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Macky ça passe ou ça remplace Khalifa (Mame Birame Wathie)

L’année 2018 tire à sa fin et, pratiquement, aucun Sénégalais ne se fait d’illusion quant aux lugubres perspectives qu’annonce 2019.

Par la faute du président SALL, qui a décidé de torpiller les règles qui lui avaient jadis permis d’être magnifiquement élu, le Sénégal caresse la crise et flirte avec le péril.

Pourtant, ce n’est pas qu’à la démocratie que Macky SALL a infligé de méchants coups. Karim WADE, Khalifa SALL, Ousmane SONKO, Barthélémy DIAS, Aida NDIONGUE, Imam NDAO…, la liste des victimes de sa justice peut remplir cette page. Et avec tous ces opposants qu’il a malmenés durant ces sept dernières années, ple leader de l’APR est à quitte ou double.

Réélu, Macky SALL pourrait lorgner un troisième mandat comme le subodorent certains. Mais, battu à la prochaine présidentielle, le leader de l’APR remplirait toutes les conditions pour prendre la place de Khalifa SALL à Rebeuss.

« Macky SALL fait appel à 15 avocats ». Cette phrase a fait, cette semaine, la Une de deux quotidiens et a été utilisée comme titre par de nombreux sites internet. L’organisateur de l’élection présidentielle du 24 février prochain s’est donc hasardé à recruter un pool d’avocats pour la prise en « charge de tout contentieux électoral, de requêtes et d’éventuels recours ».

Certaines diraient « khalass » ! D’autres demanderont « ki koumou yab » ! On te donne les moyens d’organiser un scrutin transparent, tu vas enrôler des avocats.

Si ce n’est pas un aveu, la maladresse n’a pas encore quitté Macky SALL et ses partisans. C’est comme quand Aly NDIAYE alias « magouille » affirmait qu’il ferait tout son possible pour que son patron rempile à la tête de l’Etat.

Mais, 15 avocats ne suffiront pas à défendre Macky SALL. Ce n’est pas par hasard si ceux-ci ferment la marche de son dispositif déjà bien huilé avec des commandes de véhicules blindés et d’engins anti-émeutes aussi secrètes que multiples.

Les manifestants, qui ont déjà gouté au gaz lacrymogène des forces de l’ordre, ont senti que beaucoup d’argent a été investi par le régime pour le rendre encore plus piquant.

Et si les populations, qui ne peuvent même pas compter sur les fameux ASP, sont dans l’insécurité au quotidien, le régime s’est doté de moyens à même de rendre leurs complaintes inaudibles.

Au mois de février dernier, le président de la République a remis les clefs de nombreux véhicules de patrouille et de transport de troupes et une dizaine d’ambulances médicalisées à la Police et à la Brigade nationale des sapeurs-pompiers.

Au mois de septembre passé, c’est 65 engins blindés anti-émeutes venant du pays d’Erdogan qui ont été réceptionnés au Port autonome de Dakar.

Et il ne s’agit là que des dernières acquisitions dévoilées de Macky SALL. La lutte contre le terrorisme en bandoulière, le fallacieux prétexte qui justifie toutes les forfaitures, il a caporalisé le régime.

Le conflit électoral n’attendra pas la proclamation des résultats du scrutin. Macky SALL le sait mieux que quiconque et se prépare à toute macabre éventualité.

La liste définitive des candidats retenus pour briguer le suffrage des Sénégalais n’est même pas encore arrêtée que les voix s’élèvent pour davantage faire dans la dénonciation.

Invitée ce dimanche de l’émission Remue-Ménage de la RFM, Amsatou SOW SIDIBE a tiré la sonnette d’alarme. «Il se trouve que le fichier électoral, nous ne l’avons pas eu à temps. Donc nous n’avons pas pu nous fonder sur le bon fichier électoral pour faire le parrainage,

là où Benno Bokk Yakaar a eu le bon fichier. Et voilà pourquoi dans cette dictée préparée, on nous fait savoir que Benno Bokk Yakaar et son candidat ont zéro faute. Tout est bon avec eux, et pour les autres, tout est presque mauvais. Donc cela pose problème.

Voilà pourquoi nous demandons qu’on s’arrête, qu’on s’asseye autour d’une table avec tous les acteurs pour réorganiser ces élections, qui ne peuvent pas avoir lieu concrètement le 24 février 2019. La date doit être reportée si on veut que le Sénégal reste un havre de paix et demeure dans la stabilité », a-t-elle déclaré.

Une méfiance totale des opposants vis-à-vis du Conseil constitutionnel qui a le dernier mot en amont et en aval. Pourtant, les sept « sages » qui se sont jusqu’à présent montrés très reconnaissants n’ont pas fini d’étaler toutes leurs grâces. C’est l’étincelle qu’ils agitent qui risque de mettre le feu aux poudres.

La baguette magique qui leur a permis de trier les bonnes signatures des mauvaises en si peu de temps, n’éblouit pas Pape DIOP encore moins Abdoul MBAYE. Et si Khalifa SALL et Karim WADE ont pu passer entre les mailles du filet, c’est que la grande nasse n’est pas encore déployée.

Pour Macky SALL, la donne parait claire. Plus que la hantise de la perte du pouvoir, il n’est pas question qu’un des responsables qu’il a martyrisés lui succède en avril prochain.

Les chefs d’accusation qui ont conduit Karim WADE, Khalifa SALL, Aida NDIONGUE et bien d’autres en prison pourraient bien être brandis contre lui. Ce ne serait que, dans le cadre de la traque aux biens mal acquis, la continuité de l’Etat.

Mame Birame WATHIE

La Cour Suprême rejette la demande de renvoi des avocats de Khalifa Sall

La Cour Suprême a rejeté la demande de renvoi introduite par les avocats de Khalifa Sall. Les avocats de Khalifa Sall avaient introduit une demande de renvoi au niveau de la chambre criminelle de la Cour Suprême pour renvoyer la procédure, jusqu’à ce que tous les pourvois soient étudiées. Cette demande a été rejetée par la plus haute juridiction du pays.

Khalifa Sall retournera au tribunal le 20 décembre

L’ex-maire de Dakar sera jugé devant la Cour suprême le 20 décembre. Ses proches dénoncent une procédure précipitée visant à l’exclure de la présidentielle.

Plus de trois mois après la condamnation en appel de Khalifa Ababacar Sall, le 30 août, l’épilogue d’un des feuilletons judiciaires les plus médiatisés du Sénégal s’écrira le 20 décembre, date de la première audience de son procès en cassation.

L’ex-maire de Dakar, révoqué de ses fonctions en août dernier, avait été condamné à cinq ans de prison ferme, notamment pour « escroquerie aux deniers publics » et « faux et usage de faux dans des documents administratifs ».

Calendrier politique
Son entourage, averti le 11 décembre de la date d’audience, enrage mais n’est pas surpris. « À la veille de l’ouverture du dépôt des candidatures pour la présidentielle, avouez que c’est un drôle de hasard », ironise l’un de ses partisans. « La justice s’est mise au rythme du calendrier politique », s’insurge quant à lui Me Alain Jakubowicz, avocat de la défense.

L’INSTRUMENTALISATION DE LA JUSTICE, C’EST L’ÉTERNEL ARGUMENT BRANDI PAR LA DÉFENSE

« C’est un euphémisme de dire que c’est précipité. Rappelons qu’entre le moment où Khalifa Sall a été inculpé et celui où le juge a clôturé le dossier, il ne s’est écoulé qu’un mois. C’est une pantalonnade, il n’y a pas eu d’instruction ! »

Moussa Taye, conseiller politique de l’ex-édile, ajoute que « plus de 800 dossiers sont en attente de jugement à la Cour suprême, où les délais de traitement se situent généralement entre neuf et douze mois.

Nul besoin d’être mathématicien pour comprendre qu’on a accéléré le traitement de celui de Khalifa Sall. Cela rompt l’égalité des citoyens devant la loi ! »

Des accusations maintes fois réitérées depuis le placement en détention de Khalifa Sall, en mars 2017, mais dont se sont toujours défendus les avocats de l’État du Sénégal, qui s’est constitué partie civile.

« L’instrumentalisation de la justice, c’est l’éternel argument brandi par la défense. Même s’il y avait 10 000 dossiers en attente, si un dossier est en état la Cour suprême peut le programmer à tout moment. Or le dossier de Khalifa Sall est en état », proteste Baboucar Cissé, avocat de l’État.

ON PEUT S’ATTENDRE À UNE CONDAMNATION DÉFINITIVE DE KHALIFA SALL AVANT LA SAINT-SYLVESTRE

Une condamnation avant la fin du mois ?
Les proches de Khalifa Sall s’attendent à une condamnation très rapide. « Devant la Cour suprême, il n’y a pas de jugement sur le fond du dossier mais uniquement sur la base des décisions déjà rendues.

Cela peut prendre 24 ou 48 heures. On peut donc s’attendre à une condamnation définitive de Khalifa Sall avant la Saint-Sylvestre », déplore Moussa Taye. Car le procès du candidat déclaré à la présidentielle repose avant tout sur une bataille de calendrier.

D’un coté, l’État est accusé de vouloir accélérer les choses pour mettre hors jeu avant l’élection l’une des principales figures de l’opposition ; de l’autre, la défense a multiplié les demandes de report en première instance et en appel afin d’étirer la procédure judiciaire au moins jusqu’au mois de février, date du premier tour de la présidentielle.

Babacar Thioye Ba, le directeur de cabinet de Khalifa Sall jusqu’à sa révocation, espère « des délais raisonnables en cassation, puisque la défense a formé près d’une quinzaine de pourvois concernant les décisions rendues en appel ».

Ultime recours
Même en cas de condamnation définitive devant la Cour suprême, Khalifa Sall aurait encore des recours selon ses lieutenants. « Quelle que soit la décision de la Cour suprême, la procédure ne prendra pas fin pour autant ! », affirme l’un d’entre eux.

Recours que la défense ne souhaite pas encore détailler, afin de préserver sa stratégie, mais qui pourraient prendre deux à trois mois et peut-être permettre à Khalifa Sall d’affronter Macky Sall dans les urnes le 24 février prochain.

Jeune Afrique

Ismaila Madior Fall enfonce Karim et Khalifa devant les députés

Face aux députés, ce jeudi 29 novembre 2018, le ministre de la Justice Ismaila Madior Fall a disqualifié de la course à la présidentielle le candidat déclaré du Parti démocratique sénégalais, Karim Wade et celui de Taxawu Sénégal, Khalifa Sall, en prison.

Selon le Garde de Sceaux les deux candidats déclarés sont disqualifiés de la course électorale du fait de leur mêlement avec la Justice Sénégalaise.

« L’affaire du maire Khalifa Sall tous les gens témoins du procès savent pertinemment qu’il est coupable. Lorsqu’on lui a montré les centaines de fausses factures, il ne les a pas niées. Mais il a dit que c’est une pratique qu’il a trouvé bien avant son arrivé. Donc venir ici pour dire que Khalifa est innocent c’est en vain »

Poursuivant le ministre ajoute « quand les juridiction sénégalaises l’on condamné, il est allé se plaindre à la CEDEAO et ce dernier n’a en aucun cas dit que le Sénégal n’a pas rendu la justice. Mais il a suggéré à l’Etat du Sénégal de débourser une somme de 35 millions F cfa en guise de dédommagement. Et donc comme la décision finale n’a pas encore été rendue et qu’il n’a pas été libéré. Le Sénégal ne lui doit rien ».

Toutefois, Ismaila Madior Fall argue que le rejet des candidats à l’élection présidentielle « c’est un phénomène à voie de banalisation dans le monde. Si vous avez mal géré la cité, la justice vous condamne. Et si la conséquence est que vous ne soyez pas éligible vous ne l’êtes pas. Donc il faut savoir raison garder. »

Pour le cas de Karim Wade, la Code pénal dit que le juge doit préciser que le détenu doit perdre ses droits civiques et un arrêt de la Crei l’a déjà fait. Donc s’est pas parce que la Cour ne l’a pas prononcé lors du jugement que Karim Wade peut être éligible à la prochaine élection

« Au Sénégal, il faut bénéficier d’un casier judiciaire vierge pour être président au Sénégal et toi tu viens avec un casier mentionner une condamnation de 6 ans pour aspirer à diriger le pays. Et pourtant la loi dit si on enferme une personne au délà de 6 mois, tu ne peux pas inscrire dans la liste électorale », explique le ministre.

Macky prêt à libérer Khalifa et Karim pour contrer Sonko

Pour faire face à l’équation à multiples inconnus que représente le leader de Pastef Ousmane Sonko, Macky Sall et son régime peaufinent toutes sortes de stratégies. Allant de la “daéchisation” aux menaces de mort en passant les insultes et les accusations.

Mais devant l’échec de ces premières tentatives qui ont, du reste, augmenté le capital sympathie de Sonko auprès des populations, le shadow cabinet du Boss envisagerait, selon des sources proches du Palais, une libération de Khalifa qui serait suivie de la validation de sa candidature ainsi que de celle de Karim Wade dans les semaines à venir.

Il y aurait ainsi, selon les gourous politiques de Macky Sall, une dispersion de ce nombre immense d’intentions de vote en faveur de Sonko. Car, comme on le sait bien, Karim Wade dispose de solides attaches au sein du Pds qui, somme toute, demeure toujours une machine électorale foudroyante. Khalifa Sall quant à lui est le maître incontesté de Dakar ( Prés de 1 million 700 mille électeurs ) et son emprisonnement que beaucoup jugent arbitraire voire injuste, lui aura donné une notoriété nationale.

Les jours à venir nous édifieront sur la faisabilité de ce schéma machiavélique concocté depuis les labos du Palais devenu inversement au slogan “ la patrie avant le parti”, le siège de l’Alliance pour la république …

Soham El Wardini remplace Khalifa Sall

Les dakarois ont un tout nouveau maire. Sans surprise, Soham El Wardini a été désignée. Les conseillers municipaux de la ville de Dakar, qui ont procédé au vote ce samedi, ont fait d’elle le successeur de Khalifa Sall. Elle a déjà obtenu la majorité absolue au premier tour, écrasant ses concurrents.

Soham el Wardini était jusqu’ici 1ère adjointe au maire de la ville de Dakar. Elle remplace ainsi, officiellement Khalifa Sall, révoqué de ses fonctions il y a quelques semaines. Proche de Khalifa Sall, elle dirigeait déjà la mairie depuis l’incarcération de ce dernier.  Elle est acclamée par les militants qui scandaient le nom de Khalifa.

Démarrage du vote pour le successeur de Khalifa Sall

Le vote a démarré à la mairie de Dakar. Officiellement, 3 candidatures ont été déclarées pour la succession de Khalifa Sall. Il s’agit de Soham El Wardini, qui a choisi le bulletin de vote de couleur verte. Banda Diop qui a choisi le bulletin de couleur blanche et Moussa Sy qui a, lui, choisi le bulletin de vote de couleur jaunâtre. Les 100 conseillers municipaux passent aux isoloirs. Ils vont élire celui qui va succéder à Khalifa Sall.

Khalifa Sall est irremplaçable selon Cheikh Gueye

La session du Conseil municipal de la Ville de Dakar de ce samedi cristallise les attentions. La succession de Khalifa Sall, le maire de Dakar déchu, en jeu, Cheikh Gueye, conseiller municipal proche de l’ex-édile de la capitale sénégalaise, appelle à la sérénité. Il annonce toutefois qu’il s’y rendra le cœur meurtri car Khalifa Sall est « irremplaçable ».

« J’ai reçu la convocation avec beaucoup de déception, le cœur meurtri, regrette-t-il, interrogé par Sud fm. Je n’arrive pas encore à comprendre cette décision qui enlève à Khalifa Sall sa fonction de maire. Mais, le cœur meurtri, je me rendrai à l’hôtel de Ville pour accomplir ma mission de conseiller. »

Le responsable de la Coalition « Taxawu Dakar » tient toutefois à préciser qu' »on peut prendre sa place mais on ne peut pas remplacer Khalifa Sall. Je le dis pour la bonne et simple raison qu’il a été un visionnaire, un rassembleur. Il aura tout fait pour cette ville, de par sa posture, son expérience et sa maîtrise des questions de décentralisation. Ce qui lui vaut d’ailleurs le poste de président de Cités et gouvernements locaux unis (Cglu). »

Khalifa Sall ne signe plus les documents de la Mairie

La décision de révocation du Maire de Dakar est pleinement entrée en vigueur. Depuis qu’il a reçu la notification du décret, Khalifa Sall est dévêtu de son manteau de Maire. Il n’a plus aucune responsabilité.
Selon des proches du désormais ex-maire, des membres du Conseil municipal n’avaient pas voulu se plier, arguant que le décret devait aussi, leur être notifié. C’est par la suite qu’ils ont accepté la situation, surtout que Khalifa Sall n’étant plus Maire et que eux, ne voulant pas prendre les responsabilités et continuer le service. La Mairie restait bloquée.

Depuis jeudi dernier, nous informe notre source, le premier adjoint, Soham Wardini, signe à la place du Maire. Khalifa Sall ne signe plus les documents. Désormais, le secrétaire ne fait plus de déplacement à la prison tous les soirs pour apporter un parapheur au Maire pour des signatures.

D’après notre informateur, cela n’agrée pas cette équipe du désormais ex-maire qui trouvait du plaisir à faire le déplacement et qui en profitait pour le voir et échanger avec lui.

Les Echos

Khalifa Sall a reçu sa lettre de révocation

Dix jours après sa révocation de son poste de maire de Dakar, Khalifa Sall a reçu, vendredi dernier, la lettre de notification de cette décision de Macky Sall. Selon le journal Les Échos, qui donne la nouvelle, c’est dans sa cellule de Rebeuss qu’il a reçu la note.

Du coup, officiellement, Khalifa Sall n’est plus le maire de Dakar, la mesure de révocation prenant effet dès réception de la notification.

Mais Khalifa Sall ne lâche pas du lest. D’après le journal, ses avocats vont saisir la Cour suprême pour un sursis à exécution du décret.

Le désormais ex-maire de Dakar a été révoqué par décret vendredi 31 août. Une décision qui est tombée vingt-quatre heures après la confirmation par la Cour d’appel de Dakar de sa condamnation en première instance à 5 ans de prison et 5 millions de francs Cfa d’amende.

« Pourquoi le decret de révocation du maire Khalifa Sall est illégal »

La légalité, c’est la qualité de ce qui est conforme à la loi. Notre conviction profonde : le décret 2018-1701 portant révocation du maire de Dakar en date du 31 aout 2018 est illégal pour au moins deux raisons :
La décision de révocation manque de base légale

Les éléments de la légalité interne d’une décision administrative (objet, but  et motifs) peuvent  être entachés des vices suivants : violation  de la loi, détournement de pouvoir et irrégularité des motifs. Les motifs sont les raisons de fait et de droit qui ont justifié la décision. L’irrégularité des motifs peut consister en une erreur de droit. L’erreur de droit peut prendre la forme d’un défaut de base légale.

Il en est ainsi lorsque l’autorité a fondé son acte sur une règle juridique inapplicable. La décision de révocation du Maire de Dakar est fondée sur la décision d’appel du 30 août 2018. Ceux qui convoquent le rapport de l’IGE n’ont peut-être pas lu le rapport de présentation du décret ou ses visas. Il n’est nullement fait mention d’une procédure disciplinaire qui aurait pu justifier une révocation sans attendre les décisions juridictionnelles.
Nous savons très bien que la procédure disciplinaire est indépendante de la procédure pénale mais encore faut-il pouvoir démontrer qu’il y a bel et bien eu une procédure disciplinaire adéquate (avec le respect scrupuleux du principe du contradictoire). L’IGE est un corps de contrôle et non une structure disciplinaire. Elle fait des recommandations mais ne sanctionne pas.
En fondant la décision de révocation sur une procédure judiciaire qui en est à l’instance d’appel, le Président de la République a violé le principe de la présomption d’innocence, ce principe selon lequel toute personne, qui se voit reprocher une infraction, est réputée innocente tant que sa culpabilité n’a pas été légalement démontrée à travers une décision de condamnation définitive.
L’affaire du maire de la commune de Saint-Privat (Hérault) a été évoquée tout dernièrement par les avocats de l’Etat pour dire à juste raison que la procédure disciplinaire est indépendante de la procédure pénale. Ils savent cependant très bien que dans le Considérant 5 de son arrêt du 26 février 2014, le Conseil d’Etat français dit clairement «que la condamnation d’un maire en première instance, qui ne peut permettre de regarder comme établis les faits qui la motivent ni comme définitives les sanctions pénales qui les répriment, ne peut suffire à fonder légalement une décision de révocation prise…
Si le Conseil d’Etat n’a pas finalement retenu l’illégalité et a accepté le principe que l’administration puisse prononcer « une sanction sans attendre que les juridictions répressives aient définitivement statué, c’est parce qu’il a estimé que deux procédures parallèles (disciplinaire et judiciaire) ont été engagées.
Le décret de révocation mentionne bien les deux lettres prouvant qu’une procédure d’instruction a été régulièrement suivie, ce qui justifie la légalité de la sanction administrative que constitue la décision de révocation. L’instruction a révélé que les « agissements (du maire) dans le cadre de l’exercice de ses fonctions municipales le privent de l’autorité morale nécessaire à l’exercice de ses fonctions de maire». Comparaison n’est pas raison.

Autre argument entendu : les faits sont définitivement établis car la Cour d’appel est la dernière instance de fond ; la Cour de cassation ne se prononce que sur le droit. Cet argument manque de pertinence dans la mesure où la juridiction suprême peut casser la décision de la Cour d’appel, renvoyer devant une autre juridiction du même ordre ou même ne pas renvoyer. Ce faisant, la décision de la Cour d’appel est anéantie.

Le décret de révocation n’est pas motivé
Tout acte administratif a des motifs mais ils ne se retrouvent pas forcément dans le corps même de l’acte. Il ne doit en être ainsi que lorsque la loi l’exige et c’est justement le cas au niveau de l’article 135 du CGCT qui dispose clairement en son alinéa 4 que le décret de révocation doit être motivé. La motivation, c’est l’inscription des motifs dans la décision même :

on dit d’un acte qu’il est motivé lorsque son instrumentum est revêtu des motifs qui le fondent. La motivation a pour but de garantir les droits des administrés et de les informer par rapport à une décision administrative. L’obligation à la charge de l’administration, pour motiver les décisions défavorables, de faire en sorte qu’« à la seule lecture de la décision », le destinataire puisse en connaître les motifs, cache une autre: celle de les faire figurer, sur la décision elle-même.
Que ceux qui seront tentés de renvoyer aux raisons évoquées dans le rapport de présentation du décret sachent que  la motivation pose le problème lié à  l’expression des motifs sur la décision elle-même. Les motifs d’une décision sont les considérations de fait et de droit qui la justifient.  Ils se rapportent au contenu d’un acte et relèvent, par conséquent, de la légalité interne.
Ce n’est pas le cas de la motivation qui relève de la légalité externe. Il y a donc à distinguer clairement la valeur des motifs au fond et celle de leur expression écrite. C’est le fait de porter ces motifs à la connaissance des administrés par leur exposé dans le corps même de la décision que l’on appelle motivation.
Le juge, au Sénégal, a régulièrement  sanctionné l’absence de motivation dans les cas où elle est exigée ne faisant aucune différence entre les décisions écrites et les décisions implicites. Dans l’affaire Cheikh Anta Diop (Trib. Dakar 7 avril 1981, M.P c/ Cheikh Anta Diop), le juge a rigoureusement appliqué le principe selon lequel une décision implicite intervenue dans les cas où la décision explicite aurait dû être motivée est illégale du seul fait que par nature, elle ne peut être assortie de cette motivation.
Dans l’affaire I.B.M contre Etat du Sénégal (CS, 7 janvier 1987), l’inspecteur du travail croyait avoir motivé sa décision en affirmant, à travers les énonciations de la décision, « qu’aussi bien les éléments du dossier que les résultats de l’enquête confirment les griefs retenus contre (le requérant) « . Le juge l’a contesté en précisant que cela ne constitue pas une motivation.
Le juge sénégalais a même, de son propre chef, élargi les cas de motivation obligatoire qui, jusqu’ici, étaient institués par les textes. Il en a été ainsi dans l’arrêt Ousmane Kamara (CE, 27 avril 1994). Il s’est montré dans certains cas, particulièrement exigeant sur la forme de la motivation alors pourtant qu’aucun texte ne le prévoyait.
Ce fut le cas dans l’affaire Seydou Mamadou Diarra où il estime que l’administration s’est soustraite à l’obligation de motiver sa décision en se bornant à viser «les nécessités d’ordre public» sans qu’aucun élément contenu dans la décision elle-même ne renseigne sur lesdites nécessités », le juge ne se satisfait plus des formules vagues et laconiques de motivation.

Que peut alors dire le juge, aujourd’hui, devant une décision qui n’est même pas motivée alors que nous sommes dans le champ de la motivation obligatoire ?

(Sud Quotidien)

Abdoulaye DIEYE,

Enseignant au département de droit

Faculté des sciences juridiques et politiques, UCAD

Révoqué : Khalifa Sall a rendu son véhicule de fonction

Selon les informations de L’As, le maire de Dakar a rendu sa voiture de fonction. Il s’agit d’une Toyota Berline que l’Institution municipale lui avait accordée en 2015.
Le journal rappelle que Khalifa Sall avait refusé de prendre un logement de fonction et une ligne téléphonique. Ce n’est pas tout. Il n’a jamais voulu changer le mobilier de son bureau et avait conservé la même secrétaire de son prédécesseur Pape Diop.

La révocation de Khalifa Sall fait toujours la Une des journaux


La révocation de Khalifa Ababacar Sall de ses fonctions de maire de Dakar continue de susciter l’intérêt de la majorité des journaux de ce lundi, nous rapporte l’Agence de presse sénégalaise (APS).

C’est le cas du journal Le Soleil qui affiche à sa Une la position du Garde des sceaux, ministre la Justice, Ismaïla Madior Fall à propos des réactions suscitées par cette décision de révocation prise par le chef de l’Etat sur la base d’un décret.

Le ministère de la Gouvernance territoriale, du Développement et de l’Aménagement du territoire a annoncé vendredi la révocation de Khalifa Sall de ses fonctions de maire de la ville de Dakar suite à la confirmation en seconde instance de sa condamnation à cinq ans de prison dans le cadre de la gestion de la Caisse d’avance de la mairie de la capitale.

Un vif débat par médias interposés principalement agite l’espace public sénégalais depuis l’annonce officielle de cette mesure. Certains dont des spécialistes du droit doutent de sa légalité tandis que d’autres soutiennent le contraire.

‘’Beaucoup se sont trompés’’, affiche ainsi à sa Une Le Soleil, rapportant des propos du Garde des sceaux, et non moins professeur de droit constitutionnel.
‘’La citation de la loi sur la Cour suprême relative au caractère suspensif du pourvoi est hors sujet. La révocation d’un maire est simplement et exclusivement dans le Code des collectivités territoriales. Le président de la République peut révoquer un maire en dehors et avant déclenchement de poursuites judiciaires’’, lit-on à la première page du journal qui résume ainsi une interview avec le ministre de la Justice.

Cette mise au point du Garde des sceaux ne semble pas mettre un terme au débat dans les journaux. Le journal Le Quotidien par exemple traite le sujet sous l’angle de la divergence affichant à sa Une : ‘’Maire des polémiques’’. La publication a notamment rapporté les points de vue d’Idrissa Diallo (proche de Khalifa Sall) et de Mbaye Ndiaye (mouvance présidentielle).

Si pour le premier, un proche de l’ex-député maire de Dakar, la révocation de Khalifa Sall constitue ‘’une défiance au vote des dakarois’’, le second s’intéroge : ‘’Tous ceux qui s’agitent, où étaient-ils lors que (le président) Wade m’avait révoqué’’.

M. Ndiaye alors maire des Parcelles Assainies dans la banlieue dakaroise avait été notamment déchu de ses fonction par l’ex-président pour des fautes présumées de gestion.
Le journal La Tribune, anticipe déjà les conséquences de cette mesure spéculant sur le probable remplacement de Khalifa Sall à la tête de la mairie de la capitale.

‘’Macky Sall ouvre la guerre de succession’’, rapporte à sa Une le journal qui dans ses colonnes table sur ‘’des manigances et autres intrigues et débauche d’argent pour tenter de rallier la majorité des conseillers dans le camp du pouvoir’’.

Cette mesure de révocation a dans le même temps servi de prétexte au journal L’AS pour revenir sur la liste de maires ayant été déchus avant la fin de leur mandat sous le tire : ‘’La longue liste des maires révoqués’’. Des photos d’Abdoulaye Diack, de Lamine Diack (ancien président de l’IAAF) et de Khalifa illustrent la Une du journal

De son côté Walf Quotidien tire les conséquences de cette affaire et n’hésite pas à évoquer un ‘’traque d’opposant’’ ou encore de ‘’rouleau compresseur’’.
‘’Dans la stratégie de liquidation des opposants, Khalifa Sall ne sera ni le premier, ni le dernier. Le décret, arme de dissuasion massive en main, l’option de taper sur les têtes qui dépassent, n’épargnera aucun mal-pensant titulaire d’une charge publique en conflit avec le pouvoir’’, mentionne Walf Quotidien dans ses colonnes.

Loin de cette préoccupation, Sud Quotidien a mis l’accent sur les difficultés notées dans le développement de l’horticulture. ‘’Ces goulots qui étranglent’’, indique le journal qui cite entre autres ‘’spoliation des terres, rareté de l’eau, insuffisance de financement, manque de magasins de stockage’’.

L’Observateur a accordé la priorité à un sujet de société, notamment celui relatif aux difficultés et autres conséquences liées au problème d’évitement sexuel au sein des couples.

‘’Le lit de l’enfer’’, écrit le journal à sa Une qui rapporte des témoignages d’hommes et de femmes confrontés à ce problème. ‘’Mon mari m’évite comme une pestiférée’’, soutient par exemple une femme, alors qu’un homme déclare : ‘‘Ma femme m’insulte quand je la touche’’.

Guirassy : « La révocation de Khalifa Sall est d’une indignité sans nom »

« La révocation de Khalifa Sall de sa fonction de maire de Dakar est d’une indignité sans nom. C’est une balafre portée au visage de la démocratie. Aucun Sénégalais de bonne foi ne voit l’urgence de ce décret présidentiel de révocation. Je n’en vois personnellement aucunement l’urgence.

Macky Sall ne porte pas les valeurs sénégalaises de paix, de tempérance et de juste milieu. En cette période de pré-élection, il lui incombait au premier chef de cultiver un climat apaisé, pour rassurer les Sénégalais, tous inquiets de l’avenir. Je dénonce avec la dernière énergie cette énième manifestation de la dérive totalitaire du régime de Macky Sall, après son refus de nommer un ministre de l’intérieur apolitique et sa loi sur les parrainages qui est la porte ouverte à toutes les dérives politiciennes. L’hyper-présidentialisation, qui prend prétexte de tout pour mettre notre pays en coupe réglée, atteint ici son summum avec le déni de la présomption d’innocence de Khalifa Sall, qui n’est pas définitivement condamné et dispose encore de voies de recours. Macky Sall a pu être candidat en 2012, après avoir rendu son mandat de maire de Fatick et de député du Pds, parce qu’il s’estimait humilié par le pouvoir d’alors.

Cette humiliation de l’adversaire que l’actuel président a refusé pour lui- même, il l’accepte, l’avalise et la met en oeuvre pour ses nawlé. En refusant de retenir les leçons de l’Histoire, de sa propre histoire, il se prépare à sortir de l’Histoire par la petite porte. Le décret présidentiel contre Khalifa Sall est l’acte qui signe définitivement le crime, de ce qui est une vaste cabale politique. Ce que nous n’accepterons pas, pour la préservation de la démocratie sénégalaise et la restauration de sa plénitude, c’est que Khalifa Sall ne puisse pas être candidat à la présidentielle de 2019.

Nous lui marquons notre solidarité totale. Je suis confiant que le peuple sénégalais, au nom de qui le droit est dit, saura lui-même dire le droit le 24 février 2019, en élisant un candidat qui incarne les véritables valeurs sénégalaises. »

Révoqué de son poste Maire de Dakar : ​Khalifa Sall va saisir la Cour suprême

Libération a appris de sources autorisées que Khalifa Sall a formellement rejeté sa révocation. Le désormais ex maire de Dakar a instruit ses conseils d’attaquer le décret présidentiel devant la Cour suprême. Cette même juridiction va d’ailleurs recevoir un pourvoi en cassation du maire de Dakar qui conteste sa condamnation en appel.

« Ça me fera du plaisir que Khalifa Sall soit gracié »

Khalifa Sall gracié après l’épuisement de son procès. C’est tout le vœu du Secrétaire général du Parti socialiste. Ousmane Tanor Dieng, dans un entretien qu’il a accordé hier, à Rfi. Il revient sur les rapports toujours, cordiaux qu’il a toujours eus avec le maire de Dakar, exclu du Ps en décembre dernier.

Déclaré récemment qu’il ne serait pas contre une grâce présidentielle pour Khalifa Sall quand la procédure judiciaire sera terminée. Ousmane Tanor Dieng soutient que « Khalifa Sall est quelqu’un avec lequel, j’ai cheminé et nous avons toujours eu de bons rapports. Maintenant, si la procédure judiciaire est terminée, qu’il puisse bénéficier d’une grâce. Non seulement,je ne m’y oppose pas mais, cela me fera plaisir ».

Khalifa Sall fixé sur son sort demain

Alors que l’actualité ne bruit que pour la multitude de candidatures déclarées pour la prochaine élection Présidentielle, une légère pause sera surement observée demain pour voir ce qui se passe du côté de la Cour d’appel de Dakar. En effet c’est ce 30 août, que le président de la Cour d’appel de Dakar, Demba Kandji va donner son verdict du procès en appel du maire de Dakar.

Le parquet général, pour rappel, avait demandé la confirmation du jugement en première instance. Pour sa part, l’Etat sollicite une réparation, c’est-à-dire 1 milliard 830 millions de francs Cfa pour le préjudice matériel et sur le plan moral, la somme de 5 milliards. Au total, la partie civile veut recouvrer la somme de 6 milliards 830 millions

Président-politicien, messieurs les juges, Khalifa Ababacar Sall a bon dos ! (Mody Niang)

Le Maire de Dakar, Khalifa Ababacar Sall (KAS), croupit en prison depuis le 7 mars 2017. Traduit devant le juge, il a été condamné en première instance à cinq ans de prison ferme et à une amende de cinq millions de francs CFA, pour les délits de « faux et usage de faux » et « escroquerie portant sur des deniers publics », exactement sur un milliard 800 millions de francs CFA. La défense de KAS a naturellement interjeté appel et n’attendra pas longtemps : le Président de la Cour d’Appel fixe le début du procès au 9 juillet 2018, soit seulement un peu plus de trois mois après.

Cette diligence n’a pas échappé aux Sénégalais, même pas au moins avertis d’entre eux. Elle en rappelle d’autres, qui ont caractérisé des décisions antérieures, notamment la transmission du Rapport qui incriminait KAS au Parquet, le traitement du dossier par le Procureur de la République et, immédiatement après lui, par le juge chargé de l’affaire. Le verdict de l’Appel n’attendra pas non plus : il sera rendu le 30 août prochain.

A moins d’un miracle, le jugement de première instance sera confirmé. A la rigueur, la première condamnation pourrait être allégée, en tout cas pas au point de permettre à KAS d’être candidat à l’élection présidentielle du 24 février 2019. C’est mon humble point de vue, celui d’un modeste citoyen qui, n’étant pas juriste et n’ayant pas lu le rapport qui incrimine KAS, ne s’est jamais prononcé sur le fond de l’affaire.

Ce qui me navre, par contre, et que j’ai plusieurs fois crié haut et fort, c’est l’acharnement sur la seule personne de KAS, le traitement de Kumba amul ndey qui lui est réservé. A supposer qu’il soit coupable des différents délits qui lui sont reprochés, notamment de « l’escroquerie portant sur des deniers publics » à hauteur d’un milliard 800 millions ! Combien sont-ils, dont les dossiers beaucoup plus lourds que celui de KAS, dorment sous le coude du président-politicien et sur la table du Procureur de la République de Dakar ?

J’ai passé en revue, dans plusieurs contributions, certains de ses dossiers en me fondant sur des documents officiels, rendus publics pour nombre d’entre eux. Je ne m’attarderai surtout pas sur ceux des deux amis du président-politicien et responsables politiques à Thiès et à Ndioum. Il s’agit naturellement de Cheikh Oumar Hanne et de Ciré Dia. Le président-politicien, les juges et même le commun des mortels savent parfaitement qu’ils ont fait pire que KAS et continuent tranquillement leurs massacres des deniers publics, qui alimentent leurs activités politiciennes et électoralistes, pratiquement au su et au vu de tout le monde.

Je m’appesantirai, par contre, pour rappel, sur l’un des lourds dossiers d’un déjà candidat déclaré à l’élection présidentielle du 24 février 2019. Il a même commencé tranquillement sa campagne électorale alors que, si nous avions à la tête de notre pays un Président de la République digne de ce nom, respectueux de sa fonction comme de l’opinion publique, ce candidat déclaré, Samuel Sarr en l’occurrence, aurait bien d’autres préoccupations aujourd’hui. Entre l’homme et moi, il n’y a aucun contentieux et il ne saurait y avoir d’ailleurs. Nous ne nous connaissons pas, sinon que de nom. Nous avons emprunté, dans la vie, des chemins différents. L’homme me laisse, peut-être même, l’impression d’être courtois et sympathique. Nous avons eu à échanger deux ou trois mails relativement à mes contributions, lui prenant toujours l’initiative.

« Même si je ne suis pas d’accord avec toi, même si nous n’avons pas la même vision (…) », commençait-t-il toujours ses mails, avant de me porter la contradiction sur tel ou tel point, avec une courtoisie que je lui rendais bien. Il comprendra que notre pays traverse un point de non retour et que la langue de bois ne devrait plus y être de mise.

Donc, c’est une injustice et un parti-pris flagrants que M. Sarr hume l’air de la liberté et fasse déjà tranquillement campagne pour une élection présidentielle dont tout est mis en œuvre pour en écarter KAS. Je rappelle que, dès que le Rapport de l’Inspection générale d’Etat (IGE) mettant en cause la gestion (de la caisse d’avance) du Maire de Dakar a été transmis au Parquet, j’ai fait publier, notamment au quotidien ‘’Walfadjri’’ du 22 février 2017, une contribution ayant pour titre : « Transmission au Parquet d’un rapport de l’IGE mettant en cause la gestion du Maire de Dakar : une diligence inhabituelle et suspecte. »

Dans la contribution, j’ai donné des exemples concrets tirés du « Rapport public sur l’Etat de la Gouvernance et de la Reddition des Comptes » de l’Inspection générale d‘Etat (IGE), juillet 2013 et juillet 2014. Le lecteur intéressé pourrait se reporter à ces deux rapports, surtout à celui de juillet 2013, qui met en évidence des ‘’cas flagrants de mauvaise gestion’’.

C’est notamment le cas de la gestion catastrophique du Festival mondial des Arts nègres (FESMAN) dont le Rapport est sous le coude du président-politicien qui l’a lui-même reconnu publiquement, justifiant ce choix inédit par le fait qu’il ne peut pas envoyer en même temps en prison le frère (Karim) et la sœur (Sindièly). Le rapport de l’IGE de juillet 2013 met en évidence d’autres actes caractérisés de mal gouvernance financière. Le lecteur qui s’y reporte aura l’embarras du choix. Il pourrait cependant s’arrêter sur le cas flagrant de la Société africaine de Raffinage (SAR), avec les ‘’hauts faits d’armes’’ de Samuel Sarr, ancien Directeur général de la SENELEC et ancien Ministre de l’Energie.

Les contrôleurs de l’IGE rappellent que la SAR importe du pétrole brut en vue de le raffiner pour assurer l’approvisionnement régulier du marché sénégalais en divers produits finis. Leur Rapport précise que la Société a importé en 2008 une cargaison de 122 222 tonnes de pétrole brut auprès du fournisseur Arcadia Petroleum Limited (APL), qui l’a expédié à partir du Nigeria, à bord du « M/T OLINDA ».

On se rappelle que cette cargaison contenait une énorme quantité d’eau mélangée au pétrole et a été, de surcroît, importée par la SAR « dans des conditions marquées par bien des irrégularités, manquements et autres dysfonctionnements », précisent les contrôleurs de l’IGE. Ces irrégularités et autres manquements gravissimes ont été décrits en détail dans le Rapport de 2013, notamment aux pages 116-120.

En particulier, l’importation de la cargaison ‘’Olinda’’ n’avait fait l’objet d’aucun appel d’offres, ni de l’application des dispositions du Code des Marchés publics alors en vigueur, ni de l’application de la procédure interne d’appel à la concurrence de la SAR. Au total, selon l’IGE, quatorze (14) cargaisons (9 en 2008 et 5 en 2009) seront importées exactement dans les mêmes conditions et auprès du même fournisseur, pour une valeur globale de quatre cent quatre-vingt-quinze milliards trois cent soixante-cinq millions (495 365 000 000) de francs CFA. C’est énorme !

Le plus surprenant encore, c’est que le même fournisseur APL avait été choisi « sur simple instruction de l’ancien Ministre de l’Energie adressée à l’ex-Président du Conseil d’Administration de la SAR par lettre confidentielle n° 00159/ME/CAB du 05 mai 2008 ». Ce qui est plus grave encore c’est que, dans sa fameuse lettre, notre ministre demandait que « la SAR ne fasse pas d’appel d’offres pour son approvisionnement en pétrole brut, invoquant un contrat de gouvernement à gouvernement ‘’G to G’’ supposé lier le Nigeria au Sénégal, dans le domaine de la fourniture de pétrole brut ». Or, ce contrat ‘’G to G’’ n’a laissé aucune trace à la SAR, où il était inconnu de tous les responsables de la Société comme du successeur de Samuel Sarr.

Il n’existe donc nulle part ailleurs, et a été sûrement le fruit de sa seule imagination, pour s’enrichir rapidement et largement. Le pétrole était donc importé en l’absence de tout document de commande, sur la base d’un ‘’contrat’’ conclu entre deux parties (le ministre et APL), le 05 juin 2008, et qui fixe un prix comportant un différentiel de 6,15 dollars US par baril. Un « différentiel excessif, comparé aux différentiels négociés avec les ‘’traders’’ à la suite des appels d’offres pour des cargaisons similaires », de l’avis des dirigeants de la SAR.

Pour mieux confondre notre ministre bourreau de deniers publics, le Rapport, révèle ceci : « la Société TOTAL, par la voie d’un de ses anciens administrateurs à la SAR avait même offert de livrer à la raffinerie une cargaison de pétrole brut, moyennant un différentiel d’environ 3 dollars US par baril, ce qui n’avait pas été accepté. Le mémorandum qu’il a établi à ce sujet confirme bien que le différentiel se situait à cette période à 3,30 dollars US par baril ».

Le brigandage organisé par l’ancien Ministre de l’Energie aura donc fait perdre à la SAR, pour chaque baril de brut, la différence entre les 6,15 dollars payés à APL et les 3,3 dollars US de l’offre de vente faite par TOTAL. Cette perte « calculée en appliquant les mêmes paramètres que pour déterminer la valeur-facture de l’ensemble de la cargaison », équivaut à deux milliards cent soixante quatorze millions huit cent soixante quinze mille cent quatre-vingts trois (2 174 875 183) francs CFA. . Combien de milliards ce fameux contrat ‘’G to G’’ lui a-t-il rapportés ? On peut se poser légitimement la question.

Les contrôleurs de l’IGE ne se sont pas arrêtés en si bon chemin : ils ont aussi mis en évidence de nombreuses autres pertes importantes pour la SAR (Rapport du 13 juillet, pp. 119-120). En particulier, en achetant délibérément de l’eau au prix du pétrole brut, la SAR aura perdu un montant d’un milliard cent soixante-quatre millions trois cent six mille neuf cent quarante-huit (1 164 306 948) francs CFA, auquel plus de cinq milliards sont venus s’ajouter, « du fait des retards dans la fabrication de ces produits raffinés et à l’évolution moins favorable de leurs prix de vente ».

En agrégeant les différents manques à gagner, pertes et autres surcoûts, le Rapport de l’IGE estime le préjudice globalement subi par la SAR, pour la seule importation OLINDA, « au moins à neuf milliards sept cent quatre-vintg- seize millions sept cent soixante-neuf mille soixante-dix-sept (9 796 769 077) francs CFA ». Le Rapport relève aussi « la forte présomption de collusion d’intérêts avec le fournisseur APL au préjudice de la SAR, avec la complicité de l’ancien Ministre de l’Energie et de l’ancien Directeur général de la (Société) ». Et, pour ces forfaits cumulés, « l’IGE (proposait) l’ouverture d’une information judiciaire à l’encontre de l’ancien Ministre de l’Energie et de l’ancien Directeur général de la SAR ». Proposition restée jusqu’ici sans suite, malgré la flagrance des crimes mis en évidence.

Voilà, pour résumer les actes de brigandage financier – il y en bien d’autres dans le Rapport de l’IGE – de l’ancien ministre Samuel Sarr ! Combien de milliards a-t-il soustraits à la SAR, donc à toute la collectivité nationale ? Le candidat déclaré à la Présidence de la République est fortement impliqué dans d’autres dossiers aussi sulfureux que celui de la SAR. J’en passerai en revue un dans ma prochaine contribution. On n’oubliera pas, non plus, qu’il figure en bonne place sur la liste des vingt-cinq compatriotes accusés d’enrichissement illicite. Pourtant, il n’est pas inquiété le moins du monde et se la coule douce entre Dakar et Touba, son refuge préféré. Pas seulement d’ailleurs : malgré les nombreux forfaits à son passif, il se porte candidat à l’importante fonction présidentielle et s’est lancé déjà en campagne électorale.

Pendant, ce temps, KAS est en prison et tout est mis en œuvre pour l’y maintenir et l’empêcher de jouir des mêmes droits que ce Samuel Sarr, dont nous venons de passer en revue seulement quelques forfaitures. Amnesty International a-t-elle tort de nous pointer du doigt dans son dernier rapport ? Le président-politicien et les juges qui ont en charge l’affaire du Maire de Dakar ont-ils vraiment la conscience tranquille ? Ne vont-ils pas conforter nombre de Sénégalaises et de Sénégalais dans leur sentiment, peut-être leur conviction, que notre justice devient de plus en plus une justice sélective, manifestement à deux vitesses ? Ces questions, nous ne pouvons pas ne pas nous les poser. Et nous nous les posons avec toute la force dont nous sommes capables.

Dakar le 22 août 2019

Mody Niang

Moussa Taye « Khalifa Sall n’a pas besoin d’une grâce présidentielle

Interpellé sur la déclaration de Ousmane Tanor Dieng qui se dit favorable à une grâce ou une amnistie pour Khalifa Sall au terme de la procédure judiciaire, Moussa Taye est catégorique: « Khalifa Sall n’a pas besoin d’une grâce ou d’une amnistie car il est innocent. Il faut que Tanor Dieng arrête les déclarations malheureuses auxquelles il se livre depuis quelque temps », a-t-il indiqué.

Leral.net

Fatick sera « la grande déception » de Macky Sall à la présidentielle de 2019


Moussa Taye, conseiller politique et porte-parole du maire de Dakar Khalifa Sall, candidat déclaré à la présidentielle de 2019, a soutenu, dimanche, que « la grande déception de Macky Sall en 2019 viendra de Fatick où les populations lui ont définitivement tourné le dos ».

« La grande déception de Macky Sall en 2019, sera Fatick (…) parce que les fatickois lui ont tourné le dos définitivement », a déclaré M.Taye qui échangeait avec les militants de Fatick sur la feuille de route et la candidature annoncée de Khalifa Sall à la prochaine élection présidentielle de 2019.

« Fatick a été paradoxalement délaissée en tant que région de l’actuel président de la République (…) », a-t-il dit, estimant que Fatick est « prenable » pour le candidat Khalifa Sall.

« C’est pour cela, a-t-il expliqué, que le candidat Khalifa Sall a, dans son programme politique, réservé une place de choix à Fatick » qui, a-t-il rappelé, a été un « bastion socialiste historique ».

Dans la perspective de la prochaine campagne électorale de la présidentielle de 2019, Moussa Taye a indiqué, que « les camarades socialistes proches de Khalifa Sall ont décidé de lancer leur campagne électorale à Fatick, dans la capitale du Sine, et nous fêterons à Fatick notre victoire, à l’issue du scrutin’’.

« Nous n’avons pas de crainte pour cela », a-t-il soutenu, ajoutant, qu’ »aujourd’hui Khalifa Sall est le candidat socialiste, il est l’incarnation des valeurs socialistes, donc toutes nos bases affectives dans le Sine vont être derrière notre candidat ».

Interpellé sur le parrainage, il a assuré que « tous les militants et
sympathisants de Khalifa Sall vont le parrainer à Fatick, un bastion
socialiste historique, où nous comptons au minimum avoir 2000
signatures ».

« Fatick est un grand enjeu pour nous et fera partie des sept régions que nous avons ciblées dans le cadre du parrainage », a-t-il insisté.
Khalifa Sall porte, selon lui, « un projet socialiste et démocratique qui s’adosse aux conclusions des assises nationales et reste ouvert à toutes les propositions des volontés citoyennes socialistes ».

« (…) nous souhaitons que Khalifa Sall recouvre la liberté le 30 décembre prochain et sillonne avec nous le Sénégal, à défaut nous le ferons à sa place », a lancé son conseiller politique qui souligne que le maire de Dakar reste leur candidat et qu’ils n’ont pas de « plan B ».

Le parti socialiste (PS) est depuis quelques mois divisé avec la création du Parti socialiste des valeurs dirigé par le maire de Dakar Khalifa Sall en opposition au PS d’Ousmane Tanor Dieng, qui soutient la candidature de Macky Sall à la prochaine présidentielle à travers la coalition Benno Bokk Yaakar (BBY).

S’excluant mutuellement, les deux ailes politiques socialistes se livrent à une rude bataille interne pour le contrôle de la direction du parti en perspective de l’élection présidentielle de 2019.

Les raisons du boycott des avocats de Khalifa SALL du procès en appel


L’Etat du Sénégal, sous une fausse qualité de partie civile a engagé des poursuites pénales contre M. Khalifa Ababacar SALL, Maire de la Ville de Dakar et Député à l’Assemblée Nationale.
Par arrêt du 29 juin 2018, la Cour de Justice de la CEDEAO a jugé de façon définitive que :

– le droit à un procès équitable de M. Khalifa Ababacar SALL a été violé.
– son droit à la présomption d’innocence a été violé.
– sa détention est arbitraire.
– ses droits de la défense ont été gravement violés.
– l’Etat du Sénégal a été condamné à des dommages et intérêts dont le montant a été fixé à la somme de 35 millions de Francs CFA.

La Cour d’Appel de Dakar n’accepte pas d’appliquer cette décision de justice définitive et d’en tirer les conséquences de droit, notamment de faire cesser la détention arbitraire intolérable et inadmissible dans un état de droit.

La Cour d’Appel de Dakar n’a pas non plus accepté d’annuler la procédure et le jugement et ce en dépit de la présentation des nullités du jugement de condamnation de M. Khalifa Ababacar SALL caractérisant la violation des droits de la défense tel que prévu par le code de procédure pénale sénégalais.

Elle a décidé :

– par le rythme inédit imposé au présent procès.
– par les nombreuses manifestations de partialité qui transparaissent dans ses décisions déjà rendues contre M. Khalifa Ababacar SALL et les débats d’audience.
– par le refus de saisir le Conseil Constitutionnel des exceptions d’inconstitutionnalité présentées par la défense et leurs jugements et rejets sans base légale.
– par la décision de joindre au fond les exceptions dont le caractère préjudiciel sont évidentes.

La Cour d’Appel de Dakar à la suite du Tribunal de Grande Instance Hors Classe de Dakar et du Juge d’Instruction, a achevé de démontrer que le présent procès ne sera plus jamais qu’une justice expéditive pour rendre inéligible notre client M. Khalifa Ababacar SALL à l’élection présidentielle de février 2019.

Dans ces conditions, et pour ne pas se rendre complice d’une défense de connivence avec les atteintes répétées aux droits de leur client, le collectif des Avocats en concertation avec M. Khalifa Ababacar SALL, a pris la décision de quitter le prétoire pour marquer sa désapprobation absolue.

L’opinion publique nationale et internationale sera informée plus en détails sur les circonstances de ce procès purement politique pour lequel la justice sénégalaise refuse l’application de ses lois et règlements et instruments juridiques internationaux.

Fait à Dakar, le 24 juillet 2018

Le Collectif des Avocats de M. Khalifa Ababacar SALL

La Cour d’appel sur la décision de la Cour de la Cedeao

Considérant que par conclusions écrites en date du 11 Juillet 2018, maître François SARR, conseil de Khalifa Ababacar SALL a saisi la Cour de céans d’une requête tendant à l’annulation de la procédure et de mise en liberté immédiate de son client en faveur de qui la Cour de Justice de la Communauté Économique Des Etats de l’Afrique de l’Ouest qui sera dite CEDEAO a rendu une décision dans le cadre d’une procédure par lui initiée contre l’Etat du Sénégal et dont le dispositif est ainsi conçu :

«Dit que le droit à l’assistance d’un conseil, le droit à la présomption d’innocence et le droit à un procès équitable des requérants ont été violés ;

Dit également que la détention de Khalifa Ababacar SALL entre la date de proclamation des résultats des élections législatives par le conseil constitutionnel, c’est-à-dire le 14 Août 2017 et celle de la levée de son immunité parlementaire, à savoir le 25 novembre 2017 est arbitraire ;

Dit que la responsabilité de l’Etat du Sénégal, par le truchement de ses autorités policières et judiciaires est engagée ;

Condamne le défendeur à payer aux requérants la somme de trente-cinq millions (35.000.000) de Francs CFA à titre de réparation.

Déboute les requérants du surplus de leur prétentions.

Met les dépens à la charge de l’Etat du Sénégal ; »

Sur la forme

Considérant qu’en cours de délibéré, maître François Sarr, conseil de Khalifa Ababacar Sall a transmis à la Cour, par correspondance en date du 16 juillet 2018, l’entier arrêt rendu le 29 juin 2018 par la Cour de Justice de la CEDEAO sur la base duquel les parties ont fondé leurs écritures additionnelles régulièrement versées au dossier;

Considérant cependant que par écritures en date du 17 juillet 2018, maître François Sarr a saisi de nouveau la Cour d’une correspondance par laquelle il sollicite la réouverture des débat en prétextant que là parquet général aurait changé ses réquisitions en demandant le rejet de la demande de libération de Khalifa Ababacar Sall;

Considérant que la Cour qui a estimé disposer d’éléments d’appréciation suffisants dès le 11 juillet 2018, date de la mise en délibéré de l’affaire n’estime pas nécessaire de rabattre son délibéré pour simplement discuter de la question de savoir si le changement de position du ministère public si tant est qu’il existe peut être considéré comme « une demande nouvelle »;

Qu’il y a lieu, tenant des autres éléments développés par maître Sarr dans sa correspondance du 17 juillet 2018, de dire n’y avoir lieu à réouvrir les débats;

Considérant que les conseils de Khalifa Ababacar SALL ont, dans leurs plaidoiries subséquentes, font remarquer au soutien de leur demande de nullité et de libération immédiate que la décision de la cour de justice de la CEDEAO a un caractère obligatoire, définitif et exécutoire, au regard des articles 6 et 15 du traité révisé de la CEDEAO et 19 du protocole référencé A/P1/7/91 et que cette décision s’impose à la cour d’appel de céans pour tout ce qui a été jugé par la Cour de Justice de la CEDEAO;

Qu’ils ajoutent, par ailleurs, que les constats qui ont établi la violation des droits du requérant à bénéficier d’un procès équitable, de l’assistance d’un conseil et du non-respect de l’immunité parlementaire de Khalifa Ababacar SALL ne peuvent plus être, selon eux, remis en cause par les juges de la cour d’appel;

Qu’ils considèrent que tout jugement rendu en violation de ces droits sus indiqués est définitivement irrégulier et inéquitable et comme tel doit être annulé ;

Que ces irrégularités et violations ne pouvant nullement être régularisées à postériori, ils sollicitent l’annulation de la procédure et la libération immédiate de Khalifa SALL comme conséquence de ces irrégularités de la procédure ;

Que maîtres Khassime TOURE et Youssoufa CAMARA ont plaidé les mêmes moyens et demandes pour le compte respectif de Mbaye TOURE et Yaya BODIAN ;

Considérant que les avocats de l’Etat du Sénégal ont conclu en revanche au rejet de ladite requête et font valoir que la Cour de justice de la CEDEAO a débouté les requérants de leur demande de libération immédiate et de cessation immédiate des poursuites et qu’ils ne peuvent solliciter le bénéfice de ces mesures en se basant sur l’arrêt de la juridiction communautaire qui ne l’a pas ordonné; qu’ils soutiennent que la juridiction communautaire a relevé que l’immunité de Khalifa Sall a été levée , contrairement aux allégations des requérants, dès lors qu’elle a fondé la détention arbitraire du susnommé dans la période séquentielle comprise entre la proclamation des résultats et la levée effective de son immunité ;

Qu’ils soutiennent que les demandes sont d’autant plus injustifiées que la juridiction communautaire n’a pas ordonné la libération d’office de Khalifa SALL et ses coprévenus alors que dans d’autres cas où la situation le justifiait à l’instar de la procédure Tandjan contre Etat du Niger, cette juridiction a fait injonction à l’Etat du Niger de libérer le susnommé ;

Considérant que les conseils de l’Etat du Sénégal ont par ailleurs fait remarquer qu’en droit il n’existe aucun mécanisme pour transposer la décision de la Cour et annuler la procédure pendante sur la base de l’arrêt allégué de la cour de justice, ce d’autant que la cour de justice communautaire n’est pas une juridiction de recours et qu’elle n’a pas vocation à réviser les décisions des juridictions des pays membres ;

Qu’ils plaidaient enfin que la libération sollicitée par les conseils des prévenus ne peuvent être appréciée que sous l’angle des dispositions des articles 140 et suivants du CPP ;

Considérant que le procureur général a requis pour ce qui le concerne le rejet des demandes présentées au motif que les requêtes des prévenus ne se fondent que sur l’arrêt de la CEDEAO qui n’a toutefois jamais ordonné la libération des prévenus ni conclu à la nullité de la procédure engagée ;

Considérant que les avocats de la Ville de Dakar n’ont pas fait de développements spécifiques sur les dites requêtes ;

Sur ce, la Cour,

Sur la portée de l’arrêt de la Cour de Justice de la CEDEAO

Considérant que la Cour de céans entend tout d’abord préciser que l’ordre juridique communautaire de la CEDEAO est caractérisé par un monisme judiciaire compétent entre autres, pour connaître en premier et dernier ressort des questions relevant de l’interprétation et de l’unification du droit communautaire, des renvois préjudiciels qui peuvent lui être faits par les institutions des États membres et des saisines par les ressortissants des États membres sur les violations des droits de l’homme;

Que la Cour de Justice rend ainsi, dans les domaines relevant de sa compétence, en application des dispositions de l’article 15-4 du Traité révisé, des arrêts obligatoires à l’égard des États membres, des institutions de la communauté, des personnes physiques et morales;

Que la force obligatoire des décisions de justice communautaires a été affirmée avec force dans l’affaire Jerry Ugokwe contre République fédérale du Nigéria, jugée le 7 octobre 2005 quand la Cour soutient que l’obligation d’exécuter ses décisions incombe aux tribunaux nationaux des États membres bâtis sur un ordre communautaire intégré sans pour autant laisser supposer l’existence d’une relation verticale entre la Cour communautaire et les juridictions nationales des États membres;

Considérant qu’il y a lieu cependant de préciser que la force obligatoire et exécutoire attachée aux arrêts de la Cour de Justice, essentielle à la pénétration du droit communautaire dans les ordres juridiques nationaux, n’autorise pas pour autant la juridiction communautaire à se substituer aux juridictions nationales ni à les concurrencer sur leur propre terrain qui est celui de l’interprétation des textes nationaux ainsi que cela a été affirmé avec pertinence dans un obiter dictum;

Qu’il est dès lors indéniable que l’arrêt rendu le 29 juin 2018 dans le différend opposant Khalifa Ababacar Sall et autres contre État du Sénégal, revêtu de l’autorité de la chose jugée, en application des dispositions du Traité révisé et du Protocole sur la Cour de Justice parce que constatant des violations de droits de l’homme au détriment de ses bénéficiaires, produit des effets obligatoires conformément aux dispositions de l’article 15-4 du Traité révisé de la CEDEAO;

Considérant qu’en plus de son caractère obligatoire, l’arrêt du 29 juin 2018 en ce qu’il comporte le paiement de somme d’argent à Khalifa Ababacar Sall et autres pour un montant de trente cinq millions (35 O00 000 fCFA) que la Cour a estimée être la juste réparation des préjudices à eux causés, est immédiatement exécutoire par l’Etat du Sénégal, partie au litige en application des dispositions de l’article 24 du Protocole,en ce qu’il comporte à la charge du succombant une obligation pécuniaire;

onsidérant que c’est sous ce prisme qu’il faut lire la décision de la Cour de Justice de la CEDEAO qui, en plus des obligations pécuniaires, interpelle l’Etat du Sénégal, partie au litige sur la nécessité de hisser sa législation au niveau des textes internationaux pertinents dont la violation est constatée mais qui ne sont pas self executing par le juge pénal national;

Considérant que cette position est conforme à celle clairement exprimée par la Cour communautaire dans l’affaire Baldino Saliou contre Burkina Faso, ECW/CCJ/JUD/13/12 du 31 octobre 2012, p. 59, à l’occasion de laquelle elle a précisé que « lorsqu’elle examine une affaire qui se rapporte à une procédure judiciaire en cours dans un État membre, ses décisions n’ont pas vocation à interférer avec les décisions que les juridictions nationales seraient amenées à prendre. La Cour ne peut ordonner des mesures dont l’exécution viendrait à fragiliser ou anéantir l’autorité et l’indépendance du juge national dans la conduite des affaires dont il est saisi »;

Qu’il en est ainsi parce que la Cour communautaire n’est pas une Cour suprême fédérale dotée d’un pouvoir de cassation, de réformation ou d’annulation des décisions rendues par les juridictions nationales;

Que cette position constante de la Cour communautaire a été également rappelée dans les affaires Moussa Keita et autres contre République du Mali du 22 mars 2007, Abdoulaye Baldé et autres contre République du Sénégal du 22 février 2013 et El Hadji Hammani contre République Fédérale du Nigéria du 28 juin 2017;

Considérant qu’il résulte de ce qui précède que la Cour de céans est seule compétente, en application des règles relatives à l’organisation judiciaire et à la procèdure pénale sénégalaises pour examiner les griefs portés contre la décision rendue le 30 mars 2018 et apprécier le bien fondé de la liberté sollicitée pour le compte de Khalifa Ababacar Sall, Mbaye Touré et Yaya Bodian ;

Sur la nullité de la procédure et la libération immédiate ou liberté d’office comme conséquence de l’arrêt du 29 juin 2018 de la Cour de Justice de la CEDEAO plaidée par Khalifa Sall et autres

Considérant qu’il convient de rappeler que les arrêts rendus par la Cour de Justice de la CEDEAO n’impactant pas les procédures pendantes devant les juridictions nationales des Etats membres ainsi qu’il a été amplement démontré ci-dessus, il y a lieu de rejeter les demandes de nullité et de libération immédiate ou de liberté d’office formulées par les prévenus

Demba Kandji dit non à la Cedeao et refuse la libération de Khalifa Sall

Le juge d’appel, Demba Kandji, qui a survolé l’arrêt de justice de la Cedeao, ne semble pas donner raison aux avocats du maire de Dakar qui demandent la libération immédiate de leur client. Selon Demba Kandji, « seule la Cour de céans est compétente » dans cette affaire. À l’en croire « l’arrêt du 29 juin 2018 de la Cour de Justice de la Cedeao n’impacte pas les procédures pendantes dans de ses pays membres ».

Revue de presse : L’issue du procès de Khalifa Sall à la Une


La grande majorité des journaux reçus jeudi à l’APS anticipe la fin du procès en appel de Khalifa Ababacar Sall au regard de la posture du parquet général qui ouvrirait la voie à une application de l’arrêt de la Cour de justice de la CEDEAO et la libération de M. Sall et cie.

Mercredi, au troisième jour d’audience du procès en appel de Khalifa Sall, le procureur général près de la Cour d’appel de Dakar, Lansana Diaby, a souligné l’obligation pour l’Etat du Sénégal de respecter les décisions de cette juridiction communautaire.

Le procureur général a évoqué cette possibilité en réagissant à une demande de libération immédiate introduite par les avocats de la défense. Une requête à laquelle le premier président de la Cour d’appel de Dakar Demba Kandji a promis de répondre dans un délai de huit jours. La durée de la suspension de l’audience qui doit reprendre le 18 juillet.

’’Khalifa Sall et compagnie fixés sur leur sort mercredi’’, souligne Le Soleil. ‘’Le maire de Dakar devra encore patienter jusqu’à mercredi pour savoir si le juge de la Cour d’appel va lui accorder une libération immédiate’’, informe ainsi le quotidien national.

Le Témoin parle de ’’coup de théâtre du Procureur général’’. Selon ce quotidien dakarois, ’’le procureur a surpris le monde de la justice et des justiciables en reconnaissant à l’immense surprise des Sénégalais le caractère exécutoire de l’arrêt de la Cour de justice’’ de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO) qui a estimé que M. Sall n’a pas eu droit à un ’’procés équitable’’ en première instance.

D’autres titres vont plus loin en spéculant sur une probable libération du maire de la capitale. ‘’Coup de tonnerre : le procureur cautionne la libération de Khalifa’’, écrit à sa Une Vox Populi qui informe en même temps de la décision du premier président de la Cour d’appel de Dakar de suspendre l’audience le temps de ‘’disposer de l’arrêt qui reconnait la violation des droits de Khalifa Sall’’.

Pour le journal Sud Quotidien, le ‘’procureur général Lansana Diaby, (par sa position prise mercredi au cours des débats d’audience), invite la Cour (d’appel) à prendre ses responsabilités’’.

Enquête salue ‘’La Voix de la sagesse’’ exprimée par le Procureur qui appelle à ‘’respecter les décisions’’ de la Cour de justice de la CEDEAO.

’’Khalifa Sall presque Hors de la caisse’’, selon La Tribune qui utilise ce jeu de mots pour faire allusion à la Caisse d’avance de la ville de Dakar qui a valu à l’ancien responsable du Parti socialiste, son séjour carcéral et sa condamnation, le 30 mars, par la Chambre correctionnelle du Tribunal de grande instance de Dakar à 5ans de prison pour escroquerie entre autres.

Plus mesuré, le journal Le Quotidien, semble attendre la reprise de l’audience et l’annonce mercredi prochain de la décision du juge de la Cour d’appel pour tirer des conclusions.

En attendant, la publication rapporte les prises de position des parties prenantes au procès : ’’Il faut être un peu sorcier pour dire que l’arrêt (de la Cour de justice de la CEDEAO) permettrait la libération de Khalifa Sall’’, fulmine ainsi dans le journal Me Samba Bitèye, un des avocats de l’Etat.

Le Quotidien rapporte également des propos du procureur général qui soutient : ’’On ne peut contester l’arrêt (de la Cour de justice de la CEDEAO) car il émane d’une juridiction’’.

Walf Quotidien a privilégié les sujets politiques en titrant sur la volonté de l’opposition regroupée au sein du Front national de résistance, d’organiser vendredi, une journée de protestation contre le pouvoir. Une manifestation qui n’a pas encore été autorisée par le préfet de Dakar. ‘’L’opposition bande les muscles’’, affiche Walf à à sa Une.

Source A annonce l’arrêt du fonctionnement de l’appareil de radiothérapie de l’hôpital Aristide Le Dantec et écrit : ’’Les malades du cancer replongent dans la galère à l’hôpital Le Dantec : leur radiothérapie de 2,8 milliards de francs Cfa en panne’’.

En sport, Tribune annonce que la Croatie a rejoint la France en finale de coupe du monde.

Procès Khalifa : Une décision de la Cedeao ne figure pas dans le dossier (Juge)

Le président de la Cour d’appel de Dakar ne veut pas entendre parler de l’arrêt de la Cedeao concernant l’affaire de la Caisse d’avance. « Dans le dossier que j’ai, il n’est nullement écrit le mot Cedeao », a rappelé le juge Demba Kandji, au milieu de ses deux assesseurs.

Le magistrat ignore complètement l’extrait du primitif de l’instance ouest-africaine, qui a reconnu la violation des droits du maire de Dakar. « La cour a estimé qu’elle est saisie par les actes d’appel, c’est-à-dire le jugement sur la demande de liberté provisoire rendue le 2 février 2018 et le jugement rendu au fond le 30 mars 2018. La Cour s’estime réellement saisie. Rien ne me dit qu’une décision a été rendue par la Cedeao. De plus, rien ici ne me dit quel est son impact », écarte le juge d’appel.

« Arrêtez de me faire le procès du diable. Rien ne me prouve qu’il y’a une décision de la Cedeao. Arrêtez de me faire porter des responsabilités que je n’ai pas », supplie encore le magistrat Demba Kandji. A noter que sur les questions de procédure et de fond, la Cour ne s’est pas prononcée…

Les affaires Khalifa Sall et Karim Wade à la Une des journaux

Les journaux reçus lundi à l’APS traient en priorité de la politique, notamment sous l’angle des affaires judiciaires avec l’ouverture du procès en appel de Khalifa Ababacar Sall et les péripéties liées au rejet de l’inscription de Karim Wade sur les listes électorales.

’’La CEDEAO observe Demba Kandji’’ titre à La Cloche. Demba Kandji est le premier président de la Cour d’appel de Dakar.

La Cloche qui illustre sa Une d’une photo du maire de Dakar tout de blanc vêtu avec une main levée, annonce l’ouverture, ce matin, du procès en appel de Khalifa Sall condamné le 30 mars dernier en première instance à cinq ans de prison pour ‘’escroquerie aux deniers publics, faux et usage de faux dans des documents administratifs complicité en faux en écriture de commerce’’.

L’ouverture du procès en appel du premier magistrat de la capitale devant la Cour d’appel de Dakar intervient alors que la Cour de justice de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO) a estimé qu’il n’a pas eu droit à un procès équitable en première instance.

Cette juridiction communautaire saisie par les conseils de Khalifa Sall a notamment estimé que durant la procédure, ‘’le droit à l’assistance d’un avocat, le droit à la présomption d’innocence et à un procès équitable avaient été violés’’.

’’Khalifa Sall en salle d’attente’’, est le titre à la Une du journal Sud Quotidien.

« Demba Kandji face à la décision de la CEDEAO’’, mentionne à sa Une le journal L’AS avec une photo du président de la Cour d’appel de Dakar.

Le journal Le Quotidien aussi affiche à sa Une : ‘’La CEDEAO à la barre’’. La publication rend compte également de l’ajout de l’arrêt de la Cour de justice de la CEDEAO au dossier du maire du Dakar.

Le rejet de l’inscription de Karim Wade sur les listes électorales du candidat déclaré du Parti démocratique sénégalais (PDS), fait la une de quelques journaux qui n’hésitent pas à parler de ‘’crise politico-judiciaire’’.

Il en est ainsi du quotidien la Tribune qui titre à sa Une : ‘’Karim et Khalifa abattent leurs dernières cartes’’.

Le fils de l’ancien président Abdoulaye Wade, candidat du principal parti d’opposition, a vu son inscription sur les listes électorales rejetée à cause d’une condamnation pour enrichissement illicite.

Mais ’’Karim Wade est bel et bien éligible’’, selon Le Témoin qui reprend à sa Une, des propos d’un des avocats du fils de l’ancien président de la République, Abdoulaye Wade.

Parlant des affaires Sall et Wade, le journal Enquête estime que l’Etat est ‘’entre le marteau et l’enclume’’. Ce quotidien illustre ce titre d’un photo-montage avec Karim Wade, Khalifa Sall et le président Macky Sall, visiblement songeur.

Le Soleil annonce la promulgation de la loi modifiant le Code électoral suite à l’introduction du parrainage citoyen.

’’Modification du Code électoral pour l’adapter au parrainage : le Président a promulgué la loi’’, rapporte ainsi à sa Une Le Soleil qui publie l’intégralité du texte de la loi portant révision du Code électoral.

L’Observateur s’intéresse aux stratégies en gestation au sein de la mouvance présidentielle pour assurer à son leader, Macky Sall, une victoire à la présidentielle de février prochain dès le premier tour.

‘’Macky engage le mortal Kombat’’, selon le journal en évoquant ainsi ‘’un nouveau plan de guerre du président pour sa réélection en 2019’’.

Loin des sujets politiques, Walf Quotidien met en exergue la Couverture maladie universelle (CMU) et titre : ‘’La couverture maladie à l’article de la mort’’.

Me Ciré Clédor Ly juge la détention de Khalifa Sall arbitraire

Les avocats du maire de Dakar sont en conférence de presse ce vendredi à 16h. Et c’est l’occasion pour Me Ciré Clédor et Cie de revenir sur le procès de leur client dont ils qualifient arbitraire. Me Ly ne manque pas de s’attaquer aux médias dont il fustige le traitement du dossier. Ensuite, il tient à préciser qu’il voudrait pas polémiquer. De même, il revient sur la décision de la Cedeao pour dire que le procès viole ses droits et ne donne pas garantie à la « présomption d’innocence et un droit à un procès équitable », clame-t-il.

Youssou Mbow : Nous porterons le combat pour libérer Khalifa Sall

Le coordonnateur du mouvement Sentinelles de la Résistance bande les muscles pour la libération de leur mentor, Khalifa Ababacar Sall. Au micro de la Zik Fm Mr Mbow dénonce l’arrestation du député maire de Dakar qu’il juge « arbitraire » et il poursuit en dénonçant une instrumentalisation de la justice. Ensuite, il ne manque pas d’égratigner le régime du président Macky Sall : »Nous avons une république des clans, sectaires » et avertit le pouvoir : « nous porterons le combat pour libérer Khalifa Sall » clame-t-il avec fermeté. Enfin, il affiche sa satisfaction de la décision de la Cedeao : »La Cour de justice de la Cedeao nous a réconfortés »

Libération de Khalifa Sall : Une marche prévue ce vendredi

Les proches de Khalifa Sall remettent ça. Ils organisent une marche vendredi prochain pour célébrer le verdict de la Cour de la justice de la Cedeao qui, en partie, a donné raison au maire de Dakar au détriment de l’État du Sénégal. Selon Les Échos, qui donne l’information, la marche partira du Rond-point de la Rts pour se terminer à la poste de la Médina.

« La Cour de justice de la Cedeao n’a pas la compétence d’ordonner la libération de Khalifa Sall »

Après la décision de la Cour de justice de la Cedeao, condamnant l’Etat du Sénégal à payer des dommages et intérêts à Khalifa Sall et Cie pour « détention arbitraire », le ministre de la Justice, Ismaïla Madior Fall s’est invité sur le plateau de la Radiodiffusion télévision sénégalaise (Rts).

Voici la réaction du garde des sceaux:

«Ce qu’il faut rappeler, c’est que les avocats de Khalifa Sall avaient posé à la Cour de la Cedeao des questions de procédure et des questions de fond. Sur les questions de procédure, la Cour s’est prononcée, mais sur les questions de fond, la Cour ne s’est pas prononcée. Par exemple, le requérant avant sollicité de la Cour la cessation immédiate des poursuites contre le requérant, enjoindre l’Etat du Sénégal de procéder à la libération immédiate de Khalifa Ababacar Sall. Sur toutes ces questions, la Cour n’a pas accédé à ces demandes et a débouté le requérant de ces demandes. La Cour ne remet donc nullement en cause la détention en cours de Khalifa Sall, et ne remet pas du tout en cause la décision rendue par le Tribunal de grande instance de Dakar. La Cour ne s’est prononcée que sur les aspects de procédure. Le fond de la décision du Tribunal de Dakar qui a été rendu est de rigueur.»

Impact sur la procédure en cours au Sénégal

«En fait, du point de vue strictement juridique et judiciaire, elle n’a aucun impact parce que ca ne remet pas substantiellement la quintessence de la décision. La Cour de justice de la Cedeao reconnaît qu’elle ne peut pas remettre en cause les lois nationales ou les décisions rendues par les décisions internes. Donc là, il n’y a aucun impact. Il n’y a d’autant plus pas d’impact que la procédure suit son cours au Sénégal. Dans beaucoup de parties du monde, pour que les cours internationales ou les cours communautaires se prononcent, il faut qu’il y ait ce qu’on appelle l’épuisement des voies de recours.

Le paradoxe du système de la Cedeao est que la cour peut se prononcer, alors qu’il n’y a même pas épuisement des voies de recours internes. Et justement parce qu’il n’y a pas d’épuisement de voies de recours internes que la procédure suit son cours et la Cour d’appel va se prononcer le 9 juillet prochain. La cour de la Cedeao reconnaît qu’elle reconnait qu’elle n’est ni une juridiction de deuxième décret ni de troisième degré. Elle dégage des principes dont les juridictions nationales peuvent s’inspirer, mais les décisions de la Cour de la Cedeao ne remettent pas en cause les décisions rendues par les juridictions nationales. La procédure suit son cours et c’est le requérant Sall et les autres eux-mêmes qui ont introduit l’appel. Et après l’appel, s’ils le désirent, ils peuvent continuer vers la Cassation. Cette décision n’a pas d’impact sur le cours judiciaire de la procédure au Sénégal.»

La suite que l’Etat du Sénégal compte réserver à cette décision

«L’Etat du Sénégal respecte cette décision. L’Etat ne la critique pas, loin s’en faut. Même s’il y a des aspects fort critiquables. Par exemple, la Cour dans sa jurisprudence consent qu’elle n’est pas un juge de l’ordre interne. La cour a parlé de détention arbitraire. Mais elle dit qu’il y a eu détention arbitraire entre la proclamation des résultats par le Conseil constitutionnel et la levée de l’immunité parlementaire. Donc elle dit que la détention que nous avons actuellement n’est pas arbitraire. C’est une décision que nous respectons, une décision que l’Etat du Sénégal considère, mais encore une fois, c’est une décision qui ne remet nullement en cause la décision rendue par le Tribunal de grande instance de Dakar et la procédure qui est en cours devant la Cour d’appel. Maintenant, la Cour d’appel peut, en statuant, revenir sur ces considérations qui ont été évoquées par la cour de justice de la Cedeao.»

Libération immédiate de Khalifa Sall demandée par ses avocats

«Il n’est nullement question, dans la décision de la Cour de justice de la Cedeao, de l’arrêt des poursuites ou d’ordonner la libération de Khalifa Sall. Parce que la Cour a compris qu’elle n’a pas la compétence d’ordonner la libération de quelqu’un qui fait l’objet d’une condamnation par une juridiction nationale. La Cour a très bien compris qu’elle n’a pas la compétence d’ordonner l’arrêt des poursuites. Elle a préféré débouter les requérants de ces demandes sur la détention.»

Les jeunesses Khalifistes menacent de marcher sur Rebeuss

Les jeunesses nationales Khalifistes ont exigé ce samedi à Dakar au cours d’une conférence de presse la libération immédiate sans condition du Député-Maire Khalifa Sall et de ses co-détenus et l’annulation de la procédure judiciaire. Donnant un ultimatum jusqu’à mardi à l’Etat du Sénégal pour se conformer à la décision de justice. Faute de quoi, ils marcheront vers la prison de Rebeuss pour libérer le Maire de Dakar, nous informe Igfm.

Pour eux, la décision de la Cour de la Cedeao, rendue le 29 Juin, confirme, s’il en est encore besoin, la violation des droits du Député maire de la Ville de Dakar Khalifa Sall et la politisation de ce dossier par Macky Sall et son régime.

Elle confirme également une victoire nette et définitive du droit sur la forfaiture perpétrée par le régime de Macky avec la complicité de certains juges.

Message de Khalifa SALL aux Lions


Chers Lions,

A la veille de votre entrée en lice dans le Mondial de football 2018, je reste confiant sur votre capacité à vous surpasser et à porter haut les couleurs de notre pays pour revenir de Russie auréolés de gloire au terme d’une brillante campagne.

A l’instar du peuple sénégalais tout entier, je formule des prières ferventes pour le succès de notre équipe nationale et invite tous les Sénégalais à une vaste communion autour des Lions de football, identité remarquable de la Nation.

Chers Lions du football, vivez votre rêve et faites nous rêver en tirant notre onze national vers le haut et en défendant, avec honneur et patriotisme, le drapeau du Sénégal.

Khalifa Ababacar SALL

Maire de la Ville de Dakar

Député à l’Assemblée nationale

Présidentielle de 2019 : Khalifa Sall investi par ses jeunes partisans

Le samedi 12 mai 2018, les jeunesses khalifistes du Sénégal et de la diaspora (Jeunesses socialistes, ADK, Fal Khalifa, Khalifa Président, RASSURE, Convergence Socialiste, Collectif des milles jeunes, Mouvement des arabisants socialistes) se sont réunies à Dakar dans le cadre de la journée de réflexion et d’études pour mettre sur pied une plateforme unitaire dynamique et opérationnelle afin de porter Khalifa Ababacar Sall à la magistrature suprême au soir du 24 février de l’élection présidentielle de 2019.
Vu le contexte politique marqué par l’incarcération arbitraire et injustifiée des camarades Khalifa Ababcar Sall et Barthélémy Dias ;
Vu la dictature debout et non rampante que nous imposent Macky Sall et son gouvernement ;
Vu la mal gouvernance ;
Vu la dilapidation des ressources gazières, pétrolières et minières ;
Vu l’échec de la politique d’emploi des jeunes ;
Vu la désacralisation de nos institutions publiques notamment l’Assemblée Nationale et la justice ;
Vu les violations récurrentes de la constitution et la répétition des réformes constitutionnelles déconsolidantes (Acte 3, Référendum, Parrainage) ;
Vu la préférence incommensurable des entreprises étrangères au détriment des entreprises nationales ;
Conscient que les jeunes constituent une frange importante de l’électorat sénégalais,
Conscient qu’il urge d’unir nos forces pour faire face aux innombrables dérives du régime Faye-Sall-Thimbo
Conscient du leadership incontesté et incontestable du Député-Maire Khalifa Ababacar Sall sur le plan national et international ;
Considérant que Khalifa Ababcar Sall présente le meilleur profil qui répond mieux aux attentes des sénégalaises et des sénégalais ;
NOUS, jeunesses Khalifistes des 45 départements du Sénégal et de la Diaspora
– manifestons notre soutien indéfectible aux détenus politiques Khalifa Ababacar Sall et Barthélémy Toye Dias ;
– adhérons au Front de Résistance de l’Opposition ;
– investissons officiellement le Député-Maire Khalifa Ababacar Sall comme notre candidat à l’élection présidentielle de février 2019

Procès Khalifa Sall et Cie : La Cour d’appel va rouvrir les débats


Après près d’un mois de silence, la Cour d’appel de a été saisie par toutes les parties. L’instance qui va hériter désormais du dossier de la caisse d’avance, va donc ouvrir un autre procès.

Condamné à 5 ans de prison ferme, le maire de Dakar a déposé son recours mercredi dernier. Selon Les Échos, qui donne l’information, les avocats de Khalifa Sall visent «le jugement dans toutes ses dispositions».

Le journal rapporte que, le même jour, le procureur de la République, qui avait requis 7 ans, a déposé «un appel incident». Ce pour avoir la peine requise ou une confirmation de la condamnation en première instance.

Les Échos informe que l’État et la mairie de Dakar, qui avaient vu leur constitution comme parties civiles rejetée, ont saisi, eux aussi, la Cour d’appel.

La Cedeao va délibérer le 29 juin sur l’affaire Khalifa Sall vs Etat du Sénégal

La Cour de justice de la Cedeao a jugé, ce mardi, à Bamako, l’affaire l’opposant à l’État du Sénégal. À l’issue de l’audience, la juridiction communautaire a mis l’affaire en délibéré au 29 Juin 2018.

Les avocats du maire de Dakar avaient saisi, en procédure d’urgence, la Cour d’Abuja, dénonçant une violation des droits de leur client dans le cadre de l’affaire de la caisse d’avance de la Ville de Dakar. En mars dernier, la Cedeao avait dit « qu’elle a été saisi très tard pour prendre des mesures d’urgence pour le respect des droits du maire de Dakar pour un procès équitable », vu que le tribunal avait déjà entamé le procès.

Malick Gackou : « Si Khalifa sort de prison, je me retire »

En guise de soutien et de reconnaissance au maire de Dakar emprisonné, le candidat du Grand Parti à la prochaine élection présidentielle annonce que le maintien de sa candidature ne dépend que du sort de l’ancien militant socialiste, renseigne le journal « L’As ».

« Si Khalifa Sall sort de prison, je retire ma candidature pour me ranger derrière le maire de Dakar », jure Malick Gakou sous les applaudissements des souteneurs du maire de la capitale sénégalaise.

Idrissa Diallo, Hélène Tine ou encore Mamadou Mansaly ont tous abondé le même sens que Soya Diagne. « Il faut changer de stratégie. Nous devons faire monter la tension avant même la date du délibéré. Dakar doit bouger, car c’est son maire qui est en prison. Je demande aux jeunes de changer de méthode », lance le maire de la commune de Dalifort. Pour Hélène Tine, il faut se lever, parce qu’il est temps.

« Ce ne sont pas les grenades lacrymogènes qui vont nous faire fuir ou reculer », a martelé l’ancienne militante de l’AFP.

La condamnation de Khalifa Sall est douloureuse

Pour le ministre de la Santé, Abdoulaye Diouf Sarr, maire Apr de Yoff, le dossier Khalifa Sall est «éminemment technique». «Si on veut politiser la procédure, c’est qu’on n’a rien compris», a-t-il martelé.

Pour Diouf Sarr, l’affaire Khalifa Sall est, comme le dossier Karim Wade, une réponse à «une très forte demande politique et sociale».

«Le chef de l’État n’a fait qu’aller dans le sens de cette très grande commande des Sénégalais pour faire en sorte que les deniers publics soient sécurisés», décrypte le ministre de la Santé.

Cependant, le responsable de l’Apr éprouve «beaucoup de peine à voir un acteur (de la vie politique) avoir une telle condamnation». «C’est un peu douloureux humainement», souligne-t-il dans un entretien avec L’Observateur.

Auteur: Seneweb

Khalifa Sall invité au 78 ème congrès du Parti socialiste français

Le maire de Dakar a été invité à prendre part au 78ème congrès du parti socialiste français qui se tient ce week-end dans la capitale française. Il a été invité malgré son emprisonnement et son exclusion du parti socialiste. C’est donc son conseiller politique Moussa Taye qui l’a représenté à cette messe des socialistes de l’hexagone qui apparemment n’ont pas pris position dans la guerre interne du Ps sénégalais.

Bamba Fall : «Je suis avec Khalifa Sall»

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Le maire de la Médina, Bamba Fall, n’est plus en mode clair-obscur. Fini les déclarations genre «pour l’instant, je suis Khalifiste et après on verra pour le reste».

«L’autre jour, quelqu’un m’a demandé si j’allais rejoindre Khalifa Sall en prison, on a fait une capture d’image, zoomant sur les cinq doigts de ma main pour en déduire que j’avais prédit cinq ans de prison pour Khalifa Sall. Il s’agit de pures affabulations», balaie d’un revers de main le maire médinois, repris par Sud Quotidien.

Bamba Fall clame sa constance : «Je suis avec Khalifa Sall et je ne transhume pas. C’est la dernière fois que je le répète : il est notre seul candidat et je suis son lieutenant. Je ne m’en cache pas. Tout ce qui m’intéresse, c’est sa libération. Ils cherchent à nous diviser pour mieux régner.»

Auteur: Seneweb

Me Ciré Clédor Ly : Nous allons interjeter appel

Me Ciré Clédor Ly a fait savoir que les conseils de Khalifa Sall vont interjeter appel après la condamnation du maire de Dakar. « Quel a été l’intérêt du procès si ce n’était d’obtenir la condamnation de Khalifa Sall. Naturellement, nous ferons appel. Mais, le mal est dans le fruit. On ira en appel. Peut être qu’on aura droit au même cinéma, la Cour de cassation est là. Je pense en tout état de cause, c’est le système judiciaire qu’il faut revoir », a-t-il fulminé après le prononcé du délibéré.

Khalifa Sall s’en remet à Dieu quelle que soit la décision pour le 30 mars

Verdict du 30 mars prochain : "Khalifa Sall s’en remet à Dieu quelle que soit la décision"
Les Socialistes, proches du maire de Dakar, comptent les jours, attendant avec impatience, mais, certainement dans l’inquiétude, la date du 30 mars prochain. Et du fond de sa cellule, Khalifa Sall planifie tous ses projets au prorata de cette date fatidique ou le juge Malick Lamotte va rendre sa décision.

Mais, selon des proches du maire de Dakar, ce dernier garde encore la sérénité, renseigne le journal « Les Echos » « Il est serein. Il gère ses dossiers tranquillement avec ses collaborateurs.

Il attend très calmement la décision du tribunal et quelle que soit cette décision, il l’acceptera », nous confie ce proche du maire socialiste. Notre interlocuteur de poursuivre : « le maire s’en remet à Dieu. Il nous dit souvent que s’il est en prison, c’est parce que Dieu l’a voulu et que s’il est condamné, c’est simplement parce que le Bon Dieu n’ pas encore décidé qu’il sorte de prison ».

Khalifa Sall et ses co-prévenus, 1 an déjà en prison

Que le temps passe vite. Le maire de Dakar et ses co-prévenus Mbaye Touré, Fatou Traoré, Yatma Diao, Amadou Mactar Diop et Yaya Bodian vont faire un an en prison après-demain, mercredi. Une situation vraiment regrettable.

Pour marquer la date, ses partisans compte organiser une grande manifestation de soutien à l’hôtel de Ville. Il faudra s’attendre à des discours de feu contre Macky Sall et son régime.

Selon nos radars, à la fin du mois de mars, un rassemblement mahousse va être organisé par la coalition Mankoo Taxawu Senegaal, toujours pour la libération de Khalifa Sall et Cie. Rappelons que c’est le 30 mars qu’est attendu le délibéré du procès.

Les Echos

Bamba Fall: « J’ai un seul candidat et c’est Khalifa Sall »

En marge de la cérémonie de lancement des projets de lutte contre la mendicité, hier, à Pikine-Nord, le maire de la commune de Médina, Bamba Fall a profité de cette opportunité pour mettre fin au débat sur sa probable candidature à la succession de Khalifa Sall à la ville de Dakar.

Considéré parmi les potentiels maires de Dakar en cas de condamnation de Khalifa Sall, Bamba Fall estime que son nom peut être rayé sur cette liste. «Celui qui s’inscrit sur cette liste à la succession du maire de Dakar pense que Khalifa Sall peut être condamné et je pense que Khalifa Sall peut être condamné et je pense que Khalifa, en aucun cas, ne doit être condamné parce qu’il n’a rien fait. Je ne pense aucunement lui succéder à la mairie de Dakar. Je suis dans la logique de me battre pour le libérer », a précisé Bamba Fall.

Invité à clarifier sa position sur son avenir politique à la suite de sa récente sortie qui a semé le doute dans le camp de ses partisans, le maire de la Médina de rétorquer : « au moment où je vous parle, j’ai un seul candidat et c’est Khalifa Sall. C’est clair », tranche-t-il, avant de quitter les lieux.

L’As

La lettre de Khalifa Sall adressée au juge, au procureur et aux avocats

Monsieur le Président du Tribunal,

Messieurs les membres du Tribunal,

Monsieur le Procureur de la République,

Mesdames, messieurs les avocats de tous bords

Mesdames, messieurs

Voici presque une année, que moi Khalifa Ababacar SALL, député et maire de la Ville de Dakar, et cinq de mes collaborateurs, sommes attraits devant cette juridiction.

Fort heureusement, mes excellents conseils ont eu, avec beaucoup de brio et d’expertise, à apporter au tribunal les arguments juridiques pertinents aux fins de prouver le caractère insoutenable et non fondé des poursuites. Ils ont tous eu à demander à votre tribunal la fin des poursuites et une relaxe pure et simple pour mes co-prévenus et moi-même. J’adhère à leurs brillantes plaidoiries et fais miens tous les arguments juridiques ici développés pour nous décharger des griefs et charges qui nous ont valu notre présence devant ce tribunal. Je voudrais, à cet égard, témoigner notre gratitude à tous nos avocats pour leurs brillantes prestations.

Je voudrais également exprimer ma profonde gratitude aux femmes et aux hommes, jeunes et moins jeunes, qui, du premier jour de notre détention au dernier jour de ce procès, nous ont manifesté leur soutien par leur présence et leurs prières. Mes remerciements s’adressent enfin à tous ceux, femmes et hommes, au Sénégal ou à l’étranger, qui nous témoignent leur solidarité et continuent à formuler des prières à notre endroit.

M. le Président,

Comme je n’ai eu de cesse de le dire tout au long de ces 11 derniers mois : je réfute chacune des accusations sans fondement qui me prennent pour cible. De ma vie, jamais, je dis bien jamais, je n’ai eu le besoin de détourner des deniers publics. Il a été démontré ici qu’il n’y a jamais eu de détournement de deniers publics ni au préjudice de l’Etat ni au préjudice de la ville qui m’a honoré en m’accordant sa confiance par deux fois.

A l’endroit de tous mes concitoyens, je voudrais, qu’il me soit permis de réaffirmer que jamais je n’ai eu ni de près ni de loin, seul ou en association, à comploter contre les intérêts de ma ville ou encore à porter atteinte à l’honneur et à l’honorabilité de l’institution qu’ils m’ont permis de diriger depuis 2009.

Jamais je ne trahirai le lien de service et de confiance qui nous unit.

Toute ma vie, j’ai appris auprès de mes parents, la vertu du travail, de l’honneur et du mérite. Très jeune, je me suis astreint à leur donner corps par mon comportement. Jeune élève socialiste, j’ai appris à la dure à me faire respecter par la rectitude de mon comportement et la force de mes convictions.

Déjà au lycée en des périodes où très peu de ma génération osait affirmer leur appartenance au MJUPS, je défendais mes choix politiques loin des lambris du pouvoir, dans nos foyers à travers des débats houleux, durs mais démocratiques avec des cellules communistes, marxistes léninistes qui avaient les faveurs de la majorité des jeunes de ma génération. Ce même combat, je l’ai poursuivi à l’Université de Dakar dans un environnement encore plus révolutionnaire et plus conflictuel. Jamais je ne me suis dérobé. Jamais je n’ai eu à différer un combat ou à me réfugier derrière des artifices juridictionnels ou à utiliser les armes du pouvoir pour triompher de mes adversaires politiques. L’honnêteté, la constance, la loyauté et la fidélité en amitié ont été mes seules viatiques dans ma formation d’homme et dans mes actions comme père de famille et comme responsable politique.

Monsieur le Président,

Messieurs du tribunal,

Mes chers compatriotes,

Pour moi qui suis entré en politique pour servir notre pays, la colère est grande aujourd’hui de voir mon nom, mon honneur et ma dignité engagés dans une machination de distorsion et d’altération de la vérité.

Des actes innommables ont été posés de manière récurrente dont le seul fondement est de m’amener à renoncer à mon engagement politique au service de mon pays. Mais je n’abdiquerai jamais face à cette grande injustice qui a fini de mettre à nu la fragilité de notre système politique, sa trop grande dépendance au « desiderata » du chef de l’exécutif et l’urgence d’y apporter les réformes nécessaires afin que plus jamais dans notre pays un citoyen ne soit inquiété pour ses opinions et dans l’exercice de sa liberté de choisir librement sa voie.

Je ne suis pas une exception. Malheureusement, l’histoire de notre pays, celle du continent et du monde est remplie d’exemples de personnalités irréprochables qu’un pouvoir aux abois a voulu anéantir. Ces histoires portent toutes la même signature en bas de page : « A l’épreuve du temps, la vérité a toujours fini par triompher du mensonge et de la méchanceté »

M. le président, messieurs du tribunal,

J’ai été député plusieurs fois, ministre, responsable politique de premier rang des années avant mon élection à la ville de Dakar. Durant toute cette période où j’ai eu à servir mon pays, notre pays, pas une seule fois je n’ai été pris en défaut, pas une seule fois, je n’ai failli à mes devoirs ou été mêlé à des problèmes de corruption, de détournement de deniers publics ou de blanchiment d’argent. Durant ces périodes où toutes les protections étaient à ma disposition, j’ai toujours su, par devoir et par rectitude morale, garder une distance irréprochable avec le bien public.

J’ai pu, à travers mes différentes déclarations de patrimoine, justifier l’origine licite du moindre sou obtenu, du moindre bien en ma possession. Ce que je me suis refusé de faire sous le président Abdou Diouf dont j’ai été le ministre et un des plus proches, sous le Président Abdoulaye Wade avec un statut d’opposant affiché et assumé, pourquoi attendrai-je maintenant d’être à la ville de Dakar pour m’adonner à des pratiques qui sont en porte-à-faux avec mes valeurs d’homme et mon parcours d’homme public.

Depuis mon plus jeune âge, je me suis toujours astreint à gagner ma vie à la sueur de mon front et « à force de peine en tirer substance ». Voilà pourquoi, après mon élection en 2009, j’ai continué à exercer ma profession de consultant international pour en vivre et en faire vivre ma famille.

Jamais dans ma vie politique et professionnelle, je ne me suis autorisé la liberté de prendre possession du bien d’autrui. Le décès de mon jeune ami Pape Babacar Mbaye qui, malgré une vie éphémère a mené une existence exceptionnelle faite de patriotisme et d’engagement au service de ses semblables, un être cher avec qui j’ai partagé un après-midi avant d’être obligé, le cœur meurtri, de lui fermer les yeux le soir même sur son lit de mort, a conforté ma détermination de ne jamais laisser le pouvoir, l’appât du gain et la jouissance de biens gouverner mon existence.  Je m’évertue chaque jour à consolider mon humanité en vivant simplement avec la certitude que tout est précaire et révocable dans ce monde. Devant l’inéluctabilité de notre condition humaine, j’allais dire de notre destin, ma seule préoccupation est de vivre en homme libre, en citoyen engagé pour qu’au soir de ma vie, j’ai le sentiment d’avoir été utile à mon pays, à mes compatriotes et à mes semblables.

M. le Président,

Messieurs du Tribunal,

La politique est le tout de cette affaire. C’est à cause de mon engagement politique et militant que je suis devant vous. Je suis devant votre juridiction à cause de mon refus de laisser la maison du père être diluée dans une autre  entité politique certainement pas plus crédible, ni plus légitime que mon parti dont l’histoire, le présent et le futur se conjuguent avec le passé, le présent et l’avenir du Sénégal.

C’est la politique, celle-là politicienne, ni élégante dans sa démarche, ni honorable dans l’adversité qui m’a conduit devant votre juridiction.

C’est ici au Sénégal, dans mon pays qu’il m’a été privé de faire campagne alors que je dirigeais la liste de la coalition Manko Taxawu Senegaal lors des élections législatives de 2017.

Vive le Sénégal

Khalifa Ababacar SALL

Député et Maire de la Ville de Dakar