Soignez la santé! (Par Domou Rewmi)

C’est connu de tous et cela semble devenir la règle. Au Sénégal, les événements, quels qu’ils soient, ne durent que le temps d’une Rose dans les médias et apparemment dans les consciences. Qu’ils soient dramatiques, nébuleux ou heureux, ils cèdent rapidement la place à d’autres sujets, parfois sans importance. Et le décès des 5 bébés de Sangalkam n’a pas échappé à cette règle bien sénégalaise. Cette affaire se serait passée dans un pays où les gouvernants se font un peu de soucis pour les gouvernés, une sérieuse enquête aurait été ouverte et la lumière faite. Car il est inadmissible d’entendre comme cause de ce cas, un défaut d’évacuation.

Une vitre de l’ambulance ayant été endommagée depuis des jours par un malade mental avec un cailloux, ou le fait que la maman n’ait pu faire l’échographie qui s’avère nécessaire à temps, dans un pays comme le Sénégal qui a pu construire à coup de milliards un centre de conférence où l’on peut dépenser des centaines de millions pour réussir une campagne électorale, où les membres du gouvernement roulent dans des Mercedes , leurs salaires n’en parlons pas, où l’Assemblée nationale qui est censée représenter le peuple avale à elle seule des milliards. Le comble, c’est qu’aucune autorité ne s’est prononcée sur cette affaire plus que grave, outre le chef du district dont l’argument ne convainc personne.

Rien n’explique que la vitre de l’ambulance ne soit réparée des jours après le supposé casse dont l’auteur serait un malade mental, sachant que dans cet état, il serait impossible de faire des évacuations qui respectent les normes. Il a aussi soutenu que la maman n’avait pas fait l’échographie qui lui était prescrite et qu’elle n’a jamais fait état de manque de moyens. Mais tout le monde sait que ce n’est pas évident pour tous les Sénégalais de débourser 15.000 Francs pour une échographie, pendant que les ordonnances attendent ainsi que les dépenses quotidiennes et les besoins de la famille.

Pourquoi ne pas penser à une politique de subvention à défaut de gratuité de l’échographie qui pourrait constituer un levier puissant dans la lutte contre la mortalité maternelle et néonatale ? Madame la meilleure ministre de la Santé, vous connaissant apolitique (donc vous ne pensez pas qu’à une réélection ou une majorité à l’hémicycle) et experte dans votre domaine qu’est la Santé, les Sénégalais espèrent beaucoup de vous. Vous faites des efforts, mais redoublez-en en aidant ce gouvernement à faire l’essentiel dans ce secteur. Se soigner, quelle que soit sa situation sociale, est la moindre chose qu’un état doit assurer à son peuple. Et Vous le lui devez bien !

 

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