Tag Archives: dette

Second mandat du président Sall : vers un debt overhang inévitable (Par Mohamed Dia)

Dans la loi des Finances 2019, nous voyons clairement que le gouvernement de Macky Sall espère financer les projets de prestige durant les cinq prochaines années par le biais de l’endettement massif.

L’endettement de manière générale n’est pas mauvais, mais l’endettement du Sénégal est très mauvais vu la manière dont les ressources mobilisées sont allouées. Quand un gouvernement s’endette massivement pour des projets improductifs, ce gouvernement est en train de trahir son peuple et les générations futures.

Le septennat du président Sall peut être résumé en cinq mots : corruption, laxisme, amateurisme, impunité et irresponsabilité. Pensons-nous que le quinquennat sera différent ?

Historique

Les dettes se sont caractérisées dans les années 60 par des prêts concessionnels ou des dons. Les deux chocs pétroliers des années 70 ont aussi affecté la dette des pays pauvres.

Dans le début des années 80, le dollar américain a grimpé et cela a affecté la dette des pays pauvres qui étaient majoritairement endettés en dollar tout en aidant les pays qui exportent vers les Etats Unis d’Amérique. Les importations devenaient aussi très chères pour les pays pauvres et augmentaient leur dette.

Il faut comprendre que la dette du Sénégal a une forte composante étrangère, en devises et des taux d’intérêt souvent exorbitants. L’Etat nous dit que « tous les pays du monde ont recours à l’emprunt et que les pays les plus riches sont les plus endettés ».

Rappelons juste que nous faisons partie des pays les plus pauvres du monde. Vers la fin des années 90, il y avait une campagne pour l’annulation de la dette pour l’an 2000.

C’est ainsi que 24 millions de signatures ont été obtenues pour l’allègement de la dette. Par conséquent le FMI, la BM, et les créditeurs bilatéraux ont accepté d’alléger la dette, et même de la supprimer dans certains cas.

Tous les pays qui avaient bénéficié de cet allégement de la dette se sont encore massivement endettés en si peu de temps. La dette est nécessaire, car elle permet de financer des investissements dont le pays a besoin et aussi pour substituer le manque à gagner pour enfin atteindre le développement.

La manière dont le Sénégal s’endette est très dangereuse et nous mènera directement vers le surendettement qui ralentira la croissance et créera le doute dans la tête des investisseurs étrangers. Cela les poussera à investir dans les projets qui offrent un retour sur investissement rapide. C’est ainsi que nous verrons des investissements sans impact sur l’emploi ou la pauvreté.

Pour éviter cela, le gouvernement risque de ne pas procéder à des réformes fiscales comme indiquées dans la loi des Finances de 2019. Chaque année, le Sénégal alloue une importante part de son budget au remboursement des intérêts de la dette, hors principal.

Les dirigeants nous disent souvent que cet endettement est justifié pour le financement des infrastructures. Or, ces infrastructures ne sont pas productives et cela crée une tension de trésorerie due à des décisions financièrement inopportunes.

La politique de la dette

Depuis 2014, le Sénégal s’est lancé dans un plan économique dit Plan Sénégal Emergent en vue de faire décoller son économie. La croissance du Sénégal était toujours à moins de 5 % jusqu’à la mise en place du PSE. La dévaluation du F CFA ne doit pas être négligée, car elle a permis à notre croissance d’accroître à 5 % pour la première fois et à l’inflation de décroître jusqu’à 0,8 %.

Ce PSE a permis à notre croissance d’accroître cependant cette croissance est une croissance extravertie et exclusive. Ce que le PSE a oublié de faire, c’est de développer d’une manière sérieuse le secteur agricole, qui emploie la majeure partie de la population pour combattre le chômage et la pauvreté.

Le développement du secteur agricole aurait été une marche vers l’industrialisation du Sénégal. Il y a un déficit dans la santé, l’éducation, les infrastructures pour le développement du Sénégal.

Cependant, l’Etat a insisté sur le fait de vouloir combler le déficit en infrastructures avant de commencer la marche vers l’industrialisation. Or, le gouvernement nous dit qu’il faut sortir de la dette pour comprendre la dette, nous analyserons dans ce cas les paramètres extrinsèques à la dette.

Le système fiscal au Sénégal est un autre grand problème. Les exonérations fiscales dotées aux entreprises étrangères ont coûté au Sénégal des centaines de milliards sans créer assez d’emplois pour une population très jeune.

Nous ne disons pas d’arrêter les exonérations fiscales d’une manière brusque, mais plutôt d’une manière progressive en mettant en place des programmes pour la création d’emplois au Sénégal.

Une réforme fiscale dans le moyen terme s’avère très importante pour élargir l’assiette fiscale en essayant de formaliser le secteur informel pour recouvrer des centaines de milliards de F CFA par an.

Dans le cadre sociopolitique, il faut noter avec les élections de 2019, un problème majeur de consensus social avec les opposants décriant la victoire du président Sall.

Cette attitude peut être mal vue par les investisseurs ; cependant, il faut juger l’aspect général allant de l’emprisonnement et l’exil de potentiels adversaires politiques, du parrainage pour enfin mener vers la victoire du président Sall.

Comment sera-t-il possible de gouverner durant le quinquennat sans dialogue avec l’opposition ni une reconnaissance réelle d’une victoire du président Sall ?

Les mesures sociales du gouvernement qui ont été mises en place durant le septennat du président Sall ont été pour la plupart électoralistes. Des mesures ont été prises pour alléger la pauvreté dans le milieu rural, mais ces mesures sont pour la plupart des mesures d’urgence.

Sans vrai plan en place, nous verrons ainsi un phénomène de mort-né dans la mise en place de la CMU et des bourses sociales. Aucun plan dans le long terme n’a été mis en place pour que l’Etat dépense de manière efficiente de l’argent dont il dispose.

Avec la reconstitution du PIB, certains pays comme le nôtre ont vu leur taux d’endettement baisser pour ne pas dépasser le seuil traditionnel fixé dans la région. Certes, tout pays a besoin de s’endetter pour assurer son développement, mais tout pays a aussi besoin de financer avec cet argent emprunté, des projets productifs. Ces investissements productifs nous permettront de nous auto-financer dans le futur pour sortir du cercle vicieux de l’endettement.

Le debt overhang, aussi appelé surendettement, est un fardeau de dette si important qu’une entité ne peut pas s’endetter davantage pour financer des projets futurs. Les mauvais choix du septennat se feront davantage sentir durant le quinquennat du président Sall.

Mohamed Dia, Consultant bancaire

Le Sénégal croule sous le poids d’une dette évaluée à plus de 6467 milliards


De 5 848,5 milliards en 2017, la dette du Sénégal est passée à 6 467,7 milliards en 2018. Une situation qui contraste avec les difficultés de trésorerie qui empêchent au gouvernement d’honorer la dette intérieure.

Ce qui pousse des députés à alerter sur les effets de cette année sociale qui a siphonné les comptes publics juste par stratégie électoraliste.

L’Etat en a pris plein la dette qui se creuse au point d’alarmer certains pendant que le gouvernement rassure. En effet, l’encours de la dette publique totale passerait de 5 848,5 milliards en 2017 à 6 467,7 milliards en 2018, soit un accroissement de 10,6 %.

Quant au ratio de l’encours de la dette publique par rapport au Pib, il devrait ressortir à 48,2 % en 2018, après 47,7 % en 2017, soit nettement en dessous de la norme de 70 % retenue dans le cadre du pacte de convergence de l’Uemoa.

L’encours de la dette serait composé de la dette extérieure pour 5 395,2 milliards (83,4 %) et de celle intérieure pour 1 072,5 milliards (16,6 %).

Le ministre a soutenu que l’encours de la dette comprend 156 milliards contractés (par les socialistes), 2 198 milliards pour un emprunt contracté avec la première alternance (les libéraux) et 1 828 milliards avec la seconde alternance.

Malgré que les nombreuses craintes, l’argentier de l’Etat, Amadou Bâ, a soutenu, hier, devant les députés, que le Sénégal est dans la catégorie de «pays à risque de surendettement faible» du Fonds monétaire international (Fmi).

Parce que, dit-il, non seulement la croissance du pays est forte mais surtout tous les seuils de viabilité et de liquidité de la dette sont respectés.

«Les difficultés connues sont d’ordre conjoncturel. La qualité de la signature du Sénégal est bonne et s’est traduite par le rehaussement de la notation du pays par les institutions spécialisées», a dit Amadou Bâ. Qui pense que la dette est un débat qui n’a pas de sens puisqu’il n’y a pas un problème de surendettement au Sénégal.

Paradoxe : en dépit de cet endettement excessif selon certains, le gouvernement fait face à de graves tensions de trésorerie qui ne lui permettent pas d’honorer la dette intérieure. Ce que réfute énergiquement Amadou Bâ qui assure que samedi, à midi, le Trésor disposait de 343 milliards de francs Cfa dans ses comptes.

Dans le projet de loi de finances 2019, évalué à 4 071,8 milliards de francs Cfa, des députés de l’opposition ont relevé des déséquilibres entre le service de la dette, dépenses de personnel, dépenses de fonctionnement et dépenses d’investissement.

Car le premier poste de dépense du gouvernement est celui du service de la dette publique qui se chiffre à 863,17 milliards de francs Cfa réparti en charges d’intérêt pour 273,2 milliards et en amortissements pour 590 milliards. Comparé en 2018, il a amorcé une baisse de 18,8 milliards de francs, soit 2,1 %, conformément à la stratégie de la dette à moyen et long terme.

«La politique de maîtrise de l’endettement initiée depuis 2012 a permis de réduire le taux d’accroissement moyen de la dette, en le ramenant de 21,8 % sur la période 2007-2011 à 13,6 % sur la période 2012-2017. Tous les indicateurs et seuils de viabilité de la dette extérieure correspondant à la catégorie de notre pays sont respectés.

Les dernières analyses de viabilité de la dette, réalisées en rapport avec le Fonds monétaire international attestent d’un profil de risque de surendettement faible», relève le ministre des Finances dans le document sur les considérations générales du projet de loi de finances 2019.

Le deuxième poste de dépenses du budget de l’Etat est constitué par la masse salariale.

Ainsi, selon l’argentier de l’Etat, les dépenses de personnel inscrites au Titre II sont programmées à 743,41 milliards de francs Cfa contre 683 milliards de francs Cfa, soit une progression de 8,8 %.

Cette hausse s’explique en grande partie par l’impact budgétaire des accords conclus avec les syndicats d’enseignants et de la Santé en vue d’apaiser le climat social dans ces deux secteurs vitaux pour le développement du pays et de l’option du chef de l’Etat d’intégrer chaque année dans la masse salariale 10 mille professeurs er maîtres contractuels. Mais, il reconnaît que la réforme du système de rémunération devient une exigence.

Et, en dehors du Titre II, l’Etat et ses différents démembrements verseront en 2019 la somme globale de plus de 250 milliards de salaires, émoluments, indemnités et traitements divers, dont 140 milliards, en faveur du personnel des agences.

Ce qui porte la rémunération globale dans le secteur public à plus de 1 000 milliards de francs Cfa, soit 40 % des recettes fiscales, dérogeant ainsi au critère de convergence de l’Uemoa qui est de 35 %.

Vers une rupture totale de médicaments au Sénégal …

Si le gouvernement tarde à éponger sa dette de 17 milliards de FCFA qu’il doit à la pharmacie nationale d’approvisionnement (Pna), il y aura, dans les jours à venir, une rupture totale de médicaments sur l’ensemble du territoire nationale. Car, les fournisseurs étrangers qui livrent 90% des médicaments utilisés au Sénégal, ont décidé de mettre un terme à toute livraison de médicaments à la Pna, en attendant de percevoir leur dû, révèle l’Observateur.

« Les autorités de la Pna avaient alerté l’Etat depuis longtemps. Mais, les nombreux courriers sont restés lettres mortes dans les tiroirs des différent ministères », indique une source sanitaire.

D’ailleurs, le ministre de la Santé, avait reçu le 12 décembre 2017, des responsables de la Pna, venus lui faire part de l’état des lieux. Il avait pris l’engagement d’intervenir auprès du Chef de l’Etat pour éviter toute rupture de médicaments. Malheureusement, l’Etat n’a toujours pas réagi aux alertes des membres du conseil d’administration qui s’étaient réunis pour débattre de la situation de la Pna.

Malick Gakou : Si l’Etat a de l’argent, il n’a qu’à payer ses dettes

En tournée à Fatick, ce samedi 9 juin, dans le cadre de sa Caravane de l’espoir, Malick Gakou signe et persiste que les caisses de l’Etat du Sénégal sont vides. «Tout le monde sait que les caisses de l’Etat sont vides.

Si l’Etat a de l’argent, il n’a qu’à payer ses dettes. Si l’Etat a de l’argent mais pourquoi cet argent est gardé quelque part ? Non, l’Etat n’a pas d’agent. Non, l’Etat est en faillite. Ça, tout le monde le sait. Et ceux-là qui dirigent le pays le savent bien», martèle le leader du Grand parti.

Et d’ajouter : « Monsieur, le ministre de l’Economie et des Finances dit que les caisses de l’Etat sont remplies. Mais alors, l’Etat n’a qu’à payer ses dettes. L’Etat n’a qu’à payer la bourse des étudiants».

A en croire Malick Gakou, à nos jours, l’Etat doit 16 milliards de francs CFA aux producteurs et cultivateurs. A cela, il ajoute qu’il doit aussi une dette à la Sonacos, dont il n’a pas précisé le montant.

Cmu : les structures sanitaires asphyxiées par la dette de l’Etat

A cause de la CMU, l’Etat du Sénégal doit une lourde ardoise aux structures sanitaires qui croulent sous le poids de cette dette. C’est le cas du poste de Pout Diack, dans la commune Notto Diobas qui, selon le président du comité de santé, Lamine Sène, était au bord de la fermeture.

Depuis plus de 15 mois, renseigne M. Sène, le poste de santé n’a reçu aucun remboursement de l’Etat. Ce qui se répercute négativement dans la prise en charge des populations surtout celles déshéritées.

Si la structure parvient à sortir la tête de l’eau, c’est principalement grâce au soutien de Pape Mamour Thiaw dit Papis (candidat à la mairie pour les prochaines locales), qui a décaissé la somme d’un million de FCFA, pour acheter des médicaments et soulager les populations, signale Lamine Sène.

Raison pour laquelle, Lamine Sène a demandé à tous les fils du Diobas, à tous les leaders politiques de s’inspirer de l’exemple de M. Thiaw et de se mettre davantage au service des populations.
Il est a noté aussi que les locaux de ce poste de santé datant de 1947, sont dans un état de délabrement très avancé.

L’As

Arrêt des cours : Les universités privées réclament leurs 16 milliards à l’Etat

Dans une note parvenue à la rédaction de senelux, la fédération des établissements privés d’enseignement supérieur déclare que les étudiants orientés par l’Etat du Sénégal dans leurs structures ne recevront plus de cours à partir de lundi prochain. Une mesure que la Fepes a prise pour exiger le paiement de l’ardoise de 16 milliards que l’Etat leur doit. Ci-dessous le communiqué de la Fepes
Le sureffectif noté dans les universités publiques a, depuis 2012, poussé l’Etat du Sénégal, à revoir sa politique d’orientation des bacheliers sénégalais dans les établissements d’enseignement supérieur, qui dépendent de son autorité. C’est dans cette optique que le pari a été fait d’envoyer chaque année le surplus de bacheliers que ne pouvaient absorber les universités publiques, dans les Etablissements Privés d’Enseignement Supérieur (EPES).

Selon les dernières statistiques disponibles, près de 40 000 ont été orientés par l’Etat du Sénégal dans les EPES ; compte non tenu de la cohorte des  bacheliers de l’année scolaire 2016-2017.  

Mieux encore, l’Etat oriente à des prix, trois ou quatre fois en deçà des tarifs en cours dans les EPES, dont les responsables, par patriotisme, ont accepté toutes les conditions posées par l’Etat du Sénégal.

Mais il est ahurissant de constater aujourd’hui qu’en dépit de tous les sacrifices consentis pour permettre d’une part à de jeunes Sénégalais de jouir de leurs droits à une formation de qualité et de l’autre, d’enlever des pieds de l’Etat, une épine venimeuse, celui-ci traine les pieds pour remplir sa part du contrat.

En effet, les sommes dues tournent aux environs de 16 milliards et le décret d’avance, accordé par son excellence M. le Président de la République, le 28 novembre 2017, au lendemain d’un mouvement de sursaut qui avait abouti à la suspension des enseignements dans les EPES, n’a jusqu’à présent pu être exécuté. Il s’agit-là d’un préjudice immense.

Aujourd’hui encore, en dépit des mesures prises lors du Conseil des ministres, notre tutelle reste muette et aveugle devant la situation de détresse qu’elle a causée dans le sous –secteur de l’enseignement supérieur privé. Cette situation nous pousse à suspendre les enseignements délivrés aux étudiants orientés par l’Etat du Sénégal dans les établissements membres de la FEPES (Fédération  des Etablissements Privés d’Enseignement Supérieur), à compter de ce lundi 12 février 2017 à 08 heures et ce, jusqu’à nouvel ordre.

Cette mesure nous est du reste imposée par la situation décrite plus haut et le Ministère de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (MESRI) qui est responsable de cette situation  doit prendre très rapidement ses responsabilités pour solder entièrement les sommes impayées à ce jour. L’initiative privée doit être encouragée et ne devrait souffrir d’aucune forme d’ostracisme ou de marginalisation.

Pour la FEPES

Le Président Mamadou DIOP

« Refusons la censure et que se poursuive le débat sur l’endettement du Sénégal! »

Il y a quelques jours, à l’occasion de la revue annuelle conjointe de la politique économique et sociale tenue au palais présidentiel, la presse a décrit un Président de la République « excédé par le débat sur le niveau d’endettement du Sénégal ».

 

C’est bien dommage de le voir perdre sa sérénité face à un débat d’une importance capitale et que, à ce titre, il ne faut surtout pas esquiver. L’endettement d’un pays, c’est non seulement le financement des politiques publiques, des investissements nécessaires à la croissance et au développement, mais c’est aussi l’avenir des générations futures que l’on ne doit compromettre.
Ce débat doit donc être constant. Non seulement à l’Assemblée nationale où des représentants du peuple sont censés siéger, mais également dans toutes les sphères de la société et chez les partenaires qui aident le Sénégal.
Il ne peut être arrêté, non plus suspendu par quiconque, fût-il Président de la République. Et
encore moins quand ce dernier se trompe dans l’argumentaire utilisé pour décréter sa censure.
Le surendettement est une notion plutôt vague. Il n’est véritablement constaté que lorsque
l’insolvabilité, c’est à dire l’impossibilité d’honorer les échéances de sa dette est établie. L’inconvénient c’est qu’il est alors déjà trop tard. Par conséquent laissons vivre le débat avant qu’il ne soit trop tard.
Commençons par évoquer le surendettement. Il est un processus. Il s’analyse par des comparaisons historiques qui ont conduit à l’établissement de normes. Il est relatif. Le Séné-
gal appartient à un ensemble géographique et économique plutôt homogène au sein duquel une norme existe. Ainsi, au sein de l’UEMOA, parmi les critères de premier rang, figure celui de l’encours de la dette intérieure et de la dette extérieure par rapport au PIB nominal. Il doit être inférieur ou égal à 70% en 2019. A titre d’exemple, une norme identique existe au niveau de la zone économique européenne, mais elle y est fixée à 60%.
A l’intérieur de sa zone économique, le Sénégal a le taux d’endettement (dette publique globale par rapport au PIB) le plus élevé après le seul Togo. Ce taux était de 60,6% en 2016 et devrait atteindre 61,1% en 2017. Il progresse pour le Sénégal alors qu’il baisse pour
le Togo passant de 89,8% à 79,7%. Les moyennes respectives pour l’UEMOA sont 48,1%
et 49%. Certes une réévaluation attendue du PIB, dénominateur de tous ces ratios, rétablira les fondamentaux du Sénégal. Mais pour que la comparaison conserve son sens il faudra que
tous les autres pays de l’UEMOA fassent de même. La bonne logique devrait alors conduire à la révision des normes actuellement en vigueur.
Sans risque d’être démenti, on peut donc affirmer qu’au sein de l’espace UEMOA, le Sénégal
est en situation de surendettement global relatif. Il ne peut que recevoir des conseils de
prudence, et c’est ce que fait le FMI. C’est aussi le rôle de l’opposition d’appeler à la modération avec le souci de préserver des marges de manœuvre pour le futur.
L’argument suivant est souvent entendu : « nous avons encore de la marge puisque nous
n’avons pas atteint les 70% ».
Cela fait penser à ce chauffard lançant sa voiture à pleine vitesse, refusant de ralentir malgré des appels à la prudence et qui leur répond : « tant que je n’ai pas cogné un arbre, je puis continuer d’accélérer »…
Ce moment pour un État est celui de son insolvabilité ou de sa faillite. C’est le moment où
l’État n’est plus en mesure de respecter ses échéances de dette parce que ses revenus ne
sont plus suffisants pour les couvrir et dans le même temps assurer son fonctionnement.
Sont alors concernées aussi bien les échéances (intérêts et remboursements de capital) de la dette intérieure que celles de la dette extérieure.
C’est précisément là que les affirmations du Président Macky Sall faussent le débat avant sa
demande de le clore. Il ne prend en compte que la dette extérieure pour apprécier le risque d’insolvabilité, et la presse de le citer : « …si l’on considère les critères et les normes de viabilité retenues pour la dette publique au plan international, deux critères restent fondamentaux. Premièrement, c’est le service de la dette extérieure, sur les recettes budgétaires. Il faut qu’on soit capable de rembourser la dette.
Si vous prenez ce ratio, nous sommes à 10.9% et la norme est de 30%. Donc où est le débat ? ».

Le Président Macky Sall a réduit les taux à dessein en excluant la dette intérieure de ses
calculs. On savait depuis longtemps que son régime BBY a décidé de privilégier l’étranger par rapport à ses entreprises nationales. On constate qu’il est prêt à les sacrifier en les excluant de la norme de remboursement de la dette. La dette intérieure n’aurait pas d’importance. Il ne serait pas nécessaire de s’alarmer de son accumulation, non plus de son service et donc de ses arriérés.
En économie cela correspond à une éviction du secteur privé national et à la possibilité de la
mise en branle d’un processus de mort économique lente :
l’émergence économique d’une nation ne peut exclure son secteur privé ; le détruire c’est
transformer toute croissance en chimère.
Le Président de poursuivre : «…deuxièmement le ratio de la dette extérieure sur les exportations de biens et services : la norme est de 20% et nous sommes à 9.1%. ». L’usage de
ce second ratio confirme sa volonté de réduire la perception du risque de surendettement. Ce ratio mettant en rapport le service de la dette extérieure et les exportations de biens et services (et donc les flux alimentant les réserves de change du pays) ne manque certes pas de sens. Il est par contre peu pertinent dans le cas du Sénégal pour l’appréciation d’un risque d’insolvabilité de l’État. Tout d’abord, et si ces données sont exactes, il serait plus raisonnable de rappeler que les importations de biens et services par le Sénégal sont supérieures de 50% aux exportations de même nature : il n’y a donc pas constitution nette de cette nature de réserves par notre pays pour pouvoir supporter les échéances de la dette.
Et d’ailleurs à rester dans cette logique le stade de surendettement serait déjà atteint et largement dépassé du fait d’une balance nette négative…
Rappelons enfin que le Sénégal appartient à une union monétaire caractérisée par la mise en commun des réserves des huit pays qui la constituent. Il les utilise quand il n’en possède plus, ce qui constitue un premier « filet de sécurité » et une première couverture de risque.
Lorsque la Banque centrale en charge de la gestion des réserves communes n’en dispose plus, des mécanismes internes lui permettent de continuer à en mettre à la disposition des États membres de l’Union : c’est un second « filet de sécurité ».
Ce second ratio utilisé par le Président est donc peu pertinent au regard de la structure
de la balance des paiements extérieurs du Sénégal. Mais il l’est aussi au plan de l’appréciation
du risque d’insolvabilité du Sénégal en raison de son appartenance à l’UEMOA. Il n’a d’intérêt que parce qu’il lui permet de masquer un surendettement en cours par l’usage d’une
valeur plus faible en pourcentage. Mais puisque le Président de la République retient de se limiter à la seule appréciation de la dette extérieure du Sénégal, suivons-le un instant dans sa
logique et comparons l’endettement extérieur du Sénégal à celui des autres pays de l’UEMOA, car c’est bien dans cet espace que se trouvent notre norme et notre exigence de discipline. On découvre, cette fois avec un peu d’anxiété, que le Sénégal est le plus endetté parmi les huit pays membres :le taux de sa dette extérieure par rapport au PIB atteint40,2% en 2016 et devrait se chiffrer à 48,1% en 2017. La moyenne pour l’ensemble del’UEMOA est de 27,6% en 2016et atteindrait 31,2% en 2017. Le Sénégal est une fois et demie plus endetté que le reste de l’Union. On peut donc en déduire une situation de surendettement relatif pour ce qui atrait également à sa dette extérieure.
Ayons l’élégance d’accepter que le FMI a raison de s’alarmer d’un taux de service de la dette
qui évoluerait de 24% en 2014à 30% en 2017. Ce sont les chiffres corrects, ceux qui ont du sens pour évaluer les risques pesant sur le maintien de la croissance économique sénégalaise autant qu’elle existerait.
Par la voix de son chef, l’État du Sénégal a sans doute ainsi rappelé ses priorités. Comme annoncé, l’année budgétaire à venir sera « sociale » parce que précédant une élection présidentielle. La priorité sera donnée au remboursement de la dette extérieure et aux
dépenses sociales (électoralistes). Nul doute que les arriérés sur les entreprises du
secteur privé s’accumuleront si cela n’est pas déjà effectif. C’est une autre manière de masquer une faillite si elle devait arriver. Nos compatriotes doivent comprendre à quel point ce régime fait prendre des risques à l’économie sénégalaise dès lors qu’’il considère pouvoir continuer à s’endetter à l’extérieur au regard d’une marge que lui laisserait un ratio de « 10,9% contre une norme de 30% ».Citoyens, patriotes et partenaires du Sénégal, refusons
cette censure que l’on veut nous imposer ! La démocratie, c’est le débat ! Le débat sur l’endettement, c’est un débat sur le destin de la nation !

Gorgui Dieng : « La reconnaissance de dette n’engage pas l’État »

L’affaire des 39 millions de Gorgui Sy Dieng, prêtés pour supporter certaines dépenses de la sélection masculine de basket au dernier Afrobasket, pourrait cacher un acte puni par la loi. C’est ce que suggère l’inspecteur du trésor Mamadou Keïta.

« Je crois qu’ils (les responsables du basket et des sports) se sont déplacés sans de l’argent, postule Keïta dans un entretien avec le quotidien sportif Stades. Étant confrontés à des charges, Gorgui Dieng a dépanné en leur demandant de signer une reconnaissance de dette. Je suppose qu’au retour à Dakar, l’argent était disponible et on devait rembourser. (…) Maintenant si on n’a pas payé à Gorgui Dieng, alors que l’argent était disponible, il s’agit d’un détournement d’objectif. Ce qui est délictuel. »

Pour la compétition en question, l’argent devait être disponible. « Il y a un budget qui a été voté et on a peut-être décaissé l’argent- je dis bien peut-être. Dans ce cas, explique l’inspecteur du trésor, toutes les lignes de crédits étaient précisées : hébergement et primes. C’est sur cette base qu’on doit payer. Je continue de croire que l’argent a été décaissé à moins qu’il y ait un problème dans le circuit. »

Dans tous les cas, relève Mamadou Keïta, Gorgui Sy Dieng doit comprendre que la reconnaissance de dette n’engage pas l’État du Sénégal, mais plutôt ses signataires. « Cette dette n’engage même pas le ministère des Sports parce qu’il est juste administrateur de crédits, martèle la source de Stades. D’autant que sur la décharge, il n’y a pas de sceau de l’État, aucune autorité étatique n’a signé. Le Dage, qui est l’ordonnateur secondaire est nommé par décret. Et là, il avait délégué une autre personne. »

Dès lors si l’État s’en lave les mains, Gorgui Sy Dieng sera contraint de se tourner vers ceux qui ont signé la reconnaissance de dette. « Il peut les attaquer en justice et il aura gain de cause. La décharge qu’il tient a bien une valeur juridique », signale Mamadou Keïta. Qui parie : « Je ne crois pas qu’on en arrivera à ce stade. Ceux qui ont contracté cette dette sont des gens responsables. »

Pape Diop et Khalifa Sall au cœur d’une dette bancaire de 30 milliards de F Cfa

MAIRIE DE DAKAR : Pape Diop et Khalifa Sall au cœur d’une dette bancaire de 30 milliards de F Cfa

En effet, ces prêts contractés entre 2008 et 2014 (sous Pape Diop et Khalifa Sall) ont officiellement servi au recasement des marchands ambulants. Des sources autorisées renseignent d’ailleurs que la mission de l’Inspection générale d’État (IGE) qui a soulevé l’affaire dite de la Caisse d’avance à l’origine de l’emprisonnement de Khalifa Sall et Cie, s’est étonnée de cette ardoise colossale non sans manifester des inquiétudes sur la rentabilité de ces opérations.
« C’est plus qu’une nébuleuse », affirme une autre source autorisée qui confirme que l’IGE s’est intéressée à ces prêts qui ont fait l’objet d’une recommandation.
Les mêmes sources affirment que les vérificateurs ont été aussi perturbés par certaines dépenses de la mairie comme celles liées aux réceptions et aux frais d’hôtel et de restauration.
La preuve par le budget 2017 approuvé par le préfet de Dakar dans des conditions qui nourrissent les commentaires au plus haut sommet de l’État. Comme nous l’écrivions, l’exemple le plus illustratif de cette gestion nébuleuse à la mairie de Dakar figure dans les « Dépenses Section fonctionnement » du budget approuvé le 14 février 2017 par le préfet de Dakar.
Sur un total dépense de 66,6 milliards de FCfa, 41,530 milliards ont été affectés aux dépenses de fonctionnement. La rubrique 508 de ces dépenses est consacrée aux fêtes et cérémonies publiques.
Et aussi insolite que cela puisse paraître, la somme d’1,308 milliard est prévue à cet effet. Pendant ce temps, 2 milliards de F Cfa ont été affectés au cabinet du maire et 5 milliards aux secrétariats et bureaux.
Autre curiosité : 4,5 milliards de FCfa ont été alloués à la rubrique « Éducation- Jeunesse- Culture et Sport » sans plus de précision alors que 1,3 milliard est réservé aux « Dépenses diverses ».

Le FMI s’inquiète de l’augmentation du niveau de la dette du Sénégal

content_image

Le Sénégal reste dans une situation de faible risque de surendettement, mais les niveaux de dette augmentent, annonce un communiqué du Fonds monétaire international (FMI) parvenu lundi à APA.

Ce communiqué fait suite à la fin de la troisième revue des résultats économiques obtenus par le Sénégal dans le cadre du programme appuyé par l’Instrument de soutien à la politique économique (ISPE) par le Conseil d’administration du FMI.

« Le recours accru à l’emprunt non concessionnel, notamment sur le marché régional, a alourdi la charge du service de la dette sur le budget », a ajouté le FMI. Cette institution internationale note que pour préserver le niveau de faible risque de surendettement, le Sénégal doit absolument maintenir les forts niveaux de croissance envisagés dans le cadre du Plan Sénégal émergent (PSE), tout en respectant la trajectoire prévue de rééquilibrage de ses finances publiques. Ce qui implique une mise en œuvre rapide des mesures destinées à stimuler l’investissement privé.

« L’amélioration des processus de sélection, d’évaluation et de suivi des projets d’investissement pour dégager une solide rentabilité économique, et le recours régulier lorsque c’est possible à l’emprunt concessionnel et semi-concessionnel dans le cadre d’une stratégie exhaustive de gestion de la dette, contribueront à maintenir la dette sur une trajectoire viable, tout en assurant la bonne mise en œuvre du programme d’investissement public du PSE », préconise le FMI.

En outre, le Fonds souligne qu’il est urgent de renforcer les opérations du Trésor, en proie à des difficultés dues à des arriérés de longue date et aux problèmes financiers de la poste. Les services du FMI saluent l’intention des autorités de faire un bilan de ces difficultés en procédant à un audit du Trésor d’ici fin mars 2017 et d’élaborer un plan d’action à mettre en œuvre le plus tôt possible.