Référendum du 20 mars : Quand la violence prend le dessus sur l’argument

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Le nombre des attaques physiques enregistrées, au cinquième jour de campagne pour le référendum du 20 mars,  lors des rassemblements politiques, dépasse déjà la dizaine. Certaines scènes de violences ont fait plusieurs blessés. A ce jour, plusieurs localités sont déjà touchées par ce phénomène qui relègue au second plan, le débat d’idées.

La violence physique, s’est invitée, le mardi dernier, dans la campagne pour le référendum dans la région de Ziguinchor. Le bilan officiel fait état de sept (07) blessés dont 4 graves parmi les militants, à l’issue de la bataille rangée qui a opposé les partisans du «Oui» conduits par les leaders de la coalition Benno bokk yakaar (Bby) et ceux du courant du «Non» amenés par le maire, Abdoulaye Baldé, leader de l’Union des centristes du Sénégal (Ucs) et patron de la coalition UDZ/Kadiamor.

En effet, entamée le samedi 12 mars dernier, la campagne pour la consultation populaire autour des 15 points de réforme constitutionnelle du chef de l’État, s’est déjà installée dans une escalade de la violence au niveau de plusieurs localités du pays. La région de Fatick, fief électoral de l’actuel chef de l’État, s’est aussi inscrite sur le registre noir des localités touchées par la violence de campagne pour le référendum du 20 mars. Dans cette région centre du pays, la violence de campagne s’est invitée dans le jeu politique le jour même de l’ouverture de la campagne électorale pour le référendum. Ceci après que des jeunes de l’Apr ont voulu s’opposer au passage du cortège de la présidente du Conseil départemental de Bambey, Mme Aïda Mbodj devant le domicile de Sitor Ndour. Il s’en est suivi une scène de jet de pierres jusqu’à ce la Police intervienne pour rétablir l’ordre et permettre ainsi, à la responsable libérale de poursuivre l’itinéraire de sa caravane.

Vingt-quatre heures après Fatick, c’est autour de la région de Louga d’enregistrer son lot de violence soldée par des coups de feu sans faire de victimes. Les gardes du corps du ministre Moustapha Diop, suite à une bousculade opposant la caravane du «Oui» de leur patron à celle du front du «Non», conduite par Ass Diobbé Sylla, ont procédé à des tirs de sommation. Le 13 mars dernier, c’est autour du cortège du leader du Grand parti, Malick Gakou d’essuyer des attaques de la part des militants supposés appartenir au camp du ministre Oumar Guèye. Selon l’administrateur du Grand parti, Songo Matar Ndiaye qui rapporte cette information, les assaillants qui avaient perpétré cette attaque à la sortie de l’autoroute à péage non loin de Diamniadio, étaient munis d’armes à feu et auraient même tiré des coups de feu. A la suite de cela, d’autres actes de violences sont également notés dans le nord du pays plus précisément à Podor et à Dioum. À cela s’ajoutent des huées essuyées par certains responsables dont le chef de l’État, lors de ses déplacements dans certaines localités pour inviter la population à voter «Oui».

VIOLENCE DE CAMPAGNE POUR LE RÉFÉRENDUM DU 20 MARS : Mouvement «Diissoo ci liniou bokk» condamne 
Les scènes de violences qui accompagnent le déroulement de la campagne pour le référendum du 20 mars prochain ne laissent guère indifférents les responsables du Mouvement «Diissoo ci liniou bokk». Lors d’une conférence de presse hier, mercredi 16 mars, les responsables de cette structure ont condamné les affrontements opposant les partisans des deux courants du «Oui» et du «Non» depuis le début de cette campagne. En effet, rappelant lors de ce face à face avec les journalistes que dans l’histoire politique du Sénégal, le quinquennat a été toujours au cœur des révisions constitutionnelles opérées, le coordonnateur de ce nouveau mouvement, le doyen Hady Wade invité notamment tous les acteurs engagés dans ce processus à la sérénité et au dialogue.
Rappelant ainsi que les élections précédentes nous avaient installés, dans la crainte de troubles et de lendemains incertains, le coordonnateur précise d’ailleurs qu’il ne s’agit point de tirer sur la corde alarmiste ni d’entonner les sirènes de mauvaise augure. Mais, «il nous faut prévenir et conjurer le mal, avant que ne germe du terreau fertile de la confrontation verbale, les fleurs vénéneuses de la violence multiforme qui engendre le désordre et l’insécurité». «Ce que nous voulons, «Diissoo ci liniou bokk», c’est rendre possible le dialogue entre toutes les forces civiles, politiques et religieuses, sortir de l’absurde confrontation stérile dans laquelle elles se débattent, pour diriger les efforts vers la construction et la consolidation de notre nation »

Source : Sud Quotidien

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