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« Prodac, un festin de 36 milliards » : Un brûlot de Birahime Seck

Un livre qui vient à son heure ? Rien que le titre renseigne sur le timing de la parution : « LETTRE AU PEUPLE, Prodac Un festin de 36 milliards ». Nous sommes le samedi 02 février 2019, un jour pile avant le démarrage de la campagne présidentielle.

Comme pour informer les Sénégalais du type de dirigeants auxquels ils ont eu affaire durant le septennat de Macky Sall, le Coordonnateur du Forum Civil, Birahime Seck revient sur l’une des plus grosses affaires qui a éclaboussé le régime sortant.

Le dossier Prodac, qui a provoqué la démission du ministre du Tourisme, Mame Mbaye Niang, le temps d’un week-end, pour, disait-il à l’epoque : « permettre à la justice de faire son travail ».

Pour rappel, Mame Mbaye Niang a été épinglé par une enquête diligentée par l’Inspection Générale des Finances, en tant que ministre de la Jeunesse, pilote dudit projet. Il a été accusé d’un détournement de plus de 29 milliards Fcfa.
Dans son livre Birahime Seck évoque un nouveau chiffre, 36 milliards et parle de « festin » sur le titre de l’oeuvre qui vient de paraître. Pas sûr que le camp du pouvoir apprécie…

Birahim Seck à Mame Mbaye Niang : Non M. le Ministre, non…

1. Non Monsieur le Ministre, la DCMP avait rejeté l’Exclusivité. Elle est intervenue bien après l’autorisation illégale et injustifiée de l’ARMP.

2. Non Monsieur le Ministre, le gré à gré existe bel et bien. L’aveu est retentissant en parlant du BREVET détenu par Green 2000.

3. Non, Il ne faut surtout pas nous tourner vers un débat sur le détournement de deniers publics. L’escroquerie, le trafic d’influence permettent aussi de s’enrichir.

4. L’Etat doit nous dire dans quelle condition Locafrique est devenue son bailleur.

5. Encore une fois, le Procureur a l’obligation de s’autosaisir.

Affaire Prodac : Mef, Mejcc, Armp, Locafrique, Green 2000 et les coordonnateurs de Prodac, tous responsables

Depuis plus de cinq ans, nous n’avons pas cessé d’alerter le peuple sénégalais sur les dangers des réformes introduites dans le code des marchés publics sénégalais ainsi que le laxisme qui entoure la contractualisation de certains projets exécutés dans « l’urgence ». Cette affaire dite du « Prodac » en est une parfaite illustration.
Par ailleurs, il ne faudrait pas que le peuple sénégalais soit orienté vers un faux conflit entre acteurs principaux de ce carnage financier. Il ne faudrait pas aussi que le peuple sénégalais soit berné dans un semblant de règlement de compte politique. Il s’agit d’une affaire sérieuse de tromperie portant sur plus de 29 milliards de FCFA du contribuable sénégalais.

D’emblée, il y a lieu de préciser que le principal bailleur, Locafrique et les coordonnateurs du Programme des Domaines Agricoles Communautaires (Prodac), sont les principaux responsables de cette trahison. La responsabilité totale de Locafrique est engagée pour avoir effectué des paiements sans demander les pièces justificatives.

En général, la responsabilité totale et entière des coordonnateurs du Prodac, Monsieur Jean Pierre Senghor (plus de 3 milliards) et de Monsieur Mamina Daffé (plus d’un milliard) est en engagée dans leurs actes de gestion et en particulier, dans la validation des tranches constituant l’avance de démarrage. Monsieur Senghor a aussi fait bénéficier à l’entreprise Green 2000 des avantages non contractuels. En fait, la justice doit éclairer les sénégalais sur les mouvements de fond effectués par Green 2000. En plus, qui sont les bénéficiaires économiques des résultats effectués par cette entreprise ?

L’ARMP, pour sa part, est également responsable pour avoir illégalement autorisé et de façon injustifiée la conclusion d’un contrat « clé en main » par la procédure de gré à gré entre Prodac et Green 2000, devant une objection (un refus) de la Direction Centrale des marchés publics.

La responsabilité déterminante de Monsieur Mame Mbaye NIANG est d’avoir émis un ordre de service sans la notification du contrat, bien qu’il avait attiré l’attention de Monsieur Senghor sur un certain nombre de faits. Si l’émission de l’ordre de service avant la notification du contrat lui a permis de tirer de la conclusion du contrat un profit pécuniaire ou en nature, les arguments de fond du juge Lamotte en matière d’escroquerie, dans l’affaire de la caisse d’avance, lui sont applicables. Ces arguments du juge seront aussi valables pour les différents coordonnateurs du Prodac.

En outre, la responsabilité de Ministère de l’Economie et des Finances est également engagée pour avoir conclu une convention de financement avec Locafrique pour des travaux que des entreprises nationales ou de l’UEMOA pouvaient bel et bien réaliser. Pourquoi Locafrique ? Quelles sont les conditions de conclusion de la convention de financement ? Le délai de paiement auquel l’Etat s’est engagé ? La durée de paiement ? La durée de grâce ? etc.
En somme, l’Etat du Sénégal a trompé le peuple sénégalais, car, l’engagement contractuel de l’entreprise Green 2000 se limitait à réaliser des « Cœurs de DAC » et non des Dac complets pour un montant de plus de 29 milliards de FCFA. Une situation qui aura un impact réel sur les promesses en matière de création d’emplois.

Une information judiciaire s’impose inévitablement si le peuple sénégalais est respecté.

Birahime SECK
Membre du Conseil d’administration du Forum Civil
Dakar, le 13 juin 2018.