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Chronique de Wathie

La symphonie n’a pas été au bout. Pour reprendre un adage wolof, le tambour, au contact de la hache, n’a retenti qu’une seule et unique fois. Le Sénégal a encore perdu. Mais, les Lions, qui n’ont pas manqué de rugir, n’ont pas à rougir ou même à se remettre en question. Au Sénégal, l’échec n’est pas interdit. On peut se faire appeler lion et bêler comme un mouton, sans aucunement susciter l’indignation dans cette société où le culte de la médiocrité est entretenu et où la réussite est souvent attribuée à la chance ou au marabout. Mais, pour cette chronique, il n’est guère question de s’appesantir sur l’énergie débordante de cette jeunesse qui ne l’utilise hélas que pour des causes perdues ou frivoles.

Chaque jour qui passe renseigne davantage sur le cynisme de celui qui sert de président au Sénégal. Ceux qui croyaient que Macky SALL s’acharne sur ses opposants tout en câlinant ses alliés, ont déchanté en l’écoutant disserter sur le remboursement des frais médicaux  d’Ousmane Tanor DIENG. Le leader de l’APR a, lui-même, soutenu qu’il n’était au courant que celui qu’il qualifie de « fidèle allié » était malade. Selon lui, il en a été informé que lorsqu’il a reçu en audience, au Palais, le fils du défunt président du Haut conseil des collectivités territoriales (HCTT).

«Ce dernier m’a fait savoir que c’est la famille et son père qui ont pris en charge tous les frais médicaux», a déclaré le président SALL. Et Macky de renseigner que, trop pris par les préparatifs de la célébration de la fête de l’indépendance, il n’a pas non plus été informé que celui qu’il a installé à la tête de l’Institution qu’est le HCCT avait été évacué et hospitalisé en France.  

«Depuis lors, on ne s’est pas parlé. Je sais qu’il n’est pas quelqu’un qui demande, mais il pouvait m’en parler, afin que je lui apporte mon aide et mon soutien. Maintenant, je demande à sa famille de me remettre toutes les factures de l’hôpital où il était interné pour que je puisse tout rembourser», a ajouté le leader de l’APR.

Quelqu’un en marge de l’actualité sénégalaise pourrait penser qu’il s’adresse à un sans-abri, retrouvé sans vie quelque part en ville. Pis, le chef de l’Etat annonce n’avoir pas parlé à l’ancien Secrétaire-général du Parti Socialiste depuis bien avant son évacuation en France, au mois d’avril dernier.

Un appel pour s’enquérir de son état de santé? Une visite dans son hôpital pendant que Macky était de passage en France ? Rien, rien de tout cela. Macky a attendu qu’on lui donne de lugubres nouvelles de son allié. Pour quelqu’un qui a fracassé son parti politique pour le soutenir, ce n’est guère cher payé.

La majorité des Sénégalais s’accordaient à multiplier l’utilité du HCCT par zéro. Pour eux, le leader de l’APR ne l’a créé que pour caser un allié de taille, s’estimant assez balèze  pour faire partie d’un gouvernent. Ousmane Tanor DIENG est décédé en tant que président en exercice de cette Institution. Pourtant, aucun jour de deuil national n’a été décrété et l’hommage national, tenu à l’aéroport Blaise DIAGNE, a été des plus insipides.   

Avec le rappel à Dieu de Bruno DIATTA, au mois de septembre dernier, certains ont indiqué que la cérémonie des obsèques nationales s’est déroulée devant le palais  de la République, parce qu’il y avait la jurisprudence feu Talla CISSE, ancien ministre du Tourisme, décédé dans l’exercice de ses fonctions et dont les funérailles ont été célébrées sur  l’esplanade du building administratif.

Mais, plus grave, alors que proches et parents pleuraient encore l’ancien secrétaire général du PS, les autorités  ont permis aux Sénégalais de danser et de jubiler aussi populairement à l’accueil des Lions. Si l’avion transportant l’équipe nationale avait atterri à l’aéroport Blaise DIAGNE, il n’y aurait pas eu autant de monde. Mais, c’était décidé, même sans la coupe, il fallait créer les conditions d’une jubilation nationale. C’est aussi un moyen de faire oublier le pétrole et le gaz.

Macky a ouvert la foire au cynisme, poussant Moustapha NIASSE à  s’y engouffrer avec pertes et fracas. «Tanor était un patriote sincère dans son engagement, il assumait ses responsabilités et ses convictions», a entonné le président de l’Assemblée nationale qui semble avoir senti l’obligation de parler.

Au Sénégal, la mort a le don de changer radicalement la personnalité de la personne qu’elle frappe. S’il n’est pas admis de dire du mal du mort, même si Hitler passe universellement pour un génocidaire, il ne doit pas être permis de raconter du n’importe quoi, quitte à totalement travestir l’histoire.

Ce que celle-ci retient aussi, ce sont des vieux au pouvoir refusant systématiquement céder la place à des jeunes qui constituent près des deux tiers de la population. Ousmane Tanor DIENG est décédé, à l’âge de 72 ans, en tant que président d’une Institution. Avant lui, c’est Djibo KA qui rendait l’âme en occupant le poste de président de la Commission nationale du dialogue des territoires (CNDT).

C’est une lapalissade que de dire que la mort peut frapper tout le monde à tout instant. Seulement, la particularité avec les deux personnalités, c’est qu’elles sont dans les affaires depuis plus de trente ans, occupant des postes stratégiques et fermant toute perspective aux jeunes qui ne semblent être prédestinés qu’aux applaudissements.

Monstruosité !

Me Assane Dioma Ndiaye n’avait pas tort quand il déclarait avec justesse que l’affaire Saër Kébé révèle toute la monstruosité du système judiciaire sénégalais. Apparemment, l’éminent militant des droits de l’homme a été très gentil avec nos juges…

Voilà un lycéen qui a eu l’imprudence d’étaler ses états d’âme sur la page Facebook des ambassades des Usa et d’Israël. Dénoncé par le chargé de la sécurité des Yankees, il a été cueilli avant d’être envoyé en prison où il se trouve depuis quatre ans. Une scolarité ainsi bousillée pour un brillant élève.

Le puissant « Monsieur » qui l’avait dénoncé n’a même pas eu la courtoisie de se présenter à la barre de notre justice dépourvue d’humanisme. Montrant ainsi tout le (manque de) respect qu’il a de la justice de ce pays de m…

Des scènes du genre, ça ne se passe que chez nous, les nègres. Pensez-vous, des enquêteurs aussi sérieux auraient bien filé l’adolescent pour savoir s’il a des accointances avec des terroristes et le prendre sur le fait.

Mais rien de tout cela. Sitôt dénoncé, les enquêteurs ont filé tout droit à Mbour pour cueillir le pauvre lycéen chez qui, il n’a été trouvé même pas une boite d’allumettes. Entendu certainement par un juge sans états d’âme, celui-ci l’a fait coffrer.

Le malheureux jeune homme a dû attendre quatre longues années pour être jugé hier. Et pince sans rire, le procureur a requis cinq ans pour des faits non établis et sans que la justice ne puisse apporter la preuve que ce brillant élève soit un terroriste.

Le post publié, disent-ils, pouvait installer la haine dans les cœurs. Plus d’humanisme ne ferait que du bien à nos magistrats.

Quelle belle monstruosité que d’avoir vendangé l’avenir de cet adolescent alors que ses accusateurs se contrefichent de son procès ! Mais que voulezvous, il faut bien que nos gouvernements mendiants fassent plaisir aux Occidentaux, Usa en tête…

LeTémoin

Au pays de l’émergence (Chronique le Témoin)

Au pays de l’émergence où il fait bon vivre et où ça sent fort le pétrole et le gaz, les marchés y crament. On y construit des édifices sans penser à leur sécurisation qui passe par les doter de bouches d’incendies, ce qui est bien le minimum. Le gouvernement vient juste d’y penser en sortant une enveloppe de 300 millions. Ça ne coûtait donc que ça ? Quelle belle négligence !

Au pays de l’émergence, plutôt que de construire des hôpitaux ou des écoles, on opte pour des mosquées. Les autres pourront toujours suppléer l’Etat. Ce, à l’instar des footballeurs Sadio Mané et Diao Baldé qui construisent des lycées dans leurs villages respectifs. L’Etat aura certainement la grandeur d’âme d’y envoyer des enseignants.

Au pays de l’émergence, des mômes disparaissent avant d’être tués sans que l’autorité n’apporte des réponses énergiques à ce fléau. Tant pis, ce sont des fils de pauvres. Ç’aurait été le fils d’un de nos ministres qu’on remuerait ciel et terre pour retrouver le garnement.

Au pays de l’émergence, la drogue est aux portes de nos écoles. C’est un épiphénomène ! Et pourtant, ça ne date pas d’hier. On attend que ça grille fort !

Au pays de l’émergence, on déverse dans nos boutiques des aliments impropres à la consommation. On peut mourir, ça ne les concerne pas.

Au pays de l’émergence, des malades atteints d’insuffisance rénale patientent dans le couloir de la mort faute de soins.

Au pays de l’émergence, des pirogues chavirent avec leur lot de victimes.

Au pays de l’émergence, ça ne travaille pas depuis plus de cinq mois, les ministres sont à la recherche de puissants marabouts pour ne pas perdre leur moelleux fauteuil.

Au pays de l’émergence…. il y a tellement de problèmes qu’après avoir prêté serment, le Chef doit s’appliquer dans toute sa vérité le slogan qui stipule que le temps est celui de l’action. En finir avec la politique pour soigner les maux dont souffre ce charmant pays…

Belle république (lu pour vous dans le Témoin)

N’en doutons plus ! Il y a bien une loi qui est appliquée pour tous ceux qui se dressent sur le chemin des gens du pouvoir. Vous avez remarqué la célérité avec laquelle l’affaire de Tambacounda a été réglée en quelques minutes.

La garde rapprochée du candidat du Pur kidnappée avant que les éléments ne soient déshabillés comme des malfrats et déférés au parquet.

Ceux qui ont poursuivi les journalistes dans la forêt avant de brûler leur voiture ne leur voulaient que du bien. Ce sont de gentils messieurs qui voulaient les protéger. De ces criminels, le procureur si zélé de Tamba n’en parle pas.

Et croyez nous, il ne leur arrivera rien du tout. Les coupables sont déjà identifiés et seront envoyés en prison pour l’exemple. Il s’agit des membres du Pur.

Les autres, il ne faudra pas leur faire du mal. Ce sont des militants du président – candidat dont le maire de sa ville de Fatick est revenu hier pour fanfaronner devant la presse sans même penser aux militants du candidat Sonko qui ont été agressés chez lui, chasse gardée de son candidat.

C’est lui-même qui le dit. « Quiconque vient à Fatick et s’attaque avec un manque de respect au Président Macky Sall verra les fils de Fatick en face de lui ».

Et dire que c’est un ministre de la République qui profère de telles menaces ! Obnubilés qu’ils sont par un second mandat, ils ont perdu tout discernement avec une débauche d’énergie à nulle autre pareille. Tout y passe !

L’achat de consciences, l’utilisation du bien public pour battre campagne, la corruption à visage découvert. Pendant que le peuple souffre, repus qu’ils sont, ils dansent et font la fête.

Et s’il y a des personnes qui ne s’ennuient pas, c’est bien la Première dame qui s’éclate comme pas possible. Elle partage cette folie avec un énergumène qui se fait appeler Niang Xargan que l’on voit balancer des billets de banque à de pauvres villageois. Il serait le sniper du Chef. Dans ses belles œuvres, on le voit exhiber ses bijoux de famille. Quelle belle République !

Khalifa Sall, chronique d’un supplice sans fin


Tout a commencé avec la volonté de Ousmane Tanor Dieng, le secrétaire général du parti de s’allier avec l’Apr pour les élections locales de 2014 et le refus de Khalifa Sall, indéboulonnable et indiscutable premier magistrat de la capitale depuis 2009.

Khalifa Sall refuse de céder son fauteuil à l’Apr qui le convoite et triomphe face à la très populaire Aminata Touré, alors Premier ministre et considérée comme le bourreau des dignitaires libéraux.

Ainsi s’engage un bras de fer entre d’une part Khalifa Sall et Ousmane Tanor Dieng et d’autre part entre Khalifa Sall et l’Apr. Ainsi, Khalifa Sall est pris entre deux feux.

Au sein du Ps, le secrétaire général du Ps, qui tient à l’alliance avec l’Apr comme à la prunelle de ses yeux, le considère comme un rival voulant le chasser de son poste de patron du parti.

C’est ainsi que la guerre est déclaré entre les deux hommes. Au plan national, le président Macky Sall et ses hommes qui venaient de prendre le pouvoir digèrent très mal leur tombeur lors des locales de 2014.

En effet, avec sa coalition Taxawu Ndakaru, il humilie le Premier ministre dans leur fief de Grand Yoff et inflige une première défaite au président Macky Sall.

Depuis cette date, le maire de Dakar est considéré comme une machine à gagner des élections et comme un empêcheur de tourner en rond. Il est vu comme voulant casser la coalition Benno Bokk Yaakaar à laquelle s’accroche Ousmane Tanor, Serigne Mbaye Thiam, Abdoulaye Wilane, Aminata Mbengue Ndiaye, etc et qui leur a valu leur strapontin.

Tout a commencé avec la volonté de Ousmane Tanor Dieng, le secrétaire général du parti de s’allier avec l’Apr pour les élections locales de 2014 et le refus de Khalifa Sall, indéboulonnable et indiscutable premier magistrat de la capitale depuis 2009.

Khalifa Sall refuse de céder son fauteuil à l’Apr qui le convoite et triomphe face à la très populaire Aminata Touré, alors Premier ministre et considérée comme le bourreau des dignitaires libéraux.

Ainsi s’engage un bras de fer entre d’une part Khalifa Sall et Ousmane Tanor Dieng et d’autre part entre Khalifa Sall et l’Apr. Ainsi, Khalifa Sall est pris entre deux feux.

Au sein du Ps, le secrétaire général du Ps, qui tient à l’alliance avec l’Apr comme à la prunelle de ses yeux, le considère comme un rival voulant le chasser de son poste de patron du parti.

C’est ainsi que la guerre est déclaré entre les deux hommes. Au plan national, le président Macky Sall et ses hommes qui venaient de prendre le pouvoir digèrent très mal leur tombeur lors des locales de 2014.

En effet, avec sa coalition Taxawu Ndakaru, il humilie le Premier ministre dans leur fief de Grand Yoff et inflige une première défaite au président Macky Sall. Depuis cette date, le maire de Dakar est considéré comme une machine à gagner des élections et comme un empêcheur de tourner en rond.

Il est vu comme voulant casser la coalition Benno Bokk Yaakaar à laquelle s’accroche Ousmane Tanor, Serigne Mbaye Thiam, Abdoulaye Wilane, Aminata Mbengue Ndiaye, etc et qui leur a valu leur strapontin.

Lors des législatives de 2017, Khalifa Sall refuse également de s’allier à l’Apr, il confectionne sa propre liste et s’allie à Idrissa Seck et Malick Gakou. Avant ces échéances, il s’oppose ouvertement au référendum et appelle à voter «Non».

Ainsi, le 7 août 2017, la direction du Ps écrit au ministère de l’Intérieur pour lui signifier que Khalifa Sall avec d’autres responsables socialistes qui revendiquent le droit pour leur parti d’avoir un candidat à la prochaine présidentielle de février 2019 sont exclus du Ps pour activités fractionnistes. Et à ce titre, ils ne sont plus habilités à parler et à agir au nom du parti.

Le motif invoqué c’est que ces socialistes ne suivent plus la ligne du parti. Le 22 octobre 2017, tous les frondeurs socialistes, Khalifa Sall, Aïssata Tall Sall, Bamba Fall, Barthélémy Dias, etc qui sont considérés comme «autoexclus » du parti, sont exclus de la vente des cartes.

En conséquence, ils ne peuvent pas se présenter à la candidature du secrétaire général du parti. En effet, la candidature à ce poste est conditionnée avant tout par la détention de la carte de membre du parti.

«Nous allons à des élections en 2019, et si ces personnes visées par le Secrétariat exécutif national (Sen) sont exclues, elles ne pourront pas acheter la carte de membre du parti.

Et logiquement, lorsqu’on n’a pas la carte du parti, on n’a pas le droit de parler au nom du parti et surtout on n’a pas le droit de postuler à aucun poste», explique un responsable socialiste.

En décembre 2017, le Secrétariat exécutif national (Sen) donne officiellement et publiquement mandat au Bureau politique d’exclure le maire de Dakar, Khalifa Sall et ses partisans du parti.

Parallèlement le pouvoir actionne la machine judiciaire contre lui. Il est arrêté, accusé de détournement de deniers publics et condamné à cinq ans de prison. C’est de sa cellule de Rebeuss qu’il dirigera sa liste pour les législatives en s’alliant à des membres de l’opposition.

Un an après les législatives et son élection au poste de député, le chef de l’Etat prend un décret le 30 août 2918 à la surprise général le révoquant de son poste de maire de Dakar, après la confirmation par la Cour d’Appel de Dakar de la confirmation de la peine prononcée en première instance.

«En effet, force est de constater que la condamnation du maire de Dakar par la Cour d’appel le prive de la capacité juridique et de l’autorité morale nécessaires à l’exercice de ses fonctions.

En conséquence, au regard de l’impératif de veiller à l’application de la loi, il est fait application des dispositions de l’article 135 du code général des collectivités territoriales pour procéder à la révocation de Khalifa Sall de ses fonctions de maire de la ville de Dakar», lit-on dans le décret signé par le président Macky Sall

Macky et le syndrome de l’Hubris. Par Serigne Saliou Guèye

La référence régulière au lion (même s’il est assoupi), aux arènes, aux chutes (djel yi) dans ses discours, met en exergue la démesure discursive et l’omnipotence divine de notre omniprésident.

« Pour ce qui est de la personne que vous avez citée en premier (Karim Wade, ndlr), quand j’étais candidat, j’ai été clair sur ma manière de travailler à renforcer la bonne gouvernance dans le pays et à protéger les ressources.

On a une Cour de répression de l’enrichissement illicite qui a été créée en 1981 alors que j’étais encore élève en classe de première. Cette cour a fonctionné un peu avant d’être mise en léthargie.

Quand je suis arrivé, elle a été éveillée et a pris en charge un certain nombre de dossiers qui ont abouti à la condamnation de quelques personnes qui ont fait tous les recours dans le cadre de la procédure judiciaire jusqu’à la Cour suprême…

Pour le second (Khalifa Sall, ndlr), il n’a jamais nié les faits pour lesquels il a été condamné. Il a argué que c’était la pratique alors que ceci n’est pas une réponse juridique. J’ai toujours évité de parler de dossiers pendants devant la justice mais puisque c’est jugé, je pense personne n’a été éliminée volontairement. La preuve, il y a plus de 100 et quelques candidats déclarés qui ont retiré leurs dossiers et ils seront candidats s’ils remplissent les critères.

« Je ne peux pas parler d’amnistie pour les deux parce que cela ne vient pas de moi, alors ce débat ne me concerne pas. Toutefois, je ne peux pas écarter en tant que Sénégalais, dirigeant et président de la République, dans une circonstance nouvelle de réélection, si c’est la volonté des Sénégalais, d’engager une nouvelle phase de reconstruction nationale dans un esprit de renouveau et de consensus national. Je pense qu’il faut savoir tourner les pages aussi ».

Voilà une partie de la déclaration calamiteuse mais significative que le président de la République, Macky Sall, a tenue récemment sur le plateau de France 24. Jamais, un président français ne viendra dans nos républiquettes parler de personnalités françaises qui ont maille à partir avec la justice de son pays même cette justice les a déjà condamnées.

Partir en France et s’exprimer devant ses médias fait partie des pratiques vexantes auxquelles nos quatre présidents nous ont habitués. D’ailleurs de tout temps, ils ont toujours considéré les journalistes sénégalais comme leurs pires ennemis s’ils ne peuvent pas les assujettir.

C’est ce qui explique pourquoi, poursuivis par le complexe du colonisé, ils ont toujours réservé la primeur de leurs déclarations importantes aux médias français. On se souvient de la démission du président Senghor annoncé le 21 octobre 1980 par Pierre Barnès correspondant du journal français Le Monde.

Pour en revenir au président Macky Sall, nous disons qu’à travers sa déclaration maladroite, il étale sa toute-puissance sur les autres contre-pouvoirs que sont l’Assemblée nationale et la justice.

Se prononçant sur l’affaire Khalifa Sall dont le jugement n’est pas encore à terme, la Cour suprême devant statuer en dernier ressort, le président du Conseil supérieur de la magistrature scelle définitivement le sort condamnatoire de l’ex-maire de Dakar. Mais dans une fausse magnanimité, il envisage de l’amnistier par le biais de son Assemblée godillot, lui et Karim Wade.

Mais à condition d’être réélu. Cette conditionnalité articulée autour d’une très incertaine réélection met sans fard à nu tout le machiavélisme du chef de Bennoo Bokk Yaakaar qui ne veut pas s’aliéner une bonne partie des militants de Karim et de Khalifa Sall au premier tour.

Aujourd’hui, Macky Sall ne recule devant rien pour se faire réélire. Quitte à surendetter le pays, à obérer les ressources du gaz et du pétrole dont le premier baril est prévu en 2021 ou à soumettre la justice à ses desiderata.

Quitte à enjoindre à son Conseil constitutionnel d’éliminer certains candidats crédibles pour défaut de parrainage, à violer la loi en maintenant Doudou Ndir à la tête de la Cena, à retenir à dessein les cartes des électeurs dans les zones qui lui sont défavorables ou à verser dans la surenchère de la transhumance. Quitte à réprimer implacablement toute velléité de contestations des résultats du vote au soir du 24 février 2019 avec des Nurol Ejder ou des Ejder Yalçın III, ces fameux dragons anti-émeutes importés du pays du dictateur Erdogan.

L’obsession hubrique du premier tour

La réélection au premier tour obsède le président Sall au point qu’on se demande s’il n’est pas atteint par le syndrome de l’hubris. La pathologie de l’hubris, tel que le définit le chercheur en neurosciences, Sébastian Dieguez, chez les tenants du pouvoir est une « perte du sens des réalités, une intolérance à la contradiction, des actions à l’emporte-pièce, une obsession de sa propre image et abus de pouvoir, une confiance excessive en son propre jugement et un mépris pour les critiques et les conseils d’autrui ».

On pourrait y rajouter d’autres symptômes de cette pathologie définie par David Owen, ancien ministre anglais des Affaires étrangères et diplomate que sont « le narcissisme, l’arrogance, l’hyper-confiance, la mégalomanie ».

A travers ces symptômes qui caractérisent la maladie du pouvoir, on perçoit le profil psychologique archétypique du président Sall.

Selon ce dernier, la mort est plus douce que perdre le pouvoir surtout pour un président qui en est à son premier mandat. Pourtant, c’est lui qui, avec goguenardise, déclarait qu’il n’est pas obnubilé par le palais qui n’est pour lui qu’un espace de travail.

Si la mort qui est la fin en toute chose sur terre semble plus douce que la perte d’un pouvoir, il y a de quoi s’alarmer sur la propension pathologique du président Sall à vouloir conserver vaille que vaille le pouvoir. Ainsi la hantise de perdre le pouvoir et le désir obsessionnel et tenace de le conserver éteint les lumières de la conscience du président sur sa propre finitude.

La béatitude éternelle pour lui se trouve dans la conservation du pouvoir. Et c’est dans cette optique qu’il faut comprendre la déclaration marrante du chef de Bennoo s’auto-attribuant, à travers un sondage, 54% qui le qualifient par conséquent dès le premier tour.

Avec un tel score rédempteur, notre héros présidentiel égotiste, prétentieux, invulnérable, invincible s’est hissé sur un promontoire quasi-divin où aucun de ses opposants mortels ne peut l’y rejoindre.

Dans chacune de ses sorties, Macky Sall fait d’un histrionisme pathétique qui relègue ses opposants à de simples ectoplasmes et leur délègue éternellement les seconds rôles.

On connait son fameux chant de guerre (a fagne naa ngor rog a deb no koloum a fagnine fagne fagne fagne té wadiadia) qu’il serine chaque fois qu’il veut tourner en dérision ses opposants. La référence régulière au lion (même s’il est assoupi), aux arènes, aux chutes (djel yi) dans ses discours met en exergue la démesure discursive et l’omnipotence divine de notre Omniprésident.

Pour finir, nous demandons à notre président de méditer ces propos pascaliens : « N’abusez pas de cette élévation avec arrogance ; et surtout ne vous méconnaissez pas vous-même en croyant que votre être a quelque chose de plus élevé que celui des autres. (…)

Que diriez-vous de cet homme qui aurait été fait roi par l’erreur du peuple, s’il venait à oublier tellement sa condition naturelle qu’il s’imaginât que ce royaume lui était dû, qu’il le méritait et qu’il lui appartenait de droit ? (…) Tous les emportements, toute la violence et toute la vanité des Grands vient de ce qu’ils ne connaissent point ce qu’ils sont. »

[Video] Chronique Pale Alé Niang du 19 septembre

Dans sa chronique de la semaine Pape Alé Niang fait le bilan du Président Macky Sall dans sa gestion de la République.??

Chronique d’une année scolaire menacée

Elément déterminant de la qualité de l’éducation publique, le quantum horaire commence à prendre un sacré coup. Le temps de présence effective en classe, qui est un facteur aujourd’hui fondamental d’acquisitions de connaissance par l’élève, est plombé par les mots d’ordre de grève des syndicats d’enseignants.

Les plans d’actions fusent de partout et commencent à impacter sérieusement le déroulement normal des cours. Ce n’est pas demain la veille, car les syndicats très déterminés, continuent de dérouler et invitent leurs militants à la résistance. Quels que soient les motifs d’intimidation.

Non sans toujours indexer «l’inertie» du gouvernement sur la prise en charge de certaines questions inscrites dans le protocole d’accords, notamment le régime indemnitaire. La réduction du temps d’enseignement/apprentissage pour la validité de l’année scolaire, pose de sérieuses inquiétudes à l’Union nationale des associations des élèves et étudiants du Sénégal (Unapees).

«Nous allons résister , car la résistance est un droit», déclare Abdoulaye Ndoye, secrétaire générale du Cusems. «L’intimidation ne passera pas. Les coupes de salaires ne passeront pas. Les réquisitions ne passeront pas. Si le gouvernement a opté pour la confrontation qu’il sache qu’on est déjà sur le terrain», dixit Saourou Sene du Saems.

La marche nationale des enseignants tenue vendredi dernier, a été une occasion pour les syndicats de montrer leur détermination, en découdre avec les autorités étatiques. Le ton est donné. Les enseignants ne comptent pas lâ- cher du lest, pour obtenir gain de cause.

Le démarrage effectif de la dématérialisation de la Fonction publique, des mesures correctives relatives aux iniquités notées dans le système de rémunération des agents de l’Etat, la délivrance des actes en souffrance, la formation diplômante des enseignants, le paiement des rappels d’intégration, de validation et d’avancement, sont au cœur des préoccupations syndicales.

Pour s’assurer du respect des accords et engagements pris par le gouvernement, seul gage de stabilité du système éducatif sénégalais, les syndicats d’enseignants déroulent leurs différents plans d’action, après le dépôt des préavis de grève depuis décembre 2017. 2018 aura été encore une année de plus, où le quantum horaire, aspect fondamental du système éducatif, va en souffrir. En décembre 2017, les syndicats annoncent les couleurs.

Le Cusems, le Saemss, décrétaient une grève totale, un mercredi 13 décembre. Pour obtenir des réponses concrètes sur la question de l’indemnité de logement des enseignants, notamment le système de rémunération, le paiement des indemnités du baccalauréat et déplorer le redéploiement abusif des professeurs, le Cusems dans un nouveau plan d’action, décida d’observer une grève totale, ce jeudi 11 janvier, pour encore réclamer le respect des accords, notamment l’alignement de l’indemnité de logement, le dégel du prêt DMC, l’arrêt et la restitution des ponctions et le paiement intégral des indemnités du Bac et du Bfem

ACTIONS UNITAIRES

En janvier 2018, le Saemss rejoint le grand cadre des syndicats d’enseignants (Gcse) de Oumar Waly Zoumarou, le Cadre unitaire syndical des enseignants du moyen secondaire (Cusems) d’Abdoulaye Ndoye pour décréter une grève totale, les 16 et 17 janvier 2017. Jusque-là, les syndicats d’enseignants, en dépit des mêmes points de revendication, allaient en rangs dispersés, tout en exprimant leur volonté de mener le combat ensemble.

Les camarades de Saourou Sène et Abdoulaye Ndoye ont compris l’urgence de mobiliser leurs énergies pour faire face au gouvernement. Sur le pied de guerre, les syndicats veulent désormais parler d’une seule voix pour la matérialisation des points inscrits dans le procès verbal. Une dynamique unitaire syndicale s’est enclenchée.

Les syndicats dits représentatifs, notamment le Syndicat autonome des enseignants du moyen et secondaire du Sénégal (Saemss), le Cadre Unitaire des Enseignants du Moyen Secondaire(Cusems), le Syndicat des enseignants libres du Sénégal (Sels), le Syndicat des enseignants libres du S é n é g a l / A u t h e n t i q u e (Sels/A), l’Union démocratique des enseignants du Sénégal (Uden) et le Syndicat National des Enseignants en Langue arabe du Sénégal (Snelas/Fc), enchaînent les débrayages et multiplient les grèves.

En plus du boycott des évaluations, compositions et cellules pédagogiques, ils décidèrent d’arpenter la rue, pour se faire entendre. Ils ont commencé par la capitale du rail, Thiès, où ils ont battu le macadam le 8 février dernier, pour le respect des accords. Ils ont remis çà le vendredi dernier à Dakar, à la place de l’obélisque, arborant les brassards rouges.

Dans le cadre de leur quatrième plan d’action, ils donnent rendez-vous à leurs militants pour une marche nationale le jeudi 1er mars. La dynamique de protestation se poursuit avec un appel au débrayage ce mardi 20 février, à partir de 10 heures, et de demain, mercredi. Dans un communiqué, le directoire national du Cusems se réjouissait du taux important de suivi du dernier mot d’ordre des syndicats les plus représentatifs.

Ce qui, selon les syndicats d’enseignants, impacte le déroulement normal des enseignements-apprentissages. Les compositions étaient perturbées par leur mouvement d’humeur. Les élèves et autres responsables d’établissements n’avaient aucune visibilité pour la tenue des évaluations du premier semestre. Pendant ce temps-là, les syndicats dits non représentatifs n’ont pas été en reste par les plans d’action.

Le Grand cadre des syndicats d’enseignants et l’intersyndicale pour la défense de l’école et des enseignants (Idee), continuent d’inviter leurs militants à suivre leur plan d’action composé essentiellement de débrayage et de grève. C’est le cas aussi de la fédération des enseignants du Sénégal qui regroupe 16 organisations syndicales, qui exigent la matérialisation des accords, notamment l’équité dans le traitement des agents de l’Etat.

A côté des revendications, les syndicats alertent sur les maux du système qui ont, selon eux, pour noms : effectifs pléthoriques, classes multigrades, déficit criard d’enseignants pendant que des jeunes diplômés sont réduits au chômage, démotivation des enseignements consécutive à l’injustice sociale dont ils sont victimes, privatisation rampante du système

SAOUROU SENE, SECRÉTAIRE GÉNÉRAL DU SAEMSS «Les enseignants insistent auprès de nos instances pour hausser le ton»

Nous observons non seulement le suivi de nos mots d’ordre de grèves par nos collègues, mais ils demandent également un durcissement du ton. Les enseignants insistent auprès de nos instances pour hausser le ton. Ils veulent que nous observions des grèves de 48 heures, en lieu et place des débrayages. Plus nous progressons, plus la détermination devient plus forte, car même les ponctions de salaire ne leur feront pas reculer.

La détermination reste intacte. Nous nous interrogeons pas sur le quantum horaire. C’est du ressort du gouvernement du Sénégal qui a en charge l’éducation des enfants. Nous nous sommes que des employés. Nous avons des préoccupations d’équité et de justice. Si le gouvernement ne pose pas, pour le moment, d’acte qui nous fera respecter le quantum horaire, il ne nous appartient pas de nous convoquer nous-mêmes.

C’est le rôle du gouvernement de convoquer une rencontre. Nous avons exprimé notre totale disponibilité à la discussion et au dialogue autour des questions qui nous préoccupent aujourd’hui. Et aucune avancé n’a été notée depuis que nous avons entamé nos plans d’action

OUMAR WALY ZOUMAROU, COORDINATEUR GCSE «Les autorités vont attendre jusqu’à ce que l’année scolaire soit sérieusement entachée par les grèves pour appeler… » 

Le taux de suivi des mots d’ordre est très élevé. Il va au-delà des 75% au niveau de l’intersyndicale, d’après les rapports que nous recevons à la base. Nous sommes vraiment très satisfaits. C’est toujours la stratégie du pourrissement. Les autorités vont attendre jusqu’à ce que l’année scolaire soit sérieusement entachée par les grèves pour appeler au «sauvetage» de l’année scolaire.

Le gouvernement est préoccupé par des activités politiciennes, à savoir des tournées politiques, pour tout simplement se prononcer sur des choses infondées, au moment où l’école Sénégalaise est à genou. Les étudiants, les professeurs sont dans la rue. On ne demande pas une simple rencontre. On demande des négociations sérieuses. Que toutes les parties prenantes seront conviées autour d’une table.

Des propositions sérieuses seront faites pour que nous puissions ensemble voir dans quelle mesure nous pourrons tendre vers la suspension des différents mots d’ordre. Tant que cette volonté-là n’est pas affichée, nous allons continuer à poursuivre nos actions qui effectivement vont affecter négativement le quantum horaire. Le programme ne sera pas terminé. Les élèves n’auront pas reçu suffisamment de connaissances pour faire face aux évaluations de fin d’année.

ABDOULAYE FANÉ, PRÉSIDENT DE L’UNAPESS «Nous avons de fortes inquiétudes » 

Nous avons de fortes inquiétudes pour l’année 2018. Nous nous sommes rendu compte que tous les syndicats d’enseignants déroulent des plans d’actions depuis décembre dernier, après un dépôt de préavis de grève. Ce qui veut dire que si on n’y prend garde, on risque de porter véritablement préjudice au système éducatif. Les dégâts sont déjà très importants. Cela a des conséquences drastiques sur le niveau des élèves et étudiants.

L’Unapees ne peut que véritablement porter l’inquiétude des parents. Nous demandons à ce que les autorités en charge de l’éducation et particulièrement au président de la République, de prendre en charge cette question et réexaminer certain points de désaccords. Les syndicats aussi doivent faire des propositions, car le gouvernement en a aussi fait lors de la rencontre avec le premier Ministre.

Ce Gouverneur qui nous dirige (Par Mame Birame Wathie)

Maintenant que la « macronphonie » a faibli et que  Jupiter a repris les airs, que  retenir de la visite d’Emmanuel Macron au Sénégal? Un Macky SALL qui dort en classe pendant qu’une élève rétablit la vérité? Les nombreux milliards que la presse a déjà mis dans les caisses du ministère l’Education nationale ? Les barbus qui ont collé un costume style années 30 à Rihanna? Si le président français peut se targuer d’avoir conforté les positions stratégiques de son pays au Sénégal, Macky est loin de pouvoir en dire autant. Cette visite montre, certes, qu’il jouit d’un soutien indéfectible de l’Hexagone dont il veille sur les intérêts; mais révèle surtout un gouverneur qui, comme avant 1960, se tourne du côté de la métropole avant de prendre en charge une question aussi essentielle qu’empêcher à la mer d’engloutir des habitations.

La visite de Macky SALL en Chine, en mars 2014, n’aura donc pas servi de leçon à la presse, qui au lendemain s’était hasardée à des acrobaties du genre : »Macky a cassé la banque de Pekin ». Ces milliards promis par la Chine et toujours attendus dans les caisses de l’Etat n’ont pas servis de sédatif. Au sortir de la conférence internationale de financement du Partenariat mondial pour l’éducation (PME), elle s’est encore extasiée. Dans les caisses de Serigne Mbaye THIAM, elle a mis de nombreux milliards, poussant même certains à décréter la mort des abris provisoires au Sénégal.

Les 200 millions d’euros, que la France a promis, sont loin d’être destinés au trésor public sénégalais. Sinon, la troisième conférence n’aurait pas eu lieu. Les deux premières auraient déjà permis de régler définitivement les problèmes de l’éducation nationale qui ne sont pas que d’ordre financiers. En effet, les sommes mobilisées, surtout pour les beaux yeux de Rihanna, sont censées être investies dans l’éducation, pas qu’au Sénégal, mais aussi dans ces autres pays sous-développés où « l’école pour tous » est toujours un slogan. Mais, à force de vouloir couvrir Macky SALL d’honneurs, cette presse est encore passée côté de l’essentiel. Un emballement médiatique qui a fini de jeter le voile sur les nombreuses facilitations que le président SALL a encore accordées aux entreprises françaises.

Ce vendredi 2 février, le dernier morceau qui restait du Train express régional a été filé à la Société nationale des chemins de fer français (SNCF). Stéphane Volant, son secrétaire général, a donc remporté son pari de «remettre le pied en Afrique de l’Ouest ». Avec le ministre des Infrastructures, des Transports terrestres et du Désenclavement, Abdoulaye Daouda DIALLO, un protocole d’accord relatif à un contrat d’exploitation et de maintenance entre l’Etat du Sénégal et le groupement SNCF et le Régie autonome des transports parisiens (RATP) a été signé. « C’est une étape importante dans la mise en œuvre du grand projet que nous sommes en train de réaliser au Sénégal. L’exploitation est prévue à compter du 14 janvier 2019.

D’ici là, il est bon de mettre en place les structures qui devront nous aider à très rapidement débuter cette exploitation », a soutenu Abdoulaye Daouda DIALLO après la signature de l’accord. Autrement, après avoir vendu les trains au Sénégal, les Français vont les exploiter jusqu’à ce qu’ils soient usés par le temps. Même s’ils n’ont accordé que près d’un tiers du prêt devant permettre la réalisation du TER, les Français mettent la main sur son exploitation future.

Pourtant, le 25 avril 2017, le ministre des Infrastructures, des Transports terrestres et du Désenclavement, Mansour Elimane KANE, avait signé à Paris un avenant au protocole d’accord liant le Sénégal aux mêmes groupes français. Alors, il était également question de la création d’une école de formation ferroviaire au Sénégal financée par les Français. Curieusement, cette clause a disparu.

Après le Ter que Macky SALL leur a partagé en plusieurs morceaux, les investisseurs français, à défaut de mettre la main sur la SENELEC, captent les rayons du soleil, dont on ne sait quoi faire, pour les lui refourguer. Eiffage avait eu son fromage avec la centrale solaire de Medina Ndakhar, inaugurée dernièrement par Macky SALL. 46 hectares de terre pris aux populations de Keur Mbouky, pour l’installation de 92.000 panneaux photovoltaïques qui vont fournir de l’énergie que pour payer la SENELEC va exproprier aux populations. Depuis ce vendredi 2 février, Vinci Energies, l’autre géant français de l’électricité, s’est davantage approché de la SENELEC.

Les huit centrales photovoltaïques dont la réalisation lui a confiée auront besoin d’être rentabilisées. Ainsi, le groupe français s’est allié à la très capitaliste BNP Paribas pour signer une nébuleuse convention de financement avec le Directeur général de la SENELEC. Ainsi, BNP Paribas prête 130 milliards de F CFA au Senegal – avec de méchants intérêts- qui les reverse à Vinci Energies qui raccorde les centrales photovoltaïques au réseau de la SENELEC qui lui achète l’énergie solaire à revendre aux Sénégalais. Si ce système peut mettre fin aux délestages il n’en enrichit pas moins les Français qui vont finir par faire de la SENELEC une boutique, dont seul le label est sénégalais. Le cas de la SONATEL est patent.

Pendant que la France se taille la part du lion dans presque tous les secteurs juteux de l’économie, ses entreprises, dans le cadre de ce qui aurait pu être une responsabilité sociétale d’entreprise (RSE), semblent collecter des miettes qui sont redonnées sous les projecteurs. Si la signature de ces différentes conventions n’a guère suscité la cacophonie, c’est que les intérêts du Sénégal ont été loin d’être pris en compte. Contrairement aux 10 milliards de francs CFA promis par Macron pour lutter contre l’avancée de la mer qui menace la Langue de Barbarie.

Pour cette promesse, les caméras ont été mobilisées en grand nombre. Pourtant, cette menace, les Sénégalais en ont parlé et reparlé tirant la sonnette d’alarme et avertissant les autorités sans que celles-ci ne daignent apporter la moindre réponse efficace. Comment Macky SALL peut-il peiner à mobiliser, sans l’appui de la France, 10 milliards de francs CFA pour venir à bout d’un problème dont il sait que c’est une menace pour le Sénégal?

«Vous avez apporté une réponse concrète à l’avancée de la mer qui menace la Langue de Barbarie ». Cette phrase lancée par Macky SALL à Emmanuel Macron sonne plus qu’un aveu d’assujettissement. Quel analyste sérieux aurait pensé que c’est un président de la République dont le pays est menacé qui parle ainsi à un chef d’un autre Etat ?

Mame Birame WATHIE

Macron au Cem Bel Air : Chronique d’une visite controversée

« Macron savait bien que la classe qu’il allait visiter était « Mackyller » et sa question inquisitrice fut un moyen de « tigneul » Macky et son régime

Macky Sall, son Gouvernement et ou son ministère de l’Education ont montré à la face du monde qu’ils ont toujours cette mentalité de colonisés, de sous hommes ou d’indigènes comme les appelait la métropole. « Rakh si doli, indépendamment de tout cela », ils ont agi en tiouné bakatioulass (ignorants badigeonnés).

Car, il faut légitimement se demander comment ils pouvaient ignorer que les services de renseignements français présents dans notre pays, sont si puissants qu’ils renseignent les Rg sénégalais sur ce qui se passe sur notre propre territoire. Donc, Macron, avant de mettre les pieds dans cette classe, savait même quel coin de la classe « mo ame ounk ak fane mo am jinakh ».

Et il a sauté sur l’occasion pour tigneul son Excellence, le Président Sall. Histoire de lui dire : « Grand kam na lep … Tu dois t’activer à changer la réalité mais pas à la cacher… » Pour rester cohérent avec sa démarche de jeune prési français né bien après la colonisation et désireux de couper le cordon ombilical auquel s’accrochent les dirigeants africains sans vision.

A Ouagadougou, le 28 novembre dernier, il avait dit à son homologue burkinabé que le temps du paternalisme était révolu et que les peuples africains devraient s’affranchir d’eux-mêmes. « …Je suis d’une génération où on ne vient pas dire à l’Afrique ce qu’elle doit faire… », disait-il. Malheureusement,notre président n’a pas le courage d’un Paul Kagamé qui a fait des miracles dans son pays dans un contexte de guerre froide avec la France, son ancien colonisateur.

Daaras : la réforme pour préserver l’essence par Ballé Preira

 

 

Deux faits dramatiques ont retenu notre attention, ces derniers jours et concernent malheureusement nos daaras. Le premier est l’incendie qui a emporté deux talibés et blessé six autres à Mbour dans des circonstances effroyables ; hélas, cela n’a pas ému comme il se devait l’opinion publique. Le second point d’actualité est le viol d’un garçonnet de moins de 13 ans, entre autres, par un prétendu « maître coranique » à Diourbel. Il a été reconnu coupable et a écopé d’une peine de 10 ans de prison ferme.

Au-delà de ces « faits » devenus « divers », il nous paraît opportun de nous arrêter encore une fois sur ce phénomène social pour le moins complexe. La lancinante question des talibés, du nom de ces élèves de l’école coranique, interpelle plus d’un titre. Une nécessaire prise de conscience s’impose alors pour sortir de la crise de conscience. Car, il faut avoir perdu toute capacité ou faculté d’indignation pour ne pas s’émouvoir devant le spectacle massif et désolant de ces enfants en haillons, sébile à la main, arpentant en toute insécurité les artères des grandes villes à la quête d’une pitance ou entassés comme des sardinelles dans des maisons de fortune. C’est une atteinte à la dignité du Coran parce que le Seigneur aime ce qui est beau et majestueux. La responsabilité est plurielle.

D’abord, celle des parents qui envoient leurs progénitures dans les daaras sans le moindre accompagnement affectif, matériel et pécuniaire. Ces familles se défaussent complètement sur les maîtres coraniques, s’appuyant sur le prétexte qu’elles n’ont besoin que de leurs «os», allusion faite à la mort et à l’au-delà.

Une part de responsabilité incombe également à ces marabouts qui acceptent qu’on leur confie des élèves alors qu’ils n’ont pas les moyens de subvenir eux-mêmes à leurs besoins. Ils se voient ainsi obligés de les envoyer dans la rue mendier pour obtenir de quoi vivre en lieu et place de l’apprentissage sur leurs légendaires tablettes (allouwas).

Cependant, il faut noter que certains de ces préposés à l’enseignement coranique sont de véritables contrebandiers religieux investissant le créneau porteur à des fins bassement spéculatives ou sordides desservant ainsi le noble Coran.

Ensuite, la société laisse faire, se donnant bonne conscience avec quelques piécettes dans les « pots de tomates » de ces jeunes mendiants. Au lieu de soutenir conséquemment ces écoles pour stopper en amont le fléau qui est loin de heurter réellement la conscience blasée de nos concitoyens. Beaucoup croient encore qu’on ne peut apprendre le Coran sans mendier. Cela n’a aucune base religieuse solide. C’est simplement une tradition séculaire. Une manière de forger dans le dur des apprentis et de les préparer aux rigueurs de la vie, sans rigorisme exagéré.

L’essentiel est de préserver le contenu en améliorant le contenant. L’islam ne fait pas de la mendicité une condition sine qua non pour entreprendre l’étude du Saint Livre. L’obscurantisme se nourrit de superstitions et d’idées reçues. Les chefferies religieuses devraient œuvrer à conscientiser les masses dans ce sens. Quelques guides conscients commencent à délaisser cette exploitation non fondée.

En Arabie, berceau de l’islam, les élèves inscrits dans les sciences religieuses ne font pas la manche dans la rue. Ailleurs également, notamment en Afrique, ce phénomène n’existe presque pas. Cela explique la présence massive au Sénégal de jeunes talibés en provenance de pays de la sous-région.

La tablette desservie
Enfin dans cette géographie des responsabilités non assumées, l’Etat tient le haut du pavé. Il est anormal pour un segment de l’enseignement qui occupe des centaines de milliers de pensionnaires, de la part des pouvoirs publics, de ne pas lui accorder une attention à la hauteur de sa représentativité. On ne peut feindre d’ignorer l’importance sociale de l’apprentissage du Coran au Sénégal. Pour la plupart des musulmans, il est inconcevable d’éduquer un enfant à l’écart du texte sacré. C’est par conséquent une donnée sociologique forte dont il faut savoir tenir compte.

Les autorités doivent davantage prendre à bras le corps. Les écoles coraniques sont quasiment laissées à elles-mêmes dans un contexte de cherté de la vie. Les subventions publiques à l’enseignement privé, évaluées à plus d’un milliard de francs Cfa, leur échappent comme par enchantement. Ce qui constitue un déni de justice préjudiciable à l’équilibre sociétal, car ces institutions, pour privées qu’elles soient, remplissent également une mission de service public.

Dans cette entreprise, l’Etat doit être accompagné par les bailleurs de fonds qui, en lieu et place de la simple dénonciation, doivent mieux s’impliquer. A noter que le partenariat pour le retrait des enfants de la rue initié par la Banque mondiale tarde encore à produire de véritables effets. La Banque islamique de développement s’est également inscrite dans le sillage de la « modernisation » de nos daaras. Au-delà, l’Etat est aujourd’hui appelé, de concert avec tous les acteurs sociaux, à définir le type de citoyen qu’il veut construire pour l’édification d’une cité forte et engagée dans le chemin de l’épanouissement intégral.

L’éducation étant la forge d’une nation, le chantier le plus urgent réside dans l’instruction. Les daaras, par le biais d’une réorganisation avec des enseignants hautement qualifiés, un cadre adéquat aux plans de la restauration, du logement et de la santé, sont tenus de s’adapter pour mieux jouer leur rôle.

Plus fondamentalement, nous avons besoin de réussir la synthèse entre notre africanité et les apports fécondants de l’Orient et de l’Occident. « Rien ne se crée, rien ne se perd, tout se transforme », soutenait fort justement Lavoisier. Une identité ne doit pas être figée comme l’explique le philosophe Souleymane Bachir Diagne.

Tout est question de fidélité dans le mouvement. S’enraciner dans nos valeurs rafraîchies et refuser la complaisance coutumière, posture hermétique qui est le signe de la sclérose culturelle et spirituelle. L’échange mutuel fructueux est devenu un impératif dans ce monde globalisé où « la bataille se mène sur le terrain de l’esprit », selon Edgar Morin.

Les daaras sont un laboratoire qu’il convient, par la réforme fondamentale, de dépoussiérer pour leur refaire jouer leur fonction avant-gardiste. La plupart des érudits, dont nous nous honorons pour leur esprit d’éveil, sont les produits de ces écoles. A l’heure actuelle, il s’agit de mettre ces écoles à niveau pour les rendre plus « compétitives » et attractives, sans trahir leur esprit et leur âme fondateurs: mettre sur orbite une personne pleine et entière, consciente et responsable. Cela pour éviter le drame de Samba Diallo dans l’aventure ambiguë de Cheikh Hamidou Kane.

L’enjeu citoyen tourne, aujourd’hui, autour de la réussite de ce savant dosage entre le passé et le présent pour un avenir de succès. Mais hélas, à l’image de ces bouts de bois de Dieu, pour reprendre le vocable d’Ousmane Sembene, notre société est dans la divagation et l’errance. Nous semblons naviguer à vue au gré des intérêts du moment. Finalement, cela devient, non pas une aventure, mais une mésaventure ambiguë.

Espérons que cette nouvelle année qui se profile sera l’occasion de scruter ce nouvel horizon de réformes essentielles. Bonne année 2018 à tous !

Ballé PREIRA
souye76@gmail.com

En politique, on finit toujours par tuer le père (par Alioune Fall)

Un fils digne finit par prendre la dague, l’enfoncer au cou de son père ; du regard, manger son âme, recueillir son sang et le boire jusqu’à la dernière goutte. Ce rituel est un passage forcé vers une réincarnation du souffle vital du patriarche. Par l’acte, le fils digne aspire les pouvoirs du patriarche, grand roi et seul souverain.

Précisons que les plus grands souverains adhèrent au projet parricide, assistent le digne fils dans son sacrifice et lui tient le gobelet qui doit contenir son propre sang, pendant que le futur souverain enfonce la dague. Le plus grand roi prie pour ne jamais être témoin de sa déchéance. Son déclin est la chute des idoles et idéaux de toute une communauté ; et quand il ne peut plus éviter la chute, il ne se débat pas, il s’abandonne au destin d’une chute célébrée plutôt qu’une fin de charogne.

Cela au profit d’un prince qui a un pur souffle de vie, une rage, la force et la puissance de la jeunesse qui inspire espoir. Et, si le patriarche joue contre le destin, il est ligoté, traîné, dévêtu de ses habits et de sa fierté, poignardé et jeté aux charognards. Tant mieux, si l’histoire le présente comme  un martyr. Il n’y a aucune fierté à servir un roi affaibli par l’âge et les revers.

Les parricides ne sont pas forcément des lâches. Ils sont aussi soucieux de l’avenir de l’empire que celui qui a fait les grandes conquêtes et qui oublient qu’ils ne seront pas en âge de faire les prochaines, qui se voient trop beaux et éternels et qui sont d’une mentalité anachronique. Les parricides ont soif de la victoire du lendemain, quand les patriarches sont aveuglés par les gloires connues et chantées et qui appartiennent maintenant au passé. Ainsi, ne devient-il pas impérieux de tuer le père et d’ouvrir l’empire aux perspectives d’avenir.

L’autre alternative qui existe est la construction d’un édifice à partir des piliers du château du père et petit à petit l’isoler dans une arrière-cour en compagnie de vieux stériles qui le berceront de tactique vengeresse jusqu’à ce que la mort le surprenne dans son sommeil

Au Sénégal, les pères sont tenaces, ils tiennent le coup, ils restent suffisamment longtemps pour assister à leur propre déchéance. La démesure de leur orgueil finit par leur coûter la fierté de partir sous les honneurs. Alors, ils finissent par semer la tension dans la famille, monter les uns contre les autres et instaurer une guérilla fratricide pour éviter le parricide.

L’affronter ou l’isoler, Thierno Bocoum semble faire le choix. Il a surtout évité d’éjecter brutalement le père, pour ne pas se faire éclabousser par son sang. Il n’est pas le premier, encore moins le seul à le faire. On ne le vivra pas comme un choc. En politique, les adversités se vivent dans et en dehors des formations politiques. Propulsé par sa visibilité lors de la dernière Législature, Bocoum  s’est vu totalement empli de légitimité et de popularité pour s’ôter du giron de son leader. A tort ou à raison ? Seul l’avenir nous le dira.

En attendant, on devrait se demander s’il a eu le choix ? Thierno Bocoum n’avait pas manifestement pas d’autres alternatives que de tirer profit d’une situation qui l’avantageait par rapport à d’autres responsables du parti. Thierno Bocoum est de la génération de ceux qui ont soutenu Idrissa SECK plus du fait de l’injustice qu’il semblait vivre que du contenu de son discours politique. Avec d’autres, il s’est fait bouclier du leader du REWMI pendant plus de 10 ans.

Autant d’années perdues à se justifier et à s’expliquer sur les accusations de détournement. Par moment, assez laborieusement, les jeunes responsables parvenaient à justifier les incessants retournements de veste et double discours de leur mentor, concernant ses rapports avec WADE. Après la défection des anciens frondeurs du PDS victime de la « desseckisation » du régime de WADE, l’heure est venue pour les responsables de la seconde génération de s’affirmer. Cette opération ne se fera point sans bataille de positionnement.

Abdourahmane Diouf, depuis la montée en puissance de Déthié Fall dans le parti, réoriente ses priorités dans ses activités professionnelles en dehors du Sénégal et s’active plus pour des besoins de cohérence que pour un investissement entier pour le parti en attendant de se fixer sur son avenir politique. Dans la distribution des rôles, le chef s’interdit une équité et installe un sentiment de  jalousie dans ses rangs. C’est fait à dessein. Cela ouvre une guerre fratricide qui finit par épargner le patriarche. Et pour combien de temps encore ?

Le charisme d’un chef de guerre se maintient par la victoire. Les vieux dinosaures du champ politique n’en ont plus eu depuis Mathusalem. De quelle victoire peuvent-ils s’enorgueillir durant leur longue vie politique. En dehors des élections de 2007 où Idy a acquis une place honorable de second qui ne lui a même pas ouvert les voies d’un second tour, il n’a fait que collectionner des déceptions au plan national.

Attaqué de toute part dans son fief, chaque élection révèle un recul de son hégémonie dans la ville finissant par se faire sèchement corriger par ses protagonistes dans le département de Thiès. La magie du verbe n’a jamais suffi pour gagner des élections. Le leadership médiatique peut se maintenir, tant qu’on peut avoir des envolées verbales dont sont friands les journalistes ; mais elles ne suffiront jamais à rallier les masses.

Pour les plus optimistes, il finira par être Président mais les acteurs qui l’entourent eux sont réalistes. Ils prennent de plus en plus conscience d’un fait têtu: le dragon ne crache plus le feu et qu’une succession s’impose. Mais l’audace du parricide manque à certains. Thierno Bocoum n’a pas longtemps hésité. Ce n’est pas un simple abandon de domicile, mais une tentative de prise de pouvoir dans le même parti. En témoignent les démissions en cascade. A-t-il les épaules fortes et les bras puissants pour arriver à ses fins ?

Dans un contexte où le paysage politique fait sa mue, il y a lieu de faire une dichotomie entre la popularité tirée d’une forte présence sur les réseaux sociaux et celle plus réelle et dont l’acquisition est plus pénible. Qu’on le veuille ou non, ceux qui ont l’audace de prendre leurs responsabilités aujourd’hui sont ceux qui occuperont les devants de la scène politique demain, quand les pantins et dames de compagnie agonisants du régime actuel tireront leurs derniers souffles.

L’emploi des jeunes, une bombe à retardement ? Une mine d’or plutôt! Par Ballé Preira

C’est devenu une question existentielle et de civilisation. La problématique de l’emploi, notamment des jeunes, occupe et préoccupe les pouvoirs publics et les populations dans tous les pays dont ceux en développement ou « sous-développés ». Les avancées économiques se mesurent fortement à l’aune des succès sur le terrain complexe du marché du travail. De même, la réussite ou non des politiques publiques est de nos jours fortement corrélée à la qualité de la prise en charge du lancinant problème de l’emploi.

Au-delà de son aspect économique et politique, le travail a une dimension éminemment sociale et sociétale. Une bonne part de la dignité humaine repose sur la faculté à s’occuper, à pouvoir subvenir à ses besoins et ceux de sa famille. Ainsi donc, l’emploi est l’objet d’un triple crible aux plans politique, économique et social qui renseigne sur sa densité. C’est une question, certes, difficile et exigeante mais  soluble.

La décision du gouvernement de lancer un nouveau programme d’urgence pour l’emploi et la promotion de l’entreprenariat rapide des jeunes est intéressante et opportune. Elle met en exergue la nécessité de prendre à bras-le-corps l’occupation de notre frange juvénile, segment le plus vulnérable mais aux potentialités incommensurables.

La jeunesse est souvent présentée comme une bombe à retardement, surtout dans nos pays où plus de la moitié de la population a moins de 18 ans et l’âge moyen tourne autour de 22 ans, vivant de plus en plus dans les villes et capitales (macrocéphalie) avec un niveau d’emplois salariés relativement faible.  Selon l’ANSD, le taux de chômage de la population active est de 13%.

Toutefois, ce revers de la médaille cache l’immense réservoir d’opportunités que constituent ces bras et intelligences en latence qui demandent à être encadrés pour valoir à nos économies des performances accrues. En réalité, la jeunesse est une véritable richesse qui, non exploitée, renvoie l’image d’un pauvre assis sur une mine d’or.

Le monde d’emploi de la réussite est le travail

C’est le moment pour le Sénégal de mettre en branle ces soldats du développement pour gagner les combats qui ont pour noms transformation, diversification, déconcentration et décentralisation de l’activité économique sur le champ d’une l’agriculture nourricière, relayée par les transformations industrielles dont les produits servent l’épanouissement d’un secteur tertiaire dynamique et créatif. La révolution numérique qui se joue sous nos jeux doit cesser d’être qu’un amusement afin d’en tirer le meilleur parti.

Cela ne peut se faire sans un système d’éducation et de formation qualitatif et massif, endogène et ouvert qui servira de socle à l’économie du savoir devant  faire de nos pays plus que des terminaux de consommation passive, mais des espaces de production en vue de renverser les termes de l’échange inégal dont souffrent chroniquement nos balances commerciales. Les domaines du sport, des arts, de la culture et de l’innovation peuvent aider à la résorption de ce gap.

Résoudre la question de l’emploi, c’est aussi faciliter davantage l’accès aux financements par la baisse du coût du crédit. Mais également des facilitations fiscales et sociales pour permettre aux « start-up » d’émerger, aux PME-PMI de croître à l’heure des importantes et enthousiasmantes découvertes de pétrole et de gaz et aux entrepreneurs et capitaines d’industries de devenir des champions exportables à l’image du défunt Alioune Ardo Sow, modèle de réussite et de fierté sénégalaise et africaine.

Ces pionniers ont creusé d’importants sillons et donné des leçons d’optimisme à la jeunesse : le mode d’emploi de la réussite est le travail. Le développement de leur pays se fera essentiellement par ses habitants renforcés des partenariats féconds.

Ballé PREIRA
souye76@gmail.com

[Vidéo] : La chronique du Professeur Chado sur la polygamie

Détestée par les femmes sénégalaises, prisées par beaucoup d’hommes même s’ils n’ont pas les moyens, la polygamie reste une pratique qui divise au Sénégal.
Les rivalités inhérentes à cela transforment le ménage en un champs de bataille où tous les coups sont permis pour pousser l’autre à la sortie ou gagner les faveurs de l’homme qui peut inventer toute sorte d’histoire pour valider son choix de prendre une deuxième, troisième ou quatrième femme. Dans sa chronique, le Prof Chado nous rappelle aussi que la polygamie (woudjé / Koudjé) n’est pas immoral aux yeux de la religion.

[Vidéo] Pape Alé Niang lance un cri de détresse pour les hôpitaux

Dans sa chronique de la semaine Pape Alé Niang lance un cri de détresse sur la situation des hôpitaux au Sénégal. L’hôpital Fann est resté plus d’un mois sans eau. Chaque matin les sapeurs pompiers ravitaillent l’hôpital grâce à des citernes. Une situation lourde de dangers et les autorités gardent le mutisme

Proces de Barth- Chronique de 147 jours de «captivité»

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Le maire de Mermoz Sacré-Coeur, Barthélémy Dias, comparait ce jeudi devant le tribunal correctionnel de Dakar. Inculpé de meurtre après la mort de Ndiaga Diouf, il a vu l’infraction retenue contre lui disqualifiée en “coups mortels” ou encore “coups et blessures volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner”. Une infraction qui peut lui valoir jusqu’à 5 ans de prison. Retournera-t-il en prison ? Le juge et ses deux assesseurs en décideront. En tout cas, il a déjà passé près de 5 mois à la prison de Rebeuss. 147 jours de “captivité”, selon ses partisans. Chronique d’une affaire à rebondissements.

JEUDI 22 DECEMBRE 2011– Dans la matinée, 4 pick-up remplis de nervis quittent la permanence du Parti démocratique sénégalais (Pds) pour se positionner devant la mairie de Mermoz Sacré-Cœur. Barthélémy Dias, muni de pistolets, s’interpose. Des échauffourées, filmées par un caméraman de la Télévision Futurs Médias (Tfm), s’ensuivent. Et Barthélémy Dias dégaine et tire des coups de feu. Quelques minutes plus tard, la mort de l’un des nervis, Ndiaga Diouf, est annoncée. Atteint par balle, il est passé de vie à trépas au cours de son évacuation au centre hospitalier universitaire (Chu) de Fann. Barthélémy fait une sortie devant les caméras de la Tfm et avoue avoir tiré et atteint trois personnes. Plus tard, il se ravise et soutient n’avoir tué personne.

SAMEDI 24 DECEMBRE 2011– Barthélémy Dias est arrêté par la Sureté Urbaine du commissariat central de Dakar. La police lui impute la mort de Ndiaga Diouf. La veille, il est convoqué, interrogé et acheminé chez lui pour récupérer les armes qu’il a utilisées. Des armes qu’il détenait et qui sont visibles sur l’enregistrement réquisitionné de la Tfm. Barthélemy remet une de ses armes, une Taurus 9 millimètres, pour laquelle il détient une autorisation de port d’arme. Il soutient que l’autre arme utilisée est factice, mais ne la remet pas aux enquêteurs. Ce n’est qu’après son audition dans le fond par le Doyen des juges qu’il accepte de remettre cette «arme factice». Le revolver qui a tué Ndiaga Diouf n’a, à ce jour, pas été retrouvée.

Alors qu’il est en garde à vue, ses partisans produisent à la police des photos montrant un des assaillants faisant mine d’user d’un pistolet. Preuve, selon eux, qu’il y a un autre tireur.

MERCREDI 28 DECEMBRE 2011– Après une garde à vue de 96 heures, Barthélémy Dias est déféré au parquet. Le procureur de l’époque, Ousmane Diagne, rédige un réquisitoire introductif et confie le dossier sur la mort de Ndiaga Diouf et l’attaque de la mairie de Mermoz Sacré-Cœur au Doyen des juges. Mahawa Sémou Diouf l’inculpe d’«homicide volontaire, coups et blessures et port d’arme sans autorisation» et le place sous mandat de dépôt à la maison d’arrêt de Rebeuss. Il devient un pensionnaire de la chambre n°43 de la prison de Rebeuss. Barthélémy Dias est accompagné en prison par l’un de ses gardes du corps Habib Dieng. Les commentaires vont bon train. L’Union des magistrats du Sénégal (Ums), par la voix de son président, Abdoul Aziz Seck, monte au créneau pour dire que la justice fera son travail «en toute impartialité».

Pour la manifestation de la vérité, le Doyen des juges donne délégation judiciaire à la Sûreté Urbaine qui a mené l’enquête préliminaire pour qu’elle continue ses investigations et confie des mandats d’arrêt à la Section de recherches de la gendarmerie.

VENDREDI 6 JANVIER 2012– La gendarmerie met la main sur deux gardes du corps du Président Abdoulaye Wade, en l’occurrence Baye Moussé Bâ alias «Bro» et Sémou Niakhar Diouf, ainsi que deux nervis, Bocar Sy et Cheikh Diop. La Section de recherches de la gendarmerie les dépose à la prison de Rebeuss. Les agents de l’administration pénitentiaire les acheminent le même jour auprès du Doyen des juges qui place Baye Moussé Bâ «Bro» et Sémou Niakhar Diouf sous contrôle judiciaire. Quant aux nervis, ils ont été placés sous mandat de dépôt et réexpédiés à Rebeuss.

Le même jour, Babacar Faye, l’un des gardes du corps de Barthélémy Dias, est arrêté à Fimela (région Fatick) où il s’était caché par la gendarmerie de la localité et transféré à Dakar. Il rejoint les autres en prison, le lundi.

LUNDI 30 AVRIL 2012– Le maire de Mermoz-Sacré cœur, bien qu’en prison, est investi sur la liste proportionnelle de la coalition «Benno Bokk Yaakaar» pour les élections législatives du 1er juillet. Une manière de faire pression sur la justice, selon les «bonnes langues».

MERCREDI 02 MAI 2012- Barthélémy Dias est auditionné dans le fond par le Doyen des juges. Toutes les demandes de mise en liberté provisoire déposées par ses avocats avaient été rejetées au motif que ces demandes sont prématurées, puisque l’inculpé n’avait pas été auditionné dans le fond. Ce qui avait obligé ses avocats à saisir la Cour de justice de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) pour demander sa «libération immédiate».

Extrait de la cellule n°43 de la prison de Rebeuss, Barthélémy Dias réfute toutes les accusations portées à son encontre, soutenant qu’il n’a pas tiré la balle qui a atteint mortellement Ndiaga Diouf.

MARDI 15 MAI 2012- Après Barthélémy Dias, les deux gardes du corps du maire de Mermoz-Sacré-Cœur ont été extraits de leur cellule de la Maison d’arrêt de Rebeuss pour s’expliquer sur les coups de feu tirés après l’attaque par des nervis à la solde du Parti démocratique sénégalais (Pds), de la mairie de Mermoz Sacré-Cœur, et qui ont causé la mort de l’un des assaillants, Ndiaga Diouf. De 10 à 18 heures, les deux gardes du corps de Barthélémy Dias ont répondu aux questions du juge d’instruction. Après cette audition, leurs avocats, Me Khouraïchi Bâ, Aïssata Tall Sall, Moustapha Mbaye, Moussa Bocar Thiam, entre autres, ont déposé des demandes de mise en liberté provisoire, comme ils l’avaient fait pour le patron des jeunesses socialistes, Barthélemy Dias, qui a été entendu avant eux sur le fond du dossier.

MERCREDI 16 MAI 2012- Les deux gardes du corps, Habib Dieng et Babacar Faye, deux gardes du corps de Barthélémy Dias soupçonnés d’avoir participé au meurtre de Ndiaga Diouf, ainsi que Bocar Sy et Cheikh Diop, deux nervis arrêtés dans le cadre de l’attaque de la mairie de Mermoz-Sacré cœur le 22 décembre dernier, sont libérés. Le Doyen des juges, Mahawa Sémou Diouf, leur a accordé la liberté provisoire après avis favorable du Procureur, Ousmane Diagne.

MARDI 22 MAI 2012- Barthélémy Dias obtient la liberté provisoire. La notification est faite à ses avocats et à l’administration pénitentiaire. Une levée d’écrou est ainsi signée en sa faveur dans la soirée. Et le voilà qui quitte sa cellule pour retrouver les siens, à Sicap Baobab.

Cinq ans après, Bathélémy Dias et ses deux gardes du corps sont renvoyés devant le tribunal correctionnel de Dakar pour jugement. Les faits de meurtre pour lesquels ils ont été inculpés ont été disqualifiés en coups mortels (coups et blessures volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner).

Tivaoune-Diacksao : Une affaire de mœurs entre la mairesse et un étudiant défraie la chronique

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Une affaire de mœurs défraie la chronique à Tivaoune-Diacksao. Selon La Tribune, le mis en cause, étudiant en deuxième année en langue germanique, n’a rien trouvé de mieux à faire que d’inonder la page Facebook de la mairesse de la localité d’images pornographiques pour la faire chanter.

Ousmane Kâ, puisque c’est de lui qu’il s’agit, a été cueilli par les éléments de la brigade de recherches de Sicap-Mbao.

A en croire le journal, la police, qui était à ses trousses depuis le 15 septembre dernier, a dû user de stratagème pour lui mettre la main dessus. Soumis au feu roulant des enquêteurs, il a reconnu sans ambages que c’était lui l’auteur des messages salaces qui étaient régulièrement envoyés à Mme le maire de Tivaoune-Diacksao.

Au terme de sa garde à vue, le sieur Ousmane Kâ a été déféré hier au parquet. Il est poursuivi pour les délit de diffusion d’images contraires aux bonnes mœurs, injures publiques et collectes de sonnés à caractère personnel.

Seneweb

Cette affaire de sexe entre Nogaye Mbaye et Saly Senghor, qui défraie la chronique

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Cette affaire de sexe entre Nogaye Mbaye et Saly Senghor, qui défraie la chronique

Cette affaire de sexe entre amies qui défraie la chronique dans la diaspora sénégalaise n’a pas encore livré tous ses secrets. Le mari de la dame qui prétend avoir pris en flagrant délit ce dernier et son amie est enfin sorti de son mutisme. A en croire Babacar Dieng, la jalousie est la cause de tout ce vacarme. Il a câblé Ahmet Aïdara ce vendredi pour dit-il, remettre les pendules à l’heure. Selon la version livrée dans l’émission Teuss, tout ce que sa femme raconte dans l’enregistrement audio qui a fini de faire le tour des chaumières est un tissu de mensonge. Dont la seule cause est le mariage qu’il a contracté au Sénégal avec sa nièce. « Elle n’a pas aimé que je lui trouve une coépouse. Depuis lors, elle m’en fait voir de toutes les couleurs. L’enregistrement audio n’est que la face visible de l’iceberg », affirme Babacar Dieng. Qui exclue cependant des représailles. Non pas parce qu’il n’aurait pas envisagé une telle éventualité. « Mais après concertation avec mes proches, j’ai décidé de la garder et de prendre sur moi en attendant le verdict divin », se résigne l’ancien sociétaire de la Linguère de Saint-Louis.

Parti socialiste : Chronique d’une implosion programmée

En route vers la présidentielle de 2017 (si la réduction du mandat présidentiel est actée), le Parti socialiste, à la tête de l’Etat sénégalais pendant une quarantaine d’années, est traversé de part et d’autre par une césure qui semble s’accentuer au fur et à mesure que se profile l’échéance électorale devant déterminer si Macky Sall rempilera à la présidence de la République ou pas. Au centre du trouble socialiste, on retrouve la question phare de la candidature du parti à l’élection présidentielle.
Jamais dans l’histoire politique du Sénégal, la formation de Léopold Sedar Senghor, n’a été aussi indécise dans sa volonté de briguer les suffrages des Sénégalais. Surtout, dans une élection présidentielle.  Pour la huitième course après celles de 1978, 1983, 1988, 1993, 2000, 2007 et 2012, les Socialistes peinent à accorder en vérité leurs violons.
D’un côté, des partisans d’un candidat issu des rangs socialistes et de l’autre, ceux d’un soutien à Macky Sall, occupent les médias et multiplient des déclarations contradictoires. Signe d’un malaise dont les germes d’une implosion ne devraient tarder. Du maire de Ourossogui, Moussa Bocar Thiam, porte-parole adjoint, à Jean Baptiste Diouf, édile de Grand Dakar, en passant par Barthélemy Dias (Mermoz Sacre Cœur) Bamba Ndiaye (Médina) et autres jeunes socialistes, Babacar Diop de la JDS à Bounama Sall, Président du Mouvement national des jeunes socialistes, les sorties ne font que brouiller les pistes et affaiblir les Verts. Chronique d’une implosion annoncée matinée de rappels historiques déterminants!
PS : 40 ANS DE POUVOIR CONTRE 12 ANS D’OPPOSITION 
La formation d’Ousmane Tanor Dieng a présidé aux destinées du Sénégal depuis 1960. Ce n’est qu’en 2000 qu’il a perdu le pouvoir au profit de son opposant de toujours, le pape du Sopi, Abdoulaye Wade. Pendant donc 40 ans, les Socialistes ont joui des délices du pouvoir. Ils ont construit un Etat, cimenté la Nation, veillé à son équilibre religieux, social, ethnique, voire régional.  Ils se sont aussi enrichis. Licitement ou illicitement. Ce n’est pas pour rien d’ailleurs qu’Abdou Diouf avait mis en place la Cour de répression d’enrichissement illicite (la fameuse CREI) en 1981. Même si cette juridiction d’exception n’a jamais été mise en branle, pendant les 19 ans de son pouvoir.  C’est aussi sous le magistère des Socialistes qu’il y a eu plus de désengagement de l’Etat avec une vague de privatisation des sociétés nationales. Sans occulter les politiques d’ajustements structurels imposés par les institutions de Breton Woods et la dévaluation du franc Cfa en 1994.
Quid du système scolaire avec une année blanche en 1988 et une autre invalide en 1993 qui n’arrivent pas à faire oublier la crise de 1968.  Tous ces obstacles n’ont pas été sans conséquences sur l’économie nationale et la bonne marche du pays. Combinée à l’usure du pouvoir, les Socialistes seront sanctionnés par les Sénégalais le 19 mars 2000.
LES CONSEQUENCES D’UNE PERTE DU POUVOIR 
Apres la perte du pouvoir, Ousmane Tanor Dieng et compagnie ont été affaiblis par les résultats des audits lancés par le régime de Wade. Tous les criminels à col blanc ont été contraints à rejoindre les Libéraux pour éviter la prison. C’était la débande. Le sauve-qui-peut. Le bateau des Verts est touché en pleine tempête. La saignée était telle que le Ps mettra du temps à se relever. Mais la plus grosse erreur politique des Socialistes a été le boycott des élections législatives de 2007 laissant tout le pouvoir à Abdoulaye Wade. Or, au Sénégal, il faut savoir entretenir la clientèle politique. Autrement, il faut payer les factures d’eau, d’électricité, les frais de scolarité, les mariages, les baptêmes. Sans compter les militants alimentaires qui ne s’interrogent point sur l’idéologie du parti, encore moins sur ses valeurs et autres principes. La seule religion pour eux, c’est l’argent. Les marabouts idem.
Pendant douze ans, les Socialistes qui avaient le droit de vie et de mort sur certains, sont relégués au second rang. Aussi bien dans les cérémonies religieuses que dans les débats médiatiques. Cette traversée du désert va faire beaucoup de dégâts. Seuls les fidèles vont rester.
RE-CONQUETE DU POUVOIR ET PEUR DE L’ECHEC 
Chat échaudé craint l’eau froide, dit l’adage. Le Parti socialiste se trouve dans un énorme dilemme avec des équations à plusieurs inconnues.  D’abord, il ne fait l’ombre d’aucun doute que les Verts veulent reconquérir le pouvoir qu’ils ont perdu depuis 2000. Toutefois, les deux échecs en 2007 et en 2012 avec leur candidat Ousmane Tanor Dieng les poussent à réfléchir avant de s’engager. Mais, c’est surtout un candidat consensuel qui leur fait défaut.
Khalifa Ababacar Sall s’est bien illustré à Dakar en 2009, puis en 2014, seulement le secrétaire national chargé de la vie politique du PS aurait du mal à obtenir la bénédiction du bureau politique, encore moins le secrétariat exécutif national qui sont sous le contrôle d’Ousmane Tanor Dieng. Mieux, le secrétaire général du PS serait moins un problème pour le maire de Dakar que ses lieutenants. Particulièrement Serigne Mbaye Thiam, Abdoulaye Wilane et surtout Aminata Mbengue Ndiaye. On parle moins de l’ancienne maire de Louga, mais elle dispose du contingent électoral le plus dynamique: la coordination des femmes socialistes qui lui voue un grand respect. Et selon des sources dignes de foi, Mme Ndiaye en voudrait à Khalifa Sall d’être l’une des personnalités à avoir refusé la parité intégrale chère à Aminata Mbengue Ndiaye dans les instances socialistes.
Abdoulaye Wilane n’apprécierait pas non plus l’édile de la capitale qui a freiné son ascension au sein du parti en prenant faits et causes pour Feu Pape Babacar Mbaye.
Quant à Serigne Mbaye Thiam, il n’a pas hésité à contredire Khalifa Sall dans le processus d’élection du secrétaire général du PS. Le maire de Dakar avait sorti un communiqué en mai 2014 pour annoncer “l’arrêt de la compétition électorale, dans l’intérêt supérieur du Parti socialiste“. Mais la réplique du ministre de l’Education nationale ne s’était pas fait attendre.
Dans son édit, il annonce à son tour que “le processus se poursuit, en application des dispositions de la circulaire additive du 16 mai 2014”. Rappelons qu’Ousmane Tanor Dieng devrait faire face à Aïssata Tall Sall au congrès du 7 juin. Dans cette bataille des édits, le secrétaire national aux élections et aux affaires juridiques du PS sortira vainqueur. Khalifa Ababacar Sall sera contraint d’abdiquer et de rentrer dans les rangs, laissant la mairesse de Podor, seule dans son combat.
Deuxièmement, ce sont les hésitations des Socialistes. Elles s’expliquent par le fait que Khalifa Sall ne fait l’unanimité, même s’il semble le mieux à même de  ramener le PS au pouvoir.
Troisièmement, le PS aurait aussi une peur bleue de la fin de son idylle avec l’Apr et les conséquences d’une telle rupture. Aujourd’hui, il contrôle deux départements ministériels, compte une vingtaine de députés, trois postes de PCA et son secrétaire général qui continue à tisser sa toile auprès du Chef de l’Etat. Dans la perspective d’une renégociation, Ousmane Tanor Dieng pourrait même atterrir à la présidence de l’Assemblée nationale, à défaut de diriger la deuxième chambre parlementaire dénommée Haut Conseil des Collectivités Locales.
Enfin, si le PS ne se précipite pas vers le divorce, c’est également pour ne pas laisser le champ libre à son principal ennemi, l’Afp de Moustapha Niasse qui lui, a fini de faire acte d’allégeance à Macky Sall. Cette peur bleue de l’inconnu freine les ambitions des Socialistes.
LES “PECHES” DE KHALIFA SALL 
L’ouragan Khalifa avec Takhawou Ndakarou, balayant tout sur son passage, n’a pour autant pas impressionné ses camarades socialistes. Ce qui semble plus paradoxal, c’est que ni les membres du bureau politique et encore moins ceux du secrétariat exécutif contrôlés en majorité par Ousmane Tanor Dieng n’accepteront de lui servir le PS sur un plateau d’argent. Et ce, même si Khalifa Ababacar Sall s’avère l’un des principaux challengers de Macky Sall, capable surtout de le mettre en ballotage.
Pis, en cas de primaires, il n’a aucune chance de passer. Khalifa Sall est plus populaire au niveau de l’opinion publique…dakaroise qu’au sein de sa propre formation et à l’intérieur du pays. Pourquoi alors une telle personnalité politique, maire de la capitale Sénégalaise trouverait-il autant d’opposition et de résistance à ses ambitions présidentielles, au sein de sa propre formation ? Même si de telles ambitions ne sont pas encore clairement déclinées par l’intéressé.
Refusant de prendre conscience de cet état de fait ou encore en s’obstinant à obtenir la bénédiction du PS pour briguer les suffrages des Sénégalais, le maire de Dakar risquerait de griller sa carte.
Sud Quotidien