Procès Habré : La défense plaide l’acquittement

Les avocats commis d’office d’Hissène Habré ont demandé l’acquittement de leur client, après avoir dégagé toute responsabilité sur les crimes qui lui ont été reprochés. En effet, les plaidoiries du procès d’Hissène Habré se sont terminées hier jeudi. Le verdict est attendu le 30 mai prochain. Rappelons que l’ex-président du Tchad est jugé pour crimes contre l’humanité, crimes de guerre et actes de tortures.

«En vous livrant l’accusé, je vous demande de l’acquitter purement et simplement. Ça ne serait que justice », ont plaidé hier, les avocats d’Hissène Habré.

Ils ont balayé d’un revers de la main toutes les accusations portées contre leur client. Mounir Ballal et son collègue ont qualifié les témoignages de simples récits imaginaires. «Tout a été amplifié dans cette affaire, surmédiatisée, avec les Ong. A chaque fois, on nous dit: «c’est lui le Président de la République et le chef suprême des armées». Peut-on penser que le témoignage à charge des ex-agents de la Dds était le prix à payer pour leur réhabilitation par les nouvelles autorités de Ndjamena».

Mieux, l’avocat commis d’office pour Hissein Habré a parcouru le rapport de la Commission nationale d’enquête de l’Etat du Tchad pour déceler de faux témoignages. «Je prends l’exemple du supposé seul rescapé en la personne d’Idriss Abdoulaye. Il a déclaré avoir reçu 7 balles et il est resté 5 jours sans bouger. Selon le témoin, les balles étaient des balles pénétrantes et il n’y a que ses veines qui ont été coupées. Et a-t-il dit: «J’ai perdu beaucoup de sang. Après avoir constaté que le chacal venait de dévorer les autres cadavres, je me suis éloigné à 100 mètres. Mes intestins étaient sortis et j’ai fait le constat lorsque je me suis approché d’un point d’eau pour boire». Le témoin a aussi dit que ses intestins étaient sortis et que la plaie était large. A ses dires, il y’avait 7 balles et l’une a touché son poumon droit. Et, il a été secouru 5 jours après. N’est-ce pas là un récit légendaire», a conclu Mounir Ballal.

Mounir Ballal s’est aussi attaqué au rapporteur de la Commission d’enquête : «Les choix des rapporteurs doivent être judicieux. Les rapporteurs doivent présentés un certain nombre de critère. Ils doivent être indépendants, remplir des critères d’impartialité et de neutralité. C’est seulement dans ces conditions que l’objectivité du rapport sortira. Cependant Assane Abakar a dit dans sa comparution que c’est Idriss Deby qui a commandité ce rapport 3 jours après sa prise de pouvoir».

Pour Me Mbaye Séne, Hissein Habré n’est point coupable des faits qui lui sont reprochés. «Nous avons entendu toute sorte de choses dans cette affaire. Nous en avons entendu de toutes les couches. Celles les plus virulentes nous provenaient de nos confrères des plateaux de télévision. Des comptes rendus de choses qui ne se sont pas passés à l’audience. Et, cela a continué». La robe noire a aussi tenu à répondre à leurs détracteurs notamment Me Ibrahima Diawara et son collègue François Serres. «La commission d’office est une institution de la justice qu’aucun avocat ne peut ignorer. Tous les avocats ont une mission de défense. C’est une obligation à laquelle ils ne peuvent se dérober. Nous n’avons aucune possibilité de refuser la commission d’office. Je ne parlerai pas de ceux qui ont continué de nous attaquer, à tenter de nous faire la concurrence, de nous faires les pourfendeurs de ses intérêts. Au fond de nos cœurs, nous avons le même intérêt. C’est l’élargissement de ce grand homme d’Afrique», a-t-il dit.

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