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Espagne: le Barça prend position pour le référendum catalan, Piqué divise l’Espagne

Espagne: le Barça prend position pour le référendum catalan, Piqué divise l'Espagne

Tout a commencé par un tweet incendiaire et provocateur : « Nous voterons ». Deux mots publiés par Gerard Piqué, défenseur central de l’équipe du FC Barcelone de Lionel Messi, et taulier de la sélection nationale espagnole.

Piqué est un grand joueur, qui évolue dans la Roja depuis 2009. Avec l’Espagne, il a remporté la Coupe du monde en 2010, et l’Euro en 2012. Il est aussi l’un des symboles du club catalan et, on le sait depuis longtemps, un séparatiste.

Mais ces deux mots, à la veille d’un scrutin ultra-controversé, ont provoqué un émoi dans le monde du football et dans le pays tout entier. Alors que les autorités espagnoles ont prohibé ce référendum, c’est à un appel à la désobéissance.

Gerard Piqué n’est pas une voix solitaire. La direction du FC Barcelone a pris fait et cause pour l’indépendance et pour la tenue du référendum. On peut le lire sur ses pancartes, ses affiches officielles, ses messages dans les gradins.

Le « Barça », comme on dit, souhaite la sécession. Et à Madrid, comme dans le reste de l’Espagne, on ironise : et si demain la Catalogne est indépendante, contre quels clubs jouera cette grande équipe dans le championnat national ?

RFI

Insécurité et criminalité galopante : Jamra suggère au chef de l’Etat un référendum sur la peine capitale

Onze crimes crapuleux en moins de deux mois ! De nos jours, on ne court plus seulement le risque de se faire lâchement agresser dans la rue, en plein jour, mais les honnêtes citoyens ne sont plus en sécurité même chez eux! Comme en atteste l’agression mortelle, ce samedi, de la vice-présidente du Conseil économique et social, adjointe au maire de Pikine-Ouest, Fatoumata Matar Ndiaye, victime, le jour même du Magal, d’un effroyable assassinat dans son propre domicile, au quartier Khourounar. Forfait d’autant plus ignoble que la victime portait encore fraichement le deuil de son défunt mari !

 


La plupart des détracteurs de la religion musulmane considèrent les versets coraniques préconisant la «Loi du Talion» comme caractéristiques de la violence de l’islam. Le «Fiqh» (droit musulman) a pourtant bien pris soin de classifier les crimes de sang en trois catégories distinctes : le «khadlul amdi» (homicide volontaire avec préméditation) ; le «khadlul chubhul» (coup et blessures volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner) ; et le «khadlu khata’i» (homicide involontaire).

Pour les deux dernières catégories, la sanction préconisée est le «diyeu» (prix du sang) – faisant office de compensation financière au profit des parents de la victime – et le «kafâra» (un jeûne de deux mois d’affilé), auquel doit s’astreindre le tueur, pour la résorption de son grave péché.

Par contre, pour la première catégorie, l’homicide volontaire, Allah est formel : «Appliquez au tueur la Loi du Talion» (Sôratoul Bakhara). L’exécution de cette sentence capitale est toutefois soumise à quatre conditions – à l’attention surtout de ceux qui affirment sans sourciller qu’en Islam l’application de la sanction suprême est «automatique et aveugle» : 1) Que la famille de la victime rejette le «diyeu» (prix du sang) qui lui est proposé – les juristes musulmans se fondent sur un hadith du Prophète, disant que : «Celui dont un proche a été tué a le choix entre: demander l’application de la Loi du Talion, pardonner, ou exiger un dédommagement financier» ;

2) Que les preuves de la culpabilité soient irréfutables – en islam la peine du Talion est caduque dès lors que subsiste le moindre doute ;

3) Que l’intention de tuer soit formellement établie – l’homicide involontaire ou les coups et blessures ayant entrainé la mort sans intention de la donner n’étant pas sujets à la peine capitale en Islam ;

4) Qu’il y ait absence de circonstances atténuantes – le droit musulman invalide de fait l’application de la peine capitale, en présence de circonstances atténuantes, et ce, même si les trois précédentes conditions sont remplies.

Autrement dit, le Tout-Puissant, tout en sacralisant la vie humaine, reste Intraitable contre ceux qui n’ont aucun respect pour la vie humaine ! Le Créateur s’en est du reste amplement explicité dans la sourate de La Vache, verset 179, en disant : «C’est dans la Loi du Talion que vous aurez la préservation de la vie, ô vous doués d’intelligence, ainsi atteindrez-vous la piété».

Et Allah d’avertir que même si les proches de la victime acceptent la «diyeu» (prix du sang) ou consentent tout bonnement à pardonner, cela n’absoudra pas pour autant le tueur, dont le Seigneur affirme que Son courroux le poursuivra à jamais, pour avoir délibérément ôté une vie innocente, et que l’enfer sera sa demeure éternelle! Sauf…, ajoute-t-Il, s’il est appliqué au tueur la Loi du Talion, seule à même de lui résorber, ici-bas, ce péché mortel, et de lui épargner ainsi la Géhenne, dans l’Au-delà.

A l’époque préislamique, du vivant du Prophète (psl), il était fréquent que lorsqu’un individu était assassiné, que les membres de sa tribu s’en prennent sans discernement aux proches parents de l’assassin. Il en résultait une vendetta effroyable, qui se soldait souvent par des dizaines de morts, alors qu’il n’y avait qu’un seul fautif. La loi du talion est dont venue corriger cet état de fait en limitant la sanction au seul auteur crime.

Le «Fiqh» (droit islamique), prôné par les «Oulamaou-tafsir» (exégètes), toutes jurisprudences islamiques confondues (Anafit, Chafit, Anbalit et Malikit), est formel : la Loi du Talion constitue un préventif contre les représailles disproportionnées et prévient l’escalade de la violence dans la société. En ce qu’elle dissuade surtout les familles éplorées de la tentation de vouloir se faire justice elles-mêmes.

Au demeurant, la notion de «légitime défense», prônée par le droit positif moderne, procède du même esprit, en exigeant que toute riposte ne soit pas disproportionnée par rapport au préjudice subi. A ce titre, la Loi du Talion se révèle un facteur d’équilibre social.

Des droits-de-l’hommistes ont prétendu dénoncer une «instrumentalisation de la Charia», en voulant faire dire au Coran ceci : «Quiconque tue un seul être humain c’est comme s’il a tué toute l’humanité». Ce verset existe, effectivement. C’est la Sourate 5, Al-Maidah, La Table servie, v32. Mais pas comme il a été présenté. On y a tronqué un passage important.

Allah dit exactement ceci : «Quiconque tue un seul être humain, NON CONVAINCU DE MEURTRE [la précision est de taille !], ou de sédition sur la Terre, est considéré comme le meurtrier de l’humanité tout entière». Ce qui est clair comme de l’eau de roche ! Dieu s’oppose certes à l’anéantissement de tout individu, mais il s’est empressé d’ajouter «non convaincu de meurtre».

C’est cette condition que les droits-de-l’hommistes ont occultée dans la restitution, à leur corps défendant, du verset coranique. Le Seigneur est encore plus explicite, dans un autre passage du même Livre Saint, en disant ceci : « Ne tuez pas la vie qu’Allah a rendue sacrée, si ce n’est de plein droit » ». Sourate 17, Al Isra (Le Voyage nocturne), verset 33.

Remettant sa lettre de mission au Prophète Mouhamed (psl), en lui disant : «Je ne t’ai envoyé auprès des créatures qu’en témoignage de Ma Miséricorde à leur égard», Dieu peut-il être taxé de moins compatissant que les «droits-de-l’hommistes» ? Auxquels on est d’ailleurs tenté de demander si la vie des tueurs a plus de valeur que celle de leurs victimes ?

La hausse galopante de la criminalité, à laquelle nous assistons tous, quasi-impuissants, au point que les criminels ne se contentent plus d’agresser et de tuer en plein jour, mais n’hésitent même plus à occire leurs victimes à domicile, ne pousse-t-elle pas, après le lâche assassinat de cette dame charitable et pieuse (amie de longue date de Jamra), à se demander légitimement : «Après Fatoumata Matar Ndiaye, à qui le tour» ?

Aussi, JAMRA et MBAÑ GACCE voudraient-elle respectueusement suggérer au chef de l’Etat, qu’en sus de la nécessité vitale de consacrer à la problématique de la sécurité un Conseil présidentiel spécial, d’organiser une consultation populaire (référendum) sur l’opportunité d’abroger la Loi 2004-38, du 28 décembre 2004, portant abolition de la peine de mort au Sénégal.

A la lumière de la forte indignation des populations, largement perceptible à travers les «talk-shows» des médias, il y a fort à craindre qu’elles se hâteront de saisir cette opportunité pour exprimer, démocratiquement, leur impatience à faire changer la peur de camp ! Option de loin préférable à la sanglante vendetta, que nous avons été nombreux à déplorer, il y a deux mois, et dont a été le théâtre la commune de Keur Baye Fall, où des malfrats faisaient impunément la pluie et le beau temps.

Pour les Bureaux exécutifs

de JAMRA & Mbañ Gacce

Couverture médiatique du référendum : La Rts et Walf épinglés par le Cnra

Couverture médiatique du référendum : La Rts et Walf épinglés par le Cnra

Le Conseil national de régulation de l’audiovisuel (Cnra) a publié hier, mercredi 8 juin, son rapport sur la couverture médiatique du référendum du 20 mars dernier.

La structure dirigée par Babacar Touré a brandi un carton rouge en direction de la RTS, qui a favorisé le « Oui » en lui accordant, selon le Cnra, une heure de plus de temps d’antenne au détriment du camp du « Non ».

Walf Tv a essuyé le même reproche du Cnra, mais pour avoir favorisé le « Non » par rapport au « Oui ». Des médias comme la Rfm, Sud Fm et Rewmi Fm ont étaient félicités par les services de Babacar Touré pour leur impartialité.

[Vidéo] Royaume-Uni : début de la campagne avant le référendum sur le « Brexit »

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Au Royaume-Uni, la campagne officielle pour rester ou non au sein de l’Union européenne est lancée. Les sondages annoncent déjà un résultat très serré pour le vote du 23 juin. Et puis, au Brésil, l’étau se resserre autour de Dilma Rousseff. C’est ce dimanche que les députés vont statuer sur sa destitution. La présidente est accusée d’avoir maquillé les comptes publics.

Référendum – Aida Mbodji crie toujours à la fraude…

La présidente du Conseil Départemental de Bambey est d’avis qu’il y a eu fraude lors du référendum du 20 mars dernier. Aida Mbodj l’a dit dans un entretien à l’Observateur, ce samedi. « Le Oui a gagné comment ? s’interroge la responsable politique libérale, qui répond à sa propre question : “Dans les bureaux fictifs qu’on a pu déceler à partir de la variation du nombre de bureaux annoncés par le ministre de l’Intérieur, la commission nationale de recensement des votes, mais surtout le Conseil constitutionnel. Cette différence relève d’au moins 700 bureaux fictifs. Et si on devait faire un calcul rapide de 500 voix de différence par bureau, cela allait faire 350 000 voix, alors qu’ils n’ont dépassé le camp du Non que de 500 000 voix< Donc, s’il n’y avait pas ces bureaux fictifs, le Non allait l’emporter. Et ma conviction est qu’aujourd’hui c’est le non qui a gagné”, déclare l’élue départementale. Aida Mbodj dit aussi ne pas croire qu’on puisse brandir avec fierté une constitution approuvée par 38 % des populations.

Les enseignements d’un référendum, Par Mame Abdoulaye Tounkara


ENSEIGNEMENTS D’UN RÉFÉRENDUM (Par Mame Abdoulaye TOUNKARA)

Hélas ! Le référendum a vécu ! La clameur populaire issue de la déclaration présidentielle de la date du 15 février 2016, annonçant la tenue d’un référendum afférent au projet de réforme constitutionnelle, portant sur les quinze points proposés par le chef de l’Etat, suscite, d’interminables débats, en amont et en aval de ladite consultation organisée, à la date du dimanche 20 mars 2016. Ce fut inédit, en ce sens que ce vote atypique, contraste nettement avec les précédents référendums, en attestent les types de campagnes électorales menées par les deux camps opposés, celui du pouvoir représenté par la coalition Bennoo Bokk Yakaar, face à son antagoniste, composé des partis de l’opposition renforcés par des mouvements de la société civile et des segments de formations politiques de l’attelage gouvernemental, pour ne citer que le cas patent du parti socialiste, illustré par le « Non »  du maire de la ville de Dakar et de ses acolytes.

On a assisté à une campagne de sept jours, où des rivalités épiques, pour la plupart, partant de l’opposition dont le principal cheval de bataille : le soit – disant « Wax waxeet » du président de la République sur la réduction de son mandat qui constituait un des points essentiels du programme du « Yoonu yokuté » ; une désinformation de l’opinion publique eu égard à l’éviction de la laïcité, installant une peur bleue,  chez nombre de nos concitoyens par rapport aux  éléments proposés dans le projet en question ; et last but not least, une intoxication ayant trait à une prétendue légalisation de l’ homosexualité dans notre pays, précisément,  faisant partie des droits nouveaux sur lesquels, il faut se prononcer plus amplement.

Quelque courte qu’elle soit, la campagne électorale fût âprement disputée par les deux fronts. Son issue a été couronnée, selon le Conseil Constitutionnel par la victoire du « Oui », sur le score officiel de 62, 64 %, contre 37,36 % pour le « Non » et avec un taux de participation de 38,59 %. En effet, on doit légitimement se poser la question de savoir : pourquoi ce taux de participation a été le plus faible de l’histoire référendaire de notre pays, de l’indépendance à nos jours – 94,3 % en 1963 ; 95,2 % en 1970 et 65, 74 % en 2001. Autrement dit, sur 5 709 582 inscrits, 2 183 247 électeurs ont voté avec un nombre de 19 815 bulletins nuls. En résumé, le « Oui » a obtenu 1 367 592 voix et le « Non », 815 655 voix.

A mon humble avis, nonobstant, la campagne d’intoxication axée sur le supposé revirement  du président Macky SALL quant à la réduction de son mandat en cours, de sept à cinq ans, les questions de l’homosexualité et de la laïcité citées plus haut, avaient, réussi à, négativement, influencer le choix de bien  des sénégalais. Cela était perceptible, peur peu que l’on s’aventurait à un sondage, quelque empirique qu’il soit,  ou à susciter le débat sur les quinze points, avec les populations rencontrées. A vrai dire, du début de la campagne électorale officieuse, c’est à dire depuis la date du 15 février 2016, l’opposition avait réussi son objectif de désinformation par rapport à l’opinion publique jusqu’au milieu de la campagne électorale officielle, vers la date du  16 mars. Pratiquer le terrain permettait de s’en rendre compte.

Il faut reconnaître que la tendance a été, quelque part, inversée par une très vigoureuse contre – attaque communicationnelle tous azimuts des partisans du « Oui », qui n’ont pas fait dans la demi mesure, qui par des explications sur la pertinence des quinze points, avec à la clé tous les supports y afférents,  suivis de commentaires détaillés , qui par un matraquage médiatique audio – visuel animé par les cadres politiques de la coalition au pouvoir, ce qui a été d’un grand apport dans cette victoire, qui par une campagne de proximité auprès des populations ; c’est ainsi que le vent du « Oui » se fit place dans le cosmos sénégalais.

C’est le lieu de dire que pas mal de sénégalais ignoraient royalement le contenu du document tant il était fréquemment advenu qu’on soit apostrophé sur le sujet, par le citoyen lambda, au gré des circonstances, qui n’entrevoyait que du flou là – dessus, ou d’être interpellé par toute une maisonnée souhaitant l’éclairage de sa lanterne, afin de pouvoir prendre position et se décider.

Une autre frange de la coalition Bby, je veux parler, des responsables élus  dans les institutions de la République, ou nommés aux postes de ministres, directeurs généraux nationaux et j’en passe, n’a pas lésiné sur les  moyens pour gagner dans leurs localités. C’est de bonne guerre !  C’était aussi,  pour certains, surtout les néophytes,  l’occasion de peser leur poids politique, au – delà de celui des alliés, qui a, tout de même, il faut l’avouer, été déterminant sur les résultats.

Que dire de la défaite enregistrée par le maire de la ville de Dakar,  Khalifa Ababacar SALL, porte – étendard de la coalition « Taxawu Dakar », aux élections locales de 2014, qui, naguère, semblait avoir la haute main sur la capitale. Sous ce rapport, vue sa défaite, peut on en déduire que la percée de cette coalition était un phénomène politique assimilable à une prétendue « victimisation » de son précurseur, eu égard à l’entrée en vigueur de l’acte 3 de la décentralisation, qui avait tant défrayé la chronique, alors que pour une bonne frange de l’opinion, l’Etat, en renforçant les communes, par un transfert de prérogatives retirées de la mairie de la ville, telle que la taxe sur la publicité, par exemple, avait voulu combattre ce dernier, voire réduire sa force de frappe politique ? Ce qui avait indubitablement suscité la sympathie des dakarois à l’endroit de leur édile; suffisant pour lui confier les destinées de la capitale.

Son opposition à son leader et à l’instance de décision de son parti et le retour de ses ex partenaires de ladite coalition vers leurs formations politiques, je parle des maires de communes comme :  Santi Sène AGNE des SICAP Liberté, Babacar Sedikh SECK des HLM, Ousmane DIOP de Fass – Gueule Tapée – Colobane, Doudou Issa NIASSE de Biscuiterie, Jean Baptiste DIOUF de Grand – Dakar, Alioune NDOYE du Plateau, qui ont respecté les mots d’ordre de leurs hiérarchies politiques, présagent qu’il s’agissait d’une parenthèse de l’histoire politique de la ville, voire de notre pays, si riche en alchimies qui naissent ou disparaissent, dans le cheminement sinueux de la politique; ce qui a eu raison de lui.

Quant aux autres leaders de l’opposition, vainqueurs chez eux, ils ont démontré, une fois de plus que leur localité leur est restée fidèle, c’est le cas de responsables comme Oumar SARR à Dagana, Aida MBODJ à Bambey, Mamadou DIAGNE Fada à Darou Mousty, Idrissa SECK à Thiès, qui, pour autant, a vu son électorat se réduire, devant la conquête des partisans du « Oui ». Bien qu’il ait gagné la commune de Thiès, l’avenir nous édifiera sur sa santé politique.

La lecture faite sur les perdants comme le maire de Ziguinchor, Abdoulaye BALDE, le maire de Pikine, Abdoulaye TIMBO, la présidente du Conseil Economique, Social et Environnemental, Aminata TALL, le nouvel opposant Malick GAKOU du « grand parti » dans son fief de Guédiawaye, et  tant d’autres, induit à penser qu’il reste beaucoup de champs politiques  à défricher. Idem pour les potentiels candidats à la future élection présidentielle de 2019. Cependant, le leader de « rewmi » et non moins président du Conseil départemental de Thiès, a perdu le département; une nouvelle donne !

Oui ! Le « Oui » a triomphé dans ce combat ! Que dis – je ? Oui dans cette rude bataille. Et c’est l’occasion de s’en féliciter parce qu’au-delà de la désinformation, la calomnie et l’intoxication de tout acabit émises par l’opposition au sujet du projet, le peuple a  dit oui au président Macky SALL, le confortant dans la voie qu’il s’est tracée, celle de la consolidation de l’Etat de droit, en route vers un Sénégal émergent. On en déduit qu’il a, quand même, compris le contenu de  la réponse du Conseil constitutionnel adressée au président de la République, qui n’a pas voulu aller à contre – courant de cette institution; son statut de gardien de la constitution oblige.

Dans cette dynamique, l’optimisme béat, cependant, est à écarter du chemin qui mène aux élections législatives imminentes ou aux élections présidentielles de 2019, car les sénégalaises et les sénégalais se sont, encore une fois, illustrés, démontrant, à la face du monde, qu’ils appartiennent à une grande nation et qu’ils savent distinguer la bonne graine. En d’autres termes, qu’ils ne sont pas des moutons de panurge et savent se sublimer, à l’occasion, tout en exigeant de la classe politique plus de respect.

Dès lors, des  enseignements tirés de cette consultation aux allures d’élections présidentielles à un seul tour, et au vu du déroulement de la campagne référendaire, il en découle qu’un triomphe du « Non » supposerait un désaveu du président Macky SALL par le peuple, ce qui, selon l’opposition, devrait engendrer sa démission  – comme ce fut le cas du général De Gaulle, en France .

En définitive, un diagnostic sans complaisance des impairs relatifs aux résultats du référendum permet de citer, entre autres:

  • la problématique de la ville de Touba, où le « Oui » a subi une cinglante raclée malgré les grands projets du chef de l’Etat à y mettre en œuvre, pour s’en référer qu’à la construction de l’autoroute  « Ila Touba » qui engloutit quatre cent seize milliards de nos francs ;

  • le comportement tant décrié du responsable de l’APR dans cette contrée, à fortiori s’agissant du président du Parlement de la CDEAO, ce qui est estourbissant ;

  • le manque de dialogue avec les cercles d’intellectuels de cette localité qui ont planché en faveur du «Non» du fait d’éventuelles zones d’ombres afférentes au texte, selon eux;

  • le temps si réduit dévolu à cette campagne  qui n’a pas permis de toucher le maximum de nos concitoyens;

  • L’absence de concertation en amont, fustigé par certains sénégalais;

  • l’arrogance et le manque de sérieux de moult responsables politiques, qui ont fini d’installer le dépit et le mépris chez le peuple, qui, sous un certain angle, répugne à accomplir son devoir civique, confondant la classe politique toute entière à un clan de bonimenteurs ;

  • L’incompréhension des points du projet de réforme par beaucoup de sénégalais aussi, qui par honnêteté avec eux mêmes, ont préféré s’abstenir de se prononcer, en vue de rester quitte avec leur conscience ;

  • L’inélégance et la discourtoisie qui habitent  certains  militants et responsables de l’APR qui, malheureusement, oublient que le candidat Macky SALL avait obtenu 26 % du suffrage des sénégalais, au premier tour de l’alternance politique de l’an 2012, et par ricochet, qu’il a accédé au pouvoir grâce à un large soutien des composantes de la coalition Bby et d’autres ex candidats à la présidentielle de l’époque, et cela, il faut le dire tout haut! D’où la nécessité de l’impérieuse et urgente nécessité de formation des citoyens et des militants de nos partis politiques, objet du point 5 du projet de réforme constitutionnelle ; et surtout ceux de l’APR.

« On ne récite jamais ce que l’on n’a pas appris. », dit un proverbe bien de chez nous. L’expérience étant la somme des erreurs commises et des réussites, articulée à l’humilité propre aux bons esprits, devraient conduire toute la classe politique à une introspection, compte tenus des éléments de réflexion cités supra. La coalition Bby, au pouvoir, après ce triomphe, au sortir de ce combat, oui, de cette bataille à laquelle ses adversaires de l’opposition ont attribué des connotations fallacieuses et diaboliques, doit, rigoureusement, s’auto – évaluer, en perspective de lendemains politiques meilleurs. Assainissons le débat politique par respect au peuple ! Je finirai par paraphraser J. KENEDY en disant qu’on peut tromper tout le peuple une partie du temps, mais on ne peut pas tromper tout le peuple, tout le temps.

                              

Mame Abdoulaye TOUNKARA

Ex premier adjoint au maire de Dieuppeul – Derklé

Oumar Sarr : « Le statut du chef de l’opposition, c’est un des grands mensonges du référendum !»


Le Secrétaire général national adjoint et Coordonnateur du Pds, Oumar Sarr, s’est exprimé ce dimanche sur Walf au cours de l’émission Opinion animée par Ndèye Fatou Ndiaye. Interrogé sur la question du statut du chef de l’opposition contenue dans le texte de la réforme de la Constitution soumis à référendum ce 20 mars, Oumar Sarr a répondu, péremptoire : «C’est l’un des grands mensonges de ce référendum.
Le président Wade avait déjà introduit cette disposition dans la Constitution votée par référendum lorsqu’il venait d’arriver au pouvoir. A l’époque il s’était posé la question de savoir qui, de Moustapha Niasse ou d’Ousmane Tanor Dieng devait endosser le statut de chef de l’opposition. L’un était arrivé second à l’issue de l’élection présidentielle de 2000 tandis que l’autre disposait de plus de députés à l’Assemblée nationale.
Puisqu’il n’y a pas eu accord entre les deux, le président Wade avait préféré geler la décision de nomination ou de désignation d’un chef de l’opposition mais les dispositions concernant le statut du chef de l’opposition existaient déjà dans l’ancien texte de la Constitution, celui qui avait été soumis à référendum par le Président Wade».

De 99% à 38%: Senghor et Macky, l’Alpha et l’Omega des référendums au Sénégal

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Election référendaire au Sénégal

Une pente vertigineuse. De Senghor à Macky Sall, l’adhésion des Sénégalais aux référendums est allée decrescendo. Ces consultations du peuple, qui ont battu des records de popularité sous Senghor, à deux reprises, et sous Wade, ont laissé la place à un désintérêt manifeste des Sénégalais pour les réformes institutionnelles en 2016. Retour sur les dates clés et enjeux des référendums au Sénégal tenus en 1963, 1970, 2001 et 2016 respectivement.

99% d’adhésion en 1963 puis en 1970

1963. La République du Sénégal organisait son premier référendum, sous Léopold Sédar Senghor, premier président du Sénégal indépendant. En effet, cette consultation électorale qui consacra la suppression du poste de 1er ministre et l’établissement d’un régime présidentiel, reste de loin la consultation la plus populaire de l’histoire politique du Sénégal. Le texte soumis au vote, par Senghor, avait été approuvé à 99% par les électeurs. Une large victoire du «Oui», laquelle sera réitérée au prochain référendum de 1970 qui devait restaurer le poste de Premier ministre.

Tenu le 22 février 1970, le deuxième référendum se solda par une nouvelle victoire du «Oui» à 99%. Mais à l’époque, le Sénégal, aussi démocratique qu’il fut, ne disposait pas de partis d’opposition, ni d’instances de contrôle indépendantes pour garantir la régularité et l’indépendance du scrutin, à une époque où la liberté d’expression, d’association, n’était pas aussi démocratique qu’elle l’a été depuis la fin des années 90.

La constitution d’Abdoulaye Wade adoptée à 94%

Les Sénégalais, pour consolider leur démocratie et se mettre à l’heure du quinquennat, en vogue dans les démocraties modernes, se rendront de nouveau aux urnes pour adopter une nouvelle constitution qui revoit et corrige la constitution de 1963. L’établissement du quinquennat, la réduction du nombre de députés de 140 à 120, la suppression du Sénat, seront les points phares de ce référendum organisé par le père de la première alternance démocratique au Sénégal, Abdoulaye Wade. L’adhésion à ce référendum se veut populaire comme les deux précédents : 94% de Oui, un plébiscite pour le tombeur du régime socialiste d’Abdou Diouf.

Retour en septennat, acquis remis en cause

Un pas en avant, deux pas en arrière : c’est ainsi que l’on pourrait qualifier les réformes constitutionnelles sous Wade. Car tous ces acquis démocratiques dont il revendique la paternité, seront fortement remis en cause à l’aube de son second mandat entamé en 2007. Le Sénat sera rétabli en 2007 de même que le Conseil économique et social, d’une part. Et d’autre part, Abdoulaye Wade alimente une polémique autour d’un troisième mandat qu’il s’était interdit auparavant, du fait de la rétroactivité (ou non) de la loi constitutionnelle votée en 2001.

Défait en avril 2012, son ancien Premier ministre et successeur tombera dans le même travers, notamment sur le respect de la parole donnée. Élu pour un mandat de 7 ans, il promit, dans l’entre-deux-tours de la présidentielle de 2012, de n’exercer qu’un mandat de 5 ans, si porté à la magistrature suprême. Une promesse qu’il ne respectera pas et qui lui vaut les critiques les plus acerbes de la classe politique. Macky Sall propose un mandat de 5 ans dans ses réformes, mais ne touche pas à son premier mandat qui se termine en 2019.

2016, la constitution la plus impopulaire de l’histoire du Sénégal

Théoricien de l’impossibilité de la réduction de son mandat en cours, l’actuel chef de l »Etat recueille et décide de se conformer à l’avis du Conseil constitutionnel favorable au respect de la constitution, avant de convoquer les Sénégalais aux urnes, pour réviser la constitution. Laquelle révision ne concerne pas son mandat en cours, la goutte d’eau de trop pour des Sénégalais si enthousiastes à restaurer le quinquennat. C’est sans doute le retrait de la question du mandat, du projet de constitution, qui laissa sur leur faim des millions d’électeurs qui ne se rendront pas aux urnes, le 20 mars 2016. L’absence de concertation autour des points de la réforme, le délai très court d’un mois à compter de l’annonce de la tenue du référendum et les accusations de légalisation sur l’homosexualité à travers le nouveau texte, entretenues par l’opposition regroupée autour du Front du «non», entre autres points, ont sans doute freiné l’ardeur des Sénégalais qui ont déserté les urnes le 20 mars. En atteste la petite victoire du Oui défendu par le président Macky Sall qui totalise 60% des suffrages avec un taux de participation de 38%, là où Wade et Senghor ont recueilli 99%, 99% et 94%, respectivement en 1963, 1970 et 2001.

Le Pds va saisir l’Assemblée pour une enquête sur le financement du référendum

Le comité directeur du Parti Démocratique Sénégalais (Pds) s’est réuni hier, mercredi 23 mars, sous la présidence du Secrétaire général adjoint et coordonnateur du parti, Oumar Sarr. Faisant le bilan du scrutin référendaire, l’édile de Dagana et ses collègues ont annoncé qu’ils vont saisir l’assemblée nationale pour enquêter sur son financement. Ils se sont aussi attaqués au Président de la République, Macky Sall, et à son ministre de l’intérieur et de la sécurité publique, Abdoulaye Daouda Diallo, à qui ils ont reproché un achat de conscience et une manipulation des résultats du vote.

La somme qui a servi à financer le référendum du dimanche 20 mars dernier doit être élucidée. C’est l’avis des responsables du Parti démocratique sénégalais (Pds). Du moins, c’est ce qu’ont affirmé Me El Hadji Amadou Sall et ses collègues hier, mercredi 23 mars, au sortir de la réunion du comité directeur de leur parti. Il est ainsi demandé au groupe parlementaire dirigé par le député Aïda Mbodj de poser une question orale au gouvernement sur le financement du scrutin référendaire. Une question qui risque d’être sans suite car le groupe en question n’est pas pour le moment reconnu par l’hémicycle.  Les responsables du Pds demandent à l’office national de lutte contre la fraude et la corruption (Ofnac) de s’autosaisir sur «ce qui apparaît comme de la corruption avec l’achat des consciences et toutes les autres formes de corruption exercées par des personnes exerçant des responsabilités publiques  pour obtenir un vote favorable».
S’attaquant à Abdoulaye Daouda Diallo, Oumar Sarr et ses collègues soutiennent que «le ministre de l’intérieur qui proclame illégalement les résultats en lieu et place de la commission nationale de recensement des votes et qui a décidé de «kidnapper» le fichier électoral au profit de son parti, en prenant soin, entre autres, d’en extraire des milliers de citoyens privés ainsi de leurs droits, est totalement discrédité pour organiser quelque scrutin que ce soit». Les libéraux souhaitent de ce fait, qu’il soit relevé de ses fonctions. «Le Parti démocratique sénégalais (Pds), qui a décidé de publier un livre blanc sur les manquements, irrégularités et fraudes, récuse le ministre de l’intérieur et exige que désormais l’organisation des élections soit confiée à une personnalité consensuelle dont la neutralité est avérée», déclare Oumar Sarr.
Selon le Pds, le camp du Oui donné pour vainqueur  au référendum ne l’est pas véritablement. «Il ne fait en effet aucun doute que le Chef de l’État, qui s’est personnellement investi en parcourant le pays pour un vote massif en faveur du Oui, a échoué dans les deux défis qu’il s’était lui même promis de relever : la participation et l’adhésion.  Pour les responsables du Pds, la majorité des citoyens constituant près de 60 % de ceux qui sont inscrits sur les listes électorales, non convaincus de la pertinence de la réforme proposée, ont préféré rester chez eux. Le projet de loi référendaire, qui est légalement adopté, est dans les faits rejeté par la majorité des sénégalais», ont signalé les amis de l’édile de Dagana.

 Par ailleurs, le comité directeur du Pds dit féliciter l’ensemble des militants et responsables du parti et l’ensemble des citoyens qui se sont mobilisés pour un vote défavorable au président Macky Sall. Analysant les résultats du scrutin, le comité directeur a la ferme conviction que ceux là qui ont voté Non au référendum sont les vainqueurs.

Sud Quotidien

L’opposition rejette en choeur les résultats du référendum

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Le front du Non “Gor ca Wax Ja” a décidé de rejeter les résultats du référendum. Ses membres en ont pris la décision ce jeudi, lors d’un conclave qui a réuni tous les leaders dudit front, informe seneweb.

«La coalition Gor Ca Wax Ja rejette les résultats du référendum. Nous rejetons ces résultats», a déclaré Mamadou Diop Decroix, face à la presse. Entouré d’Idrissa Seck, Oumar Sarr ou encore Abdoulaye Baldé, l’ancien ministre du Commerce sous Wade a dénoncé le gonflage du vote du Oui par des pratiques qu’ils jugent répréhensibles.

«Il est clair que le rejet qui a été opéré par les électeurs sénégalais aurait été encore plus massif si le vote “Oui” n’avait pas été artificiellement gonflé par les pratiques répréhensibles du Président de la République et de son clan», dénonce-t-il.

Me Mame Adama Guèye : « Nous avons assisté à une parodie d’exercice démocratique…»


 « Ce scrutin évalué dans sa globalité est une mascarade », tels sont les mots crus utilisés par Mame Adama Guèye pour évaluer le référendum de dimanche dernier. « Un scrutin a une vocation de permettre un jeu franc et ouvert sur la base de l’équité et de la légalité entre les candidats, tout ce qui a été fait, a contribué à violer gravement tous les principes qui doivent normalement gouverner une élection transparente. Ce scrutin n’a pas reçu 80% de l’agrément des électeurs inscrits », dira-t-il lors de la conférence de presse du Front Ñaani Bañna.
A propos de la campagne électorale, le Front a regretté l’absence volontaire de réglementation pour les médias et « pour une couverture équitable de la campagne électorale des deux camps, a permis que la presse soit infestée d’espaces publicitaires du camp du Oui créant ainsi un déséquilibre flagrant  dans le traitement  de l’information » déplore t-il.
Pour le vote, il y a eu systématiquement la diffusion de propagande électorale la veille et les jours de scrutin révèle-t-il. La seule réaction des autorités pour y remédier « est de vouloir fermer une télévision, alors que la RTS a battu tous les records de propagande en faveur du Oui en toute illégalité sans se faire inquiéter. »
S’agissant des bulletins de vote choisis « scandaleusement » par le ministère de l’intérieur l’électeur avait un bulletin avec une couleur difficile à spécifier en langue nationale et un Non quasi invisible et illisible. « Nous avions eu donc beaucoup de difficulté pour aider les électeurs à bien identifier les bulletins du Non malgré les spécimens tantôt avec des écritures blanches  et tantôt avec des écritures rouges » lit-on sur leur document remis à la presse…

Référendum du 20 mars : Idrissa Seck tire le bilan

Idrissa Seck
En conférence de presse à Thiès, le leader du parti Rewmi Idrissa Seck a fait un bilan du référendum qui en plus d’être impopulaire, consacre une baisse de l’électorat de Macky Sall dira-t-il. « La très vieille démocratie sénégalaise, qui est le bien le plus précieux de ce pays, ne sort pas grandie de cette élection, à cause de la manière dont le Régime de Macky a mené et géré ce référendum.
Malgré toutes ces manipulations et irrégularités, le Président et son clan ont connu l’échec le plus retentissant de toute l’histoire référendaire du Sénégal depuis l’indépendance. Cherchant laborieusement une majorité simple, il reconnaît avoir divisé son pays en deux camps, rompant la belle série d’unité que les référendums ont toujours connu de Senghor à Wade », fera t-il savoir.
Avec Macky Sall, au regard des chiffres annoncés par les tendances les plus optimistes, « 2 électeurs sur 3 ne se sont pas déplacés et le Oui se glorifie d’avoir seulement un votant sur 2 », ajoute-t-il.  D’ailleurs, selon le Président du Conseil départemental de Thiès, en mars 2012, 1.909.244 électeurs ont voté pour Macky Sall au deuxième tour de l’élection présidentielle. « En mars 2016, 710 000 d’entre eux lui ont tourné le dos. Seulement 1.200.000 semblent lui avoir dit Oui ».
Ce qui fera dire à Idy qu’en  seulement 4 ans d’exercice du pouvoir, son électorat s’érode de moitié.  « C’est sur cela qu’il doit méditer. Les raisons de cette érosion sont connues de tous. A son incompétence et son déshonneur, il veut maintenant ajouter les habits d’un tyran allergique à toute contestation ou opposition sérieuse ».
Et d’Idy d’attaquer le  Président de la République qu’il accuse d’avoir conçu un plan pour tenter d’effacer ses opposants les plus sérieux du jeu politique sénégalais.  « Mais cette œuvre est rendue vaine et vouée à l’échec par la détermination de ces leaders à agir au service de leur peuple, par devoir et engagement patriotique ».
La loi constitutionnelle votée dans de telles conditions, avec une aussi faible participation des citoyens, finira-t-il par dire, et à une majorité aussi étriquée, « est peut-être légale, mais elle n’est point légitime, car la Constitution, qui est le contrat de base de la société, doit toujours recueillir le consensus absolu ou à tout le moins, le plus large possible… »

Serigne Saliou Guèye : « Ce référendum ressemble à une élection présidentielle »

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À quelques heures du dépouillement du scrutin qui a débuté ce 20 mars à 8 heures, Serigne Saliou Guèye, journaliste au quotidien Le Témoin, analyste politique, décrypte pour Seneweb les conséquences politiques de ce référendum.

Que peut-on retenir essentiellement de ce référendum ?

On peut dire que jamais dans l’histoire politique du Sénégal post-indépendance, une consultation référendaire n’aura suscité autant d’engouement et de passion, mais aussi de haine. Pas parce que le projet de réformes constitutionnelles est d’une importance majeure ou mineure, mais parce que l’esprit de cette consultation est biaisé, dévoyée et dépouillée de sa quintessence. Vu les discours distillés par-ci, par-là par le courant du « oui » et celui du « non », on a l’impression que l’on convoque le peuple pas pour lui demander d’exprimer sa position sur une question à choix binaire (oui ou non), mais pour lui demander d’exprimer un vote de confiance ou un vote de défiance pour ou contre le président de la République, Macky Sall. Ainsi le référendum, tout en gardant son objet principal, est détourné de son objectif soit pour renforcer soit pour affaiblir la légitimité du président de la République et de sa majorité.

Si certains politiciens ont transbahuté des sacs de riz estampillé « oui » de maison en maison et distribué à tour de bras des liasses d’argent comme l’a reconnu le député Moustapha Cissé Lo, si le président de la République tout comme les partisans du « non » ont pérégriné de capitale religieuse en capitale religieuse pour solliciter des consignes de vote trivialement appelé « ndigël », si le chef de l’État a procédé opportunément à des inaugurations de centrale électrique et de route bitumée et fait étalage de son bilan économique, si le président de l’Assemblée nationale, Moustapha Niasse, a procédé à des dons d’ambulance, c’est parce que ce référendum a quitté le champ de la consultation populaire pour se muer en une élection aux couleurs présidentielle ou locale. Quand on regarde les affiches publicitaires du courant du « oui », on constate que l’image présidentielle toute souriante est mise au premier plan. Aucune information sur les réformes, substance du référendum. Ce qui veut donc dire en communication visuelle qu’on cherche à attirer l’attention des gens plus sur la personne de l’auteur et « proposeur » des réformes que sur les réformes elles-mêmes. Quand certains responsables politiques du pouvoir apposent leur image à côté de celle du président sur certaines affiches disséminées dans leur localité, c’est parce qu’ils donnent à cette consultation populaire la dimension d’une élection locale où chacun cherche à se valoriser. Quand les « nonistes » parlent d’une démission impérative du président de la République en cas de rejet des réformes, c’est parce qu’ils considèrent ce référendum comme une élection où se joue la légitimité populaire du président de la République.

La campagne référendaire, qui a duré officiellement une semaine, a débridé les tensions et attisé les haines entre les deux blocs antagonistes au point de déboucher sur une violence quasi mortifère. Des propos grossiers, des algarades injurieuses et des insanités distillées à travers les médias, des coups de pistolets tirés, des armes blanches et des gourdins bien sculptés brandis, des voitures caillassées, tout y passe. Un tel scénario laisse penser que nous vivons la passion d’une élection présidentielle.

On aurait dû éviter cette fracture entre Sénégalais si l’initiateur des réformes avait fait au préalable preuve de plus d’ouverture à l’endroit de ceux qui s’opposent à son projet réformiste. Mais nous espérons qu’au-delà de ces impairs qui ont terni l’esprit et l’importance de ce rendez-vous populaire, la passion et l’intérêt qui ont accompagné la campagne référendaire permettront aux votants d’effectuer un vrai choix rationnel entre le « oui » et le « non ».

Quelles seront les conséquences politiques d’une victoire du Oui ?

Au soir de ce 20 mars, forcément le « oui » ou le « non » sortira vainqueur. Si le « oui » gagne avec une marge étriquée ou même en deçà du score des 65 % de Macky Sall à la dernière présidentielle, certes les réformes passeront parce qu’il y a l’onction démocratique, mais, au plan politique, la légitimité du chef de l’État risque d’en souffrir. Il aura compris, après quatre années d’exercice du pouvoir, que nonobstant son programme économique basé sur le PSE, certains Sénégalais qui avaient voté pour lui en 2012 lui ont tourné le dos, faute de voir leurs besoins être pris en charge par sa politique. Alors il n’est pas à exclure que le président procède à un remaniement ministériel et il y aura inévitablement des dommages collatéraux puisque tout responsable politique qui aura perdu sa localité sera durement sanctionné comme cela a été le cas lors des locales. Et un tel scénario risque de peser lourd sur les législatives de 2017 voire la présidentielle de 2019. En sus, le président passera à la structuration de son parti afin de procéder à une redistribution des rôles et postes de responsabilité.

Mais au cas où le « oui » triompherait, ce mécanisme de légitimation populaire qu’est le référendum transmutera le lien entre le peuple et le président Sall d’un vote de confiance plébiscitaire en un sacre républicain. Ainsi le président renforcé pourra dérouler son programme économique, aborder sereinement les législatives en vue et envisager avec confiance sa réélection en 2019. Parallèlement l’opposition en état de collapsus doit revoir son offre politique et affiner une nouvelle stratégie unitaire pour essayer de faire face au président lors des échéances futures.

Et si le Non l’emportait ?

En cas de victoire du « non », le président n’aura plus cette légitimité pour diriger un peuple qui l’a rejeté après l’avoir porté au pinacle il y a quatre ans. Éthiquement, il lui sera difficile d’être à la tête d’un pays dont la majorité électorale lui a exprimé sa désaffection, son désamour en rejetant ses réformes. Et nécessairement, il y aura un dialogue politique entre la majorité et la minorité sorties du référendum afin de définir des plages de convergence dans la gouvernance du pays. Ce sera une obligation voire un impératif pour la stabilité du pays. La coalition Bennoo Bokk Yaakaar sera reconstruite si elle n’est pas dissoute pour faire place à une nouvelle alliance plus solide et plus compétitive. La recomposition de certains partis politiques comme le PS est tributaire des résultats du référendum. Certains dinosaures politiques seront enterrés à jamais. Même les médias n’échapperont pas aux dommages collatéraux d’une victoire du « non ». Beaucoup de journalistes qui se sont accointés manifestement avec le courant du « oui » jouent leur crédibilité avec ce référendum. Même l’honorabilité de certains guides religieux qui se sont trop impliqués dans ce référendum au point de favoriser un courant au détriment de l’autre risque d’en prendre un sacré coup.

Quelles sont les conséquences d’un fort taux d’abstention ?

Compte tenu de la tournure électorale qu’a prise cette consultation populaire et de l’intérêt suscité, il ne devrait pas y avoir un fort taux d’abstention. Mais on constate à mi-journée que la participation est encore très faible sur l’ensemble du territoire national : 15 % d’après le président de la CENA. Mais si on analyse le vote faible des militaires, lesquels ont les mêmes préoccupations que les civils, on ne peut qu’être pessimiste. Les trois référendums postcoloniaux n’ont jamais enregistré un taux de participation faible. Le référendum de 1963, qui consacre le présidentialisme fort de Léopold Sédar Senghor, avait enregistré un taux d’abstention de 5,7 %. Celui de 1970 qui instaura le poste de Premier ministre après la tempête de mai 1968 avait totalisé un taux d’abstention de 4,8 %. Le référendum de 2001, qui proposait une nouvelle constitution sous le magistère du président Abdoulaye Wade, avait enregistré un taux d’abstention un peu élevé de 34,26 %. Donc celui-ci ne devrait pas déroger à la règle. Mais au cas où le niveau de l’abstention atteindrait ou avoisinerait la barre des 50 %, ce serait une forme d’indifférence, de camouflet voire de désaveu contre principalement le président, initiateur des réformes, et contre les opposants qui n’auraient pas réussi à inciter les citoyens indécis ou indifférents à aller accomplir leur devoir civique.

Référendum, attentats de Côte d’Ivoire, politique nationale,…: Journal rappé avec Xuman

Le rappeur Xuman est inusable. Depuis presque trois décennies qu’il évolue dans le hip-hop, Makhtar Fall, connu aussi sous le nom de «Wahkatou ndiakhoum», arpente la même voie : il est toujours ce rappeur engagé et défenseur de la cause citoyenne. A sa manière, il a participé à la campagne pour le référendum : Le single Det ak det (Non et non) est l’hymne de certains partis politiques. En analyste politique, il dissèque les enjeux de cette consultation électorale, autopsie la classe politique sénégalaise. Le Quotidien vous offre un Journal rappé avec Xuman.

 

Xuman, que faîtes-vous présentement ?
Je ne sais pas si on peut considérer cela comme de la musique, mais je suis sur la préparation de la prochaine saison du Journal rappé qui doit normalement commencer à partir du mois prochain. Pour l’instant, on est dessus à part ça, il y a des sorties de single avec comme objectif un son tous les mois, notamment le dernier Det ak det, Bombass et ceux des jeunes artistes que je produis comme Krumah, No Face et Mia afin de les mettre au-devant de la scène.D’où est venue l’idée du Journal rappé ?
Le Journal rappé est né d’une «nécessité». Je me suis rendu compte à un moment donné que l’information n’allait pas forcément aux bonnes personnes et à temps réel. Il y a beaucoup d’informations voire même trop d’informations. Beaucoup de jeunes fans du hip-hop s’informent sur internet sur les dernières nouveautés musicales, les derniers pas de danse, entre autres. Il y en a très peu qui prennent la peine de se renseigner sur leur quotidien, que ça soit économique, social, éducatif… Le Journal rappé était donc une manière de joindre l’utile à l’agréable, l’éducatif au divertissement. C’est du divertissement informatif. Beaucoup de clips passaient à la télé, sur Youtube, mais il y en avait très peu qui parlaient d’actualité, de nos problèmes. Les journalistes font un métier très noble, mais il fallait trouver une manière différente d’informer les gens, surtout les jeunes qui aiment beaucoup la musique et qui ont une autre manière de communiquer. Il y a aussi qu’au Sénégal, tout le monde écoute la revue de presse sans prendre la peine de lire l’article en entier. Pourtant, le contenu de l’article peut différer de ce que l’on présente au sommaire. Je ne dirai pas que c’est de la mauvaise information, mais elle est biaisée dans la mesure où au gré des affinités que l’on peut nouer et des accointances qui se forment, on peut servir une information soit pro soit anti-gouvernementale. C’est selon le groupe de presse auquel on appartient. Il nous fallait donc trouver un moyen d’informer juste.

Aujourd’hui, ce Journal rappé est présenté dans d’autres pays africains et même asiatiques. Comment êtes-vous parvenu à l’internationaliser ?
C’était un transfert de compétences. On a trouvé des partenaires. On est parti en Côte d’Ivoire. J’avais quelques contacts sur place. On devait trouver une personne-ressource qui serait capable de faire le travail que nous faisions, de former une équipe qui allait relayer l’information. On a fait recours à Nash. Par la suite, on leur a fait une formation d’une semaine. On leur a pas appris à rapper. Le reste, ils le savaient déjà. Comment faire du mixage, l’enregistrement, le montage final. A leur tour, ils faisaient un journal adapté à leurs réalités culturelles et musicales, passaient l’information à leur manière. Ensuite, on a été contacté par la Mauritanie. Cependant, bien avant eux, d’autres pays ont repris le concept du Journal rappé comme la Jamaïque, l’Ouganda, le Vietnam, le Madagascar : tous intéressés par le petit secret de fabrication. Je pars du principe que tout ce qui se dit peut être rappé. Prenons l’exemple du Gabon, Aly Bongo lors de sa dernière campagne présidentielle a rappé son discours de campagne parce qu’il voulait toucher une cible différente. Aujourd’hui, une information n’appartient plus à un corps limité, il y a des bloggeurs, des statuts sur Facebook, autant de façons de donner son point de vue, car on est dans un monde où la connectivité, l’interactivité agissent à 100%. C’est dans cet environnement qu’est né le Journal rappé et c’est la raison pour laquelle on est dans beaucoup de pays.

De manière générale, quelle lecture faites-vous de la situation actuelle du pays ?
Malheureusement, on n’est pas encore sorti de l’auberge. Il y avait la trêve, mais je vois dernièrement que la politique règne en maître dans ce pays. La politique politicienne bien sûr. Quand on regarde les débats, les discours et en plus la violence inouïe, on se demande à quoi tout cela rime ? On n’est pas dans une campagne présidentielle. Aucun ministre, député, maire ni président ne sera élu, mais on a l’impression que tout le monde sort son arsenal de guerre pour prêcher la bonne ou fausse parole. Cela devient de plus en plus, j’ai envie de dire «ridicule». Face à la conjoncture actuelle (Ndlr : cherté de la vie, choses qui marchent au ralenti), j’ai l’impression qu’on les nargue. On n’a pas rompu avec les vieilles habitudes, les personnes ont changé, mais les régimes sont les mêmes.

Vous avez récemment sorti un single Det ak det (Non et non). D’où vous est venue l’idée ?
L’historique du morceau est une chanson de Krumah Waw ak det, qui verse plus dans la généralité et on en a fait une version remix axée sur la politique pour les besoins du référendum.

Quel rôle attribuez-vous à votre single ?
Depuis le début de ma carrière, je me suis efforcé à être toujours du côté du Peuple. Je ne fais pas que ce qui me passionne, j’essaye au-delà d’être une voix assez représentative de mon entourage. Aujourd’hui, si je constate que le mécontentement des gens qui m’entourent atteint un certain niveau, j’essaye de le traduire. Parfois, c’est juste un coup de gueule, un constat, une chronique, de la parodie. Quand Diouf était au pouvoir, on avait fait un single qui parlait des magouilles politiciennes. A l’ère de Wade, il y a eu des singles, notamment Lettre au président, li loumou done et cette fois-ci, il y a Det ak Det. Ce dernier est à la fois un appel au référendum. Aller voter, s’ériger contre le wax waxati waxeet (se dédire) et aussi une chronique ou un tableau de son mandat. Ce single a pour but de rappeler qu’on a voté pour des valeurs. On doit avoir un Président vertueux, qui respecte sa parole et ses promesses. Ce son, c’est pour dire qu’on n’est pas d’accord avec quelqu’un qui fait des promesses et qui trouve des subterfuges. Det ak det éclaire les Sénégalais qui voient une campagne sans pour autant savoir le pourquoi de l’adhésion au Oui ou Non. C’est pour dire aux gens qu’on est des Sénégalais, au lendemain du vote le pays nous reviendra. Autant faire attention. Evitons de faire ou de dire des choses irréparables en période préélectorale. On a l’impression d’une guerre au vu de ce qui se passe à la télé, dans les débats, dans la rue, chez les manifestants alors que les politiciens qui s’entredéchirent aujourd’hui partageront demain le même repas. La population, ne vous faites pas manipuler ! Le politicien n’a pas le même intérêt que nous. L’opposant tiendra le même discours à l’accession du pouvoir que celui qui le détient actuellement.

Quand vous dites dafa am piège dans Det ak det, vous faites allusion à quoi ?
Il y en a plein. Et l’un des principaux c’est que les gens pensent que si Macky perd le référendum, il va démissionner. Alors que tel n’est pas le cas. Que le Oui l’emporte ou pas, il va rester 7 ans et la prochaine personne élue peut ou ne pas changer la Constitution. Les Sénégalais n’ont pas encore perçu toute la portée de ce référendum. On dit que l’objet du référendum est de renforcer la démocratie, mais je suis désolé, cette démocratie est bafouée. Aujourd’hui, quand j’ai envie de faire une marche et qu’on me l’interdise sous prétexte qu’il n’y a pas assez de forces de sécurité pour encadrer la marche alors qu’il y en a assez pour la disperser, moi je ne comprends pas cela. Quand je regarde la Rts, 80% des programmes nous parlent de l’Apr ou des voyages du Président alors que l’opposition est très mal représentée à la télévision nationale. Ce sont des actes à revoir. L’exemple du point 4 (La reconnaissance de nouveaux droits aux citoyens : droit à un environnement sain, sur leur patrimoine foncier et leur ressources naturelles, Ndlr) sont des choses qui existent déjà.

Dans la Constitution, le respect des droits de l’Homme est fondamental alors que ma chanson est utilisée de par des politiciens qui ne payent pas les droits d’auteur qui sont fondamentaux. Cet exemple est à titre personnel, car c’est mon droit à moi, mon travail, mon œuvre et personne n’y pense. Après la campagne, ce sera aux oubliettes. Il y a énormément de choses dans la Constitution qu’on ne respecte pas. Alors, pourquoi la renforcer ?
Dans Det ak det toujours, vous parlez d’opposants qui croupissent à Rebeuss et d’autre part des transhumants qui sont libres. Vous faites allusion à qui ?
Il y en a plein. Je peux vous sortir une liste. Oumar Sarr qui est sorti il n’y a pas longtemps, Karim Wade, tout le directoire du Pds qui est en prison [rires]. Les transhumants sont au pouvoir et les opposants en prison, disons un Karim qui est toujours en prison alors que Awa Ndiaye est en liberté. Et beaucoup d’autres, tous les transhumants absous de tous les péchés. Tous les dossiers qui ont été déposés par M. Macky Sall lui-même par rapport à ses biens, on ne sait pas ce qui s’est passé. Aussi les chantiers de Thiès, autant de sujets auxquels on n’a pas donné suite. Que cela soit Niasse, Djibo etc. ils ont tous des affaires plus ou moins louches avec la justice, mais ils sont dans le pouvoir ; donc on n’en parle pas. C’est un ensemble de personnes [rires].

Le référendum est prévu ce dimanche. Selon vous, entre le «Oui» et le «Non», qui sera vainqueur ?
J’aimerais que le «Non» l’emporte. Mais étant réaliste et avec tous les moyens qui ont été déployés par le parti au pouvoir pour battre campagne, je pense qu’il sera très difficile que le «Non» l’emporte. Maintenant, à quel pourcentage le «Oui» va l’emporter est important, car comme je le dis dans le son, ce n’est pas juste un référendum. C’est un sondage. Il cherche son degré de popularité et s’il est vraiment populaire, il va gagner avec un pourcentage écrasant. Et même s’il gagne avec un pourcentage limite, je pense que ça peut lui donner un message et cela voudra dire que d’ici la fin de son mandat, il faut qu’il réagisse, qu’il réajuste, se rectifie.

Xuman est un rappeur très engagé. Qu’est-ce qui motive votre engagement ?
J’ai baigné dans une musique de contestation qui est le reggae. Et depuis tout jeune, j’écoute Alpha Blondy, Bob Marley et Cie. Pour moi, je devais être la voix. Les personnes qui sont au-devant de la scène ont un devoir : celui de pouvoir servir à quelque chose. Il peut être juste chanteur, éveilleur de conscience, collecter des fonds pour les œuvres caritatives et c’est à lui d’honorer l’obligation qu’il a envers son public ou de le trahir. C’est comme ça que je le considère. Aujourd’hui, si jetais millionnaire aussi, peut-être que j’allais combattre d’une autre manière. Donc si le micro est le seul moyen que j’aie de me faire entendre, donc il faut faire passer des messages à travers le rap. Je dis aux gens d’aller voter. Et personnellement, je voterai «Non» pour la bonne et simple raison que je ne crois pas à ceci et cela. Maintenant si vous qui m’écoutiez, cela vous incite à voter «Non», tant mieux. A défaut, l’essentiel c’est d’aller voter. Exprimer sa voix est un devoir citoyen et pouvoir changer les choses avec sa carte est formidable. Il ne faut pas s’en priver. Quand des gens se déplacent pour mes concerts, achètent des albums, en retour je sens une obligation envers eux. Quand j’ai sorti le morceau, les réactions que j’ai eues ne sont pas toutes positives, mais au moins cela fait réagir. Et comme on dit souvent la démocratie c’est être d’accord ou ne pas l’être ; donc je respecte le choix de ceux qui ne sont pas du même avis que moi.
Au plan personnel, votre engagement vous attire-t-il parfois des ennuis ?
Oui bien sûr. Ça m’attire des problèmes. A cause de cet engagement, certaines portes nous sont fermées. Il y a des sponsors qui ont peur. D’autres ont peur de nous inviter à leurs manifestations. C’est normal. Je préfère d’ailleurs aller dans des endroits où je suis apprécié et où je peux mieux m’exprimer. C’est pareil avec le Journal rappé. C’est le même ton. Aucun sponsor n’est venu nous voir. Ils nous ont carrément fait savoir qu’ils ne peuvent pas. Cela veut dire qu’on «dérange». Mais le but du jeu ce n’est pas de plaire à tout le monde. Si on le voulait, on aurait fait de la musique qui plaît à tout le monde. On aurait chanté Faxass. Des morceaux qui auraient pu faire danser les gens. Il y a des musiques qui sont vides de sens, qui ne servent pas, qui n’ont pas de message. Cela est normal. Certaines musiques sont juste faites pour danser, d’autres pour réfléchir et d’autres encore pour déranger.

Xuman est si engagé qu’on se demande s’il ne fait pas une politique déguisée pour l’opposition. Est-ce le cas ?
Je ne sais pas. C’est vrai que je ne me suis jamais vraiment posé la question. Mais aujourd’hui, je peux dire la position que j’occupe c’est comme celle du mouvement Y’en a marre, de la société civile. Je suis très proche de ces derniers, du Forum civil pour la bonne et simple raison que je me suis toujours positionné non pas en gardien – ce serait trop prétentieux de me part – mais en quelqu’un de vigilant qui regarde comment les choses évoluent. Ce qui est très marrant (rires), c’est qu’hier, le 23 juin, on avait dans nos rangs les mêmes personnes que l’on combat aujourd’hui. Sauf qu’il y a lieu de préciser ici qu’on ne combat pas des personnes. On combat un système. Ce combat s’inscrit dans la continuité. Je l’ai fait pendant des années. Que cela soit avec Abdou Diouf, j’ai été aux côtés de «Wade» pour que Abdou Diouf s’en aille. Le 23 juin, quand nous sommes partis devant l’Assemblée nationale, c’était parce que le Peuple voulait cela. Moi je ne fais pas une politique pour l’opposition parce que malheureusement au Sénégal, la plupart des gens qui font de la politique le font pour l’argent. Moi je fais de la politique par conviction. S’il y a des gens que cela intéresse, c’est tant mieux. Peut-être que d’ici 10 ans, 15 ans quand je n’aurai plus envie de chanter, je vais faire de la politique. C’est comme je dis souvent à notre chanteur Youssou Ndour. Il confond auditeur et électeur. Un meeting, ce n’est pas un concert. C’est exactement cela, le jour où je ferai de la politique ce serait comme vouloir être à la fois homme religieux et politicien. Chaque fois l’un prédominera l’autre. Et quand on veut mixer les deux, parfois le mélange ne prend pas. Moi, je ne fais pas de la politique pour l’opposition, je fais de la politique sociale. Je ne fais pas de la politique politicienne, je fais de la politique citoyenne. Je fais ce que je crois, ce en quoi je crois et je crois en cela. Je crois en mon combat. Je ne demande pas que les gens viennent me suivre. Non ! Je demande au contraire que chacun fasse ce qu’il a envie de faire. Parfois, c’est sûr que les gens trouvent que je suis trop agressif, que j’attaque les gens. Par exemple quand on fait «Djombor waxet», on croit que c’est une attaque personnelle contre Abdoulaye Wade. Alors que ce n’est pas contre Wade, mais ce que Wade représente. C’est la même chose avec Macky. Je n’attaque pas Macky. J’attaque ce qu’il représente. J’attaque les fausses promesses qu’il avait faites. Ces promesses qui faisaient qu’il ait eu de la valeur à mes yeux. Si aujourd’hui il manque à une de ces promesses et qu’il ne donne pas de justificatifs qui me suffisent, moi je ne vais pas le suivre. Et demain, si ceux qui aujourd’hui sont dans l’opposition se retrouvent au pouvoir et font la même chose, il y aura la même chose. Le jour où je m’associe à quelqu’un et que demain cette personne fait des choses qu’on doit réprimer, vu que je me suis associé, je serai très mal placé pour aller au-devant de la presse et dire voilà ce que je pense et ce que je ne pense pas. Je préfère rester dans mon coin et dire ce que je pense à équidistance entre le pouvoir et l’opposition. Dans une partie de la chanson Waw ak det, je dis d’ailleurs «lo nam, ngourou Pds ? La réponse c’est Det det. Dafa melni gni gno guena yeess. Waw waw. Nammouma nioniou…» Je peux avoir de la sympathie pour une autre personne, mais si cette personne respecte ou ne respecte pas les règles je lui dirais moi voilà ce que je pense de cela.

Pourquoi vous n’adhérez pas aux mouvements Y’en a marre, Niani bagn na… puisque vous partagez le même combat ?
Même si je n’y adhère pas, il faut que les politiques comprennent que ce n’est pas les partisans de leur parti politique qui vont voter, c’est la population. Et 99% des votants n’ont pas de carte de parti politique. Ce ne sont pas des gens qui sont dans des partis politiques. C’est exactement cette frange de la population que moi j’essaye de représenter. Je n’ai pas besoin de faire cette marche. Je fais ma campagne sur internet et elle est assez bien relayée. Le morceau ne passe pas à la télé ni à la radio, mais les gens le téléchargent sur internet et l’écoutent. C’est dans les téléphones, les camions de campagne. Le morceau a été repris par la population. C’est le plus important. Je ferai une caravane pourquoi ? Déjà que je suis représenté dans ces caravanes où ma chanson est en train de tourner. Cela veut dire que j’adhère à la cause. Mais ma conviction profonde c’est que chacun fasse son boulot dans son domaine de prédilection. Pour les uns, c’est de descendre dans les rues et d’organiser des caravanes qui font que les messages passent. Pour d’autres, c’est de rester là avec son téléphone, de faire des sms, d’appeler les gens ; de poster des choses sur Twitter, Facebook. Pour moi comme on dit en Wolof kaata sax sott la.

Vos sorties à l’international sont inscrites dans quel cadre ?
Ça dépend. A propos du Journal rappé, on doit partir en Tunisie pour y installer une équipe. Je suis parti en Côte d’Ivoire pour voir comment l’équipe du Journal rappé ivoirien se comportait et pour jouer au Masa (Marché des arts du spectacle en Afrique). C’est un grand marché où des tourneurs viennent du monde entier recruter des artistes et des musiciens pour des spectacles et j’ai pu rencontrer des professionnels de la musique africaine. En avril, il y a un programme prévu en Irlande où le Journal rappé est invité pour parler de son expérience etc. L’année dernière aussi, on était au Japon de même qu’en Suisse, à Amsterdam… A chaque fois qu’on voyage, c’est en grande partie à cause ou grâce au Journal rappé.

Avez-vous été convoqué par la Dic ?
Non, que des histoires ! C’était le buzz. J’ai trouvé cela assez drôle. J’ai enregistré le morceau avec Krumah et No Face. On a fait le shooting le lundi, et puis le mardi on a fait le montage vidéo, le mercredi je suis parti à Abidjan. Il fallait sortir le single parce qu’on était en période de campagne (Ndlr : à moins de 10 jours du référendum). On l’a sorti et moi je suis parti à Abidjan. Arrivé à Abidjan, j’ai posté une photo où je dis «bon au cas où la Dic me cherche je suis à Abidjan». C’est cette photo qui a fait que certaines personnes l’ont interprété de cette manière. C’était du second degré et ils l’ont pris disant hop que j’avais fui et que j’étais allé chercher l’asile.

Vous n’étiez pas allé trouver refuge à Abidjan donc ?
C’est l’effet des réseaux sociaux qui pervertissent l’information. Aujourd’hui, certains de vos collègues de la presse en ligne recherchent le buzz à tout prix. Tellement qu’ils sont parfois obligés d’inventer des informations. Ils prennent de gros titres pour juste que les gens aillent cliquer sur leurs liens. Cependant, cela a permis à la chanson d’avoir le buzz que cela a eu. Il y a eu plein de gens qui ont cru que c’était vrai et qui sont allés voir ce que Xuman (Wahkatou ndiakhoum) a dit. Je les remercie pour cela (ton ironique). Merci d’avoir créé le buzz. Si je suis convoqué à la Dic pour des propos que j’aurais tenus, j’irais m’expliquer. Mais à vrai dire, je me vois mal dire des choses et puis m’enfuir. Pour moi ce n’est pas digne.

Xuman est alors très courageux à ce point ?
Ce n’est pas une histoire de courageux, mais c’est juste par principe.

Il s’est produit récemment un attentant en Côte d’Ivoire. Vous étiez à Abidjan en ce moment ?
Oui ! Mais je suis parti le même jour, j’ai appris l’attentat dans l’avion. L’une des hôtesses en parlait. Quand je suis arrivé à Dakar, je me suis renseigné et on me l’a confirmé.

Que pensez-vous de ces actes terroristes ?
Cela m’a choqué. J’étais choqué parce qu’il y avait les attentats. Et j’étais doublement choqué parce qu’une personne qui est décédée dans les attentats est une de nos amies et une de nos collaboratrices (Ndlr : Henrike Groth, directrice de Goethe Institut Côte d’Ivoire). C’est grâce à elle qu’on est parti au Japon. C’est grâce à elle en grande partie que le Journal rappé a pu s’installer en Côte d’Ivoire. On était ensemble le vendredi au concert de Maréma, on s’est parlé la veille de sa mort (le samedi) et le dimanche elle a été tuée (voix triste). Quand on entend parler de Charlie Hebdo, de Bataclan, de Boko haram, tant qu’on n’est pas forcément impliqué, ça ne nous fait rien. Vous connaissez la personne, je revois l’image, on était en train de discuter, et puis deux jours après, on vous apprend que la personne est décédée, le choc est différent. C’est dur à dire, mais quand j’entends toutes ces choses que j’entends. Oui que le Sénégal est menacé ça ne me rassure guère. Parce que la Côte d’Ivoire était menacée et savait qu’elle l’était. Mais elle ne s’attendait pas à ce que ça soit en ce moment là qu’elle allait être frappée. C’est la même chose au Sénégal. Actuellement on sait qu’on est menacé, on le sait très bien. Je touche du bois (alliant le geste à la parole), j’espère que cela ne va pas se produire, mais franchement je ne suis pas du tout rassuré. On pense que les djihadistes ce sont des barbus, des gens en djellaba qui descendent en parachute dans une ville ou un pays avec leurs kalachnikovs. Non ! Les djihadistes sont des gens qu’on ne soupçonne pas d’être djihadistes. Comme par exemple le cas de Côte d’Ivoire, il n’y a rien qui les distingue des autres personnes. Le cas du Bataclan, c’est la même chose.

Pensez-vous que le dispositif sécuritaire mis en place au Sénégal peut nous sauver ?
Ça peut nous protéger. Parce qu’avant la Bataclan, il y a eu Charlie Hebdo, il y a des contrôles partout. Malgré tout cela, il y a eu Bataclan qui a fait 180 et quelques morts. Pour la Côte d’Ivoire, c’est la même chose. Il y a eu les attentats au Burkina Faso, on ne s’y attendait pas, il y a eu le Mali. C’est quand on s’y attend le moins que ça éclate. C’est leur stratégie, ils savent que le pays (Ndlr : Sénégal) est protégé, ils le savent très bien. J’ai l’intime conviction qu’ils sont parmi nous. Billay (Ndlr : au nom de dieu). C’est ce qui fait peur. Dans tout ces autres pays, ce sont des gens qui vivent dans la ville. Ils savent juste attendre le bon moment. Les djihadistes mènent une guerre sale et n’ont pas besoin de tuer beaucoup de personnes. Pour eux, il s’agit de prendre un couteau, d’aller dans un endroit pour faire un maximum de blessés. C’est cela le terrorisme. Cela fait que j’ai peur d’aller à Sandaga. Ce qui est marrant (rires) c’est qu’ils disent : «Eviter d’aller dans les endroits fréquentés par les occidentaux.» Cela veut dire quoi ? Y a-t-il des endroits spécifiquement fréquentés par les occidentaux ? Les occidentaux sont partout. Lorsqu’on nous fait le récit de notre amie tuée en Côte d’Ivoire, cela fait froid dans le dos. Une balle n’a pas de Gprs pour dire toi tu es un musulman, l’autre est chrétien, toi tu es une toubab. Le terroriste tire sur la foule. Et moi je suis très sceptique. Billay (Ndlr : au nom de Dieu). Est-ce qu’on a un contrôle strict sur les armes qui circulent au Sénégal ? Je n’en suis pas sûr.

Le Quotidien

Macky Sall a échangé avec l’archevêque de Dakar sur le référendum

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Le président Macky Sall a rendu visite, vendredi, à l’archevêque de Dakar, Monseigneur Benjamin Ndiaye, qui a loué l’ »estime » du chef de l’Etat « envers la communauté chrétienne », selon un communiqué reçu du service chargé de la communication de la présidence de la République.

Le chef de l’Etat est allé voir Monseigneur Ndiaye « dans le cadre de sa tournée d’explication sur le référendum » de dimanche, affirme la même source.

A cette occasion, ajoute-t-elle, le président de la République « a saisi l’occasion de réitérer son appel au calme et à la non-violence », en perspective du référendum de dimanche.

Macky Sall et Benjamin Ndiaye ont discuté de la question de la laïcité au Sénégal qui, selon l’archevêque de Dakar cité dans le communiqué, « s’appuie sur l’expérience de notre peuple et de ses religions », qui « ont toujours cohabité dans la paix ».

Le chef de l’Etat s’est aussi rendu à Pikine, ce vendredi, selon la même source.

Dans cette ville, « il a rencontré des populations fortement mobilisées » pour l’adoption des réformes constitutionnelles proposées par le président de la République pour le scrutin référendaire.

Le communiqué ajoute que Macky Sall a aussi rencontré à Pikine des délégués d’associations d’imams et de chefs de quartier.

Aps

Référendum du 20 mars : Quand la violence prend le dessus sur l’argument

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Le nombre des attaques physiques enregistrées, au cinquième jour de campagne pour le référendum du 20 mars,  lors des rassemblements politiques, dépasse déjà la dizaine. Certaines scènes de violences ont fait plusieurs blessés. A ce jour, plusieurs localités sont déjà touchées par ce phénomène qui relègue au second plan, le débat d’idées.

La violence physique, s’est invitée, le mardi dernier, dans la campagne pour le référendum dans la région de Ziguinchor. Le bilan officiel fait état de sept (07) blessés dont 4 graves parmi les militants, à l’issue de la bataille rangée qui a opposé les partisans du «Oui» conduits par les leaders de la coalition Benno bokk yakaar (Bby) et ceux du courant du «Non» amenés par le maire, Abdoulaye Baldé, leader de l’Union des centristes du Sénégal (Ucs) et patron de la coalition UDZ/Kadiamor.

En effet, entamée le samedi 12 mars dernier, la campagne pour la consultation populaire autour des 15 points de réforme constitutionnelle du chef de l’État, s’est déjà installée dans une escalade de la violence au niveau de plusieurs localités du pays. La région de Fatick, fief électoral de l’actuel chef de l’État, s’est aussi inscrite sur le registre noir des localités touchées par la violence de campagne pour le référendum du 20 mars. Dans cette région centre du pays, la violence de campagne s’est invitée dans le jeu politique le jour même de l’ouverture de la campagne électorale pour le référendum. Ceci après que des jeunes de l’Apr ont voulu s’opposer au passage du cortège de la présidente du Conseil départemental de Bambey, Mme Aïda Mbodj devant le domicile de Sitor Ndour. Il s’en est suivi une scène de jet de pierres jusqu’à ce la Police intervienne pour rétablir l’ordre et permettre ainsi, à la responsable libérale de poursuivre l’itinéraire de sa caravane.

Vingt-quatre heures après Fatick, c’est autour de la région de Louga d’enregistrer son lot de violence soldée par des coups de feu sans faire de victimes. Les gardes du corps du ministre Moustapha Diop, suite à une bousculade opposant la caravane du «Oui» de leur patron à celle du front du «Non», conduite par Ass Diobbé Sylla, ont procédé à des tirs de sommation. Le 13 mars dernier, c’est autour du cortège du leader du Grand parti, Malick Gakou d’essuyer des attaques de la part des militants supposés appartenir au camp du ministre Oumar Guèye. Selon l’administrateur du Grand parti, Songo Matar Ndiaye qui rapporte cette information, les assaillants qui avaient perpétré cette attaque à la sortie de l’autoroute à péage non loin de Diamniadio, étaient munis d’armes à feu et auraient même tiré des coups de feu. A la suite de cela, d’autres actes de violences sont également notés dans le nord du pays plus précisément à Podor et à Dioum. À cela s’ajoutent des huées essuyées par certains responsables dont le chef de l’État, lors de ses déplacements dans certaines localités pour inviter la population à voter «Oui».

VIOLENCE DE CAMPAGNE POUR LE RÉFÉRENDUM DU 20 MARS : Mouvement «Diissoo ci liniou bokk» condamne 
Les scènes de violences qui accompagnent le déroulement de la campagne pour le référendum du 20 mars prochain ne laissent guère indifférents les responsables du Mouvement «Diissoo ci liniou bokk». Lors d’une conférence de presse hier, mercredi 16 mars, les responsables de cette structure ont condamné les affrontements opposant les partisans des deux courants du «Oui» et du «Non» depuis le début de cette campagne. En effet, rappelant lors de ce face à face avec les journalistes que dans l’histoire politique du Sénégal, le quinquennat a été toujours au cœur des révisions constitutionnelles opérées, le coordonnateur de ce nouveau mouvement, le doyen Hady Wade invité notamment tous les acteurs engagés dans ce processus à la sérénité et au dialogue.
Rappelant ainsi que les élections précédentes nous avaient installés, dans la crainte de troubles et de lendemains incertains, le coordonnateur précise d’ailleurs qu’il ne s’agit point de tirer sur la corde alarmiste ni d’entonner les sirènes de mauvaise augure. Mais, «il nous faut prévenir et conjurer le mal, avant que ne germe du terreau fertile de la confrontation verbale, les fleurs vénéneuses de la violence multiforme qui engendre le désordre et l’insécurité». «Ce que nous voulons, «Diissoo ci liniou bokk», c’est rendre possible le dialogue entre toutes les forces civiles, politiques et religieuses, sortir de l’absurde confrontation stérile dans laquelle elles se débattent, pour diriger les efforts vers la construction et la consolidation de notre nation »

Source : Sud Quotidien

Awadi : « Ce pouvoir me saoule, l’opposition me saoule, la presse oppressante me saoule »

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Oui ou Non

Le débat fait rage mais je dois te dire qu’il me saoule

Je suis comme toi déçu par la rupture abusive du « Contrat de Confiance » par le président MACKY Sall donc je pourrais dire je vote Non, mais en même temps, je sais lire… et certaines réformes consolident notre démocratie.

Je pourrais dire oui mais je refuse d’être pris en otage ou de prendre en otage qui que ce soit.

Le débat politicien à 2 balles me saoule, la presse oppressante me saoule.

Je ne parlerais pas parce que tout le monde parle. Je vote ou pas… selon ma conscience et ma seule liberté de choix. Que chacun fasse de même sans se laisser influencer par qui que ce soit.

Les révolutionnaires circonstanciels me saoulent, les réactionnaires professionnels me saoulent, les publications courageusement anonymes des pseudo web activistes sur les réseaux sociaux me saoulent.

OUI ou NON ça ne regarde que moi dans le secret de l’isoloir…

Ce pouvoir me saoule l’opposition me saoule et puis j’arrête… ce texte me saoule…

Awadi Didier

Serigne Modou Kara appelle ses talibés au boycott : « Restez chez vous le jour du scrutin. »

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«Je demande à tous les fidèles et sympathisants de rester chez eux le 20 Mars jour du scrutin. »

Le  fondateur du Parti pour la vérité et le développement (Pvd), lors de sa conférence publique, le  3 mars dernier, à la Place de l’Obélisque, à Dakar, devant ses nombreux talibés, le marabout avait proposé de reporter le référendum.

«Si je pouvais, on allait reporter ce référendum. Le secret de ce référendum m’a été donné par Cheikh Ahmadou Bamba. Je ne dis pas “Oui’’, je ne dit pas “Non’’ pour le moment. Car ce n’est pas important. Je pense que tout le monde est en train de regarder ce que Macky Sall fait», avait-il déclaré.

Macky Sall à Tobéne : « C’est le référendum du peuple sénégalais… J’aurais pu… »

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Le chef de l’Etat Macky Sall n’a pas pu s’empêcher d’évoquer la question du référendum ce lundi lors de l’inauguration de la centrale électrique de Tobène. Conscient du débat sur l’opportunité d’aller au référendum pour voter ce projet de loi, avec le coût financier que cela va engendrer, le chef de l’Etat a expliqué pourquoi il a choisi la voie référendaire.

«Nous allons vers un référendum. Nous le faisons pour ce pays. Ce n’est pas le référendum de Macky Sall. Ce n’est pas le référendum d’un parti politique. C’est le référendum du peuple sénégalais. Nous voulons solidifier les institutions de la République, renforcer la démocratie et l’Etat de Droit.

Autrement, je n’aurais pas pris toute cette peine. J’aurais pu dire aux députés « votez nous cette loi ». Ca durerait une semaine et c’est terminé », a déclaré le président Macky Sall dans ses habits de campagne. Et d’argumenter : «Mais vu l’ambition, vu la profondeur des mesures, en particulier les clauses de non révision, sur des domaines aussi essentiels que les modes d’élection du Président de la République, le nombre de mandant et la durée des mandats, tout cela mérite que le peuple donne son onction pour que nul n’en ignore et que nul ne soit tenté à l’avenir, de manipuler la constitution pour un troisième mandat,

un quatrième ou je ne sais encore quel nombre de mandat. Voilà pourquoi le peuple sénégalais doit faire sienne cette réforme et s’engager», indique-t-il. Pour le Président de la République, il ne s’agit pas de majorité ou d’opposition. Il s’agit des citoyens qui doivent faire l’appropriation d’une réforme qui fera de notre constitution l’une des plus évoluées dans le monde. «Nous aurons un standard démocratique qui n’a rien à envier aux nations les plus modernes. Voilà le sens et la portée du vote du dimanche 20 mars », affirme le chef de l’Etat.

Pourquoi je voterai NON?, Par S. Cheikhouna MBACKE Abdoul Wadoud

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Les citoyens sénégalais qui voteront NON au référendum du 20 mars prochain sont de différentes catégories.

Parmi eux, il y a ceux qui sont des opposants radicaux au régime en place et qui font tout pour son échec. Il y a aussi d’autres qui sont mécontents du régime ou du Président de la République et qui veulent manifester leur sentiment à travers un vote NON. Il y a, peut-être, certains qui sont manipulés à travers de fausses informations. Quant à moi, je voterai et j’appelle à voter NON mais je fais partie d’aucune de ces catégories?
Pourquoi donc voterai-je NON?
Je voterai et j’appelle à voter NON pour un principe très simple, un principe que je considère comme pierre angulaire de la démocratie. Ce principe est défendu d’ailleurs par des entités auxquelles j’appartiens (Rawdu-r rayâhîn et ce que certains médias ont appelé le collectif des 5), même si ces entités n’ont donné aucune consigne de vote.
Ce principe est le droit de toute génération à légiférer pour elle-même et notre devoir de ne pas confisquer ce droit. Cela me paraît l’essence même de la démocratie. D’autre part, l’être humain, faillible qu’il est, ne doit pas avoir la prétention de connaître ce qui sera mieux pour l’éternité pour lui et pour les autres.
Certes, nous qui sommes présents aujourd’hui avons le droit de dire que la république, l’élection du Président de la République au suffrage universel direct à deux tours, la limitation du mandat du P.R. à 5 ans renouvelables une seule fois – nous avons le droit de dire que tout cela est mieux pour nous. Mais quel droit nous arrogeons-nous pour décider à la place des générations futures?
Certains pourraient dire qu’être en désaccord avec une seule disposition du projet de révision peut ne pas pousser à voter NON et s’interroger sur le sort des autres dispositions.
Si le NON l’emporte, nous pourrons toujours réintégrer les autres dispositions par voie parlementaire et/ou référendaire. Mais si le OUI l’emporte, cette disposition ne sera jamais modifiée légalement, ni par voie parlementaire ni par voie référendaire. Seule la loi de la force (révolution ou coup d’état, qu’à Dieu ne plaise!) pourrait la modifier.
Que préférons-nous donc ?
Touba, Darou Salam-NDame, le 12 mars 2016.
Cheikhouna MBACKE Abdoul Wadoud
cheikhouna@yahoo.fr

Le PS et le référendum : Va t-on vers l’implosion de la formation socialiste ?

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Telle est l’interrogation que nous nous faisions il y a quelques jours dans la même veine qu’une analyse suivant le Congrès de renouvellement de 2014 que nous vous reproduisons in extenso ci-dessous.

La question méritait et mérite d’être posée au regard des positions divergentes retenues par différents responsables ou leaders tels que Tanor Dieng, Khalifa Sall et Aissata Tall Sall et des violences entourant la dernière réunion du Bureau politique.

Aissata avait d’ailleurs considéré que quelque soit la décision prise par l’organe décisionnel du PS, elle mènera campagne pour le NON. Khalifa Sall vient de lui emboiter le pas.

Ces deux importants membres du PS chercheraient-ils à se démarquer et se positionner et passer sérieusement à l’offensive en perspectives des législatives de 2017 et de la Présidentielle de 2019 ?

Est ce vraiment de la démocratie interne sur ces positions d’enjeux majeurs. On peut avoir une opinion divergente mais ne pas l’exprimer publiquement.

Que fais t-on de la discipline de parti ? Au PS français, des élus ont été expulsés ou sanctionnés pour avoir pris le contrepied d’une décision prise par le Bureau national.

D’anciens responsables comme Malick Noël Seck ont été exclus du PS pour n’avoir pas respecté la discipline de parti et pour avoir critiqué la position du SG.

Aissata et Khalifa ne font pas autre chose car en prenant le contrepied de leur  SG et en s’attaquant au référendum, ils critiquent indirectement la position de leur SG.

Cette dernière n’étant pas officiellement celle du parti (l’instance compétente ne s’était pas encore prononcé) il convennait d’attendre la position officielle du parti pour y voir clair même si on voyait mal le Bureau politique ou le Comité central, verrouillé par Tanor, prendre une position différente de son SG qui vennait de porter la parole du parti lors du grand rassemblement du Oui des leaders de sa coalition convoqué par Macky Sall.

Les remous que l’on redoutait sont donc survenus lors du dernier rassemblement du BP qui devait se prononcer sur la position officielle du parti et qui a vu le PS renouer avec la violence. Vu la manière dont les choses se sont passées, une mission de « bonnes volontés » a peu de chance de réussir à calmer le jeu comme lors des dernières élections internes ayant vu Aissata briguer et échouer à conquérir, dans les conditions que l’on sait, le secrétariat général du PS.

Tout le monde sait qu’Aissata est en train depuis quelques mois de mener des meetings et rencontres au Senegal et à l’étranger durant lesquels elle ne manque pas une occasion de critiquer Macky Sall, l’allié de Tanor, histoire de se démarquer du soutien inconditionnel accordé par Tanor à Macky.

Et Khalifa Sall dont on se demandait quelle était sa position commence à se démarquer et à abattre ses cartes en se positionnant officiellement contre le Oui au réferendum.

Les responsables qui étaient derrière ces « militants » qui ont bousculé, hué et violenté certains membres du PS ne sont pas prêts de s’arrêter. Ces jeunes qui n’ont pas les moyens de se faire imprimer des t shirts verts arborant le Non n’ont pas agi seuls. Ils ont été instrumentalisés.

Cette violence mal venue qui donne une très mauvaise image dont ni le PS ni le Senegal n’a besoin en ces moments importants de la marche de notre Nation, marque le début d’une cassure irréversible au sommet du PS. Ce parti saura-t-il en sortir sans trop de dégâts ?

L’avenir nous le dira… mais cette situation était prévisible depuis 2014 .

Source : socialisme république

Ousmane Sonko, leader du Pastef : «Ce référendum est déloyal et anticonstitutionnel»

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Après un combat de principe contre la tenue du référendum du 20 mars 2016, le parti politique dénommé « Patriote du Sénégal pour le travail, l’éthique et la fraternité » (Pastef), s’engage politiquement à battre campagne pour un vote massif du « Non » à ce scrutin.

En conférence de presse, ce vendredi 11 mars, son leader Ousmane Sonko, par ailleurs, inspecteur des Impôts et Domaines, a fait savoir que son Parti a saisi la Chambre administrative de la Cour Suprême du Sénégal de recours aux fins de sursis à exécution et d’annulation, pour excès de pouvoir, des décrets n° 2016-262 du 19 février 2016 ; 2016-306 du 29 février 2016 et 2016-261 du 18 février 2016, pris par le Président de la République, Macky Sall, et portant respectivement organisation d’un référendum, publication du projet de loi portant révision de la Constitution et fixant la date du scrutin.

Et de soutenir fermement que ce référendum du Président Sall est « déloyal et anticonstitutionnel ». Mieux, il ajoute que le chef de l’État veut soumettre au peuple sénégalais « un projet de réforme au rabais, indigent et non consolidant, qui change tout pour que rien ne change ».

M. Sonko et cie soutiennent que ce référendum « ne permet de réaliser aucune avancée significative et consolidante ni pour notre démocratie et son système politique, ni pour la vitalité de nos institutions, et comporte des dispositions dangereuses et permissives qui a, à part des égards, nous ramènent des décennies en arrière ».

Avec  seneweb

Le référendum de la presse et des réseaux sociaux

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 Au Sénégal, le référendum capte toutes les attentions. Dans la presse comme sur les réseaux sociaux, les débats se multiplient et semblent tous converger vers une seule expression : Oui ou Non. Nombreux sont les internautes sénégalais qui s’expriment quotidiennement sur divers sujets, mais chacun semble s’inspirer du référendum pour donner un avis. Première analyse d’un adepte de Facebook : « Tout est question de Oui ou de Non actuellement au Sénégal. Tout se règle de façon référendaire, les questions politiques, sociales, économiques, religieuses etc. Soit on est pour ou contre. C’est une véritable bipolarisation des avis dans tous les secteurs de la vie, au pays de la Téranga ».

Pour preuve, citons cette blague publiée sur Facebook qui reflète pourtant à peu près l’impact du phénomène référendaire dans la société. Le post dit : « j’ai beaucoup d’argent, mais la fille avoue en aimer un autre. J’ai soumis mon problème à sa famille, en leur envoyant des bulletins Oui et Non à la question « voulez-vous que votre fille m’épouse ? ». Il signe « Macky Aka Mouss » (Macky est futé).

A l’image de cette blague, le référendum est vivement parodié sur les réseaux sociaux, avec le Oui ou le Non au centre des débats. La société actuelle semble préférer les débats d’idées et la voie des urnes, plutôt que les manifestations musclées, très fréquentes sous le régime du PDS. Ainsi, au-delà de toute cette effervescence autour du référendum, il y a l’expression d’un changement brusque dans la manière populaire de concevoir la politique. Un autre commentaire Facebook explique (peut-être) ce changement : « C’est parce qu’actuellement, le peuple est remis à sa vraie place, au centre des intérêts.

Depuis l’annonce du référendum, le peuple se sent important, convoité. Il sent qu’on porte de l’intérêt pour lui » Le « Oui ou Non » s’est aussi emparé de la presse dans toutes ses composantes. Exit le débat sur le Wax-Waxeete (reniement) du Président sur sa promesse pour une première tranche de 5 ans (il fera 7 ans finalement). Pas une seule « Une » sans Oui ou Non affichée dans les journaux, ou énoncée à la télé, depuis l’annonce de la tenue du référendum. Un autre utilisateur de Facebook analyse à ce propos : « La presse en a fait les choux gras, et les sénégalais en broutent avec plaisir. Tout compte fait, c’est Macky qui gagne, parce que les sénégalais semblent avoir oublié ou pardonné sa promesse non tenue, au point de consommer si goulûment la sucette référendaire »

Le « Oui ou Non » s’invite aussi dans les affaires religieuses, prenant une tournure qui amuse les internautes. Et ce sont les religieux reçus au Palais par le Président pour des « prières du Oui à condition que tu me donnes de l’argent » qui en font les frais. « Les religieux sortent du palais, des Oui à la bouche, des liasses pleins le thiaya » titre ainsi un internaute sur un long commentaire FB. Et comme pour appuyer ces religieux venus bénir le Oui de Macky Sall, le député et président du groupe parlementaire Benno Bokk Yaakaar (régime) Moustapha Diakhaté disait : « les chefs religieux qui appellent à voter « Non » sont des terroristes du Daesh et Boko Haram ». Lui aussi en a pris pour son grade : « Moustapha Diakhassé (en mode colère) quand c’est Non, Moustapha Diakhlè (en mode inquiet) quand le Non persiste et Moustapha Diakhaté quand c’est Oui. Un vrai Diakhato (Comique) ce gars-là », affiche encore un commentaire Facebook.

Côté graphisme, le « Oui ou Non » apparait sous toutes les formes, couleurs et inspirations possibles, en guise de photo de profil, commentaire imagé, de point de vue ou d’affiche publicitaire, à l’image du ministère de l’intérieur qui a exprimé toute sa bonne « foiE » dans une publicité pour inciter les citoyens à voter Oui. Et cette faute sur la devise du Sénégal (Un Peuple – Un But – Une Foi) commise par le responsable de la sécurité intérieure en mettant «e» à Foi, bourdonne dans les derniers commentaires sur le référendum : « Je félicite Abdoulaye D. Diallo (ministre de l’intérieur) d’assurer si vaillamment la sécurité des sénégalais, mais je l’incite à plus de vigilance dans l’intégrité de notre FOI et à préservation de notre devise », nargue un utilisateur Facebook. Quant à l’issue du scrutin, « peut-être bien qu’Oui, peut-être bien qu’Non », souffle un pronostiqueur Facebook.

 

Oumar DIOUCK

Message du Président Macky Sall aux Sénégalais pour le référendum


 Chères Sénégalaises, chers Sénégalais,
Le référendum du 20 mars est un rendez-vous important. Nous allons faire un choix décisif pour notre cher pays.
J’ai proposé une révision constitutionnelle qui renforce la démocratie et l’Etat de droit, j’ai surtout proposé des mécanismes pour la stabilité de nos institutions. De nombreuses crises notées en Afrique sont provoquées par la volonté de rester le plus longtemps au pouvoir concentré entre les mains d’un Président de la République qui est un véritable monarque. En réduisant les pouvoirs du Président de la République, en verrouillant désormais la durée et le nombre de mandats du Président de la République, le Projet de révision de la Constitution neutralise des sources de conflit et apporte un nouveau souffle à notre démocratie. C’est avec ce même souci d’éviter à notre pays des crises humainement et économiquement coûteuses que j’ai également proposé la constitutionnalisation du droit imprescriptible des populations sur le patrimoine foncier et les ressources naturelles ainsi que leur droit à un environnement sain.
L’équité entre citoyens sénégalais et l’exigence d’une démocratie inclusive justifient la possibilité des candidatures indépendantes à tous les types d’élection, l’élection de députés de la diaspora sénégalaise et le statut de l’opposition et de son Chef.
Voici, entre autres, mes chers Compatriotes, des innovations majeures dont l’objectif est de fortifier nos institutions, de conforter l’Etat de droit et de poursuivre la modernisation de notre système démocratique.
Voilà pourquoi j’appelle tous les Sénégalais à répondre ensemble à l’appel du pays, à l’appel de l’histoire et de l’avenir en votant massivement OUI le 20 mars prochain.
Macky Sall

Référendum du 20 mars : Macky divise Touba

Lors du référendum du 20 mars, le « Non » risque d’être massif dans les urnes à Touba. Et même dans les autres villes du pays, selon Walfadjri. Des chefs religieux sont fondamentalement opposés, selon le journal, à certaines dispositions du projet de Macky, notamment celui concernant le Code de l’enfant.


Référendum du 20 mars : Macky divise Touba
 Cela n’est pas du goût de la Ligue des écoles coraniques du Sénégal et les dahira Rawdu-r rayâhin, Muqaddamatu-l Khidma, Quurratu-l’ayn et Khuddâmu-l Khadîm de Touba de voir certaines dispositions introduites dans les réformes institutionnelles de Macky Sall. Réunies samedi dernier à Touba, ces organisations religieuses ont fustigé certaines dispositions du projet de loi portant Code de l’enfant. Ils appellent donc à voter « Non », même si le chef religieux Serigne Fallou Mbacké Doum estime que le pouvoir va tenter de soudoyer certaines personnes afin qu’elles votent « Oui ».

La Ligue des écoles coraniques et différents dahira proposent de supprimer du projet de Code l’enfant la disposition dans l’article 62 qui autorise de mettre un terme à la grossesse résultant d’un viol de la fille. Les religieux présentent aussi l’alinéa 1 de l’article 17 de l’actuelle Constitution comme une disposition à modifier. Ainsi, les organisations, « entre un homme et une femme doit être inséré dans la disposition suivante : « Le mariage et la famille constituent la base naturelle et morale de la communauté humaine », tel qu’écrit dans le projet de Constitution à soumettre lors du référendum du 20 mars prochain.

Par ailleurs, les organisations estiment que le fait de rendre une quelconque disposition intangible comme une entrave aux droits des générations futures et une confiscation de leur liberté et, par conséquent, contraire à l’esprit de la démocratie. Elles demandent aussi de préciser dans la section II du chapitre II du projet de Code de l’Enfant que l’époux est le chef de famille même si la responsabilité d’éduquer et d’entretenir les enfants incombe à tout le couple.

Les recommandations de Me Wade pour le référendum du 20 mars

Il est certes loin de Dakar, mais Abdoulaye Wade suit de très près l’actualité dominée par le référendum prévu le 20 mars prochain. Hier, au comité directeur du Pds, Oumar Sarr a lu une lettre du pape du Sopi qui liste ses recommandations aux militants et responsables de son parti, informe Walf Quotidien.

 


Référendum du 20 mars : Les recommandations de Me Wade
Le secrétaire général national du Parti démocratique Sénégalais (Pds) entend s’impliquer dans la bataille en direction du référendum afin que le « Non » l’emporte au soir du 20 mars. Dans une missive adressée aux responsables de son parti, l’ancien président de la République a listé quelques recommandations. Dans son message délivré par Oumar Sarr, secrétaire général adjoint du Pds, Abdoulaye Wade a recommandé aux responsables et militants du Pds de descendre sur le terrain et de travailler à la base. « Et pour que le « Non » soit massif, le Président nous a demandé de travailler avec tous les alliés », souligne un membre du comité directeur du Pds qui a pris part à la rencontre d’hier. En fait, pour Abdoulaye Wade, au-delà de l’unité au sommet, il faut que les partisans du « Non » trouvent les moyens de s’entendre à la base pour contrôler tout le processus.

Justement, parlant de processus, le comité directeur du Pds a déploré, hier, le fait que « le chef de l’Etat n’ait discuté avec personne sur son texte qu’il veut soumettre au référendum ». « Le texte a été publié dans la précipitation, à 19 jours du scrutin », ont déploré Oumar Sarr et Cie. Il s’y ajoute, selon un membre de l’instance dirigeante du Pds, que le décret convoquant le collège électoral est tardif. « Et cela s’est fait sans concertation. Pis, le camp du « Non » n’a même pas été associé au choix des bulletins », déplore-t-on du côté du Pds. Le parti de Wade dénonce aussi « les moyens de l’Etat que Macky Sall a mis à la disposition de ses ministres, députés, directeurs nationaux pour battre campagne en toute illégalité ».

A la réunion d’hier du comité directeur du Pds, la Rts aussi en a pris pour son grade. « Cette chaîne est transformée en médium de propagande depuis quatre ans. Mais cela s’est aggravé puisque le programme de la Rts se résume maintenant à la campagne pour le « Oui » », dénonce le Pds qui en veut au directeur général Racine Talla membre du directoire de l’Alliance pour la République (Pds).

Projet de réforme de la Constitution: Tounkara écrit aux Khalifes généraux

TounkaraVénérables Khalifes généraux
Des confréries au Sénégal
 
Objet : la Constitution du Sénégal ne vous intéresse-t-elle pas ?
 
Vénérables Khalifes généraux,
 
Le Sénégal s’apprête à opérer des changements majeurs dans son fonctionnement à travers un referendum sur notre Constitution le 20 mars prochain. Une Constitution est la loi fondamentale suprême d’un pays qui conditionne tout le vouloir-vivre commun, individuellement comme collectivement, en public et en privé.
 
Or, nul n’a entendu un seul Khalife général d’une confrérie se prononcer sur le sujet malgré son importance capitale et les millions de disciples qui sont sous votre autorité. La Constitution du pays ne vous intéresse-t-elle pas pour que votre silence soit aussi audible ?
 
La laïcité qui figure dans le projet de texte vous interpelle directement : est-elle en harmonie avec notre histoire, nos croyances et nos aspirations ici-bas et dans l’au-delà ? Est-ce qu’en mettant Dieu de côté dans nos affaires publiques les Maggal et Gammu auront un sens ? Que nous disent Dieu et Son Prophète (PSL) sur cela ? Cela nous rapproche-t-il ou nous éloigne-t-il de la miséricorde et des faveurs divines ? Quelle aurait été la position des vénérables fondateurs des confréries ? Pourquoi acceptez-vous que ces vénérables fondateurs ne soient pas enseignés dans nos écoles ? Pourquoi acceptez-vous que la Constitution soit écrite exclusivement dans une langue étrangère que vous ne comprenez pas ? Pourquoi acceptez-vous que l’histoire de la Constitution se déroule sous vos yeux pendant que vous êtes hors-jeu ? Vos disciples n’ont-ils pas droit à des éclairages clairs et précis émanant directement de vous sur tout cela ?
 
Nous avons, très certainement, en ces temps difficiles et confus, besoin du meilleur de votre leadership pour notre salut dans les deux mondes.
 
Veuillez agréer, Vénérables Khalifes généraux, l’expression de nos sentiments patriotiques.
 
Mamadou Sy Tounkara

Référendum – Mot d’ordre de l’opposition et de la Société civile : Le Non émergent

Le Comité directeur du Parti démocratique sénégalais (Pds), qui considère que 2017 est la date limite du mandat actuel du Président Macky Sall, appelle tous les citoyens à se mobiliser «massivement» le 20 mars 2016 pour opposer un «Non» «ferme»  et «historique» au référendum du chef de l’Etat. Ils considèrent que «c’est une simple escroquerie politicienne».

En Comité directeur hier, El Hadji Amadou Sall et ses camarades du Parti démocratique sénégalais (Pds) ont indiqué que 2017 est la date du mandat actuel du Président Macky Sall qui, estiment-ils, devrait quitter le pouvoir si le peuple souverain rejette son référendum en votant «Non». Par la voix de Me Sall, porte-parole du jour, le Pds appelle tous les citoyens à se mobiliser «massivement» le 20 mars 2016 pour opposer un «Non» ferme et historique au référendum de Macky Sall.

«Il se révèle n’être qu’une simple escroquerie politicienne. Et le Pds demande aux électeurs de protéger leur vote contre toutes les tentatives de détournement de leur suffrage par le bourrage des urnes, la fraude, l’achat de conscience et l’intimidation», a lancé El Hadji Amadou Sall, avant de préciser que le Comité directeur de leur formation politique milite pour la mise en œuvre d’un large Front du «Non» afin, explique-t-il, de sanctionner un président de la République qui a trahi ses mandants en reniant sa parole et ses engagements.
Par ailleurs, Me El Hadji Amadou Sall a «vivement dénoncé l’opacité» de la démarche et la précipitation dans la mise en œuvre du projet de référendum. A ses yeux, ledit projet cache une manœuvre «machiavélique» pour rester au pouvoir en évitant la sanction populaire qui, selon lui, se profile à l’horizon 2017. «Le peuple sénégalais s’est réuni unanimement pour apporter sa réponse au reniement par le chef de l’Etat de son engagement devant le peuple et la communauté internationale, et sa tentative de remettre en cause les acquis démocratiques de notre peuple, de jeter les bases de dislocation de notre Nation afin de dérouler son projet macabre de faire du Sénégal une dynastie», s’est félicité l’avocat.

Et, en marge du Comité directeur, Babacar Gaye, porte-parole du Pds, a renseigné que Malick Gackou, leader du Grand parti, a décidé de rejoindre le camp du «Non». «Donc, il va s’impliquer pour la réussite de ce choix du peuple. C’est pourquoi, dès qu’il a été informé de cette décision, le Secrétaire général national, Me Abdoulaye Wade, l’a appelé pour le féliciter et l’encourager pour son choix», a rapporté M. Gaye.

Référendum : Khalifa Sall, Gadio, Djamil, Aïssata Tall Sall : En chœur pour le Non !

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«Dire que je suis déçue par cela (Ndlr : la décision du Président de renoncer à la réduction de son mandat) relève de lapalissade. Bien sûr, tout le monde est déçu même si on n’est pas surpris. On avait quand même vu arriver les choses, parce que quand j’ai vu le conseiller juridique du Président dire que le Conseil constitutionnel sera saisi sur la question de savoir si la réduction sera appliquée au mandat en cours, on avait presque compris que l’intérêt de la consultation auprès du Conseil constitutionnel ne relevait que sur ce point», a dit le maire de Podor qui a qualifié cela d’attristant.

Pour Aïssata Tall Sall, le chef de l’Etat avait pris l’engagement de réduire son mandat et devait le respecter à tout prix. «La parole publique vaut autant que l’écrit et même parfois plus que l’écrit. Juste­ment, parce qu’elle n’est écrite nulle part que sur nos consciences et sur la langue de celui qui l’a prononcée. Cette lettre-là doit être gravée en caractères d’or par celui qui l’a dite et par celui qui l’a entendue, parce qu’il ne l’oubliera pas», a-t-elle martelé.
La responsable socialiste déplore que la question de la durée du mandat soit extirpée de celles qui seront proposées au référendum car, pense-t-elle, pour cette raison le peuple n’aura pas la possibilité de se prononcer sur la question alors que la décision définitive lui appartenait, vidant ainsi de son sens le référendum.

«Je ne partage pas la position de mon parti»

Me Aïssata Tall a dit sans détour qu’elle ne partage nullement la position de son parti sur la question. «Ma position personnelle est que le Président Macky Sall se devait de respecter sa parole. Après la question liée au mandat, il n’y a plus de précipitation à le (le référendum) faire.»
A propos d’un éventuel soutien du Ps à la candidature de Macky Sall, Aïssata Tall Sall s’est voulue très claire : «Il n’est pas question que le Parti socialiste n’ait pas de candidat. C’est un parti historique qui est créé pour cela. Le Parti socialiste n’est pas un comprimé d’aspirine qu’on doit dissoudre dans un verre d’eau qu’on appelle Yoonu yokkuté. Ça n’existe pas chez les Socialistes.»

Et le maire de Podor qui présidait une cérémonie de réception de plusieurs infrastructures au profit de sa commune d’avertir : «Les Socialistes auront leur candidat et, croyez-moi, il sera le candidat légitime de tous les Socialistes. Nous sommes nombreux à le penser, à travailler pour ça et à nous battre pour ça.».

Voici les quinze points que Macky Sall voulait soumettre au referendum

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Voici les quinze points que le Chef de l’Etat Macky Sall voulait soumettre à l’appréciation du peuple via un référendum. Mais il faut en extirper le point sur l’applicabilité du quinquennat  à son mandat en cours. Macky Sall avait fait ce choix lors de son discours du 31 décembre dernier.

  • la modernisation du rôle des partis politiques dans le système démocratique ;
  • la participation des candidats indépendants à tous les types d’élection ;
  • la promotion de la gouvernance locale et du développement territorial par la création du Haut Conseil des collectivités territoriales ;
  • la reconnaissance de nouveaux droits aux citoyens : droits à un environnement sain, droit sur leur patrimoine foncier et leurs ressources naturelles ;
  • le renforcement de la citoyenneté par la consécration de devoirs du citoyen ;
  • la restauration du quinquennat pour le mandat présidentiel, y compris la question de l’applicabilité immédiate de la réduction à cinq ans du mandat de sept ans en cours ;
  • le renforcement des droits de l’opposition et de son Chef ;
  • la représentation des Sénégalais de l’extérieur par des députés à eux dédiés ;
  • l’élargissement des pouvoirs de l’Assemblée nationale en matière de  contrôle de l’action gouvernementale et d’évaluation des politiques publiques ;
  • la soumission au Conseil constitutionnel des lois organiques pour contrôle de constitutionnalité avant leur promulgation ;
  • l’augmentation du nombre des membres du Conseil constitutionnel de 5 à 7 ;
  • la désignation par le Président de l’Assemblée nationale de 2 des 7 membres du Conseil constitutionnel ;
  • l’élargissement des compétences du Conseil constitutionnel pour donner des avis et connaître des exceptions d’inconstitutionnalité soulevées devant  la Cour d’Appel ;
  • la constitutionnalisation des principes de la décentralisation et de la déconcentration ;
  • L’intangibilité des dispositions relatives à la forme républicaine, la laïcité, le caractère indivisible