Le référendum de la presse et des réseaux sociaux

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 Au Sénégal, le référendum capte toutes les attentions. Dans la presse comme sur les réseaux sociaux, les débats se multiplient et semblent tous converger vers une seule expression : Oui ou Non. Nombreux sont les internautes sénégalais qui s’expriment quotidiennement sur divers sujets, mais chacun semble s’inspirer du référendum pour donner un avis. Première analyse d’un adepte de Facebook : « Tout est question de Oui ou de Non actuellement au Sénégal. Tout se règle de façon référendaire, les questions politiques, sociales, économiques, religieuses etc. Soit on est pour ou contre. C’est une véritable bipolarisation des avis dans tous les secteurs de la vie, au pays de la Téranga ».

Pour preuve, citons cette blague publiée sur Facebook qui reflète pourtant à peu près l’impact du phénomène référendaire dans la société. Le post dit : « j’ai beaucoup d’argent, mais la fille avoue en aimer un autre. J’ai soumis mon problème à sa famille, en leur envoyant des bulletins Oui et Non à la question « voulez-vous que votre fille m’épouse ? ». Il signe « Macky Aka Mouss » (Macky est futé).

A l’image de cette blague, le référendum est vivement parodié sur les réseaux sociaux, avec le Oui ou le Non au centre des débats. La société actuelle semble préférer les débats d’idées et la voie des urnes, plutôt que les manifestations musclées, très fréquentes sous le régime du PDS. Ainsi, au-delà de toute cette effervescence autour du référendum, il y a l’expression d’un changement brusque dans la manière populaire de concevoir la politique. Un autre commentaire Facebook explique (peut-être) ce changement : « C’est parce qu’actuellement, le peuple est remis à sa vraie place, au centre des intérêts.

Depuis l’annonce du référendum, le peuple se sent important, convoité. Il sent qu’on porte de l’intérêt pour lui » Le « Oui ou Non » s’est aussi emparé de la presse dans toutes ses composantes. Exit le débat sur le Wax-Waxeete (reniement) du Président sur sa promesse pour une première tranche de 5 ans (il fera 7 ans finalement). Pas une seule « Une » sans Oui ou Non affichée dans les journaux, ou énoncée à la télé, depuis l’annonce de la tenue du référendum. Un autre utilisateur de Facebook analyse à ce propos : « La presse en a fait les choux gras, et les sénégalais en broutent avec plaisir. Tout compte fait, c’est Macky qui gagne, parce que les sénégalais semblent avoir oublié ou pardonné sa promesse non tenue, au point de consommer si goulûment la sucette référendaire »

Le « Oui ou Non » s’invite aussi dans les affaires religieuses, prenant une tournure qui amuse les internautes. Et ce sont les religieux reçus au Palais par le Président pour des « prières du Oui à condition que tu me donnes de l’argent » qui en font les frais. « Les religieux sortent du palais, des Oui à la bouche, des liasses pleins le thiaya » titre ainsi un internaute sur un long commentaire FB. Et comme pour appuyer ces religieux venus bénir le Oui de Macky Sall, le député et président du groupe parlementaire Benno Bokk Yaakaar (régime) Moustapha Diakhaté disait : « les chefs religieux qui appellent à voter « Non » sont des terroristes du Daesh et Boko Haram ». Lui aussi en a pris pour son grade : « Moustapha Diakhassé (en mode colère) quand c’est Non, Moustapha Diakhlè (en mode inquiet) quand le Non persiste et Moustapha Diakhaté quand c’est Oui. Un vrai Diakhato (Comique) ce gars-là », affiche encore un commentaire Facebook.

Côté graphisme, le « Oui ou Non » apparait sous toutes les formes, couleurs et inspirations possibles, en guise de photo de profil, commentaire imagé, de point de vue ou d’affiche publicitaire, à l’image du ministère de l’intérieur qui a exprimé toute sa bonne « foiE » dans une publicité pour inciter les citoyens à voter Oui. Et cette faute sur la devise du Sénégal (Un Peuple – Un But – Une Foi) commise par le responsable de la sécurité intérieure en mettant «e» à Foi, bourdonne dans les derniers commentaires sur le référendum : « Je félicite Abdoulaye D. Diallo (ministre de l’intérieur) d’assurer si vaillamment la sécurité des sénégalais, mais je l’incite à plus de vigilance dans l’intégrité de notre FOI et à préservation de notre devise », nargue un utilisateur Facebook. Quant à l’issue du scrutin, « peut-être bien qu’Oui, peut-être bien qu’Non », souffle un pronostiqueur Facebook.

 

Oumar DIOUCK

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