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« Un faussaire présumé ne doit pas diriger une concertation nationale. »

Les prémices visibles d’une tromperie et les échos audibles d’un appel spécieux.

Dialogue national, ce binôme présentement en vogue va s’imposer ces jours-ci et ceux à venir sur la place publique, alimenter les débats, les discussions et envahir nos foyers et lieux de travail. Pour l’heure, il est plus indiqué de parler de dialogue politique. A mon avis, il sera très difficile d’organiser un dialogue national ou seraient évoqués tous les problèmes, préoccupations et difficultés auxquels les Sénégalais sont confrontés quotidiennement.

Comment pourrait-on réunir dans une seule instance de concertation et dans la même plateforme d’échanges les politiques et les membres d’ordres socio-professionnels qui ont des préoccupations, des objectifs et des intérêts différents, souvent divergents et quelquefois opposés ? Les politiques se soucient plus d’obtenir l’établissement de règles de jeu démocratiques et transparentes ; les commerçants se contenteront volontiers d’une diminution significative des taxes et les industriels d’un allègement des couts des facteurs de production ; les marchands ambulants veulent se voir affecter des sites de recasement fixes et permanents ; les étudiants réclament de meilleures conditions d’études qui passent par le désengorgement des amphithéâtres et le paiement à temps de leurs maigres bourses ; les enseignants, ces si dévoués fonctionnaires, ne demandent rien d’autre que la mise en application des engagements signés par l’Etat ; quant aux populations considérées en masse, elles exigent une répartition équitable des ressources du pays et un accès facile aux services sociaux de base.

Le principe du dialogue ne peut être récusé par un esprit réfléchi, sensé et responsable. C’est une bonne pratique traditionnelle et séculaire qui a de tout temps régi et régulé les rapports sociaux. Elle a été respectée et cultivée par les prédécesseurs de Macky SALL. Le Président et illustre poète Léopold Sédar SENGHOR a donné au Sénégal sa réputation universelle de « pays de dialogue » ; cette étiquette était devenue un label identitaire et d’identification dont tous les Sénégalais se prévalaient avec fierte

Les Présidents Abdou DIOUF et Abdoulaye WADE n’ont pas dérogé à la règle ; le code consensuel de 1992 qui a permis la réalisation de deux alternances pacifiques dans notre pays, a été obtenu grâce à l’ouverture d’esprit du Président DIOUF. Adoptant la posture d’un véritable responsable moral, d’un vrai chef et, se voulant le Président de tous les Sénégalais ne se souciant que de la préservation d’un climat politique apaisé, Il avait fait montre de dépassement en respectant scrupuleusement son engagement solennel devant le peuple de ne rien toucher ni changer, pas même une virgule, dans le rapport qui sera soumis à son appréciation finale par la Commission cellulaire présidée par l’excellent juge Kéba MBAYE. Et, c’est ce code consensuel qui a permis au Président Macky SALL d’occuper sa station actuelle et de s’installer au palais de la République, siège de la souveraineté populaire qu’il semble prendre pour une propriété personnelle ; ce palais transformé en siège de l’APR et qui est devenu très « corruptogène ».

Arrivé au pouvoir, le Président Macky SALL s’est évertué méticuleusement à faire écrouler tout l’édifice institutionnel de notre pays, et plus grave, il a rompu, cassé et brisé tous les éléments d’équilibre qui faisaient du Sénégal un exemple de démocratie mature qui a vu s’opérer deux alternances pacifiques dans des conditions de liberté et de transparence à faire mourir d’envie et de jalousie bon nombre de peuples dans le monde. Nous étions cités en exemple et constituions une référence mondiale. Aujourd’hui, c’est triste de constater que la belle vitrine de notre démocratie acquise après tant de sacrifices est craquelée par la faute d’un homme rétif au dialogue et à la concertation.

L’appel au dialogue du Président Macky SALL n’a pas totalement révélé ses véritables desseins et ses réels objectifs. Les Sénégalais, pour ceux qui ne l’ont pas encore compris, doivent se convaincre que l’actuel locataire du palais n’est pas un homme de dialogue ; il est foncièrement porté à la brutalité, au forcing et à l’intolérance. Des exemples pour étayer nos propos, on peut en trouver à profusion et en citer à foison ; entre autres cas, on peut évoquer son vote violent et scandaleux à Fatick, son refus catégorique et vigoureux de démettre son ministre de l’Intérieur, sa déclaration ou il dit que l’opposition, nolens volens, est tenue de se ranger à sa volonté. Et tout récemment lors du secrétariat exécutif de l’APR il a délivré son message sans permettre qu’une voix s’élève. Le Président Macky SALL a une conception féodale et jacobine de l’exercice de l’autorité ; en réalité, son comportement relève moins d’une idéologie que d’un complexe d’infériorité et d’un réflexe d’auto-défense.

Le prétendu dialogue national organisé au palais de la République il y a deux ans explique et justifie à maints égards les craintes et les appréhensions des sceptiques quant à la réussite de ce présent appel. Ce dernier dialogue national n’a fait l’objet d’aucun suivi et n’a eu aucune suite. Il s’était agi d’une foire de la parole et de la parlotte, du bavardage et du verbiage, de l’hypocrisie et de l’escroquerie, de l’éloge et du panégyrique, et ce fut surtout une opportunité inespérée pour certains de faire ouvertement acte d’allégeance et pour d’autres, plus pudiques, de faire de manière discrète et subtile un appel du pied au maitre des lieux. En vérité le Président Macky SALL avait initié ce dialogue pour tout simplement légitimer une décision dont il ne voulait pas endosser seul la totale et entière responsabilité.

Pour l’heure, retenons qu’il s’agit d’un dialogue politique puisque le ministre de l’Intérieur a convoqué uniquement les partis politiques légalement constitués et les membres de la société civile pour assister à la séance d’ouverture des travaux consacrée à la remise des termes de référence. Et comme je l’ai dit dans une récente contribution, je ne crois pas trop à ce dialogue que j’ai qualifié d’apocryphe et de sans objet ; même son initiateur n’y croit pas.

La première fausse note de ce dialogue réside dans la centralité que va occuper le ministre de l’intérieur. A mon avis, il n’a aucune légitimité pour présider les travaux. Non seulement il fait l’objet de vives contestations de la part d’une frange très significative des acteurs politiques qui le récusent depuis fort longtemps, mais il fait aussi l’objet d’accusations gravissimes pour un membre du gouvernement.

Et je l’avais personnellement et publiquement interpellé sur ces accusations formulées par le sieur Abdoul MBAYE, ancien Premier ministre du Président Macky SALL. En effet, contre signataire des deux décrets attribuant des permis de recherches et d’exploitation d’hydrocarbures liquides et gazeux à Petro-Tim Ltd, l’ancien Premier ministre a déclaré à plusieurs reprises et ne cesse de le faire chaque fois que l’occasion lui en est donnée, que les dits décrets avaient été signés sur la base des rapports de présentation de Aly Ngouille NDIAYE qui comportaient de fausses informations dans le but manifeste et le dessein malsain et plus qu’évident de surprendre la vigilance du Chef de l’Etat, de le tromper et d’emporter son adhésion en abusant de sa confiance.

Si elle est avérée, une telle forfaiture est d’une exceptionnelle gravité ; et un faux d’une telle dimension à un niveau de responsabilité aussi élevé au cœur de l’Etat pose un véritable problème de crédibilité de nos gouvernants et de la fiabilité de nos institutions. Jusqu’à ce jour le ministre Aly Ngouille NDIAYE n’a guère daigné réagir encore moins se disculper. Il ne peut continuer à opposer à ce qui apparait comme une interpellation collective et citoyenne un silence qui frise le mépris ; il exerce ses fonctions et assume des responsabilités au nom et pour le compte du peuple souverain qui, à ce titre, a un droit de regard légitime sur les faits, gestes et paroles de toute personne investie de charges publiques.

La nouvelle Constitution qu’a fait voter le Président Macky SALL consacre les ressources naturelles comme un bien commun, une propriété collective indivise et inaliénable de l’ensemble des Sénégalais ; c’est ainsi que chaque membre de la communauté, quel que soit son niveau de responsabilité ou sa position sociale, a le droit et même le devoir impérieux d’interpeller le ministre sur cette affaire sulfureuse, rocambolesque et scandaleuse relative à Petre-Tim et à ces fameux rapports de présentation supposés comporter de fausses informations.

C’est une exigence républicaine et une obligation morale pour le ministre Aly Ngouille NDIAYE de prouver son innocence et sa probité. Il lui appartient de démontrer que ses mains ne sont pas salies par le cambouis de l’or noir et de montrer de la manière la plus convaincante et la plus claire possible qu’il n’est pas ce ministre vicieux, ce faussaire impavide qui, volontairement, consciemment, consciencieusement et à dessein, a osé soumettre à la signature du Président de la république des projets de décrets contenant des informations erronées et tronquées. Et aussi longtemps que le ministre Aly Ngouille NDIAYE s’obstinera à se taire, il instillera le doute dans les esprits et sera toujours suspecté d’être l’auteur d’une grave forfaiture au détriment des intérêts supérieurs de la nation et au grand préjudice du peuple. Il doit comprendre que son silence assourdissant, pour reprendre le célèbre oxymore du Président DIOUF, ne peut et ne fait que le desservir.

Comme tout le monde, nous avons appris le limogeage, si l’on peut le dire ainsi, du Commissaire divisionnaire de police de classe exceptionnelle à la retraite, Ibrahima DIALLO, ancien directeur de la DAF. A ce sujet, il faut dire que le ministre de l’Intérieur Aly Ngouille NDIAYE qui, sur tous les plans et tous les angles envisagés, n’est pas mieux loti que le commissaire Diallo, aurait dû quitter son poste. Le commissaire a été l’agneau du sacrifice pour permettre aux politiciens de se retrouver. Le sort du commissaire DIALLO n’a pas surpris les esprits avisés qui savaient que juste après l’élection présidentielle il serait remercié sans ménagement.

Par cet acte, le Président Macky SALL dont l’appel au dialogue ne semble pas convaincre, veut donner des gages de sincérité et de crédibilité aux opposants réticents et dubitatifs ainsi qu’à ses contempteurs les plus rétifs ; il cherche à les amadouer en leur offrant en pâture un flic de gros calibre. En pensant à l’ancien commissaire central de Dakar, brillant cadre, qui lui aussi a été sacrifié à l’autel des intérêts politiques, j’en arrive à penser que les commissaires de police seraient des victimes expiatoires très commodes. Et je tiens à faire comprendre à mes collègues commissaires de police qu’ils appartiennent à l’élite du pays et constituent la crème pensante d’une noble institution qu’est la police nationale et, qu’à ce titre, ils ont une fonction de représentation à la fois individuelle et collective.

Ils doivent se faire respecter et ne pas accepter d’être manipulés, instrumentalisés ou piétinés par de minables politiciens lascars qui n’ont aucun mérite et qui, socialement ne sont d’aucune utilité. Point besoin de zèle dans leurs nobles missions qu’ils doivent accomplir avec lucidité et discernement dans le strict respect des valeurs de la République et des droits humains intangibles. Il n’est nullement question d’une quelconque incitation à l’indiscipline ni d’un encouragement à la désobéissance ; il s’agit tout juste d’un appel et d’un rappel à la prudence, à la vigilance et à l’exécution réfléchie et intelligente des ordres. Le policier, tous grades confondus, doit veiller à l’application et à l’observation rigoureuses des principes et valeurs de la République, être d’une loyauté inoxydable et incorruptible vis-à-vis de L’Etat ; seulement il doit éviter, dans la mesure évidemment du possible, de servir un régime de manière aveugle. L’ingratitude mixée à la lâcheté constitue l’ADN des politiciens, les policiers radiés en savent quelque chose..

Pour supprimer le poste de Premier ministre le Président Macky SALL n’a pas eu besoin de concertation ni de consultation. Il n’a daigné s’en ouvrir à qui que ce soit ; il a totalement et superbement ignoré l’opposition. Pas un seul instant il n’a jugé nécessaire d’initier un dialogue, alors qu’il ne cessait au même moment de convier à un dialogue national ; un double jeu à la limite de la sournoiserie, de la duplicité et de la malhonnêteté intellectuelle. Il a caché aux Sénégalais sa nouvelle option politique alors qu’il avait, pendant la campagne électorale, toute la latitude de l’évoquer et de mettre les électeurs au fait de son projet.

La suppression de la primature est une décision murement réfléchie et longtemps en incubation dans l’esprit du Président Macky SALL ; il a choisi d’agir isolément, en toute discrétion, en catimini et dans une confidentialité irritante qui frise la cachotterie. Ne dit-on pas que le couard, le faible et le lâche ont en commun de toujours agir par surprise ; très loin de moi l’intention malveillante et irrespectueuse d’établir quelque comparaison avec notre Président qui, en tant qu’institution mérite égards et considération ; par contre, il y a lieu de reconnaitre que le comportement de l’individu et son attitude manquent d’élégance, de classe, de finesse, de prestance, d’honnêteté et surtout, et par-dessus tout, de courage.

De la manière qu’il a procédé avec la suppression de la primature, il lui est très facile et loisible, de la même manière de prendre des mesures concrètes et immédiates pour prouver la sincérité de son appel, sa réelle volonté de renforcer notre démocratie et sa détermination à entreprendre les ruptures nécessaires dans la gestion des affaires publiques, notamment une plus grande transparence et davantage d’équité dans la répartition et la distribution des ressources nationales. Il a été élu avec un taux de 58% et dispose au niveau de l’Assemblée nationale d’une majorité mécanique très confortable, corruptible, soumise et à son entière et totale dévotion. Aucun obstacle ne peut se dresser ni s’opposer à sa volonté. Aussi me permettrais-je de lui proposer de prendre les actes suivants :

-démissionner du Conseil supérieur de la magistrature,
-déclassifier le rapport de l’IGE sur l’affaire Petro-Tim,
-ouvrir une enquête sur les rapports de présentation d’Aly Ngouille NDIAYE relatifs à l’octroi de permis de recherches et d’exploitation d’hydrocarbures,
-saisir le Procureur pour l’ouverture d’une enquête sur Cheikh Oumar HANNE’
-saisir le Procureur pour donner suite à la plainte sur les 94milliards,
-saisir le Procureur pour enquête sur l’affaire des 34 milliards de la PRODAC.

Toutes ces actions peuvent être enclenchées dans les plus brefs délais. C’est une question de volonté politique.
Par rapport au dialogue national, il appartient au Président Macky SALL de donner des gages de sa bonne foi ; comme on le dit « chat échaudé craint l’eau froide ». Il a eu à organiser un dialogue national qui n’en était un que de nom et qui, sans grande surprise, s’est terminé en eau de boudin. Il y a manifestement une rupture de confiance entre le Président et son opposition. Il lui faut poser des actes pour rétablir cette confiance et permettre des retrouvailles autour d’une table pour des échanges francs et fructueux pour une véritable pacification de l’espace politique et une clarification du jeu démocratique de notre pays. Ainsi pourrait-il et devrait-il prendre les mesures suivantes :

-Accord pour qu’une commission cellulaire dirige le dialogue politique,
-Engagement solennel à entériner intégralement les conclusions de la Commission cellulaire,
-Procédure d’urgence pour le vote d’une loi d’amnistie pour les faits concernant Khalifa SALL et Karim WADE,
-Déclaration solennelle pour confirmer qu’il en est à son second et dernier mandat.
Le Président Macky SALL est un spécialiste des prises de décisions par procuration ; il est tout à fait clair qu’il entend judicieusement utiliser et mettre à profit la tenue du dialogue national pour, ultérieurement expliquer et justifier des mesures et des décisions dont il n’ose pas assumer seul la responsabilité.

Contrairement à ce que laisse transparaitre son « niangal », le Président Macky SALL n’a ni la carrure, ni l’autorité encore moins le caractère trempé nécessaires pour s’assumer de manière frontale.
Je ne saurais terminer sans faire allusion à la réponse désobligeante et brutale du Président Macky SALL adressée aux syndicats venus présenter leurs éternels et sempiternels cahiers de doléances à l’occasion de la fête du 1er Mai. Au cours de la cérémonie qui s ‘est déroulée au palais, le Président Macky SALL, a révélé une facette de son véritable trait de caractère, un autoritarisme exacerbé et impulsif ; et faire montre d’autoritarisme ne veut point signifier avoir de l’autorité, cette qualité morale, le plus souvent innée, qui manque terriblement et dramatiquement à notre Président.

Par rapport à l’amélioration des conditions de vie des travailleurs, il a sèchement déclaré qu’il n’est pas question d’augmenter les salaires. Cela voudrait tout simplement dire que les revendications des fonctionnaires, notamment les enseignants ne seront pas satisfaites ; une façon on ne plus claire de faire comprendre à ces derniers que l’Etat n’est ni dans la logique ni dans les dispositions de concrétiser les accords réalistes et réalisables signés auparavant. C’est une gifle retentissante qui a été infligée aux travailleurs qui se doivent de prendre acte de cet affront, de ce défi à relever sous peine d’être écrasés à jamais. Le ton péremptoire utilisé par le Président Macky SALL peut être interprété, d’une certaine manière, comme la volonté de donner un gage de fermeté aux bailleurs de fonds qui le tiennent fermement au collet. La riposte doit être à la mesure de l’affront.

Le Président Macky SALL, certainement grisé par sa récente victoire, surement encouragé par une opposition qui se cherche et réellement persuadé que le fatalisme des Sénégalais les maintiendra confinés pour toujours dans une résignation apathique, se comporte en despote et semble vouloir exercer un pouvoir solitaire avec une arrogance outrancière et provocante. Il appartient à nous Sénégalais de nous mobiliser massivement pour éviter que notre pays ne sombre dans des dérives regrettables. Le Président Macky SALL ne doit pas prendre le calme, la patience et la sagesse des populations pour de la couardise. Tous les patriotes doivent se lever et s’engager dans le cadre d’un mouvement populaire de résistance citoyenne qui pourrait être animé, à titre principal, par la diaspora, la jeunesse dans toutes ses composantes, la société civile non inféodée et les seniors imbus de dignité, d’un sens de l’honneur et soucieux d’un avenir radieux pour la postérité. La presse patriotique pourrait jouer son rôle d’éveil des consciences, de vigie et d’alerte.

A tout prendre, l’appel au dialogue du Président Macky SALL n’est qu’un stratagème, un leurre pour se donner les moyens politiques et des arguties juridiques de circonstances afin de solliciter un troisième mandat ; une éventualité qui ne sera acceptée par les Sénégalais qui en ont suffisamment assez d’être considérés comme des personnes immatures, irresponsables, incapables, taillables et corvéables à merci. C’est maintenant qu’il faut s’organiser dans le cadre d’une campagne nationale et internationale de mobilisation.

Les uns et les autres doivent travailler et lutter dans le sens d’une synergie d’actions collectives pour faire faire face à l’exercice dynastique et dictatorial du pouvoir. Il est bien évident que la lutte s’inscrira toujours dans un cadre légal. C’est l’occasion de rappeler aux Forces de défense et de sécurité qu’elles ont l’obligation d’assumer, quand les circonstances l’exigeront, leur devoir et responsabilités de garants de la stabilité et de la cohésion nationales. En toutes circonstances, ils doivent être du coté, celui du peuple. Qu’ils sachent que le peuple saura manifester et résister pacifiquement, dans le strict respect des lois et règlements, tout en se référant aux valeurs miliaires d’honneur, de dignité, d’abnégation, de courage, de détermination et d’esprit de sacrifice.

Le posuvoir au peuple, les servitudes aux gouvernants.

Dakar le 14 Mai 2019

Boubacar SADIO

Commissaire divisionnaire de police de classe Exceptionnelle à la retraite.

Ouverture du dialogue national sur l’exploitation des ressources pétrolières et gazières, ce mardi

Dans la perspective de l’exploitation des gisements de pétrole et de gaz à l’horizon 2021 – 2023, le Président de la République invite toutes les forces vives de la nation à la concertation nationale sur la gestion des recettes issues de l’exploitation du pétrole et du gaz qui se tiendra le mardi 12 juin 2018 à partir de 10h au Centre International de Conférence Abdou Diouf (CICAD) de Diamniadio. Cette rencontre, initiée par le Président de la République, traduit sa volonté d’une gestion transparente et durable du secteur des hydrocarbures, selon un communiqué rendu public.

Pour rappel, le référendum de mars 2016 a permis d’inscrire dans la constitution, en son article 25-1 que : « Les ressources naturelles appartiennent au peuple. Elles sont utilisées pour l’amélioration de ses conditions de vie. L’exploitation et la gestion des ressources naturelles doivent se faire dans la transparence et de façon à générer une croissance économique, à promouvoir le bien-être de la population en général et à être écologiquement durables. »

Notre pays est l’un des rares en Afrique à avoir inscrit une telle disposition dans sa loi fondamentale.
Les conclusions de cette concertation feront l’objet d’un projet de Loi d’orientation portant sur la répartition et l’encadrement des recettes issues de l’exploitation du pétrole et du gaz, projet qui sera présenté à l’Assemblée Nationale.

Concertations nationales sur le pétrole et le gaz

Concertations nationales sur le pétrole et le gaz : l’avis d’un pétropessimiste.
L’agitation créée par la découverte de pétrole au Sénégal ne laisse personne indifférente. Jamais dans l’histoire de notre pays, la découverte d’une ressource naturelle n’a suscité autant de passions, de polémiques et d’idées reçues. Mais surtout d’inquiétudes et de peurs.
Comme beaucoup de mes concitoyens, le débat suscité par le pétrole m’inquiète et me chagrine beaucoup. A mon avis, la question des contrats et des parts qui occupe tout le débat est certes importante, mais ne doit pas nous dévier de certaines autres préoccupations essentielles.
A propos de ces contrats justement, le devoir de transparence de l’Etat en vers les populations est certes indiscutable, mais les dérives possessives entretenues par une certaine partie de l’opinion nationale ne sont pas de nature à favoriser un dialogue constructif et risquent de perturber outre mesure les prochaines concertations.

Pourtant d’autres ressources naturelles aussi précieuses que le pétrole, le zircon par exemple, sont, depuis bientôt une dizaine d’années, en train de charrier des sommes d’argent absolument faramineuses sans pour autant que personne ne s’en soucie. Alors, pourquoi et subitement le pétrole ? Mystère !

Pensez-vous, si rien ne change, que les revenus du pétrole régleront quelque chose que l’argent du zircon et d’autres ressources précieuses n’a pas permis de régler ?
Pour moi, c’est moins la ressource que la façon de la gérer qui détermine tout le reste. Tant que nous ne savons pas ce que nous avons et voulons, nos ressources continueront d’être dilapidées et exportées sans pour autant que nous puissions en tirer un réel profit.

Pire, j’ai de plus en plus l’impression que l’avenir de notre pays doit désormais être pensé et réfléchi sous l’angle de la seule ressource pétrolière. Or, les incertitudes et contradictions liées à la nouvelle économie pétrolière clairement démontrées par de sérieuses études d’intelligence économique devraient nous pousser à plus de prudence et à entrevoir le modèle économique futur de notre pays sous un angle plus holistique.

La récente décision des pays de l’OPEP de réduire leur production de pétrole et l’option de certains groupes pétroliers de réduire leurs investissements, la multinationale française TOTAL par exemple, traduisent la grande frilosité qui caractérise le marché pétrolier mondial.
Alors que d’un côté la production de pétrole coûte de plus en plus cher (celui de schiste surtout) – au pont d’obliger d’anciens pays producteurs à revoir à la baisse leurs objectifs de production -, de l’autre, le retour soudain des Etats-Unis dans le groupe des grands pays producteurs perturbe les prévisions de production et de rentes et rend la concurrence de plus en plus rude.
L’option du Président Trump de relancer la production pétrolière américaine devrait, dans les prochaines décennies, se traduire par des situations temporaires de surproduction et de chute Inévitable des prix du baril de pétrole. Ce retour des Etats-Unis dans le marché pétrolier mondial pourrait incontestablement précipiter le monde vers le fameux pic pétrolier (peak oil) qui devrait inéluctablement être suivi par une longue période de baisse continue des productions et de la rente financière liée au pétrole.
On connait maintenant bien la forte capacité du géant américain à provoquer des crises d’envergure planétaire et à les exploiter à son profit. L’embrasement provoqué en 2008 par la crise de son marché hypothécaire et dont les conséquences affectent jusqu’à présent nos économies en est une parfaite illustration.

Certains grands penseurs comme l’américain James Howard Kunstler auteur d’un livre au titre glaçant intitulé « La fin du pétrole : le vrai défi du XXIème siècle », ont beaucoup théorisé sur le Peak oil dont les premiers signaux auraient commencé à se manifester depuis une dizaine d’années.

Sur un autre registre, la promotion de l’efficacité énergétique devrait se traduire par une dépendance de moins en moins importante au pétrole. Du côté de l’industrie automobile et des transports par exemple, le développement du véhicule électrique pourrait avoir comme principale conséquence le remplacement progressif du moteur thermique, c’est-à-dire à allumage par compression, par le moteur électrique ; ce qui incontestablement, entrainera une diminution substantielle de l’utilisation des produits pétroliers dans ces secteurs économiques.

C’est ce qu’on appelle la transition énergétique, entérinée en novembre 2016 par l’accord de Paris. Les pays développés surtout auront de moins en moins besoin de pétrole pour faire fonctionner leurs économies ou approvisionner en énergie leurs populations.

Mais attention ! Je ne suis pas en train de dire que le Sénégal n’a pas grand-chose à attendre de son pétrole. Non ! Mais les constats qui précèdent me confortent de jour en jour dans l’idée que nous devons être très vigilants et particulièrement créatifs pour profiter pleinement du peu de pétrole dont nous disposons.

Autant le pétrole peut constituer une opportunité pour une économie jeune comme la nôtre, autant il peut être un piège tout aussi redoutable que celui de l’arachide. Annoncé au début du siècle dernier comme le futur moteur de l’économie nationale, l’arachide a fini par trahir tous les espoirs porté sur elle à cause d’une part, d’un marché mondial déréglé et farouchement concurrentiel, et d’autre part, du fait de choix politiques internes boiteux et sans réels intérêts pour les petits exploitants qui assurent l’essentiel de la production.

Le comble vient de la Chine qui, après avoir suscité tous les espoirs, nous a soudainement tourné le dos. Ce qui, aujourd’hui, plonge la filière arachidière dans une agonie mortelle. Il semble que l’empire du milieu s’est lancé depuis quelques années dans une vaste opération de collecte de graines semencières pour doper sa production intérieure et aller à l’assaut du marché mondial de l’arachide et produits dérivés, avec probablement ses sinistres méthodes de dumping. Il n’est donc improbable qu’elle nous revienne plus tard pour nous vendre de l’arachide à des prix défiant toute concurrence. Prudence, donc !

Pour ces quelques raisons que je viens d’évoquer  – et qui détermineront certainement nos chance de succès dans le pétrole et le gaz -, je souhaiterais que le débat puisse être un peu plus attentif sur d’autres questions essentielles, mais surtout réaliste. Mon plus grand souhait est que trois au moins des questions qui me paraissent importantes puissent être inscrites à l’ordre du jour du débat national sur le pétrole et le gaz souhaité par le Président la République son  Excellence Macky Sall.

Même s’il arrive que certains débatteurs pensent que ce n’est pas le lieu ou le moment pour en discuter, qu’elles puissent au moins être posées afin de préparer l’opinion publique à la recherche de réponses adéquates et constructives. Les deux premières concernent la destination envisagée de la production et l’utilisation prévue des revenus générés.

La destination questionne aussi bien les formes de valorisation prévues que le type de marché visé en priorité (national, sous-régional, régional, ou mondial) et l’utilisation des revenus les stratégies de réinvestissement et les formes de partages envisagées. Par rapport à cette seconde question, l’expérience de certains états arabes – où les revenus du pétrole ont servi à financer les secteurs sociaux et à appuyer la petite économie par le biais de subventions et d’aides diverses – peut nous être particulièrement précieuse. Dans tous les pays où le pétrole  est devenu une source de malédictions (rebellions, guerres civiles, grand banditisme),  cette question a rarement fait l’objet d’une préoccupation sérieuse, si elle n’a pas été tout simplement ignorée.

La troisième question concerne les mécanismes prévus pour atténuer les impacts de la production pétrolière sur l’environnement, et les écosystèmes et communautés littoraux en particuliers (offshore). Pour moi, les études d’impacts sont utiles, mais ne suffisent pas et doivent être complétées par des clauses contractuelle claires et précises.

Pour prendre en charge ces questions essentielles, une commission nationale chargée de l’organisation des concertations et du suivi des recommandations qui en seront issues ne serait pas, à mon avis, de trop. Composées de l’ensemble des sensibilités socio-économiques et politiques du pays, elle permettrait non seulement d’instaurer une relation de confiance entre l’état et les représentants des populations, mais surtout d’avoir un cadre de réflexion unifié sur le pétrole et le gaz. Les initiatives existantes (Cos-petrogaz par exemple) sont très pertinentes, mais semblent très cloisonnées et peu accessibles à l’opinion publique.

Je crois également qu’il temps que notre pays se dote d’une forte cellule d’intelligence stratégique chargée de réfléchir sur ces questions d’avenir qui nous interpelleront forcément.

En fin, j’invite tous les acteurs à faire preuve de discernement et à ne pas se laisser influencer par certains discours de cette subite pensée unique pétrolière et autres « pétrophéties ».
Bonnes concertations !

Dr Ousmane THIAM
Géographe-aménagiste
Spécialiste d’économie du développement

Concertation sur la gestion des ressources : Retour de bâton pour Macky

Le Président de la République a lancé un appel à la concertation pour une gestion efficiente des ressources pétrolières et gazières du pays. Un appel lancé en direction de toutes les franges de la société notamment à ses compatriotes de l’opposition. Mais Macky Sall risque d’échouer dans cette initiative car les leaders politiques commencent à rejeter son offre un à un.

Ousmane Sonko de Pastef puis Issa Sall de Pur ont été les premiers à dire non à Macky. Et la température politique de ces derniers temps peut nous amener à dire sans risque de se tromper que les partis représentatifs de l’opposition politique ne répondront pas l’appel de Macky.

L’argument brandi serait le manque de concertation en amont sur la gestion de ces ressources. Ces derniers lui reprochent de ne pas avoir été transparent au tout début. Ils disent que Macky Sall a géré de manière opaque depuis l’octroi des licences d’exploration et qu’ils n’accepteraient jamais de cautionner ses actions en venant répondre à un appel qui n’est pas trop sincère.

Malick Gakou : Mise en place d’un comité de concertation sur la modernisation de la justice

Apres sa réunion du 28 février 2018, le Secrétariat Exécutif National (SEN) du Grand Parti s’est prononcé sur la situation nationale marquée par la fin du procès de l’honorable député-maire, Khalifa Ababacar SALL.
Dans un communiqué qu’il nous a envoyé, le Secrétariat Exécutif National déplore et condamne fermement les tentatives d’instrumentalisation de la justice à des fins politiques.
« La mise sous tutelle de la justice sous le joug de l’Exécutif, constitue une entrave à l’expression vivante d’une justice au service du Peuple, dans l’équité et la morale qui doivent gouverner les vertus d’une République moderne des valeurs et du progrès », soutient le SEN.
« Aussi, le Secrétariat Exécutif National demande solennellement au Président de la République, de quitter avec son Ministre de la Justice, le Conseil Supérieur de la Magistrature afin de garantir une véritable expression d’une vie judiciaire en harmonie avec les principes fondateurs d’une justice de l’éthique et de la morale au nom du Peuple.

Pour cela, le Secrétariat Exécutif National demande au Président Macky Sall d’être en phase avec l’une des recommandations-phares des Assises nationales pour la mise en place d’une Cour constitutionnelle garante des libertés et de l’expression d’une démocratie moderne, humaniste, porteuse de progrès et de développement au service exclusif du Peuple sénégalais », rapporte le communiqué.

Par ailleurs, le secrétariat a déclaré que l’annonce par le Ministre de la Justice de la mise en place d’un Comité de concertation sur la modernisation de la justice est une fourberie de plus dans l’optique de divertir l’opinion nationale et les Forces vives de la Nation afin de se donner du répit et de ne rien faire dans ce domaine si vital pour la vie de la Nation comme ce fut le cas dans les autres secteurs.

Pour la défense des intérêts des de la nation, le communiqué note que « le Secrétariat Exécutif National appelle toutes ses composantes à se tenir prêtes et mobilisées pour la sauvegarde et la défense des intérêts supérieurs de la Nation ».

Souleymane Téliko : «La justice doit se construire dans le dialogue et la concertation»

 A l’instar du président Macky Sall, les magistrats sont prêts à discuter sur la présence du chef de l’Etat et du ministre de la Justice au sein du Conseil supérieur de la magistrature.
«Je suis ouvert à toutes les propositions sur la modernisation de la justice et sur l’indépendance de la magistrature y compris sur la question du conseil supérieur de la magistrature. Il n’y a pas de tabou pourvu que la réflexion soit inclusive et qu’elle profite à la justice. Je suis prêt à aller le plus loin possible pour la modernisation de notre justice ».
Ainsi réagissait le président de la République Macky Sall lors de l’audience solennelle de rentrée des cours et tribunaux 2017-2018. Une réaction qui semblait être destinée à l’union des magistrats du Sénégal (UMS) qui, lors de son colloque organisé sur l’indépendance de la Justice, avait formulé le départ du président de de la République et du ministre de la Justice.
Le président de l’Ums est encore monté au créneau pour apporter une réponse à la réaction du chef de l’Etat. « La balle est dans le camp des autorités. Nous sommes prêts. Notre crédo c’est le dialogue. La justice doit se construire dans le dialogue et la concertation », a déclaré le juge Souleymane Téliko en marge d’une visite effectuée, hier, à la Maison d’arrêt de Rebeuss pour distribuer des matelas et des ventilos aux détenus.
A l’en croire, les propositions issues du colloque ont été faites par l’UMS avant d’être validées par d’autres acteurs de la justice notamment les professeurs d’université, les avocats entre autres.
« Notre devoir, c’était de faire des propositions sur cette question. nous avons tenu notre colloque, nous avons identifié nos difficultés. Nous avons fait des propositions concrètes qui, de notre point de vue, sont de nature à renforcer l’indépendance de la justice. Nous avons déposé les actes de colloque sur la table du ministre. Maintenant nous attendons », a-t-il indiqué.

Manifestations à l’Obélisque ce vendredi : La Raddho invite les autorités à privilégier la concertation

Manifestations à l’Obélisque ce vendredi : La Raddho invite les autorités à privilégier la concertation entre toutes les parties
 La Rencontre Africaine pour la Défense des Droits de l’Homme (RADDHO) sur les manifestations à la place de l’Obélisque de Yakham Mbaye, ainsi que celle annoncée par le mouvement Y’en a Marre demande aux autorités de privilégier « le dialogue et la concertation entre les deux parties ».
La RADDHO de recommander par ailleurs aux autorités préfectorales de ne pas tomber dans le piège de l’interdiction et de privilégier le dialogue et la concertation entre toutes les parties prenantes pour trouver ensemble une solution qui tout en préservant l’ordre public respecte la liberté de manifestation.
La même source de lancer « un appel au calme à la classe politique aux mouvements citoyens et à toutes les parties prenantes pour que le dialogue et la concertation puissent prendre le dessus sur la confrontation afin de préserver la paix et la sérénité nécessaires pour la tenue d’élections législatives libres, transparentes et paisibles au mois de juillet 2017 ».
Pour finir la rencontre africaine de se dire convaincue « que l’organisation d’une contre-manifestation pour faire échouer une rencontre prévue à l’avance est contre performante, anti-démocratique, dangereuse et peut constituer une grave atteinte à l’ordre public »