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Covid-19 : Une maladie, mille mystères (par Bayaliou)

Avec la pandémie du nouveau coronavirus, jamais l’humanité n’a été autant bouleversé par une crise sanitaire qui aura secoué tous ses fondements socio-économiques.Le monde s’est en effet retrouvé du jour au lendemain, dans une guerre totale contre un ennemi aussi vicieux que mystérieux, le Sars-Cov-2 responsable de la Covid-19. Une maladie que la communauté scientifique n’arrive toujours pas à cerner et qui continue d’étaler ses mystères sur son origine, son mode de transmission, ses symptômes,sa progression géographique, son taux de mortalité ou encore son immunité.

Si les prochaines découvertes bousculent nos perceptions, ne soyez pas étonnés…” Ces propos tenus par Dr Li Lanjuan, experte chinoise de la Covid-19, le 19 avril, après la présentation des résultats d’une étude sur les mutations du “mystérieux virus, mutant, résistant, fatal pour certains, invisible chez d’autres » montre combien l’évolution de la pandémie préoccupe la communauté scientifique.  En vérité, quatre mois après son émergence, médecins, virologues, infectiologues, chercheurs et experts en santé publiques réalisent qu’ils ne savent que peu de choses  du Sars-Cov-2.

Les informations constantes jusque là avancées disent que c’est une ‎maladie infectieuse due à un coronavirus découvert ‎récemment. ‎La majorité des personnes atteintes ‎ne ressentiront que des symptômes bénins ou ‎modérés et guérissent sans traitement particulier. ‎Le virus qui entraîne la maladie se transmet ‎principalement par des gouttelettes produites ‎lorsqu’une personne infectée tousse, éternue, ou ‎lors d’une expiration.

Entre son apparition à Wuhan en Chine au mois de décembre et aujourd’hui, la Covid-19 affiche à son compteur macabre plus de 252.000 victimes pour un total de 3.600 000 de personnes infectées. Et, ce qui était parti pour être une grippe saisonnière est devenue une pandémie touchant toute la planète exceptés  quelques no man’s land. 

Toutefois, un grand voile de mystères entoure toujours cette maladie et le virus qui la cause. Les inconnus s’accumulent et le monde scientifique semble avancer à tâtons. Si les Américains pensent que le virus s’est échappé d’un laboratoire chinois, la thèse la plus partagée reste la transmission animale. Les symptômes de la maladies, aussi divers que variés, ont constitué les premières preuves de la tergiversation des scientifiques. 

De l’atteinte des voies respiratoires pour les premiers patients, la maladie s’est présentée par la suite sous des tableaux différents pour d’autres patients (diarrhées, dysfonctionnements rénaux, difficultés cardiovasculaires problèmes cutanés) et des études toujours en cours remettraient en causes les premières certitudes, selon des chercheurs Suisses, Chinois et Allemands.

La progression géographique de la maladie va également au delà de toutes les hypothèses scientifiques. Les conditions climatiques, le niveau de développement économique, l’état de délabrement des infrastructures sanitaires des pays pauvres, rien ne semble expliquer pourquoi certains pays sont terrassés et d’autres épargnés. 

Dans cet ordre d’idée, l’Afrique est venue déjouer toutes les prédictions des sommités sanitaires qui voyaient déjà des millions de morts joncher les principales villes du continent mère. Pourquoi, Sars-Cov-2 a-t-il juste 

effleuré jusque là Mère Afrique? Là encore, Mystère et boule de gomme !

Autre réalité pour le moins bluffante, quand l’Iran croule sous le nombre de cas ( environ 100.000) avec 6340 morts, l’Irak voisin est à 2300 cas pour moins de 100 morts. Idem pour la République dominicaine très touchée et sa voisine Haïti épargnée. De grandes métropoles comme Paris, New York, Londres, Milan très touchées avec des dizaines de milliers de morts donnent à voir le même paradoxe comparées à d’autres métropoles aussi densément habitées mais relativement épargnées comme Lagos, Bruxelles, Dakar…

D’autre part, les enfants qui d’habitude sont très vulnérables aux différentes formes de grippe, sont comme par extraordinaire les plus résistants à la Covid-19; alors que les scientifiques, redoutant un hécatombe avaient, dès les premières semaines de l’apparition de la maladie, demandé l’isolement total des enfants à travers la fermeture des établissements d’enseignements, des crèches et garderies. 

L’établissement et le respect strict de mesures barrières  que sont le lavage régulier des mains, la distanciation sociale, le port de masque, encore que ce dernier point a suscité la controverse dans le gotha médical, semblent être la seule éclaircie dans l’océan de mystères de la Covid-19. 

Parfum de scandale autour de la distribution des vivres

Une polémique énorme enfle autour de la distribution des vivres destinés aux populations impactées par la crise sanitaire liée au Covid-19. Des rumeurs persistantes sur un montant de 6 milliards dégagé pour le transport des denrées alimentaires désolent un grand nombre de nos compatriotes qui se sont engagés dans des protestations et dénonciations sur les réseaux sociaux et dans certains médias de la place. Une situation préoccupante qui a poussé certaines autorités politiques à faire des précisions somme toute, légitimes, mais qui auraient pu être évitées si la transparence était mise en avant.

Le budget dégagé pour le transport des vivres à travers le territoire national, dans le cadre du Programme de résilience économique et social annoncé par le Ched de l’Etat Macky Sall, au cours du discours à la Nation, le 3 avril dernier, suscite actuellement une polémique énorme. 6 milliards, 1 milliard ou 3 milliards de francs CFA? Les supputations vont bon train et les autorités en charge de ce volet sont indexées et traitées de tous les noms d’oiseaux.

C’est d’ailleurs dans ce contexte que Mansour Faye, le ministre du développement communautaire, de l’équité sociale et territoriale a réagi en indiquant que les gens ont très vite fait d’extrapoler sur le montant alloué au transport des vivres. « Ils ont certainement entendu que le Gouvernement avait dépensé 60 milliards (des 69 prévus) en achat de denrées et ils ont conclu que le reste de l’argent allait être donné pour le transport de ces denrées. Vous savez, la majeure partie des camions nous a été donnée gratuitement par les transporteurs. Le gouvernement n’a payé que le carburant et les chauffeurs. Il y a également l’Armée qui a mobilisé beaucoup de ses camions pour cette opération. Pour le reste, les distances les plus longues, à savoir Dakar-Kédougou, Dakar-Ziguinchor, nous ont été facturées entre 20 mille et 25 mille Fcfa la tonne. Donc, après calcul, la somme pour convoyer les vivres n’avoisine pas le milliard », a dit le ministre qui tentait d’apaiser la tempête.

Mais au même moment, comme dans un élan de justification, Abdou Karim Fofana, Ministre de l’Urbanisme, du Logement et de l’Hygiène Publique, avance la somme de 2 milliards sur un budget prévisionnel de 3 milliards. D’autre part, le député Diopsy est pointé du doigt sur un éventuel marché qu’il aurait gagné pour le convoyage des denrées à l’intérieur du pays.

Tout ceci pour dire que le Sénégal, à l’instar des autres pays de la planète frappés par la crise sanitaire et économique, se passerait volontiers de scandales financiers. Les populations n’en demandent pas plus que d’être assistées et les programmes initiés dans ce sens par le Président Macky Sall doivent être déroulés de la meilleure manière qui soit avec rigueur et transparence. La transparence, rien que la transparence.

L’Afrique et le monde face au COVID-19 : point de vue d’un Africain – Par Macky Sall, Président de la République du Sénégal

Avec une population estimée à 1,3 milliard d’habitants, l’Afrique est atteinte par le COVID-19 au moment où plusieurs de ses pays, malgré les défis du sous-développement, sont sur une trajectoire d’émergence alors que d’autres continuent de faire face à la lutte contre le terrorisme. Le COVID-19 freine ainsi l’élan des uns, aggrave la situation des autres et remet en cause les efforts de tous. De plus, il soumettra à rude épreuve des systèmes nationaux de santé publique déjà vulnérables. À l’échelle nationale, de nombreux pays ont adopté des plans de contingentement pour endiguer la propagation du virus. Mais, le niveau d’impréparation dû à la survenance brutale de la pandémie, à son évolution rapide et à l’ampleur des besoins montre clairement les limites des mesures nationales. S’y ajoutent les difficultés inhérentes à l’importation des équipements produits médicaux et pharmaceutiques nécessaires à la lutte contre le COVID-19, dans un contexte de forte demande et de perturbation du trafic aérien. Si nous voulons gagner le combat contre le COVID-19, il nous faudra maintenir à niveau les capacités de riposte, notamment :

  • Disposer en quantité suffisante d’équipements et de matériels médicaux et de protection : kits de test, masques, équipements de protection individuelle ;
  • Aménager et équiper des centres d’isolement et de traitement des malades ;
    Assurer la détection précoce des cas d’infection liée au CODIV-19 au niveau de sites de référence ;
  • Assurer l’isolement rapide et la prise en charge des cas suspects et confirmés d’infection liée au CODIV-19 ;
  • Renforcer les mesures de prévention et de contrôle de l’infection ;
  • Assurer une bonne coordination des interventions.

Il faut dire qu’en dépit des efforts jusque-là consentis, les pays africains n’ont pas encore atteint les normes préconisées par l’Organisation Mondiale de la Santé en infrastructures sanitaires et personnels qualifiés dont la répartition reste encore inégale au détriment des zones rurales. De façon générale, les besoins de l’Afrique dans le secteur de la santé se posent en ces termes :

  • Construction, réhabilitation et équipement des structures sanitaires de base et de référence ;
  • Acquisition d’équipements lourds et de matériels roulants : générateurs d’oxygène, scanners, appareils d’angiographie, ambulances médicalisées, entre autres ;
  • Formation de ressources humaines en qualité et quantité suffisante ;
    Utilisation optimale des TIC dans le domaine médical (télémédecine et autres applications) ;
  • Mise en réseau des expertises nationales au sein et entre les pays ;
  • Création de plateformes régionales pour faciliter le déploiement d’opérations d’urgence, à l’instar de la plateforme de Dakar qui a servi de base aérienne et logistique lors de la crise d’Ebola qui a frappé certains pays de l’Afrique de l’Ouest ;
  • Appui aux initiatives pour la Couverture maladie –ou sanitaire– universelle.

Pour en revenir au COVID-19, il faut rappeler que nous sommes en présence d’une pandémie, c’est-à-dire une épidémie à l’échelle mondiale. Les efforts jusque-là menés au quatre coins de la planète n’ont pas encore permis de découvrir tous les secrets de ce grand inconnu qui a fini de révéler au grand jour les limites de tous les systèmes nationaux, même les plus sophistiqués. Tous les pays, surpris et débordés, se sont retrouvés dans une sorte de sauve qui peut, dévoilant au quotidien les lacunes des uns et des autres. La première leçon à retenir de cette crise majeure, où l’infiniment petit fait trembler le monde entier, c’est que, devant des menaces transfrontalières, grands ou petits, riches ou pauvres, nous sommes tous vulnérables. Deuxième leçon, le COVID-19 renvoie au monde ses propres contradictions. Nous vivons, en effet, une ère de paradoxes. La terre est assurément ronde, mais quelque chose, quelque part, ne tourne pas rond. L’homme continue de faire des progrès tous azimuts, reculant chaque jour les limites de la science et de la technologie, y compris dans la conquête de l’espace. Pendant ce temps, sur terre, il manque de masques, de kits de test, d’équipements de protection individuelle, de lits, de respirateurs ; autant de produits, matériels et équipements indispensables à la prise en charge des malades et à la protection des personnels de santé, véritables héros engagés au front d’une lutte risquée et potentiellement mortelle contre un ennemi invisible à l’œil nu. Il est donc temps de revenir sur terre ! Troisième leçon, enfin, et sans être exhaustif, la pandémie de COVID-19, tout comme, du reste, les périls de l’environnement et du terrorisme, confirme les limites objectives de l’État-Nation dans la réponse aux menaces transfrontalières.Revenons sur terre et revenons à la sagesse des aînés, comme nous l’y invite notre compatriote Cheikh Hamidou Kane qui, dans son roman à succès, L’Aventure Ambiguë, publié il y a 59 ans, énonçait ce message prémonitoire : « Nous n’avons pas eu le même passé… mais nous aurons le même avenir, rigoureusement…l’heure des destinées singulières est révolue…nul ne peut vivre de la seule préservation de soi. » (L’Aventure Ambiguë, page 92).C’est dire que quels que soient sa puissance et ses moyens, l’État-Nation ne peut plus se suffire à lui-même. Devant les défis planétaires, nous avons tous besoin les uns des autres, surtout quand nos vulnérabilités communes s’ajoutent à nos fragilités individuelles. Alors, il est temps d’apprendre de nos erreurs et de nos limites, de redéfinir l’ordre des priorités, de redonner plein sens à l’économie réelle en investissant plus dans l’agriculture, l’énergie durable, les infrastructures, la santé, l’éducation et la formation, pour réaliser un développement soucieux du bien-être de l’homme intégral.Il est temps de travailler ensemble à l’avènement d’un nouvel ordre mondial qui met l’humain et l’humanité au cœur des relations internationales. Il est temps de considérer les questions de santé publique au même titre que la paix, la sécurité, l’environnement, la lutte contre le terrorisme et autres criminalités transfrontalières.Ce nouvel ordre mondial, que j’appelle de mes vœux, suppose une confiance mutuelle et une volonté sincère de coopérer autour de questions d’intérêt commun et de valeurs partagées, dans le respect de nos différences et de nos diversités. Il postule surtout un nouvel état d’esprit qui reconnait que toutes les cultures et toutes les civilisations sont d’égale dignité ; et qu’il ne saurait y avoir de centre civilisationnel supérieur qui dicterait aux autres la façon d’être et d’agir. Comme le dit une sagesse africaine, l’arc-en-ciel doit sa beauté aux tons variés de ses couleurs. Ramené aux questions planétaires de santé publique, ce nouvel ordre mondial devra exclure toute forme de discrimination, de stigmatisation et de préjugés, en particulier envers notre continent. L’Afrique, berceau de l’humanité et terre de vieille civilisation, n’est pas un no man’s land. Elle ne saurait, non plus, s’offrir comme terre de cobayes. Exit également les scénarios catastrophistes qui s’évertuent à dessiner un futur d’apocalypse pour le continent. Ce continent a subi des épreuves autrement plus périlleuses et plus cruelles. Il est resté résilient et tient plus que jamais debout !Ce qui importe aujourd’hui, c’est plutôt de tirer les leçons de la crise et mettre en commun nos moyens et nos intelligences pour faire face, dans un même élan de solidarité humaine, à notre ennemi commun : un tueur silencieux qui se joue des frontières, des idéologies et des différences entre pays développés et en développement. En dépit de son retard, l’Afrique regorge de ressources humaines de qualité, y compris d’éminents experts, praticiens et chercheurs compétents, qui contribuent au quotidien au progrès de la médecine. Avec la mise en place du Centre africain de contrôle et de prévention des maladies, qui travaille en relation avec des structures nationales correspondantes et des laboratoires qualifiés comme l’Institut Pasteur de Dakar dont les origines remontent à 1896, le continent dispose d’un réseau scientifique de qualité et connecté au dispositif mondial d’alerte et de gestion de crises sanitaires internationales. Il faut saluer aussi le leadership de l’Organisation Mondiale de la Santé. Elle réussirait mieux sa mission avec une mobilisation plus conséquente de ressources en sa faveur, un meilleur soutien à son Système d’Alerte et d’Action, et un appui plus significatif aux systèmes nationaux de santé publique. Sur le plan économique, les effets paralysants du COVID-19 se font déjà lourdement sentir au plan mondial. L’Afrique, essentiellement exportatrice de matières premières et importatrice de produits finis et semi-finis, n’est pas en reste. Les pays développés les plus touchés, à ce jour, par la pandémie achètent pour 51 % des exportations du continent. Les pays membres de l’Union Européenne, à eux seuls, absorbent près de 40 % des exportations africaines. La baisse des exportations africaines vers ces pays affecterait principalement les hydrocarbures (pétrole et gaz), le cuivre et les produits agricoles. Pour les importations, outre les produits industriels finis et semi-finis, l’Afrique s’approvisionne à l’étranger en produits de grande consommation comme le blé, le sucre, le riz, l’huile, le lait, etc.Toute pénurie ou hausse des prix sur ces produits affecterait donc le continent.En raison des mesures de contingentement liées à la fermeture des frontières aériennes, terrestres et maritimes, les secteurs des transports, du tourisme et de l’hôtellerie sont fortement impactés par le Covid-19. La Commission Économique Africaine évalue ces pertes à 56 milliards de dollars US.De même, les transferts financiers des migrants connaissent un effondrement drastique. C’est dire que si l’impact de la crise est mondial, les économies les plus faibles sont les plus affectées. En plus des besoins énormes d’investissement pour le développement, il faudra supporter le choc du COVID-19 et pour certains pays africains, continuer à faire face à une lutte sans répit contre le terrorisme. D’après les premières estimations de la Commission économique pour l’Afrique, le continent pourrait perdre au moins 1,4 % de croissance (soit 29 milliards de dollars US) et passerait de 3,2 % à environ 1,8 %. Selon nos propres évaluations, celle du Sénégal chutera de 6,8 % à moins de 3 %. À travers le monde, chaque pays, suivant ses capacités, prend des mesures de soutien à son économie. Différents instruments et mécanismes ont été mis à contribution. À titre d’exemple, l’Union Européenne a suspendu la règle de discipline budgétaire selon laquelle le déficit annuel ne doit pas excéder 3 % du PIB. Les pays africains se mobilisent également face à la crise. Ainsi, le Sénégal a mis en place un Programme de Résilience Économique et Sociale (PRES), d’un coût global de 1000 milliards de FCFA, soit environ 2 milliards de dollars US, en vue de lutter contre la pandémie et soutenir les ménages, les entreprises et la diaspora. Nous avons créé un Fonds de Riposte contre les Effets du COVID-19, FORCE-COVID-19, financé par l’État et des donations volontaires, pour couvrir les dépenses liées à la mise en œuvre du PRES. À situation exceptionnelle, mesures exceptionnelles. La responsabilité première de faire face à la crise nous revient. Nous l’assumons pleinement. Il est tout aussi juste et légitime que nos efforts internes soient soutenus dans le contexte mondial de riposte à la crise. L’Afrique ne doit pas être laissée pour compte dans un combat planétaire contre un péril planétaire. C’est tout le sens de mon appel pour l’annulation de la dette publique africaine et le réaménagement de sa dette privée selon des mécanismes à convenir. Je me réjouis, enfin, de la position africaine commune adoptée à l’issue de la réunion en visioconférence, du bureau du Sommet de l’Union Africaine élargi à l’Éthiopie, au Sénégal et au Rwanda, le 3 avril 2020. Ensemble, restons unis et mobilisés, debout et combatifs face au COVID-19 !Macky SALL, Président de la République du Sénégal

COVID- 19 : l’Afrique subsaharienne va connaitre sa première récession depuis 25 ans (Banque mondiale)

La Banque mondiale (BM) a indiqué,  jeudi 9 avril que  l’Afrique subsaharienne connaîtra  en 2020  sa première récession depuis 25 ans en raison de l’impact de l’épidémie de coronavirus. Dans son rapport Africa’s Pulse publié, jeudi 9 avril, l’institution de Bretton Woods a  souligné que la croissance économique en Afrique subsaharienne chute de 2,4 % en 2019 pour devenir négative et compris entre -2,1 % et -5,1 % en 2020.

En particulier, les pays dépendants d’exportations pétrolières et minières devraient être les plus affectés, a affirmé l’institution multilatérale. Albert Zeufack, économiste en chef pour l’Afrique à la Banque mondiale a déclaré : «en raison de la détérioration de la situation budgétaire et de l’augmentation de la dette publique, les gouvernements de la région n’ont pas beaucoup de marge de manœuvre pour déployer la politique budgétaire pour faire face à la crise du COVID-19».

«L’Afrique seule ne sera pas en mesure de contenir la maladie et ses impacts, il est urgent d’alléger temporairement la dette bilatérale officielle pour aider à combattre la pandémie tout en préservant la stabilité macroéconomique dans la région», rajoute-t-il. L’Afrique subsaharienne a payé un montant total de 35,8 milliards de dollars du service de la dette en 2018, soit 2,1% du produit intérieur brut (PIB) régional. La région pourrait avoir besoin d’une relance économique d’urgence de 100 milliards de dollars (y compris une dispense estimée à 44 milliards de dollars pour les paiements d’intérêts en 2020).

Sur cette base, l’instance exhorte un moratoire sur la dette (injection immédiatement des liquidités), qui devrait élargirait l’espace budgétaire des gouvernements africains. En outre,  la banque mondiale recommande 3  actions immédiates.   Il s’agit de mettre l’accent sur le renforcement des systèmes de santé, des programmes  de protection sociale  et  de maintenir la logistique ouverte pour éviter une crise alimentaire imminente dans la région. Le rapport encourage également les décideurs africains à réfléchir à la stratégie de sortie de COVID-19. “Une fois que les mesures de confinement et d’atténuation seront levées, les politiques économiques devraient être orientées vers le renforcement de la résilience future”, indique le rapport.