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Sauver l’Aps un devoir pour tous

Osons un truisme. C’est pour mieux jauger l’avenir. Pas celui politique. C’est le futur des médias qui nous interpelle. Celui de l’Agence de presse sénégalaise me préoccupe particulièrement, personnellement.

Produit de l’APS, je suis. Acteur décisif dans le traitement du FAIT à l’Agence nationale, je peux revendiquer aussi, aux côtés d’autres Cestiens de la même génération. Je n’en étais ni directeur ni rédacteur en chef. Mais une fréquentation saisonnière du « grossiste » de l’information depuis mes années de stage, m’y avait donné une place dans l’appréciation des responsables et autres devanciers. Aussi avais-je déjà pu bénéficier de préjugés favorables quand j’y entrais recruté en mars 1979.

J’y avais déjà un nom de code. Il s’agit de trois lettres qui me collent à l’appel, depuis que l’opérateur Mansour Kébé, obligé de mettre des initiales à la fin d’un article (mon premier sur le fil comme stagiaire en juillet 1976), dût se contenter d’abréger mon patronyme. Mon nom de famille était la seule donnée me concernant, inscrite au tableau dit de « reportages », où sont portés et le menu de la journée et les reporters à envoyer sur des activités à couvrir.

A la fin d’une dépêche d’agence ordinaire, il n’est pas porté de signature d’auteur autre qu’en des initiales. Bakhoum était beaucoup trop long pour tenir dans l’espace dédié. A ce début de soirée-là, il n’y avait personne pour donner au technicien, le prénom du stagiaire. Mansour trouva une astuce : me voila désormais appelé BKM, jusques et aujourd’hui encore, par habitude pour certains des confrères et collègues d’alors, voire quelque complice avec qui je partage quelques  troisièmageries.

C’est fort de l’expérience que j’ai du journalisme d’agence (exercé à l’APS et ailleurs) et de son importance dans la circulation des informations, partout dans le monde, que je peine à comprendre comment on a pu en arriver à laisser l’Agence nationale végéter dans des difficultés de nature à menacer son existence.

Attribut de souveraineté
Venons-en au truisme. Il n’est pas envisageable qu’un État puisse se passer de ministères chargés des questions intérieures et de sécurité publique, des questions diplomatiques et des questions de justice. Pour ne prendre que ces exemples. Il en est de même dans le secteur des médias. Il n’existe plus au monde un seul État qui ne s’appuie sur les diffuseurs de masse pour asseoir ses politiques, après que ses dirigeants ont grandement profité du travail des journalistes pour vendre leurs projets, aux électeurs.

Dans les « démocraties représentatives » ou semi représentatives comme le fait observer Vincent Levrault, enseignant de sciences économiques et sociales au ministère de l’éducation nationale, de la jeunesse et de la vie associative, la question de la représentation démocratique ne peut exister sans représentation médiatique. Un autre truisme, doit-on admettre, car le même auteur écrit : « les citoyens n’exercent leur pouvoir qu’à travers l’élection ». Ce faisant, « les médias permettent ainsi qu’entre deux élections, les représentés ne disparaissent pas totalement derrière leurs représentants ; la presse maintient l’existence d’une  opinion publique ».

Le travail d’influence des médias ne se limite pas à servir de baromètre pour évaluer les décideurs internes et la perception qu’en ont les publics. Le pays et ses dirigeants ont besoin de s’appuyer sur la presse pour être présents dans la Communication mondiale. La télévision n’y suffit pas. La radio et la Presse (écrite) non plus. Les réseaux sociaux et ce qu’ils charrient sont aux antipodes de l’Information journalistiquement traitée.

Par ailleurs, tout le monde n’a pas intérêt à reprendre à l’interne les images produites par d’autres pour faire parler de soi par ces mêmes autres, surtout dans ses succès et bonnes pratiques. D’ailleurs, qui le ferait mieux et aussi souvent que les médias nationaux. Sauf pour le diffuseur étranger, à être payé pour faire la propagande de l’État-annonceur. Encore que cela finirait par ennuyer et affecter la crédibilité d’un organe diffuseur  reconnu coupable de connivence avec des États autres, dans le seul but de gagner de l’argent. Les peuples concernés savent faire la différence entre information et communication.

Positionner son pays dans le concert des Nations
Dans un contexte mondial où chacun veut se positionner, il est peu pensable qu’un État puisse réduire à quasi rien, ce qui devrait porter sa voix dans le concert des Nations, car c’est sous ce rapport qu’il faut évaluer l’apport des médias du service public dans la gouvernance nationale.

C’est le lieu de faire observer que l’essentiel des informations d’intérêt général qui façonnent les opinions dans le monde est produit par les Agences de presse. Pour la raison que voilà, il ne doit pas y avoir beaucoup de pays où on ne dispose d’Agence nationale ou assimilée. Les Maghrébins et les anglophones (le Nigeria notamment) ont été les premiers à l’avoir compris dans la région Afrique. Les MENA (Egypte), TAP (Tunisie) et autre APS-Algérie ont compris très tôt. Elles ont des bureaux hors de leurs frontières nationales.

Il suffit de visiter l’immeuble abritant la Maison de la MAP à Rabat, pour comprendre comment la diplomatie chérifienne a profité du rayonnement d’un bon système d’information portée par son Agence de presse. Après la culture, le Maroc place maintenant ses entreprises. Il fallait en avoir l’intelligence.

C’est au milieu des années 70, alors que certains États avaient bouclé leur première décennie d’indépendance, que les Africains avaient enfin compris que les organes internationaux qui parlaient du continent ne le faisaient que sous le prisme de leur lecture des relations internationales et de l’image déformée d’un continent condamné (et incidemment encouragé) à rester zone de tensions, de famine, de maladies et toujours dans le besoin d’aide.

La riposte a été, sous l’égide de l’Organisation panafricaine (OUA) de lancer une Agence de presse. La PANA nouvellement portée sur les fonts baptismaux avait besoin des agences nationales pour alimenter son réseau d’informations.

Aujourd’hui encore, les médias et institutions très au fait de l’importance et de la qualité du travail des agences, continuent d’en faire leurs principales sources d‘informations, surtout quand les moyens ne permettent pas d’être présent en permanence sur les théâtres des opérations et rencontres internationales. La raison de cette confiance réside dans la réputation qui accompagne le travail des « grossistes de l’information » : sérieux dans le traitement, rapidité, rigueur, concision et précision dans la narration.

Lorsqu’on vend à plusieurs abonnés, lorsqu’on a la réputation d’être une source sérieuse à laquelle d’autres journalistes  peuvent se fier du fait du professionnalisme dont on est crédité, on ne fait pas dans la banalité. Encore moins dans la plate et abusive propagande. Ceux qui attendent la presse dans cet unique rôle travaillent à son affaiblissement et au leur, par effet induit.

Là où le FAIT n’est pas travesti
Ceux qui achètent n’ont pas les mêmes orientations, ni les mêmes intérêts. Ils veulent savoir et élaborer la matière première fournie par l’agence, selon leur ligne et politique éditoriales spécifiques.

C’est la conscience de leurs responsabilités dans le traitement du FAIT qui fait des agenciers ce qu’un ancien directeur général de la RTS et tout aussi journaliste respecté appelait « l’autre faune » des médias. En cela Pathé Fall Dièye mettait l’accent sur ce que sont vraiment les journalistes de l’APS  : sobriété, discrétion, sérieux dans le traitement de l’Information. C’est un homme de radio et de télévision qui savait parfaitement, qu’à l’opposé de ce qui se passe dans le monde de l’audiovisuel, les agenciers s’astreignent à ne verser ni dans le vedettariat, ni dans la gymnastique des stars du petit écran.

Tout comme Pathé, il y a Babacar Touré. Cet autre professionnel, grand connaisseur des médias, anciennement président du Conseil national de régulation de l’audiovisuel (Cnra), précédemment président du groupe Sud communication et non moins ancien stagiaire (sic) à l’APS a eu des mots encore plus explicites : « C’est à l’APS que l’on trouve les meilleurs journalistes de ce pays. » Parlait-il seulement de la Presse écrite ? Son jugement était d’autant plus de conviction, qu’il n’y avait sur les lieux de ce témoignage, aucun de ceux dont il saluait le professionnalisme. Il était au même moment, à la tête d’un groupe de presse ayant différents organes.

Des professionnels toujours sollicités
Les premières années de Sud Hebdo ont notamment été marquées par des chroniques à succès dont notamment celles d’un agencier dont la signature Yamatélé était largement plus connue que les initiales du même auteur à l’APS. Hors de l’Agence, peu de gens pouvaient dire qui était derrière les initiales « MA »  pour Mamadou Amath, aujourd’hui membre de la Commission électorale nationale autonome (Cena) et jusque il y a quelques années, dans la Communication de la CEDEAO, à Abuja.

Les Espagnols ne s’y sont pas trompés quand ils ont voulu avoir un correspondant basé à Dakar pour couvrir le Sénégal et d’autres pays africains. Saliou Traoré fait l’affaire depuis plus de deux décennies pour l’Agence EFE. A l’APS, il était réduit à « ST ».

Abdou Gningue successivement reporter, rédacteur en chef et directeur général de l’APS, a été choisi par l’Américaine Associated Press (AP), et cela bien avant ses fonctions administratives à l’Agence nationale. La liste est loin d’être close, quand on n’a pas cité Souleymane Guèye (actuellement à la Pana). Madieng Seck devint chef du bureau régional Afrique de l’Ouest de l’Agence SYFIA (Système francophone d’Informations agricoles) Cheikh T. Ndiaye est actuellement formateur au CESTI, Oumar Abdourahmane Faye et Oumar Dieng respectivement identifiés OAF et OD ont contribué à propulser Apanews.net (continentale) au rang d‘Agence au service de l’Information sur une Afrique capable de lever la tête.

Et que dire de Babacar Ndiaye, un de ceux qui ont le plus fait du terrain en région ? C’est lui qui m’a accueilli au bureau de Tambacouda, présenté à tous ceux qui pouvaient aider le jeune journaliste que j’étais. C’était le 2 juin 1979. Il ne faisait que rendre l’ascenseur après avoir lui-même été formé par Samy Lucien Chaupin, un des pionniers du journalisme régional, ancien commissaire à l’information, premier chef de bureau régional de Ziguinchor, Tambacounda et Kaolack.

Ces deux Oumar font partie des ces anciens correspondants-chefs de bureaux régionaux. Ils ont été précédés sur le terrain par une génération d’hommes et de femmes dévoués à la tâche, faisant le tour de leurs zones d’affectation, parfois sans aucun moyen de déplacement affecté par l’employeur mais toujours disponibles pour ouvrir l’intérieur du Sénégal, au reste du monde, à travers leurs productions journalistiques sur les productions agricoles, pastorales et halieutiques mais aussi sur les périodes de détresse et les épisodes de crispations entre communautés. Sans oublier leur participation à l’expression des diversités culturelles locales. Gouverneurs, préfets, sous-préfets, élus locaux et structures d’encadrement n’avaient que l’APS pour rapporter leurs apports au développement du pays. Et cette période a duré des décennies avant l’avènement d’antennes locales de radios, outre quelques stations de la RTS.

L »initiative lancée récemment par Mamadou Koumé, ancien directeur général, a réveillé les anciens de la maison, après la mobilisation de toute la presse, la semaine dernière. Il le fallait bien. Aucun parmi les signataires de la Lettre de soutien et de solidarité avec les collègues de Bamba Kassé qui se battent aujourd’hui pour sauver l’APS, n’avait reçu de formation d’agencier au CESTI dont ils sont quasi tous diplômés. La formation d’agencier « sur le tas », après une formation journalistique généraliste à l’Institut dédié (UCAD), a été rendue plus facile parce qu’on se faisait raconter sur le passage à la maison APS de personnalités qui sont par la suite allées monnayer leur talent ailleurs.

Parmi ces personnalités et plumes respectées, il y avait feu Bara Diouf, plus tard  PDG de la société éditrice du quotidien Le Soleil, Mame Less Dia, fondateur du Politicien, premier journal satirique du Sénégal, après avoir été Rédacteur en chef de l’APS, Alcino Dacosta, qui atterrit à la direction de la Communication de l’Unesco à Paris, Ciré Thiam devenu consul du Sénégal au Brésil, Mamadou Seyni Mbengue et Aly Dioum tous deux successivement, ambassadeur en Chine, Henry Mendy, directeur régional de l’Agence britannique Reuters, à Abidjan.

Le respecté El Hadji Moussa Tall dont la fille, Aïssata Tall Sall, est en train d’Oser l’Avenir, est de cette époque de la direction de l’Information dont l’APS a hérité des locaux dans toutes les capitales régionales. Il y en avait sept : Cap-Vert, Sine-Saloum, Fleuve, Sénégal oriental, Casamance, Thiès et Diourbel. Certains des agents de cette direction ont été directement reversés à l’Agence qui venait de voir le jour.

Formés discrètement dans la douleur du texte non retenu
On en laisse forcément, même quand on aura fini de parler de Mademba Ndiaye (aujourd’hui à la Banque Mondiale), Alpha Abdallah Sal, ancien secrétaire général du Synpics, Ibrahima Niane aussi à l’aise en arabe qu’en français dans le traitement de l’Information. Et ces autres venus au métier de journaliste après d’autres parcours et dont l’apport est resté inestimable : Amadou Mactar Wane, ancien rédacteur en chef, Souleymane Diop « Darsié », ancien chef de Desk central, Moustapha Sow, Souleymane « Julaps » Ndiaye, Amadou S. Hagne, Abdoul Djigo, Mbargou Diop, Khalifa Badiane et ceux qui m’excuseront de n’avoir pu les citer tout au début, mais dont la mémoire plane quelque part encore dans les productions APS.

Sur cette liste, Amadou Dieng un des premiers Sénégalais diplômés de l’Ecole de journalisme de Lille. C’est lui, à l’époque directeur de l’APS, qui avait recruté l’auteur de ces lignes.

L’APS était l’autre école du journalisme au Sénégal. On y faisait ses armes dans le presque anonymat, avant de passer s’illustrer ailleurs. On y prenait aussi quelques leçons de vie, quand le très disponible Mamadou Diène faisait preuve de solidarité et de soutien aux jeunes. Ces derniers pouvaient compter sur « grand Diène » pour porter quelques doléances à l’administration. Paix à son âme !

Les plus jeunes à cette époque, avaient trouvé appui professionnel sur un agencier très disponible pour faire à distance, des remarques-corrections sur nos dépêches de débutants. Kader Diop aujourd’hui membre du Tribunal des Pairs du CORED, ne se privait pas, alors qu’il était à l’Agence France presse (AFP) d’appeler pour nous recadrer.

Patrimoine immatériel
Peut-on parler de média sans un tour chez ces personnes de l’ombre, hommes et femmes des services techniques, sans qui aucune radio, aucune télévision aucun journal ne peut diffuser le moindre son, la moindre image, la plus simple page ?

Il en est ainsi des Al Fousseyni Seydy, Mamadou Diagne, Niokhor Diouf, Kéba Diouf, Cheikh Tidiane Couloubaly « Thiopy », Mame Bouh Kounta, etc. Il y a aussi ceux qui, tous les matins, qu’il fasse froid ou qu’ils pleuve, se réveillait avant tout le monde pour faire le tour de la ville dans le service de « ramassage » des agents. Ces chauffeurs entre autres Amadou Baïdy Guèye, Amary Camara, Ameth Dieng, Gougoute Gaye et on en laisse, méritent qu’on leur tire le chapeau, au même titre qu’à Makhtar Coly, témoin au même titre qu’Adama Thiam, de tous les succès et difficultés de l’entreprise, depuis son baptême, le 2 avril 1959. La maison doit beaucoup à leur dévouement, quand le salaire était des plus dérisoires.

L’APS, un organe misogyne ? Des femmes de valeur y ont servi et continuent de le faire dans tous les secteurs de la production : elles sont journalistes, informaticiennes, commerciales, relationnistes, etc. Salimata Traoré, Maguette Mbengue et Yacine Ndiaye ont vu défiler bien des journalistes qu’elles ont orientés vers la comptabilité pour leur première paie, dans le service dirigé par Cheikh Daouda Diouf.

C’est ce patrimoine immatériel encore très difficilement maintenu en vie, que les nouvelles autorités, sur la lancée de leur prédécesseurs, sont en train d’enfouir parce qu’insuffisamment informées – euphémisme – sur ce qu’est une Agence nationale et sa place dans la communication gouvernementale d’un pays et au-delà.

Les jeunes qui (en jours sans grève) mettent du contenu sur le fil de l’APS, sont ceux-là qui, quasi dans l’anonymat mais avec beaucoup de professionnalisme et de sacrifices, permettent aux médias de s’alimenter en informations d’intérêt public, sans touche de propagande, ni écarts dans la forme. Les pouvoirs se succèdent depuis quelques années, les difficultés de l’Agence suivent le rythme dans un sens ascendant. Un Sénégal sans Agence de presse nationale, qui en prendrait la responsabilité devant l’histoire ?

Ceux qui depuis quelques temps se signalent à l’autorité par des grèves perlées, ne demandent qu’à préserver un outil de communication nationale où l’information est traitée avec un sens très élevé de la responsabilité. Exactement ce qu’il faut à tout décideur pour comprendre ce cri du cœur, en soutien à la lutte des travailleurs de l’APS. Celle-ci ne doit pas porter sur la seule et fondamentale question des salaires. L’Agence nationale ne peut être laissée en retrait des évolutions technologiques qui impactent toutes offres d’information grand public dans le monde.

Des états généraux indispensables pour sauver le système éducatif ( Papa Ibra SAMB)

La société sénégalaise arrive à un moment où il est temps de repenser son système éducatif à travers un projet global en cohérence avec un monde en mutation. Par conséquent, il est indispensable de procéder à une réforme du système éducatif dans son ensemble. Pour cela, personne n’a le monopole de la vérité et la conception d’un tel projet de société doit être participative et inclusive. Après les deux approches sectorielles des Assises de l’éducation et de la Concertation Nationale sur l’avenir de l’Enseignement Supérieur, il devient impératif de procéder à une réflexion holistique et globale avec des objectifs précis sur le citoyen sénégalais du 21è siècle à former, les compétences comme les valeurs cardinales pour une société harmonieuse dans un environnement durable.

Des états généraux impliquant tous les segments de la société deviennent incontournables pour inventer un système éducatif en cohérence avec le modèle de développement et pour opérer toutes les ruptures aptes à tenir compte de toutes les erreurs passées et présentes qui ont fini d’installer l’école et son système dans l’impasse. Cette approche est incontournable car l’école et le savoir constituent la clé de voûte de tout développement.

Le système éducatif a toujours été et reste un secteur sensible sur la stabilité et la gouvernance du pays. Aussi, un pilotage à vue est-il savamment entretenu pour faire preuve de créativité. Tous les gouvernements successifs ont été confrontés à gérer des états d’âme et des plateformes revendicatives et il est possible de se demander s’il existe réellement une politique sectorielle bien pensée d’amont en aval privilégiant la durabilité, la soutenabilité et la pertinence en se fixant les objectifs précis sur des finalités éducatives bien définies.

Les efforts consentis par les différents régimes n’empêchent pas à l’école sénégalaise de connaître une crise récurrente et profonde qui affecte tout le système éducatif dans son ensemble. A peine sort on des perturbations dans l’élémentaire et le secondaire que l’enseignement supérieur relativement stable cette année s’embrase à la faveur d’un mouvement d’humeur des étudiants de l’Université Gaston Berger de Saint Louis ayant abouti à la mort de l’étudiant Fallou Sène suite à l’intervention des forces de l’ordre.

La gestion hasardeuse de cette crise montre des signes de fébrilité et de vulnérabilité en contradiction apparente avec le programme affiché dans le secteur puisque l’Etat du Sénégal atteste avoir mobilisé plus de 430 milliards entre 2013 et 2018 représentant 2,5 fois ce qui a été dépensé en cinquante-deux ans avec la déduction vite tirée que le Président Macky Sall aurait fait plus dans l’enseignement Supérieur que les Présidents Senghor, Diouf et Wade.

Il aurait ainsi construit des universités, des Instituts Supérieurs d’Enseignement Professionnel, des Espaces Numériques Ouverts (Université Virtuelle du Sénégal), des Centres de Recherche et d’Essais, des amphithéâtres, des milliers de lits additionnels et des laboratoires-salles de travaux pratiques etc… Pendant le même temps, le régime affirmerait aussi avoir mis sur la table environ 51 milliards rien que pour les bourses des étudiants sans compter les nouvelles mesures dans le cadre de gestion de la crise.

Cela ne nous fait pas oublier les trois universités créées en 2007 sous le régime du Président Wade et évidemment cela avait été vanté de la même manière par rapport à ses prédécesseurs qui n’auraient laissé que deux universités. Sous ce magistère, figuraient dans l’appellation du ministère de l’enseignement supérieur, les Centres Universitaires régionaux qui devraient être parmi les innovations majeures de cette époque. Sans jamais avoir existé, ces C.U.R ont disparu de la carte alors que beaucoup de moyens ont été mis en œuvre pour qu’ils participent à diversifier l’offre de formation au niveau du Supérieur de même qu’une abondante réflexion avait été menée pour la mise en œuvre de l’enseignement à distance.

La période 2000-2012 avait été aussi marquée par des investissements importants au niveau de la case des Tout Petits, de l’élémentaire et du secondaire. De même, pour faire dans l’enseignement de proximité, beaucoup de collèges et de lycées de proximité ont été érigés et qui ont contribué à une meilleure démocratisation de l’offre éducative et c’est à croire, en partie, que sont ces choix qui ont contribué à l’accroissement du nombre de bacheliers. Nous suggérions à l’époque une diversification à faire intervenir avant le baccalauréat pour fournir beaucoup de techniciens et moins de bacheliers. La même approche devrait s’appliquer dans le premier cycle du secondaire.

Au regard des efforts consentis, il est à se demander si les performances ont suivi avec une bonne balance. Pour cet exercice, nous avons pris comme repères, les données fournies pour l’année scolaire 2016-2017. Des sources officielles ont indiqué que malgré une année scolaire 2016/2017 relativement stable, sans perturbations récurrentes et pouvant être considérée comme une année académique avec zéro faute, n’eussent été les fuites et fraudes notées lors des évaluations nationales, notamment pour le concours général, le baccalauréat et le Brevet de fin d’études moyennes (Bfem), le taux de réussite du Baccalauréat a connu une chute de 5 points avec 31,6% en 2017 contre 36,6% en 2016, tout comme les examens du Certificat de fin d’études élémentaires (Cfee) et le Bfem qui ont respectivement enregistré 45% en 2017 contre 54% en 2016 et 56% en 2017 contre 58% en 2016. Pour un budget annuel qui serait de 402 milliards FCfa, l’école aurait obtenu 70% d’échec dans le secondaire, 55% dans le moyen et 44% dans l’élémentaire, en plus de la progression du taux d’abandon (19,4 dans le moyen, 9,8 dans le secondaire) et de redoublement, du déficit criard des intrants pédagogiques.

Ce serait là quelques péripéties d’une année certes apaisée, mais qui a enregistré beaucoup d’échecs. Ce qui a amené un acteur du système, Oumar Wally Zoumarou à qualifier l’année de chaotique avec des fuites allant jusqu’à considérer l’année de nulle ou blanche. Ces résultats ne sont guère reluisants et au contraire c’est un aveu d’une école de l’échec. Malgré tout, sur les 147 602 candidats ayant pris part à l’examen du bac en 2017, les 46 652 ayant décroché leur sésame (1er et 2ème tours réunis) ont dû poser un casse-tête pour leur orientation dans le supérieur. Les cohortes reçues sont sans commune mesure avec la capacité réelle d’accès.

Les universités publiques ayant atteint leurs limites, une mesure conservatoire a consisté à déverser le trop-plein dans les écoles privées selon un processus en cours depuis quelques années. Dans le Supérieur, les échecs et les abandons font également légion et les effectifs de la première année au master évoluent suivant une pyramide.
Naguère considéré comme un luxe pour nos pays par la banque mondiale, l’enseignement supérieur est devenu fréquentable depuis son séminaire d’Accra de 2003 intitulé : « l’Enseignement supérieur, ce qui marche ».

Les paradigmes ont ainsi bien changé car avec l’ajustement structurel, l’on se souvient du tollé créé par les dépenses sociales qui avaient fait l’objet de coupes sombres. Pendant de longues années, l’orientation des bacheliers était sélective et n’était plus obligatoire. C’est en 2001 que beaucoup de mesures sont prises pour corroborer une idée chère au Président WADE qui considérait à juste raison que les dépenses sur l’éducation sont des dépenses d’investissement mais aussi comme des mesures d’apaisement suite au meurtre de l’étudiant Balla GAYE. C’est ainsi que l’engorgement de l’accès dans le supérieur et la massification dans les universités constituent des problèmes d’une extrême délicatesse auxquels des réponses hardies devraient être trouvées.

D’un autre côté, ces problèmes ne devraient point occulter les autres besoins comme la formation continue, l’éducation pour tous ou au cours de toute la vie. Pourtant il est possible de se demander si ces aspects sont mieux gérés maintenant comparativement à la période à une seule université. D’autres questions peuvent être posées sur les passerelles entre les différentes filières et les différentes universités ainsi que les mises en cohérence et les complémentarités pour éviter les redondances. Quelle est la cohérence des différents parcours depuis l’élémentaire ? Toutes ces questions parmi tant d’autres posent le problème de la pertinence d’un plan stratégique global bien pensé qui constituera la commande publique ou la lettre de politique sectorielle pour une durée et une planification déterminées.

Les questions juridiques, éthiques, de norme, de qualité de transparence et de sécurité constituent un domaine stratégique vital dans un système où le diplôme cède la place à des attestations avec une conformité souvent difficile à établir. Il ne faudrait pas oublier la recherche qui reste une des missions essentielles et qui constitue le ventre mou de nos universités. Il se pose également le problème de son financement à travers des projets structurants pilotés par la demande sociale. Là aussi, la recherche universitaire libre par essence gagnerait à s’appliquer à résoudre les problèmes du développement par un plan stratégique bien maîtrisé.

Un grand peuple arrive à transcender des problèmes parce qu’il privilégie de réfléchir, de comprendre et d’agir sans mettre en avant les sentiments. Dans le cadre de cette crise accidentelle, des mesures conservatoires peuvent et doivent être prises pour calmer les esprits et cela est absolument nécessaire (peut-être seront-elles politiques), mais pour la durabilité des options à entreprendre pour agir utilement, selon mon intime conviction il faut convoquer des états généraux sur l’école avec toutes les forces vives sans exclusive. Il y va de l’intérêt de toute la nation sénégalaise.

Il s’agit de bâtir dans la durée, une école, un système éducatif, un seul pour l’atteinte des objectifs jusqu’aux plus récents de la gestion de nos ressources naturelles gazières et pétrolières. Cette question, par sa centralité mérite bien un dialogue national pour éviter de renchérir une école qui coûte déjà très cher avec des résultats médiocres comme en attestent les rangs des deux universités sénégalaises figurant sur le classement top 200 des universités africaines (48 et 157 places pour UCAD et UGB respectivement).

Après Fallou Sène et les deux autres qui l’ont précédé, un esprit pessimiste a pu prédire que le prochain meurtre d’étudiant interviendra en 2021. Quel esprit optimiste pour prédire le contraire et nous assurer que cela ne se reproduira jamais. C’est cela qui est attendu de qui de droit. Cette réponse n’est possible qu’à la seule condition qu’un bon diagnostic soit effectué sans complaisance avec une thérapeutique appropriée. Pour ma part, les causes sont multiples et systémiques. Une éradication sûre doit connaître toutes ces causes pour enrayer à jamais la survenue de tels évènements. Encore, là aussi, il est aisé de comprendre combien le pédagogique est inféodé au social. Les investissements infrastructurels doivent être en adéquation avec les mesures sociales pour éviter l’entrée en conflit entre les composantes d’un même système.

De même, les projets culturels comme ceux de l’éducation gagnent à porter l’adhésion de sa communauté éducative qui est le premier intrant pour sa réussite. Nulle surprise que l’Université du Futur Africain soit restée en l’état embryonnaire en étant victime de sa malformation congénitale. Dans ce cas d’école, notre futur a voulu se construire en oubliant le passé et le présent. Si nous admettons humblement que les mêmes causes produisent les mêmes effets, les actions durables dans le domaine de l’éducation et de la science doivent être fondées sur le socle de l’expertise collégiale de tous les sénégalais en plus de la diaspora et ses amis pour éviter les erreurs préjudiciables à notre avenir.

Au demeurant, les fractures scientifique, numérique, technologique et autres constituent un lourd handicap pour nos pays dans un monde dominé par l’information et le savoir. L’éducation doit être à la hauteur de ce défi pour éviter un décrochage. Pour être efficace, le système éducatif doit être réformé en profondeur au regard de finalités imposées par le contexte. Le type de citoyen à former est une tâche ardue car il s’agit d’un citoyen ancré sur nos valeurs cardinales et ouvert sur un monde en devenir, donc une citoyenneté planétaire responsable. L’école constitue ainsi la solution et non le problème. Or, le pilotage du système par les crises crée des dysfonctionnements qui tuent le système. Aussi n’est-il pas nécessaire de mettre sur pied un Conseil Supérieur de l’Education pour assurer en toutes circonstances la continuité et la veille dans ce domaine clé ?

Prof. Papa Ibra SAMB
Recteur Honoraire Fondateur de l’Université de Thiès
Membre Titulaire de l’Académie Nationale des Sciences et Techniques du Sénégal
Président de la Convergence d’Initiatives pour le Sénégal

Sauver l’école sénégalaise! (Par Mamadou Sy Tounkara)

L’année scolaire qui vient d’être sauvée in extremis par un énième accord entre l’Etat et les syndicats d’enseignants nous rappelle que l’Ecole sénégalaise est dans des turbulences chroniques. Sauver une année est certes une bonne chose mais c’est l’Ecole sénégalaise elle-même qu’il faut sauver. Personne n’est satisfait de sa situation actuelle : Etat, enseignants, apprenants, parents, entreprises, tout le monde se plaint à une échelle ou une autre.

Le système d’enseignement actuel hérité de la colonisation est totalement inadapté. La langue de travail est le français, une langue étrangère, et les apprenants sortent de l’école, dans leur écrasante majorité, sans jamais la maîtriser et sans aucune compétence. L’école ne fait pas connaître notre Histoire, nos cultures, notre géographie, nos richesses, nos défis présents et futurs.

Elle ne nous donne pas la fierté d’être nous-mêmes et ne fait pas de nous des créateurs, inventeurs, innovateurs devant répondre présents au banquet des nations. L’école forme des complexés-quémandeurs d’emplois, parlant et s’habillant comme le colonisateur, ignorants de leurs potentialités et devoirs communs, plaçant la réussite individuelle par l’accumulation et le paraître au-dessus de tout.

Notre école n’enseigne ni le moral ni le spirituel et exclut, au nom de la laïcité athée française, toute référence à nos religions et à nos valeureux héros. Les épopées et les enseignements des Cheikh Ahmadou Bamba, El Hadj Malick Sy, Seydina Limamoulaye et tous les autres fondateurs y sont absents.

Notre école n’est belle ni à l’intérieur ni à l’extérieur car son contenu est d’inspiration coloniale régressive et son apparence est repoussante. L’Etat est incapable de faire face à toute la demande car n’en ayant tout simplement pas les moyens.

Toutes ces turbulences de l’Ecole sénégalaise sont une logique interne, une résultante directe de l’ensemble des contradictions d’un système colonial non encore démantelé.

Pour sauver l’Ecole sénégalaise, il faut une véritable révolution silencieuse. Casser tous les codes coloniaux. Apprendre avec nos langues notre histoire, nos héros, notre géographie, nos richesses, nos défis. Apprendre comment créer, inventer, innover. Enseigner nos fois, nos vertus, nos valeurs. Bâtir les ponts entre l’école et le monde tel qu’il est et tel qu’il sera. Façonner le Sénégalais et le Sénégal de nos rêves.

Sauver l’Ecole publique (Par Abdou Fall)


On est encore manifestement reparti pour une année scolaire et universitaire agitée. Les syndicats du moyen -secondaire et du supérieur reviennent à la charge pour exiger du gouvernement le respect des « accords conclus » avec comme option proclamée la radicalisation dans les luttes, et comme arme, le recours à la grève.

Personne ne s’y trompe. La logique est simple. 2018 est année pré-électorale. C’est le moment ou jamais de contraindre les pouvoirs publics à céder sur des revendications considérées comme majeures dans le secteur .

Le gouvernement, pour sa part, met en avant les efforts colossaux d’investissements réalisés dans l’enseignement et la formation, dans les carrières et dans la valorisation matérielle et financière de la fonction enseignante .

À dire vrai, personne ne peut contester les acquis de l’école Sénégalaise ces vingt dernières années. Et pourtant le secteur est toujours sous tension et déjà en ébullition avec des risques d’hypothèque sur l’année scolaire et universitaire si des issues ne sont rapidement trouvées pour substituer des démarches positives et sereines de co-responsabilité aux logiques conflictuelles qui, même payantes dans le court terme, présentent l’inconvénient majeur et non gratifiant de conforter dans l’opinion l’idée d’un corps social qui construit son confort sur l’autel de la réussite scolaire et universitaire des enfants et de la jeunesse.

Cette perception qui s’incruste de plus en plus dans la conscience populaire est d’autant plus déplorable que ni cette même opinion, ni l’état ne met en question la légitimité et le bien – fondé des revendications soulevées par les enseignants. Car au fond , ce qui est en jeu dans cette épreuve de force, ce n’est ni la justesse des problèmes soulevés, ni la volonté de leur trouver les solutions attendues ; c’est plutôt sur les échéances de prise en charge que buttent les parties .

La question fondamentale qui se pose à partir de là est de savoir si dans un monde aujourd’hui gouverné par le savoir où les chances de progrès des nations sont fondamentalement fonction des capacités qu’elles se donnent de former des cadres et travailleurs qualifiés, est ce que ceux qui ont choisi d’assurer cette mission ont le droit, pour quelque raison que ce soit, de priver élèves et étudiants d’une seule heure de cours ?

Cette question est d’autant plus essentielle qu’au moment où l’enfant Japonais, né dans un pays post-industriel, est soumis à un rythme scolaire de 1300 heures de cours par an entièrement dispensés dans sa langue maternelle, l’enfant Sénégalais ne bénéficie que de 900 heures de cours, et dans une langue étrangère dont l’apprentissage absorbe la moitié du temps de travail qu’il consacre à l’école élémentaire.
Si pour une raison ou une autre, ce quantum horaire dérisoire, avatar de notre passé de pays colonisé, venait encore à être réduite , en mesure-t-on toutes les conséquences en termes de réussite individuelle, de contribution au bien-être des familles, des communautés et de la société dans son ensemble ?
Chaque heure de cours perdue doit se mesurer en terme d’hypothèque sur la réussite scolaire, sociale et professionnelle du futur citoyen, bâtisseur de nation dont l’enseignant porte la responsabilité de contribuer à l’éducation et d’assurer la formation.
Cette mission mérite bien tous les sacrifices pour une société qui appréhende les enjeux du monde d’aujourd’hui, essentiellement fondé sur l’économie du savoir.

Sous ce rapport, la question du futur de notre nation est indissociable de la question du devenir de notre école, l’école publique en particulier pour la mission essentielle de démocratie sociale qu’elle a historiquement jouée dans notre pays ; et dont la valeur intrinsèque se mesure dans sa capacité à fournir à notre société les moyens culturels, techniques et technologiques de son progrès et de son émancipation.

C’est pourquoi la communauté éducative est de nos jours interpellée dans toutes ses composantes, état , enseignants , société civile pour trouver , à tout prix , les moyens de mettre un terme à cette dialectique infernale, dévastatrice et contre-productive de conflits sans fin dans un secteur aussi stratégique pour le développement de notre pays , en particulier l’école publique qui a offert à chacun de nous la chance d’un statut , chance que nous avons le devoir moral de léguer à nos enfants et petits-enfants , à ceux en particulier dont les parents n’ont pas les moyens d’une alternative autre que la rue .

Pour nous qui avons été parmi les témoins privilégiés de l’évolution du système éducatif de notre pays, ces trente dernières années et des acteurs majeurs dans les luttes démocratiques et sociales pour l’accès universel à l’éducation et pour une fonction enseignante valorisée et digne de la mission qui est confiée par la société, personne n’est mieux placé que nous pour avoir la juste mesure de la longueur du chemin parcouru et de l’étendue des résultats obtenus.

Il y’a lieu toutefois d’accepter qu’entre-temps, notre pays, notre société et le monde dans lequel nous vivons ont connu de bien profondes mutations dans les rapports aux pouvoirs. Les relations entre gouvernants et gouvernés, administrateurs et administrés, dirigeants et citoyens se structurent à travers de nouveaux paradigmes alors que les modes, modalités, instruments et règles de gestion n’ont pas été mis à jour , voire réinventés.

La modeste expérience qui a été la mienne dans la gouvernance d’un secteur social stratégique comme la santé m’a appris qu’il est aujourd’hui un impératif d’engager une réflexion sérieuse sur le mode de gestion politico-administratif de ces départements sur-syndicalisés et à très forte intensité d’employés de haut niveau de qualification.
Cette observation est encore plus actuelle dans le système éducation -formation- recherche où les personnels représentent plus des trois-quarts des effectifs de la fonction publique et dont les charges liées aux traitements absorbent la moitié des recettes fiscales du pays .
Si malgré tout , l’état reconnaît la légitimité et la justesse des revendications soulevées , nous avons là une base tout à fait raisonnable pour négocier dans la sérénité et dans un esprit de co-responsabilité .

Ne nous voilons pas la face. La charge et la complexité des défis à relever au quotidien dans des départements comme l’éducation et la santé sont incompatibles avec une gestion appropriée de crises sociales récurrentes dans ces secteurs stratégiques et névralgiques telles qu’elles s’expriment en permanence sur le champ syndical .

Au delà du gouvernement, il doit être du ressort des forces politiques et sociales liées à la majorité, compagnons démocratiques des décideurs politiques, d’engager un débat de fond sur les réformes en cours et sur les nouveaux organes politico-administratifs de gestion des réformes du système scolaire et universitair, des carrières et des instruments de dialogue social et de négociations entre les parties.
Cette réflexion doit permettre de repenser les outils de gouvernance des secteurs à fort potentiel de conflits et d’arbitrages , en renforçant les pouvoirs et les moyens des organes existants de prévention, de gestion et de règlement des crises , tout en envisageant la création de nouveaux instruments politico-administratifs de co-gestion des réformes.

Les expériences connues dans nombre de pays révèlent l’existence de solutions pertinentes, durables et non budgétaires pour la gestion des problèmes liés aux carrières et aux conditions de travail et de vie des enseignants et de leurs familles à travers le monde .
La perspective de l’émergence du Sénégal avec le capital humain et la capture du dividende démographique comme leviers essentiels ne peut tolérer la persistance de crises permanentes tendant à installer l’école Sénégalaise dans un champ clos de querelles stériles ruineuses pour notre jeunesse et notre société .

La majorité se doit, aux côtés du gouvernement, de se saisir de ce débat pour en faire un sujet national qui requiert la contribution de tous car ce qui est en jeu transcende la majorité qui nous gouverne . C’est bien le devenir de notre nation qui est mis en équation.

Par ABDOU FALL
Médiateur pédagogique à la retraite
Ancien Ministre

Sos pour sauver le consommateur sénégalais

SOS pour sauver le consommateur sénégalais

De façon théorique, le Sénégalais a quasiment le DROIT à tout ! Le droit d’être soigné convenablement quand il est malade, le droit d’être à l’école quand il en a l’âge, le droit à l’eau potable, bref le droit aux services sociaux de base, pour rendre meilleure son existence sur terre. Mais c’est dans la pratique, qu’on se rend compte qu’en réalité, le Sénégalais n’a droit à RIEN.
Le fameux «Ndogalou Yalla» fait que quand on meurt par négligence dans les hôpitaux, ce n’est pas le praticien négligent qui est coupable, mais c’est Dieu, qui a décidé ce jour là, de t’arracher ton âme. C’est juste un exemple, pour décrier et dénoncer encore fois, les mouroirs par excellence, que constituent nos hôpitaux.
Malgré la bonne volonté affichée par nos autorités sanitaires, pour amener le prestataire à respecter le patient en tant qu’être humain, rien ne change. Au contraire, les choses vont de mal en pis ! Il suffit que le malade franchisse le portail d’une structure de santé, pour qu’il perde tous ses DROITS.
Nous tous, avons été témoins ne serait-ce qu’une fois, des pires «sévices» exercés sur un parent malade jusqu’à ce qu’il rende l’âme, sans que le prestataire ne s’en émeuve. Pour lui, c’est juste une page de tourner, en attendant la suivante. Il n’y a pasd’accompagnement dans les structures de santé encore moins de conseils-orientations ou si c’est le cas, c’est fait avec mépris au point de rendre le patient plus fragile et désespéré.

Cette négligence coupable devrait voire éclore de nouvelles races de consuméristes. Des défenseurs des consommateurs, qui seraient à même, de pouvoir faire condamner un prestataire, quand il s’avère que celui-ci a fait preuve de négligence sur la vie d’un patient. Il faut qu’on en arrive à brandir et maintenir une épée de Damoclès sur la tête des prestataires de soins, pour qu’ils cessent de jouer avec la vie des malades au Sénégal. Il apparaît aujourd’hui, qu’à défaut d’un Etat fort et craint, seules ces associations de consommateurs peuvent être la panacée.

Ceci devrait être aussi valable dans le domaine de l’éducation, des autres services sociaux de base comme l’eau, l’électricité et même les télécommunications et les banques dans une moindre mesure. Dans ce pays, le DROIT du citoyen est tellement banalisé qu’on peut lui priver de l’eau potable pendant une semaine, sans qu’aucune sanction ne s’abatte sur le responsable de cette pénurie.

Celui-ci d’ailleurs a le loisir d’interrompre à tout moment la distribution de l’eau potable et servir des explications totalement désinvoltes et parfois tirées par les cheveux, sans aucune suite. Le citoyen qui a le DROIT d’avoir de l’eau potable et de façon continue, peut toujours se lamenter, suer sang et eau, pour disposer du liquide précieux sans aucun soutien. La société qui fournit de l’eau potable ne perd jamais rien et peut même se permettre de gonfler des factures d’eau, pour booster sa comptabilité, quand ça lui chante.

Le consommateur lui, ne sait pas à quel saint se vouer et se voit contraint de régler sa facture sous peine d’être privé de l’eau. Si la société qui distribue de l’eau potable se savait surveillée et acculée, elle réfléchirait à deux fois, avant d’interrompre la distribution de l’eau quelque soit la raison, ou de gonfler des factures, selon les besoins de sa comptabilité.

Ne parlons même pas de la société d’électricité, qui a battu le record d’appareils électroménagers bousillés sans aucune forme de compensation du client. Celui-ci peut se morfondre dans la douleur en plus de devoir supporter les factures de sa consommation d’électricité, la société elle, n’en a rien à cirer.

La négligence du DROIT du consommateur sénégalais est également perceptible dans les télécommunications, notamment dans la téléphonie mobile où la société qui se dit leader se permet tous les écarts. Le vol opéré sur le crédit de ses clients n’émeut même plus personne, ce qui est inacceptable par contre, c’est la médiocrité fréquente du réseau sans aucune compensation au bénéfice de l’abonné.

Son DROIT est foulé du pied au mépris de toutes les règles contractuelles et devant l’impuissance chronique des associations consuméristes existantes. On va sans doute nous opposer l’argument selon lequel, l’Agence de Régulation des Télécommunications et des Postes (ARTP) s’érige en arbitre et défenseur des consommateurs, sauf que les sanctions pécuniaires infligées aux sociétés de téléphonie profitent plus à l’agence de régulation et à son fonctionnement plutôt qu’aux consommateurs…

Le DROIT du consommateur sénégalais est bafoué dans les banques où le vol et la rétention organisée de l’information deviennent monnaie courante. Des pères et mères de familles sont ruinés, parfois grugés injustement par des établissements bancaires, sans qu’ils ne soient défendus et rétablis dans leurs droits.

Le Sénégal est un pays tellement bizarre où les commerçants ou encore les transporteurs s’adonnent allègrement à la hausse des prix, quand ça leur chante, sans aucune sanction des services dédiés. La conséquence, c’est que le consommateur vit les mêmes travers à la veille par exemple de fêtes, qui nécessitent des dépenses et des déplacements à l’intérieur du pays. Malheureusement, aucune des associations existantes ne fait le poids devant les sociétés citées plus haut et les commerçants et transporteurs.

Il devient urgent aujourd’hui, de créer de nouvelles associations consuméristes plus fortes et crédibles, à défaut de pouvoir reconstituer celles qui existent depuis Mathusalem et qui sont dirigées par les mêmes personnes depuis leur création. Le consommateur d’aujourd’hui est devenu plus exigeant et à juste raison. En l’absence de l’Etat, il faut des organisations de personnes privées qui ont des moyens assez conséquents, pour protéger le DROIT de ce consommateur, faudrait-il en revanche, que celui-ci y met du sien en termes d’engagement.

Dans beaucoup de pays comme les Etats-Unis, les associations consuméristes constituent de solides boucliers pour les consommateurs. Il leur arrive très souvent, de porter plainte pour non respect du DROIT du consommateur et d’obtenir réparation du préjudice causé. Mais ce sont des instances, dirigées par des personnes désintéressées qui ont un travail, qui leur assure une vie décente, donc qui n’ont pas besoin des perdiem des séminaires ou des postes de prestige pour vivre, grâce à leur statut de défenseur des consommateurs.

Il faut qu’on accepte, en tant que consommateur, qui a des droits, de s’engager et de se mobiliser, pour défendre ce qui doit nous revenir de DROIT. On vit dans un monde où rien ne se donne, tout s’arrache y compris son DROIT le plus élémentaire.

Aly FALL 
Journaliste 

Sénégal, pour la victoire du peuple : organiser l’impossible ! (Par Guy Marius Sagna)

Quand Donald Trump lançait sa campagne aux cris de Make America Great again ! certains, exhibant l’acte de naissance, le casier judiciaire et la carte d’identité ensanglantés du sang des amérindiens, des noirs, des sud-américains, des masses pauvres appartenant au WASP des Etats-Unis, ont répliqué : When was America ever great ?
Au Sénégal, entre les critiques de la majorité de l’opposition contre le président Macky Sall et sa coalition Benno Bokk Yaakar, on peut lire le même refrain Make Senegal great again ! Et l’on peut se poser la question de savoir quand est-ce que le Sénégal a-t-il déjà était grand ? La grandeur à laquelle fait allusion l’opposition est encore là. Il est en effet grand le Sénégal qui avec 3.696 hommes et femmes est le 7e contributeur de troupes onusiennes pour les opérations de maintien de la paix alors qu’il est en proie à une crise sécuritaire intérieure sans précédant.

Au même moment 22 départements sur les 45 qu’il compte sont dépourvus de poste de police et de gendarmerie. Le Sénégal compte un policier pour plus de 5.000 habitants alors que le ratio universel de couverture sécuritaire est d’un policier pour 1.000 habitants. 7e exportateur de troupe de maintien de la paix, 3e exportateur de joueurs de football dans les championnats européens, parmi les premiers pays exportateurs de migrants irréguliers avec 12.000 sénégalais qui en 2015 et 2016 ont tenté d’entrer en Italie par la mer Méditerranée, meilleur élève du FMI, de la Bank, de l’Union Européenne…la balance commerciale du Sénégal est structurellement déficitaire. Il importe deux fois plus qu’il n’exporte. Et cela ne date pas du 25 mars 2012.

Le pays de la Teranga, qui mérite vraiment son nom dans sa propension jusqu’à présent à accorder l’hospitalité à l’impérialisme, va vers des élections législatives aux enjeux différemment cernés mais importants. Ceux-ci sont bien résumés ainsi : « Si le président n’a pas une majorité, le premier ministre ne sortira pas de son camp. Il sera du camp de l’opposition. Même si le premier ministre est issu du camp présidentiel, l’opposition pourra le destituer à tout moment. »(1). Convoquant l’article 42 de la constitution qui déclare que « le Président de la République détermine la politique de la nation » et l’article 53 disant que « le gouvernement conduit la politique de la Nation sous la direction du Premier Ministre » un analyste d’ajouter : « alors allez donc demander à un premier ministre issu d’une liste opposée à la politique du Chef de l’Etat, de conduire une politique qu’il combat ? Ce serait un désaccord inédit entre les deux têtes de l’Etat.

L’exemple le plus achevé de la dyarchie au sommet de l’Etat. »(2). Autrement dit, pour la première fois au Sénégal, malgré un parti-Etat avec un budget électoral de 3.360 milliards de francs Cfa, malgré le mode de scrutin majoritaire favorisant les grands partis politiques, malgré les média d’Etat véritables caisses de résonnance du parti du président de la république et de ses alliés, malgré les Ndiggël…il est envisagé y compris par le président et ses souteneurs que la majorité à l’assemblée nationale échappe à l’exécutif.

En 1988, disent certains, les sénégalais avaient des cailloux mais pas de cartes d’électeurs. En 2000, ils avaient des cailloux et des cartes d’électeurs d’où la survenance en mars de la première alternance politique. En 1962 le Sénégal avait Mamadou Dia mais pas de majorité à l’assemblée nationale. La question est : à qui cette majorité va-t-elle aller ?

Dans la perspective de ces élections législatives, pour une liste commune de l’opposition un appel a été lancé pour « (…) un vaste front de tous ceux qui refusent le maintien du pays sous domination et sous humiliation, capable de vaincre les tenants du pouvoir et leurs alliés extérieurs. (…) il faut construire une liste de victoire autour de cette idée mais au travers d’une plateforme qui fasse bilan à la fois des manquements de la gestion précédente et des faiblesses des Assises nationales qui ont permis d’ouvrir les brèches de la trahison en cours ». (3)
Mais en réalité, ou la prochaine trahison pour certains est déjà en cours si elle a la chance d’avoir la majorité à l’assemblée nationale en juillet ou du moins le prochain clash entre le parti majoritaire issu des législatives de juillet 2017 et sa nouvelle Coalition Alternance 2000 (CA 2000) pour d’autres est déjà lancé.
Certains leaders acquis à l’idée d’une liste unique ou commune de l’opposition théorisent l’idée de législatives véritables primaires où tous les candidats à la candidature unique ou commune de l’opposition à la présidentielle de 2019 devront se présenter dans des départements. Celui ou celle parmi les candidats à la candidature qui gagnera son département sera le candidat de l’opposition en 2019. Si plusieurs gagnent il faudra passer par un deuxième tour des primaires.
Au sein d’une certaine opposition dans et en dehors de Manko les alliances et les mésalliances ainsi que les propositions d’investitures en direction des élections législatives de 2017 se tissent et se défont au gré des ambitions réelles ou supposées prêtées aux uns et aux autres pour la prochaine élection présidentielle de 2019.
Le refus des présidents Tanor Dieng et Moustapha Niasse, à l’époque candidats à la candidature de Benno Siggil Senegal (BSS) pour la présidentielle de 2012, de laisser l’autre être le candidat-président et d’accepter d’être en cas de victoire le futur premier ministre révélait qu’aucun des deux ne croyait aux conclusions des Assises Nationales qui prônaient une réduction des pouvoirs du président. De la même manière tous ceux qui se positionnent pour la prochaine présidentielle à partir de ces législatives nous informent par la même occasion qu’ils vont trahir les Assises Nationales et les travaux de la CNRI pour ceux qui prétendent les défendre encore et qu’ils vont laisser le système politique intact pour les autres qui ne s’en réclament pas.
Le président libéral Abdoulaye Wade dit en 1995 un propos rapporté en juillet 2000. « Pour moi, c’était des gens qui jouaient un jeu, l’histoire avait fait qu’ils avaient basculé dans un camp qui les soutenait. Ceux qui recevaient des subsides de Moscou, il fallait qu’ils jouent les communistes, comme ceux qui recevaient des armes aussi ». Il ajoute pour préciser la nature de la relation d’inféodation qu’il entretient avec le « Pôle de gauche »: « Je me suis toujours dit que c’était des gens à récupérer. Cette philosophie de la récupération a toujours été la mienne… c’est-à-dire qu’il y avait des Sénégalais qui sont tombés dans le piège soviétique, mais qui fondamentalement, ne sont pas marxistes ». (4)
Le ministre socialiste Serigne Mbaye Thiam nous éclaire en 2017 sur des événements qui se sont produits dix ans plus tôt. « (…) Abdoulaye Wade a été sur la défensive à 3 reprises. La première fois, c’est quand on a décidé de boycotter les élections législatives de 2007. C’était la première initiative majeure de l’opposition avec les Yéro Deh, Ibrahima Sène et Dialo Diop avec qui j’ai travaillé sur ce schéma du boycott dans mon parti. (…) Deuxième initiative politique où Abdoulaye Wade était sur la défensive, c’était les Assises. Avec les Yéro Deh, Ibrahima Sène et d’autres. Après avoir boycotté, on a eu une discussion avec des partis étrangers, notamment le parti socialiste français, qui nous disaient : ‘’Si vous boycottez, vous n’êtes pas à l’Assemblée et donc absents du jeu politique.’’ C’est à ce moment-là qu’on a réfléchi à un moyen d’être présents dans le jeu politique. On a rédigé les termes de référence des Assises et convaincu les leaders d’aller vers les Assises. Elles ont été un moment où l’opposition a occupé le débat politique au Sénégal. »(5)
« Après la victoire commune, on pourrait nous offrir quelques sièges au nouveau gouvernement – mais toujours en minorité. Cela est le plus grand danger.

Après février 1848, les démocrates socialistes français (…) ont commis la faute d’accepter des sièges pareils. Minorité au gouvernement des républicains purs, ils ont partagé volontairement la responsabilité de toutes les infamies votées et commises par la majorité, de toutes les trahisons de la classe ouvrière à l’intérieur. Et pendant que tout cela se passait, la classe ouvrière était paralysée par la présence au gouvernement de ces messieurs, qui prétendaient l’y représenter »(6). Cet avertissement de Engels, qui date de 1894, vaut également pour ceux qui pourraient tomber dans l’hameçon appâtés qu’ils seront par quelques positions insignifiantes sur une liste unique de l’opposition.
Certains avaient dès le départ un agenda caché qui à terme devait transformer Manko en coalition électorale et continuent de tenter à travers des manœuvres anti démocratiques de faire avaliser cela. Si cela marche, dans quelques années, comme Abdoulaye Wade et Serigne Mbaye Thiam, le pot aux roses sera révélé : Après avoir récupéré les Ousmane Sonko, Malick Noël Seck, Buuba Diop, Dialo Diop, Madièye Mbodj…nous avons mis Macky Sall en difficulté à trois reprises. La première c’est lors de la manifestation du 22 octobre…
On croit être dans une coalition alternative et s’engager pour la Patrie mais on s’engage pour une future bourgeoisie bureaucratique qui laissera intact le système. On croit voter pour le peuple mais on vote en réalité pour le « club unique ».
Il est important que les progressistes sénégalais qui se réclament de la gauche et ceux qui ne s’identifient pas à cette étiquette mais qui ont tous le même dénominateur commun d’être contre ce système néo colonial et présidentialiste de 57 ans méditent ces précédentes tromperies politiques.

La sagesse populaire sénégalaise dit que les chèvres doivent s’accompagner avec des chèvres si elles ne veulent pas finir dans le ceere ou dans le daxine. Les chèvres sénégalaises n’ont pas encore suffisamment médité cela c’est pourquoi elles finissent dans le désert du Sahara, au fond de l’océan atlantique ou de la mer Méditerranée quand ce n’est pas dans les 76 enfants de moins de 5 ans et les 4 femmes qui des suites d’une diarrhée et d’une grossesse meurent tous les jours de l’année.
L’appel du député Decroix est séduisant et tentant. Le Sénégal a besoin d’autre chose. Or la « la reconstruction d’une politique citoyenne exige que les mouvements de résistance, de protestation et de luttes contre les effets de la mise en œuvre de ce système se libèrent du virus libéral »(7). Mais, comment se libérer de ce virus libéral dans une coalition dominée par des libéraux ?

Ce n’est pas une question à renvoyer aux calendes grecques que celle cherchant à savoir la nature des politiques qui seront appliquées en cas de victoire. C’est comme le franc CFA ou la monnaie unique africaine. C’est aujourd’hui qu’il faut débattre pour savoir si la monnaie sera celle des peuples ou celle d’une ou de bourgeoisies africaines.
Si les Assises Nationales n’ont été pour certains qu’un jeu pour ne pas être absents du jeu politique ont comprend aisément pourquoi ils ne les ont pas défendues lors du référendum du 20 mars 2016. Après avoir été roulés dans la farine par Wade en 2000, par la social-démocratie dans les épisodes des Assises Nationales et de BSS puis par Macky en 2012 les progressistes sénégalais vont-ils accepter d’être d’éternels dindons des farces des familles politiques conservatrices ?

Différents scénarii sont envisageables pour ces prochaines élections législatives.
Celles et ceux des sénégalais qui ont un projet antisystème devraient se souvenir que « Les grands ne nous paraissent grands que parce que nous sommes à genoux : levons-nous ! ». Aux progressistes d’être grands et de se lever. Se lever signifie pour eux d’aller sous leur propre drapeau et de convaincre le peuple. Il est intenable pour le peuple opprimé de s’appliquer un génocide discursif qui perpétue le génocide néo colonial en cours après les génocides esclavagiste et colonial. 57 ans de politiques anti nationales, anti populaires et anti démocratiques ont plongé le peuple sénégalais dans des crises sanitaire, éducative, sécuritaire, alimentaire, budgétaire…Ces crises dramatiques et tragiques ne sont pas des fatalités. Le peuple peut s’en sortir. Pour cela, autour d’un projet politique alternatif, il lui faut mettre en place un gouvernement dont les urgences dans les cinq prochaines années seront entre autres:
1- Santé : tous les sénégalais pourront se soigner où qu’ils se trouvent sur le territoire nationale à moindre coût. En lieu et place des taux de croissance et classement Doing Business du FMI ou « Fonds de la Misère Instantanée » et de son vampire de jumeau qu’est la Banque Mondiale et des diktats des autres Partenaires Techniques et Financiers (PTF) seront déterminés et diffusés les objectifs à très courts termes de réduction à leur plus simple expression de la mortalité infanto maternelle, de formation de suffisamment de personnel soignant et de dotation en matériel médical
2-Education : promouvoir une éducation – du préscolaire au supérieur – publique nationale, démocratique et populaire. A cet effet, elle sera gratuite et obligatoire jusqu’à un âge à déterminer. Supprimer l’analphabétisme par l’alphabétisation de 1.800.000 sénégalais en 3 ans. Les langues nationales seront introduites/généralisées dans l’éducation
3-Sécurité : assurer démocratiquement la sécurité intérieur des sénégalais par le relèvement du ratio universel de couverture sécuritaire et l’organisation/renforcement des populations dans une perspective d’émancipation. Organisation des populations en Penc, congrès villageois…pour assurer un contrôle populaire sur l’Etat et une prise en charge des questions que sécuritaires et de toutes les autres questions.
4-Atteindre la souveraineté alimentaire (particulièrement l’autosuffisance céréalière et laitière): Eliminer ainsi la soudure et renforcer substantiellement les revenus des exploitations agricoles familiales desquelles ne partiront plus des flux d’immigrants irréguliers. Sera ainsi réduite drastiquement la malnutrition par l’atteinte de la souveraineté alimentaire et le chômage…
5-Refondation de l’Etat dans les douze premiers mois sur la base des conclusions des Assises Nationales et des travaux de la CNRI améliorés.
6-Dénoncer APE, franc CFA, Accords de pêche, autoroute à péage, contrats miniers, Accords militaires…auxquels seront substitués des accords sauvegardant les intérêts du peuple sénégalais, permettant de financer sa sortie du sous-développement et d’assurer la sécurité du Sénégal, de ses voisins et de l’Afrique

D’où viendront les fonds pour financer ce programme d’urgence ? Ils proviendront de :
-la réduction du train de vie de l’Etat par la suppression des fonds secrets et du HCCT, le remplacement des salaires de députés par des indemnités de session…
-l’augmentation des revenus perçus par l’Etat dans les ressources minières, halieutiques…
-l’élargissement de l’assiette fiscale
-…
Le gouvernement qui devra conduire ces urgences sera constitué des femmes et des hommes politiques et techniciens qui partagent l’idée que la déconnexion du Sénégal dans une Afrique déconnectée des centres et institutions impérialistes est une condition nécessaire de sortie du sous-développement.

Pour terminer, donnons la parole à Berthold Brecht.
« Ceux qui luttent ne sont pas sûrs de gagner. Mais ceux qui ne luttent pas ont déjà perdu. ».

Dakar, le 28 mars 2017

Réparation de l’hymen : La chirurgie pour sauver l’honneur

L’hymen est considéré dans la société sénégalaise comme un inépuisable trésor qu’une fille puisse offrir à son chocolat doré, lors de leur première nuit de noces. Garder sa virginité jusqu’au jour du mariage, est une preuve assez révélatrice pour une fille qu’elle est de bonnes moeurs.

Tout comme, ça permet de ne pas faire profil bas devant son époux. Qui, en cas d’accès de colère, peut, si la fille n’est pas vierge, lui rabâcher, à chaque fois que l’envie l’en démange, qu’il ne l’a pas trouvée jeune.  

Aussi, sous le poids de la tradition et des pressions sociales, c’est très souvent l’honneur de toute la famille de la nouvelle mariée qui peut en pâtir. C’est pourquoi, quand certaines filles perdent leur virginité avant le mariage et éprouvent le dur désir de sauver leur honneur et celui de la famille, elles ne cherchent pas l’explication au ciel.

Elles se font, tout simplement, réparer l’hymen. Comme un chauffard peut aller dans un garage de mécaniciens, aux fins de se faire rafistoler sa caisse.

Cette pratique permet à la femme de redevenir vierge. Pour mieux appréhender cette pratique, Actusen.com est allé à la rencontre des Sénégalais, leur a tendu son micro, pour qu’elles puissent livrer leurs impressions sur ce recours à la plastie de l’hymen. Reportage!

Le doute n’est plus permis : la réparation de l’hymen (petit rebord de tissu qui est généralement présent comme une sorte de collerette autour de l’entrée du vagin des jeunes filles (vierges) aussi appelée hymenoplastie ou plastie de l’hymen est une dure réalité sous nos tropiques. Mais cette pratique taboue est ô combien actuelle chez certaines filles, dont la volonté inébranlable de mener la belle vie a souvent « volé » la virginité.

On n’en parle presque jamais. Ou très rarement. Actusen.com, dans le cadre de ses reportages sociétaux, s’est baladé dans quelques rues de Dakar, capitale sénégalaise. Pour interroger les citoyens sur le sujet. Ce, dans un contexte surréaliste marqué par une sorte de libertinage sexuel auquel s’adonnent certaines filles, avant même de goutter au mariage.

Trouvée dans sa boutique au moment où elle s’apprêtait à baisser ses rideaux, pour rentrer chez elle, une commerçante, sous le couvert de l’anonymat, a accepté ce que beaucoup rechignent à faire : ergoter sur le sujet qui fâche. Qui gêne et qui indispose, mais qui est une dure réalité.

La soixantaine, la dame, qui est une mère de famille et qui s’active dans les affaires nuptiales a, en effet, entendu parler de l’hyménoplastie.

Seule dans sa boutique, assise sur un tabouret en bois, vêtue d’une tunique en soie imprimée en fleurs roses et blanches, un voile  sur la tête et un chapelet à la main, elle venait juste de terminer sa prière de «gewe» (après celle du crépuscule).

Habituée du « laabaan », une dame raconte : «il m’est arrivé que des mamans me demandent conseils sur comment frauder pour que leurs filles soient considérées comme vierges… »

A la simple évocation du sujet, elle répond aisément : «j’ai beaucoup entendu parler de cette pratique et j’avoue que ce fut choquant. J’étais scandalisée. Je suis active dans la pratique du «laabaan» (festivité sur fond de tam-tams, au lendemain de la noce nuptiale du couple, si la fille est déclarée vierge).

Avec des termes un peu saccadés, elle poursuit : «il m’est arrivé que des mamans me demandent conseils sur comment frauder pour que leurs filles soient considérées comme vierges. Et en tant que mère de trois jeunes nubiles, j’accepte par compassion ».

Même si, explique-t-elle : « je n’ai jamais eu recours à cette chirurgie réparatrice, il n’en demeure pas moins qu’aujourd’hui, à y voir de près, je ne serais pas contre une telle pratique du moment que ça permet de sauver l’honneur de toute une famille ». Cela dit, « je n’encourage pas les filles à s’adonner aux pratiques sexuelles avant le mariage. Une fille doit s’abstenir, c’est très important pour sa vie de couple».

« J’ai été vierge, naturellement, quand je me suis mariée »

Rencontrée dans la rue, tenant par la main sa petite fille de deux ans, la jeune dame Aida Faye ne s’est pas fait prier pour répondre à nos questions. Toute svelte dans une robe «taille mame» en wax (coupe traditionnelle originellement portée par les grand-mères), elle s’y donne à cœur joie. «Je me demande pourquoi les jeunes filles se font opérer pour tromper les gens. Y’a pas plus malhonnête que ça », débine-t-elle.

Dans un réquisitoire de feu contre les filles qui se font chiper leur virginité avant le mariage, Aïda Faye embraie en ces termes : « quand on choisit d’avoir des relations sexuelles avant le mariage, on doit l’assumer parce que personne n’a à juger. Pour moi, le fait d’assumer ses actes est plus important que de recourir à cette supercherie».

Du haut de son mètre soixante-dix, elle renchérit avec fierté : «avant notre mariage, mon mari m’a fait savoir que ça lui importait peu que je sois vierge ou pas. Tout ce qu’il me demandait c’est d’être une épouse remarquable. J’étais vierge, naturellement, quand je me suis mariée ». Mais, dit-elle, « même si je ne l’étais pas, je me serais gardée de recourir à une quelconque opération. En plus, ça coûte cher ».

« Si je le sais, ma future épouse n’aura pas besoin de se faire opérer »

Quand on parle de reconstitution de l’hymen, il est tout à fait naturel de penser aux hommes. Ils sont tout aussi concernés. A cet effet, Actusen.com a tendu son micro à L. W, un jeune homme, célibataire, grand de taille, teint un peu clair. Casques à l’oreille, il répond, de façon catégorique et instantanée à nos questions : « mon point de vue sur ce sujet est simple : je suis contre cette pratique ».

Selon lui,  « non seulement elle vise à nous tromper, nous les hommes, mais aussi c’est injuste. A l’ère où nous sommes, on ne devrait pas imposer cela aux filles. Surtout que maintenant, les filles se marient de plus en plus tard».  

Ne voulant pas s’attarder sur le sujet, au début de l’entretien, il finit par s’asseoir sur un banc, non loin de l’endroit où se déroule l’interview en posant le sac de son ordinateur portable sur ses genoux. «Moi, je n’exigerai pas de ma future épouse d’être vierge. J’ai connu des femmes avant et ce serait injuste de ma part d’exiger cela », tranche-t-il net.

Très détaché de certaines contingences sociales, L.W en rajoute cette couche : « à moins que je ne le sache pas, ma future épouse n’aura pas à se faire opérer pour me prouver quoi que ce soit. Ce n’est pas parce qu’une fille n’est pas vierge qu’elle est mauvaise. Et il parait que l’opération coûte cher, en plus».

« Même les femmes, qui se remarient, le font sous prétexte de donner plus de satisfaction à leurs époux « 

Un peu plus loin nous apercevons un autre jeune homme qui accepte de se prononcer sur le sujet. Mais à une seule condition : c’est tout en gardant l’anonymat. Vêtu d’une chemise à carreaux, il réagit dans le même sens que L.W: «les filles qui le font, ne sont, peut-être, pas mauvaises. Mais veulent juste réparer leurs erreurs et ne pas subir des jugements». Poursuivant, il ajoute : «ce ne sont pas seulement les jeunes filles qui le font. Même les femmes qui se remarient le font sous prétexte de donner plus de satisfaction à leurs maris ».

Mécanicien de son état au quartier Gueule Tapée de Dakar, dans sa tenue de travail, Diagne semble intéressé par le sujet et interrompt son travail pour donner son avis là-dessus. La trentaine, teint noir, il joue à se faire peur : «si ma femme me fait croire qu’elle est vierge alors qu’elle a perdu puis réparé sa virginité, je divorce d’elle parce que c’est une trahison. Et puis, ça prouve qu’elle n’est pas une bonne femme », dit-il. Bref, « pour moi il n’est pas question de marier une femme qui n’est pas vierge», résume-t-il sa pensée.

Fatou Sarr : «en tant que fille, c’est honteux de ne pas être vierge, pendant sa nuit de noce »

Une fille, 27 ans, toujours célibataire sans enfant, accepte de jeter son grain de sel dans la marmite à idées qui entourent ce sujet tabou. Vu la nature de celui-ci, elle préfère, elle aussi, garder l’anonymat. Mais Actusen.com lui colle le nom de Fatou Sarr.

Sa position est, cependant, sans équivoque : «en tant que fille, c’est honteux de ne pas être vierge, pendant sa nuit de noce. Notre société incrimine les relations sexuelles avant le mariage donc on a qu’à s’abstenir », dit-elle.

« Et heureusement », fait remarquer F.S, « qu’il y a, désormais, pour les filles qui n’en disposent plus, la possibilité de recourir à la chirurgie, qui permet au moins de sauver l’honneur de la jeune femme ».

A la question de savoir quelle posture adopteriez-vous, si vous perdiez votre virginité, elle rétorque de manière brute : « personnellement, si un jour, je perdais ma virginité avant le mariage, je me ferais reconstruire l’hymen. Pour sauver mon honneur et celui de ma mère».

Awa Diop : « L’hymen est sacré pour une femme, c’est son seul trésor. On a beau croire qu’on peut réparer l’hymen, mais les filles, qui s’adonnent à cette intervention chirurgicale, se trompent lourdement « 

Il est 11H40, le soleil darde ses rayons qui tapent plutôt fort sur Dakar. La réparation de l’hymen constitue, tout de même, une pratique difficile à concevoir chez les personnes âgées. Surtout chez les femmes d’un certain âge. En attestent ces deux Mamies rencontrées par Actusen.com et qui manifestent toute leur rage à la simple évocation du sujet.

L’une d’elles, 55 ans, qu’Actusen.com rebaptise Awa Diop, est vendeuse de friperie au marché de Gueule-Tapée. Pour elle, l’expression se perçoit mal.

Assise par terre, elle prend tranquillement son petit-déjeuner. Habillée en boubou fleurette de couleur rouge et jaune, elle indique : «à notre époque, on n’entendait jamais ça, les filles d’aujourd’hui sont trop osées. L’hymen est sacré pour une femme, c’est son seul trésor. On ne peut pas réparer l’hymen. Car une fois perdu, il l’est pour de bon ».

« Une femme vierge sera toujours respectée par son époux« 

Puis dans son réquisitoire à charge, elle explique : « on a beau croire qu’on peut réparer l’hymen, mais les filles qui s’adonnent à cette intervention chirurgicale, se trompent lourdement. L’hymen, on ne l’a qu’une seule fois dans la vie ».

Et Awa Diop de pousser un grand ouf de soulagement : « heureusement pour moi, mes filles sont toutes mariées et leurs époux respectifs ont tous été fiers et contents d’elles, de même que moi et leurs tantes. Une femme déflorée par son mari sera toujours respectée par celui-ci».

Selon elle, «l’hymen qu’on tente de réparer ne peut ressembler à l’hymen inné en une fille. Et puis, ce n’est même pas religieux de créer un hymen artificiel».

« Lorsqu’une fille, après sa première nuit avec son mari, se balade dans la maison, comme si de rien n’était, ça éveille les soupçons« 

A force de gratter le vernis qui recouvre la réparation de l’hymen, certains s’en prennent, de prime abord, aux parents. « Ils (ndlr : ces derniers) ne sont plus vigilants avec leurs enfants ». C’est l’avis de l’autre dame interpellée à Gueule-Tapée, après notre entretien avec Awa Diop.

La soixantaine, Sokhna Fall (nom d’emprunt) vend de la vaisselle, au marché de Sahm. Dans son boubou violet, sous son parasol, elle affirme : «les parents ne surveillent plus les enfants et les laissent faire ce qu’ils veulent. Les gens entrent et sortent comme ils veulent chez eux ».

Elle fait remarquer : « après, le résultat se passe de commentaire : leurs filles remuent ciel et terre, pour se taper un hymen artificiel, histoire de sauver leur honneur et celui de leurs familles. Mais c’est peine perdue », dit-elle.

Car, selon Sokhna Fall, « lorsqu’une fille, après sa première nuit avec son mari, se balade dans la maison, comme si de rien n’était, ça éveille les soupçons. Une première nuit sur le lit avec son époux ne peut ressembler à aucune autre nuit».

Autant Actusen.com a cherché à s’entretenir avec un gynécologue pour mieux appréhender les contours de l’intervention chirurgicale, son coût et le profil des filles qui s’adonnent à la réparation de leur hymen, autant votre site a buté sur un rocher. Un dur rocher ! En effet, le sujet étant sensible et la pratique ô combien condamnable, nul ne veut disserter là-dessus. Tout comme, par pudeur, beaucoup de personnes interpellées ont préféré passer la main, plutôt que de s’épancher sur ce sujet tabou, aux yeux de certains Sénégalais.

« Il faut, au moins, casquer entre 200 et 300 mille francs pour se faire réparer l’hymen »

Toutefois, selon certaines confidences faites par des hommes de l’art, l’intervention chirurgicale de l’hymen coûte souvent excessivement cher. Et, ajoutent nos interlocuteurs, les filles, qui s’adonnent à cette réparation de l’hymen, doivent, au moins, casquer entre 200 et 300 mille francs. Car non seulement, les blouses blanches, qui réalisent cette reconstruction, ne courent pas les rues, mais aussi, c’est une pratique qui pourrait être contraire aux textes en vigueur dans notre pays. Donc, qui pourrait s’avérer répressive !

« L’intervention doit se faire 1 mois à 6 semaines avant le mariage, afin que les sutures internes, disparaissent complètement »

Des investigations effectuées sur Internet nous permettent de savoir que, « contrairement à ce que l’on croit, l’hymen n’est pas une membrane. Les organes sexuels externes se développent avec l’embryon, entre la 7e et la 12e semaine de la grossesse.

Les parois génitales fusionnent et forment le scrotum chez les hommes (les testicules) et les grandes et petites lèvres de la vulve (lèvres vaginales ou génitales) chez les femmes. Le pli de la muqueuse, qui subsiste avec l’ouverture au milieu, est appelé hymen. Il peut prendre selon les femmes et l’âge des formes et des ouvertures très variées ».

A cet effet, « la reconstruction de l’hymen consiste à rassembler les restes de l’hymen et à le refermer. C’est un procédé simple qui doit être fait 1 mois à 6 semaines avant le mariage, afin que les sutures internes, disparaissent complètement. L’opération se passe sous anesthésie locale.

« Pour une réparation définitive, il faut une grande habileté du chirurgien ; elle doit être réalisée quelques mois avant le mariage »

« Une membrane artificielle peut être insérée peu avant le mariage. Quand les restes de la membrane de l’hymen sont insuffisants, une réparation définitive est envisagée en rapprochant les restes de l’hymen et l’épithélium du vagin », apprend toujours Actusen.com de l’Internet.

Et cette opération reconstructive demande une grande habileté du chirurgien. Cette intervention doit être réalisée quelques mois avant le mariage ». La procédure peut se pratiquer sous sédation intraveineuse. C’est une intervention de jour. Vous entrez à la clinique le matin, et vous pouvez regagner votre domicile quelques heures après l’intervention.

L’opération dure une à deux heures, et en général les patientes peuvent reprendre leurs activités socioprofessionnelles le jour suivant. Les points de sutures sont solubles.

Toutefois, des confidences faites à Actusen.com sous le couvert de l’anonymat, il ressort que les hommes, qui ont une certaine expérience sexuelle, peuvent, quand leurs épouses saignent, savoir s’il s’agit ou non d’un hymen artificiel.

Ce, dans la mesure où, confie-t-on à Actusen.com, au moment de la nuit de noces, chez la fille ayant subi une intervention chirurgicale, la membrane est très fragile et pète plus vite que quand il s’agit de l’hymen naturel. Dans la seconde partie de ce reportage, Actusen.com vous livrera ce qu’en pensent les religions musulmane et chrétienne.

Condamné à la perpétuité pour crime passionnel : Une pétition pour sauver Samba Kane

Condamné à la perpétuité pour crime passionnel : Une pétition pour sauver Samba Kane
 Peut être le bout du tunnel pour notre compatriote Samba Kane condamné à perpétuité aux Etats- Unis pour crime passionnel contre l’amant de son épouse qui est un nigérien. Devenu imam dans cette prison de Denver où il purge tranquillement sa peine, de bonnes volontés sont en train de se battre pour obtenir sa libération.
D’après « l’As », le gouverneur du Colorado n’est pas opposé à l’idée d’accorder son pardon à Samba Kane qui a purgé près de 20 ans déjà. Ces dernières ont saisi le mouvement Y’en a marre pour recueillir 500 signatures pour lui permettre de sortir de prison et de retrouver les siens.
Le rappeur Fou Malade que nous avons joint au téléphone a lancé un appel solennel au président de la République, Macky Sall, au ministre de la Justice, Me Sidiki Kaba et à Youssou Ndour pour qu’ils signent la pétition.

Sory Kaba sur l’affaire Mbayang Diop : L’Etat fera tout pour la sauver

Peine de mort pour Mbayang Diop : “L’état fera tout pour la sauver…” (Sory Kaba)

Reparlons de l’affaire Mbayang Diop, du nom de cette sénégalaise qui risque la peine de mort en Arabie Saoudite. Sory Kaba, le directeur des sénégalais de l’extérieur assure que l’état est entrain de “tout mettre en oeuvre pour que tout se passe pour le mieux”. “Nous étions déjà au courant de cette affaire avant que la famille n’introduise auprès de nos services, une demande de recherche.

Nous avons mis en branle les dispositions afin qu’elle bénéficie de toute la protection et l’assistance consulaires nécessaires. Et si elle n’a pas les moyens de trouver un avocat, nous lui en trouverons un.Pour le moment elle est placée sous mandat de dépôt et les procédure est déclenchée…” a confié le directeur des sénégalais de l’extérieur.

Certains ONG ont aussi fait appel à l’état, à l’instar d’Horizon Sans Frontières. Son président Babacar Séyé a interpellé directement le président de la République à travers un communiqué. Hsf fait appel à la “médiation de sa majesté le Roi Mohammed VI et de toute la Oumah Islaiya auprès de son homologue saoudien pour une clémence”: ” Nous ne pouvons que demander la clémence  à sa majesté le Roi Salmane Ben Abdelaziz Al Saoud, parce que l’Arabie Saoudite est un pays souverain avec ses lois…” a déclaré le président de Hsf.

Rappelons que la jeune femme de 22 ans risque la décapitation après avoir tué la femme de son patron. Ce n’est pas la première fois que l’un de nos compatriotes fait l’objet d’une arrestation en Arabie Saoudite. Le diplomate sénégalais Alcaly Cisse est derrière les barreaux depuis quatre ans maintenant. Mêmes si les chefs d’accusations ne sont pas les mêmes, le député libéral risque également la peine de mort.

Pardon accordé au guide des Thiantas : Ou comment le Khalife a sauvé le talibé Béthio…

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L’embrasement a failli avoir lieu après les propos « jugés offensants » de Cheikh Béthio Thioune, qui ont fortement suscité le courroux de la famille de Serigne Modou Bousso Dieng, des Baye Fall et de certains Mourides. Mais, le khalife général des Mourides, Serigne Sidy Mactar Mbacké, a accordé son pardon à la tête de file des Thiantacounes. « Le mouridisme c’est la hiérarchie.

L’auteur des propos offensants envers la famille de Serigne Fallou et toute la communauté Mouride s’est lui-même repenti devant le guide suprême de la communauté mouride. Fort de ce constat, le khalife a accepté les excuses de Cheikh Béthio avant de nous instruire la constance et le pardon.

La famille, conformément aux enseignements de l’Islam, qui préfère le pardon même s’il légalise la loi du Talion, se conforme au Ndigel de Serigne Sidi Mactar.

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Affaire Aïda Mbodj : Quand Macky Sall tente de sauver la face

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L’affaire Aïda Mbodj a-t-elle poussé le Chef de l’Etat Macky Sall à élargir la mesure de destitution des élus qui cumulent plus de trois mandat ? En tout cas, au vu du dénouement de la question, on se rend compte que le régime tente de sauver la face. La Présidente du Conseil départemental de Bambey Aïda Mbodj a été démise de son poste pour « cumul » de mandats, alors que d’autres responsables du parti au pouvoir étaient toujours dans la même situation. La mesure est alors apparue aux yeux de la quasi-totalité des observateurs comme une volonté du pouvoir de neutraliser un adversaire politique, surtout que celle qui est dénommée la lionne du Baol avait déjà démissionné de son poste. Alors, l’heure est venue pour le chef de l’Etat de généraliser la mesure pour, en fin de compte, sauver la face. Ainsi, une liste noire des cumulards serait déjà sur la table du Président de la République. Si l’on en croit Abdou Mbow, Vice-président à l’Assemblée nationale et porte-parole adjoint de l’Alliance pour la République (APR), les autorités compétentes vont bientôt sévir. Des cumulards vont perdre leur dernier mandat sur les trois. Sur cela d’ailleurs, le Chef de l’Etat, Macky Sall, peu avant de prendre l’avion hier à Paris pour rallier Dakar avisait : « Nous n’en sommes qu’au commencement… Tous ceux qui sont dans la même situation que Aida Mbodj, vont subir le même sort. Même les hauts responsables du Parti qui ont plus de deux mandats électifs vont perdre le dernier », soutenait-il. Mais la question qui survient dès lors est de savoir si le régime n’était pas tout simplement contraint de continuer dans cette logique pour légitimer la mesure prise contre Aîda Mbodj. Sinon, pourquoi avoir commencé par celle-ci alors que des responsables du pouvoir continuaient de bénéficier tranquillement des avantages de leurs multiples postes ? Quoi qu’il en est, l’Apériste Yetta Sow qui détient la palme des cumulards se prépare à devenir l’agneau du sacrifice car elle est Vice-présidente à l’Assemblée nationale, première Vice-présidente du Conseil départemental, Maire de sa Commune de Ndiayène Pendao.

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Préserver l’école publique et démocratique ! Par Ndiaga SYLLA

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« L’éducation est l’arme la plus puissante qu’on puisse utiliser pour changer le monde ». Soyons assurés que cette assertion de Nelson MANDELA  ne devrait être bien comprise qu’en tant qu’elle postule  principalement l’école, la plus démocratique et la plus populaire possible.

Par delà la nécessité pour l’Etat de veiller au bon traitement des personnels enseignants et d’assurer les meilleures conditions d’enseignement/apprentissage, les enseignants, parents d’élèves et patriotes ne devraient-ils pas avoir le souci constant de préserver l’ECOLE DEMOCRATIQUE.

Il se trouve que cet impératif ne se mesure pas seulement à l’aune de la scolarisation universelle, à l’égal accès. Bien plus que la transparence et l’équité dans la gestion du système, c’est aussi et surtout la QUALITE de l’Education que nous devons promouvoir. Ainsi préférerions-nous des écoles faites d’abris provisoires (encore près de 6.000 au total) où les enseignants bien que trimant forment des citoyens qui auront les capacités d’occuper les hautes fonctions que leur réserve la République. N’acceptons pas de concourir à une ECOLE DE L’ECHEC qui ferait que les élites du Sénégal ne soient plus issus de l’Ecole publique qui a pourtant bienveillamment accueilli, encadré et formé ces citoyens d’hier, de Senghor à Macky, devenus nos chefs d’Etat.

Par devoir de génération, pensez à la stabilité et la performance du système éducatif. C’est ainsi qu’après une longue série de négociation, l’on parvint à s’accorder sur le protocole d’accord en février 2014 – au nom de notre organisation, nous l’avions signé avec réserve relativement au point sur la validation parce qu’il comportait des termes équivoques-. Sans doute, le Gouvernement qui avait promis de signer des accords réalistes qu’il serait à même d’appliquer se résolut-il finalement à les approuver.

En tout état de cause, comprenons bien que le message à la Nation du Chef de l’Etat, bien que s’adressant solennellement à tous les compatriotes, comporte, vis-à-vis des personnels enseignants, des engagements fermes et à court terme qui devraient être appréciés à leur juste mesure. Dès lors, la sérénité devrait être retrouvée quand bien même il n’aurait pas été inutile que le Président reçût  à nouveau la communauté éducative dans le but de mieux garantir la décrispation. Admettons donc que l’Etat a consenti des efforts même s’il reste encore beaucoup à faire au regard des effectifs et des dossiers et des chiffres sur lesquels l’on s’accorde rarement. Sinon, nous risquerions de dépenser tout ce que l’Etat nous octroierait en guise de rémunération et autres indemnités pour pourvoir ailleurs à la bonne formation à nos propres enfants…

Il nous faut substituer « l’ECOLE DE LA REUSSITE » à L’ECOLE DE L’ECHEC, afin de produire des « CITOYENS MODELES » dotés d’un savoir-être et d’un savoir-faire qui les placeraient dans les conditions de s’adapter à l’évolution de monde, de s’acquittant de leurs devoirs, d’être capables d’innover et de contribuer au  développement du pays.

Qu’est-ce qui explique que l’Ecole publique sénégalaise soit fortement secouée par des crises récurrentes malgré les sacrifices considérables consentis par le peuple en termes de réformes et de budget alloué au secteur ? Pourquoi en dépit des principes et mécanismes du dialogue social renforcés depuis l’institution du Haut Conseil du Dialogue Social (HCDS) et la mise en place du Comité du Dialogue Social/Secteur Education et Formation (CDS/SEF), les acteurs peinent-ils encore à construire un vrai PACTE DE STABILITE ?

Or la préservation d’un système éducatif démocratique et performant demeure le substrat de toute politique visant la véritable émergence, le développement durable. L’Ecole de la COMMUNAUTE prônée par les pertinentes conclusions des Assises de l’Education doit se traduire par l’implication de TOUS. Sous ce rapport, permettez-nous de saluer vivement l’initiative de la COSYDEP et des organisations de la Société civile et d’exhorter tous les cadres du dialogue social à sauver l’école publique et à veiller à la stabilité du secteur primordial de l’EDUCATION !

Au cas contraire, l’on poserait inconsciemment les jalons d’une REVOLTE, demain, de la grande partie de cette communauté. Et les partisans de la PRIVATISATION DE L’ECOLE seront les premiers coupables à répondre au ban des accusés.

A l’endroit de nos camarades syndicalistes, nous comprenons les velléités guerrières des uns et soutenons l’engagement militant des autres. Mais la grande unité syndicale est l’arme la plus efficace car non seulement elle amoindrit les luttes de positionnement, mais également elle rend les stratégies de revendications plus efficaces et les syndicats plus crédibles.

Le Gouvernement se doit de bannir la communication visant essentiellement à diaboliser les enseignants. Il a l’obligation de respect et de considération à toutes les générations d’enseignants qui ont déjà consenti de lourds sacrifices pour pousser loin les limites de l’obscurantisme.

Substituons la logique de négociation à celle de la confrontation  et restaurons la confiance mutuelle afin de parvenir ensemble à extirper l’Ecole publique sénégalaise de ce cycle chaotique et traumatisant de grèves, de débrayages, de rétention de notes et de boycott d’examens avec son cortège de désastres et d’échecs scolaires dommageables pour l’avenir de la Nation.

Ndiaga SYLLA,

Ancien Secrétaire Général National de l’ADEPT

Ancien Rapporteur de la Commission Formation et Communication du CDS/SE