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Arabie Saoudite : Des portails d’auto-stérilisation pour les Deux Saintes Mosquées

La Présidence générale des affaires de la Mosquée Al-Haram et de la Mosquée Nabawi a inauguré les «portails d’auto-stérilisation» dotés les dernières technologies développées, dans le cadre des mesures de précaution prises depuis le début de la pandémie du Coronavirus/ Covid 19.
Les portails d’auto-stérilisation stérilisent les personnes avec un spray antiseptique et sont équipées de caméras thermiques pour détecter les températures à une distance de 6 mètres, et d’un écran intelligent pour lire les températures. Ces portes qui peuvent lire la température de plusieurs personnes en une seconde, disposent d’un désinfectant, de caméras de surveillance thermique et de moniteurs intelligents.
Les portails viennent en complément des mesures préventives que la présidence a prises dans les Deux Saintes Mosquées, dont la plus importante est l’examen de tous les entrants à la Mosquée sacrée, l’installation de caméras thermiques et l’application d’espacement entre les fidèles afin de garantir la sécurité des personnes présentes dans les sanctuaires.

Pour Obama, la gestion du coronavirus par Trump est un “désastre chaotique absolu”

L’ancien président des États-Unis en a profité pour renouveler son soutien à Joe Biden, son ex-vice-président.

Barack Obama s'en est pris vertement à la gestion de l'épidémie de coronavirus par Donald
Barack Obama s’en est pris vertement à la gestion de l’épidémie de coronavirus par Donald Trump.

L’ancien président des États-Unis Barack Obama a estimé que la gestion de la pandémie due au nouveau coronavirus par son successeur Donald Trump était un “désastre chaotique absolu”, ont rapporté ce samedi 9 mai des médias américains.

Cette critique cinglante, la plus explicite à ce jour de sa part, l’ex-président démocrate l’a faite vendredi soir lors d’une conversation téléphonique d’une demi-heure avec d’anciens collaborateurs de son gouvernement, dont Yahoo News s’est procuré un enregistrement.

Donald Trump a “rejeté les avertissements” sur le covid-19

Barack Obama y invoque notamment la réponse à la crise sanitaire pour justifier la nécessité de choisir de bons dirigeants et appeler ses ex-conseillers à s’investir dans la campagne de Joe Biden, son ancien vice-président et candidat démocrate à la présidentielle de novembre face à Donald Trump.

“L’élection qui arrive, à tous les niveaux, est tellement importante car nous n’affronterons pas seulement un individu ou un parti politique”, a-t-il dit, selon ses propos rapportés par plusieurs médias. Il estime que le véritable adversaire, ce sont des “tendances de long-terme” comme ”être tribal, être divisés, voir les autres comme des ennemis”, qui risquent de caractériser “la vie américaine”.

Encore très populaire chez les démocrates, Barack Obama avait déjà laissé entendre que le milliardaire républicain avait “rejeté les avertissements” sur les risques de pandémie. Donald Trump est accusé par ses détracteurs d’avoir d’abord minimisé la menace, puis d’avoir donné des consignes contradictoires et confuses, entre les appels à la prudence et la hâte de voir l’économie redémarrer.

L’État de droit “menacé” par Trump? 

Dans la conversation de vendredi, le premier président noir des États-Unis (2009-2017) est aussi revenu sur la décision controversée du ministère américain de la Justice de retirer le dossier d’accusation contre Michael Flynn, un ex-conseiller de Donald Trump poursuivi pour avoir menti sur ses contacts avec un diplomate russe.

“Il n’y a aucun précédent que l’on puisse trouver sur une personne inculpée de parjure qui s’en tire impunément”, a-t-il dit. “C’est le genre de situation où l’on peut commencer à redouter que (…) notre lecture basique de l’État de droit soit menacée”, a-t-il prévenu.

“Quand on prend ce chemin, cela peut aller très vite, comme on l’a vu ailleurs”, a-t-il ajouté, appelant à ne pas sous-estimer cet événement. Là aussi, il souligne y voir une raison pour soutenir son ancien vice-président. “C’est pourquoi je vais passer autant de temps que nécessaire à faire campagne aussi intensivement que possible pour Joe Biden”, a-t-il assuré.

Détecté dans du sperme, le coronavirus est-il aussi une Mst?

Déjà repéré dans la salive, le sang et dans les selles, le coronavirus a été détecté par des chercheurs chinois dans le sperme de plusieurs personnes ayant contracté le Covid-19, y compris chez des patients en rémission.

C’est ce que rélève une nouvelle étude publiée jeudi par la revue scientifique américaine Journal of American Medical Association. Toutefois, d’autres études devront être menées pour confirmer cette donnée.

L’étude a été réalisée par des chercheurs de Pékin sur 38 hommes passés par l’hôpital de Shangqiu, dans la province du Henan (nord-est).

Six de ces patients ont vu leur sperme testé positif, soit 16%, dont deux qui avaient passé la phase aiguë de la maladie et étaient considérés comme en rémission.

Les auteurs soulignent que la portée de l’étude est «limitée par la faible taille de l’échantillon» testé et que d’autres études seront nécessaires pour mieux comprendre la durée de vie du virus dans le sperme et les conditions de sa transmission.

Le Covid-19 est connu pour se transmettre par des gouttelettes (secrétions projetées par la personne atteinte). Des traces du virus ont déjà été détectées dans la salive, l’urine et les selles. 

Covid-19 : Une maladie, mille mystères (par Bayaliou)

Avec la pandémie du nouveau coronavirus, jamais l’humanité n’a été autant bouleversé par une crise sanitaire qui aura secoué tous ses fondements socio-économiques.Le monde s’est en effet retrouvé du jour au lendemain, dans une guerre totale contre un ennemi aussi vicieux que mystérieux, le Sars-Cov-2 responsable de la Covid-19. Une maladie que la communauté scientifique n’arrive toujours pas à cerner et qui continue d’étaler ses mystères sur son origine, son mode de transmission, ses symptômes,sa progression géographique, son taux de mortalité ou encore son immunité.

Si les prochaines découvertes bousculent nos perceptions, ne soyez pas étonnés…” Ces propos tenus par Dr Li Lanjuan, experte chinoise de la Covid-19, le 19 avril, après la présentation des résultats d’une étude sur les mutations du “mystérieux virus, mutant, résistant, fatal pour certains, invisible chez d’autres » montre combien l’évolution de la pandémie préoccupe la communauté scientifique.  En vérité, quatre mois après son émergence, médecins, virologues, infectiologues, chercheurs et experts en santé publiques réalisent qu’ils ne savent que peu de choses  du Sars-Cov-2.

Les informations constantes jusque là avancées disent que c’est une ‎maladie infectieuse due à un coronavirus découvert ‎récemment. ‎La majorité des personnes atteintes ‎ne ressentiront que des symptômes bénins ou ‎modérés et guérissent sans traitement particulier. ‎Le virus qui entraîne la maladie se transmet ‎principalement par des gouttelettes produites ‎lorsqu’une personne infectée tousse, éternue, ou ‎lors d’une expiration.

Entre son apparition à Wuhan en Chine au mois de décembre et aujourd’hui, la Covid-19 affiche à son compteur macabre plus de 252.000 victimes pour un total de 3.600 000 de personnes infectées. Et, ce qui était parti pour être une grippe saisonnière est devenue une pandémie touchant toute la planète exceptés  quelques no man’s land. 

Toutefois, un grand voile de mystères entoure toujours cette maladie et le virus qui la cause. Les inconnus s’accumulent et le monde scientifique semble avancer à tâtons. Si les Américains pensent que le virus s’est échappé d’un laboratoire chinois, la thèse la plus partagée reste la transmission animale. Les symptômes de la maladies, aussi divers que variés, ont constitué les premières preuves de la tergiversation des scientifiques. 

De l’atteinte des voies respiratoires pour les premiers patients, la maladie s’est présentée par la suite sous des tableaux différents pour d’autres patients (diarrhées, dysfonctionnements rénaux, difficultés cardiovasculaires problèmes cutanés) et des études toujours en cours remettraient en causes les premières certitudes, selon des chercheurs Suisses, Chinois et Allemands.

La progression géographique de la maladie va également au delà de toutes les hypothèses scientifiques. Les conditions climatiques, le niveau de développement économique, l’état de délabrement des infrastructures sanitaires des pays pauvres, rien ne semble expliquer pourquoi certains pays sont terrassés et d’autres épargnés. 

Dans cet ordre d’idée, l’Afrique est venue déjouer toutes les prédictions des sommités sanitaires qui voyaient déjà des millions de morts joncher les principales villes du continent mère. Pourquoi, Sars-Cov-2 a-t-il juste 

effleuré jusque là Mère Afrique? Là encore, Mystère et boule de gomme !

Autre réalité pour le moins bluffante, quand l’Iran croule sous le nombre de cas ( environ 100.000) avec 6340 morts, l’Irak voisin est à 2300 cas pour moins de 100 morts. Idem pour la République dominicaine très touchée et sa voisine Haïti épargnée. De grandes métropoles comme Paris, New York, Londres, Milan très touchées avec des dizaines de milliers de morts donnent à voir le même paradoxe comparées à d’autres métropoles aussi densément habitées mais relativement épargnées comme Lagos, Bruxelles, Dakar…

D’autre part, les enfants qui d’habitude sont très vulnérables aux différentes formes de grippe, sont comme par extraordinaire les plus résistants à la Covid-19; alors que les scientifiques, redoutant un hécatombe avaient, dès les premières semaines de l’apparition de la maladie, demandé l’isolement total des enfants à travers la fermeture des établissements d’enseignements, des crèches et garderies. 

L’établissement et le respect strict de mesures barrières  que sont le lavage régulier des mains, la distanciation sociale, le port de masque, encore que ce dernier point a suscité la controverse dans le gotha médical, semblent être la seule éclaircie dans l’océan de mystères de la Covid-19. 

De quoi Mansour Faye est-il le nom ? Par Guy Marius Sagna

Aujourd’hui, il est devenu clair que le président Macky Sall maquillait les chiffres sur le riz, l’arachide…
La bourgeoisie bureaucratique, quand elle ne peut pas changer la réalité, elle change les chiffres.
Elle les cache aussi en vous bassinant de taux de croissance et de pourcentages. Ainsi, vous n’entendrez jamais Macky Sall dire qu’en 2017 il y a eu 22.575 enfants de moins de 5 ans morts de diarrhée, d’infection respiratoire aigüe et de malnutrition. Si nous restons sur ce dernier chiffre de 22.575 enfants, cela veut dire que tous les jours en 2017 il y avait 61 enfants qui mourraient de mort évitable. Quelles leçons en tirer ?

La vie humaine est sacrée. Mais on le voit tous les jours, toutes les vies n’ont pas le même prix. Si les africains étaient les seuls victimes du Covid-19, il ne serait pas déclaré « pandémie ». Si les pays impérialistes n’avaient pas fermé leurs frontières Macky et sa classe auraient traité le coronavirus comme ils traitent la mortalité infantile c’est-à-dire en prenant leur temps.

Avec trois morts, Macky prend toutes ces mesures. Pourquoi Macky n’a pas pris ces mêmes mesures pour les 4 femmes qui meurent tous les jours d’une grossesse, pour les 30 sénégalais qui deviennent aveugles tous les jours ? Pour les 821 nouveaux demandeurs d’emploi quotidiens ? Pour les 8.640.000 analphabètes que compte le Sénégal ? Pour ces 61 enfants qui disparaissent tous les jours ? Pour les enfants victimes de traites ? Pour les 1.500.000 enfants hors de l’école ?

Cela veut dire que Macky Sall ne travaille pas en réalité. Du moins, il ne travaille pas pour le peuple. Il travaille pour son parti, sa fratrie et l’impérialisme.

Où est l’émergence ? A quoi nous sert aujourd’hui le classement Doing business ?

A ceux qui trouvaient « dérisoires » les 50 milliards « recouvrés » par l’Etat dans la traque des biens mal acquis, Mme Aminata Touré précisait que c’est « l’équivalent de 10 hôpitaux qu’on peut construire ».

Aujourd’hui, nous comprenons tous que la fortune de Macky, le château et la fortune de tel ministre, la résidence de tel directeur national c’est l’hôpital qui a été pris à Saraya, c’est l’électricité qui a été volé à la commune de Fass Tièkène, c’est le poisson qui est pris à nos pêcheurs, ce sont des infirmiers et les sages-femmes arrachés aux populations, ce sont les universités et les bourses volées aux étudiants, ce sont les faibles quantités de semences et de matériel agricole…Chaque scandale sur lequel il a posé son coude est un hôpital, un biologiste, un médecin, des gants, des masques enlevés au peuple.

Incapable de changer la réalité il traficote les chiffres, ne faisant confiance qu’en Boun Abdallah il supprime le poste de premier ministre, ayant nommé Mansour Faye il est obligé de nommer Aliou Sall…C’est cela le Sénégal néocolonial, vitrine politique de la françafric.

Quel est le mérite de Mansour Faye : du président de la république il est le « goro ».
Quel est son crime : comme son beau-frère, il prend les citoyens pour des « golo ».

Mansour Faye est le symbole du « réewmi dan koy paaco ken du ko penco ».
Mansour Faye est le symbole de comment on vide le Ministère de la santé et de l’action sociale (Msas) du budget de l’action sociale pour le confier à son beau-frère afin de faire de la politique politicienne.
Mansour Faye c’est aussi la preuve que non seulement « la patrie avant le parti » n’a pas été réalisé mais pire qu’ils nous ont renforcé « la fratrie avant la patrie ».
Qui pour faire les comptes et mécomptes du Covid-19 ?

Parmi les questions que nous devons nous poser figurent aussi celles-ci :
-un pays comme le Sénégal doit-il payer ses députés ?
-un pays comme le Sénégal doit-il laisser ses ministres avoir une Mercedes et une 4X4 ?
-un pays comme le Sénégal doit-il…

Il y a en effet une guerre à mener. Guerre contre ce système. Guerre contre les voleurs du peuple. Guerre pour la souveraineté alimentaire, sanitaire, monétaire, sécuritaire…
Guerre pour quitter ce statut de « marché émergent » afin de faire entrer nos peuples dans les « sociétés émergentes ». Et nous la gagnerons car nous sommes d’éternels optimistes persuadés qu’il y a une perspective à conquérir. Perspective d’émancipation, de sortie du néocolonialisme, d’unité africaine, d’une Terre débarrassée du virus capitaliste.

Contre le coronavirus
Contre le COLONIAVIRUS
Ensemble nous vaincrons.

«Covidgate : Le business macabre de 2 délinquants, Diop Sy et Mansour Faye» Par Seybatou Sougou

Le 19 avril 2019, le tribunal de commerce hors-classe de Dakar en audience de la Chambre des procédures collectives, a constaté la cessation de paiement de la société de Diop SY, et ordonné la liquidation des biens de sa société « Urbaine d’entreprise ». Lorsqu’une entreprise n’est plus en capacité de régler ses dettes avec son actif disponible, elle se trouve alors en situation de cessation de paiement (dépôt de bilan). La liquidation judiciaire survient lorsque la société est dans l’impossibilité de pouvoir faire face à la poursuite de son activité.

La situation est si compromise que la société n’a pas d’autre choix que de disparaître. Lorsque la liquidation est prononcée dans le jugement d’ouverture de la procédure collective, le dirigeant de l’entreprise est dessaisi de ses fonctions (pour l’entreprise de Diop SY, le tribunal de commerce a désigné M. El Hadjj Allah Kane en qualité de juge commissaire et Mme Delphine N’Diaye en qualité de syndic). En liquidation judiciaire, le jugement emporte arrêt de l’activité.

Par exception (extrêmement rare pour ne pas dire nul), le Tribunal peut autoriser la poursuite de l’activité dans trois cas précis : 1) si l’intérêt des créanciers l’exige, 2) si l’intérêt public est en cause, 3) si des perspectives de cession d’entreprise existent.

Alors que le tribunal de commerce hors-classe de Dakar a ordonné la liquidation des biens de la société de Diop SY (UDE) depuis le 19 avril 2019, ce dernier a décidé de se refaire une santé financière sur le dos des Sénégalais, dans le cadre d’une entente illicite et d’une magouille de bas étage avec un piètre ministre affairiste Mansour Faye.

Alors que le pays tout entier retient son souffle, que la majorité de la population sénégalaise est confrontée à une situation sociale dramatique et n’arrive plus à se nourrir, que des hommes d’affaires, et des citoyens se sont mobilisés pour apporter leur contribution financière au fonds mis en place pour lutter contre la pandémie de COVID-19 ; 2 sinistres personnages indignes, perfides, ignobles et dépourvus d’honneur, se sont comportés comme des malfrats, décidant de faire du business avec le CORONAVIRUS : « le business de la mort ».

Le député Diop Sy et le ministre le ministre Mansour Faye ; 2 énergumènes perfides qui jouent avec la mort (COVID-19), et profitent de la pandémie du CORONAVIRUS ne méritent qu’une seule chose : la prison à perpétuité et l’indignité à vie. Alors que le peuple crève de faim, et que les citoyens sont préoccupés par le CORONAVIRUS, ils se sucrent ! Le Ministre Mansour Faye (qui doit sa nomination à son appartenance au clan Faye-Sall) doit être démis de ses fonctions et traduit devant la haute cour de justice. Cette affaire est d’une extrême gravité.

In fine, un seul homme, depuis son accession au pouvoir, par effraction en 2012, a favorisé la persistance de telles pratiques « macabres » : Macky Sall, un « président » irresponsable, et incompétent, qui devra forcément un jour, ou l’autre rendre compte de ses turpitudes.

Ps

Redressement judiciaire : une procédure de redressement judiciaire est destinée à permettre la sauvegarde de l’entreprise, le maintien de l’activité et l’apurement du passif (à ce stade, la situation est rattrapable).

Liquidation judiciaire : Elle est prononcée lorsque l’entreprise a cessé toute activité ou lorsque le redressement est manifestement impossible. Par quel miracle l’entreprise de Diop Sy (Urbaine d’Entreprise), en liquidation, judiciaire depuis le 19 avril 2019 a-t-elle pu remporter le marché de transport d’aide alimentaire au titre du Covid ?

Bill Gates, médecin du monde

 Le génie visionnaire est devenu expert en maladies infectieuses : VIH, polio, paludisme… maintenant Covid-19. Il promet des milliards pour la fabrication du vaccin, mais s’inquiète pour sa distribution dans les pays les plus pauvres
Le génie visionnaire est devenu expert en maladies infectieuses : VIH, polio, paludisme… maintenant Covid-19. Il promet des milliards pour la fabrication du vaccin, mais s’inquiète pour sa distribution dans les pays les plus pauvres Nati Harnik/AP/SIPA

Avec sa femme, Melinda, le fondateur de Microsoft, devenu l’un des hommes les plus riches de la planète, veut être celui qui débarrassera l’humanité des épidémies.

En vingt ans, c’étaient ses premières vacances. Un safari en Afrique. Cet automne 1993, quand Bill Gates atterrit en Tanzanie, il ne rêve que d’une chose : découvrir la savane, ses lions et ses girafes. Le voilà en Jeep, avec Melinda, sa fiancée, qu’il épousera quelques mois plus tard. Ils pensent « débrancher », faire une pause au bout du monde. Mais ce qui les frappe le plus, c’est l’extrême pauvreté qui règne autour d’eux.

Les femmes décharnées sans chaussures. Les enfants qui souffrent de malnutrition. La détresse dans le regard des gens qu’ils croisent. Bill Gates n’a rien connu d’autre que Seattle, sa ville natale, où il vit toujours, et les hôtels de luxe où il dort en voyage d’affaires. Une telle misère, il n’avait jamais vu. Tout comme Melinda, il est bouleversé, changé pour toujours. Il veut devenir celui qui éradiquera la misère dans le monde.

De retour à Seattle, il tente de comprendre. Le milliardaire est comme une éponge : tout ce qui passe à proximité, il l’absorbe. « Il s’épanouit dans la complexité », sourit Melinda qui jure que le cerveau de son mari est un « chaos total ». Selon son ami Bernie Noe, il est capable de lire et mémoriser jusqu’à 150 pages par heure. Chaque année, pendant une semaine appelée « Think Week » (semaine de la pensée), Bill Gates vit en autarcie dans une cabane au bord d’un lac, et avale une tonne de livres pour tenter de concevoir l’avenir.

En 1993, il tombe sur le rapport de développement de la Banque mondiale. Le document souligne une vérité : le plus sûr moyen de réduire l’accroissement de la population mondiale est d’améliorer la santé des plus pauvres. Quatre ans plus tard, un dimanche matin, Bill Gates prend son petit-déjeuner avec Melinda et découvre un article en une du « New York Times », titré : « Dans le tiers-monde, l’eau est toujours un poison mortel. » Il apprend que 3 millions d’enfants par an meurent de la diarrhée, tout simplement parce qu’ils boivent de l’eau du ruisseau qui sert de toilette publique…

« C’est un reportage que tout le monde a oublié, constate aujourd’hui son auteur, Nicholas Kristof, sauf qu’il a été lu par deux personnes très influentes à Seattle. » Bill et Melinda Gates viennent d’avoir une petite fille. Le sort de ces gamins qui meurent de maladies parfaitement curables les bouleverse. Ils décident de consacrer toute leur fortune à une fondation dont l’une des priorités sera d’améliorer la santé des habitants des pays sous-développés.

Bill Gates n’est pas un milliardaire comme un autre. Il penche plutôt à gauche. Lauren Jiloty, sa plus proche collaboratrice à Gates Ventures, son fonds d’investissement personnel, est une ancienne du staff de Hillary Clinton. Bill Gates n’a rien contre l’idée de « faire payer les riches » et d’augmenter l’impôt sur la fortune. En 2016, il nous affirmait qu’il était enregistré politiquement « indépendant » sur les listes électorales américaines, mais on voit bien pour qui bat son cœur : certainement pas du côté de Donald Trump, qu’il n’avait jamais rencontré jusqu’à son élection…

Une seule priorité, «sauver des vies» : l’OMS répond au retrait du financement américain

Après l’arrêt de la contribution américaine décidé par Donald Trump, l’Organisation mondiale de la santé refuse toute polémique en pleine crise sanitaire. La France, qui «regrette» la décision, déplore des «manques» dans son fonctionnement. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a «regretté» le 15 avril la décision du président américain Donald Trump de suspendre le financement de l’organisation, qu’il accuse d’être trop proche de la Chine et de mal gérer la pandémie.

Au cours d’une conférence de presse virtuelle à Genève, le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, a annoncé que l’agence spécialisée de l’ONU, engagée dans de multiples situations de crises sanitaires et de conflit dans le monde, était «en train d’examiner l’impact» de la décision américaine. «En temps opportun, les performances de l’OMS dans la lutte contre la pandémie de Covid-19 seront examinées par les Etats membres de l’OMS et les organismes indépendants qui sont en place pour assurer transparence et responsabilité […]

Cela fait partie du processus habituel», a encore assuré Tedros Adhanom Ghebreyesus. «C’est le moment pour chacun d’entre nous d’être unis dans notre combat commun contre une menace commune», a encore lancé le directeur général de l’OMS en conférence de presse. Et de couper court, pour l’heure, à toute polémique : «Sans aucun doute, des domaines d’amélioration seront identifiés et nous tirerons tous des leçons.

Mais pour l’heure, notre priorité, ma priorité, est de stopper le coronavirus et de sauver des vies.» La France déplore des «manques», mais souhaite «renforcer» l’OMS La France, pour sa part, a affirmé qu’elle «regrett[ait]» la décision de Donald Trump, selon la porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye. Lire aussi Donald Trump le 14 avril à la Maison Blanche.

Les Etats-Unis suspendent leur contribution à l’OMS Lors d’une audition devant la commission des Affaires étrangères du Sénat, le ministre Jean-Yves le Drian a toutefois estimé que le fonctionnement de l’organisation avait montré des «manques» dans sa gestion de la crise du coronavirus. Appelant à un nouveau «multilatéralisme de la santé», le ministre des Affaires étrangères a affirmé : «Il y a sans doute des choses à dire sur le fonctionnement de l’OMS, peut-être un manque de réactivité, d’autonomie par rapport aux Etats, peut-être un manque de moyens de détection, d’alerte et d’information, de capacité normative.»

«Mais ce n’est pas automatiquement la responsabilité des acteurs de l’OMS, c’est aussi dans les fondamentaux de l’institution et je pense que la crise actuelle devrait nous permettre de revoir le rôle de chacun des grands outils qui existent aujourd’hui», a-t-il ajouté, rappelant qu’il déplorait l’annonce de Donald Trump. Selon le ministre, l’OMS est en effet «indispensable à la gestion de la crise actuelle» car étant la seule capable «de travailler avec l’ensemble des gouvernements pour coordonner la réponse sanitaire et le partage rapide d’informations scientifiques».

«Son action est indispensable pour aider les pays avec des systèmes de santé fragiles et pour éviter l’apparition de foyers durables et de résurgences qui pourraient toucher l’ensemble du monde», a-t-il poursuivi. Jean-Yves Le Drian a également promis une action européenne pour «renforcer» l’OMS : «Nous serons au rendez-vous, avec l’Europe, pour aider l’OMS à poursuivre l’ensemble de ses activités et pour renforcer l’organisation.»

Africains discriminés: la Chine promet une tolérance zéro contre le racisme dans sa gestion du Covid

La Chine tente de rassurer après des témoignages faisant état de discriminations envers les Africains au cours de la lutte contre le coronavirus. Des incidents qui font par ailleurs ressurgir les tensions diplomatiques entre Pékin et Washington.

Accusées par l’Union africaine (UA) d’avoir mis en place des politiques de lutte contre la pandémie de Covid-19 différenciées et préjudiciables envers les étrangers vivant en Chine, et plus particulièrement envers les ressortissants africains, les autorités chinoises assurent qu’elles répondront «aux appels légitimes de la partie africaine». Tandis que des Africains installés à Guangzhou (également appelé Canton, métropole du sud du pays) rapportent des cas de discriminations ces derniers jours, après la détection de plusieurs cas positifs au Covid-19 dans la communauté nigériane locale, Pékin évoque de son côté un «phénomène isolé».

Dans un contexte de tensions diplomatiques, Washington s’est saisi de ces incidents pour battre en brèche le partenariat stratégique sino-africain, déclenchant l’ire Pékin. «Nos frères africains» Sous forte pression après ces accusations de xénophobie, un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Zhao Lijian, a souligné dans un communiqué publié le 13 avril que les responsables locaux attachaient «une grande importance» aux préoccupations soulevées par certains Etats africains au sujet des allégations de mauvais traitements, et que des mesures étaient mises en place pour garantir la sécurité et le bien-être de tous les Africains vivant à Guangzhou et dans le reste de la province du Guangdong.

Le peuple chinois considère toujours le peuple africain comme des partenaires et frères contre vents et marées Rappelant d’abord des liens forts et historiques construits «sur la base d’efforts conjoints pour rechercher l’indépendance et la libération nationales, le développement économique et de meilleures conditions de vie au cours des dernières décennies», le diplomate chinois souligne que «la Chine a fait don de quantités importantes de kits de test, de masques, de combinaisons de protection, de lunettes de protection, d’écrans faciaux, de thermomètres frontaux, de gants à usage médical, de couvre-chaussures, de respirateurs et d’autres fournitures à l’Union africaine et aux pays africains». Lire aussi Le président chinois Xi Jinping a annoncé une aide sans condition de 60 milliards à l’Afrique, face aux critiques des Occidentaux La Chine annonce une aide de 60 milliards de dollars à l’Afrique «sans condition politique» «Dans le cadre de notre lutte contre le coronavirus, le gouvernement chinois a accordé une grande importance à la vie et à la santé des ressortissants étrangers en Chine», assure-t-il.

Et de continuer : «Tous les étrangers sont traités sur un pied d’égalité. Nous rejetons le traitement différencié, et nous avons une tolérance zéro à l’égard de la discrimination.» Evoquant les «préoccupations raisonnables et [les] appels légitimes de la partie africaine», Zhao Lijian a néanmoins tenté de rassurer : «Les autorités du Guangdong prennent à cœur les préoccupations de certains pays africains et travaillent rapidement pour améliorer la méthode de travail.

Les mesures consistent à fournir des services de gestion de la santé sans différenciation, désigner des hôtels pour l’hébergement des étrangers devant subir une observation médicale et adopter un ajustement des prix pour ceux qui ont des difficultés financières, mettre en place un mécanisme de communication efficace avec les consulats généraux étrangers à Guangzhou, et rejeter toutes les remarques racistes et discriminatoires.» S’efforçant de ne pas laisser ces incidents entacher l’image de la Chine en Afrique, ni leurs relations commerciales, le diplomate chinois finit son communiqué sur une note positive.

«Nous continuerons d’aider nos frères africains au mieux de nos capacités», affirme-t-il. Et d’ajouter : «Le peuple chinois considère toujours le peuple africain comme des partenaires et des frères contre vents et marées.» «J’ai dû dormir sous un pont pendant quatre jours sans rien à manger» Si le porte-parole de la diplomatie chinoise était poussé à prendre une position forte, c’est que les accusations étaient sérieuses, les incidents s’étant multipliés ces derniers jours. Plusieurs Africains résidant à Guangzhou, particulièrement nombreux dans cette métropole de 15 millions d’habitants, ont en effet signalé avoir été victimes de discriminations, d’expulsions arbitraires et d’interdictions d’entrer dans des commerces.

Ces incidents sont survenus après que cinq Nigérians de Guangzhou, testés positifs au Covid-19, auraient violé leur quarantaine pour se rendre dans plusieurs restaurants et lieux publics, selon un communiqué de la municipalité. On est dans la rue comme des mendiants Les autorités chinoises, qui semblent pour l’heure avoir largement contenu la pandémie de Covid-19, demeurent particulièrement alertes envers les personnes arrivant de l’étranger, potentiellement porteuses du virus et donc susceptibles de provoquer une deuxième vague épidémique.

Mais cette politique aurait généré une suspicion dans la société chinoise envers les Africains résidant dans le pays, qui se serait notamment traduite, selon l’AFP, par un torrent de commentaires xénophobes sur les réseaux sociaux. «Certains ont même appelé à expulser de Chine tous les Africains», rapporte de son côté Le Point Afrique. «Nous sommes victimes de discrimination parce qu’ils pensent que nous sommes porteurs asymptomatiques du coronavirus.

Certains nous détestent sans raison. Honnêtement, nous devons rentrer chez nous», a témoigné anonymement une Kényane vivant en Chine, au quotidien kényan Daily Nation. Lire aussi Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur de l’OMS. Tests de vaccins en Afrique ? Le directeur de l’OMS dénonce «l’héritage d’une mentalité coloniale» «La première chose [que les autorités locales] demandent, ce sont les documents. Certains policiers vous permettent de garder le passeport, mais d’autres le prennent», a expliqué un autre témoin cité par le Daily Nation.

«J’ai dû dormir sous un pont pendant quatre jours sans rien à manger. Je ne peux même pas acheter de nourriture, car aucun magasin ou restaurant ne m’accepte», a ainsi affirmé à l’AFP Tony Mathias, un étudiant ougandais de 24 ans. «On est dans la rue comme des mendiants», proteste le jeune homme, qui dit avoir été forcé de quitter l’appartement où il vivait le 6 avril. Le 14 avril, l’AFP rapporte en outre que la chaîne de fast-food McDonald’s a dû présenter des excuses pour avoir interdit aux Noirs l’entrée d’un de ses restaurants du sud de la Chine.

Une vidéo circulant sur les réseaux sociaux montrait en effet un avis expliquant en anglais à la porte d’un restaurant : «Les Noirs n’ont pas le droit d’entrer.» La chaîne américaine a précisé à l’AFP que l’établissement avait été fermé temporairement pour une séance de formation du personnel. Des ambassadeurs africains reçus en Chine La situation avait poussé le président de l’Union africaine, Moussa Faki Mahamat, à faire part à la Chine de son «extrême préoccupation», le 11 avril sur Twitter.

Sur le même réseau social, Moussa Faki Mahamat avait fait savoir qu’il convoquait «l’ambassadeur de Chine auprès de l’UA Liu Yuxi pour lui exprimer [son] extrême inquiétude au sujet des allégations de mauvais traitements d’Africains à Guangzhou», appelant à «des mesures rectificatives immédiates, dans la droite ligne [des] excellentes relations [entre l’Afrique et la Chine].»

My Office invited the Chinese Amb to the AU,Mr Liu Yuxi, to express our extreme concern at allegations of maltreatment of Africans in #Guangzhou+called for immediate remedial measures in line with our excellent relations.The African Grp in #Beijing is also engaging with the govt pic.twitter.com/NEBStdOCeK— Moussa Faki Mahamat (@AUC_MoussaFaki) April 11, 2020 Le 13 avril, une vingtaine d’ambassadeurs africains ont en outre été reçus à Pékin au ministère des Affaires étrangères par le vice-ministre des Affaires étrangères, Chen Xiaodong.

Celui-ci a notamment promis de «lever les mesures sanitaires concernant les Africains, à l’exception des patients confirmés [atteints du Covid-19]». Les Etats-Unis fustigent la «xénophobie des autorités chinoises à l’égard des Africains» Le consulat américain à Guangzhou s’est lui aussi saisi de l’affaire, mettant en garde les Afro-Américains qui souhaiteraient se rendre dans cette métropole.

«Le consulat général américain conseille aux Afro-Américains ou à ceux qui pensent que les autorités chinoises peuvent les soupçonner d’avoir des contacts avec des ressortissants des pays africains d’éviter la zone métropolitaine de Guangzhou jusqu’à nouvel ordre», conseillait ainsi le consulat le 13 avril. Et Washington, qui a clairement identifié Pékin comme rival sur les plans géopolitique, économique et commercial, n’en est pas resté là, profitant de l’occasion pour critiquer avec virulence le pouvoir chinois. Sous couvert d’anonymat, un porte-parole du département d’Etat américain cité par l’AFP a ainsi dénoncé le 11 avril la «xénophobie des autorités chinoises à l’égard des Africains».

«Les abus et mauvais traitements à l’encontre des Africains vivant et travaillant en Chine rappellent tristement à quel point le partenariat entre la République populaire de Chine et l’Afrique est creux», ajoutait encore la même source. Tandis que les Etats-Unis, pays le plus touché par la pandémie de Covid-19, multiplient les accusations envers Pékin au sujet de la crise sanitaire, le porte-parole affirmait encore : «Au moment où nous devrions nous soutenir les uns les autres pour surmonter une pandémie que les responsables chinois ont cachée au monde de manière irresponsable, les autorités chinoises se consacrent, elles, à mettre des étudiants africains à la rue sans nourriture ni abri.»

Et de poursuivre : «Il est malheureux, mais pas surprenant, de voir ce genre de xénophobie des autorités chinoises à l’égard des Africains. Tous ceux qui observent les projets chinois à travers l’Afrique connaissent ce genre de comportements injustes et manipulateurs.» Pékin assure ne pas avoir de leçons à recevoir de Washington La diplomatie chinoise n’a pas tardé à répondre aux virulentes accusations émises par Washington. En effet, la porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères Hua Chunying s’est défendue, le 12 avril sur Twitter, en accusant le département d’Etat américain de «mentir».

«Les mesures de prévention et de contrôle de la Chine sont également appliquées aux citoyens chinois et étrangers et un phénomène isolé ne représente pas la politique du gouvernement chinois.» Hua Chunying a ensuite retourné les accusations : «Les Américains d’origine asiatique ont été victimes de racisme pendant la pandémie. Comment [le porte-parole du département d’Etat américain] explique-t-il cela?»

China’s prevention and control measures are equally applied to Chinese and foreign citizens alike and isolated phenomenon doesn’t represent Chinese government’s policy. Asian Americans experienced racism during the pandemic. How would @statedeptspox explain that?— Hua Chunying 华春莹 (@SpokespersonCHN) April 12, 2020 Un autre porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Zhao Lijian, a également répondu aux attaques américaines dans un communiqué publié le 10 avril, en demandant notamment de ne pas politiser la pandémie de Covid-19 «pour mieux détourner l’attention et rejeter la faute».

«Les dénigrements et les critiques ne permettront pas d’éradiquer le virus», avait-il souligné dans la foulée, avant de déclarer : «Les accusations de dissimulation d’informations et de manque de transparence contre la Chine n’ont aucun fondement.» Le diplomate chinois avait également fait remarquer : «La Chine a fait ce qu’elle pouvait et ce qu’elle devait faire.

Quant à savoir si les Etats-Unis ont utilisé pleinement et de manière effective le temps précieux gagné par la Chine, ainsi que les informations importantes fournies par elle, et s’ils ont pris des mesures à temps pour endiguer le virus, je pense que seule l’histoire pourra en juger.»

Covid-19 : la détresse des musulmans face au manque de place dans les cimetières français

Le carré musulman du cimetière municipal de Thiais en France.
Le carré musulman du cimetière municipal de Thiais en France. © AFP (Archive)

Avec la crise sanitaire du coronavirus, plusieurs pays maghrébins refusent le rapatriement des défunts. Mais dans les cimetières français, la plupart des carrés musulmans sont saturés. Les familles musulmanes endeuillées par le Covid-19 vivent un véritable casse-tête . Publicité

« C’est terrible, il voulait être enterré en Algérie ». La suspension des rapatriements des défunts dans leur pays d’origine à cause du Covid-19 plonge dans le désarroi les familles musulmanes, confrontées par ailleurs au manque de place dédiée à leur culte dans les cimetières en France.

Le patriarche Mohamed avait cotisé dans « la caisse familiale pour payer le rapatriement et les obsèques au bled ». Mais ses dernières volontés ne pourront être respectées. 

Maroc et Tunisie suspendent les rapatriements des corps

Les autorités algériennes refusent le rapatriement car la famille ne présente pas « le certificat de non contagion » du grand-père. Il sera finalement inhumé en petit comité dans un cimetière de Seine-Saint-Denis, département où il a vécu plus de 50 ans. 

« Le Maroc et la Tunisie ont suspendu les rapatriements des corps, l’Algérie fait des exceptions, sauf pour les morts du Covid. Et pour les pays de l’Afrique subsaharienne, il n’y a pas plus de trafic aérien », résume le responsable des pompes funèbres musulmanes Al Janaza, à Pierrefitte (Seine-Saint-Denis). Seuls des vols cargo sont maintenus vers la Turquie, dit-il.

Depuis un mois, il est « débordé par les appels. Il y a beaucoup de décès, on doit gérer les émotions des familles, les rassurer et surtout essayer d’enterrer rapidement » comme le prescrit le rite funéraire musulman.

Cela a été compliqué pour le père de Rachid*, décédé le 4 avril du Covid-19, à 87 ans, dans une commune du Val-de-Marne dépourvue de carré musulman.

Rachid a dû « batailler » plusieurs jours pour trouver une place dans une ville plus éloignée. « Il se sera écoulé presque 15 jours entre le décès et l’inhumation, alors que dans la tradition, c’est trois jours ! C’est inhumain », déplore-t-il, rappelant que le souhait initial de son père était de se faire enterrer au Maroc.

Environ 600 carrés musulmans pour 35 000 cimetières

« En temps normal, environ 80 % des défunts se font enterrer dans leur pays d’origine », explique le président du Conseil français du culte musulman (CFCM) Mohammed Moussaoui, selon qui « la première génération préfère être inhumée près des parents ». 

« C’est l’envie de s’inscrire dans une filiation rompue par la migration où des fratries ont été séparées », abonde Valérie Cuzol, chercheuse au centre Max-Weber à Lyon, auteure d’une enquête sur « les enjeux de l’inhumation » dans les familles maghrébines. Une logique de retour également constatée chez les familles italiennes ou portugaises.

Au Maghreb, le retour postmortem est favorisé par les États qui, pour certains, financent une partie du rapatriement, comme en Tunisie. Au Maroc, les familles souscrivent des contrats auprès des banques qui se chargent des obsèques.

Avec la suspension presque totale de ces rapatriements, « la crise vient révéler le manque de carrés musulmans » en France, estime Mohammed Moussaoui, qui évalue ces espaces dédiés à « environ 600 », sur 35 000 cimetières. 

S’en remettre à la décision du maire

Selon lui, des cimetières sont « en tension », « dans les Hauts-de-France, en Ile-de-France, Auvergne-Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côte d’Azur, là où la population musulmane est concentrée ».

Pour une commune, avoir un carré confessionnel (musulman, juif, etc.) « n’est pas une obligation », rappelle l’Association des maires de France, le cimetière devant d’abord être neutre et laïque, du moins dans ses parties communes. Une circulaire de 2008 a cependant encouragé les maires à le faire.

À Bobigny, Villetaneuse (Seine-Saint-Denis), les cimetières communaux affichent complet : « Plus aucune inhumation », indiquent les municipalités, s’en remettant aux cimetières intercommunaux.

À Arras (Pas-de-Calais), où le carré est saturé, le recteur d’une des trois mosquées, Mohammed Messaoudi, raconte avoir dû, en collaboration avec le maire, chercher des solutions, pour deux fidèles décédés, auprès des communes alentour. 

La décision d’accepter une inhumation dans son cimetière étant une prérogative du maire, « c’est angoissant, pour les familles, d’attendre cette décision », relève Mohammed Moussaoui.

Le maire de Gennevilliers (Hauts-de-Seine), Patrice Leclerc, est « contraint » de refuser les demandes des familles qui ne sont pas de sa commune : « Je fais comment, si je ne peux plus faire enterrer mes habitants ? »

Mais l’édile PCF est en train d’agrandir son carré musulman. « À ce rythme, dans trois semaines, il sera complet ». Selon lui, « toutes les villes devraient en avoir un. Il faut respecter tous ses habitants, ce n’est pas compliqué, il faut juste réserver un espace dans le cimetière, en 24 heures, c’est fait ! » 

*Le prénom a été modifié

Avec AFP

Lettre de 5 députés français: “L’Afrique, berceau des civilisations, et non laboratoire d’expérimentation”

Par Marion Lenne, députée de Haute-Savoie (5e circonscription) Sira Sylla, députée de Seine-Maritime (4e circonscription) Aina Kuric, députée de la Marne (2e circonscription) Jean-François M’baye, députe du Val-de-Marne (2e circonscription) Amelia Lakrafi, députée des français de l’étranger


La séquence télévisuelle, le 02 avril 2020 sur la chaîne LCI entre le Professeur Jean-Paul MIRA, chef du service de réanimation de l’hôpital Cochin à Paris et le professeur Camille LOCHT, directeur de recherche à l’Inserm, a choqué nombre de téléspectateurs et entraîné une vague de réprobation légitime qui dépasse largement nos frontières ! Les Africains en ont été profondément choqués. Nous tenons avant tout à leur manifester notre sympathie et à les assurer de l’indéfectible lien de fraternité humaine qui nous lie à eux, qui ont le privilège d’être les légataires du berceau de notre commune humanité. Loin de nous l’idée de leur infériorité sur quelque plan humain que ce soit.

Nous reproduisons ici l’échange qui a tout déclenché. Jean-Paul MIRA pose la question suivante à Camille LOCHT : «Si je peux être provocateur, est-ce qu’on ne devrait pas faire cette étude en Afrique, où il n’y a pas de masque pas de traitement, pas de réanimation, un peu comme ça s’est fait d’ailleurs pour certaines études sur le Sida, où chez les prostituées, on essaye des choses parce qu’on sait qu’elles sont hautement exposées et elles ne se protègent pas. Qu’est-ce que vous en pensez».

Son interlocuteur, le Professeur Camille LOCHT, confirme, sans la moindre gêne, «Vous avez raison. Et d’ailleurs, on est en train de réfléchir en parallèle à une étude en Afrique justement pour faire ce même type d’approche avec le BCG et un placebo. Je pense qu’il y a un appel d’offre qui est sorti ou va sortir ». On ne peut que s’indigner de la tenue de propos aussi odieux, par des personnes ayant prêté un serment actant l’égalité des humains. Mais on s’indigne aussi de l’absence de réaction immédiate des journalistes de LCI !`On ne devrait pas oublier – pour s’en inquiéter – l’autre aspect de cet insolite échange qui parle d’un appel d’offre qui aurait été lancé ou qui serait en cours de lancement. Nous exigeons aussi des éclaircissements sur ce point.

On peut se féliciter de la réaction du directeur de l’Organisation Mondiale de la Santé, Monsieur Tedros Adhanom Ghebreyesus, qui dénonce sans détour ce qui est ni plus ni moins qu’un inimaginable racisme. Ainsi, il déclarait le 6 avril que “ces genres de propos racistes ne font rien avancer. Ils vont contre l’esprit de solidarité. L’Afrique ne peut pas et ne sera un terrain d’essai pour aucun vaccin ». Puis il ajoutait: «l’héritage de la mentalité coloniale doit prendre fin». On ne peut que s’indigner face au mépris qu’une partie des élites du nord ont à l’égard de l’Afrique. C’est parfois une attitude récurrente observée par celles et ceux qui entretiennent un lien amical, professionnel, familial ou résidentiel avec ce continent. Cette séquence télévisée en est une parfaite et désolante illustration.

Aussi, nous attendons de Messieurs MIRA et LOCHT, au-delà d’excuses publiques, qu’ils s’astreignent désormais à un peu moins de légèreté dans leurs propos. LCI, et plus généralement aux chaînes de télévision et les antennes de radio, à faire preuve de la plus grande vigilance pour ne pas laisser passer des propos injurieux ou discriminatoires. La légèreté avec laquelle ces éminents scientifiques traitent ce problème, est tout simplement surprenante. Comme s’ils nous préparaient à une bonne blague, comme s’il ne s’agissait pas de la vie de millions d’individus, dont nous avons peut-être la faiblesse de penser qu’ils sont des êtres humains comme nous, ils nous préviennent qu’ils vont user de provocation.

Et le parallèle avec le comportement qui aurait déjà été adopté avec le Sida, de tester des vaccins sur les prostituées qui deviennent elles aussi au mieux une sous-espèce humaine, nous fait penser aux heures les plus sombres de notre histoire. Si l’on n’est pas animé par un sentiment de mépris, on penserait fort logiquement à faire des essais cliniques de vaccins sur les espaces où la tragédie est déjà palpable, où la situation est d’une gravité qui confine au désespoir dans certains cas, ces cas qui pourraient justifier que l’on tente le tout pour le tout, même avec des vaccins inachevés, essais qui permettraient des avancées pour que le reste de l’humanité puisse en bénéficier plus tard.

Mais au contraire, certains ourdissent le raisonnement selon lequel, parce que les Africains seraient les citoyens d’un continent qui n’a pas « de masque pas de traitement, pas de réanimation », ils mériteraient de devenir des cobayes. La frontière de l’humanité, le critère de respectabilité serait donc sur le niveau de possessions matérielles ! Nous souhaitons tous que cette pandémie puisse permettre comme l’a dit le président de la république Emmanuel MACRON, que le jour d’après soit différent. Nous espérons que cette différence fera émerger un autre regard sur l’Afrique. Nous aimerions que ces spécialistes voient ce qui se passe en Afrique aujourd’hui, un mouvement qui peut faire penser que le jour d’après sera aussi différent dans ces pays.

De toutes les capitales, on sent palpiter la volonté de mettre en pratique des mesures adaptées aux spécificités locales. Ici on attend beaucoup de la Chloroquine et on se lance dans sa fabrication. Là c’est une molécule inconnue dans nos horizons – Apivirine – que l’on teste dans des essais cliniques. Ailleurs, on équipe un stade de milliers de lits pour faire face à une éventuelle aggravation de la situation. Un peu partout le débat est fort sur la pertinence du confinement dont on a vu par exemple qu’il n’a pas été possible pour l’Inde qui y a pensé, et pas nécessaire à Taïwan qui a fait un autre choix. Et on se félicite de l’aide de la Chine qui a été tout aussi salutaire pour l’Italie. Ainsi donc, nombre de chercheurs et scientifiques africains se battent déjà contre le Covid-19 et c’est tous ensemble, dans l’intérêt de tous, et animés par une réelle solidarité internationale, que nous vaincrons cette pandémie ! En tout état de cause, l’Afrique pas plus qu’une autre partie du monde, ne doit pas être oubliée ni exclue des recherches car la pandémie est effectivement globale.

Plus largement, ces deux professeurs, non contents de rabaisser 1,3 milliards d’Africains avec des propos aussi péjoratifs, font également honte à l’ensemble des soignants et scientifiques de France et du monde qui se battent au quotidien dans leur service ou dans leur laboratoire de recherches sans être médiatisés et sans chercher à l’être ! C’est à ceux là que les Français rendent hommage à 20 heures chaque soir en manifestant avec ferveur leur profonde gratitude. Quant à nos deux professeurs adeptes de la provocation pour le moins de mauvais goût, ils devraient d’urgence faire leur cette citation de François Rabelais qui rappelait déjà au 16ème siècle que “science sans conscience n’est que ruine de l’âme”.

Coronavirus : Donald Trump suspend le financement américain de l’Oms

Le président américain a accusé l’Organisation mondiale de la santé d’avoir pris pour argent comptant les affirmations de la Chine au début de l’épidémieDonald Trump fait le point sur le coronavirus depuis les jardins de la Maison Blanche, le 14 avril 2020. © Alex Brandon/AP/SIPA Donald Trump fait le point sur le coronavirus depuis les jardins de la Maison Blanche, le 14 avril 2020.

ETATS-UNIS – Le président américain a accusé l’Organisation mondiale de la santé d’avoir pris pour argent comptant les affirmations de la Chine au début de l’épidémie

Il a trouvé un coupable. Donald Trump a annoncé mardi la suspension de la contribution américaine à l’Organisation mondiale de la santé (OMS), coupable à ses yeux d’avoir commis de nombreuses « erreurs » sur le coronavirus et d’être trop proche de la Chine.

« Le monde a reçu plein de fausses informations sur la transmission et la mortalité » du Covid-19, a lancé le président américain dans un long et violent réquisitoire contre cette agence de l’ONU. Les Etats-Unis sont le premier contributeur de cette agence sanitaire dont le siège est à Genève.

« Aujourd’hui, j’ordonne la suspension du financement de l’Organisation mondiale de la santé pendant qu’une étude est menée pour examiner son rôle dans la mauvaise gestion et la dissimulation de la propagation du coronavirus », a lancé Donald Trump depuis les jardins de la Maison Blanche.

Une évaluation de 60 à 90 jours

Le président républicain a évoqué une étude « très approfondie » qui pourrait durer de 60 à 90 jours. Soulignant que les Etats-Unis contribuaient à hauteur de 400 à 500 millions de dollars par an à l’organisation, contre environ 40 millions de dollars « et même moins » pour la Chine, Donald Trump a estimé que son pays avait le « devoir » de réclamer des comptes.

« Si l’OMS avait fait son travail et envoyé des experts médicaux en Chine pour étudier objectivement la situation sur le terrain, l’épidémie aurait pu être contenue à sa source avec très peu de morts », a-t-il martelé. « Nous avons eu des problèmes avec eux depuis des années », a-t-il encore dit. Le président américain avait pourtant loué « les efforts de transparence » de la Chine le 24 janvier, avant de changer de ton depuis.

Donald Trump a été particulièrement agacé par les critiques de l’OMS à l’encontre de sa décision, fin janvier, d’interdire l’entrée aux Etats-Unis aux voyageurs en provenance de Chine – une mesure dont le locataire de la Maison Blanche s’enorgueillit encore, assurant qu’elle a ralenti l’arrivée du virus. Aux yeux de l’OMS, « la Chine a toujours raison », a déploré le président américain.

Un déconfinement Etat par Etat

Donald Trump est par ailleurs resté évasif sur les conditions dans lesquelles il souhaitait que les Etats-Unis mettent progressivement en place le déconfinement. Après avoir eu des propos très autoritaires lundi – « C’est le président des Etats-Unis qui décide ! » – il a adopté un ton beaucoup plus conciliant vis-à-vis des gouverneurs. « Nous nous entendons tous très bien et nous voulons tous prendre les bonnes décisions », a-t-il lancé.

Mardi matin, Andrew Cuomo, gouverneur de l’Etat de New York, avait vivement dénoncé les propos du président selon lesquels il avait tout pouvoir d’ordonner le déconfinement dans les Etats.

« La position du président est tout simplement absurde. Ce n’est pas ce que dit la loi. Ce n’est pas ce que dit la constitution. Nous n’avons pas un roi, nous avons un président », avait-il lancé. Le président peut certes donner le ton, fixer un cap, mais le système fédéral accorde aux gouverneurs des 50 Etats le pouvoir de prendre les mesures obligatoires de confinement ou de déconfinement.

Assange a eu deux fils avec son avocate à l’ambassade d’Équateur

Julian Assange avait pu assister à la naissance à Londres des deux enfants par liaison vidéo.

Assange a eu deux fils avec son avocate quand il était à l'ambassade d'Équateur...
Assange a eu deux fils avec son avocate quand il était à l’ambassade d’Équateur (photo d’illustration)

ROYAUME-UNI – Le fondateur de Wikileaks Julian Assange a eu deux enfants avec l’une de ses avocates alors qu’il était réfugié à l’ambassade d’Équateur à Londres dans les années 2010, révèle celle-ci dans un entretien au Mail on Sunday.

L’Australien, réclamé par les États-Unis qui veulent le juger pour espionnage, est le père de deux garçons de deux et un an conçus avec Stella Morris, 37 ans, son avocate d’origine sud-africaine.

Le journal dominical britannique publie sur son site des photos d’Assange avec ses fils ainsi qu’un entretien avec Stella Morris racontant notamment être “tombée amoureuse” de Julian Assange il y a cinq ans et que le couple prévoit de se marier.

L’avocate a choisi de révéler l’existence des enfants, Gabriel et Max, parce qu’elle “craint que la vie d’Assange ne soit en danger s’il reste à Belmarsh”, prison londonienne de haute sécurité où il est actuellement détenu, en raison de la pandémie liée au nouveau coronavirus.

Examen suspendu jusqu’au 18 mai

La justice britannique a refusé fin mars de libérer sous contrôle judiciaire Julian Assange, 48 ans, qui craint de contracter le nouveau coronavirus, estimant qu’il y avait “des motifs sérieux de penser” qu’il pourrait ne pas se présenter à de futures convocations.

Sur Twitter, Wikileaks a indiqué que la compagne de Julian Assange, “mère de deux jeunes enfants, exhorte le gouvernement du Royaume-Uni à le libérer ainsi que d’autres prisonniers fragiles alors que le coronavirus fait des ravages dans les prisons”.

Julian Assange et son avocate ont entamé leur relation en 2015, le premier garçon aurait été conçu l’année suivante. L’Australien a assisté à la naissance à Londres des deux enfants par liaison vidéo et a pu voir l’aîné, Gabriel, dans l’ambassade où il avait été amené en catimini, ajoute le journal. Les deux enfants sont citoyens britanniques, selon le Mail on Sunday, et ont rendu visite à leur père en prison.

La justice britannique a suspendu jusqu’au 18 mai l’examen de la demande d’extradition du fondateur de Wikileaks, poursuivi aux États-Unis pour avoir diffusé à partir de 2010 plus de 700.000 documents classifiés sur les activités militaires et diplomatiques américaines, notamment en Irak et en Afghanistan.

Les États-Unis lui reprochent d’avoir mis en danger des sources des services américains. De leur côté, les avocats d’Assange dénoncent une procédure politique fondée sur des “mensonges”.

Assange a été arrêté en avril 2019 après sept ans passés reclus à l’ambassade d’Équateur à Londres, où il s’était réfugié après avoir enfreint les conditions de sa liberté sous caution, craignant une extradition vers les États-Unis.

Pour vaincre Trump, Sanders rallie Joe Biden pour la présidentielle américaine

Après son abandon, Bernie Sanders avait déjà indiqué qu’il soutiendrait le candidat du parti démocrate, qui sera sans surprise Joe Biden. Mais ce ralliement officiel va plus loin qu’un simple soutien.

Joe Biden et Bernie Sanders, ici le 15 mars 2020, sont maintenant alliés pour vaincre Donald Trump...
Joe Biden et Bernie Sanders, ici le 15 mars 2020, sont maintenant alliés pour vaincre Donald Trump à l’élection présidentielle de novembre 2020. 

ÉLECTIONS AMÉRICAINES – Le champion de la gauche américaine Bernie Sanders s’est clairement rallié ce lundi 13 avril à la candidature de son ex-rival dans les primaires démocrates, le modéré Joe Biden, avec un objectif assumé: battre Donald Trump, le “président le plus dangereux de l’histoire moderne”.

Le sénateur indépendant, 78 ans, qui avait renoncé mercredi à briguer l’investiture démocrate pour la présidentielle du 3 novembre, avait déjà dit qu’il travaillerait avec Joe Biden, 77 ans, “un homme très respectable”.

Il a franchi lundi un pas supplémentaire en apportant explicitement son soutien à la campagne de l’ancien vice-président de Barack Obama et en appelant tous les Américains à faire de même.

Dans une démonstration d’unité, les deux septuagénaires, filmés séparément en raison du nouveau coronavirus, sont apparus côte à côte sur une vidéo diffusée en direct sur internet. “Aujourd’hui, je demande à tous les Américains ― tous les démocrates, indépendants, et de nombreux républicains ― de se rassembler dans cette campagne et de défendre votre candidature, que je soutiens”, a déclaré Bernie Sanders, dont certains partisans ont exprimé des réserves sur le programme de Joe Biden qu’ils jugent trop tiède.

C’était notamment le cas de membres du parti  Démocrate Socialiste, dont la très médiatique et populaire députée Alexandra Ocasio-Cortez, qui avait fait savoir la veille qu’ils ne rallierait pas Biden. 

We must come together to defeat the most dangerous president in modern history. I’m joining @JoeBiden‘s livestream with a special announcement. https://t.co/AC3zh3ChX3— Bernie Sanders (@BernieSanders) April 13, 2020

Mais pour Bernie Sanders, la fin justifie les moyens. Et ce ralliement officiel a un but clairement énoncé: “Vaincre quelqu’un qui, je crois ― et je parle seulement pour moi maintenant ― est le président le plus dangereux de l’histoire moderne de ce pays”.

Ce ralliement contraste avec ses réticences à soutenir la candidature d’Hillary Clinton après qu’elle l’eut battue dans les primaires démocrates de 2016. Les atermoiements de Bernie Sanders avaient sérieusement affaibli la campagne de l’ancienne secrétaire d’Etat.

Joe Biden qui a remporté une série de nettes victoires dans les primaires démocrates avant l’irruption du coronavirus, s’est dit “profondément reconnaissant” de ce soutien.

“Vous avez placé les intérêts de la Nation et le besoin de battre Donald Trump au-dessus de tout”, a-t-il dit à Bernie Sanders. “Comme vous dîtes, ce n’est pas ‘moi’ mais ‘nous’”, a-t-il ajouté en référence au slogan du sénateur du Vermont, plaçant sa campagne sous le signe de l’unité.

Joe Biden officialisé le 17 août sans surprise

Joe Biden s’est ensuite directement adressé aux partisans de Bernie Sanders, particulièrement populaire chez les jeunes. “Je vous vois, je vous entends, je comprends l’urgence de ce qui doit être fait pour ce pays et j’espère que vous vous joindrez à nous”, leur a-t-il lancé.

Joe Biden a ajouté que les deux hommes allaient créer des groupes de travail communs, notamment sur le changement climatique, la santé ou le financement des études supérieures, des thématiques sur lesquelles son rival avait fait des propositions nettement plus à gauche.

“C’est la preuve que, même si Bernie Sanders n’est pas sur les bulletins de vote en novembre, son programme le sera”, a commenté l’équipe de campagne de Donald Trump qui reproche régulièrement à Bernie Sanders d’être un “socialiste”, un terme marqué très à gauche aux Etats-Unis où il garde des relents de Guerre froide.

Joe Biden devrait être désigné officiellement candidat lors d’une convention démocrate le 17 août. Il s’agira du point d’orgue d’une campagne pour l’investiture démocrate qui avait démarré avec un nombre inédit de candidats, affichant une diversité record.

Après des débuts difficiles, le vétéran de la politique américaine s’était imposé sur ses concurrents notamment grâce au soutien des électeurs noirs et des ouvriers. Un à un, ses rivaux avaient jeté l’éponge pour se rallier à sa candidature. Seule la sénatrice Elizabeth Warren n’a pas encore franchi ce pas.

Les démocrates attendent également une prise de parole de l’ancien président Barack Obama qui s’est gardé d’intervenir dans la campagne jusqu’ici.

Celle-ci est mise en sourdine depuis un mois en raison de la pandémie de Covid-19, qui a mis un terme à tous les meetings, réunions publiques et autre porte-à-porte. Donald Trump reste lui très visible pendant la crise, dont l’impact électoral est toutefois incertain.

Maroc: le Roi Mohammed VI pour une initiative africaine

Le Roi Mohammed VI du Maroc aux côtés du président Alassane Ouattara de Côte d’Ivoire.

Le Roi Mohammed VI du Maroc s’est entretenu dans l’après midi du lundi 13 avril 2020 avec les présidents Alassane Ouattara de Côte d’Ivoire et Macky Sall du Sénégal. Le souverain marocain plaide pour une initiative des chefs d’Etat africains pour accompagner la gestion de la pandémie du coronavirus.

“Il s’agit d’une initiative pragmatique et orientée vers l’action, permettant un partage d’expériences et de bonnes pratiques, pour faire face à l’impact sanitaire, économique et social de la pandémie”, rapporte l’Agence marocaine de presse (MAP).

Le Sénégal et la Côte d’Ivoire sont deux alliés politiques et économiques du Maroc. L’initiative africaine mené aussi par l’Union Africaine semble avoir reçu un écho favorable des partenaires étrangers dont l’ONU, l’OCDE et la France.

Corona Business ! (Par Guy Marius Sagna)

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En repensant aux étudiants sénégalais de Wuhan qui voulaient revenir au Sénégal, aux Sénégalais.e.s de l’extérieur qui sont rentrés en plein coronavirus, ainsi qu’au débat sur le rapatriement des corps de nos compatriotes morts à l’étranger pendant cette pandémie, je me dis que André Matsua n’avait pas tort. « S’il t’était demandé de choisir entre ta mère et ta patrie, sauve d’abord ta patrie car si ta mère mourrait, tu aurais besoin de terre pour l’ensevelir, et en sauvant la patrie, elle sera ta terre et celles de tes descendants. »

Un patriote, c’est-à-dire un anti-impérialiste, c’est alors quelqu’un qui met les intérêts de sa patrie au-dessus de tout. Mais les révolutionnaires anti-impérialistes panafricains n’oublient jamais l’avertissement de Nyerere : « le nationalisme africain n’a aucun sens et est anachronique et dangereux s’il n’est pas en même temps, un panafricanisme. ». Et donc, un progressiste africain doit nécessairement être à la fois anti-impérialiste et panafricain. Au moins.

Alors que le Coronavirus nous dit « vos biens les plus précieux sont souverainetés sanitaire, alimentaire, monétaire, budgétaire… », le président Macky Sall fait fi de ces leçons et va s’endetter, tête baissée, encore auprès du FMI (264 milliards) et de la Banque mondiale (138 milliards) pour avoir ses 1000 milliards. Si Cuba, sans le FMI, avec un blocus économique vieux de plus de 50 ans, a réussi à avoir une espérance de vie de sa population supérieure à celle des Etats-Unis,

C’est aussi possible pour le Sénégal et l’Afrique.Alors que le Coronavirus nous dit « produisez ce que vous consommez et consommez ce que vous produisez », Macky Sall achète des pâtes alimentaires et du riz importé en lieu et place de notre mil, sorgho, riz de la vallée…Pire, alors que nous disons que 64 milliards à la santé c’est insuffisant, le président et son beau-frère font du corona-business avec nos 6 milliards rien que pour le transport des aides aux populations.

Un montant « amer comme la mort ».Maïmouna Ndour Faye me demandait pourquoi nous ne pouvons pas faire confiance au président de la république en cette période Coronavirus. Le président ne fait jamais ce qu’il dit et ne dit jamais ce qu’il fait. Faire des profits au détriment du peuple est l’essence de la bourgeoisie bureaucratique. Voler le peuple est son existence.

Macky Sall a choisi 6 milliards de francs CFA de transport pour les uns et pas d’hôpitaux, pas d’infirmiers, pas de gants ni de masques ni de respirateurs…pour les autres. Il a choisi de faire du corona-business sur le dos des sénégalais.Si Walter Rodney a écrit « How Europe underdeveloped Africa », le président de la république écrit sous nos yeux « How Macky Sall underdeveloped Senegal ».

Quand nos élus veulent voler, ils construisent des choses incroyablement inutiles au vue des priorités du pays ou ils transportent. On croit transporter du riz mais on enrichit de manière indécente, insultante et indue des parasites. Ceux qui gardent le silence en cette période Coronavirus, croient qu’ils gardent le silence pour la patrie mais en réalité il garde le silence devant une vaste entreprise de vol du peuple en pleine pandémie.

C’est criminel ! C’est pourquoi, ceux qui pensent qu’il ne faut pas critiquer le président en ces temps de coronavirus doivent lire Tahar Djaout.« Le silence, c’est la mort et toi,si tu te tais, tu meurs,et si tu parles, tu meurs.Alors dis et meurs ».Le bien-être de nos élus est la malédiction de nos populations. Voilà pourquoi ils sont encore sourds quand nous disons : Suppression du Hcct !

Suppression du CESE ! Suppression de la Commission nationale du dialogue des territoires ! Suppression…Souvenons-nous-en ! « Une classe, toute l’expérience de l’histoire nous le démontre, n’abdique pas. Placer l’intérêt général au-dessus de l’intérêt particulier alors qu’ils sont antagoniques, est un fait de générosité (…) dont n’est pas capable une classe en tant que classe ».

J’ai eu énormément de plaisir à savourer la générosité de mon camarade Dialo Diop et l’affection de notre mère Christine Diompy

Bonne fête de Pâque à tous!

Contre le coronavirus

Contre le corona-business

Contre le COLONIAVIRUS

Ensemble nous vaincrons.

Parfum de scandale autour de la distribution des vivres

Une polémique énorme enfle autour de la distribution des vivres destinés aux populations impactées par la crise sanitaire liée au Covid-19. Des rumeurs persistantes sur un montant de 6 milliards dégagé pour le transport des denrées alimentaires désolent un grand nombre de nos compatriotes qui se sont engagés dans des protestations et dénonciations sur les réseaux sociaux et dans certains médias de la place. Une situation préoccupante qui a poussé certaines autorités politiques à faire des précisions somme toute, légitimes, mais qui auraient pu être évitées si la transparence était mise en avant.

Le budget dégagé pour le transport des vivres à travers le territoire national, dans le cadre du Programme de résilience économique et social annoncé par le Ched de l’Etat Macky Sall, au cours du discours à la Nation, le 3 avril dernier, suscite actuellement une polémique énorme. 6 milliards, 1 milliard ou 3 milliards de francs CFA? Les supputations vont bon train et les autorités en charge de ce volet sont indexées et traitées de tous les noms d’oiseaux.

C’est d’ailleurs dans ce contexte que Mansour Faye, le ministre du développement communautaire, de l’équité sociale et territoriale a réagi en indiquant que les gens ont très vite fait d’extrapoler sur le montant alloué au transport des vivres. « Ils ont certainement entendu que le Gouvernement avait dépensé 60 milliards (des 69 prévus) en achat de denrées et ils ont conclu que le reste de l’argent allait être donné pour le transport de ces denrées. Vous savez, la majeure partie des camions nous a été donnée gratuitement par les transporteurs. Le gouvernement n’a payé que le carburant et les chauffeurs. Il y a également l’Armée qui a mobilisé beaucoup de ses camions pour cette opération. Pour le reste, les distances les plus longues, à savoir Dakar-Kédougou, Dakar-Ziguinchor, nous ont été facturées entre 20 mille et 25 mille Fcfa la tonne. Donc, après calcul, la somme pour convoyer les vivres n’avoisine pas le milliard », a dit le ministre qui tentait d’apaiser la tempête.

Mais au même moment, comme dans un élan de justification, Abdou Karim Fofana, Ministre de l’Urbanisme, du Logement et de l’Hygiène Publique, avance la somme de 2 milliards sur un budget prévisionnel de 3 milliards. D’autre part, le député Diopsy est pointé du doigt sur un éventuel marché qu’il aurait gagné pour le convoyage des denrées à l’intérieur du pays.

Tout ceci pour dire que le Sénégal, à l’instar des autres pays de la planète frappés par la crise sanitaire et économique, se passerait volontiers de scandales financiers. Les populations n’en demandent pas plus que d’être assistées et les programmes initiés dans ce sens par le Président Macky Sall doivent être déroulés de la meilleure manière qui soit avec rigueur et transparence. La transparence, rien que la transparence.

La leçon de Serigne Mountakha au Coronavirus (Par A. Aziz Majalis)

Conformément aux recommandations de réorganisation de la prière du vendredi qu’il avait données il y a quelques jours, le Khalife général des mourides, Serigne Mountakha Mbacké, a accompli ladite prière ce vendredi 27 mars à la Grande Mosquée de Touba, dans des conditions assez particulières de limitation des fidèles et de respect des normes sanitaires.

En effet, dans un contexte de lutte contre la propagation du Coronavirus, les directives des autorités sanitaires de l’Etat du Sénégal portent, entre autres, sur l’interdiction ou la limitation de tout rassemblement humain ou activité à même de favoriser les contaminations de masse, allant même jusqu’à la fermeture de mosquées.

Pour rappel, dans sa démarche de soutien à l’action publique et d’autorité religieuse soucieuse du bien-être sanitaire, moral et spirituel des citoyens, le Khalife des mourides s’illustra d’abord à travers la première et jusqu’ici plus importante contribution financière (de 200 millions) pour soutenir cette cause nationale. Toujours dans sa dynamique de collaboration avec l’autorité publique dans son combat contre les grands regroupements socio-religieux, le Khalife émit, avec le soutien louable de la famille de Serigne Fallou Mbacké, le Ndigeul de surseoir à la célébration traditionnelle du Magal de Kazou Rajab, constituant le second plus important rassemblement du Mouridisme, après le Magal de Touba. Une recommandation inédite dans l’histoire du Mouridisme, à laquelle les disciples mourides se sont tous conformés avec une rare fidélité qui démontre une fois de plus la remarquable capacité de discipline de cette communauté.

Et c’est dans cette même lancée, initiée par le Khalife, que tous les autres futurs magals et grands événements du Mouridisme sont en train d’être annulés, reportés ou célébrés dans des conditions différentes des éditions passées (Magal de Darou Mouhty, de Serigne Chouhaibou etc.) Parallèlement (ou à la place) de ces manifestations, le Khalife recommanda des séances de récitation de Coran et d’imploration du Pardon de Dieu, le Tout-Puissant, pour juguler ce fléau en face duquel les nations les plus puissantes n’ont pu résister.

A la suite de ces dispositions communautaires, Serigne Mountakha mettra ensuite à la disposition du district sanitaire de Touba des moyens conséquents (terrain pour l’hôpital militaire, denrées alimentaires pour les familles en quarantaine, espaces d’hébergement pour les renforts envoyés etc.) pour une prise en charge optimale des cas détectés dans la ville sainte et la prévention d’éventuels nouveaux cas. Tout en encourageant la sensibilisation des populations sur l’importance du respect des mesures d’hygiène et des gestes-barrières édictés par les autorités publiques (en souscrivant personnellement à se laver publiquement les mains avec un gel hydro-alcoolique dans la mosquée).

Avec l’appui des organisations mourides, comme Touba Ca Kanam, qui contribua, à la suite du Khalife, avec un budget de 45 millions CFA en produits et matériels destinés aux structures sanitaires de Touba, aux daaras confinés, aux mosquées et morgues, aux autres services de l’Etat (police, sapeurs pompiers…) etc. A quelque chose, malheur étant quelques fois bon, l’apparition du Coronavirus à Touba est ainsi en train de créer un intéressant modèle de prise en charge communautaire des crises sanitaires et autres problématiques, méritant d’être mieux appréhendé.

Ces initiatives éclairées et éminemment responsables de l’autorité suprême des mourides, soutenues par les dynamiques communautaires, ont sans nul doute contribué au recul de la pandémie actuellement constaté dans la zone de Touba que beaucoup pourtant redoutaient, il y a juste quelques jours, comme principal « foyer local » du Covid-19 dans le pays (Dakar semblant constituer, en ce moment, le prochain foyer majeur, soulevant même la question d’une éventuelle mise en quarantaine de la capitale, selon les requêtes précédemment émises envers Touba par certains acteurs publics).

Lorsque la question de la fermeture des mosquées fut évoquée, le Khalife des mourides notifia clairement aux autorités publiques que, quoique cette prérogative relève de leur responsabilité régalienne exclusive (auquel cas, il s’y confirmerait de façon citoyenne), mais en tant que autorité religieuse, il proposait une alternative à la fermeture totale des mosquées (à laquelle il refusa catégoriquement de procéder personnellement, selon les témoins). Une alternative brillante et équilibrée à même de respecter à la fois les directives contre les risques de contamination suscités par les rassemblements religieux et de préserver en même temps le souci majeur de beaucoup de croyants musulmans (dont lui-même) de ne pas arrêter totalement le culte dans les mosquées.

Cheikh Mouhamadou Mountakha suggéra ainsi aux autorités, en prenant comme modèle la grande mosquée de Touba (sans nécessairement en réclamer de même pour les autres), de continuer à y faire l’appel à la prière, d’y effectuer les prières quotidiennes et celle du vendredi, sous de nouvelles conditions conformes aux règles requises, en ces termes :

« La prière du vendredi pourrait désormais se faire avec le quorum de douze (12) fidèles minimum (préconisé dans l’école malékite) qui respectant les distances réglementaire et les autres mesures sanitaires. Le quorum légal des prières canoniques étant de trois (3) personnes minimum. De tels quorums pourraient d’ailleurs être facilement réalisés avec le personnel qui gère la mosquée, notamment les agents du Dahira Moukhadamatoul Khidma dont moi-même me considère comme faisant partie

[sans doute, en sa qualité de « gardien des lieux saints » du Mouridisme]

. Les autres fidèles pourront ainsi rester et prier chez eux, dans la mesure où l’obligation cultuelle collective (fardu kifaaya) sera accomplie, au nom de toute la communauté, par un groupe d’entre eux qui en déchargera tous les autres. »

Cette position médiane du Khalife des mourides (incomplètement relayée, il faut le dire, par les grands médias, qui se contentèrent uniquement d’une partie de la proposition), qui justifie sa participation symbolique à la prière et à la préservation du culte rendu à Dieu (non moins importante à ses yeux, en ces moments d’épreuves, que les autres mesures matérielles) nous semble éminemment éclairée et justifiable dans le contexte actuel. En effet, dans d’autres domaines de la vie publique, l’Etat du Sénégal semble avoir fait le choix de la LIMITATION et de la RÉGLEMENTATION plutôt que celui de l’arrêt radical de toute activité dans lesdits domaines ou du confinement intégral. Il en est ainsi du secteur du transport dont les usagers et les conditions de circulation ont été simplement réadaptés au contexte. De même que du secteur administratif ou des entreprises (banques, sociétés, réunions officielles, commerces, marchés etc.) dont certaines règles d’organisation et de fonctionnement ont été juste modifiées. Au même titre que l’état d’urgence et le couvre-feu décrétés, qui ne vont pas jusqu’au confinement total des populations et ne s’opposent pas non plus totalement à la libre circulation des biens et des personnes (réorganisée sous de nouvelles dispositions réglementaires plus restrictives) etc. Une situation qui, d’ailleurs, n’a point manqué de susciter certains questionnements : comment comprendre l’empressement frappant de nos autorités à fermer tous les lieux de culte du pays, en n’envisageant aucune mesure alternative de réglementation, tout en ne faisant pas montre du même zèle envers les autres sources de rassemblements comme les marchés etc. ?

À travers l’approche proposée par le Khalife des mourides, l’on pourrait assurément tirer de remarquables enseignements sur un modèle de vie plus équilibré, à même de concilier harmonieusement nos CONDITIONS de vie à nos RAISONS de vivre ; le respect des règles sanitaires qui nous permettent de rester en vie et la conformité à nos valeurs fondamentales pour qui nous voulons rester en vie. En somme le Zaahir (éxotérique) au Baatin (ésotérique), la Sharia (règles extérieures) à la Haqiqah (Réalités intérieures).

Une excellente leçon de foi et de Tawhid (foi en l’Unicité absolue de Dieu) du Patriarche de Darou Minan, qui nous rappelait, il y a juste quelques jours :

« C’est Dieu qui choisit les personnes qui tomberont malades et celles qui seront épargnées par cette pandémie. Cette maladie ne décide pas de tout. C’est une simple créature de Dieu et elle ne fera que ce que Dieu voudra qu’elle fasse. Tout vient de Dieu. Tout ce qui arrive à l’être humain est juste la résultante de la volonté de Dieu. Cela ne veut pas dire que nous ne devons prendre aucune précaution. Au contraire. Car se conformer aux prescriptions des médecins est aussi un acte musulman… »

Puisse le Seigneur lui prêter longue vie pour le bien de l’Islam et de toute la nation, puis préserver notre pays et le monde entier de ce fléau.

Coronavirus : le point sur la pandémie dans le monde

Nouveaux bilans, nouvelles mesures, faits marquants: un point sur les dernières évolutions de la pandémie de Covid-19.

– Plus de 112.000 morts dans le monde –

La pandémie du nouveau coronavirus a fait au moins 112.510 morts dans le monde depuis son apparition en décembre en Chine, selon un bilan établi par l’AFP à partir de sources officielles dimanche à 19H00 GMT.

Plus de 1.824.950 cas d’infection ont été diagnostiqués dans 193 pays et territoires depuis le début de l’épidémie.

Les Etats-Unis sont le pays le plus touché tant en nombre de morts qu’en nombre de cas, avec plus de 22.000 décès pour plus de 555.000 cas confirmés.

Après les Etats-Unis, les pays les plus touchés sont l’Italie avec 19.899 morts, l’Espagne (16.972), la France (14.393 morts) et le Royaume-Uni (10.612).

L’ancien grand rabbin d’Israël Eliahou Bakshi-Doron est décédé dimanche des suites d’une infection au nouveau coronavirus. Agé de 79 ans, il a été le grand rabbin séfarade d’Israël entre 1993 et 2003.

Plus de 700 cadavres ont été recueillis dans des logements de Guayaquil, capitale économique de l’Equateur, où les services hospitaliers et funéraires sont débordés par la pandémie de Covid-19. La cause des décès n’a pas été spécifiée.

– Italie: un dimanche de Pâques moins meurtrier –

L’Italie a annoncé sa journée la moins meurtrière en plus de trois semaines, avec 431 en 24 heures. Pour la première fois depuis le 19 mars, sous les 500 morts en une journée.

« La baisse de la pression sur nos structures hospitalières se poursuit », s’est félicité le patron de la protection civile, Angelo Borrelli.

– « Tout aurait pu basculer »-

Après une semaine d’hospitalisation –dont plusieurs jours en soins intensifs–, le Premier ministre britannique Boris Johnson est sorti dimanche de l’hôpital.

Désormais en convalescence, il a remercié les soignants qui lui ont « sauvé la vie » et notamment les infirmiers présents à ses côtés pendant les 48 heures où « tout aurait pu basculer ».

– « Contagion de l’espérance » –

Le pape François a proposé dans son message de Pâques « de réduire » voire « d’annuler » la dette des pays pauvres, a appelé à un allègement des sanctions internationales et à « un cessez-le-feu mondial et immédiat ». Il a aussi souhaité que l’Europe retrouve « un esprit concret de solidarité ».

A Jérusalem, un court chapelet de religieux a célébré le plus important moment liturgique de la tradition chrétienne dans le Saint-Sépulcre, fermé au public pour la première fois en plus d’un siècle lors d’un dimanche pascal.

– Etats-Unis: réouverture graduelle possible en mai –

L’expert en chef du gouvernement américain, le docteur Anthony Fauci, a estimé qu’une réouverture graduelle et localisée des activités économiques aux Etats-Unis pourrait intervenir en mai, tout en restant très prudent.

– Risque de récession historique –

L’Asie du Sud (Inde, Bangladesh, Pakistan, Afghanistan …) risque de subir cette année sa pire performance économique en 40 ans, ce qui va nuire aux efforts de lutte contre la pauvreté dans la zone, a estimé la Banque mondiale.

– Retour du Charles-de-Gaulle –

L’armée française a entamé une opération inédite de débarquement et de placement en isolement sanitaire de 1.900 marins, après l’accostage à Toulon du porte-avions nucléaire Charles-de-Gaulle, de retour anticipé pour cause de coronavirus à bord.

– Baisse de la production de pétrole –

L’Opep et ses partenaires sont convenus de la « plus grande baisse de production de l’histoire », dans l’espoir de faire remonter les prix du pétrole en pleine pandémie et malgré les tensions entre Moscou et Ryad. Les cours du pétrole bondissaient lundi matin sur le marché en Asie.

– Panique et démission en Turquie –

Le ministre turc de l’Intérieur a présenté sa démission au surlendemain de l’annonce abrupte d’un confinement total pour le weekend, qui a poussé des foules de Turcs paniqués dans les commerces pour faire des provisions sans respecter les mesures de distanciation sociale. Quelques heures plus tard, le président Recep Tayyip Erdogan a refusé cette démission.

– 500 fois « pardon » –

La police indienne a sanctionné dix touristes étrangers, contraints d’écrire 500 fois « je suis désolé » pour avoir enfreint le confinement dans une ville du nord du pays.

– Voleur de tests –

Un Chinois a été interpellé dimanche à Lima accusé d’avoir proposé illégalement des tests rapides de Covid-19 qu’il avait volés au ministère de la Santé, a annoncé la police péruvienne. Tianxing Zhang, 36 ans, faisait du porte-à-porte à Lima pour proposer des tests contre de l’argent.

France 24 avec Afp

L’Afrique et le monde face au COVID-19 : point de vue d’un Africain – Par Macky Sall, Président de la République du Sénégal

Avec une population estimée à 1,3 milliard d’habitants, l’Afrique est atteinte par le COVID-19 au moment où plusieurs de ses pays, malgré les défis du sous-développement, sont sur une trajectoire d’émergence alors que d’autres continuent de faire face à la lutte contre le terrorisme. Le COVID-19 freine ainsi l’élan des uns, aggrave la situation des autres et remet en cause les efforts de tous. De plus, il soumettra à rude épreuve des systèmes nationaux de santé publique déjà vulnérables. À l’échelle nationale, de nombreux pays ont adopté des plans de contingentement pour endiguer la propagation du virus. Mais, le niveau d’impréparation dû à la survenance brutale de la pandémie, à son évolution rapide et à l’ampleur des besoins montre clairement les limites des mesures nationales. S’y ajoutent les difficultés inhérentes à l’importation des équipements produits médicaux et pharmaceutiques nécessaires à la lutte contre le COVID-19, dans un contexte de forte demande et de perturbation du trafic aérien. Si nous voulons gagner le combat contre le COVID-19, il nous faudra maintenir à niveau les capacités de riposte, notamment :

  • Disposer en quantité suffisante d’équipements et de matériels médicaux et de protection : kits de test, masques, équipements de protection individuelle ;
  • Aménager et équiper des centres d’isolement et de traitement des malades ;
    Assurer la détection précoce des cas d’infection liée au CODIV-19 au niveau de sites de référence ;
  • Assurer l’isolement rapide et la prise en charge des cas suspects et confirmés d’infection liée au CODIV-19 ;
  • Renforcer les mesures de prévention et de contrôle de l’infection ;
  • Assurer une bonne coordination des interventions.

Il faut dire qu’en dépit des efforts jusque-là consentis, les pays africains n’ont pas encore atteint les normes préconisées par l’Organisation Mondiale de la Santé en infrastructures sanitaires et personnels qualifiés dont la répartition reste encore inégale au détriment des zones rurales. De façon générale, les besoins de l’Afrique dans le secteur de la santé se posent en ces termes :

  • Construction, réhabilitation et équipement des structures sanitaires de base et de référence ;
  • Acquisition d’équipements lourds et de matériels roulants : générateurs d’oxygène, scanners, appareils d’angiographie, ambulances médicalisées, entre autres ;
  • Formation de ressources humaines en qualité et quantité suffisante ;
    Utilisation optimale des TIC dans le domaine médical (télémédecine et autres applications) ;
  • Mise en réseau des expertises nationales au sein et entre les pays ;
  • Création de plateformes régionales pour faciliter le déploiement d’opérations d’urgence, à l’instar de la plateforme de Dakar qui a servi de base aérienne et logistique lors de la crise d’Ebola qui a frappé certains pays de l’Afrique de l’Ouest ;
  • Appui aux initiatives pour la Couverture maladie –ou sanitaire– universelle.

Pour en revenir au COVID-19, il faut rappeler que nous sommes en présence d’une pandémie, c’est-à-dire une épidémie à l’échelle mondiale. Les efforts jusque-là menés au quatre coins de la planète n’ont pas encore permis de découvrir tous les secrets de ce grand inconnu qui a fini de révéler au grand jour les limites de tous les systèmes nationaux, même les plus sophistiqués. Tous les pays, surpris et débordés, se sont retrouvés dans une sorte de sauve qui peut, dévoilant au quotidien les lacunes des uns et des autres. La première leçon à retenir de cette crise majeure, où l’infiniment petit fait trembler le monde entier, c’est que, devant des menaces transfrontalières, grands ou petits, riches ou pauvres, nous sommes tous vulnérables. Deuxième leçon, le COVID-19 renvoie au monde ses propres contradictions. Nous vivons, en effet, une ère de paradoxes. La terre est assurément ronde, mais quelque chose, quelque part, ne tourne pas rond. L’homme continue de faire des progrès tous azimuts, reculant chaque jour les limites de la science et de la technologie, y compris dans la conquête de l’espace. Pendant ce temps, sur terre, il manque de masques, de kits de test, d’équipements de protection individuelle, de lits, de respirateurs ; autant de produits, matériels et équipements indispensables à la prise en charge des malades et à la protection des personnels de santé, véritables héros engagés au front d’une lutte risquée et potentiellement mortelle contre un ennemi invisible à l’œil nu. Il est donc temps de revenir sur terre ! Troisième leçon, enfin, et sans être exhaustif, la pandémie de COVID-19, tout comme, du reste, les périls de l’environnement et du terrorisme, confirme les limites objectives de l’État-Nation dans la réponse aux menaces transfrontalières.Revenons sur terre et revenons à la sagesse des aînés, comme nous l’y invite notre compatriote Cheikh Hamidou Kane qui, dans son roman à succès, L’Aventure Ambiguë, publié il y a 59 ans, énonçait ce message prémonitoire : « Nous n’avons pas eu le même passé… mais nous aurons le même avenir, rigoureusement…l’heure des destinées singulières est révolue…nul ne peut vivre de la seule préservation de soi. » (L’Aventure Ambiguë, page 92).C’est dire que quels que soient sa puissance et ses moyens, l’État-Nation ne peut plus se suffire à lui-même. Devant les défis planétaires, nous avons tous besoin les uns des autres, surtout quand nos vulnérabilités communes s’ajoutent à nos fragilités individuelles. Alors, il est temps d’apprendre de nos erreurs et de nos limites, de redéfinir l’ordre des priorités, de redonner plein sens à l’économie réelle en investissant plus dans l’agriculture, l’énergie durable, les infrastructures, la santé, l’éducation et la formation, pour réaliser un développement soucieux du bien-être de l’homme intégral.Il est temps de travailler ensemble à l’avènement d’un nouvel ordre mondial qui met l’humain et l’humanité au cœur des relations internationales. Il est temps de considérer les questions de santé publique au même titre que la paix, la sécurité, l’environnement, la lutte contre le terrorisme et autres criminalités transfrontalières.Ce nouvel ordre mondial, que j’appelle de mes vœux, suppose une confiance mutuelle et une volonté sincère de coopérer autour de questions d’intérêt commun et de valeurs partagées, dans le respect de nos différences et de nos diversités. Il postule surtout un nouvel état d’esprit qui reconnait que toutes les cultures et toutes les civilisations sont d’égale dignité ; et qu’il ne saurait y avoir de centre civilisationnel supérieur qui dicterait aux autres la façon d’être et d’agir. Comme le dit une sagesse africaine, l’arc-en-ciel doit sa beauté aux tons variés de ses couleurs. Ramené aux questions planétaires de santé publique, ce nouvel ordre mondial devra exclure toute forme de discrimination, de stigmatisation et de préjugés, en particulier envers notre continent. L’Afrique, berceau de l’humanité et terre de vieille civilisation, n’est pas un no man’s land. Elle ne saurait, non plus, s’offrir comme terre de cobayes. Exit également les scénarios catastrophistes qui s’évertuent à dessiner un futur d’apocalypse pour le continent. Ce continent a subi des épreuves autrement plus périlleuses et plus cruelles. Il est resté résilient et tient plus que jamais debout !Ce qui importe aujourd’hui, c’est plutôt de tirer les leçons de la crise et mettre en commun nos moyens et nos intelligences pour faire face, dans un même élan de solidarité humaine, à notre ennemi commun : un tueur silencieux qui se joue des frontières, des idéologies et des différences entre pays développés et en développement. En dépit de son retard, l’Afrique regorge de ressources humaines de qualité, y compris d’éminents experts, praticiens et chercheurs compétents, qui contribuent au quotidien au progrès de la médecine. Avec la mise en place du Centre africain de contrôle et de prévention des maladies, qui travaille en relation avec des structures nationales correspondantes et des laboratoires qualifiés comme l’Institut Pasteur de Dakar dont les origines remontent à 1896, le continent dispose d’un réseau scientifique de qualité et connecté au dispositif mondial d’alerte et de gestion de crises sanitaires internationales. Il faut saluer aussi le leadership de l’Organisation Mondiale de la Santé. Elle réussirait mieux sa mission avec une mobilisation plus conséquente de ressources en sa faveur, un meilleur soutien à son Système d’Alerte et d’Action, et un appui plus significatif aux systèmes nationaux de santé publique. Sur le plan économique, les effets paralysants du COVID-19 se font déjà lourdement sentir au plan mondial. L’Afrique, essentiellement exportatrice de matières premières et importatrice de produits finis et semi-finis, n’est pas en reste. Les pays développés les plus touchés, à ce jour, par la pandémie achètent pour 51 % des exportations du continent. Les pays membres de l’Union Européenne, à eux seuls, absorbent près de 40 % des exportations africaines. La baisse des exportations africaines vers ces pays affecterait principalement les hydrocarbures (pétrole et gaz), le cuivre et les produits agricoles. Pour les importations, outre les produits industriels finis et semi-finis, l’Afrique s’approvisionne à l’étranger en produits de grande consommation comme le blé, le sucre, le riz, l’huile, le lait, etc.Toute pénurie ou hausse des prix sur ces produits affecterait donc le continent.En raison des mesures de contingentement liées à la fermeture des frontières aériennes, terrestres et maritimes, les secteurs des transports, du tourisme et de l’hôtellerie sont fortement impactés par le Covid-19. La Commission Économique Africaine évalue ces pertes à 56 milliards de dollars US.De même, les transferts financiers des migrants connaissent un effondrement drastique. C’est dire que si l’impact de la crise est mondial, les économies les plus faibles sont les plus affectées. En plus des besoins énormes d’investissement pour le développement, il faudra supporter le choc du COVID-19 et pour certains pays africains, continuer à faire face à une lutte sans répit contre le terrorisme. D’après les premières estimations de la Commission économique pour l’Afrique, le continent pourrait perdre au moins 1,4 % de croissance (soit 29 milliards de dollars US) et passerait de 3,2 % à environ 1,8 %. Selon nos propres évaluations, celle du Sénégal chutera de 6,8 % à moins de 3 %. À travers le monde, chaque pays, suivant ses capacités, prend des mesures de soutien à son économie. Différents instruments et mécanismes ont été mis à contribution. À titre d’exemple, l’Union Européenne a suspendu la règle de discipline budgétaire selon laquelle le déficit annuel ne doit pas excéder 3 % du PIB. Les pays africains se mobilisent également face à la crise. Ainsi, le Sénégal a mis en place un Programme de Résilience Économique et Sociale (PRES), d’un coût global de 1000 milliards de FCFA, soit environ 2 milliards de dollars US, en vue de lutter contre la pandémie et soutenir les ménages, les entreprises et la diaspora. Nous avons créé un Fonds de Riposte contre les Effets du COVID-19, FORCE-COVID-19, financé par l’État et des donations volontaires, pour couvrir les dépenses liées à la mise en œuvre du PRES. À situation exceptionnelle, mesures exceptionnelles. La responsabilité première de faire face à la crise nous revient. Nous l’assumons pleinement. Il est tout aussi juste et légitime que nos efforts internes soient soutenus dans le contexte mondial de riposte à la crise. L’Afrique ne doit pas être laissée pour compte dans un combat planétaire contre un péril planétaire. C’est tout le sens de mon appel pour l’annulation de la dette publique africaine et le réaménagement de sa dette privée selon des mécanismes à convenir. Je me réjouis, enfin, de la position africaine commune adoptée à l’issue de la réunion en visioconférence, du bureau du Sommet de l’Union Africaine élargi à l’Éthiopie, au Sénégal et au Rwanda, le 3 avril 2020. Ensemble, restons unis et mobilisés, debout et combatifs face au COVID-19 !Macky SALL, Président de la République du Sénégal

Coronavirus et philanthropie au Sénégal (Par Alassane Kitane)

Qui a défini la philanthropie comme une générosité désintéressée à l’égard de ses semblables ? Dans notre pays en tout cas, cette définition n’est plus fonctionnelle. L’État, le personnel politique, les people, bref tout le monde profite de la pandémie pour polir ou vendre son image. C’est le comble de la société de spectacle et de l’égoïsme devenu pathologique. Mais ce qui est paradoxal dans cette affaire, c’est moins le comportement des individus que les choix du gouvernement : une remise fiscale est promise aux donateurs !

Pourquoi ne pas l’appeler une avance sur fiscalité ? Tout porte à croire que c’est un gouvernement qui a des problèmes de trésorerie, et qui cherche de façon informelle ou perfide à anticiper sur ses recettes budgétaires pour se donner une bouffée d’oxygène dans cette situation de crise. Ces entreprises qui donnent de l’argent à la télé sont donc doublement gagnantes : elles ont la publicité et la remise fiscale. Promettre une remise fiscale à ce stade de la lutte nous semble impertinent et même dangereux, car on ne sait pas combien de temps elle va durer. On ne sait pas non plus quelles sont les entreprises qui vont en pâtir le plus. Il y a apparemment un parfum de précipitation dans la communication du gouvernement (car beaucoup de décisions prises dans ce sens relèvent de la communication politique). Le corona a donc le mérite de nous révéler la vraie situation de notre pays. Y a-t-il dans ce pays un fonds de gestion des calamités comme c’est le cas dans beaucoup de pays ? A-t-on les structures de santé que mérite notre peuple ? Combien d’hôpitaux on aurait pu construire avec l’argent qui a financé le TER ?

Ce qui est plus choquant, c’est qu’un ministre a osé dire que la qualité de notre système de santé a permis de faire face à la pandémie ! Il a même insinué que c’est grâce à la vision du Président que la pandémie n’a pas fait de ravage chez nous. J’imagine que les autres pays africains ont dû nous emprunter nuitamment notre président pour, eux aussi, éviter le chaos qui sévit dans les pays du nord ! Voilà comment on construit des mythes pour dissoudre la réalité. On ne mesure pas la performance d’un système de santé par une pandémie dont l’impact dans notre pays est forcément affaibli par des paramètres autres que ceux définis par la médecine moderne. Notre système de santé n’est pas plus performant que celui de l’Italie, il faut arrêter de baratiner le peuple pour faire une récupération politique de cette affaire. Tout le monde a rangé les armes pour vous laisser travailler dans la quiétude, alors ayez la décence de ne pas exploiter nos peurs et angoisses pour redorer votre blason !

La santé et la performance d’un système sanitaire sont évaluées par la satisfaction qu’il procure aux citoyens. Un système de santé doit être évalué par la qualité de sa gestion des maladies normales ; or sur ce point, il suffit de faire un détour dans n’importe quel hôpital public de l’intérieur du pays pour se rendre compte que notre État a failli à ses obligations. Par la grâce de Dieu ne nous parlez plus de CMU et autre pacotille de politique publique. Notre peuple, en ce moment, n’a pas besoin de charognards politiques, il a plutôt a besoin d’actes qui parlent d’eux-mêmes.

Alassane K. KITANE

Photos : Wow bët comme Dieyna Baldé….

Dévergondée comme Dieyna Baldé tu meurs ! Propulsée au devant la scène, ces jours derniers par une sale affaire de moeurs qui a conduit le Dg de l’Iseg sous les verrous, l’actrice principale de ce film aux relents sexuels et d’une tonalité de viols répétés sur mineure suivis de grossesse, s’affiche sur les réseaux sociaux.

Sur snapchat, reprenant une chanson aux allures de moquerie, Dieyna wow bët comme possible dit qu’elle s’en branle, qu’elle vit sa vie que la caravane passe que les jaloux vont maigrir…

COVID- 19 : l’Afrique subsaharienne va connaitre sa première récession depuis 25 ans (Banque mondiale)

La Banque mondiale (BM) a indiqué,  jeudi 9 avril que  l’Afrique subsaharienne connaîtra  en 2020  sa première récession depuis 25 ans en raison de l’impact de l’épidémie de coronavirus. Dans son rapport Africa’s Pulse publié, jeudi 9 avril, l’institution de Bretton Woods a  souligné que la croissance économique en Afrique subsaharienne chute de 2,4 % en 2019 pour devenir négative et compris entre -2,1 % et -5,1 % en 2020.

En particulier, les pays dépendants d’exportations pétrolières et minières devraient être les plus affectés, a affirmé l’institution multilatérale. Albert Zeufack, économiste en chef pour l’Afrique à la Banque mondiale a déclaré : «en raison de la détérioration de la situation budgétaire et de l’augmentation de la dette publique, les gouvernements de la région n’ont pas beaucoup de marge de manœuvre pour déployer la politique budgétaire pour faire face à la crise du COVID-19».

«L’Afrique seule ne sera pas en mesure de contenir la maladie et ses impacts, il est urgent d’alléger temporairement la dette bilatérale officielle pour aider à combattre la pandémie tout en préservant la stabilité macroéconomique dans la région», rajoute-t-il. L’Afrique subsaharienne a payé un montant total de 35,8 milliards de dollars du service de la dette en 2018, soit 2,1% du produit intérieur brut (PIB) régional. La région pourrait avoir besoin d’une relance économique d’urgence de 100 milliards de dollars (y compris une dispense estimée à 44 milliards de dollars pour les paiements d’intérêts en 2020).

Sur cette base, l’instance exhorte un moratoire sur la dette (injection immédiatement des liquidités), qui devrait élargirait l’espace budgétaire des gouvernements africains. En outre,  la banque mondiale recommande 3  actions immédiates.   Il s’agit de mettre l’accent sur le renforcement des systèmes de santé, des programmes  de protection sociale  et  de maintenir la logistique ouverte pour éviter une crise alimentaire imminente dans la région. Le rapport encourage également les décideurs africains à réfléchir à la stratégie de sortie de COVID-19. “Une fois que les mesures de confinement et d’atténuation seront levées, les politiques économiques devraient être orientées vers le renforcement de la résilience future”, indique le rapport.

Covid-19 au Sénégal: le miracle de la ville sainte de Touba

Par Magaye GAYE*

Lors de l’émission Jaakarlo du vendredi 03 avril dernier sur la TFM, qui a eu lieu en présence du Ministre Sénégalais de la Santé,  les  plus hautes Autorités sanitaires de notre pays, tout en remerciant Touba pour sa participation active dans la gestion de la pandémie COVID-19 n’en n’ont pas moins admis de manière inexpliquée une situation irrationnelle dans les résultats positifs extraordinaires atteints par cette ville.  Cette déclaration pointant du doigt un miracle évident, sans le nommer,  tranche avec les inquiétudes manifestées tout au début de l’épidémie par un certain nombre de nos compatriotes qui avaient,  sous le couvert de la participation de l’ex Premier Ministre, Mahammed Boun Abdallah Dionne, à une séance de Prière du vendredi à Touba, tenu des propos imprudents tendant à faire croire que Touba nageait à contre courant de la stratégie arrêtée au niveau national. Certains ont poussé l’outrecuidance jusqu’à, de manière très péjorative et avec dérision, rappeler que le virus ne connaissait «ni Serigne, ni talibé ni Baye Fall».

Un mois après l’apparition du virus au Sénégal, la vérité commence à tomber. Mais avant d’en venir à cela, intéressons nous d’abord à la trajectoire de l’arrivée du COVID-19 au Sénégal.

De manière assez rationnelle, ce virus frappant le genre humain au plan mondial, avait des risques plus grands d’apparition dans les grands centres urbains peuplés, exerçant un attrait certain en terme d’exode, parcequ’offrant les meilleures perspectives économiques ; mais aussi les grands foyers religieux du monde vu les  mouvements de populations qui les caractérisent.  Je ne citerais pour étayer mon propos que la Chine premier pays affecté, nation la plus peuplée de l’humanité et principale usine de notre planète, l’Europe, foyer important d’émigration pour le reste du monde, les Etats Unis, première puissance mondiale, et l’Arabie Saoudite, berceau de l’Islam (couvre-feu à la Mecque et à Médine), abritant le tombeau de notre cher Prophète, le meilleur des êtres,  Seydina Mouhammadou PSL.

Au niveau de notre pays, cette logique n’a pas été démentie puisque les deux premières zones touchées sont les deux principales locomotives du pays à savoir Dakar ,la capitale, et Touba la deuxième plus grande agglomération par le nombre d’habitants, représentant une ville phare pour des millions de Sénégalais d’ici et de la diaspora.

De manière ésotérique, je suis de ceux qui pensent que notre Seigneur ALLAH SWT en ciblant ces différentes contrées au niveau mondial a voulu envoyer un message symbolique à l’humanité, en créant le déclic dans les esprits, tout en demandant à ces sphères d’influence de susciter des dynamiques absolument nécessaires de changement de comportement dans l’humanité.

Par ailleurs, je convoque aussi dans mon raisonnement ésotérique, en ce qui concerne le cas particulier de Touba, la proximité de Khadim Rassoul avec son modèle, le Prophète Mouhammadou PSL. Tout ce qui touche le meilleur des êtres, touche par ricochet son serviteur. On se rappelle des caricatures de Jeune Afrique sur Serigne Touba qui ont suivi celles de Charlie Hebdo sur le Prophète PSL. Sans oublier les épisodes d’exil et de vie mouvementés qui ont émaillé la vie de ces deux importants personnages.  Enfin, dans les causes ésotériques,  je ne pourrais ne pas convoquer le rapport que Serigne Touba a toujours entretenu avec l’épreuve salutaire. Ses différentes péripéties au Gabon et en Mauritanie considérées comme des épreuves mondaines, n’en n’ont pas moins été des épisodes d’espoir pour l’humanité. Une façon pour lui de supporter à notre place des épreuves qui devaient nous atteindre. Le résultat tangible et sans ambages est qu’en fin de compte, il a pris incontestablement le dessus sur le colonisateur.

Mon analyse de l’arrivée du COVID-19 au Sénégal m’a permis de tirer plusieurs enseignements dont le maitre mot est “miracle” en ce concerne Touba.

Le premier miracle me semble être le fait qu’une agglomération aussi dense en population avec près d’un million cinq cent mille habitants, qui capitalise des milliers d’émigrés à travers le monde et où les flux humains venant de l’intérieur comme de l’extérieur du pays sont denses pour des raisons liées à l’attrait que représente Serigne Touba, n’ait été affecté que par un seul cas contact. Le 11 mars 2020, seul un émigré sur les milliers que compte la ville sainte dans la diaspora a été touché localement.

Le deuxième miracle semble lié aux résultats positifs inexpliqués atteints. Vers le  14 mars 2020, on dénombrait  17 cas positifs sur un nombre de cas total de 19 au niveau national (sources: hebdomadaire français Le Point)  soit  89,4% pour la seule ville de Touba; Devenue l’épicentre du coronavirus, durant les premiers jours de la maladie au Sénégal, avec 26 cas, la ville a enregistré une guérison quasi totale de l’ensemble de ses malades que beaucoup jugent miraculeuse. Touba ne compte plus que deux cas positifs sous traitement. Aucun nouveau cas n’a été noté depuis le 26 mars dernier, dans un contexte de vie normale qui se poursuit sans confinement intégral ni port généralisé de masques mais dans le respect rigoureux des consignes sanitaires.  Au même moment, le pays se retrouve paradoxalement avec des cas en augmentation : 129 patients sous traitement répertoriés au 07 avril 2020. De 89,4%, Touba ne représente plus que 0,01% de la population affectée au niveau national.

Au niveau international, la situation est pire puisque la pandémie affecte au 07 avril 2020,  1,3 millions de personnes, a entrainé le confinement de 4 milliards d’êtres humains et a fait 75 000 morts.

Les Autorités sanitaires nationales ont été très lucides et inspirés en parlant de situation irrationnelle. Bien entendu inexplicable par la seule logique médicale.

Le troisième miracle  semble lié à la façon dont Touba a obtenu ces résultats positifsdans un temps relativement court dans un contexte de carte sanitaire locale très faible. Selon  des données statistiques de l’ANSD publiés en 2016, Dakar à elle seule recensait 6 543 personnels de santé soit 6 fois plus que la région de Diourbel qui abrite Touba. Pourtant, le rapport en termes de population n’est que d’environ 2 pour Dakar.

En termes de structures sanitaires, l’écart est abyssal : 13 hôpitaux pour Dakar contre 3 pour l’ensemble de la région de Diourbel.

Malgré un système de santé très insuffisant,   TOUBA a réussi à maitriser la maladie.

Il est difficile d’expliquer ces résultats irrationnels mais on ne peut pas passer sous silence les appels incessants à la prière et à des séances de récital du Saint Coran lancés par les hautes autorités de Touba, le caractère sacré de la ville et une stratégie bien réfléchie et équilibrée dont l’objectif était de  protéger la santé des populations tout en respectant les préceptes divins. Touba, comme d’habitude, très lucide, a joué sur tous les compartiments : reconnaissance de la maladie dès son apparition, appropriation, dès les premières heures de l’épidémie, des recommandations des autorités sanitaires, contribution financière significative et d’avant-garde mais aussi et surtout maintien des préceptes de l’islam.

En matière de contribution financière, les 200 millions de FCFA consentis par la Confrérie dans le cadre de la lutte contre la pandémie constituent une suite logique de la posture que Touba a toujours eue dans l’appui solidaire à la nation sénégalaise. On se rappelle des 550 Francs de contribution remis au mois de mai 1909 par Cheikh Ahmadou Bamba aux Autorités coloniales pour la construction d’une infirmerie à Diourbel. Il convient de souligner aussi qu’en 1926, il remit à lui seul un don de 500 000 Franc dans le cadre de la campagne de contribution volontaire au relèvement du Franc. A l’époque, le total des contributions de la colonie du Sénégal ne dépassa guère les 3 millions de Franc. Plus récemment, Serigne Saliou Mbacké consentit 10 millions de FCFA aux victimes de l’accident d’ammoniac de la SONACOS intervenu le 24 mars 1992 sans oublier les 10 milliards de FCFA qu’il remit au Président Abdoulaye Wade pour entamer les grands chantiers de Touba en 2006. Serigne Cheikh Sidi Mokhtar Mbacké en ce qui le concerne consentit en 2012 une enveloppe d’un milliard à l’Etat dans le cadre de la lutte contre les inondations.

Touba a poussé l’Intelligence au paroxysme en réussissant à concilier deux attitudes à priori très contradictoires, à savoir respecter la décision des Autorités interdisant les rassemblements tout en maintenant le calendrier de journées de prières initialement programmées en changeant leur format.

Enfin,  un dernier facteur non moins important est à chercher dans le rôle pivot important joué dans la lutte par une association d’avant-garde qui fait aujourd’hui la fierté du Mouridisme, je veux citer Touba Ca Kanam ; une association qui a l’ambition de regrouper plus de deux millions de mourides avec une perspective de mobilisation de 24 milliards de FCFA par an pour financer le développement de la ville. Sa contribution, comme d’habitude a été décisive dans la lutte contre le COVID-19 avec un plan de riposte et d’endiguement important évalué à 45 millions de FCFA. Celui -ci a permis de :

–  doter les Structures sanitaires, les Agents de la santé, les Forces de l’ordre, les Daara, les Mosquées, les lieux à grande affluence de produits antiseptiques (Madar Eau de Javel et Gel Hydroalcoolique)

 mettre à la disposition des Agents de la santé de Touba leurs ambulances et leurs postes de santé en cas de besoin

 collaborer avec le Service national d’hygiène pour la désinfection et la désinsectisation de la Ville Sainte de Touba et environs (nébulisation fumigations) 

 doter les acteurs en carburant (3.000 litres)  pour faciliter leurs déplacements

 budgétiser  5 Millions de FCFA pour venir en aide aux Daaras et aux familles mises en quarantaine 

 mener une campagne de sensibilisation d’information et de communication (Caravanes avec Camion Led , Spots audiovisuels)

En conclusion, nous estimons que ce cas d’école de Touba mérite d’être étudié dans la stratégie mondiale de lutte contre le COVID-19. De manière plus élargie, le modèle de société que propose à l’humanité cette grande ville, symbole d’une Afrique audacieuse qui se prend en charge, devrait être largement vulgarisé. Celui-ci est basé sur des principes économico-religieux solides. On peut citer entre autres, une philosophie d’autonomie, le culte du travail incarné par les Baye Fall, le respect des valeurs religieuses, une discipline communautaire impeccable, la gratuité de l’eau pour ses habitants, l’appropriation après valeur ajoutée de certaines denrées internationales comme le café Touba, une vision en matière de décentralisation endogène, une politique de financement de projets communautaires basée sur l’autofinancement intégral sans oublier le respect voué à l’Etat central et à la vie en communauté au niveau national. Près d’une centaine d’années après la disparition de son fondateur, cette branche de l’islam regroupe un vivier de personnalités de premier plan, dans toutes les sphères de la vie nationale : religieuse,  politique, économique, sociale, culturelle et sportive pour ne citer que celles-là.

Je ne saurais terminer ce papier sans me rappeler un échange que j’ai eu en 1994 avec feu Jacques Bugnicourt,  un  grand spécialiste du développement communautaire, d’origine Française à l’époque Directeur Exécutif d’Enda tiers monde. Il me disait qu’au moment où le Président Abdou DIOUF donnait à la communauté mouride les 45 000 ha de forêt classé de Mbegué  (khelcom), il faisait partie de  ceux qui avaient exprimé leurs réserves pensant qu’une communauté africaine ne pouvait mettre en valeur un domaine foncier aussi large. Mais m’avoua-t-il,  quelques années après,  je visitais le site et fus ébahi par la qualité du travail abattu par les mourides. Il concluait que cet exemple était à méditer au niveau national et international.


*Magaye Gaye, économiste sénégalais engagé sur les questions développement, est auteur de plusieurs essais et articles d’analyses dans la presse spécialisée. Titulaire d’un DESS en gestion de projets de l’Université de Rennes 1 en France, Magaye Gaye a exercé pendant une quinzaine d’années dans les organisations sous- régionales africaines de financement du développement (BOAD et FAGACE) à des niveaux stratégiques élevés.

Sénégal : 270,43% de soumissions aux obligations du trésor public

Les investisseurs opérant sur le marché financier de l’Union monétaire ouest africaine (UMOA) ont soumissionné à 270,43% à l’émission simultanée par adjudication d’obligations assimilables du trésor (OAT) à 3, 5 et 7 ans organisée le 10 avril 2020 par l ’Etat du Sénégal en partenariat avec l’Agence UMOA-Titres basée à Dakar.

Au terme de l’opération, l’Agence UMOA-Titre  a répertorié 135,216 milliards de FCFA de soumissions globales provenant des investisseurs alors que l’émetteur avait mis en adjudication 50 milliards de FCFA.

Mais pour des raisons de coût, l’émetteur n’a retenu sur le montant des soumissions proposées par les investisseurs, que 55 milliards de FCFA et rejeté les 80,216 milliards de FCFA restants, soit un taux d’absorption de 40,68%.

Le but visé par les autorités gouvernementales sénégalaises à travers cette émission est de mobiliser l’épargne des personnes physiques et morales en vue d’assurer la couverture des besoins de financement du budget de l’Etat.

Les titres émis sont remboursables selon des maturités et taux d’intérêt différents.

Le remboursement des OAT de 3 ans se fera en totalité le premier jour ouvrable suivant la date d’échéance fixée au 13 avril 2023 . Par contre, le paiement des intérêts se fera annuellement dès la première année  avec un taux  de 5,85%.

Quant aux OAT de 5 ans, leur remboursement  se fera aussi en totalité le premier jour ouvrable suivant la date d’échéance fixée au 13 avril 2025. Le paiement des intérêts se fera annuellement dès la première année  avec un taux de 6%.

Enfin le remboursement des OAT de 7 ans se fera en totalité le premier jour ouvrable suivant la date d’échéance fixée au 13 avril 2027. Le paiement du taux d’intérêt de 6,15% s’effectuera annuellement dès la première année.

Financial Afrik

L’Islam trahi par les musulmans ? (Amadou Tidiane Wone)

Il ne se passe pas un seul jour, pas une seule minute, pas une seule seconde sans qu’à travers les médias et les réseaux sociaux devenus planétaires, l’on ne fasse le procès de l’Islam. 

À force d’amalgames et de définitions tronquées , une machinerie propagandiste redoutable  cherche à réduire la dernière religion révélée, après le Judaïsme et le christianisme, à un ensemble de clichés renvoyant à la barbarie : maltraitance de la femme et des enfants, violence meurtrière tous azimuts, machisme, terrorisme, etc.

Sous le rouleau compresseur d’un matraquage médiatique, alternant sous-information et désinformation, les opinions publiques des pays à majorité non musulmane sont passées de la méfiance à l’hostilité et, bien des fois, à une haine qui frise la paranoïa. En effet, pratiquement toutes les guerres contemporaines ont pour justification essentielle «  la lutte contre le terrorisme islamiste ». 

Un package bien commode en ce qu’il s’attaque à la foi de plus d’un milliard de personnes, tout en leur donnant l’impression qu’elles ne sont pas concernés ! C’est ainsi que, même les opinions publiques des pays à majorité musulmane avalent et répercutent les dépêches d’agence sans discernement, et contribuent à asseoir le paradigme de « violence islamiste ». 

L’islamisme ! Une commodité sémantique dont on trouvera difficilement les racines dans l’esprit et dans la lettre du Coran.

Mais c’est comme si, il était désormais acquis que l’équation, Islam égale violence et arriération, était définitivement consacrée.  Or Dubaï ou Doha modèles de villes du troisième millénaire sont des vitrines de pays musulmans. Juste en passant. Je ne donne pas d’exemples en Asie pour faire court car j’arrive au cœur de mon sujet.

Crise sanitaire, économique et existentielle…

En ces temps de crise majeure de la vie sur terre, le Coran a pourtant des réponses lumineuses à apporter à la détresse de l’Humanité. Mais les musulmans semblent l’oublier qui appliquent à la lettre les « solutions » Ou plutôt les bricolages suggérés par la science occidentale et ses pratiques approximatives qui relèvent, bien des fois, du tâtonnement.

Alors même que la force principale du musulman c’est la prière collective,  on lui suggère de fuir les mosquées ! Or c’est l’un des cinq piliers fondateurs de l’Islam qui veut dire soumission à Allah, Créateur de toutes choses, Maître de l’Univers.

Ensuite, on distille l’idée d’une possibilité de la non tenue du pèlerinage à la Mecque. Un autre pilier sacré de l’Islam.  On va même jusqu’à vider la Kaaba des musulmans qui y effectuaient les circumbulations usuelles qui font partie de l’équilibre de l’écosystème du Monde ! 

Les images d’une Kaaba vide de ses millier, voire millions de personnes, venues de partout sur terre répondre à l’appel de notre Prophète Ibrahim ( Que la Paix soit sur lui) ravivent notre conviction/consolation que des milliards d’anges effectuent le tour de la Kaaba à chaque instant pour chanter la Gloire d’Allah. Nous risquons de payer cher notre absence de ce concert à la Gloire de l’Unique !

Puis on insuffle aux musulmans du monde entier l’idée d’un abandon progressif des rassemblements dans les mosquées à l’occasion des cinq prières quotidiennes. Juste par souci d’éviter la transmission du coronavirus… De la force de persuasion nuisible des médias mainstream. Mais à quoi jouent ces gens-la ?

Un monde qui exclut Dieu de ses paramètres !

Toutes ces mesures semblent normales dans le cadre d’une politique de santé publique qui exclut Dieu, Allah, de sa grille d’analyse. Or en Islam, le croyant dit plusieurs fois par jour parlant à Allah : Iyyaka Naabudu Wa Iyyaka nastaeenu, c’est Toi (SEUL) que nous adorons,  C’est Toi (SEUL) dont nous implorons le secours. Sourate 1 verset 5. 

Comment répéter systématiquement ce verset en récitant la fatiha qui accompagne toutes les prières du musulman et en oublier le sens profond au moment où survient une épreuve comme celle du Coronavirus ?

Et c’est cela la question de fond : tout en utilisant toutes les « solutions » proposées par les sciences et techniques humaines, le musulman doit se tourner vers Allah. Et d’abord méditer tous les versets du Saint Coran qui parlent d’épidémies, d’inondations, d’invasions de criquets, de famines etc. qui sont autant de sanctions imposées à l’espèce humaine pour lui rappeler ses devoirs envers la Royauté. Mais les êtres humains sont des rebelles et Cheytaan, leur ennemi désigné, les y encourage. 

Cependant, il n’est jamais trop tard pour recourir au Pardon et à la Miséricorde d’Allah. Mais, si nous regardons sans broncher fermer la Kaaba. Si nous nous éloignons des Mosquées par peur de la mort. 

Si, en fait nous nous détournons de la vraie solution qui est le retour vers Allah pour solliciter Son Pardon et Sa Miséricorde,  nous irons de déconvenues en déconvenues. Je ne dis pas, ce faisant, qu’il ne faut pas pour autant respecter les consignes sanitaires préventives. Mais dans les limites de la raison et de la Confiance due à Allah !

En vérité, le monde islamique doit faire entendre plus fort sa voix et ouvrir plus résolument sa voie. Celle du Saint Coran et de la Sunnah. Lire, traduire et diffuser les meilleurs passages du Coran à propos des sanctions infligées aux peuples précédents par Allah et en tirer des leçons pour le présent.  Le Coran n’est pas un livre de vieilles histoires à ranger dans une bibliothèque. C’est un puissant logiciel pour tous les temps ! A chacun de se l’installer et de le lancer pour en vivre les moments extatiques indicibles et les ivresses incomparables…

Les questions que je me posais, juste avant la survenance du coronavirus, étaient  : mais que font donc les musulmans pour défendre et illustrer la clarté de leur religion sur toutes les questions qui agitent  le monde ? Que font-ils pour laver l’honneur du Prophète de l’Islam qui a tout donné pour nous connecter au serveur divin sans recourir à un intermédiaire autre que notre cœur purifié ? De manière plus prosaïque,  à quoi nous sert l’Organisation de la Conférence Islamique (OCI) complètement absente des grands débats d’idées qui secouent le monde ? Que font les intellectuels musulmans pour diffuser la Vision islamique du monde qui n’est pas, il faut le préciser, la vision arabe du monde ?

En réfléchissant à ces questions et en méditant certains passages du Saint Coran,  il m’est arrivé de me demander si l’Islam, tel qu’il est si lumineusement énoncé, ne faisait pas l’objet d’une trahison par les musulmans eux-mêmes ! Et le temps me semble venu, pour les musulmans sincères, de se regarder dans le miroir : le temps de se mettre en questions et de corriger ce qui doit l’être en eux-mêmes et autour d’eux. En toute responsabilité.   

L’adhésion à l’Islam se fait librement. Sans contrainte. Aucune. Elle se fait par la prononciation de la profession de foi : « J’atteste qu’il n’y a de Divinité qu’Allah et que Mouhammad est Son Serviteur et Son Prophète »

Cette profession de foi prononcée avec conviction est le mot de passe pour accéder à un univers spirituel et moral qui repose sur la soumission totale à un Dieu Unique, Allah Soubhanahou Wa Ta’ala. En découlent  le respect strict et scrupuleux de Ses Ordres, Prescriptions et interdits. C’est le stade de l’Islam. Il s’en suit un voyage intérieur vers la Foi ( Iman) et enfin l’atteinte comme une grâce du stade de la bienfaisance (Ihsaan). Les prémisses de la plénitude. Le but du voyage des chercheurs… Revenons sur terre.

Le monde musulman composé de toutes les races humaines, et dont les populations sont disséminées à travers tous les pays du monde, doit retrouver le sens de la Oumah telle que voulue par notre Prophète Bien-aimé Mouhammad (Paix et Saluts sur Lui). La Oumah, une communauté, UNE et INDIVISIBLE , sans frontières. Sans classes sociales. Des hommes et des femmes rivalisant d’ardeur sur le chemin du Bien pour accéder à la Proximité. Car ainsi que le dit Allah : « …le meilleur d’entre vous auprès d’Allah est le plus pieux… » Sourate 49 veste 13

L’Islam a un message pour le Monde. Un message de Paix. L’Islam a un mode de vie alternatif à la frénésie du gain pour le gain à proposer. Riche de la diversité culturelle, ethnique et raciale des peuples qui s’en réclament,  l’Islam véritable est un kaléidoscope de possibles. Pourquoi ne pas y chercher, aussi, des voies de sortie de la crise sanitaire, économique et existentielle qui s’empare de l’Humanité ? 

En tous cas, vouloir sortir Dieu de l’affaire n’est pas prudent… Car impossible !

Amadou Tidiane WONE

Le monstre est toujours là (Bayaliou)

Dénonçons, au moins indignons-nous, si nous ne pouvons pas faire autre chose. Ne vendons pas notre âme au Diable comme ceux qui vociféraient hier contre Wade et qui aujourd’hui sont devenus muettes comme des carpes…Abdoulatif Coulibaly, Abdoul Aziz Diop, Penda Mbow, Alioune Tine, Amath Dansokho, Moustapha Niasse, Momar Samb, la liste dont fait partie un grand nombre de patrons de presse n’est pas exhaustive…

Le monstre est là, plus laid, plus méchant, plus dangereux. Il nous terrorise et hypothèque l’avenir des générations futures en bradant nos ressources à travers une gestion opaque, scandaleuse et mafieuse. Kou wakh mou warakh ! Les institutions sont fragilisées, justice et police à genoux, les consciences vendues, les mœurs perverties.

Le gouvernement en vacances, El Capo, Cobra… à l’intérim

Le président SALL est donc reparti en vacances. Très loin, il s’en allé, laissant le pays dans le marasme le plus total après une fête de Tabaski catastrophiquement célébrée dans ce contexte de dèche nationale. 

Quatre mois après avoir été au Maroc, où il se vautrait pour, disait-on, préparer un nouvel attelage gouvernemental, Macky SALL est donc reparti, comme pour ne point entendre les sanglots des Sénégalais à qui il n’a laissé qu’un film de mafia où les El Capo, Cobra et autres dinosaures font feu de tout bois.

« Il nous a été donné de constater que la situation pluviométrique est déficitaire dans le pays sauf au sud-est ; les jeunes plants ont connu un stress, ce qui a valu aux paysans des resemis sans succès ; l’état d’embonpoint des animaux se dégrade, entraînant une perte jamais imaginée depuis plusieurs décennies (…) Les agriculteurs et éleveurs du Sénégal traversent en ce moment une période grave qui mérite l’attention du gouvernement, en vue de trouver des voies et moyens de leur venir en aide ».

C’est le cri de cœur lancé, ce dimanche, par le Conseil des organisations non gouvernementales d’appui au développement (CONGAD). Une situation catastrophique dans un monde rural où s’installe la psychose d’une sécheresse exacerbant la famine qui pointe déjà.

Seulement, cette alerte du CONGAD, il n’y a personne pour l’entendre du côté du gouvernement. Macky SALL et ses ministres sont partis en vacances depuis bien avant la « Takascrise ». Pourtant les paysans ne sont pas les seuls à plaindre.

Dans une précédente chronique, nous vous parlions de l’énorme dette intérieure qui a fini de paralyser de nombreuses entreprises qui ont répercuté la crise sur leurs travailleurs. Ceux de la Société de Génie Civil (SOGEC) ont assiégé non pas leur lieu de travail mais le domicile de leur directeur à qui ils réclament neuf mois d’arriérés de salaire.

« Le boss nous avait convoqués à midi, il nous a dit d’attendre. Et jusqu’à 18h, il ne s’est pas présenté. Et c’est la raison pour laquelle, nous sommes venus à son domicile. Et si on ne perçoit pas nos salaires, nous allons y passer la nuit. Les gens sont fatigués, bientôt neuf mois sans salaire et la Tabaski pointe à l’horizon».

Malgré ce cri de cœur de Gaby DIAW, délégué du personnel, les travailleurs n’ont rien obtenu. A la place des salaires, ce sont les forces de l’ordre qu’ils ont vues. A l’instar de nombreuses entreprises des Bâtiments Et Travaux Publics à qui l’Etat doit des milliards, la SOGEC est à bout de souffle.

Pendant ce temps, du côté du gouvernent, on prend son pied pour un repos bien immérité. Si le leader de l’APR a attendu la célébration de l’Eid el-Kebir, contraint par la traditionnelle prière à la grande mosquée, ses ministres, quant à eux, ont disposé de leurs congés dès le début de ce mois. La dernière réunion du Conseil des ministres, prévue mercredi 7 août 2019, a été purement et simplement annulée.

Le seul membre du gouvernement qui s’activait réellement, c’est le ministre Samba Diobène KA qui se pavanait de marché en marché pour, en définitive, un résultat catastrophique. Une fête de Tabaski comme celle de 2019, rares sont les Sénégalais qui s’en rappellent. Casser sa tirelire pour en fin de compte rentrer avec un petit ruminant, a été le lot de nombreux Sénégalais qui ont vainement attendu les Maliens et autres Mauritaniens qui approvisionnaient le marché local.

« Pour la Tabaski, ce n’est pas une production sénégalaise. Il faut que les gens sachent cela. C’est la production de l’Afrique de l’Ouest. On importe du Niger, du Mali, de la Mauritanie, du Burkina Faso, etc. Donc, c’est un marché régional… Cette année, la plupart des acteurs du secteur de l’élevage n’ont pas été impliqués dans l’opération Tabaski ».

C’est ainsi que Mamadou FALL, président de l’Association nationale des professionnels de la viande et du bétail, explique la pénurie de mouton. Pour un département ministériel qui, depuis des décennies, s’assigne comme seule mission l’approvisionner du marché sénégalais en moutons, Samba Diobène KA a étalé son incompétence. Comme s’il suffisait de se nommer KA ou encore de porter le prénom Samba pour être un bon ministre de l’Elevage.

Aussitôt après avoir effectué la prière de l’Eid el-Kebir, Macky SALL s’en est allé contempler les lumières de la tour Eiffel. Son retour serait prévu pour le 2 septembre prochain. Près de quinze jours de vadrouille qui vont couter cher au contribuable. Au même moment, les Sénégalais qu’il laisse derrière, malgré le marasme, sont moins préoccupés par Aliou SALL et Frank Timis. El Capo, Cobra et autres sont passés par là…

Mame Birame WATHIE

Ironie céleste à Ndoumbelane. (Par Alassane k. Kitane).

« Dans un monde de supercherie universelle, dire la vérité est un acte révolutionnaire » a dit G. Orwell : j’ajouterai pour ma part, que c’est aussi un acte périlleux, comme le montre le cas Guy Marius Sagna.

Sur les cendres de leurs « ancêtres », le Ciel leur a laissé un héritage immensément riche. Mais Timis le crépuscule arriva et mit ses ténèbres dans les esprits des gouvernants de Ndoumbélane. Crépuscule leur vendit du vent contre de l’or noir. Affidé d’un « W-aliou » faux, il réussit à passer entre les mailles du filet des décrets présidentiels pour s’enrichir aux dépens des habitants de ce pays où la pauvreté est reine. « Le crépuscule excite les fous » dit Charles Baudelaire ! Chez nous, Crépuscule est désormais un nom : celui d’une minorité arrogante qui écrase, exploite et ment une majorité docile, indolente et peu soucieuse du destin de ses enfants. On ameute la république, les foyers religieux et la presse quand un lanceur d’alerte est insolent, mais on courbe l’échine et sème la zizanie quand le pays est insolemment pillé.

Et comme la nuit met « ses ténèbres dans leur esprit » (Baudelaire), les gens de Ndoumbélane, comme à leur habitude, se mirent à proférer des absurdités du gens « ce pétrole est une grâce que Dieu nous a faite en exauçant les prières de nos saints » ! Ah les fous, ils ne savent même pas que la formation du pétrole requiert 20 à 350 millions d’années. Il faut sûrement avoir une prière embarquée dans une machine à remonter le temps pour comprendre cette énigme intempestive !

L’obscurantisme est allié des pratiques des gens comme Crépuscule : pour tromper un peuple, il faut le nourrir de fanatisme et de folles espérances. Au lieu de combattre la forfaiture et l’injustice, chacun se mit alors à ratiociner sur les profits narcissiques qu’il pourrait tirer du pétrole. Ah Ndoumbélane ! La patrie peut donc être escroquée sans frais, pourvu que chacun estime que son pauvre sort pourrait s’améliorer lorsque le pétrole sera exploité. Oh quel manque d’ambition et de rigueur citoyenne !

Mais le ciel est plein d’humour. Constatant que les habitants de Ndoumbélane manquent cruellement d’ambition et de détermination, et qu’il ne savaient que faire de cette richesse, il retint ses pluies et assécha cette contrée. Les bêtes et les hommes sont désormais dans la même situation : amaigris, affamés, déboussolés, apeurés, tristes, avilis. Ces visages affligés, ces regards hagards et absents, ces mines défaites, sont la preuve que les gens de Ndoumbélane végètent au lieu de vivre. A Ndoumbélane tout le monde est en colère, mais on est gêné de l’exprimer : c’est ce qui arrive quand on vit dans un univers de supercherie universelle.

Les bêtes meurent de faim, mais aucun pouvoir politique n’en est conscient ; aucune mesure politique n’est prise, aucune information n’en fait état. Bientôt ce sera le tour des hommes de mourir de faim, et le sous-sol de Ndoumbélane sera excavé de fond en comble pour trouver d’autres puits de pétrole, histoire de renflouer les caisses de l’État dangereusement éprouvées par une gabegie devenue structurelle. Le ciel a vraiment de l’humour.

Offense au peuple, article 6000 milliards.

« UNE ANTILOPE COURAIT COMME UNE FOLLE. UN ÉLÉPHANT LUI DEMANDA:  » ANTILOPE POURQUOI COURS- TU COMME ÇA ?  » ELLE LUI RÉPONDIT:  » ON ARRÊTE TOUTES LES CHÈVRES DU VILLAGE! » L’ÉLÉPHANT RÉTORQUA :  » MAIS TU N’ES PAS UNE CHÈVRE ! » L’ANTILOPE RÉPLIQUA :  » AVEC NOS TRIBUNAUX, ÇA ME PRENDRA 20 ANS POUR LE PROUVER. » ET L’ÉLÉPHANT SE MIT AUSSI À COURIR ».

Malick SALL, qui se distingue de plus en plus par la bouffonnerie, a confirmé ce que beaucoup de Sénégalais pensaient déjà de l’institution judicaire, inféodée au pouvoir exécutif qui lui dicte la conduite à tenir. Une justice, aux ordres, réduite à la plus risible expression. Pour avoir faussement alerté, Guy SAGNA a perturbé le sommeil du « lion dormeur » qu’Adama GAYE a offensé en évoquant ses escapades dans la jungle. Une fable, certes en mesure de ravir la vedette à la célèbre histoire du « Loup et de l’agneau » contée par La Fontaine, mais, de laquelle se sert le régime de Macky SALL pour divertir les Sénégalais que la Coupe d’Afrique et les combats de lutte ne peuvent continuellement tenir en haleine. Plus que narquoise, cette diversion qui décline la  Justice et incline le Peuple, est une offense aux Sénégalais dont les priorités sont occultées du débat public.

Après avoir longtemps vanté les mérites du Plan Sénégal émergent (PSE) et fait tournoyer les Sénégalais dans les rues de Paris pour un Groupe consultatif qui a arrosé le pays de milliards fictifs, le régime de Macky est, de nouveau, rattrapé par la patrouille. La bamboula d’avant la présidentielle est en train d’être payée cash. L’Etat s’est troué les poches après avoir culbuté ses caisses.

«Quels que soient les efforts consentis par le gouvernement, nous estimons que la question de la dette dans le secteur du BTP devrait trouver une solution. Parce que, les travailleurs sont fatigués. La CNTS sera aux côtés des travailleurs du bâtiment et partagera avec eux tous les plans d’actions. Nous serons devant avec vous. Nous pensons que les autorités vont nous entendre et particulièrement le président de la République, Macky SALL et le ministre de l’Economie, Amadou HOTT».

C’est Mody GUIRO qui monte ainsi au créneau comme il ne le fait plus que les 1er mai. Tiré de sa léthargie que son poste au CESE semble avoir prolongée, le patron de la Confédération nationale des travailleurs du Sénégal (CNTS) bande les muscles et  menace de descendre dans la rue, en soutien au Syndicat national des travailleurs de la construction du Sénégal.

Entre 2016 et 2019, l’Etat a cumulé des dettes  estimées, aujourd’hui, à plus  de 250 milliards de francs CFA  qu’il doit aux travailleurs du secteur du Bâtiment et des travaux publics (BTP). Ces derniers sont loin d’être les seuls que l’Etat du Sénégal doit de l’argent qu’il peine à rembourser.

«On va vers des délestages. On a commencé déjà à délester légèrement. Mais si l’Etat ne fait rien, dès la semaine prochaine, on va procéder à des délestages. L’Etat doit une dette d’environ 247 milliards FCFA à la SENELEC … La SAR ne peut plus continuer à fournir du fuel aux producteurs indépendants sans le paiement de la dette».

 C’est Habib AÏDARA, secrétaire général du Syndicat Unique des travailleurs de l’électricité (SUTELEC), qui explique ainsi aux Sénégalais que les dernières coupures d’électricité ne sont pas dues à des problèmes techniques. Mais, que c’est la SENELEC qui cherche ainsi à se faire rembourser par l’Etat. Même son de cloche pour l’Association professionnelle des banques et établissements financiers du Sénégal (APBEFS) qui estime à 250 milliards la dette que l’Etat doit aux banques.

Après avoir très clairement indiqué qu’il n’accueillera aucun nouveau bachelier en 2019, le Cadre unitaire des organisations des établissements privés d’enseignement supérieur du Sénégal (CUDOPES) a aussi décidé de procéder à la rétention de tous les documents administratifs, notamment les relevés de notes, certificats de scolaire, diplômes et attestations etc. des étudiants que l’Etat a fait orienter dans le privé.

La raison : non-paiement de la dette de l’Etat. Et c’est ce même Etat, incapable d’honorer ses engagements, qui a brutalement suspendu le programme national des  bourses de sécurité familiale. « Certains doivent quitter le programme et laisser la place à d’autres ».

C’est ainsi qu’expliquait Mansour FAYE cet arrêt. Et, malgré les assurances du ministre du Développement communautaire, de l’Equité sociale et territoriale, les bénéficiaires qui sont sevrés ne sont pas remplacés. Pendant ce temps, le Train express régional (TER) dont les premiers sifflements étaient annoncés pour janvier 2019 est en chantier abandonné. Pour une ardoise de près de 60 milliardsEiffage-Sénégal qui pilote les travaux du TER, a fini par baisser les bras.

De 5 848,5 milliards en 2017, la dette est passée à 6 467,7 milliards en 2018, réduisant sensiblement les marges de manœuvre de l’Etat du Sénégal en totale faillite. Les Sénégalais peuvent accepter les délestages intempestifs, pendant que les nouveaux bacheliers sont orientés dans la rue où retrouvent d’autres millions de jeunes désemparés par le chômage. Mais, accepteraient-ils cette misère en sachant qu’Aliou SALL et Frank Timis ont mis la main sur quelques 6 000 milliards, l’équivalant presque de cette dette qui maintient davantage le pays dans le marasme ?

Pour éviter les deux sujets et leur éventuelle corrélation, le régime de Macky SALL n’hésite pas à fracasser la démocratie sénégalaise, en lançant le musèlement national.  Que faut-il sanctionner ?  L’offense au Peuple dont on a gloutonnement bu le pétrole et laissé dans la misère ou l’offense au chef de l’APR qui refuse d’être le Président de tous ?

Mame Birame WATHIE

Citoyens de ce charmant pays, vous êtes avertis ! ( Le Temoin )

Le monarque qui, en temps normal déjà, peinait à faire voir ses trente-deux dents ne rigole plus. Son ministre de la justice, non plus, ne peut souffrir de voir des énergumènes s’en prendre au Chef. Lui qui n’a jamais douté de l’innocence du frère du Chef dans ce qu’on appelle le scandale sur les contrats pétroliers et gaziers.

C’est à croire qu’il n’est là que pour la famille princière, pardon présidentielle. Toujours est-il qu’il y a un perturbateur de moins après l’autre activiste qui veut mettre hors de nos murs l’ancien colonisateur. adama gaye est ainsi inculpé des chefs d’offense au chef de l’Etat et d’atteinte à la sûreté de l’Etat. teuss !

Ce pays est pour le moins magique. Après la fausse alerte au… terrorisme, M. gaye était sur le point d’attenter à la sureté de l’Etat. Bien entendu, pour ne pas certainement toucher à l’honneur du Chef et éviter de mettre sur la place publique des secrets d’alcôves, la diffusion d’écrits contraires aux bonnes mœurs a été écartée du dossier. De quoi riez-vous, messieurs et dames ? On se calme hein, nous aimons tous nous éclater.

Et pourquoi le Chef n’aurait-il pas ce droit ? Il faut que certains de nos magistrats cessent d’être des guignols de l’Exécutif. A ce jeu d’être le bras armé du pouvoir pour régler des comptes, ils passent pour être ridicules.

Et depuis que le journaliste se défoule sur le Chef et sa famille, ce n’est que maintenant qu’on lui trouve des poux sur la tête. si c’est pour lui faire payer d’être à l’origine du scandale qui éclabousse le frère du chef, on peut dire qu’ils ont réussi leur coup.

Mais quel en sera le prix ? Et puis, on le sait, en Afrique, la prison mène le plus souvent…au pouvoir ! C’est valable bien sûr pour Khalifa sall mais aussi pour un certain… Adama gaye. Quant au pouvoir, il y mène aussi en prison. Dernier exemple en date : le dictateur soudanais Omar El Béchir.

Affaire à suivre….

Le Temoin

Les grandes-gueules refusent à Adama Gaye ce qu’elles accordent à Jules Diop

Depuis son incarnation, le journaliste Adama Gaye fait l’objet d’attaques et de débats. Les uns plus sournois que les autres. Et tout dernièrement, c’est un débat auquel la corporation ne s’attendait pas qui a pris le dessus.

>En effet, certains journalistes qui n’arrivent même pas Adama Gaye aux orteilles, prennent le malin plaisir, pour plaire au prince, de remettre en cause son appartenance à la corporation. Ce débat en dit long sur la capacité de nuisance du régime Sall.Il apparait clairement que le Gouvernement ne veut pas que la presse apporte son soutien à cette patate chaude qu’il tient entre les mains.

C’est pourquoi il faut, à défaut de le discréditer, semer le doute dans l’esprit des confrères, dont certains, par naïveté, tombent dans le piège.Madiambal, un homme au passé sombreCar c’est l’une des grandes-gueules du clan de la famille présidentielle, en l’occurrence, Madiambal Diagne, qui est monté au créneau pour remettre en cause la profession d’Adama Gaye.

Porte-parole officieux du Palais, M. Diagne a la mémoire très courte. Il oublie que lui-même est entré dans la profession par infraction. Ancien greffier, il a été viré de la fonction publique comme un mal propre pour s’être adonné à des pratiques illicites.N’ayant plus quoi faire, et par crainte de se retrouver dans la rue comme un vulgaire « oisif-errant », il a jeté son dévolu dans le journalisme pour s’en sortir et se faire un nom.

Et rien de mieux pour un intrus qui veut se faire un nom, d’attaquer de façon frontale les tenants du pouvoir, sans se soucier de l’éthique et de la déontologie.Un parcours académique prestigieuxS’attirer des ennuis, faire le buzz et se faire un nom. Tel a été la stratégie de Madiambal pour se faire accepter dans le milieu. Et il l’a réussi. Chapeau l’artiste ! Aujourd’hui, il fait partie du gratin de la presse sénégalaise, africaine et peut-être mondiale, puisqu’il est président de l’Union de la presse francophone (UFP).Adama Gaye lui, n’a pas eu besoin de tout ça.

Passé par le prestigieux Centre d’études des sciences techniques de l’information (CESTI), l’école de journalisme de l’Université de Dakar, la plus prestigieuses de l’Afrique francophone, selon l’Unesco, M. Gaye n’est plus à présenter dans le milieu.Homme de réseaux, il est aussi un écrivain, auteur des livres, Chine-Afrique: Le dragon et l’Autriche, et de Demain, la nouvelle Afrique.

Titulaire d’un Master en Gestion internationale de pétrole et gaz de l’Institut des hautes études internationales de Genève, il est l’une des voix les plus autorisé dans ce milieu.Et Souleymane Jules Diop dans tout ça…Membre de l’association internationale des négociateurs de pétrole et gaz, il a aussi à son arc, un certificat en pétrole, gaz et énergies renouvelables de l’institut international de droit de Washington.

C’est cet homme au cursus académique prestigieux, que les plumitifs du régime  dénient son appartenance à la famille des journalistes.Pourtant, il y a quelques semaines, le Communiqué du Conseil des Ministres affabulait Souleymane Jules Diop de « Journaliste, Auteur », pour justifier sa nomination en tant qu’ambassadeur du Sénégal auprès de l’UNESCO.

Mais ces grandes-gueules n’avaient trouvé rien-à-dire.Et c’est eux aujourd’hui, qui, au prétexte qu’Adama Gaye n’émarge dans une rédaction, lui hôte sa « journalisté ». Qu’ils nous disent alors dans quelle rédaction travaille Souleymane Jules Diop, au point que le Conseil des Ministres lui accorde le titre de journaliste ?

Revanchisme d’Etat (Par Serigne Saliou Gueye).

La répression carcérale est contre-productive pour gagner le respect des citoyens – Pourquoi dans un pays dit démocratique, le président souffrirait-il d’être raillé, caricaturé voire insulté

Le journaliste Adama Gaye, titulaire d’un Master en Gestion internationale de pétrole et gaz de l’Institut des hautes études internationales de Genève, d’un certificat en pétrole, gaz et énergies renouvelables de l’institut international de droit de Washington, membre de l’association internationale des négociateurs de pétrole et gaz, qui a été cueilli dans sa résidence le lundi 29 juillet dernier par les limiers de la Division des Investigations criminelles, a été finalement inculpé et placé sous mandat de dépôt pour offense au chef de l’Etat et atteinte à la sécurité intérieure de l’Etat. Il devient le deuxième activiste après Guy Marius Sagna à être envoyé à Rebeuss pour des motifs qui sont flous. Dans la réalité, rien dans les écrits d’Adama Gaye n’offense l’institution présidentielle et ne trouble la sécurité intérieure de l’Etat.

Rien dans ses écrits n’est constitué de manœuvres internes qui ont pour but de déstabiliser l’organisation sociopolitique de l’Etat et porter atteinte à l’intégrité du territoire. Et rien dans ses écrits ne dissémine des nouvelles mensongères susceptibles de nuire aux autorités publiques ou à la cohésion nationale.

On évoque ces motifs dans le seul but de rabattre le caquet à une grande gueule qui cause beaucoup d’insomnie au pouvoir en place. Et cela au bonheur du chef de l’Etat revanchiste, de ses courtisans et de ces journalistes-juges qui, le lundi 29, dès potron-minet, ont annoncé l’arrestation de l’ancien journaliste de Jeune Afrique et prononcé la sentence carcérale et pécuniaire afférente.

Ainsi comme l’avait vu juste le juriste Seybani Sougou dans sa dernière contribution « folie du régime », le doyen des juges n’a pas retenu le délit de « diffusion par écrit de propos jugés contraires aux bonnes mœurs » puisque cette notion dont la qualification juridique est floue, est extrêmement difficile à prouver dans le cas d’Adama Gaye ». Par conséquent, « l’invocation de l’article 256 du code pénal pour tenter de justifier du point de vue juridique l’interpellation d’Adama Gaye est un motif fallacieux et constitue un scandale absolu. L’invocation de l’article 256 concernant Adama Gaye est un argument juridique pour le moins léger, qui ne peut prospérer devant aucun tribunal sérieux », ajouta le juriste Sougou avant de prédire : « Le pouvoir connaissant parfaitement les failles liées au recours à l’article 256 du code pénal, il ne serait pas étonnant que de nouvelles infractions soient créées et notifiées à Adama Gaye pour assurer coûte que coûte son incarcération ».

Malick Sall, un piètre ministre de la Justice-juge

Mais cette incarcération était déjà prononcée par le ministre de la Justice, Garde des Sceaux Malick Sall qui, lors d’un forum organisé par la Cour suprême ce 30 juillet 2019 sur le dialogue entre juges et juridictions de fonds, a scellé le sort du journaliste Adama Gaye. « Dans cette affaire, dite d’Adama Gaye, j’assume toute ma responsabilité. Je ne peux, personnellement, en tant que Garde des Sceaux, voir un individu, par ses écrits, ses déclarations, passer son temps à insulter celui qui incarne l’institution la plus sérieuse, la plus en vue de notre Etat : le président de la République. J’assume toute ma responsabilité. La Justice ne permettra et n’autorisera quiconque, quel que soit son statut, de fouler au pied les fondamentaux de la République, de fouler aux pieds les institutions. Des institutions faibles, des institutions banalisées ouvrent la voie à la déstabilisation. » Telle est la sentence débitée par le patron de la chancellerie dans l’affaire Adama Gaye. Ce n’est même pas la peine d’essayer de décrypter le message latent de cette déclaration tellement il appert que le délit d’offense au chef de l’Etat est clairement établi dans ses propos accusatoires.

Par conséquent, il a fallu 24 h pour que se réalise ce que tout le monde savait déjà après cette sortie malencontreuse du piètre ministre de la Justice qui viole la présomption d’innocence du journaliste, expert en ressources pétrolières et gazières. Où est Babacar Bâ, cette grande gueule du Forum du justiciable qui s’était fendu d’un communiqué où il demandait pitoyablement aux Sénégalais de respecter la présomption d’innocence du frangin d’Aliou Sall éclaboussé par l’enquête de BBC sur le scandale du pétrole et du gaz ? Au lieu cette fois d’exiger le respect de la présomption d’innocence aux journalistes-procureurs qui avaient fait leur jugement avant inculpation du doyen des Juges, voilà que le néophyte soi-disant militant des droits de l’homme déclare outrageants les propos d’Adama Gaye au nom d’une pseudo-protection de l’institution présidentielle.

Quand Ismaïla Madior Fall quittait le ministère, les Sénégalais dans leur grande majorité se délectaient de voir le tailleur haute couture du président (THCP) faire ses baluchons. Tellement ils pensaient que le nouveau Garde des Sceaux  ne pourrait jamais avoir une posture pire que le TCHP. Mais que nenni ! Malick Sall ne semble pas comprendre le véritable rôle d’un ministre de la Justice. Il doit être à équidistance des chapelles et hommes politiques même s’il est reconnu qu’il est militant du parti présidentiel. Mais depuis qu’il est à la tête du département de la Justice, aux bourdes succèdent maintenant les déclarations comminatoires.

Dans l’effervescence du scandale de Pétrotim, le Garde des Sceaux a blanchi le frangin de Macky Sall éclaboussé par l’enquête de BBC en déclarant « qu’un musulman comme Aliou Sall, revenant de la Mecque pour la Oumra, puisse se fourrer dans ces histoires de corruption…» Sa première sortie à l’Assemblée nationale avait révélé son manque d’épaisseur intellectuelle. Ainsi lors de l’examen du projet de loi portant suppression du poste de Premier ministre, au moment où on l’attendait pour développer un argumentaire solide et convaincre les sceptiques et rétifs sur l’opportunité et la nécessité de la suppression du poste primo-ministériel, le ministre de la Justice lança avec morgue aux députés opposants : «Les victimes du 24 février qui n’ont pas encore digéré leur amertume, je ne peux que leur dire « massa »». Dès lors, les Sénégalais estomaqués par cette réponse digne d’un lymphatique Farba Ngom se firent une religion sur la capacité d’un tel ministre à donner une stature au département qu’il dirige.

Il est indéniable que le patron de la chancellerie est le protecteur de l’État de droit qui utilise la violence légitime pour sanctionner les fautifs qui s’affranchissent des règles collectives. Mais il ne doit pas être ce héron maquignonné en loup qui s’infiltre dans la bergerie judiciaire pour faire de la justice un instrument du pouvoir qui influence et pèse sur les décisions de justice des magistrats. Mais chassez le naturel, il revient au galop. Dans les républiques bananières comme la nôtre, la justice est le bras séculier dont se sert le pouvoir central pour imposer arbitrairement son autorité. Et des articles liberticides comme l’article 80 de notre code pénal sont utilisés comme une épée de Damoclès pour abattre tout adversaire ou faire taire tout activiste qui importune le pouvoir en place. Ce qui détonne avec la liberté d’expression, ciment de toute démocratie. Le combat pour la liberté d’expression est un combat de principe qui ne change pas selon les visages. C’est pourquoi, nous dénonçons l’arrestation arbitraire dont sont victimes Guy Marius Sagna et Adama Gaye.

Tous ces politiques télécommandés, tous militants de la société civile duplices, tous ces journalistes stipendiés (et j’insiste) qui tirent à boulets rouges sur Adama Gaye n’ont jamais remis en question les idées qu’il développe sur le pétrole. Alors ils laissent la proie pour l’ombre. On en veut au journaliste expert en ressources pétro-gazières parce qu’il refuse la courbette et l’allégeance devant le prince ; on lui en veut parce qu’il n’hésite pas un tantinet à bloquer sur la toile un ami virtuel de facebook avec qui il ne partage pas la même position. Depuis 2012, Adama Gaye utilise la même insolence pour pilonner le régime de Macky. Puisque la loi, c’est la loi, pourquoi attendre sept ans après pour l’inculper sur la base des mêmes motifs et l’incarcérer ? Il faut avoir le courage de dire qu’Adama Gaye est victime du revanchisme médiatique et étatique.

Parlant d’insolence, le journaliste (même si Madiambal Diagne lui nie un tel titre) est un petit Poucet devant le colosse Moustapha Cissé Lô, maitre es-insulte. Aujourd’hui le président Sall devait stoïquement supporter toutes les attaques sur sa personne quelle que soit le degré de virulence puisque sous le régime de Wade, c’est lui qui finançait un journal dont la spécialité était de déverser quotidiennement des torrents d’insultes sur Idrissa Seck. Aujourd’hui, cet insulteur fieffé est recyclé par Macky dans un conseil d’administration où il se la coule douce.

L’article 80 liberticide, l’épée de Damoclès

Au Sénégal, l’article 80, transcende et survit à tous les régimes même si ses animateurs, une fois dans l’opposition, ont donné des gages solides pour le supprimer une fois arrivés aux responsabilités. Etant un fourre-tout, chaque président, par l’entremise de ses procureurs ou juges, peut l’utiliser arbitrairement à sa guise pour casser ses opposants. Dans cette optique, l’avocat Demba Ciré Bathily parle de cet article 80 comme une porte ouverte à l’arbitraire : « Ce maintien de l’article 80 a pour conséquence de laisser libre cours à l’arbitraire. Ce qui est reproché à l’article 80, c’est de ne pas être conforme aux principes de la légalité des peines et des délits parce que le contenu des infractions doit être dessiné pour qu’on puisse savoir ce qui est prévu par la loi. Mais, l’article 80 dit seulement des autres manœuvres et actes de nature à compromettre la sécurité publique ou à occasionner des troubles politiques graves, à enfreindre les lois du pays… Donc, la notion d’acte n’est pas défini encore moins celle de manœuvre. Cela veut dire que c’est le procureur ou le juge qui donne un contenu à cet article ». Ce qui veut dire que dans ce pays, tous les démocrates épris de liberté d’expression sont en sursis.

Il est inconcevable qu’un tel article attentatoire à la liberté d’expression qui est une survivance de la loi française du 29 juillet 1881 et qui a été biffé du code pénal français en 2013, figure encore dans nos textes législatifs. Le délit d’offense au chef de l’État, au vu de l’évolution démocratique, est une disposition révolue, anachronique, anticonstitutionnelle donc anti-démocratique. Nous ne vivons plus l’antiquité et le Moyen-Age où le crime de lèse-majesté, ancêtre du délit d’offense au chef de l’Etat, était durement réprimé par sa Majesté impériale. L’utilisation de la répression carcérale est littéralement contre-productive et est loin d’être le moyen le plus adéquat pour gagner le respect des citoyens.

Certes on peut déceler plusieurs outrances dans le verbe d’Adama mais rien d’outrageant qui vaut de passer une seule nuit en prison. La force de l’insulte ne réside pas dans son rôle locutoire. Elle transcende sa dimension illocutoire pour être appréhendée dans sa fonction perlocutoire. Elle ne tient pas tant dans le texte scatologique choisi que dans l’intention ou le contexte d’émission. Les chanteurs de Keur Gui en l’occurrence Thiaat et Kilifeu ont traité Macky de « saï-saï ». Mais le contexte pré-électoral sensible les a sauvés d’une inculpation et certaine d’un visa pour la MAC. 

Mais pourquoi dans un pays qui se dit démocratique, le président souffrirait-il d’être raillé, caricaturé voire insulté ? Indubitablement les pontifes moralistes et la bien-pensance médiatique qui pullulent sur la webosphère me rétorqueront que l’insolence jure avec nos valeurs morales, religieuses et culturelles. Mais le Sénégal n’est pas une terre d’exception ou un havre d’anges où la liberté d’expression doit être méticuleusement contrôlée comme à l’époque médiévale. On se croit un peuple élu de Dieu, plus religieux, plus pudique plus attaché aux valeurs morales alors que nous sommes comme les autres nations avec nos tares, nos vices, nos défauts abyssaux et nos incomplétudes.

Un journaliste de Baltimore Sun a crucifié récemment le président américain sans aménités « Nous voudrions dire à l’imbécile heureux de Vladimir Poutine (Ndlr : Trump) qu’il ne trompe toujours pas la majorité des Américains sur le fait qu’il ne serait qu’un tout petit peu compétent pour occuper son poste actuel. Ou qu’il possède une once d’intégrité » avant de le traiter de vermine : « Mieux vaut avoir un peu de vermine qui habite dans le quartier qu’être de la vermine ». David Simon, un ancien journaliste du Baltimore Sun renchérit : « Nous sommes une ville peuplée de bons Américains qui méritent mieux que l’imposture, le raté égocentrique et vide qu’ils ont pour Président ». «Vermine, malhonnête, imposteur, raté égocentrique et vide », ces diatribes contre Trump et qui ne désacralisent en rien l’institution présidentielle de la nation la puissante du monde, qui oserait au Sénégal les utiliser contre Macky sans tomber sous le coup du délit hérésiarque d’offense au chef de l’Etat ?

Dans l’édition de l’hebdomadaire Marianne du 7 au 13 août 2010, Jean-François Kahn, journaliste fondateur dudit magazine, avait traité à la une, le président Sarkozy de voyou de la République. Certes, il y a eu des réactions contradictoires sur l’emploi du terme « voyou » mais jamais il n’est venu à l’esprit de Sarkozy d’user de l’article afférent au délit d’offense au chef de l’Etat. Qui aurait le toupet de qualifier le président sénégalais de « voyou » sans courir le risque de séjourner à Rebeuss ?

Il n’y a que dans nos micro-Etats avec des chefs d’Etat infatués de leur personne où leur valetaille judiciaire passe tout leur temps à traquer des mots qui écorchent la soi-disant honorabilité de l’institution présidentielle au lieu de se focaliser sur les vrais scandales politiques et financiers qui assaillent la République.

Le citoyen Massamba Ndiaye, dans une de ses contributions écrit ceci : « Évoquer le motif d’offense à toute critique virulente à l’action politique du président de la République constitue une entrave grave à la liberté d’expression du citoyen. Dire une vérité même crue au chef de l’État en quoi constitue-t-elle une insulte, un outrage ? Les autorités publiques doivent apprendre à accepter les critiques à partir du moment où les citoyens décident librement de leur confier leur destin. C’est pour cela que les juges doivent prendre leur responsabilités et refuser de suivre le réquisitoire des magistrats du parquet pour condamner n’importe quel citoyen ou opposant politique pour délit d’opinion ». Malheureusement chaque fois qu’une affaire pareille atterrit chez le doyen des juges d’instruction, il s’ensuit l’inculpation et le mandat de dépôt. Mais personne ne peut plus imposer l’omerta aux citoyens quoique cela puisse leur coûter. Grand Alymana Bathily, éditorialiste à SenePlus, indigné par l’arrestation de la jeune journaliste Oulèye Mané, l’avait fait savoir sans circonlocution au président Sall dans sa publication du 10/08/2017, en ces termes : « C’est vrai qu’il y a toutes sortes de photos montages, de vidéos et de textes insultants à votre égard sur la toile. Sachez monsieur le président qu’il y en aura toujours et de plus en plus. Les condamnations à la prison et les amendes n’y feront rien. Considérez qu’il en circule 1000 fois plus encore chaque jour sur Macron, Merkel ou Trump. »

A défaut de réformer les articles liberticides qui peuplent le code pénal, nos gouvernants doivent faire fi des insultes en s’inspirant des sages conseils donnés par Sancho Panza à Don Quichotte : « Je ne mettrai en façon quelconque la main à l’épée, ni contre vilain ni contre chevalier, et que je proteste ici devant Dieu que je pardonne toutes les injures qu’on m’a faites et qu’on me fera… ».

Plainte contre Aliou Sall : Le doyen des juges accélère la cadence


Le Doyen des juges d’instruction (Dji), Samba Sall, ne perd pas de temps après la plainte du Congrès de la renaissance démocratique (Crd) contre Aliou Sall, Frank Timis et Wong Joon Kwang pour faire la lumière sur le présumé « scandale à 10 milliards de dollars » relatif à l’affaire Petro-Tim, ébruitée par la chaîne anglaise BBC, qui continue de défrayer la chronique au Sénégal.

Selon Les Échos, le Dj a transmis le dossier au procureur pour ses réquisitions. Après les observations du Parquet, le magistrat instructeur va poursuivre son information, s’il y a lieu. Ensuite le Doyen des juges décidera de la suite à donner à la plainte d’Abdoul Mbaye et Cie. Toutefois aucun délai n’est imparti au Procureur qui peut prendre tout son temps dans cette affaire avant de répondre au Doyen des juges.

Pour rappel, dans cette affaire, Mamadou Lamine Diallo, Abdoul Mbaye, Thierno Alassane Sall… accusent Aliou Sall et Cie « de forte présomption d’associations de malfaiteurs, d’être auteurs et complices de faux en vue d’une entreprise ayant abouti à la spoliation d’intérêts du Sénégal, permettant l’enrichissement gratuit de personnes dont le frère du chef de l’État ».

Affaire Mamour Diallo: Alioune Tine demande au procureur de s’autosaisir

Le débat sur les 94 milliards de francs CFA fait polémique. Après la publication des résultats de la commission d’enquête parlementaire et l’annonce de la plainte d’Ousmane Sonko, leader du Pastef, c’est au tour d’Alioune Tine, fondateur d’Africa Jom Center de se prononcer sur la question. 

Et le défenseur des droits humains qui veut que cette affaire soit tirée au clair demande au maitre des poursuites de s’autosaisir. « Le problème de fond que nous avons dans cette affaire c’est celui de la bonne gouvernance. Et, dans la question de bonne gouvernance, il y a beaucoup d’organes qui étaient plus habilités pour le traitement de cette affaire que la commission d’enquête parlementaire de l’Assemblée nationale. Nous avons l’Ofnac, la Cour des comptes, l’Inspection générale d’Etat, le procureur de la République », a rappelé Alioune Tine.Pour lui, quand une question de bonne gouvernance est évoquée dans une démocratie avancée, c’est le procureur de la République, maitre des poursuites qui doit s’autosaisir pour éclairer la lanterne des Sénégalais. « Le Procureur devait être le premier à se saisir de cette affaire. Mais le problème au Sénégal, c’est la discrimination dans le traitement des dossiers. Si on avait un traitement impartial des affaires judiciaires, un Etat neutre au service exclusivement de l’intérêt du public, il n’y aurait pas de problème. Mais si la rue intervient, il faut s’interroger sur le dysfonctionnement de nos institutions », a déploré Alioune Tine qui n’a pas manqué de dénoncer « le silence total » des organes de contrôle qui, constate-t-il pour le regretter, ne font plus de rapport.

Chronique de Wathie

La symphonie n’a pas été au bout. Pour reprendre un adage wolof, le tambour, au contact de la hache, n’a retenti qu’une seule et unique fois. Le Sénégal a encore perdu. Mais, les Lions, qui n’ont pas manqué de rugir, n’ont pas à rougir ou même à se remettre en question. Au Sénégal, l’échec n’est pas interdit. On peut se faire appeler lion et bêler comme un mouton, sans aucunement susciter l’indignation dans cette société où le culte de la médiocrité est entretenu et où la réussite est souvent attribuée à la chance ou au marabout. Mais, pour cette chronique, il n’est guère question de s’appesantir sur l’énergie débordante de cette jeunesse qui ne l’utilise hélas que pour des causes perdues ou frivoles.

Chaque jour qui passe renseigne davantage sur le cynisme de celui qui sert de président au Sénégal. Ceux qui croyaient que Macky SALL s’acharne sur ses opposants tout en câlinant ses alliés, ont déchanté en l’écoutant disserter sur le remboursement des frais médicaux  d’Ousmane Tanor DIENG. Le leader de l’APR a, lui-même, soutenu qu’il n’était au courant que celui qu’il qualifie de « fidèle allié » était malade. Selon lui, il en a été informé que lorsqu’il a reçu en audience, au Palais, le fils du défunt président du Haut conseil des collectivités territoriales (HCTT).

«Ce dernier m’a fait savoir que c’est la famille et son père qui ont pris en charge tous les frais médicaux», a déclaré le président SALL. Et Macky de renseigner que, trop pris par les préparatifs de la célébration de la fête de l’indépendance, il n’a pas non plus été informé que celui qu’il a installé à la tête de l’Institution qu’est le HCCT avait été évacué et hospitalisé en France.  

«Depuis lors, on ne s’est pas parlé. Je sais qu’il n’est pas quelqu’un qui demande, mais il pouvait m’en parler, afin que je lui apporte mon aide et mon soutien. Maintenant, je demande à sa famille de me remettre toutes les factures de l’hôpital où il était interné pour que je puisse tout rembourser», a ajouté le leader de l’APR.

Quelqu’un en marge de l’actualité sénégalaise pourrait penser qu’il s’adresse à un sans-abri, retrouvé sans vie quelque part en ville. Pis, le chef de l’Etat annonce n’avoir pas parlé à l’ancien Secrétaire-général du Parti Socialiste depuis bien avant son évacuation en France, au mois d’avril dernier.

Un appel pour s’enquérir de son état de santé? Une visite dans son hôpital pendant que Macky était de passage en France ? Rien, rien de tout cela. Macky a attendu qu’on lui donne de lugubres nouvelles de son allié. Pour quelqu’un qui a fracassé son parti politique pour le soutenir, ce n’est guère cher payé.

La majorité des Sénégalais s’accordaient à multiplier l’utilité du HCCT par zéro. Pour eux, le leader de l’APR ne l’a créé que pour caser un allié de taille, s’estimant assez balèze  pour faire partie d’un gouvernent. Ousmane Tanor DIENG est décédé en tant que président en exercice de cette Institution. Pourtant, aucun jour de deuil national n’a été décrété et l’hommage national, tenu à l’aéroport Blaise DIAGNE, a été des plus insipides.   

Avec le rappel à Dieu de Bruno DIATTA, au mois de septembre dernier, certains ont indiqué que la cérémonie des obsèques nationales s’est déroulée devant le palais  de la République, parce qu’il y avait la jurisprudence feu Talla CISSE, ancien ministre du Tourisme, décédé dans l’exercice de ses fonctions et dont les funérailles ont été célébrées sur  l’esplanade du building administratif.

Mais, plus grave, alors que proches et parents pleuraient encore l’ancien secrétaire général du PS, les autorités  ont permis aux Sénégalais de danser et de jubiler aussi populairement à l’accueil des Lions. Si l’avion transportant l’équipe nationale avait atterri à l’aéroport Blaise DIAGNE, il n’y aurait pas eu autant de monde. Mais, c’était décidé, même sans la coupe, il fallait créer les conditions d’une jubilation nationale. C’est aussi un moyen de faire oublier le pétrole et le gaz.

Macky a ouvert la foire au cynisme, poussant Moustapha NIASSE à  s’y engouffrer avec pertes et fracas. «Tanor était un patriote sincère dans son engagement, il assumait ses responsabilités et ses convictions», a entonné le président de l’Assemblée nationale qui semble avoir senti l’obligation de parler.

Au Sénégal, la mort a le don de changer radicalement la personnalité de la personne qu’elle frappe. S’il n’est pas admis de dire du mal du mort, même si Hitler passe universellement pour un génocidaire, il ne doit pas être permis de raconter du n’importe quoi, quitte à totalement travestir l’histoire.

Ce que celle-ci retient aussi, ce sont des vieux au pouvoir refusant systématiquement céder la place à des jeunes qui constituent près des deux tiers de la population. Ousmane Tanor DIENG est décédé, à l’âge de 72 ans, en tant que président d’une Institution. Avant lui, c’est Djibo KA qui rendait l’âme en occupant le poste de président de la Commission nationale du dialogue des territoires (CNDT).

C’est une lapalissade que de dire que la mort peut frapper tout le monde à tout instant. Seulement, la particularité avec les deux personnalités, c’est qu’elles sont dans les affaires depuis plus de trente ans, occupant des postes stratégiques et fermant toute perspective aux jeunes qui ne semblent être prédestinés qu’aux applaudissements.

Restons concentrés (Amadou Tidiane Wone)

Dans une contribution précédente, intitulée «ne-nous-embrouillez-pas »>Ne nous embrouillez pas »  je faisais l’effort de ramener, à des questions simples de bonne gouvernance, ce qu’il est désormais convenu d’appeler : «  l’Affaire des affaires de Frank Timis et Aliou Sall, complices, comparses et associés. »Chaque jour qui passe, en effet,  révèle l’ampleur de ce que l’on cherche à nous cacher.

Entre amalgames (mot estampillé El Hadji Hamidou Kassé) et maladresses ;  puis règlements de comptes au sommet (accusations d’Aliou Sall) et incompétences manifestes (avec pour conséquences un bouleversement de l’organigramme de la cellule de Com présidentielle) un faisceau de faits et de méfaits commence à prendre forme. Pour ceux qui savent lire entre les lignes.

Pour ceux qui refusent la désorientation médiatique. Pour ceux qui flairent les culs de sacs judiciaires. Et ils sont nombreux les sénégalais, drapés dans un silence soupçonneux, pour ne pas dire dédaigneux, face à tant de désinvolture. Nos compatriotes sont surpris par  tant de gourmandise déjà ( ?) à  l’heure de la mise en bouche. Qu’en sera-t-il a l’heure du plat de résistance, se demande t-on dans les chaumières ?

Tant d’appétits féroces qui se font jour, avant même que les retombées à venir ne soient… tombées ! Évidemment que tout le monde sait que le pétrole, comme la plupart des matières premières, change plusieurs fois de mains avant même sa sortie des entrailles de la terre. On sait aussi qu’à chaque tour de mains des plus-values énormes engraissent les nombreux intermédiaires qui se servent au passage. 

Et c’est bien pour cela que depuis la phase d’exploration, puis entre l’exploitation, la production et la commercialisation des…en cols blancs, du genre Timis and Co, s’empiffrent de la sueur des petits pays, comme des petites gens. Méditez la tragédie du Café et du Cacao dont le prix de la tasse dans les hôtels chics d’Occident est largement supérieur au prix payé par kilogramme au producteur.

La même logique carnassière sévit dans le commerce du pétrole,  celui des armes et de la drogue… Pauvre monde aux prises avec des pauvres types malgré leurs comptes en banques  débordants.  Mais….revenons à nos … barils !Les tentatives de diversion, de falsification des faits et la fourniture de réponses à des questions non posées qui se succèdent depuis l’internationalisation de «  l’Affaire des affaires de Timis / Aliou Sall » relèvent d’une stratégie de communication de crise qui constitue, en soi, un aveu. Pour le moins.

Disons le dès l’abord, nous ne sommes pas dans un débat juridique sur les contrats pétroliers. Encore moins sur les teneurs en gaz ou quantités potentielles de pétrole à extraire. Nous parlons juste d’actes bizarres posés par des élus, ou fonctionnaires sénégalais, qui ont profité outre mesure à des privés étrangers.

Nous posons donc des questions préjudicielles afin que les prémisses de la gestion de nos revenus pétroliers ne partent pas sur des basses fausses.Est-ce trop demander ?Les questions simples auxquelles nous attendons des réponses sont et restent les suivantes :Que vient faire le frère du président de la République, journaliste reconverti à l’économie dit-on, dans l’intermédiation concernant nos nouvelles ressources pétrolières ?

Le statut de fonctionnaire d’Aliou Sall au moment de sa rencontre avec Frank Timis était-il compatible, cumulativement, avec un emploi dans une société privée ?Son implication aurait-t-elle eu pour effet de faciliter l’attribution de blocs pétroliers particulièrement prometteurs à Monsieur Frank Timis dont les hauts faits, jusqu’à date, ne lui avaient pas donné une réputation établie en la matière.

Est-ce que,  pour parvenir à ce résultat, le président de la République aurait outrepassé ses droits et devoirs constitutionnels en signant un décret d’attribution à contre-courant des alertes contenues dans un rapport de l’Inspection Générale d’État agissant à sa demande expresse ?Autres questions :

Monsieur Frank Timis aurait versé une somme de 250.000 USD à Monsieur Aliou Sall au titre d’honoraires pour une « consultation agricole », selon le ministre El Hadji Hamidou Kassé, alors porte-parole de Monsieur le président de la République. Ce que Monsieur Aliou Sall nie la main sur le Saint Coran.

Qui croire ? Où sont passés les 250.000 dollars ? Que devient la société  Agitrans qui aurait reçu le dit virement ? A quel titre ?Monsieur Frank Timis aurait cédé ses parts (30%) à la britannique BP.

A quel prix ? Dans quelles conditions ? Quel bénéfice pour le Sénégal ?Des documents, faisant état de royalties à  percevoir sur les quarante prochaines années circulent. Au profit de qui ? De quel droit ? Quel manque à gagner pour le fisc sénégalais ?Nous comptons sur le procureur de la République pour diligenter les enquêtes nécessaires à l’établissement des faits.

Ou à l’infirmation de toutes les allégations qui empoisonnent l’atmosphère de notre pays.Est-ce trop demander ?Par ailleurs, Monsieur Aliou Sall soupçonne l’entourage du président de la République de lui en vouloir au point d’alimenter en arguments destructeurs des membres de l’opposition.  Diversion ou tension réelle dans l’entourage du président de la République ?

Tout cela étant dit, le secteur du pétrole est très sensible. Tout ne se dit pas sur la place publique. Mais nos élus doivent veiller à ce que la confiance règne entre eux et leurs administrés. Ce qui peut fragiliser un dirigeant face aux lobbies de toutes sortes, c’est la rupture du cordon ombilical avec son peuple.

A ce titre, méditons la relation fusionnelle entre Fidel Castro et le peuple cubain qui a survécu, dans la dignité, à des dizaines d’années d’embargo américain. L’hommage que lui a rendu son peuple lors de ses funérailles vaut plus que des milliards planqués à l’étranger. Inversement, allez voir ce qu’il reste des palais somptueux de feu le président Mobutu du Zaïre, alors milliardaire en dollars, disait-on.

Les ruines de son palais de  Gbadolite témoignent de la vanité des biens mal acquis et du luxe qui, par définition, est évanescent. J’ai vu ce qui reste du palais de Berengo, du triste empereur Bokassa en Centrafrique qui, du temps de sa splendeur, offrait des pots de diamants à certains de ses hôtes… Grandeur et décadence !

Dans aucun pays africain les ressources pétrolières et minières n’ont fait le bonheur des populations. A ce jour.  Nous voulons que le Sénégal soit une exception. Pour cela, soyons encore plus exigeants en matière de gouvernance et de gestion des ressources publiques. Chaque responsable doit être contrôlé à chaque fois que de besoin et sanctionné de façon exemplaire en cas de faute.

La complaisance sénégalaise ou « masla » ne doit pas hypothéquer l’avenir de nos enfants. A cet égard et pour finir, la plate-forme AAR LII NIOU BOKK devrait prendre le temps d’une réflexion stratégique en profondeur. Privilégier les enquêtes et la mutualisation des informations. Se doter d’un site internet de référence et d’une web radio pour recevoir et lancer des alertes à temps. Les manifestations hebdomadaires ne peuvent s’inscrire dans  la durée.

Tout au plus une vitrine pour quelques activistes et autres rappeurs. Or, la bataille pour la préservation de nos ressources et la répartition équitable de nos revenus ne sera pas une promenade de santé. Si AAR LII NIOU BOKK veut s’inscrire dans le long terme, elle doit se doter de compétences et d’expertises.

Elle doit trouver et mobiliser des ressources en faisant la preuve de son utilité publique ainsi que de sa crédibilité. Sinon la plate-forme risque de s’essouffler et de s’enliser. Pourtant, nous avons tous intérêt à ce que des contrepouvoirs citoyens éclairés, organisés et proactifs naissent autour des enjeux colossaux de la gestion de nos ressources naturelles et économiques.Est-ce trop demander ?Alors oui ! On est en finale de Coupe d’Afrique de football. Bravo les lions !Restons concentrés… sur le reste aussi !

Trump annonce une vaste opération d’expulsion de migrants

Le président américain en campagne pour sa réélection multiplie les actions en direction de son électorat le plus conservateur. Une vaste opération d’expulsion de migrants devait débuter dimanche 14 juillet. 

Donald Trump avait prévenu. Sur tout le territoire américain, une gigantesque opération de reconduite à la frontière de clandestins allait être menée à partir du dimanche 14 juillet. Dix villes devaient être ciblées, de New York à San Francisco en passant par Chicago ou Houston, mais au soir du 14 juillet, peu de coup de filet de grande ampleur.

Les grandes villes souvent démocrates ont fait de la résistance. Scène surréaliste à Los Angeles où c’est le shérif en personne et en uniforme qui donne des conseils aux immigrants de non-coopération avec la police : « Gardez votre porte fermée et demandez aux policiers de l’immigration à voir leur mandat, s’ils n’en ont pas, n’ouvrez pas la porte », informe Alex Villanueva.

Polémique autour des conditions de détention


Pour ses détracteurs, Donald Trump applique sa stratégie de grande promesse pas forcément suivie des faits, à l’image de la construction laborieuse du mur à la frontière avec le Mexique. Les méthodes du président américain font polémiques, notamment les conditions insalubres des immigrants dans les centres de détention. 

Sortie de piste du Procureur de la République (Par Dr Cheikh Tidiane DIEYE)

Je n’attends rien de la procédure ouverte par le Procureur. La raison est simple. Il a fait deux choix qui enlèvent, à mon avis, toute crédibilité à sa démarche. Il a choisi d’être le Procureur du pouvoir et non celui de la République. C’est sa liberté. Mais c’est aussi ma liberté de refuser de croire en son action, jusqu’à ce qu’il me prouve que je me trompe.

Il a fait le choix d’une procédure pénale inhabituelle, aléatoire et complexe, peut-être même différente de celle qui figure dans nos lois et règlements. Dans l’affaire Aliou Sall et consorts, il y a des accusés, même si, c’est ma conviction, on doit leur accorder la présomption d’innocence jusqu’à ce que leur culpabilité soit établie.

Il y a eu des accusations qui datent de bien avant le reportage de la BBC, des enquêtes menées, bouclées et portées à son attention par l’OFNAC depuis belles lurettes, ainsi que des preuves de transfert d’argent entre un compte domicilié à l’étranger et la société Agritrans appartenant à Aliou Sall. Ces opérations ont été révélées au monde entier par le documentaire de la BBC, document à l’appui. A t-il saisi la banque et la Centif pour retracer ce virement de 250.000 dollars afin de retrouver sa provenance, sa raison?

A cela s’ajoute le fameux Rapport de l’Inspection Générale d’État, qu’ils disent ne pas avoir reçu, sept ans après son dépôt, alors que même les vendeurs du coin de la rue l’ont par devers eux.

Toute enquête sérieuse devrait partir de ces éléments. Une enquête se fait sur la base de charges précises . Si on n’a pas assez d’informations pour viser une personne, on peut ouvrir une enquête contre X. Mais considérer que tout le monde est témoin, y compris ceux qui sont accusés et ceux dont les noms ou les actes ont été formellement cités dans des rapports en sa possession, c’est une parodie et justice et un simulacre de procédure pénale.

On n’a pas besoin d’être un expert pour savoir qu’en ouvrant une enquête, le procureur est presque tenu de nous dire ce qu’il cherche et vers qui ou quoi il oriente ses recherches.

Ce que fait le procureur n’est pas une enquête judiciaire. C’est une investigation politique et sociale. Son objectif, écouter accusé et accusateurs avant de les renvoyer dos à dos en disant » c’est votre parole contre la sienne. »

On voit bien où il va. Ça saute aux yeux. Mais ne sait-il pas que les temps où l’on pouvait tout cacher, tout le temps, à tout le monde sont révolus.

Coordonnateur de la plateforme
Avenir Senegaal Bi Nu Begg
Membre de Aar Li Nu Bokk

Le régime de Macky Sall et sa posture ambiguë face à l’homosexualité. (Par Alassane K. KITANE).

En s’abstenant de voter contre la résolution des Nations unies en faveur des LGBTI, le Sénégal sous Macky Sall s’achemine inexorablement vers la banalisation et la légitimation des actes contre-nature.

Le concept de violence est tellement élastique qu’on peut lui faire signifier la punition des actes contre-nature, la discrimination des LGBTI, le refus de mariage homosexuel, etc. C’est toujours par les mots que les pensée les plus problématiques se faufilent pour non seulement s’exprimer, mais aussi se légitimer.

C’est toujours de cette façon que les Occidentaux ont agi dans les pays du Sud : par un vocabulaire ambigu, on commence par instiller des pensées et des actes dans les consciences jusqu’à les banaliser et les faire accepter.

Comment un monde vraiment humain peut-il rester insensible au sort épouvantable de ces milliers de jeunes dont les cadavres échouent sur les côtes méditerranéennes et s’apitoyer sur le sort des LGBTI ? Comment une humanité normale peut-elle courber l’échine devant l’horreur arrogante d’une culture de l’esclavage en Mauritanie et se révolter contre les violences faites aux LGBTI ?

Du « on n’est pas encore prêt » à cette abstention-consentement, le doute sur la bonne foi du pouvoir en place se dissipe : ils ne feront rien pour combattre les pratiques homosexuelles alors que les Sénégalais, dans leur écrasante majorité, bannissent cette pratiques. Les mots sont des fenêtres ou des murs disait Marshall Rosenberg dans le contexte d’une communication non violente.

Mais dans ce cas d’espèce, les mots sont certes des fenêtres, mais des fenêtres qui ouvrent vers la confusion, l’amalgame et la fourberie morale. L’abstention du Sénégal sur cette résolution est une preuve de lâcheté qui ne fait que révéler encore la nature charlatane, mensongère et prévaricatrice du régime de Macky Sall.

Si jamais l’intention de Waly Seck était de banaliser le pari dévergondé des LGBTI, il trouve dans ce gouvernement un allié de taille. La leçon de morale qu’il faut en tirer est toute simple : la racine du mal est qu’on a un gouvernement qui sacrifie la volonté du peuple sur l’autel des intérêts des puissances et lobbys étrangers.

C’est un signal fort envoyé au peuple et aux étrangers : les LGBTI ne seront pas inquiétés au Sénégal. Pour un régime qui trompe, pille et vole son peuple, ça n’a rien de surprenant que d’adopter une imposture morale comme ligne de conduite dans les relations internationales. Car ce qui les motive par-dessus tout, c’est la préservation et la perpétuation du régime et des prébendes qu’il procure. Un régime qui n’a pas le courage de traduire la volonté de son peuple en lois n’a aucune légitimité ni devant Dieu ni devant les citoyens.

Que personne ne nous détourne donc de notre combat pour mettre fin à ce mal absolu qu’est le régime de Macky Sall. Waly Seck est peut-être avide d’argent et de succès ou même un gamin irresponsable. Mais comparé à la politique officielle de l’Etat du Sénégal dans cette affaire, il n’est qu’épiphénomène. S’acharner sur Waly Seck et adopter la politique d’omerta face à cette incurie du gouvernement me semble relever de la mauvaise foi !

L’abstention du Sénégal face à cette résolution est une énième trahison. Il urge par conséquent de lutter certes contre l’homosexualité, mais surtout de se concentrer davantage sur le combat citoyen contre la gouvernance ignoblement non vertueuse de Macky Sall. Car, faut-il le rappeler, il ne saurait y avoir d’ambiguïté dans le domaine axiologique sans donner libre cours au libertinage universel.

Alassane K. KITANE

Le prix du progrès. (Par Amadou Tidiane Wone)

Le prix du progrès.  (Par Amadou Tidiane Wone)

Une des magies des réseaux sociaux, c’est qu’ils transportent jusqu’à nous des informations, des connaissances, des savoirs qui nous seraient restés lointains, voire inaccessibles autrement . A cet égard j’ai reçu, comme beaucoup d’autres certainement, une vidéo diffusant un témoignage fort instructif du Professeur Kishore Mahbubani, fils d’immigrants indiens venus s’installer à Singapour. Né à Singapour il y’a un peu plus de 70 ans, il livre en des mots simples le secret qui a fait passer ce pays du Tiers-monde à un statut de pays émergent. Disons au rang d’un pays vraiment en voie de développement en 60 ans…

Le Professeur Mahbubani estime ce temps à celui de sa propre vie,  lui qui est entré à l’école en bénéficiant du programme de soutien aux enfants atteints de malnutrition, en raison de la pauvreté d’alors. Tout a donc changé dans son pays sous ses yeux ! Le Professeur Mahbubani, qui a mené 30 ans d’une carrière diplomatique qui lui aura permis d’observer le mode de fonctionnement de plusieurs pays du monde, résume le secret du développement fulgurant de Singapour en une fondation soutenant trois piliers structurants : 


– Le fondement de l’édifice repose sur une lutte, sans merci, contre la corruption en commençant par sanctionner, de manière exemplaire, les plus hauts responsables qui s’y adonnent. Il cite, au début de l’essor de Singapour, l’exemple d’un ministre emprisonné pour avoir accepté le paiement de ses vacances par une entreprise ! Cette chaude alerte a eu pour effet de convaincre la masse que nul ne serait plus désormais au dessus de la Loi. Avec pour conséquence que Singapour est devenu l’un des pays les moins corrompues au monde. 


– Les valeurs structurantes qui s’enfoncent dans cette fondation et maintiennent l’édifice debout et solide  sont : la promotion au prix du mérite ou la méritocratie, le pragmatisme et enfin l’honnêteté ! 

On le voit , il n’est nulle part question de richesses naturelles qui couleraient à flot, ni d’homme providentiel qui , d’un coup de baguette magique transformerait le destin de son pays. Il s’agit d’un énoncé de valeurs simples mais fortes, intelligibles par tous, et mises en œuvre collectivement. Mais nous le voyons également, l’exemple doit impérativement venir d’en haut, des dirigeants.

En effet, aucun dirigeant compromis, ou même suspect, ne peut avoir l’aura et le leadership nécessaire à une entreprise de redressement national et de progrès.  On le voit enfin les exemples de bonnes pratiques existent à travers le monde.  Il suffit de s’en inspirer. Mais, il n’est jamais trop tard pour bien faire si la sincérité, autre valeur nécessaire, est au rendez-vous. La bonne volonté fera le reste. 


– La méritocratie doit être le seul levier de promotion des serviteurs de la République. Ni les liens de parenté,  ni les accointances partisanes, ni les amitiés d’enfance ne doivent passer avant une appréciation objective des capacités, de tel ou tel, pour occuper telle ou telle station du service public. Cela peut sembler surréaliste de le dire dans nos pays où des mensonges grossiers se sont érigés en vérités bibliques. Mais le progrès a un prix. IL va falloir le payer. 


– Le Pragmatisme : « Attitude de quelqu’un qui s’adapte à toute situation, qui est orienté vers l’action pratique. » Selon le Petit Larousse. Il en faut, notamment dans notre pays le Sénégal où  la plupart des gens s’écoutent parler… En toutes circonstances,  la parole est reine. La tendance générale est à la flatterie et aux mots de circonstances. On en oublie les maux de la circonstance…

Il faudrait évaluer et transformer profondément notre système éducatif et l’orienter vers une conquête quotidienne du mieux-être dans la droiture et le culte du travail bien fait . 


– L’Honnêteté : elle commence par soi et s’évalue de soi à soi. Car, on est jamais à l’abri de son propre regard ! Il faut alors l’aiguiser et le rendre intransigeant. C’est alors que l’on devient fort vis-à-vis du regard des autres. Seul devant son plan de travail, on ne triche pas. Ni sur les horaires,  ni sur les cadences.  Au sommet de l’État, on devrait , encore davantage sentir le poids de son propre regard et entendre cette voie intérieure qui nous dit « non…pas ça…l’avenir de quinze millions de personnes dépend de cette signature… » 


Si toutes ces valeurs sont promues au rang de culte et sont défendues et protégées par la loi, et si les contrevenants sont sanctionnés de manière exemplaire,  on construit progressivement une société harmonieuse, capable en 30 ans de rattraper tous les retards et de construire un pays où il fait bon vivre. Certains esprits chagrins me diront qu’avec des « si    » on mettrait Paris en bouteille… 


L’Autre Dialogue national qui relève de l’urgence, à mon sens, devrait porter sur la (Re)définition de nos valeurs. La protection de nos identités culturelles, spirituelles et sociales est, concomitamment, prioritaire. Refusons de ne devenir que des clones (des clowns ?) irréels et comiques de l’Occident ou de l’Orient. Assumons nos différences positives, et donnons nous les moyens des les défendre et de les illustrer. Le projet divin pour l’homme n’est pas une création en séries. C’est, tout au contraire, l’unicité de chaque être,  de chaque espèce. La différence absolue d’une empreinte digitale à l’autre…   


Pour dire que le progrès commence par se connaître, se reconnaître et se respecter. Alors que, dans le discours public ambiant, lorsque le Pouvoir et l’Opposition s’apostrophent,  on croirait entendre aboyer deux chiens ennemis. On dirait parfois des étrangers les uns aux autres. Alors qu’alors caméras…L’homme vaut mieux.

Il est capable de beaucoup mieux que de se livrer à ces «  jeux » qui finissent toujours par des arrangements hors la vue de la majorité. Changeons de méthode et d’approche.  Cela est possible. Il suffit juste de s’écouter. De se parler. On devrait finir par s’entendre sur un grand projet pour le Sénégal puisque la Providence nous en donne désormais les moyens. Si parler veut encore dire quelque chose… 
Que Dieu nous protège de l’esprit malin et de ses suppôts  ! 

Amadou Tidiane WONE

Colonel Kébé : « L’intimidation et l’acharnement n’entacheront en rien à mon engagement citoyen… »


Le colonel Kébé prévient: « L'intimidation et l'acharnement n'entacheront en rien à mon engagement citoyen... »

Colonel Abdourahim Kébé a fait face à la presse cet après-midi pour faire savoir que rien ne lui interdit de s’engager en politique. 

« L’intimidation et l’acharnement qui sont en train de se faire n’entacheront en rien à mon engagement citoyen… Il m’est demandé de me présenter à la section de recherches demain vendredi à 16h. Je vais déférer à la convocation à jour et à l’heure indiquée comme tout bon citoyen. Il n’est plus question de me coller le devoir de réserve . Car il n’est pas pertinent de chercher à bâillonner un militaire à la retraite. C’est un manque de respect de restreindre le droit à un militaire qui a dignement servi sa nation.

Jeu d’ombres…jeu de dupes

Pour faire court, la démocratie sous les cieux africains, c’est un système d’imitations caricaturales de postures, de propos, de protocoles et de proclamations de principes qui, ramenés à la réalité des faits a quelque chose d’irréel, de tragique et parfois de comique… C’est comme si en Afrique, les élites dirigeantes assises sur la destinée de leurs nations « jouaient à la République ». 

Un jeu de société conçu et codifié par la puissance coloniale à son avantage exclusif. Aux « indépendances » ardemment réclamées par les peuples,  les « décolonisateurs » ont substitué un changement de joueurs, en continuant à définir les règles du jeu, prenant bien soin d’être toujours du côté des vainqueurs. Jeu de dupes… C’est ainsi que les élites dirigeantes africaines qui acceptent, sans conditions, les règles définies par les colons, quant à la défense de leurs intérêts, sont promues au-dessus de tous, envers et contre la volonté des peuples africains.

Moyennant enrichissement personnel, familial, clanique et flatteries non méritées, plusieurs dirigeants post coloniaux sont allés jusqu’à faire assassiner les vrais opposants à l’ordre colonial, ceux qui voulaient changer les règles du jeu et non pas seulement les joueurs…Durant tous les siècles qui ont suivi notre rencontre brutale et meurtrière avec l’occident, son système esclavagiste et capitaliste, des générations d’hommes et de femmes se sont succédées dans ce déterminisme implacable : opulence au Nord et misère au Sud.

Et à chaque génération sont apparus des complices du Sud se contentant des déchets du Nord et s’arrachant leurs subsides. Et comme depuis toujours, ceux-là font preuve de zèle et de servilité pour sacrifier l’avenir de la majorité à l’autel de leur aisance présente. Ils sont juste heureux de devenir les plus riches des pauvres, les borgnes au pays des aveugles. A tout prix. Pauvre et misérable ambition !

Ces hommes politiques et d’affaires, inféodés aux puissances dominantes et garantes du statu quo, sont rémunérés pour leurs sales besognes. Ils sont à l’image du renégat, si bellement décrit par David Diop, poète révolutionnaire à la plume trempée dans l’encre irréductible du sang des peuples opprimés, à travers son poème intitulé… Le Renégat ( !)

« Mon frère aux dents qui brillent sous le compliment hypocrite Mon frère aux lunettes d’orSur tes yeux rendus bleus par la parole du MaîtreMon pauvre frère au smoking à revers de soiePiaillant et susurrant et plastronnant dans les salons de la condescendanceTu nous fais pitiéLe soleil de ton pays n’est plus qu’une ombreSur ton front serein de civiliséEt la case de ta grand-mèreFait rougir un visage blanchi par les années d’humiliation et de Mea CulpaMais lorsque repu de mots sonores et videsComme la caisse qui surmonte tes épaulesTu fouleras la terre amère et rouge d’AfriqueCes mots angoissés rythmeront alors ta marche inquiète :Je me sens seul si seul ici ! »

Ces gens-la sont facilement reconnaissables. Ils ressemblent à des greffes irréelles et comiques sur la misère crasse de leurs peuples. Dodus et ventripotents, ils se barricadent derrière des limousines aux vitres teintées, remontées pour se cacher des bras miséreux qui se tendent, des doigts émaciés qui accusent…Ils se croient supérieurement intelligents. Ils sont juste moralement indigents !

Mais l’Afrique se réveille. Lentement. Mais sûrement. Et la jeunesse africaine piaffe d’impatience, hurle sa colère et dénonce l’apathie des dirigeants d’un continent béni : riche en ressources naturelles, minérales végétales, humaines et qui, pourtant, abrite toute la misère du monde. Un continent si jeune, dans un monde vieillissant, condamné à un avenir venant d’Afrique…Seul un leadership inspiré nous fait défaut pour y voir clair et tirer enfin notre épingle du jeu !

Nous savons ce qu’il nous reste à faire…Dans ce décor continental, notre petit pays le Sénégal a toujours fait office de laboratoire. Très tôt chouchou de la puissance coloniale, les premières écoles françaises y ont été construites. Saint-Louis du Sénégal, capitale de l’Afrique occidentale…française a été le creuset de modélisation des premières élites africaines occidentalisées. Avec plus ou moins de bonheur, puisqu’au fil du temps, la plupart des grands cadres, sénégalais et africains, se sont ralliés à la cause du peuple participant aux luttes d’émancipation du continent.

Mais cela, c’est une autre et trop longue histoire…Mais retenons que les élites, promues par le décolonisateur pour diriger le Sénégal dans tous les secteurs stratégiques, ont toujours été les plus atteintes par le virus de la servilité. L’acceptation implicite que seul le modèle occidental de progrès était concevable. Et que l’avenir n’était pas envisageable hors de la soumission à un ordre du monde dirigé par les puissances occidentales et leurs désidératas.

Cet ordre mental et psychologique, l’école française et ses programmes ont eu, pour mission essentielle, de nous l’inculquer depuis la tendre enfance et de l’enraciner dans notre être le plus profond. A un point tel qu’envisager le monde autrement en devienne terrifiant…Il faut guérir de l’école française.

C’est impératif.Tout cela pour dire que si notre actualité est dominée par une crise politique des valeurs, celle-ci procède des mêmes dynamiques : celle des prédateurs soumis à l’ordre occidental contre celle des défenseurs de la cause du peuple, en quête de vérité et de droiture, fortement enracinées dans les valeurs de Justice, d’Indépendance et d’égalité. Les pires de tous les protagonistes étant ceux qui adoptent le discours des uns en agissant dans le sens des autres…

Les hypocrites !Dans le débat en cours sur la gestion de nos ressources, de notre pays et la mise en perspective de l’avenir de nos enfants, la grille de lecture ne change pas. Les alliances qui se nouent autour des enjeux pétroliers et gaziers suivent les mêmes logiques. Le bradage de nos souverainetés hydrauliques, et la cession de nos télécommunications à des capitaux étrangers, le bradage en trompe l’œil à des privés non identifiables de notre raffinerie à la veille de notre devenir pétrolier entrent dans la même veine de jeux d’ombres…

Des ombres malfaisantes qui tirent les ficelles et se ramassent des commissions en milliards indus… Les dynamiques de dénonciation et de résistance, elles aussi, restent dans les mêmes sillages historiques. A armes inégales, seule la foi fait la différence.

Disons le clairement, dans ces batailles, il n’y a  rien de personnel. Juste des intérêts qui se cristallisent, des convictions qui s’expriment. Des enjeux qui dépassent nos individualités.Au demeurant, les institutions de la « République » postcoloniale n’ont que l’aura de ceux qui sont sensés les incarner pour servir le peuple et ses intérêts supérieurs.

Si les hommes et les femmes qui occupent des positions dans l’administration de la République servent des intérêts particuliers ou étrangers, qu’ils soient économiques et financiers ou politiques et stratégiques, ils trahissent les serments tacites ou explicites attachés à l’exercice de certains mandats. Ils devront en répondre devant l’Histoire.

Mais à Dieu ne plaise, il est arrivé aussi dans notre pays que des personnalités se dressent envers et contre la tendance générale pour porter le combat des valeurs, défendre et illustrer le courage de dire NON, au préjudice de leurs intérêts personnels, immédiats. 

Nous les connaissons et leurs en sommes reconnaissants. Ils ont de dignes héritiers. Ceux-ci inscrivent en lettres d’or leurs noms au Panthéon mémoriel de notre peuple. Ils sont fiers, ils sont grands, ils regardent le monde les yeux dans les yeux…Ils sont journalistes, militants de la société civile, hommes et femmes politiques ou simples citoyens.

Ils sont débout pour défendre notre bien commun. Et sous leurs pas résolus, ils tracent les sillons d’un nouvel avenir.En bref, le droit d’exiger la lumière sur toutes les zones d’ombres qui apparaissent dans la gestion des premiers pas de notre devenir pétrolier, ne doit ni faiblir ni dévier de l’impératif de salubrité publique et de bonne gouvernance qui doit rester le ciment de notre commune volonté de vivre ensemble.

Nul n’est au-dessus des lois. Nul n’a le droit de jouer avec le bien commun. Aucun tour de passe-passe ne doit distraire les patriotes sincères et les honnêtes gens. Encore moins ceux qui craignent, par-dessus tout, le jugement dernier. Celui, inéluctable devant lequel aucune préséance ne vaut absolution.Aar lii  Nu Bokk, défendre notre bien commun. Qui peut, franchement, rester indifférent à cet appel ?

Trump joue l’apaisement avec l’Iran: “Rien ne presse”

Le président américain a jugé vendredi que « rien ne press[ait] » pour résoudre les tensions entre les Etats-Unis et l’Iran, après une série d’incidents et d’invectives

« Nous avons le temps. Rien ne presse, ils peuvent prendre leur temps », a dit Donald Trump à son arrivée au G20 d’Osaka, lui qui parlait encore il y a peu de « guerre » contre les Iraniens.

Ces propos apaisants tranchent avec le ping-pong des déclarations choc qui s’était poursuivi jeudi entre l’Iran et les Etats-Unis. Téhéran avait mis en garde contre l' »illusion » d’une « guerre courte » entre les deux pays ennemis. La crise entre les Etats-Unis et l’Iran doit être au menu des discussions du sommet du G20 qui s’est ouvert vendredi au Japon.

Une crise de 40 ans

Le même jour, des représentants des Etats encore parties à l’accord nucléaire signé en 2015 (Allemagne, Chine, France, Grande-Bretagne, Iran et Russie) doivent se retrouver à Vienne pour faire le point sur l’application du texte. Les Européens pressent l’Iran de ne pas commettre l' »erreur » de se retrouver en violation de ses engagements.

Après leur retrait de l’accord en 2018, les Etats-Unis ont rétabli des sanctions économiques qui asphyxient l’économie iranienne et privent Téhéran des bénéfices qu’il attendait de ce pacte.

La crise au long cours qui caractérise depuis 40 ans les relations entre les Etats-Unis et l’Iran connaît depuis environ deux mois un nouvel accès de fièvre, sur fond d’escalade dans la région du Golfe et d’inquiétudes pour la survie de l’accord nucléaire, menacé depuis que les Etats-Unis s’en sont retirés.

“Ennemi principal”

Un nouveau pic a été atteint lorsque l’Iran a abattu un drone américain, le 20 juin, après une série d’attaques d’origine inconnue contre des tankers attribuées par Washington à Téhéran qui a démenti.

Dans ces circonstances ultratendues faisant craindre un embrasement, M. Trump avait évoqué mercredi la possibilité d’une guerre courte contre Téhéran. « Nous sommes dans une position très forte, et ça ne durerait pas très longtemps, je peux vous le dire. Et je ne parle pas de troupes au sol ».

L’idée d’une « +guerre courte+ avec l’Iran est une illusion », a réagi le ministre des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif dans un message sur Twitter destiné, selon lui, à corriger certaines « idées fausses » du président américain qui « menacent la paix ».

Un drone américain abattu

Mardi, le président iranien Hassan Rohani a déclaré à son homologue français Emmanuel Macron que l’Iran ne cherchait la guerre « avec aucun pays », pas même les Etats-Unis. Pour autant, Téhéran multiplie les mises en garde.

A Téhéran, les funérailles publiques de près de « 150 martyrs » tombés lors de la guerre Iran-Irak ou en Syrie, ont donné aux autorités l’occasion d’exalter la « résistance » face à l' »ennemi principal »: les Etats-Unis.

S’adressant à la foule, le chef de l’Autorité judiciaire, Ebrahim Raïssi, est revenu sur la destruction du drone américain – abattu selon Téhéran dans l’espace aérien iranien, ce que Washington conteste. « La main bénie qui a attaqué le drone américain a confirmé que pour résister devant l’ennemi, la République islamique d’Iran n’a aucune hésitation », a-t-il déclaré.

“Accord durable”

Cherchant à calmer les inquiétudes, Mark Esper, secrétaire américain à la Défense par intérim, a assuré jeudi à l’Otan que son pays ne voulait pas d’un conflit avec l’Iran. « Notre propos est d’amener l’Iran à négocier un accord durable », a-t-il assuré alors que Washington veut un nouvel accord avec l’Iran, pour qui, au contraire, le pacte de 2015 n’est pas négociable.

Par l’accord de Vienne, l’Iran s’est engagé à ne jamais chercher à se doter de l’arme atomique, et à limiter drastiquement son programme nucléaire en échange de la levée partielle des sanctions internationales. En riposte au retour des sanctions américaines, Téhéran a fait connaître le 8 mai son intention de se délier progressivement de ses engagements si Européens, Russes et Chinois ne l’aidaient pas à contourner les mesures américaines.

Un franchissement du seuil d’uranium?

L’Iran a annoncé ce jour-là ne plus se sentir tenu par les limites que l’accord de impose à ses réserves d’eau lourde et d’uranium faiblement enrichi, et a menacé de s’affranchir d’autres engagements à partir du 7 juillet.

Il avait indiqué le 17 juin que ses réserves d’uranium dépasserait à partir du 27 juin le plafond des 300 kilos fixé par l’accord, mais aucune confirmation du franchissement de ce seuil n’est venue ce jour. Les Iraniens ne « dépasseront pas (la limite) aujourd’hui », a indiqué jeudi à l’AFP un diplomate à Vienne, évoquant une possible « raison politique » à cette retenue.

Mais un responsable iranien à Vienne a affirmé sous couvert de l’anonymat que la limite n’avait pas été dépassée pour des « raisons techniques », soulignant que jeudi et vendredi étaient des jours de repos hebdomadaire en Iran.

Source: Belga

Latif, quelle honte !

Les seuls beaux yeux sont ceux qui vous regardent avec tendresse. Et apparemment, le jeune frère est bien protégé par le grand frère. Que ne ferait-on pas pour la famille, laquelle n’a jamais été oubliée du reste dans les affaires de notre République. Le jeune frère adoré a mis ainsi la République sens dessus-dessous produisant même quelques chamboulements à la Présidence. Celui qui avait enfoncé le frère, n’ayant pas eu la courtoisie de le protéger de la meute, a été éloigné du cercle des décisions. Pour le remplacer, on a fait appel à des armuriers qui ont vite fait de sortir les armes pour dézinguer tous ceux qui ne pensent pas comme eux. Tous les deux qui étaient à l’ombre sont sortis de leur long sommeil pour prendre la défense du frère de leur boss alors que la Justice est en train de démêler l’écheveau du scandale. Et puis, il faut bien qu’ils donnent des gages à celui à qui ils doivent leur retour aux affaires. Plutôt arrêter la belle comédie dès lors que les hommes du chef croient en l’innocence de l’incriminé. Et le plus rigolo est cette passe d’armes entre celle qui est chargée d’enquêter sur les tartufferies des délinquant corrompus de ce pays et le procureur qui met sous le coude quelques dossiers comme son Chef. Le plus pathétique est de voir le pauvre Abdou Latif Coulibaly en donneur de leçons. Que n’a-t-il pas dit sur les autres sans qu’on lui ait demandé de jurer sur le Coran ou la Bible. Et puis, on s’en fout de toute cette comédie. Voir toute la République défendre un homme accusé de crimes économiques et vaquant tranquillement à ses occupations pendant que d’autres sont en prison nous parait pour le moins aberrant. De la dignité ne ferait que du bien à ces armuriers qui font honte à la race des intellectuels. 

Mais où est donc passé le « dialogue national » ?

Comme une marée noire de …pétrole, l’affaire… du pétrole et du gaz-Petrotim-BBC-Aliou Sall, a recouvert de ses puanteurs pétrodollars, l’autre grosse arnaque post-électorale ; le fameux dialogue national. Vous vous souvenez, on devait enterrer la petite guéguerre post-électorale, se retrouver dans un grand élan d’amour, de paix, sous le baobab à palabres.

Que nenni ! Cette petite journaliste, grande fouineuse, emmerdeuse devant l’Eternel, empêcheuse d’escamoter en douce nos dizaines de millions de dollars, téléguidée par la « Grande royale » BBC, vient perturber des plans laborieusement élaborés, qui devaient donner au vainqueur du 24 Février, un quinquennat de farniente. Tout en douceur et en somnolence pour le lion qui devait ronfler cinq ans durant. Il faudra repasser ! La presse de UK (United Kingdom) n’aime pas que ses Majors (comme BP) piétinent les sacro-saintes règles des affaires.

La City n’aime pas ça du tout !
La BBC ne pouvait donc pas faire comme les grands groupes et grandes chaînes de radios et télés de nos ancêtres les gaulois : la fermer (ou un traitement à minima) au nom des intérêts des grands groupes de la « Macronie » de se refaire une santé dans les « projets-mirages » d’un président qui rêve d’éternité dans nos mémoires et notre conscience collective.

Ces anglais ne font rien comme les autres et, sous leur air de gentlemen policés, de silence respectueux et de flegme inébranlable, ce sont de vrais tueurs des convenances, des mensonges d’Etat, des intégristes de la séparation du pouvoir. Voilà pourquoi ils emmerdent l’Union européenne dans leur farouche volonté de divorcer.


Pour revenir à l’autre machin, faux dialogue et vrai canular, vraie anesthésie pour citoyens en colère, comme pare-feu, c’est devenu un pétard mouillé. Mais qui va coûter cher aux contribuables que nous sommes. Parce que voyez-vous, nos « dialogueurs », qui ne perdent pas le nord et leur confort, ont trouvé que les locaux de la Direction générale des élections n’était pas digne de leurs cerveaux.

Résultats des courses, on les délocalise au Méridien président en pleine crise du pétrole pour qu’on ne s’interroge pas : le risque de grandes oreilles et autres petits espions à l’intérieur justifie-t-il ce déménagement qui ne manquera pas d’être coûteux ? On attend la facture à la fin de ces « sénégalaiseries » comme le dit si malicieusement mon confrère Ibou Fall, la plume acerbe et hautement rafraîchissante.

Et d’ailleurs, combien de temps durera cette grosse farce ?
Qui ne voit pas que le vrai dialogue national est dans les vendredis de révolte contre les prédateurs de nos maigres ressources ? dans peut-être le défilé devant la Dic et les pandores pour aider à la manifestation de la vérité ; dans les fausses-vraies démissions la main sur le Saint Coran ; dans la cacophonie au plus haut sommet de l’Etat, dans le rappel à la rescousse de ceux-là mêmes qu’on avait viré du gouvernement il y a moins de cinq mois. C’est moins dans les zigzags de la communication gouvernementale que dans les dénis comme méthode de communication.

Qu’on me permette un pronostic : Latif Coulibaly et Seydou Gueye ne pourront pas recoudre les fils cassés d’un discours basé sur les mensonges d’Etat. Contrairement à ce qu’on croit, l’éloquence et le bagout ne font de bons communicants, ni une bonne communication : c’est-a-dire crédible.


La bonne communication hors du champ miné des mensonges d’Etat, de ses gouvernances opaques, mais bien dans la franchise vis-à-vis de son peuple : oui, on s’est trompé (de bonne foi ?) en ne suivant pas les recommandations de notre corps de contrôle (IGE) ; en se basant sur un rapport de présence non vérifié et qui semble être travesti a dessein : le dessein de tromper ses décideurs et permettre à des aventuriers de haut vol, qui ont mauvaise presse à la City, de faire main basse sur nos ressources à venir et, au passage, permettre à des intermédiaires et autres démarcheurs de se sucrer. Contrat agricole mon œil ! Que nie du reste (pas sur le Coran) « l’Ingénieur agricole » (agronome ?).


Ce sont toutes ces indélicatesses avec la vérité et la transparence qui feront qu‘aucun communiquant ne viendra à bout de nos doutes ; qu’aucun simulacre de « dialogue » ne pourra enterrer la vérité dans les profondeurs des futurs puits de pétrole, ni anesthésier par les effluves mortelles de nos futurs fûts de gaz.


Il faut dénoncer ce soit disant dialogue national pour ce qu’il est dans le contexte actuel : pare-feu, enfumage, anesthésiant pour peuple en colère. N’est-il pas ridicule et irresponsable, de s’enfermer dans un palace à palabrer alors que d’importantes franges du peuple descendent chaque vendredi pour dire qu’on nous ramène ces milliards qui seraient, ô combien utiles ?

Pour payer les dettes vis-à-vis des privés du BTP ou de l’enseignement supérieur, les bourses à temps de nos étudiants, des pistes de production et postes de santé pour nos campagnes, de l’eau pour nos campagnes qui souffrent. Oui, c’est tout ça qu’expriment les marcheurs des vendredis.
NB : on attend la conférence de presse du procureur de la République pour répondre aux propos de bons sens de la présidente de l’Ofnac. Là encore, c’est un gros mensonge qui vient d’être mis à nu. Et ce n’est que le début…

Mon témoignage auprès de la Division des Investigations criminelles (DIC).

Mon témoignage auprès de la Division des Investigations criminelles (DIC) a consisté à démontrer qu’en attribuant des permis pétroliers au Groupe de sociétés appartenant à Frank Timis, les Autorités sénégalaises concernées ont causé de graves torts économiques et financiers à la Nation sénégalaise.
L’objectif que j’ai recherché est de faire obtenir justice et réparations au Peuple du Sénégal.
Les faits et leur chronologie relatés dans mon témoignage sont constitutifs de faisceaux d’indices accablants permettant de conclure que les plus hautes Autorités du Sénégal d’une part, en complicité avec les compagnies pétrolières Kosmos Energy et BP d’autre part, ont fait subir au Peuple du Sénégal des torts de très grande importance portant sur leurs ressources d’hydrocarbures. Ces deux parties sont parvenues à leurs fins en organisant l’intermédiation active entre elles de Frank Timis et ses sociétés enregistrées dans des paradis fiscaux employant et rémunérant Aliou Sall, frère du Président de la République du Sénégal.

En conclusion, j’ai reproché aux personnes citées dans mon témoignage les infractions suivantes : 
L’enrichissement illicite que sanctionne l’article 163 bis alinéa premier du Code Pénal ;
La haute trahison que prévoit l’article 101 de la Constitution (Président de la République et Ministres) ;
L’abus de biens sociaux comme ayant exercé les fonctions de manager (Frank TIMIS) et de conseiller (Aliou SALL), pour en déduire que, par leurs qualités, ils sont susceptibles de poursuite du chef d’abus des biens sociaux constitués par les ressources naturelles appartenant au Peuple du Sénégal, protégés par l’article 21 de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples, intégrés dans le préambule de la Constitution du Sénégal et précisés dans l’article 25-1 de la loi constitutionnelle du Sénégal du 5 avril 2016 ; le directeur général de Kosmos Energy Sénégal et le Président de BP sont également susceptibles de poursuite du même chef.
La complicité de détournement de deniers et ressources publics, corruption, association de malfaiteurs, blanchiment de capitaux en bande organisée, faits prévus et punis par les articles 45, 46, 152, 159, 238 et 239 du code pénal, 3, 37 et 38 de la loi uniforme n°2004-09 du 6 février 2004 ;   
Faux en écriture publique (Aly Ngouille Ndiaye) sanctionné par l’article 132 du code pénal ;
Faux commis dans certains documents administratifs (Aly Ngouille Ndiaye) en vertu de l’article 137 du code pénal ;

Sous réserve bien entendu de toute autre qualification que ces faits pourraient impliquer.

Mes recherches seront poursuivies pour les autres cas d’attribution de permis d’hydrocarbures en violation de la loi et de réglementation sénégalaises afin de mesurer au mieux l’étendue des dégâts causés par les mis en cause avec d’autres complicités.

Dakar le 26 juin 2019