A Bruxelles, des milliers de personnes défilent contre « la terreur et la haine »

Une marche a été organisée dimanche à Bruxelles en hommage aux victimes des attentats qui ont endeuillé la ville le 22 mars.

Près d’un mois après les attentats sanglants du 22 mars à l’aéroport de Zaventem et à la station de métro Maelbeek, à Bruxelles, cent cinquante organisations belges avaient appelé, dimanche 17 avril, à un défilé contre « la terreur et la haine ». Hommage aux victimes des actes terroristes et appel à la tolérance, la manifestation prévue le 27 mars avait été annulée pour des raisons de sécurité.

Le cortège principal s’est lancé peu après 14 heures de la gare du Nord avant d’être rejoint par un autre, parti symboliquement du parvis Saint-Jean-Baptiste, au cœur de Molenbeek, la municipalité où vivait, et dont était originaire, une bonne partie des membres des commandos liés à l’organisation Etat islamique (EI) qui ont frappé Bruxelles, mais aussi Paris et Saint-Denis, en novembre 2015.

Il s’agissait pour les organisateurs de la manifestation de démontrer que Molenbeek est « multiculturelle et ouverte ». « Daech casse-toi, Bruxelles n’est pas à toi ! », s’époumonait une poignée de gamins à la tête du cortège molenbeekois, fustigeant l’EI.

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Sept mille participants

Quelque sept mille personnes se sont rassemblées, selon les médias belges, bien en deçà des quinze mille escomptées par les organisateurs. Avant le départ, les organisateurs ne cachaient pas une certaine inquiétude quant au nombre de participants, beaucoup de personnes redoutant encore de se joindre à un rassemblement de masse dans un contexte encore troublé — les autorités maintiennent le niveau d’alerte terroriste à 3, ce qui indique une menace « possible et vraisemblable » d’attentat.

« Quand des concitoyens, civils, sans aucune défense, sont abattus lâchement, c’est tous les citoyens qui doivent se lever pour exprimer leur dégoût et leur solidarité », a déclaré à l’Agence France-Presse Hassan Bousetta, un élu socialiste de Liège (Est), à la tête d’une des associations organisatrices. « C’est d’abord un recueillement, un message de compassion envers les victimes et un moment de communion citoyenne », a-t-il ajouté.

En tête du cortège, une banderole affichait #tousensemble contre la haine et la terreur, en français et en néerlandais. Puis suivait un camion de pompiers, gyrophares allumés, pour symboliser le rôle important des secouristes, selon le porte-parole des pompiers, Pierre Meys.

Les manifestants ont convergé vers la place de Bruxelles pour y déposer des fleurs.

Représentants de tous les cultes

Les premiers rangs du cortège étaient réservés aux familles de victimes, suivies par des représentants des différentes religions. Une douzaine de membres d’une association de dialogue interreligieux portaient une grande banderole sur laquelle était écrit « Together in peace » (« Ensemble en paix »), ornée de dessins de colombes.

Des représentants de tous les cultes étaient très visibles, en particulier musulmans, avec le slogan « L’amour est ma religion et ma foi ». Egalement présent, à titre personnel, le ministre de la justice, Koen Geens, un chrétien-démocrate flamand.

Les manifestants ont convergé, en milieu d’après-midi, vers la place de Bruxelles, devenue le principal lieu de recueillement après le 22 mars, pour y déposer des fleurs.

Source : Le Monde

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