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Education : les enseignantes demandent plus d’appui de la part des autorités.

Education : Pour une année scolaire apaisée et sans perturbation, les enseignantes demandent plus d’appui de la part des autorités.
Pour une année apaisée et sans perturbation, le RFEEEG, qui est une organisation féminine qui œuvre pour la pacification de l’espace scolaire, a organisé hier une grande randonnée à Dakar pour lancer leur programme annuel de zéro grève.

En effet, cette association regroupe plusieurs actrices de l’éducation venant de différents coins du Sénégal. Ce sont des enseignantes, des leaders qui œuvrent pour une noble cause : soutenir l’éducation. Malheureusement, ce regroupement rencontre certaines difficultés liées à l’absence d’appui et de soutien.

Il y a des délégations qui sont toujours à Dakar et qui peinent à rentrer dans leurs régions respectives, faute de moyens. C’est pourquoi, après avoir fait le tour des chefs religieux et des autorités, ces enseignantes trouvent qu’il est vraiment dommage de rester insensible face à leur situation vu l’importance que le chef de l’État accorde à l’éducation.

Elles estiment que ces autorités doivent se concentrer sur les préoccupations qui interpellent l’éducation, car c’est elle qui peut faire avancer notre chère nation. C’est d’ailleurs une préoccupation majeure du président de la République Macky Sall, que nous interpellons en même temps, car il est très sensible aux questions qui tournent autour de l’éducation.

Toutefois, ces enseignantes sont engagées et avec l’esprit de leadership de leur présidente, à véhiculer ce concept « Zéro grève », pour en faire une réalité et appellent pour cela, tous les fils de ce pays qui tiennent à l’éducation.

Elles se battent pour la pacification de l’espace scolaire, le retour et l’incarnation des valeurs à l’école mais également pour une implication soutenue et perpétuée des femmes dans la prévention et la résolution des crises dans le système éducatif.

Les Inspecteurs de l’Éducation en sit-in vendredi prochain

Le système éducatif connaît toujours des remous. Les Inspecteurs de l’Éducation continuent de ruer dans les brancards.
En effet, le secrétaire général El Cantara Sarr et ses camarades du Siens ont décidé de faire monter la lutte d’un cran en battant, pour la première fois dans l’histoire du système éducatif sénégalais, le pavé dans les rues de la capitale.
La marche est prévu le 28 septembre prochain. Cette manif entre dans le cadre du 9e plan d’actions. Si les inspecteurs manifestent ainsi, c’est parce qu’ils sont mécontents du sort qui leur est réservé par les autorités. Ils interpellent le ministre de l’Éducation nationale, Serigne Mbaye Thiam avant que la situation ne dégénère…

Grève : Le syndicat des inspecteurs de l’éducation lance son 9ème plan d’actions

L’année scolaire qui se profile à l’horizon va connaitre des perturbations. Et pas des moindres. En effet, le syndicat des inspecteurs de l’Education nationale (Siens) a décidé de dérouler son 9 ème plan d’actions. Ce, à deux semaines seulement de la rentrée scolaire prévue le 04 octobre.

A cet effet, selon Enquête, une grève totale est décrétée ce lundi, demain mardi et après-demain dans les inspections d’académie (Ia), Inspections de l’Education et de la formation (Ief) et les centres régionaux de formations des professionnels de l’éducation (Crfpe).

Ce mot d’ordre sera suivi d’un boycott de tous les ateliers liés aux projets et programmes actuellement en cours aussi bien au niveau central que déconcentré.

A partir du lundi 24 au vendredi 29 septembre prochain, une grève est décrétée dans les Ia, Ief et Crfpe. Ainsi, une grande marche nationale est prévue à Dakar le vendredi 28 de ce mois.

Education : la date de la rentrée scolaire connue

Le ministre de l’Éducation nationale, Serigne Mbaye Thiam, a fixé la date de la rentrée scolaire. Selon Wal fadjri, il a transmis une note dans laquelle, il signale que les enseignants retrouveront le chemin de l’école le 3 octobre prochain tandis que les élèves s’y mettront le lendemain, 4 octobre.

Dans le document d’orientation, rapporte le journal, le ministre souhaite rendre  effectif le concept de «Ubi tey, jang tey» (démarrage effectif des cours le jour de la rentrée). Dans ce sens il demande aux inspecteurs d’académie et aux inspecteurs de l’éducation et de la formation de partager avec les acteurs concernés sa note d’orientation et le dispositif mis en place pour la Rentrée.

Encore une crise majeure dans l’Education : Les Inspecteurs en grève totale

Le Syndicat des inspectrices et inspecteurs de l’éducation nationale du Sénégal (Siens) a lancé, ce lundi, son huitième plan d’actions. Selon L’As, qui donne l’information, El Cantara Sarr, Secrétaire général du Siens, et ses camarades prévoient de boycotter toutes les activités (ateliers, séances de partage, réunions, formations) liées aux projets et programmes actuellement en cours aussi bien au niveau central que déconcentré.

Ce n’est pas tout. Le Siens va décréter une grève totale dans les IA, IEF et CRFPE les mercredi 29, jeudi 30 et vendredi 31 août. Une autre grève totale dans les IA, IEF et CRFPE est prévue les mardi 4, mercredi 5 et jeudi 6 septembre ainsi que les lundi 10, mardi 11 et mercredi 12. Le mot d’ordre va se poursuivre jusqu’au samedi 15 septembre 2018.

Des états généraux indispensables pour sauver le système éducatif ( Papa Ibra SAMB)

La société sénégalaise arrive à un moment où il est temps de repenser son système éducatif à travers un projet global en cohérence avec un monde en mutation. Par conséquent, il est indispensable de procéder à une réforme du système éducatif dans son ensemble. Pour cela, personne n’a le monopole de la vérité et la conception d’un tel projet de société doit être participative et inclusive. Après les deux approches sectorielles des Assises de l’éducation et de la Concertation Nationale sur l’avenir de l’Enseignement Supérieur, il devient impératif de procéder à une réflexion holistique et globale avec des objectifs précis sur le citoyen sénégalais du 21è siècle à former, les compétences comme les valeurs cardinales pour une société harmonieuse dans un environnement durable.

Des états généraux impliquant tous les segments de la société deviennent incontournables pour inventer un système éducatif en cohérence avec le modèle de développement et pour opérer toutes les ruptures aptes à tenir compte de toutes les erreurs passées et présentes qui ont fini d’installer l’école et son système dans l’impasse. Cette approche est incontournable car l’école et le savoir constituent la clé de voûte de tout développement.

Le système éducatif a toujours été et reste un secteur sensible sur la stabilité et la gouvernance du pays. Aussi, un pilotage à vue est-il savamment entretenu pour faire preuve de créativité. Tous les gouvernements successifs ont été confrontés à gérer des états d’âme et des plateformes revendicatives et il est possible de se demander s’il existe réellement une politique sectorielle bien pensée d’amont en aval privilégiant la durabilité, la soutenabilité et la pertinence en se fixant les objectifs précis sur des finalités éducatives bien définies.

Les efforts consentis par les différents régimes n’empêchent pas à l’école sénégalaise de connaître une crise récurrente et profonde qui affecte tout le système éducatif dans son ensemble. A peine sort on des perturbations dans l’élémentaire et le secondaire que l’enseignement supérieur relativement stable cette année s’embrase à la faveur d’un mouvement d’humeur des étudiants de l’Université Gaston Berger de Saint Louis ayant abouti à la mort de l’étudiant Fallou Sène suite à l’intervention des forces de l’ordre.

La gestion hasardeuse de cette crise montre des signes de fébrilité et de vulnérabilité en contradiction apparente avec le programme affiché dans le secteur puisque l’Etat du Sénégal atteste avoir mobilisé plus de 430 milliards entre 2013 et 2018 représentant 2,5 fois ce qui a été dépensé en cinquante-deux ans avec la déduction vite tirée que le Président Macky Sall aurait fait plus dans l’enseignement Supérieur que les Présidents Senghor, Diouf et Wade.

Il aurait ainsi construit des universités, des Instituts Supérieurs d’Enseignement Professionnel, des Espaces Numériques Ouverts (Université Virtuelle du Sénégal), des Centres de Recherche et d’Essais, des amphithéâtres, des milliers de lits additionnels et des laboratoires-salles de travaux pratiques etc… Pendant le même temps, le régime affirmerait aussi avoir mis sur la table environ 51 milliards rien que pour les bourses des étudiants sans compter les nouvelles mesures dans le cadre de gestion de la crise.

Cela ne nous fait pas oublier les trois universités créées en 2007 sous le régime du Président Wade et évidemment cela avait été vanté de la même manière par rapport à ses prédécesseurs qui n’auraient laissé que deux universités. Sous ce magistère, figuraient dans l’appellation du ministère de l’enseignement supérieur, les Centres Universitaires régionaux qui devraient être parmi les innovations majeures de cette époque. Sans jamais avoir existé, ces C.U.R ont disparu de la carte alors que beaucoup de moyens ont été mis en œuvre pour qu’ils participent à diversifier l’offre de formation au niveau du Supérieur de même qu’une abondante réflexion avait été menée pour la mise en œuvre de l’enseignement à distance.

La période 2000-2012 avait été aussi marquée par des investissements importants au niveau de la case des Tout Petits, de l’élémentaire et du secondaire. De même, pour faire dans l’enseignement de proximité, beaucoup de collèges et de lycées de proximité ont été érigés et qui ont contribué à une meilleure démocratisation de l’offre éducative et c’est à croire, en partie, que sont ces choix qui ont contribué à l’accroissement du nombre de bacheliers. Nous suggérions à l’époque une diversification à faire intervenir avant le baccalauréat pour fournir beaucoup de techniciens et moins de bacheliers. La même approche devrait s’appliquer dans le premier cycle du secondaire.

Au regard des efforts consentis, il est à se demander si les performances ont suivi avec une bonne balance. Pour cet exercice, nous avons pris comme repères, les données fournies pour l’année scolaire 2016-2017. Des sources officielles ont indiqué que malgré une année scolaire 2016/2017 relativement stable, sans perturbations récurrentes et pouvant être considérée comme une année académique avec zéro faute, n’eussent été les fuites et fraudes notées lors des évaluations nationales, notamment pour le concours général, le baccalauréat et le Brevet de fin d’études moyennes (Bfem), le taux de réussite du Baccalauréat a connu une chute de 5 points avec 31,6% en 2017 contre 36,6% en 2016, tout comme les examens du Certificat de fin d’études élémentaires (Cfee) et le Bfem qui ont respectivement enregistré 45% en 2017 contre 54% en 2016 et 56% en 2017 contre 58% en 2016. Pour un budget annuel qui serait de 402 milliards FCfa, l’école aurait obtenu 70% d’échec dans le secondaire, 55% dans le moyen et 44% dans l’élémentaire, en plus de la progression du taux d’abandon (19,4 dans le moyen, 9,8 dans le secondaire) et de redoublement, du déficit criard des intrants pédagogiques.

Ce serait là quelques péripéties d’une année certes apaisée, mais qui a enregistré beaucoup d’échecs. Ce qui a amené un acteur du système, Oumar Wally Zoumarou à qualifier l’année de chaotique avec des fuites allant jusqu’à considérer l’année de nulle ou blanche. Ces résultats ne sont guère reluisants et au contraire c’est un aveu d’une école de l’échec. Malgré tout, sur les 147 602 candidats ayant pris part à l’examen du bac en 2017, les 46 652 ayant décroché leur sésame (1er et 2ème tours réunis) ont dû poser un casse-tête pour leur orientation dans le supérieur. Les cohortes reçues sont sans commune mesure avec la capacité réelle d’accès.

Les universités publiques ayant atteint leurs limites, une mesure conservatoire a consisté à déverser le trop-plein dans les écoles privées selon un processus en cours depuis quelques années. Dans le Supérieur, les échecs et les abandons font également légion et les effectifs de la première année au master évoluent suivant une pyramide.
Naguère considéré comme un luxe pour nos pays par la banque mondiale, l’enseignement supérieur est devenu fréquentable depuis son séminaire d’Accra de 2003 intitulé : « l’Enseignement supérieur, ce qui marche ».

Les paradigmes ont ainsi bien changé car avec l’ajustement structurel, l’on se souvient du tollé créé par les dépenses sociales qui avaient fait l’objet de coupes sombres. Pendant de longues années, l’orientation des bacheliers était sélective et n’était plus obligatoire. C’est en 2001 que beaucoup de mesures sont prises pour corroborer une idée chère au Président WADE qui considérait à juste raison que les dépenses sur l’éducation sont des dépenses d’investissement mais aussi comme des mesures d’apaisement suite au meurtre de l’étudiant Balla GAYE. C’est ainsi que l’engorgement de l’accès dans le supérieur et la massification dans les universités constituent des problèmes d’une extrême délicatesse auxquels des réponses hardies devraient être trouvées.

D’un autre côté, ces problèmes ne devraient point occulter les autres besoins comme la formation continue, l’éducation pour tous ou au cours de toute la vie. Pourtant il est possible de se demander si ces aspects sont mieux gérés maintenant comparativement à la période à une seule université. D’autres questions peuvent être posées sur les passerelles entre les différentes filières et les différentes universités ainsi que les mises en cohérence et les complémentarités pour éviter les redondances. Quelle est la cohérence des différents parcours depuis l’élémentaire ? Toutes ces questions parmi tant d’autres posent le problème de la pertinence d’un plan stratégique global bien pensé qui constituera la commande publique ou la lettre de politique sectorielle pour une durée et une planification déterminées.

Les questions juridiques, éthiques, de norme, de qualité de transparence et de sécurité constituent un domaine stratégique vital dans un système où le diplôme cède la place à des attestations avec une conformité souvent difficile à établir. Il ne faudrait pas oublier la recherche qui reste une des missions essentielles et qui constitue le ventre mou de nos universités. Il se pose également le problème de son financement à travers des projets structurants pilotés par la demande sociale. Là aussi, la recherche universitaire libre par essence gagnerait à s’appliquer à résoudre les problèmes du développement par un plan stratégique bien maîtrisé.

Un grand peuple arrive à transcender des problèmes parce qu’il privilégie de réfléchir, de comprendre et d’agir sans mettre en avant les sentiments. Dans le cadre de cette crise accidentelle, des mesures conservatoires peuvent et doivent être prises pour calmer les esprits et cela est absolument nécessaire (peut-être seront-elles politiques), mais pour la durabilité des options à entreprendre pour agir utilement, selon mon intime conviction il faut convoquer des états généraux sur l’école avec toutes les forces vives sans exclusive. Il y va de l’intérêt de toute la nation sénégalaise.

Il s’agit de bâtir dans la durée, une école, un système éducatif, un seul pour l’atteinte des objectifs jusqu’aux plus récents de la gestion de nos ressources naturelles gazières et pétrolières. Cette question, par sa centralité mérite bien un dialogue national pour éviter de renchérir une école qui coûte déjà très cher avec des résultats médiocres comme en attestent les rangs des deux universités sénégalaises figurant sur le classement top 200 des universités africaines (48 et 157 places pour UCAD et UGB respectivement).

Après Fallou Sène et les deux autres qui l’ont précédé, un esprit pessimiste a pu prédire que le prochain meurtre d’étudiant interviendra en 2021. Quel esprit optimiste pour prédire le contraire et nous assurer que cela ne se reproduira jamais. C’est cela qui est attendu de qui de droit. Cette réponse n’est possible qu’à la seule condition qu’un bon diagnostic soit effectué sans complaisance avec une thérapeutique appropriée. Pour ma part, les causes sont multiples et systémiques. Une éradication sûre doit connaître toutes ces causes pour enrayer à jamais la survenue de tels évènements. Encore, là aussi, il est aisé de comprendre combien le pédagogique est inféodé au social. Les investissements infrastructurels doivent être en adéquation avec les mesures sociales pour éviter l’entrée en conflit entre les composantes d’un même système.

De même, les projets culturels comme ceux de l’éducation gagnent à porter l’adhésion de sa communauté éducative qui est le premier intrant pour sa réussite. Nulle surprise que l’Université du Futur Africain soit restée en l’état embryonnaire en étant victime de sa malformation congénitale. Dans ce cas d’école, notre futur a voulu se construire en oubliant le passé et le présent. Si nous admettons humblement que les mêmes causes produisent les mêmes effets, les actions durables dans le domaine de l’éducation et de la science doivent être fondées sur le socle de l’expertise collégiale de tous les sénégalais en plus de la diaspora et ses amis pour éviter les erreurs préjudiciables à notre avenir.

Au demeurant, les fractures scientifique, numérique, technologique et autres constituent un lourd handicap pour nos pays dans un monde dominé par l’information et le savoir. L’éducation doit être à la hauteur de ce défi pour éviter un décrochage. Pour être efficace, le système éducatif doit être réformé en profondeur au regard de finalités imposées par le contexte. Le type de citoyen à former est une tâche ardue car il s’agit d’un citoyen ancré sur nos valeurs cardinales et ouvert sur un monde en devenir, donc une citoyenneté planétaire responsable. L’école constitue ainsi la solution et non le problème. Or, le pilotage du système par les crises crée des dysfonctionnements qui tuent le système. Aussi n’est-il pas nécessaire de mettre sur pied un Conseil Supérieur de l’Education pour assurer en toutes circonstances la continuité et la veille dans ce domaine clé ?

Prof. Papa Ibra SAMB
Recteur Honoraire Fondateur de l’Université de Thiès
Membre Titulaire de l’Académie Nationale des Sciences et Techniques du Sénégal
Président de la Convergence d’Initiatives pour le Sénégal

La grève des enseignants agacent élèves et parents d’élèves

Education : la grève des enseignants agacent élèves et parents d’élèves
Les grèves cycliques des enseignants agacent les élèves des Collèges d’enseignement moyen (Cem) et lycées de Dakar et de sa banlieue. N’en pouvant plus de cette situation qui empire de jour en jour, les potaches ont décidé de se faire entendre.
En groupes, hier, ils ont délogé leurs camarades de plusieurs établissements des communes des Patte d’Oie et Parcelles Assainies. Certains d’entre eux, se trouvaient en pleine composition du premier semestre.

Et, pour ne rien arranger, les parents d’élèves sont aussi entrés dans la danse. A l’appel de l’Union nationale des parents d’élèves et d’étudiants du Sénégal (Unapees), ils annoncent le port de brassards rouges à chaque grève des enseignements et une descente dans la rue.

«Nous appelons tous les parents d’élèves à porter des brassards rouges pour manifester notre colère contre ces grèves qui hypothèquent l’avenir de nos enfants. Car, nous en avons marre et nous disons que ça suffit. Que l’Etat prenne ses responsabilités » lance le président de l’Unapees, Abdoulaye Fanné.

Avec Walfadjiri

Pas moins de 7 chefs d’Etats africains attendus à la Conférence sur le financement de l’éducation

Le président de la République, Macky Sall a accueilli, ce jeudi, à l’aéroport international Léopold Sédar Senghor ses homologues de la République centrafricaine, du Mali, du Niger et du Tchad, venus participer à la 3e Conférence internationale de reconstitution des Fonds du Partenariat mondial sur l’éducation.

Les présidents centrafricain Faustin-Archange Touadéra, malien Ibrahim Boubacar Keïta, nigérien Mouhamadou Issoufou et tchadien Idris Déby Itno ont devancé ce jeudi le président français co-président de la 3e Conférence qui se tient pour la première fois en terre africaine.

Il est attendu, dans la nuit, l’arrivée des chefs d’Etat du Bénin Patrice Talon, du Burkina Faso Roch Marc Christian Kaboré et du Togo Faure Gnassingbé, a-t-on appris.

Un peu tôt dans la matinée, le Premier ministre Mouhamad Boun Abdallah Dionne avait accueilli son homologue de la Côte d’Ivoire Amadou Gon Coulibaly, venu également prendre part à la Conférence de Dakar sur le financement de l’éducation, prévue vendredi au Centre international de conférences Abdou Diouf de Diamniadio (CICAD).

L’Aj / Pads dénonce le non-respect des accords signés avec les syndicats de l’éducation

Selon un communiqué reçu par Dakaractu ce jeudi, le Mouvement national des enseignants de Aj / Pads (Mneaj) a tenu un séminaire d’évaluation de la situation sociopolitique du pays ce samedi 30 décembre 2017.
Les camarades de Mamadou Diop Decroix, estimant que l’Ecole et l’Université sénégalaises sont secoués par une « grave crise », ont, à l’occasion, défini les stratégies qu’ils pensent capables de renforcer l’implication de leur mouvement dans les luttes en cours des enseignants.
Pour mémoire, le séminaire avait aussi pour objectif de débattre des perspectives de restructuration du mouvement dans le cadre de l’actuel processus de sa massification.
Après des débats larges et approfondis, le Mneaj a tenu à dénoncer avec vigueur « le non-respect par le gouvernement des accords signés avec les syndicats de l´enseignement depuis plus de cinq ans ».
« Le Mneaj s´est également indigné de la dégradation avancée des conditions de travail des élèves et des enseignants ainsi que de la précarisation continue des différents corps du secteur, toutes choses qui viennent confirmer l´incompétence du régime », a poursuivi le communiqué.
« En ce qui concerne l´Université, la non prise en charge des revendications des enseignants-chercheurs, en dépit des efforts et sacrifices qu´ils ont consentis pour la stabilité de l´institution, démontre à suffisance l´irresponsabilité et le manque de vision des autorités », dénonce le Mouvement national des enseignants de Aj / Pads.
« Le Mneaj estime que la seule issue offerte aux organisations syndicales d’enseignants et à tous les autres secteurs agressés, reste le combat ferme et sans relâche face à un régime obnubilé par le clinquant et le tape-à-l’œil.
Il décide dans ces conditions de renforcer son implication aux côtés des forces sociales pour continuer de faire pression sur le gouvernement afin qu´il apporte des solutions diligentes aux préoccupations des enseignants et à celles de tous les autres travailleurs », renchérit notre source.
« Au plan interne, le séminaire du Mouvement national des enseignants Aj a formulé d’importantes propositions à l’endroit de la direction du parti allant dans le sens de l’organisation, de l’implantation et de la massification du mouvement à l’échelle du pays.
Il a, à cet égard, insisté sur le renforcement de l´École du parti notamment par l’implantation d’antennes régionales pour se rapprocher davantage des jeunes militantes et militants pour une bonne assise politique et idéologique », termine le communiqué

Education : Vers la réforme du Bac

ÉDUCATION : Vers la réforme du Bac
Le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, Mary Teuw Niane a annoncé, jeudi à Saint-Louis, la mise en place d’une commission nationale chargée d’élaborer des propositions de réformes du baccalauréat pour une meilleure fiabilité de ce diplôme sénégalais.

Mary Teuw Niane a relevé que le « baccalauréat sénégalais, premier diplôme de l’enseignement supérieur, a toujours occupé une place honorable au niveau des grandes universités européennes, grâce au système d’enseignement de qualité dispensé ».

Le ministre s’exprimait lors de l’ouverture de l’atelier de réflexion sur le baccalauréat en présence d’universitaires, de représentants des syndicats d’enseignants, de membres de la société civile et de différents acteurs de l’éducation au Sénégal.

Après avoir retracé l’historique du baccalauréat, depuis l’époque Napoléonienne à nos jours, Mary Teuw Niane, a souligné que « la nécessité de reformer le Bac fait suite à la mise en œuvre de la grande réforme de l’enseignement supérieur, après la tenue du conseil présidentiel de 2013 et qui a abouti à une orientation des formations supérieures vers les sciences et la technologie ».

Le professeur Niane a fait noter que « cette réforme du Bac répond au souci de mieux sécuriser le système des examens, suite aux fuites décelées lors du Bac 2017, ce qui avait fini de contrarier la réforme décidée depuis plus deux ans ».

D’ailleurs, a-t-il précisé, « une plainte est en cours auprès du procureur de la République pour sanctionner les auteurs de cette indélicatesse qui, à travers un modus operandi, ont cherché à décrédibiliser le baccalauréat sénégalais ».

A la suite du ministre, le directeur de l’Office national du Bac, Babou Diakham a estimé que la réforme vient « à son heure et permettra de changer le contexte, face au développement des réseaux sociaux, afin d’arriver à une fiabilité des examens, pour une crédibilité du baccalauréat, qui passera par un renouveau du système éducatif ».

Les conseillers du président de la République, du Premier ministre et du Haut conseil des collectivités territoriales (HCCT), en matière d’éducation, se sont tour à tour réjouis de la tenue de cet atelier de trois jours qui permettra de trouver une « alternative crédible » pour sécuriser l’organisation du baccalauréat au Sénégal.

Le document de travail remis aux participants motive la tenue de l’atelier réflexion sur le Bac par « une absence de banques d’épreuves validées et structurées qui entraîne un éternel recommencement de l’entièreté du processus, mais aussi du manque d’efficacité et fiabilité de l’évaluation qui rend aléatoire la réussite et favorise des tentatives de fraudes ».

Selon le document, « il s’agira au terme de l’atelier, au plan institutionnel, de définir le statut et l’organigramme de l’Office national du Bac et au plan de l’évaluation, de capitaliser les différentes expériences de réforme, afin d’adopter une évaluation qui répond aux principes de l’approche par compétences (APC) et de la pédagogie de l’intégration (PI), pour définir les meilleures conditions de son application ».

Il sera aussi question de revisiter les différentes étapes et processus pour établir une charte d’organisation du baccalauréat qui précisera les cahiers de charge de tous les acteurs, pour ainsi renforcer la lutte contre la fraude, entre autres.

Le pouvoir de l’apprentissage et l’éducation des adultes en question

 

Plus de 400 acteurs internationaux de 98 pays se sont réunis aujourd’hui à Suwon, en République de Corée, pour passer en revue la mise en œuvre de l’apprentissage et l’éducation des adultes (AEA) dans le monde. Lors d’une rencontre internationale conjointement organisée par l’Institut de l’UNESCO pour l’apprentissage tout au long de la vie (UIL) et les deux villes coréennes de Suwon et Osan, les participants ont fait part de leurs préoccupations concernant les progrès mitigés accomplis pour fournir aux jeunes et adultes des opportunités d’AEA dans les pays et régions du globe.

Dans son discours d’ouverture de la Conférence, Kabir Shaikh, le directeur p.i. de l’UIL a souligné l’importance de la tâche à accomplir dans le cadre de ce bilan à mi-parcours :

« Le concept d’éducation des adultes évolue rapidement, passant d’une activité de loisirs facultative ou volontaire à une exigence sine qua non pour appuyer la mutation des modèles de société – vie saine, pérennité et rétablissement économique. Il s’avère donc nécessaire de soigneusement planifier l’apprentissage et l’éducation des adultes tout en conservant une certaine flexibilité pour ce qui est des modes d’apprentissage afin de répondre aux besoins d’une communauté d’apprenants beaucoup plus large. »

Les participants du Bilan à mi-parcours de la CONFINTEA, issus de ministères, d’institutions d’AEA, d’universités et de centres de recherche, de la société civile et du secteur privé, ont exprimé leur volonté de collaborer afin de contribuer à améliorer et renforcer les plans, stratégies, politiques et pratiques d’apprentissage et éducation des adultes. La conférence se déroulera sur trois jours, du 25 au 27 octobre 2017, et débouchera sur la production d’un document final énumérant une série d’actions stratégiques visionnaires pour les États membres de l’UNESCO, ainsi que pour les partenaires du développement aux niveaux national, régional et mondial, dans le contexte de la mise en œuvre continue du Cadre d’action de Belém ainsi que de la Recommandation sur l’apprentissage et l’éducation des adultes (2015). Ce document final aura pour objectif de mieux faire connaître les bénéfices plus larges de l’AEA et d’accroître la sensibilité à leur égard dans les différents secteurs de la société, ainsi que dans l’ODD 4 tel que détaillé dans le Cadre d’éducation Éducation 2030, et le
Programme plus général de développement durable à l’horizon 2030. La conférence préparera également le terrain pour la septième Conférence internationale sur l’éducation des adultes prévue pour 2021.

senelux.com source  Sidy  Sam directeur du CNRE  représentant du Sénégal

Saliou Ndiaye

Sénégal : Jeunesse , Education et Responsabilités ?Par Dior Fall Gueye

Dans nos sociétés actuelles, les jeunes se montrent de plus en plus désœuvrés et totalement orientés vers la distraction, le divertissement, la passion et le jeu. L’éducation, les études, la quête du savoir et des connaissances semblent sans importances dans leurs yeux. Ils sont totalement hypnotisés par les plaisirs charnels de la jeunesse et de l’adolescence à tel point qu’ils méconnaissent qu’il y’a un avenir à bâtir ; une société qui comptent sur eux ; une nation et un pays qui ont besoin de leur force, de leur savoir et de leur savoir-faire; un continent et un monde qui feront appel de leur intelligence et de leur expertise dans l’avenir.
La vie, c’est une perpétuelle construction et de déconstruction qui se répète au fil des âges et des générations. Chaque génération se doit être dans l’obligation de continuer le travail de construction de la génération qui la précède mais aussi elle doit rectifier et corriger leurs erreurs. Pour cela, il n’est pas demandé à une génération d’être tout simplement l’héritière de celle venue avant elle, mais elle doit aussi perfectionner, améliorer et sophistiquer cet héritage. Il faut donc à chaque génération de connaître son histoire, son passé et son présent avant de se lancer dans la construction d’un avenir qui repose sur la connaissance, le savoir, l’intelligence, le respect et la vertu. Chaque génération doit être consciente de son rôle et de sa fonction plus que tôt possible.
Une société, une nation, un pays pour se développer, se maintenir et se conserver a besoin de ses jeunes populations saines, instruites, ambitieuses et entreprenantes. Les jeunes sont indispensables pour le développement et l’émergence de leur patrie. Ils sont incontournables pour la défense d’une nation, pour sa sécurité et son intégrité. C’est une vérité évidente et certaine. Il suffit juste de jeter un regard sur nos armées, nos polices, nos gendarmeries, nos équipes sportives, nos étudiants, nos enseignants, nos marchands ambulants et tous les secteurs de survie d’un ETAT afin de s’apercevoir que c’est composé essentiellement de jeunes mais pas de tous les jeunes.
L’enseignement, l’éducation sont destinés dans beaucoup de pays, aujourd’hui comme depuis longtemps aux jeunes et aux adolescents. Ce sont en effet pour ces derniers que les pays dépensent d’énormes sommes d’argent dans la construction d’écoles, dans l’édification de collèges et de lycées mais aussi d’universités et de centres de formations professionnelles parce que c’est un jeune qu’on peut reformer , c’est sur lui qu’on peut construire un système et une idéologie et c’est aussi sur lui qu’on peut bâtir , consolider et conserver un ETAT, une nation ou un pays
Dans un pays, l’existence d’une génération de jeunes très éprise des valeurs de paix, de conscience collective, de solidarité et de visions futuristes est primordiale. Cette condition favorise non seulement la cohésion au sein d’un ETAT, la confiance à ses gouvernants mais aussi et l’assurance d’un avenir prometteur. Une jeunesse active et entreprenante fait la différence entre les pays et les sociétés. Le constat se fait sans peine, il suffit juste de comparaitre la jeunesse des pays développés et celle des pays déshéritent.

Aujourd’hui, il ne s’agit plus de jeter l’anathème ou le blâme sur le régime. Il faut aujourd’hui engager le futur en se dégageant dès à présent des conditions structurelles qui ont rendu difficiles sinon impossibles les choix hardis et nécessaires que nous devons assumer.
Cela nous le devons à nos enfants. Nous savons quelles sont ces conditions. Nous devons maintenant les confronter pour briser l’impasse qu’elles nous imposent. Cette détermination à poser les actes nécessaires pour en sortir, cet élan collectif pour faire face ensemble comme un seul homme, ce courage pour entreprendre de la traversée vers l’autre rive, c’est la rupture. 2019 nous en offre l’occasion.

 L’engagement citoyen ne s’oppose pas à l’engagement politique bien au contraire, il en constitue le fondement. Tout engagement politique qui n’est pas fondé sur un engagement citoyen est un risque pour la République et pour la bonne gouvernance. Car il ne serait dicté que par des intérêts personnels, corporatistes en porte faux avec les valeurs de la République
S’il nous arrive de réclamer des responsabilités, cela doit se faire avec de la discipline et doit être motivé par une volonté de mieux servir le pays, et non pour occuper des postes de sinécure et jouir des avantages qui en résultent.

Plus que des citoyens, nous sommes des républicains. C’est pourquoi nous devons être nous jeunesses au point du combat pour la sauvegarde de notre république qui exclut tout tripatouillage de notre constitution qui doit être sacrée au-delà de toutes les convoitises politiques.

Le combat pour la démocratie qui est le cadre d’expression par excellence de la citoyenneté, doit être le combat de tous les Sénégalais, mais plus particulièrement le combat des jeunes.

Ce pays est le nôtre nous avons l’obligation citoyenne de le sauvegarder au-delà de toutes nos différences voir de nos divergences politiques et idéologiques.

Serigne Mbaye Thiam : ‘ Quand on( l’État) dirige, on arbitre selon ses intérêts…

 

Serigne Mbaye Thiam refuse de tomber dans l’optimisme béat. Le Ubi Tey Jang Tay est un objectif qui ne sera pas atteint cette année à 100%. C’est pourquoi d’ailleurs, il dira dans Grand Jury, que des seuils raisonnables ont été fixés par l’Inspection de l’enseignement et de la formation.

Il s’agira, dit-il, de voir fonctionner dès le 9 octobre prochain 30 écoles élémentaires, 10 collèges d’enseignement  moyen et 5 lycées par département, non sans rappeler que le Sénégal compte 8137 écoles élémentaires.  »On ne peut pas l’atteindre à 100%. Le Ubi Tey Jang Tay n’est pas une affaire du ministre de l’éducation. La première année, il y a  une seule école à Dakar qui avait réussi le Ubi Tey Jang Tey…

L’année dernière, on avait organisé un séminaire pré-rentrée. Cette année, nous avons fait la même chose. À l’issue de ce séminaire de rentrée, nous avons organisé la deuxième édition des concertations partenariales… Au total 11 rencontres ont été tenues. C’est une rentrée scolaire bien préparée… Le premier mardi de  chaque mois, je me suis engagé à rencontrer les partenaires.  »

Interpellé sur  les risques de grève, Serigne Mbaye Thiam dira que tout a été mis en œuvre  » pour respecter tous les engagements signés.  » Toutefois, par rapport à la menace brandie par des syndicats de déposer un préavis de grève dès l’ouverture des classes, le ministre dira que  » ce n’est pas envisageable  », non sans signaler qu’assujettir la paix scolaire au paiement d’indemnités de logement serait de nature à compliquer la situation, étant entendu que  »ces indemnités ne sont  pas inscrites dans le budget 2018. »

AFFAIRE YAVUZ SÉLIM
Invité à se prononcer sur la crise qui secoue Yavuz Sélim, le ministre Serigne Mbaye Thiam n’a nullement choisi d’y aller avec le dos de la cuillère. Pour lui, le  communiqué du 7 décembre 2017 a été clair dans son contenu en exigeant de l’association Baskent  Egetim de cesser toute activité au sein de cette école. Par conséquent, dit-il,  » les parents, en inscrivant leurs enfants,  savaient pertinemment  que l’autorisation a été retirée.

 » Le ministre de rappeler que  »  lorsqu’il y a un changement de déclarant responsable, il faut déposer une demande.  »   Or, précise-t-il,  » le dossier déposé est rejeté.  Ils ont démarré avec une école qui n’a pas de déclarant responsable. Cela ne concerne pas seulement Yavuz Sélim… L’Association Baskent Egetim ne peut pas intervenir dans l’école… L’État aurait pu être l’administrateur provisoire.  »

Serigne Mbaye Thiam de confier que l’Etat n’est jamais obligé de motiver au grand public ses décisions.  »Il ya des décisions que l’État prend et qui ne sont pas portées à la connaissance du public. À un moment donné, il faut faire confiance à son État. Quand on dirige, on arbitre selon ses intérêts… La décision de fermer Yavuz Sélim n’a rien à voir avec la décision de justice attendue le 9 octobre  », précisera-t-il en passant.

SUR LA RÉVÉLATION DE MADIAMBAL

Au Grand Jury de dimanche dernier, Madiambal Diagne, se rappelle-t-on,  avait révélé que Serigne Mbaye Thiam ne payait pas les frais de scolarité de sa fille au niveau de Yavuz Sélim. Une révélation que le ministre trouvera inélégante et particulièrement​ déformée.
 » Il y a des informations qui ne sont pas plausibles.  » Il dira que sa fille a réussi avec brio en juillet 2014 à l’entrée en sixième.

Elle faisait partie des 150 meilleures filles du pays. Une performance qui permettait à cette dernière de postuler pour une place à Mariama Bâ. Seulement, confie le ministre, mademoiselle Thiam a échoué aux tests.  » Si je voulais économiser des sous, elle serait admise à Mariama Bâ ».

Visiblement ahuri par la révélation de Madiambal, Serigne Mbaye Thiam de se réserver le droit de rétablir la vérité des faits.  » À cause de ses bons résultats, Yavuz Sélim a dit : on l’exonère des frais de scolarité, mais elle doit venir payer des frais d’inscription.  Si c’était pour avoir un traitement de faveur du ministère, ils se sont trompés.

Il y a des enfants qui ne sont pas mes enfants, je leur paie leurs frais de scolarité. C’est pas élégant ce qu’ils ont fait. Personnaliser le débat jusqu’à mêler ma fille n’est pas élégant. Ma fille a bien supporté… Aucun Sénégalais doté de raison ne doit croire que j’ai bénéficié de passe-droits pour sa scolarisation », conclura -t-il à ce propos.

Dès l’entame de l’émission, Serigne Mbaye Thiam avait tenu à présenter ses condoléances aux familles d’Amady Kébé et d’Aissata Dia, Inspecteurs de l’enseignement décédé à 60 kilomètres de Linguère en provenance de Matam où ils étaient en mission.

 Source dakaractu.com

Affaire Yavuz Selim : Les précisions du ministère de l’Education nationale

AFFAIRE YAVUZ SELIM : Les précisions du ministère de l'Education nationale
Suite aux déclarations parues dans la presse et relatives à la cession de 64% du capital d’une société « Yavuz Selim » à des privés français, le Ministère de l’Education nationale tient à apporter les précisions suivantes :

Le Groupe Yavuz Selim compte neuf (9) établissements scolaires disséminés dans les régions de Dakar (5), Thiès (1), Ziguinchor (1), Saint Louis (1) et Kaolack (1) ; trois de ces établissements, dont deux à Dakar et un à Thiès, ont reçu l’autorisation d’ouverture prévue par les textes législatifs et réglementaires régissant l’enseignement privé et la procédure d’instruction de cette autorisation est en cours pour les six autres.

Dans les registres du Ministère de l’Education nationale, Yavuz Selim est juste une appellation donnée à des écoles relevant de l’Association internationale turque BaskentEgitim dont la création au Sénégal comme association étrangère a été autorisée par l’arrêté n°002686 du 16 avril 1998.

Au cours des procédures et formalités d’ouverture des écoles Yavuz Selim, tout comme dans les arrêtés d’autorisation, les déclarants responsables désignés, représentent l’Association BaskentEgetim et agissent en son nom, et non pour le compte d’une société « Yavuz Selim ».

L’arrêté n° 002686 du 16 avril 1998 précité a été abrogé par celui n° 18353 du 07 décembre 2016 qui « entraîne la cessation immédiate des activités de l’Association BaskentEgetim sur toute l’étendue du territoire national » ; BaskentEgetim n’est donc plus autorisée à mener des activités d’enseignement au Sénégal et l’Etat tient en à informer l’opinion et les parents d’élèves.

Une société dénommée « Yavuz Selim », déclarant responsable autorisé d’établissements privés d’enseignement, est inconnue des registres du Ministère de l’Education nationale ; elle ne peut, en conséquence, gérer ou administrer aucun établissement scolaire privé.

Dakar, le 6 septembre 2017

Pour le ministère de l’Education nationale
Mamadou Abdoul SOW
Chef de la Division de l’Enseignement privé

Les confréries religieuses soufies constituent « un modèle d’éducation à offrir à l’humanité » (recteur UCAD)

 Les confréries religieuses soufies représentent ’’un modèle » d’éducation à offrir à l’humanité, a estimé, lundi, à Dakar, le recteur de l’U0l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD), Ibrahima Thioub.
« Avec cette tension permanente de triomphe de la barbarie sur la civilisation, l’arme la plus efficace reste l’éducation et en ce domaine, les confréries religieuses soufies constituent un modèle à offrir à l’humanité », a-t-il déclaré.
Le professeur Thioub s’exprimait à l’ouverture d’un colloque international sur « la chanson et la poésie sacrées soufies dans le monde », une initiative de l’UCAD et de l’université de Caroline du Nord à Chappell Hill.
« Il n’y a pas mieux pour célébrer la paix que le +zikr+ soufi dont le contenu rappelle à bien des égards le renoncement au monde matériel, source de nombre de tensions parmi les humains », a fait valoir Ibrahima Thioub.
Le « zikr », une pratique ’’silencieuse’’, « individuelle » ou « collective », signifie souvenirs, mais aussi rappels et répétitions. Il désigne dans le soufisme « l’exercice spirituel consistant à répéter un grand nombre de fois certaines formules tirées des Livres saints ».
« Le zikr apprend au croyant à renouveler sa croyance en Dieu et à relativiser sans cesse son approche des évènements en tenant compte de la présence du divin. Le Livre Saint incite fréquemment le croyant à se rappeler de son Seigneur. (…) de nombreux passages du Coran le recommandent », a expliqué M. Thioub, historien de formation.
Selon le recteur de l’UCAD, le contexte mondial actuel marqué par de « lourdes tensions » dans les relations internationales, fait que « personne n’est plus à l’abri des formes multiples de la violence ».
Mais « nous nous battons pour que ce monde où la +fitna+ (tension) tend à l’emporter sur le +salam+ s’inverse et que le salam s’impose, l’espace de la paix l’emporte sur l’espace de la guerre », a souligné l’universitaire sénégalais.
A en croire Ibrahima Thioub, « le soufi peut trouver dans la répétition de la formule sacrée, les réponses à toutes les questions qu’il se pose dans sa spiritualité. Cette forme de connaissance qu’apporte le zikr est fondamentale puisqu’elle apprend aux croyants à mieux se connaitre et à découvrir son égo », a-t-il ajouté.
Pour l’ambassadeur du Maroc au Sénégal, Taleh Barrada, « la spiritualité, que ce soit au Maroc ou au Sénégal, est liée à l’échange inter-soufi, aux traditions soufies ancrées dans nos sociétés », ce qui fait qu’elle constitue « un moyen de perpétuer le dialogue interreligieux dans notre monde en ébullition’’.
Ainsi, le festival « Salam », initié depuis 2013 par le chanteur et ministre-conseiller Youssou Ndour, s’ouvre à l’espace académique et au savoir, à travers ce colloque international qui réunit une délégation de 14 personnes venant de Turquie et des Américains de l’Université de Caroline du Nord (Etats-Unis).
De cette manière, les portes de l’université s’ouvrent « à la cité pour que les questions de la cité y soient discutées », a noté le professeur Ousmane Sène, directeur du Centre de recherche ouest-africain (WARC, en anglais).
De l’avis du ministre-conseiller Youssou Ndour, dans ce contexte particulier, le Sénégal peut contribuer à un débat mondial sur l’Islam, notamment son interprétation.
« Notre pays a d’énormes possibilités de propositions pour un monde meilleur autour de la paix », a soutenu M. Ndour.

Education : L’Etat injecte plus de 13 milliards de FCFA à Kaolack

Le ministre de l’Education nationale, dans le cadre d’une visite de chantiers dans la commune de Kaolack a annoncé un investissement global de 13 353 123 845 FCFA pour  la période 2012-2016. Une enveloppe qui a permis de construire des infrastructures scolaires destinées à étendre le réseau scolaire, augmenter les capacités d’accueil des écoles existantes, améliorer l’environnement des enseignements/apprentissages et rendre possible le développement de l’enseignement des sciences, de la technologique et de l’informatique et fournir aux administrations déconcentrées des conditions de travail plus propices.
La visite effectuée à pas de charge ce lundi 23 janvier 2017 par le ministre de l’éducation nationale a commencé par le Bloc scientifique et technologique Joseph TURPIN actuellement en rénovation et celui en construction dans l’enceinte du lycée Valdiodio NDIAYE.  Ces ouvrages sont financés dans le cadre de l’exécution du programme PAQEEB cofinancé par l’Etat du Sénégal et la Banque mondial pour un montant global de  541 954 733   FCFA.
Au niveau des deux chantiers, les travaux ont connu un avancement global de plus de 70 %
Dans le sous-secteur de l’enseignement Secondaire, il faut également noter la cconstruction au lycée Ibrahima Diouf d’un bloc administratif et d’un bloc pédagogique R+1 de huit(08) étages. Les travaux sont en cours d’exécution pour un avancement de plus de 60% pour un montant de 83 128 315 FCFA.

Devant le ministre et sa délégation, les enseignants et les élèves ont remercié les autorités d’avoir consenti un investissement aussi colossal qui va inévitablement changer le visage de cet établissement qui jadis était presque impraticable à cause des inondations.

Le ministre Serigne Mbaye THIAM qui a eu droit à un accueil chaleureux des élèves a indiqué que le choix porté sur ce lycée pour  se justifie par le dynamisme de l’équipe pédagogique, les bons résultats mais aussi sa position sur la route nationale. Le ministre de l’éducation a aussi révélé qu’au lycée de Keur Madiabel, un projet similaire de construction d’un bloc pédagogique R+1 (8 SDC) pour un investissement de 51 997 217 FCFA sera réalisé dans les plus brefs délais.
Autres chantiers visités, l’inspection d’Académie de Kaolack (IA) pour remplacer l’ancienne dont les locaux étaient devenus très exigus. Le nouveau bâtiment va couter globalement environ 105 000 000 FCFA.
Auparavant, le ministre de l’Education a fait un tour au Centre régional de formation pour les personnels de l’Education(CRFPE) à Khelcom Birane dont la construction et l’équipement sont estimés à 590 000  000 F CFA.

Dans la région de Kaolack, plusieurs autres actions sont prévues ou sont déjà en cours. En effet, de 2017 à 2019, les actions déjà programmées dans le secteur de l’éducation concernent  aussi  la construction de 06 salles de classe dans le Moyen pour un coût global de 36 000 000 FCFA.
Pour promouvoir le développement de l’éducation de base des jeunes et adultes (EBJA), la Banque mondiale à travers le projet PAQEEB a prévu de financer la mise à niveau de 4 daara classiques dans la région pour un montant de 92 888 889  F.CFA

Il est également prévu à travers le financement de la BID, la construction de 05 daara publics et 05 daara non publics  pour un montant de 873 771 284 FCFA.

Outre ce financement global clairement identifié et déjà mobilisé de 1 382 660 173 FCFA, la région de Kaolack devra bénéficier des réalisations du projet de Partenariat Public-Privé (PPP) pour  le remplacement des abris provisoires, qui a déjà fait l’objet de manifestation d’intérêt à la suite de laquelle des offres spontanées ont été reçues et examinées par la commission technique.
Par ailleurs, 161 établissements scolaires (écoles élémentaires, collèges d’enseignement moyen et lycée d’enseignement général) abritant 361 salles de classe construites avec des matériaux de fortune, et ne disposant pas d’ouvrages annexes, devraient être mis à niveau pour un coût global de  3 707 037 149   FCFA.
Dans le sous-secteur de l’enseignement élémentaire, le ministre Serigne Mbaye THIAM a salué la construction et l’équipement de 722 salles de classe, 87 blocs administratifs, 157 blocs d’hygiène BH ET 70 PE par l’Etat du Sénégal et ses Partenaires Techniques et Financiers pour un montant global de 4 775 813 338  FCFA.
Pour la promotion et la diversification de l’offre éducative,  l’Etat du Sénégal poursuit-il a réalisé la construction et l’équipement de 25 écoles élémentaires pour un montant de 789 370 597 FCFA.
Dans le sous-secteur de l’enseignement Moyen  les travaux de 269 salles de classe, 20 blocs administratifs, 50 blocs d’hygiène, 3 Points d’eau et 14 murs de clôture dans les CEM sont achevés ou en cours. Ces ouvrages financés par l’Etat et les partenaires sont évalués à 5 636 056 288 FCFA.
En plus, 13 CEM clé en main, comprenant chacun des bâtiments administratifs, des salles pédagogiques sont prévus. Parmi eux, 08 CEM sont achevés et 4 en cours d’approbation du marché. Ces infrastructures sont financées par l’Etat et les PTF pour un montant estimé à 1 175 129 268 FCFA.

Au total, le ministre qui était accompagné du gouverneur de la région et de tous les acteurs de l’éducations locaux a exhorté les entrepreneurs à prendre toutes les dispositions idoines pour que les différentes infrastructures réalisées ou en cours ne connaissent plus des inondations à la saisons des pluies.
Ce mardi 24 janvier, le ministre de l’Education nationale se rendra au village de Sob dans la commune de Dya (département de Kaolack) où il présidera la cérémonie de réception des travaux de réhabilitation de l’Ecole  dont les travaux sont financés par la Fondation Sonatel.

Mimi Touré : «S’il n’y a pas d’éducation, il n’y aura ni sécurité ni paix»

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«S’il n’y a pas d’éducation, il n’y aura ni paix ni sécurité», a déclaré l’ancien chef du gouvernement, Aminata Mimi Touré qui réitère son opposition à la peine de mort et insiste sur la sensibilisation des jeunes, la culture de la paix conjuguée au renforcement du dispositif de sécurité.
Les cas de Mbayang Diop et Alcaly Cissé, qui risquent la décapitation en Arabie Saoudite, ont fini de convaincre l’ancienne Première ministre que le retour de la peine de mort n’est pas la réponse à la recrudescence des crimes notées ces dernières semaines au Sénégal.

«Nous avons 2 compatriotes qui risquent la peine de mort et nous avons fait des appels à la clémence.

C’est très douloureux ce qui se passe mais je pense qu’il faudrait dans une société qui a fait ce pas d’abolir la peine de mort, qu’on persévère tout en renforçant le dispositif de sécurité mais également en cultivant cette culture de la paix», préconise Aminata Touré dans les colonnes du Quotidien de ce mercredi 07 décembre 2016.

Auteur: SenewebNews – SenewebNews-RP

Education et mendicité au Sénégal – Par Pr Lamane Ndiaye


Education et mendicité au Sénégal - Par Pr Lamane Ndiaye
Au courant du mois de juillet 2016, le Président de la République a signé le décret interdisant la mendicité des enfants, conformément à la loi. Dès lors, le comité pour le retrait d’urgence des enfants de la rue mis en place par le Ministère de la Femme, de la Famille, de l’Enfant et de l’Entreprenariat Féminin (MFFEEF) aidé par les forces de l’ordre, procède actuellement à la rafle des jeunes mendiants qui sont regroupés au niveau du centre « ginndi » de Dakar avant d’être remis à la disposition de leurs parents.
Cette grande décision de l’Etat, diversement appréciée, fait couler beaucoup d’encre et de salive, surtout du côté des religieux et des hommes politiques. Il est de ce fait nécessaire, en nos qualités d’éducateur, d’historien et de membre du Réseau des Enseignants de l’APR, d’apporter les précisions nécessaires pour une meilleure appréciation de cet acte à la fois politique et humaniste. Pour ce faire, une analyse exhaustive du système éducatif sénégalais englobant l’historique, les enjeux, les perspectives, les contraintes et les stratégies de solution, demeure indispensable.

L’Education, selon Emil Durkheim, « est l’action exercée par les générations adultes sur celles qui ne sont pas encore mûres pour la vie sociale ». C’est un ensemble de principes moraux, civiques, sanitaires et intellectuels inculqués à l’enfant pour son insertion harmonieuse dans la société en général et dans le milieu auquel il est particulièrement destiné. Cette Education diffère en finalités et en méthodes à travers l’espace et le temps.

Chaque société a sa forme spécifique d’éducation qui est en fonction du type d’homme à former pour ses besoins stratégiques, sociopolitiques, économiques et culturels. Cette vision reste valable même si les fulgurants progrès des technologies d’information et de communication font actuellement du monde, un village planétaire. Ce n’est donc pas étonnant que le Sénégal ait son système éducatif différent de celui de l’Allemagne, de la Chine…

En effet, nous sommes dans un pays negro-africain et subsaharien qui est ouvert à l’Europe et aux Amériques par l’Océan Atlantique. En outre, le Sénégal a connu la traite négrière arabe, le commerce triangulaire euro-américain et la colonisation française. Enfin, c’est une nation laïque composée environ de 95% de musulmans et de 05% de chrétiens dont souvent les pratiques ont des relents animistes. Il est donc aisé de comprendre la complexité et les contradictions énormes de notre système éducatif.

La majorité des sénégalais pensent en wolof, prient en arabe et travaillent en français. Il y a ainsi trois formes d’éducations qui se côtoient et se mélangent de façon hétérogène dans la tête de nos enfants et qui ont un impact réel sur leur personnalité : l’Ecole Coranique, l’Ecole Française et l’Education Traditionnelle reçue à la maison et dans la rue.
Au moment où l’Ecole Française Publique plaide pour une éducation laïque et démocratique où tous les enfants ont les mêmes chances, l’Enseignement Coranique traditionnel continue à envoyer ses élèves dans les rues pour mendier de la nourriture et de l’argent. Et cette mendicité, selon ses défenseurs, aurait une certaine valeur éducative. Qu’en est-il réellement ?

En Afrique précoloniale et particulièrement au Sénégal, la mendicité était un procédé pédagogique pour l’Education des enfants et avait aussi, dans une certaine mesure, des vertus thérapeutiques.

Ainsi, chez les wolofs, les sérères et d’autres ethnies sénégambiennes, la circoncision était plus une étape de passage de l’enfance à la maturité qu’une simple action chirurgicale. C’était une initiation à la vie des adultes. Les enfants circoncis, à l’âge de 18 ans environ, étaient isolés des villages et installaient leur campement, fait de paille et de branches d’arbre, dans la brousse jusqu’à la guérison totale.

Ces jeunes étaient sous les ordres des « selbe, bootal et prêtres-guérisseurs qui en assuraient l’éducation et la sécurité. Pendant toute cette période qui durait plus d’une lune, ces adolescents subissaient des épreuves d’initiation qui forgeaient leur personnalité pour une insertion harmonieuse dans la société. Parmi ces épreuves, l’on peut citer : le vol nocturne de volailles et de caprins, la chasse d’oiseaux et de petits rongeurs, la mendicité de la nourriture, etc. Le vol était recommandé pour cultiver la ruse, l’audace et l’attention. La chasse favorisait la vitesse, l’adresse et le courage. La mendicité, elle, était considérée comme un moyen d’installer chez ces jeunes la modestie et l’humilité qui faisaient partie des vertus de la vie en société.

Il était aussi recommandé à la femme ayant mis au monde des jumeaux, que lorsque l’un d’eux tombait malade, de mendier le vendredi matin du céréale pour lui préparer une bouillie. Cette nourriture mendiée était perçue comme un remède efficace pour la maladie de l’enfant. Quand enfin une personne était atteinte d’angine ou d’oreillon, il lui était conseillé d’aller mendier une boulette de nourriture dans une maison où elle n’avait auparavant jamais mangé quelque chose. Cette boulette de couscous ou de riz avalé, suffisait à guérir l’infection. Voila les deux cas de la mendicité traditionnellement tolérée chez nous pendant la période précoloniale.

Par ailleurs, avec l’avènement de l’Islam et son entrée au Sénégal, depuis le 11° siècle, des écoles coraniques se sont créées au Fouta puis partout dans le pays. La plus célèbre était certainement celle de Khaly Omar Fall du village de Pire situé à une dizaine kms de Tivaouane. Depuis lors et malgré la colonisation française, des daras sont installés dans toutes les villes et dans tous les villages. Au début, pour nourrir les taalibe de ces daara, les maîtres coraniques leur faisait cultiver de grands champs de mil pendant l’hivernage et particulièrement les après-midi des mercredis.

Avec l’augmentation des effectifs, surtout en milieu urbain, Il leur était demandé de mendier de la nourriture dans les maisons parce que les espaces cultivables devenaient de plus en plus rares et que les parents des enfants ne participaient ni en nature ni en espèce à l’alimentation des enfants. Les marabouts étaient laissés à eux-mêmes ; ils s’occupaient seuls de l’éducation, de l’enseignement, de la santé, du logement, de la sécurité et de l’alimentation de leurs taalibe.

Il est aussi important de noter que, jusqu’à une époque récente, précisément vers les années 50, les daara étaient plus fréquentés que les écoles françaises considérées par beaucoup de musulmans comme des écoles chrétiennes (daara nasaraan). Certains de nos parents interdisaient même à leurs enfants d’user des mots français en parlant avec eux. La mendicité était une nécessité pour nourrir ces jeunes taalibe qui ne mendiaient que pendant les heures de repas pour uniquement avoir de quoi manger. Ils consacraient les 4/5 de leur temps à l’apprentissage du sain Coran dans les daara.

En conséquence, hormis les cas précités, toutes autres formes de mendicité étaient bannies par la société. Mêmes les personnes qui souffraient d’un handicap physique réel étaient gérées et couvées au sein de leurs familles respectives. C’était une honte pour une famille d’abandonner un parent infirme dans la rue. En outre, au niveau de chaque village, les habitants avaient développé des mécanismes de solidarité et d’entraide qui permettaient à tout un chacun, de subvenir discrètement à ses besoins alimentaires les plus élémentaires, dans la sauvegarde totale de sa dignité. Les formes de cette solidarité pouvaient varier d’une ethnie à une autre, d’une contrée à une autre.

Cette forme de mendicité, sous tendue par des principes pédagogiques ou thérapeutiques s’oppose diamétralement à celle d’aujourd’hui. En fait, avec la pauvreté, la mendicité est devenue une profession en Afrique et particulièrement dans les pays musulmans. Dans les rues de Dakar, les mendiants pullulent comme des mouches : jeunes garçons et filles, handicapés moteurs et visuels, hommes et femmes valides forment le décor criard des artères de la capitale. Cependant, tous ces demandeurs d’aumône ne sont pas des sénégalais. On y trouve beaucoup de guinéens, de bissau-guinéens et de maliens. Des enquêtes ont permis de savoir que la majeure partie des enfants de la rue ne sont pas des taalibe. Ils sont recrutés à la frontière avec la Guinée et le Mali par de soi-disant marabouts qui les débarquent dans les centres urbains et les jettent dans la rue à la quête de pitance monétaire.
Chaque enfant doit impérativement verser quotidiennement une somme allant de 500F à1000F sous peine de subir des punitions corporelle sévères. Il est fréquent de voir des traces de coups sur leurs corps. Ils passent souvent la nuit dans les rues et sont à la merci des malfaiteurs. Ils sont victimes d’abus sexuels, ils peuvent devenir voleurs, ils peuvent servir de relais aux trafiquants de drogue. Les parents qui ont autorisé cette traite de leurs propres progénitures ne reçoivent en contrepartie que la maudite somme 50 000F par an de la part du marabout. Cette pratique ne peut, en aucune manière, avoir des justifications religieuses ou traditionnelles acceptables. La nourriture de la famille n’incombe pas à l’enfant mais plutôt à ses parents. La place de l’enfant est à l’école.

Maintenant, la question fondamentale que tout un chacun doit se poser est : l’Etat doit-il abandonner une partie des enfants dans la rue alors que l’autre est à l’école ? Ces derniers qui vivent avec leurs parents à la maison, apprennent à l’école française ou coranique du quartier les règles de la vie et de la religion pour une insertion sans faille dans la société, sont logés, nourris, soignés, éduqués, sécurisés et affectivement couvés.

Au même moment, d’autres enfants passent toute la journée dans la rue. Ils n’ont personne pour les protéger et s’occuper de leur santé. Ils sont abandonnés à leur destin comme des damnés ou des êtres maudits. Ils sont à la merci de tous les malfaiteurs et sont exposés à tous les dangers et tentations liées à leur sort. Dans ces conditions, aucune raison ne peut être valable pour laisser ces innocents dans les rues, la mendicité n’ayant plus les mêmes vertus d’antan. C’est dans ce sens qu’il faut comprendre la démarche de l’Etat de les en extirper pour leur rendre leur dignité humaine.

Cependant, cette décision du chef de l’Etat ne peut pas faire l’unanimité compte tenu de l’intérêt des uns et de l’inquiétude des autres. En effet, Ces faux marabouts du Fouladou et des pays limitrophes qui convoyaient des centaines d’enfants mendiants à Dakar, verront leur ignoble activité tomber à l’eau. Ces trafiquants d’enfants doivent cesser ou pourrir en prison.

Par ailleurs, l’inquiétude des maîtres des daara traditionnels peut être compréhensible : ils sont laissés à eux-mêmes sans appui considérable de l’Etat, sans participation financière des parents qui ont totalement démissionné de l’éducation de leurs progénitures par ignorance ou par pauvreté. Notons, en outre, les daara confrériques où le père de famille, par excès d’allégeance ou par fanatisme vis-à-vis d’une secte religieuse, pousse son adoration jusqu’à livrer définitivement son enfant de bas âge, entre les mains d’un guide qui en fait son « esclave » à vie.

Devant cette situation inacceptable, l’Etat est dans l’obligation d’intervenir pour imposer le respect des droits fondamentaux de l’enfant. En effet, l’enfant a droit à une éducation, à un logement, à des soins médicaux, à une alimentation saine. Faire travailler un enfant dans cette pire forme est condamnable. La place de l’enfant est à côté de ses parents. L’enfant est un trait d’union entre le père et la mère. Et comme le dit le brillant journaliste Babacar Justin Ndiaye : « Le temps de l’enfance est synonyme d’amour parental, de protection familiale et de joie torrentielle ». Partant de là, la décision du Président de la République d’interdire la mendicité des enfants, est à saluer car elle permettra de corriger une injustice et de donner à tous les enfants du pays les mêmes chances.

Pour réussir cette mission, le gouvernement, par le biais du Ministère de l’Education Nationale et après une large concertation avec les milieux religieux et tous les acteurs directement concernés, a pris la décision de mettre sur pied et progressivement des daara modernes comme alternative à ceux dits traditionnels. Cette nouvelle offre éducationnelle aura comme particularité innovante un module d’enseignement qui intègre le français, l’anglais, l’arabe, les langues nationales, l’enseignement coranique et la formation professionnelle. Ce sera un enseignement public où les enseignants qui seront des fonctionnaires, bénéficieront d’une formation initiale et continue qui leur permettra de bien mener leurs activités pédagogiques. Les enfants qui sortiront de ces daara modernes, bien outillés religieusement et professionnellement, pourront continuer leurs études dans l’enseignement moyen secondaire. Ils pourront aussi chercher directement un emploi libre ou dans le tissu formel.

En dernière analyse, le meilleur pour nos enfants, c’est une éducation sans mendicité. Le meilleur pour nos enfants, c’est une éducation conforme à nos réalités socioculturelles. Le meilleur pour nos enfants, c’est une éducation qui intègre l’enseignement de la religion. Le meilleur pour nos enfants, c’est une éducation par nos langues nationales. Le meilleur pour nos enfants, enfin, c’est une éducation qui aboutit à la maîtrise d’une profession.

Pr. Lamane Ndiaye
Coordonnateur de la cellule de
Communication du Réseau National des Enseignants de l’Apr

Crise scolaire ou à quand le bout du tunnel ?

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Le dialogue national convoqué samedi par le président Macky Sall a vécu. Une large et représentative discussion autour de forces vives sur des questions nationales ont pu être débattues. Très attendue, cette question scolaire s’est invitée tout naturellement dans cette palabre avec des différents acteurs qui se sont accordés à tirer sur la sonnette d’alarme du fait d’une situation de crise bien récurrente et qui perdure en sapant dangereusement l’avenir de notre jeune nation annuellement prise en otage selon une certaine terminologie par des enseignants chasseurs de primes et qui ne grèvent que sur des aspects pécuniaires.

Cependant, le moins que l’on puisse dire c’est que ces enseignants qui vivent déjà de situations de conditions de travail parfois impossibles pour ne pas dire trop précaires croulent souvent aussi sous le poids de cette politique administrative et managériale lourde, lente et contreproductive pour ne pas dire inefficace et qui compromet dangereusement leur carrière.

C’est avec les enseignants qu’on peut rester des années en courant derrière des actes administratifs d’intégration, de reclassement, d’avancement ou de validation et sans compter cette autre question à incidence financière sur les rappels qui tirent énormément en longueur. Une dette légale et légitime de l’État vis à vis de l’enseignant et dette que cet même État rechigne souvent à payer en convoquant un prétexte bien léger de contraintes budgétaires et salariale, prétexte auquel l’enseignant n’a rien à cirer.

Ainsi, tous les ingrédients d’une bataille ou guerre est enclenchée par ces enseignants qui entendent se faire entendre par des grèves, débrayages, AG et autres formes de luttes pour pousser le gouvernement à honorer ses engagements.

C’est ainsi que face à un État qui a décidé de faire dans les menaces ou intimidations avec des ponctions de salaire et autres réquisitions, une partie des enseignants notamment le grand cadre et le Cusems ont decidé de se radicaliser pour montrer que non seulement on n’a pas peur mais que en plus c’est cette fois ci ou jamais et dans un combat entre État et enseignants dans lequel, seul le pays en perdra.

A quand le bout du tunnel de cette guerre bien lâche et entre ces deux entités dont le manquement dans leurs obligations respectives nous a amené à ce stade nauséabond d’une éducation nationale ou école sénégalaise vivant le sursis.