Un peuple en otage (Par Ibrahima Khalil Ndiaye)

Quand la violence politique envahit la cité ! Qu’elle soit physique ou verbale, cette violence est déjà présente dans la campagne finissante. Là où elle donne des frissons, c’est quand les politiques nous promettent un post-scrutin de contestations, de violences, de refus d’une défaite quelconque. Eh oui, ces politiques, majorité comme opposition confondues – encore qu’il n’y ait aucune lisibilité ou certitude sur la pléthore de listes -, ont fini par nous prendre en otage.

 

 A la campagne électorale permanente dans ce pays, s’ajoute une vraie campagne dans la douleur tant est que chaque jour avec son lot de violences ou de sorties plus ou moins hallucinantes. La dernière en date est la rumeur sur le report des législatives qui arrivent à pas de charge. A quelques heures de sa tenue, la messe était dite pour un confrère qui en appelait à ce report avec des arguments que d’aucuns avaient trouvé tirés par les cheveux, convoquant, entre autres, le drame de Demba Diop avec son lot de morts et blessés, la saison des pluies, le retrait des cartes électorales…

 

 Ce même report est remis sur la table avec deux jeunes pris avec des cartes d’identité le week-end dernier. Ces deux jeunes auront subi les invectives de l’opposition avant que l’autorité préfectorale ne vienne donner des explications sur le pourquoi ces cartes ont été retrouvées en leur possession.

 

Sur la question des cartes électorales, cartes nationales d’identité, des remarques s’imposent. La première est de se demander quand est-ce que la plupart de ceux qui ruent sur les brancards s’étaient inscrits pour décréter une rétention de leurs cartes. La deuxième est de savoir, en toute objectivité, comment les accusateurs du pouvoir actuel peuvent savoir que l’autorité compétente sait que tel électeur est de tel bord politique pour procéder à cette rétention.
La troisième et dernière remarque est qu’il est loisible à quiconque de constater, dans un quelconque centre d’inscription, que des centaines de cartes restent en souffrance faute de retrait par leurs titulaires. Des remarques qui doivent nous amener à quelques autres certitudes ou constantes. Cette carte appelée « Carte biométrique Cedeao » est d’abord une carte d’identification. Il nous semble qu’elle servira plus à faire d’autres opérations (identification, bancaire…) qu’électorale.
L’abstention est devenue le premier parti dans les démocraties modernes du fait certainement du dégoût de nombreux citoyens de la chose politique ou des pratiques politiques, tous cieux confondus. Aussi, rien ne présage du vote effectif de tous les titulaires de cartes dimanche. Alors, sachons raison garder. Et que tous ceux qui crient sur tous les toits n’avoir pas reçu leurs cartes ne s’en prennent qu’à eux-mêmes pour s’être inscrits tardivement, même si l’argument n’absout pas l’autorité en charge de la confection, étant entendu que 50 milliards de F Cfa ont été investis dans cette opération. Un exemple démonstratif : je me suis inscrit au mois de février, probablement parmi les derniers. J’ai pu retirer ma carte au mois de juillet après deux tentatives en juin.

 

 Le plus grave pour notre pays est la promesse des politiques qui nous promettent des lendemains de feu et de… sang. Inutile de revenir sur ce qui fait courir les candidats. Certainement pas l’intérêt du peuple qu’ils prennent en otage. Mais de grâce, ne brûlez pas ce pays qui a une tradition de vote de plus d’un siècle. Que l’autorité soit restaurée et que tous soient soumis à son respect et à celui des règles établies. Pour un Sénégal apaisé avec un scrutin qui fera faire participer le maximum d’électeurs, selon une formule convenue.

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