Abdoul Mbaye, Tounkara, Sonko, Aida Mbodj… : Le cimetière des prétentions et ambitions politiques démesurées


47 listes ont pris part aux législatives de dimanche dernier. Mais, au final, moins de 10 coalitions et partis seront présents à l’Assemblée nationale. Et parmi les nombreux candidats recalés, il y a de «grands noms», qui se voyaient déjà au sein de l’hémicycle.

Une station qu’ils comptaient mettre à profit pour mieux sauter vers la présidence. Mais, hélas, que de déception ! Déception sans doute chez Abdoul Mbaye, qui, après quelques mois d’incubation politique au sein du régime de Macky Sall, dont il était le Premier ministre, s’est senti suffisamment doté, pour voler de ses propres ailes. Nain politique, il s’est cru capable de s’élever plus haut que les géants de la scène qu’il a royalement snobés, refusant toute dynamique unitaire avec eux, car les trouvant trop compromis ou «salis», pour avoir été aux commandes du pays. Mais, au final, il n’a été que l’ombre de lui-même, loin derrière les «pestiférés». Malgré la débauche d’énergie pendant la campagne, se faisant passer pour le commun des Sénégalais, ces derniers lui ont démontré qu’il était encore loin d’être un Sénégalais commun.

Déception également chez Ousmane Sonko, le «Zorro» sénégalais, qui s’est tant donné et sacrifié pour le peuple, dont il a fait de la défense des intérêts un sacerdoce, s’attendant sans doute à un retour d’investissement, sous forme de gain électoral. Mais hélas, il faut ne rien comprendre à la politique sous le ciel sénégalais pour espérer y percer par le simple don de soi.
Et que dire d’un Tounkara, qui s’est vu tellement grand, bon et beau sur le plateau de son émission «Sénégal ça kanam» et à travers ses coups de gueule, qu’il a trouvé facile de sauter de la télé à l’Assemblée nationale, et de dégommer les politiciens, en oubliant qu’en prenant une telle posture, il est devenu lui-même politicien ? Mais pas suffisamment pour rivaliser avec ceux qu’il a voulu écarter, on ne sait de quel droit, des affaires de la cité.
Et son lamentable sort aux législatives a été celui de tous ces candidats, qui se cachent sous le manteau trop large de la société civile. Comment peuvent-ils ignorer que l’électeur sénégalais, pour des raisons diverses, a toujours préféré les politiques en cas de joutes électorales ?
Au chapitre des prétentieux et ambitieux ramenés à la réalité par la vérité des urnes, il n’y a pas que de nouvelles têtes. Il y a aussi des politiciens aguerris, ou qui se croyaient si aguerris qu’ils ont brisé le nid où on les a couvés politiquement. Parmi eux, Aïda Mbodji qui, au lieu de renforcer sa position au Pds, a préféré prendre son chemin, toute seule. Et dimanche, elle s’est retrouvée vraiment toute seule, battue à plate couture dans tout Bambey, son fief qui lui était resté fidèle, pendant tout le temps qu’elle était restée fidèle à son parti.
Et que dire de Malick Gackou, qui a vu très vite tellement grand qu’il a collé l’adjectif à sa formation politique (Le Grand Parti) ? Mais Guédiawaye, sa base naturelle qui devait lui servir de rampe de lancement, pour le long voyage vers la station présidentielle, lui a rappelé qu’il n’était pas encore assez grand pour porter le «kaftan» de Président.
Certes, il est permis de rêver, et chacun peu nourrir des prétentions et des ambitions. Mais, en politique, surtout au Sénégal, le rêve est souvent très loin de la réalité. Et à vouloir voler plus loin que son horizon, on n’y laisse forcément des plumes.

Jotay

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