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Fesman : 20 milliards pompés entre la Sgbs, Ecobank et la Bis

FESMAN : 20 milliards pompés entre la SGBS, ECOBANK et la BIS

En effet, la loi de finances initiale 2008 avait prévu 5 milliards représentant le budget initial de l’événement. Mais à la loi de finances rectificative 2008, un prélèvement de 1 825 050 302 F CFA a été opéré, d’où des crédits ouverts de 3 174 949 698 entièrement mobilisés.
10 autres milliards seront encore versés au FESMAN dans la loi initiale des Finances 2009 suivis de crédits de paiement de 18 000 000 000 ouverts dans la loi de finances initiale 2010 en plus des crédits de 8 000 000 000 issus de la quote-part de l’Etat sur le trafic international entrant au Sénégal (cf décret n° 2010-1643 du 09 décembre 2010).
Au total, des crédits budgétaires de 26 milliards ont été ouverts et entièrement mobilisés au titre de la gestion 2011.

39,1 milliards de « subventions » sur la période 2008-2010

Ces « subventions » de l’Etat (sans contrepartie) accordées à la Délégation du Festival Mondial des Arts Nègres qui a un budget qui lui est propre sont d’un montant de 39 174 949 698 FCFA sur la période 2008-2010.

Celles-ci sont inscrites en titre 6 (transfert en capital) dans le budget de l’Etat et transférées à la Délégation (subventions) accordés aux agences qui ont également leur budget qui leur sont propres. Il s’agit de subventions (sans contrepartie) pour lesquelles les dépenses auxquelles elles ont servies ne sont pas…retracées dans le budget de l’Etat.
N’empêche, un mois avant la tenue du FESMAN, la Délégation générale a évoqué des « difficultés » de trésorerie pour bénéficier de la rondelette somme de 20 milliards de F Cfa.

Que s’est-il passé ?

Selon les documents obtenus par nos soins, elle s’est rapprochée des banques (BIS, SGBS et Ecobank) pour solliciter des prêts d’un montant de vingt milliards (20 000 000 000) francs CFA pour le préfinancement « d’actions urgentes » pour une réussite de « cette importante manifestation culturelle dont la tenue ne pouvait aucunement être différée une troisième (3ème) fois sous peine de porter un coup à la crédibilité de notre pays qui a mérité la confiance de l’Union Africaine pour l’organisation de la plus grande manifestation culturelle internationale des peuples noirs et de la diaspora ».

En retour, ces banques ont exigé de la Délégation générale du FESMAN quand et comment elles seraient remboursées.
Aussi, l’Etat a-t-il… facilité cette opération de trésorerie en envoyant des lettres de confort aux banques (lettres de confort n° 01216/MEF/DCEF du 19 novembre 2010, n° 01217/MEF/DCEF du 19 novembre 2011 et n° 01280/MEF/DCEF du 9 décembre 2010) quant à la disponibilité des crédits de 20 milliards F Cfa au titre de la gestion 2011 qui serviront au remboursement des prêts contractés par la Délégation au plus tard le 30 juin 2011.
C’est dans ce contexte que les banques ont mis en place en sa faveur ces crédits dans les comptes ouverts par la Délégation générale du Festival Mondial des Arts Nègres pour le financement de ses activités. En résumé, bien que l’argent a été levé par l’État, les fonds ne sont jamais passés par le Trésor.
Budgétairement, les crédits de 20 milliards ont été justement ouverts dans la gestion 2011 et n’ont été prévus, ni dans la loi de finances initiale 2010, ni dans les deux lois de finances rectificative 2010 intervenues en juin 2010 et novembre 2010.
La deuxième loi de finances rectificative a été communiquée au Secrétariat général du Gouvernement le lundi 15 novembre 2010 en vue de son adoption au Conseil des Ministres le jeudi 18 novembre 2010. La réunion hebdomadaire du Conseil des Ministres n’a pu se tenir le jeudi 18 novembre 2010 pour raison de calendrier de l’ancien Président de la République.
C’est finalement le jeudi 25 novembre que la deuxième loi de finances rectificative a été adoptée en Conseil des Ministres et le Gouvernement a utilisé la procédure d’urgence pour la faire examiner par le parlement (Assemblée nationale et Sénat).
La procédure d’urgence a été utilisée pour permettre la promulgation à temps de ladite loi et conséquemment le paiement à date échue (avant le 8 décembre 2011- règlementairement les salaires doivent être payés au plus tard le 8 du mois) des salaires des corps émergents, principal objet de la deuxième loi de finances rectificative 2010.
Seulement, le parlement n’a démarré l’examen de la deuxième loi de finances rectificative 2010, à travers la commission des finances de l’Assemblée nationale, que le 09 décembre 2010 en raison de l’examen de la loi de finances initiale 2011 qui était en cours.
Le Système Intégré de Gestion des Finances Publiques (SIGFIP) n’a à juste titre pas retracé en 2010 les opérations de trésorerie de 20 milliards FCfa ainsi que le Tableau des Opérations Financières (TOFE) prévisionnel et réalisé en 2010 au niveau des opérations relatives aux recettes et dépenses budgétaires (haut du TOFE). Si le haut du TOFE devait retracer une telle opération, il n’y aurait pas de concordance entre le SIGFIP et le TOFE.
En clair, il n’y a aucune trace de ce montant et personne ne sait à quoi ils ont servi. Libération reviendra dans sa prochaine livraison sur la gestion des dons (argent et voitures) que des pays amis avaient offerts au Sénégal dans le cadre du FESMAN.

8 milliards d’un prêt nébuleux : La Bank Of Africa exige son dû, Amadou Bâ et Pape Aly Guèye dans la nasse


Laurent Robert Basque, ancien Directeur général de la filiale sénégalaise de la Bank of Africa (Boa) décédé, doit encore se retourner dans sa tombe. Le fameux prêt d’environ 8 milliards de nos francs qu’il avait accordé au richissime Pape Aly Guèye, suite à un coup de pouce de… Amadou Bâ, ministre de l’Economie, des Finances et du Plan, n’a toujours pas été honoré.
Et avec le deadline fixé au… 31 décembre prochain, son successeur «exige» le paiement du montant. Qui va payer : Pape Aly Guèye ou Amadou Bâ ? pour quel travail ce montant a-t-il été dégagé ? Où est parti l’argent ? Où cela a-t-il été dépensé ? Comment cela a été distribué ? «Les Echos» a depuis très longtemps déployé ses radars à la seule banque sénégalaise cotée en bourse, à la commission bancaire, au ministère et partout, pour connaître l’évolution de l’affaire.

Encore un scandale financier objet de toutes les railleries, dans les endroits sélects où se rencontrent les banquiers. Et encore une fois, c’est le nom du ministre de l’Economie, des Finances et du Plan qui est cité. Du «Bernard Madoff à la sauce sénégalaise». Dans un montage financier «ingénieux», Pape Aly Guèye, grâce au coup de pouce du ministre Amadou Bâ, parvient à obtenir un prêt de quelque 8 milliards de nos francs auprès de la Bank of Africa (Boa) alors dirigée par Laurent Robert Basque.

Des échéanciers passent sans que la dette ne soit honorée. Entre-temps, des suites d’une crise cardiaque, le Directeur général Laurent Robert Basque rend l’âme. Il est remplacé par Mamadou Igor Diarra. Ce dernier, ancien ministre malien des Finances et banquier réputé (il a été Directeur général de la Banque internationale pour le Mali), maîtrise les rouages de l’administration et sent à mille lieues tout dossier nébuleux qui lui est présenté.
Le deadline étant fixé au 31 décembre prochain, il demande que le prêt soit honoré. Nos sources au sein de la Boa indiquent même qu’il y est contraint. D’autant qu’il va être obligé de le provisionner si le prêt n’est pas remboursé à date échue. Surtout que la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Bceao), à travers la commission bancaire, ne tolère aucun écart de ce genre. Le capital de la Boa étant de 12 milliards et l’institution financière étant cotée à la Bourse régionale des valeurs mobilières (Brvm), il est impensable de ne pas recouvrer un tel montant ; et le risque est grand de le provisionner dans le bilan annuel.

LES ECUEILS DES CONTRACTANTS ET LA RISEE DES CONCURRENTS

Selon toujours nos sources au sein de la Boa, il y a beaucoup d’écueils. L’affaire est tellement grosse que leurs collègues des autres institutions bancaires la suivent de très près, en se demandant avec quelle acrobatie Amadou Bâ et Pape Aly Guèye peuvent s’en sortir.Est-ce que Pape Aly Guèye va payer d’ici samedi la manne financière ? A défaut, le ministre Amadou Bâ va-t-il mettre la main à la poche. Le cas échéant, où va-t-il puiser un tel montant pour un fonctionnaire, si haut placé soit-il ? Va-t-on, comme cela a déjà été fait dans le passé, recourir à un Dépôt à terme (DAT).

De toute façon, «Les Echos», qui est à l’affût depuis le début, continue de suivre cette affaire rocambolesque. Nos informateurs se posent d’autres questions : à quoi a servi l’argent ? Quel projet a-t-il financé ? Qui en a bénéficié ? Comment cela a-t-il été dépensé ? Des questions que tout le monde se pose et auxquelles personne n’a jusqu’ici trouvé la moindre réponse.