Législatives 2017 : Ça passe ou ça casse ! (Oumou Wane)


Législatives 2017 : Ca passe ou ça casse !  (Oumou Wane)
A chaque jour suffit sa peine dirait-on ! Notre pays est en deuil perpétuel, tant le flot de catastrophes s’y succède sans répit ! Accidents de la route, incendies, assassinats, flots de sang et d’horreurs en veux-tu en voilà ! Je vous épargne les affaires coutumières, le manque d’eau, les maisons démolies, les scandales quotidiens, les fuites au Bac, tout ce qui partout ailleurs constituerait un choc national et ferait tomber des têtes en cascade et qui, ici, glisse sur nos consciences et passe comme une lettre à la poste.

Clou du spectacle pathétique de nos traumatismes nationaux, voici le cirque des élections législatives du 30 juillet ! A 7 jours de se rendre aux urnes, notre jeune démocratie, souvent citée en exemple, se retrouve, avec pas loin de la moitié de ses concitoyens qui n’ont pas encore leurs cartes d’électeurs en main ! Autant de compatriotes à part entière qui sont en quelque sorte et de manière subliminale, invités à faire valoir leurs droits dans la rue à défaut d’exercer leur citoyenneté dans les urnes comme tout un chacun !

Bizarre, vous avez dit bizarre ? Pourquoi bidouiller des solutions dignes des pays les plus glaçants d’Afrique, au risque d’enflammer une jeunesse qui pourtant se rêve citoyenne, alors que la solution existe et que toutes les cartes sont là pour distribuer un jeu équitable et inclusif qui donne les mêmes chances à tous.

Comment sortir de cette crise ?

La solution à la crise c’est la représentativité ! Chaque courant, chaque tendance, chaque personnalité marquante doit jouer son rôle, y-compris, n’en déplaise à quelques nihilistes phobiques de la vérité, celui qui est redevenu le maitre du jeu national, comme le père, le patriarche, le diable pour certains mais le messie pour d’autres. Celui-là même qui enflamme toutes les rues du pays. Il est le seul capable de négocier avec le régime pour éviter le forceps regrettable ! A l’évidence, le « vieux » Wade doit être associé à la solution, à condition toutefois, qu’il ne se pose plus en adversaire automatique du système ! Le temps est court désormais et Macky doit s’assoir avec le chef de l’opposition de fait, son père, qu’il l’admette ou non !

Pourquoi cette crise ? 

Souvenons-nous, notre jeunesse, qui court aujourd’hui le marathon derrière Wade, c’est la même qui était mobilisée avec Y-en-marre en 2012 pour porter Macky au pinacle ! Elle est impulsive, dynamique, solaire et toujours aussi cohérente avec elle-même dans ses requêtes de rupture ! Ses aspirations restent intactes dirons-nous !

Bien sûr la grande majorité de la société civile qui avait participé aux assises nationales a combattu le « Pape du Sopi » pour le faire battre en 2012 et rechigne aujourd’hui, après cinq ans d‘exercice du pouvoir à remonter au créneau pour parler à cette jeunesse qu’elle avait su galvaniser ! Mais où êtes-vous Messieurs ? Latif Coulibaly, jules Diop, Aziz Diop, Penda Mbow et tant d’autres… Y-en-avait-Marre, mais maintenant ? Que dites-vous à cette jeunesse ? Elle ne vous entend plus ! Seriez-vous déçus aussi ? Non ? Alors, allez défendre le bilan de Macky Sall ! Et lorsque je dis défendre son bilan, ce n’est pas le faire à demi-mot, à moitié mort, ni à petits coups d’éclat, comme celui-là,  castagné à Grand Yoff le temps d’un crépuscule !

Oui, je le dis ici, par crainte d’investir sa jeunesse, Macky Sall s’est retrouvé cerné de vieux arbres secs à la sève aride. Mais pourquoi donc Macky n’écoute t’il pas et pourquoi fait-il sciemment les mauvais choix ?  Ce n’est pas faute de l’avoir alerté depuis deux ans mais lorsqu’on lui dit ce qu’il ne veut pas entendre il ferme sa porte et écoute ses intimes fossoyeurs ! Pour parler franchement, qu’a t’il à faire avec des Niasse et Tanor à la place des Khalifa et Malick Gackou ?

Que met-il nos palais à la disposition de Abdou Diouf ? Sauf le respect qu’on lui doit, la majorité des contribuables sénégalais est-elle d’accord pour payer les frais d’Abdou Diouf dans nos palais, alors que Wade en est réduit à occuper la villa d’un de ses anciens ministres ? La République n’a-t-elle pas l’obligation d’un traitement égal pour ses anciens présidents !

Mais revenons à Macky ! Il a écarté de son environnement tous ceux qui ont sué sang et eau  pour qu’il s’installe au palais ! Où sont ils aujourd’hui ? Où êtes-vous Messieurs-Dames ? Avez vous laissé place libre à sa nouvelle génération du concret, incapable et inaudible et annonciatrice de sa déchéance ? Macky hélas aujourd’hui n’a plus aucun stratège autour de lui ! Sa bunkerisation a été savamment organisée par de vrais analphabètes et par ses nouveaux amis que j’appelle sa génération du concret ! Oui, ses nouveaux faux amis qui l’ont coupé des liens du peuple qui l’a élu, en balayant toutes les têtes pensantes qui ont contribué à sa victoire en 2012 !

Le voilà seul devant l’histoire comme César pour se sortir de ce labyrinthe des législatives de ce 30 juillet 2017 ! Deux choses l’une ! Ou bien ces élections législatives du 30 juillet ne seront matériellement pas possibles car pour qu’une élection soit valide, il faut que tous les citoyens inscrits s’expriment dans les urnes ! Ou bien alors, les inscrits, qui sont plus de 6 millions, devront récupérer pour la plupart leur carte dans les bureaux de vote. Or, si cette idée est belle sur le papier, elle est porteuse de dangers !

Vu la piètre qualité de notre logistique, que se passera t’il si les citoyens se présentent, le sang brulant et leurs cartes d’identité absentes du centre de vote ? L’un dans l’autre, la sécurité devra être au rendez-vous pour éviter des mouvements regrettables car si les sénégalais se plaignent peu, nous savons que lorsqu’ils se rebellent ils deviennent jusqu’aux boutistes !

Heureusement pour éviter les troubles à l’ordre public et autres états d’urgence, Macky peut compter sur son PM, Abdallah Dionne qui lui est bien à la hauteur des espoirs de nos concitoyens, grâce à sa foi, sa crédibilité et son entrain ! Excellent directeur de campagne, la surprise du chef pour le moins !

Alors Wade, Khalifa, Macky… Pour calmer les esprits et apaiser tout ce beau monde, projetons-nous au-delà des législatives, jusqu’aux futures élections présidentielles. Avec la montée des réseaux sociaux et notre démographie galopante, il y a fort à parier que le prochain président ou la prochaine présidente du Sénégal, n’a pas encore 50 ans à ce jour ! Donc vraiment il n’y a pas de quoi se déchirer ni vendanger notre pays pour ne récolter une fois de plus que pouvoir absolu et promesses déçues.

 Oumou Wane
Présidente africa 7

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