Sadio Ndiaye, roi du «Simb» raconte son aventure en Europe

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Il a fait l’actualité au beau milieu des années 1990. Sadio Ndiaye, le roi du « Simb » (jeu du faux lion) dont il animait les spectacles à Dakar, a émigré en Europe il y a bien des années, précisément en Italie où il exerce le métier d’agent de sécurité. Originaire de Pikine et cousin du lutteur Eumeu Sène, Sadio est de retour au bercail, pour les obsèques de sa mère. Pris de remords, il revient sur un pan de sa vie de clandestin en Europe, mais assume ses choix.

« Je vis en Italie où je me suis installé depuis 7 ans »

« En Italie, je continue à véhiculer la culture du “Simb” (jeu du faux lion) et je mène concomitamment une activité d’agent de sécurité. Je suis d’abord allé en Norvège en 2008, dans le cadre d’une tournée pour présenter le “Simb” en Europe, à l’occasion du “Ford-festival”. Nous avons fait des pays comme la Norvège, le Danemark, la Belgique, le Portugal, l’Espagne, la France et l’Italie. J’étais en compagnie d’Abdoulaye Dieng, plus connu sous le pseudo de “Laye Ananas”. Elle devait durer 1 mois et 10 jours. Laye s’occupait du volet financier et moi, je gérais les artistes. J’en ai coopté quelques-uns et nous avons rejoint la Norvège pour la tournée. J’avais un visa de deux mois et quand la durée légale de mon séjour a expiré, j’ai préféré rester », confie Sadio Ndiaye, dans un entretien à L’Observateur, ce samedi 13 février 2016.

Sadio Ndiaye, une vie de clandestin

« J’ai décidé de mon propre chef de rester. Quand je quittais le Sénégal, le “Simb” commençait à perdre pied. La lutte gagnait peu à peu du terrain et comme dans toute chose, il faut savoir se retirer à temps, j’ai décidé de rester en Europe et de me reconvertir dans un autre métier. Je n’ai pas de complexe à dire, tout haut, le métier que j’exerce en Europe. J’ai eu à faire un reportage avec CNN et Rfi et quand elles m’ont posé la question de savoir si j’exerçais un métier autre que le “Simb”, je leur ai dit que j’étais agent de sécurité ».

« J’ai choisi de vivre dans la clandestinité, en pleine conscience des risques que je courais en étant un sans-papiers. J’ai choisi de vivre dans la clandestinité. Et cela a duré longtemps », souffle-t-il.

« Je ne fais pas partie de ces maris qui promènent le chien de leurs femmes en Europe »

Marié à une Italienne, pendant 3 ans. De cette union naîtra une fille. La mère, convertie à l’islam, « avait arrêté de boire de l’alcool et de manger de la viande de porc. Quelques années plus tard, elle a voulu s’apostasier. Je l’ai surprise avec un verre de vin. Nos ennuis ont démarré à cet instant…

Je ne fais pas partie de ces maris qui promènent les caniches de leurs femmes en Europe. Je ne m’abaisserai pas à cela pour avoir des papiers… Notre divorce est venu du fait qu’elle voulait que je démissionne de mon travail pour la suivre dans une autre ville d’Italie où elle venait d’être affectée. J’ai refusé de la suivre. Elle n’a pas aimé. Elle a demandé le divorce et elle est partie avec notre fille », regrette Sadio, qui déclare avoir refusé que cette dernière lui impose ses décisions et ses choix de vie.

« J’ai quitté le Sénégal alors que je ne manquais de rien »

Aujourd’hui, le Roi du Simb est marié à une Sénégalaise établie en Italie. Deux mois après avoir obtenu ses papiers, le voilà de retour au Sénégal, son pays qu’il avait quitté en laissant derrière lui, une femme et six enfants. Un fait qu’il dit regretter. « Aujourd’hui, je me rends compte que j’ai fait une grosse bêtise. Je n’en faisais qu’à ma tête. La plus grande des richesses au monde, ce sont les enfants, mais la plus grosse difficulté est de bien les éduquer. J’ai laissé ma famille au pays pour aller à l’aventure. Alors que je ne manquais de rien au pays. J’avais un compte bancaire bien fourni, des maisons et des terrains… »

À l’Expo de Milan, en 2015 devant le président Macky Sall, Sadio Ndiaye a donné une représentation, un spectacle de son nouveau concept dénommé « Simb-théâtre », avec à la clé, un cachet de 2 millions de FCFA.

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