magistrat de notre pays ayant affirmé maintenir sous le coude plusieurs dossiers délictueux, on comprend qu’il nous faille aller à… l’étranger, à la Cour de la CEDEAO notamment, pour entendre dire le droit.

Décidément, tous les «plateaux techniques» du pays doivent reconquérir notre confiance. CQFD…

Vibrant hommage d’Amadou Tidiane Wone à Wade : Quitte à être privé de dessert, je le dis!

Former Senegalese President Abdoulaye Wade gives his first press conference since he lost Senegal’s Presidential election, in Dakar, on May 25, 2012. AFP PHOTO / SEYLLOU (Photo credit should read SEYLLOU/AFP/GettyImages)

Le Président Macky Sall s’est rendu au Sommet du G7 comme invité, en sa qualité de « Président du Comité d’orientation des Chefs d’États et de Gouvernement du NEPAD. » Le Chef de l’Etat du Sénégal, sans ce titre, n’aurait aucune prétention à siéger à ce niveau.

Il faut dès lors rappeler que c’est le Président Abdoulaye WADE qui avait, en son temps, plaidé pour l’accès de l’Afrique à ce cercle fermé des pays riches, principalement occidentaux. Le G7 était alors appelé G8 avant l’exclusion de la Russie coupable d’’avoir annexé la Crimée.

À la fois pédagogique et stratégique, la démarche du Président WADE avait pour but de dénoncer ce cénacle de riches qui prend des décisions engageant le destin des Peuples du monde entier sans les consulter. D’une part. D’autre part, il s’agissait de faire entendre la voix de l’Afrique au Monde. On remarquera la portée d’un tel exercice : faire parler l’Afrique d’une seule voix et mettre les pays riches face à leur responsabilités dans le retard du Continent, suite à leurs politiques impérialistes et esclavagistes ayant duré plusieurs siècles.

Le Président Jacques Chirac, conscient de la dimension intellectuelle du Président WADE, suggérait à chaque occasion que ce soit lui qui prenne la parole au nom du Continent, pour défendre la Nouvelle Vision du Développement de l’Afrique. Ce qu’il faisait avec le brio de sa profession d’avocat dans les délais impartis dans ce type de sommets, c’est à dire en 8 et 15 minutes. Le Président WADE profitait de ces tribunes pour dénoncer, vigoureusement, le binôme dette et aide qui nous enserre et nous vassalise.

En lieu et place, l’approche du NEPAD qu’il proposait inlassablement aux pays du G8 d’alors, c’était de soutenir un nouveau paradigme du développement de l’Afrique basé sur l’investissement massif dans « les Infrastructures et l’Education ».

Le Président WADE se sera battu comme un lion, souvent seul, pour demander au pays riches de remplacer « l’aide » par des investissements massifs dans les infrastructures afin de booster les échanges intra-africains et ainsi relancer des croissances par pays en créant partout des emplois et de la richesse . Cette approche permettait de fonder un nouveau partenariat ( gagnant- gagnant) au bénéfice d’une croissance mondiale équitable parce que bien répartie.

Paradoxalement, c’est au moment où le discours du Président WADE commençait à convaincre les grandes puissances que les logiques égocentriques africaines ont repris le dessus. En lieu et place des Grands projets structurants comme le chemin de fer Dakar-Djibouti, l’Autoroute Tanger-Cape Town etc. , les dirigeants de plusieurs pays africains se sont recroquevillés sur des logiques de coopération bilatérale et de projets à court terme pour des raisons souvent électoralistes. Je retiens que le Président WADE a toujours laissé une forte impression dans ces cercles de haut niveau. J’ai eu le privilège de l’accompagner de près, notamment au Sommet du G8 en 2010 à Huntsville au Canada, en qualité d’Ambassadeur.

Hélas, les politiques impérialistes ont depuis retrouvé de la vigueur, avec la complicité agissante des dirigeants africains contemporains, timorés et en deçà des défis de leurs responsabilités historiques. Ils ont rompu (sans l’avouer) avec le rêve panafricain des fondateurs du NEPAD, première vision économique continentale axée sur une revue de projets et une évaluation des moyens nécessaires pour les financer dans le sens d’un développement cohérent des différentes régions africaines.

D’autant que cette vision émanait des Chefs d’Etats africains eux-mêmes, les pays occidentaux ne pouvaient, raisonnablement, faire la sourde oreille longtemps. Ils feront alors dans le dilatoire et mettront en œuvre la vieille recette, « diviser pour mieux régner ». À ce jour… Il faudra avec le recul se demander s’il ne valait pas mieux rechercher le financement du NEPAD du côté de la Chine et d’autres pays émergents… Encore faut-il être libre de ses choix économiques et politiques !

Mais ce qui me pose question ici, c’est que depuis 7 ans que le Président Macky SALL dirige le Sénégal, je ne me souviens pas l’avoir vu prendre une initiative majeure pour le NEPAD. Il n’en parle même jamais! Même s’il est rejoint par le suivi des dossiers initiés par les fondateurs du NEPAD. Que l’on me détrompe au besoin. Cela est dommage. Car l’agenda de la politique intérieure du Sénégal aura influencé négativement un projet continental d’envergure.

En attendant d’avoir accès au discours du Président Sall au G7, je crois pouvoir dire que le Sénégal a raté une occasion de grandeur en 2012. Le Président Macky Sall aurait eu tout le bénéfice politique d’impliquer le Président WADE dans le suivi et l’impulsion du NEPAD dont il est un des concepteurs. Il en était, également, un des plus ardents défenseurs.

Mais il fallait alors avoir une autre, et une haute, conception de la politique! Il serait temps d’ailleurs que dans notre pays nous fassions un audit de la politique ! Pour redéfinir ses paradigmes…Pour établir, au moins, que l’action politique ne se réduit pas à la ruse ni à la finesse des traquenards. La politique ne se réduit pas, non plus, à une aptitude prononcée à éliminer tous ses adversaires potentiels. En politique, l’intelligence du cœur et la générosité sont le levain des grands desseins. À chacun de choisir le panthéon de son destin!

Je ne suis pas Wadiste au sens de l’idolâtre qui ne voit pas les erreurs commises par l’objet de son culte. Je ne suis pas non plus membre du PDS. J’ai eu, seulement, comme beaucoup d’autres , le privilège de travailler aux côtés du Président WADE et, avec le recul et l’observation des temps actuels, j’affirme sans ambages mon point de vue final le concernant à travers quelques faits: Abdoulaye WADE a été un grand Président africain! Au plan des symboles forts et pour rester dans l’actualité récente : Il a redonné vie et dignité aux tirailleurs en leur consacrant une journée inscrite dans l’agenda républicain. Il a réhabilité le Cimetière de Thiaroye jeté dans l’oubli par les régimes précédents, et mis sous les projecteurs les tragiques événements qui y ont conduit des centaines de tirailleurs.

Il a ainsi honoré la mémoire de tous les anciens combattants africains. Il a, par ailleurs défendu, sur tous les foras mondiaux, la dignité de l’Afrique. Son célèbre discours à la FAO reste dans toutes les mémoires et reste une anthologie dans le genre. Il a poussé à la roue pour un panafricanisme plus pragmatique moins émotif et verbal . Il a tenté de distendre le cordon ombilical avec la France avec les conséquences, pour lui-même, visibles à l’œil nu! Jugez-en: pousser la témérité jusqu’à remettre en cause les conditions de la présence militaire française sur notre sol? Il fallait le faire! Reprendre notre souveraineté sur le port de Dakar, en diversifiant les opérateurs, il fallait oser…Entre autres.

Je concède, néanmoins, qu’il a commis de très grosses erreurs en politique intérieure. Il les a payées cash! L’objectivité est en effet une de mes quêtes personnelles. Elle est une dimension de la Liberté. Elle s’éprouve de soi en soi. Ce n’est pas toujours « payant », car cela n’a pas de prix!

Mais je souhaitais dire ici au Président WADE mon admiration pour son leadership sur les questions internationales et africaines durant ses deux mandats. Je voudrais aussi lui dire mon respect pour son indépendance d’esprit et son cran lorsqu’il s’agit de défendre nos intérêts nationaux et ceux de l’Afrique. Avec le recul, je crois qu’il serait temps de lui en rendre justice. D’autant plus que maintenant on peut mesurer le chemin parcouru…Je le fais avec d’autant plus de plaisir que personne ne peut plus me soupçonner de flagornerie intéressée. J’ai conduit jusqu’au bout ma conception de la reconnaissance personnelle avec le Président WADE. Dans la situation consécutive à l’alternance de 2012, les flatteurs situationnistes eux avaient compris très tôt le sens du vent et ils ont tourné avec. Chacun à sa manière et à son rythme…Ils se reconnaîtront !

Je saisis aussi l’occasion pour rendre un hommage appuyé à celui qui fut, pendant 9 années, le Ministre des Affaires étrangères du Président WADE, Cheikh Tidiane GADIO qui aura défendu, illustré et diffusé avec beaucoup de panache la vision panafricaine du Sénégal. Une vision qui correspond à tout ce à quoi il croit lui-même sincèrement. Cela est, et reste son combat, même hors de ses fonctions gouvernementales. Vivement son retour au charbon!

Je sais, pour ne pas conclure, que certains vont nécessairement m’interpeller sur le voyage du Président WADE à Benghazi à la veille de l’exécution du Président Khadaffi. En attendant d’entendre le principal intéressé se prononcer sur la question, je considère que ce fut une faute politique et stratégique lourde de conséquences qui aura entaché un parcours, presque sans fautes, au service d’un destin pour l’Afrique. Tous les panafricains en sont sortis meurtris. Il serait temps que le Président WADE leur parle. Pour la postérité.

Pour ce qui me concerne, j’ai dis ce que je crois. Sans jamais chercher à défendre l’indéfendable. Quitte à être privé de dessert!

Amadou Tidiane WONE

Clémence et Miséricorde… (Par Amadou Tidiane Wone)

C’est en Ces Noms et Attributs divins que je commence une réflexion sur ce qui fait une certaine actualité dans notre pays. En plein mois de Ramadan, mois de pénitence, de repentir et de quête du Pardon Divin. J’implore Allah, Le Tout Puissant, afin qu’Il m’inspire les pensées et les mots conformes à Sa Volonté et répondant à Son Agrément. Je vais m’y essayer en gardant le regard fixé sur l’horizon du Grand Rendez-vous avec Lui, Le Seul Maitre de l’Univers.

Monsieur le Premier Ministre Idrissa Seck s’est fourvoyé.
Incontestablement. Dans le fond comme dans la forme.

Dans le fond, la question qui lui était posée était adressée à l’homme politique et non à un prêcheur. Dans ce contexte, des arguments politiques existent pour éclairer les débats sur la crise Israélo palestinienne sans avoir besoin de remonter au Prophète Abraham et à Son illustre descendance. Pour comprendre, discuter et se faire une opinion sur cette tragédie contemporaine, il suffit de se pencher sur les conditions de la création de l’État d’Israël en 1948 en interrogeant le rôle joué par la Société des Nations (SDN) devenue l’Organisation des Nations Unies (ONU). Il faut ensuite dérouler le film des partis pris flagrants de certaines grandes puissances, depuis cette date, pour asseoir l’autorité d’Israël dans la région.

Il faut enfin décoder les causes de l’affaiblissement du Monde arabe pour appréhender le jeu des ombres qui, depuis trop longtemps, tirent les ficelles et profitent des guerres au Moyen Orient pour accentuer leur contrôle sur ses ressources pétrolières, augmenter leurs gains financiers et transformer le rapport des forces, religieux et politique, dans cette partie du monde. Tout cela dans une approche géopolitique, savamment conçue et menée à coup de canons. Il y’ avait donc, sous ce rapport, de quoi alimenter une longue interview en matière de sciences…politiques.

En lieu et place, Monsieur le Premier Ministre Idrissa Seck s’est lancé dans des approximations et des inexactitudes en sciences…religieuses(!) qui ont été relevées et corrigées par plusieurs intervenants sur la question. Point n’est besoin d’y revenir.

Rappelons tout de même que pour un musulman, le Coran n’est pas un livre d’histoires anciennes. C’est la Parole de Dieu. Le Message d’Allah à toute Sa Création. La mise à jour finale du logiciel permettant d’accéder au Serveur divin. De toute éternité. La succession de 124.000 Prophètes, de Adam ( Alayhi Salaam) à Mohammed ( Salalhou Alayhi wa Salam) ne doit rien au hasard. C’est le déroulement de la programmation divine dont la quintessence et le sens profond nous seront dévoilés au jour du Jugement dernier.

Que ceux qui en doutent jurent qu’ils ne mourront jamais! Aucun des négateurs les ayant précédés ne marche plus sur la terre d’Allah, Celui qui les a rappelé à Lui. C’est le Prophète Mohammed (Paix et Saluts sur lui) qui est l’être exceptionnel, sous tous rapports, qui a été choisi par Allah pour transmettre le Coran et tous les enseignements divins, réactualisés et purifiés des contrefaçons sataniques et humaines antérieures. La dimension du Prophète (Paix et Saluts sur lui) est ainsi à envisager, relativement à la permanence ainsi qu’à la portée universelle du message qu’il à délivré depuis 14 siècles(!) en seulement 23 ans.

Une Vérité qui a atteint et convaincu depuis, sur tous les continents, dans toutes les races et toutes les conditions, des milliards d’êtres humains… Qui dit mieux? Rappelons que, du point de vue de l’Islam, Ses prédécesseurs dans l’Ordre de la Révélation que sont les Prophètes Moussa (Moïse,transmetteur de la Thorah) et Issa ( Jésus, transmetteur de l’Évangile) sont ses frères! Ils bouclent le cinq majeur de l’Islam qui est constitué par Noé, Abraham, Moussa, Issa et Mohammed que la Paix et les Saluts d’Allah soient sur eux tous. Ceci pour dire que l’on ne s’adresse pas à ces hommes exceptionnels, élus de Dieu, de manière désinvolte. Tous les égards en matière de langage leurs sont dus. Erreur manifeste, dans la forme, du discours d’Idrissa SECK.

Cela étant, le but de cette réflexion n’est pas de répéter ce qui à été amplement et bien dit. Parfois, hélas, maladroitement. Au point de susciter des réactions épidermiques qui appauvrissent le débat.

Ce qui m’intéresse plutôt ici c’est d’interroger la tendance générale à JUGER et à CONDAMNER sans appel Monsieur Idrissa Seck parfois en l’excluant de La Miséricorde d’Allah. Cela me semble excessif et je ne sache pas qu’un être humain soit attributaire de telles prérogatives. Idrissa Seck, édifié sur ses erreurs et s’il les reconnaît comme telles, a les portes du repentir grandement ouvertes. Qu’il fasse amende honorable et sollicite du Créateur, Seul Juge digne de Ce Nom, la rémission de sa faute ainsi que Son Pardon.

« et pour ceux qui, s’ils ont commis quelque turpitude ou causé quelque préjudice à leurs propres âmes (en désobéissant à Allah), se souviennent d’Allah et demandent pardon pour leurs péchés – et qui est-ce qui pardonne les péchés sinon Allah? – et qui ne persistent pas sciemment dans le mal qu’ils ont fait. » Sourate 3 Verset 135

Il me semble également que lorsqu’une brebis s’égare, le rôle des bergers c’est d’aller à sa recherche afin de lui faire réintégrer le troupeau. Les condamnations sans appel ne devraient survenir qu’en cas de rébellion ouverte et belliqueuse. Sinon, la communauté musulmane doit préserver son unité et faire preuve entre ses membres de clémence , de mansuétude et de miséricorde. Encore plus au cours de ce mois béni dédié à la Miséricorde et au Pardon.

L’atmosphère sociale de notre pays est pesante. Les Guides spirituels ont pour mission de promouvoir la Paix et l’harmonie. En restant à équidistance des chapelles temporelles guidées par des enjeux terrestres. Dans le respect des différences. Tant que des actes belliqueux ne sont pas posés par tel ou tel segment de la société, nous devons tous mettre en avant la Paix, l’harmonie et la cohabitation pacifique.

Pour malheureuses que soient les déclarations de Monsieur SECK, nous devons à la vérité de rappeler que nous avons lu, vu et entendu dans notre pays des propos et des actes mille fois plus condamnables que ses propos. Aucune levée de boucliers ne les a sanctionnés. L’Islam est quotidiennement malmené par nos postures et nos impostures dans l’indifférence quasi générale. La division des musulmans en sectes de plus en plus nombreuses est, à cet égard, préoccupante . Allah dit à Son Messager:

« Ceux qui émiettent leur religion et se divisent en sectes, de ceux-là tu n’es responsable en rien: leur sort ne dépend que d’Allah. Puis Il les informera de ce qu’ils faisaient. » Sourate 6 Verset 159,
Voilà bien un sujet qui mériterait un débat en profondeur et la mobilisation de tous les musulmans sincères pour juguler une tendance suicidaire pour notre communauté , en principe unie autour d’Un Seul Livre, guidée par Un Prophète, en direction d’Un Seul Dieu.

Si déploiement d’énergie il doit y avoir, que ce soit sur le chantier de la restauration du dogme islamique et du modèle prophétique en nous-mêmes et autour de nous. Les vertus sont malmenées. Les comportements sociaux sont déglingués. La course aux biens mal acquis est devenue la règle. La corruption, la luxure et le culte du paraître atteignent des niveaux jamais égalés.

La religion est réduite à des dimensions folkloriques. Alors même que sa mission est de purifier les âmes et de transformer l’humain en digne représentant de Dieu sur terre. Préoccupons nous de cela et changeons vite de perspective avant qu’il ne soit trop tard…
Tout le reste sent le piège et dénote des ruses de Sheytaan! Qu’Allah nous en préserve et nous maintienne dans Sa Guidance!

Dewenetti.

Amadou Tidiane WONE

Confirmer l’alternance et reconstruire un pôle d’espérance (Amadou Tidiane WONE)

Les archives ont du bon. Je ne change pas une virgule à cet article publié le 28 décembre 2006. Car c’est comme si on tournait en rond. Les acteurs sont quasiment les mêmes. Il n’y a que des changements de rôles.
Confirmer l’alternance et reconstruire un pôle d’espérance
L’alternance politique survenue en l’an 2000 est le fruit d’une longue marche du peuple sénégalais. Ainsi, pour sonder les racines de la marche inlassable de notre Peuple vers la Liberté et le Progrès, il faut mettre bout à bout toutes les luttes menées par les différentes générations d’hommes et de femmes qui ont fondé et bâti notre Nation.

Les tentatives de réduire l’alternance qui n’est, au fond, qu’une étape du processus de réappropriation de son destin par le Peuple souverain au seul mérite d’un homme, d’un parti ou même d’une coalition victorieuse sont à la base des tensions qui traversent le pays depuis le 19 mars 2000.

Le malaise général qui en découle rend l’atmosphère pesante et les lendemains incertains. La fébrilité constante du landerneau politico médiatique sur fond de surenchères et de menaces risque, si l’on y prend garde, de faire exploser le thermomètre. C’est pour cela qu’il devient urgent que, dans un sursaut de lucidité qui puisse fédérer le plus grand nombre de citoyens, l’on se consacre à analyser les causes profondes des convulsions qui secouent la classe politique sénégalaise depuis l’an 2000. C’est là le préalable nécessaire à toute recomposition ou reconfiguration des forces politiques et sociales dans la perspective des prochaines consultations électorales.

Cela est d’autant plus urgent que ces crises interminables depuis l’an 2000 freinent la poursuite d’une véritable ambition collective pour propulser notre pays sur les rampes de lancement du progrès et du mieux-être pour le plus grand nombre.

Il faut donc se le dire une bonne fois pour toutes : l’alternance n’est pas une fin. Ce n’est qu’une étape. C’est l’une des modalités d’expression de la volonté populaire de changer ses conditions d’existence en changeant ses mandataires. C’est là l’esprit de la République et de la Démocratie multi partisane qui offre au peuple le choix de désigner, à des termes réguliers, ceux et celles en qui il place sa confiance.

L’éclatement de la coalition victorieuse en l’an 2000, les réaménagements en cours sur fond de querelles crypto personnelles ou d’intérêts particuliers ne doivent pas nous distraire d’une analyse froide et lucide de la situation nationale.
L’une des premières questions à laquelle il faut trouver une réponse est la suivante : Quelles sont les véritables raisons de l’éclatement de l’alliance victorieuse en l’an 2000 ? Quelles sont les divergences de fond qui ont conduit à la nécessité pour les alliés de se séparer en dépit du mandat donné par les électeurs ?

Qui étaient les protagonistes de la crise ayant conduit à la rupture ? Ils sont tous vivants et nous doivent des explications sur ce qui s’est réellement passé avant de constituer de nouvelles alliances et de solliciter à nouveau nos suffrages. Il est tout de même remarquable que nos politiciens passent du pouvoir à l’opposition entre deux scrutins sans que les causes réelles de ces allers retours ne soient politiquement compréhensibles.

Qu’est qui a poussé Moustapha Niasse à quitter le gouvernement ? Et Avant lui le PIT d’Amath Dansokho ? Qui a poussé la LD à la sortie ? Qui a ramené l’URD au pouvoir après tout ce qui s’est passé ? Qui a suscité, théorisé et organisé la transhumance ? A-t-on le droit entre deux scrutins de ramener au pouvoir certains de ceux à qui le suffrage universel l’a retiré ? Etc. autant de questions auxquelles la classe politique et tous les citoyens doivent trouver des réponses qui vont poser les jalons de la refondation de la Politique au sens le plus noble du terme.

La politique ne doit pas être le lieu de l’intrigue et de la ruse. Non plus le lieu où tous les coups sont permis et où la Morale n’a guère de place. Notre pays a besoin d’arrimer la conduite des affaires de la Cité à un code moral qui soit conforme aux valeurs qui fondent notre commune volonté de vivre ensemble. Quelles sont ces valeurs ? Sont –elles actuelles ? Faut-il les revisiter ? Autant de questions que les monologues parallèles ne parviendront pas à assouvir.

Il faut donc renouer les fils du dialogue. Non pas celui qui consiste à partager des postes et des prébendes, mais celui qui a pour ambition de construire un avenir pour nos enfants dans un monde de plus en plus impitoyable. Il faut donc que tous ceux qui se sentent concernés fassent un effort de dépassement pour inventer un avenir à la mesure de la qualité intellectuelle de notre nation. Il faut débattre et non se battre. Seuls les animaux devraient être réduits à l’extrême de l’affrontement physique pour trancher des litiges en ce début de troisième millénaire !

Cela dit : l’alternance étant ramené à sa véritable dimension d’étape dans la longue marche du Peuple vers la reconquête d’une trajectoire historique conforme à son génie, il convient que les élites s’attachent à ne pas trahir cette volonté. Il devient donc urgent de procéder à des analyses qui sortent des querelles de personnes pour s’inscrire dans une perspective historique face à laquelle les intérêts immédiats et particuliers sont dérisoires. Dans ce contexte, la réflexion, pour ce qui me concerne, tourne autour de la question suivante : Comment confirmer l’alternance et rebâtir un Pôle d’espérance ? La question n’est pas simple.

Car il faut, dans le même temps, faire l’autocritique sans complaisance des sept ans que nous venons de vivre et reformuler une Vision d’avenir qui conforte les uns et rallie beaucoup d’autres. C’est ce débat qui mérite d’être posé. Sortons des discours simplificateurs qui réduisent à des conversations de grand-place les enjeux de l’avenir de notre pays. Evitons les procès d’intention et les partis pris faciles qui altèrent l’objectivité et déforment le jugement. Même le discours partisan doit avoir le souci de la cohérence, de l’intelligibilité et de la rigueur. Pour restaurer à la Politique sa dignité et réconcilier toutes les forces de progrès autour d’une grande ambition pour le Sénégal, il va falloir retrouver le sens de la Patrie, de son Honneur et de sa Gloire.

Amadou Tidiane WONE

Ecrivain, Ancien Ministre

Le temps de se dresser! (Par Amadou Tidiane WONE)

La politique dans notre pays se réduit, de plus en plus, au discours belliciste des uns contre les autres. Elle se conjugue aussi, hélas, au gré des reniements et des trahisons. Elle autorise les forfaitures et absous l’utilisation abusive des deniers publics. Les sénégalais ne s’étonnent même plus de certains retournements de situation. Tant le disque des candidats à la transhumance est sans imagination. Convenu et misérable.

À de rares exceptions près, on entend peu un discours politique alternatif, suffisamment élaboré, sur les problèmes cruciaux qui assaillent notre pays. Non plus sur les solutions possibles pour y remédier. Les syndicats s’époumonent sans se faire entendre. La société civile prêche dans le désert. Et, par exemple, pour ce qui concerne la grave crise scolaire qui secoue notre pays, aucun leader politique n’a produit, pour l’heure et à ma connaissance, une proposition de sortie de crise alternative, argumentée, chiffrée et opératoire. L’opposition ne devrait pas se limiter qu’à dénoncer mais devrait aussi proposer des modalités de sortie de crise.

Parlons sérieusement!

L’émergence d’un pays, encore que ce mot ne veuille pas dire grand chose tel que rabâché au quotidien, ne se mesure pas en termes d’immeubles construits, ni de statistiques savantes. Même pas en termes de routes, de pistes de production ou de TER. Non plus par l’annonce quotidienne de pluies de milliards dont personne ne voit la couleur. Depuis les annonces triomphalistes faites à la sortie du Club de Paris, nous garantissant que les sommes « collectées » dépassaient largement nos attentes, nous n’avons cessé d’enregistrer….de nouvelles annonces (!) Nous nous endettons chaque jour un peu plus. Jusqu’à quand? L’émergence ne signifie pas des mots et des chiffres qu’on aligne. Non plus les satisfecit décernés par les bailleurs de fonds ou les agences de notation.

Non!

Le progrès d’une Nation se mesure au bien-être apporté à ses populations. On l’apprécie à la qualité du système éducatif et à l’aune de la démocratisation de l’accès au Savoir. Il se jauge à la commodité des structures dédiées aux services de santé. Pour tous. Avec un esprit de solidarité tel que les plus démunis soient soutenus par une sécurité sociale efficiente, une mutualisation effective des moyens de la collectivité pour le mieux-être de tous.

La qualité de vie d’un peuple est appréciable, aussi et surtout, par le niveau de sécurité et de sérénité dont jouissent les citoyens, et notamment les enfants et les handicapés . Bref, les catégories les plus vulnérables. L’actualité de notre pays à cet égard est, pour le moins, alarmante!

Le développement d’un pays, c’est la conquête progressive de son autonomie alimentaire, par une agriculture centrée sur les besoins des populations mais aussi ouverte sur Les transactions internationales.

Je suis au regret de constater que, sous tous ces rapports, le Sénégal en 2018 ne me semble pas être sur la bonne VOIE.

Il va falloir en CHANGER!

« O Sénégalais Debout! » dit notre hymne national, jamais appel n’a été aussi pressant!

À l’occasion des prochaines élections présidentielles, mais bien au delà , le débat qui doit être au centre de toutes nos préoccupations ne doit porter que sur la problématique suivante : comment mobiliser les sénégalais pour changer le Senegal . C’est à dire transformer, qualitativement, les conditions de vie du plus grand nombre de nos compatriotes, notamment les plus démunis! Alors on pourra commencer à parler d’émergence !

Na nu Jog ngir Senegaal!

Amadou Tidiane WONE
woneamadoutidiane@gmail.com

Amadou Tidiane Wone lance le mouvement politique « Jog Ngir Sénégal »

Encore un nouveau né dans l’arène politique. Cette fois c’est l’ancien ministre de la Culture sous Wade, Amadou Tidiane Wone qui lance un nouveau mouvement politique dénommé «Jog Ngir Sénégal ». Qui sous entend «passer à l’action au service de (son) pays», rapporte les Echos.

Mis en place ce 25 mars, «Jog Ngir Sénégal» se présente «comme la nécessité d’aller au-delà de la simple pensée de l’écriture pour passer à l’action au service de notre pays».

Pour l’ancien directeur de cabinet de Wade, repris par Les Echos, «c’est dans l’ordre de la transformation» que son mouvement «s’est imposé comme un écho de notre hymne national, qui demande de se lever».

Amadou Tidiane Wane compte se mettre «debout pour insuffler au paysage actif, activiste et résolu pour la constitution de l’avenir du Sénégal» et pour «une alternative».

Sélection ou élection. Et si on regardait un peu ailleurs? (Amadou Tidiane Wone)

Le commentateur chinois Zheng RUOLIN de la chaîne de télévision chinoise CGTN, certainement pour répondre au concert de commentaires désobligeants émis par la plupart des médias occidentaux suite à l’élection du Président Xi Jinping à la Presidence à vie, a posté sur les réseaux sociaux une petite capsule pour édifier l’opinion sur la conception chinoise du pouvoir. Il nous éclaire sur les conditions nécessaires et les qualités requises pour y accéder. Il taille ainsi en pièces les clichés, présentés comme universels, de la démocratie à l’occidental écoutons-le :
« L’Assemblée Nationale Populaire chinoise a le pouvoir de réviser la Constitution et aussi celui d’élire le Président de la République ainsi que le Premier Ministre. C’est sur ce dernier point que les politologues français expriment souvent leurs réserves. Ils sont persuadés que l’élection est juste formelle car il y’a un seul candidat, proposé d’ailleurs par le Parti Communiste chinois. Ils ne comprennent pas notre conception concernant le leader (dirigeant) de l’Etat et ils ne comprennent pas, non plus, la situation de la Chine.
Pour nous chinois, nous estimons que la direction d’une grande Nation , d’un grand pays, doit avoir certaines qualités indispensables: la loyauté, l’honnêteté, la responsabilité, un esprit de grande envergure, la fermeté, la vertu, l’intelligence et de l’expérience, en plus de la compétence. Par exemple, pour élire le candidat au poste de Président de la République, en Chine, il faut avoir été Gouverneur de deux grandes provinces. Car, les chinois pensent que la gouvernance d’un pays c’est comme un médecin soignant un patient. On ne peut pas élire n’importe qui par une élection au suffrage universel pour guérir une maladie. Il faut d’abord sélectionner des experts qui ont la compétence nécessaire et puis on vote parmi l’un d’entre eux pour devenir le médecin désigné. Cette façon de sélectionner le leader (dirigeant) de l’Etat est liée à la tradition de notre civilisation.
Dans un pays comme la France on élit une personne dans une élection au suffrage universel direct. Mais en Chine il s’agit plus d’une sélection que d’une élection. Une sélection effectuée par le Parti communiste chinois ressemble en réalité au système de sélection traditionnel des mandarins par l’examen. Tout un chacun, qu’il soit paysan, commerçant ou lettré pouvait devenir mandarin. Un mandarin de premier rang même. Cela serait équivalent aujourd’hui au rang de Ministre, voire celui de Premier Ministre, s’il a réussi à son examen. Aujourd’hui, un politicien chinois, voulant devenir candidat au poste de Président de la République doit, lui aussi, passer un examen. Avoir géré au moins deux grandes provinces, et avoir obtenu de bons résultats, est justement l’une des conditions indispensables. Cette sélection est très sévère, très longue et très rigoureuse.
Une fois le candidat sélectionné ce sera au tour de l’Assemblée Nationale populaire de voter. 
La Chine est un grand pays. Nous sommes un milliard trois cent millions d’habitants. Avoir un pouvoir central fort, efficace et juste est très important. La Chine n’est pas un pays dominé par les puissances financières. Le pouvoir politique en Chine est la garantie du bon fonctionnement de l’Etat. Ce n’est pas comme l’Allemagne, par exemple, qui peut à vivre sans Gouvernement pendant presque 100 jours.
Comment est-ce possible? (…)J’imagine souvent ce qui serait le résultat potentiel si on devait organiser une élection au suffrage universel direct pour élire le Président dans notre pays. Aujourd’hui qui aurait la chance de gagner? Le Président actuel ou Jackie CHAN? Je ne suis pas sûr du résultat! Mais avec le double système, sélection puis élection, Jackie Chan n’aura aucune chance de devenir Président de la Chine! Vous allez me dire : et Ronald Reagan? Mais justement! La Chine n’est pas les États-Unis. La Chine ne sera jamais les États-Unis. »
 
Cette longue citation est un véritable cours de droit comparé entre deux systèmes qui ne reposent pas sur les mêmes paradigmes et ne s’inspirent pas des mêmes sources! Cela se comprend aisément car, les États Unis comme État indépendant ne date que de 1776…Fille naturelle de l’Europe, qui elle a produit de grandes et prestigieuses civilisations, les USA aujourd’hui prétendent pourtant gouverner le monde. Mais cette domination se construit essentiellement sous la menace d’une supériorité militaire et non par le rayonnement des idées et le jaillissement d’une pensée féconde et généreuse.
Même la culture y est mercantilisée au point d’être ravalée au rang de loisir. D’ailleurs, « l’entertainment » est une des premières industries productrices de revenus des USA… Mais quelle âme, quelles valeurs véhiculent les industries culturelles américaines à travers le monde? Jugez vous-même!
En face, la Chine est forte d’une histoire pluri millénaire. Elle a développé, au fil des siècles, une capacité de surmonter ses difficultés en ne « comptant d’abord que sur ses propres force ». Depuis plus de 4000 ans le peuple chinois a élaboré un corpus de valeurs spirituelles et morales qui constituent le socle inaltérable de l’identité chinoise.
Même le communisme dont les principes ont été acclimatés par Mao Tse Toung, n’est considéré que comme une modalité de gestion de l’Etat. Il est conçu comme perfectible, mais toujours au prisme des valeurs de civilisation chinoises. Et toujours au mieux des intérêts de la Nation chinoise.
La Chine se paie ainsi le luxe de devenir la plus grosse usine du monde. Elle envahit le monde entier de produits conçus ailleurs mais qu’elle fabrique à des prix imbattables! Du gadget le plus insignifiant au matériel hi-tech le plus sophistiqué, la Chine développe toute une gamme de capacité de production allant du pire au meilleur.
Et voilà ce qui devrait inspirer l’Afrique!
Héritiers de valeurs ancestrales et de civilisation fortes, nous les avons délaissées au profit de prêt-à-penser produits par une sous-culture occidentale. Celle-ci, destinée essentiellement à nous dompter et à nous apprivoiser, est une forme de castration de nos intelligences. La traite des esclaves comme la colonisation, symboles les plus achevés de la pire barbarie humaine, semblent avoir brisé nos ressorts.
Incapables de surmonter nos peurs pour conquérir nos libertés et penser au mieux de nos intérêts, notre continent est à la merci de tous les prédateurs du monde. Le pire c’est que ce sont des « élites »africaines bon teint qui, aujourd’hui, font le sale boulot de détrousseurs de nos peuples au profit de pays et d’intérêts qui nous ont apportés plus de malheurs que de bonheur.
Et si on faisait les comptes?
Le Sénégal va célébrer la cinquante huitième édition de son accession à la souveraineté internationale le mois prochain. Depuis la douloureuse parenthèse de l’éclatement de la Fédération du Mali, suivie de la crise politique majeure de 1962, notre pays navigue… Bon an, mal an. Dirigé par des élites fascinées par le modèle occidental, et plus particulièrement français, de gouvernance, nous n’avons pas su faire de l’indépendance un outil de libération des intelligences et des énergies créatrices de notre peuple.
Confinés dans les frontières héritées de la colonisation, nous traînons les séquelles douloureuses de la balkanisation. Un projet conçu pour nous neutraliser par la division! Sénégalais, une partie de ma famille est mauritanienne, une autre malienne, une autre guinéenne… Dans une vraie vie et pour ressembler vraiment à mes ancêtres ante-coloniaux, je serais en fait un Ouest-Africain! Comme la majorité de nos compatriotes.
Les vrais chantiers post-indépendances de reconstruction de nos identités, et de mise en place d’espaces de fraternité sous-régionale, qui vont bien au delà des organismes économiques et politiques existants, n’ont pas été abordés sous ce rapport. Il serait temps. Si nous voulons véritablement changer le destin de l’Afrique!
Ces tâches urgentes imposent, dans notre pays, la quête d’une vraie alternative aux alternances successives qui ont montré leurs limites. Elles se sont réduites, en effet, à un jeu de chaises anglaises à l’intérieur d’une classe politique fossilisée dans un discours conflictuel entre acteurs vieillissants et peu inspirés. La vieillesse, ici, étant moins relative à l’âge qu’à une longue pratique de méthodes éculées de complots et de trahisons selon le sens du vent…
La fin de l’ère de la politique politicienne et alimentaire est un donc un chantier prioritaire. Hâtons-la, pour mettre notre pays dans une autre orbite au service d’une Afrique nouvelle décomplexée et conquérante.
Par la force des réseaux sociaux, les frontières physiques sont déconstruites. Il est même possible de mettre en place des outils sophistiqués d’action politique et citoyenne à dimension sous-régionale! Il faut simplement faire attention à ce que le web-activisme ne soit piégé par des intérêts stratégiques qui seraient inspirées par la même volonté de domination qui, depuis des siècles, poursuit son projet sans désemparer.
Des organisations politiques, à la dimension de l’UEMOA, pour commencer, doivent pouvoir naître, coordonner leurs actions, aller à la conquête du pouvoir dans chaque pays et se donner comme objectif de gommer les frontières physiques coloniales. Après, on pourra rêver d’une fédération des Etats-Unis D’Afrique  et d’un Gouvernement continental !
Je vois d’ici nos enfants et petits-enfants avec un passeport africain!
« Oser lutter, oser vaincre » avait dit Mao Tse Toung aux chinois… Regardez ce qu’est devenue la Chine depuis sa révolution de 1949…
Rien n’est donc impossible à des peuples sachant se doter de dirigeants honnêtes, sérieux, visionnaires et travailleurs. Il nous reste à inventer les mécanismes vertueux par lesquels nous pourrions les identifier, les choisir et les désigner! Au moins nous savons ce qu’il nous reste à faire !
Amadou Tidiane WONE

Hey You! (Par Amadou Tidiane Wone)


Hey You!  (Par Amadou Tidiane Wone)
Youssou Ndour! En votre qualité de chanteur, vous êtes un Maître ! Incontestablement, vous avez porté les succès commerciaux du Mbalax à des niveaux inégalés. Il est vrai que cette variante des musiques sénégalaises , très dansante, est propice au trépignement des foules et à des expressions corporelles plutôt suggestives… Non. Rien à dire Youssou NDOUR, vous êtes un Maître en cette matière. Le roi dit-on…
Fructifiant vos revenus et procédant à des investissements, notamment dans des domaines connexes à votre métier de base, Vous avez mis, avec bonheur, un pied dans la
Communication. Votre groupe de presse compte radio, télévision, et quotidien à fort tirage ainsi que d’autres outils dérivés . C’est admirable!
Vous mettez aussi, désormais, votre renommée et la force de frappe de votre groupe de presse au service de la politique. Soutien de plus en plus…conditionnel (?) du Président Macky Sall, votre dernière sortie médiatique sur vos propres organes pose, à tout le moins, la question de conflits d’intérêts qui commencent à…. faire désordre et à interpeller les observateurs attachés à la bonne gouvernance dans notre pays.
Le scénario de la promotion d’une émission de télévision dont vous étiez l’invité, sur votre propre chaîne de télévision pose problème. L’overdose qui en a découlé a produit, sur l’opinion, l’effet contraire à celui visé, tant la ficelle a semblé grosse:
Acte 1: des fuites bien calibrées à travers différents sites internets avec comme phrase clé : «  je suis déçu » Par qui? par quoi? Se demandent les sénégalais. Bien joué !
« Vous le saurez dimanche …» suggère t-on à travers des spots publicitaires malicieux, laissant le doute planer sur une éventuelle tension au niveau le plus élevé…. supputations dans les chaumières.
Acte 2. Une sorte de teaser, à la Une de l’Observateur du Samedi 03 au dimanche 04 Mars 2018. Un quotidien appartenant à… Youssou Ndour! Teaser en cinq points, dont je retiendrai trois et le décor sera campé:
  • «  je ne suis la marionnette de personne….
  • « On ne peut m’interdire aucun droit dans ce pays .
  • « je suis rentré en politique pour servir mon pays. »
Acte 3 : dimanche 12h . Diffusion de l’émission et…surprise : aucune surprise! Flop et fin.
Nous sommes déçus !
Monsieur le Ministre souffrira donc que désormais nous l’interpellions, en cette qualité, sur le caractère, à la limite non républicain, de se mettre en scène sur ses propres médias pour s’adresser à son patron, le Président de la République ! En qualité de Ministre, lorsque l’on a des observations, voire des griefs à porter à la connaissance du Chef de l’Etat ou de ses collaborateurs , des canaux existent pour ce faire.
D’autant plus que les réseaux sociaux nous apprennent que tout ce raffut n’aurait pour origine que des incidents survenus à NDioum lors du concert que vous y avez donné, sur fond de tensions politiciennes entre deux rivaux du parti présidentiel… Bof… serait-on tenté de dire! Tout ça pour ça? À moins que des enjeux plus souterrains n’échappent à nos radars…
L’opinion publique sénégalaise a, très franchement, bien d’autres chats à fouetter que de se laisser distraire par des règlements de comptes interpersonnels entre membres d’un même parti! Vous auriez pu laver le linge sale en famille…
Par contre, il y’a des rumeurs sur lesquelles, en tant que citoyens nous aimerions un éclairage, cette fois-ci de Monsieur le Ministre Youssou NDOUR: on dit que vous auriez bénéficié de l’octroi de 200 hectares dans la zone de Diass ce qui serait l’équivalent de 8000 parcelles de 150 m2. Vous auriez également bénéficié d’une garantie d’Etat à hauteur de 12 milliards pour vos investissements. Les rumeurs étant monnaie courante dans notre pays je sollicite de vous, ou de vos services, une réaction à cette information.
Vraie ou fausse ?
C’est bien parce que vous occupez des fonctions de Ministre de la République, et que vous êtes désormais engagé en politique, que je me permets de vous interpeler en ma qualité de citoyen, observateur critique de la « gouvernance sobre et vertueuse » dont le premier bilan est attendu dans quelques mois. Incha Allah.
À l’artiste, nous aurions tout pardonné ! Le Ministre, quant à lui, nous doit des explications.
Avec mon admiration renouvelée pour votre talent artistique.
Amadou Tidiane WONE

Pas vous ! Monsieur le Premier Ministre… (Par Amadou Tidiane Wone)

Ainsi donc nous serions en pleine campagne électorale! C’est la UNE du quotidien National le Soleil de ce jour, 26 février 2018, qui le laisse entendre en faisant dire à Monsieur le Premier Ministre : « Mon candidat a le meilleur profil. » On aurait tant aimé l’entendre énoncer le nombre d’emplois créés, révéler le nombre de ménages sortis de la pauvreté, s’enorgueillir des performances de notre système éducatif, donner en exemple la qualité de notre système de santé…
Monsieur le Premier Ministre aurait pu, au moins, nous faire le point sur la campagne de commercialisation du fruit du labeur de nos vaillants paysans: cette arachide en quantité qui ne trouve pas preneur… Au lieu de cela, il nous parle de… profil ! Comme si un Président sortant en avait besoin, en lieu et place d’un bilan suffisamment éloquent pour plaider sa cause! Le doute s’installerait t-il?
Si des profils sont à rechercher, il le seraient pour offrir une vraie alternative aux sénégalais. Ceux-ci semblent en effet, et pour le moins, désabusés par un chapelet de promesses non tenues dont les vidéos-témoins circulent abondamment sur les… réseaux sociaux ! C’est peut-être cela d’ailleurs qui pourrait expliquer l’ire de Monsieur le Premier Ministre Mouhammad Boun Abdallah Dionne. Homme charmant, d’une exquise urbanité par ailleurs!

Car justement , et parlant de profil et de réseaux sociaux , Monsieur le Premier Ministre est agacé par celui des « opposants qui passent leur temps sur Instagram, Facebook et Twitter » à la Une du journal Le Quotidien de ce 26 février.

Monsieur le Premier Ministre voudrait-il ignorer que ces nouveaux médias sont devenus des espaces de déconstruction de la parole officielle? Les nouveaux médias sont, en effet, des lieux de résistance à la pensée unique qui, en usant de la corruption, met au pas des organes de presse qui en oublient le sens de leur mission et deviennent les porte-voix des intérêt du Pouvoir.
Monsieur le Premier Ministre veut-il oublier que les milliers de sujets débattus sur tous ces supports, incontrôlables par l’État, contribuent à forger l’opinion d’autant d’électeurs ? Et qu’il ferait mieux de prendre comme indicateur les tweets de Donald Trump pour savoir que le monde est en pleine mutation et que l’arbre à palabre a pris racine sur le web! Le temps des bravades et des menaces est révolu.
Rien ne peut plus empêcher l’expression libre des idées ni la diffusion des outrances…policières ou autres . Suivez mon regard! Je saisis l’occasion pour saluer le bon réflexe de Monsieur le Ministre de l’intérieur Ali Ngouille NDIAYE qui est allé jusqu’à publier sur sa page…Facebook(!) le communiqué désavouant le geste irresponsable de l’un de ses agents. Cette attitude du Ministre a été saluée par tous les commentateurs. C’est dire qu’il n’y a pas que des tarés sur les réseaux sociaux!

Le sens de la responsabilité devrait donc commander à nos dirigeants de s’attacher à écouter, à comprendre et à résoudre les complaintes de ceux qui assument de dire, d’écrire ou de filmer leurs opinions à visage découvert. Au lieu de se lancer dans une campagne périlleuse de diabolisation d’honnêtes citoyens.  À n’y prendre garde, le silence pesant des autres, comme celui qui précède toujours une éruption volcanique, pourrait prêter à croire que tout va bien…jusqu’à…

Au fait, il serait légitime que le quotidien National donne la même opportunité, à tous les candidats déclarés, de défendre leur « profil » à la Une! Tous les candidats ont, en principe, les mêmes droits sur les médias publics. Le cas échéant la CNRA devrait sévir.
Just saying…

Amadou Tidiane WONE

Construisons un futur digne de nos enfants ! (Par Amadou Tidiane Wone)

« Sur notre continent, il ne nous a pas fallu longtemps pour découvrir que la lutte contre le colonialisme ne prend pas fin lorsqu’on a réalisé l’indépendance nationale.
Cette indépendance n’est que le prélude d’un combat nouveau et plus complexe pour la conquête du droit de diriger nous-mêmes nos questions économiques et sociales, en dehors des entraves écrasantes et humiliantes de la domination et de l’intervention néo-colonialiste. »

Extrait du Discours de Kwame NKRUMAH, Président du GHANA
A l’occasion du Sommet Fondateur de l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA)
le 24 Mai 1963 à Addis Abeba (ETHIOPIE)


Face au constat généralisé d’une perte certaine de repères et de sens, pour nos élites politiques, il semble impératif de conduire une réflexion/action sur l’ensemble des défis de notre société, hors des contraintes de l’immédiateté. Car, c’est sous ce rapport que la classe politique qui anime la vie publique de nos pays depuis les « indépendances » éprouve de sérieuses difficultés.
Le calendrier électoral, tout autant que les enjeux de conquête, de gestion et de transmission du pouvoir, vicient l’atmosphère et font perdre de vue le but premier de l’action politique : gérer, dans le sens de l’améliorer, la vie des hommes et des femmes de la Cité. Or, à l’expérience, depuis un demi-siècle aucun homme, ou groupe politique, n’est parvenu à rassembler la majeure partie des forces vives de notre nation autour d’un véritable projet de société. Les élections et les régimes se suivent et, hélas, se ressemblent.
De notre point de vue, la réflexion doit nécessairement précéder l’action, l’éclairer. A cet égard, la moisson des Assises Nationales, ainsi que les travaux de la CNRI, constituent un apport appréciable à toute volonté politique véritable de produire des ruptures devenues nécessaires, et même incontournables.
Au Sénégal, mieux que dans beaucoup d’autres pays africains, nous avons réussi, peu ou prou, à conjurer les démons de la violence et, tout au moins, à préserver l’essentiel : notre commun vouloir de vivre ensemble. Cependant, qui n’entend sourdre, des profondeurs colériques de larges franges de notre peuple, les prémisses d’une remise en cause des socles fondateurs de notre nation ?
A dire vrai, dans notre pays comme dans la plupart des états africains dessinés par la colonisation, toutes les combinaisons politiciennes ont été expérimentées. Dans tous les sens. Sans pour autant assouvir notre soif d’une véritable ambition collective.
Que faire ?
C’est la question centrale de l’heure. Y répondre, non sous le prisme d’un procès à charge, mais dans le cadre d’une introspection, sans complaisance, est urgent.  Sans parti pris castrateur ni préjugés réducteurs, il convient de mener un travail en profondeur sur nous-mêmes, pour revisiter notre trajectoire depuis l’accession de notre pays à « l’indépendance. » Cet exercice est nécessaire pour asseoir des valeurs fortes et générer une Vision nouvelle pour notre pays et pour l’Afrique. Entre autres, la promotion d’un culte des Devoirs, en lieu et place d’une culture pure et simple des droits, est le préalable à toute émergence.
Au demeurant, un constat s’impose : d’une manière générale, les sénégalais ne croient plus à la politique telle qu’elle se mène dans notre pays. Pour de multiples raisons qu’il nous faudra analyser en profondeur. Le fort taux d’abstention aux différentes consultations électorales en atteste. A cela s’ajoute un climat de morosité économique et d’insécurité sociale qui nous impose de faire preuve d’initiatives hardies et d’innovations inspirées, pour faire adhérer le plus grand nombre de citoyens à un effort collectif de progrès économique et social.
Face à ce constat, l’offre politique alternative est restreinte pour ne pas dire inexistante. Or la demande, qui n’est pas seulement sociale, est énorme. L’exigence d’un retour à un corpus de valeurs éthiques et morales, au culte du travail et de la saine répartition des revenus de la Nation de façon équitable, est tout aussi pressante.
Il faut sortir du piège du temps politicien pour agir vigoureusement pendant qu’il en est encore temps. Il nous faut, en quelque sorte, savoir mettre en perspective l’Eternité de notre Nation par-delà les générations. Pour signer un pacte intergénérationnel de Progrès et de Développement, nous devons nous rassembler autour de l’impérieuse nécessité d’une Révolution culturelle et mentale. Celle-ci doit nous réconcilier avec nos identités, enfouies sous des strates de mimétismes dévalorisants qui ont fini par nous rendre méconnaissables et inefficients.
En vérité, notre pays le Sénégal et, plus largement l’Afrique notre continent, doivent forger leurs propres réponses pour atteindre les objectifs de mieux-être de nos populations.
Le défi est énorme, mais il est à notre portée. Si nous nous donnons les moyens de bien formuler les questions, les bonnes réponses s’imposeront.

Construisons un futur digne de nos enfants !

Amdou Tidiane WONE

Remettre la politique à l’endroit! (Par Amadou Tidiane Wone)


Remettre la politique à l’endroit! (Par Amadou Tidiane Wone)
60 ans « d’indépendance » et notre dépendance à l’aide extérieure ne cesse d’augmenter! Tant au plan des moyens financiers et techniques, qu’au plan des concepts et de la conception du progrès, nous sommes dépendants. Au plan opérationnel, les entreprises étrangères, et notamment françaises, contrôlent notre économie dans tous les domaines stratégiques: les télécommunications, l’eau, l’électricité et désormais la grande distribution. Les retombées du pétrole et du gaz, dont nous devenons un pays producteur, risquent de ne pas profiter aux intérêts supérieurs de notre peuple. Si les signes avant-coureurs se précisent, le pire serait à craindre !
La France, ex-puissance coloniale, exerce une influence impudique sur la vie politique de notre pays. Sans fards. Ni gants. En vérité, nos dirigeants actuels ont mis la barre de la servitude post coloniale à un niveau jamais atteint depuis 1960…
Par ailleurs, et dans le même temps, les politiciens au pouvoir appauvrissent nos élites économiques. Car, ils leurs livrent une concurrence déloyale sur le front de la création de richesses, en se faisant les « courtiers » d’entreprises étrangères. Moyennant dessous de tables et avantages indus, des politiciens affairistes ont, véritablement, dévoyé l’honneur de la Politique! Les inégalités sociales se creusent ainsi, non plus au prix du mérite et du travail, mais par cette capacité à s’enrichir, à tous prix et le plus rapidement possible, de ceux qu’il est convenu d’appeler les prédateurs de la République.
Nos élus, et de hauts fonctionnaires véreux et complices, rivalisent de demeures luxueuses et de berlines rutilantes. Les signes extérieurs d’une richesse, trop rapide pour être honnête, suffisent largement à dresser le réquisitoire pour mal Gouvernance. Mais les nouveaux riches n’en ont cure. Ils défient nos regards désapprobateurs et nous promettent de s’incruster…
Et pour être juste, les deux alternances ont, sous ce rapport, des ressemblances troublantes. Le Peuple croyait en avoir fini avec le long règne socialiste émaillé d’autant de scandales, passés sous silence par l’indigence des moyens médiatiques de l’époque. Deux rendez-vous ratés avec le changement véritable imposent donc d’explorer d’autres voies.
Relativement, et il faut le dire aussi, des progrès existent dans certains domaines. Mais ils sont timides et mal répartis à l’échelle du pays. Ils sont, bien des fois, anachroniques: le Train Express Régional (TER) en sera le symbole le plus achevé dans les années à venir…
Étant donné que les décisions majeures engageant le pays, son présent et son avenir, sont prises par les hommes politiques, il serait temps de se demander si les vrais causes des problèmes multiples et multiformes qui nous assaillent n’ont pas pour origine la politique en elle-même, ses acteurs et ses valeurs, sa culture et ses mœurs.
Nos hommes politiques, immergés dans l’action, prisonniers des échéances électorales, n’ont plus le recul nécessaire pour remettre en perspective la trajectoire de notre nation depuis « l’indépendance ». Ont-ils même le loisir de s’interroger sur ce qui donne sens ou non-sens à leur action?
Si, pour le combat pour notre accession à souveraineté internationale, nos élites de l’époque avaient su produire des réponses, inspirées par un amour incompressible pour la patrie et la liberté, face au défi colonial, que reste t-il de cette flamme sans laquelle rien de grand ne peut être entrepris?
La dérive mercantile de la politique est aujourd’hui établie. L’argent et les honneurs se révèlent être le seul horizon de la plupart de ceux qui s’y engagent. Les cours et tribunaux débordent de dossiers tournant autour de malversations commises sur l’argent public. Notre argent! C’est à croire que les corps de contrôle n’exercent leur mission que lorsque le mal est fait.
Le système judiciaire dont on aurait pu espérer qu’il contienne les dérives outrancières des délinquants politiques et économiques, semble jouer le rôle de metteur en scène de leurs turpitudes. Il juge, condamne et libère, au gré du Prince. Le résultat des courses est connu d’avance par tous les initiés et le spectacle en est devenu lassant.
Il nous faut, véritablement, remettre tout le système à plat! Réinventer la politique en lui apportant du sang neuf. Inviter de nouveaux acteurs à s’intéresser à la conduite des affaires publiques est une nécessité vitale pour l’avenir.
  • Redéfinir de nouvelles règles du jeu politique qui soient plus éthiques et plus contraignantes en termes de transparence et de probité des acteurs.
  • Déterminer un mode de financement des partis, contrôlable et susceptible de reddition des comptes.
  • Contenir la multiplication et le morcellement des partis par une loi qui définisse et encadre leur activité.
  • Sanctionner, de manière exemplaire, toute malversation dûment constatée portant sur les deniers publics, sans préjudice de l’appartenance ou non à une famille, à un Parti ou à un quelconque groupe de pression. La loi doit être la même pour tous! Le dire ne suffit pas. Il faut l’appliquer.
Dans cette problématique qui doit être au cœur du débat public, avant et pendant la prochaine campagne présidentielle, telles sont quelques pistes à explorer pour remettre la Politique à l’endroit si l’on veut préparer un Avenir digne de nos enfants!
À ce prix, les petites querelles de bornes fontaines qui essaiment dans nos médias, ainsi que les règlements de comptes fratricides et les trahisons municipales…nocturnes (!) pourraient sombrer dans l’oubli…
Amadou Tidiane WONE

Qui paye commande? Toujours! (par Amadou Tidiane WONE)

 Le 30eme Sommet de l’Union Africaine vient de s’achever à Addis-Abeba.
Ce qu’il faut retenir, par delà les jactances de nos Chefs d’Etats c’est que, 60 ans après les indépendances de la plupart des États membres, le budget de l’Union Africaine provient à plus de 50 % des bailleurs étrangers et que ses programmes sont financés à 97 % par les donateurs! Qui paye commande! C’est bien connu. Cela devrait faire mal à la dignité africaine tant chantée…
Sur ces entrefaites, le nouveau Président de l’Union Africaine, le rwandais Paul KAGAME, pour permettre à l’Union Africaine justement d’avoir les ressources nécessaires au financement de son budget, propose « le prélèvement dans chaque pays d’une taxe de 0,2% sur certaines importations. » Rien que cela! Pour prix du rachat du restant de notre honneur…
Mais alors, devinez quoi ? Il y’a des polémiques qui s’instaurent, entre chefs d’Etats africains, sur cette proposition d’un bon sens qui défie l’entendement! Sur fond d’enjeux géostratégiques et d’affirmations de leaderships locaux, des pays commencent à se démarquer de la capacité à faire bouger les lignes dont fait montre le Président rwandais.
Quoique l’on puisse penser de ses méthodes par ailleurs, Paul Kagame change la réalité autour de lui. Et c’est ce que l’on attend de nos dirigeants. Disons, pour être juste que la presse n’a pas encore fait état de propositions alternatives qui auraient été soumises par l’un ou l’autre des Chefs d’Etats. À notre connaissance.
Dans ce contexte, force est de constater le manque de sérieux de plusieurs des Chefs d’Etats africains qui auront quitté Addis sans trancher une question d’une telle importance… vitale! Cette légèreté est notre véritable mal. En peu de mots.
Mais au fait, pourquoi le bilan du Président Alpha Conde à la tête de l’UA est-il si inaudible? Parce qu’inexistant? Pourtant, les tonneaux vides sont réputés faire le plus de bruits! Peut-être le « silence des agneaux… »
Force est de constater aussi que, le manque de rigueur des élites dirigeantes africaines, ainsi que le défaut d’exercice de notre droit à l’exigence expliquent, pour une large part, la longévité de certains individus au Pouvoir!
Les pouvoirs appartiennent aux Peuples qui les délèguent. Les mandats sont à durée déterminée. Les échéances électorales restituent aux peuples le privilège de changer leurs mandants. Cela en principe. Paradoxalement, aucune politique d’Education à la citoyenneté n’est véritablement mise en œuvre pour faire prendre conscience aux masses africaines de leur force et de leurs responsabilités. D’ailleurs, on ne leur parle vraiment qu’en période électorale. Juste pour récolter des voix et leur fermer l’accès aux lieux de décision aussitôt après les prestations de serment.
Attachons-nous à pourvoir à la prise de conscience des citoyens de leur droit à être exigeants! Et dans le même temps, disons leur que ce droit a, comme corollaire, le devoir de participation à la consolidation de l’Etat de droit. Par le respect scrupuleux des lois et règlements, par le respect des espaces publiques et l’implication positive dans la vie de la Cité. De nos ruelles à nos villes et à l’échelle de nos pays, semons de nouveaux paradigmes. Les petites graines ainsi semées germeront, un jour ou l’autre!
Mais, dans tout cela, quelle a été la
position ou contre-proposition du Sénégal face à la proposition simple et pragmatique du Président Paul Kagame? Juste au nom du droit à l’information! Si. Si…
Amadou Tidiane WONE

Rupture et perspectives! (Par Amadou Tidiane WONE)

Que sommes-nous à l’échelle du temps? C’est partant de cette interrogation, plutôt philosophique, que mon esprit s’est évadé pour me mener bien loin des cimes de la contemplation…facéties de la pensée!

L’âge de la terre serait de 4,54 milliards d’années. L’homme, quant a lui, n’aurait fait son apparition sur terre quelque part en Afrique de l’Est, qu’il y’a environ 2,8 millions d’années, selon l’état le plus actuel des recherches scientifiques.
De nos jours, l’espérance de vie, en France par exemple, serait de 79,3 ans pour les hommes et de 85,5 ans pour les femmes. Au Sénégal, l’espérance de vie tournerait autour de 59,7 ans pour les hommes et de 63,8 pour les femmes…

Tous ces chiffres bruts nous donnent plusieurs raisons de devenir plus humble. Et d’accélérer la prise de conscience de notre insignifiance, relativement au temps qui avance. Malgré nous. Ce temps qui passe et engloutit toutes nos vanités: la jeunesse, la force, la beauté. Tous ces signes extérieurs de l’être qui dépérissent à vue d’œil, jours après jours. Jusqu’à notre dernier souffle. L’issue inéluctable de toute vie: la mort! Cette issue, imprévisible et incontournable, devrait nous inspirer d’apprécier, chaque minute qui passe, pleinement. Accorder au temps qui passe sa juste valeur, permet en effet de donner du sens à sa vie. O paradoxe! La perspective de la mort donne son sens véritable et toute sa saveur à la vie.

Cela étant, et vues sous ce rapport, l’on pourrait être tenté d’oublier les élections présidentielles qui arrivent à grands pas! S’inscrivant dans le déroulement inexorable du temps, un mandat s’achève …Sans plus une seule possibilité de recours. Depuis 2012 on savait bien qu’un jour ou l’autre on serait en 2018… Puis en 2019! Du quinquennat promis au septennat référendaire, on aura eu la totale. Mais le temps qui passe est intraitable. Il y’a une fin à tout… C’est la dernière année avant la fin du mandat présidentiel. Et c’est donc le moment de tirer un bilan et d’envisager l’avenir. Car l’avenir sera. Avec ou sans le Président sortant. Première certitude! Mais si ce n’est lui, avec qui?

Là, l’inconnue est totale. Et la confusion entretenue. Des candidats potentiels vont, semble t-il, être mis hors course par le truchement de procédures judiciaires, discutables au plan de l’éthique en politique. Le juridisme tropical qui aura permis de faire jouer aux lois la triste besogne de liquider des adversaires potentiels se retournera, un jour ou l’autre, contre ceux qui auront tordu le cou au droit et à l’élégance républicaine. On y verra plus clair…

Pour ce qui me concerne, et comme citoyen, j’envisage la distance qui nous sépare des prochaines élections présidentielles comme une occasion à ne pas manquer pour remettre le débat public à l’endroit et contribuer à créer les conditions d’une saine confrontation des idées. Depuis une soixantaine d’années le jeu politique, dans notre pays, ressemble de plus en plus à un jeu entre initiés. Purement et simplement. Pendant ce temps, les problèmes structurels, qui sont le socle de notre non développement, perdurent.

Les contraintes qui empêchent l’expression, pleine et entière, des talents et des intelligences de notre peuple, tardent à trouver des solutions véritables et pérennes. Les campagnes électorales se suivent, comme autant de scènes de “disputes” , suivies de réconciliations négociées par dessous le verdict des urnes. Avec, pour conséquence, que la majorité de nos concitoyens se désintéresse, de plus en plus de l’engagement en politique, laissant cette activité centrale entre des mains de plus en plus aventureuses. Pour dire le moins.

Le temps de s’investir plus activement, pour des citoyens n’ayant jamais franchi le pas de l’engagement en politique, est devenu incompressible. Notamment pour ceux de ma génération qui sont dans la dernière ligne droite menant vers l’Éternité….

Quel pays voulons-nous laisser en héritage à nos enfants? Avec quelles perspectives de bien-être et de prospérité? Nul ne peut plus, sous ce rapport, faire preuve d’insouciance. Au delà des généralités, c’est bien sous le prisme plus rapproché de l’avenir que nous voulons pour nos enfants que doit s’analyser la prochaine consultation électorale. Ainsi que celles qui vont, nécessairement, s’en suivre pour renouveler largement la classe politique sénégalaise. À de rares exceptions près, il va falloir bouleverser le ronron qui a finit par fossiliser des inimitiés et des rancœurs interpersonnelles qui rendent impossible la gestion d’une ambition collective.

Des égos forts, surdimensionnés pour d’aucuns, obstruent la voie à de jeunes talents qui, au plan national comme à l’international font la différence dans leur environnement. Comment mobiliser tous ces talents épars? Comment redonner confiance au pays autour d’une forte conviction que seul le travail paye? Autour de quelle vision d’un développement conçu, par et pour nous, engager notre nation dans une mobilisation sans précédent de toutes nos énergies? Comment opérer les ruptures comportementales indispensables à une redéfinition des paradigmes fondateurs de la République héritée de la colonisation? Comment, dans les faits, assumer notre indépendance et reprendre la maîtrise des secteurs vitaux de notre économie ?
Vaste chantier! Impossible diront les pessimistes définitifs… À notre portée répondront les optimistes résolus! J’en suis!

Il est temps, pour tous ceux qui ont encore de l’énergie à investir pour un avenir radieux pour le Sénégal et l’Afrique, de sortir de leur réserve pour prendre une option sur l’ambition et le progrès. Au besoin il va falloir les solliciter voire, les secouer ! Nous n’avons qu’une année pour dire, et faire tout ce qui doit l’être afin de changer les termes de l’équation. Aussi vrai que ” rien ne sert de courir, il faut partir à point”, il n’est pas trop tard. Il est juste temps.

Ne perdons pas cette nouvelle et… dernière (?) occasion de faire demi tour et d’engager notre pays dans une Autre Voie!

Amadou Tidiane WONE
woneamadoutidiane@gmail.com

Demi-tour en 2018 ! (Par Amadou Tidiane Wone)

« Lors d’un défilé militaire, le dernier soldat en queue de procession n’a qu’une seule chance de devenir le premier : au moment où le chef crie, demi-tour ! Changement de direction. Changement de perspective. Changement de cap ! Ceci pour dire que, si dans l’ordre actuel du monde l’Afrique est en dernière position, la seule option pour les africains est la suivante : faire demi-tour ! »


Demi-tour en 2018 ! (Par Amadou Tidiane Wone)
C’est avec cette parabole pleine de sens, d’autres diraient de naïveté, que l’un de mes vieux amis suggère à l’Afrique et aux africains de se ressaisir et de reprendre leur destin en mains. Cela fait plus de trois siècles que notre continent est dépossédé de son sens de l’initiative. Réservoir d’esclaves, «  taillables et corvéables à merci », l’Afrique a été humainement saignée à blanc au profit du développement de pays qui aujourd’hui nous endettent et nous narguent.
Nos terres maintenues en friches et notre sous-sol en réserve, les pays riches se sucrent depuis plus de trois siècles sur notre dos. La rhétorique paternaliste et condescendante en prime. Des pays qui, aujourd’hui, ferment leurs frontières à notre jeunesse en quête de labeur justement rémunéré alors que leurs ancêtres étaient embarqués par la force, en guise de main d’œuvre… gratuite, pour labourer leurs plantations et bâtir leur prospérité.
Et ça nous proclame l’universalité des droits de l’Homme…. Quels hommes ?
Depuis quand d’ailleurs les noirs, surtout d’Afrique, sont-ils considérés comme des hommes ? Toutes les races se considèrent supérieures à la race noire. Une complicité intellectuelle tacite, fondée sur des clichés tenaces et des approximations « scientifiques » sujettes à caution, alimente le confort mental des esclavagistes, de toutes autres races, pour perpétuer une hiérarchie faciale inique, condamnable et par la raison et par la morale. Il est temps pour les élites africaines de se ressaisir puis de remettre en question, fermement mais surtout collectivement le désordre actuel du monde. Profondément.
Vigoureusement. Définitivement. Il est largement temps de nous affranchir des prêt-à-penser lénifiants qui castrent nos intelligences et limitent leur déploiement. Je parle des courants de pensées, prétendument humanistes et universelles, qui confortent en fait un ordre du monde qui fait désordre. Je pense à l’histoire, écrite par les vainqueurs du moment, et qui nous confine dans des rôles de perdants définitifs. Elle nous fait mémoriser des histoires qui ne parlent que de nos défaites et qui ravalent les hauts faits de nos héros au rang de contes à dormir debout. Les médias les plus puissants contribuent à alimenter ce schéma, et à le sécuriser, en ne diffusant que nos contre-performances et nos difficultés.
À chaque fois que l’on y parle de l’Afrique, notamment noire, il n’y est question que de pauvreté et de maladies. En plus de la transmission savamment mise en scène de guerres interminables avec des morts atroces pour souligner la sauvagerie des protagonistes. Noirs bien évidemment. On ne voit pas les mercenaires blancs qui sillonnent l’Afrique depuis toujours… Tout cela ne relève pas de la fatalité. Encore moins d’une malédiction. Cela procède d’un ordre du monde pensé et voulu comme tel par des puissances d’argent dirigées par les fabricants d’armes : les seuls à vivre de l’industrie de la mort !

Si l’on a compris que les forces colonialistes,
et impérialistes, qui dépècent le continent africain sont organisées autour d’un projet, et le conduisent sans états d’âme, l’équation devient simple. La question qui se pose désormais est, celle de savoir si les fils et filles de l’Afrique sont capables de mettre en œuvre une résistance intellectuelle résolue et puis d’engager le combat décisif, au besoin physique, pour déjouer les pièges tendus et entreprendre la libération de l’Afrique et sa reconstruction.

Tout simplement. Cela ne peut se faire que par une véritable « mystique » pour ce continent, jaillissant d’un Amour viscéral pour ses populations, ses paysages magnifiques et son Histoire ante-coloniale prestigieuse. Mais surtout par un ardent désir d’offrir à nos enfants un avenir somptueux. Cela doit se faire par une exploitation judicieuse de notre énorme potentiel humain ainsi que de nos ressources naturelles inestimables.
Que nous manque-t-il alors ?
Il nous manque des élites politiques vertueuses et visionnaires. Il nous manque des élites économiques innovantes et pragmatiques. Il nous faut des populations éduquées et engagées. Tout cela est à notre portée si nous le voulons. Fortement. Collectivement. Mais d’abord, il nous faut remettre en cause et déconstruire le « système » ! Le système qui nous fait croire que développement rime avec occidentalisation.
Le système vicié dans lequel la colonisation nous a installés. Le système que la plupart des gouvernants africains n’ont pas su ou pu remettre en question depuis les « indépendances” tronquées. Et pour cause : nos dirigeants sont éduqués par l’école coloniale qui, dès l’âge de cinq six ans, formate les esprits. Du jardin d’enfants aux universités. Cela produit des « cadres » craintifs, timorés et quasi incapables de réfléchir hors du dispositif cognitif et mental implémenté durant une scolarisation longue, bien des fois improductive. Les déchets scolaires sont nombreux, en effet, qui contribuent à démontrer l’inadaptation du volet éducatif du système. Qui s’en préoccupe ? Personne ! Nos écoles et nos universités produisent des milliers de chômeurs.
Qu’à cela ne tienne tant qu’on peut entasser les nouveaux bacheliers dans des structures éducatives alibis, personne ne se préoccupe vraiment de leur avenir. Les gestionnaires du présent se contentent d’en jouir. Sans prospective. Sans perspective autre, par exemple, que « l’atteinte des OMD (Objectifs du Millénaire pour le développement !) ». Un des nombreux slogans creux mis au point pour mieux nous endormir.
Pendant ce temps, nul n’anticipe sur les drames à venir. Les milliers de schizophrènes dégurgités annuellement par notre  » système éducatif » se noient dans la consommation de produits hallucinogènes dévastateurs, sombrent dans la dépression et le mal vivre. Qui n’a connu dans son environnement immédiat le naufrage d’un jeune pourtant promis à un bel avenir ?
Pour parler à l’Afrique, mon Continent, je lui parle à partir du Sénégal, mon pays. Celui dans lequel je vis et espère mourir. Pour y être mis en terre. Tellement j’aime ce pays. Ses populations. Sa nature. Son tout.
Un pays mal servi par des élites trop occidentalisées. Des élites si complexées et trop fascinées par le modèle colonial français, ses belles lettres et sa rhétorique. Son protocole et ses ronds de jambe. Des élites qui imitent les blancs presque à la perfection ! Des élites qui s’épuisent à rouler les « r » et à a-r-t-i-c-u-l-er des mots clés pour renvoyer au maître une image rassurante de subordination. Je le dis sans ambages : nos élites francisées sont l’alpha et l’oméga du mal Sénégalais et africain. Ne tournons plus autour du pot ! Regardons-nous dans une glace. L’image est sans appel : nous avons vainement singé les blancs. Hélas.
Nous sommes devenus plus singes que blancs ! Demi-tour !
Et cela et d’autant plus urgent que notre pays va devenir un pays « riche ». Les guillemets s’expliquent par la fragilité de ce mot et sa dangerosité. Les ressources naturelles et minières qui se font jour au Sénégal peuvent en effet constituer une opportunité pour changer le cours de notre Histoire. Dessiner un avenir radieux pour nos enfants. À la condition de mettre les moyens obtenus au service d’une Vision généreuse et bienveillante pour nos populations. À l’inverse, ces ressources peuvent virer à la malédiction. Pour peu que des appétits féroces, affairistes et mafieux, claniques et familiaux, prennent le pas sur l’intérêt général. Combien de pays pétroliers africains sont plongés dans le chaos et la misère ?
Ce n’est donc pas faire preuve de pessimisme que d’anticiper sur des scénarios catastrophes. Il s’agit juste d’une lucidité extrême face à la faculté humaine de porter ses instincts animaux au delà du pire. Que de charniers pour en attester ! Que de pays meurtris par la voracité de quelques individus ! Tirons donc les meilleures leçons du destin pétrolier de Dubaï versus celui du Congo Brazzaville et faisons le bon choix. Nul besoin de faire un dessin… Si certains esprits racistes affirment l’incapacité de l’homme noir à construire sa propre vie, la plupart des chefs d’Etats africains leurs donnent raison.
Ils préfèrent posséder des biens à milliards dans les capitales occidentales que de construire des hôpitaux et des universités pour leurs populations. La tragi-comédie commence lorsqu’ils sont réduits à payer, très cher, des avocats pour sauver ce qui peut l’être de ces biens mal acquis.  Depuis qu’il est devenu de mode de les traquer. Des procureurs zélés sont lancés à leur trousse par…leurs tuteurs occidentaux. Suite à des dénonciations d’ONG qui chantent au rythme de la géopolitique des puissants. On ne traque pas partout. On sévit en Afrique. Comme depuis toujours. Inintelligence des élites politiques africaines ? Malveillance pour leurs populations ?  En tous cas, voilà le résultat !
À y regarder de près, on se demande qui conseille nos Chefs d’Etat ? Si nous regardons, juste à partir de quelques exemples tirés de l’histoire récente de quelques pays africains depuis l’indépendance, on voit bien que l’enrichissement excessif des hommes politiques finit toujours mal. De Bokassa Premier au Président Mobutu, nous avons un échantillon représentatif de ce que bien mal acquis ne profite jamais. Par ailleurs, les leaders africains que l’on chante, de Lumumba à Sankara, sont les purs. Les visionnaires. Ils ont une place dans le panthéon du cœur de chaque africain. Leurs exemples donnent des raisons d’espérer aux Nations et aux jeunesses africaines. Ils ont planté des graines qui jamais ne meurent ! Quant aux autres, ils ont rejoint les poubelles de l’Histoire.
Au vu de tout cela, il faut faire demi-tour pendant qu’il en est encore temps ! Refuser les tapes amicales sur le dos des aventuriers qui viennent, au mépris de nos valeurs, de notre identité et de nos intérêts, s’empiffrer sur notre dos. Le temps du pragmatisme éclairé est enfin venu. Soixante années après les « indépendances » il est temps de gommer les guillemets !  Impossible disent les pessimistes définitifs.
À notre portée disent les optimistes raisonnables. Le prix à payer étant un regain de courage et d’efficience. Mais surtout de profondeur dans la Pensée, puis de constance et de résolution dans l’Action. Dans la durée. Tout le contraire du système hérité de la colonisation. Un système qui a tropicalisé tous les défauts du système politique français et presque aucune de ses qualités. Pire, le jeu politique, tel qu’il se déroule dans la plupart des « démocraties » tropicales, tourne bien des fois à la bouffonnerie macabre. Nous avons en effet connu les Présidents à vie, les maréchaux auto proclamés et…l’empereur de triste mémoire !
Puis, pour donner le change, l’Occident a mis au point le système des « démocraties » au multipartisme débridé et nous l’a vendu comme la panacée. Or, ce système divise nos forces (près de trois cents formations politiques pour le Sénégal). Il réduit l’activité Politique à des palabres interminables. Tout se passe comme si la politique c’est simplement parler à qui mieux. Sans impact décisif ou transformationnel. Les élections se suivent.
Les messages de félicitations des grandes puissances étant le baromètre de leur succès. Les différentes institutions, vidées de leur substance ne sont que des caisses de résonance pour le pouvoir central. Pourvoyeur de fonds et de postes, le Chef de l’Etat élu ne pense qu’à rester le plus longtemps possible au Pouvoir. Il corrompt et soudoie toutes les tentations de ramer à contre-courant. Il finance un unanimisme de façade qui cède à la première déconvenue électorale et pousse à la transhumance le…bétail politique !
Pauvres de nous ! Le « jeu » politique n’est même plus…intéressant. Les acteurs vieillissants se jouent de l’impatience de jeunes acteurs aux dents si longues que les compromettre est aisé. Le système à donc de beaux jours devant lui. La corruption, la concussion, et tous les nouveaux mots savants qui disent la même chose, renvoient à des lendemains qui déchantent le mieux-être que nous devons à nos populations.
« L’utopie est simplement ce qui n’a pas encore été essayé. »  Selon Théodore Monod.
Alors, demi-tour !
Pour renouer avec nos trajectoires initiales expurgées de toutes les valeurs négatives, anachroniques ou obsolètes, et enrichies par les « apports fécondants » de tous les souffles du Monde. Cela est possible. Cela est à notre portée. La parole phare de Frantz Fanon nous interpelle, et nous accuserait le cas échéant :
« Chaque génération doit, dans une relative opacité, trouver le sens de sa mission, la remplir ou la trahir « .
Remplir la mission ou la trahir…
Tout est dit !
Amadou Tidiane WONE
woneamadoutidiane@gmail.com
www.lesexigeants.com

Sacré Sénégal ! (par Amadou Tidiane WONE)

Madame Aminata Touré, Ancien Ministre de la Justice et Ancien Premier Ministre du Sénégal affirme, persiste et signe, que 200 Milliards de nos francs auraient été recouvrés dans le cadre de la traque des biens mal acquis.

Le Président de l’Assemblée Nationale où doit, en principe, être votée la loi de finances rectificative percevant et reversant dans les caisses de l’Etat ces 200 Milliards, dit qu’il ne se… souvient pas avoir fait voter une telle loi.

Nous avons là, pour le moins, un sérieux problème de crédibilité de la parole publique. Les services de l’Etat devraient arbitrer en donnant une version officielle qui mette fin à ce début de polémique au sommet. Pour l’opinion publique, nationale et internationale, il peut sembler incroyable que deux autorités de cette envergure ne disent pas la même chose sur un sujet aussi grave. Il est vrai que sous nos tropiques, la réalité dépasse la fiction! Mais tout de même!

Dès lors une question simple se pose: où sont passés nos deux cent (200) milliards?
#Allonsrekk

Amadou Tidiane WONE
woneamadoutidiane@gmail.com

« Affaire Gadio : du sens des mots… » (Par Amadou Tidiane Wone)

Les lobbyistes pullulent aux États-Unis. Ils ont pignon sur rue, font des offres de services aussi alléchantes les unes que les autres. Comment appelle t-on les sommes qu’ils perçoivent? Des commissions? Des honoraires ? Des royalties? Vous n’entendrez jamais les sommes perçues par un lobbyiste américain qualifiées de termes barbares. Vous n’en verrez aucun suspecté de corruption ou d’avoir versé des pots-de-vin dans le cadre d’une intermédiation.

Et pourtant, les montants faramineux qui changent de mains dans le secteur du pétrole et des armes sont sans commune mesure avec les 260 millions de francs…cfa dont on parle dans le dossier de Cheikh Tidiane GADIO. Les échanges d’argent discret, appelée « commissions » ou « rétro commissions » expliquent l’existence des comptes off-shore et des sociétés domiciliées dans les paradis fiscaux. Ces Paradis fiscaux sont bénis par les États les plus puissants du monde. De temps en temps on ouvre le couvercle de la marmite pour laisser dégager les mauvaises odeurs ( Panama Papers, Paradise Papers) et puis on referme aussitôt. Ces mécanismes sont consubstantiels du « système »…

Le lynchage médiatique dont fait l’objet, sans discernement, notre compatriote Cheikh Tidiane GADIO est excessif. Fut-il coupable des faits qui lui sont reprochés, il reste défendable. Avec des droits. À ses avocats de faire la preuve de leur aptitude à montrer au juge une autre lecture que celle à charge des enquêteurs.

En attendant, la presse de notre pays devrait faire preuve de prudence. Les articles tendancieux qui pullulent depuis ce matin ne laissent aucune place au doute. Cela est profondément injuste. Par ailleurs, la Justice américaine a des ressources et des aptitudes a trouver des « arrangements » surprenants. Strauss-Kahn est libre comme le vent, pour des faits beaucoup plus graves et moins honorables!
Et si les dénonciateurs de Gadio n’étaient que les compagnies adverses, déçues par l’issue d’une transaction? La guerre économique est sans pitié.
Quant à nous apprenons à maîtriser nos…émotions!

Nous apprenons, en passant, qu’il ne faut rien dire d’important dans nos mails. Ils sont lus par des yeux inamicaux. La bonne vieille poste, les lettres en papier, ça reste le plus sûr. Encore que…

En attendant, et pour des raisons personnelles et amicales, j’exprime à Cheikh Tidiane GADIO et à sa famille ma compassion et ma solidarité dans l’épreuve. Les amis restent toujours les amis, même et surtout dans les moments difficiles.

Amadou Tidiane WONE
woneamadoutidiane@gmail.com

L’art de mouliner dans le vent! (Par Amadou Tidiane Wone)

La Libye n’a plus les attributs d’un État. Il n’y a plus unité de la puissance publique. La place est tenue par des milices armées allant des idéalistes nationalistes en passant par toutes les chapelles du crime organisé. Le tout sous le regard bienveillant des compagnies pétrolières qui forent tranquillement pendant que les pauvres diables s’entretuent. Et personne ne s’y intéresse.

Trois principaux groupes rivaux se sont partagés la Libye et l’Occident en reconnaît un seul au gré de ses intérêts. Ce groupe là est considéré comme représentatif de l’Etat Libyen au plan international. Mais sur le terrain, il ne contrôle qu’une partie du territoire. Et encore. C’est devant les Ambassades de ce groupe que des gens, certainement de bonne foi, ont été invités à manifester. Pour camper un décor? À quelles fins? On va y voir clair. Tôt ou tard.

Encore une fois , ce qui se passe en Lybie ne relève pas d’une traite des esclaves entre arabes et africains. Cette piste nous éloigne des véritables enjeux. Elle nous égare dans le désert….Ce qui est en cours en Lybie ce sont des prise d’otages avec des demande de rançons. Des criminels, tirent profit de la zone de non droit qu’est devenue le pays, pour abuser du désarroi des migrants, éperdus devant les portes fermées de l’Europe, pour rançonner leurs familles. Une chaîne d’extorsion de fonds dont les payeurs ultimes sont les familles des migrants restées au pays est composée, malheureusement, d’africains bon teint en cheville avec des réseaux mafieux qui se servent en amont et en aval laissant le sale boulot aux….africains.

Ceux qui ont accès aux mamelles de l’aide européenne pour stopper la migration se servent en amont. Les autres rackettent les familles des jeunes pris dans la nasse. A titre d’exemple deux jeunes gambiens armés de Kalachnikov, à ce qu’il parait, terrorisent littéralement les habitants d’une localité dénommée Baniwalid… Le banditisme n’a ni race ni couleur! Il cohabite souvent avec la déraison d’Etat…
Comme depuis si longtemps, c’est surtout en nous, et autour de nous, que se trouve la racine du mal.

Cas pratique : un migrant est capturé par une bande X. Sa « valeur » est estimée lorsqu’on lui propose de le libérer moyennant une somme ( y). S’il peut s’en acquitter sur place, il s’appauvrit mais conserve une valeur marchande s’il a de la famille au pays. Il peut rester dans le marché aussi longtemps qu’il pourra lancer des appels de fonds auprès de tous ceux qui lui veulent du bien. Dans certains cas, il peut-être revendu à un agriculteur qui le fera travailler…gratuitement moyennant, s’il a encore de la chance, une « liberté » après services rendus et sévices subis. Le même système existe dans le Sud de l’Europe, en Italie et en Espagne. Hors la vue des médias.

Les Africains qui travaillent dans les champs, sans protection sociale ni droits syndicaux sont-ils mieux traités que des esclaves? Combien d’africains sont dans les prisons italiennes ou ont été coulés dans du béton par la Camorra sicilienne? Les sans papiers qui vivent aux États-Unis pendant des dizaines d’années, qui y travaillent avec des salaires de misère, sans aucun droit sont-ils moins que des esclaves?

Alors, évidemment que dans tous ces cas les « noirs » sont toujours les dindons de la farce! Mais le vrai ennemi c’est le système, l’ordre mondial de production et des échanges. Ne soyons pas détournés des véritables enjeux: comprendre la nature sournoise, et sans états d’âmes, du système capitaliste qui ne lésine sur aucun moyen pour perpétuer un ordre du monde qui garantisse la survivance de son modèle.

L’autre ennemi ce sont nos gouvernants qui rament à contre courant de l’Histoire en assistant, impassibles ou complices, à la re-colonisation du Continent. Manifestons devant leurs représentations diplomatiques et dans tous les pays dont les ressortissants sont concernés. Cela serait plus pertinent dans l’immédiat ! Le monde entier saurait que les jeunes gens de ces pays fuient à cause de l’incapacité de leurs dirigeants de leur offrir du travail.

Mais aujourd’hui , les réseaux sociaux sont le canal par lequel nos esprits sont préparés au pire à notre insu. On nous oriente vers des moulins à vent comme jadis Don Quichotte. Nous brassons beaucoup d’air mais nous restons assis devant nos claviers et regardons vers la foule regarde. La réalité se joue ailleurs. Qui a compris le rôle des réseaux sociaux dans ce que l’on a appelé les « Printemps arabes » avec le résultat que l’on peut observer maintenant, devrait comprendre ce qui est en cours en Afrique Subsaharienne.

Hélas, il sera toujours difficile, dans le chaud de l’action, de poser un discours allant à l’encontre de la machine de propagande qui est derrière le formatage de l’opinion.

Mais il fera jour. Tôt ou tard!

Amadou Tidiane WONE
woneamadoutidiane@gmail.com

Souvenir d’arithmétique en politique (Par Amadou Tidiane Wone)


Souvenir d’arithmétique en politique (Par Amadou Tidiane Wone)
 En réfléchissant à la remise en contexte de l’action politique dans notre pays, j’ai fini par circonscrire la cause de tous nos maux au constat suivant: il y’a trop de Généraux et pas assez de fantassins au sein de l’opposition sénégalaise! En un mot, comme en mille, l’opposition sénégalaise souffre de sa division et du morcellement de ses forces. Ce constat établi, je me suis demandé :

Que ne se mettent-ils tous dans un ordre de bataille coordonné jusqu’au dernier virage des élections présidentielles pour choisir, parmi eux, celui qui, par son comportement d’ici là, aura fait la démonstration de son leadership et de son sens du jeu collectif?

À cette interrogation, j’ai trouvé diverses explications allant des inimitiés historiques aux dissensions idéologiques, des intérêts marchands aux égos surdimensionnés. Avec tout un faisceau d’autres raisons pas toujours catholiques ni…musulmanes(!) qui expliquent certains retournements de situations au sein de notre classe politique. Et puis dans mon sommeil, décidément hanté par un ardent désir de voir notre pays mûrir enfin, une fulgurante réminiscence de mes rares souvenirs en calcul ( comme on appelait les maths à l’école primaire) m’est apparue comme un début de solution : Rechercher le PPDC… le Plus Petit Dénominateur Commun !

Ce que je viens de découvrir en l’appliquant à la Politique , c’est que la recherche de ce PPDC devrait être la tâche prioritaire des leaders politiques de l’opposition et celle des forces sociales qui aspirent au changement:
Rechercher le plus petit dénominateur commun sur tous les sujets d’enjeu national pour fonder et bâtir une force apte à pousser une nouvelle dynamique, innovante et triomphante!

Cet exercice devrait être confié à une commission rassemblant des représentants de partis politiques et des différentes forces sociales du pays qui aspirent à un véritable changement dans notre pays. Cette commission se subdiviserait en sous commissions thématiques pour étudier, secteur par secteur, les problèmes à résoudre et esquisser des solutions pratiques, pragmatiques et efficaces. Ce travail achevé dans des délais rigoureux, serait validé par chacune des organisations représentées et constituerait une plateforme d’actions urgentes et concertées pour le changement.
Il ne s’agirait pas d’une œuvre littéraire longue et inapplicable. Il s’agirait d’un guide efficient listant les mesures prioritaires à prendre, pour restaurer les meilleurs pratiques, dans tous les secteurs d’activité de notre pays, en vue d’une exploitation judicieuse de nos ressources, humaines et naturelles, dans l’intérêt de la majorité de notre Nation.

Ce préalable réglé, il resterait à faire un casting pour sélectionner les meilleurs profils pour mettre en œuvre la plateforme. De la manière la plus objective possible. Enfin, on pensera à choisir un capitaine d’équipe qui briguera la Présidence de la République sur la base d’une charte éthique et morale contraignante. L’équipe qui sera autour de l’élu sera au service du pays et non d’une personne. Elle devra exécuter les attendus de la plateforme, bâtie sur des fondations solides et profondes.

Telle est ma proposition pour engager une dynamique victorieuse et collective en 2019 et qui, au delà d’une coalition électorale ( on a vu ce qu’il en reste), scellera une véritable fusion des forces vives de la Nation pour une mise à jour de notre « indépendance » et la mise en orbite de notre pays pour les générations à venir. Un pacte inter-generations de responsabilité et de progrès pourrait être scellé pour mettre fin aux bavardages et mettre tout le monde au travail!

Je rêve de faire partie des ouvriers engagés sur ce chantier! On commence quand?

Amadou Tidiane Wone

Franc-maçonnerie: le débat est ouvert! (Par Amadou Tidiane Wone)

Que cent fleurs s’épanouissent et que mille écoles rivalisent » Mao Tse Toung


Franc-maçonnerie: le débat est ouvert! (Par Amadou Tidiane Wone)
Interpeler sert donc à quelque chose: le débat sur la franc-maçonnerie est ouvert! Je viens juste en effet de prendre connaissance sur Dakaractu d’une participation au débat d’un franc-maçon qui se défend pourtant de vouloir le poursuivre. Ce serait dommage!

Je ne vais vraiment pas bouder mon plaisir d’avoir un interlocuteur  pour répondre aux questions que je me pose. Sans aucune malice soit dit-en passant… Quoique l’auteur me prête des intentions malveillantes qui sont bien éloignées de mes préoccupations. Même si le ton reste courtois. Et c’est heureux!
Le débat est ouvert et c’était le but de mon interpellation et non «convocation. » 
J’ai relu mon texte intitulé : « y’aurait-il des francs-maçons sénégalais? » je n’y vois pas la trace, même allusive, de ce qui pourrait justifier votre sous-titre en gras « les francs-maçons du Sénégal n’ont rien à cacher ». 
En sous-titrant ainsi, et en répondant à la question tel qu’elle n’est pas posée,  vous trouvez habilement la pirouette pour me faire passer pour un inquisiteur qui, sous le couvert d’insinuations et de perfides allusions, serait un adepte d’une théorie du complot qui prêterait à la franc-maçonnerie des intentions malveillantes. Quant au vitriol… Trop commode cher Monsieur!
Pour illustrer le procédé, vous mettez entre guillemets un bout de phrase: « Ils se disputeraient le jour et fraterniseraient la nuit » pour verser dans des qualifications qui nous éloignent du sujet. La phrase remise en contexte est la suivante: «  Imaginons un seul instant que, bien que militants dans des Partis politiques adverses plusieurs « frères » appartiennent à la même loge. Ils se disputeraient le jour et fraterniseraient la nuit? C’est une question de fond! » 
Je m’interrogeais ici sur l’équité et la transparence dans l’espace public. Répondez à la question de fond, mais n’esquivez pas le débat!
Pour le reste, votre texte et l’additif de l’un de vos collègues, m’ont beaucoup appris sur les contraintes, et le débat intérieur qui agite chaque franc-maçon quant au fait de s’assumer comme tel jusque entre des conjoints. Les réponses à ces questionnements varieraient selon les personnes, les tempéraments et selon les obédiences, si j’ai bien compris. Mes questions ne sont donc pas dénuées de fondement!
Cela me permet de préciser que je n’ai écrit, nulle part, qu’il fallait publier des listes avec des noms et prénoms. J’ai même gardé le secret sur l’identité des deux seules personnes qui m’ont fait confiance pour me révéler leur appartenance! J’ai animé, à ce sujet, des débats passionnés sur les réseaux sociaux et j’ai catégoriquement refusé de céder à la tentation de la délation. 
Allende et Pinochet frères? Il y aurait donc de la place pour de la haine en loge? C’est la seule question qui me vient à l’esprit. Vous m’en prêtez tant d’autres!
J’ai le sentiment que vous ne m’avez pas lu. Ou alors que vous aviez des réponses préparées pour un autre interlocuteur. À moins que ce ne soit le réflexe d’autodéfense qui aie pris le pas sur la réflexion discursive.
Je vous apprends, au demeurant, que j’ai eu beaucoup de réponses directes de francs-maçons sur mon mail. Et mes discussions se poursuivent avec des personnes fort intéressantes, sans passion ni animosité. Comme il se doit. Sans complotite. Ni paranoïa. 
Par contre, le débat public a ses exigences. Mettre un visage sur les propos me paraît juste et nécessaire. L’anonymat est la voie ouverte à toutes les outrances. Regardez les dégâts que cela cause sur internet. Par contre, les choix individuels sont sacrés. Je les respecte pour autant qu’ils sont assumés.
Pour ma part, je n’ai pas pour habitude de cacher mes opinions. Je les expose. En sachant pertinemment que des avis contraires peuvent fuser et démonter totalement mes arguments. C’est un exercice qui me convient, car il m’enrichit. Je refuse la sournoiserie qui consiste à moduler ses opinions selon des intérêts à court terme. Tellement d’amis ont levé leurs bras au ciel après m’avoir lu sous le prétexte qu’il y’aurait des zones intouchables! Je ne le crois pas. Bien loin de la « complotitite » non?
Merci d’avoir pris le temps de me lire et de réagir. J’espère que nos échanges se poursuivront pour le plaisir et l’enrichissement de nos lecteurs.

Amadou Tidiane WONE

La Gauche aphone? par Amadou Tidiane WONE

Suite aux mises en cause récurrentes, dans des histoires d’argent et / ou de partage de postes, de responsables de premier plan de la Gauche historique sénégalaise, le silence des Partis qui s’en réclament est pesant, voire intrigant. Ce silence interpelle tous ceux qui, comme moi, ont fait partie des petits fantassins animant, grèves sur grèves, au Lycée et à l’Université pour la gloire de “leaders” mythifiés par le halo de mystère dû à la clandestinité.

Pour la reconnaissance due aux centaines de petits soldats qui badigeonnaient les murs nuitamment , imprimaient les tracts sur les stencils de l’administration à son insu, occupaient la rue en faisant face aux Forces de l’ordre, sans compter les vies personnelles durablement perturbées, la Gauche sénégalaise se doit de se regarder dans le miroir et se remettre en question. Profondément. Pour se donner une chance de renaître de ses cendres, ou alors pour permettre la germination de nouvelles graines…

Eh oui! Les Partis de Gauche ont eu leur heure de gloire du temps de la division du Monde en deux blocs distincts, structurés autour de deux visions antagoniques. Ces entités étant définies comme le bloc de l’Est et celui de l’Ouest. L’Est étant socialo-communiste et l’Ouest libéral et capitaliste. Ces deux blocs irréductibles, ont dominé le monde après la seconde guerre mondiale. Satellisant tous les pays tiers, les puissances sorties victorieuses de la seconde guerre mondiale, suite à des arrangements concoctés à la Société des Nations (SDN) qui sera liquidée pour fin de mission en 1946, vont plonger le Monde entier dans une période dite de la Guerre froide (en Occident) et chaude partout ailleurs! Comme par hasard…

Pendant plus d’une cinquantaine d’années, l’Europe de l’Ouest et les États-Unis d’un côté, l’Union soviétique et les pays d’Europe de l’Est de l’autre, vont installer le monde entier dans une configuration géopolitique qui, nous le voyons clairement maintenant, était mûrement réfléchie et rondement menée pour aboutir à la mondialisation. C’est à dire, schématiquement, le dépérissement progressif des appareils d’Etat-nations au profit, plus global, du marché c’est-à-dire celui des plus grosses entreprises multinationales. On y est presque! Il va falloir d’ailleurs approfondir l’analyse sur ces séquences historiques, qui se sont jouées hors notre vue, pour mieux comprendre tout ce qui nous tombe sur la tête. Nous? Je veux dire l’Afrique balkanisée depuis le partage de Berlin. L’Afrique à la merci de prêts-à-penser qui concourent à son endormissement…

Mais revenons à nos moutons. La Gauche sénégalaise, orpheline donc de l’effondrement du bloc de l’est et de ses satellites, mais également décontenancée par le virage “capitalistique” de la Chine de Mao Tsé Toung, semble avoir perdu ses repères. Repères éthiques et moraux surtout. Les Partis de Gauche se caractérisaient par la solidité mentale de leurs militants qui mettaient l’intérêt du Peuple au dessus de toute autre considération. Ils sont devenus des appareils désincarnés qui, s’ils tombent entre des mains sans scrupules, pourraient devenir des monstres d’inconstance et de vénalité.

Il nous faut alors, d’urgence, une…Glasnost à l’instar du processus qui a abouti au démantèlement de l’empire soviétique. Internet et les réseaux sociaux offrent l’opportunité de sortir le débat des cercles fermés de la pensée unique qui caractérisent les milieux gauchistes. Il nous faut faire, impérativement, le bilan du Marxisme-Léninisme ou de ce qu’il en reste. Il nous faut évaluer l’apport des courants socialistes et du communisme au Monde, mais surtout à l’Afrique. Et notamment chercher, s’ils existent, les pays qui ont réussi en s’inspirant de ces modèles? Et, au bout de tout cela se demander: Que faire? Lénine se le demandait déjà ! Si la question reste actuelle, pourquoi? Il nous faut dans le même temps comprendre, pourquoi en Europe la Gauche et la droite, dans leurs extrêmes, se touchent! Il est tout de même étrange qu’en France et dans la plupart des pays européens l’électorat d’extrême-droite et celui d’extrême-gauche puisent dans le même vivier. Bizarre…

Au vu de tous ces phénomènes, aussi étranges les uns que les autres, l’une des composantes du dialogue national dans notre pays devra être, nécessairement, une clarification des lignes politiques…héritées d’une autre histoire. Cela va mettre en lumière les ressorts sous-jacents des nébuleuses que constituent les coalitions électorales qui se muent en attelage gouvernemental sans discussion préalable, ni de programme ni de principes directeurs qui soient rendus publics. Elles sont, au demeurant, le lieu de toutes sortes de petits traffics dont l’actualité commence à nous révéler les secrets.

Au vu de son Histoire et du nombre de martyrs qui ont sacrifié jusqu’à leurs vies pour la défendre, la Gauche sénégalaise et ceux qui s’en réclament doivent se remettre en question. Courageusement. Pour se réinventer. Au besoin en ne se réclamant même plus de la notion de Gauche! Pour mémoire, les notions de gauche et de droite sont nées le vendredi 28 août 1789, pendant la Révolution française lors du vote d’une loi à l’Assemblée constituante: ceux qui étaient pour, et en faveur du Roi, se mirent à la droite du Président et ceux qui étaient contre, tiers-états et serfs, se mirent à Gauche. D’une simple répartition spatiale à l’Assemblée constituante française on a fait des pôles de convergence universels ! Ces pôles sont de plus en plus désuets. Osons sortir de ces schémas obsoletes pour inventer autre chose! N’est-ce pas Karl Marx qui aurait dit: ” Lorsque on a vu clair dans les enchaînements, toute croyance théorique en la nécessité de l’état présent sombre avant que dans la pratique elle ne s’effondre…” ? Il n’y a pas à dire, il était surdoué!

Je connais le patriotisme des militants authentiques de la Gauche. Ils ont une foi et un engagement inaltérables. Il s’agit, par delà les prétextes fournis par l’actualité récente, de procéder à l’ouverture de débats de fond pour redonner du sens à l’engagement en Politique. Il s’agit ici de déconstruire les appareils et de dépoussiérer les paradigmes. Il s’agit de redonner du sens à toutes ces énergies captives d’une époque révolue pour les engager vers les chantiers actuels. Il ne s’agit nullement de procès d’intention ni d’invectives crypto-personnels. Ne nous égarons surtout pas!

” Oser lutter, oser vaincre” disait Mao. Alors, Renversons les contenants et renouvelons les contenus!

Amadou Tidiane WONE

woneamadoutidiane@gmail.com

Pour que l’Honneur soit sauf ! Par Amadou Tidiane WONE

Des trente millions par mois remis à And-jeff qui défrayèrent la chronique sous Wade, aux quatre millions par mois perçus par la Ligue démocratique (LD) sous le Président Macky Sall, les fonds spéciaux du Président de la République profiteraient donc à tous les partis membres d’une coalition au Pouvoir?

Nous voulons savoir!

Mais avant d’aller plus loin dans nos interrogations, les Partis se réclamant de la Gauche historique nous doivent, pour le moins, des explications en raison de l’idée que nous avions de ses valeurs.

En effet, la déclaration récente de Mamadou NDOYE, Ancien Secrétaire Général de la LD est plus qu’un aveu. C’est un véritable acte d’accusation à l’endroit de toute la classe politique sénégalaise. Au demeurant, une voix aussi autorisée que celle de Mamadou NDOYE ne peut pas avoir jeté un pavé aussi gros dans la mare gratuitement. À quelles fins alors? Le proche avenir nous édifiera. Pour l’heure, la question préalable est de savoir combien touchent les autres Partis membres de Benno? On attend des uns et des autres des déclarations sur l’honneur…s’il en reste!

Après cette séquence vérité, les militants de chaque Parti devraient exiger des comptes à leurs responsables pour se faire une idée de la droiture de leurs dirigeants. Si le cœur leur en dit.

Pour ce qui nous concerne, nous considérons qu’une occasion unique de nettoyer les écuries d’Augias vient de se présenter. Saisissons-là pour réconcilier la Politique avec la Vertu et donner des raisons d’espérer à notre Peuple et à sa jeunesse.

On saura si l’argent est le seul ciment de toutes ces coalitions hétéroclites, sans programme commun, qui nous gouvernent depuis deux alternances.

On saura si les déclarations sur l’éthique et la responsabilité qui émaillent les discours des politiciens sont conformes à la pratique des uns et des autres.

On saura alors vraiment qui est qui!

Si nous voulons vraiment changer notre pays, donnons-nous les moyens de tirer cette affaire au clair! Ensuite, Changeons les règles du jeu! Mettons en avant les valeurs morales avant les valeurs financières. Puis, rassemblons-nous autour de l’essentiel et mettons nous au travail! C’est le prix à payer pour sauver l’honneur. Tout le reste ne sera que fuite en avant!

Amadou Tidiane WONE

woneamadoutidiane@gmail.com

L’art de se noyer dans un verre d’eau… Par Amadou Tidiane WONE

J’ai désactivé tous mes comptes sur les réseaux sociaux depuis quelques mois sauf celui qui me permet de rester en contact avec mes enfants et quelques amis que je sélectionne . Je partage, avec ceux-là, mes réflexions et bénéficie en retour des leurs. Et pourtant j’avais une bonne “clientèle” constitué de 5000 “amis” ( le maximum autorisé sur Facebook) et plus de 7000 followers.

Ce qui fait quand même une audience de plus de 10000 personnes sans compter l’effet multiplicateur des partages successifs. Depuis 2008 j’anime ma page et partage, avec tout ce beau monde, ma perception des choses de la vie avec humour ou gravité selon les circonstances.

J’ai fait des rencontres merveilleuses et me suis fait de bonnes relations intellectuelles et humaines, prolongées, pour certaines, dans la vie…réelle. Mais j’ai surtout appris à être plus tolérant car, j’ai découvert combien étaient faux plusieurs de mes préjugés sur des personnes dont j’ai appris, au fil de nos échanges, à reconnaître les énormes qualités humaines, intellectuelles et morales. D’autres m’ont avoué avoir changé leur opinion sur ma personne au cours de nos discussions parfois vives mais sincères.

Si j’ai décidé de quitter tout cet univers, c’est en raison de la conviction que j’ai acquise quant à sa superficialité. Malgré les avantages évoqués plus haut. En plus de sa dangerosité lorsque la malveillance s’y invite. Et je suis heureux d’avoir pris à temps mes jambes à mon cou, si j’en juge les compte-rendus de la presse qui amplifie des voix qui auraient dû rester inaudibles.

Ainsi donc, un individu seul muni d’un téléphone dit intelligent peut faire trembler la République, mettre en branle les services de police et de gendarmerie, activer le procureur de la République et s’incruster au cœur du débat entre internautes…sénégalais. Ouf! L’Univers reste sauf. Car en fait lorsque l’on est déconnecté des réseaux sociaux, on se rend compte que le microcosme du web est un univers clos où des intelligences, avérées certes, tournent en rond. Se contemplant au miroir du nombre de “J’aime” que leur renvoie un auditoire souvent acquis, la plupart des “Facebookers” en oublient de mesurer le temps qu’ils passent à travailler pour Mark Zuckerberg ! Sans salaire autre que le sentiment de se croire nécessaire au Monde…

Par ailleurs, j’ai plusieurs fois tiré la sonnette d’alarme sur les effets nuisibles de la ” liberté d’expression” portée au rang de culte. Je suis de ceux qui croient que l’éducation est le filtre nécessaire à la prise de parole publique. Je ne parle pas ici d’instruction. On peut en effet avoir la tête bien pleine mais le cœur vide de sens. Le sens de ce qui peut et doit être dit. La manière de le dire, le temps et le lieu pour ce faire. Ces repères là , c’est l’Education qui les donne. Ils varient selon les aires culturelles et spirituelles. Mais il y a un fond commun universel qui sait nous faire distinguer ce qui est convenable de ce qui l’est moins.

Penda Ba répondant à Assane DIOUF et nous voilà tous déboussolés! Depuis quand sommes-nous devenus si fragiles? Reprenons nos esprits et rouvrons les asiles à ceux qui y méritent une place. Mais de Grâce ne nous laissons pas noyer dans un verre d’eau!

Les intellectuels sont si étranges . Leurs convictions sont faites de certitudes raisonnées. Ils prennent peur lorsque l’émotion s’en mêle. Il leur faut donc éviter de réagir à chaud sur des délires saisonniers. Il leur faut prendre le temps de réfléchir en profondeur, notamment sur des indices de montée de fièvre sociale. Les intellectuels doivent s’intéresser au corps malade plus qu’au thermomètre…

Les mots échangés entre Assane DIOUF et Penda BA relèvent d’une dispute de borne fontaine. Ne leur donnons pas une importance conceptuelle ou discursive telle que des esprits malveillants puisse se frayer un passage et s’insinuer dans nos esprits. Je ne dis pas de clore le débat mais choisissons le bon prétexte pour ce faire. Si nous devions suivre tous les délires du web…

Le Peuple sénégalais s’élabore depuis des siècles. Dans la Foi et la dignité. Nous avons un mode de vie en commun fait de connivences et de fraternité. Nous avons tissé des relations de plaisantes dérisions pour absorber les violences et les dérouter. Nous rions de nous-mêmes, entre nous. Cela c’est nous! Tout le reste n’est pas nous.

Face aux tentatives d’alterer ce fort sentiment d’appartenance, le Senegal dispose des ressources pour faire face. Et nous ferons face!

En attendant que chacun fasse, en lui-même, le travail nécessaire pour renforcer les digues de notre commune volonté de vie commune.

Amadou Tidiane WONE

woneamadoutidiane@gmail.com

Et maintenant? Attaquons les racines du mal… (Amadou Tidiane WONE)

Et maintenant? Attaquons les racines du mal...  (Amadou Tidiane WONE)

Après la clameur électorale, il est permis de reprendre le fil de nos réflexions, décalées par rapport au « jeu » politique et au ronronnement des  » Institutions » dites de la « République » .

Les maux consécutifs, ou à la source même du « sous-développement » de la plupart des États africains post-coloniaux, ont des racines profondes qui tiennent le plus souvent à la nature même des Institutions qui prétendent les prendre en charge. Aussi étrange que cela puisse paraître, les racines du mal  africain se trouvent dans l’inadéquation entre les besoins des populations africaines versus les institutions et les politiques mises en œuvre pour, prétendument,  les satisfaire. Prenons d’abord comme sujet de réflexion l’Etat en Afrique. La notion même d’Etat ou ce qui en tient lieu. Observons, pour ce faire, l’Etat du Senegal. Ses services, ses objectifs stratégiques. La philosophie de son action. Son Histoire. Ses personnels et… les mœurs qui y ont cours. Tout y est étranger pour ne pas dire étrange! Pour faire bref, disons que l’Etat  post colonial sénégalais est une copie caricaturale de l’Etat Français. Il s’en inspire dans les formes et dans sa réthorique . Il cherche à lui ressembler plus qu’à rassembler la Nation sénégalaise autour d’une Vision partagée d’un bien-être collectif conforme aux aspirations de la majorité des habitants de notre pays.

Et le malentendu est lointain. Au départ des colons les cadres post-coloniaux, notamment, ceux sortis de l’ENFOM ( École Nationale de la France d’Outremer (!) tout un Programme!) se sont glissés dans les habits du colon. Au propre comme au figuré. À l’abri d’un nouveau drapeau qui n’a aucun référent culturel ante-colonial, au son d’un hymne national dit en français quoi qu’écrit par le Premier Chef de l’Etat du Senegal Leopold Sedar SENGHOR, les nouveaux dirigeants sénégalais étaient formatés pour servir les intérêts…de la métropole. Quant au fond. Même si la réthorique indépendantiste fleurissait ça et là, la rupture fondamentale ou fondatrice qui devait consacrer l’indépendance n’a jamais eu lieu. Bien au contraire. Confrontés aux urgences de la souveraineté et piégés par les chausse-trappes d’une décolonisation à contre cœur, les jeunes leaders africains d’alors ont, très vite, été distraits de l’essentiel. Chez nous, c’est au cours des événements de décembre 1962 que le cours du destin de notre jeune Nation aura connu une inflexion que tous les observateurs avertis considèrent comme structurellement dommageable. Nous en payons, à ce jour, le prix fort.

Tant que nous ne ferons pas un effort collectif de relecture, et non de « réécriture de l’Histoire » comme s’y essaie une Commission composée de gens renommés pourtant, nous continuerons à claudiquer et à ne pas marcher droit. Nous continuerons même à tourner en rond, en quête incessante d’un progrès qui fleurit dans nos discours mais ne germe pas dans le vécu de nos populations. À quand un vrai retour à la case départ?

L’Etat post-colonial a toujours été considéré par les nouvelles élites comme l’eldorado. Le lieu où il faut nécessairement être pour exercer un…Pouvoir!  Second malentendu à la base de toutes sortes de dysfonctionnements et de dérives qui obèrent les efforts et les sacrifices collectifs: la volonté de « puissance » et l’ardent désir de se montrer « supérieur ». D’où Les abus de pouvoirs et les détournements d’objectifs qui sont la marque de fabrique de  » l’Etat » en Afrique. Pour illustrer ces propos, mettons  le doigt sur un certain nombre de faits. Disons même de bizarreries.

Ce qu’il me paraît intéressant d’analyser entre autres tares de l’Etat post-colonial, c’est une perversion qui se développe contre vents et marées : la capacité de s’adapter à toutes les variables, des « fonctionnaires ». Mais surtout la faculté pour certains d’entre eux de SE servir sous tous les régimes (disons que l’on trouve ces spécimens parmi 500 à 1000 privilégiés à tout casser sur les 80.000 fonctionnaires environ que compte la fonction publique sénégalaise ). A y regarder de près ces  « fonctionnaires », notamment les « hauts » fonctionnaires, du fait de la permanence de leur statut du début à la fin d’une carrière, survivent à tous les régimes. Ils ont, de ce fait, appris à développer une capacité à muer et à s’adapter à tous les changements politiques. Ils ont mis au point une pédagogie de la servilité pour se ménager une porte de sortie à chaque fois que de besoin: ils servent « l’autorité » disent-ils… Pétition de principe qui autorise toutes sortes de danses du ventre. À chaque alternance, ils enterrent le régime sortant en se faisant les servants zélés des nouveaux arrivants. Au prix de dénonciations, parfois calomnieuses,  pour aider à justifier les accusations, bien des fois mensongères, sur le régime sortant. La conscience tranquillisée par la conviction de  » servir la République » ces hauts fonctionnaires se font adouber très tôt par…l’autorité. La nouvelle s’entend! Parfois, dans l’entre deux tours d’une l’élection présidentielle, des grands patrons du service public changent de camp et vont jusqu’à donner les munitions décisives contre celui qu’ils servaient la veille!

Et pourtant, il est devenu évident que des corps entiers de hauts fonctionnaires abritent les enrichis illicites les plus nombreux et les plus scandaleux. La liste des hauts fonctionnaires devenus très riches sans pouvoir le justifier de manière licite est longue. Sans avoir besoin de la dresser, les signes extérieurs de richesse les accusent. Nous connaissons tous  la grille des salaires de la fonction publique… Encore que cette grille est devenue, pour certains corps et dans le très haut de la hiérarchie, illisible. En effet, par des subterfuges « licites » mais, à certains égards amoraux(!) des « hauts fonctionnaires » perçoivent mensuellement des « salaires » surchargés d’indemnités, de frais de missions, de fonds communs, de parts d’amendes et de… que sais-je encore?  Il serait bon, en outre, de lever le voile sur les sommes perçues par les patrons de quelques Agences, des Inspecteurs Généraux d’Etat, de quelques Magistrats et de quelques hauts gradés… Sans compter les enveloppes tirées des  » fonds politiques »et distribuées partialement…Cet exercice serait utile pour assainir nos mœurs politiques et…administratives. N’y a-t-il pas une sorte de corruption d’état pour fidéliser ceux qui devraient garder une certaine neutralité? À approfondir…

Passons à la nouvelle tendance qui consiste, pour certains « hauts » fonctionnaires, à s’engager en Politique. Cela peut s’avérer plus que périlleux. Car ils se découvrent désormais. Ils ne peuvent plus se cacher derrière « l’autorité  » ni invoquer la fameuse neutralité des « serviteurs » de l’Etat. Ils ne sont plus à l’abri d’être alternés par la prochaine alternance ! Au demeurant ils peuvent, de ce fait, être tentés de détourner les fonds qu’ils administrent pour donner des gages à leurs supérieurs. Avec la bonne conscience de…servir. Et bonjour les outrances et les dérives sans limites…

Heureusement qu’il y a la retraite pour les autres, les moins téméraires. Ceux qui se servent et servent sans bruits… La retraite ! Un couperet incontournable jusqu’à une période récente ou certains « très hauts fonctionnaires » ont trouvé les artifices pour se rendre indispensables. Ils prolongent , par des contrats spéciaux, leur mainmise sur des rouages essentiels de l’Etat. Il se noircissent les cheveux au besoin pour parfaire le camouflage! Jusqu’au jour où, mêmes les produits noircissants baissent les bras. Mais bon! Ils sont souvent des « bienfaiteurs » , connus pour leurs largesses. Des largesses déclamées par les laudateurs qui hantent nos cérémonies et se chargent d’huiler les courroies de transmission de la corruption institutionnelle. Des largesses ponctionnées sur nos maigres ressources et bien dignes d’un meilleur usage. En tout état de cause, la déconstruction et la réforme en profondeur de l’Etat post-colonial est devenue incontournable. L’assainissement de ses mœurs est urgente et nécessaire. La traque des pillards de la République ne doit pas se limiter qu’aux adversaires politiques. Elle doit s’étendre jusqu’à la paresse, à l’inefficacité et à l’indolence des agents de l’Etat…

Ah! il est si beau notre petit Sénégal ! Les vrais coupables ne sont pas ceux que l’on croit. Eux traversent toujours à travers les mailles du filet. Ils s’agenouillent, voire rampent, chez les marabouts, ils rendent des services aux curés. Ils offrent des billets pour tous les pèlerinages et sont dans les coulisses de toutes les cérémonies religieuses. Ils « règlent les problèmes… » dit-on, en usant et en abusant de leur poste et de ses avantages….

Une manière de dire qu’il est temps de s’intéresser aux vraies racines du mal au lieu de s’épuiser à effeuiller les conséquences sans s’attaquer aux causes! Pour changer le Senegal, il va falloir plus que des élections ou des changements de personne. Nous avons épuisé toutes les combinaisons possibles des différentes lettres de l’alphabet Nous en sommes réduits à expérimenter des coalitions fourre-tout sans cohérence idéologique, philosophique ni même morale. En  vérité, il nous faut une véritable Révolution…des mentalités ! Faisons de l’impérieuse nécessité de ces mutations profondes le cœur du débat pour la prochaine élection présidentielle. N’attendons pas la campagne électorale qui ne dure que quelques semaines, dans une cacophonie monstrueuse, pour entendre des promesses qui ne seront jamais tenues. Posons nous, et adressons à tous ceux qui souhaiteraient briguer nos suffrages, les bonnes questions ici et maintenant. Mais par dessus tout allons au fond des choses! L’avenir de nos enfants est en jeu. Ne le vendangeons pas.

Amadou Tidiane WONE

Tra-gi-comique! (Par Amadou Tidiane Wone)


Le sens de l’humour des Sénégalais est sans limites. Dans les moments les plus incertains, des esprits alertes produisent des textes qui circulent à une vitesse lumière sur les réseaux sociaux. Dans une certaine mesure, ces instantanés sont des pièces à convictions à verser devant le tribunal de l’Histoire. Consécutivement à la lettre adressée par le Chef de l’Etat au Président du Conseil Constitutionnel voilà la réponse inspirée, d’un auteur inconnu, qui dit tout haut ce que nous pensons tout bas. Jugez-en: 

«   – Certificat de Mariass day woté 

  • Carte Rapido day woté
  • Carte Barkelou day woté 
  • Certificat de résidence  ou de domicile day woté
  • Billets d’avion day woté
  • Permis de conduire day woté
  • Carte bus Tata, Dem Dik day woté 
  • Ticket Parifoot day woté
  • kayitou dioudou Day wote 
  • Carte membre dahira Day wote
  • carte ipress Day wote
  • Ticket Bus Tata – Dem Dik day woté 
  • Certificat de Décès day woté (Les morts ne sont pas morts)
  • Carnet de Waccination day woté 
  • Carnet planning familial day woté
  • Diplome day woté
  • Carte joni joni mba vit fé day woté ….

Lepp thi biir Plan Sénégal Enterrement la bokk!!! » 

 En langage  » franwolof » pur et dur et, suite aux erreurs du Pouvoir qui virent à l’amateurisme, les Sénégalais préfèrent en rire que d’en pleurer!

Comment comprendre, en effet, qu’à moins d’une semaine d’un scrutin dont les dates sont connues depuis si longtemps, une telle confusion règne sur la disponibilité des cartes d’électeurs?  Et il n’y aurait aucun responsable a tout ce désordre? 50 milliards dépensés pour se retrouver à inventer des « solutions » de fortune… À moins que…???

Laissez-nous rire!!!

Amadou Tidiane WONE

woneamadoutidiane@gmail.com

Voter envers et contre tout! (Par Amadou Tidiane Wone)

La campagne électorale bat son plein ! Les partis et coalitions de partis rivalisent d’ardeur pour gagner nos suffrages. Puisque je fais partie des chanceux qui ont déposé, et récupéré à temps (!) la nouvelle carte d’identité numérisée, je prie le Seigneur d’arriver au jour J en pleine forme.


 Aux vu des difficultés incroyables rencontrées par nos compatriotes, je suis en effet bienheureux d’avoir mis, en lieu sûr, cette seule arme à la disposition des citoyens pour dire leur fait aux politiciens. Je l’affûte donc. Consciencieusement. Résolument. Au point de subir tous les soirs (deux minutes fois quarante-sept listes de temps d’antenne ) la campagne électorale officielle diffusée sur la chaîne de télévision publique RTS.
Cela demande beaucoup d’abnégation et de sens du devoir. Mais on s’y prête. Alors, vu que le jour du vote il est suggéré de ne prendre que cinq listes sur les 47 avant d’entrer dans l’isoloir et faire son choix définitif, j’ai commencé à procéder par élimination pour, le moment, venu gagner du temps et ne pas en faire perdre aux électeurs suivants.
Sans dévoiler le secret de mon vote, je crois qu’il est permis de s’interroger sur les termes du choix à venir. Et d’abord partir du constat, généralement partagé, que la douzième législature a été décevante. Aucune proposition de loi. Aucune initiative parlementaire pour mettre en œuvre la mission de contrôle de l’exécutif dévolue au législatif. Le fait que plusieurs des députés de la majorité de cette législature ne figurent pas sur les nouvelles listes est une sanction de ce manque de performances.
Espérons que les nouvelles recrues feront mieux si les populations leurs accordent leur confiance. L’un des premiers termes de mon choix personnel serait de ne pas reconduire à l’Assemblée une majorité qui a failli à sa mission. Il me semble aussi indiqué d’éliminer des listes dont on découvre, pour la première fois, les protagonistes. Sans antécédents militants, notoirement connu, ou autres, des visages apparaissent sur le petit écran et prétendent changer la face du monde. Ce qui n’est pas au cœur du débat législatif.
M’enfin… Il y a également des listes de politiciens professionnels qui naviguent au gré des vents et au hasard de leurs intérêts personnels. Ils ne trompent plus qu’eux-mêmes mais ne le savent…pas encore! Au fond, ils se contentent juste d’amuser la galerie et de profiter des subsides et opportunités qu’offre la duplicité en Politique. Il y’a enfin des listes attrayantes par la qualité de leurs investitures et la fraîcheur de leur profils. Ils apportent une lueur d’espoir et un brin de renouveau à la Politique et au sens de l’engagement citoyen.
Mais il y’a des candidatures de résistance et de refus. C’est parmi celles-ci et celles-là que je compte piocher les cinq que je prendrai pour entrer dans l’isoloir… non je ne vous dirai pas lesquelles! Cherchez et vous allez trouver! Pour toute dire, affûtons nos cartes et le jour venu, pensons à l’avenir de notre pays. Voter est un acte sérieux. C’est un acte de Foi. Un acte qui nous engage pour les cinq ans à venir!Que personne ne nous en distraie par des manœuvres dilatoires.
À vos cartes citoyens!
Amadou Tidiane WONE
woneamadoutidiane@gmail.com

Elections en eaux troubles… (Par Amadou Tidiane Wone)


Petit à petit, les conditions d’un contentieux post-électoral inextricable semblent se mettre en place. Sous nos yeux. En fait, il y’a bien longtemps que, par lassitude ou par calculs de courte vue, les acteurs politiques sénégalais ont laissé le multipartisme débridé les enserrer dans des mécanismes de gestion et de transmission du pouvoir qui a fini par vider l’action Politique de son âme… Il est même devenu incongru de penser que la Politique puisse avoir une âme ! Seuls les naïfs et idéalistes, parmi lesquels je me compte, pensent encore que la Politique doit servir à réaliser le bonheur des gens. Tout simplement.

Les élections législatives prochaines vont mettre en compétition 47 listes! Quarante et sept listes qui vont briguer les suffrages des Sénégalais en quête de mandats parlementaires. Soulignons, au passage, que les discussions sur les difficultés d’une organisation matérielle satisfaisante de ce scrutin auront occulté le débat sur le bilan de la douzième législature. Après un mandat de cinq ans, on aura pas eu l’occasion d’évaluer le travail des députés qui n’auront soumis, à ma connaissance, aucune proposition de loi. Se contentant de voter tous les projets de lois soumis par l’exécutif. Mais c’est là un autre débat.

Rappelons aussi que, malgré la complexité prévisible de l’organisation des élections législatives prochaines, il a fallu que le Président de la République lui-même,au sortir de la prière de l’Eid, instruise publiquement le Ministre de l’Intérieur afin qu’il trouve une solution à la difficulté manifeste de collationner 47 listes avant de se rendre dans l’isoloir pour en choisir UNE(!) 

Il a fallu cette apostrophe pour qu’une réunion soit convoquée à ce sujet. On se demande à quoi servent les capacités d’anticipation de notre administration! Parce que, outre le nombre de listes il va se poser, si ce ne l’est déjà, le choix et la répartition des couleurs pour chaque liste. La palette de couleurs disponibles n’est pas extensible à l’infini. Il y aura fort à faire, d’ici moins de trente jours, pour mettre en œuvre, à la satisfaction générale, la confection des bulletins de vote. Une niche à contentieux s’en vient diraient les québécois! Cela dit, le contentieux à 47 est, sous nos tropiques, une multiplication à l’infini des possibilités de trahison et de duplicité dont les acteurs politiques sénégalais, à de rares exceptions près sont coutumiers.

Il se susurre déjà que, plusieurs listes conduites par d’illustres inconnus seraient sponsorisées par le pouvoir. Vrai ou faux, on peut légitimement se demander d’où sortent les moyens que nécessite une campagne électorale pour certaines coalitions de Partis qui peineraient à remplir le Théâtre Daniel Sorano! Une obligation de justifier les sources de financement des partis et/ou coalitions de partis devrait faire partie des éléments du dossier de candidature à des élections. Pour mettre fin à l’escroquerie!

Plus préoccupant, il y’a même des listes dont personne ne saurait reconnaître le leader à l’œil nu. Et ils n’auront que 2 minutes de temps d’antenne, lors de la campagne électorale officielle, pour nous convaincre… on attend de voir comment les médias publics vont s’y prendre pour préserver l’impératif du traitement médiatique équitable des candidats.

Outre les couleurs des bulletins( souvenons-nous du rose délavé du NON lors du référendum face au noir sans équivoque du OUI) il va se poser le problème de leur disposition dans le bureau de vote. Il est évident que les premiers bulletins devant lesquels passe l’électeur auront beaucoup plus de chance de faire partie des cinq à prendre, au minimum, avant de passer à l’isoloir. Pour une population d’électeurs à majorité analphabète en français, le temps de se pencher sur les piles pour reconnaître les signes distinctifs d’une liste serait plutôt dissuasif. Alors on se sert dans les premières piles et basta!

Certains logos surexposés depuis quelques années auront un avantage comparatif évident. C’est de bonne guerre me direz-vous! Imaginons également que, pour une raison ou une autre, des électeurs décident de prendre plus de cinq bulletins ou même les 47! Le « consensus » des politiciens aura-t-il t-il force de loi? Juste une question en passant…

Au demeurant, le « consensus » annoncé sur la faculté de ne prendre que cinq bulletins sur les 47 semble tiré au forceps! Les coalitions les plus représentatives, au regard du parcours de leurs animateurs, ont exprimé leurs réserves voire leur opposition…au « consensus ». À ce sujet,  un communicant de la majorité a cru intelligent de dire » toutes les listes ont la même dignité »… répondant à un journaliste qui lui faisait la remarque.

Certes. Mais elles n’ont pas le même poids électoral ni la même histoire. Ni la même légitimité. Présenter comme un consensus un contentieux validé par des alliés est  périlleux pour le futur! En effet si, comme on commence à l’entrevoir , les 47 listes sont composées en majorité de satellites( ou de lièvres) de la coalition présidentielle, notre système démocratique est piégé! Et les lendemains électoraux sont lourds de dangers. Le dire n’est pas le souhaiter. Mais il est généralement admis que « mieux vaut prévenir que guérir! » 

En tout état de cause, notre « démocratie » nage en eaux troubles… et l’hivernage ne va pas simplifier les choses! Il va falloir, au sortir des élections législatives se pencher très sérieusement sur sa substance, son idéal, son projet. La démocratie ne se réduit pas à l’organisation d’élections à terme échu. Ni à la capacité de se rouler dans la farine les uns, les autres! C’est un état d’esprit, une manière d’être acquise qui rend chaque citoyen confiant en la fiabilité des institutions de son pays. Cette confiance est la sécurité première qui doit être ressentie dans une saine démocratie. Il revient aux acteurs politiques de créer les conditions d’éclosion d’un tel environnement. Mais est-ce leur préoccupation?

Amadou Tidiane WONE

woneamadoutidiane@gmail.com

La France politique n’est pas le Peuple de France! (Par Amadou Tidiane Wone)

Pour nous africains, victimes de la traite des esclaves, de la colonisation et du travail forcé, la France a deux visages. Celui de la violence innommable et du déni des libertés et, à l’inverse,  celui d’une vaste culture irradiante et généreuse et d’un peuple profondément attaché à des valeurs humanistes.

À force de duplicité et de sévices séculaires subis de la France politique , Les élites africaines doivent, à leur Histoire, de faire la part des choses pour retrouver le sens de leur Honneur.

Nous devons, certes, venger la mémoire de nos résistants défaits par une supériorité technologique implacable. Mais nous devons surtout, et dans le même temps, refuser qu’à l’avenir nos enfants ne soient réduits à l’esclavage sous de nouvelles formes plus pernicieuses.

Et d’abord nous convaincre,  définitivement, que le projet initial de la France politique, esclavagiste et colonial,  change perpétuellement de dénomination mais la réalité de son inspiration reste toujours la même : asservir pour mieux se servir. Décolonisation, balkanisation, coopération riment toujours avec domination! Il n’est jamais question de Liberté et d’égalité, d’équité et de prospérité. Cela aurait rimé avec dignité! Dignité! Ce que la France politique refuse à l’Afrique et plus particulièrement à l’Homme noir. Depuis si longtemps. Depuis trop longtemps.

Cette France Politique, habile à nous poser des problèmes et à nous imposer ses solutions, semble toujours avoir une longueur d’avance sur nos élites politiques. À défaut de les séduire ou de les convaincre, elle les contraint, les matraque ou les élimine. Cette méthode a fini par produire les résultats attendus: entre autres la peur et la soumission, voire la servilité, des dirigeants africains. À titre d’exemple nous tenons, de la bouche même du Président Idriss Deby du Tchad, dans une vidéo qui circule sur les réseaux sociaux, les propos suivants: « En Afrique, la France est derrière tout, elle fait et défait ce qui lui plait! »

Propos d’un Chef d’Etat en exercice qui affirme, au cours du même entretien, que la France politique lui aurait rédigé et imposé, à son corps défendant, la Constitution lui ayant permis de…subir son mandat en cours… le pauvre! On en verserait presque une larme tant il est pathétique de le voir confesser, devant des journalistes français, son impuissance.
Mais, ces propos qui font le tour du monde ne font que confirmer, ce que les africains conscients dénoncent depuis les indépendances octroyées des années 60: les pays africains du pré-carré français ne sont pas indépendants. N’en déplaise aux Présidents-sous-préfets qui paradent à la tête des micros-états africains. L’indépendance, c’est surtout une conquête du cœur et de l’esprit.
C’est une profonde aspiration à la liberté. Une haute inspiration pour rêver grand pour son peuple. Or, nos « Présidents  » croient devoir plus à la France, à sa présence militaire et à sa tutelle monétaire et économique, qu’à leurs peuples. Eux-mêmes n’accordent aucun crédit aux parodies d’élections qui agrémentent nos démocraties tropicales. Au besoin, ils savent contourner le résultat des urnes…avec « l’assistance technique » de la France politique et affairiste. Et, si nécessaire, l’implication de ses barbouzes.
Que n’a t-on vu en Afrique! Mercenaires, trafiquants d’armes et aventuriers en tous genres sillonnent le Continent dans tous les sens depuis plus de cinquante ans semant la mort et la désolation. Impunément. Les Bob Denard et Maurice Robert de triste mémoire insultent la nôtre! Et après on nous donne des leçons sur les « Droits de l’Homme(!)
En prime, et comme par hasard, les dirigeants dociles ne sont jamais inquiétés. Ils peuvent tripatouiller les Constitutions, embastiller les opposants, prolonger leurs mandats…  La France politique trouvera toujours la réthorique qu’il faut pour défendre l’indéfendable. Tant que coule le pétrole et que les mines livrent leurs profonds secrets.

Mais les temps changent. Un monde nouveau survient. Le fait nouveau est l’accessibilité de l’information et la rapidité de sa circulation. Les confidences les plus secrètes de nos dirigeants dévoilent leurs faiblesses. Ils ne sont plus Inaccessibles. Ils ne sont plus mythiques. Ils sont à notre portée. À portée de nos téléphones intelligents et des caméras qui tiennent dans un stylo.

Leurs propos et (im)postures d’une grande banalité les dévoilent tels qu’ils sont. Et non plus tels qu’ils voudraient paraître. Le paradoxe c’est que ce sont souvent leurs « soutiens français » qui organisent des fuites qui les dévalorisent pour mieux les tenir. On en découvre et méprise les méthodes de la « Françafrique », nébuleuse glauque et fétide qui ne sait que traficoter et accumuler. Jusqu’à quand encore?

En attendant, la plupart des hommes politiques qui se croyaient malins d’investir en France leurs biens mal acquis se retrouvent sous le coup de poursuites, savamment orchestrées, par la France politique. Quand est-ce que les dirigeants et affairistes africains  comprendront-ils qu’ils feraient mieux d’être un peu plus bienveillants envers leurs populations? Les sommes planquées à l’étranger feraient le plus grand bien aux économies exsangues, par leur faute, des pays du pré-carré français. Et pourtant nous avons des vestiges de la

colonisation à transformer en opportunité: pour ce qui concerne l’Afrique de l’Ouest, une zone économique et monétaire qui doit juste couper le cordon ombilical avec la France. Pour nous libérer de son contrôle. Sur cette base, développer une capacité à négocier un équilibre sous-régional avec le Nigeria à qui son poids économique et démographique, dans les frontières actuelles de l’Afrique de l’Ouest, peut donner des visées hégémoniques. Des solutions existent. Il faut les inventer! Avec courage et détermination. Intelligence et lucidité.

Tout cela pour dire que les élites africaines doivent sortir du verbiage creux des discours convenus. Avoir le sens de l’effort et du sacrifice pour changer la destinée de notre Continent. On ne peut plus continuer à se la jouer: une minorité qui s’enrichit des miettes laissées par les  » grandes puissances » et leurs entreprises. Une minorité qui se contente d’être les plus riches des plus pauvres. Sans plus. Alors que nous pouvons et devons faire de l’Afrique une Grande puissance. À l’instar de la Chine qui se réveille. Envers et contre tous. Par le labeur de son Peuple et le leadership de ses autorités l’Afrique doit se réveiller.

Et voilà à quoi tient l’équation de notre devenir: leadership et travail!

Amadou Tidiane WONE

woneamadoutidiane@gmail.com

La revanche des Daaras… (Par Amadou Tidiane Wone)


Une campagne insidieuse et sournoise tend, depuis quelques années, à amalgamer apprentissage du Saint Coran et enfants dans la rue. Il est vrai que, sous le couvert d’une hypothétique éducation coranique, des réseaux mafieux se livrent à une exploitation éhontée de la misère des familles dont sont issus la plupart des enfants qui traînent dans nos rues. Il s’agit, en fait, d’enfants… abandonnés(!) avec, en prime, la bonne conscience de les avoir mis entre de « bonnes mains. »
Les parents ou tuteurs légaux de ces enfants, certainement envahis par une marmaille dont ils ont du mal à assurer la subsistance les jettent à la rue, pour ainsi dire, car ils n’apprendront jamais rien d’autre que de tendre la main. À chaque fois que j’en rencontre, je prends le temps de les interroger sur leur niveau d’apprentissage coranique. Ils écarquillent les yeux: ils ne savent même pas, pour la plupart, ce que cela veut dire! De plus, ils sont le plus souvent originaires de pays voisins et limitrophes…
Ces enfants-là ne sont pas des taalibe au sens où, depuis des siècles, notre pays a produit des érudits, des hommes et des femmes de haute vertu sortis de nos foyers ardents. Tous les grands guides spirituels du Senegal sont sortis des daaras. Ils ont tous eu à effectuer l’apprentissage de l’humilité en allant mendier leur pitance quotidienne. Rien  à voir avec ces hordes de gamins déguenillés qui déambulent dans nos rues. Ignares, sales et souvent impolis, les enfants de la rue ne sont pas des Taalibe. Pas au sens où l’entend l’Islam en tous cas.

Et, fort opportunément, l’occasion nous est donnée de rendre hommage aux daaras qui ont formés les deux taalibe qui ont valu au Sénégal une couronne mondiale et une troisième place en récitation du Saint Coran! À cette occasion, tous les médias du pays se sont braqués sur les daaras et leurs centaines de milliers d’apprenants. Dans leur tenue comme dans leur retenue, Mamadou Moujtaba DIALLO et Mame Diarra NGOM symbolisent le produit achevé du daara authentique. Polis et policés, ils honorent le système d’éducation islamique de notre pays qui produit des hommes et des femmes droits et productifs.

Et si peu vindicatifs! Aucune grève à signaler dans les daaras Sénégalais pour cause de bourses non payées ! Il serait d’ailleurs temps que l’on mesure l’apport des citoyens qui s’investissent dans la construction d’écoles coraniques et d’éducation citoyenne sans un soutien quelconque de l’Etat. Sans subvention ni facilitation. Et sans pétrodollars! Et pourtant le budget de l’Education nationale est l’un de plus consistants du gouvernement. Je pourrais, par ailleurs, donner des tas d’exemples de Taalibe devenus cadres supérieurs dans plusieurs spécialités après avoir mémorisé le Saint-Coran .  Il serait bon que la presse mette autant de rage à les présenter qu’à mettre en exergue les contrefaçons qui déshonorent l’Islam.

Guérissons de nos complexes et mettons en lumière l’héritage moral et spirituel de nos pieux devanciers. Qui était meilleur citoyen que Serigne Abdou Aziz Sy Dabaakh pour ne prendre qu’un seul exemple connu de tous? Il a fait toutes ses humanités dans les daaras du Sénégal. Si notre pays est un havre de Paix et de dialogue, si les Sénégalais sont, majoritairement, tolérants et hospitaliers, nous le devons à des générations d’illustres personnes sortis des daaras et qui siègent au Panthéon de notre mémoire collective. Ne les oublions pas. Célébrons-les! Inspirons-nous de leurs exemples. Ils ont les mains pleines de présents pour notre futur. Dewenetti !

Amadou Tidiane WONE

woneamadoutidiane@gmail.com

PS: j’apprends à l’instant le rappel à Allah de Son Excellence l’Ambassadeur Moustapha CISSE. Un pur produit du daara Sénégalais devenu un des plus grands Ambassadeurs du Sénégal. Son urbanité et sa grande culture, mais aussi sa générosité et sa modestie,  forçaient l’estime. Que la terre de Pire lui soit légère!

Viatique coranique… (Par Amadou Tidiane Wone)


  » Il [l’homme] a par devant lui et derrière lui des Anges qui se relaient et qui veillent sur lui par ordre d’Allah. En vérité, Allah ne modifie point l’état d’un peuple, tant que les [individus qui le composent] ne modifient pas ce qui est en eux-mêmes. Et lorsqu’Allah veut [infliger] un mal à un peuple, nul ne peut le repousser: ils n’ont en dehors de Lui aucun protecteur. »

Sourate 13 verset 10 Ar-Raad

Pour un Peuple qui se dit musulman à 95% (!) voici la voie à emprunter pour s’amender, se réformer et retrouver le chemin du bonheur. Il est quand même étrange, sous ce rapport, de noter le décalage entre les comportements attendus des croyants et ceux en cours dans notre société sénégalaise . C’est comme si, de l’Islam nous n’avions retenu que les apparences, la gestuelle. Or, le Messager d’Allah (PSL) ainsi que tous ses prédécesseurs ont eu pour préoccupation principale de porter à un niveau supérieur la moralité et les bons comportements de leurs contemporains.

Envoyés souvent à des époques troublées et vers des peuples insoumis, les Messagers de Dieu ont eu pour mission essentielle, celle de réformer les comportements humains en leur transmettant les instructions divines. Ils se sont tous acquittés de cette tâche. La preuve: la majorité de l’Humanité est affiliée à l’une des trois dernières formes de révélation divine: Judaïsme, Christianisme et Islam.

Pour prendre un seul exemple plus près de nous, un homme exemplaire a fait la quasi unanimité: Serigne Abdoul Aziz SY Dabaakh qui a incarné et illustré, sous nos yeux, le projet humain de l’Islam. D’autres personnes moins connues, parfois anonymes, mais ayant bu à la même source, éclairent leur entourage par la qualité de leurs comportements et de leur moralité.

Chacun d’entre nous en compte certainement dans son voisinage. Ce n’est donc pas une vue de l’esprit que de croire en la possibilité, pour l’humain, de s’éloigner des comportements bestiaux pour taquiner les cimes angéliques! Les modèles et les références, mais aussi les guides spirituels, n’ont pas fait défaut au Senegal pour nous indiquer le chemin. Il nous reste à l’emprunter résolument!

Nous voulons que notre Pays change? Eh bien! Changeons!!!

Toute autre prétention de résoudre  les problèmes de notre société butera immanquablement sur la prescience divine. Être musulman, c’est se soumettre exclusivement à Sa Majesté et à Son Omnipotence. Au vu du chaos comportemental qui nous entoure, il est temps de se demander: où sont les 95% de soumis?

Amadou Tidiane WONE

woneamadoutidiane@gmail.com

2017, élections législatives ou élection présidentielle ? (Par Amadou Tidiane Wone)


Au vu du plan de communication gouvernemental  qui envahit les chaînes de radios et de télévisions de spots et d’émissions vantant les réalisations du Président Macky SALL et de son gouvernement, on en arrive à se demander quelle est la plus prochaine échéance électorale!

Si je ne me trompe, nous allons vers des élections législatives dans quelques mois.  Nous attendons donc plutôt des parlementaires qu’ils nous donnent leur résultats au terme du mandat que nous leur avons confié depuis cinq ans.

– combien de lois votées? Quel impact sur l’amélioration de nos conditions de vie?

– combien d’enquêtes parlementaires? Dans quels domaines? Avec quel résultats?

-combien de visites de commissions parlementaires? Vers quelles destinations? Avec quelles retombées ?

– quelle appréciation porte le législatif sur l’exécutif et le judiciaire?

Au fait était-il opportun d’augmenter le nombre de députés?

La liste des questions à poser est loin d’être exhaustive.

Au demeurant, j’ai retenu lors d’un échange cordial avec l’honorable Depute Cheikh Oumar Sy, dont je salue le sérieux avec lequel il s’attelle à la tâche, quelques unes de ses propositions pour rationaliser les moyens du parlement :

 » il est fort possible de mettre à la disposition de la 13ème législature des assistants parlementaires et même des conseillers juridiques et économiques pour les différents groupes parlementaires (à l’image de l’Allemagne).

A cet effet on pourrait:

– Réduire le nombre de vices-présidents De 8 à 4 et faire une économie de 324 millions de FCFA (168 millions en salaire,  48 millions pour l’achat d’un deuxième véhicule, 72 millions en carburant et 36 millions en appui logement)

– Réduire le nombre de secrétaires élus de 6 à 4 et faire une économie de 136 millions ( 60 millions en salaire, 24 millions pour l’achat d’un deuxième véhicule, 36 millions en carburant et 18 millions en appui logement).

Soit 462 millions d’économie. Je plaiderai néanmoins pour l’augmentation du budget de l’Assemblée Nationale pour la prochaine législature ainsi que pour la restructuration des commissions statutaires. »

Propositions concrètes et réfléchies qui mériteraient d’être examinées. Ouvrons donc le débat sur le bilan et les perspectives du Parlement ainsi que sur les modalités d’optimisation de son rendement . Le temps du bilan présidentiel viendra. Les ministres qui rivalisent de zèle pour tenter de nous éblouir devraient économiser leur souffle. De 2017 à 2019, ils ont encore deux ans de labeur à abattre. Et, à moins de nous rabâcher des réalisations déjà vues, il leur sera difficile de nous fasciner le moment venu s’ils continuent à faire le siège des radios et des télévisions tous les soirs. Just saying…

Amadou Tidiane WONE

woneamadoutidiane@gmail.com

Na nu Bennoo bokk yeene! (Par Amadou Tidiane Wone)

Appel pour la constitution d’une large coalition citoyenne de majorité populaire aux élections législatives de 2017


 Au vu de l’état de développement actuel du Sénégal, comparativement à des pays d’égale condition à notre accession à “l’indépendance”, on peut constater un manque de performances évident de la part des élites politiques ayant eu en charge les destinées de notre pays depuis lors.
Mieux, des contre performances traduites en termes de recul dans des domaines où l’héritage colonial nous donnait un avantage relatif, nous interpellent et posent avec acuité la question de la pertinence, ainsi que celle de l’efficience, du « modèle républicain » français que nous imitons si mal.

Après un règne sans partage du Parti Socialiste et de ses ainés, deux alternances politiques, dites « démocratiques et pacifiques », n’ont pas abouti à une transformation radicale de la trajectoire qui nous est imposée depuis notre rencontre avec la colonisation. Bien au contraire. Nos élites politiques semblent gouverner, par procuration, au mieux des intérêts de l’ex-puissance coloniale. Sous ce rapport d’ailleurs, la classe politique sénégalaise contemporaine ne se préoccupe plus des enjeux majeurs de souveraineté mais se perd dans des querelles de clochers et nous fragilise collectivement pendant que des pans entiers de notre économie tombent aux mains du capital étranger.

La classe politique, toutes sensibilités confondues s’entend car, de reniements en promesses trahies, elle mue, se conjugue et se reproduit à l’infini par un système de vases communicants consacré sous le vocable pastoral de « transhumance ». Le personnel politique actuel, à de rares exceptions près participe d’une manière ou d’une autre, à conforter l’immobilisme qui caractérise la conduite de nos affaires. De plus, après chaque verdict du suffrage universel, des transactions en coulisse ont défiguré le choix du Peuple et remis en selle ceux qui venaient d’être éconduits. Quasiment les mêmes personnes, groupes ou clans, se partagent indûment les richesses de notre petits pays et …nous narguent!

Cela n’est plus supportable.

Par ailleurs, plusieurs figures de proue de la société civile, un moment porteurs d’espoir, se sont laissées  piéger par des manœuvres politiciennes, ou la tentation du confort des lambris du pouvoir, au point de succomber à l’attrait de postes et de prébendes pour prix de leur silence. Jadis porte-étendard des sans-voix, leur aphonie est pesante, pénible  et coupable. Souffrent-ils en silence ou ont-ils tout simplement atteint leurs objectifs inavoués? Le mutisme de certaines personnalités, face à la reproduction d’actes qu’ils vouèrent aux gémonies il y’a peu est, pour le moins, déconcertant.

Que faire?

Il faut changer LAPOLITIQUE !!!

On nous a promis plusieurs fois de changer DE POLITIQUE. Mais, à l’expérience, il s’agit d’engager une mutation en profondeur du système de gouvernance post-colonial par une redéfinition totale des paradigmes de l’action politique et citoyenne. Il s’agit de REPENSER les buts et les moyens de l’action publique. Il s’agit aussi, dans le même temps,  de mettre à jour notre INDÉPENDANCE subrepticement hypothéquée par des forces sous-marines si facilement identifiables.

Convenons-en, la majorité politique actuelle, et l’opposition qu’elle se taille, ont montré toutes leurs limites. Nous aurons le loisir de le démontrer. La rupture avec le Peuple et ses préoccupations est profonde. L’avenir est de plus en plus sombre. Aucun signe de mobilisation optimale des intelligences, des talents et des forces du Peuple sénégalais n’est en vue. Bien au contraire, la parcellisation et le morcellement de l’échiquier politique ( presque 300 partis ) se poursuit sur des bases de clientélisme et de partage des maigres ressources de la Nation.

À terme, le désintérêt croissant des véritables forces vives de la Nation pour l’action politique laissera la place vacante aux aventuriers de tous poils, sans pensée autre que la satisfaction de leurs ambitions personnelles. Même les syndicats, jadis fers de lance des combats sociaux et ardents défenseurs des intérêts du peuple laborieux, sont devenus des cartels corporatistes à la tête desquels trônent des barons inamovibles. Cela expliquant la prolifération des centrales syndicales et, en conséquence, leur faiblesse.

Cela ne peut plus durer!

Pour exprimer une vision et des idées nouvelles , rompre avec le « jeu » politique hérité de la colonisation, il nous faut impérativement saisir le temps de la plus prochaine consultation électorale pour amorcer LA RUPTURE et engager le RENOUVELLEMENT du projet de construction du Senegal dans une Afrique nouvelle, décomplexée et conquérante. De nouvelles ressources naturelles importantes sont découvertes au Sénégal qui devraient mettre à la disposition de notre pays les moyens de son développement, c’est-à-dire garantir le bien-être à notre Peuple, assurer sa prospérité et son confort. Soyons vigilants et bienveillants pour notre Nation. Ne laissons pas ces ressources se transformer en malédictions. Transformons ces opportunités en Grâce pour les générations futures !

À cette fin nous lançons un appel pressant, à tous les hommes et femmes du Senegal qui nourrissent cette ambition. Rassemblons nos forces, nos moyens et toutes nos énergies afin de présenter aux prochaines élections législatives UNE LARGE COALITION CITOYENNE DE MAJORITÉ POPULAIRE pour rendre l’Assemblée Nationale au Peuple. Dans un premier temps.

Pour cela il va falloir, aux uns et aux autres, dominer leurs égos  pour s’accorder sur une stratégie efficace en vue de rassembler cette majorité autour d’UN véritable projet de RUPTURE et de reprise en mains des rênes de notre pays. Tel doit être le chantier prioritaire digne de tous les sacrifices. Par delà les tensions superficielles entretenues entre les leaders des forces politiques et sociales qui peuvent faire la différence et conquérir la majorité à l’Assemblée Nationale, il faut se décider à faire le choix de la nécessité et de l’urgence pour défendre et sauver ce qui mérite de l’être car, il se fait tard…

Sunu benno bokk yeene
ndam a ngi si kanam!
Contact: bennobokkyeene66@gmail.com

Amadou Tidiane WONE

De la peine de mort en Islam (Par Amadou Tidiane Wone)


De la peine de mort en Islam (Par Amadou Tidiane WONE)
Face à la clameur consécutive aux meurtres multiples et inhabituels dans notre pays, il importe d’opposer la sereine fermeté des principes fondateurs de l’Islam.
Et d’abord levons une équivoque : la peine capitale qu’évoquent le Coran et la Sunna n’a rien à voir avec celle qu’ont connue des pays européens dans le passé, ou que connaissent, aujourd’hui encore, les Etats-Unis.
Rappelons aussi que la mise à mort d’un coupable de meurtre, en Islam, est l’aboutissement extrême d’une procédure aux conditions strictes, toutes inspirées par la promotion de la Miséricorde et du Pardon, vertus supérieures qui distinguent l’homme de la bête.  A ce propos le Messager d’Allah a dit : « J’ai été, certes, envoyé pour compléter et porter à un niveau supérieur les nobles caractères ».

Porter les humains au niveau le plus élevé de raffinement et de la noblesse des attitudes et des propos, telle est la quintessence de la mission prophétique.
Revenons à notre sujet, la peine de mort qui fait débat depuis la recrudescence de meurtres dont la barbarie et l’ignominie sont sans égal. Pour lever la confusion et les interprétations non motivées par des sources autorisées, prenons le temps de la réflexion dépassionnée avec comme seul objectif l’éradication, dans notre société, des bas instincts animaux qui produisent des humains pires que les bêtes.
D’après les textes des sources musulmanes eux-mêmes, pour que la peine capitale soit applicable au meurtrier il faut que les quatre conditions suivantes soient impérativement remplies  :

1) Que la famille de la victime réclame l’application de la peine capitale .

Et à cet égard le vœu sous-jacent est d’encourager le pardon et de promouvoir la noblesse face à la barbarie. Le Coran, dit : « Celui à qui son frère aura pardonné quelque chose, alors (on lui fera) une requête convenable [le paiement du dédommagement], et (il s’en) acquittera de bonne grâce. Ceci est un allègement et une miséricorde de la part de votre Seigneur… »(Coran 2/178) le Prophète a dit : « Celui dont (un proche) a été tué, ou celui qui a été blessé, a le choix entre trois possibilités : soit il demande la loi du talion, soit il pardonne, soit il prend le dédommagement financier (diya)… » (rapporté par Abû Dâoûd, n° 4496)

2) Qu’il y ait des preuves irréfutables de la culpabilité 

En effet, une simple présomption de culpabilité ne suffit pas à conduire à l’échafaud un présumé coupable. Le flagrant délit ou la mise à jour de preuves irréfutables par des tests ADN ou autres méthodes scientifiques avérées de nos jours, diminuent la marge d’erreur. L’on ne sait combien d’erreurs judiciaires ont été commises par le passé et hantent encore les couloirs des temples de Thémis!

3) Qu’il soit prouvé qu’il y avait intention de tuer :

Le fait d’avoir établi les preuves irréfutables à propos de l’identité du meurtrier ne suffit pas. Il faut qu’il soit également prouvé qu’il avait l’intention de tuer. Le droit musulman distingue à ce sujet, sur la base de Hadîths, trois catégories principales de meurtres : le meurtre avec intention de donner la mort (al-qatl ul-‘amd), les coups et blessures volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner (al-qatl shib’h ul-‘amd), et les coups et blessures involontaires (ou administrés par erreur, suite à une méprise) ayant entraîné la mort (al-qatl ul-khata’ : khata’ fi-l-fi’l).

4) Qu’il n’y ait pas des circonstances atténuantes :

Enfin, la présence de circonstances atténuantes rend caduque l’application de la peine capitale malgré la présence des trois conditions précédentes. Ainsi en est-il du cas de légitime défense, évoqué explicitement par le Prophète (rapporté par Muslim, n° 140). De nombreux autres cas ont été pris en compte par des juristes et ont été évoqués dans les ouvrages du droit musulman, conformément au principe juridique bien connu « Al-hudûd wal-qisâs tandari’u bi-shs-shubuhât » : « Les peines et le talion sont caduques dès qu’un doute est présent ». L’accusé profite du bénéfice du doute, qui fait encore une fois que le seul recours possible est le dédommagement financier (diya).

Le Compagnon du Prophète ((PSL) Anas raconte : « عن أنس بن مالك، قال: ما رأيت النبي صلى الله عليه وسلم رفع إليه شيء فيه قصاص، إلا أمر فيه بالعفو » : « Je n’ai jamais vu le Prophète (sur lui soit la paix) avoir à traiter une affaire dans laquelle le talion était applicable, sans qu’il recommande (aux proches de choisir) le pardon » (rapporté par Abû Dâoûd, n° 4497).

Tout ce qui précède complexifie la décision de mise à mort d’un être humain. Preuve, s’il en est besoin, de l’importance qu’attache l’Islam à la protection de la vie. Bien loin des raccourcis caricaturaux qui dépeignent les pays musulmans comme des fosses communes à ciel ouvert!

L’islam n’entend donc pas appliquer de façon systématique la peine capitale au meurtrier : il ne l’envisage que sur la demande des proches de la victime qui, ne pouvant pas se faire justice eux-mêmes, ont la latitude de la réclamer. Même dans le cas d’une telle demande, l’islam rend nécessaire la présence de nombreuses conditions pour que cette application puisse être faite par le pouvoir exécutif. Enfin, l’islam recommande aux proches de pardonner plutôt que de demander aux tribunaux l’application de la peine : « Celui qui pardonne cela, ce sera une cause de pardon pour ses (propres) péchés » (Coran 5/45).

Quant au fond, ce qu’il faut donc retenir c’est que l’Islam est la religion de la Clémence et de la Miséricorde. Son sens profond c’est la promotion de valeurs positives qui exhaussent l’être humain des passions animales. Et même les animaux ne tuent pas pour nuire purement et simplement. La chasse animale elle-même répond à des impératifs. Une fois rassasiée la bête ne tue plus.

L’Homme, être doté de cœur et de Raison, a pour mission sur terre d’incarner et d’illustrer les meilleurs sentiments à l’égard de toute la Création et d’améliorer, par son labeur et son ingéniosité, les conditions de vie de ses semblables. Hors de cette feuille de route, l’homme est en déchéance et il peut rejoindre le règne animal au point de devenir la pire des bêtes. Que Dieu nous en garde!

J’ai été particulièrement meurtri par le lâche assassinat de madame Fatoumata Mactar NDIAYE. Pour des raisons familiales . La culpabilité de son meurtrier ne semble faire l’ombre d’aucun doute. IL semblerait même qu’il soit passé aux aveux. Outre la sauvagerie de l’acte, il s’est également rendu coupable de trahison et de forfaiture.

Trahison vis à vis de son employeur qui, de l’avis général, lui vouait une affection maternelle. Forfaiture à l’endroit d’une famille dont la plupart ont encore du mal à se convaincre de sa culpabilité. Dans cette famille, je compte un véritable ami, un frère Nouhou NDIAYE.
C’est pour lui que j’écris ces lignes pour lui rappeler, dans ces moments d’extrême souffrance, la beauté de notre religion. Pour le peu que j’ai pu en apprendre.
Mai aussi et surtout pour lui apporter, au cœur de la clameur ambiante, mon soutien indéfectible sur la voie de la sereine compréhension de l’épreuve complexe que traverse sa famille. La mienne.
Face à l’indicible barbarie, Allah est notre seul recours et reste notre Seul Secours. Seydi Ndiaye

Wallâhu A’lam !

Amadou Tidiane WONE

Pauvres anonymes… (Par Amadou Tidiane WONE)


Pauvres anonymes...  (par Amadou Tidiane WONE)
L’avènement de l’Internet, et le développement des réseaux sociaux, a favorisé au Senegal la prolifération d’une espèce de virus d’une rare virulence: les anonymes du web. C’est une espèce de microbes dont la nature et les conditions d’éclosion méritent une attention toute particulière en raison de leur nuisance sur les esprits non vaccinés.

Essayons d’abord de caractériser l’anonyme du web type. Tout d’abord, c’est un lâche: il masque son identité en se créant un « pseudo »  qui lui permet des outrances dont il n’aurait eu jamais le courage d’assumer la paternité à visage découvert.

Fort de cette impunité, garantie à peu de frais, notre virus colporte, sans retenue, les rumeurs et les médisances et s’autorise à émettre un avis( souvent pas éclairé) sur tout, tous et toutes. Il n’est donc pas intelligent, l’anonyme du web. Son exercice favori est la réplique.
Souvent hors sujet, son but n’est pas de contribuer au débat mais de le polluer. Ignorant qui s’ignore, et ce n’est que justice, l’insulte est son seul argument. Étant l’acteur d’une tragédie dont il est, à la fois le seul acteur et le seul spectateur, l’anonyme du web est le seul à se…reconnaître.
Il n’existe donc que par et pour lui-même. Il est, ainsi,  l’unique au monde à se satisfaire de la jouissance morbide de ses…ébats. Il est, et reste, seul face à son clavier, se défoulant sur des personnes qui ignorent jusqu’à son existence. Tragique condition qui fait de lui, quant au fond,  la victime ultime de ses outrances. Le paroxysme de cette déraison est atteint lorsque l’anonyme du web se dote de plusieurs « pseudos »… Il n’est plus seul! Il est plusieurs.
Cette démultiplication de la personnalité, ajoutée au chaos de ce que l’on ne peut appeler que sa « pensée », conforte un univers mental où il se joue plusieurs rôles à la fois. Parfois il est le héros et l’anti-héros en même temps! Lorsqu’au bout d’une longue journée de sévices sur le web il croule de sommeil, il est hanté par la vacuité de son existence face à la réussite de ceux qu’il s’épuise à vouloir nuire à partir de son cyber crasseux ou via son smartphone inintelligent…
Comble du ridicule, l’anonyme du web est parfois un piteux employé de commanditaires qui ne peuvent, ni ne veulent, se salir les mains à ces sales besognes. Ils lui financent l’achat de crédit téléphonique pour les « wakh sa khalatt »et des pass internet pour les forums avec, comme seule mission, de dire le plus de mal possible sur leurs ennemis supposés. L’anonyme du web est donc aussi un pauvre type: Il se peut en effet qu’il soit de l’un de ceux qui vous sourient ou broutent dans vos pâturages. Il tend l’oreille dans vos cercles intimes et se démasque devant son clavier pour être le vrai lui-même : bête et méchant!

Bref, une prophylaxie rigoureuse s’impose pour ériger un code de conduite sur les différents foras du web, espaces pollués par des esprits indigents qui leur donnent l’allure d’asiles mentaux à ciel ouvert. Il est impératif, pour les doués d’intelligence, d’aller à la reconquête de ces aires du Savoir et d’échanges de civilités.
Haro donc sur les anonymes, lâches et malfaisants, qui encombrent les réseaux sociaux bien dignes d’un meilleur usage!

Heureusement que les anonymes du web n’existent, au fond, que dans leur propre imagination: Qui reconnaîtrait un anonyme, misérable  virus des temps modernes? Pas moi!

Amadou Tidiane WONE
woneamadoutidiane@gmail.com

Nécrologie : en l’espace de 24 heures, l’ancien ministre Amadou Tidiane Wone perd ses deux parents

Nécrologie : en l’espace de 24 heures, l’ancien ministre Amadou Tidiane Wone perd ses deux parents
C’est certainement l’un des moments les plus dramatiques que traverse l’ancien ministre de la culture, Amadou Tidiane Wone.
A peine, son père enterré hier, l’ancien ministre et membre du PDS vient tout juste de perdre sa mère Adja Sokhna Ly.

Ainsi en l’espace de 24 heures, Amadou Tidiane Wone a perdu ses deux parents. La levée du corps se déroulera demain à 10 heures à la Mosquée Seydou Nourou Tall, suivie de l’enterrement au cimetière musulman de Yoff.

Toute l’équipe de Leral.net s’associe à cette douleur et présente ses condoléances les plus attristées à Amadou Tidiane Wone et ainsi qu’à toute la famille éplorée.

Le virus est dans l’école… »françaisenegalaise « ! (Par Amadou Tidiane WONE)

 » J’ai plié la langue française à mon vouloir-dire. » Aimé CÉSAIRE


Plus on réfléchit sur les causes les plus profondes du non-développement du Senegal, et de l’Afrique en general, plus on en arrive à s’interroger sur la validité voire l’utilité (?!) en tous cas l’efficience de du système éducatif hérité de la colonisation.

Avant l’indépendance,  nos parents « subissaient » une école des « maîtres ». Dans le droit fil de la « mission civilisatrice » de la France, puissance colonisatrice, avec un projet clair de domination mentale et culturelle durable.

C’était de bonne guerre dans le contexte d’un projet d’exploitation économique à durée indéterminée. L’on sait tous les résistances féroces qu’opposaient certaines familles à la perspective d’envoyer leurs enfants à l’école des « blancs »… Relire, à cet égard, les pages impérissables de l’Aventure ambiguë de Cheikh Hamidou KANE.

Un peu d’histoire…

« L’école des otages est le premier établissement scolaire public créé par la France en Afrique de l’Ouest en 1855 – mis à part l’expérience de celle de 1817 de l’instituteur Jean Dard – par le gouverneur Faidherbe. Il est situé à Saint – Louis du Sénégal. On y recrute et on y déporte de force les fils des rois et chefs africaine afin de les surveiller et les former pour devenir des auxiliaires au pouvoir colonial L’Ecole est rebaptisée par la suite « École des fils de chefs et des interprètes ».
(Cf. Boni Mel chercheur en Hisroire in:

https://www.dyabukam.com/index.php/fr/savoir/histoire/item/199-l-ecole-coloniale-en-afrique-occidentale-francaise-ou-histoire-d-un-crime-contre-la-culture-africaine)

Ecole des otages… Le projet est pourtant clair depuis le départ: prendre en « otage » les enfants des « fils de chefs » pour tenir en respect leurs parents et asservir le peuple pour en tirer le maximum d’utilité et de bénéfices possibles. Pour ce faire, il faut le dépersonnaliser, puis l’assimiler ou, à défaut, l’aliéner!  Ainsi nos parents, dans leur tendre enfance, apprenaient en chantant, vrai ou faux, :  » nos ancêtres les gaulois »…

Je passe sur les dégâts considérables et durables que cette   » école » et son projet causent encore sur nos aptitudes à inventer et, surtout à innover en toute liberté.

A « l’indépendance » notre administration publique a été prise…en otage(?) par les premiers sortis de l’Ecole Nationale de la France d’outre-mer (ENFOM. ) L’École nationale de la France d’outre-mer est une école française qui formait les cadres de l’administration coloniale…. Tout un projet! Ces cadres, pour méritant qu’ils fussent,  inscrivaient leurs actions dans la consolidation de l’Etat post-colonial et la perpétuation de son « projet ». Aucune rupture n’était  envisagée d’avec le projet colonial. L’indépendance se réduisait,  tout au plus, à un changement d’hommes et de femmes: des sénégalais à la place des français.

Le reste sans changement de…perspective.

Mais tout cela c’est le passé.
À nous maintenant!

Qu’avons nous fait depuis pour déterrer les graines de la servilité si profondément, et si méthodiquement, enfouies dans le plus profond de nos êtres?

Telle est la question centrale qui nous est reposée toutes générations confondues! À ne pas y répondre, en raison de l’illusion entretenue par des « alternances » factices, nous continuerons à perpétuer le projet colonial, envers et contre nous-mêmes. Nous continuerons à « singer » les comportements du Maitre, à imiter son modèle et à croire qu’il est le seul valide.Ce qui est le comble de l’absurde et une insulte à tous les martyrs de l’indépendance!

À ne pas marquer un temps d’arrêt de rupture, nous continuerons à débiter, inlassablement, des rhétoriques savantes sur la « mondialisation inéluctable » alors qu’il ne s’agit que d’un projet de domination conçu et conduit par des esprits humains.  En vérité, à l’instar du  » Renégat de David DIOP « piaillant et susurrant et plastronnant dans les salons de la condescendance » nos élites s’égarent depuis 1960…

A y réfléchir continuellement, je suis désormais convaincu que c’est à l’école… »françaisenegalaise »que s’attrapent tous les virus qui nous ont rendus si faibles. Si timorés. Si peu ambitieux… Ou alors réduits à des ambitions étriquées du genre: être le plus riche des pauvres! Nos critères de réussite étant définis à l’extérieur, combien de fois n’a t-on jubilé d’être classé mieux que les avant-derniers en ceci ou en cela?  Pourquoi sommes nous convaincus (cons…vaincus?) de ne jamais pouvoir devenir les premiers? Et savons nous seulement en quoi nous voulons devenir les premiers?

Ces questions ne sont pas politiciennes! Elles sont essentielles. Comme telles, elles ne doivent pas être sujettes à des stratégies de positionnement d’un côté ou de l’autre d’un « pouvoir »quinquennal. Un « pouvoir »d’ailleurs , réplique caricaturale de la  » République  » à la française…sans son génie.
Ces questions de fond sont au cœur de notre choix de devenir collectif. Les réponses que nous leur donnons aujourd’hui seront les fondements de l’avenir que nous voulons pour nos enfants, demain. Pour les générations à venir, nous devons forger des réponses durables et structurantes. Nous devons générer du sens. Produire une perspective historique panafricaine qui fasse rêver les jeunes du Continent et leur ouvre un nouvel horizon. Il nous faut retrouver la foi des bâtisseurs de pyramides et ne plus nous contenter de vivre sous la perfusion de l’aide publique au développement. Il nous faut mépriser  les félicitations, acides et cyniques, des revues périodiques des bailleurs de fonds et valoriser la joie et la confiance lues dans le regard de nos populations.

Changeons de cap!

Alors : sommes-nous prêts à changer, en nous-mêmes, pour être capables de changer le monde pour nos enfants?

Aucune ambition ne devrait-être en deçà de cet horizon, à mon avis qui, sous ce rapport, se refuse d’être humble! Et que tous ceux qui estiment ces chantiers démesurés nous laissent penser tranquillement.

Amadou Tidiane WONE
woneamadoutidiane@gmail.com

Une « démocratie » balafrée ! (Par Amadou Tidiane WONE)


Nous n’aurons pas eu le privilège d’entendre les attendus du Conseil de discipline motivant la radiation de Ousmane SONKO.

Nous avons juste eu droit à un décret présidentiel, qui ressemble fort à un abus d’autorité, radiant un haut fonctionnaire, qui plus est major de sa promotion… Pourquoi ? Par manque de « discrétion » dit le décret… Sans évoquer les faits précis corroborant cette affirmation.

Mais puisque l’intéressé, lui-même, avait annoncé l’issue de la cabale lancée contre lui depuis plusieurs jours, rien de surprenant dans cette mise en scène. Ousmane SONKO leur aura ravi jusqu’à l’effet de surprise . Bien fait pour eux!

Et c’est ainsi que nous constatons, tous, la balafre causée à notre démocratie. À notre corps défendant. Nous voyons avec amertume naître une tentation à l’autoritarisme et à la limitation de nos libertés. L’Histoire démontre pourtant que toutes les dictatures finissent par sombrer dans les poubelles de l’Histoire. N’en déplaise à ceux qui, gagnés par l’ivresse momentanée d’un mandat électif jouent avec un briquet dans une raffinerie de…pétrole. Tiens tiens…

Surtout que Ousmane SONKO décrivant le scénario par anticipation avait, en outre, annoncé qu’il s’attendait au pire… Même pas peur..

Nous saisissons l’occasion pour rappeler à la nomenklatura administrative et politique que l’Etat post colonial emploie à tout casser 80.000 fonctionnaires. Ils administrent notre pays dans une langue étrangère parlée par moins de 30% de la population. La question de la légitimité de ce statu quo se posera inéluctablement dans un avenir proche qui nous fera passer de la décolonisation à l’indépendance! La vraie! Au demeurant, ce personnel suffit à peine à gérer  notre misère et la dette qui l’aggrave. Aucune place pour l’imagination et la transformation de nos rêves en réalité!

Comment peut-on, dans ces conditions, se payer le luxe de radier un major de sa promotion sans avertissement préalable, ni blâme, ni faute lourde avérée autre que celle d’avoir effarouché certains milieux autorisés?

« Lorsque les bornes sont franchies, il n’y a plus de limites… »

La seule option désormais c’est la Résistance… Celle qui, en 2012 a ouvert les portes de la Présidence à un homme persécuté que le Peuple, et surtout sa jeunesse, avait pris sur ses épaules pour laver l’affront.

Il va falloir recommencer le travail!

Amadou Tidiane WONE
woneamadoutidiane@gmail.com

Afin que nul n’en ignore…, (Par Amadou Tidiane Wone)


« Les paroles s’envolent mais les écrits restent. »

Je me suis abstenu, pendant une douzaine d’années, de rendre publique un échange de correspondance avec le President Abdoulaye WADE. Le temps me semble venu de « declassifier » ce qui va suivre, en raison de ma ferme décision de m’engager, autrement, dans le débat public dans notre pays. Je m’y résous aussi en raison de ce que je pressens comme périls et de ce que je crois y être le sens de ma responsabilité personnelle. Au vu de mon parcours de 2000 à 2012.

Le contenu de cette lettre adressée au President Abdoulaye WADE le 02 août 2004 s’adresse aujourd’hui au President Macky SALL. Quatre ans après son accession à la magistrature suprême. Car, en la relisant douze ans après, je me suis rendu compte que les signaux d’alerte d’alors sont au rouge vif aujourd’hui. Si par hasard il me lit, j’espère qu’il saura comprendre que les mêmes causes produisent toujours les mêmes effets…

Enfin, à ceux qui croyaient mordicus que je n’avais pas joué mon rôle de veille et d’alerte, au point de se répandre en commentaires malveillants sur mon compte, je dis tout simplement: vous vous êtes trompés!

Le temps est un bon juge. Prenez donc votre temps pour lire entre les lignes…

Amadou Tidiane WONE
woneamadoutidiane@gmail.com