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Reprise de Yavuz Selim : La Fondation Maarif donne des assurances

La Fondation Maarif va assuer une formation de qualité (responsable)
Le responsable des affaires juridiques de la fondation Maarif de Turquie, Mahmut Mustafa Özdil, a assuré, jeudi à Dakar, que toutes les conditions sont réunies pour offrir une gamme de formation du préscolaire à l’enseignement supérieur au Sénégal.

« Les conditions sont donc réunies pour que nous puissions offrir toute notre gamme de formation qui s’étend du préscolaire à l’enseignement supérieur », a-t-il déclaré lors d’un point de presse.

La fondation qui a repris les écoles Yavuz Sélim veut offrir un modèle pédagogique qui « puisse prendre en compte les besoins de tous les acteurs en transformant les différences en richesse », a t-il dit.
« Nos, élèves, parents et enseignants peuvent être sûrs que toutes les mesures nécessaires seront adoptées afin de ne pas porter préjudice à leurs droits », a-t-il souligné.
Le responsable des affaires juridiques de Maarif a laissé entendre que la fondation dispensera un enseignement de qualité qui « s’efforcera de répondre au mieux aux attentes de tous les acteurs et participants de la vie éducative ».
« Notre priorité est de fournir des prestations de qualité (…) », a – t-il fait valoir.
Selon M. Özdil, il ne s’agira pas de changer le système déjà existant dans les écoles, mais plutôt de le « renforcer » en instaurant d’autres modèles scientifiques.
« La laïcité dans les écoles ne sera pas du tout remise en cause », a-t-il poursuivi avant d’ajouter que la gestion des écoles sera transmise à la fondation en vue d’augmenter la qualité de l’éducation au Sénégal.
M. Özdil a annoncé que les activités de la fondation Maarif pourraient démarrer en septembre prochain.
« La structure des écoles sera la même. C’est seulement la gestion et l’administration qui vont changer », a pour sa part déclaré l’ambassadrice de Turquie au Sénégal, Nilgen Erdem Ari.
Elle a ajouté que la fondation étendra ses activités par la création de centres de formation professionnelle et des universités.
« La fondation ne va pas se baser seulement à gérer des écoles privées ici. Il va y avoir beaucoup plus d’ouverture sur d’autres possibilités », a-t-elle expliqué.
D’après la diplomate turque, « l’importance pour cette fondation est de faire plus et mieux que ce qui a été fait dans les années précédentes avec sa coordination et des ministères de l’éducation nationale des deux pays ».
La fondation Maarif de Turquie a été créée en juin 2016.

Reprise des établissements Yavuz Sélim : Maarif, les faits et chiffres du désastre

REPRISE DES ÉTABLISSEMENTS YAVUZ SÉLIM : Maarif, les faits et chiffres du désastre

Selon les informations de Libération, en Somalie par exemple, les deux établissements placés sous tutelle de Maarif après les menaces de la Turquie ont connu une chute remarquable de leurs effectifs.
De deux écoles qui comptaient 120 élèves, on est passé d’une école avec 20 élèves car tous les parents ont tourné le dos à l’établissement.
En Guinée Conakry, c’est la même remarque qui a été faite après la reprise des 15 établissements par Maarif. ‘’Les Citadelles’’ qui étaient réputés être des établissements de référence n’ont presque plus d’élèves et on se dirige tout simplement vers leurs fermetures.
C’est à cause de ce désastre que des pays comme l’Afrique du Sud ou le Nigéria ont refusé de se soumettre à la volonté vengeresse d’Erdogan lorsqu’il a demandé de placer les établissements Gülen sous contrôle de Maarif.
A vrai dire cette « Fondation » se révèle plus être un outil de propagande idéologique mis en place par Ankara. Le professeur Aysel Çelikel, présidente de l’Association pour le soutien de la vie contemporaine, a d’ailleurs tiré la sonnette d’alarme dans un article très détaillé publié sur Cumhuriyet.

Les chiffres du désastre

Elle écrit : « en ce qui concerne la Loi de la Fondation de l’Education, exerçant dans un domaine qui prépare les nouvelles générations et l’avenir du pays, il est plus qu’urgent de freiner un mouvement de main mise idéologique sur l’éducation, qui prétend agir dans le sens inverse.

Il n’est pas possible de comprendre la nécessité d’une fondation qui possède les mêmes autorités que le Ministère de l’Education nationale dont les administrateurs seront affectés par le pouvoir politique et qui bénéficiera largement des sources de l’Etat.
Tous les domaines concernés par les devoirs et autorités du ministère sont également mis à la portée de la fondation.
La création d’une nouvelle organisation avec de tels privilèges, appuyée par des lois est d’autant plus inquiétante, car d’ores et déjà des institutions d’éducation de tous les niveaux scolaires et éducatifs, et de nombreuses associations et fondations religieuses font déjà des efforts afin de former des générations bigotes et haineuses. »

Maarif un dangereux appareil de propagande idéologique

Selon le professeur : « ’’Maarif Vakfı” a donc le droit d’ouvrir, acheter, prendre la gestion des écoles, foyers et installations similaires de tous les niveaux, préscolaire au supérieur, en Turquie et dans d’autres pays, dans lesquels si un école de la fondation existe, d’autres organismes ne pourront pas en ouvrir. Elle peut donc produire et améliorer les programmes de l’éducation, créer ?

Des méthodes d’apprentissage. Elle peut donner des bourses et soutiens aux élèves. Elle peut aussi former les cadres enseignants et conseils.
Aussi, il n’est pas possible d’expliquer avec raison, les motivations qui conduisent à ouvrir une nouvelle institution d’éducation à l’égal du Ministère d’Education existant, donnant à une entité juridique des pouvoirs exceptionnels, et non soumise au contrôle de l’Etat, ni administrativement ni financière- ment, mais qui dépend directement du pouvoir politique.
Cette autorité aura pouvoir d’ouvrir des organismes scolaires et d’agir dans tous les domaines liés à l’éducation, y compris la formation des enseignants qui seront en fonction dans ces institutions. »
« Cette Fondation, qui utilisera pourtant les autorités et les moyens de l’Etat, sera dirigée par la main du pouvoir, mais par l’intermédiaire d’organismes hors contrôle de l’Etat. Le Conseil d’Administration sera composé de 7 membres permanents affectés par le Conseil des ministres, 5 membres de YÖK (Conseil de l’Education Supérieure).
Les administrateurs qui peuvent garder leur place jusqu’à 72 ans, peuvent intervenir sur le statut de la fondation, prendre des décisions sur la qualité et la nature de l’éducation. Ces membres, élisent également les membres du Conseil exécutif, les démettent de leur fonction, et sont autorisés dans tous les domaines, jusqu’à définir les salaires, allocations et indemnités » révèle l’article.

Des financements occultes sans contrôle

Qui note : « un budget d’1 million de Livres turques (environ 300 mille €) sera versé à la fondation, depuis le budget de l’Education Nationale. Par ailleurs, les sommes qui seront transférées sur décision de Conseil des ministres, depuis le budget général et des institutions publiques liées, figureront dans les “dons”.

Aucune administration étatique, y compris le Ministère des finances, et la Cour des comptes n’auront autorité de contrôle sur l’utilisation des sources financières de la fondation. Ainsi, sous le prétexte “d’éradiquer” les “infiltrations de la secte Gülen” au sein de l’appareil d’état, le pouvoir AKP, sans souci de la constitution turque, construit-il ses propres structures éducatives, qui prendraient le pas sur le ministère de l’Education existant.
C’est du moins la seule explication plausible qu’on puisse donner de cette nouvelle loi, qui s’articule si bien avec la montée en force d’un système éducatif totalement bigot et idéologisé.
On peut s’étonner du fait que la protestation des politiques qui se disent encore “républicains” soit si faible, alors que ces mesures sont dans la droite ligne d’une concentration des pouvoirs entre les mains du Président et de son parti, jusqu’à prétendre former la conscience et les cerveaux des générations futures. Et on sait pourtant avec quelle idéologie ! »

Nouveau gestionnaire des écoles Yavuz Sellim : « Maarif » sans fondation

Nouveau gestionnaire des écoles Yavuz Sellim : "Maarif" sans fondation

Sans expertise dans le domaine de l’éducation, elle a coulé plusieurs écoles notamment au Pakistan. Erdogan veut reconduire le même procédé au Sénégal pour assouvir sa vengeance à l’encontre de celui qui est considéré comme l’instigateur d’un coup d’Etat contre son régime.
Sans le savoir ou de façon consciente, le gouvernement parraine la fermeture des établissements « Yavuz Sellim ». En interrogeant les autres pays, l’Etat se rendra compte que « Maarif » est une fondation factice dont l’objectif final est démanteler les écoles « gulenistes ». Elle est un organisme qui gère l’agenda politique et diplomatique du Président Turc.
Fondée en mai 2016, « Maarif » n’a pas une expertise dans le domaine de l’éducation ainsi que la gestion des établissements scolaires. Mieux, ses employés sont des activistes à la solde du régime de Recep Tayip Erdogan. « Maarif » est financé par le gouvernement turc et certaines fondations de pays du Golfe.

Au Pakistan, le Président Erdogan a réssi à fermer des écoles sur place à travers cette manoeuvre de changement de gestionnaire des écoles « Yavuz Selim » qu’il veut reproduire au Sénégal. Cela s’est déjà fait en Guinée.

La reprise forcée de la gestion a provoqué la fermeture de 5 écoles appartenant au prédicateur, plongeant dans le désarroi 1000 élèves, 150 personnels enseignants et administratifs ainsi que 17 familles turques.

Source le quotidien