Mossoul : Daech fait exploser l’emblématique mosquée Al-Nouri et son minaret penché

Mossoul
Les djihadistes du groupe Etat islamique ont fait sauter, ce mercredi, la grande mosquée Al-Nouri de Mossoul et son minaret penché. C’est dans ce lieu de culte que leur chef de file Abou Bakr al-Baghdadi avait proclamé l’instauration de son califat. Pour le Premier ministre irakien, le groupe terroriste reconnait par ce geste sa défaite.

C’est un symbole de Mossoul qui est parti en fumée. Le groupe Etat islamique a fait exploser la grande mosquée Al-Nouri de Mossoul et son minaret penché, au moment où l’armée irakienne atteignait le site. « Nos forces étaient en train d’avancer (…) dans la vieille ville et lorsqu’elles sont arrivées à 50 mètres de la mosquée Al-Nouri, Daech a commis un nouveau crime historique en faisant exploser la mosquée Al-Nouri et Al-Hadba », le minaret penché qui lui est adjacent, a déclaré dans un communiqué le général Abdulamir Yarallah, le commandant irakien responsable de l’offensive de Mossoul.

Une information confirmée par la coalition anti-EI, qui appuie les forces irakiennes. A sa tête : les Etats-Unis. Elle dénonce la destruction « d’un des plus grands trésors de Mossoul et de l’Irak ». « C’est un crime contre le peuple de Mossoul et d’Irak, et un des exemples montrant pourquoi cette organisation doit être annihilée », a-t-elle estimé dans un communiqué.

De son côté, le groupe terroriste accuse, via son organe de propagande Amaq, l’aviation américaine d’avoir bombardé la zone, une accusation fermement démentie par le porte-parole de la coalition, le colonel de l’US Air Force John Dorrian.

Un symbole historique

Le site est un symbole à plusieurs égards. C’est dans cette mosquée du XIIe siècle que le chef de file du groupe Etat islamique Abou Bakr al-Baghdadi avait symboliquement proclamé l’instauration de son califat en Syrie et en Irak, il y a maintenant trois ans. Sa seule apparition publique. Pour le Premier ministre irakien Haider al-Abadi, cette destruction prouve que Daech a « officiellement reconnu sa défaite ». Le « calife », qui a laissé ses lieutenants défendre Mossoul, aurait, trouvé refuge à la frontière syro-irakienne.

Le minaret penché était quant à lui un emblème historique de la vieille ville, et l’un de ses seuls vestiges d’origine. Délimité à l’origine par des remparts du XIe siècle, le vieux Mossoul était le coeur vivant de la deuxième ville d’Irak, qui fut durant plusieurs siècles un carrefour commercial entre l’Inde, la Perse et la Méditerranée.

« La tour de pise irakienne » est également appelée « la bossue » (al-Hadba), par les habitants de Mossoul. Achevé en 1172 et décoré de motifs géométriques en briques, le minaret ornait les billets de 10.000 dinars irakiens, avant de devenir aussi un symbole du règne de Daech lorsque les djihadistes y ont planté leur drapeau noir à son sommet, à 45 m de hauteur.

Le général Abdulwahab al-Saadi, l’un des dirigeants des forces d’élite anti-terroristes irakiennes (CTS), avait craint lundi que la destruction de la mosquée al-Nouri et du minaret penché ne soit inévitable. « Daech pourrait les détruire pour des raisons psychologiques » car « ils ne voudront peut-être pas laisser debout ce lieu qu’Abou Bakr al-Baghdadi avait investi ». « Et peut-être accuseront-ils les forces irakiennes de l’avoir détruit », avait-il prédit.

Lci

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