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Me Abdoulaye Wade à Dakar jeudi prochain


Le PDS informe, par la présente, que le Président Abdoulaye WADE, Secrétaire Général National du parti, arrivera de Paris, par vol spécial, ce jeudi 7 février 2019 à 15 heures, à l’aéroport International Blaise Diagne.

Toutefois, il est porté à la connaissance des populations que l’accueil ne se fera pas au niveau de l’aéroport.

En venant de Diass, le Président Wade passera notamment dans les villes de Rufisque, Pikine, Guédiawaye et s’arrêtera dans plusieurs communes de la ville de Dakar.

L’itinéraire et les heures de passage dans les différentes escales vous seront communiqués ultérieurement.

Fait à Dakar, le 1er Février 2019

Pour le Comité Directeur
Oumar SARR, SGNA/Coordonnateur Général

Abdoulaye Wade : Je suis un disciple de Blaise Diagne.

Former Senegalese President Abdoulaye Wade gives his first press conference since he lost Senegal’s Presidential election, in Dakar, on May 25, 2012. AFP PHOTO / SEYLLOU (Photo credit should read SEYLLOU/AFP/GettyImages)

Abdoulaye Wade
Ancien Président
de la République du Sénégal

Déclaration Objet : nom de baptême de l’aéroport International de Diass

Je suis un disciple de Blaise Diagne.

Né à Gorée en 1872, le jeune Galaye Diagne dit Mbaye Diagne, d’un père lébou, ethnie ouolof de la Presqu’île du Cap-Vert et de mère d’ethnie diola Manjaque, fut adopté par la famille de magistrats métis CRESPIN natifs de Gorée et Saint- louis, donc de nationalité française.
Sa nouvelle famille changea son prénom en Blaise. Blaise Diagne fut, comme on dit en anglais, mon ‘’Hero’’. Je n’ai pas choisi son nom par hasard pour le donner à l’Aéroport Sénégalais moderne que j’ai créé et à qui j’avais assigné la vocation de devenir, le temps de l’évolution technologique, le plus grand Aéroport International d’Afrique.

En effet, Blaise Diagne, premier député du Sénégal élu à l’Assemblée nationale française en 1914, n’est malheureusement pas assez connu des Sénégalais, particulièrement les jeunes.
Pendant la période d’après-guerre 39-45, période marquée par la FEANF (Fédération des Etudiants Africains en France d’option anticolonialiste et revendicative) et la WASU (West African Student Union à Londres d’option nationaliste comme les leaders africains des colonies britanniques d’Afrique qui, lorsque je débarquai à Londres pour la première fois en 1959, avaient l’habitude de se réunir au 200 Gover Street)1.

L’abolition formelle, le 28 avril 1848, de l’esclavage dans lequel l’Île de Gorée a joué le rôle historique de ‘’porte vers l’inconnu’’, port de tri et d’exportation des esclaves africains vers les Amériques pendant 4 siècles et demi, était très proche, ses séquelles trop vivaces, dans un univers où les africains étaient, à la différence des citoyens français, des sujets français taillables et corvéables à merci, pour que son idée d’assimilation qui ferait gommer la différence de traitement ne heurtât les uns ou n’inspirât la peur chez les autres.

Sa loi faisant des natifs des quatre communes, Saint-Louis, Dakar, Rufisque et Gorée, des citoyens français fut qualifiée de ‘’Révolution Diagne’’.

A l’ère de la FEANF, après les indépendances de 1960, ses idées novatrices ont été mal acceptées par une intelligentsia de gauche en mal d’une révolution2. Blaise Diagne croyait à l’égalité des races dont, pour lui, aucune n’est supérieure à l’autre, différenciées seulement par

1 C’est là que j’ai rencontré pour la première fois Julius Nyerere, jeune leader de Tanzanie, Namdi Azikwé, leader du Nigeria, Joshua Nkomo leader de la Rhodésie du Sud devenue le Zimbabwe, Kanyama Chiume leader de la Rhodésie du Nord devenue le Malawi. Le Dr Kamusu Banda fut le premier ‘’Premier Ministre ‘’ qualification du Chef de l’Exécutif héritée de l’Angleterre dont l’échelon supérieur est la Reine qui nomme les Premiers ministres du Commonwealth dont le Canada par exemple. Cette sujétion a été abolie récemment. A l’indépendance le Docteur Kamusu Banda devint Président du Malawi.

2 Les étudiants de la FEANF rêvaient de la révolution bolchevique de 1917.
leur degré d’avancement sur l’échelle de la civilisation ‘’occidentale‘’ qui lui paraissait être le modèle.

Pour ce député foncièrement antiraciste, il fallait simplement former les Noirs pour qu’ils atteignent les Blancs. Et il n’y a pas meilleur moyen de les former que de leur ouvrir les écoles ; d’adopter leurs mœurs et coutumes dans la mesure où cela ne heurtait ni nos religions ni nos traditions. Il prêcha ce que l’on a appelé la doctrine de l’assimilation.

Cette doctrine héritée des Romains qui, après avoir vaincu un peuple ‘’barbare’’- car, pour eux, tout ce qui n’était pas romain était barbare – a été reprise 2000 ans après par la France, avec l’Union française en 1945 qui devait donner la même nationalité aux peuples de l’Empire français, des Sénégalais aux Vietnamiens et Malgaches, puis avec la Communauté franco- africaine d’octobre 1968 qui se réduisait à la France et l’Afrique Noire, toutes deux tentatives qui ont échoué.

A la décharge du député assimilationniste sénégalais, il était strictement seul à faire face à une grande et noble cause : défendre la race noire alors que les séquelles du racisme étaient encore vivantes dans notre pays et, plus encore, dans le reste de l’Afrique.
A cette époque et jusque dans l’entre-deux guerres, lorsqu’un Noir rencontrait un Blanc, il devait descendre du trottoir et le laisser à ceux qui se présentaient comme la race des seigneurs.

Lorsqu’un Noir entrait dans un magasin et y trouvait un Blanc, il était obligé de sortir et d’attendre que le Blanc eût fini ses emplettes. Dans certaines colonies il devait faire chapeau bas lorsqu’il croisait un blanc dans la rue.

Les Sénégalais, n’hésitant pas à en venir aux mains avec les petits Blancs racistes qui avaient trouvé un exutoire et tentaient de satisfaire des impulsions de domination, réussirent, au début de la guerre 39-45, à éliminer les manifestations racistes publiques.

Avec la seconde guerre mondiale et le Gouvernement français de Vichy, il y eut une nouvelle offensive de racistes venus d’on ne sait où. Nous formions alors des commandos pour aller chercher bagarre. Etant le plus petit de la bande, à 16 ans, j’étais le poisson-pilote qui allait provoquer, surtout les marins français qui déambulaient en bandes bruyantes dans les rues de notre capitale.3

On se souvient de ce qui arriva à l’un des premiers juristes franco-sénégalais, Isaac Forster, de mère sénégalaise et de père métis, devenu, par la suite, premier Noir membre de la Cour internationale de la Haye. Il fut très affecté par ce qui arriva à sa mère -noire- qui, à une époque où Noirs et Blancs devaient former deux files distinctes devant les magasins et les guichets, était allée faire des achats dans un magasin de l’Avenue William Ponty. Elle fut brutalement extraite du rang des Blancs. Etant certainement inconsciente de l’apartheid qui s’était installé, elle était entrée dans la file qui avait moins de monde. Elle en fut chassée par un Blanc en ces termes : « Que vient faire ici cette Négresse ? ». Elle sortit du magasin en pleurs, traversa la Place Protêt et s’en alla au Tribunal, actuel Ministère des Affaires étrangères, expliquer son aventure à son fils qui était Procureur de la République. M. Isaac Forster prit sa maman par le bras et revint au magasin, pour dire au directeur blanc qui avait malmené sa mère : « Monsieur, je suis Isaac Forster, Procureur de la République. Je vous apprends que cette Négresse que vous avez chassée est ma mère ! ». Le colonialiste se confondit en excuses et servit avec zèle la mère de Forster.

Ces rapports disparurent assez rapidement au Sénégal et il n’en restait presque plus de trace en 1945.

Après 1945, c’est ma génération qui entreprit de livrer des combats dans les rues de Dakar contre les Blancs racistes qui tentaient de revenir en force, mais ces rapports subsistaient dans les autres colonies, notamment au Mali et en Côte d’Ivoire.

On se souvient des aventures de Majhmoud DIOP4, pharmacien sénégalais venu au Mali après l’indépendance pour s’y installer. Entrant dans un magasin, on lui demanda de sortir en attendant que le Blanc qui était à l’intérieur eût terminé ses emplettes. Le Commandant de cercle, blanc, informé de l’incident réagit aussitôt : si c’est un Sénégalais, laissez-le. Je ne veux pas d’histoire. En effet, lorsqu’un Sénégalais s’était battu contre un Blanc, le député du Sénégal au Palais Bourbon sitôt informé, interpellait le Ministre de la France d’Outre-Mer qui demandait aussitôt que des sanctions fussent prises contre les délinquants blancs qui étaient à l’origine des incidents.
Blaise Diagne, au moment où il menait ce combat, était pratiquement seul. Le Sénégal ne comptait pas un seul bachelier.

On se souvient de ses interventions au Palais Bourbon, car il fut un grand orateur. Fier de sa race, il n’hésitait jamais à manifester son appartenance.

On raconte qu’un jour, débarquant au Port de Dakar, car il n’y avait pas d’avion à l’époque, il fut reçu par le Gouverneur Général Ernest ROUME, un homme corpulent qui trainait difficilement sa grande masse de chair. A l’époque, le Gouvernement général siégeait à la Polyclinique face à la Poste de Médina. Blaise Diagne refusa le carrosse que lui proposait le Gouverneur pour monter à côté de lui et dit : « Je préfère marcher » et ils marchèrent côte à côte suivi de la foule. On s’aperçut qu’il l’avait fait exprès. La route n’était pas goudronnée, la foule était épaisse et la poussière se répandit partout. Il dit en Ouolof à ses compagnons : « Ga yi, na poussiyère bi jög, poussiyère du rey negar ».

Il est vrai qu’il fit campagne pour l’engagement des Sénégalais dans la guerre 14-18 : « Si vous voulez avoir les mêmes droits, accomplissez les mêmes devoirs », avait-il l’habitude de dire.
En fait, la citoyenneté française fut accordée fin 19ème siècle aux citoyens de 4 communes de plein exercice, Dakar, Saint-Louis, Rufisque et Gorée. A ceux qui refusaient ou hésitaient à s’engager dans l’enrôlement des Sénégalais pour la guerre 14-18, Blaise Diagne disait : « Engagez-vous dans la guerre. Après, vous pourrez devenir gendarmes et fonctionnaires

Etudiants à Paris, Majhemout et moi créâmes l’Association des Etudiants nationalistes, en 1951, ouvertement d’obédience Nkrumahiste mais elle fut éphémère du fait d’une réticence générale des étudiants dont les non communistes craignaient des poursuites du pouvoir colonial en application de l’article 80 du Code pénal réprimant des travaux forcés toute tentative de sécession, par faits ou propos.

En 1957, Cheikh Anta Diop, Majhemout, Amadou Aly Dieng et moi tînmes une réunion dans une chambre de la Cité universitaire du Boulevard Jourdan à Paris en vue de la création d’un parti au Sénégal. Celui-ci prendrait le nom de Parti Africain de l’Indépendance, PAI. Celui d’entre nous qui rentrerait le premier le créerait et les autres, dès leur arrivée au Sénégal intègrerait ses rangs.
Majhemout rentré dans les mois qui suivirent tint une conférence de presse et annonça la création du PAI, marxiste-léniniste. Il nous fit parvenir sa déclaration que je reçus quelques jours après à 08 heures du matin. A 11 heures je postai ma réponse qui se résume : ce n’est pas ce qui était convenu. Je rejette le marxisme léninisme et reste Nkrumahiste. Je ne suis pas de ton parti.

Expression ouolof qui se traduit : Braves gens, que la poussière s’élève ! La poussière ne tue pas le nègre. «français ». Ce corps d’élite était en fait composé uniquement de Français. Depuis ce moment, (1915) les natifs des Quatre Communes et leurs descendants furent tenus de l’obligation militaire à vingt-et-un ans, comme les Français.

Ajoutons le combat de Blaise pour l’augmentation du prix de l’arachide, première production du Sénégal, matière première envoyée obligatoirement à Marseille et à Bordeaux, en application du Pacte Colonial6, en vue de la fabrication de l’huile qui porte son nom.

Tel est le combat de Blaise Diagne qui, entre autres, a aidé le Dr Du Bois et le Dr. Kwame Nkrumah pour organiser, à Paris, en 1919 le troisième Congrès Panafricain de Paris dont il fut élu Président.

Pour donc être juste, il faut reconnaître que Blaise Diagne fut un grand Africain, un grand défenseur de la race noire mais, malheureusement, à son époque il était seul. Il est vrai qu’il y a eu avant lui des députés noirs français des Iles mais leurs préoccupations majeures étaient ailleurs. Il fut accusé par les Communistes de la Gauche de s’être inféodé aux Français, mais cette accusation trop sévère n’était pas juste.

Mon père et beaucoup d’anciens combattants furent des Diagnistes contre Galandou Diouf8.
Voilà les raisons pour lesquelles, voulant rendre hommage à ce héros, malheureusement méconnu, j’ai donné au plus grand Aéroport moderne du Sénégal le nom de Blaise Diagne.
Comment pourrait-on comprendre qu’aujourd’hui, je débaptise cet Aéroport pour en prendre le nom alors que Blaise reste mon modèle ?

J’estime que nous devons faire connaître aux jeunes nos grands hommes qui, après que les colonialistes eurent tué ou exilé tous nos rois (Samory, El Hadj Omar Tall, Lat-Dior Diop, Samba Laobé Fall, etc …), ont poursuivi le combat à leur manière.

Pour toutes ces raisons, je souhaite que cet Aéroport ne soit jamais débaptisé car je ne vois pas qui, plus que Blaise Diagne, mérite de porter son nom.

Maître Abdoulaye Wade

6 Doctrine définissant le rôle économique des colonies : sources de matières premières pour les industries de la Métropole, débouchés des produits français, excluant toute concurrence d’un côté comme de l’autre.

7 Voir la liste des congrès panafricains qui ont jalonné le panafricanisme depuis 1900 in Un destin pour l’Afrique, Ed. Michel Lafon

8 Député du Sénégal successeur de Blaise Diagne

Me Abdoulaye Wade au Sénégal pour… les législatives du 30 juillet?

Me Abdoulaye Wade au Sénégal pour... les législatives du 30 juillet?
 Selon Libération, Me Wade a fini de boucler ses bagages pour revenir au Sénégal. Un retour qui doit intervenir au plus tard à la fin du mois. Par contre, de fortes rumeurs ayant circulé quant au retour de son fils, Karim, sont plus qu’infondées. En vérité, Dieu seul sait si le Wade-fils reviendra au Sénégal un jour.
À noter que Wade a reçu hier le maire de la Médina, Bamba Fall. Et selon nos antennes sensibles, le pape du Sopi a tiré comme pas possible sur le régime de Macky Sall en parlant notamment de l’affaire Khalifa Sall.
Tout simplement pour vous dire que la campagne pour les élections législatives est partie pour être très mouvementée, si on sait qu’il n’est pas écarté que le Vieux soit tête de la liste nationale de l’opposition

Hommage à M. Ousmane Sow, sculpteur sénégalais (Par Abdoulaye Wade)


Hommage à M. Ousmane Sow, sculpteur sénégalais (Par Abdoulaye Wade)
Le décès de M. Ousmane Sow est une perte immense pour le Sénégal, l’Afrique et le Monde des Arts.

Ousmane Sow est l’un des plus grand sculpteur du monde moderne. Vivant à Paris et amateur d’art, je ne pouvais jamais manquer de m’arrêter sur le penseur de Rodin à l’entrée du musée qui porte son nom. J’admirais ces muscles taillés avec force dans la pierre cependant que l’attitude du personnage penché, le menton dans le creux de la main, me faisait penser au vieillard dogon en attitude de méditation.

D’ailleurs, presque tous peuples de la terre ont confié au bois ou à la pierre l’image d’un vieux et sage vieillard perdu dans une réflexion profonde, chaque visiteur se demandant à quoi pouvait penser cet homme au crépuscule de sa vie. Nul ne le saura car il s’agit d’une expérience personnelle caractéristique d’une étape de la vie humaine sur terre. Mais nul doute que ces vieillards réfléchissent non pour eux, mais pour l’homme.

Ousmane, kinésithérapeute de profession est le sculpteur des êtres humains et celui du gigantisme. Ses personnages ont plus de deux mètres, dominent et écrasent le visiteur qui ébloui par tant de beauté se replie sur lui même, et sort de l’exposition, la tête en feu. Infirmier de profession, Ousmane Sow connaissait à merveille, la morphologie de l’être humain et les muscles dans leur détail. Le corps humain n’avait pas de secret pour lui et il nous en a montré la beauté cachée.

Ministre d’Etat auprès du Président de la République j’ai fait connaître Ousmane Sow au Conseil des Ministres où personne, y compris le Président de la République Abdou Diouf, ne le connaissait. J’expliquai que cet artiste était une fierté pour le Sénégal et qu’il était incompréhensible qu’on l’ignorât alors que, dans les pays développés, en Asie surtout on s’arrachait ses œuvres. Les Japonais, en particulier faisaient une véritable razzias sur les œuvres d’Ousmane Sow.

Le Président me demanda d’aller présider le vernissage de son exposition Avenue Sarraut à Dakar. Il ordonna que certaines pièces fussent exposées dans le jardin de l’Assemblée nationale et exprima son souhait d’en faire acheter deux ou trois pour le Musée national. Les Sénégalais et les Sénégalais vinrent nombreux découvrir et admirer les créations d’un fils du pays connu partout dans le monde, sauf dans le sien. Et je conclu : ‘’ Nul n’est prophète en son pays’’, sur quoi un ministre répliqua en plaisantant : « Sauf le prophète du Sopi ! »

L’assemblée nationale retint deux ou trois pièces pour les acheter mais plusieurs jours après ne payait pas. Ousmane, fatigué des faux rendez-vous avec le Questeur pour se faire payer menaça d’enlever les pièces. De guerre lasse, il fit venir des camions pour les charger. Dans son esprit, puisque son pays apparemment n’en voulait, pauvreté ou ignorance, les pièces étaient déjà en Asie où on se les arrachait.

Je prévins le Président Diouf du scandale qui se préparait et du ridicule dans lequel notre pays allait immanquablement sombrer. Le Président Diouf exprima bruyamment sa colère et, une ou deux heures après, Ousmane perçut le fruit de son travail.  Les pièces restèrent longtemps dans le Hall de l’Assemblée et furent, m’a-t-on dit envoyées au Musée.

Le Chaka qui avait déjà trouvé preneur à l’étranger nous quitta, à mon grand regret et mon immense déception parce que ce chef-d’œuvre à la dimension d’un Léonard de Vinci qui vaut un Rembrandt ou un Auguste Lenoir n’aurait jamais dû quitter le Hall de l’Assemblée nationale où elle méritait d’être scellée à perpétuelle demeure. J’espère qu’elles y sont encore et ont échappé au trafic des œuvres d’art de l’Afrique vers l’Europe, les Amériques ou l’Asie.

Où que je puisse être dans le monde, je vois la scène de CHAKA ZOULOU rendant la justice.

Par la force des choses je devins représentant attitré du Gouvernement, inaugurateur itinérant d’exposition d’art au Sénégal, me trouvant de la sorte au centre de tous les vernissages.

Ma femme et moi considérions Ousmane Sow comme un ami et il le fut qui venait nous rendre visite de temps à autres.

Un point de friction fut lorsque j’ai lancé une consultation ouverte des sculpteurs sur le Monument de la Renaissance Africaine au sommet de l’une de deux mamelles de Ouakam.
Ousmane fut le seul à me présenter une statue d’un seul personnage, un paysan Sénégalais en habit de firdo avec son kadiandou, je crois, mais coiffé d’un chapeau plus mexicain qu’africain, sur la tête pour s’abriter du soleil.

Je tirai simplement la conclusion que mon ami Ousmane, notre Ousmane, ne m’avait pas compris et qu’il y avait encore dans sa tête du mexicain. Car, au Sénégal les ethnies ont de très beaux chapeau de paille, le maaka des Ouolofs, le tengaadé des Pulars et bien d’autres dont aucun ne ressemble à un chapeau mexicain.

Mais, péché majeur, son personnage avait à peu près 2 mètres de hauteur, de la dimension de ses autres personnages, sont certes des géants mais loin du colosse du Monument de la Renaissance Africaine, la plus haute statue du monde représentant un symbole fort dans lequel se retrouve tous africains de l’ouste à l’Est, du Nord au Sud. Je n’ai donc pas choisi le modèle d’Ousmane Sow, ce qui n’enlève rein à son mérite d’être, probablement, le plus grand sculpteur de l’époque contemporaines.
A tous ses parents, à tous les Sénégalais, à tous les Africains, à tous ceux qui, dans le monde, surtout en Asie ont su apprécier l’art du grand sculpteur africain Ousmane Sow. Que Dieu l’accueille en son paradis.