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Mort de Fallou Sène : Mary Teuw Niane demande de « laisser la justice faire son travail »

Le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, Mary Teuw Niane, a suggéré jeudi de ‘’laisser la justice faire son travail’’ dans le dossier de l’étudiant Mouhamadou Fallou Sène.

Ce dernier a perdu la vie le 15 mai dernier dans des échauffourées entre forces de l’ordre et les étudiants de l’Université Gaston Berger de Saint-Louis (UGB) qui manifestaient contre le retard de paiement de leurs bourses.

La Coordination des étudiants de Saint-Louis (CESL) a reconduit récemment son mot d’ordre de « grève illimitée jusqu’à nouvel ordre », pour notamment réclamer justice après la mort de leur camarade.

La CESL exige le départ des ministres Mary Teuw Niane (Enseignement supérieur, Recherche et l’Innovation), Amadou Bâ (Economie, Finances et Plan) et Aly Ngouille Ndiaye (Intérieur).

 » (…) le judiciaire fonctionne, il a son rythme, laissons lui faire son travail. (…). Depuis que le président Macky Sall est là, à chaque fois qu’il y a eu un problème de meurtre ou de décès, il a pris les dispositions et la justice a fait son travail », a-t-il dit, dans un entretien avec Radio Sénégal (publique).

M. Niane a demandé « à faire confiance à la justice de notre pays », réitérant ses condoléances aux parents de Mouhamadou Fallou Sène et à l’ensemble de la famille universitaire.

Evoquant notamment les procédures administratives, le ministre a rappelé que le chef de l’Etat a pris la décision de diligenter l’Inspection générale d’Etat (IGE) pour plancher sur le retard de paiement des bourses des étudiants.

Selon lui, l’IGE a « fait son travail », en demandant de laisser cette juridiction « soumettre son rapport à qui de droit. Et c’est à qui de droit de dire ce qui est dedans et de tirer ses conclusions ».

Le président Sall, suite à ce drame, a d’abord reçu en audience les étudiants de Saint-Louis, puis ceux de Dakar, avant d’annoncer des mesures sociales en faveur de la communauté universitaire.

Il s’agit de l’augmentation du montant des bourses et des aides sociales, et de la baisse du prix des tickets-repas. Le prix du petit déjeuner a été ramené à cinquante francs CFA contre 75 francs auparavant, et ceux du déjeuner et du dîner à 100 francs CFA au lieu de 150 francs CFA.

Les bourses passent à 20 mille, 40 mille et 65 mille francs CFA contre, respectivement, 18 mille (demi-bourse), 36 mille (entière) et 60 mille (3e cycle). Ces mesures sont prises pour apaiser le climat social dans les universités suite à la mort de l’étudiant Fallou Sène dans des affrontements avec les forces de l’ordre à l’UGB, le 15 mai dernier.

Pattar : les condoléances de la gendarmerie à la famille de Fallou Sène

Le général Meissa Niang, Haut commandant de la gendarmerie nationale, a présenté jeudi au nom de ses troupes ses condoléances à la famille de Mouhamadou Fallou Sène, un étudiant d’une vingtaine d’années tué lors d’échauffourées avec des forces de l’ordre survenues le 15 mai dernier dans le campus social de l’Université Gaston Berger de Saint-Louis (UGB), a constaté l’APS.

Le général Niang, également Directeur de la justice militaire s’est notamment rendu à Pattar, village natal du défunt, dans la région de Diourbel (centre), où il a présenté les ’’condoléances de la gendarmerie’’ à la famille du défunt étudiant.

Le Haut commandant de la gendarmerie, qui a dit s’être déplacé en tant que musulman pour « réconforter » la famille de la victime, a « déploré » cette perte en vie humaine dans des « conditions regrettables ».

Mouhamadou Fallou Sène a été mortellement atteint par balle lors d’affrontements avec des hommes en bleu intervenus dans le campus pour empêcher l’accès gratuit des étudiants aux restaurants de l’Université de Saint-Louis.

Les étudiants étaient alors restés deux semaines sans percevoir leurs bourses scolaires et allocations d’études.

Résultats de l’enquête sur la mort de Fallou Sène, aujourd’hui : Le Procureur assis sur des braises !

Résultats de l’enquête sur la mort de Fallou Sène, aujourd’hui : Le Procureur assis sur des braises !
Nous avons pris le Procureur Ibrahima Ndoye au mot. Il annoncé la semaine dernière la fin de l’enquête en fin de semaine, c’est-à-dire dimanche. Comme lundi est férié chez nous, tout le monde attend les résultats de l’enquête menée par les forces de l’ordre sous sa responsabilité.

La promptitude de la réaction du maître des poursuites est à saluer, mais elle a l’inconvénient, pour lui, d’impliquer une obligation de résultat dans un délai qu’il s’est fixé. L’obligation de résultat, c’est que les populations et surtout les parents de la victime et les étudiants ne comprendraient pas que le ou les coupables ne soient pas désignés.

Il sera important de communiquer sur les circonstances exactes dans lesquelles la mort de l’étudiant est survenue afin de déterminer, si oui ou non, il y a eu légitime défense comme certains se sont empressés de le dire ou usage excessif du pouvoir de coercition de la Gendarmerie. En clair, on devra savoir qui a tiré et pourquoi ?

Sur  le délai, le maître des poursuites se l’est fixé lui-même. En conséquence, il devra s’y conformer. Eh bien, tant pis s’il reste encore des zones d’ombre. Nous pensons que le Procureur  ou quelqu’un qu’il aura désigné, a l’obligation de se prononcer encore une fois, et publiquement, sur l’enquête dont l’obligation justement est de désigner des coupables et de procéder à leur arrestation après que les preuves les concernant ont été collectées.

S’il le fait avec célérité, ce sera tout à son honneur. La vérité sera enfin connue et cela pourra aider à décanter une situation dont les conséquences sur le plan pédagogique sont déjà préoccupantes.

S’il ne le fait pas, il aura contribué à jeter de l’huile sur le feu. On parlera, encore, de promesses non-tenues, de volonté de dissimuler la vérité et surtout de protéger le ou les coupables dans un contexte où nombre de sénégalais indexent l’impunité qui règne s’agissant des bavures policières. En faisant la promesse de boucler l’enquête la fin de cette semaine, le Procureur se retrouve astreint à une obligation de communiquer sur celle-ci.

Et il n’a rien d’extraordinaire à cela. Car, nul n’est au-dessus de la loi. Ni les citoyens, ni ceux qui sont chargés de sa protection. Bien sûr, les forces de défense et de sécurité ont, parfois, une tâche ingrate. Obligées d’intervenir, elles se retrouvent, souvent, dans le collimateur de la Justice. Ce vieux débat, d’ordre doctrinal, sur les conditions d’exercice de la force publique de coercition de l’Etat par les forces habilitées à cet effet, n’est manifestement pas tranché au Sénégal.

La condamnation du policier Sidy Mohamed Bougaleb pour la mort de Bassirou Faye en 2014 a été une première. Car, en 2001, aucun coupable n’a été désigné pour le meurtre de Balla Gaye.Et c’est justement le règne de l’impunité en la matière qui doit être bannie.

Malheureusement pour le Procureur, il doit aussi chercher des coupables du côté des étudiants. Les 18 éléments des forces de l’ordre blessés, les bâtiments et autres édifices publics saccagés ne peuvent pas être ignorés. Les coupables pourraient, aussi, être arrêtés et traduits en justice.

Cependant, dans un contexte de tension grave au sein de nos universités publiques, la mise en cause d’étudiants pourrait être très mal perçue et envenimer la situation.

Pourtant, les gendarmes ne peuvent pas comprendre devoir être les seuls à payer. C’est dire qu’il faudrait que l’enquête soit menée des deux côtés pour situer les responsabilités et punir les coupables.

C’est pourquoi, le Procureur est assis sur des braises. Il a déjà promis, il devra aller jusqu’au bout en incriminant ses propres éléments et en touchant à des étudiants qui vont prendre son attitude comme une provocation.

C’est là où justement sa hiérarchie pourrait intervenir. Si le Ministère de la Justice et la Présidence redoutent comme nous le pensons les répercussions sociales et politiques d’une enquête rigoureusement menée, alors elles peuvent ordonner à Ndoye à revoir sa copie.

Tout pour dire que cette enquête est d’une sensibilité extrême et que la tâche sera loin d’être aisée pour le Procureur Ibrahima Ndoye.

Rewmi Quotidien

Il pardonne au meurtrier de son fils Fallou Sène

C’est un vieil homme visiblement abattu que nous avons rencontré ce dimanche à Patar…abattu mais habité par une longanimité énorme. Entouré de toute sa famille et des habitants de la localité, Serigne Cheikh Abdoulaye Sène reconnaît que Mouhamed Fallou était un garçon sur qui il fondait le plus grand espoir de sa vie. C’est dit-il, cet espoir qui a été tué.

 »Sa mère aussi portait beaucoup d’espoir sur lui. Il pouvait devenir Président de la République de ce pays. Il en avait l’ambition et le courage. Durant toutes ses études, jamais il n’a doublé une classe. Son cursus scolaire était irréprochable jusque-là  » dit-il, les yeux hagards comme s’il pensait à ce futur incertain subitement devenu impossible.

Parfois interrompu par son jeune frère, le malheureux père de famille poursuivra son discours comme s’il tenait véritablement à laisser un message particulier. Et là, il s’adresse à celui qui a tiré sur son Fallou.  » Même s’il l’avait fait exprès en tirant sur mon fils, et je ne crois pas qu’il l’ait fait exprès, je ne saurais lui en tenir rigueur. Il a certes ôté la vie à mon fils, mais je ne lui souhaite rien de mal. En fait, je pense que même lui aussi est une victime. Retenons juste ceci : c’est Dieu qui me l’avait donné. C’est Lui qui me l’a repris. C’est à Lui qu’il appartenait et non à moi…  »

Aux visiteurs venus des quatre coins du Sénégal pour compatir avec lui, Serigne Abdoulaye Sène adressera un message de gratitude. À ceux qui viennent lui promettre que le Président Macky Sall fera un geste, il répondra ceci :  » Même si les gens souhaitent que le Président nous soutiennent de quelque manière que ce soit, il ne le pourra pas à moins que Dieu ne le veuille. C’est Dieu qui décide de tout et c’est cela ma philosophie la plus constante.  »

Mort de Fallou Sène : Ibrahima Ndoye, a bouclé son enquête

Le Procureur près le tribunal de Saint-Louis, Ibrahima Ndoye, a clôturé son enquête sur la mort de Fallou Sène, tué mardi dernier lors d’affrontements entre pensionnaires de l’Ugb et forces de sécurité. Selon la Rfm, le maître des poursuites va rencontrer ce week-end le procureur de Dakar pour lui transmettre le dossier. Ensuite, informe la même source, l’affaire sera confiée au tribunal militaire de Dakar où seront jugés les présumés meurtriers de l’étudiant Fallou Sène. La Rfm ajoute que la brigade territoriale de Saint-Louis poursuit son enquête sur les saccages de locaux du Rectorat et des restaurants universitaires

Le Pit appelle le gouvernement à éviter le recours disproportionné à la violence

Le gouvernement est appelé à ‘’se prémunir de tous les instruments permettant d’éviter de tomber dans le recours disproportionné à la violence’’, estime le Parti de l’indépendance et du travail (PIT), évoquant les incidents ayant entraîné mardi la mort de l’étudiant Fallou Sène dans des affrontements entre gendarmes et pensionnaires de l’Université Gaston Berger (UGB) de Saint-Louis.

‘’L’université doit demeurer un lieu de vie, un espace de culture exempté de ce vandalisme ravageur ayant de plus en plus tendance à s’imposer dans ces lieux où c’est l’esprit qui devrait plutôt briller de mille feux’’, réagit le PIT dans un communiqué signé du secrétariat de son comité central.

‘’Pour qu’il en soit ainsi, il ne suffira pas seulement que le gouvernement s’attelle à payer les bourses à bonne date. Le gouvernement devra aussi se prémunir de tous les instruments permettant d’éviter de tomber dans le recours disproportionné à la violence’’, lequel recours ‘’pouvant éventuellement conduire à faire usage de moyens extrêmes contre des étudiants eux-mêmes transformés en forces destructrices’’, souligne le PIT.

Mouhamadou Fallou Sène, 26 ans, marié et père d’un enfant, a trouvé la mort mardi dans des échauffourées entre forces de l’ordre et pensionnaires de l’UGB qui manifestaient pour le versement de leurs bourses et de meilleures conditions d’études. Il a été inhumé jeudi à Touba.

Dans son communiqué, le Secrétariat du PIT a fait part de sa ‘’consternation’’, relativement au ‘’déferlement de violence qui s’est abattu sur l’université Gaston Berger avec comme pic la mort de l’étudiant Mouhamadou Fallou SENE’’.

Le PIT a ainsi présenté ‘’ses condoléances attristées à la famille du disparu, à ses camarades de St- Louis, à la communauté universitaire, bref à tout le peuple sénégalais’’.

‘’Aux nombreux gendarmes et étudiants blessés, le PIT souhaite un prompt rétablissement’’, avant d’ajouter que ‘’la saisine du procureur devrait apporter toute la lumière sur les tenants et aboutissants de cette effroyable tragédie pour que toutes les mesures idoines soient prises afin que plus jamais de tels événements ne puissent avoir lieu au sein de nos universités’’.

Thierno Madany sur la mort de Fallou Sène : L’État doit respecter le droit des citoyens



Suite à la mort de Fallou Sène, le Khalife général de Oumar Foutiyouh Tall, Thierno Madany Tall s’est prononcé ce vendredi 18 mai 2018 sur le problème des étudiants. Selon lui, la revendication des étudiants est basique parce qu’ils demandent à manger et à boire.

« L’État doit prendre ses responsabilités pour satisfaire ses besoins primaires. Il faut qu’on veille à ce que cela ne se reproduise plus. Sinon, cela risque de créer des tensions inutiles. De toutes les façons, les étudiants ne vont pas se laisser faire si l’État ne fait rien. Manifester c’est bien, mais il faut le faire de manière pacifique. Toute personne doit faire attention à la violence. La violence sous toutes ses formes doit être prohibée. On ne doit en recourir qu’en dernier ressort. Elle vient de partout du côté des gouvernants, des gouvernés, des commerçants, des marabouts alors que la paix doit venir de ces gens-là. Le monde ne sera pas détruit par les hommes violents mais par ceux qui se laissent faire. Donc, la paix doit être préservée pour avoir une société civilisée », conseille le Khalife de la famille omarienne.

« La mort de Mouhamadou Fallou Sène ne doit pas rester impunie comme les autres qui l’ont précédée »

Au regard des circonstances tragiques de la mort du regretté Mouhamadou Fallou SENE, le recueillement s’imposait pour s’associer au deuil qui frappe la famille de cet étudiant, victime de la violence d’Etat systématiquement retournée contre des citoyens chaque fois qu’ils exercent leurs droits garantis par la Constitution. En effet, il existe un lien évident entre ce drame et la furie répressive du régime finissant de Macky SALL qui, dans un réflexe de survie, développe de nouveau des pulsions meurtrières.

La mort de Mouhamadou Fallou SENE ne doit pas rester impunie comme les autres qui l’ont précédée. Au-delà de notre consternation et des condamnations, il faut exiger non seulement la démission du Ministre de l’Enseignement supérieur parce qu’il est la cause profonde du mal vivre généralisé dans nos universités mais aussi celle du Recteur et du Directeur du CROUS de l’Université Gaston Berger de Saint-Louis qui ont autorisé l’intervention des forces de l’ordre en violation des franchises universitaires. Par ailleurs, l’enquête ouverte par le Procureur de la République de Saint-Louis doit présenter des garanties d’indépendance pour s’assurer que cette fois ci le ou les auteurs de cette tragédie et les donneurs d’ordre seront identifiés et sévèrement punis par la justice.

Dakar, le 18 mai 2018
Moussa TAYE
Conseiller politique de Khalifa Ababacar SALL

Mort de Fallou Séne : Le présumé tireur identifié

MORT DE FALLOU SÈNE : Le présumé tireur identifié
Selon Libération, le tireur présumé a été identifié dans le cadre de l’enquête sur la mort de l’étudiant Fallou Sène. Seulement, il faut préciser que ce dernier n’a pas cherché à brouiller les pistes puisqu’il a admis, dès les premières heures de l’enquête, avoir usé de son arme parce qu’ils étaient pris à partie par des étudiants prêts à en découdre.
C’est dire que du moment qu’un homme de tenue, à savoir un gendarme, est mis en cause, le dossier va quitter le parquet de Saint-louis pour celui de Dakar qui va piloter l’information judiciaire.

Étudiant tué : Le Forum du Justiciable dépose une plainte à l’Onu

L’affaire Fallou Sène, tué par balle lors de manifestations à l’Université Gaston Berger de Saint-Louis, risque de se retrouver devant les juridictions internationales. En dépit de l’enquête judiciaire en cours, le Forum du justiciable ne compte pas en là. Boubacar Ba informe que sa structure compte déposer une plainte au niveau de la cour de justice de la Cedeao et des Nations Unies. Ceci « pour l’utilisation démesurée et irrégulière des armes à feu contre des citoyens sénégalais « , indique un document diffusé dans la presse.

L’enquête sur la mort de Fallou Sène bouclée dimanche, selon le procureur

Le procureur de la République près le Tribunal de grande instance de Saint-Louis, Ibrahima Ndoye, a assuré mercredi que l’enquête ouverte sur la mort de l’étudiant Fallou Sène, suite à des échauffourées avec des gendarmes, sera bouclé dimanche.

S’exprimant lors d’un point de presse destiné à faire le point sur cette affaire de laquelle le parquet de Saint-Louis s’est auto-saisi, le procureur Ndoye a lancé un appel à « la sérénité », assurant que « tous les moyens seront mis en œuvre, pour une véritable qualification des faits, qui aboutira à une suite judiciaire légale, appropriée, afin que justice soit bien rendue, pour restaurer la crédibilité de la justice ».

Il est revenu sur « les périphéries » ayant entrainé la mort de Mouhamadou Fallou Sène, 26 ans, marié et père d’un enfant, dans des échauffourées entre forces de l’ordre et pensionnaires de l’UGB qui manifestaient pour le versement de leurs bourses et de meilleures conditions d’études.

L’intervention des gendarmes fait suite à une réquisition du recteur dont la volonté était de ramener le calme. Il s’en était suivi des échauffourées ayant entraîné la mort de l’étudiant en question et occasionné 21 blessés.

Le commandant de la Brigade de gendarmerie territoriale de Saint-Louis a été chargé de l’enquête dont les premiers éléments indiquent que « la victime a succombé suite à ses blessures, une plaie sous le bassin causée par une arme à feu », selon le certificat de genre de mort délivré par le médecin légiste de l’hôpital régional de Saint-Louis.

Ibrahima Ndoye a également signalé qu’un médecin légiste de Dakar a été également saisi pour procéder à l’autopsie dont les résultats révèlent une « lésion viscérale, avec hémorragie abondante, causée par une arme à feu ».

Selon le procureur, il s’agit d’un « drame national qui n’honore le pays », mais « la justice fera son travail en toute sérénité et impartialité et toutes parties impliquées feront l’objet d’une audition afin d’élucider l’implication des uns et uns et des autres dans cette affaire » ayant occasionné mort d’homme et saccages

Il a toutefois apporté des précisions sur la compétence du parquet de Saint-Louis qui s’est auto-saisi de cette affaire, soulignant que si l’enquête met en cause la gendarmerie, le Tribunal de grande instance de Saint-Louis n’a pas compétence à engager des poursuites.

Dans ce cas, une fois l’enquête bouclée, « le dossier sera transféré au procureur de la République près le Tribunal hors classe de Dakar », qui va à son tour saisir le Tribunal militaire, seul habilité à juger les gendarmes, militaires et sapeurs-pompiers.

La dépouille de Fallou Sène envoyée à Diourbel



Initialement prévue à l’hôpital Aristide Le Dantec, la levée du corps de Mouhamadou Fallou Sène n’a pas eu finalement lieu.

Une partie de la famille et quelques amis de l’étudiant tué à l’Université Gaston Berger (Ugb) hier mardi 15 mai 2018, ont fait le pied de grue ce mercredi matin devant la morgue de l’hôpital Aristide Le Dantec avec l’espoir de recevoir le corps de la victime pour l’inhumation à Touba. Ils seront déçus puisque la directrice de l’hôpital leur fera savoir que le corps est à Diourbel sur instruction du ministre de l’Intérieur.

Une information qui met en colère la famille. Ibrahima Seck, l’un des proches du défunt, repris par la Rfm, dénonce : « C’est trop élémentaire. On nous a téléphoné hier pour nous apprendre que Serigne Fallou est décédé, qu’il est à la morgue de l’hôpital Le Dantec pour une autopsie. Ils ont avisé les parents. Nous sommes venus jusqu’ici. Pourquoi le ministre de l’Intérieur (Aly Ngouille Ndiaye) ne leur a pas donné rendez-vous au niveau de la morgue de l’hôpital de Diourbel. On n’aurait pas fait tout ce trajet. »

Ceci dit, il exige un certificat de genre de mort et le résultat de l’autopsie avant l’enterrement de Mouhamadou Fallou Sène.

Babacar Mbaye, étudiant à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Ucad) ne cache pas sa déception : « C’est très regrettable. On a tué un étudiant. Les choses ne sont pas encore élucidées et on nous dit que le corps a été acheminé à Diourbel. »

Le Cusems sur la mort de Fallou Sène

« Le directoire national du CUSEMS a appris avec consternation, ce Mardi 15 Mai 2017, la disparition tragique de l’étudiant Fallou Sene, suite à la répression brutale d’une manifestation d’étudiants dont le seul tort aura été d’exiger des autorités de la république, le paiement de leurs bourses.
Le CUSEMS s’incline pieusement devant la mémoire de la victime et exprime sa sympathie et sa solidarité à sa famille et à toute la communauté éducative de l’Université Gaston Berger de Saint-Louis en particulier et au-delà à celle du Sénégal en général », peut-on lire dans le communiqué.

Toutefois, le CUSEMS, considérant que ce drame, « loin de procéder d’un incident comme on veut le faire croire à l’opinion, vient couronner une série d’agressions contre les acteurs les plus vulnérables du système éducatif dont l’Etat devait assurer particulièrement la sécurité ».

Non sans citer le cas de Ziguinchor, le 12 avril 2018, où « une marche pacifique d’enseignants, autorisée puis interdite avant d’être « ré-autorisée » a été violemment réprimée sur ordre d’autorités administratives zélées. Depuis peu donc, on assiste à un déchaînement de violence gratuite contre d’honnêtes citoyens qui, excédés par le non-respect de la parole donnée par l’autorité, expriment un droit consacré par la Constitution », regrettent les syndicalistes.

A cet effet, le CUSEMS condamne « avec la dernière énergie, toutes ces dérives et particulièrement, cette dernière », tout en dénonçant « fermement l’irresponsabilité manifeste des autorités administratives et policières pour qui, apparemment, la sécurité des citoyens qu’ils doivent assurer, est une vaine expression ».

Le CUSEMS exige par ailleurs, que la lumière soit faite sur cette bavure, « dans les plus brefs délais » afin que tous les auteurs de cette « forfaiture » soient sanctionnés. Ce, « quel que soit leur niveau de responsabilité, à la hauteur de leurs fautes ».

Le CUSEMS de préciser « que la stratégie qui consiste à sécréter la peur et à régner par la terreur, ne saurait prospérer dans une république comme la nôtre ». Aussi, invite-t-il les autorités à un strict respect des droits des citoyens pour garantir la stabilité sociale sans laquelle, « point d’émergence possible ! »

Mort de l’étudiant Fallou Séne : La réaction du gouvernement

Aujourd’hui, l’Université Gaston Berger (UGB) de Saint-Louis a été le théâtre d’incidents ayant opposé les étudiants aux forces de sécurité. Ces incidents ont pour cause la mise en place de nouvelles procédures de gestion électronique, sur l’étendue du territoire national, des bourses d’études allouées aux étudiants sénégalais.

En effet, dans un souci de modernisation de son système de paiement, la banque partenaire de l’Etat a mis en place depuis le début de l’année 2018, une nouvelle plateforme numérique. A ce jour, plusieurs centaines d’étudiants n’ont pu disposer des cartes bancaires requises pour percevoir  leurs bourses, sur une population totale de près de quatorze mille inscrits à l’UGB.

Pour rappel, le Gouverneur de la Région de Saint-Louis a déjà rencontré la Coordination des Étudiants  de l’UGB, le vendredi 27 avril 2018, en présence du Directeur du CROUS, notamment sur la question de l’indisponibilité desdites cartes, en vue de trouver les solutions idoines, en relation avec la banque partenaire.

Les incidents du jour ont malheureusement occasionné le décès d’un manifestant, Monsieur Mohamed Fallou Sène, étudiant en 2ème année de Lettres modernes. En outre, une vingtaine de blessés a été dénombrée dont dix-huit du côté des forces de sécurité, tous évacués à l’hôpital régional de Saint-Louis pour leur prise en charge médicale.

En cette douloureuse circonstance, le Chef de l’Etat et le gouvernement présentent leurs condoléances émues à la famille du défunt et souhaitent un prompt rétablissement aux blessés.

Le Chef de l’Etat a déjà instruit le Gouvernement de faire toute la lumière et de situer les responsabilités. Immédiatement, le Procureur de la République a diligenté l’ouverture d’une information judiciaire à cette fin. Une autopsie est actuellement en cours.

Le Gouvernement réaffirme son souci quotidien d’apporter les solutions les meilleures aux attentes des citoyens, celles des étudiants en particulier, et appelle l’ensemble des acteurs à privilégier les voies pacifiques dans leurs relations avec l’administration publique.

Fait à Dakar, le 15 mai 2018
Le Secrétaire général du Gouvernement, Porte-parole

Mort de l’étudiant Fallou Séne : les universités du Sénégal en ébullition

 

Après la mort de l’étudiant en deuxième année  Fallou Séne à Saint Louis, les nétudiants de Dakar et Ziguinchor sont dans la rue.Ils manifestent leur colère suite à la mort de leur camarade tué par balle lors des manifestations qui ont opposé les gendarmes et les étudiants de l’université de Saint Louis.

Pour rappel, les étudiants de Gaston Berger sont sortis ce matin pour réclamer leurs bourses.

Nous y reviendrons.

Mort de l’étudiant Fallou sous les balles des gendarmes : Sonko réagit

Le leader de Pasteef Ousmane Sonko a réagi à l’annonce de la mort de Fallou Sène tombé sous les balles des gendarmes au cours d’affrontements à l’université Gaston Barger de Saint Louis. Il s’est prononcé à travers sa page facebook

En 1983, J’ai étudié dans un abri provisoire en crintin, à Ziguinchor. En 2018, 36 ans après, il y’a encore plus de 6000 abris provisoires au Sénégal.

En 1997, étudiant en année de licence à l’université Gaston Berger de Saint Louis, j’ai assisté à une confrontation entre étudiants réclamant entre autres le paiement de leurs bourses, et gendarmes; il y eut des blessés graves dont deux furent évacués en France.

En 2018, les mêmes causes produisent, entre les mêmes acteurs et sur le même cadre, des effets plus dramatiques: mort d’un jeune à la fleur de l’âge et espoir d’une famille et d’une nation.

On ne gouverne pas un pays dans la démagogie, la roublardise, l’erreur sur les priorités et la violence d’État.
Dans le concert des nations, tout pays qui n’avance pas recule.

Paix à l’âme de Fallou Sène et nos condoléances attristées et sincères à sa famille éplorée.