La grâce de Karim hante l’hémicycle

Les députés ont adopté majoritairement hier, mardi 28 juin, le projet de loi n°19/2016, relatif à la réforme du Conseil constitutionnel. Cependant, la libération par grâce présidentielle de Karim Wade ainsi que l’implication du Qatar, sans occulter la libération des jeunes de Colobane, ont été les points d’orgue lors des débats qui ont tiré en longueur à cause des 3 tours de table effectués. Des débats marqués, par ailleurs, par le duel à fleurets mouchetés entre le ministre de la Justice Sidiki Kaba et certains parlementaires comme Aîssata Tall Sall du Ps et Mamadou Lamine Diallo de Tekki.

L’Assemblée nationale a adopté hier, mardi 28 juin, le projet de loi n°19/2016, relatif au Conseil constitutionnel. Au total, 107 députés ont donné leur accord pour l’augmentation du nombre de membres du Conseil constitutionnel de 5 à 7,  votée lors du référendum du 20 mars dernier. Toutefois, force est de noter que les débats lors de la plénière ont tourné pour l’essentiel autour de la libération de Karim Wade, par grâce présidentielle.  C’est le député non-aligné, Hélène Tine, qui a ouvert les hostilités en interpellant le ministre de la Justice sur les conditions de la libération de Karim Wade.

Reconnaissant en effet le pouvoir de grâce au chef de l’Etat, conformément à l’article 47 de la Constitution, Mme Tine a tout de même rappelé que Karim Wade a fait état de conditions de sa libération qui ne lui auraient pas permis de faire la tournée souhaitée. Suffisant pour que la parlementaire demande s’il y avait une «grâce conditionnelle». Lui emboitant le pas, Mamadou Lamine Diallo, leader du Mouvement Tekki s’est pour sa part offusqué de l’implication du Qatar dans une affaire interne au Sénégal. S’adressant au ministre, il a demandé «ce que le procureur général du Qatar a à faire dans cette affaire sénégalo-sénégalaise». Pour lui, le Sénégal est un pays souverain et que le Qatar n’avait rien à faire dans cette affaire.

Plaidoyer pour la libération des jeunes de Colobane
La question de la libération des jeunes de Colobane a aussi été agitée par bon nombre d’intervenants. En effet, Cheikh Oumar Sy, député de Bës du niakk,  Awa Dia Thiam, Bennoo Bokk Yaakaar, tout comme Aïssatou Bambado Sall ont tous plaidé pour la libération des jeunes accusés d’avoir tué le policier Fodé Sarr. Pour le premier cité, il n’est pas question que ces jeunes, qui ont combattu à leur coté, ne puissent pas bénéficier d’une grâce ou d’une liberté conditionnelle, au moment où d’autres en bénéficient. Cela, en dépit de leurs dossiers pendants en justice, contrairement à ce que le ministre de la Justice avait soutenu. Dans la même veine, le parlementaire Awa Dia Thiam a trouvé juste de gracier ces jeunes, parce que pour elle «c’est l’ère des grâces qui a sonné», et qu’il faut qu’on en profite.
Les réponses du camp au pouvoir ne se sont pas fait attendre. Très remonté contre les termes «arrangements» et «deal» évoqués par certains leaders politiques, à l’image d’Idrissa Seck de Rewmi, le président de la Commission des lois à l’Assemblée nationale s’est refusé de prononcer les mêmes mots que ses adversaires politiques, estimant qu’ils sont propres au milieu de la mafia. Djibril War s’est en outre demandé pourquoi spéculer sur un droit propre au chef de l’Etat.
De la même manière, le 3ième Vice président s’est attaqué à ses collègues députés qui, selon lui, n’ont rien à dire sur le projet de loi soumis au vote hier, d’où les questions politiques soulevées. Pour cela, Abdou Mbow a invité ses camarades à arrêter de faire de la démagogie. A ceux qui prétendent porter le combat des jeunes de Colobane, le jeune parlementaire a réfuté les arguments, arguant qu’ils n’étaient pas présents au moment du combat.
Sud Quotidien

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