Barthelémy Dias crache son venin : Benno Bok Yakaar est un cancer qui se propage…

Le député maire de la commune de Mermoz Sacré Cœur n’a pas mâché ses mots hier, dimanche 17 avril,  pour décrire la situation politique actuelle du pays. Invité de l’émission Grand Jury de la radio privée Rfm, Barthélémy Dias a fait feu sur le référendum passé, le manque de dialogue au sein du Parti socialiste (Ps), sans oublier la crise dans la coalition Bennoo Bokk Yaakaar (Bby), ainsi que sur la 12ième législature.

Invité de l’émission Grand Jury de la radio privée Rfm, le maire de Mermoz Sacré Cœur n’a pas dérogé à la règle, celle de son franc parler. Interpellé sur la défaite du camp du Non, dont il a fait partie, lors du dernier référendum, le bouillant député socialiste estime que le Non n’a pas perdu parce que ce n’était pas une élection, mais plutôt un référendum. Au contraire, à son avis, «le camp qui a gagné, c’est le camp du mépris et du silence. Parce que quand 65% des Sénégalais s’abstiennent, il y a problème».

Toutefois, faisant de ce combat une bataille de principe menée par son camarade de parti, Khalifa Sall, maire de Dakar et lui, M. Dias fait savoir que «si c’était à refaire, on reposerait le même acte», parce qu’estimant que le chef de l’Etat, Macky Sall avait pris un engagement devant le peuple et non devant des juges constitutionnels. Pour ceux qui sont pour le départ du ministre de l’Intérieur, le député socialiste reste convaincu qu’il n’y a rien à reprocher à Abdoulaye Daouda Diallo, «surtout pas en termes de zèle», mais plutôt un problème de fichier électoral, qu’il qualifie de «grosse farce».

Se prononçant aussi sur la coalition Bennoo Bokk Yaakaar (Bby), le maire de Mermoz Sacré cœur reproche au chef de l’Etat de refuser de dialoguer. Pour lui, «il n’y a pas de coalition Bennoo Bokk Yaakaar». A l’en croire, il n’y a que le chef de l’Etat, Macky Sall, qui a la responsabilité de faire marcher ladite coalition. Cependant, révèle-t-il, «il a refusé systématiquement et stratégiquement de mettre en place une vraie coalition Bennoo Bokk Yaakaar, après avoir gagné ensemble et pour être à mesure de gérer ensemble».
Pour lui, tel n’a pas été le cas, dans la mesure où, a-t-il donné en exemples, le maire de Dakar est dans des difficultés, alors que lui au niveau de Mermoz Sacré cœur, fait face à des autorités déconcentrées qui l’empêchent de travailler. Pis, laisse-t-il entendre, «les gens de l’Apr dénigrent Aminata Mbengue Ndiaye en faisant croire qu’elle a appelé à voter Non, alors qu’elle a voté Oui, lors du référendum». Autant d’actes qui lui font dire que «cette coalition est malsaine, c’est un cancer qui est en train de se propager et il faut l’arrêter». Pour lui, c’est clair et net que c’est Macky Sall qui a choisi de ne pas faire fonctionner cette coalition.
LE PS : UN PARTI QUI TRAVERSE UNE CRISE
Revenant par ailleurs sur la crise au sein du Parti socialiste (Ps), Barthélémy Dias pense qu’il y a des incompréhensions dues à un manque de dialogue et de concertation, lors du référendum. Estimant que les responsabilités étaient partagées, il a tout de même pointé un doigt accusateur vers son mentor, Ousmane Tanor Dieng (Sg du Ps), qui, selon lui, n’avait pas le droit d’engager le parti dans la voix du Oui. Cela, d’autant plus «qu’aucun texte dans le parti ne lui donnait le droit d’engager le parti» ; Aussi a-t-il  estimé  «qu’il y a un déficit de dialogue et de concertation dans le Parti socialiste». Toutefois, il refuse d’admettre que le parti est actuellement en crise, mais plutôt qu’«il traverse une crise». D’ailleurs même, sur ce point, il a informé que sous peu «les choses bougeront», d’autant plus que l’objectif du Ps est la reconquête du pouvoir. Dans la même veine, et répondant à ceux qui réclament des sanctions contre les socialistes qui ont appelé à voter Non, “Barth“ a dit que «nous ne sommes pas sur une piste de mannequinat, nous sommes en politique. Nous avons le droit d’émettre nos opinions». Donc, pour lui, il n’est même pas pensable qu’ils soient sanctionnés au sein du Ps. Mieux, qu’ils ne comptent aller nulle part, pour rétorquer à ceux qui réclament leur exclusion.
UNE LEGISLATURE «MEDIOCRE»
Se prononçant par ailleurs sur le bilan de la 12ième législature, le tonitruant député maire trouve «qu’il n’y en a aucun». Pour lui, rien n’a été fait pour les Sénégalais. A l’en croire, ce sont des projets de lois émanant du gouvernement qui sont votés, «mais aucune proposition de loi allant dans le sens de changer le quotidien des Sénégalais n’a pu prospérer». Même s’il ne dit pas que la législature est nulle, il a affirmé tout de même qu’elle est «médiocre», non sans préciser que cela n’a rien à voir avec le président de l’Assemblée nationale, Moustapha Niasse. Pour cause,  «quand vous avez des gens à l’Assemblée nationale sans savoir ce qu’ils y font, quand vous avez des gens à qui on demande de verser dans le griotisme politique et non dans la réflexion politique, ça cause problème», a-t-il confié.
Avec Sud Quotidien

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