Les confréries religieuses soufies constituent « un modèle d’éducation à offrir à l’humanité » (recteur UCAD)

 Les confréries religieuses soufies représentent ’’un modèle » d’éducation à offrir à l’humanité, a estimé, lundi, à Dakar, le recteur de l’U0l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD), Ibrahima Thioub.
« Avec cette tension permanente de triomphe de la barbarie sur la civilisation, l’arme la plus efficace reste l’éducation et en ce domaine, les confréries religieuses soufies constituent un modèle à offrir à l’humanité », a-t-il déclaré.
Le professeur Thioub s’exprimait à l’ouverture d’un colloque international sur « la chanson et la poésie sacrées soufies dans le monde », une initiative de l’UCAD et de l’université de Caroline du Nord à Chappell Hill.
« Il n’y a pas mieux pour célébrer la paix que le +zikr+ soufi dont le contenu rappelle à bien des égards le renoncement au monde matériel, source de nombre de tensions parmi les humains », a fait valoir Ibrahima Thioub.
Le « zikr », une pratique ’’silencieuse’’, « individuelle » ou « collective », signifie souvenirs, mais aussi rappels et répétitions. Il désigne dans le soufisme « l’exercice spirituel consistant à répéter un grand nombre de fois certaines formules tirées des Livres saints ».
« Le zikr apprend au croyant à renouveler sa croyance en Dieu et à relativiser sans cesse son approche des évènements en tenant compte de la présence du divin. Le Livre Saint incite fréquemment le croyant à se rappeler de son Seigneur. (…) de nombreux passages du Coran le recommandent », a expliqué M. Thioub, historien de formation.
Selon le recteur de l’UCAD, le contexte mondial actuel marqué par de « lourdes tensions » dans les relations internationales, fait que « personne n’est plus à l’abri des formes multiples de la violence ».
Mais « nous nous battons pour que ce monde où la +fitna+ (tension) tend à l’emporter sur le +salam+ s’inverse et que le salam s’impose, l’espace de la paix l’emporte sur l’espace de la guerre », a souligné l’universitaire sénégalais.
A en croire Ibrahima Thioub, « le soufi peut trouver dans la répétition de la formule sacrée, les réponses à toutes les questions qu’il se pose dans sa spiritualité. Cette forme de connaissance qu’apporte le zikr est fondamentale puisqu’elle apprend aux croyants à mieux se connaitre et à découvrir son égo », a-t-il ajouté.
Pour l’ambassadeur du Maroc au Sénégal, Taleh Barrada, « la spiritualité, que ce soit au Maroc ou au Sénégal, est liée à l’échange inter-soufi, aux traditions soufies ancrées dans nos sociétés », ce qui fait qu’elle constitue « un moyen de perpétuer le dialogue interreligieux dans notre monde en ébullition’’.
Ainsi, le festival « Salam », initié depuis 2013 par le chanteur et ministre-conseiller Youssou Ndour, s’ouvre à l’espace académique et au savoir, à travers ce colloque international qui réunit une délégation de 14 personnes venant de Turquie et des Américains de l’Université de Caroline du Nord (Etats-Unis).
De cette manière, les portes de l’université s’ouvrent « à la cité pour que les questions de la cité y soient discutées », a noté le professeur Ousmane Sène, directeur du Centre de recherche ouest-africain (WARC, en anglais).
De l’avis du ministre-conseiller Youssou Ndour, dans ce contexte particulier, le Sénégal peut contribuer à un débat mondial sur l’Islam, notamment son interprétation.
« Notre pays a d’énormes possibilités de propositions pour un monde meilleur autour de la paix », a soutenu M. Ndour.

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