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Le prétexte fallacieux des aigrefins du Sénégal (par Pathé Gueye)

Le prétexte fallacieux des aigrefins du Sénégal (par Pathé Gueye)

Ça sent le gaz à plein nez partout! Ainsi, en volant au secours du petit politicien Macky Sall dans la mouscaille jusqu’au cou, le club d’affairiste dénommé « La conférence des leaders de Benno Bokk Yaakaar» et composé de politiciens professionnels, de délinquants politiques, de croulants-vautours de la politique sénégalaise a encore brandi, entre autres, la fameuse Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives (ITIE)en guise d’argument. Il est donc urgent de rappeler par la répétition pédagogique pour mieux éveiller et soutenir notre désir de comprendre. À cet effet, relisons et distinguons bien:

L’ITIE, une obscure organisation très méconnue

L’ITIE a été lancée en 2002 au Sommet de la terre, à Johannesburg, par l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair, après avoir constaté les écarts importants entre les revenus des industries minières et pétrolières encaissés par les États et le niveau de pauvreté de leurs populations. Plus précisément, il s’agit d’une norme internationale qui fait la promotion de la transparence et la redevabilité dans la gestion des revenus issus de l’exploitation des ressources minières, pétrolières et gazières. Ainsi, en répondant à l’une des correspondance d’Abdoul Mbaye de l’ACT, l’ancien Premier ministre Mahammed Boun Abdallah Dionne y précisait que l’initiative ITIE « vise à renforcer la bonne gouvernance dans les pays dotés d’importantes ressources naturelles, en mettant à la disposition du public toutes informations relatives à l’attribution des titres, aux versements effectués par les sociétés minières, pétrolières et gazières et à l’utilisation des revenus ».

Pour son organisation, l’initiative consacre trois sortes de statuts. Le premier dit Pays engagé est un pays qui a décidé de mettre en œuvre l’initiative. Le deuxième dit  Pays Candidat ou candidate country est un pays qui a franchi, à la satisfaction du Conseil d’administration de l’ITIE, les quatre « étapes » vers l’adhésion, conformément à la Norme ITIE. Le troisième dit Pays Conforme ou compliant country est un pays que le Conseil d’administration de l’ITIE considère qu’il a satisfait à toutes les Exigences de l’ITIE. Elle ne comptait que 7 pays à son lancement en 2004. Mais avec la manne financière constituée avec les contributions volontaires des États initiateurs- pilleurs, la Banque mondiale et d’autres institutions financières choisies fournissent une aide précieuse aux pays qui décideraient d’adopter les principes de transparence et de responsabilité accrues promus par cette initiative. Cet incitatif financier, faut-il le souligner, a rendu facile l’élargissement de l’organisation composée depuis octobre 2014 de 46 pays dont 21 États africains incluse la République Centrafricaine qui fait désormais de la petite liste des Pays suspendus. Au moment où  les États africains se bousculent depuis le début à la porte de l’ITIE, les Occidentaux ont eu une attitude particulièrement hyper frileuse envers l’organisation. Le cas de la Grande Bretagne de Tony Blair est le plus inénarrable! Car, il a fallu, 10 ans après soit le 9 juillet 2013, pour que le gouvernement britannique, initiateur de l’ITIE, ait décidé de lancer son processus ITIE. Et c’est le successeur de Blair, l’ex Premier ministre David Cameron lui-même qui, jugeant la nécessité d’examiner la honteuse  position du Royaume-Uni, avait adressé une lettre ouverte aux dirigeants récalcitrants à l’ITIE du G8 en leur disant : « Nous ne pouvons pas appeler d’autres pays à se soumettre à ces normes si nous ne sommes pas prêts à faire de même. ».

 Là, il est pertinent qu’on se demande : à quoi bon d’être utile en brandissant à tout bout de champ cette ITIE en lieu et place de répondre clairement aux légitimes interpellations des citoyens? Ou bien faut-il surtout par les temps qui courent être plus royalistes que le roi lui-même? 

L’ITIE, un instrument pour le pillage honteux des ressources naturelles

Évidemment, nous ne pouvons pas être à priori contre la vertu de ces belles déclarations porteuses de nobles ambitions! Or, ce bref aperçu exposé en guise de présentation de l’ITIE nous replace de facto dans l’éternel débat des rapports Nord-Sud, plus précisément des possibilités et des contraintes en matière de développement. Autrement dit, l’ITIE, à l’instar des autres « machins » (organisations internationales, conventions, traités, chartes, etc.) bâtis ou conclus souvent sur la base d’une logique européocentriste parée d’hypocrisie, ne semble pas être l’exception à la règle. Certains États qui ont décidé de l’insérer dans leur dispositif réglementaire, voient en elle une solution pour une gestion saine et partagée des ressources naturelles alors qu’elle vise en silence à avilir la volonté d’autodétermination des Peuples.

Le contexte de la création de l’ITIE était particulier. Des États du Nord, des pilleurs professionnels de ressources naturelles disponibles dans les pays du Sud, avaient pris la décision de s’accorder un moment de répit pouvant calmer les ardeurs des résistants et des dénonciateurs de leurs actes infâmes, à l’époque très au cœur des actualités nationales. Le pillage, la corruption, les guerres, la misère, la famine, la pauvreté, ont trop duré dans les pays « riches en ressources » pour amener plusieurs observateurs à parler de « la malédiction du pétrole » ou à qualifier l’or noir de « caca du diable ». Donc, la réaction des États qui abritent les sièges sociaux de la plupart des compagnies privées d’exploitations sur le terrain, était attendue.

En effet, l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair, à qui on attribue la paternité de l’ITIE n’avait pas de toute manière d’autre choix que de la proposer à ses pairs. Car c’était sur le sol britannique que l’ONG Global Witness avait commencé à mener de vastes campagnes publiques imposant la transparence relative à l’exploitation des ressources naturelles et la gestion des revenus y afférents. Dans l’un de ses rapports,  l’ONG britannique mettait à nu la complicité du secteur pétrolier et financier dans le système de captation de la rente encaissée par les gouvernants des pays exploités au détriment de la population. Ainsi, avec d’autres organisations non gouvernementales (CAFOD, Oxfam UK, SCF UK, Transparency International UK, CRS, Human Rights Watch, Pax Christi NL, Caritas France, etc.), Global Witness lançait en juin 2002 une vaste campagne dénommée: « Publiez ce que vous payez » (PCQVP).  À travers cette campagne, les ONG exigeaient à ce que « toutes les compagnies multinationales et les entreprises d’État publient à titre individuel les chiffres annuels nets des paiements qu’elles versent aux gouvernements. Ces revenus incluent notamment les redevances perçues sur la valeur de la production, les bonus versés à la signature des contrats d’exploitation, l’impôt sur les bénéfices des sociétés après déduction des coûts et amortissements liés aux investissements nécessaires à l’exploration et l’exploitation, l’impôt à la source sur les paiements de dividendes, les droits de douane, la taxe sur la valeur ajoutée, etc. ». De plus, elles demandaient que « ces informations soient mises à la disposition de la société civile, en langues et monnaie locales. La coalition exige que les chiffres soient vérifiés par des organismes indépendants multi-parties prenantes (multi-stakeholders) ou par le FMI. ». Dans ce sens,  le professeur Gilles CARBONIER précise que la campagne PCQVP « ne vise pas directement les gouvernements des pays producteurs. Elle exerce plutôt une pression sur des acteurs influents capables d’inciter ces gouvernements à introduire plus de transparence dans ce domaine sensible. La campagne vise en particulier la Banque mondiale, le FMI, les autorités boursières et les banques commerciales afin qu’ils fassent pression tant sur l’industrie extractive que sur les pays producteurs pour que l’obligation de transparence des revenus prime sur les clauses de confidentialité ».

On peut tout fuir, sauf sa conscience, soutenait l’écrivain autrichien Stefan Zweig! Par conséquent, il apparait logique, parce qu’elle peut être moyen civilisé de légitimation de leurs différentes activités de spoliation, de voir les États occidentaux ériger en norme incontournable la TRANSPARENCE.

L’ITIE, le support d’une transparence imaginaire et tyrannique

Les Gouvernements qui se sont succédé à la tête de l’État sénégalais, à l’instar de plusieurs pays en Afrique qui se réclament démocratiques, ont tous développé la même manie consistant à projeter sur la scène internationale l’image d’un ardent défenseur de la protection des droits de la personne et de l’avancement des valeurs démocratiques. Ils le font en montrant du doigt par exemple des instruments juridiques internationaux négociés et ratifiés par le pays. Le Sénégal de Macky Sall n’échappe malheureusement pas à cette pratique. Dans un des rapports de l’ITIE, le grand-frère de Aliou l’homme de BBC babillait ainsi: « Mes prédécesseurs, depuis le Président Senghor, ont tour à tour contribué à bâtir la nation sénégalaise ou à asseoir les bases de la démocratie politique et sociale. Pour ma part, je fonde ma vision sur un crédo, qui est de créer les bases d’une véritable démocratie économique, qui reste un des piliers incontournables de l’émergence souhaitée pour le Sénégal. Cette vision, la Norme ITIE y contribue amplement et fort opportunément». La clarté orne les pensées profondes!

C’est sous le prisme de la réalpolitik qu’il faut comprendre et situer l’adhésion caractérisée de volontaire du Sénégal aux principes de l’ITIE. Devenir un « Pays conforme », par là y trouver ce beau prétexte que peut procurer le sceau ITIE pour esquiver les demandes, les interrogations, les inquiétudes portant sur la gestion de nos ressources naturelles, reste pour les malfaiteurs de la République un souhait démesuré. Ainsi, en 2013 le Sénégal avait soumis une demande pour le statut de « Pays Candidat ». Ce statut une fois obtenu, a engagé notre Sénégal à publier régulièrement toutes les recettes tirées de l’exploitation des industries extractives et les paiements versés à l’État par les compagnies opérant sur le territoire sénégalais. Il fallait agir vite car le Sénégal avait jusqu’en Octobre 2016 comme délai pour démarrer le processus de validation en vue de l’obtention du statut de « Pays Conforme » à l’ITIE. La séduction, des membres du Conseil d’administration de l’ITIE devra se faire par tous les moyens! Tour à tour, il est mis en place un Comité nationale ITIE. Ce dernier produit son 1er rapport dit de conciliation en octobre 2015 pour l’exercice de 2013. Ensuite, il décide de simplifier ce document très compliqué par un autre intitulé : Comprendre pour Agir. Le président de la République profite de son Référendum du 20 mars 2016, pour introduire dans la Constitution sénégalaise la reconnaissance de nouveaux droits aux citoyens : droits à un environnement sain, sur leurs ressources naturelles et leur patrimoine foncier. Le premier  alinéa de l’article 25 stipule : « Les ressources naturelles appartiennent au peuple. Elles sont utilisées pour l’amélioration de ses conditions de vie. L’exploitation et la gestion des ressources naturelles doivent se faire dans la transparence et de façon à générer une croissance économique, à promouvoir le bien-être de la population en général et à être écologiquement durables ». Et enfin il ya ce deuxième très populaire rapport du 16 octobre 2016 couvrant l’année fiscale 2014 et qui a eu, contrairement au précédent, la touche inédite d’être béni par l’ancien président Macky Sall qui a fait la préface.

Au total, il était clair aujourd’hui qu’avec l’initiative ITIE nous avons toujours assisté à une mesquine commande inscrite sans vergogne dans un agenda gouvernemental caché et porté par des adeptes de la supercherie et de la farce politique. Par conséquent, ce cul-de-sac ITIE  encore arpenté par les ménestrels de la République restera pour nous autres un chemin sans issue et sans lumière apparente. D’ailleurs, Jonas Moberg, un chef du Secrétariat international de l’Organisation ITIE avait lancé cet avertissement: « Tout d’abord, je souhaite clarifier que l’ITIE ne prétend pas être la solution de ce qu’on nomme désormais la malédiction des ressources. La transparence des revenus à elle seule ne suffit pas à assurer que la richesse en ressources naturelles produise des bienfaits et permettent le développement des citoyens d’un pays. La transparence des revenus, probablement à travers l’ITIE, est nécessaire mais insuffisante. Nous sommes les premiers à reconnaître que l’ITIE ne peut pas à elle seule aborder les plus importants défis de développement de notre époque. Il serait naïf de croire que l’ITIE pourrait être la solution aux problèmes complexes du Delta du Niger, par exemple ».

Pathé Gueye- Montréal

Birahim Seck : les politiciens doivent surveiller leur langage

Contre les violences qui ont entraîné la mort de militants supposés appartenir au camp de la coalition au pouvoir, Benno bokk yakaar (BBY), et occasionné plusieurs blessés notamment des journalistes, Birahim Seck, le coordonnateur du Forum civil appelle les leaders politiques et militants à plus de responsabilité dans cette période pré-électorale.

« Nous avons, indique-t-il, toujours attiré l’attention du pouvoir mais également de l’opposition et de toute la frange de la population sur la nécessité de balayer les germes de la violence. La situation qu’on a constatée à Tambacounda, nous le déplorons avec la dernière énergie. »

Poursuivant, il invite l’opposition mais également le pouvoir à « surveiller le langage qu’ils tiennent (à l’occasion) des meetings mais aussi de protéger davantage ceux qui sont chargés de véhiculer l’information. Et, qui sont quand même très important dans l’exercice de la démocratie. »

Citant la presse, Birahim Seck soulignent que les journalistes « méritent beaucoup plus de protection. » Aux partis en compétition, il les invite à « prendre des mesures idoines pour protéger ces braves gens qui ne font que leur travail. »

Dans ce sillage, le successeur de Mouhamadou Mbodj se dit en phase avec la mesure prise par le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, Aly Ngouille Ndiaye, de renforcer la sécurité des différents candidats en effectifs (police et gendarmerie).

« Dans les grandes démocratie, cela se passe comme ça, applaudit-il. C’est l’Etat en réalité qui se charge de protéger les citoyens, que ce soit le président sortant, que ce soit les autres candidats.

Nous sommes tout à fait d’accord, aujourd’hui, que les forces de l’ordre puissent assurer la sécurité des candidats mais cela doit être sur demande parce qu’il y a certains candidats qui n’auront pas confiance sans doute.

Dans ce cadre-là, il faudrait qu’il y ait un texte qui encadre le choix de ces agents de sécurité-là pour qu’ils respectent un certain nombre d’éléments. »

Le coordonnateur du Forum civil se prononçait en marge du séminaire avec l’Association des maires du Sénégal (AMS) sur la généralisation de la certification citoyenne

Mimi Touré : Le pays n’appartient pas aux politiciens

Invitée de RFM Matin, Aminata Touré a fait le tour du projet de loi sur le parrainage. Selon l’ancien Premier ministre, le temps de la discussion est écoulé. « C ‘est toujours bien de dialoguer dans un pays. Cela nous a permis de faire plusieurs avancées. C’est ce que le président voulait instaurer. Certains ont dit qu’ils ne vont pas discuter avec le président. Nous avions 47 partis lors des dernières élections et parmi ces listes, 33 n’ont pas eu de députés », a fait savoir Mimi Touré.

Selon elle, rien on ne peut pas refuser de dialoguer et vouloir exiger que ça soit. La discussion a été entamée depuis des semaines. Le dialogue se fait à deux. Mais avec qui dialoguer ? Le président a crée la journée du dialogue, mis une commission de concertation. Mais ils ont tous dit qu’ils ne vont pas discuter avec lui. Ils pensent qui le parrainage est pour le président. Mais il va au delà de la présidentielle.

Même pour les municipales, la personne doit avoir 3%. Cela se fait dans plusieurs pays. Celui qui veut nous dirigeait alors qu’il ne parvient pas à avoir 1%, cela pose problème. Tous les partis qui refusent de discuter, ils n’ont pas de problèmes pour avoir e 1%. Le pays n’appartient pas aux politiciens », a ajouté l’envoyée spéciale du président de la République.

« Nous n’allons pas regarder les politiciens déstabiliser le pays »

Souleymane Jules Diop était, ce week end, à Fatick où il s’exprimait sur les réalisations du gouvernement dans la région, à travers le Pudc. Le ministre en a profité pour lancer un message aux détracteurs de Macky Sall, notamment à Idrissa Seck. Qui avait déclaré qu’il changerait l’hymne du Sénégal, une fois élu président.

« Il n’a même pas dit dans son programme qu’il va s’entretenir avec les gens. Que personne ne vous trompe. Rien ne peut se faire en une seule journée. Nous (le gouvernement) sommes sur la bonne voie », a-t-il indiqué aux fatickois, tout en leur citant les réalisations du gouvernement.

« Nous avons suffisamment de pétrole. Et selon notre ministre en charge de ce département, un  seul puits creusé correspond à la production nationale du Gabon. Nous n’allons pas regarder des politiciens déstabiliser un pays qui a du pétrole et du gaz. Nous ne l’acceptons », a-t-il prévenu.

« Nous n’accepterons pas que des personnes louent des partis politiques pour se présenter à l’élection présidentielle et qu’on se retrouve avec une centaine de candidats qui bloquent notre système électoral. Si c’était à la coupe du monde, la présidentielle serait la phase finale. Chacun peut y participer. Mais, on ne peut pas vouloir jouer un match de qualification tout en refusant de jouer à un match de poule », assène le ministre.

Selon Souleymane Jules Diop, voler une élection n’est plus chose possible au Sénégal. « Les inscriptions se poursuivent. Il n’y a pas de secret. On ne peut plus voler les élections au Sénégal ». « Nous devons élire un président de la république. Le fauteuil présidentiel est un et non deux. Nous devons nous unir. Ce combat nous devons être les premiers à y participer », suggère-t-il.

Processus électoral : démocratie pour les politiciens ou pour le peuple ? (Par Guy Marius Sagna)


Processus électoral : démocratie pour les politiciens ou pour le peuple ? (Par Guy Marius Sagna)
La classe politique en général (« pouvoir » comme « oppositions ») et les alter-systèmes en particulier ont un grand problème : le processus électoral. Pour le « pouvoir » c’est, quelque soit le nombre d’inscrits, être majoritaire. Que ses militants et sympathisants dans ses fiefs s’inscrivent, reçoivent leur carte et votent massivement. En d’autres termes que le processus électoral se déroule normalement. Pas si normalement que ça. Car au besoin il faut mobiliser l’administration centrale et déconcentrée et la mettre au service du parti. Et qu’au soir de l’élection qu’on puisse dire « Vive Macky ! ».
Pour les « oppositions » il s’agit de se battre pour qu’il n’y ait pas un processus électoral au faciès, à la localité selon qu’on est étiqueté militant ou fief des « oppositions » ou du « pouvoir ». Il s’agit contre la toute-puissance de l’Etat-parti qui a à sa disposition policiers, gendarmes, militaires…de trouver l’alchimie qui ferait que les populations fatiguées s’approprient le combat pour « des cartes pour tous ».
Mais ce que certains au niveau des « oppositions » y compris parmi les alter-systèmes oublient c’est que la lutte pour des élections démocratiques ne saurait être déconnectée de la situation générale du pays, et de l’histoire de notre pays depuis au moins 1960. D’ ailleurs, tel système néocolonial tel système électoral. Les populations ne sont pas dupes. Elles se disent légitimement que se battre pour des élections démocratiques c’est se battre pour une caste oligarchique de politiciens qui veulent devenir bourgeoisie bureaucratique à la place de l’actuelle bourgeoisie bureaucratique au « pouvoir ».
Car en réalité à qui profiterait un système électoral dans les conditions actuelles du système semi colonial sinon aux collabos du pouvoir ou des « oppositions » ? A quelques exceptions près l’écrasante majorité de la classe politique sénégalaise a été du « pouvoir » et des « oppositions ». Le peuple a noté que cette écrasante majorité de la classe politique a des principes électoraux à géométrie variable selon qu’elle est au « pouvoir » ou dans les « oppositions ».
Dans les « oppositions » elle est contre le scrutin majoritaire ou le « raw gaddu » et pour le scrutin proportionnel intégral ; pour le bulletin de vote unique ;  pour la baisse du montant de la caution ; Quand elle est au « pouvoir » elle opère un changement à 360°. Pourquoi pendant douze ans n’ont-ils pas bétonné le processus électoral ? Pourquoi avant d’être défénestrés du gouvernement par Wade puis par Macky ne se sont-ils pas battus pour ça ?
Qu’est-ce qui a changé pour qu’après avoir perdu le pouvoir ils se soient convertis à la religion du bulletin unique, de la baisse de la caution qu’ils avaient portée à 65 millions en 2012 ? La classe politique qui est à la périphérie du « pouvoir » elle se tait (PIT, RTAS…). Préférant ne pas se prononcer sur ces questions qui ne méritent pas de se fâcher avec le président de la république et son parti et risquer une exclusion du « paaco » ou du « compal ».
Le peuple n’accepte qu’au Sénégal que les femmes et hommes politiques les prennent pour des dindons dont ils peuvent se jouer comme ils veulent selon qu’ils sont au pouvoir ou dans l’opposition. De plus en plus de citoyens depuis au moins 2011 disent NON à cela. C’est une profonde aspiration qui doit être prise en charge.
Et les citoyens en ont fait une question centrale. « Touche pas à ma constitution », « Wade Wax Waxeet », « Gor ca wax ja », « Niani bagn na », « Ps des valeurs », « République des valeurs »…montrent la centralité, aujourd’hui au Sénégal, de la question des valeurs en politique. De la question de la parole de l’homme et de la femme politique qui ne vaut RIEN au Sénégal.
Devant cette situation le peuple se demande à quoi bon se battre pour des élections démocratiques, risquer grenades lacrymogènes, coups de matraques, garde à vue, présentation au juge…pour ça. L’auteur de ces lignes n’ose pas jeter la pierre à ce peuple rendu si sage par plus de 50 ans d’expérience d’une classe politique parasitaire, caractérisée par la transhumance, l’accaparement d’avantages indécents et insultants, la couardise, l’apatridie, son anti nationalisme, son antidémocratisme, sa versatilité, sa vénalité…
Voilà pourquoi malgré le bordel pré-électoral de 2017 et  le chaos électoral (ou KO électoral) qui s’en est suivi le peuple regarde, observe, dort ou attend d’être convaincu. Et les « oppositions » de chercher les combinaisons chimiques qui feraient d’elles des charmeurs de serpents. Des charmeurs de peuple. Mais ce peuple à la peau dure. Il n’est pas si amnésique que cela. On ne peut le tromper tout le temps.
Le « pouvoir » et une partie des « oppositions » cherchent à le tromper encore. Les alter-systèmes cherchent à le mobiliser. Les « oppositions » conservatrices qui ne cherchent qu’à être bourgeoisie bureaucratique à la place de la bourgeoisie bureaucratique et les alter-systèmes sont ensemble dans l’Initiative pour des Elections Démocratiques (IED). Le peuple les voit et n’arrivant pas à faire la différence entre front démocratique et coalition électorale se dit qu’ils sont tous pareils. Que faire ?
Pour les alter-système il convient assurément d’être dans ces cadres des « oppositions » en veillant à relever le double défi interne et externe. Renforcer ces cadres. Refuser que ces cadres ne soient utilisés aux fins de propagande d’une ou de plusieurs des composantes, d’un ou de plusieurs candidats à l’élection présidentielle. S’assurer du fonctionnement démocratique de ces cadres.
Se battre pour que ces cadres aillent le plus loin possible pour des avancées les plus profondes en faveur du peuple. Mais le semblant d’unanimisme autour du rejet du ministre de l’intérieur, de l’exigence des cartes d’électeur…ne doivent pas nous bercer d’illusions et oublier que nous sommes différents même sur ces revendications. Certains n’iront pas jusqu’au bout sur la question de la caution et souhaitent même secrètement qu’elle soit assez élevé pour imposer le « yobalema » aux autres. D’autres n’iront pas jusqu’au bout sur le bulletin unique.
Et ce que ces cadres ne peuvent dire, les alter-système doivent le dire en leur nom à l’extérieur et refuser d’être ligotés par le discours des pro-système.  Révéler ces revendications qu’ils ne veulent pas entendre mêmes si elles blessent leurs âmes politiciennes pour faire venir des pensées de révolution démocratique au sein du peuple. Le danger pour les alter-système pourrait être que dans les perspectives réelles ou supposées d’alliances en direction de la présidentielle de ne pas poser toutes les bonnes questions et de s’autocensurer.
Et c’est sur ce dernier point qu’il y a aussi un problème véritable. En réalité la lutte pour des élections démocratiques est la lutte pour une démocratie des acteurs politiques des « oppositions » d’une période donnée et pas pour plus de démocratie pour le peuple du moins qu’incidemment. La lutte pour des élections démocratiques est une lutte qui met aux prises le « pouvoir » qui veut garder son fromage y compris en ne respectant pas les règles du jeu électoral ou en le taillant sur mesure pour sa victoire programmée et les « oppositions » qui veulent des conditions minimales électorales pour accéder au pouvoir.
C’est ainsi qu’il faut comprendre l’aveu du ministre de l’intérieur Aly Ngouille Ndiaye. « J’ai la ferme intention de travailler pour que le Président Macky Sall gagne au 1er tour l’élection présidentielle du 24 février 2019. Pour cela, d’abord, je ferai inscrire tous ceux qui veulent voter pour Macky Sall. Je m’emploierai pour qu’ils récupèrent leur carte d’électeur et je les aiderai à aller voter pour Macky Sall.
Et quand je le dis, vous pouvez me croire. Car même si je n’ai pas duré dans le champ politique, je ne m’engage jamais dans le vide ». La colère légitime du peuple pouvant combler les insuffisances anti démocratiques du système. Ce que le système électoral oligarchique refuse aux « oppositions » la grande colère du peuple et le jeu des coalitions le lui rendront au centuple : tel est le secret de toutes les deux alternances de 2000 et de 2012.
C’est pourquoi il faut rire des « pouvoirs » et même de cette partie des « oppositions » qui prétendent que le système électoral sénégalais est bon. En fait pas à toutes les « oppositions ». Mais à la partie des « oppositions » qui fait partie du système, qui a eu à gérer ce pays de manière anti démocratique, qui a pu se faire un trésor de guerre et un carnet d’adresses par la magie des fonds politiques ou des caisses d’avance.
Pourquoi le pouvoir des électeurs et donc du peuple ne se limite qu’à trois jours (élections municipales, élections législatives et élection présidentielle) ? Pourquoi n’est-il pas inscrit que le député, le conseiller municipal…sont révocables par leurs électeurs selon telles modalités et pas seulement une fois tous les cinq ans? Pourquoi au lieu de faire payer des cautions censitaires ne ferions-nous pas le choix sinon de supprimer du moins de réduire les salaires et avantages budgétivores des députés, conseillers municipaux et président de la république afin de s’assurer que celles et ceux qui se présentent le font pour servir et non se servir ?
Aujourd’hui encore se pose le débat sur le bulletin unique.
« Ce sont ceux qui ont organisé des conférences nationales. Ensuite il n’est pas encore prouvé que le bulletin unique soit moins cher que le bulletin pluriel. Jusqu’à 15 candidats, le bulletin unique est plus cher que le bulletin pluriel. Il s’y ajoute beaucoup d’ente nous au Sénégal n’ont jamais pris un stylo entre leurs mains » a déclaré récemment le ministre de l’intérieur Aly Ngouille Ndiaye le dimanche 25 février 2018.
Ce que nous attendons du président Macky Sall et de son ministre de l’intérieur ce n’est pas de dire qu’il n’est pas prouvé que le bulletin unique est moins cher que la formule actuelle. Il est attendu d’eux qu’ils donnent les coûts des deux options. Et puisqu’il ne veut pas le faire, faisons le à sa place.
Les 47 bulletins des 47 listes de candidats lors des dernières élections législatives de 2017 ont coûté au peuple : 20 FCfa l’impression X 7.500.000 bulletins de vote X 47 listes = 7.050.000.000 FCfa.
Le bulletin unique aurait coûté au peuple du Sénégal tout au plus : 50 FCfa l’impression X 7.500.000 bulletins de vote = 375.000.000 FCfa.
Si le bulletin unique avait été appliqué lors des dernières législatives, il aurait fait économiser au peuple du Sénégal : 7.050.000.000FCfa – 375.000.000 FCfa = 6.675.000.000FCfa.
Six milliards six cent soixante quinze mille franc Cfa c’est plus que les 6,56 milliards dont le plan triennal 2016-2018 de la stratégie nationale de protection de l’enfance a besoin. Le directeur des droits de la protection de l’enfant et des groupes vulnérables disait que le premier défi était celui de la mobilisation des ressources. Six milliards six cent soixante quinze mille franc Cfa c’est la réparation de 33.375 fistules obstétricales qui affectent 5.000 femmes au Sénégal avec 400 nouveaux cas par an.
Six milliards six cent soixante quinze mille franc Cfa c’est presque les « près de 7 milliards de francs Cfa » que l’Agence française de développement a donné à notre Etat-mendiant pour remplacer 200 abris provisoires en Casamance. Six milliards six cent soixante quinze mille franc Cfa c’est au moins 33 forages multi-villages. Refuser le bulletin unique c’est contribuer à la mortalité des enfants de moins de 5 ans avec des maladies diarrhéiques, à la souffrance des femmes qui traînent des fistules…
Les 24 bulletins des 24 listes de candidats lors des élections législatives de 2012 ont coûté : 20FCfa l’impression X 5.368.783 X 24 = 2.577.015.840 (nombre de bulletin limité au nombre d’inscrits). Le bulletin unique aurait coûté : 50FCfa l’impression X 5.368.783 = 268.439.150 FCfa. Il nous aurait fait économiser : 2.577.015.840 – 268.439.150 = 2.308.576.690 Fcfa.
Il est attendu d’eux qu’ils ne se réfugient pas derrière leur propre turpitude anti nationale qui fait que nous avons une population à 54% analphabètes dont 62% de femmes.
Le bulletin unique c’est aussi l’impossibilité de dire à l’électeur de sortir de l’isoloir avec les autres bulletins afin de s’assurer qu’il a voté pour vous et de lui remettre ainsi l’argent qui a acheté sa conscience. C’est l’assurance d’un vote libre. La démocratie n’est-ce pas d’ailleurs de réunir les conditions où le citoyen dit ce qu’il pense clairement sans aucune pression en espèces sonnantes et trébuchantes ?
Avant, les classes exploiteuses et collabos n’avaient pas trop besoin d’acheter des électeurs. Les représentants des classes dominantes orientaient les votes en refusant son secret au temps où il n’y avait pas d’isoloir. Des sénégalais se sont battus pour que le vote soit secret avec l’isoloir. Parmi les revendications démocratiques qui nécessitent une lutte pareille il y a le bulletin unique.
Mais admettons même que ce bulletin unique soit plus cher. S’assurer d’un vote libre des citoyens est plus important qu’assurer au président de la république plus de 8 milliards par an pour entretenir ses alliés et agrandir sa basse-cour ?
Mais il me semble que la classe politique en général, la traditionnelle en particulier, ne peut pas être conséquente sur cette question. Trop d’intérêts en jeu : les mesdames et messieurs 10% mais également l’achat de votes comme stratégie de conservation du pouvoir.
C’est pourquoi le peuple doit s’emparer de cette question du processus électoral qui est aussi un des éléments par lesquels il est maintenu dans l’oppression en imposant des alternances sans alternative. C’est d’ailleurs un des rares gages que ses intérêts seront pris en charge. Il faut casser ce face à face qui risque d’être stérile, vain, et insipide entre ce « pouvoir » et ces « oppositions » entre lesquelles il y a une société civile qui joue les médiations. La société civile, la décisive, c’est-à-dire le peuple n’a pas à jouer les médiatrices. Son rôle est d’exiger. Exiger « bultin unik legi ! », exiger « sama kart », exiger…Le rôle des alter-système est de susciter un débat sur les véritables enjeux.
Terminons par les propos du candidat Macky Sall avant qu’il soit élu.
« Nous, nous avions une revendication politique. Cette revendication qui a été d’abord celle de Benno Siggil Senegal avant d’être endossée et prise en charge par le mouvement des forces vives, Mouvement du 23 juin, pour récuser le ministre de l’intérieur Ousmane Ngom et récuser le ministre de la justice Cheikh Tidiane Sy pour leur attitude par rapport au processus, par rapport au dialogue politique. Alors qu’est-ce que fait le président de la république ? Il surprend tout le monde, il dit « je vais retirer les élections à Ousmane Ngom ».
En réalité, Ousmane Ngom reste le maître, en tout cas du ministère de l’intérieur. Il a la haute main sur les élections puisque non seulement l’administration territoriale, qui est le bras armé de l’Etat, dans le bon sens – c’est une administration républicaine – c’est elle qui organise matériellement le vote. Cette administration relève de l’autorité du ministre de l’intérieur Ousmane Ngom.
La DAF elle-même qui est la direction de l’automatisation du fichier a été transférée. Mais tout le monde sait que le directeur de l’automatisation, commissaire Diallo nommé par Ousmane Ngom qui a la haute main sur cette direction, même si on dit que cette direction va chez monsieur Cheikh Guèye, tout le monde sait que monsieur Cheikh Guèye n’aura absolument pas les coudées franches pour pouvoir mettre un homme qu’il faut à la place qu’il faut par rapport à cette direction centrale qui gère le fichier électoral et en même temps le fichier national des cartes d’identité nationale.
Je pense qu’il aurait été plus simple, si le président voulait effectivement aller dans le sens de la revendication, qu’il changeât le ministre de l’intérieur Ousmane Ngom. C’était plus simple. Il y a n positions où il peut continuer à servir la république et la nation tout en créant un climat d’apaisement. Mais là c’est un non-événement, c’est une diversion, j’allais même dire une farce de mauvais goût puisque nous ne sommes pas là pour jouer.
Nous voulons aller vers des élections apaisées et aujourd’hui le président nous sert en fait une farce. Donc il n’y a absolument rien par rapport à la revendication qui a été faite. Et nous continuons à poursuivre…En plus, le ministre chargé des élections, il est encore dans les locaux du ministre de l’intérieur. Ce dernier est ministre d’Etat quand lui vient d’être fraîchement nommé ministre. Lui qui était sous sa tutelle. Comment voulez-vous dans ce contexte psychologique et politique que monsieur Cheikh Guèye ait les coudées franches pour gérer les élections ? »
Guy Marius Sagna
Dakar, le 28 février 2018

Affaire Khalifa Sall : Des patrons de presse, marabouts, politiciens, artistes…tous dans la Caisse d’avance !

Il y en a qui tremblent déjà, rien qu’à apprendre la tenue du procès de la caisse d’avance opposant le maire de Dakar à l’Etat du Sénégal et qui s’est ouvert ce jeudi matin au tribunal régional sous la présidence du juge Magatte Diop. En effet, ils sont nombreux à se ranger du côté du régime et à diaboliser le prévenu principal, après avoir goûté à satiété aux saveurs des liasses de la caisse pour laquelle le maire de Dakar est poursuivi.

Devant le parquet, l’Agent judiciaire de l’Etat et les avocats du pouvoir, Khalifa Sall est parti pour être poussé jusque dans ses derniers retranchements. Toutefois, comme cela se précise de plus en plus, Khalifa Sall et son staff sont attendus sur le terrain glissant des déballages. Et va pour le ternissement de l’image de plusieurs pontes du régime. C’est dire aussi que la caisse d’avance a plus servi à engraisser d’actuels pontes du régime qu’à enrichir Khalifa Sall lui-même et «sa cour».

Loin d’avoir servi à un enrichissement personnel sans cause pour ne pas dire illicite, les liasses de la caisse d’avance ont bien, selon plusieurs sources concordantes, plus servi à nourrir et à engraisser des pontes de l’actuel pouvoir sous le régime salé de l’opposition, avant que Macky Sall n’accédât au pouvoir.

Dans le lot, on compterait des marabouts, des politiciens, des artistes, des sportifs, des opposants purs et durs, des gens de l’armée, des cadres de l’administration, patrons et subalternes de presse, des hommes et femmes de culture, des épouses et proches de hautes personnalités… bref, un peu du tout.

Or, il est sûr que le camp du maire de Dakar ne se laissera pas tuer à la guillotine sans coup férir. Au contraire, c’est parti pour «œil pour œil, dent pour dent». Et d’ores et déjà, le mystère commence à se lever sur certaines figures bien imprégnées du pouvoir, parfois dans le cercle présidentiel. Des révélations sont faites qu’un artiste-musicien, bien connu de la sphère musicale et médiatique, aurait à lui seul, encaissé pour son propre compte personnel, pas moins de la rondelette somme de 200 millions !

Un grand responsable du parti présidentiel, aujourd’hui, vice-président à l’Assemblée nationale, en a reçu également de bonnes doses de piqûres. C’était lors de la période des vaches maigres et c’est grâce au maire de Dakar que ce ressortissant thiessois aurait obtenu le premier véhicule de sa vie. Idem pour cet ancien député devenu aujourd’hui, membre du cabinet présidentiel, qui faisait des kilomètres à pied avant de débarquer dans l’enceinte de l’hôtel de ville, pieds poussiéreux, sandales usées, en quête de fonds auprès du «khalife».

Un peuple cocufié par ses politiciens de tous bords (par Ibrahima Sadikh NDour)

Quiconque observe attentivement la scène politique sénégalaise remarque qu’il existe des sujets sur lesquels toute la classe politique (partis au pouvoir comme ceux de l’opposition) observe une omerta. Nos politiciens, tous bords confondus, prennent l’habitude de couvrir, d’un voile épais, certaines problématiques, qui sont pourtant d’intérêt national.

Même les politiciens les plus volubiles, aussi bien ceux toujours prêts à justifier ou à défendre tout et n’importe quoi que ceux constamment enclins à verser dans des vociférations dénonciatrices, adoptent le profil bas, voire passent sous les radars médiatiques lorsque certains sujets, qui préoccupent les populations, sont agités sur la place publique. Deux sujets récents peuvent servir à illustrer notre propos. Le premier concerne l’existence et l’opacité des fonds secrets et politiques ainsi que leur détournement à des fins clientélistes, voire d’enrichissement personnel.

Le second est relatif aux cadeaux financier et foncier offerts, de manière généreuse, aux députés de la 12e législature sortante qui n’ont pas été réélus.

S’agissant du premier sujet, les aveux de Mamadou Ndoye ancien Secrétaire général de la Ligue Démocratique confirmant le versement mensuel de 4 millions de nos pauvres francs dévalués par le Président de la République (à son profit et/ou à celui de son parti, c’est selon) a servi de fait déclencheur à une vague d’indignation et de réprobation des populations.

Les révélations et informations qui ont suivi, relativement à ce sujet, ont permis de savoir, de la part d’un Expert dont la crédibilité est hors de tout doute, que « sur la période 2012 / 2017, c’est près de 104 milliards de crédits spéciaux qui ont été alloués au Président de la République et 3 milliards de crédits de Fonds de sécurité ouverts pour le Premier ministre » (Mamadou Abdoulaye SOW, 2017).

Pour rappel, les activités financées par ces fonds secrets et politiques relèvent de l’entière discrétion du Président de la république (accessoirement du Premier ministre) et échappent à tout contrôle. Les langues déliées ont permis d’avoir la confirmation que ces fonds servent, entre autres, à financer les politiciens notamment en réglant leurs problèmes de subsistance, de paiement de leurs frais de transfert (à l’étranger), de consultation ou d’hospitalisation, d’accès à la propriété immobilière, de financement de pèlerinages aux lieux saints et même d’argent de poche !

Ce système occulte a profité et continue de profiter aux politiciens de tous bords. Imaginez le nombre d’écoles, de centres de santé, de pistes de production ou de villages électrifiés que le Sénégal s’est privé le Sénégal en dotant un seul homme 104 milliards de francs CFA qu’il a dépensé à sa guise sans justifications ni indiqué la nature des dépenses effectuées. Aujourd’hui, nos universités sont paralysées faute de paiement d’arriérés de salaires et d’indemnités pour la « modique » somme de 4 milliards francs CFA.

A-t-on entendu nos politiciens sur ce sujet ? Bien sûr que non à part quelques seconds couteaux dont la seule chose à dire consistait à formuler la nécessité de mettre en place un dispositif de financement public des partis politiques. Autrement dit, la mise en place d’une autre forme, plus acceptable, de spoliation des populations, car on sait qu’au Sénégal, jamais une centrale syndicale ou un parti politique au pouvoir n’a rendu publics ses états financiers, en violation flagrante des lois existantes. Aucun homme politique d’envergure n’a daigné prendre la parole pour dénoncer cette déprédation des maigres ressources du pays et, subséquemment, s’engager, de manière ferme et formelle, à mettre fin ou de l’ordre à tout cela une fois au pouvoir.

En ce qui concerne le second sujet majeur mis sur la place publique, il s’agit des cadeaux financier (5 à 10 millions) et foncier (octroi d’un un terrain à Tivaouane peul) que l’État vient d’offrir aux ex-députés de la 12e législature qui n’ont pas été reconduits. Ces députés sortants sont-ils plus méritants que, par exemple, le médecin, l’enseignant ou l’agent de développement communautaire qui vivent et travaillent, pendant des décennies, dans des zones éloignées dépourvues de tout confort et qui peinent à accéder à la propriété immobilière ?

Dans quelle organisation, qui se voudrait performante et efficace, octroie-t-on, par exemple, des primes de rendement ou de départ aux agents reconnus comme étant médiocres ? Donner une prime de 5 à 10 millions en plus d’un terrain à des personnes qui s’étaient fait remarquer davantage par leur absentéisme, leur propension à s’insulter et à s’occuper de leurs propres affaires est une insulte aux masses laborieuses.

Un manque de respect aux sénégalais qui se lèvent tôt et se couchent tard en travaillant fort pour assurer, difficilement, le minimum vital. Où sont nos chevaleresques ex-parlementaires qui s’étaient prévalus de l’étiquette de « Députés du peuple » pour dénoncer cette situation inique, voire refuser de jouir de ces avantages de la honte ? Disparus dans la nature et bouche cousue !

Ces deux faits suffisent pour prouver que nos politiciens, tous bords confondus, sont tous pareils. Presque, devrais-je dire en me gardant de généraliser. Lorsqu’il s’agit de prébendes et d’avantages de toute sorte (fonds politiques, passeports diplomatiques, passe-droits, recrutement des membres de leur famille ou de leurs militants, etc.), ils ne trouvent rien à dire. Même si cela s’effectue au détriment des populations et en contradiction avec les valeurs qu’ils défendent publiquement. C’est la preuve d’un pourrissement par la tête de notre classe politique, sinon celle d’un cynisme déplorable chez la majorité de nos politiciens. En fin de compte, c’est le peuple qui trinque. Toujours cocufié par ses politiciens.

Ibrahima Sadikh NDour
ibasadikh@gmail.com

Raclée de BBY à Touba : Les mourides renvoient les maras politiciens à leurs copies

Ce n’est pas Macky Sall qui a perdu Touba lors des élections législatives de dimanche. Car objectivement ce n’était pas une présidentielle et même s’il est le patron de la Coalition Benno bok Yaakaar, ce n’est pas lui qui était directement sur le théâtre des opérations.

Les vrais perdants de Touba sont les marabouts qui s’étaient engagés dans la bataille, qui étaient investis sur les listes de BBY et qui ont fait campagne, allant même jusqu’à tenter des coups de bluffs pour tromper la vigilance des mourides en leur faisant croire que le Khalife avait donné ndigeul de voter BBY. Ceux là qui ont mésestimé les populations de Touba, croyant qu’ils avaient affaire à du bétail servile et corvéable à merci. Ceux là qui n’ont pas compris que les jeunes, les hommes et les femmes de Touba sont « open-minded », ouverts au monde et au diapason des avancées sociales et technologiques.

Ces petits marabouts qui n’ont pas compris que les populations de la ville sainte ont pour la plupart appris et retenu les enseignements de Cheikhoul Khadim qui, lui même s’est battu contre l’asservissement et la servitude. Ces opportunistes qui semblent ignorer que les gens de Touba ont appris et compris à travers le chef d’oeuvre « Massalikoul Jinaan » comment choisir son guide religieux, qui doit être considéré comme tel et les qualités que doit avoir un bon guide.

Touba a dit non à cette race de marabouts qui répondent à la définition de ce mot dans le Petit Robert. Ces hommes qui ont osé demandé aux populations de les aider à mieux les piétiner pour assouvir leurs vils desseins alimentaires. Touba leur a fait comprendre qu’être mouride signifiait avant tout répondre de Khadimou Rassoul en reflétant ses enseignements dans son comportement de tous les jours.

Les populations  de Touba al makhroussa ont en définitive simplement voté contre ces faire valoir de Macky Sall car ils n’ont pas pu comprendre comment des  gens qui se disent descendants de Bamba ont pu se compromettre à ce point pour de l’ascension sociale…

Al Amine aux hommes politiques : œuvrez pour la cohésion nationale


Le khalife général des Tidianes, Serigne Abdoul Aziz Sy Al Amine, recevant hier, des responsables de partis politiques dont Ousmane Tanor Dieng, Djibo Kâ, Landing Savané, venus lui présenter leurs condoléances suite au rappel à Dieu de Serigne Cheikh Ahmed Tidiane Sy Al Maktoum, les a exhortés à travailler à la cohésion sociale et politique du Sénégal.

Et, aussi de suivre les recommandations d’Al Maktoum, qui les invitait à garder leur coloration politique, tout en œuvrant pour la cohésion nationale.  » Serigne Cheikh Tidiane Sy m’avait dit qu’il ne sortirait de sa retraite spirituelle que lorsque la famille Sy aura été unifiée. Il nous avait instruit de conduire la Tarikha dans la cohésion et l’unité et de tous les membres de la famille Sy. Il voulait la paix au sein des familles religieuses, mais aussi au sein de la classe politique« .

Mballo Dia Thiam (Sutsas) : «Ça marche pour les transhumants, les politiciens et leurs familles»

Pour sa part, Mballo Dia Thiam, le Secrétaire général du Syndicat unique des travailleurs de la santé et de l’action sociale (Sutsas) parle d’une évolution avec «des fortunes diverses, des avancées importantes, des progrès de part et d’autre. Il y a des progrès au niveau des routes et du désenclavement. Et cela, dans beaucoup de régions par la construction de routes, de forages et les populations en ont besoin.
Maintenant le décollage ? Ça mérite davantage de progrès et de sacrifices. C’est une marche avec des fortunes diverses ». Le Secrétaire général du Sutsas est d’avis que des efforts doivent être faits dans  tous les secteurs. «Parce que dans ccertains secteurs, c’est comme si on est à la case de départ.

Pour la santé par exemple où il y a des avancées sur le financement et la question de l’équipement, ces secteurs ont atteint une certaine vitesse de croisière. Cependant, des efforts doivent être consentis. Notamment dans l’investissement au niveau des centres et postes de santé mais aussi sur la couverture sanitaire universelle. On est encore loin de l’objectif à atteindre», a relevé le syndicaliste.

bat sur la nationalité : Ne laissons pas les politiciens jouer avec des allumettes (par Yoro Dia)

Débat sur la nationalité : Ne laissons pas les politiciens jouer avec des allumettes (par Yoro Dia)

 

Les grandes nations sont les nations ouvertes et généreuses. Les Etats Unis ont élu un Président né à la périphérie des Etats Unis et  dont le père n’est pas américain. La France a été une grande nation quand Napoléon décréta que « tous les hommes de talents quelle que soit leur origine sont français ». Mais c’était la Grande France, celle qui avait une vocation universaliste qui fera dire à Ben Franklin que chaque homme a deux patries : son propre pays et la France pour les valeurs de 1789.
Aujourd’hui nous sommes loin de cette France. Nous sommes à l’ère de la France  qui s’époumone sur le débat sur la déchéance de nationalité et qui s’enferme de jour en jour dans un certain provincialisme qui finira par mettre la culture et la nation française sous verre et la figer complètement en voulant la protéger contre une imaginaire invasion anglo-saxonne américaine, européenne ou musulmane.
Les Etats Unis sont la plus grande nation au monde parce que c’est la nation la plus ouverte et la plus généreuse. Etudiant en France, je partais souvent aux Etats Unis. Quand autour de la table les américains découvrent que tu n’es pas américain, ils te posent la question de savoir quand est-ce que tu prends le passeport américain alors qu’en France on te demande est ce que tu rentres à la fin de tes études. Ellie Weisel, prix Nobel de paix a pris son passeport comme ça de même que l’astrophysicien malien Modibo Diarra.
La plupart des nobels américains sont d’origine étrangère. Que serait l’Amérique sans Google dont le co-fondateur est russe. Que serait l’Amérique sans ses « allemands »  Einstein et Kissinger avec son anglais avec ce fort accent allemand, sans son « polonais » Zbigniew Brezinski »  né en Pologne, devenu conseiller à la Sécurité nationale et qui s’est vanté dans les années 70 d’être le seul polonais à pouvoir tenir tête aux russes depuis trois siècles. Que serait l’Amérique sans le « syrien » Steve Jobs ou le « kenyan » Obama.
Le Sénégal a toujours été une grande nation ouverte et généreuse et battons-nous pour qu’il le reste. « Il ne faut pas laisser les intellectuels jouer avec des allumettes » disait Jacques Prevert. Refusons que nos politiciens jouent avec des allumettes en nous enfermant dans  les apories de la question identitaire. C’est encore une arme de distraction massive comme savent en inventer nos hommes politiques pour ne pas aborder les vraies questions.
Suivons la logique de Benoit Sambou et mettons dans le code que pour être éligible en 2019, il faut être né en 1961 et à Fatick. C’est indigne de notre démocratie de se rabaisser à ce point pour proposer une loi particulière pour éliminer des adversaires. Senghor, Diouf et Wade n’ont jamais franchi cette ligne rouge. Ce genre de pratique a plongé la Cote d’ivoire dans les abimes.
Le Sénégal est une chance  et un exemple pour le monde. Nous sommes le seul pays musulman à avoir eu un Président catholique pendant 20 ans, en plus d’être l’une des rares sociétés africaines à être complétement « détribalisé » et à être « desethniciser ».  C’est ce contrat social sénégalais qui nous a permis de faire face à plus de 30 ans de conflit en Casamance sans pour autant stigmatiser aucune ethnie ni aucune religion même si la rébellion a été dirigé par un prêtre catholique. Nous avons tiré les leçons de ce conflit en passant du modèle de nation une et indivisible à celui de nation plurielle mais indivisible.
Je suis très fier d’appartenir à un pays où dans la classe politique il y a des Dias, des Abourisk, des D’Erneville à côtés des Sall, des Ndiaye des Diop et des Seck. Que serait l’Etat du Sénégal sans Jean Collin. Qui est plus patriote que Jean Collin ? ce grand homme d’Etat mort à Bayeux en France et qui a demandé à être inhumé dans le Saloum profond alors la plupart de nos hommes politiques amènent leurs femmes accoucher en France ou aux Etats Unis comme si c’était une ignominie ou un péché originel de venir au monde  au Sénégal. Qui est plus Sénégalais que nos Valentins, nos Lamotte, nos Turpins, nos Guillaberts et autres Agbotons…..
L’ouverture est la plus grande richesse pour notre pays prédestiné par la géographie et l’histoire à être un carrefour, un lieu de rencontre et de métissage. Sur le plan géographique le Sénégal constitue le pont entre le Maghreb et l’Afrique noire. Un pont entre deux mondes .Nous avons cette  vocation naturelle de ponts entre les cultures. Un pont culturel entre l’Orient auquel nous lie l’Islam et l’Occident auquel nous lie les valeurs de la République et de la Démocratie.
Notre modèle national doit recouper les notions senghoriennes d’enracinement et d’ouverture. « La  nation est la possession en commun  d’un antique cimetière » dit Barres. Donc est sénégalais ceux qui partagent avec nous un antique cimetière donc aussi les «  libanos syriens » qui n’envoient plus leurs morts au Liban depuis des siècles. Ils sont devenus des sénégalais à part entière et c’est fort dommage qu’ils se considèrent encore entièrement à part en se limitant à l’économie.
En ce qui concerne l’ouverture, on doit permettre de devenir sénégalais  les hôtes étrangers qui vivent parmi nous et  partagent nos valeurs au point de vouloir devenir Sénégalais. Quand on est le seul pays au monde où le Président de la république en s’adressant à la Nation ajoute « hôtes étrangers qui vivaient parmi nous », on n’a pas le droit de se rabaisser au point de nous créer de faux débats sur la nationalité. Refusons que les politiciens dilapident ce que nous avons de plus précieux : cet esprit qui fonde la grandeur de notre nation.

C’est  cet esprit qui a fait du Sénégal une terre d’asile intellectuel et démocratique pour tout le continent. Notre vocation naturelle est d’être le porte flambeau du continent pour la liberté, de la démocratie et l’ouverture. Je m’honore de vivre dans un pays où un tel débat a soulevé un tel lever de boucliers. Le Sénégal tient son rang en refusant de laisser des politiciens jouer avec des allumettes.

Yoro Dia
diayero@gmail.com

Farba Senghor se souvient du 23 juin 2011 : « Niasse, Tanor Bathily étaient des pyromanes avides de pouvoir »


23 juin 2011-23 juin 2016 : 5 ans déjà que le Sénégal sombrait dans la violence qui a provoqué le départ du pouvoir de l’ancien Président Abdoulaye Wade. Lors de ce soulèvement populaire contre le ticket présidentiel, beaucoup de dignitaires du défunt régime ont vu leurs domiciles saccagés et incendiés. Parmi eux, l’ancien ministre Farba Senghor. Le chargé de la propagande du Parti démocratique sénégalais, dont la villa de Fonction se trouve à un pas de l’Assemblée nationale, l’épicentre de la contestation, se souvient encore de cette triste journée comme si c’était aujourd’hui. « Abdoulaye Wade avaient en face de lui des responsables politiques qui étaient avides de pouvoir. Moustapha Niasse en premier, ensuite Ousmane Tanior Dieng, Abdoulaye Bathily et le groupe « Y en marre ». Tous ces gens étaient des pyromanes. D’abord, ils se sont attaqué aux symbole de la Nation qui est l’Assemblée nationale, ensuite aux domiciles privés. Je rappelle qu’ils ont brûlé mes deux maisons. L’une d’elles a été incendiée par Awa Guèye (aujourd’hui) députée et questeur à l’Assemblée nationale et un proche de Macky Sall. C’était anti-démocratique. Parce qu’ils combattaient pour leur propre intérêt et non celui du peuple sénégalais », s’indigne encore Farba Senghor qui réclame justice sur cette affaire .

Pr Ousmane Ndiaye, psycho-sociologue : « Ce qui est remarquable, c’est que le mensonge est banalisé chez les hommes politiques »

Selon le Psycho-sociologue Pr Ousmane Ndiaye l’action de se dédire de ses propos « wax waxéét » est devenu monnaie courante au Sénégal et est plus pratiqué par certains membres de la société dont les plus en vue sont les politiciens. Dans l’Observateur, le Pr s’indigne de la recrudescence de ce phénomène contraire à nos valeurs et va même jusqu’à pointer du doigt ces sénégalais qui élisent pourtant ces politiciens et qui son en retour lésés par ces derniers et d’autre part se poser la question sur la crédulité des populations, qui prennent pour argent comptant ces promesses. En somme le Pr Ousmane Ndiaye exige des sénégalais une sévérité totale à l’endroit des politiciens. « Il faut légiférer et que les acteurs du « wax waxeet » puissent être traduit en justice » conclue-t-il.